Eglise catholique de Martinique
http://martinique.catholique.fr/pourquoi-dors-tu-seigneur

Pourquoi dors-tu Seigneur ?


« Réveille-toi, pourquoi dors-tu Seigneur ? Tu nous exposes à la moquerie et au rire de notre entourage et devant nous les peuples haussent les épaules. »

Cette lamentation du psaume 44 pourrait bien être celle de notre Eglise en Martinique, à la suite de la bévue inadmissible de quatre de ses prêtres.
Ces derniers, voyant approcher le moment où la renonciation de l’actuel archevêque deviendrait effective, avaient voulu barrer la route à l’un des prêtres qu’ils supposaient pressenti par Rome pour lui succéder.

Ces prêtres avaient remis alors le dossier qu’ils destinaient au Pape et au Nonce apostolique, à un illuminé du pays prétendant depuis des années, purifier l’Eglise Catholique locale, en distribuant à la ronde force courriers diffamatoires contre son évêque et son clergé.

Les médias furent les premiers destinataires de ces courriers signés par ces quatre prêtres, avec les témoignages de deux jeunes hommes aspirant à devenir séminaristes et celui d’un pseudo « jeune prêtre » se camouflant dans l’anonymat par crainte de représailles tout en clamant « qu’il faut aimer le Christ jusqu’à donner son sang pour lui ! »

Les auteurs du dossier avaient vilipendé leur victime, en l’occurrence le père Jean-Max Renard, actuel vicaire général : lui reprochant de nombreux défauts et surtout, essayant par des allégations mensongères, de jeter le doute sur son comportement avec les séminaristes, suggérant des tendances immorales de sa part.

Dans son journal de 19 heures, « Martinique Première » avait donné la priorité à ce qu’elle appelait « l’affaire Renard » et son présentateur avait ajouté l’information mensongère selon laquelle la candidature du père Renard avait été écartée aussitôt par Rome qui interdisait la présence du père dans le Diocèse.

Le père en question se trouvait alors momentanément à Paris, pour une session de formation des personnels d’officialité à l’Institut Catholique de Paris. Quant à sa candidature, elle ne pouvait être « écartée » pour la bonne raison qu’elle n’avait jamais existé, étant donné qu’il n’y a jamais de dépôt de candidature à la fonction d’évêque.

Néanmoins la médiatisation du « scandale » eut un fort impact sur la population. On vit de nombreux chrétiens en larmes et d’autres, indignés de découvrir que des prêtres pouvaient se livrer à de si basses manœuvres afin de discréditer l’un des leurs, à des fins partisanes.
Ces prêtres prétendant avoir agi pour le bien de notre Eglise locale n’avaient pas réalisé que la fin ne justifie pas tous les moyens et que le mal ne fait jamais le bien.

Certes nous pouvons nous lamenter avec le psaume 44. Cependant ce n’est pas Dieu qui nous expose aujourd’hui aux railleries de nos ennemis.
Nous n’avons pas besoin non plus de réveiller Dieu, car il ne dort jamais. Ce sont plutôt nous, les croyants, qui avons besoin de nous réveiller.
« Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation », disait Jésus « car l’esprit est prompt mais la chair est faible. »

Le péché par définition, consiste à vouloir substituer sa propre volonté à celle de Dieu. C’est toujours la tentation des hommes d’obtenir par eux-mêmes ce qu’ils ne demandent même plus à Dieu. La prière devient alors un acte dont on attend une efficacité magique : elle n’est plus le dialogue humble, fait de contemplation et d’écoute de la parole, dans lequel l’orant dit : « Parle Seigneur ton serviteur écoute. »

Malgré tout, ne jetons pas la pierre à nos prêtres. Ils ont sans doute été contaminés par cet esprit de sécularisation qui enferme Dieu à double tour à la sacristie pour permettre à chacun de faire de son choix personnel le seul critère du bien et du mal.

Je suis cependant convaincu que les prêtres prennent conscience amèrement maintenant, du mal qu’ils ont fait à notre Eglise en Martinique et qu’ils cherchent comment réparer ce mal et par quelle démarche en demander pardon à notre Eglise.

A quelques jours de l’ouverture du Carême, qu’ils nous donnent le bon exemple en revenant vraiment à Celui qui est le chemin, la vérité et la vie ; qu’ils nous entraînent avec eux à sa suite et nous rendent attentifs à la question qu’il adresse à chacun et à chacune d’entre nous :
« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel se dénature avec quoi va-t-on lui redonner sa saveur ? » Il attend notre réponse.

Croyons avec Lui que ce qui est impossible à l’homme ne l’est pas à Dieu.

+Michel Méranville

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Edito

Radio Saint Louis en direct

Ma paroisse en un clic


Radio Saint-Louis

Dans l'Eglise

Nouvelles du Vatican

Eglise de France

Dieu m'est témoin

Saint(s) du jour

Lectures du jour