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        Fin du voyage du Pape François en Afrique

Fin du voyage du Pape François en Afrique

Le Saint-Père est rentré au Vatican après son voyage d’une semaine en Afrique. « Que Dieu bénisse l’Afrique » : tel est le message diffusé ce 1er décembre sur son compte Twitter, "Pontifex", au lendemain de ce voyage.
Dans l’avion qui le ramenait à Rome, le Pape François a répondu aux questions des journalistes qui l’ont accompagné dans son 11ème voyage apostolique. Il est revenu sur les grands sujets d’actualité du moment : la COP 21, les fondamentalismes religieux, les affaires de corruption, ou encore sur ses futurs voyages.


- Alors que s’est ouverte à Paris la COP 21, la conférence mondiale sur le climat, le Pape François a exprimé son inquiétude. « Je n’en suis pas sûr (du résultat de la COP21), mais ce que je peux dire, c’est que c’est maintenant ou jamais », a-t-il déclaré.

Depuis la conférence de Kyoto en 1997, « peu a été accompli ... chaque année, les problèmes sont plus graves », alors qu’il peut sembler, « pour employer une parole forte, que nous soyons au bord du suicide ». Cependant, « la quasi-totalité de ceux qui sont à Paris veulent faire quelque chose. J’ai confiance qu’ils le feront, ils ont de la bonne volonté et je prie pour cela ».

Des propos en continuité avec ceux tenus dans son encyclique Laudato Si’, parue en juin dernier. Au fil de nombreuses interventions cette année, il a réclamé à plusieurs reprises que la COP21 aboutisse à un accord contraignant dans lequel les pays les plus riches aideront financièrement et techniquement les plus pauvres à accomplir cette révolution écologique. Le Saint-Siège était représenté à l’ouverture de la COP21 par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, qui avait quitté la délégation pontificale en Afrique pour rejoindre Paris.

- Le Pape François s’est encore dit « bouleversé » par la pauvreté de nombreuses personnes rencontrées en Afrique, et il a une nouvelle fois dénoncé les ravages de l’idolâtrie de l’argent : « Hier je suis allé à l’hôpital pédiatrique, l’unique de Bangui et du pays. En thérapie intensive, ils n’ont pas d’oxygène, il y tellement d’enfants en malnutrition. La docteur m’a dit : pour la plupart d’entre eux, ils vont mourir parce qu’ils ont la malaria et sont mal nourris. »

Et, il a précisé : « L’idôlatrie, c’est quand un homme ou une femme perd sa carte d’identité, c’est-à-dire le fait d’être enfant de Dieu, et préfère se chercher un Dieu à sa mesure. Si l’humanité ne change pas, la misère, les tragédies, les guerres, les enfants qui meurent de faim, l’injustice, tout cela continuera. »

- Le Pape a ensuite reconnu qu’il serait difficile pour lui de revenir en Afrique. « Moi, je suis vieux, et les voyages sont pesants ! » Mais il garde de grands souvenirs de son premier voyage en Afrique. « Cette foule, cette joie, cette capacité de faire la fête, même avec le ventre vide. Chaque pays a son identité : le Kenya est un peu plus moderne et développé. L’Ouganda a l’identité de ses martyrs ; le peuple ougandais, que ce soit les catholiques ou les anglicans, vénère ses martyrs. La République centrafricaine a une volonté de paix, de réconciliation, de paix (…) Aujourd’hui, je suis allé à la mosquée, j’ai prié à la mosquée ; l’imam est monté sur la papamobile pour faire un petit tour parmi les réfugiés. »

« Maintenant, ils vont faire les élections, ils ont choisi une présidente de transition : il n’y a aucune haine », a insisté le Saint-Père. Il a toutefois évoqué rapidement l’action des milices anti-balaka, en évoquant « un petit groupe très violent, chrétien, je crois, ou qui se dit chrétien. »

Il a aussi évoqué plus globalement la pauvreté de l’Afrique, « exploitée par les grandes puissances », et a refusé toute argumentation sur la licéité ou non du port du préservatif pour lutter contre le Sida : « Je n’aime pas descendre dans des réflexions casuistiques quand les gens meurent de faim ou du manque d’eau », a lancé le Pape François.

