Eglise catholique de Martinique
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        "Bâtir une éducation chrétienne"

"Bâtir une éducation chrétienne"

ECCLESIA’M 2020 ! 3ème Chantier de Conversion Pastorale

Pour ce troisième chantier de conversion pastorale d’Ecclesia’M 2020, Mgr Macaire propose une réflexion générale sur la problématique de la jeunesse, et présente les trois ateliers du chantier.


REFLEXION GENERALE

EEM : Monseigneur Macaire, nous abordons aujourd’hui un troisième chantier : « Bâtir une éducation chrétienne ». Qu’entendez-vous par là ?
En arrivant en Martinique, tout le monde m’a dit que le principal problème du pays était la détresse de la jeunesse (désœuvrement, violence, débauche, exode, chômage, etc.). Quand je dis « tout le monde », ce sont les prêtres, les fidèles, les politiques, les éducateurs, les journalistes, les chefs d’entreprise, les policiers… Enfin, tout’moun ! Ensuite, mon ministère épiscopal m’a donné de rencontrer de nombreux jeunes, et j’ai voulu les écouter et les comprendre. Leur jugement sur leur génération est parfois plus sévère que celui des adultes.

EEM : Quelle est selon vous le problème de notre jeunesse ?
Tout d’abord, je ne pense pas du tout que la jeunesse d’aujourd’hui soit pire que la jeunesse d’hier. Par contre, ils se sentent frappés d’une sorte de « malédiction » : on leur a dit que le monde allait mal, de plus en plus mal ; on les a élevés comme des petits rois pour qui tout était permis et accessible, mais on leur a ensuite dit qu’ils étaient finalement incapables de bâtir un monde meilleur ; on les a éduqués culturellement avec la TV et internet, sans contact avec la vraie vie : le goût de l’effort, les vrais amis, la nature, le silence et Dieu… Bref, nous avons suspendu une épée de Damoclès sur leur tête en disant qu’au moindre échec ils seraient perdus… Ils ont fini par croire à nos prophéties de malheur.
Ainsi, beaucoup de nos jeunes n’ont plus aucune espérance, ni en eux-mêmes, ni en notre pays… et ni, malheureusement, en notre Eglise. Le monde leur paraît une jungle dans laquelle ils ne peuvent survivre que par la domination (preuve en est que pour qu’ils puissent naître et vivre dans le confort, toute une génération de leurs frères et sœurs n’ont pas vu le jour !) ; la TV et les réseaux sociaux leur ont fait croire qu’il n’y a qu’un rêve, qu’un bonheur : devenir des stars et être infiniment riches avec des plaisirs sans fin… La domination égoïste et le rêve : deux mensonges ! Un cocktail morbide qui a fini par exploser !
Les plus doués se détournent de la foi et des valeurs de l’Evangile, pour servir le dieu-réussite qui les dévore. Les autres se disent qu’ils n’ont plus de place au soleil du pays ; ils s’effondrent et fuient dans la délinquance, la pornographie, le sexe, les drogues…. La rue pour les garçons, l’avortement pour les filles sont les fruits d’un seul et même manque d’Espérance, pour ne pas dire d’un désespoir généralisé !
On peut accuser l’invasion de la « culture de mort » liée à la mondialisation et aux réseaux sociaux, mais vous et moi n’y pouvons rien sinon, justement, de Bâtir une Education Chrétienne ! Une éducation capable de préserver nos jeunes de l’impact de cette civilisation violente et hédoniste.

EEM : N’y a-t-il pas de bons éducateurs en Martinique ?
Bien sûr qu’il y en a. Mais l’éducation est un tout : famille-école-Eglise-médias-associations… et ce « tout » n’est pas assez uni chez nous.
Tout d’abord la famille : sans la famille, pas d’éducation, même si elle est parfois blessée par l’absence de père et toutes les autres failles (déjà abordées dans le premier chantier). C’est elle, avant l’Etat et avant l’Eglise, qui éduque les jeunes.
Ensuite la société : je suis très inquiet, comme je l’ai écrit dans le mot de l’évêque du n° 527 de Eglise en Martinique [1], de l’exode des jeunes leaders de 20 à 30 ans, seuls capables, à grande échelle, de tirer les jeunes de 14 à 18 ans vers le haut. C’est un vrai problème...

