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        Le pape François au cœur de la favela Varghina, à Rio de Janeiro

Le pape François au cœur de la favela Varghina, à Rio de Janeiro

Malgré la pluie, des centaines d’habitants enthousiastes ont accueilli le Saint-Père dans les ruelles de cette petite favela du nord de Rio.


Arrivé vers 11 heures (heure locale), e Pape a salué sans compter des dizaines de personnes, embrassé des enfants, offrant son sourire et allant au contact sans se soucier de la pluie incessante. Comme le prévoyait son programme, le Pape François est entré dans une maison de son choix pour y rencontrer en privé ses occupants durant une quinzaine de minutes, la bénir et poursuivre son périple pour arriver ensuite sur le terrain de football de ce quartier défavorisé « pacifié » par la police il y a quelques mois, mais où le trafic de drogue et la violence, selon les médias locaux, n’auraient pas complètement disparu. Rappelons que 6% de la population brésilienne, environ 11 millions de personnes vivent encore dans ces bidonvilles présents dans les grandes agglomérations du Brésil.

Le Pape, très à l’aise et appréciant visiblement l’accueil des plus chaleureux que lui réservait la population, est alors monté sur l’estrade préparée pour lui, et il s’est adressé à un public conquis par sa simplicité et sa joie. « Je frappe à la porte de cette communauté qui aujourd’hui représente tous les quartiers du Brésil ». « J’aurais voulu frapper à la porte de chaque maison, dire bonjour, demander un verre d’eau fraîche, prendre un « cafezinho », parler comme à des amis à la maison, écouter le cœur de chacun, de vous parents, vous les enfants, vous les grands-parents ». « Mais le Brésil est si grand ! » « Alors j’ai choisi de venir ici, de visiter votre ‘Communauté’ qui représente aujourd’hui tous les quartiers du Brésil. Qu’il est beau d’être accueillis avec amour, avec générosité, avec joie ! »

L’accueil des brésiliens

Le Pape François a alors souligné combien les brésiliens sont accueillants, et il a précisé : « Lorsque nous sommes généreux dans l’accueil d’une personne, je vous le dis, et que nous partageons quelque chose avec elle – un peu de nourriture, une place dans notre maison, notre temps – non seulement nous ne restons pas plus pauvres, mais nous nous enrichissons. Lorsqu’une personne qui a besoin de manger frappe à votre porte, je sais bien que vous trouvez toujours une façon de partager la nourriture ; comme dit le proverbe, on peut toujours " ajouter plus d’eau aux haricots " ! Et vous le faites avec amour, montrant que la véritable richesse n’est pas dans les choses, mais dans le cœur !  »

Pour le Pape François, pas de doute, le peuple brésilien, et « en particulier les personnes plus simples, peut offrir au monde une précieuse leçon de solidarité, une parole souvent oubliée ou tue, parce qu’elle gêne. » Le Pape a alors lancé un appel aux autorités publiques et à tous les hommes de bonne volonté engagés pour la justice sociale pour qu’ils ne cessent de travailler pour un monde plus juste et plus solidaire ! « Personne ne peut rester insensible aux inégalités qu’il y a encore dans le monde », a ajouté le Pape, invitant à lutter contre la culture de l’égoïsme, de l’individualisme qui souvent régule notre société, et à se décider à construire une culture de la solidarité qui voit dans l’autre non un concurrent ou un numéro, mais un frère.

Aucune personne ne doit être abandonnée

Le Pape François encourageait alors les efforts que la société brésilienne fait pour intégrer toutes ses composantes, même les plus souffrantes et nécessiteuses, dans la lutte contre la faim et la misère. « Aucun effort de “pacification” ne sera durable, il n’y aura ni harmonie, ni bonheur pour une société qui ignore, qui met en marge et abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même. Une telle société s’appauvrit ainsi simplement et perd même quelque chose d’essentiel pour elle-même. Rappelons-nous-le toujours : c’est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment ; tout ce qui se partage se multiplie ! La mesure de la grandeur d’une société est donnée par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux, qui n’a rien d’autre que sa pauvreté ! »

