Eglise catholique de Martinique
http://martinique.catholique.fr/il-y-a-vingt-et-un-siecles-de-cela

Après Pâques... le Kérygme

Il y a vingt et un siècles de cela, une nouvelle ahurissante s’était propagée à Jérusalem, parmi celles et ceux qui étaient devenus disciples de Jésus de Nazareth. Cette nouvelle affirmait qu’il était vivant. Après sa mort bien réelle, confirmée par le coup de lance qu’il avait reçu en plein cœur, celui qui se faisait appeler le Fils de l’homme, s’était manifesté vivant à plusieurs de ses proches et de ses disciples.


Ceux-là n’avaient pu admettre d’emblée que c’était Lui. Ils se croyaient plutôt victimes d’une hallucination ou d’une manifestation de fantôme. Comment, en effet, ce Jésus, après avoir été enseveli dans un caveau dont l’entrée avait été condamnée par un énorme bloc de roc , pouvait-il leur apparaître tout à coup, dans cette salle où ils se trouvaient, alors que tous les accès en avaient été soigneusement verrouillés par peur des Juifs ?

C’était pourtant bien Lui. Il leur avait montré les plaies laissées par la crucifixion, dans ses mains et dans ses pieds, de même que la blessure encore béante dans son côté, faite par la lance d’un soldat. Pour les convaincre il leur avait demandé quelque chose à manger et il leur avait dit : Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi. Touchez-moi, regardez : un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai. (Luc 24,39).

Ils avaient dû se rendre à l’évidence sans encore comprendre : c’était bien Lui ! Il avait vaincu la mort ! Il était revenu à la vie, mais à une vie tout autre que celle qu’il possédait auparavant : Il n’était plus assujetti aux lois terrestres de l’espace et du temps et s’il mangeait avec eux, ce n’était pas pour satisfaire un besoin physiologique, mais pour leur dire : Je ne suis ni un esprit, ni un fantôme.

Après leur avoir dit : C’est bien moi !, il leur avait confié cette mission : Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

Le verbe « ressusciter » n’existait pas encore. On ne connaissait pas non plus le substantif « résurrection. » On avait certes connaissance, au temps de Jésus, de nombreux cas de personnes physiquement mortes et revenues miraculeusement à la vie. Mais ces cas ne différaient guère de celui des personnes qui sont aujourd’hui en réanimation dans nos hôpitaux : elles retrouvent leur vie mise en sommeil pendant un temps, mais égale à celle qu’elles avaient auparavant et elles sont sujettes à nouveau à tous les aléas de la vie y compris la mort.

La résurrection est une vie nouvelle partagée avec Dieu : une vie qui ne connaît plus la mort. La Résurrection de Jésus de Nazareth est l’unique cas de résurrection que connaisse l’humanité depuis sa création. La résurrection de Jésus n’est ni une réincarnation, ni une réanimation, ni une métempsychose, mais le passage de Jésus avec son corps, son âme et son humanité, dans la vie même de Dieu son Père.

La nouvelle de la Résurrection de Jésus, est une « bonne nouvelle » qu’il faut annoncer, « crier » à l’humanité entière, sur toute la planète. C’est ce que l’on appelle « kérygme », du mot grec kêrygma qui signifie « proclamation ».
Le kérygme est la proclamation originelle par les Apôtres, de la bonne nouvelle de la Résurrection de Jésus, reconnu comme Christ et Sauveur.

Saint Paul écrit aux Corinthiens : Je vous rappelle frères, l’Evangile que je vous ai annoncé et par lequel vous serez sauvés si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé : Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures. Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Il est apparu à Céphas, puis aux Douze… Il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. En tout dernier lieu, il m’est aussi apparu, à moi l’avorton, moi qui ne suis pas digne d’être appelé Apôtre parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu.

Dans cette même lettre, l’Apôtre s’étonne et demande : Comment certains d’entre vous disent qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection, Christ non plus n’est pas ressuscité et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi.

Les Evêques, successeurs des Apôtres, sont à la tête de communautés appelées « diocèses » ou « Eglises particulières » qui ont pour mission de proclamer avant toute chose que Jésus est vivant, jusqu’à la fin des temps. Cette proclamation est faite par l’annonce orale de la Bonne Nouvelle, par la catéchèse, les enseignements, les sacrements. Elle se fait surtout par le témoignage de vie de chacun et de tous.

Au début du christianisme, les païens s’étonnaient de l’amour qui unissait entre eux les chrétiens. Ils disaient :Voyez comme ils s’aiment et ils cherchaient à connaître ce qui leur permettait de s’aimer ainsi. Ils découvraient que c’était le Christ Vivant Ressuscité, présent au milieu d’eux, qui leur donnait la force et la joie de s’aimer ainsi.

Les diocèses, ou Eglises catholiques, existant dans les Petites Antilles se regroupent en Conférence. Une fois par an, ils se retrouvent en Assemblée Plénière. Ce fut le cas pour eux cette année : du 3 au 10 mai dernier vingt-deux diocèses des Petites Antilles se sont retrouvés à Mandeville, en Jamaïque, pour partager, pour la cinquante-huitième année consécutive, ce qui fait la réalité de leur vie et comment, concrètement, ils s’efforcent de réaliser la mission que le Christ leur a confiée. Le prochain numéro de Eglise en Martinique tâchera de se faire l’écho de ce qui a été l’essentiel de leur cinquante-huitième assemblée plénière.

Pâques signifie « le Passage ». C’est la Bonne Nouvelle du Christ Ressuscité vivant avec nous jusqu’à la fin des temps. Cette Bonne Nouvelle est le Kérygme que nous devons crier jusqu’aux confins du monde, par notre foi, notre espérance et notre charité. C’est aussi l’unique raison d’être de nos Eglises catholiques et celle de tout homme de bonne volonté.

+ Michel Méranville

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Edito

Radio Saint Louis en direct

Ma paroisse en un clic


Radio Saint-Louis

Dans l'Eglise

Nouvelles du Vatican

Eglise de France

Dieu m'est témoin

Saint(s) du jour

Lectures du jour