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        Voyage apostolique du Pape François en Arménie

Voyage apostolique du Pape François en Arménie

L’avion du Pape François a atterri ce dimanche 26 juin 2016 à 20h30 heure locale à l’aéroport de Rome Ciampino. Ainsi prend fin officiellement le 14e voyage apostolique du Saint-Père en Arménie. L’appareil, transportant la suite pontificale et les journalistes accrédités avait décollé de Erevan à 18h48 heure locale.


Lors de cette dernière journée, il a rencontré les évêques arméniens catholiques à Etchmiadzin, le palais apostolique du catholicos Karekine II, hôte du Pape durant ce séjour. François a ensuite assisté à la Divine Liturgie sur la place Saint-Trinidate d’Etchmiadzin. Au cours de cette cérémonie, il a pris la parole pour appeler l’Église apostolique à marcher « dans la paix ».

Après avoir déjeuner avec le Catholicos, les archevêques et évêques arméniens apostoliques, ainsi que les évêques arméniens catholiques, il a rencontré les délégués et les bienfaiteurs de l’Église arménienne apostolique. A cette occasion il a signé une déclaration commune avec Karekin II.

Auparavant, le Pape François avait participé à la Divine Liturgie selon le rite arménien de St Grégoire l’Illuminateur. Cette célébration très solennelle, qui a duré près de deux heures et demie a été présidée par Sa Sainteté le Catholicos Karékine II, Patriarche suprême de tous les Arméniens.

La Divine Liturgie s’est déroulée à Etchmiadzin, le « Saint-Siège » de l’Église apostolique arménienne, situé à une quinzaine de kilomètre de Yerevan, la capitale. Fait exceptionnel : elle s’est tenue en plein air, -alors que la tradition religieuse locale prévoit la célébration des cultes à l’intérieur des églises-, sur l’autel de St Tiridate, construit en 2001, à l’occasion du 1 700e anniversaire du baptême de l’Arménie, première nation chrétienne de l’Histoire.

La liturgie, entièrement chantée, s’est divisée en quatre temps : la « préparation », la Liturgie de la Parole (synaxe), le canon du Saint-Sacrifice, la dernière bénédiction et renvoi.

Peu avant le terme de la célébration, et après l’homélie du Catholicos Karékine II, le Pape s’est adressé aux fidèles rassemblés sur la place, sous un chaud soleil estival, pour une allocution centrée sur l’unité œcuménique : « Que l’Eglise Arménienne marche dans la paix et que la communion entre nous soit pleine. Qu’en chacun surgisse un fort élan vers l’unité, une unité qui ne doit être ‘ni soumission de l’un à l’autre, ni absorption, mais plutôt accueil de tous les dons que Dieu a donnés à chacun pour manifester au monde entier le grand mystère du salut réalisé par le Christ Seigneur, par l’Esprit Saint’ ». François a en outre appelé à écouter « la voix des humbles et des pauvres, de tant de victimes de la haine, qui ont souffert et sacrifié leur vie pour la foi », à tendre « l’oreille aux jeunes générations qui implorent un avenir libéré des divisions du passé », avant de demander au Catholicos Karékine II de le bénir, « ainsi que l’Eglise Catholique, et de bénir (notre) course vers la pleine unité »

Plus tôt dans la journée, au Palais apostolique d’Etchmiadzin, le Pape François a rencontré les 14 évêques de l’Eglise arménienne catholique, ainsi que les 12 prêtres présents dans le pays. La minorité catholique représente moins 8% de la population arménienne ; l’essentiel de cette communauté, estimée à 600 000 membres, vit en diaspora.

Découvrez en intégralité l’allocution du Pape François au cours de la Divine Liturgie :
« Au sommet de cette visite si désirée, et déjà pour moi inoubliable, je désire élever vers le Seigneur ma gratitude, que j’unis au grand hymne de louange et d’action de grâce qui est monté de cet Autel. Votre Sainteté, ces jours-ci, m’avez ouvert les portes de votre maison, et nous avons fait l’expérience combien « il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble » (Ps 133, 1).

Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes embrassés fraternellement, nous avons prié ensemble, nous avons partagé les dons, les espérances et les préoccupations de l’Eglise du Christ dont nous percevons à l’unisson les battements du cœur, et que nous croyons et sentons une. « Une seule espérance, […] un seul Corps et un seul Esprit […] ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul Baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous et en tous » (Ep 4, 4-6) : nous pouvons vraiment faire nôtre avec joie ces paroles de l’Apôtre Paul ! C’est justement sous le signe des saints Apôtres que nous nous sommes rencontrés.

Les saints Bartholomée et Thaddée, qui ont proclamé pour la première fois l’Evangile sur ces terres, et les saints Pierre et Paul, qui ont donné la vie pour le Seigneur à Rome, se réjouissent certainement, alors qu’ils règnent au ciel avec le Christ, de voir notre affection et notre aspiration concrète à la pleine communion. De tout cela je remercie le Seigneur, pour vous et avec vous : Park astutsò ! (Gloire à Dieu !)

Dans cette Divine Liturgie, le chant solennel du Trisagion s’est élevé vers le ciel, célébrant la sainteté de Dieu ; que la bénédiction abondante du Très Haut descende sur la terre, par l’intercession de la Mère de Dieu, des grands saints et docteurs, des martyrs, surtout des nombreux martyrs que vous avez canonisés l’année dernière en ce lieu. Que « le Fils unique qui est descendu ici » bénisse notre chemin. Que l’Esprit Saint fasse des croyants un seul cœur et une seule âme : qu’il vienne nous refonder dans l’unité. Pour cela je voudrais de nouveau l’invoquer, en faisant miennes quelques-unes des magnifiques paroles qui ont été introduites dans votre liturgie.