Promouvoir la famille, défendre la vie, promouvoir l’éducation et la santé

Le Pape François a souligné par ailleurs que l’Église, “avocate de la justice et défenseur des pauvres contre les inégalités sociales et économiques intolérables qui crient vers le ciel” (Document d’Aparecida, p. 395), désire collaborer à toute initiative ayant le sens du vrai développement de tout homme et de tout l’homme. Mais il rappelait « qu’il n’y a ni de véritable promotion du bien commun, ni de véritable développement de l’homme quand on ignore les piliers fondamentaux qui soutiennent une Nation, ses biens immatériels : la vie, qui est don de Dieu, valeur à préserver et à promouvoir toujours ; la famille, fondement de la vie ensemble et remède contre l’effritement social ; l’éducation intégrale, qui ne se réduit pas à une simple transmission d’informations dans le but de produire du profit ; la santé, qui doit chercher le bien-être intégral de la personne, aussi dans sa dimension spirituelle, essentielle pour l’équilibre humain et pour une saine vie en commun ; la sécurité, dans la conviction que la violence peut être vaincue seulement à partir du changement du cœur humain. »

Le Pape François s’est enfin adressé directement aux jeunes de la favela et de tout le Brésil pour les encourager à ne pas se décourager face aux laideurs du monde, mais à continuer à vouloir vaincre les maux de la société. Car, oui, « la réalité peut changer, l’homme peut changer » !

Rencontre avec les jeunes argentins

Un peu plus tard, il a rencontré à la cathédrale plus de 30000 jeunes argentins venus participer aux JMJ. Il leur a dit ce qu’il attendait d’eux et de leurs camarades du monde entier :
« Que l’on fasse du bruit, que l’on sorte dans la rue ; que l’Eglise soit dans la rue ; je veux que nous nous libérions des mondanités, du confort, du repli sur soi. Les paroisses, les collèges, les institutions doivent sortir, faute de quoi ils se transforment en une ONG. L’Eglise ne peut pas être une organisation non gouvernementale ! ».

Cérémonie d’accueil du pape François à Copacabana

Enfin, dans la soirée, le pape François a rencontré des centaines de milliers de jeunes regroupés sur la plage de Copacabana malgré la pluie et le vent pour participer à la traditionnelle « cérémonie d’accueil », un des temps forts des Journées mondiales de la jeunesse.

Brandissant les drapeaux de leurs pays, chantant, criant et applaudissant, les jeunes des 28èmes JMJ ne se sont pas laissé décourager par le mauvais temps et le froid inhabituel. L’ambiance était à la fête. Et quand la voiture découverte du Saint-Père est arrivée sur le bord de mer, l’enthousiasme était à son comble. Visiblement ravi, le pape François a embrassé des enfants, échangé sa calotte avec celle que lui tendait un jeune, adressé des gestes d’encouragements à la foule compacte à perte de vue.

Le pape a rappelé le tragique accident en Guyane française où la jeune Sophie Morinière a perdu la vie, et où d’autres jeunes ont été blessés. Il a invité l’assemblée à observer une minute de silence. Puis, il a soulevé l’enthousiasme de la foule en exprimant sa reconnaissance envers Benoît XVI qui a convoqué ces JMJ et qui –a-t-il confié – lui a promis avant son départ de les suivre à la télévision.

Dans son discours, il a ensuite exhorté les jeunes à mettre le Christ dans leur vie en affirmant : « la foi accomplit dans notre vie une révolution que nous pourrions appeler copernicienne, parce qu’elle nous enlève du centre et le rend à Dieu. » Le Saint-Père a demandé aux jeunes d’être des disciples et des missionnaires en reprenant le thème de ces JMJ. Des jeunes représentant les cinq continents ont alors pris la parole devant lui. La soirée a été animée par des chants et des danses typiques. Elle s’est terminée par le chant du Notre Père et la bénédiction en latin.

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    Michel DEGLISE
    Conseiller de l’Évêque à la Communication
    Secrétaire général de la Communication du diocèse,
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