Eglise catholique de Martinique
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Le Carême


Quand le mot « carême » est prononcé en Martinique, il évoque en priorité la période sèche de l’année, pendant laquelle les animaux crèvent de soif devant les « mares » à sec, au milieu des champs jaunis par le soleil.

En second lieu, dans cette île majoritairement chrétienne, le carême désigne le temps liturgique pendant lequel l’Église catholique invite ses fidèles et toute personne de bonne volonté, à se tourner sincèrement vers Dieu.

L’étymologie du mot se rapporte au nombre « quarante » cher à la Bible : de même que le peuple juif a pérégriné pendant quarante ans dans le désert ; de même que Jésus a passé quarante jours et quarante nuits dans ce lieu hostile avant de commencer sa prédication, le carême chrétien est une période qui dure quarante jours, pour permettre à chacun de hiérarchiser les valeurs de sa vie en se tournant vers Dieu.

Afin que cette quête de sens et de priorité soit le moins possible parasitée par les préoccupations habituelles, le carême invite à proscrire, pendant sa durée, tout ce qui habituellement « divertit » l’homme, au sens où Pascal entendait cette expression qui signifiait pour lui , se détourner de l’essentiel.

Le Carême évite en effet les divertissements, les mondanités, les fêtes tapageuses et même les fastes religieux, pour privilégier le recueillement, la prière, la réflexion personnelle, la méditation, le silence et toute posture contribuant à rappeler que « l’homme ne vit pas que de pain mais doit se nourrir de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Ce retour vers Dieu, dans la contemplation de son amour et de sa bonté, s’appelle la « conversion » et s’accompagne d’une ascèse qui comporte des efforts sur soi-même ainsi que des privations au profit des autres. Ainsi le « jeûne » obligatoire à l’ouverture du carême et le vendredi saint, doit-il creuser en chacun le besoin de nourritures spirituelles à l’instar des si nombreux besoins matériels et inviter à une plus grande maîtrise des instincts et des addictions.

L’aumône qui consiste à donner un peu de ses ressources à ceux qui en sont privés ne se réduira pas à l’obole que l’on fait à un mendiant pour se débarrasser de lui, mais invitera à plus d’empathie avec ceux qui souffrent , sont dans le besoin ou sont sans défense.

Le Pape François rappelle dans sa lettre de carême, ce que l’Apôtre Paul écrit aux chrétiens de Corinthe dans sa première lettre, au chapitre 12 : « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance…car vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres… »

Les chrétiens oublient parfois les dures paroles de l’Apôtre Jean réprimandant les chrétiens fauteurs de divisions dans leur communauté, en leur disant : « Quiconque hait son frère est un meurtrier. Et vous le savez aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. »

Le Carême est un temps privilégié pour mettre à profit toutes les occasions de rencontrer les autres, de les écouter, de se réconcilier si besoin est, pour reconstituer la cohésion de la communauté et œuvrer ensemble pour qu’il y ait davantage de justice et d’amour entre les individus .

Le Carême invite à se sentir responsable du bien commun et à ne se dérober à cette responsabilité sous aucuns prétextes surtout ceux du genre : « Que puis-je faire ? Est-ce moi seul qui changerai le monde ? Je ne puis porter sur mon dos la misère du monde ! »

Certes, tout seul, on ne peut changer le monde. Mais un proverbe local dit : « Cé ti grainn diri ki ka plin sac » (ce sont des petits grains de riz qui remplissent un sac ». C’est aussi le message du Carême.

« Qu’as-tu fait de ton frère Abel ? » demandait le Seigneur à Caïn (Genèse 4,9). Et Caïn répondait : « Je ne sais. Suis-je le gardien de mon frère ? » Cette réponse était l’aveu d’avoir déjà tué son frère. C’est le drame de notre société de plus en plus individualiste sinon égoïste. Le Carême invite à prendre le contre-pied de cette tendance.

« Aimez-vous les uns les autres, comme je vous aime » dit le Christ. « C’est à ce signe que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples : si vous vous aimez les uns les autres. » « Ce ne sont pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur qui entreront dans mon Royaume, mais ceux qui font ma volonté ».

Que tous les hommes de bonne volonté répondent à cette invitation du Christ, ne serait-ce qu’en se souciant de respecter, partout et en toute situation, la politesse qui est la règle du savoir vivre en société : Ce serait déjà un grand pas vers cet Amour que le Seigneur demande aux hommes d’avoir les uns envers les autres.
Bon carême à tous !

+Michel Méranville, Archevêque.

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