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        Audience générale du Pape François

Audience générale du Pape François

50ème anniversaire de la promulgation de Nostra Aetate

Le Pape François a présidé une audience générale pas comme les autres ce mercredi 28 Octobre : elle était marquée en effet par le dialogue interreligieux. Il y a tout juste 50 ans paraissait la déclaration Nostra Aetate sur les rapports entre l’Église catholique et les autres religions. Plusieurs membres de ces religions étaient présents place Saint-Pierre pour célébrer cet évènement. Le Saint-Père a rendu hommage aux fruits de Nostra Aetate, un texte décisif qui marque encore le dialogue de l’Eglise avec les autres croyants.


« Le Concile Vatican II fut un temps extraordinaire de réflexion, de dialogue et de prière pour renouveler le regard de l’Église sur elle-même et sur le monde » a expliqué le Pape, qui a souligné combien la déclaration Nostra Aetate était toujours d’actualité. François en a rappelé des points essentiels comme la recherche commune des religions d’un sens à la vie, l’unicité de la famille humaine, la recherche de Dieu et de l’Absolu à travers les différences ethniques et culturelles, ou encore le regard d’estime que l’Église porte sur les croyants des autres religions, leur engagement spirituel et moral.

L’Église est ouverte au dialogue avec tous, a redit le Souverain Pontife, tout en restant fidèle à la vérité en laquelle elle croit, à commencer par le Salut offert à tous les hommes en Jésus.

Le Pape a rappelé les fruits du dialogue interreligieux depuis la première rencontre d’Assise en 1986, soulignant que « cette flamme allumée à Assise s’était étendue au monde entier et constituait un signe permanent d’espérance ».

En relisant l’histoire des rapports interreligieux, le Saint-Père a souhaité en particulier rendre grâce à Dieu pour la transformation du dialogue judéo-chrétien, passé d’une attitude de défiance voire de franche hostilité, à une collaboration et une bienveillance réelles. « D’ennemis et étrangers nous sommes devenus amis et frères », a-t-il expliqué, rappelant combien Nostra Aetate avait permis de redécouvrir les racines juives du christianisme.

Ce respect et cette estime mutuels valent également pour les autres religions, a poursuivi le Pape, en particulier l’islam. « Le dialogue dont nous avons besoin ne peut qu’être ouvert et respectueux, et ainsi se révéler fructueux » a-t-il dit en précisant que les finalités de dialogue consistaient à respecter chaque individu dans son droit à vivre, sa liberté de conscience et de pensée, et sa liberté religieuse.

Comme il l’avait déjà soulignt dans son discours devant le Congrès américain, le 24 septembre dernier, le Pape a souligné qu’aucune religion n’était à l’abri de déviances fondamentalistes ou extrémistes, mais qu’il était essentiel de regarder les valeurs positives qu’elles vivent et proposent.

Face aux grands défis du monde : corruption, crise morale, de la famille, crise économique et financière, les religions n’ont pas des réponses toutes faites, a enfin souligné François , mais ont un trésor commun, la prière. « Puisse notre prière adhérer pleinement à la volonté de Dieu qui désire que tous les hommes se reconnaissent et vivent comme frères » a-t-il conclu.

Retrouvez dans son intégralité le discours du Saint-Père :

" Chers frères et sœurs, bonjour !

Lors des Audiences générales, il y a souvent des personnes ou des groupes appartenant à d’autres religions ; mais aujourd’hui, cette présence est tout à fait particulière, pour rappeler ensemble le 50e anniversaire de la Déclaration du Concile Vatican II, Nostra ætate sur les relations de l’Eglise catholique avec les religions non chrétiennes. Ce thème tenait profondément à cœur au bienheureux Pape Paul VI, qui déjà lors de la fête de Pentecôte de l’année précédant la fin du Concile, avait institué le Secrétariat pour les non chrétiens, aujourd’hui Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. J’exprime donc ma gratitude et une chaleureuse bienvenue aux personnes et aux groupes de différentes religions, qui ont aujourd’hui voulu être présents, en particulier à ceux qui sont venus de loin.

Le Concile Vatican II a été un temps extraordinaire de réflexion, de dialogue et de prière pour renouveler le regard de l’Eglise catholique sur elle-même et sur le monde. Une lecture des signes des temps, en vue d’une mise à jour orientée par une double fidélité : fidélité à la tradition ecclésiale et fidélité à l’histoire des hommes et des femmes de notre temps. En effet, Dieu qui s’est révélé dans la création et dans l’histoire, qui a parlé au moyen des prophètes et de manière concrète dans son Fils fait homme (cf. He 1, 1), s’adresse au cœur et à l’esprit de chaque être humain qui cherche la vérité et les voies pour la pratiquer.

