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        Le Pape François de retour à Rome

Le Pape François de retour à Rome

Lundi 1er Août, le Pape François est rentré à Rome. Après avoir rencontré les 20 000 volontaires qui ont permis le bon déroulement de ces JMJ, le Pape François a rejoint hier soir l’aéroport de Cracovie pour reprendre l’avion, direction Rome. L’appareil, un Boeing 787 de la LOT, la compagnie nationale polonaise, a décollé à 19h30 avec une heure de retard. Pendant les quasi deux heures de vol au-dessus de la Slovaquie, de l’Autriche, de la Slovénie, de la Croatie et de l’Italie, le Pape a donné la traditionnelle conférence de presse aux journalistes présents à bord et qui conclut chaque voyage apostolique.


Dimanche 31 Juillet 2016

Le Saint-Père a présidé la Messe de clôture de ces JMJ 2016 sur le campus Misericordiae où les jeunes ont passé la nuit "à la belle étoile". Le nom du prochain pays qui accueillera les JMJ a été révélé lors de cette célébration : c’est le Panama qui accueillera les 32èmes JMJ en 2019 !

Point d’orgue de ces XXXIe Journées mondiales de la jeunesse, la messe célébrée ce dimanche 31 juillet 2016 au Camp de la Miséricorde à Cracovie, en Pologne. Environ un million et demi de jeunes pèlerins et leurs accompagnateurs, selon les chiffres de la police polonaise, ont assisté à la célébration présidée par le Pape François. C’est ici-même qu’a eu la veillée de prière samedi soir.

Dans son homélie, le Pape François, commentant l’évangile de saint Luc, et la rencontre entre Jésus et Zachée, a expliqué que « Jésus désire, en d’autres termes, s’approcher de la vie de chacun, parcourir notre chemin jusqu’au bout, afin que sa vie et notre vie se rencontrent vraiment ». Il est revenu sur trois obstacles que le publicain a rencontré sur sa route pour rencontrer Jésus.

Le premier est « la petite taille ». Si Zachée ne pouvait voir Jésus, c’est parce qu’il était petit a expliqué François. De nos jours, « ne pas s’accepter, vivre mécontents et penser en négatif signifie ne pas reconnaitre notre identité la plus vraie ». Or, cette identité, c’est que nous sommes enfants de Dieu. « Dieu nous aime ainsi comme nous sommes, et aucun péché, défaut ou erreur ne le fera changer d’idée ». « Pour Jésus – l’Évangile nous le montre -, personne n’est inférieur et distant, personne n’est insignifiant, mais nous sommes tous préférés et importants » a poursuivi le Pape.

Cette vérité doit ainsi nous aider à aller de l’avant, à ne pas ruminer nos « tristesses » car « ce n’est pas digne de notre stature spirituelle ». « C’est même un virus qui infecte et bloque tout, qui ferme toute porte, qui empêche de relancer la vie, de recommencer » a regretté le Pape.

Le deuxième obstacle est « la honte qui paralyse ». Cette honte, Zachée l’a surmontée en grimpant dans le sycomore. « Il a risqué et il s’est mis en jeu », parce que « la vie ne s’enferme pas dans un tiroir ». Le Pape a alors exhorté les jeunes à ne pas avoir honte de tout porter à Jésus, surtout leurs faiblesses, leurs peines et leurs péchés dans la confession. « Ne vous laissez pas anesthésier l’âme, mais visez l’objectif du bel amour, qui demande aussi le renoncement, et un “non” fort au doping du succès à tout prix et à la drogue de penser seulement à soi et à ses propres aises ».

Si Zachée a surmonté sa petite taille et sa honte, il a dû affronter un troisième obstacle : « la foule qui murmure ». Certaines personnes pourront « faire croire que Dieu est distant, raide et peu sensible, bon avec les bons et mauvais avec les mauvais ». Or Dieu « nous invite au vrai courage : être plus forts que le mal en aimant chacun, même les ennemis. Ils pourront rire de vous, parce que vous croyez dans la force douce et humble de la miséricorde. N’ayez pas peur, mais pensez aux paroles de ces jours : “Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde” (Mt 5, 7). Ils pourront vous juger comme des rêveurs, parce que vous croyez en une humanité nouvelle, qui n’accepte pas la haine entre les peuples, ne voit pas les frontières des pays comme des barrières et garde ses propres traditions sans égoïsmes ni ressentiments. Ne vous découragez pas : avec votre sourire et avec vos bras ouverts, prêchez l’espérance et soyez une bénédiction pour l’unique famille humaine, qu’ici vous représentez si bien ! »

Le Pape François a également mis en garde contre « la superficie des choses » et les « liturgies mondaines du paraître, du maquillage de l’âme pour sembler meilleurs ». « Au contraire, installez bien la connexion la plus stable, celle d’un cœur qui voit et transmet le bien sans se lasser. Et cette joie que gratuitement vous avez reçu de Dieu, donnez-la gratuitement (cf. Mt 10, 8), parce que beaucoup l’attendent ! »

Le Pape a conclu son homélie invitant les jeunes à poursuivre les JMJ à la maison car le Seigneur « désire venir chez toi, habiter ta vie de chaque jour ». Il a rappelé que la mémoire de Dieu n’est pas « un disque dur qui enregistre et archive toutes nos données mais un cœur tendre de compassion, qui se réjouit d’effacer définitivement toutes nos traces de mal ».

A l’issue de la messe, lors de l’angélus, le Pape François a souligné que ces JMJ furent « une “oxygénation” spirituelle pour que vous puissiez vivre et marcher dans la miséricorde une fois rentrés dans vos pays et dans vos communautés ». Il a surtout annoncé que les prochaines Journées mondiales de la jeunesse auront lieu en 2019 à Panama. La nouvelle a été saluée avec joie par la délégation officielle du gouvernement panaméen venue à Cracovie pour l’occasion et par les jeunes Panaméens présents à ces JMJ.

(Avec R. V.)

Samedi 30 Juillet 2016

Le Pape François a visité le sanctuaire de la Miséricorde divine à Cracovie, puis à 10h30, il y a présidé la Messe avec les prêtres, les religieux, les consacrés et les séminaristes. Le soir, à 19h, il a présidé la grande veillée de prière des JMJ au Campus Misericordiae du Brzegi.

Quatrième jour des Journées mondiale de la jeunesse en Pologne. Au lendemain d’une journée sous le signe de la souffrance et de la mémoire, c’est le thème de la miséricorde qui rythme les différents rendez-vous de ce samedi 30 juillet. Les cœurs étaient emplis ce matin de la présence de Saint-Jean-Paul II et de Sainte-Faustine, deux apôtres de la miséricorde auxquels le peuple Polonais est très attaché.

Le Saint-Père s’est en effet rendu au sanctuaire de la Divine miséricorde puis il a présidé une messe au sanctuaire Saint-Jean-Paul II. Dans son homélie, le Pape a exhorté les deux mille prêtres, religieux, consacrées et séminaristes polonais présents, à être le visage d’une Église « aux portes ouvertes ». Un appel que le Pape, depuis le début de son pontificat, adresse au clergé, avec insistance. Une exhortation à l’image de Jésus, à sortir « pour répandre le pardon et la paix de Dieu » en écho à la grande invitation de Saint-Jean-Paul II : Ouvrez les portes. Cette mission, a précisé le Saint-Père implique le don de soi, le renoncement « à ses propres sécurités » à « ses propres commodités ».

S’immerger dans la miséricorde pour « prendre soin des malades, des migrants, de tous ceux qui sont dans le besoin ». L’Évangile, a souligné le Pape, est un livre « qui contient encore des pages blanches », « un livre ouvert que nous sommes appelés à écrire avec nos œuvres de miséricorde ».

Plus tôt dans la matinée de ce samedi, le Pape au sanctuaire de la Divine miséricorde, témoin des grâces que Sainte-Faustine a reçues en ce lieu. Quelques instants, il s’est recueilli en silence sur la tombe de la sainte, dans la chapelle du couvent qui abrite le tableau de Jésus Miséricordieux, là même où elle venait prier.

Le Saint-Père a ensuite passé la porte Sainte. Il a confessé plusieurs jeunes puis il s’est rendu au sanctuaire Saint Jean-Paul II pour y présider la messe devant les prêtres, séminaristes, religieux et religieuses polonais. Près de l’autel, une fiole du sang de Saint-Jean-Paul II était posée, une relique devant laquelle s’est recueilli le Pape au terme de la célébration.

Retrouvez dans son intégralité l’homélie du Saint-Père :

« Le passage de l’Évangile que nous avons entendu (cf. Jn 20, 19-31) nous parle d’un lieu, d’un disciple et d’un livre.

Le lieu est celui où se trouvaient les disciples le soir de Pâques : on dit seulement que les portes en étaient verrouillées (cf. v. 19). Huit jours après, les disciples se trouvaient encore dans cette maison, et les portes étaient encore verrouillées (cf. v. 26). Jésus y entre, se place au milieu et apporte sa paix, l’Esprit Saint et le pardon des péchés : en un mot, la miséricorde de Dieu. En ce lieu fermé, l’invitation que Jésus adresse aux siens résonne avec force : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (v. 21).

