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        Les enjeux de l’extension du mariage aux homosexuels

Les enjeux de l’extension du mariage aux homosexuels

Le père Alain Ransay, curé des paroisses de Saint Christophe et de Sainte Thérèse à Fort de France, ancien professeur de théologie morale fondamentale au séminaire Saint Irénée de Lyon, nous aide à mieux comprendre les enjeux de l’extension du mariage aux personnes de même sexe et ses conséquences sur la famille.

Il s’agit de prendre la mesure du bouleversement en cours : c’est bien d’un véritable changement de civilisation dont il s’agit, comme l’a dit elle-même l’actuelle garde des sceaux qui a donné son nom à cette loi.


L’idéologie du genre veut bouleverser les relations entre l’homme et la femme et transformer en profondeur la famille.

Nous entrons dans une ère étonnante : on assiste à une entreprise de déconstruction de la famille et, simultanément, de la personne humaine telle qu’elle était comprise autrefois.

Cette dernière était considérée comme le point culminant de la création, comme un être rationnel capable de s’autodéterminer à la différence des animaux soumis aveuglément à leur instinct. L’être humain était vu comme un être appartenant pleinement la nature –bien qu’étant placé à son sommet– et, partant, devant la respecter, ce qui impliquait de ne pas commettre d’acte « contre-nature », car on croyait que la nature ne nous trompe pas, qu’elle dit la vérité sur ce que nous sommes. En fait, cette dernière était considérée comme prescriptrice ; elle prescrit que l’homme s’unisse à la femme, qu’il élève et protège avec elle ses rejetons, que les humains vivent en société comme un corps organisé.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui cette conception est rejetée en partie. Pour ce qui est de la nature au sens de l’environnement animal et végétal, on croit toujours qu’elle est prescriptrice et qu’il faut la respecter. On considère qu’il faut impérativement préserver les espèces et les écosystèmes, mais bizarrement dès qu’il s’agit de nature humaine, elle n’est plus considérée que comme un matériau neutre que l’on peut modeler à sa guise, ou même comme une gangue dont il faut savoir s’extraire par le biais de la chimie et de la chirurgie –c’est notamment le cas des personnes qui désirent changer de sexe. C’est tout de même étrange que l’on fasse payer de fortes amendes quand on prélève des œufs de tortues sur une plage alors qu’on veut rembourser intégralement les frais occasionnés par les avortements. L’être humain vaudrait-il moins que les tortues ?

Ce mois-ci, l’assemblée nationale a voté un projet de loi déposé par la Garde des Sceaux, Mme Christiane Taubira, visant à l’extension du mariage à des « duos » homosexuels . Si cette loi devait être promulguée par le président de la République, après son examen par le Conseil constitutionnel, saisi par les parlementaires de l’opposition, elle marquerait un changement brutal et profond dans la façon même de concevoir la personne humaine et la famille. Pourquoi ?

D’abord, cela signifierait que la complémentarité homme/femme serait un leurre, cela voudrait également dire que tout ce que l’expérience des peuples (pourtant corroborée par les travaux de la psychanalyse freudienne, lacanienne et eriksonienne) serait également fausse pour ce qui est de la nécessité de deux parents de sexes opposés pour permettre l’avènement du petit garçon et de la petite fille en homme et en femme accomplis.

La différence homme/femme repensée ?

La grande nouveauté de notre temps, si j’ose dire, est que l’on nie la différence homme/femme ; par suite, on conteste leur complémentarité et la nécessité de conjuguer leurs singularités pour élever harmonieusement des enfants. Dans les manuels de SVT (Sciences de la vie et de la terre) en classe de première, on laisse entendre à nos enfants que c’est la société qui les confine dans des « rôles » masculin et féminin et les condamne à l’hétérosexualité, mais que sans ce conditionnement, il y aurait un plus grand nombre d’homosexuels et donc plus de gens épanouis .

Pourtant la matière enseignée est sensée être de la biologie. Les manuels devraient parler avant tout de la dimension objective du sexe. Biologiquement un garçon n’est pas une fille et inversement. Pourquoi ces ouvrages de « biologie » survalorisent-ils autant le côté « culturel » ? Les auteurs, s’appuyant sur « l’idéologie du genre » oublient leur discipline et se lancent dans ce qui apparaît comme une promotion de l’homosexualité sous le prétexte d’aider nos jeunes à dépasser l’homophobie.

Arrêtons-nous un peu sur ce qui est en train de nous arriver. Le mariage gay va donc sonner le glas de la conception de la famille comme cellule primordiale de la société. L’extension du mariage aux duos homosexuels va changer la nature même du mariage. Elle ne sera désormais plus une cellule vivante capable de se multiplier, mais une association arbitraire de personnes de même sexe ou non désirant ou non des enfants –s’il le faut en ayant recours à l’adoption . L’élément de base de la société n’est plus la cellule familiale composée de deux êtres différents et complémentaires capables à eux seuls de donner la vie, mais l’individu avec son désir –même absurde– auquel on donne une portée démesurée.

On ne peut que s’interroger sur cette pensée qui nie une dimension transcendante de l’être humain (qui se trouve réduit à un corps et à un psychisme qui est le lieu d’affects et d’orientations pulsionnelles) et qui, en même temps, exalte ce même être humain en donnant à son désir une valeur absolue au point où le législateur est sommé de créer les conditions légales de son assouvissement.

Les effets du relativisme de notre temps ?

Ce qui rend possible et réalisable ce délire –car il s’agit bien d’un délire si on se réfère à la définition du dictionnaire –, c’est le relativisme ambiant d’une part et sans doute une idée fausse de l’égalité d’autre part. Ce relativisme ne reconnait pas de norme naturelle ou de valeurs universelles ; celles qui pour les anciens étaient des évidences sont niées purement et simplement aujourd’hui.

Ainsi, même si cela concerne d’infimes minorités, on prétend que leur comportement est aussi normal que celui des autres ; l’homosexualité serait aussi normale que l’hétérosexualité par exemple. Admettons. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Est-ce que les autres formes de sexualité atypiques seraient aussi normales ? Qu’en est-il par exemple de la zoophilie, de la pédophilie et d’autres horreurs de ce genre ?

Qui est aujourd’hui habilité à dresser la frontière entre le normal et l’anormal ?

Serait-ce l’opinion majoritaire ? Tout le monde sait qu’elle est en réalité fluctuante et changeante puisque la majorité d’aujourd’hui peut très bien être la minorité de demain et inversement. Par ailleurs sous prétexte d’égalité, on veut tout niveler, mais tout se vaut-il vraiment ? Les exemples que nous venons de prendre semblent exclure cette hypothèse.

Un peu de bon sens nous montre que seul l’autre, différent, peut nous permettre d’advenir à nous-mêmes. C’est quand on va vivre en Guadeloupe ou en Guyane qu’on réalise ce que c’est qu’être martiniquais et c’est en vivant à l’étranger que l’on admet que l’on est Français. C’est au contact de la femme que l’homme comprend et réalise ce que c’est qu’être homme et inversement. Le mariage hétérosexuel est le seul qui permette pleinement la réalisation des personnes dans ce qu’elles sont comme homme et femme et l’avènement de leurs enfants dans leurs identités respectives masculine ou féminine.

A propos d’autres unions, peut-on parler de mariage ?

Non, le mariage entre un homme et une femme est le seul vrai mariage, car lui seul permet la véritable communion, synonyme de bonheur, et qui suppose toujours la différence car, autrement, on ne fait que se noyer dans un amour narcissique du même par et pour le même.

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