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        L’Espérance en la Résurrection

L’Espérance en la Résurrection

Dimanche 6 avril 2014

Nous sommes maintenant à 15 jours de la grande fête de Pâques qui célèbre la Résurrection du Seigneur Jésus. Et le dimanche qui nous rassemble aujourd’hui est le cinquième dimanche du Temps du Carême dont tous les textes de la liturgie de la Parole nous invitent à l’espérance.


Frères et Sœurs, la paix soit avec vous.

L’espérance, nous le savons, est une des trois vertus théologales que nous connaissons , les deux autres étant la foi et la charité.

L’Espérance a pour objet principal le salut, c’est-à-dire la Béatitude éternelle, la participation pour toujours à la gloire et au bonheur de Dieu. C’est une vertu qui dispose le chrétien à mettre sa confiance dans les promesses du Christ. L’Espérance s’exprime et se nourrit dans la prière. Elle se différencie de l’espoir qui a plutôt une dimension immédiate tandis que l’Espérance ouvre, une perspective d’éternité.

La première lecture de ce dimanche est un passage du Livre du Prophète Ezéchiel, au chapitre 37, qui annonce au peuple d’Israël que le Seigneur va pour ainsi dire l’arracher au tombeau qu’est son exil et le ramener dans sa patrie. Vision qui annonce aujourd’hui pour nous la résurrection des morts.

Quant au psaume 129, il nous invite à espérer contre toute espérance en nous faisant chanter qu’ « auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance. »

La deuxième lecture, elle, est un passage de la lettre de l’Apôtre Paul aux Romains, dans lequel l’Apôtre affirme que l’Esprit qui a ressuscité le Christ habite en nous pour nous donner la vie.

L’Evangile, quant à lui, nous rapporte la résurrection de Lazare qui est plus qu’une anecdote ou le récit d’un miracle extraordinaire, mais surtout un enseignement théologique d’une grande valeur, qui doit susciter en nous une foi ardente en la personne de Jésus-Christ, maître de la vie.
Lisons don avec intérêt ce long passage de l’Evangile selon saint Jean, chapitre 11, versets 1 à 450.

La scène se passe à Béthanie, un petit village proche de Jérusalem, dont le nom en hébreu signifie : « la maison du pain ». Ce n’est pas un hasard !
Jésus effectue son dernier voyage dans cette ville puisque nous le savons, sa montée à Jérusalem signifie son rejet par les scribes, les pharisiens, les chefs du peuple et tous les « gens biens » de Jérusalem qui le jugeront et le condamneront à mort.

Jésus aimait Marthe et Marie ainsi que leur frère Lazare. C’étaient ses amis et Lors de ses déplacements, il avait l’habitude de s’arrêter chez eux. Mais cette fois, il n’est pas dans leur village lorsque ses amis lui envoient un messager pour lui dire que Lazare est gravement malade.

En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Après cela, Jésus resta encore pendant deux jours, à l’endroit où il se trouvait. Ce n’est qu’après ces deux jours qu’il dit à ses disciples : « Revenons en Judée ». La Judée c’est la partie du pays qui a pour capitale Jérusalem la ville sainte, avec le Temple unique, les religieux, l’aristocratie du pays. C’est là que se trouve un lobby très influent qui a déjà prévu de faire mourir Jésus.

Cette situation explique l’étonnement des disciples et la question qu’ils posent à Jésus en lui disant : « Rabbi, tout récemment les juifs cherchaient à te lapider et tu retournes là-bas ? » Et Jésus leur répondit :
« Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »

Il nous faut rapprocher ces paroles de Jésus et l’affirmation qu’il a déjà faite à ses disciples : « Je suis la Lumière du monde… Je suis venu pour éclairer tout homme dans ce monde. » Après ces paroles, Jésus ajouta : « Lazare notre ami, s’est endormi ; mais je m’en vais le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur s’il s’est endormi, il sera sauvé. » car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil.

Mais, Jésus parlait de la mort. Et pour que cela soit bien clair, il dit à ses disciples : « Lazare est mort et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. » Thomas l’un des douze , devenu fameux par la suite à cause de son incrédulité, dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui. » Cela dénote la conscience qu’il avait du climat de l’hostilité à Jésus qui existait alors à Jérusalem. Néanmoins, les autres disciples se rallient à lui et toute la petite troupe reprend la direction de la Judée.