Viens, ô Esprit, Toi « qui avec des gémissements incessants es notre intercesseur auprès du Père miséricordieux, Toi qui gardes les saints et purifies les pécheurs » ; répand sur nous ton feu d’amour et d’unité, et « que soient défaits par ce feu les raisons de notre scandale » (Grégoire de Narek, Livre des Lamentations, 33, 5), surtout le manque d’unité entre les disciples du Christ.

Que l’Eglise Arménienne marche dans la paix et que la communion entre nous soit pleine. Qu’en chacun surgisse un fort élan vers l’unité, une unité qui ne doit être « ni soumission de l’un à l’autre, ni absorption, mais plutôt accueil de tous les dons que Dieu a donnés à chacun pour manifester au monde entier le grand mystère du salut réalisé par le Christ Seigneur, par l’Esprit Saint » (Paroles du Saint-Père lors de la Divine Liturgie, Eglise Patriarcale Saint Georges, Istambul, 30 novembre 2014).

Accueillons l’appel des saints, écoutons la voix des humbles et des pauvres, de tant de victimes de la haine, qui ont souffert et sacrifié leur vie pour la foi ; tendons l’oreille aux jeunes générations qui implorent un avenir libéré des divisions du passé. Que, de ce lieu saint, se répande de nouveau une lumière radieuse. Qu’à la lumière de la foi, qui depuis saint Grégoire, votre père selon l’Évangile, a illuminé ces terres, s’unisse la lumière de l’amour qui pardonne et réconcilie.

Comme les Apôtres au matin de Pâques qui ont couru vers le lieu de la résurrection, attirés par l’aube heureuse d’une espérance nouvelle, malgré les doutes et les incertitudes (cf. Jn 20, 3-4), de même nous aussi, en ce saint dimanche, suivons l’appel de Dieu à la pleine communion et hâtons le pas vers elle.

Et maintenant, Sainteté, au nom de Dieu, je vous demande de me bénir, de me bénir ainsi que l’Eglise Catholique, de bénir notre course vers la pleine unité.

(Avec R. V.)

Samedi 25 juin 2016

Dans la soirée, la prière pour la paix célébrée sur la Place de la République, au centre de la capitale Erevan, a été le point d’orgue de ce voyage du Pape François en Arménie. Ce rassemblement œcuménique était l’occasion pour le Saint-Père de répéter son message de paix et de remercier l’Arménie pour sa constance dans la foi chrétienne.

Le Pape s’est en effet présenté comme un pèlerin venu de Rome pour exprimer aux Arméniens son affection, et leur offrir « l’accolade fraternelle de l’Église catholique entière ». « C’est une grâce pour moi de me trouver sur ces hauteurs, où, sous le regard du mont Ararat, même le silence semble nous parler ; où les khatchkar – les croix de pierre – racontent une histoire unique, imprégnée d’une foi solide comme le roc et d’une souffrance effroyable, une histoire riche en magnifiques témoignages de l’Évangile, dont vous êtes les héritiers. »

Le Pape François a évoqué « les nombreux martyrs qui ont scellé par le sang la foi commune dans le Christ : ils sont nos étoiles au ciel, qui resplendissent sur nous et indiquent le chemin qu’il nous reste à parcourir sur la terre, vers la pleine communion ».

Évoquant l’« effroyable et folle extermination » de 1915 comme « un avertissement en tout temps, pour que le monde ne retombe plus jamais dans la spirale de pareilles horreurs », François a invité les jeunes à ne pas être des notaires du statu quo, mais des promoteurs actifs d’une culture de la rencontre et de la réconciliation. Le Pape a souhaité que soit repris « le chemin de la réconciliation entre le peuple arménien et le peuple turc, et que la paix advienne aussi au Nagorny-Karabakh ».

Juste auparavant, dans son intervention, Karékine II a longuement évoqué ce conflit, mais il a aussi remercié le Pape pour avoir reconnu le génocide arménien et pour son dévouement dans la recherche de la paix et de la réconciliation entre les nations.

Cette amitié entre les responsables des Églises catholique et apostolique a été un fil rouge de cette journée, à l’exemple de la messe à Gyumri, avec cette image étonnante du Pape de Rome et du Catholicos de tous les Arméniens ensemble sur la papamobile, sur un pied d’égalité, bénissant la foule. Le Catholicos de l’Église apostolique ont assisté à la messe catholique, comme le Pape assistera dimanche 26 juin à la Divine Liturgie présidée par le Catholicos.

Découvrez l’intégralité du discours du Saint-Père à l’occasion de cette rencontre œcuménique et de la prière pour la paix :

"Vénérable et cher Frère, Patriarche Suprême et Catholicos de tous les Arméniens,

Monsieur le Président,

Chers frères et sœurs,

La bénédiction et la paix de Dieu soient avec vous !

J’ai tant désiré visiter cette terre aimée, votre pays qui le premier a embrassé la foi chrétienne. C’est une grâce pour moi de me trouver sur ces hauteurs, où, sous le regard du mont Ararat, même le silence semble nous parler ; où les khatchkar – les croix de pierre – racontent une histoire unique, imprégnée d’une foi solide comme le roc et d’une souffrance effroyable, une histoire riche en magnifiques témoignages de l’Évangile, dont vous êtes les héritiers. Je suis venu de Rome en pèlerin pour vous rencontrer et pour vous exprimer un sentiment qui jaillit des profondeurs du cœur : c’est l’affection de votre frère, c’est l’accolade fraternelle de l’Église catholique entière, qui vous aime et qui vous est proche.

