Eglise catholique de Martinique
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Le dimanche de la Prière

Dimanche 1er juin 2014

C’est un dimanche un peu particulier que nous célébrons en ce jour, un dimanche situé entre l’Ascension du Seigneur que nous avons célébrée il y a deux jours, fête qui évoquait ce jour où Jésus a cessé d’être visible parmi les siens, et la Pentecôte qui est la venue de l’Esprit Saint sur les Apôtres, venue qui permet aux disciples du Christ de le voir d’une manière nouvelle, avec eux, jusqu’à la fin des temps.


Sœurs et Frères, la paix soit avec vous.

Ce dimanche est aussi par excellence le dimanche de la prière.

Dès la première lecture que nous propose la liturgie de la Parole, les disciples de Jésus en prière autour de la Vierge Marie, nous donnent envie de les imiter, tandis que l’Evangile de Jean au chapitre 17, non seulement nous montre Jésus en prière mais encore nous fait entendre les paroles qu’il adresse à son Père et qui font que cette prière soit appelée « sacerdotale ».
Si vous le voulez bien, Sœurs et Frères, vous pouvez relire cette prière qui se trouve au chapitre 17 de l’Evangile selon Saint Jean, versets 1 à 11. Cette prière, Jésus l’a formulée à haute voix devant ses disciples, tandis qu’il se rendait du Cénacle où il venait d’instituer l’Eucharistie, au jardin des Oliviers, où il devait être arrêté.

On appelle donc cette conversation bouleversante du Seigneur avec Dieu son Père : « la prière sacerdotale ». En l’écoutant nous ne pouvons pas nous empêcher d’éprouver dans nos cœurs des sentiments de gratitude et d’action de grâce.
En effet c’est pour nous que Jésus prie. Il le dit explicitement à son Père : « Ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés : ils sont à moi et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

Il est émouvant de penser que chacun de nous était présent à ce moment là, dans la pensée et la prière du Christ.
Il est bouleversant de savoir qu’au moment même où la mort s’approchait de Lui, Jésus ne pensait qu’à nous et priait son Père pour nous.
Cette prière nous révèle le prix que chacun de nous a pour Jésus, puisqu’il dit à son Père en parlant de nous : « Je trouve ma gloire en eux. » Oui, nous avons du prix aux yeux du Fils de Dieu !
Il faut aussi se remémorer que cette prière est, pour ainsi dire, la conclusion de la vie de Jésus sur la terre. Tout au long de sa vie terrestre, Jésus de Nazareth n’a jamais cessé de prier son Père qui est Dieu.
Les Evangélistes, et particulièrement Saint Luc, nous le montrent très souvent en prière, partant la nuit dans la montagne ou dans un endroit désert pour parler seul à seul à son Père. Mais cette prière sacerdotale qu’il adresse au Père en ce soir du Jeudi Saint est le résumé et la conclusion de toute sa vie.
C’est une prière de demande, certes, mais qui demande au Père l’aboutissement de son projet qui est de sauver les hommes. Jésus ne demande rien pour lui même, mais il demande la vie éternelle pour ceux qui croient en lui.
Il précise que la vie éternelle « c’est de te connaître, toi le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ».
Jésus disait : « Personne ne peut aller au Père sans passer par moi. » Il est, lui Jésus, le chemin qui nous conduit au Père et qui nous permet de connaître déjà le Père, si nous le connaissons, lui, le Fils.

C’est ce que Jésus avait voulu faire comprendre à Philippe lorsque ce dernier lui avait demandé : « Seigneur, montre-nous le Père, cela nous suffit. » Jésus lui avait répondu sur un ton de reproche : « Philippe je suis avec vous depuis si longtemps et tu me dis « montre-nous le Père ! Ne crois-tu pas que le Père est en moi et que je suis dans le Père ? Philippe qui me voit, voit aussi le Père. »

La prière du Christ nous interpelle à de nombreux niveaux. Tout d’abord elle nous rappelle qu’aucune vie chrétienne n’est possible sans la prière. Jésus disait : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Lui, bien que Fils de Dieu, nous a donné l’exemple. Il passait son temps en prière, surtout lorsqu’il devait prendre une décision importante, par exemple choisir ses apôtres ; lorsqu’il se trouvait en présence de situations difficiles ou d’évènements heureux. Le Père était constamment Celui vers lequel il se tournait pour lui parler. Et cette prière le remplissait de joie. L’on comprend la recommandation qu’il fait à ses disciples : « Priez sans cesse et ne vous lassez pas. » leur dit-il.

Cette prière donne aussi la force de rester fidèle aux commandements. C’est d’ailleurs la fidélité aux commandements qui permet de reconnaître les vrais disciples du Christ qui dit : « Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père. »
C’est cette volonté-là que les Evangélistes appellent « Les commandements ». Et tous ces commandements se résument en un seul mot qui est l ‘ « Amour. » Celui qui aime est né de Dieu, celui qui n’aime pas demeure dans la mort », dit Saint Jean.

