Eglise catholique de Martinique
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Pâque le passage

Le mot Pâque s’écrit de deux manières : au singulier sans « s », il désigne la fête fondatrice de la religion juive.
Quand il est écrit au pluriel avec « s », il s’agit de la Fête des Fêtes pour les chrétiens, qui célèbrent la Résurrection de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu fait homme.


Qu’on l’écrive « Pâque » ou « Pâques » cette fête a la connotation de passage, de libération, de salut. Elle exprime la volonté de Dieu de faire l’homme passer de l’enfermement du mal à la vraie liberté des enfants de Dieu.
Cela se comprend d’autant mieux lorsque l’on garde en mémoire que le mot Pâque tire son origine de l’hébreu pesha qui signifie passage.

Le Livre de l’Exode rapporte au chapitre 12, comment Dieu, ému par les souffrances de son peuple asservi, décida de passer lui-même au milieu de lui pour le faire sortir de la servitude du pays d’Égypte et le conduire vers la terre de liberté, en lui faisant passer la mer à pied sec. Événement dont il fit pour le peuple un mémorial et un rituel immuable : celui de la Pâque du Seigneur.

C’est à l’occasion de la célébration de la Pâque juive que Jésus de Nazareth est passé de la mort à la vie. Sa résurrection devenant pour les chrétiens la fête fondatrice de leur foi, leur donnant l’envie et la grâce de sortir de l’enfermement du péché pour vivre une vie nouvelle avec le Christ.

Les chrétiens de jadis avaient bien compris cela quand ils décidaient de faire leurs Pâques.
Faire ses Pâques, c’était autrefois, d’abord obéir à la loi de l’Église qui demandait à ses fidèles de se confesser et de communier au moins une fois l’an.

Ensuite, c’était pour les adultes, s’acquitter du Denier de l’Église en mettant à jour la carte du Denier du Culte que l’on devait présenter pour accomplir toute démarche religieuse. Les jours de célébration pénitentielle voyaient des files interminables de fidèles attendant leur tour de confession. Les chrétiens tenaient à faire leurs Pâques pour être en règle avec leur Église.

Sans vouloir absolument faire l’apologie du passé : « faire ses Pâques » avait du bon, même si les « pascalisants » (comme on les appelait) ne devaient revenir à l’Église que l’année suivante. Faire ses Pâques, c’était malgré tout un moment de vérité qui se traduisait par l’acceptation de se laisser regarder par le Christ et faire avec lui le point de sa vie à la lumière de la Parole de Dieu et des commandements.

Faire ses Pâques, c’était pouvoir communier après avoir reçu le sacrement de la pénitence qui réconcilie avec les autres, avec Dieu et avec soi-même et donne la force de se libérer de la mort du péché.

Avec le temps, les habitudes aussi ont changé. Mais le désir de renaître à Pâques avec le Christ est encore prégnant chez de nombreux chrétiens. La Résurrection du Seigneur Jésus n’est pas un souvenir du passé. C’est une réalité qui se vit au présent, avec la certitude que si le Christ est avec nous jusqu’à la fin des temps, c’est bien pour nous permettre de faire avec lui le pas qui nous libère de tout ce qui nous enfermait dans le mal et dans la mort.

Pâques, c’est le Seigneur qui passe et soulève la pierre tombale qui recouvre ce Monde où le paraître est devenu plus important que l’être, dans lequel la sécurité réside dans l’argent et le pouvoir, et pour lequel l’horizon ne va pas au-delà de la satisfaction immédiate des désirs et des besoins. Le Ressuscité fait passer ceux qui croient en lui, de l’esclavage des idoles à la liberté des enfants de Dieu.

Dans ce monde qui fabrique des zombis qui n’ont plus d’existence personnelle, conditionnés qu’ils sont par la mode, la publicité et la dictature des médias ; dans ce monde de bruits et de fureur, monde de violence, d’égoïsme, de haine et de mort, le Seigneur vient renouveler l’Exode, Il est le Dieu qui s’est incarné pour rejoindre les hommes de bonne volonté et les faire sortir de la captivité du mal pour construire avec lui un monde nouveau.

Pâques, c’est le Passage du Fils de Dieu dans la nuit de nos peurs, de nos lâchetés et de nos égoïsmes, pour nous faire passer du repli sur nous-mêmes à l’ouverture généreuse envers les autres et nous permettre d’expérimenter qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

En somme, Pâques c’est Dieu avec nous pour nous faire passer d’une manière de vivre purement humaine à une autre manière de vivre qui est la sienne.
Que la Pâque chrétienne qui nous a fait naître à la vie du Christ par notre baptême, fasse de nous de vrais enfants de Dieu, soucieux de témoigner par leurs paroles et leurs actes, l’amour reçu de Notre Père.

Que la Pâque nous permette de faire le « passage » que le Christ attend de chacun qu’il fasse pour se libérer de tout enfermement afin d’être en communion « vraiment » avec lui et avec les autres.

Bonnes et Saintes Fêtes de Pâques à tous.

+Michel Méranville, Archevêque

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