Jésus envoie. Lui, il désire, dès le début, que l’Église soit en sortie, qu’elle aille dans le monde. Et il veut qu’on le fasse comme lui-même a fait, comme lui a été envoyé dans le monde par le Père : non en puissant, mais dans la condition de serviteur (cf. Ph 2, 7), non « pour être servi, mais pour servir » (Mc 10, 45) et pour porter la Bonne Nouvelle (cf. Lc 4, 18) ; ainsi, les siens sont aussi envoyés, à chaque époque. Le contraste est frappant : tandis que les disciples ferment les portes par crainte, Jésus les envoie en mission ; il veut qu’ils ouvrent les portes et sortent pour répandre le pardon et la paix de Dieu, par la force de l’Esprit Saint.

Cet appel est aussi pour nous. Comment ne pas y entendre l’écho de la grande invitation de saint Jean-Paul II : “Ouvrez les portes !” ? Toutefois, dans notre vie de prêtres et de consacrés, il peut y avoir souvent la tentation de rester, par crainte ou par commodité, un peu repliés sur nous-mêmes et sur nos milieux. Mais la direction que Jésus indique est à sens unique : sortir de nous-mêmes. C’est un voyage sans billet de retour. Il s’agit d’accomplir un exode de notre moi, de perdre sa vie pour Lui (cf. Mc 8, 35), en suivant la voie du don de soi. D’autre part, Jésus n’aime pas les chemins parcourus à moitié, les portes laissées entrouvertes, les vies à double voie. Il demande de se mettre en chemin en étant légers, de sortir en renonçant à ses propres sécurités, établis seulement en Lui.

En d’autres termes, la vie de ses disciples les plus intimes, que nous sommes appelés à être, est faite d’amour concret, c’est-à-dire de service et de disponibilité ; c’est une vie où il n’existe pas d’espaces clos et de propriétés privées pour ses propres commodités – du moins, il ne doit pas y en avoir. Celui qui a choisi de rendre toute son existence conforme à Jésus ne choisit pas ses propres lieux, mais il va là où il est envoyé ; prêt à répondre à celui qui l’appelle, il ne choisit même plus ses propres temps. La maison où il habite ne lui appartient pas, parce que l’Église et le monde sont les lieux ouverts de sa mission. Son trésor, c’est de placer le Seigneur au centre de la vie, sans rechercher quelque chose d’autre pour soi. Il fuit ainsi les situations satisfaisantes qui le mettraient au centre, il ne se dresse pas sur les piédestaux branlants des pouvoirs du monde et ne se complait pas dans les commodités qui amollissent l’évangélisation ; il ne perd pas son temps à envisager un avenir sûr et bien rétribué, pour ne pas risquer de s’isoler et de devenir maussade, renfermé dans les murs étroits d’un égoïsme sans espérance et sans joie. Épanoui dans le Seigneur, il ne se satisfait pas d’une vie médiocre, mais brûle du désir de témoigner et de rejoindre les autres ; il aime à risquer et il sort, non pas contraint par des parcours déjà tracés, mais ouvert et fidèle aux caps indiquées par l’Esprit : se refusant à vivoter, il se réjouit d’évangéliser.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, en second lieu, émerge la figure de l’unique disciple nommé, Thomas. Dans son doute et dans son impatience de vouloir comprendre, ce disciple, également assez obstiné, nous ressemble un peu et nous est aussi sympathique. Sans le savoir, il nous fait un grand cadeau : il nous conduit plus près de Dieu, parce que Dieu ne se cache pas à celui qui le cherche. Jésus lui montre ses plaies glorieuses, il lui fait toucher de la main l’infinie tendresse de Dieu, les signes vivants de tout ce qu’il a souffert par amour pour les hommes.

Pour nous disciples, il est si important de mettre notre humanité au contact de la chair du Seigneur, c’est-à-dire de lui apporter, avec confiance et avec une sincérité totale, jusqu’au bout, ce que nous sommes. Jésus, comme il l’a dit à sainte Faustine, est content que nous lui parlions de tout, il ne se lasse pas de nos vies qu’il connaît déjà, il attend notre partage, jusqu’au récit de nos journées (cf. Diaire, 6 septembre 1937). On cherche Dieu ainsi, dans une prière transparente et qui n’oublie pas de confier et de remettre les misères, les peines et les résistances. Le cœur de Jésus est conquis par l’ouverture sincère, par des cœurs qui savent reconnaître et pleurer leurs propres faiblesses, confiants que la miséricorde divine agira là-même. Que nous demande Jésus ? Il désire des cœurs vraiment consacrés, qui vivent du pardon reçu de Lui, pour le reverser avec compassion sur les frères. Jésus cherche des cœurs ouverts et tendres envers les faibles, jamais durs ; des cœurs dociles et transparents, qui ne dissimulent pas devant celui qui a la tâche dans l’Église d’orienter le chemin. Le disciple n’hésite pas à poser des questions, il a le courage d’habiter le doute et de le porter au Seigneur, aux formateurs et aux Supérieurs, sans calculs ni réticences. Le disciple fidèle met en œuvre un discernement vigilant et constant, sachant que le cœur doit s’éduquer chaque jour, à partir des affections, pour fuir toute duplicité dans les attitudes et dans la vie.

L’apôtre Thomas, à la fin de sa recherche passionnée, n’est pas seulement parvenu à croire en la résurrection, mais il a trouvé en Jésus le tout de la vie, son Seigneur ; il lui a dit : « Mon Seigneur et mon Dieu » (v. 28). Cela nous fera du bien, aujourd’hui et chaque jour, de prier avec ces paroles splendides, pour lui dire : tu es mon unique bien, la route de mon cheminement, le cœur de ma vie, mon tout.

Dans le dernier verset que nous avons entendu, on parle, enfin, d’un livre : c’est l’Évangile, dans lequel n’ont pas été écrits les nombreux autres signes accomplis par Jésus (v. 30). Après le grand signe de sa miséricorde, nous pourrions le comprendre, il n’a plus été nécessaire d’ajouter autre chose. Mais il y a encore un défi, il y a un espace pour les signes accomplis par nous, qui avons reçu l’Esprit d’amour et qui sommes appelés à répandre la miséricorde. On pourrait dire que l’Évangile, livre vivant de la miséricorde de Dieu, qui doit être lu et relu continuellement, a encore des pages vierges au fond : il reste un livre ouvert, que nous sommes appelés à écrire avec le même style, c’est-à-dire en accomplissant des œuvres de miséricorde. Je vous pose la question, chers frères et sœurs : les pages du livre de chacun de vous, comment sont-elles ? Sont-elles écrites chaque jour ? Sont-elles écrites un peu oui et un peu non ? Sont-elles vierges ? Que la Mère de Dieu nous aide en cela : elle, qui a pleinement accueilli la Parole de Dieu dans sa vie (cf. Lc 8, 20-21), qu’elle nous donne la grâce d’être des écrivains vivants de l’Évangile ; que notre Mère de miséricorde nous enseigne à prendre soin concrètement des plaies de Jésus dans nos frères et sœurs qui sont dans le besoin, de ceux qui sont proches comme de ceux qui sont loin, du malade comme du migrant, parce qu’en servant celui qui souffre, on honore la chair du Christ. Que la Vierge Marie nous aide à nous dépenser jusqu’au bout pour le bien des fidèles qui nous sont confiés, et à nous prendre en charge les uns les autres, comme de vrais frères et sœurs dans la communion de l’Église, notre sainte Mère.

Chers frères et sœurs, chacun de nous garde dans son cœur une page très personnelle du livre de la miséricorde de Dieu : c’est l’histoire de notre appel, la voix de l’amour qui a attiré et transformé notre vie, nous portant à tout laisser sur parole et à le suivre (cf. Lc 5, 11). Ravivons aujourd’hui, avec gratitude, la mémoire de son appel, plus fort que toute résistance et fatigue. En continuant la célébration eucharistique, centre de notre vie, remercions le Seigneur, parce que, par sa miséricorde, il est entré à travers nos portes fermées ; parce que comme Thomas, il nous a appelés par notre nom, afin qu’il nous donne la grâce de continuer à écrire son Évangile d’amour. »

A partir de 19h, le Saint-Père a rejoint le campus Misericordiae et participé à la grande veillée de prière de ces JMJ  :

Le Pape François a présidé ce samedi soir, au « Campus Misericordiae » aménagé près de Cracovie, à la veillée des JMJ de Cracovie, sur le thème « Le chemin vers Jésus ». La Saint-Père a centré son discours sur un appel à la jeunesse à ne pas vivre repliée et passive mais au contraire à ouvrir son cœur à la miséricorde de Dieu.

Un scénographie a été déployée autour de cinq notions, reliées à la Miséricorde : la foi pour ceux qui doutent, l’espérance pour ceux qui se découragent, l’amour pour les indifférents, le pardon pour ceux qui ont fait du mal, et la joie pour les personnes tristes. Danse et théâtre ont rythmé cette première partie, autour d’une comédienne jouant le rôle de sainte Faustine. La spiritualité de la Divine Miséricorde était centrale dans cette Veillée, avec des chants inspirés de la prière de sainte Faustine.

Trois jeunes ont délivré leur témoignages sur leurs parcours de foi, dans trois expériences de vie très différentes :

Une Polonaise de Łódź, Natalia, ancienne rédactrice en chef d’une revue de mode, a évoqué la façon dont elle avait renoué avec le sacrement de la confession un Dimanche de la Divine Miséricorde, en 2012, après avoir passé 20 années loin de l’Eglise.

