Eglise catholique de Martinique
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Fête du Christ Roi de l’Univers

Dimanche 24 novembre 2013


Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. La Paix soit avec vous.

Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui la fête du Christ Roi de l’univers qui vient clôturer l’année liturgique « C » commencée le 2 décembre 2012 et qui nous a réunis chaque dimanche et jours de fête, jusqu’à aujourd’hui, 34ème dimanche du temps ordinaire de l’Église.

Dimanche prochain, commencera une nouvelle année liturgique , appelée « l’année A, » tout au long de laquelle sera mis à l’honneur l’Évangile selon Saint Matthieu. Cette nouvelle année liturgique s’ouvrira par la célébration du premier dimanche du temps de l’Avent.
Mais au risque d’enfoncer des portes ouvertes, permettez-moi, de rappeler rapidement ce que nous entendons par année liturgique.
Vous n’ignorez pas en effet que, de même qu’il y a une année calendaire qui commence le premier janvier et se termine le 31 décembre, de même qu’il y a une année scolaire qui commence en septembre et prend fin en juillet, il y a pour l’Église une année dite liturgique qui commence le premier dimanche de l’avent et se clôture par la fête du Christ Roi d’ l’univers, le 34° dimanche du temps ordinaire de l’Église.

Le mot liturgie en grec( λειτουργία / leitourgía,) signifie littéralement « le service du peuple »). Dans le langage courant, il désigne l’ensemble des rites, cérémonies et prières dédiés au culte d’une divinité religieuse. Dans la religion chrétienne, il s’agit du culte public et officiel institué par l’Église.

L’année liturgique a pour but de rassembler les fidèles du Christ chaque dimanche de l’année et à l’occasion des grandes fêtes du Christ, de la Vierge Marie et des saints, pour leur permettre de revivre ensemble les grands moments de leur foi et les mystères de leur salut.

Depuis le Concile Vatican II l’Église catholique a organisé l’année liturgique sur trois ans, comme je viens de le rappeler. De sorte que l’on a l’année Liturgique A, puis l’année liturgique B, enfin l’année liturgique C,

A chacun de ces cycles correspond la lecture de l’un des quatre évangélistes : ainsi l’année A dans laquelle nous entrerons dimanche prochain proposera aux fidèles la lecture de l’Évangile selon Saint Matthieu.
L’année suivante, donc l’année B, ce sera l’Évangile selon Saint Marc et enfin l’année C , celle qui s’achève aujourd’hui , tirera son éclairage principalement de l’Évangile selon Saint Luc.

Mais, un Évangile semble avoir été oublié : c’est l’Évangile selon Saint Jean. Bien au contraire, loin d’avoir été oublié, il est présent, tout au long de l’année liturgique, qu’elle soit A ou B ou C, au temps pascal et à des moments bien précis.

Toutes les années liturgiques, qu’elles soient année A , B ou C sont clôturées par la célébration de la fête du Christ Roi. Et à partir de cette fête, le dimanche suivant, commence une nouvelle année liturgique qui débute par le premier dimanche de l’Avent. En l’occurrence, ce sera pour nous l’année liturgique A dont l’éclairage principal nous viendra de l’Évangile selon Saint Matthieu.

Mais qu’est-ce que cette fête du Christ Roi de l’univers ? Avant de répondre à cette question, relisons si vous le voulez bien l’Évangile de ce dimanche dans Luc, chapitre 23, versets 33 à 43.
C’est le Pape Pie XI qui a institué en 1925, la fête du Christ-Roi, qui est devenue en 1970 « la fête du Christ Roi de l’univers ».

Parler de Roi à une société qui vit en démocratie sous la cinquième République peut sembler vraiment anachronique, sinon réactionnaire. Mais il faut se demander quelle réalité se cache vraiment sous le mot : « roi ».

Jésus a admis lui-même qu’il était Roi. C’est surtout au cours de son procès devant Pilate qu’il a reconnu qu’il était Roi. Mais , comme il l’a affirmé , pas à la manière dont le monde comprend habituellement ce mot.

Pour le monde, , le mot Roi évoque le pouvoir. Le Monarque est celui qui commande et se fait servir. Celui qui domine les autres et profite de tout et de tous à sa guise même lorsque sa liberté se trouve tant soit peu encadrée par un parlement. Le Roi, c’est celui qui se fait servir, obéir et respecter au besoin par la force, celui qui est au centre des honneurs et du respect.
Jésus précise que sa Royauté n’est pas semblable à celle de ce monde.

