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        Fête du Sacré-Cœur à Rome

Fête du Sacré-Cœur à Rome

En la solennité du Sacré Cœur de Jésus, le Pape François a présidé une concélébration eucharistique ce vendredi 3 juin dans la matinée, place Saint-Pierre, devant 6000 prêtres venus du monde entier et une petite foule de fidèles : c’était la dernière étape du Jubilé des Prêtres qui s’est déroulé du 1er au 3 Juin à Rome.


Ce fut une nouvelle occasion pour lui de brosser le portrait idéal du prêtre selon le cœur de Jésus et de lancer quelques mises en garde. Avec le sens de la formule qui le caractérise, le Saint-Père a souligné que le prêtre « n’est pas un comptable de l’esprit ... Gare aux pasteurs qui privatisent leur ministère »

Le Pape François brosse le portrait d’un prêtre qui, comme le Bon Pasteur, cherche la brebis perdue, sans délai, sans avoir peur de s’aventurer hors du pâturage et hors des horaires de travail.

Découvrez l’intégralité de l’homélie du Saint-Père :

« Célébrant le Jubilé des Prêtres en la Solennité du Sacré Cœur de Jésus, nous sommes appelés à viser au cœur, c’est-à-dire à l’intériorité, aux racines les plus fortes de la vie, au noyau des affections, en un mot, au centre de la personne. Et aujourd’hui, nous tournons le regard vers deux cœurs : le Cœur du Bon Pasteur et notre cœur de pasteurs.

Le Cœur du Bon Pasteur n’est pas seulement le Cœur qui a de la miséricorde pour nous, mais la miséricorde elle-même. Là resplendit l’amour du Père ; là je me sens sûr d’être accueilli et compris comme je suis ; là, avec toutes mes limites et mes péchés, je goûte la certitude d’être choisi et aimé. En regardant ce Cœur, je renouvelle le premier amour : la mémoire du moment où le Seigneur m’a touché dans l’âme et m’a appelé à le suivre, la joie d’avoir jeté les filets de la vie sur sa Parole (cf. Lc 5, 5).

Le Cœur du Bon Pasteur nous dit que son amour n’a pas de frontières, il ne se fatigue jamais et ne se rend jamais. Là nous voyons sa manière continuelle de se donner, sans limites ; là nous trouvons la source de l’amour fidèle et doux, qui laisse libres et rend libres ; là nous redécouvrons chaque fois que Jésus nous aime « jusqu’au bout » (Jn 13, 1) – il ne s’arrête pas avant, jusqu’à la fin, – sans jamais s’imposer.

Le Cœur du Bon Pasteur est penché vers nous, « polarisé » spécialement envers celui qui est plus distant ; là pointe obstinément l’aiguille de sa boussole, là se révèle une faiblesse d’amour particulier, parce qu’il désire rejoindre chacun et n’en perdre aucun.

Devant le Cœur de Jésus naît l’interrogation fondamentale de notre vie sacerdotale : où est orienté mon cœur ? Question que nous prêtres devons nous poser de nombreuses fois, chaque jour, chaque semaine : où est orienté mon cœur ? Le ministère et souvent rempli de multiples initiatives, qui l’exposent sur de nombreux fronts : de la catéchèse à la liturgie, à la charité, aux engagements pastoraux et aussi administratifs. Parmi tant d’activités demeure la question : où est fixé mon cœur ? Il me vient à la mémoire cette prière si belle de la Liturgie : « Ubi vera sunt gaudia… ». Où pointe-t-il, quel trésor cherche-t-il ? Parce que dit Jésus – « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 21). Il y a des faiblesses en nous tous, et aussi des péchés. Mais allons au fond, à la racine : où est la racine de nos faiblesses, de nos péchés, c’est-à-dire où est vraiment ce « trésor » qui nous éloigne du Seigneur ?

Les trésors irremplaçables du Cœur de Jésus sont deux : le Père et nous. Ses journées se passaient entre la prière au Père et la rencontre avec les gens. Pas la distance, la rencontre. Le cœur du pasteur du Christ lui aussi connaît seulement deux directions : le Seigneur et les gens. Le cœur du prêtre est un cœur transpercé par l’amour du Seigneur ; pour cela il ne se regarde plus lui-même – il ne devrait pas se regarder lui-même – mais il est tourné vers Dieu et vers les frères. Ce n’est plus « un cœur instable », qui se laisse attirer par la suggestion du moment ou qui va çà et là en cherchant des consensus et de petites satisfactions. C’est au contraire un cœur établi dans le Seigneur, captivé par l’Esprit Saint, ouvert et disponible aux frères. Et là il résout ses péchés.

Pour aider notre cœur à brûler de la charité de Jésus Bon Pasteur, nous pouvons nous entraîner à faire nôtre trois actions, que les Lectures d’aujourd’hui nous suggèrent : chercher, inclure et se réjouir.

Chercher. Le prophète Ézéchiel nous a rappelé que Dieu lui-même cherche ses brebis (34, 11.16). L’Évangile dit, « il va chercher celle qui est perdue » (Lc 15, 4), sans se laisser effrayer par les risques ; sans délai il s’aventure hors des endroits du pâturage et hors des horaires de travail. Et il ne se fait pas payer les “extras”. Il ne renvoie pas la recherche, il ne pense pas « aujourd’hui j’ai déjà fait mon devoir, et éventuellement je m’en occuperai demain », mais il se met tout de suite à l’œuvre ; son cœur est inquiet tant qu’il n’a pas retrouvé cette unique brebis perdue. L’a-t-il trouvée, il oublie la fatigue et il la charge sur ses épaules tout content. Parfois il doit sortir pour la chercher, lui parler, la persuader ; d’autres fois il doit demeurer devant le tabernacle, luttant avec le Seigneur pour cette brebis.

Voilà le cœur qui cherche : c’est un cœur qui ne privatise pas les temps et les espaces. Gare aux pasteurs qui privatisent leur ministère ! Il n’est pas jaloux de sa légitime tranquillité – je dis légitime, même de celle-là – et il n’exige jamais de ne pas être dérangé. Le pasteur selon le cœur de Dieu ne défend pas ses propres aises, il n’est pas préoccupé de conserver sa bonne réputation, mais il sera calomnié, comme Jésus. Sans craindre les critiques, il est disposé à risquer même d’imiter son Seigneur. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute… » (Mt 5, 11)

Le Pasteur selon Jésus a le cœur libre pour laisser ses affaires, il ne vit pas en tenant les comptes de ce qu’il a et des heures de service : il n’est pas un comptable de l’esprit, mais un bon samaritain à la recherche de celui qui a besoin. C’est un pasteur, non un inspecteur du troupeau, et il se dévoue à la mission non à cinquante ou soixante pour cent, mais avec tout lui-même. Allant à la recherche, il trouve, et il trouve parce qu’il risque. Si le pasteur ne risque pas, il ne trouve pas. Il ne s’arrête pas après les déceptions et il ne se rend pas dans les fatigues ; il est en effet, obstiné dans le bien, oint de la divine obstination que personne ne se perde. Pour cela, non seulement il tient les portes ouvertes, mais il sort à la recherche de celui qui ne veut plus entrer par la porte. Et comme tout bon chrétien et comme exemple pour tout chrétien, il est toujours en sortie de soi. L’épicentre de son cœur se trouve hors de lui : il est un décentré de lui-même, centré seulement en Jésus. Il n’est pas attiré par son moi, mais par le Tu de Dieu et par le nous des hommes.