Une jeune Syrienne d’Alep a délivré un témoignage particulièrement émouvant, évoquant la mort dans certains de ses amis dans les combats de la guerre qui ravage son pays et particulièrement sa ville. Bénévole auprès de la communauté salésienne d’Alep, Rand, cette jeune fille de 26 ans a appelé les jeunes présents à « prier sérieusement » pour la paix dans son pays.

Un jeune Paraguayen d’Asuncion, Miguel, a lui délivré un témoignage sur sa délivrance de la toxicomanie et de la délinquance, qui lui a valu plusieurs années de prison. Il a évoqué sa réinsertion grâce à la "ferme de l’Espérance", un organisme qui a pour but de permettre à d’anciens prisonniers de renouer la vie normale, grâce à l’expérience du pardon, et dont il a fini par prendre la responsabilité.

Le Pape François s’est ensuite longuement exprimé, avec beaucoup d’énergie, en interpellant directement les jeunes sur l’exemple qu’ils peuvent donner aux adultes en mettant en action leur « liberté », et en résistant aux drogues, y compris les « drogues socialement acceptées », comme la consommation frénétique des jeux vidéo et des réseaux sociaux, une addiction qui avait d’ailleurs été l’objet du tableau sur "l’amour pour les indifférents" au début de la veillée.

Prenant appui sur le témoignage donné par la jeune Syrienne, le Pape a rappelé que les jeunes participant aux JMJ viennent « de diverses parties du monde, de continents, de pays, langues, cultures, peuples différents ». « Nous sommes ‘‘fils’’ de nations qui peut-être qui sont en train de discuter à cause de divers conflits, ou même sont en guerre. Pour d’autres, nous venons de pays qui peuvent être en ‘‘paix’’, qui n’ont pas de conflits belliqueux, où beaucoup des choses douloureuses qui arrivent dans le monde font seulement partie des nouvelles et de la presse. Mais nous sommes conscients d’une réalité : pour nous, aujourd’hui et ici, provenant de diverses parties du monde, la douleur, la guerre que vivent de nombreux jeunes, ne sont plus une chose anonyme, elles ne sont plus une nouvelle de la presse, elles ont un nom, un visage, une histoire, une proximité. »

« Il y a des situations qui peuvent nous paraître lointaines jusqu’à ce que, de quelque manière, nous les touchions. Il y a des réalités que nous ne comprenons pas parce nous ne les voyons qu’à travers un écran (du téléphone portable ou de l’ordinateur). Mais lorsque nous entrons en contact avec la vie, avec ces vies concrètes non plus médiatisées par les écrans, alors il nous arrive quelque chose de fort », a lancé le Pape, qui a appelé fermement à dépasser toute logique de vengeance.

« Nous, nous ne mettrons pas à crier contre quelqu’un, nous ne mettrons pas à nous quereller, nous ne voulons pas détruire, a lancé le Pape François. Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité, elle s’appelle lien fraternel, elle s’appelle communion, elle s’appelle famille. »

Le Pape a évoqué l’expérience des apôtres lors de la Pentecôte, qui avaient su dépasser leur peur pour recevoir l’Esprit Saint. « Lorsque la peur se terre dans la fermeture, elle est toujours accompagnée de sa ‘‘sœur jumelle’’, la paralysie ; nous sentir paralysés. Sentir qu’en ce monde, dans nos villes, dans nos communautés, il n’y a plus d’espace pour grandir, pour rêver, pour créer, pour regarder des horizons, en définitive pour vivre, est l’un des pires maux qui puissent nous affecter dans la vie. La paralysie nous fait perdre le goût de savourer la rencontre, de l’amitié, le goût de rêver ensemble, de cheminer avec les autres ».

Le Pape a notamment invité à ne pas confondre le bonheur avec un confortable « divan », car « quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très mais très élevé : nous perdons la liberté. » Il a rappelé que « Jésus est le Seigneur du risque, du toujours ‘‘au-delà’’. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité ». Il faut donc « aller par les routes en suivant la ‘‘folie’’ de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l’ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul. Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire. Dans les milieux où vous vous trouvez, l’amour de Dieu nous invite à porter la Bonne Nouvelle, en faisant de notre propre vie un don fait à lui et aux autres », a insisté le Pape. « Lui, qui est la vérité, t’invite à abandonner les routes de la séparation, de la division, du non-sens », a-t-il martelé, semblant s’adresser individuellement à chacun des jeunes présents.

Enfin, la veillée s’est poursuivie avec le temps de l’adoration du Saint-Sacrement, dans un silence très respecté par les centaines de milliers de jeunes présents, portant des lumignons.

Retrouvez le discours du Saint-Père dans son intégralité  :

« Chers jeunes,

Il est beau d’être ici avec vous en cette veillée de prière.

À la fin de son témoignage courageux et émouvant, Rand nous a demandé quelque chose. Elle a dit : ‘‘Je vous demande sincèrement de prier pour mon cher pays’’. Une histoire marquée par la guerre, par la douleur, par la perte, qui finit avec une demande : celle de la prière. Qu’y a-t-il de mieux que de commencer notre veillée en priant ?

Nous venons de diverses parties du monde, de continents, de pays, langues, cultures, peuples différents. Nous sommes ‘‘fils’’ de nations qui peut-être qui sont en train de discuter à cause de divers conflits, ou même sont en guerre. Pour d’autres, nous venons de pays qui peuvent être en ‘‘paix’’, qui n’ont pas de conflits belliqueux, où beaucoup des choses douloureuses qui arrivent dans le monde font seulement partie des nouvelles et de la presse. Mais nous sommes conscients d’une réalité : pour nous, aujourd’hui et ici, provenant de diverses parties du monde, la douleur, la guerre que vivent de nombreux jeunes, ne sont plus une chose anonyme, elles ne sont plus une nouvelle de la presse, elles ont un nom, un visage, une histoire, une proximité. Aujourd’hui, la guerre en Syrie est la douleur et la souffrance de tant de personnes, de tant de jeunes comme le courageux Rand, qui se trouve au milieu de nous et nous demande de prier pour son cher pays.

Il y a des situations qui peuvent nous paraître lointaines jusqu’à ce que, de quelque manière, nous les touchions. Il y a des réalités que nous ne comprenons pas parce nous ne les voyons qu’à travers un écran (du téléphone portable ou de l’ordinateur). Mais lorsque nous entrons en contact avec la vie, avec ces vies concrètes non plus médiatisées par les écrans, alors il nous arrive quelque chose de fort, nous sentons l’invitation à nous impliquer : ‘‘Assez des villes oubliées’’, comme dit Rand ; il doit plus jamais arriver que des frères soient ‘‘entourés par la mort et par les tueries’’, sentant que personne ne les aidera. Chers amis, je vous invite à prier ensemble pour la souffrance de tant de victimes de la guerre, afin qu’une fois pour toutes, nous puissions comprendre que rien ne justifie le sang d’un frère, que rien n’est plus précieux que la personne que nous avons à côté. Et dans cette demande de prière, je veux vous remercier également, Natalia et Miguel, parce que vous aussi vous avez partagé avec nous vos batailles, vos guerres intérieures. Vous nous avez présenté vos luttes, et comment vous les avez surmontées. Vous êtes des signes vivants de ce que la miséricorde veut faire en nous.

À présent, nous, nous ne mettrons pas à crier contre quelqu’un, nous ne mettrons pas à nous quereller, nous ne voulons pas détruire. Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité, elle s’appelle lien fraternel, elle s’appelle communion, elle s’appelle famille. Nous célébrons le fait de venir de diverses cultures et nous nous unissons pour prier. Que notre meilleure parole, notre meilleur discours soit de nous unir en prière. Faisons un moment de silence et prions ; mettons devant Dieu les témoignages de ces amis, identifions-nous avec ceux pour lesquels ‘‘la famille est un concept inexistant, la maison rien qu’un endroit où dormir et manger’’, ou bien avec ceux qui vivent dans la peur de croire que leurs erreurs et leurs péchés les ont exclus définitivement. Mettons en présence de notre Dieu également vos ‘‘guerres’’, les luttes que chacun porte avec soi, dans son cœur.

(Temps de silence demandé par le Saint-Père)

Tandis que nous priions m’est venue à l’esprit l’image des Apôtres le jour de Pentecôte. Une scène qui peut nous aider à comprendre tout ce que Dieu rêve de réaliser dans notre vie, en nous et avec nous. Ce jour, par peur, les disciples étaient enfermés. Ils se sentaient menacés par un entourage qui les persécutait, qui les contraignait à rester dans une petite chambre, les obligeant à demeurer figés et paralysés. La crainte s’était emparée d’eux. Dans ce contexte, il s’est passé quelque chose de spectaculaire, quelque chose de grandiose. L’Esprit Saint est venu et des langues comme de feu se sont posées sur chacun d’eux, les poussant à une aventure dont ils n’auraient jamais rêvé.