Il est Roi, c’est un fait : car il est né de Dieu. Il est le Fils unique de Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père. Par lui, tout a été fait. Il est l’image du Dieu invisible, l’auteur de toute la création, le maître absolu de toute chose : Jésus constate humblement tout cela, en présence de ses Apôtres, auxquels il dit : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et je le suis en effet ». Mais il ajoute aussitôt : « Mais je suis parmi vous comme celui qui sert. »

Pour donner plus de poids à ces paroles, le Jeudi Saint, veille de sa mort, au cours du dernier repas qu’il prend avec ses disciples, il se ceint d’un tablier et une bassine d’eau à la main il s’agenouille devant chacun de ses disciples pour leur laver les pieds , comme le faisaient à l’époque les esclaves pour leurs maîtres.

Jésus l’affirme à Pilate : Il est Roi. Mais sa Royauté est au service de la Vérité.
« Qu’est-ce que la vérité ? » lui demandera Pilate. Jésus ne répondra pas à cette question pour obliger Pilate, mais aussi tout homme, à se poser la même question et à en trouver personnellement la réponse : en fait, qu’est-ce que la vérité ?

Lorsque l’on cherche bien et que l’on se laisse instruire par toutes les Écritures, on découvre que la Vérité, c’est l’Amour.
On est dans le vrai lorsqu’on aime vraiment. « Celui qui aime est né de Dieu » dit l’Écriture. Celui qui aime est passé de la mort à la vie.

Mais qu’est-ce qu’aimer ?

Aimer, ce n’est pas « faire l’amour ». Ce n’est pas satisfaire son égoïsme et ses passions. Aimer ce n’est pas simplement avoir du plaisir, être content de soi.
Aimer, selon Dieu et ce que son Fils est venu nous dire, « aimer c’est tout donner et se donner soi-même » comme le disait la petite Sainte Thérèse de Lisieux.

L’exemple parfait de l’Amour est Dieu lui même. Dieu donne sans condition tout ce qu’il a et tout ce qu’il est. C’est Dieu qui prend l’initiative de créer l’univers. Au centre de cet univers il place l’homme. Il veut que cet homme soit heureux, qu’il peuple la terre par sa progéniture et que tous soient heureux. »

Pour nous dire tout cela en clair, Dieu envoie son propre Fils, Celui qui est auprès de Lui depuis toujours. Il le fait naître d’une vierge, la Vierge Marie, promise à un homme du village appelé Joseph. Avant qu’ils soient unis par les liens du mariage, Marie donne naissance à cet enfant, œuvre du Très Haut, qu’elle appelle « Jésus »ce qui signifie « le Seigneur sauve. »

Jésus nous sauve en nous montrant la voie du salut. Cette voie, c’est lui-même et l’exemple qu’il nous donne. « Il est passé en faisant le bien », nous dit de lui Saint Pierre dans les Actes des Apôtres. Et il nous demande de le suivre dans la voie du service de nos frères, particulièrement les plus pauvres, les plus nécessiteux, les moins considérés , et il nous dit … « Tout ce que vous leur ferez, c’est à moi que vous l’aurez fait. »

Jésus est Roi, mais il le précise à Pilate : « Ma Royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux juifs » (Jn 18,36).

En fait, la couronne de ce roi a été la couronne d’épines enfoncée à coups de bâtons sur sa tête et le manteau écarlate mis sur ses épaules, tandis que les gardes pour le tourner en dérision s’inclinaient devant lui en disant « salut roi des juifs ! »

Le trône de ce roi, c’est la croix sur laquelle il a été cloué.

Jésus attendait cette heure. Il savait que pour réconcilier l’humanité avec Dieu son Père il devait accepter librement toutes ces vexations , toutes ces tortures et cette mort humiliante et combien douloureuse afin de pouvoir dire : « Voilà jusqu’où peut aller l’amour quand il est vrai ! »

Et en effet , il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Pour fêter le Christ Roi de l’univers, l’Église n’a pas choisi de nous rappeler par exemple la scène des Mages venus d’Orient, s’inclinant devant l’enfant de la crèche pour reconnaître en lui le roi des Juifs et lui offrir leurs trésors, l’or comme à un roi, l’encens comme à un Dieu, la myrrhe comme à un mort ressuscité.