Le message de la Déclaration Nostra ætate est toujours actuel. J’en rappelle brièvement certains points :

— l’interdépendance croissante des peuples (cf. n. 1) ;

— la recherche humaine d’un sens de la vie, de la souffrance, de la mort, des interrogations qui accompagnent toujours notre chemin (cf. n. 1) ;

— l’origine commune et le destin commun de l’humanité (cf. n. 1) ;

— l’unicité de la famille humaine (cf. n. 1) ;

— les religions comme recherche de Dieu ou de l’Absolu, au sein des diverses ethnies et cultures (cf. n. 1) ;

— le regard bienveillant et attentif de l’Eglise sur les religions : cette dernière ne rejette rien de ce qui se trouve en elles de vrai et de beau (cf. n. 2) ;

— l’Eglise considère avec estime les croyants de toutes les religions, appréciant leur engagement spirituel et moral (cf. n. 3) ;

— l’Eglise, ouverte au dialogue avec tous, est dans le même temps fidèle à la vérité dans laquelle elle croit, à commencer par celle que le salut offert à tous à son origine en Jésus, unique Sauveur, et que le Saint-Esprit est à l’œuvre, comme source de paix et d’amour.

Ces dernières cinquante années, de nombreux événements, initiatives, relations institutionnelles ou personnelles ont eu lieu avec les religions non chrétiennes et il est difficile de tous les rappeler. Un événement particulièrement significatif a été la rencontre d’Assise du 27 octobre 1986. Celle-ci fut voulue et promue par saint Jean-Paul II, qui une année auparavant, il y a donc trente ans, en s’adressant aux jeunes musulmans à Casablanca souhaitait que tous les croyants en Dieu favorisent l’amitié et l’union entre les hommes et les peuples (19 août 1985). La flamme, allumée à Assise, s’est étendue au monde entier et constitue un signe permanent d’espérance.

Dieu mérite une gratitude particulière pour la véritable transformation qu’a subie, au cours de ces 50 années, la relation entre les chrétiens et les juifs. L’indifférence et l’opposition se sont transformées en collaboration et bienveillance. D’ennemis et étrangers, nous sommes devenus amis et frères. Le Concile, avec la déclaration Nostra ætate, a tracé la route : « oui » à la redécouverte des racines juives du christianisme ; « non » à toute forme d’antisémitisme et condamnation de toute injure, discrimination et persécution qui en découlent. La connaissance, le respect et l’estime réciproques constituent la voie qui, si cela vaut de manière particulière pour la relation avec les juifs, vaut également pour les relations avec les autres religions. Je pense en particulier aux musulmans, qui — comme le rappelle le Concile — « adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes » (Nostra ætate, n. 3). Ils se réfèrent à la paternité d’Abraham, ils vénèrent Jésus comme prophète, ils honorent sa Mère vierge, Marie, ils attendent le jour du jugement dernier, et pratiquent la prière, l’aumône et le jeûne (cf. ibid.).

Le dialogue dont nous avons besoin ne peut être qu’ouvert et respectueux, c’est alors qu’il se révèle fructueux. Le respect réciproque est la condition et, dans le même temps, le but du dialogue interreligieux : respecter le droit d’autrui à la vie, à l’intégrité physique, aux libertés fondamentales, c’est-à-dire la liberté de conscience, de pensée, d’expression et de religion.

Le monde nous regarde, nous, croyants, il nous exhorte à collaborer entre nous et avec les hommes et les femmes de bonne volonté qui ne professent aucune religion, il nous demande des réponses effectives sur de nombreux thèmes : la paix, la faim, la pauvreté qui touche des millions de personnes, la crise environnementale, la violence, en particulier celle commise au nom de la religion, la corruption, la déliquescence morale, les crises de la famille, de l’économie, de la finance, et surtout de l’espérance. Nous, croyants, n’avons pas de recettes pour ces problèmes, mais nous avons une grande ressource : la prière. Et nous croyants, nous prions. Nous devons prier. La prière est notre trésor, dans lequel nous puisons selon nos traditions respectives, pour demander les dons auxquels l’humanité aspire.