Deuxième parole : inclure. Le Christ aime et connaît se brebis, il donne sa vie pour elles et aucune ne lui est étrangère (cf. Jn 10, 11-14). Son troupeau est sa famille et sa vie. Il n’est pas un chef craint par les brebis, mais il est le Pasteur qui marche avec elles et les appelle par leur nom (cf. Jn 10, 3-4). Et il désire rassembler les brebis qui ne demeurent pas encore avec Lui (cf. Jn 10, 16).

Ainsi également le prêtre du Christ : il est oint pour le peuple, pas pour choisir ses propres projets, mais pour être proche des gens concrets que Dieu, par l’Église, lui a confiés. Personne n’est exclu de son cœur, de sa prière et de son sourire. Avec un regard aimable et un cœur de père, il accueille, il inclut et, quand il doit corriger, c’est toujours pour approcher ; il ne méprise personne, mais il est prêt à se salir les mains pour tous. Le Bon Pasteur ne connaît pas les gants. Ministre de la communion qu’il célèbre et qu’il vit, il n’attend pas les salutations et les compliments des autres, mais il tend la main en premier, rejetant les bavardages, les jugements et les venins. Il écoute les problèmes avec patience et il accompagne les pas des personnes, accordant le pardon divin avec une généreuse compassion. Il ne gronde pas celui qui laisse ou qui perd la route, mais il est toujours prêt à réinsérer et à calmer les querelles. C’est un homme qui sait inclure.

Se réjouir. Dieu est « tout joyeux » (Lc 5, 5) : sa joie naît du pardon, de la vie qui renaît, du fils qui respire à nouveau l’air de la maison. La joie de Jésus Bon Pasteur n’est pas une joie pour soi, mais c’est une joie pour les autres et avec les autres, la vraie joie de l’amour. C’est aussi la joie du prêtre. Il est transformé par la miséricorde qui donne gratuitement. Dans la prière il découvre la consolation de Dieu et il expérimente que rien n’est plus fort que son amour. Pour cela, il est serein intérieurement, et il est heureux d’être un canal de miséricorde, d’approcher l’homme au Cœur de Dieu. La tristesse pour lui n’est pas normale, mais seulement passagère : la dureté lui est étrangère, parce qu’il est pasteur selon le Cœur doux de Dieu.

Chers prêtres, dans la célébration eucharistique nous retrouvons chaque jour notre identité de pasteurs. Chaque fois nous pouvons faire véritablement nôtre ses paroles « ceci est mon corps offert en sacrifice pour vous ». C’est le sens de notre vie, ce sont les paroles avec lesquelles, dans un certain sens, nous pouvons renouveler quotidiennement les promesses de notre Ordination. Je vous remercie pour votre « oui », et pour de nombreux « oui » cachés de tous les jours, que seul le Seigneur connaît. Je vous remercie pour votre « oui » à donner la vie unis à Jésus : là se tient la source pure de notre joie. »

Le Pape François rend hommage au Cardinal Loris Capovilla

Le Pape François a exprimé ses condoléances dans un télégramme après le décès du cardinal Loris Francesco Capovilla, secrétaire particulier du Pape Jean XXIII et doyen du collège cardinalice, survenu jeudi 26 mai 2016 : « Je pense avec affection à ce cher frère qui, au cours de sa longue et généreuse existence, a témoigné avec joie de l’Évangile et a servi humblement l’Église ».

« Pendant son ministère épiscopal, spécialement à Chieti-Vasto et à Loreto, il était toujours un pasteur entièrement dédié au bien des prêtres et de tous ses fidèles » a rappelé le Pape François, rendant hommage à celui qui fut l’évêque de Chieti-Vasto, avant d’être nommé par Paul VI en 1971 prélat de Loreto, à l’est de l’Italie.

Et ce, a encore précisé le Pape, « dans un signe de fidélité à la boussole du Concile Vatican II, Concile œucuménique dont le cardinal Loris Francesco Capovilla a été témoin en 1959, lorsqu’il était auprès du Pape Jean XXIII. Une période pendant laquelle il fut un interprète exact et un gardien zélé. »

C’est le jeudi 26 mai 2016 que le cardinal Loris Francesco Capovilla, secrétaire particulier du Pape Jean XXIII est décédé dans une clinique de Bergame, au nord de Milan en Italie. Le prélat était entré dans sa cent unième année. Avec lui s’éteint l’un des derniers témoins directs du Concile Vatican II.

Mgr Michel Méranville, archevêque émérite de Saint-Pierre et Fort de France lui était lié par une amitié de soixante ans puisque Mgr Capovilla était son tuteur lors de ses études à Rome. Nous lui présentons nos sincères condoléances.

Qui était le Cardinal Loris Capovilla ?

Né à Pontelongo près de Padoue le 14 octobre 1915, il a été ordonné prêtre à Venise en mai 1940. Il devient l’aumônier de la prison pour mineur et de l’hôpital dédié aux maladies infectieuses. Pendant la deuxième guerre mondiale, il fait son service militaire dans l’aviation. D’ailleurs à l’annonce de l’armistice, le 8 septembre 1943, il est à l’aéroport de Parme, où il tentait ces jours-là de soustraire le plus grand nombre d’aviateurs d’un internement en Allemagne.

En 1945, la Radio Venezia le choisi comme prédicateur dominical. En 1949, il devient le directeur de l’hebdomadaire diocésain « La Voce di San Marco », la Voix de saint Marc, il a également en charge la page vénitienne du journal « Avvenire d’Italia ». Il s’inscrit à l’ordre des journalistes en 1950

Pendant plus d’une décennie, il est le secrétaire particulier d’Angelo Giuseppe Roncalli, le cardinal patriarche de Venise de 1953 à 1958, année lors de laquelle ce dernier est élu évêque de Rome et prend le nom de Jean XXIII. Le père Loris Francesco Capovilla reste à ses côtés à Venise puis durant tout son pontificat. Il l’accompagne lors de visites pastorales qu’il effectue, des célébrations qu’il préside. Il est surtout le témoin direct de l’extraordinaire intuition de Jean XXIII de convoquer, à la surprise générale en 1959, le Concile œcuménique Vatican II. Il sera au côté du Pape Roncalli lorsqu’il préparera et prendra part à la première phase du Concile.

À la mort de Jean XXIII, le 3 juin 1963, le pape Paul VI le nomme expert conciliaire. Le 26 juin 1967, il le nomme évêque de Chieti-Vasto, présidant son ordination épiscopale le 16 juillet suivant dans la basilique Saint-Pierre. Paul VI le nommera ensuite, le 25 septembre 1971, prélat de Loreto et délégué pontifical du sanctuaire marial, lui assignant le siège titulaire de Mesembria, qu’occupa l’archevêque Roncalli de 1937 à 1953.

Il renonce à l’âge de 73 ans le 10 décembre 1988 à sa charge pastorale et se retire dans le pays natal de Jean XXIII, à Sotto il Monte où il consacrera son temps à faire connaitre la figure et l’œuvre du Pape Roncalli. Il s’occupera de la publication de ses principaux écrits : « Le Journal de l’âme » ; la trilogie « Ceci est le mystère de ma vie » ; « Jean XXIII, un saint de ma paroisse », « Je m’appellerai Jean » ; le recueil de « Lettres aux proches » et des « Lettres 1958-1963 ». Il est également l’auteur de nombreux livres sur la vie et l’œuvre de Jean XXIII, et de nombreux articles paru dans la presse.

