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"Marie-Madeleine, Itinéraire spirituel d’une femme libérée", par Mgr David Macaire

Fête de Sainte Marie-Madeleine : 22 Juillet

Marie-Madeleine pleure devant le tombeau vide. C’est Jésus lui-même qui vient la consoler en l’appelant par son nom et en l’envoyant porter la bonne nouvelle de sa résurrection à ses frères. Mgr David Macaire a souhaité décrire dans un petit livre* le chemin moderne de la rencontre avec Dieu, Père Miséricordieux, que nous pouvons tous emprunter à la suite de « cette amie de Jésus qui a traversé toutes les séductions du monde pour embrasser Celui que son Cœur aime ».


Ancien prieur du Couvent dominicain de la Sainte Baume et ancien recteur du sanctuaire qui y est dédié à Sainte Marie-Madeleine, depuis 2011, Frère David Macaire devenu, depuis le 7 mars 2015, archevêque de Saint Pierre et Fort de France, a découvert en sainte Marie-Madeleine « un antidote aux maux de notre époque ». Avec l’aimable autorisation de l’éditeur, nous vous proposons d’en découvrir deux extraits.

Premier extrait : « La Prédication de Marie-Madeleine

L’Église voit en Marie-Madeleine « l’apôtre des apôtres », la tradition l’imagine comme catéchiste des marins de Marseille, et elle devient au moyen-âge la patronne de votre Ordre, celui des Prêcheur. Vous la considérez comme l’évangélisatrice des pèlerins de la Sainte-Baume … Expliquez-nous ce charisme de prédicatrice.

Il s’explique par cet ordre de Jésus : « Va dire à mes frères : le Christ est ressuscité ! »
La joyeuse annonce pascale a renversé le cours de l’humanité. Marie-Madeleine fut la première à détenir et transmettre la Bonne Nouvelle. Sur ses lèvres, pour la première fois, fut proclamé devant les apôtres le message initial sur lequel repose notre foi : « Jésus est ressuscité ! Il était mort et le voici vivant ! Je l’ai vu et entendu dans le jardin, près du tombeau vide ! Il m’a demandé pourquoi je pleurais. Comme je ne le reconnaissais pas, il m’a dit : « MARIE ! » Je lui ai répondu : « RABBOUNI ! »
J’ai voulu l’embrasser … mais il est remonté vers le Père ! Il m’a envoyée vous dire qu’il vous précède en Galilée ! » On imagine la scène : la perplexité des apôtres devant l’excitation de Marie, partie vers le tombeau avec quelques aromates, au petit matin, le visage rempli de larmes de tristesse, et revenue quelques minutes plus tard, pour annoncer l’incroyable nouvelle avec des larmes de joie.

Jusqu’à la fin des temps, et même au-delà, la gloire de cette femme sera complète, elle qui a beaucoup aimé, elle qui a posé l’acte prophétique de l’onction avant la Pâque est aussi celle qui, en premier, a annoncé la résurrection de Jésus. Tout homme lui est redevable, tout chrétien l’admire. Quelques heures avant que les apôtres ne fassent eux-mêmes la rencontre du Ressuscité, l’évangile a été déposé dans ses mains, ou plutôt dans son cœur. Elle a porté, toute seule, l’annonce qui nous fait vivre.

La résurrection de Jésus dans la chair, dans notre chair humaine, est le principe et la source de toute joie et de tout amour en ce monde ! Merveille plus grande encore que l’œuvre de la Création, la résurrection de Jésus éclaire la dignité de toute personne, elle illumine la beauté et la grandeur de tout amour. Elle est le sommet de l’histoire de toute l’humanité mais aussi le sommet de années liturgiques, bâties autour de Pâques, elle est le sommet de chacune de nos semaines qui commence par le dimanche, de chacun de nos jours grâce à l’eucharistie, de chaque instant de nos vies par les sacrifices spirituels.