Au cours des années écoulées les visites et les rencontres entre nos Églises, toujours si cordiales et souvent mémorables, se sont, grâce à Dieu, intensifiées ; la Providence veut que, exactement le jour où l’on célèbre ici les saints Apôtres du Christ, nous soyons de nouveau ensemble pour renforcer la communion apostolique entre nous. Je suis très reconnaissant à Dieu pour l’« unité réelle et intime » entre nos Églises (cf. Jean-Paul II, Homélie à l’occasion de la célébration œcuménique, Yerevan, 26 septembre 2001 : Insegnamenti XXIV, 2 [2001], p. 466) et je vous remercie pour votre fidélité à l’Évangile, souvent héroïque, qui est un don inestimable pour tous les chrétiens. Le fait de nous retrouver n’est pas un échange d’idées, c’est un échange de dons (cf. Id., Lett. enc. Ut unum sint, n. 28) : nous recueillons ce que l’Esprit a semé en nous comme un don pour chacun (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 246). Nous partageons avec grande joie les nombreux pas d’un cheminement commun déjà très avancé, et nous regardons vraiment avec confiance vers le jour où, avec l’aide de Dieu, nous serons unis à l’autel du sacrifice du Christ, dans la plénitude de la communion eucharistique. Vers ce but tant désiré « nous sommes pèlerins, et […] nous pérégrinons ensemble. Pour cela il faut confier son cœur au compagnon de route sans [soupçons], sans méfiance » (ibid., n. 244).

Sur ce parcours nous précèdent et nous accompagnent beaucoup de témoins, en particulier les nombreux martyrs qui ont scellé par le sang la foi commune dans le Christ : ils sont nos étoiles au ciel, qui resplendissent sur nous et indiquent le chemin qu’il nous reste à parcourir sur la terre, vers la pleine communion. Parmi les Pères importants, je voudrais me référer au saint Catholicos Nersès Shnorhali. Il nourrissait un amour extraordinaire envers son peuple et envers ses traditions, et il était en même temps porté vers les autres Églises, inlassable dans la recherche de l’unité, désireux d’accomplir la volonté du Christ : que les croyants « soient un » (Jn 17, 21). L’unité n’est pas, en effet, un avantage stratégique à rechercher pour un intérêt mutuel, mais ce que Jésus nous demande et qu’il nous revient d’accomplir avec notre bonne volonté et de toutes nos forces, pour réaliser notre mission : donner au monde, avec cohérence, l’Évangile.

Pour réaliser l’unité nécessaire, selon saint Nersès, la bonne volonté d’une personne dans l’Église ne suffit pas : la prière de tous est indispensable. Il est beau d’être ici rassemblés pour prier les uns pour les autres, les uns avec les autres. Et c’est avant tout le don de la prière que je suis venu vous demander ce soir. Pour ma part, je vous assure que, en offrant le Pain et le Calice à l’autel, je ne manque pas de présenter au Seigneur l’Église d’Arménie et votre cher peuple.

Saint Nersès sentait aussi le besoin de faire grandir l’amour réciproque, car seule la charité est en mesure d’assainir la mémoire et de guérir les blessures du passé : seul l’amour efface les préjugés et permet de reconnaître que l’ouverture au frère purifie et rend meilleures les convictions personnelles. Pour ce saint Catholicos, sur le chemin vers l’unité il est essentiel d’imiter le style de l’amour du Christ, lui qui « est riche » (2 Co 8, 9) « s’est abaissé » (Ph 2, 8). À son exemple, nous sommes appelés à avoir le courage de laisser les convictions rigides et les intérêts particuliers, au nom de l’amour qui s’abaisse et se donne, au nom de l’amour humble : voilà l’huile bénie de la vie chrétienne, le précieux onguent spirituel qui guérit, fortifie et sanctifie. « Suppléons aux manquements par la charité unanime », écrivait saint Nersès (Lettere del signor Nersès Shnorhali, Catholicos degli Armeni, Venise 1873, p. 316), et même – faisait-il comprendre – avec une douceur particulière d’amour, qui adoucit la dureté des cœurs des chrétiens, eux aussi souvent repliés sur eux-mêmes et sur leurs propres intérêts. Ce ne sont pas les calculs ni les avantages, mais c’est l’amour humble et généreux qui attire la miséricorde du Père, la bénédiction du Christ et l’abondance de l’Esprit Saint. En priant et « en nous aimant intensément, d’un cœur pur, les uns les autres » (cf.1 P 1, 22), avec humilité et ouverture d’esprit, disposons-nous à recevoir le don divin de l’unité. Poursuivons notre chemin avec détermination, et même courrons vers la pleine communion entre nous !

« Je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jn 14, 27). Nous avons écouté ces paroles de l’Évangile, qui nous prédisposent à implorer de Dieu cette paix que le monde peine tant à trouver. Combien grands sont aujourd’hui les obstacles sur la voie de la paix, et que les conséquences des guerres sont tragiques ! Je pense aux populations contraintes à tout abandonner, en particulier au Moyen Orient, où beaucoup de nos frères et sœurs souffrent violence et persécution, à cause de la haine et de conflits toujours fomentés par le fléau de la prolifération et du commerce des armes, par la tentation de recourir à la force et par le manque de respect envers la personne humaine, spécialement envers les faibles, envers les pauvres et ceux qui ne demandent qu’une vie digne.