EEM : Et l’Eglise ?
Soyons francs : l’Eglise catholique est directement concernée par ce problème. Elle porte une vraie responsabilité. Chez nous, près de 56% des jeunes sont catéchisés : c’est le plus fort taux de France ! Dieu merci, il y a une jeunesse catholique formidable qui comble de joie, d’espoir et de confiance mon cœur de Pasteur. Ils ne sont pas « mieux » que les autres, mais beaucoup ont rencontré Jésus et sont remplis d’espérance. Mais ils sont bien peu nombreux, à peine 10% des confirmés. Où sont les autres, les 99 brebis qui ont quitté l’enclos et qui se perdent !? C’est terrible ! Qui a jeté de l’ivraie dans notre champ ? Et à quel moment ? Pourquoi si peu ont été vraiment éduqués à la construction de soi, à la culture, aux valeurs, à la pureté et aux autres vertus… ? Et surtout comment se fait-il que nous n’ayons pas réussi à enseigner la foi de façon vivante et vivifiante ?
J’invite donc à une véritable remise en question de nos familles et de nos institutions (catéchisme, enseignement catholique, pastorale des jeunes, mouvements…). C’est précisément l’objet de ce chantier.

INTERVIEW de Mgr Macaire sur les ateliers du chantier
« Bâtir une éducation chrétienne »

EEM : Chaque acteur de l’Education catholique doit-il constituer un atelier de ce chantier pour « bâtir une éducation chrétienne » ?

En quelque sorte, oui. Sachant que l’Enseignement Catholique (sous la direction du père Alain Ransay) et les mouvements étant des entités propres, doivent opérer en interne leur « conversion missionnaire » en fonction de leurs compétences, de leurs fonctionnements, de leur pédagogie et de leurs charismes particuliers. Le diocèse sera là pour les accompagner. Par contre, le catéchisme et la pastorale des jeunes concernent l’ensemble de la famille diocésaine. Dont voici les trois ateliers :

  • L’aggiornamento du Catéchisme : Pour faire faire l’expérience de Dieu et de l’Eglise à toute la famille de l’enfant, il faudra impliquer les parents, repenser les rythmes, la pédagogie et les supports, et trouver les moyens de mieux assister les catéchistes.
  • La préparation aux sacrements de l’initiation qui ne devra plus être liée à l’âge ou à la scolarité des enfants, mais effectuée avec la participation de leur famille.
  • La pastorale des jeunes qui doit faire l’objet d’une vraie réflexion pour pallier l’absence de jeunes animateurs, former des leaders, fournir aux responsables une « boîte-à-outils » pédagogique, faire des propositions aux étudiants, imaginer des solutions pour les jeunes en difficulté, accompagner les groupes de servants d’autel et les vocations.

EEM : Parlons du catéchisme !? C’est un grand atelier, vous nous rappeliez que nous sommes les premiers en France en taux de catéchisation. C’est donc un élément capital de la vie de l’Eglise et de la société.

Avant tout, je voudrais louer et bénir les centaines de personnes qui se dévouent pour faire le catéchisme aux enfants et aux jeunes. Et, en premier, féliciter l’Equipe diocésaine et son responsable, le diacre Pierre Valey, qui animent notre armée de catéchistes et d’éducateurs avec tant de bonté et de compétence.

L’aggiornamento du Catéchisme vise avant tout une priorité : faire faire l’expérience de Dieu et de l’Eglise à toute la famille de l’enfant. Car il faut rappeler à tout le monde (aux familles, aux catéchistes et aux curés) que ce sont les parents qui sont les premiers responsables devant Dieu de l’éducation chrétienne de leurs enfants. Donc, si les parents sont exclus ou s’excluent du catéchisme, nous faisons une œuvre qui ne vient pas de Dieu.