Né le 14 octobre 1915, il était le plus âgé des cardinaux, mais aussi l’un des plus récemment créés : le Pape François l’avait élevé au cardinalat le 22 février 2014, peu avant la canonisation de Jean XXIII, en signe de filiation avec « le bon Pape Jean ».
Alors âgé de 98 ans, il n’avait pas fait le déplacement à Rome, mais la barrette cardinalice lui avait été remise en mars 2014 par l’envoyé du Pape le doyen du collège cardinalice, le cardinal Angelo Sodano, lors d’une messe célébrée à Sotto Il Monte.

Après le décès de son doyen, le collège cardinalice est désormais composé de 213 cardinaux dont 114 électeurs et 99 non-électeurs.

’(Avec R. V.)

Jeudi 26 mai 2016 : Fête du "Corpus Domini" en Italie

Le Pape François s’est rendu comme chaque année à la basilique Saint-Jean-de-Latran où il a célébré la messe à l’occasion de la solennité du Corps et du Sang du Christ fêtée ce jeudi en Italie. Il a présidé la procession traditionnelle le long de la longue avenue Merulana jusqu’à la basilique Sainte-Marie-Majeure, où il a donné sa bénédiction eucharistique.

« Prenez le pain, rendez grâce, et rompez-le ». Dans son homélie, le Pape a commenté le récit de la Dernière Cène par saint Paul (1Co 11, 24.25). Jésus commande à ses disciples de « répéter le geste » par lequel il a institué le mémorial de sa Pâque. Aujourd’hui, comme l’a fait le Christ pour nous et en mémoire de ce sacrifice, le Pape a demandé aux fidèles « de se donner », « de se rompre pour les autres ».

Comme les disciples lors de la multiplication des pains (Lc 9, 13), il faut faire passer « dans nos pauvres mains » le pain rompu des mains de Jésus pour donner, avec lui, à manger à la foule.

Le Pape évoque ces saints et saintes -célèbres ou anonymes- qui se sont rompus eux-mêmes pour donner à manger à leurs frères, mais aussi ces pères et ces mères qui en coupant du pain sur la table du foyer, « ont rompu leur cœur pour faire grandir leurs enfants ». Il parle également de ces chrétiens, « citoyens responsables » qui ont rompu leur propre vie « pour défendre la dignité de tous ».

« Où trouvent-ils la force pour faire tout cela ? Justement dans l’Eucharistie... dans la puissance d’amour du Seigneur ressuscité ». Pour lui, le pain rompu est une icône, le signe de reconnaissance du Christ et des chrétiens. Depuis le commencement, l’Eucharistie est « le centre et la forme de la vie de l’Eglise » a précisé le Pape.

A l’issue de la célébration eucharistique, les fidèles ont pris part à la procession traditionnelle, derrière l’ostensoir contenant le Saint-Sacrement, placé sur un véhicule pourvu d’un dais. Le cortège précédé des membres des confréries et du clergé romain s’est dirigé vers la basilique Sainte-Marie-Majeure.

A la fin de son homélie, le Pape François a souhaité que le geste posé en prenant part à la procession eucharistique réponde au mandat de Jésus. Que ce soit « un geste pour faire mémoire de Lui ; un geste pour donner à manger à la foule d’aujourd’hui ; un geste pour rompre notre foi et notre vie comme signe de l’amour du Christ pour cette ville et pour le monde entier ».

Connue également sous le nom de Fête-Dieu, cette solennité fut célébrée pour la première fois à Liège en 1247 pour honorer le Saint-Sacrement. Elle fut imposée à toute l’Église d’Occident quelques années plus tard par le pape Urbain IV.

La procession de la Fête-Dieu est une institution à Rome, depuis que Jean-Paul II l’a relancée en 1979. Très populaire, elle attire chaque année des foules impressionnantes de fidèles, de touristes et de curieux.

Retrouvez ci-dessous l’homélie du Pape lors de cette messe célébrée pour la Fête-Dieu :

« Faites cela en mémoire de moi » (1Co 11, 24.25)

« Par deux fois, l’Apôtre Paul, écrivant à la communauté de Corinthe, rapporte de commandement de Jésus dans le récit de l’institution de l’Eucharistie. C’est le témoignage le plus ancien sur les paroles du Christ lors de la Dernière Cène.

« Faites cela ». C’est-à-dire prenez le pain, rendez grâce et rompez-le ; prenez le calice, rendez grâce et distribuez-le. Jésus commande de répéter le geste par lequel il a institué le mémorial de sa Pâque, au moyen duquel il nous a donné son Corps et son Sang. Et ce geste est parvenu jusqu’à nous : c’est le “faire” l’Eucharistie, qui a toujours Jésus comme sujet, mais qui se réalise à travers nos pauvres mains ointes d’Esprit Saint.

« Faites cela ». Déjà précédemment Jésus avait demandé aux disciples de “faire” ce qu’il avait déjà clair dans son esprit, en obéissance à la volonté du Père. Nous venons de l’entendre dans l’Évangile. Devant les foules fatiguées et affamées, Jésus dit aux disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9, 13). En réalité c’est Jésus qui bénit et rompt les pains jusqu’à rassasier tous ces gens, mais les cinq pains et les deux poissons ont été offerts par les disciples, et Jésus voulait précisément ceci : qu’au lieu de congédier la foule, ils mettent à sa disposition le peu qu’ils avaient. Et ensuite, il y a un autre geste : les morceaux de pain, rompus par les mains saintes et vénérables du Seigneur, passent dans les pauvres mains des disciples, qui les distribuent aux gens. Cela aussi c’est “faire” avec Jésus, c’est “donner à manger” avec lui. Il est clair que ce miracle ne veut pas seulement rassasier la faim d’un jour, mais il est signe de ce que le Christ entend accomplir pour le salut de toute l’humanité en donnant sa chair et son sang (cf. Jn 6, 48-58). Et cependant il faut toujours passer par ces deux petits gestes : offrir le peu de pains et de poissons que nous avons ; recevoir le pain rompu des mains de Jésus et le distribuer à tous.

Rompre : c’est l’autre parole qui explique le sens du « faites cela en mémoire de moi ». Jésus s’est rompu, il se rompt pour nous. Et il nous demande de nous donner, de nous rompre pour les autres. Justement ce “rompre le pain” est devenu l’icône, le signe de reconnaissance du Christ et des chrétiens. Rappelons-nous Emmaüs : ils le reconnurent « à la fraction du pain » (Lc 24, 35). Rappelons-nous la première communauté de Jérusalem : « Ils étaient assidus […] à la fraction du pain » (Ac 2, 42). C’est l’Eucharistie, qui devient depuis le commencement le centre et la forme de la vie de l’Eglise. Mais pensons aussi à tous les saints et saintes – célèbres ou anonymes – qui se sont « rompus » eux-mêmes, leur propre vie, pour “donner à manger” à leurs frères. Que de mamans, que de papas, avec le pain quotidien, coupé sur la table de la maison, ont rompu leur cœur pour faire grandir leurs enfants, et les faire bien grandir ! Que de chrétiens, comme citoyens responsables, ont rompu leur propre vie pour défendre la dignité de tous, spécialement des plus pauvres, des exclus et des discriminés ! Où trouvent-ils la force pour faire tout cela ? Justement dans l’Eucharistie : dans la puissance d’amour du Seigneur ressuscité, qui aujourd’hui aussi rompt le pain pour nous et répète : « Faites cela en mémoire de moi ».

Puisse aussi le geste de la procession eucharistique, que nous allons accomplir dans peu de temps, répondre à ce mandat de Jésus. Un geste pour faire mémoire de Lui ; un geste pour donner à manger à la foule d’aujourd’hui ; un geste pour rompre notre foi et notre vie comme signe de l’amour du Christ pour cette ville et pour le monde entier. »

(Avec R. V.)

