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        La COP 21 : les Evêques de la Caraïbe et le changement climatique

La COP 21 : les Evêques de la Caraïbe et le changement climatique

Au moment où se déroulait la COP 21, il nous a semblé intéressant de porter à la connaissance des lecteurs du site diocésain la déclaration des membres de la Conférence des Évêques des Antilles, à laquelle appartient l’archidiocèse de Saint-Pierre et Fort de France. Le 11 décembre, aucun accord n’avait pu être proposé au vote des 195 pays. Le texte final, dont les dernières propositions contraignantes ont été négociées jusqu’au dernier moment, a finalement été adopté le 12 décembre dans l’après-midi.


Un accord différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant. » C’est en ces termes que le président de la COP21, Monsieur Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français, a présenté l’accord universel sur le climat qui devait être adopté par consensus, samedi 12 décembre après-midi, par les cent quatre-vingt-quinze Etats parties à la conférence. Parmi les points-clé de cet accord, la prévision de maintenir « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ».

De nombreuses ONG, comme Greenpeace ont salué dans cet accord un tournant. Ce texte relègue les énergies fossiles du « mauvais côté de l’Histoire » d’après elle. Les associations se sont réjouies que l’accord mentionne la nécessité de maintenir le réchauffement bien en deça de deux degrés, répondant ainsi aux revendications de plusieurs états insulaires.

Mais d’autres associations ne cachent pas leur déception face à un texte très technique, c’est le cas de CCFD-Terre Solidaire, présente à la COP 21 au Bourget, qui juge que l’accord final présente des points inquiétants sur plusieurs dispositions, en particulier parce qu’il occulte complètement le sort des populations face au changement climatique.

La COP21 s’était ouverte à Paris lundi 30 novembre pour un sommet que l’on peut qualifier d’historique car jamais un événement n’a réuni autant de chefs d’État sur le défi du changement climatique. Au Parc des expositions de Paris - le Bourget, plus de 150 chefs d’État ou de gouvernement étaient présents pour l’ouverture officielle de la conférence mondiale sur le climat (COP21). C’est le cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin, qui représentait le Saint-Siège pour cette ouverture de la COP21. Jusqu’au 10 décembre, plus de 190 pays vont tenter de trouver un accord international sur le climat, applicable à tous, dans l’objectif de limiter le réchauffement mondial à 2 °C d’ici 2100.

Dans son discours, il a cité le Saint-Père :

« Le Saint-Père nous encourage tous afin que la COP-21 puisse déboucher sur un accord qui allège les impacts du changement climatique, combatte la pauvreté et promeuve la dignité de l’être humain ».

Voici l’intégralité du discours du cardinal Parolin :

Au nom du Pape François, je vous adresse à tous un salut cordial, et vous transmets ses sincères encouragements à travailler avec diligence pour une heureuse issue de cette COP-21.

Jeudi dernier, 26 novembre, durant son discours au Centre de l’ONU à Nairobi, le Pape François s’est abondamment référé à la COP-21, en souhaitant qu’elle conduise à l’adoption d’un Accord global et ‘‘transformateur’’, fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, avec les trois objectifs complexes et interdépendants de réduire les impacts du changement climatique, combattre la pauvreté et promouvoir la dignité de la personne humaine. Il serait tragique, a-t-il ajouté, que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent notamment à manipuler l’information.

Un accord global et transformateur devrait asseoir ses fondements sur trois piliers.

