Eglise catholique de Martinique
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        La Miséricorde soit avec vous !

La Miséricorde soit avec vous !

Sœurs et frères, je vous propose aujourd’hui un "mot de l’évêque" un peu particulier. Il s’agit d’une brève lettre pastorale indiquant les orientations que je souhaite donner au Jubilé de la Miséricorde chez nous.


Pendant le Jubilé, nous aurons de grands moments de piété, Dieu nous fera Miséricorde. Le peuple attend avec impatience cette année de bienfaits.

Il était temps que cette riche tradition spirituelle de l’Eglise catholique vienne au secours d’une Humanité de plus en plus ravagée par des divisions qui ne cicatrisent pas. Face à la gangrène de la violence et de la peur, l’Eglise souhaite présenter le doux et miséricordieux visage de Jésus.

Ainsi, à chaque fois que la Miséricorde touchera une personne, elle se répandra aussi dans la société et la culture. « Celui qui se met en harmonie avec les sentiments du Cœur de Jésus, disait Jean-Paul II, apprend à être le constructeur de la nouvelle Civilisation de l’Amour. Un simple acte de confiance suffit à briser la barrière de l’obscurité et de la tristesse, du doute et du désespoir ». C’est pourquoi je demande à chacun de considérer l’appel de Dieu à une Miséricorde passive (recevoir la Miséricorde) et active (faire Miséricorde).

En Martinique, de GRANDES RÉCONCILIATIONS devront briser les cercles vicieux et infernaux qui détruisent notre vie quotidienne, et celle de nos enfants depuis des décennies. C’est pourquoi je nous invite à entrer dans ce jubilé en étant déterminés, malgré nos faiblesses et la douleur de nos blessures, à faire Miséricorde :

Entre nous et nos ancêtres quels qu’ils soient, proches ou lointains. Prions pour rompre tous les liens négatifs reçus par un héritage qui nous dépasse. Par notre intercession pour les défunts de nos familles, qu’une pluie de bénédictions les rejoignent, les fassent entrer dans la lumière éternelle et nous délivrent définitivement des conditionnements ancestraux et des pardons non donnés ! Je vous demande cette année de faire célébrer des messes et de prier particulièrement pour les morts, et d’apprendre aux jeunes à le faire.

Entre les composantes de notre peuple, entre békés et noirs, entre noirs et "coolis", entre créoles et métropolitains… Tant de mépris, de malédiction, d’exaction, de violence ont parcouru notre pays de part en part ! Seule une grande dose d’amour et une quantité de gestes de réconciliation pourront nous libérer de cet héritage, et des complexes sans nombre qu’il génère en chacun de nous ! Je vous demande de poser des gestes simples mais réels d’amitié et de fraternité envers chacun, et d’aller à la rencontre de ceux qui sont d’un autre "monde".

Entre les employeurs et les salariés ! Les traces de l’esclavage, la théorie de la lutte des classes et les péchés et abus causés par la loi du profit ont déchiré le tissu et le dialogue social, dominés désormais par la méfiance. Tout le monde en souffre psychologiquement et économiquement. Je vous demande de renouveler, chacun à votre niveau, les relations professionnelles, dans la Justice et la Vérité.

Entre les différentes catégories de notre communauté humaine : le mépris et le désir de domination perpétuel entre homme et femme, les jalousies entre femmes, l’amertume permanente entre tant d’enfants et leurs pères absents, violents, adultères… Les abus sexuels et les pratiques occultes qui laissent tant de personnes boiteuses toute leur existence… Vivement que la Divine Miséricorde brise les portes de ces prisons ! Je vous demande de pardonner à ceux qui vous ont offensés !

La méthode spirituelle que je vous propose est la suivante : que chacun détache les yeux de son cœur, de sa propre blessure, pour considérer la fracture de l’autre. Un chemin qui signifie concrètement de consentir à ne pas recuire indéfiniment sa propre souffrance, mais à habiter celle de celui-là même qui l’a provoquée. C’est la voie du père du fils prodigue qui, au lieu de se fixer sur l’offense que lui a faite son fils, ne pense qu’à soigner celui qui l’a blessé.

Difficile, mais unique voie possible vers le bonheur et la liberté !
Ce Jubilé de la Miséricorde tombe parfaitement dans la vie de notre peuple pour opérer ces grandes réconciliations, pour nous libérer enfin vraiment de nos chaînes. « Si la mémoire se durcit, elle se fige. Alors, on n’entre plus dans l’histoire, on meurt ».

Que la Miséricorde vive et nous fasse vivre !

+ David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France

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