Mercredi 25 mai 2016

Devant des milliers de fidèles réunis sous un timide soleil printanier, à l’occasion de l’audience générale place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi son cycle de catéchèses consacré à la Miséricorde dans les Évangiles.

Prenant cette fois appui sur la Parabole de la veuve et du juge inique (Luc 18, 1-5), le Saint-Père a rappelé l’importance de la prière, comme « source de miséricorde ». « Il faut toujours prier, a-t-il insisté, sans jamais se décourager ».

C’est l’histoire d’un juge inique, sans scrupules, « qui ne craint ni Dieu, ni les hommes ». C’est vers lui pourtant que se tourne une veuve dans le besoin. Devant l’indifférence du juge, elle recourt à l’unique arme dont elle dispose : la persévérance, qui finit par payer. Le juge accède en effet à sa requête, non par acquit de conscience ou par miséricorde, mais seulement pour ne plus être importuné.

Que nous enseigne donc cette Parabole ? Qu’il faut prier, sans jamais se décourager. À la différence du juge inique, Dieu exauce toujours, et sans tarder, la prière de ceux qui crient vers lui jour et nuit. « Mais cela ne signifie pas qu’il le fasse au moment, ni de la manière dont nous le voudrions », précise le Pape.

Mais, « La prière n’est pas une baguette magique ! ». Elle nous aide plutôt à garder la foi et à faire confiance à Dieu, même si nous ne comprenons pas sa volonté. Sans elle, notre foi vacille. Jésus lui-même nous montre la voie, Lui qui a présenté, sur la Croix, « avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort » (Héb 5, 7). Et sa prière a été exaucée. Mais cette victoire sur la mort est passée par la mort elle-même, poursuit le Pape, pour qui l’objet de la prière doit passer au second plan. Seule compte notre relation avec le Père. Et voici ce que produit la prière : elle transforme le désir et le rend conforme à la volonté de Dieu.
« Demandons donc une foi persévérante comme celle de la Veuve de la Parabole, conclut François, une foi qui se nourrisse du désir de la venue du Seigneur ».

À l’issue de l’audience générale, le Pape a rappelé la tenue ce jeudi 26 mai 2016 de la Solennité du Corpus Domini. Comme chaque année, l’évêque de Rome présidera une messe, sur le parvis de la basilique Saint-Jean-de-Latran, avant de guider la traditionnelle procession eucharistique le long de la Via Merulana, jusqu’à la basilique de Sainte-Marie-Majeure. Le Pape François invite les Romains et les pèlerins à participer à « cet acte public de foi et d’amour en Jésus réellement présent dans l’Eucharistie ».

Et en ce mercredi 25 mai, Journée internationale pour les enfants disparus, le Pape a affirmé qu’il était du devoir de tous de protéger les enfants, « surtout ceux qui sont les plus exposés au risque élevé de l’exploitation, de la traite et des comportements déviants ». Il appelle les autorités civiles et religieuses à « secouer et sensibiliser les consciences », à pas sombrer dans l’indifférence devant le drame de ces enfants « exploités et éloignés de leurs familles qui ne peuvent pas grandir sereinement et regarder l’avenir avec espérance ». « J’invite tous à la prière afin que chacun d’eux puisse être rendu à l’affection de ses proches ».

Enfin, le pape François a évoqué la Syrie après les attentats de Tartous et Jableh, deux fiefs alaouites de la région côtière, qui ont coûté la vie à plus de 150 personnes, Il a tenu à prier pour le « repos éternel des victimes », -presque toutes civiles-, « la consolation de leurs proches », et « la conversion » de ceux « qui sèment mort et destruction ».

(Avec R. V.)

Dimanche 22 mai 2016

Lors de l’angélus de ce , fête de la Sainte Trinité, le pape François est revenu sur les rapports qu’entretiennent Jésus, le Père et l’Esprit Saint, et sur ce que cela nous enseigne dans nos vies : « L’Esprit Saint nous guide dans les nouvelles situations existentielles avec le regard tourné vers Jésus et, en même temps, ouvert aux événements et au futur ».

L’Esprit « nous aide à marcher dans l’histoire solidement enracinés dans l’Évangile mais aussi avec une fidélité dynamique à nos traditions et coutumes ». La mission de Jésus est ainsi prolongée par l’Esprit Saint, explique le Pape François. L’union qui caractérise la Trinité nous est insufflée par le baptême. « Dieu est une “famille” de trois personnes qui s’aiment tellement qu’elles forment une seule chose. Cette “famille divine” n’est refermée sur elle-même mais est ouverte, elle se communique dans la création et dans l’histoire et est entrée dans le monde des hommes pour appeler tout le monde à en faire partie ». Cela nous pousse, poursuit le Pape, « à vivre dans l’amour et dans le partage fraternel ».

Ce sont ces rapports que nous sommes appelés à recréer entre nous, principalement dans les communautés ecclésiastiques, en vivant dans « la solidarité et dans l’amour réciproque » et c’est ainsi que « l’image de l’Église, icône de la Trinité » sera toujours plus évidente. « La fête de la Sainte Trinité nous invite [donc] à nous engager dans les événements quotidiens pour être levain de communion, de consolation et de miséricorde ». Dans cette mission, l’Esprit Saint est évidemment à nos côtés, tout comme la Vierge Marie, « miroir de la Trinité », qui nous aide à incarner notre foi « par des choix et des preuves d’amour et d’unité ».

(Avec R. V.)

Mercredi 18 mai 2016

lors de l’audience générale Place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi son cycle de catéchèse consacrée, en cette année Sainte, à la miséricorde. Le Saint-Père qui commentait la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare, a développé une réflexion sur le lien entre pauvreté et miséricorde, mettant en garde contre l’aridité des cœurs vis-à-vis des plus pauvres.

Le pauvre Lazare « représente bien le cri silencieux des pauvres de tous les temps et la contradiction d’un monde où d’immenses richesses et ressources sont aux mains d’un petit nombre » a observé le Pape François. Dans la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare « est caché le mystère de notre salut, où le Christ unit la pauvreté à la miséricorde ». L’homme riche, « en excluant Lazare, n’a absolument pas tenu compte du Seigneur », car, « ignorer le pauvre, c’est mépriser Dieu ! ».

Aujourd’hui encore « tant de fois, de nombreuses personnes font semblant de ne pas voir les pauvres » tout comme l’homme riche qui, après la mort, « n’est pas condamné pour ses richesses, mais pour avoir été incapable d’éprouver de la compassion pour Lazare et de le secourir ». « La miséricorde de Dieu envers nous est liée à notre miséricorde envers le prochain » souligne encore le Saint-Père. « Si nous n’ouvrons pas grande ouverte notre porte au pauvre elle reste fermée aussi pour Dieu, c’est ce qui est terrible ».

Mais « pour nous convertir, nous ne devons pas attendre des événements prodigieux, mais ouvrir notre cœur à la Parole de Dieu, qui nous appelle à aimer Dieu et notre prochain ». Cette Parole « peut faire revivre un cœur desséché et le guérir de son aveuglement ». « Le riche connaissait la Parole de Dieu, mais il ne l’a pas écoutée, il ne l’a pas laissé entrer dans son cœur ». Il a donc été incapable, indique le Pape, « d’ouvrir les yeux et d’éprouver de la compassion pour le pauvre ». Or « aucun messager, aucun message, ne pourront remplacer les pauvres que nous rencontrons, parce qu’en eux c’est Jésus lui-même qui vient à notre rencontre ».