Le premier pilier consiste en l’adoption d’une orientation éthique claire qui inspire les motivations et finalités de l’Accord à mettre en œuvre. Nous le savons bien, les personnes les plus vulnérables aux impacts du changement climatique sont les plus pauvres, mais aussi les générations futures qui en subiront les conséquences les plus graves, souvent sans en être responsables. De plus, ce phénomène ne connaît ni frontières, ni barrières politiques ou sociales qui permettraient de s’en isoler. Cela doit renforcer la conscience que nous avons d’être une seule famille humaine et la certitude qu’il n’y a pas d’espace pour ce qu’on a appelé la globalisation de l’indifférence. Face à l’urgence d’une situation qui exige la plus large collaboration possible pour l’établissement d’un plan commun, il est important que cet Accord soit axé sur la reconnaissance, autant de l’impératif éthique d’agir dans le cadre d’une solidarité globale que de la responsabilité, commune mais différenciée, de chacun selon ses capacités et sa condition.

Le second pilier concerne le fait que l’Accord devrait non seulement spécifier les modalités de sa mise en œuvre, mais aussi et surtout transmettre des signaux clairs pour orienter les comportements de tous les acteurs concernés, à commencer par les Gouvernements, mais aussi les autorités locales, le monde des entrepreneurs, la communauté scientifique et la société civile, et ce, afin d’atteindre les trois objectifs indiqués par le Saint-Père. Cela requiert de s’engager avec conviction dans la voie d’une économie à basse émission de carbone et dans celle d’un développement humain intégral. La dynamique de ce parcours dépendra de la façon dont tous les acteurs s’engageront et collaboreront dans ce domaine qui offre lui-même de nombreuses possibilités de déployer le génie humain capable de promouvoir la dignité humaine. En ce sens, les pays mieux dotés de ressources et capacités devraient donner le bon exemple en apportant des ressources aux pays ayant plus de besoins, afin de promouvoir des politiques et des programmes de développement durable. Je pense, par exemple, à la promotion des énergies renouvelables et de la dématérialisation, ainsi qu’au développement de l’efficacité énergétique ; ou bien à une gestion adéquate des forêts, du transport et des déchets ; au développement d’un modèle circulaire de l’économie ; à la mise en œuvre de programmes appropriés, durables et diversifiés de sécurité alimentaire et de lutte contre le gaspillage de nourriture ; à des stratégies de lutte contre les spéculations et contre les subsides inefficaces et parfois injustes ; au développement et au transfert de technologies appropriées. Il s’agit là de différents aspects dont la mise en œuvre efficace devrait être inspirée par le nouvel Accord.

Le troisième pilier concerne la vision de l’avenir. La COP-21 ne représente ni un aboutissement, ni un point de départ, mais une étape cruciale d’un parcours qui ne se termine certainement pas en 2015. Un Accord d’une ample perspective temporelle comme celle que nous évoquons devrait prévoir des processus de révision des engagements et de suivi transparents, efficaces et dynamiques, en mesure de rehausser progressivement le niveau d’ambition et de garantir un contrôle adéquat. En outre, il est nécessaire de prendre sérieusement en considération la mise en œuvre de modèles de production et de consommation durables, et l’adoption de comportements et styles de vie nouveaux. On touche ici aux domaines fondamentaux de l’éducation et de la formation, qui malheureusement sont parfois relégués à la marge des négociations relatives aux Accords internationaux. Les solutions techniques sont nécessaires mais resteront insuffisantes si nous n’abordons pas au fond l’éducation aux styles de vie durables et à une conscience responsable. Le style de vie actuel, avec sa culture de marginalisation, est insoutenable et ne doit pas avoir droit de cité dans nos modèles d’éducation et de développement. Il s’agit d’un « grand défi culturel, spirituel et éducatif, qui suppo­sera de longs processus de régénération » (Laudato si’, n. 202).

Le Saint-Père nous encourage tous afin que la COP-21 puisse se conclure par l’adoption d’un Accord global et transformateur qui ait une orientation éthique claire, qui transmette des signaux forts à tous les acteurs impliqués et qui adopte une vision à long terme intégrant les trois objectifs que nous avons évoqués : alléger les impacts du changement climatique, combattre la pauvreté, promouvoir la dignité de l’être humain.