Nous avons écouté trois témoignages ; nous avons touché, de nos cœurs, leurs histoires, leurs vies. Nous avons vu comment eux, comme les disciples, ils ont vécu des moments semblables, ont connu des moments où ils ont été en proie à la peur, où il semblait que tout croulait. La peur et l’angoisse qui naissent de la conscience qu’en sortant de la maison on peut ne plus revoir ses proches, la peur de ne pas se sentir apprécié et aimé, la peur de ne pas avoir d’autres opportunités. Ils ont partagé avec nous la même expérience qu’ont faite les disciples, ils ont fait l’expérience de la peur qui mène à un seul endroit : à la fermeture. Et lorsque la peur se terre dans la fermeture, elle est toujours accompagnée de sa ‘‘sœur jumelle’’, la paralysie ; nous sentir paralysés. Sentir qu’en ce monde, dans nos villes, dans nos communautés, il n’y a plus d’espace pour grandir, pour rêver, pour créer, pour regarder des horizons, en définitive pour vivre, est l’un des pires maux qui puissent nous affecter dans la vie. La paralysie nous fait perdre le goût de savourer la rencontre, de l’amitié, le goût de rêver ensemble, de cheminer avec les autres.

Dans la vie, il y a une autre paralysie encore plus dangereuse et souvent difficile à identifier, et qu’il nous coûte beaucoup de reconnaître. J’aime l’appeler la paralysie qui naît lorsqu’on confond le BONHEUR avec un DIVAN ! Oui, croire que pour être heureux, nous avons besoin d’un bon divan. Un divan qui nous aide à nous sentir à l’aise, tranquilles, bien en sécurité. Un divan – comme il y en a maintenant, modernes, avec des massages y compris pour dormir – qui nous garantissent des heures de tranquillité pour nous transférer dans le monde des jeux vidéo et passer des heures devant le computer. Un divan contre toute espèce de douleur et de crainte. Un divan qui nous maintiendra enfermés à la maison sans nous fatiguer ni sans nous préoccuper. Le divan-bonheur est probablement la paralysie silencieuse qui peut nous nuire davantage ; parce que peu à peu, sans nous en rendre compte, nous nous endormons, nous nous retrouvons étourdis et abrutis tandis que d’autres – peut-être plus éveillés, mais pas les meilleurs – décident de l’avenir pour nous. Sûrement, pour beaucoup il est plus facile et avantageux d’avoir des jeunes étourdis et abrutis qui confondent le bonheur avec un divan ; pour beaucoup, cela est plus convenable que d’avoir des jeunes éveillés, désireux de répondre au rêve de Dieu et à toutes les aspirations du cœur.

Mais la vérité est autre : chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour ‘‘végéter’’, pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte. Il est très triste de passer dans la vie sans laisser une empreinte. Mais quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très mais très élevé : nous perdons la liberté.

Justement ici, il y a une grande paralysie, lorsque nous commençons à penser que le bonheur est synonyme de confort, qu’être heureux, c’est marcher dans la vie, endormi ou drogué, que l’unique manière d’être heureux est d’être comme un abruti. Il est certain que la drogue fait du mal, mais il y a beaucoup d’autres drogues socialement acceptées qui finissent par nous rendre beaucoup ou de toute manière plus esclaves. Les unes et les autres nous dépouillent de notre plus grand bien : la liberté.

Chers amis, Jésus est le Seigneur du risque, du toujours ‘‘au-delà’’. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le divan contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de Dieu, la joie que laissent dans ton cœur chaque geste, chaque attitude de miséricorde. Aller par les routes en suivant la ‘‘folie’’ de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l’ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul. Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire. Dans les milieux où vous vous trouvez, l’amour de Dieu nous invite à porter la Bonne Nouvelle, en faisant de notre propre vie un don fait à lui et aux autres.

Vous pourrez me dire : Père, mais cela n’est pas pour tous, c’est uniquement pour quelques élus ! Oui, et ces élus sont tous ceux qui sont disposés à partager leur vie avec les autres. De la même façon que l’Esprit Saint a transformé le cœur des disciples le jour de Pentecôte, il a fait de même avec nos amis qui ont partagé leurs témoignages. J’emprunte tes mots, Miguel : tu nous disais que le jour où dans la ‘‘Facenda’’ ils t’ont confié la responsabilité d’aider au meilleur fonctionnement de la maison, alors tu as commencé à comprendre que Dieu te demandait quelque chose. C’est ainsi qu’a commencé la transformation.

Voilà le secret, chers amis, que nous sommes appelés à expérimenter. Dieu attend quelque chose de toi, Dieu veut quelque chose de toi, Dieu t’attend. Dieu vient rompre nos fermetures, il vient ouvrir les portes de nos vies, de nos visions, de nos regards. Dieu vient ouvrir tout ce qui t’enferme. Il t’invite à rêver, il veut te faire voir qu’avec toi le monde peut être différent. C’est ainsi : si tu n’y mets pas le meilleur de toi-même, le monde ne sera pas différent.

Le temps qu’aujourd’hui nous vivons n’a pas besoin de jeunes-divan, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons. Il n’accepte que des joueurs titulaires sur le terrain, il n’y a pas de place pour des réservistes. Le monde d’aujourd’hui vous demande d’être des protagonistes de l’histoire, parce que la vie est belle à condition que nous voulions la vivre, à condition que nous voulions y laisser une empreinte. L’histoire aujourd’hui nous demande de défendre notre dignité et de ne pas permettre que ce soient d’autres qui décident notre avenir. Le Seigneur, comme à la Pentecôte, veut réaliser l’un des plus grands miracles dont nous puissions faire l’expérience : faire en sorte que tes mains, mes mains, nos mains se transforment en signes de réconciliation, de communion, de création. Il veut tes mains pour continuer à construire le monde d’aujourd’hui. Il veut construire avec toi.

Tu me diras : Père, mais moi, j’ai bien des limites, je suis pécheur, que puis-je faire ? Quand le Seigneur nous appelle, il ne pense pas à ce que nous sommes, à ce que nous étions, à ce que nous avons fait ou cessé de faire. Au contraire, au moment où il nous appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l’amour que nous sommes capables de propager. Lui parie toujours sur l’avenir, sur demain. Jésus te projette à l’horizon.

C’est pourquoi, chers amis, aujourd’hui, Jésus t’invite, il t’appelle à laisser ton empreinte dans la vie, une empreinte qui marque l’histoire, qui marque ton histoire et l’histoire de beaucoup.

La vie d’aujourd’hui nous dit qu’il est très facile de fixer l’attention sur ce qui nous divise, sur ce qui nous sépare. On voudrait nous faire croire que nous enfermer est la meilleure manière de nous protéger de ce qui fait mal. Aujourd’hui, nous les adultes, nous avons besoin de vous, pour nous enseigner à cohabiter dans la diversité, dans le dialogue, en partageant la multi culturalité non pas comme une menace mais comme une opportunité : ayez le courage de nous enseigner qu’il est plus facile construire des ponts que d’élever des murs ! Et tous ensemble, demandons que vous exigiez de nous de parcourir les routes de la fraternité. Construire des ponts : savez-vous quel le premier pont à construire ? Un pont que nous pouvons réaliser ici et maintenant : nous serrer les mains, nous donner la main. Allez-y, faites-le maintenant, ici ce pont primordial, et donnez-vous la main. C’est le grand pont fraternel, et puissent les grands de ce monde apprendre à le faire !... toutefois non pour la photographie, mais pour continuer à construire des ponts toujours plus grands. Que ce pont humain soit semence de nombreux autres ; il sera une empreinte.

Aujourd’hui Jésus, qui est le chemin, t’appelle à laisser ton empreinte dans l’histoire. Lui, qui est la vie, t’invite à laisser une empreinte qui remplira de vie ton histoire et celle de tant d’autres. Lui, qui est la vérité, t’invite à abandonner les routes de la séparation, de la division, du non-sens. Es-tu d’accord ? Que répondent tes mains et tes pieds au Seigneur, qui est chemin, vérité et vie ? »

(Avec R. V.)

Vendredi 29 Juillet 2016

Le Saint-Père s’est rendu à Auschwitz et Birkenau dans la matinée. L’après-midi, il a présidé le Chemin de Croix au Parc de Blonia après avoir visité l’hôpital pédiatrique de Prokocim.

C’est une étape très émouvante et forte que le Pape François a effectué ce vendredi matin en Pologne. Le Saint-Père s’est rendu au camp d’Auschwitz, situé à une cinquantaine de kilomètres de Cracovie, lieu qui symbolise l’horreur nazie

Le Pape est arrivé seul, à pied dans le camp. Il est passé sous la tristement célèbre porte en fer forgée où figure l’inscription que les nazis avaient choisie "Arbacht Macht Frei", "le travail rend libre", avant de parcourir quelques mètres en voiturette et d’aller s’asseoir sur un banc, pour prier de longues minutes en silence. François s’est ensuite rendu devant le bloc numéro 11, là où les nazis fusillaient les prisonniers. Dans la cour, le Saint-Père a salué onze survivants du camp de concentration, parmi lesquels trois centenaires, les écoutant et les embrassant, un par un. Le Pape est allé ensuite poser une bougie devant le mur d’exécution.

François s’est ensuite rendu à l’intérieur du bâtiment du bloc 11 pour se recueillir dans "la cellule de la faim", celle où fut emprisonné Saint Maximilien Kolbe, franciscain polonais qui offrit sa vie pour sauver celle d’un père de famille. Le père Kolbe mourut le 14 août 1941 d’une injection mortelle. Le Saint-Père a signé un livre d’or : « Seigneur, prend pitié de ton peuple ! Seigneur, pardon pour tant de cruauté ! » a écrit le Saint-Père.