Je demanderai donc à cet atelier de réfléchir aux moyens possibles d’impliquer directement les parents dans le catéchisme. Cela veut dire une vraie conversion des responsables et des familles. C’est désormais une priorité absolue, comme je l’ai dit dans la description des ateliers sur la famille. Que le catéchisme en Martinique se transforme en un grand mouvement d’évangélisation des familles et des parents. Je rappelle que le catéchisme des parents se pratiquait déjà en Martinique il y a quelques années. Je ne sais pas pourquoi on a reculé dans ce domaine. Donc, le rôle des catéchistes évoluera d’ici 2020 en accompagnement des familles, comme pour la préparation au baptême ou au mariage. Plus l’enfant grandira, plus il aura affaire avec les catéchistes-éducateurs. Mais, en aucun cas, l’implication des parents ne sera une option.
Le « caté » régulier et hebdomadaire doit rester un principe de base. Mais pas tel qu’il est aujourd’hui où il exclut les parents et ne produit pas assez de fruits. Tout le monde me l’a dit.

EEM : Ce ne sera pas facile pour tous les parents de participer aux séances de catéchisme !?

En effet, raison de plus pour être créatif : On peut imaginer par exemple des visites systématiques des familles, ou des séances de caté dans l’une ou l’autre famille des enfants du groupe à tour de rôle. C’est l’occasion aussi de repenser à nouveaux frais les rythmes et la pédagogie, en particulier en ayant une meilleure intelligence de la réforme scolaire et du collège, pour comprendre si ce que nous proposons comme horaires et comme cursus est bien adapté à ce que les jeunes reçoivent à l’école. On pourrait introduire des récollections et des mini-retraites de façon plus systématique. Certaines paroisses proposent aussi une pédagogie nouvelle pendant les vacances et je pense que ceci doit se généraliser. C’est l’occasion d’avoir une pédagogie moins scolaire. Par exemple, pourquoi l’Eglise ne saurait proposer aux familles qui sont en vacances, d’où qu’elles viennent, un programme ludique et intense de catéchisme et préparation aux sacrements… ? Pourquoi faut-il absolument se calquer sur la période scolaire lorsque le sport, l’école et tout le reste envahissent l’emploi du temps ? Des paroisses de métropole retrouvent l’utilité (surtout avec les nouveaux rythmes scolaires) de refonder des patronages. Nous devons y réfléchir (les familles et les municipalités sont très intéressées). Je voudrais aussi qu’il y ait des tests de connaissance : pourquoi pas sous la forme de concours diocésains ou une forme ludique, mais en tout cas un moyen motivant d’évaluer les connaissances.

EEM : Pensez-vous changer aussi les manuels de catéchisme ?

En effet, un des points majeurs de cet atelier concerne les parcours, les supports et la pédagogie du catéchisme. Au XXIéme siècle, avec des jeunes qui sont toujours sur leur portable, certaines personnes m’ont suggéré un passage au tout-numérique. Mais cela demanderait des compétences que n’ont pas forcément les catéchistes. Je pense aussi que les supports papier ont l’avantage de rester dans les familles et d’être consultés même des années plus tard. Je sais que des catéchistes se plaignent des manuels, mais y a-t-il des manuels parfaits ? Remettre un livre, quel qu’il soit, entre les mains des catéchistes suffit-il ? Certes, il faudra penser à de nouveaux supports, mais le plus important sera de trouver un moyen d’assister les catéchistes dans leur pédagogie. J’ai rencontré une équipe où la responsable propose des fiches pédagogiques à chaque séance, et ses catéchistes sont les seuls à ne pas s’être plaints du manuel actuel. C’est une piste à creuser ! Les fiches seraient plus souples, plus pédagogiques ; elles proposeraient des éléments du manuel (texte, image,…), un jeu, un chant (local), un document multimédia et surtout un lien avec la liturgie comme le demandent les catéchistes et… le pape François ! Il parle de « l’initiation mystagogique, comme d’une valorisation renouvelée des signes liturgiques de l’initiation chrétienne » (EG N°166).