Je n’arrive pas à ne pas penser aux épreuves terribles dont votre peuple a fait l’expérience : à peine un siècle s’est-il écoulé depuis le ‘‘Grand Mal’’ qui s’est abattu sur vous ! Cette « effroyable et folle extermination » (Salut au commencement de la Sainte Messe pour les fidèles de rite arménien, 12 avril 2015), ce tragique mystère d’iniquité que votre peuple a vécu dans sa chair, demeure imprimé dans la mémoire et brûle dans le cœur. Je veux réaffirmer que vos souffrances nous appartiennent : « ce sont les blessures douloureuses infligées au Corps du Christ qui souffre » (Jean-Paul II, Lettre apostolique à l’occasion du 1700ème anniversaire du Baptême du peuple arménien : Insegnamenti XXIV, 1 [2001], p. 275) ; le rappeler n’est pas seulement opportun, c’est un devoir : qu’elles soient un avertissement en tout temps, pour que le monde ne retombe plus jamais dans la spirale de pareilles horreurs !

Je voudrais, en même temps, rappeler avec admiration comment la foi chrétienne « même lors des moments les plus tragiques de l’histoire arménienne, a été le moteur qui a marqué le début de la renaissance de ce peuple éprouvé » (ibid., p. 276). Elle est votre vraie force, qui permet de s’ouvrir à la voie mystérieuse et salvatrice de la Pâques : les blessures restées ouvertes et causées par la haine féroce et insensée, peuvent d’une certaine manière se configurer à celles du Christ ressuscité, à ces blessures qui lui ont été infligées et qu’il porte encore imprimées dans sa chair. Il les a montrées glorieuses à ses disciples le soir de Pâques (cf. Jn 20, 20) : ces terribles plaies de souffrance subie sur la croix, transfigurées par l’amour, sont devenues sources de pardon et de paix. Ainsi, même la douleur la plus grande, transformée par la puissance salvifique de la Croix, dont les Arméniens sont des hérauts et des témoins, peut devenir une semence de paix pour l’avenir.

La mémoire, imprégnée d’amour, devient en effet capable d’emprunter des sentiers nouveaux et surprenants, où les trames de haine se transforment en projets de réconciliation, où on peut espérer un avenir meilleur pour tous, où sont « heureux les artisans de paix » (Mt 5, 9). S’engager à poser les bases d’un avenir qui ne se laisse pas absorber par la force trompeuse de la vengeance fera du bien à tous ; un avenir où on ne se lasse jamais de créer les conditions pour la paix : un travail digne pour tous, le soin de ceux qui sont le plus dans le besoin et la lutte sans trêve contre la corruption, qui doit être extirpée.

Chers jeunes, cet avenir vous appartient : en tirant profit de la grande sagesse de vos personnes âgées, ayez l’ambition de devenir des constructeurs de paix : non pas des notaires du status quo, mais des promoteurs actifs d’une culture de la rencontre et de la réconciliation. Que Dieu bénisse votre avenir et vous « accorde que soit repris le chemin de la réconciliation entre le peuple arménien et le peuple turc, et que la paix advienne aussi au Nagorno Karabakh » (Message aux Arméniens, 12 avril 2015).

Dans cette optique, je voudrais enfin évoquer un autre grand témoin et artisan de la paix du Christ, saint Grégoire de Narek, que j’ai proclamé Docteur de l’Église. Il pourrait être aussi qualifié de ‘‘Docteur de la paix’’. Ainsi, il a écrit dans ce Livre extraordinaire que j’aime à considérer comme la ‘‘constitution spirituelle du peuple arménien’’ : « Souviens-Toi [Seigneur] de ceux aussi qui, parmi la race humaine, sont nos ennemis, mais pour leur faire du bien : accorde-leur pardon et miséricorde […] N’extermine pas ceux qui me mordent, mais change-les ; arrache-leur la mauvaise conduite terrestre, enracine la bonne en moi et en eux » (Livre de prières, 83, 1-2). Narek « par une connaissance profonde participe aux faiblesses de chacun » (ibid., 3, 2), il a même voulu s’identifier avec les faibles et les pécheurs de chaque époque et lieu, pour intercéder en faveur de tous (cf. ibid., 31, 3 ; 32, 1 ; 47, 2) : il s’est fait un « délégué pour offrir la prière du monde entier » (ibid., 28, 2). Sa solidarité universelle avec l’humanité est un grand message chrétien de paix, un cri plein de tristesse qui implore miséricorde pour tous. Que les Arméniens, présents dans de nombreux pays et que je voudrais d’ici embrasser fraternellement, soient des messagers de ce désir de communion, « des ambassadeurs de paix » (Jean-Paul II, Lettre apostolique à l’occasion du 1700ème anniversaire du Baptême du peuple arménien, n. 7 : Insegnamenti XXIV, 1 [2001], p. 278). Le monde entier a besoin de votre annonce, il a besoin de votre présence, il a besoin de votre plus pur témoignage. Kha’ra’rutiun amenetzun ! (Paix à vous !)."

(Avec R. V.)

Samedi 25 juin 2016

Le matin, le Pape François a célébré une messe à Gyumri, une ville d’environ 150 000 habitants au nord-ouest de l’Arménie. Le Saint-Père a ainsi pu saluer les catholiques du nord de l’Arménie et des fidèles arméniens venus de la Géorgie voisine.