"Seigneur, pardon pour tant de cruauté !"

Le Pape s’est ensuite rendu à Birkenau, à 3 km. C’est là que la machine d’extermination nazie a été la plus planifiée avec la présence des fours crématoires et de nombreuses chambres à gaz. Le Pape s’est recueilli devant le monument aux victimes des Nations, une stèle inaugurée en 1967. Devant le monument, cette inscription est gravée en 23 langues : « Que cet endroit soit pour toujours un cri de desespoir et un avertissement pour l’humanité, où les nazis tuèrent près d’1,5 million d’hommes, de femmes et d’enfants, pour la plupart Juifs, provenant de plusieurs pays d’Europe. Auschwitz-Birkenau 1940-1945 ».

Alors que le Pape se recueillait, le grand rabbin de Pologne a chanté en hébreu le psaume 130 qui commence ainsi : « Du fond de l’abîme je crie vers toi, Yahweh. Seigneur, écoute ma voix ; que tes oreilles soient attentives aux accents de ma prière ! ». Le psaume a ensuite été lu par le curé de la paroisse de Markowa, un village situé à l’Est de Cracovie où vécut 1 famille de “Justes“ catholiques exterminée en mars 1944. Après ce moment de recueillement, François a salué 25 "Justes parmi les Nations", des personnes qui ont sauvé des Juifs de l’extermination.

Il s’agit de la troisième visite d’un Souverain Pontife à Auschwitz, après celle effectuée par Jean-Paul II le 7 juin 1979, et Benoît XVI le 28 mai 2006. A cette occasion, le pape allemand avait évoqué « une vallée obscure de l’humanité ».

Demander "le don des larmes"

Dans l’avion qui le ramenait à Rome au terme de son voyage en Arménie, le Pape avait indiqué qu’il visiterait Auschwitz-Birkenau en silence, sans discours demandant au Seigneur « le don des larmes ». Le 26 mai 2014, depuis le mémorial de la Shoah de Yad VaShem à Jérusalem le Pape avait prononcé un très beau discours sous forme de prière. Un texte rempli d’interrogations face la « tragédie incommensurable de l’Holocauste ».

« Où es-tu, homme ? Où es-tu passé ? En ce lieu, mémorial de la Shoah, nous entendons résonner cette question de Dieu : « Adam, où es-tu ? ».

En cette question il y a toute la douleur du Père qui a perdu son fils. Le Père connaissait le risque de la liberté ; il savait que le fils aurait pu se perdre. Mais peut-être, pas même le Père ne pouvait imaginer une telle chute, un tel abîme ! Ce cri : « Où te trouves-tu ? », ici, en face de la tragédie incommensurable de l’Holocauste, résonne comme une voix qui se perd dans un abîme sans fond. Homme, qui es-tu ? Je ne te reconnais plus. Et dans le livre d’or de Yad Vashem, le Saint-Père avait inscrit ses mots : « Seigneur plus jamais, plus jamais ! »

En fin d’après-midi, il a présidé le Chemin de Croix :

Comme c’est la tradition lors des Journées mondiales de la Jeunesse, le Pape François a assisté ce vendredi au Chemin de Croix, mis en paroles et en scène par différents mouvements, comme l’Arche, l’Aide à l’Église en détresse ou encore Caritas, qui ont animé chacune des 14 stations du Chemin de Croix en les articulant autour des œuvres de Miséricorde, corporelles et spirituelles.

Les sept œuvres de miséricorde corporelles sont : donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir celui qui est nu, offrir l’hospitalité aux pèlerins, visiter les malades, visiter les détenus, ensevelir les morts. Elles se complètent donc par sept œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, instruire les ignorants, exhorter les pécheurs, consoler les affliger, pardonner les offenses, supporter avec patience les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

En écho à ces œuvres de miséricorde, dans sa méditation, le Saint-Père est revenu sur les Béatitudes, estimant qu’elles répondent à la question fondamentale : « Où est Dieu ? »… « Où est Dieu, si dans le monde il y a le mal, s’il y a des hommes qui ont faim, qui ont soif, sans toit, des déplacés, des réfugiés ? Où est Dieu, lorsque des personnes innocentes meurent à cause de la violence, du terrorisme, des guerres ?, s’est interrogé François. Où est Dieu, lorsque des maladies impitoyables rompent des liens de vie et d’affection ? Ou bien lorsque les enfants sont exploités, humiliés, et qu’eux aussi souffrent à cause de graves pathologies ? Où est Dieu, face à l’inquiétude de ceux qui doutent et de ceux qui sont affligés dans l’âme ? »

Pour le Pape François, ces interrogations n’ont pas de réponses humaines. Il faut donc tout simplement regarder Jésus. « Jésus a choisi lui-même de s’identifier à ces frères et sœurs éprouvés par la douleur et par les angoisses, en acceptant de parcourir le chemin douloureux vers le calvaire », a rappelé le Saint-Père.

Les 14 stations du Chemins de Croix donnent l’occasion de méditer sur les 14 œuvres de miséricorde, qui nous poussent à « nous ouvrir à la miséricorde de Dieu, à demander la grâce de comprendre que sans miséricorde on ne peut rien faire ». « Dans l’accueil du marginalisé qui est blessé dans son corps, dans l’accueil du pécheur qui est blessé dans son âme, se joue notre crédibilité en tant que chrétiens », a insisté le Pape. Et suivre Jésus jusqu’au bout comble le cœur de l’homme.

« Le Chemin de la croix est celui du bonheur de suivre le Christ jusqu’au bout, dans les circonstances souvent dramatiques de la vie quotidienne ; c’est le chemin qui ne craint pas les échecs, les marginalisations ou la solitude, parce qu’il remplit le cœur de l’homme de la plénitude de Jésus », a rappelé le Pape François.

À noter que des réfugiés syriens, ont participé à la première station, avec des membres de la communauté Sant’Egidio. Le Pape s’est adressé personnellement à ce couple de chrétiens melkites, venus de Damas, en déclarant que « ce soir, Jésus, et nous avec lui, embrasse avec un amour spécial nos frères syriens, qui ont fui la guerre. Nous les saluons et nous les accueillons avec une affection fraternelle et avec sympathie. »

Retrouvez son discours de conclusion dans son intégralité :

« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi. » (Mt 25, 35-36).

Ces paroles de Jésus répondent à l’interrogation qui résonne souvent dans notre esprit et dans notre cœur : « Où est Dieu ? ». Où est Dieu, si dans le monde il y a le mal, s’il y a des hommes qui ont faim, qui ont soif, sans toit, des déplacés, des réfugiés ? Où est Dieu, lorsque des personnes innocentes meurent à cause de la violence, du terrorisme, des guerres ? Où est Dieu, lorsque des maladies impitoyables rompent des liens de vie et d’affection ? Ou bien lorsque les enfants sont exploités, humiliés, et qu’eux aussi souffrent à cause de graves pathologies ? Où est Dieu, face à l’inquiétude de ceux qui doutent et de ceux qui sont affligés dans l’âme ? Il existe des interrogations auxquelles il n’y a pas de réponses humaines. Nous ne pouvons que regarder Jésus, et l’interroger lui. Et voici la réponse de Jésus : ‘‘Dieu est en eux’’, Jésus est en eux, il souffre en eux, profondément identifié à chacun. Il est si uni à eux, presqu’au point de former ‘‘un seul corps’’.

Jésus a choisi lui-même de s’identifier à ces frères et sœurs éprouvés par la douleur et par les angoisses, en acceptant de parcourir le chemin douloureux vers le calvaire. Lui, en mourant sur la croix, se remet entre les mains du Père et porte sur lui et en lui, avec un amour qui se donne, les plaies physiques, morales et spirituelles de l’humanité entière. En embrassant le bois de la croix, Jésus embrasse la nudité et la faim, la soif et la solitude, la douleur et la mort des hommes et des femmes de tous les temps. Ce soir, Jésus, et nous avec lui, embrasse avec un amour spécial nos frères syriens, qui ont fui la guerre. Nous les saluons et nous les accueillons avec une affection fraternelle et avec sympathie.

En parcourant de nouveau la Via Crucis de Jésus, nous avons redécouvert l’importance de nous configurer à lui, à travers les 14 œuvres de miséricorde. Elles nous aident à nous ouvrir à la miséricorde de Dieu, à demander la grâce de comprendre que sans miséricorde on ne peut rien faire, sans miséricorde, moi, toi, nous tous, nous ne pouvons rien faire. Regardons d’abord les sept œuvres de miséricorde corporelle : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir celui qui est nu ; offrir l’hospitalité aux pèlerins, visiter les malades ; visiter les détenus ; ensevelir les morts. Nous avons reçu gratuitement, donnons gratuitement. Nous sommes appelés à servir Jésus crucifié dans chaque personne marginalisée, à toucher sa chair bénie dans celui qui est exclu, qui a faim, qui a soif, qui est nu, détenu, malade, sans travail, persécuté, déplacé, migrant. Nous trouvons là notre Dieu, nous touchons là le Seigneur. Jésus lui-même nous l’a dit, en expliquant quel sera le ‘‘protocole’’ sur la base duquel nous serons jugés : chaque fois que nous aurons fait cela au plus petit de nos frères, c’est à lui que nous l’aurons fait (cf. Mt 25, 31-46).

