Eglise catholique de Martinique
http://martinique.catholique.fr/defendons-la-famille

Défendons la famille ! (1)

1ère partie

Enseignement donné par Mgr Michel Méranville lors de la Fête de la Famille le 23 juin 2013.


Sœurs et Frères, Bonsoir ! La Paix soit avec vous !

Depuis 2007, année où elle a célébré son 25ème anniversaire, radio Saint-Louis organise, fin juin, une grande manifestation qui permet à ses membres actifs (direction, animateurs, bénévoles assurant l’accueil) et à tous ses auditeurs de se rencontrer pour rendre grâce au Seigneur, le remercier pour toutes ces années (31 années en 2013) au cours desquelles, selon le souhait de Mgr Jean-Michel, RSL a permis à l’Evangile de se répandre par-dessus les toits de la Martinique, et aujourd’hui grâce à internet, en passant par-dessus les océans, dans le monde entier !

Cette année encore, Radio Saint Louis a organisé ce rassemblement devenu désormais traditionnel, pour exprimer sa reconnaissance à Dieu, avec la participation de tous dans la joie, la prière et l’action de grâce.
L’Evêque étant la tête du Diocèse est bien entendu invité à chacun de ces rassemblements et c’est avec une grande joie qu’il répond bien volontiers à cette invitation chaque fois que cela lui est possible et que sa santé ne l’en empêche pas.

En l’occurrence, j’en profite pour remercier aujourd’hui tous ceux qui ont prié pour moi lors de mes soucis de santé. Comme vous pouvez le constater puisque je suis là ce soir au milieu de vous, la santé se rétablit avec la grâce de Dieu.

A l’occasion de ce rassemblement annuel, Radio Saint Louis a toujours souhaité qu’il y ait un temps d’enseignement. Après l’agitation que nous avons connu récemment avec le projet de Loi proposant le mariage pour tous, projet qui est devenu désormais une Loi, Radio Saint Louis m’a demandé un enseignement sur la famille.

Ce soir, je n’ai pas l’intention d’ouvrir à nouveau le débat autour du mariage homosexuel qui suscite encore beaucoup d’effervescence. Ce n’est pas non plus une conférence, ni un exposé intellectuel que je vais faire, je n’ai pas la prétention d’être sociologue ou psychologue, je n’en ai d’ailleurs pas la compétence mais je veux simplement partager avec vous quelques réflexions très simples autour du mariage et de la famille à la lumière de ce que nous en disent la Bible et la foi de l’Eglise.

C’est donc en tant que Pasteur, prêtre et Evêque me référant à la Parole de Dieu et au Magistère de notre Eglise, m’inspirant notamment de l’exhortation apostolique du Pape Jean-Paul II intitulée « Familiaris Consortio » en français : « Les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui », que je m’adresse à vous. Ma référence première sera bien entendu la Sainte Ecriture, La Bible.

La Bible est appelée le Livre de la Révélation. A travers l’histoire d’un peuple qu’il a choisi : Dieu se révèle. Dieu que personne n’a jamais vu se fait progressivement connaître, il se révèle c’est-à-dire qu’il soulève progressivement le voile qui le cache à notre vue.

C’est ainsi que dès le Récit du Commencement, dès le Livre de la Genèse, Dieu se révèle comme étant unique ; il ne peut y avoir qu’un seul Dieu et cependant DIEU parle au pluriel comme s’il y avait plusieurs personnes en lui. Dieu dit en effet : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». Et le texte sacré continue au verset 27 du premier chapitre de la Genèse : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa : mâle et femelle il les créa. »

Un Dieu pour ainsi dire en trois personnes : c’est la révélation que Dieu fait à Abraham sous le chêne de Mamré au chapitre 18 de la Genèse.
Abraham était assis à l’entrée de sa tente, dans la pleine chaleur du jour lorsqu’il aperçoit trois hommes debout près de lui. Il se prosterne devant eux, leur apporte de l’eau pour leur laver les pieds, puis il leur fait préparer un bon repas en tuant un jeune veau. Les trois hommes mangent. Et comme Abraham n’avait pas d’enfant et que sa femme Sara, était stérile et en plus très âgée, pour le remercier les trois hommes lui disent : « Je dois revenir au temps du renouveau et voici que Sara, ta femme aura un fils. »
Ils sont trois, et pourtant ils parlent comme un seul en disant « Je reviendrai ».

Ce sont donc déjà dans l’Ancien Testament des indices de cette vérité que Jésus est venu pleinement nous révéler : Il n’y a qu’un seul Dieu, mais ce Dieu est Père, Fils et Esprit Saint.

Jésus nous parle constamment de son Père qui est aux cieux. Il passe de longs moments à le prier. Il nous dit que sa nourriture est de faire la volonté de son Père. Il est tellement uni au Père qu’il peut dire à son apôtre Philippe : « Qui me voit, voit aussi le Père. »

Jésus parle aussi de l’Esprit qui est auprès du Père et qu’il promet à ses disciples d’envoyer sur eux pour qu’il soit leur consolateur, leur donne l’intelligence pour comprendre sa parole et la force d’en témoigner.
Au moment où Jean baptise Jésus dans les eaux du Jourdain, le ciel se déchire on entend une voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez-le » et l’on voit l’Esprit descendre sur Jésus sous la forme d’une colombe. »

Au terme de son existence physique au milieu de nous, Jésus envoie ses disciples à travers le monde en leur disant : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. »(Matthieu 28,18)

C’est grâce à Jésus que nous savons que Dieu est UN ; il n’y a qu’un seul Dieu, nous sommes monothéistes comme les Juifs et bien avant les musulmans qui sont arrivés 5 siècles après le christianisme. Mais notre Dieu à la différence des autres religions, tout en étant unique est la communion de trois personnes si étroitement liées qu’elles ne forment qu’un seul Dieu. C’est ce que nous appelons le mystère de la sainte Trinité.
Trinité, un mot forgé par les chrétiens à partir du latin « Unus » qui signifie Un et Très qui signifie trois. Trinitas, Trinité=Trois qui font un.