Elle n’a pas choisi de nous rappeler une scène comme celle de la transfiguration qui nous montre Jésus complètement transfiguré, ses vêtements resplendissant de lumière tandis qu’il s’entretenait avec Moïse et Élie décédés pourtant depuis des siècles.

L’Église ne nous présente pas Jésus dans sa gloire de ressuscité, elle préfère évoquer cette scène poignante de la passion selon saint Jean où Jésus humilié, sanguinolent, chargé de chaines comparaît devant Pilate représentant de l’empereur. Lequel des deux, Pilate ou Jésus, peut-il revendiquer un pouvoir réel ? Humainement, on peut se tromper et répondre que c’est Pilate, puisqu’il représente l’Empereur, il a pour lui des gardes et des soldats, il peut condamner à mort ou libérer.

Pourtant c’est Jésus, qui deux jours plus tard sortira triomphant de son tombeau. Car pour lui une seule chose compte, c’est la vérité. La vérité vous rendra libre, répétait-il.
Toute sa vie, Jésus a servi la vérité, il a rendu témoignage à la vérité. La vérité sur le Père, car c’est lui qui nous révèle le vrai visage de Dieu son Père. Et ce visage c’est celui de l’amour parfait, infini.

La vérité sur la vie éternelle, la vérité sur le sens de notre vie, la vérité sur le combat que tout homme doit mener contre le mal et le péché, la vérité sur la vie et sur la mort.
Voilà ce que c’est qu’être roi de l’univers. C’est entrer dans la vérité et lui rendre témoignage. Tous les disciples de Jésus sont appelés à partager sa royauté, s’ils écoutent sa voix.

Est vraiment roi celui que la vérité a rendu libre (Jn 8,32). Par leur baptême, les chrétiens ont été plongés dans la vie du Christ ressuscité . Le jour de leur baptême, les chrétiens se sont entendus dire par le ministre qui venait de les plonger dans l’eau symbolisant la vie de Dieu : « Untel, Une telle, par le baptême le Dieu tout puissant, Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, t’a libéré du péché et t’a fait renaître de l’eau et de l’Esprit.Toi qui fait maintenant partie de son peuple, il te marque avec l’huile sainte pour que tu demeures éternellement membre de Jésus-Christ, « prêtre, prophète et roi. »

Il faut savoir que la mission du roi, dans l’Ancien Testament consistait à défendre son peuple, à protéger la veuve et l’orphelin, à chercher l’amélioration des conditions de vie de tous ceux dont il avait la garde.

Célébrer aujourd’hui la Royauté du Christ consiste pour ceux qui croient en lui à faire notre sa mission : il est venu pour témoigner de la vérité.

Comme lui, nous avons à témoigner de la vérité dans ce monde de mensonge et d’hypocrisie, ce monde qui abolit la Parole de Dieu pour la remplacer par les élucubrations des hommes.
Dans ce monde qui répète, à la suite de Lucifer : « Non serviam » c’est-à-dire, je refuse de servir, et dont l’ambition est de dominer les plus faibles et de les utiliser à des fins égoïstes, les chrétiens ont pour mission, comme le Christ, de dire par leurs paroles et surtout par leurs actes, que la grandeur d’un homme et le vrai sens de sa vie est de servir les autres et se soucier du bien commun.

Dans un monde d’apparence où ce qui compte c’est de se faire remarquer, distinguer, honorer, le chrétien cherchera comme le Christ à prendre non pas la première place mais la dernière, celle de l’humble serviteur qu’il a la joie d’être.

Une nouvelle année liturgique commencera dimanche prochain. Dans l’attente du renouvellement qu’elle nous apportera, demandons aujourd’hui au Seigneur d’être vraiment le Roi de l’univers et, par conséquent, le roi et le maître de notre propre vie.

Amen !

Comme nous l’avons fait pour Thierry Dol et ses compagnons de captivité n’oublions pas de prier pour le prêtre français Georges Vandenbeush enlevé par la secte Boko Haram au nord du Cameroun le jeudi 14 novembre dernier.

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Vous pouvez écouter cet éditorial sur le site internet de radio Saint Louis : www.radiosaintlouis.com en cliquant sur la rubrique "Réécouter nos émissions", puis sur "Le Mot de l’Évêque".

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