- Questionné sur le procès au Vatican de cinq personnes, dont deux journalistes, poursuivis pour les fuites de documents dans l’affaire dite "Vatileaks 2", le Pape François a réfuté toute idée d’atteinte à la liberté de la presse. « La dénonciation des injustices et de la corruption est un beau travail. La presse professionnelle doit tout dire, mais sans tomber dans les trois péchés les plus communs : la désinformation, c’est-à-dire, dire seulement la moitié de la vérité et non pas l’autre moitié ; la calomnie, quand la presse non professionnelle salit les personnes, et la diffamation, qui revient à dire des choses qui abiment la réputation d’une personne. Ce sont les trois défauts qui portent atteinte au professionnalisme de la presse. Un vrai journaliste, s’il se trompe, doit s’excuser. »

Il a aussi précisé qu’il aurait voulu que le procès puisse se tenir avant le Jubilé, mais qu’il fallait laisser le temps aux prévenus de préparer leur défense.

Concernant la corruption au Vatican, François a rappelé que « le cardinal Ratzinger avait déjà parlé de la "saleté de l’Église" », notamment lors du Vendredi Saint 2005, une semaine avant la mort de Jean-Paul II. « Nous l’avons élu pour cette liberté de dire les choses », a-t-il affirmé, faisant allusion au conclave de 2005. « Je remercie Dieu qu’il n’y ait plus Lucrèce Borgia. Mais nous devons continuer, avec les cardinaux et les commissions, cette œuvre de nettoyage. »

- Interrogé sur les attentats récents qui ont marqué l’actualité, notamment à Paris, le Pape a réfuté toute idée d’un lien consubstantiel entre l’islam et la violence : « Nous sommes tous enfants de Dieu ; nous avons le même Père. Et il y a des fondamentalistes dans toutes les religions. Nous les catholiques, nous en avons quelques-uns, beaucoup, qui croient avoir la vérité absolue et agissent en salissant les autres avec la calomnie, la diffamation, et font du mal. Je le dis parce que c’est mon Église (…). Le fondamentalisme qui finit en tragédie est une chose mauvaise, mais advient dans toutes les religions ».

Il a par ailleurs précisé que l’histoire du christianisme n’était pas exempte de violence. « Le sac de Rome (par les troupes de Charles Quint en 1527, ndlr) , ce n’est pas les musulmans qui l’ont fait. »

- Enfin,il a confirmé que son prochain voyage serait pour le Mexique, à une date encore non fixée définitivement. Il ira visiter le sanctuaire de Guadalupe, à Mexico, mais il compte aussi se rendre dans trois ou quatre villes qu’aucun Pape n’a jamais visité. Il ira probablement au Chiapas, à Morelia, et à Ciudad Juarez, sur la frontière avec les États-Unis. Par ailleurs, il a annoncé qu’il était invité à revenir à Aparecida au Brésil en 2017, ville déjà visitée en marge des JMJ de 2013, et que d’autres pays latino-américains pourraient être visités, mais que rien de plus précis n’est programmé pour le moment.

30 Novembre 2015

Le Pape François a présidé ce lundi matin, 30 novembre 2015, en la fête de Saint André, l’ultime messe de sa tournée en Afrique. Plusieurs dizaines de milliers de Centrafricains étaient rassemblés au stade Barthélémy Boganda, du nom du père de l’indépendance centrafricaine. En fin de matinée, au cours d’une brève cérémonie protocolaire à l’aéroport international M’Poko de Bangui, il a salué une dernière fois la présidente centrafricaine Catherine Samba-Pamza, avant de s’envoler à 12h30 vers Rome où il devrait atterrir vers 18h45.