Alors, e dimanche nous permet de nous interroger sur la conception que nous nous faisons de la prière. On comprend sans peine que la prière ne se borne pas à lire ou à répéter des mots ou des phrases, même appris par cœur. Sur ce point-là Jésus est formel. Il dit, comme nous le rapporte l’Evangéliste Matthieu au chapitre 6 : « Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. »

Jésus nous a laissé le modèle parfait de toute prière, c’est le Notre Père qui commence par souhaiter que vienne le Règne de Dieu sur la terre et que sa sainte volonté soit faite partout, sur la terre comme au ciel. Par conséquent dans notre vie de tous les jours, dans notre cœur, dans nos pensées, dans nos actes.
Il n’est pas interdit d’adresser à Dieu nos demandes, même s’il est déjà au courant de nos besoins. Mais à condition d’avoir l’humilité et la confiance de lui dire : « cependant que se fasse non pas notre volonté, mais la tienne. »
C’est encore Jésus qui nous donne l’exemple, lorsqu’au jardin des Oliviers il prie son Père pour lui dire : « Père, si c’est possible, éloigne de moi ce calice » Il ajoute immédiatement : « cependant non pas ma volonté mais la tienne. »
La vraie prière exprime la confiance que nous mettons dans le Seigneur malgré notre petitesse et nos péchés. Nous savons par Jésus-Christ que Dieu nous aime infiniment et que nous sommes son unique souci. Nous sommes pour ainsi dire dans le creux de sa main. Il ne peut pas nous oublier, il ne peut pas ne pas nous voir ou ne pas nous entendre. Demandons-lui avant toute chose le pardon de nos péchés et sa miséricorde.

La prière de ce dimanche, est celle que Jésus adresse au Père au moment où il sait que son heure est arrivée. Cette heure dont Jésus parlait souvent à ses disciples et qu’il attendait impatiemment, c’est l’heure de sa passion et de sa mort. Toute sa vie était orientée vers cette heure qui serait comme le point culminant de son amour pour son Père et pour nous. Il l’avait dit : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Et c’est au moment où cette heure est arrivée qu’il adresse au Père l’émouvante prière que nous avons lue.

Aujourd’hui, pensons que chacun de nous s’oriente aussi vers son heure, qui peut sonner à tout instant. Ayons le souci de préparer cette heure, comme Jésus, en en parlant avec le Père.
N’oublions pas non plus que la prière est un dialogue. Dans la prière, nous parlons à Dieu, mais Dieu aussi nous parle. Prenons le temps de l’écouter.
La plupart du temps, dans nos prières nous donnons l’impression que Dieu a besoin de nos conseils pour qu’il sache ce qu’il doit faire. Et c’est peut être à cause de cela que nous sommes bien souvent déçus de ne pas avoir été exaucés par Dieu.

Notre prière est trop souvent centrée sur nous mêmes et sur nos besoins immédiats alors que Dieu nous demande en permanence : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Nous sommes les gardiens les uns des autres et Dieu nous rappelle qu’il est un Père commun dont les enfants ressemblent souvent à des brebis dispersées qui errent misérablement, en proie à tous les maux, victimes de toutes sortes de prédateurs.
C’est pourquoi à la messe il est question de « Prière universelle ». Les fidèles rassemblés doivent élargir leur souci aux dimensions du monde.

Comment, en effet, ne pas nous sentir concernés par les soulèvements, les guerres, les massacres qui ont lieu en ce moment même partout dans le monde ?
Comment se désintéresser du sort de cette jeune femme de 27 ans qui vient d’accoucher dans sa prison d’une petite fille qu’elle a eu de l’homme avec lequel elle est mariée chrétiennement et dont elle a déjà un enfant de deux ans ? Elle est condamnée à être pendue, après avoir reçu 100 coups de fouet, par la justice de Khartoum au Soudan qui lui reproche d’avoir renié la religion musulmane pour adopter le christianisme. Le tribunal avait donné trois jours à cette femme pour se détourner du christianisme et choisir l’Islam si elle voulait échapper à cette condamnation. La jeune femme a préféré rester fidèle au Christ.
Comment ne pas prier pour elle en ce jour ? Mais aussi porter dans notre prière toutes celles et tous ceux qui, aujourd’hui, ont à faire comme elle des choix peut être pas aussi dramatiques, mais parfois tout autant pénibles, pour rester attachés au Christ en observant ses commandements.

La première lecture de ce dimanche était le début des Actes des Apôtres. Un récit fait par Luc, auteur de l’Evangile du même nom et qui retrace les débuts de notre église catholique. Il nous rapporte ce que les disciples firent juste après l’Ascension du Seigneur : Ils retournèrent à Jérusalem. Et dans cette ville ils montèrent à l’étage d’une maison appelée « le cénacle » qui appartenait probablement à la maman de Jean Marc, l’évangéliste. Ils étaient tous là : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote et Jude fils de Jacques. D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.

La Vierge Marie était donc là, en prière, avec eux. A quelques jours de la Pentecôte, demandons lui de rester près de nous pour nous apprendre à prier.

Ce 31 mai est le cinquantième anniversaire de la création de la paroisse de Coridon confiée à la protection de la Vierge sous le vocable de Notre-Dame du Sacré-Cœur : portons aussi cette communauté dans nos prières. Bonne fête aussi à tous ceux qui se prénomment Justin comme ce saint qui fit l’apologie du Christianisme au II° siècle et diffusa l’Evangile par les écoles et l’enseignement.

Bon dimanche et Bonne semaine à tous.

+Michel Méranville, Archevêque.

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