Les œuvres de miséricorde corporelle sont suivies des œuvres de miséricorde spirituelle : conseiller ceux qui sont dans le doute, instruire les ignorants, exhorter les pécheurs, consoler les affliger, pardonner les offenses, supporter avec patience les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts. Dans l’accueil du marginalisé qui est blessé dans son corps, dans l’accueil du pécheur qui est blessé dans son âme, se joue notre crédibilité en tant que chrétiens. Dans l’accueil du marginalisé qui est blessé dans son corps, et dans l’accueil du pécheur qui est blessé dans son âme, se joue notre crédibilité en tant que chrétiens. Pas dans les idées, [mais] là !

Aujourd’hui, l’humanité a besoin d’hommes et de femmes, et de manière particulière de jeunes comme vous, qui ne veulent pas vivre leur vie ‘‘à moitié’’, des jeunes prêts à consacrer leur vie au service gratuit des frères les plus pauvres et les plus faibles, à imitation du Christ, qui s’est donné tout entier pour notre salut. Face au mal, à la souffrance, au péché, l’unique réponse possible pour le disciple de Jésus est le don de soi, y compris de la vie, à imitation du Christ ; c’est l’attitude du service. Si quelqu’un, qui se dit chrétien, ne vit pas pour servir, sa vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Par sa vie, il renie Jésus Christ.

Ce soir, chers jeunes, le Seigneur vous renouvelle l’invitation à devenir des protagonistes dans le service ; il veut faire de vous une réponse concrète aux besoins et à la souffrance de l’humanité ; il veut que vous soyez un signe de son amour miséricordieux pour notre temps ! Pour accomplir cette mission, il vous indique le chemin de l’engagement personnel et du sacrifice de vous-mêmes : c’est le Chemin de la croix. Le Chemin de la croix est celui du bonheur de suivre le Christ jusqu’au bout, dans les circonstances souvent dramatiques de la vie quotidienne ; c’est le chemin qui ne craint pas les échecs, les marginalisations ou la solitude, parce qu’il remplit le cœur de l’homme de la plénitude de Jésus. Le Chemin de la croix est celui de la vie et du style de Dieu, que Jésus fait parcourir y compris par des sentiers d’une société parfois divisée, injuste et corrompue.

Le Chemin de la croix n’est pas une pratique sadomasochiste ; le Chemin de la croix est l’unique qui vainc le péché, le mal et la mort, parce qu’il débouche sur la lumière radieuse de la résurrection du Christ, en ouvrant les horizons de la vie nouvelle et pleine. C’est le Chemin de l’espérance pour l’avenir et pour l’humanité. Celui qui le parcourt avec générosité et avec foi, donne espérance et avenir à l’humanité. Celui qui le parcourt, avec générosité et avec foi, sème l’espérance. Et je voudrais que vous soyez des semeurs d’espérance.

Chers jeunes, ce vendredi saint-là, beaucoup de disciples sont retournés tristes dans leurs maisons, d’autres ont préféré aller à la maison de campagne pour oublier un peu la croix. Je vous pose la question – mais vous répondez en silence, dans votre cœur, chacun en son cœur – : comment voulez-vous retourner ce soir dans vos maisons, dans vos lieux d’hébergement, sous vos tentes ? comment voulez-vous retourner ce soir pour vous rencontrer avec vous-mêmes ? Le monde nous regarde. Il revient à chacun de vous de répondre au défi de cette question. »

(Avec R. V.)

bleu]Jeudi 28 Juillet 2016

En fin d’après-midi, le Saint-Père a retrouvé les jeunes présents aux JMJ au parc de Blonia. Ils étaient plusieurs centaines de milliers à attendre dans la joie et la ferveur cette première rencontre avec le Pape François.

Le Pape François avait donc rendez-vous ce jeudi 28 juillet avec les jeunes du monde entier qui participent aux Journées mondiales de la jeunesse. Il les a rencontrés en fin d’après-midi à Cracovie lors de la cérémonie d’accueil. Le Pape est arrivée à Blonia à bord d’un tramway entouré d’une quinzaine d’enfants et d’adolescents handicapés, avec qui il a échangé quelques mots. Il a ensuite traversé le parc à bord de la papamobile sous les cris et les applaudissements des jeunes. Le Saint-Père les a invité à « être à l’écoute de ceux que nous ne comprenons pas, de ceux qui viennent d’autres cultures, d’autres peuples, également de ceux que nous craignons parce que nous croyons qu’ils peuvent nous faire du mal ».

Des chants, des danses folkloriques, des drapeaux flottant au vent, aux couleurs de toutes les nations représentés lors de ces JMJ, la joie et l’enthousiasme étaient contagieux ce jeudi soir au parc Blonia. Les jeunes du monde entier, plus d’un million, attendaient ce rendez-vous, première grande rencontre avec le Pape François. Protégés de la pluie par des panchos imperméables bleu, jaune et rouge, arc-en-ciel ajoutant encore au climat de fête qui a envahi toute la ville, ils ont présenté au monde l’image d’une Église jeune, joyeuse et pleine d’espérance

« Tous ensemble nous ferons de ces journées une vraie fête jubilaire ». C’est la promesse du Pape faite aux jeunes, dont il a salué l’engagement, la passion, l’énergie leur proposant un vrai projet de vie : « construire des ponts », « abattre les murs », « secourir le pauvre seul et abandonné ». Un projet qui nécessite « un cœur capable de rêver », un cœur ouvert à la « Miséricorde du Père qui a le visage de le jeunesse » car « un cœur miséricordieux sait aller à la rencontre des autres, il sait être un refuge pour celui qui n’a jamais eu de maison ou l’a perdue ». « Dire miséricorde », a insisté le Pape, « c’est dire opportunité, c’est dire demain, engagement, confiance, ouverture, hospitalité, compassion, rêves ».

Le Saint-Père a ensuite exprimé sa douleur « de rencontrer des jeunes qui ont l’air de ‘‘retraités’’ précoces », des jeunes « qui ont ‘‘jeté l’éponge’’ avant de commencer la partie. Qui sont ‘‘résignés’’ sans avoir commencé à jouer. Qui marchent, le visage triste, comme si leur vie n’avait pas de valeur ». Le Pape a également mis en garde contre « les vendeurs de fausses illusions » et il s’est dit « meurtri » « de voir des jeunes qui consacrent leur vie à la recherche du ‘‘vertige’’, ou de cette sensation de se sentir vivants par des chemins obscurs qu’ensuite ils finissent par ‘‘payer’’… payer cher ». Ne vous laissez pas voler « le meilleur de vous-mêmes », a-t-il dit aux jeunes, « ne permettez pas que la joie, les rêves vous soient volés par de fausses illusions ».

(Avec R. V.)

Jeudi 28 juillet 2016

Deuxième journée de la visite apostolique du Pape François en Pologne. Une journée marquée par la visite à Czestochowa qui avait accueilli, en 1991, les Journées mondiales de la jeunesse, juste après la sortie du communisme. Le Saint-Père s’est en effet rendu ce matin au sanctuaire marial de Jasna Góra « la montagne lumineuse », située sur les hauteurs de la ville qui accueille chaque année 4 millions de visiteurs venus du monde entier. Dans l’après-midi, il rencontrera les jeunes.

Devant des milliers de fidèles, le Pape a présidé la messe à l’occasion du 1050 anniversaire du baptême de la Pologne. Après un long parcours en papamobile parmi les fidèles, particulièrement nombreux, le Saint-Père s’était tout d’abord recueilli devant l’icône de la Vierge noire "Reine de Pologne", symbole de l’unité du peuple polonais.

Au son des tambours et trompettes, une plaque de métal doré se lève lentement laissant apparaitre l’icône de la Vierge Noire. Le Pape, visiblement ému, se recueille en silence, entouré des pères Paulins, gardiens des lieux. Devant le sanctuaire, des milliers de fidèles attendent le Pape qui a rendez-vous avec la nation polonaise en ce site emblématique, poumon spirituel du pays. Un pays « riche de foi » que le pape a salué dans son homélie. Sur ces terres où plus de 90 % des habitants se déclarent catholiques, le Saint-Père a fait référence à l’Histoire. Une Histoire « pétrie de l’Évangile, de la Croix et de la fidélité à l’Église ». « Elle a vu, a souligné le Saint-Père, la contagion positive d’une foi authentique, transmise de famille en famille, de père en fils, et surtout par les mamans et les grand-mères. Il est beau de remercier Dieu qui a cheminé avec votre peuple, en le prenant par la main et en l’accompagnant dans de nombreuses situations ».

Le Pape a rendu hommage aux martyrs polonais « qui ont fait resplendir la force sans défense de l’Evangile », « aux gens simples mais extraordinaires qui ont su témoigner de l’amour du Seigneur au sein de grandes épreuves ; aux annonciateurs doux et forts de la Miséricorde, tels que saint Jean-Paul II e sainte Faustine ». Et il a exhorté le peuple polonais « qui a surmonté, dans l’unité, tant de moments difficiles » à créer, avec le soutien de la Vierge Marie, « la communion avec tous, sans jamais céder à la tentation de s’isoler et de s’imposer », à « aller au-delà des torts et des blessures du passé ».