« Le Christ est ressuscité ! » Tous les hommes doivent le savoir, toutes les générations doivent l’entendre. C’est une question de vie ou de mort, où se joue la dignité de l’homme et le sens de sa vie … C’est pourquoi nous sommes des prophètes. C’est pourquoi le Christ fait de nous des apôtres : pour que, comme Marie-Madeleine, nous ayons le bonheur et l’honneur de faire naître la vie éternelle dans le cœur de ceux qui sont descendus dans les ténèbres de la mort. Pour partager cette vie nouvelle, il suffit d’annoncer que « le Christ est ressuscité ! ».

Second extrait « La Tradition de Provence

« Comment arrive-t-on à la Sainte-Baume en Provence, 2000 ans après ?

Les Actes des Apôtres nous racontent comment la famille et les amis de Jésus ont été persécutés. Avec un frère revenu à la vie aux yeux de tous, et une sœur témoin direct de la Résurrection, la famille de Béthanie fut particulièrement poursuivie par les ennemis de l’Évangile. Comme l’indique la fin du récit de l’onction de Béthanie : « on cherchait à tuer Lazare » (Jn 12, 10).

En ce qui concerne l’arrivée en Provence, nous n’avons aucun texte de l’époque. Alors, suivons la tradition provençale : les persécuteurs auraient embarqué Marie-Madeleine, sa sœur Marthe, son frère Lazare, Marie-Jacobé, Marie-Salomé, Maximin (un romain converti) et la servante Sarah (ajoutée par la tradition gitane) sur une barque sans rames ni voile, et poussée sur la Méditerranée au gré des flots. La barque serait miraculeusement arrivée , non loin d’Arles, à l’embouchure du Rhône. Nous serions en l’an 42 de notre ère. Dix années se sont écoulées depuis la Passion de Jésus.

Marie-Salomé et Marie-Jacobé restent dans le petit port qui deviendra ensuite, en leur honneur, les Saintes-Marie-de-la-Mer. Maximin va évangéliser la région romaine d’Aix-en-Provence. Marthe part combattre le Tarasque (un animal mythique qui représente, sur le modèle des crues du fleuve, les forces qui nous submergent, le péché) dans les villes du Rhône. Passionnée et convaincante, Marie-Madeleine va évangéliser Marseille avec son frère Lazare, vénéré aujourd’hui encore comme l’évêque fondateur de la ville. Ils s’adressent aux marins et aux pauvres.

La sainte, après quelques persécutions, décide de se retirer dans une grotte (une baume) sur un massif à l’Est de Marseille où une forêt mystérieuse rehausse la dimension mystique de l’ensemble. Elle va vivre là une trentaine d’années dans le recueillement et la pénitence, inondée sans cesse de la joie d’être sauvée et aimée. Là sera sa véritable vie de chrétienne, ayant tout abandonné pour suivre Jésus et n’être qu’à Lui. Dans le dénuement matériel d’une existence ascétique, dédiée à la contemplation et à la prière, Marie-Madeleine devient la sainte que nous révérons encore vingt siècles après son dernier soupir terrestre. Celle qui illustre à jamais la vanité des choses de ce monde comparées à celles du siècle.

Cette tradition pieuse n’est pas incompatible avec les données de l’archéologie et de l’histoire. Elle a reçu surtout le relais d’un des livres les plus diffusés à la fin du moyen-âge : la Légende dorée du bienheureux Jacques de Voragine, un dominicain. Jacques de Voragine n’est pas un illuminé, ni un zozo. Il fut Maître général de l’Ordre, puis archevêque de Gênes, l’un des plus grands diocèses du monde à l’époque. L’influence de sa collection de vies de saints est immense, jusqu’au dix-neuvème siècle. La Nana d’Émile Zola, femme légère, est une lectrice émerveillée de la Légende dorée … Quoi qu’il en soit, ces récits mythiques soutiennent la mémoire vive de la pécheresse délivrée des sept démons. La Provence est fière d’être gardienne des reliques et des souvenirs de celle dont la conversion racheta (avec quel panache !) la faute d’Eve. »

En savoir +

*« Marie-Madeleine, Itinéraire d’une femme libérée », aux éditions La Licorne, 2014, 116 p

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