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          Buvons, nous aussi, à la Source de la Vie éternelle

Buvons, nous aussi, à la Source de la Vie éternelle

Dimanche 23 Mars 2014


Sœurs et Frères, la paix soit avec vous !

Notre marche vers Pâques se poursuit tranquillement, ponctuée par ces haltes que nous offrent les dimanches qui évoquent toujours la Mort et la Résurrection du Seigneur Jésus, et qui sont pour nous chrétiens, une occasion incontournable de nous rassembler autour de la table où nous invite le Ressuscité, pour nous nourrir de sa présence et aussi de sa Parole.

Et aujourd’hui, cette Parole prend sa source dans l’eau. Il ne s’agit pas là d’un simple jeu de mots, car ce dimanche, tant dans sa première lecture tirée du Livre de l’Exode que dans l’Evangile selon Saint Jean au chapitre 4, évoque pour nous l’eau nécessaire et constitutive de toute forme de vie, mais aussi l’eau source de vie éternelle qui jaillit du Fils de Dieu pour que nous soyons régénérés par elle et capables d’y faire renaître ceux qui en auront soif.

Sœurs et Frères, nous le savons : l’eau est un des éléments les plus indispensables à la vie de l’homme.

Est-ce parce que tout enfant à naître dépend dans les premiers mois de sa gestation du liquide amniotique dans lequel il est plongé, ou tout simplement parce que les savants cherchent l’origine de la vie dans l’eau, dans toutes les civilisations et toutes les cultures l’eau est synonyme de « vie ».

Là où il y a de l’eau, la vie a été possible ou l’est encore, disent les savants d’aujourd’hui qui se lancent à la recherche de traces d’eau sur les planètes qui nous sont les plus proches .
Le drame de notre époque est que bientôt l’eau potable fera défaut sur la planète. Et sans eau, les hommes ne pourront que périr.

L’eau est synonyme de vie : pas uniquement de vie biologique, matérielle. L’homme n’est pas qu’un tube digestif qui mange, digère, dort et se reproduit. L’homme est aussi « un roseau pensant », comme disait Pascal, qui ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

L’eau est donc aussi l’image de cette « eau vive » dont Jésus a parlé à la Samaritaine, dans l’évangile de ce dimanche, cette eau qui étanche toute soif et qui rejaillit en vie éternelle.
En ce temps de carême qui voit de nombreux catéchumènes continuer leur cheminement vers Pâques avec l’espoir d’être plongés par le baptême dans l’eau qui régénère et donne une vie nouvelle qui ne finira pas, essayons en ce dimanche de réfléchir un peu à l’eau vive que la plupart d’entre nous avons reçue au moment de notre baptême.

Incidemment, je vous demande de vous joindre à moi dans l’action de grâce et la prière puisque aujourd’hui c’est précisément l’anniversaire de mon baptême, il y a de cela 78 ans.

De même qu’une plante a besoin d’eau pour grandir et pour vivre, de même que l’homme dès ses origines a besoin de l’eau pour devenir un être humain, l’homme a aussi besoin de cette eau qui devient en lui source jaillissante pour la vie éternelle.

C’est ce que Jésus s’emploie à faire comprendre à la Samaritaine venue puiser de l’eau au puits de Jacob. En parlant avec Jésus, cette femme ne voit d’abord qu’une chose et elle le dit à Jésus : « Seigneur, donne-moi de cette eau : pour que je n’aie plus soif et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » Elle se situe sur un plan matériel et bien concret : que Jésus fasse un miracle pour lui faciliter la vie et lui éviter cette corvée d’eau sans doute bien pénible lorsqu’elle est répétée chaque jour.

Jésus ne cherche pas à la dissuader il lui dit seulement : « Va, appelle ton mari et reviens. »
Nous ressemblons souvent à cette femme. Nous sommes nous aussi comme elle, à la suite de Jésus pour qu’il réalise nos souhaits, nos envies, nos besoins immédiats. On a parfois catalogué notre religion aux chapitres du « magico-religieux ».

Il existe de nombreuses manifestations religieuses souvent accompagnées de neuvaines et de pèlerinages pour obtenir telle grâce précise, la guérison de telle maladie, la résolution de tel problème, le changement de telle situation… En fait nous sollicitons l’intervention du Seigneur pour que notre volonté soit faite et pas nécessairement la sienne.

Le Seigneur ne nous interdit pas de lui exprimer nos demandes ou nos besoins. Bien au contraire, c’est lui-même qui nous invite à le prier sans nous lasser. Mais il existe une priorité dans nos prières. Il nous dit : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et le reste vous sera donné de surcroit. »

Le Seigneur n’est pas venu dans notre monde, il ne s’est pas incarné, il ne s’est pas fait homme pour que notre vie soit facilitée par des miracles. Il ne s’est pas incarné pour que cette pauvre femme de Samarie soit libérée de l’obligation de se rendre au puits de Jacob pour la corvée d’eau, mais pour que cette femme retrouve sa vraie liberté d’enfant de Dieu et qu’elle réalise sa vocation à être heureuse, dans un foyer stable, avec quelqu’un qui l’aime vraiment sans avoir à satisfaire les désirs des hommes qu’elle rencontre.

