Eglise catholique de Martinique
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Cinquante ans déjà !

Il y a cinquante ans de cela, le 3 juin 1963, le Pape Jean XXIII -pour l’état civil, Angelo Giuseppe Roncalli - passait de ce monde à la Maison du Père.


Sans faire d’anachronisme, on peut dire que son décès fut comparable à celui de Jean Paul II quant à la vague de tristesse et de regrets qu’il provoqua dans le monde entier et, bien entendu, à la Martinique, tout particulièrement en la paroisse du Lamentin.

A l’époque, j’étais vicaire dans cette paroisse Saint-Laurent du Lamentin où m’avait nommé Monseigneur Henri Marie François de Sales Varin de la Brunelière alors évêque de Saint-Pierre et de Fort-de-France. Je revenais depuis peu de Rome où j’avais effectué mon séminaire et où j’avais été ordonné prêtre le 20 décembre 1959.

Au cours de ma formation dans la Ville Eternelle, j’avais eu l’immense privilège d’avoir pour pour tuteur le secrétaire particulier du Pape Jean XXIII qui était Mgr Francesco Loris Capovilla, grâce à Dieu encore vivant, et continuant à veiller sur la mémoire de Jean XXIII.

Mgr Capovilla, avec qui je correspondais régulièrement, m’avait informé de la maladie très grave du Pape et des inquiétudes qu’elle suscitait. En conséquence, j’avais demandé aux enfants de cinquième année de catéchisme, dont j’avais la responsabilité, de prier pour le Saint-Père et de lui faire parvenir des témoignages de leur attachement et de leurs prières à son intention.

Avec beaucoup d’amour les jeunes avaient confectionné un album qu’ils avaient illustré avec leurs dessins et dans lequel ils avaient écrit leurs vœux, leurs prières et leurs souhaits de prompt rétablissement au Souverain Pontife.

Mgr Capovilla, dès réception de ce document, l’avait porté au Pape qui en avait pris connaissance et, de son lit de douleur, avait remercié les enfants du Lamentin en leur adressant sa paternelle et particulière bénédiction.

Quelques jours plus tard, le 3 juin 1963, lundi de la Pentecôte, Mgr Capovilla m’adressait un télégramme me faisant part du décès du Saint-Père.
Ce fut la consternation pour le monde entier ; le sentiment général d’avoir perdu un père en la personne du bon Pape Jean comme tous l’appelaient.
Les enfants du catéchisme étaient atterrés. Spontanément, ils renoncèrent à la sortie du lundi de Pentecôte qu’ils avaient prévu de faire à la poterie de Duchasel et, comme un seul homme, se rendirent à l’église paroissiale pour offrir à Dieu dans la prière, le retour à lui de celui qu’ils avaient appris à connaître et à aimer.

Aujourd’hui, il est émouvant pour moi de penser que l’une des dernières bénédictions d’un Pape avait été adressée à des enfants de notre île.

Cinquante ans se sont écoulés depuis. Les jeunes de cette époque sont maintenant des adultes entrés, pour la plupart, dans leur troisième ou quatrième âge.

Que le temps passe vite !! Il nous rappelle par sa fuite rapide, que nous devons nous hâter de le mettre à profit pour faire le bien que Dieu attend de nous !

Qu’est-ce qu’un demi-siècle au regard de l’éternité vers laquelle nous marchons tous consciemment ou inconsciemment ?

Le Christ nous invite à ensemencer l’aujourd’hui et les heures de chaque jour, avec les germes de bonté et d’amour que nous possédons tous en nous, mais que nous avons parfois du mal à reconnaître et davantage encore à partager. Pourtant ce sont eux et le fait de les partager qui donnent à nos vies leur vrai sens et leur vraie valeur.

Que ce cinquantième anniversaire de la naissance au ciel de celui que l’Eglise a reconnu Bienheureux en l’an 2000, fixant sa fête au 11 octobre, fasse monter vers Dieu nos prières d’action de grâce pour nous avoir donné ce Pape si bon, si humble, si plein de confiance dans la Providence, au point d’accepter malgré son âge et la maladie qui le minait déjà, la responsabilité d’Evêque de Rome et de pasteur de l’Eglise universelle.

Sous l’impulsion du Saint Esprit, Jean XXIII a eu l’intuition du concile Vatican II qu’il a annoncé le 25 janvier 1959 et ouvert le 11 octobre 1962. La mort ne lui a pas permis de le conclure, laissant ce soin à son successeur, le Pape VI.

Que le cinquantième anniversaire du décès de Jean XXIII nous invite à redécouvrir ce concile Vatican II et mieux connaître celui qui l’a initié.

Qu’il nous donne aussi envie de redécouvrir les encycliques qu’il nous a laissées dont je ne fais que citer deux d’entre elles parmi les plus riches : Mater et Magistra ("Mère et Educatrice") et Pacem in terris ("La Paix sur la terre",, encyclique s’adressant à tous les hommes de bonne volonté pour fonder la paix sur la charité, la justice et la vérité).

Que les anciens jeunes du Lamentin qui se souviennent encore de ce jour mémorable où ils ont pleuré son passage de ce monde auprès du Père, aient une pensée particulière en ces jours pour lui et avec lui.

Est-ce trop tard pour que certains parmi eux se retrouvent et forment une amicale des amis de Jean XXIII afin de perpétuer dans la Martinique d’aujourd’hui l’Esprit qui anima le Bon Pape Jean pendant sa vie sur terre ?

+Michel Méranville, Archevêque

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