Les habitants de cette ville bénéficient notamment de la présence des Missionnaires de la Charité (sœurs de Mère Teresa) et des sœurs arméniennes de l’Immaculée Conception, la seule congrégation féminine de l’Église arménienne catholique, dont le couvent accueillera le Pape François pour le déjeuner.

Le Pape François a commencé son homélie en évoquant le souvenir tragique du séisme de 1988, qui avait dévasté la ville et fait des dizaines de milliers de morts. « Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les demeures dévastées », a-t-il déclaré, en citant le Livre d’Isaïe. « En ces lieux, chers frères et sœurs, nous pouvons dire que se sont réalisées les paroles du prophète Isaïe que nous venons d’écouter. Après les terribles destructions du tremblement de terre, nous nous trouvons ici aujourd’hui pour rendre grâce à Dieu pour tout ce qui a été reconstruit. » Invitant les fidèles à se demander « ce que le Seigneur nous invite à construire aujourd’hui dans la vie », le Pape a proposé « trois fondements stables » :

Tout d’abord la « mémoire », la mémoire personnelle de notre relation avec Dieu, qui « nous a choisis, aimés, appelés et pardonnés », mais aussi « la mémoire du peuple ». « Les peuples ont en effet une mémoire, comme les personnes. Et la mémoire de votre peuple est très ancienne et précieuse. » Évoquant la beauté des chants arméniens, dans lesquels « fusionnent les gémissements et les joies » de l’histoire nationale, François a rappelé aux Arméniens que Dieu s’est souvenu de leur fidélité à l’Évangile, de la primeur de leur foi, « de tous ceux qui ont témoigné, même au prix du sang, que l’amour de Dieu vaut plus que la vie ».

Deuxième fondement : la foi, qui ne doit pas être « enfermée dans les archives de l’histoire ». Permettre à la rencontre avec la tendresse du Seigneur « d’allumer la joie dans notre cœur nous fera du bien : une joie plus grande que la tristesse, une joie qui résiste même face à la souffrance, en se transformant en paix ». Il ne faut pas avoir peur de s’engager à la suite de Dieu, car « Il nous connaît, il nous aime vraiment, et il désire libérer le cœur du poids de la crainte et de l’orgueil ».

Enfin, troisième fondement : « l’amour miséricordieux ». « C’est sur ce roc, sur le roc de l’amour reçu de Dieu et offert au prochain, que se fonde la vie du disciple de Jésus. Et c’est en vivant la charité que le visage de l’Église rajeunit et devient attrayant », notamment grâce à la fraternité entre les Églises. Répétant les paroles de Saint Jean-Paul II lors de sa venue en Arménie en 2001, François a rappelé que « l’unique concurrence possible entre les disciples du Seigneur est celle de voir qui est en mesure d’offrir l’amour le plus grand ! »

« Dieu demeure dans le cœur de celui qui aime ; Dieu habite là où on aime, surtout là où on prend soin, avec courage et compassion, des faibles et des pauvres, a martelé le Saint-Père. On en a tant besoin : on a besoin de chrétiens qui ne se laissent pas abattre par les fatigues et ne se découragent pas à cause des adversités, mais qui soient disponibles et ouverts, prêts à servir. »

Le Pape a évoqué la figure de saint Grégoire de Narek, un moine arménien qu’il a élevé l’an dernier au rang de docteur de l’Église, et qu’il a qualifié de « parole et voix de l’Arménie ». « Grégoire de Narek est un maître de vie, parce qu’il nous enseigne qu’il est avant tout important de reconnaître que nous avons besoin de miséricorde et puis, face aux misères et aux blessures que nous percevons, de ne pas nous replier sur nous-mêmes », mais de nous ouvrir avec sincérité et confiance au Seigneur « Dieu miséricordieux et proche » « ami des hommes, feu qui dévore[…] les broussailles des péchés ».

A la fin de la messe, le Pape a remercié les personnes qui, « avec beaucoup de générosité et d’amour concret, aident ceux qui se trouvent dans le besoin », Il a évoqué « l’hôpital d’Ashotsk, inauguré il y a 15 ans et connu comme l’"Hôpital du Pape" : né du cœur de Saint Jean-Paul II, il est encore une présence si importante et proche de quiconque souffre. »

Cette messe en plein air devant 20 000 personnes était un évènement exceptionnel en Arménie, dont la tradition religieuse prévoit la célébration des cultes à l’intérieur des églises, et non pas à l’extérieur. Le catholicos Karékine II a assisté à la messe, avec les évêques de l’Église apostolique. Dimanche 26 juin, ce sera l’inverse : la délégation catholique assistera à la Divine Liturgie célébrée à Etchmiadzin.

Autre signe fort d’œcuménisme : c’est ensemble que Karékine II et François ont béni la foule, en circulant en papamobile sur la place de Gyumri après la messe.

(Avec R. V.)

Vendredi 24 Juin 2016

Le Pape François a commencé son voyage en Arménie par une visite à Etchmiazdin, le « Saint-Siège » de l’Église apostolique arménienne, situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale Erevan. Il y a retrouvé le patriarche Karékine II.

Revêtu d’une simple étole arménienne, le Pape est entré dans la cathédrale accompagné par les fidèles, les prêtres et les évêques de l’Église apostolique et par , qui avait reçu le Pape à l’aéroport avec le président de la République. Karékine II avait rencontré le Pape François deux fois à Rome, lors de son intronisation en mars 2013, et lors de la messe de commémoration du martyre arménien en avril 2015.

Ce sont donc deux frères dans la foi qui se sont rencontrés cet après-midi, une fraternité qu’ils ont mise en évidence dans leurs interventions respectives.