A cause de la violence et du terrorisme s’est diffusé un comportement de suspicion voire de condamnation des religions. En réalité, bien qu’aucune religion ne soit immunisée contre le risque de déviations fondamentalistes ou extrémistes chez des individus ou des groupes (cf. Discours au Congrès des Etats-Unis, 24 septembre 2015), il faut regarder les valeurs positives que celles-ci proposent et qui sont des sources d’espérance. Il s’agit d’élever le regard pour aller plus loin. Le dialogue basé sur le respect confiant peut apporter des semences de bien qui à leur tour deviennent des germes d’amitié et de collaboration dans de nombreux domaines et surtout dans le service aux pauvres, aux petits, aux personnes âgées, dans l’accueil des migrants, dans l’attention envers les exclus. Nous pouvons avancer ensemble en prenant soin les uns des autres et de la création. Tous les croyants de chaque religion. Ensemble nous pouvons louer le Créateur pour nous avoir donné le jardin du monde à cultiver et à protéger comme un bien commun et nous pouvons réaliser des projets partagés pour combattre la pauvreté et assurer à chaque homme et femme des conditions de vie dignes.

Le jubilé extraordinaire de la miséricorde, qui est devant nous, est une occasion propice pour travailler ensemble dans le domaine des œuvres de charité. Et dans ce domaine, où compte surtout la compassion, peuvent s’unir à nous tant de personnes qui ne sentent pas croyantes ou qui sont à la recherche de Dieu et de la vérité, des personnes qui mettent au centre la figure de l’autre, en particulier la figure du frère ou de la sœur dans le besoin. Mais la miséricorde à laquelle nous sommes appelés embrasse toute la création, que Dieu nous a confiée afin que nous en soyons les gardiens, et non les exploiteurs ou, pire encore, les destructeurs. Nous devrions toujours nous proposer de laisser le monde meilleur que celui que nous avons trouvé (cf. encyclique Laudato si’, n. 194), à partir de l’environnement dans lequel nous vivons, à commencer par les petits gestes de notre vie quotidienne.

Chers frères et sœurs, pour ce qui est de l’avenir du dialogue interreligieux, la première chose que nous devons faire est de prier. Et prier les uns pour les autres : nous sommes frères ! Sans le Seigneur, rien n’est possible ; avec Lui, tout le devient ! Que notre prière — chacun selon sa propre tradition — puisse adhérer pleinement à la volonté de Dieu, qui désire que tous les hommes se reconnaissent frères et vivent ainsi, en formant la grande famille humaine dans l’harmonie des diversités.

A présent, pour finir cette audience, je vous invite tous, chacun de son côté, à prier en silence. Que chacun le fasse selon sa propre tradition religieuse. Demandons au Seigneur qu’il nous rende davantage frères entre nous, et davantage serviteurs de nos frères qui sont le plus dans le besoin. Prions en silence.

Et que Dieu nous bénisse tous ! "

Auparavant, lors de cette audience particulière, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a pris la parole pour rappeler que, lors du Concile Vatican II, l’Église avait commencé « à inviter ses membres à promouvoir des relations de respect, d’amitié et de dialogue avec des personnes d’autres religions ».

Ces relations sont au cœur d’une conférence qui se déroule actuellement à Rome au sein de l’université pontificale grégorienne. Le cardinal Tauran a déclaré à ce propos que « dans notre recherche commune de la paix, la promesse du prophète Isaïe nous donne de l’espoir » : « Sur cette montagne, il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples ».

« De ce chemin vers cette montagne, qui jusqu’alors était une montée difficile, mais toujours exaltante, lors de ces cinquante dernières années (…) nous sommes les témoins, les héritiers et les protagonistes », a expliqué le président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.

Il en a profité également pour remercier le Pape et « son lumineux témoignage », qui « encourage à poursuivre la route du dialogue interreligieux, allant à la rencontre des autres croyants avec une claire conscience de notre identité ». Il l’a remercié aussi pour ses encouragements à « travailler pour la paix, éliminant les injustices et les inégalités, et à prendre soin de notre maison commune ».

Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, s’est lui aussi exprimé. Il a insisté sur le dialogue entre les chrétiens et les juifs (un dialogue qui s’intègre dans l’œcuménisme, et dépend donc de son dicastère) en évoquant l’amitié entre Jean XXIII et l’historien juif français Jules Isaac, qui suite au traumatisme de la Shoah, avait invité les catholiques à sortir de "l’enseignement du mépris". Le cardinal Koch a rappelé que le Concile Vatican II avait mis en évidence « les racines juives de la foi chrétienne » et « le grand "patrimoine spirituel commun" aux chrétiens et aux juifs ».

Enfin, à la fin de l’audience, le Pape a lancé un appel pour les populations du Pakistan et de l’Afghanistan frappées par un fort tremblement de terre qui a causé la mort de nombreuses personnes et provoqué de graves dégâts. Le Pape les a assurées de sa solidarité et a demandé aux fidèles de prier pour que Dieu soulage les victimes et leur donne courage dans l’adversité. Mardi, au nom du Saint-Père, le cardinal Parolin avait envoyé un télégramme au nonce apostolique au Pakistan.

(Avec R. V.)

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