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        Dieu a envoyé son Fils sauver le monde

Dieu a envoyé son Fils sauver le monde

Retrouvez le Mot de Mgr Méranville consacré aux textes du dimanche 15 mars 2015, 4ème dimanche de carême. Vous trouverez également en éditorial son Mot publié dans le Mot de l’Évêque d’Église en Martinique n°499, sorti le dimanche 15 mars 2015 dans les paroisses.


« Frères et sœurs, la Paix soit avec vous !

En ce quatrième dimanche de Carême de l’année liturgique B l’Eglise invite ses fidèles et tout homme qui cheche avec droiture, à méditer ce passage de l’Evangile selon Saint Jean, au chapitre 3, versets 14 à 21.

L’Evangile commence par cet épisode de l’Ancien Testament que Jésus rappelle à Nicodème, un notable juif pharisien venu de nuit le consulter et lui demander comment naître véritablement à la vie de Dieu.
Jésus lui avait répondu ces paroles que nous venons d’entendre et qui peuvent avoir dans nos vies une résonance dramatique si nous les écoutons sérieusement. Jésus lui avait dit notamment ceci : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moise dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. »

Cette évocation du serpent de bronze par Jésus peut nous surprendre et peut être pour nous difficile à comprendre dans notre pays surtout où le serpent symbolise la ruse, la méchanceté le mal et la mort par la morsure, de notre trigonocéphale endémique de l’île, dont le venin ne pardonne pas.

Pour bien comprendre cette citation il nous faut d’abord la resituer dans son contexte qui est le récit que nous fait le Livre des Nombres au chapitre 21.

Le Peuple de Dieu, sauvé par Dieu de l’esclavage d’Egypte, sous la conduite de Moïse, se dirigeait à travers le désert, vers la terre de liberté que Dieu lui avait promise.
Fatigué par la marche, déprimé par les privations imposées par la vie au désert, le peuple s’était mis à maugréer contre Moïse et contre Dieu. La voix de Dieu lui faisait peur et il ne tenait d’ailleurs pas à l’écouter. Il regrettait même d’avoir accepté d’être libéré de l’esclavage d’Egypte, car disait-il : « A quoi bon la liberté si on a le ventre vide ? En Egypte nous étions esclaves mais au moins nous mangions à notre faim. »

Sur ces entrefaites le campement du peuple avait été envahi par de petits serpents venimeux dont la morsure était mortelle. Epouvanté, le peuple avait supplié Moïse d’intervenir auprès de Dieu en sa faveur pour qu’il éloigne de lui les serpents.

Sachant fort bien que les serpents étaient un châtiment que le peuple avait mérité, Moïse avait malgré tout supplié Dieu de ne pas tenir compte des murmures et des critiques de ce Peuple et de lui épargner la mort. Dieu qui est un Dieu plein de tendresse et d’amour, s’était laissé toucher.

Dieu avait alors demandé à Moïse de faire façonner un serpent de bronze, de le fixer sur une hampe et d’inviter les victimes des serpents venimeux à se tourner vers cette représentation. Tous ceux qui faisaient ce geste étaient sauvés.

Ce passage de la Bible peut être compris à tort, par certains, comme une approbation de la mentalité largement répandue ici d’ accorder aux rites magico-religieux une efficacité exceptionnelle et automatique.

Il pose aussi question à celles et ceux qui font une lecture fondamentaliste de la Bible pour rappeler aux catholiques que selon la Sainte Ecriture, il est interdit de faire toute représentation « de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre »(Exode 20,3) et donc que sont interdites ces statues, images et représentations qui se trouvent dans nos églises vers lesquelles la piété populaire se tourne souvent.

Je ne prétends pas réfuter tous ces arguments . Je veux seulement souligner que Ce serpent de bronze qui guérit, qui suggère le serpent d’Asclépios ou le caducée des médecins, préfigure pour les chrétiens le Christ Jésus mort sur la croix, pour sauver les hommes. C’est vers lui que les hommes doivent aujourd’hui se tourner , s’ils veulent être sauvés.

Devant les souffrances et la misère du monde ,nombreux sont celles et ceux qui sont tentés de reprendre à leur compte la complainte si souvent entendue : « S’il y a un Dieu, pourquoi n’intervient-il pas ? Pourquoi ne vient-il pas éradiquer lui-même le mal ? »

Dieu non seulement n’est pas indifférent ou impuissant face aux misères du monde, mais , Il a tant aimé ce monde, dit Saint Jean, qu’il lui a donné son Fils unique. Ce Fils a tant aimé le monde, qu’il a consenti librement à donner sa vie sur une croix, pour que ce monde soit sauvé.

Mais « sauvé de quoi ? » Sauvé du mal sous toutes ses formes et surtout sauvé de la mort. Tous les jours, la mort est présente dans les médias, les faits divers, les avis d’obsèques, les accidents, les catastrophes, les suites de maladies… cette mort est celle de parents, d’amis, de personnes bien connues ou anonymes… Elle nous laisse parfois indifférents, parce que c’est toujours la mort des autres.. Cependant il nous arrive quand même parfois, de penser qu’un jour ce sera notre propre mort, un jour ce sera notre tour. Et la question se pose à nous : « Que deviendra notre vie après cette mort inéluctable, que nous pouvons parfois retarder mais jamais empêcher ?