Quand Jésus arrive à Béthanie Lazare est au tombeau depuis quatre jours déjà. Il y a au village beaucoup de personnes venues manifester leur sympathie à Marthe et à Marie. Dès qu’elle apprend l’arrivée de Jésus au village Marthe vient à sa rencontre tandis que Marie reste à la maison. Et Marthe dit à Jésus sur un ton qui ressemble à un reproche : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. »

Mais elle ajoute tout de suite sur le ton d’une extrême confiance : « Mais je sais que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas. » Alors Jésus lui affirme : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprend aussitôt : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. »

Jésus lui fait alors cette révélation sur laquelle se fonde la foi de tous ceux qui sont disciples du Christ : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Marthe s’écrie alors : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »

Elle reconnaît donc la divinité de Jésus. Elle croit que Jésus non seulement « a la vie éternelle », mais qu’il est lui-même cette vie qui est le propre de Dieu. Et parce qu’il est la vie, il est lui-même la résurrection. La résurrection n’est pas la réincarnation, la métempsychose de certaines religions qui prétendent qu’après la mort l’âme s’incarne dans un autre corps ou migre dans un animal.

La résurrection n’est pas un simple retour à la vie, comme la réanimation d’un cadavre ou la sortie d’un profond coma, la Résurrection c’est le passage de tout ce qui constitue notre être, avec sa vie physique, biologique, conditionnée par l’espace et le temps c’est le passage de tout ce qu’est notre vie actuellement, dans la plénitude de la vie de Dieu.

Seul Jésus est ressuscité : il est le premier à être passé de la mort à la vie éternelle. Il est le seul cas de résurrection à proprement parler que nous connaissions. Mais cette résurrection qui est la sienne, il nous la promet et il nous fait l’expérimenter déjà aujourd’hui si nous croyons en lui.

C’est d’ailleurs pour nous permettre de croire comme Marthe, qu’il est le Fils unique de Dieu, qu’il nous a donné ce signe du retour à la vie de son ami Lazare qui était mort. Il était bien mort ce Lazare, si bien que Marthe, sa sœur, dit à Jésus qui demande : « Où l’a-t-on mis ? », « Seigneur, il sent déjà : voilà quatre jours qu’il est là. »

Ce à quoi Jésus répond : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » « Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu » avait dit Marthe. Ce cri définit bien nettement ce qu’est la foi chrétienne. Etre chrétien ou chrétienne, ce n’est pas d’abord savoir beaucoup de choses sur le Christ, ou adhérer à un enseignement, une doctrine, une philosophie ou une morale, mais c’est s’attacher totalement à la personne vivante du Christ Jésus, dans toutes les situations surtout les plus dramatiques, les plus tragiques, celles qui apparemment sont sans issue.

Croire en Jésus c’est croire en la résurrection et à la vie éternelle. C’est croire que Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants !

Nous vivons dans un monde de plus en plus désespéré parce qu’il ne croit plus au Christ, il ne croit pas à la résurrection. Les suicides sont de plus en plus fréquents et surviennent à la moindre difficulté, à la moindre épreuve. Parce que l’on croit qu’après la mort, c’est le néant : on n’est plus rien, et il n’y a plus rien.

C’est aussi l’absence de la vertu d’Espérance qui incite à brûler la vie par ses deux bouts, en en profitant de toute sorte de manière puisque « en bas la tè pa ni plési » comme on le répète souvent (Sous terre, il n’y a pas de bonheur). Donc place à l’hédonisme, aux plaisirs, à la jouissance, à la drogue et Après moi le déluge !

Mais, pour nous chrétiens, l’Espérance n’est pas un leurre. Ce n’est pas l’opium du peuple comme on a osé le dire. C’est au contraire une certitude absolue : Tout homme qui vit et qui croit au Christ, même s’il meurt vivra.

Le grand Saint Augustin disait dans l’une de ses homélies : « Ecoutez, écoutez ce que dit Jésus : « Je suis la résurrection et la vie. » Toute l’attente des Juifs était de voir revivre Lazare, ce mort de quatre jours. Ecoutons, nous aussi et ressuscitons avec lui. Il est la résurrection, parce qu’il est la vie. « Celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra ; même s’il est mort comme Lazare, il vivra : parce que Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. » (Saint Augustin)

Ce dimanche est le dernier scrutin des catéchumènes qui cheminent vers le baptême qu’ils recevront en la fête de Pâques, en même temps que le sacrement de confirmation et l’Eucharistie. Ces trois sacrements sont appelés les sacrements de l’initiation chrétienne, sacrements par lesquels la vie éternelle de Dieu transforme déjà la nôtre ; portons les catéchumènes dans nos prières.

Si nous sommes baptisés, demandons aussi au Seigneur de renouveler en nous la grâce de notre baptême et que ce baptême soit la lumière qui nous permette de cheminer dans cette vie enténébrée, à la rencontre du Christ qui est vivant et marche avec nous jusqu’à la fin des temps.

Que notre foi en lui, ravive en nous l’espérance de ressusciter avec lui et nous donne le zèle et la générosité dont nous avons besoin pour nous aimer un peu plus et surtout, savoir demander à Dieu son pardon pour pardonner aux autres leurs offenses, comme Lui nous pardonne.

Bonne montée vers Pâques. Bonne semaine et bon dimanche à tous !

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