Juste auparavant le Pape avait proposé une méditation sur l’entrée du Seigneur dans l’Histoire rappelant que « le Royaume de Dieu vient dans la petitesse, dans l’humilité ». « Dieu nous sauve en se faisant petit, proche et concret » a souligné le Saint-Père. « Il aime à se faire contenir dans ce qui est petit, contrairement à l’homme, qui tend à vouloir posséder quelque chose de toujours plus grand. Être attiré par la puissance, par la grandeur et par la visibilité est tragiquement humain, et constitue une grande tentation qui cherche à s’introduire partout ; se donner aux autres, supprimer les distances, en demeurant dans la petitesse et en habitant concrètement le quotidien, est typiquement divin » a déclaré le Pape.

Retrouvez l’homélie du Saint-Père dans son intégralité :

" Des lectures de cette Liturgie émerge un fil divin, qui passe par l’histoire humaine et tisse l’histoire du salut.

L’apôtre Paul nous parle du grand dessein de Dieu : « Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » (Ga 4, 4). Toutefois, l’histoire nous dit que lorsqu’est venue cette ‘‘plénitude des temps’’, c’est-à-dire lorsque Dieu s’est fait homme, l’humanité n’était pas particulièrement bien disposée et il n’y avait même pas une période de stabilité et de paix : il n’y avait pas un ‘‘âge d’or’’. La scène de ce monde ne méritait donc pas la venue de Dieu, tout au contraire, « les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1, 11). La plénitude des temps a été alors un don de grâce : Dieu a rempli notre temps de l’abondance de sa miséricorde ; par pur amour,– par pur amour ! – il a inauguré la plénitude des temps.

Surtout, la manière dont se réalise la venue de Dieu dans l’histoire est frappante : ‘‘né d’une femme’’. Aucune entrée triomphale, aucune manifestation imposante du Tout-Puissant : il ne se montre pas comme un soleil éblouissant, mais il entre dans le monde de la manière la plus simple, comme un enfant de sa mère, de cette manière dont nous parle l’Écriture : comme pluie sur la terre (cf. Is 55, 10), comme la plus petite des semences qui germe et grandit (cf. Mc 4, 31-32). Ainsi, contrairement à ce à quoi nous nous attendrions et que peut-être nous voudrions, le Royaume de Dieu, maintenant comme autrefois, « n’est pas observable » (Lc 17, 20), mais vient dans la petitesse, dans l’humilité.

L’Évangile d’aujourd’hui reprend ce fil divin qui traverse délicatement l’histoire : de la plénitude des temps, nous passons au ‘‘troisième jour’’ du ministère de Jésus (cf. Jn 2, 1) et à l’annonce du ‘‘maintenant’’ du salut (cf. v. 4). Le temps se resserre, et la manifestation de Dieu s’accomplit toujours dans la petitesse. Tel fut ‘‘le commencement des signes que Jésus accomplit’’ (v. 11) à Cana de Galilée. Il n’y a pas un geste éclatant accompli devant la foule, et même pas une intervention qui résout une question politique brûlante, comme la soumission du peuple à la domination romaine. Plutôt, dans un petit village, un miracle simple est accompli, qui réjouit le mariage d’une jeune famille, tout à fait anonyme. Pourtant, l’eau changée en vin à la fête de noces est un grand signe, parce qu’elle nous révèle le visage nuptial de Dieu, d’un Dieu qui se met à table avec nous, qui rêve et qui réalise la communion avec nous. Elle dit que le Seigneur ne maintient pas la distance, mais qu’il est proche et concret, qu’il est au milieu de nous et prend soin de nous, sans décider à notre place et sans s’occuper de questions de pouvoir. Il aime à se faire contenir dans ce qui est petit, contrairement à l’homme, qui tend à vouloir posséder quelque chose de toujours plus grand. Être attiré par la puissance, par la grandeur et par la visibilité est tragiquement humain, et constitue une grande tentation qui cherche à s’introduire partout ; se donner aux autres, supprimer les distances, en demeurant dans la petitesse et en habitant concrètement le quotidien, est typiquement divin.

Dieu nous sauve donc en se faisant petit, proche et concret. Avant tout, Dieu se fait petit. Le Seigneur, « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), préfère les petits, auxquels est révélé le Royaume de Dieu (Mt 11, 25) ; ils sont grands à ses yeux et il tourne son regard vers eux (cf. Is 66, 2). Il a une prédilection pour eux, parce qu’ils s’opposent à l’‘‘arrogance de la vie’’, qui vient du monde (cf. 1Jn 2, 16). Les petits parlent la même langue que lui : l’amour humble qui rend libre. Voilà pourquoi il appelle des personnes simples et disponibles pour être ses porte-paroles, et il leur confie la révélation de son nom ainsi que les secrets de son cœur. Pensons aux nombreux fils et filles de votre peuple : aux martyrs, qui ont fait resplendir la force sans défense de l’Évangile ; aux gens simples mais extraordinaires qui ont su témoigner de l’amour du Seigneur au sein de grandes épreuves ; aux annonciateurs doux et forts de la Miséricorde, tels que saint Jean-Paul II e sainte Faustine. À travers ces ‘‘canaux’’ de son amour, le Seigneur a fait parvenir d’inestimables dons à toute l’Église et à l’humanité entière. Et il est significatif que cet anniversaire du Baptême de votre peuple coïncide précisément avec le Jubilé de la Miséricorde.

En outre, Dieu est proche, son Royaume est proche (cf. Mc 1, 15) : le Seigneur ne désire pas être craint comme un souverain puissant et distant, il ne veut pas rester sur un trône au ciel ou dans les livres d’histoire, mais il aime se glisser dans nos événements quotidiens, pour cheminer avec nous. En pensant au don d’un millénaire riche de foi, il est beau de remercier avant tout Dieu, qui a cheminé avec votre peuple, en le prenant par la main, comme un papa son enfant, et en l’accompagnant dans de nombreuses situations. Voilà ce que, également comme Église, nous sommes appelés à faire toujours : écouter, nous impliquer, nous faire proches, en partageant les joies et les peines des gens, en sorte que l’Évangile passe de la manière la plus cohérente et qu’il porte davantage de fruit : par un rayonnement positif, à travers la transparence de la vie.

Enfin, Dieu est concret. Des lectures d’aujourd’hui il ressort que tout, dans l’agir de Dieu, est concret : la Sagesse divine ‘‘œuvre comme un artisan’’ et ‘‘joue’’ (cf. Pr 8, 30), le Verbe s’est fait chair, il naît d’une mère, il naît sous la loi (cf. Ga 4, 4), il a des amis et participe à une fête : l’éternel se communique en passant du temps avec des personnes et dans des situation concrètes. Votre histoire également, pétrie de l’Évangile, de la Croix et de la fidélité à l’Église, a vu la contagion positive d’une foi authentique, transmise de famille en famille, de père en fils, et surtout par les mamans et par les grand-mères, qu’il faut beaucoup remercier. En particulier, vous avez pu toucher de la main la tendresse concrète et pleine de sollicitude de la Mère de tous, que je suis venu ici vénérer en tant que pèlerin et que nous avons salué dans le Psaume comme « honneur de notre peuple » (Jdt15, 9).

C’est justement vers elle que nous, ici réunis, nous tournons le regard. En Marie, nous trouvons la pleine correspondance au Seigneur : au fil divin se noue ainsi dans l’histoire un ‘‘fil marial’’. S’il y a quelque gloire humaine, quelque mérite de notre part dans la plénitude des temps, c’est elle : c’est elle cet espace, demeuré libre du mal, où Dieu s’est reflété ; c’est elle l’échelle que Dieu a parcourue pour descendre jusqu’à nous et se faire proche et concret ; c’est elle le signe le plus clair de la plénitude des temps.

Dans la vie de Marie, nous admirons cette petitesse aimée par Dieu, qui « s’est penché sur son humble servante » et qui « a élevé les humbles » (Lc 1, 48.52). Il s’est tant complu en elle qu’il s’est laissé tisser la chair en elle, en sorte que la Vierge est devenue Mère de Dieu, comme le proclame une hymne très ancienne, que vous chantez depuis des siècles. A vous, qui sans interruption, venez à elle, en accourant dans cette capitale spirituelle du pays, qu’elle continue d’indiquer la voie, et qu’elle vous aide à tisser, dans la vie, la trame humble et simple de l’Évangile.

A Cana, comme ici à Jasna Góra, Marie nous offre sa proximité, et elle nous aide à découvrir ce qui manque à la plénitude de la vie. Maintenant comme autrefois, elle le fait avec un empressement de Mère, par la présence et le bon conseil, nous enseignant à éviter les décisions sans consultation et les murmures dans nos communautés. En tant que Mère de famille, elle veut nous protéger ensemble, tous ensemble. Le chemin de votre peuple a surmonté, dans l’unité, tant de moments difficiles ; que la Mère, forte aux pieds de la croix et persévérante dans la prière avec les disciples dans l’attente de l’Esprit Saint, infuse le désir d’aller au-delà des torts et des blessures du passé, et de créer la communion avec tous,sans jamais céder à la tentation de s’isoler et de s’imposer.