EEM : C’est beaucoup de choses !?

Et ce n’est pas fini ! Mais nous avons 4 ans pour mettre tout cela en place !... Parlons maintenant de la préparation aux sacrements de l’initiation. Elle ne doit plus être idiotement calquée sur le niveau scolaire et sur l’âge des enfants. Elle doit être à la fois plus courte, plus intense et concerner toute la famille. Notamment pour la première communion. Ce n’est pas l’enfant seulement qui doit aller à la messe, c’est toute sa famille. Mais celle-ci doit impérativement se sentir accueillie, attendue, encouragée, aimée. Les catéchistes et la communauté paroissiale doivent leur montrer Jésus.

Le système actuel n’est pas satisfaisant. Les catéchistes s’épuisent en vain et une distance se crée avec les parents. La méthode ne tient pas compte des familles, ni de l’évolution spirituelle de chaque enfant. Parfois, même au bout de trois ans de catéchisme, ni la famille ni l’enfant ne sont vraiment prêts à recevoir Jésus, alors que d’autres enfants y sont disposés depuis l’âge de 7 ans. Je demande à ce que les parents puissent demander l’autorisation de faire faire la première communion à leur enfant dès que celui-ci est prêt, dès la première année de catéchisme s’il le faut, et même avant. Si ces parents sont impliqués et suivent une formation en famille proposée par la paroisse et accompagnée par des catéchistes, quel que soit l’âge de l’enfant, il n’y aucune raison d’attendre. Le pape saint Pie X a demandé de faire faire la première communion à l’âge de raison.

Par contre, la paroisse et les catéchistes se chargeront d’accompagner ce choix des parents, de mettre des normes, de visiter et de guider la famille dans la démarche sacramentelle. Si la famille est très éloignée de l’Eglise, il sera d’autant plus nécessaire d’en prendre soin et de l’accompagner. En aucun cas la réception d’un sacrement ne dispensera une famille de la participation au catéchisme régulier.

EEM : Monseigneur, c’est une révolution !?

En esprit, peut-être ; en pratique, pas tant que ça. Il nous faudra inverser la responsabilité : la paroisse aide les parents et non l’inverse. Par contre, ce n’est pas une révolution pour la théologie pastorale catholique qui ne nous laisse pas le choix. Ce sont les parents qui s’impliquent ou rien.

Du point de vue pratique, ce n’est pas non plus une révolution mais une évolution. Ce système est celui que nous proposons déjà pour les préparations au baptême ou au mariage. Nous ferons de même, avec des adaptations, pour la Première Communion et la Profession de Foi. Vous voyez, ce n’est pas un scoop !

Cela dit, on sait très bien qu’on ne pourra pas mobiliser des parents toutes les semaines. Il faudra leur proposer des sessions courtes et intenses à plusieurs dates dans l’année avec des horaires et des méthodes adaptés, où ils s’inscriront librement. En fin de préparation, il faudrait proposer une retraite familiale joyeuse. Les districts, les paroisses, les PCE et les mouvements pourraient s’impliquer. La charte des familles présentera tout cela.

EEM : Et la confirmation !?

Ha ! Parlons-en. D’abord, il y a de très belles choses. Ma rencontre avec ces plus de 3000 jeunes par an m’a beaucoup ému et réjoui. Mais j’avoue que je suis bien triste, oui triste, lorsque je repasse dans les paroisses et que je ne vois qu’une infime partie de ces jeunes à la messe. Je ne me suis pas encore habitué à l’absence des jeunes et je ne veux pas m’y habituer. J’en ai assez de raconter ma « vieille blague » des pigeons qui, une fois confirmés par l’évêque, sont sortis de l’église pour ne plus en revenir, alors que rien n’avait pu les en chasser auparavant ! Disons-le franchement, les équipes sont merveilleuses, mais il y a un échec à la clé. En Martinique comme ailleurs. Après 7 à 8 ans de catéchisme, très peu de jeunes ont vraiment fait l’expérience de l’Eglise, l’expérience du Seigneur et très peu sont devenus des témoins. Donc, c’est à mon tour de dire la fameuse phrase : « i za tan pou nou fini épi sa ! »

