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Comme les Rois Mages ...


A la Martinique, la plupart des fêtes religieuses ont une connotation culinaire. C’est le cas de l’Épiphanie qui évoque surtout la galette des rois, « feuilletée » ou « A la frangipane », qui provoque la ruée chez les pâtissiers et l’explosion de joie dans les familles où l’un ou l’autre des convives découvre la fève qui s’y trouvait dissimulée.

La tradition de la galette a des origines incertaines. Néanmoins, elle se rapporte quelque peu au récit que fait l’Évangéliste Matthieu de la visite des Mages à l’enfant Jésus, peu après sa naissance.
Matthieu rapporte que Jésus étant né à Bethléem au temps du roi Hérode le Grand, des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? »

Les Mages n’étaient pas des magiciens, mais plutôt des savants qui scrutaient le ciel, à la recherche du signe dont parlaient certaines prophéties. Elles annonçaient que la naissance du Messie, Roi de Juifs, serait signalée par l’apparition d’un astre insolite. Les Mages scrutaient le ciel. Voyant y apparaître une étoile d’une lumière spéciale, les Mages avaient compris que la prophétie s’était réalisée. Et tout de suite, ils avaient entrepris le voyage de la Perse (Iran) qui était leur pays, jusqu’à Jérusalem, capitale religieuse du Peuple de Dieu.

Dans la ville Sainte, ils interrogent chefs des prêtres et scribes pour qu’ils leur disent où doit naître l’enfant annoncé par l’astre. Mais ces religieux, familiers de la Bible sont incapables de les renseigner.

Quant au sanguinaire roi Hérode qui gouverne le pays, apprenant le motif du voyage des Mages, il leur demande de continuer leur recherche et de revenir l’informer du lieu exact où se trouverait l’enfant. C’était dans le but d’éliminer celui qui pouvait mettre en péril son trône.

La quête des Mages s’arrête lorsqu’ils découvrent le lieu où se trouve l’enfant avec Marie sa mère. Tombant à genoux, ils se prosternent devant lui ; ils ouvrent leurs coffrets et lui offrent en présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnent leur pays par un autre chemin.

L’aventure des Mages peut être une très belle allégorie pour les chrétiens et les hommes de bonne volonté d’aujourd’hui. Les Mages étaient des hommes qui savaient relever la tête et tourner leur regard vers le ciel. Dans notre monde matérialiste, n’avons-nous pas trop souvent les yeux rivés au sol : « Notre ventre colle à la terre » dit le psaume 43. Savons-nous tourner nos regards vers le haut, vers ce qui n’est pas matériel, vers un idéal, une transcendance ?

Les Mages cherchaient le Dieu Sauveur. Dans un monde sécularisé, tenté de chercher son salut dans les seuls progrès de la technique et de la science, cherchons-nous notre salut au-delà de nous-mêmes, en Celui que nous appelons « Notre Père des Cieux » et dont Jésus de Nazareth nous a révélé le visage ?

Les Mages connaissent les Écritures et la Tradition. Néanmoins ils ont besoin des autres pour continuer leur route. On ne peut pas être chrétien tout seul. Il ne suffit pas de connaître la Bible même par cœur, pour découvrir le Fils de Dieu vivant aujourd’hui avec nous. C’est « là où deux ou trois se rassemblent en mon nom que je suis », dit le Christ. L’Église est-elle pour nous une communauté « nécessaire » sans laquelle nous ne pouvons pas être véritablement « enfants de Dieu » !

Pour aller adorer l’enfant qui vient de naître, les Mages prennent des risques énormes : ils quittent leur pays, leur sécurité, leurs habitudes. Pour suive Jésus, aujourd’hui, sommes-nous capables de prendre certains risques ? Celui de quitter nos mauvaises habitudes, de risquer de ne pas avoir de promotion professionnelle, d’être ridiculisé, de se retrouver tout seul !

Les Mages s’attendaient à trouver « un roi ». Ils tombent à genoux devant un enfant et sa mère. Ils l’adorent et lui présentent leur trésor. Nous cherchons Dieu dans le merveilleux et les miracles. Nous cherchons Dieu dans les apparitions, nous le cherchons au plus haut des cieux. Nous oublions que Dieu habite en chacun de nous et dans la vie de tout homme. C’est son Fils qui le dit : « Tout ce que vous faites au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi-même que vous le faites. »

Les Mages se prosternent. Geste d’adoration. Autrefois on disait « On n’adore que Dieu seul. » Aujourd’hui nous disons : « J’adore le chocolat. » Ne plions nos genoux que devant Dieu seul. Refusons d’être les « fans » « d’idoles » que l’on traite comme des dieux ou des déesses et qui sont la plupart du temps de pauvres malheureux que leur trop plein d’argent rend encore plus malheureux.

Les Mages se dessaisissent de ce qui est leur trésor : l’Or, l’Encens et la Myrrhe, et l’offrent à l’Enfant en qui ils ont reconnu le Fils de Dieu. Et nous ? Qu’offrons-nous au Seigneur en dehors de la très petite pièce de monnaie qui alourdit notre porte feuille ?

Lorsque la proposition nous est faite de travailler le dimanche, avons-nous le courage de dire que c’est « Le jour du Seigneur ». Quand nous-mêmes, chrétiens, déclarons que le travail du dimanche arrondit nos fins de mois et que, pour cette raison, il est bienvenu, rappelons-nous ces paroles du Christ : « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme ? »

Le désir de tous ceux qui partagent la galette des rois est d’être couronnés « roi » ou « reine « en trouvant la fève ou son ersatz dissimulé dans la pâtisserie. Que ce titre même très éphémère nous rappelle que par notre baptême, nous sommes devenus membres de Jésus-Christ qui est prêtre, prophète et roi.

Nous sommes donc « rois » par participation. Mais dans la Bible, le roi n’est pas celui qui se fait servir, mais celui qui se fait volontairement esclave de ses frères. En devenant roi ou reine, même de manière très éphémère, pour avoir trouvé la fève volontairement cachée dans une galette, acceptons-nous de suivre celui qui a été Roi dans l’Amour et le Service et qui nous a faits ses disciples ?

Comme les Mages, mettons-nous en route à la suite du Christ, sans attendre !

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