Retrouvez la synthèse publiée par le service de presse du Vatican :

« Frères et sœurs, aujourd’hui, je m’arrêterai à la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare. Celui-ci représente bien le cri silencieux des pauvres de tous les temps et la contradiction d’un monde où d’immenses richesses et ressources sont aux mains d’un petit nombre. Le riche sera condamné non pas pour ses richesses, mais parce qu’il a été incapable de ressentir de la compassion pour Lazare et de le secourir. La parabole met clairement en garde : la miséricorde de Dieu envers nous est liée à notre miséricorde envers le prochain ; quand celle-ci manque, celle de Dieu aussi ne trouve pas de place dans notre cœur fermé, elle ne peut y entrer. Pour nous convertir, nous ne devons pas attendre des événements prodigieux, mais ouvrir notre cœur à la Parole de Dieu, qui nous appelle à aimer Dieu et notre prochain. Cette Parole peut faire revivre un cœur desséché et le guérir de son aveuglement. Le riche connaissait la Parole de Dieu, mais il ne l’a pas écoutée, il ne l’a pas accueillie dans son cœur. Aucun message ni messager ne pourront remplacer les pauvres que nous rencontrons, parce qu’en eux c’est Jésus qui vient à notre rencontre. Dans cette parabole est caché le mystère de notre salut, où le Christ unit la pauvreté à la miséricorde.

Je suis heureux de saluer les pèlerins francophones, en particulier le Séminaire de Strasbourg, la délégation du Sanctuaire de Notre-Dame de La Salette, ainsi que celle du Grand Saint-Bernard, en Suisse. Que l’Esprit-Saint, qui nous a été donné à la Pentecôte, guérisse nos cœurs desséchés et les ouvre à toutes les personnes dans le besoin, que nous rencontrons sur notre route. Que Dieu vous bénisse ! »

(Avec R. V.)

Dimanche 15 Mai 2016

La solennité de la Pentecôte, célébrée ce dimanche, vient clore le Temps pascal. Dans l’audience de la dernière prière du Regina Cæli de l’année, le Pape François est revenu sur le don de l’Esprit-Saint, que Jésus promet à ses Apôtres, au soir du Jeudi Saint, lors de la dernière Cène.

« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jean 14, 15-16) : ces paroles de Jésus nous rappellent que « l’amour pour une personne, mais également pour le Seigneur, ne se démontre pas avec des paroles, mais bien avec des actes », a affirmé le Pape. Et d’insister : « être chrétien ne signifie pas appartenir à une culture, ou adhérer à une doctrine, mais plutôt de lier sa vie, sous tous ses aspects, à la personne de Jésus, et à travers lui, au Père ». Et l’Esprit Saint, qui unit le Père et le Fils, nous enseigne à « aimer comme Dieu aime ».

L’Esprit-Saint est le Défenseur, celui qui nous assiste dans notre lutte contre le mal, « l’autre Paraclet », le premier étant Jésus lui-même. Il est aussi celui qui nous fait « intérioriser l’enseignement du Christ, le faisant devenir part de nous-même, chair de notre chair ». « Dans le même temps, l’Esprit-Saint prépare notre cœur afin qu’il soit rendu capable de recevoir les paroles du Seigneur ». « A chaque fois que nous accueillons avec joie la Parole de Jésus dans notre cœurs, a encore soutenu François, cela est l’œuvre de l’Esprit ».

« Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce d’être animés avec force de l’Esprit-Saint, afin de témoigner du Christ avec franchise, et nous ouvrir toujours plus à la plénitude de son amour », a enfin conclu le Pape.

Auparavant, le Saint-Père avait présidé la Messe solennelle de Pentecôte. Dans son homélie, il a rappelé que le don du Paraclet avait un but essentiel : « rétablir notre relation avec le Père, nous arracher à la condition d’orphelins et nous rendre celle de fils ».

Nous vous proposons de découvrir le texte de son homélie dans son intégralité :

« La mission de Jésus, culminant dans le don de l’Esprit Saint, avait ce but essentiel : rétablir notre relation avec le Père, abîmée par le péché ; nous arracher à la condition d’orphelins et nous rendre celle de fils.

L’apôtre Paul, écrivant aux chrétiens de Rome, dit : « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions “Abba ! ”, c’est-à-dire : Père ! » (Rm 8, 14-15). Voilà la relation renouée : la paternité de Dieu se rétablit en nous grâce à l’œuvre rédemptrice du Christ et au don de l’Esprit Saint.

L’Esprit est donné par le Père et nous conduit au Père. Toute l’œuvre du salut est une œuvre de ré-génération, dans laquelle la paternité de Dieu, au moyen du don du Fils et de l’Esprit, nous libère de l’état d’orphelins dans lequel nous sommes tombés. À notre époque aussi nous rencontrons différents signes de notre condition d’orphelins : cette solitude intérieure que nous éprouvons même au milieu de la foule et qui parfois peut devenir tristesse existentielle ; cette prétendue autonomie par rapport à Dieu qui s’accompagne d’une certaine nostalgie de sa proximité ; cet analphabétisme spirituel diffus à cause duquel nous nous retrouvons dans l’incapacité de prier ; cette difficulté à percevoir comme vraie et réelle la vie éternelle, comme plénitude de communion qui germe ici-bas et s’épanouit au-delà de la mort ; cette difficulté pour reconnaître l’autre comme frère, en tant que fils du même Père ; et d’autres signes semblables.

À tout cela s’oppose la condition de fils, qui est notre vocation originaire, elle est ce pour quoi nous sommes faits, notre plus profond ADN, mais qui a été abimé et qui, pour être restauré, a demandé le sacrifice du Fils Unique. Du don immense d’amour qu’est la mort de Jésus sur la croix, a jailli pour toute l’humanité, comme une immense cascade de grâce, l’effusion de l’Esprit saint. Celui qui s’immerge avec foi dans ce mystère de régénération renaît à la plénitude de la vie filiale.

« Je ne vous laisserai pas orphelins ». Aujourd’hui, fête de Pentecôte, ces paroles de Jésus nous font penser aussi à la présence maternelle de Marie au Cénacle. La Mère de Jésus est au milieu de la communauté des disciples rassemblés en prière : elle est mémoire vivante du Fils et invocation vivante de l’Esprit Saint. Elle est la Mère de l’Église. À son intercession nous confions de manière particulière tous les chrétiens et les communautés qui en ce moment ont le plus besoin de la force de l’Esprit Paraclet, Défenseur et Consolateur, Esprit de vérité, de liberté et de paix.

L’Esprit, comme affirme encore saint Paul, fait que nous appartenons au Christ. « Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas » (Rm 8, 9). Et en consolidant notre relation d’appartenance au Seigneur Jésus, l’Esprit nous fait entrer dans une nouvelle dynamique de fraternité. Par le Frère universel qui est Jésus, nous pouvons nous mettre en relation avec les autres d’une manière nouvelle, non plus comme des orphelins, mais comme des fils du même Père, bon et miséricordieux. Et cela change tout ! Nous pouvons nous regarder comme des frères, et nos différences ne font que multiplier la joie et l’émerveillement d’appartenir à cette unique paternité et fraternité.

Samedi 14 mai 2016

Le Pape François a présidé ce samedi 14 mai 2016 sur la place Saint-Pierre une nouvelle audience générale jubilaire, en remerciant les fidèles « courageux » qui étaient venus malgré la pluie. Les personnes malades et handicapées ont été mises à l’abri en salle Paul VI, le Pape est venu les saluer avant de se rendre sur la Place.

Le Pape les a fait applaudir par la foule à l’extérieur, faisant sourire les fidèles lorsqu’il a reconnu qu’il est difficile d’applaudir avec un parapluie dans la main ...
Sa catéchèse a porté sur la pitié, une notion parfois mal comprise mais dont il a tenu à expliquer la valeur toujours actuelle.