La vie sera-t-elle complètement anéantie par la mort ? Ou bien la vie continuera-t-elle d’une autre manière ? Transformée ?

C’est là une question métaphysique c’est à dire qui va au delà de la physique : une question à laquelle il n’y a aucune réponse scientifique à ce jour. La seule réponse possible est celle de la foi, c’est à dire ce que nous croyons. Cependant de notre réponse dépendent le sens et la qualité de notre vie. C’est la réponse que nous donnons à la question terrible que nous pose la mort qui est pour chacun de nous inéluctable qui conditionne toute notre manière de vivre.

Pour les épicuriens d’autrefois la réponse était négative : il n’y a rien après la mort. D’où cette invitation à profiter de la vie présente et à en jouir : « Carpe diem » disaient-ils « profite et jouis de la vie ». « En bas la tè pa ni plézi » dit un proverbe créole. « Quand on est mort, on est bien mort. Il n’y a rien après la mort » affirme bon nombre de personnes et même un bon nombre de chrétiens, aujourd’hui. Cette conviction explique et justifie l’ hédonisme d’aujourd’hui : « Nous n’avons qu’une vie, alors profitons-en au maximum, prenons notre plaisir là où nous le trouvons, même si pour cela nous devrions écraser les autres, les exploiter, les tromper, les ruiner. » Effectivement, que de ruines causées par cette forme d’existentialisme ! « Là où passe Attila, l’herbe ne repousse pas » disait-on autrefois. Les comportements et les choix de celles et ceux qui limitent la vie au seul monde qui passe préparent la désolation du monde de demain.

Il y a une autre réponse : celle qui s’enracine dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth. La preuve que la mort n’est pas le dernier mot de la vie c’est Jésus-Christ qui s’est relevé d’entre les morts.
Pour Jésus Christ Dieu n’a pas fait la mort. Dieu n’est pas le Dieu des morts mais le Dieu des vivants. L’homme a été créé par Lui pour une vie éternelle avec lui. Cependant Dieu n’impose pas cette vie à l’homme. Par respect de sa liberté, il ne peut que la lui proposer.

Dieu voit aujourd’hui les comportements insensés des hommes qui provoquent des génocides, des massacres d’innocents, des meurtres d’enfants, l’exploitation de l’homme par l’homme, les dépravations des mœurs et tout ce qui réduit l’homme à sa simple dimension animale et même plus bas encore.

Dieu voit l’homme recherchant le bonheur dans la seule possession des biens matériels et dans la seule dimension économique de la vie.
Pour guérir l’homme de la morsure venimeuse de tous ces serpents qui instillent dans son cœur la haine, l’égoïsme, le racisme, l’ostracisme , l’indifférence, la peur, le mépris, et qui détruisent son humanité, Dieu invite l’homme à se tourner résolument vers le Christ pour accueillir la Bonne Nouvelle de son Amour.

Cet amour est rappelé et manifesté par la croix. Jésus disait : « Une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir dit Saint Jean (Jean 12, 32). Notre salut commence par cette élévation de Jésus. C’est parce qu’il a accepté cette mort sur la croix que Dieu le Père l’a relevé d’entre les morts et lui a donné ce nom qui est au-dessus de tout autre nom.

Dieu personne ne le connaît sinon son Fils qui est auprès de lui depuis toujours » écrit Saint Jean dans le prologue de son Evangile. Le Fils de Dieu, pour nous révéler son Père qui est aux cieux s’est incarné, c’est à dire a pris chair de la Vierge Marie. Il s’est fait homme pour dire aux hommes :« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Tout homme qui vit et qui croit en moi fût-il mort, vivra. Je le ressusciterai au dernier jour. »

Croire en lui, c’est accepter de renoncer à soi-même. C’est en quelque sorte, accepter de mourir à soi, à son égoïsme, à son orgueil, à sa vanité, à son indifférence aux autres, à son refus de servir.

Alors que l’Ecriture prête à Satan ce cri de révolte : « Non serviam » « Je ne servirai pas », le Fils de Dieu dit au contraire : « Le Fils de Dieu n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Le Fils de Dieu demande à ceux qui veulent le suivre, à ceux qui sont ses disciples, de l’imiter, de faire comme lui : « Celui qui veut être le plus grand qu’il soit le serviteur et l’esclave de tous. » Cela équivaut à une mort à soi-même. Mais si le grain tombé en terre accepte de mourir il porte beaucoup de fruits, s’il refuse de mourir, il reste seul . Celui qui accepte de donner sa vie au Christ la retrouve et la garde pour la vie éternelle.

Jésus invite tous ceux qui veulent être sauvés et échapper pour toujours à la mort, à se tourner vers lui, à croire en lui et à le suivre. Le drame de l’homme, donc notre drame à tous, c’est d’avoir la possibilité répondre « non » à cette invitation .

Le bonheur et la vie éternelle commencent des maintenant, si nous nous tournons vers le Christ pour reconnaître l’exemple qu’il nous donne et que nous efforçant de l’imiter nous acceptons nous aussi de mourir à nous même pour renaître avec lui.
Que ce temps de Carême nous décide à nous tourner vers lui avec foi et nous serons sauvés.
Résolution de ce jour : Nous signer avec foi devant le crucifix que nous avons chez nous ou que nous portons sur nous.

Bon dimanche et bonne semaine à tous. »

+Michel Méranville

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