Les titulaires des sièges de Saint-Pierre et de celui des Saints-Apôtres Thaddée et Barthélémy réunis « pour prier et demander la paix pour nos fidèles et pour le monde entier, un esprit raffermi de charité et de fraternité et une coopération fructueuse entre nous » : c’est ainsi que Karékine II a défini le sens de cette prière commune. « Alors que les crises spirituelles, politiques, économiques et humanitaires ne cessent de s’amplifier, la prière commune et la coopération des Églises sœurs (…) doivent être privilégiées afin de garantir dans le monde les bons fruits que sont le droit à la sûreté et à une existence décente. »

L’indépendance de l’Arménie a redonné son élan à l’Église apostolique. « Notre Église vit une période de réveil spirituel dans le cadre de notre État souverain », s’est réjoui Karékine II. « Elle peut aujourd’hui poursuivre au sein de notre peuple la mission que lui avait confiée le Seigneur. »

En réponse au chef de l’Église apostolique arménienne, le chef de l’Église catholique a rappelé que « la foi au Christ n’a pas été pour l’Arménie comme un vêtement que l’on peut mettre ou retirer selon les circonstances ou les convenances, mais une réalité constitutive de son identité même, un don d’une immense portée à accueillir avec joie et à garder avec application et force, au prix de la vie elle-même ».

François a retracé les différentes étapes du dialogue entre les deux Églises, notamment la Déclaration commune signée en 2001 par Jean-Paul II et Karékine II, définissant ces efforts comme « une lumière resplendissante dans une nuit obscure et un appel à vivre dans la charité et dans la compréhension mutuelle même les différences ».

Ce vendredi soir, après son passage au Palais présidentiel, le Pape va rentrer à Etchmiadzin pour une nouvelle rencontre avec Karékine II et les 45 évêques de l’Église apostolique arménienne. Le Pape dinera et dormira sur place durant tout son séjour, un signe fort d’hospitalité œcuménique. « Merci, Sainteté, de m’avoir accueilli dans votre maison, a-t-il lancé à Karékine II. Beaucoup plus que des paroles, ce signe d’amour dit, de manière éloquente, ce que signifient l’amitié et la charité fraternelle. »

Retrouvez le texte intégral du salut du Saint-Père à la cathédrale d’Etchmiazdin

« Frère vénéré,

Patriarche Suprême et Catholicos de tous les Arméniens,

Très chers frères et sœurs dans le Christ !

avec émotion j’ai franchi le seuil de ce lieu sacré, témoin de l’histoire de votre peuple, centre rayonnant de sa spiritualité ; et je considère comme un don précieux de Dieu de pouvoir m’approcher du saint Autel à partir duquel a brillé la lumière du Christ en Arménie. Je salue le Catholicos de tous les Arméniens, Sa Sainteté Karekin II, que je remercie de tout cœur pour l’heureuse invitation à venir visiter la sainte Etchmiadzin, les Archevêques et les Evêques de l’Eglise apostolique Arménienne, et je vous remercie tous pour l’accueil cordial et joyeux que vous m’avez offert. Merci, Sainteté, de m’avoir accueilli dans votre maison. Beaucoup plus que des paroles, ce signe d’amour dit, de manière éloquente, ce que signifient l’amitié et la charité fraternelle.

En cette occasion solennelle je rends grâce au Seigneur pour la lumière de la foi allumée sur votre terre, la foi qui a conféré à l’Arménie son identité particulière et qui l’a rendue messagère du Christ parmi les Nations. Le Christ est votre gloire, votre lumière, le soleil qui vous a illuminés et qui vous a donné une vie nouvelle, qui vous a accompagnés et soutenus, surtout dans les moments de plus grande épreuve. Je m’incline devant la miséricorde du Seigneur, qui a voulu que l’Arménie devienne la première Nation, depuis l’année 301, à accueillir le christianisme comme sa religion, en un temps où, dans l’empire romain, les persécutions faisaient encore rage.

La foi au Christ n’a pas été pour l’Arménie comme un vêtement que l’on peut mettre ou retirer selon les circonstances ou les convenances, mais une réalité constitutive de son identité même, un don d’une immense portée à accueillir avec joie et à garder avec application et force, au prix de la vie elle-même. Comme l’a écrit saint Jean-Paul II, « avec le “Baptême” de la communauté arménienne […] naît une identité nouvelle du peuple, qui deviendra une partie constitutive et inséparable du fait d’être Arménien. Il ne sera plus possible de penser à partir de ce moment que, parmi les composantes de cette identité, ne figure pas la foi dans le Christ en tant qu’élément constitutif essentiel » (Lett. ap. pour le 1700ème anniversaire du Baptême du peuple arménien, 2 février 2001, n. 2). Que le Seigneur vous bénisse pour ce témoignage lumineux de foi, qui montre de manière exemplaire la puissante efficacité et fécondité du Baptême reçu il y a plus de 1700 ans, avec le signe éloquent et saint du martyre, qui est resté un élément constant de l’histoire de votre peuple.