« Nous devons être attentifs à ne pas confondre la pitié avec ce piétisme, plutôt diffus, qui est seulement une émotion superficielle et offense la dignité de l’autre. » Le Pape François a fait remarquer que le sens du mot latin “pietas” a beaucoup évolué au fil des siècles, passant dans l’Antiquité gréco-romaine d’une logique de soumission aux dieux et aux parents, à, dans notre époque contemporaine, un attachement aux animaux de compagnie qui parfois dépasse l’attachement aux êtres humains.

« La pitié dont nous voulons parler est une manifestation de la miséricorde de Dieu. C’est l’un des sept dons de l’Esprit Saint que le Seigneur offre à ses disciples pour les rendre dociles à l’inspiration divine », a précisé le Saint-Père.

De nombreuses fois dans l’Évangile, des personnes malades, démoniaques, pauvres ou affligées s’adressent à Jésus en lui disait « aie pitié », reconnaissant en Lui le Fils de Dieu. « Jésus leur répondait avec le regard de la miséricorde et le réconfort de sa présence. »

« Pour Jésus éprouver de la pitié équivaut à partager la tristesse de celui qu’il rencontre, mais en même temps à agir lui-même pour la transformer en joie. »

Alors « nous aussi, nous sommes appelés à cultiver en nous des attitudes de pitié face à tant de situations de la vie, en mettant de côté l’indifférence qui empêche de reconnaître les exigences des frères qui nous entourent, et nous libérant de l’esclavage du bien-être matériel », a martelé le Pape François. »

Avec R. V.)

En voici la synthèse du service de presse du Vatican :

« Frères et sœurs, un aspect de la miséricorde consiste à éprouver de la pitié envers ceux qui ont besoin d’être aimés. La pitié n’est pas un piétisme ou une émotion superficielle, qui pourrait offenser la dignité de l’autre. Elle est un don du Saint Esprit que le Seigneur fait à ses disciples pour les rendre dociles à obéir aux inspirations divines.

Souvent dans l’Evangile les personnes demandent à Jésus d’avoir pitié d’elles, pressentant qu’il a le pouvoir de les secourir, et qu’en lui se trouve l’amour même de Dieu. Portant sur eux un regard de miséricorde, il leur répond toujours d’avoir confiance en lui et en sa Parole. Pour Jésus éprouver de la pitié c’est partager la tristesse des malheureux, et la transformer en joie.

Je salue cordialement les pèlerins de langue française.

Par l’intercession de la Vierge Marie, nous sommes invités, en cette veille de la Pentecôte, à secouer notre indifférence qui nous empêche parfois de voir les besoins de nos frères, et de nous libérer de la servitude des biens matériels.

Que Dieu vous bénisse. »

(Avec R. V.)

Mercredi 11 Mai 2016

Lors de l’audience générale, Place St Pierre, le Pape François a centré sa catéchèse sur la parabole du Fils prodigue, parabole dite "de miséricorde, en St Luc, qui montre que « notre dignité d’enfant de Dieu ne dépend ni de nos mérites, ni de nos actions, mais de l’amour gratuit du Père ».

Dans cette parabole, Jésus ne révèle pas un père offensé et plein de ressentiment. Il s’empresse au contraire de rendre à son fils les signes extérieurs de sa dignité : un bel habit, un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Le fils sait qu’il a péché, reconnait sa faute. Mais ses paroles semblent se dissoudre dans la miséricorde sans conditions du Père, lui qui, voyant son fils au loin, court à sa rencontre, heureux de le voir revenir chez lui. L’étreinte du père montre encore une fois que « notre dignité d’enfant de Dieu ne dépend ni de nos mérites, ni de nos actions, mais de l’amour gratuit du Père », insiste le Pape. Et cela doit nous encourager à ne jamais désespérer, même dans les situations difficiles où tout espoir semble perdu. Nous ne cesserons jamais d’être enfants d’un Dieu qui nous aime et attendra toujours notre retour.

Mais, le Saint-Père l’a rappelé, il ne faut pas oublier l’autre fils de la parabole, le frère aîné, qui est toujours resté à la maison, et qui a lui aussi besoin de la miséricorde du père. C’est nous qu’il représente, lorsque nous sommes tentés par le découragement, et que nos efforts semblent ne rien rapporter. Le fils aîné attendait une récompense comme un dû, mais sa récompense était de rester auprès du Père, en qualité de fils.

Le père réunit ses deux enfants, l’un qui attendait un châtiment, l’autre une récompense, dans une logique nouvelle, celle de la miséricorde. Il les invite à se retrouver comme des frères dans la joie et la fête pour celui qui s’était perdu.

Avant l’audience générale, le Pape a reçu le chef de la communauté bektashi d’Albanie, Sa Grâce Baba Edmond Brahimaj. Le Bektashisme est une confrérie issue de la mouvance soufie chiite fondée au XIII ème siècle en Anatolie et qui s’est ensuite répandue dans les Balkans surtout en Albanie. Les Bektashis sont ces jours-ci au Vatican où ils ont rencontré le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Avant de se rendre Place St Pierre, le Saint-Père s’est également rendu dans la salle Paul VI du Vatican, afin de saluer les nombreux malades qui y étaient rassemblés, et qui ont suivi l’audience grâce à des écrans géants.

Le Pape François a enfin eu des mots particuliers pour le Brésil en pleine tourmente politique et sociale. S’adressant aux pèlerins brésiliens présents sur la Place St Pierre, François a évoqué les moments difficiles que traverse en ce moment le plus grand pays d’Amérique latine : « Mes pensées vont vers votre pays bien-aimé. En ces jours de préparation à la fête de la Pentecôte, je demande au Seigneur de répandre les dons de son Esprit, afin que le pays, en ce temps de crise, avance sur le sentiers de l’harmonie et de la paix », a notamment déclaré le Pape… qui confie le peuple brésilien à la Vierge d’Aparecida.

’Avec R. V.)

Dimanche 8 mai 2016

Lors de l’audience du Regina Cæli, place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur le sens de la fête de l’Ascension, célébrée ce dimanche en Italie, avec quelques jours de décalage par rapport à la France.

« Lors de la fête de l’Ascension, nous célébrons le mystère de Jésus qui sort de notre espace terrestre pour entrer dans la plénitude de la gloire de Dieu, portant avec lui notre humanité », a expliqué le Saint-Père. « Depuis ce jour, il est devenu possible pour les apôtres, et pour tout disciple du Christ, d’habiter à Jérusalem et dans toutes les villes du monde, aussi dans celles qui sont le plus travaillées par l’injustice et la violence, parce qu’au-dessus de chaque ville il y a le même ciel et chaque habitant peut élever le regard avec espérance ».

En effet, « dans ce ciel habite ce Dieu qui s’est révélé proche au point de prendre le visage d’un homme, Jésus de Nazareth ». Il reste pour toujours l’Emmanuel, « Dieu avec nous ». Cette prise de conscience nous donne une responsabilité : comme les disciples qui sont retournés dans la ville pour annoncer à tous la vie nouvelle qui vient de Jésus, « la conversion et le pardon des péchés », nous devons porter le témoignage en sortant de nos églises, chaque dimanche, pour l’amener « dans les maisons, dans les bureaux, à l’école, dans les lieux de rencontre et de divertissement, dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les maisons de retraite, dans les lieux remplis par des foules de migrants, dans les périphéries de la ville… ». « Ce témoignage, nous, nous devons l’apporter chaque semaine, a insisté le Pape : le Christ est avec nous, Jésus est monté au ciel, il est avec nous, le Christ est vivant ».