Un peu plus tôt dans la matinée, le Saint-Père s’était rendu à la Mosquée de Bangui saluer la communauté musulmane et lui apporté son réconfort : « Chrétiens et musulmans nous sommes frères », a dit le pape en demandant que cesse de part et d’autre toute action qui défigure le Visage de Dieu et qui ne sert que des intérêts particuliers. « Ensemble disons non à la haine, à la vengeance, à la violence. »

Après l’échange des discours avec l’Imam, le Pape a demandé l’autorisation de se rendre à la qibla, le lieu de prière. Il a retiré ses chaussures, il s’est rendu vers la niche en direction de La Mecque et a prié en silence. Il a reçu en cadeau une plaque en bois avec une inscription du Coran : « Tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent nous sommes chrétiens. Il y a parmi eux des prêtres et des moines qui ne s’enflent pas d’orgueil. »

Découvrez le texte intégral de l’intervention du Pape François à la mosquée de bangui

« Chers frères, responsables et croyants musulmans,

C’est une grande joie pour moi de vous rencontrer et de vous exprimer ma gratitude pour votre accueil chaleureux. Je remercie particulièrement l’Imam Tidiani Moussa Naibi, pour ses aimables paroles de bienvenue. Ma visite pastorale en République Centrafricaine ne serait pas complète si elle ne comprenait pas aussi cette rencontre avec la communauté musulmane.

Chrétiens et musulmans nous sommes frères. Nous devons donc nous considérer comme tels, nous comporter comme tels. Nous savons bien que les derniers événements et les violences qui ont secoué votre pays n’étaient pas fondés sur des motifs proprement religieux. Celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme, une femme, de paix. Chrétiens, musulmans et membres des religions traditionnelles ont vécu pacifiquement ensemble pendant de nombreuses années. Nous devons donc demeurer unis pour que cesse toute action qui, de part et d’autre, défigure le Visage de Dieu et a finalement pour but de défendre par tous les moyens des intérêts particuliers, au détriment du bien commun. Ensemble, disons non à la haine, non à la vengeance, non à la violence, en particulier à celle qui est perpétrée au nom d’une religion ou de Dieu. Dieu est paix, Dieu salam.

En ces temps dramatiques, les responsables religieux chrétiens et musulmans ont voulu se hisser à la hauteur des défis du moment. Ils ont joué un rôle important pour rétablir l’harmonie et la fraternité entre tous. Je voudrais les assurer de ma gratitude et de mon estime. Et nous pouvons aussi nous rappeler les nombreux gestes de solidarité que chrétiens et musulmans ont eu à l’égard de leurs compatriotes d’une autre confession religieuse, en les accueillant et en les défendant au cours de cette dernière crise, dans votre pays, mais aussi en d’autres parties du monde.

On ne peut que souhaiter que les prochaines consultations nationales donnent au pays des Responsables qui sachent unir les Centrafricains, et deviennent ainsi des symboles de l’unité de la nation plutôt que les représentants d’une faction. Je vous encourage vivement à faire de votre pays une maison accueillante pour tous ses enfants, sans distinction d’ethnie, d’appartenance politique ou de confession religieuse. La République Centrafricaine, située au cœur de l’Afrique, grâce au concours de tous ses enfants, pourra alors donner une impulsion en ce sens à tout le continent. Elle pourra l’influencer positivement et aider à éteindre les foyers de tension qui y sont présents et qui empêchent les Africains de bénéficier de ce développement qu’ils méritent et auquel ils ont droit.

Chers amis, chers frères, je vous invite à prier et à travailler pour la réconciliation, la fraternité et la solidarité entre tous, sans oublier les personnes qui ont le plus souffert de ces événements.

Que Dieu vous bénisse et vous protège ! Salam alaikum ! »

Dernière messe du pape François à Bangui

Difficile de décrire l’enthousiasme qu’a suscité son arrivée au stade Boganda plein à craquer. Pourtant habitué aux bains de foule, le Pape François semblait lui aussi impressionné par cette explosion de joie. Signe du climat de joie qui règne à Bangui, l’Imam Kobine Layama, le membre musulman de la plateforme interreligieuse a lui aussi été ovationné. La présidente Catherine Samba Panza et tous les membres du gouvernement de transition étaient présents. De nombreux fidèles s’abritaient du soleil de plomb sous des parapluies jaunes et blancs aux couleurs du Vatican. Certains chantaient en sango : le Pape est venu à Bangui, tout le monde a pu le voir. Jusqu’au dernier jour, beaucoup ne croyaient pas que cette visite puissent avoir lieu en raison des risques sécuritaires.