Et Dieu fait l’homme à son image. Homme et femme il le fit. Ils sont différents, mais complémentaires. Ils sont si complémentaires et ils ont tellement besoin l’un de l’autre que la Bible raconte ainsi de manière imagée la création de la femme au chapitre 2 de la Genèse :
« Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul. Je veux lui faire une aide qui lui soit accordée. » Le Seigneur Dieu modela du sol toute bête des champs et tout oiseau du ciel qu’il amena à l’homme pour voir comment il les désignerait. Tout ce que désigna l’homme avait pour nom « être vivant » ; l’homme désigna par leur nom tout bétail, tout oiseau du ciel et toute bête des champs, mais pour lui-même, l’homme ne trouva pas l’aide qui lui soit accordée. Le Seigneur Dieu fit tomber dans une torpeur l’homme qui s’endormit ; il prit l’une de ses côtes et referma les chairs à sa place. Le Seigneur Dieu transforma la côte qu’il avait prise à l’homme en une femme qu’il lui amena. L’homme s’écria : « Voici cette fois l’os de mes os et la chair de ma chair, celle-ci, on l’appellera femme car c’est de l’homme qu’elle a été prise. »
Aussi, l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et ils deviennent une seule chair. »

L’homme est donc créé à l’image de Dieu qui est Un et Trois. L’être humain est créé homme et femme. Mais tous deux s’uniront pour former une seule chair. Du fruit de cette union sortira l’enfant. Père, Mère, enfant formeront la famille qui est la plus belle image de la Sainte Trinité.
Jésus a cité ce passage de la Bible pour répondre aux pharisiens qui voulaient lui tendre un piège, comme nous le rapporte Matthieu au chapitre 19 de son Évangile.

Les pharisiens lui disaient : « Est-il permis de répudier sa femme pour n’importe quel motif ? » Il répondit : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, les fit mâle et femelle et qu’il a dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni ! »
Ils lui disent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit de délivrer un certificat de répudiation quand on répudie ? » Il leur dit : « C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; mais au commencement il n’en était pas ainsi. Je vous le dis : Si quelqu’un répudie sa femme – sauf en cas d’union illégale – et en épouse une autre, il est adultère.
Les disciples lui dirent : « Si telle est la condition de l’homme envers sa femme, il n’y a pas d’intérêt à se marier. » Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas ce langage, mais seulement ceux à qui c’est donné. Comprenne qui peut comprendre.

Ce texte est souvent cité pour justifier l’indissolubilité du mariage chrétien. Et chez beaucoup de personnes, même et surtout chrétiennes, il provoque la même réaction que chez les Apôtres qui disent : « S’il en est ainsi, il n’y a pas intérêt à se marier. »
Ils ne voient que la pénibilité de la fidélité. Ce n’est évidemment pas facile de s’accepter différents et complémentaires. Mais la différence n’est pas une discrimination ni une limite.

C’est aujourd’hui le combat de ceux qui militent pour la théorie du Gender (Le Genre) qu’ils veulent enseigner dans les écoles. Théorie qui prétend que le sexe biologique est un conditionnement imposé à l’individu. Ils disent : on n’est pas un homme parce que son sexe biologique est masculin. Ou une femme parce qu’on est son sexe biologique est féminin. Il faut donc abolir ces différences qui conditionnent et discriminent. On est homme ou femme si on le veut.

Bientôt, on verra disparaître de nos document officiels la mention « sexe » : homme ou femme. Bientôt dans nos courriers nous n’oserons plus mettre « Monsieur » ou « Madame ». Ça, c’est le monde qui se croit révolutionnaire et qui prétend libérer l’homme de tout esclavage.
Mais la différence, loin d’être une limite, permet le dialogue, et permet de découvrir que l’un peut être une aide pour l’autre.

Différent et complémentaire, on peut communier, c’est-à-dire mettre ensemble ce que l’on est, pour devenir une seule chair et générer une nouvelle vie.
Ce passage de Saint Matthieu au chapitre 19 fait peur, car il donne le sentiment d’une perte de sa liberté. Au moment où l’on revendique le mariage pour tous, beaucoup de personnes aujourd’hui ne veulent pas se marier religieusement à cause du caractère définitif du mariage chrétien. Elles préfèrent le mariage civil qui comporte dans la plupart des pays du monde, aujourd’hui, la possibilité de divorcer.
L’on oublie, ce que je rappellerai un peu plus tard, que le mariage chrétien est sacrement de l’amour de Dieu. [...]

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Edito

Radio Saint Louis en direct

Ma paroisse en un clic


Radio Saint-Louis

Dans l'Eglise

Nouvelles du Vatican

Eglise de France

Dieu m'est témoin

Saint(s) du jour

Lectures du jour