La Vierge, à Cana, a été très concrète : c’est une Mère qui prend à cœur les problèmes et intervient, qui sait se rendre compte des moments difficiles et y pourvoir avec discrétion, efficacité et détermination. Elle n’est pas patronne ni protagoniste, mais Mère et servante. Demandons la grâce de faire nôtre sa disponibilité, sa créativité au service de celui qui est dans le besoin, la beauté de consacrer sa vie aux autres, sans préférences ni distinctions. Elle, cause de notre joie, qui apporte la paix dans l’abondance du péché et dans les turbulences de l’histoire, qu’elle nous obtienne la surabondance de l’Esprit, pour être de bons et fidèles serviteurs.

Par son intercession que la plénitude des temps se renouvelle aussi pour nous. Le passage entre l’avant et l’après Christ sert à peu de choses, s’il demeure une date dans les annales de l’histoire. Que puisse s’accomplir, pour tous et pour chacun, un passage intérieur, une Pâques du cœur vers le style divin incarné par Marie : œuvrer dans la petitesse et accompagner de près, d’un cœur simple et ouvert. "

Mercredi 27 Juillet 2016

Le Pape François a entamé le 27 juillet 2016 son 15ème voyage apostolique, un voyage de 5 jours à Cracovie, en Pologne, à l’occasion des 31èmes journées mondiales de la jeunesse. Le 28 Juillet, il préside la messe pour le 1050ème anniversaire du baptême de la Pologne au sanctuaire marial de Czestochowa.

Cette première journée sur les terres de Jean-Paul II, a débuté en fin d’après-midi mais elle s’est prolongée tard dans la soirée. Le Saint-Père, après avoir rencontré les autorités politiques, la société civile et le corps diplomatique dans le château du Wawel puis les évêques Polonais dans la cathédrale de Cracovie, a, en direct sur la télévision catholique italienne TV 2000, répondu aux questions de plusieurs jeunes italiens réunis avant de s’adresser à la foule depuis l’archevêché de Cracovie.

Ce sont des questions douloureuses que le Pape François a évoqué hier soir face aux jeunes : la violence, le terrorisme du « langage », la haine. Autant de drames qui blessent en profondeur le cœur des hommes. Face à la cruauté, qui selon le Saint-Père « est à la base de toutes les guerres », face à la haine, à l’origine des murs qui s’érigent, face aux humiliations, les jeunes sont appelés à « construire des ponts », à pardonner, a faire preuve de courage et à « demander la grâce de la tendresse du cœur ». C’est le message que le Pape a souhaiter leur transmettre alors que viennent de débuter ces 31ème JMJ sur le thème de la miséricorde. Avant de clore cette première journée et alors que la nuit tombait sur la ville, il s’est adressé aux jeunes depuis le balcon de l’archevêché de Cracovie. Le ton grave, il les a invité à prier pour un bénévole des JMJ de 22 ans décédé d’un cancer en début du mois. Après un temps de recueillement, le Saint-Père a encouragé les jeunes à ne pas avoir peur à choisir la bonne voie avant de déclarer : « maintenant faites votre devoir, faites beaucoup de bruits toute la nuit ». Une invitation à la fête. Elle a déjà envahie les rues de Cracovie depuis plusieurs jours.

Mardi 26 juillet 2016

Le Pape François « assure de sa proximité spirituelle et s’associe par la prière à la souffrance des familles, ainsi qu’à la douleur de la paroisse et du diocèse de Rouen

Dans un message adressé à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, et signé par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, le Pape revient sur la prise d’otages dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray qui a eu lieu ce mardi 26 juillet 2016.

Un prêtre à la retraite, le père Jacques Hamel, 84 ans, a été égorgé par deux hommes ayant agi au nom de l’organisation de l’État islamique qui a revendiqué, en milieu de journée cette attaque. François invoque ainsi Dieu « afin qu’il accueille l’abbé Jacques Hamel dans la paix de sa lumière et apporte réconfort à la personne blessée ».

« Le Saint-Père est particulièrement bouleversé par cet acte de violence qui s’est déroulé dans une église au cours d’une messe, action liturgique qui implore de Dieu sa paix pour le monde » précise le cardinal Parolin. Le Pape demande enfin « au Seigneur d’inspirer à tous des pensées de réconciliation et de fraternité dans cette nouvelle épreuve et de répandre sur chacun l’abondance de ses Bénédictions ».

Réaction de l’archevêque de Rouen, Mgr Lebrun  :

Pour sa part, l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a appris la nouvelle depuis Cracovie où il participe aux JMJ en compagnie de plusieurs centaines de jeunes de son diocèse. « Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J’ose inviter les non-croyants à s’unir à ce cri ! Avec les jeunes des JMJ, nous prions comme nous avons prié autour de la tombe du Père Popiełuszko à Varsovie, assassiné sous le régime communiste » écrit-il dans un communiqué avant de reprendre l’avion dans l’après-midi pour revenir à Rouen et rejoindre « les familles et la communauté paroissiale très choquée ».

« L’Église catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes. Je laisse ici des centaines de jeunes qui sont l’avenir de l’humanité, la vraie. Je leur demande de ne pas baisser les bras devant les violences et de devenir des apôtres de la civilisation de l’amour » a-t-il conclu.

(Avec R. V.)

Dimanche 24 juillet 2016

Lors du traditionnel Angélus dominical, le Pape François a invité les nombreux fidèles rassemblés Place Saint-Pierre à prier pour la réussite des Journées mondiales de la Jeunesse, actuellement organisées en Pologne, et auxquelles le Pape va se joindre pour la phase finale à partir de mercredi.

« En ces jours, de nombreux jeunes, de toutes les parties du monde, sont en train de cheminer vers Cracovie, où va avoir lieu les 31e Journées mondiales de la Jeunesse, a rappelé le Pape François. Moi aussi je partirai mercredi prochain, pour rencontrer ces jeunes gens et jeunes filles et célébrer avec eux et pour eux le Jubilé de la Miséricorde, avec l’intercession de Saint Jean-Paul II. Je vous demande de nous accompagner avec la prière. Dès maintenant je salue et remercie tous ceux qui sont en train de travailler pour accueillir les jeunes pèlerins, avec de nombreux évêques, prêtres, religieux et religieuses. »

Le Pape a envoyé une « pensée spéciale » aux jeunes, qui, « sans pouvoir être présents en personne, suivront l’évènement à travers les moyens de communication. Nous serons tous unis dans la prière ! »

Auparavant, dans sa méditation sur l’Évangile du jour (Lc 11, 1-13), le Pape François a rappelé le sens du mot « Père » auquel les disciples sont invités par Jésus à se référer.

« Cette parole est le secret de la prière de Jésus, c’est la clé que Lui-même nous donne pour que nous puissions entrer nous aussi dans ce rapport de dialogue confidentiel avec le Père qui nous a accompagné et soutenu toute sa vie », a ditle Pape en revenant sur le sens profond du "Notre Père".

« La prière de Jésus, et donc la prière chrétienne, consiste avant tout à faire une place à Dieu », et à oser lui demander de l’aide. Dans le "Notre Père", tel que Jésus nous l’enseigne, il y a trois demandes qui répondent aux besoins fondamentaux de la personne humaine : « le pain, le pardon, et l’aide dans les tentations ».

Le pain doit nous parvenir dans une juste proportion, « sans appesantir notre marche », sans gâchis. Le pardon, nous le recevons de Dieu, à condition de prendre conscience de notre condition de « pécheurs pardonnés ». Enfin, la lutte contre les tentations exprime « la conscience de notre condition, toujours exposée au mal et à la corruption ».

Mais dans la prière nous ne sommes pas seuls : Dieu lutte « avec nous », et non pas contre nous. Il nous rend donc plus robustes.

Alors il faut oser Lui demander l’Esprit Saint, pour qu’Il nous guide, pour « vivre non pas de manière mondaine, mais selon l’Évangile ». Il faut oser demander la grâce de recevoir l’Esprit Saint, qui nous aide à « bien vivre, à vivre avec sagesse et amour, en faisant la volonté de Dieu ».

Au terme de sa méditation, le Pape est revenu sur les attentats survenus cette semaine en Allemagne et en Afghanistan. « Dans ces heures notre âme est encore une fois secouée par des tristes nouvelles relatives à de déplorables actes de terrorisme et de violence, qui ont causé douleur et mort. Je pense aux dramatiques évènements de Munich en Allemagne et de Kaboul en Allemagne, où ont perdu la vie de nombreuses personnes innocentes. »

Le Pape a invité la foule à prier en silence puis à réciter un Ave Maria, en rappelant que « plus les difficultés semblent insurmontables et plus les perspectives de sécurité et de paix semblent obscures, plus notre prière doit se faire insistante ».

Samedi, le Pape avait aussi exprimé sa proximité aux victimes de la fusillade en Allemagne dans un télégramme adressé au cardinal Marx, archevêque de Munich et Freising, et évoqué plus largement les victimes du terrorismes dans ce message diffusé sur son compte Instagram : « Je prie pour toutes les victimes du terrorisme de par le monde. Il faut abandonner, j’en conjure les auteurs, cette voie sans issue ! »

(Avec R. V.)

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    Michel DEGLISE
    Conseiller de l’Évêque à la Communication
    Secrétaire général de la Communication du diocèse,
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