Le Pape François a aussi évoqué l’organisation ce dimanche de la 50e Journée mondiale des Communications sociales, issue du Concile Vatican II. En citant son message pour cette édition 2016, le Saint-Père a souhaité que les communications « puissent jeter des ponts entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les peuples. Et ceci dans l’environnement physique comme dans le numérique ». Il a appelé à ce que les acteurs de la communication de l’Église aient toujours « un style clairement évangélique, un style qui unisse la vérité et la miséricorde ».

Le Pape François a publié ce dimanche une image sur ses comptes Twitter et Instagram d’un message manuscrit et signé de son nom en latin, Franciscus : « À toi, qui de la grande communauté digitale, me demande bénédictions et prières, je veux dire : tu seras le don précieux de ma prière au Père. Et toi, n’oublie pas de prier pour moi et pour mon service d’Evangile et de Miséricorde ».

Le Saint-Père a par ailleurs évoqué la fête des mères qui se tient ce dimanche 8 mai dans plusieurs pays, rendant hommage aux « mamans, celles qui sont aujourd’hui sur la place, nos mamans, celles qui sont encore parmi nous, et celles qui sont allées au ciel » et il a invité la foule à réciter un Ave Maria pour toutes les mamans.

(Avec R. V.)

Jeudi 5 mai 2016

Le Pape François a présidé une veillée de prière pour ceux qui ont besoin de consolation. Cettecélébration s’est déroulée en début de soirée dans la basilique Saint-Pierre.

Trois témoins ont raconté leur histoire devant une assemblée émue jusqu’aux larmes. Ils ont allumé chacun un cierge devant le reliquaire de la Vierge des larmes de Syracuse. Le bas- relief en plâtre était exposé à la vénération des fidèles près du maître-autel.

Après la lecture de l’Évangile, le Pape François a évoqué avec gravité la tristesse qu’il nous arrive de découvrir sur tant de visages… les larmes versées à chaque instant dans le monde ; chacune différente de l’autre, et qui forment ensemble comme un océan de désolation. « Les plus amères sont celles provoquées par la méchanceté humaine ». Dans les moments de tristesse, dans la souffrance de la maladie, dans l’angoisse de la persécution et dans la douleur du deuil, nous avons tous besoin de miséricorde, de la consolation qui vient du Seigneur. C’est notre pauvreté mais aussi notre grandeur. La raison toute seule n’est pas capable de donner la réponse que nous attendons. « Dans ces moments, nous avons davantage besoin des raisons du cœur, seules capables de nous faire comprendre le mystère qui entoure notre solitude ». Mais nous ne sommes pas seuls dans notre douleur.

Le Pape François a rappelé que Jésus aussi avait expérimenté dans sa personne la peur de la souffrance et de la mort, la déception et le découragement pour la trahison de Judas et de Pierre, la douleur pour la mort de son ami Lazare. « C’est une des pages les plus émouvantes de l’Évangile, quand Jésus voit pleurer Marie en raison de la mort de son frère Lazare, il ne parvient pas non plus à retenir ses larmes. Les larmes de Jésus ont déconcerté beaucoup de théologiens au cours des siècles, mais elles ont surtout lavé beaucoup d’âmes, elles ont adouci beaucoup de blessures. Si Dieu a pleuré, je peux moi aussi pleurer, sachant que je suis compris. Les pleurs de Jésus nous enseignent aussi à faire nôtre la douleur des autres, à participer au malaise et à la souffrance de ceux qui vivent dans les situations les plus douloureuses. Nous sommes appelés, nous aussi, à consoler. »

Pour le Souverain Pontife, la prière est le vrai remède à notre souffrance. « Nous aussi, dans la prière, nous pouvons sentir la présence de Dieu près de nous. (…) L’amour de Dieu répandu dans nos cœurs permet de dire que lorsqu’on aime, rien ni personne ne pourra jamais nous arracher des personnes qu’on a aimées ». Le Pape François a exhorté les fidèles à invoquer avant tout la présence de l’Esprit Saint. « Que ce soit Lui qui illumine notre esprit pour trouver les mots justes et capables de réconforter ; que ce soit Lui qui ouvre notre cœur pour avoir la certitude de la présence de Dieu qui ne nous abandonne pas dans l’épreuve ».

Après la lecture de l’Évangile et la méditation du Pape, les fidèles présents ont pu écrire leurs intentions de prières sur des billets portés à l’autel durant la prière. Après la bénédiction du Pape François, l’image de l’Agneau pascale a été confiée aux fidèles comme « une expression de la miséricorde de Dieu pour tous les fidèles qui vivent des situations de souffrance profonde ».

Pendant la prière universelle, les fidèles ont prié pour que « Dieu fasse cesser les guerres et convertisse les cœurs violents, pour les chrétiens persécutés, pour les personnes menacées de mort, torturées, réduites en esclavage, pour les enfants victimes d’abus, pour les malades, les handicapés et leurs familles, pour les innocents incarcérés, pour ceux qui sont déprimés, angoissés, désespérés, pour les victimes d’addictions, pour les personnes séparées de leurs familles, pour ceux qui ont perdu leur maison, leur patrie et leur travail. »

(Avec R. V.)

Mercredi 4 Mai 2016

Lors de l’audience générale, le Saint-Père a proposé une nouvelle réflexion sur la façon de vivre notre foi. En commentant la parabole du Bon Pasteur et de la brebis égarée, il a rappelé que « la miséricorde envers les pécheurs est le style d’action de Dieu » qui « ne peut se résigner au fait qu’une seule personne puisse être perdue ».

À travers cette parabole, explique le Pape, Jésus « a voulu faire comprendre que sa proximité envers les pécheurs ne doit pas scandaliser, mais provoquer chez tous une sérieuse réflexion sur la façon de vivre la foi ». En recherchant la brebis perdue, le pasteur semble avoir oublié les 99 autres « mais en réalité observe le Saint-Père il n’en est pas ainsi ». « L’enseignement que Jésus veut nous donner est qu’aucune brebis ne peut être perdue ». Et en partant la chercher, Jésus provoque les 99 autres pour qu’elles réunissent le troupeau.

Pour Dieu, « personne n’est définitivement perdu, Jamais ! Jusqu’au dernier moment Dieu va à notre recherche ». « Dieu est celui qui va à la recherche de ses enfants perdus pour ensuite faire la fête et se réjouir avec tous de les avoir retrouvés ». Chaque personne à ses yeux est très importante et en particulier « la plus nécessiteuse, la plus abandonnée, la plus rejetée » car, explique le Saint-Père, « Dieu ne connaît pas notre culture actuelle du déchet », « Dieu ne rejette jamais personne. Il nous aime tous, Il nous cherche tous ». « Le Seigneur va là où Il veut nous rencontrer et non pas là où nous prétendons le trouver ».

Le Pape invite alors à réfléchir plus souvent à cette parabole « parce que dans la communauté chrétienne il y a toujours quelqu’un qui manque et qui a laissé une place vide ». Parfois reconnaît le Saint-Père « cela peut paraitre décourageant » et apparaitre comme « une maladie sans remède ». C’est alors que « nous courrons le risque de nous enfermer dans la bergerie où il n’y aura pas l’odeur des brebis mais celle de renfermé ».