Je remercie le Seigneur aussi pour le chemin que l’Eglise Catholique et l’Eglise Apostolique Arménienne ont accompli à travers un dialogue sincère et fraternel, dans le but de parvenir au partage plénier de la Table Eucharistique. Que l’Esprit Saint nous aide à réaliser cette unité pour laquelle je prie Notre Seigneur, pour que ses disciples soient une seule chose et que le monde croie. J’aime rappeler ici l’impulsion décisive donnée à l’intensification des relations et au renforcement du dialogue entre nos deux Eglises, dans les temps récents, par leurs Saintetés Vasken I et Karekin I, par saint Jean Paul II et par Benoît XVI. Parmi les étapes particulièrement significatives de cet engagement œcuménique je rappelle la commémoration des Témoins de la foi au XXème siècle, dans le cadre du Grand Jubilé de l’année 2000 ; la remise à Votre Sainteté de la relique du Père de l’Arménie chrétienne saint Grégoire l’illuminateur pour la nouvelle cathédrale de Yerevan ; la Déclaration commune de Sa Sainteté Jean Paul II et de Votre Sainteté, signée ici dans la Sainte Etchmiadzin ; et les visites que Votre Sainteté a accomplies au Vatican à l’occasion d’importants événements et commémorations.

Le monde est malheureusement marqué par des divisions et des conflits, comme aussi par de graves formes de pauvreté matérielle et spirituelle, y compris l’exploitation des personnes, même d’ enfants et de personnes âgées ; et il attend des chrétiens un témoignage d’estime réciproque et de collaboration fraternelle, qui fasse resplendir devant toute conscience la puissance et la vérité de la résurrection du Christ. L’engagement patient et renouvelé vers la pleine unité, l’intensification des initiatives communes et la collaboration entre tous les disciples du Seigneur en vue du bien commun, sont comme une lumière resplendissante dans une nuit obscure et un appel à vivre dans la charité et dans la compréhension mutuelle même les différences. L’esprit œcuménique prend une valeur exemplaire aussi au-delà des limites visibles de la communauté ecclésiale, et représente pour tous un rappel fort à concilier les divergences par le dialogue et la valorisation de ce qui unit. De plus, il empêche l’instrumentalisation et la manipulation de la foi, parce qu’il oblige à en redécouvrir les authentiques racines, à communiquer, à défendre et à propager la vérité dans le respect de la dignité de tout être humain et d’une manière qui fait transparaître la présence de cet amour et de ce salut que l’on veut répandre. On offre de cette manière au monde - qui en a l’urgent besoin – un témoignage convaincant que le Christ est vivant et agissant, capable d’ouvrir toujours des voies nouvelles de réconciliation entre les Nations, les civilisations et les religions. On atteste et on rend crédible que Dieu est amour et miséricorde.

Chers frères, quand notre agir est inspiré et mû par la force de l’amour du Christ, la connaissance et l’estime réciproque grandissent, de meilleures conditions sont créées pour un chemin œcuménique fructueux et, en même temps, on montre à toute personne de bonne volonté et à la société tout entière une voie concrète qui peut être parcourue pour harmoniser les conflits qui déchirent la vie civile et creusent des divisions difficiles à guérir. Que Dieu Tout-Puissant, Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, par l’intercession de Marie Très Sainte, de Saint Grégoire l’Illuminateur, « colonne de lumière de la Sainte Eglise des Arméniens », et de saint Grégoire de Narek, Docteur de l’Eglise, vous bénisse tous et toute la Nation arménienne et qu’il la garde toujours dans la foi qu’elle a reçue des pères et dont elle a glorieusement témoigné au cours des siècles. »

(Avec R. V.)

Jeudi 23 Juin 2016

Le Pape François se rend en Arménie du vendredi 24 au dimanche 26 juin 2016. Ce sera le 14e voyage apostolique (hors Italie) de son pontificat, et l’Arménie sera sa 22e nation visitée.

Après l’Albanie et la Bosnie, le Pape effectue un nouveau déplacement dans les périphéries de l’Europe, dans un petit État enclavé. Mais le cadre de ce voyage est très différent : il s’agit cette fois de rendre hommage à la fidélité chrétienne d’une nation martyre, profondément ancrée dans la foi.

« Je viens sur votre terre bénie pour renforcer notre communion, avancer sur la voie de la réconciliation et nous laisser animer par l’espérance » Les mots du Saint-Père, diffusés mercredi dans un message vidéo à destination du peuple arménien, traduisent l’affection du Pape pour ce pays.

La messe pour les martyrs de l’Arménie célébrée à la basilique Saint-Pierre le 12 avril 2015, en présence des responsables de toutes les Églises d’Arménie, est restée dans les mémoires. Le Pape François, citant Jean-Paul II, avait qualifié les massacres d’Arméniens en 1915 de « premier génocide du XXe siècle », une parole qui avait rencontré un immense retentissement mondial. Lors de cette même célébration, le Pape avait élevé au rang de docteur de l’Église saint Grégoire de Narek, grande figure de la spiritualité arménienne.

François sera accueilli comme un ami. Il ne s’est jamais rendu dans ce pays mais il a connu beaucoup d’Arméniens en Argentine, considérée comme la 10e nation de la diaspora, avec environ 130 000 descendants d’Arméniens.

Le Pape marchera sur les pas de Jean-Paul II, venu en 2001, qui avait offert un hôpital à la région de Gumri, ville dévastée par un séisme quelques années plus tôt.

La fraternité entre le Vatican et l’Arménie s’enracine dans l’histoire tragique de cette nation : lors du « Medz Yeghern », le « Grand mal » de 1915, des familles arméniennes avaient été accueillies à Castel Gandolfo, sous la protection du Pape Benoît XV. François rencontrera certains de leurs descendants, qui gardent une grande reconnaissance pour l’action protectrice menée par l’Église de Rome.