Je vous remercie ! »

Le cardinal Peter Turkson lui succédera comme représentant du Vatican durant la deuxième phase de la conférence. Le président du Conseil pontifical Justice et Paix, qui avait joué un rôle important dans l’écriture de l’encyclique Laudato Si’, a d’ailleurs invité tous les catholiques à offrir leur soutien à la COP 21, en prières et en actes.

Plusieurs rassemblements ont déjà été organisés par l’Église, comme à Notre-Dame de Paris, avec Nicolas Hulot et le père Gæl Giraud, sj :

L’Église appelle les chrétiens à s’engager personnellement pour la sauvegarde de la création et les invite à un chemin de conversion vers une "sobriété heureuse" en adoptant des modes de vie plus respectueux de l’environnement.

Une célébration œcuménique , avec les chrétiens venus du monde entier, s’est déroulée à la cathédrale Notre-Dame de Paris le jeudi 3 décembre, à 19h30, en présence du Cardinal André Vingt-Trois, du patriarche Bartholoméos de Constantinople et du secrétaire général du Conseil Œcuménique des Églises, le pasteur Olav Fykse Tveit.

A la fin de cette première semaine de travail des experts, de nombreuses incertitudes pèsent encore sur les décisions finales qui seront prises au plus tard le 11 décembre. A partir du 5 décembre, les ministres auront quelques jours pour régler ces questions qui restent en suspens et ils devront trancher, en particulier, la question délicate des financements destinés aux pays en développement et surtout des pays potentiellement contributeurs.

Au cours de la deuxième semaine, le cardinal Turckson a rappelé les propositions du pape François dans Laudato Si’ et souligné que le Saint-Père priait pour un accord contraignant engageant tous les pays à lutter contre le réchauffement climatique. Le président du Conseil pontifical Justice et paix s’est par ailleurs prononcé en faveur d’une distinction des responsabilités : les nations qui ont le plus contribué aux émissions de gaz à effet de serre et qui ont bénéficié de l’industrialisation doivent maintenant aider les pays en voie de développement. Le représentant du Saint-Siège a relevé que la somme nécessaire pour développer les énergies propres d’ici 2030 représente moins de 2% du PIB mondial, et équivaut à peu près aux dépenses militaires annuelles du monde entier. En conclusion, le Saint-Siège appelle de ses vœux un accord juridiquement contraignant auquel il faut parvenir dans un esprit de dialogue authentique et constructif. L’humanité est une famille, a conclu le cardinal Turkson, nous n’avons qu’une seule maison commune et nous devons en prendre soin.

Conférence Épiscopale des Antilles

Cette prise de position claire des évêques des Antilles sur les problèmes liés au changement climatique, datant de Mai 2015, se situe dans la lignée de la doctrine sociale de l’Église et anticipe la dernière encyclique, Laudato Si’, que le pape François a publiée le 18 Juin 2015.

Déclaration sur le changement climatique

(Mai 2015)

1. Nous, Évêques de la Conférence Épiscopale des Antilles, reconnaissons l’importance d’une démarche de réflexion avec les Catholiques et toutes les personnes de bonne volonté, sur les questions qui concernent le bien commun. Une de ces questions est le changement climatique, considéré comme le « défi majeur de ce siècle » et qui a et aura de sérieux effets dans notre région [1].

2. Cette déclaration anticipe l’encyclique du Saint-Père sur l’Écologie, attendue dans l’année.

Nous voulons vous encourager à la lire et à l’étudier en groupe, en recherchant des actions concrètes nous permettant de devenir de meilleurs intendants de la création.

3. Dieu a béni l’humanité avec cette création, qui nourrit et nous maintient en vie. Tout ce que nous faisons, nous le faisons dans le monde que Dieu a fait et nous a confié (Genèse 1:27-31). Le Pape Benoît le dit de la façon suivante : “La nature est l’expression d’un dessein d’amour et de vérité. Elle nous précède et Dieu nous l’a donnée comme milieu de vie. La nature est à notre disposition non pas comme « un tas de choses répandues au hasard », mais au contraire comme un don du Créateur qui en a indiqué les lois intrinsèques afin que l’homme en tire les orientations nécessaires pour « la garder et la cultiver » (Gn 2, 15)” [2].