Les chrétiens ne doivent donc pas être fermés « sinon ils auront cette mauvaise odeur des choses fermées ». C’est là une nouvelle invitation du Pape « à sortir de nos petites communautés, des paroisses », un appel à « un nouvel élan missionnaire qui nous amène à rencontrer les autres », une perspective « dynamique, ouverte, stimulante » souligne le Pape. « Elle nous pousse à entreprendre des chemins de fraternité. Trouver celui qui est perdu fait la joie du pasteur et de Dieu, mais c’est aussi la joie de tout le troupeau, car aucun troupeau ne peut renoncer à un frère. Nous sommes tous des brebis retrouvées et recueillies par la miséricorde du Seigneur, appelés à rassembler en lui tout le troupeau. ».

(Avec R. V.)

Dimanche 1er mai 2016

Lors de l’audience du Regina Cæli, le pape François a commenté l’évangile de ce jour qui nous ramène au Cénacle, lorsque Jésus promet le don de l’Esprit-Saint aux Apôtres :« Nous ne sommes pas seuls : Jésus est près de nous, parmi nous, en nous ! ». A la fin de l’audience, il a également lancé un appel pressant en faveur de la paix en Syrie

Devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre pour la prière du Regina Coeli, le Saint-Père a expliqué que Jésus est présent dans l’histoire par l’intermédiaire de l’Esprit Saint. C’est Lui qui nous guide dans notre manière de penser, d’agir, de faire la distinction entre le bien et le mal. Il nous aide à pratiquer la charité de Jésus, à l’égard des autres et en particulier des plus nécessiteux.

L’Esprit Saint, dit Jésus aux Apôtres, “vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit” (Jn 14, 23-29). Cela est vrai dans les différentes circonstances de notre vie et, a expliqué le Pape François « c’est ce qui se produit aujourd’hui encore dans l’Église, guidée par la lumière et par la force de l’Esprit Saint, pour qu’elle puisse porter à tous le don du salut, c’est-à-dire l’amour et la miséricorde de Dieu ».

Le signe de la présence de l’Esprit Saint c’est aussi la paix que Jésus donne à ses disciples, une paix qui jaillit de la victoire sur le péché et sur l’égoïsme qui nous empêche de nous aimer comme des frères. Le Souverain Pontife invite donc les fidèles à accueillir docilement l’Esprit Saint.

En ce dimanche 1er mai, le Pape François a par ailleurs salué les fidèles des Eglises d’Orient qui célébraient la fête de Pâques en souhaitant que le Seigneur ressuscité offre à tous les dons de sa lumière et de sa paix.

Et avant de prendre congé des fidèles, il a évoqué l’ouverture, ce lundi à Rome, d’une Conférence internationale sur « le développement durable et les formes les plus vulnérables du travail ». L’occasion pour l’Evêque de Rome de souhaiter que cet événement parvienne à sensibiliser les autorités, les institutions politiques et économiques et la société civile, en faveur de la promotion d’un modèle de développement qui tienne compte de la dignité humaine dans le respect des réglementations sur le travail et l’environnement.

Le Pape François a aussi lancé un nouvel appel en faveur de la Syrie. Devant les dizaines de milliers de personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre pour la prière du Regina Coeli, le Saint-Père a fait part de sa profonde douleur face aux nouvelles dramatiques qui parviennent de ce pays.

La spirale de violence, a-t-il relevé, est en train d’aggraver la situation humanitaire déjà alarmante ; elle continue de faire des victimes innocentes y compris parmi les enfants, les malades et ceux qui au prix de bien des sacrifices s’efforcent de venir en aide à la population. Le Pape François exhorte toutes les parties impliquées dans le conflit à respecter le cessez-le-feu et à renforcer le dialogue engagé. C’est la seule voie pouvant conduire à la paix.

Le Souverain Pontife, qui a récemment ramené douze réfugiés syriens de l’île grecque de Lesbos, a exprimé à de nombreuses reprises son inquiétude et sa peine face à l’immense tragédie que connaît la Syrie en demandant à la communauté internationale de ne pas rester passive.

Selon l’AFP, un calme précaire régnait dimanche matin à Alep, après des bombardements nocturnes menés aussi bien par le régime que par les rebelles. Mais les habitants sont restés terrés chez eux de crainte d’une reprise des violences. La deuxième ville du pays est devenue le principal champ de bataille de cette guerre qui a fait plus de 270 000 morts depuis 2011.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry était attendu ce dimanche à Genève pour des entretiens en urgence sur le conflit avec l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura et ses homologues saoudien et jordanien. Pour les Etats Unis, la fin des violences à Alep et le retour à une cessation durable des hostilités sont la première des priorités. De son côté, toujours selon l’AFP, la Russie a annoncé que des pourparlers étaient en cours pour parvenir à un gel des combats dans la province d’Alep.

(Avec R. V.)
Audience Jubilaire du samedi 30 avril à Rome

"Que les confesseurs ne mettent pas d’obstacles aux personnes qui veulent se réconcilier avec Dieu" : cette exhortation a été lancée par le Pape François lors de l’audience jubilaire consacrée à la miséricorde et à la réconciliation de ce samedi 30 avril 2016, place Saint-Pierre.

En présence de nombreux militaires, principalement italiens, qui participent ce weekend au jubilé des militaires et des policiers, le Pape François a en effet consacré sa catéchèse à un « aspect important de miséricorde : la réconciliation ».

« En péchant, nous nous éloignons » de Dieu, « mais lui, en nous voyant en danger, vient nous chercher encore plus ». Le Pape François explique bien que ce n’est pas Dieu qui détourne son regard de nous, mais nous-même, qui nous nous refermons. Car « Dieu ne se résigne jamais à la possibilité qu’une personne reste étrangère à son amour, à condition bien sûr de trouver en elle quelque signe de regret pour le mal accompli ».

En tournant le dos à Dieu, nous nous éloignons donc de lui. En conséquence, « nous n’avons plus de but, et de pèlerins nous devenons dans ce monde des errants ». C’est là le principal écueil qui nous guette : celui de prétendre « être autosuffisants ». C’est pourquoi le Pape nous exhorte à nous laisser nous réconcilier avec Dieu. Et de préciser que « ce jubilé de la miséricorde est un temps de réconciliation pour tous », et de souhaiter que « personne ne reste loin de Dieu à cause des obstacles dressés par les hommes ».

Le Pape François s’adresse alors plus précisément aux confesseurs qu’il prie d’être des pères. « C’est un ministère tellement beau : ce n’est pas une salle de torture ni un interrogatoire, non, c’est le Père qui reçoit, Dieu le Père, Jésus qui reçoit et accueille cette personne et pardonne ». Le Saint-Père, comme il en a l’habitude, adresse donc un conseil en forme de reproche aux prêtres, les incitant à comprendre et pardonner, plutôt qu’à juger et condamner.

« Faire l’expérience de la réconciliation avec Dieu permet de découvrir la nécessité d’autres formes de réconciliation : dans les familles, dans les rapports interpersonnels, dans les communautés ecclésiales comme également dans les relations sociales et internationales ». Car, « la réconciliation est aussi un service à la paix, à la reconnaissance des droits fondamentaux des personnes, à la solidarité et à l’accueil de tous ».

Aux militaires et policiers présents lors de cette audience, le Saint-Père a voulu adresser un message particulier : « Vous êtes des instruments de réconciliation, des constructeurs de ponts et des semeurs de paix. Vous êtes en effet appelé non seulement à prévenir, gérer, ou mettre fin aux conflits, mais aussi à contribuer à la construction d’un ordre fondé sur la vérité, sur la justice, sur l’amour et sur la liberté ».

(Avec R. V.)

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    Michel DEGLISE
    Conseiller de l’Évêque à la Communication
    Secrétaire général de la Communication du diocèse,
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