Ce n’est pas de la faute des jeunes. S’ils ne sont pas fidèles à leur promesse, c’est aussi parce que leurs familles ne sont pas assez impliquées dans leur vie chrétienne et que, dans beaucoup de paroisses, il n’y a plus rien après la confirmation, faute d’animateurs, comme je l’ai déjà dit. C’est un drame. J’y reviendrai.

EEM : Que proposez-vous ?

Tout d’abord, je demande une réflexion de fond sur l’âge et la pédagogie de la Confirmation. La théologie ne valide pas notre pratique actuelle d’en faire le sacrement-récompense de ceux qui ont fait deux ou trois ans de catéchisme en plus. La Confirmation est la suite du baptême. Elle est un don, un cadeau de Dieu pour chaque baptisé.

Qui plus est, nous avons la mauvaise idée de proposer le cheminement en classes de 4éme-3éme, l’âge le plus difficile. Ainsi, arrivés au lycée, les jeunes oublient leur promesse, pourtant sincère, et tournent « naturellement » la page. Ils voient la religion comme une discipline pour les « petits collégiens ». Donc, la tentative de faire mûrir davantage les jeunes avec deux ou trois années de cheminement après le catéchisme ne produit pas des témoins du Christ. C’est pourquoi, de plus en plus de diocèses de France reviennent à une confirmation en même temps ou même avant la Profession de Foi.
Il faudra donc envisager, par exemple, de confirmer tous les jeunes dès la fin du catéchisme, et bâtir un cheminement en forme de préparation aux ministères et à la vie théologale pour les jeunes lycéens ou étudiants qui souhaitent volontairement s’engager dans l’Eglise et y prendre des responsabilités (comme devenir parrain ou marraine, par exemple). A ceux-là, on proposerait un engagement solennel. Ce chemin devra comporter trois éléments : une expérience pastorale (dans un groupe de jeunes), une expérience d’Eglise (un service ou un ministère) et une expérience spirituelle (avec des recollections et des retraites) et s’achèverait par l’octroi d’une mission d’Eglise. Certainement, ce nouveau cheminement comportera moins de jeunes, mais ceux qui viendront seront motivés. Mieux vaut 12 apôtres que 200 demi-chrétiens. Une question se posera : Si le nouveau « cheminement » ne s’adresse qu’à des lycéens, quelle offre pour les collégiens : rassemblements, mouvements, institutions nouvelles (aumôneries, patronages !) ? J’attends des idées. Je demande donc à cet atelier de réfléchir sur ces pistes et leurs conséquences et de me faire des propositions.

EEM : Et après la confirmation, que proposera l’Eglise en 2020 ?

Ce qu’il y a aujourd’hui ! Avant et après la confirmation, l’Eglise développe, non sans difficulté, certes, une Pastorale des Jeunes. C’est le troisième atelier de ce chantier. Cette pastorale a toujours été très active en Martinique. Mais la tâche est difficile et demande un incessant renouvellement.

Il faut d’abord effectuer une vraie réflexion sur l’absence de jeunes animateurs pour imaginer des solutions palliatives : faut-il envisager d’employer des animateurs professionnels post-cheminement ? Faut-il créer, comme dans certains diocèses voisins de la Caraïbe, un programme systématique de formation pour les « young catholic leaders » ? et engager prioritairement tous les jeunes de 18 à 30 ans qui sont encore au pays à devenir des animateurs des mouvements de cette pastorale ? Cela demandera de vérifier que des adultes trop zélés n’empêchent pas les jeunes de prendre en main ces groupes !