La vérité est que les hommes et les femmes sont appelés à être des intendants, les intendants du don de Dieu qu’est la Création, le sacrement premier de Son amour. Accepter avec gratitude la responsabilité de l’intégrité de la création est une part importante de ce que signifie être fait à l’image de Dieu. Nous avons constamment besoin que l’on nous rappelle et que nous proclamions au monde : “A l’Éternel la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent” (Ps 24:1). Nous sommes tous dans le monde non pas comme des propriétaires, mais comme des locataires et des intendants. La dimension spécifiquement chrétienne d’intendance doit inclure cette responsabilité de l’intégrité de la création, pour notre environnement”.

[1] Lettre pastorale de la Conférence Épiscopale des Antilles “Prendre soin de la terre, notre responsabilité : une invitation à la réflexion”, Mars 2005

[2] Encyclique du pape Benoît XVI : “Caritas in Veritate”, 29 juin 2009, n° 48.

4. Cependant, l’humanité a changé et continue de changer l’ordre créé, et le changement climatique est la manifestation de l’interaction humaine avec l’ordre de la nature et de son dérèglement. L’activité humaine - principalement la façon dont nous utilisons l’énergie, gérons l’industrie, cultivons la terre et utilisons les arbres - a modifié la composition de l’atmosphère, causant des changements dans la rétention par la terre de l’énergie solaire.

Ce simple changement conduit à des changements profonds et complexes comme le
changement des systèmes climatiques météorologique et le monde dans lequel nous
vivons change devant nous. Les changements de température et de pluviométrie
modifient la productivité de l’agriculture, les tempêtes deviennent plus fréquentes et plus dévastatrices, comme Katerina, Ivan, Sandy et les pluies dévastatrices qui ont frappé l’Est des Caraïbes en 2013.

Comme les glaciers et le permafrost (couche de sol gelée depuis des milliers d’années) fondent et des trous apparaissent dans les pôles, le niveau des mers monte et fait disparaître la terre. Les modèles de migration animale et de maladies changent, entraînant des résultats surprenants. Les coraux meurent et les écosystèmes sont modifiés définitivement. Les modèles météorologiques deviennent plus accentués plus chauds en certains endroits et plus froids dans les pointes de l’hiver.

5. Tout le monde est affecté mais ce sont les pauvres qui le sont le plus. Et cela parce que les pauvres sont ceux qui ont le moins de ressources leur permettant d’absorber ces événements et de s’y adapter. Ce sont eux qui sont affectés quand ils sont privés de logement par une tempête, ou quand il n’y a pas de récolte, ou quand la maladie frappe.

Conformément à l’option préférentielle de l’Évangile pour les pauvres, nous avons
systématiquement et étroitement travaillé avec les communautés les plus vulnérables et les exclus et savons ainsi exactement comment le problème du changement climatique les affecte. Notre message aux responsables politiques et à toutes les personnes de bonne volonté est enraciné dans l’expérience et la souffrance de ces communautés de pauvres.

6. La triste réalité est que ceux qui sont le plus affectés, les pauvres, sont ceux qui sont les moins responsables de cette réalité. La douzaine de petits États insulaires à travers le monde, par exemple, n’a ni taille, ni le parcours en développement qui leur auraient permis d’êtres des contributeurs majeurs au changement climatique actuel. Pourtant ces petits États insulaires sont les plus facilement dévastés par des niveaux de mers montants et des tempêtes plus fortes. Déjà, quelques villages ont disparu après des désastres, aussi bien orageux que ceux démarrant de façon lente et rampante. Nos frères et sœurs qui habitent ces endroits seront en danger, sans aucune faute de leur part.