Jésus est humain, mais il est exigeant. Il ne se résout pas aux solutions de facilité. Il aurait pu donner à la femme cette eau magique qu’elle demandait, une eau qui aurait étanché pour toujours sa soif et l’aurait dispensée de toute corvée. La femme aurait été sans doute satisfaite, elle aurait crié au miracle sur tous les toits, mais elle serait restée dans son péché, elle n’aurait pas ressenti l’appel à la conversion, l’invitation à entrer dans le Royaume de Dieu que Jésus est venu annoncer en ce monde.

Chrétiens, bien souvent nous sommes comme cette femme. Nous suivons le Christ, pour obtenir de lui les grâces qui nous intéressent et qui nous semblent les plus importantes et les plus urgentes. Alors que Lui, Jésus se préoccupe toujours de notre manière de vivre : « Va, appelle ton mari et reviens. »nous dit-il.

Tu voudrais obtenir telle grâce : tu te plains du comportement de ton mari ou de tes enfants. Tu es déçu par l’ambiance dans ton milieu de travail. Tu pries pour que ton chef de service soit muté ailleurs, parce que tu ne le supportes pas. Tu demandes au Seigneur d’exaucer ta prière ! Mais comment vis-tu ? Quelle est ta situation matrimoniale ? Est-ce que tu pries ? Dans ta famille, priez-vous ensemble ? Est-ce que tu cherches à connaître la Parole de Dieu ? Est-ce que tu respectes les commandements de Dieu » en t’efforçant de les mettre en pratique ?
De telles questions agacent certainement, lorsqu’elles sont posées. Mais elles évitent de mettre la charrue avant les bœufs.

Jésus pose ces questions vitales à la femme, non pas pour l’humilier ou pour la juger, mais pour l’amener à demander l’essentiel. L’essentiel pour cette femme n’est pas d’éviter les corvées d’eau, mais de rencontrer et d’adorer le Vrai Dieu qui peut radicalement transformer sa vie.
Nous sommes très religieux, à la Martinique, mais nous devons tous demander au Seigneur d’aller au delà de nos neuvaines, de nos pèlerinages et de nos pratiques pour le rencontrer vraiment et le laisser nous dire ce qu’il faut radicalement changer dans nos vies.

Nous faisons de nombreuses prières mais le Seigneur nous dit qu’il ne suffit pas de prier : « Ce ne sont pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père. » Pour lui, sa nourriture consiste à faire la volonté de son Père.

Nous jeûnons, c’est-à-dire que nous nous privons parfois de nourriture. Mais par la voix du prophète Isaïe, le Seigneur nous dit : « Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Quel est donc le jeûne qui me plait ? N’est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, rendre la liberté aux opprimés ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, ne pas te dérober à ton semblable ? » Et Jésus ajoute ce conseil : « Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère et ensuite viens présenter ton offrande. »

Ce temps de carême nous rappelle que Dieu voit dans le secret ce que nous faisons. Nous pouvons donner le change aux hommes, mais Dieu connaît notre vie et surtout il voit le fond de notre cœur. Il sait si c’est l’amour ou bien la méchanceté, la haine, qui nous anime.

Jésus a posé à la Samaritaine la question qui l’a obligée à regarder sa propre vie et à découvrir qu’elle avait besoin de l’eau vive qui est la grâce de Jésus lui-même. Que le Seigneur nous aide à nous reconnaître pécheurs.

La grande misère de notre monde consiste à se croire sans péché. On entend dire ici ou là : « Moi, je n’ai rien à me reprocher. Ma conscience est tranquille, je n’ai de leçon à recevoir de personne. » Et nous dénonçons les autres, nous les accusons sans preuves, nous les diffamons et nous accomplissons ainsi les œuvres du démon que Jésus appelle « Satan », le menteur depuis les origines, et l’accusateur de nos frères.

Quant à ceux qui prétendent ne rien avoir à se reprocher, il n’y a pas de salut pour eux. Dieu lui-même ne peut rien pour eux, car ils sont comme une bouteille pleine. On ne peut rien y mettre d’autre puisqu’elle est déjà pleine.

Lorsque nous n’avons rien à nous reprocher, cela signifie que nous ne regrettons rien, que nous n’avons pas de pardon à demander, ni de miséricorde à solliciter de la part de Dieu. Nous nous dispensons nous mêmes de recevoir ce que nous demandons à Dieu au début de toutes nos célébrations : « Qu’Il nous accorde son pardon, parce que nous reconnaissons que nous sommes pécheurs. »

C’est parce qu’elle a reconnu sa misère que la Samaritaine a reçu la grâce d’adorer Dieu en Esprit et en vérité, en la personne de Jésus notre Sauveur qui est la source vive qui purifie nos âmes et nous donne la joie de partager avec tous la vie nouvelle de notre baptême.

Prions pour les catéchumènes qui sont en marche vers cette joie qui sera la leur à Pâques. A tous et à toutes , bon dimanche et bonne semaine !

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