Retrouvez l’intégralité du message du Saint-Père au peuple d’Arménie :

« Chers frères et sœurs,

dans quelques jours j’aurai la joie d’être parmi vous, en Arménie. Je vous invite d’ores et déjà à prier pour ce voyage apostolique. Avec l’aide de Dieu, je viens pour accomplir, comme le dit le slogan du voyage, une « visite au premier pays chrétien ». Je viens comme un pèlerin, en cette année jubilaire pour puiser à la sagesse antique de votre peuple, et m’abreuver aux sources de votre foi, solide comme vos fameuses croix sculptées dans la pierre.

Je viens vers les hauteurs mystiques de votre pays comme votre frère, animé du désir de voir vos visages, de prier avec vous et de partager le don de l’amitié. Les épisodes de l’histoire de votre peuple aimé suscitent en moi admiration et douleur. Admiration parce que vous avez trouvé dans la croix de Jésus et dans votre esprit la force de vous relever toujours, y compris de souffrances qui sont parmi les plus terribles que l’humanité a traversé, douleur pour les tragédies que vos pères ont vécu dans leur chair.

Ne permettons pas aux souvenirs douloureux de s’emparer de notre cœur, même face aux assauts répétés du mal, ne nous rendons pas. Faisons plutôt comme Noé, qui après le déluge ne s’est pas fatigué de regarder vers le ciel et de libérer plusieurs fois la colombe afin qu’elle puisse s’envoler vers lui, en portant un rameau d’olivier : c’était le signe que la vie pouvait reprendre et que l’espérance devait rejaillir.

Comme servant de l’Evangile et messager de paix, je désire venir parmi vous, pour soutenir chaque effort sur le chemin de la paix et partager nos pas sur le sentier de la réconciliation, qui génère l’espérance.

Les grands saints de votre peuple, en particulier le docteur de l’Eglise Grégoire de Narek, bénissent nos rencontres, que j’attends avec un vif désir. J’attends en particulier d’embrasser mon frère Karekin, et avec lui, donner un élan nouveau à notre chemin vers la pleine unité.

L’an dernier, vous êtes venus de divers pays à Rome, auprès de la tombe de Saint Pierre pour le prier. Aujourd’hui je viens sur votre terre bénie pour renforcer notre communion, avancer sur la voie de la réconciliation et nous laisser animer par l’espérance. »

(Avec R. V.)

Mercredi 22 Juin 2016

Lors de l’audience générale place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur l’épisode relaté par Saint Luc où Jésus rencontre un lépreux. Celui-ci tombe face contre terre et demande à être purifié : pour le saint-Père, il ne faut pas avoir peur de nous agenouiller devant le Seigneur et de demander sa grâce.

Cette audience du mercredi était la dernière avant la pause estivale. Les messes matinales à Sainte Marthe sont également suspendues. Elles reprendront le 8 septembre.

Le lépreux n’hésite pas à braver l’interdit, à rentrer en ville pour aller à la rencontre de Jésus. « Tout ce que cet homme, considéré comme impur, a dit et fait, est l’expression de sa foi » ; il reconnait le pouvoir de Jésus et que tout dépend de sa volonté. La supplique du lépreux nous montre que lorsque nous nous présentons devant Jésus, il n’est pas besoin de faire de longs discours, a encore précisé le Pape. Ce qui importe ce ne sont pas les paroles mais la confiance que l’on met en Lui. Faire confiance en la volonté de Dieu signifie nous remettre à son infinie miséricorde.

Le Pape a même fait une confidence sur sa manière de prier : « Le soir, avant de me coucher, je fais cette brève prière : "Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier !" Je prie ensuite cinq "Notre-Père", un pour chaque plaie de Jésus, parce qu’il nous a purifié avec ses plaies. Si je le fais moi, vous aussi pouvez le faire, à la maison et dire "Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier !" en pensant aux plaies de Jésus. Il nous écoute toujours ».

Dans ce passage de l’Evangile, Jésus est profondément frappé par l’homme qui vient à lui. Allant à l’encontre de la loi, il n’hésite pas à toucher le lépreux pour le guérir. Jésus nous enseigne à ne pas avoir peur de toucher la main du pauvre, de celui qui est rejeté, car celui-ci est le Corps du Christ. Ayant fait venir à ses côtés une douzaine de migrants qui assistaient à l’audience, le Pape a tenu à rappeler vigoureusement combien ceux-là souffraient de l’exclusion. « Nombreux sont ceux qui pensent qu’ils auraient dû rester sur leur terre, mais ils souffraient tellement. Ce sont nos réfugiés, mais tant les considèrent comme des exclus. S’il vous plait, ce sont nos frères ! Le chrétien n’exclue personne, il donne une place à tous, laisse venir tout le monde.

La grâce nous guérit en profondeur et nous guide sur le chemin de la sainteté, a poursuivit le Saint-Père. Elle ne recherche pas le sensationnel, mais elle modèle lentement et discrètement notre cœur sur celui de Jésus. Nous aussi, nous sommes invités à reconnaître nos misères avec sincérité et sans hypocrisie. Seul avec Jésus, sachons nous agenouiller devant lui et implorer sa miséricorde.

Dans la foule rassemblée sur la place Saint-Pierre se trouvaient aussi des motards qui ont participé à un pèlerinage de Cracovie à Rome. Cette initiative insolite a été organisée par le porte-parole des JMJ qui auront lieu fin juillet à Cracovie. Le Père Adam Parszywka dirige un groupe de volontariat missionnaire salésien nommé les jeunes pour le monde. Et parmi les pèlerins français à l’audience générale, se trouvait un groupe de personnes engagées dans la société civile, accompagnées de l’évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey.

(Avec R. V.)

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    Michel DEGLISE
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