7. Nous reconnaissons que le changement climatique représente une menace significative pour la durabilité de la vie dans les Caraïbes, telle que nous la connaissons. Nos pays sont déjà impactés par la forte pluviométrie inhabituelle, des températures plus chaudes, des niveaux montants de la mer et la perspective d’événements cycloniques plus intenses.

Bien que nous nous concentrons sur la région des Caraïbes, nous ne perdons pas de vue le fait que nous faisons partie d’une planète. Les scientifiques nous disent que la nature a été endommagée à un degré sans précédent. Le Pape Jean-Paul II a mentionné “ la crise écologique comme un problème moral “. Nous reconnaissons que beaucoup de bien est survenu sur la Terre grâce à l’intelligence légitime et responsable, la technologie et l’industrie de l’homme, sous le regard aimant et paternel de Dieu. Et pourtant, durant les récentes décennies, beaucoup de graves adversités comme le changement climatique, avec son impact dévastateur sur la nature elle-même, sur la sécurité alimentaire, la santé et les migrations, ont multiplié le nombre de personnes en souffrance dans le monde.

8. Parlant de la crise, le Pape François déclare : "Nous vivons un moment de la crise ; nous le voyons dans l’environnement, mais nous le voyons surtout dans l’homme. L’être humain est en jeu : c’est cela l’urgence de l’écologie humaine ! Et le danger est sérieux parce que la cause du problème n’est pas superficielle, mais profonde : ce n’est pas juste une question d’économie, mais d’éthique et d’anthropologie. L’Église a souligné cela à plusieurs reprises ; et beaucoup disent : oui, c’est juste, c’est vrai mais le système continue comme auparavant, parce que ce qui domine, c’est la dynamique de l’économie et un manque d’éthique financière. Donc, les hommes et des femmes sont sacrifiés aux idoles du profit et de la consommation : c’est “la culture du déchet”, la culture du jetable."

9. L’action et la réflexion présentes de l’Église sur le changement climatique veulent vous préparer à comprendre la signification de l’importante 21e Session de la Conférence des Parties (COP21) à la Convention-cadre des Nations unies sur le Changement climatique (CCNUCC), qui doit se tenir en décembre 2015, à Paris, France. Nous voulons prendre part aux débats internationaux et nous joindre aux efforts du Saint-Père et des responsables mondiaux, au moment où ils travaillent à la signature d’un nouvel et nécessaire accord climatique. Cette crise est en premier lieu une crise morale. Ses implications affecteront les générations futures. Nous devons à nous-mêmes et à ceux qui viendront après nous d’agir maintenant.

Nous avons une responsabilité de nous instruire, de choisir en toute conscience de vivre de façon responsable à l’égard de l’environnement et de l’intérêt commun. Nous notons avec satisfaction, qu’à notre époque, les États, les confessions religieuses, les groupes de la société civile et les individus à tous les niveaux, reconnaissent de plus en plus les préoccupations aussi bien environnementales qu’éthiques, de cette question. Nous souhaitons que des décisions concrètes soient prises à la COP21, pour surmonter le défi climatique et nous mettre sur de nouveaux chemins d’un développement durable.

10. Nous, Évêques, faisons appel à tous pour :

i. Prendre en compte les dimensions éthiques et morales du changement climatique :
L’action climatique doit être motivée non seulement par des préoccupations techniques et économiques, mais aussi en conformité avec la justice sociale et à une responsabilité commune, comme cela est indiqué dans l’article 3 de la CCNUCC et souligné dans les enseignements sociaux de l’Église catholique.

ii. Adopter un accord global juste et juridiquement contraignant : Le succès de la COP21 marquera un point critique dans notre réponse globale au changement climatique. Nous devons agir maintenant pour la défense des droits universels de l’homme, afin de sauvegarder la planète, pour cette génération et ceux qui viendront.