Les responsables sont démunis et doivent réinventer à chaque fois des choses que d’autres ont déjà expérimentées. Il faut donc créer des « boîtes à outils » d’animation et d’activités pour les aider. Dans cette « boîte à outils », chaque responsable pourrait puiser, « à la carte », des idées de témoins, de lieux d’accueil et de prière, de documents culturels, de visites, de jeux, de chants, de livres, de films ou de spectacles, ou de documents multimédia, de conseils, de sessions de formation et, bien sûr, un calendrier de rassemblements diocésains et autres initiatives (défis, concours, etc.). L’animation d’un réseau de responsables devrait permettre un partage d’expérience et l’alimentation de la boîte avec des idées nouvelles ! Chaque âge aurait sa boîte à outils. Par exemple, les 14-18 : plutôt sport-musique et prière…

EEM : Et les étudiants ?

Sous ce terme, j’englobe tous les post-bac : les 18-25 ans à qui il faudra offrir de la formation, de l’accompagnement spirituel systématique, des réflexions sur la vocation et des actions envers les plus jeunes et les pauvres… J’espère aussi la création d’un rendez-vous, comme une « paroisse universitaire », qui soit mis en place pour tous les jeunes qui sont en post-bac ou en études professionnelles et qui veulent voir Jésus. Ce projet est déjà en cours grâce au zèle du père Olivier-Marie Lucenay.

EEM : Avez-vous pensé aux jeunes en difficulté ?

Oh oui ! Tous les jours. Je tiens à ce qu’une réflexion sur la création d’une pastorale appropriée pour les jeunes en difficulté soit menée. L’Eglise de 2020 (pas plus que celle de 2017 !) ne peut passer à côté de ces centaines de garçons livrés à eux-mêmes, sans tenter quelque chose. L’abbé Jean-Michel, l’abbé Zaïre ou l’abbé Morlan vont venir nous tirer les oreilles ! Il faudra trouver un moyen, avec des professionnels et des pasteurs, de proposer à ces jeunes un chemin de salut. En Jamaïque, par exemple, l’Eglise a lancé un "programme for non attached young people" en 5 points ‘1-Musique/ 2-Sport/3-Accompagnement/ 4-Éducation /5-Foi Catholique). Ici, pourquoi ne pas penser à développer des sortes de camps de formation !? Ou même un centre !? Même pour quelques-uns.

EEM : Monseigneur, en arrivant dans le diocèse, l’une de vos premières actions a été de créer une maison pour les séminaristes. Les vocations font-elles partie d’ECCLESIA’M 2020 !?

Oui, bien-sûr ! Les vocations sont un atelier à part entière. En plus des structures déjà en place (la Maison Saint-Jean-Paul II, le Foyer Saint Dominique Savio et les équipes de vocation), il faudra voir comment accompagner les jeunes vocations de façon plus personnelle, comment rejoindre ceux et celles qui partent faire leurs études en Métropole et qui voient naître une vocation à ce moment de leur vie (heureusement, le père Marcel Crépin devrait être un bon support pour ces jeunes).

Les groupes de servants d’autel feront l’objet d’une attention particulière. Ces jeunes qui servent la messe sont parfois les plus engagés dans l’Eglise. Parmi eux naissent des vocations. Ces groupes souffrent aujourd’hui de ce que les jeunes ne sont pas accompagnés personnellement, mais seulement pour leur service, par des adultes qui ne sont ni des animateurs ni des spécialistes en liturgie. Les servants doivent être dirigés par les jeunes eux-mêmes, sous les ordres du prêtre. J’ai déjà personnellement commencé à réfléchir à l’organisation et à la pédagogie qui leur convient. Notamment en vue d’une meilleure intégration des garçons qui sont aujourd’hui minoritaires, ce qui est très dommage. Une vraie coéducation permettra d’éduquer les garçons et les filles de façon distincte, en respectant les caractéristiques féminine et masculine... Vaste programme.

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