iii. Limiter l’accroissement global de la température au-dessous de 1,5 degré Celsius
Chaque effort doit être fait pour limiter le réchauffement à ses niveaux pré-industriels, afin de protéger les communautés situées en première ligne et souffrant des effets du changement climatique, en particulier sur les îles à haut risque et chez les communautés côtières comme les nôtres dans les Caraïbes.

iv. Promouvoir une énergie durable pour tous : élaborer de nouveaux modèles de
développement et des styles de vie qui soient à la fois compatibles avec le climat et sortent les populations de la pauvreté. Cette question implique une réduction significative des émissions des combustibles fossiles et la promotion des énergies renouvelables avec un accès de tous aux énergies durables. Ceci demande de sérieux efforts pour diversifier nos économies.

v. Financer les besoins d’adaptation des plus vulnérables : L’accord de Paris de 2015 doit proposer une approche adaptative qui réponde adéquatement aux besoins immédiats des communautés les plus vulnérables et des pays en voie de développement. Ceci devrait permettre qu’une quantité significative de fonds publics serve à faire face aux besoins d’adaptation liés au changement climatique et qu’elle soit fondée sur des solutions alternatives locales.

vi. Soutenir la réduction des pertes et des dommages : Les besoins d’adaptation des plus vulnérables dépendent du succès des mesures de réduction qui seront prises. Ceux responsables du changement climatique ont aussi le devoir de s’engager à aider les plus vulnérables à adapter et gérer les pertes et les dégâts et à partager la technologie et le savoir-faire nécessaires.

vii. Adopter des feuilles de route pour le financement climatique : Il doit y avoir des directives claires sur la façon dont les pays, particulièrement les plus pauvres, les moins développés et les plus vulnérables, pourront respecter les obligations financières supplémentaires prévisibles et établir des méthodes comptables solides et transparentes.

11. Notre Engagement

Nous Évêques voulons accompagner le processus politique et rechercher le dialogue pour apporter les voix des pauvres et des plus vulnérables à la table de décideurs ; nous sommes convaincus que chacun a la capacité de contribuer à surmonter le changement climatique et à opter pour des modes de vie durables. Nous nous engageons à agir sur le plan climatique dans nos propres communautés à travers :
- un processus de formation de nos populations sur les causes et les effets possibles du changement climatique sur nos communautés vulnérables.
- des programmes pour former les citoyens à la réduction de notre consommation d’énergie et d’eau.
- la collaboration entre les gouvernements, les entreprises et la société civile pour inscrire le changement climatique dans les agendas nationaux.

Nous, Évêques, faisons appel à tous les catholiques et aux personnes de bonne volonté pour s’engager sur la route conduisant à un accord climatique global à Paris 2015, qui soit un point de départ pour une nouvelle vie en harmonie avec la Création, dans le respect des limites de la planète.

Évêques signataires de cette déclaration :

a) Archidiocèse de Nassau, Bahamas
b) Diocèse d’Hamilton, Bermudes
c) Archidiocèse de Kingston, Jamaïque
d) Diocèse de Montego Bay, Jamaïque
e) Diocèse de Mandeville, Jamaïque
f) Diocèse de Belize et Belmopan, Belize
g) Missio Sui Juris – Îles Caïman
h) Archidiocèse de Castries, Sainte Lucie
I) Diocèse de Roseau, Dominique
j) Diocèse de Saint George’s, Grenade
k) Diocèse de Saint John’s-Basseterre, Antigua et Barbuda
l) Archidiocèse de Saint Pierre et Fort-de-France, Martinique
m) Diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
n) Diocèse de Cayenne, Guyane française
o) Archidiocèse de Port of Spain, Trinidad et Tobago
p) Diocèse de Georgetown, Guyana
q) Diocèse de Bridgetown, Barbades
r) Diocèse de Kingstown, St Vincent et Grenadines
s) Diocèse de Paramaribo, Suriname
t) Diocèse de Willemstad, Curacao

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