Avant de commencer la célébration, le Saint-Père a béni une statue noire de la Vierge Marie, une Vierge africaine. Il tenait en guise de crosse une simple croix également en bois d’ébène, un de ces bois précieux, richesse du pays. Cette croix lui avait été offerte la veille par la communauté de la cathédrale de Bangui. Sur le plan liturgique l’accent a été mis sur l’inculturation. Pour cette messe, le folklore centrafricain s’est déployé dans toute sa richesse, danses, chorégraphie, rythme, percussions, instruments typiques. Avant la lecture de l’Évangile, un tam-tam a résonné pour prévenir qu’un message fort allait être délivré, la Bonne Nouvelle. Au son des cors traditionnels, l’Évangéliaire a été porté en procession dans une pirogue enveloppée d’un drapeau du Vatican était portée en procession, rappelant symboliquement l’arrivée des premiers missionnaires dans le pays. À l’intérieur se trouvait un enfant. A l’offertoire, chaque diocèse a porté des dons typiques à l’autel, des fruits, des peaux d’animaux, une crosse en bois.

Dans son homélie, prononcée en italien mais traduite simultanément en sango, la langue locale, François a invité la foule à rendre grâce au Seigneur, entre autres, « pour l’audace qu’il met en nos âmes de vouloir créer des liens d’amitié, de dialoguer avec celui qui ne nous ressemble pas, de pardonner à celui qui nous a fait du mal, de nous engager dans la construction d’une société plus juste et plus fraternelle où personne n’est abandonné. En tout cela, le Christ ressuscité nous prend par la main, et nous entraîne à sa suite. Et je veux rendre grâce avec vous au Seigneur de miséricorde pour tout ce qu’il vous a donné d’accomplir de beau, de généreux, de courageux, dans vos familles et dans vos communautés, lors des évènements que connaît votre pays depuis plusieurs années. »

Mais le pape François a rappelé que la miséricorde et la réconciliation ne doivent jamais être considérées comme des acquis définitifs, car elles relèvent d’un combat spirituel du quotidien : « Tout baptisé doit sans cesse rompre avec ce qu’il y a encore en lui de l’homme ancien, de l’homme pécheur, toujours prêt à se réveiller à la suggestion du démon – et combien il est agissant en notre monde et en ces temps de conflits, de haine et de guerre –, pour l’entrainer à l’égoïsme, au repli sur soi et à la méfiance, à la violence et à l’instinct de destruction, à la vengeance, à l’abandon et à l’exploitation des plus faibles… »

« Nous savons aussi combien nos communautés chrétiennes, appelées à la sainteté, ont encore de chemin à parcourir. Certainement nous avons tous à demander pardon au Seigneur pour trop de résistances et de lenteur à rendre témoignage de l’Évangile. Que l’Année Jubilaire de la Miséricorde, qui vient de commencer dans votre pays, en soit l’occasion », a-t-il insisté.

Dans son discours de remerciement, l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, a remercié le Pape pour ces journées « inoubliables, inscrites assurément dans notre cœur, et dans l’histoire de notre pays, le début d’une ère pour tout le peuple centrafricain »

Après la cérémonie, le Pape François a offert un ostensoir à chacun des évêques centrafricains, pour inviter chaque diocèse à l’adoration perpétuelle. Une dame âgée a offert au Pape une marmite traditionnelle, avec de la terre à l’intérieur, et le Pape l’a bénie, bénissant ainsi, symboliquement, la terre de la Centrafrique.

Par ailleurs, en ce jour de la fête de la Saint-André, le Pape François a tenu, « du cœur de l’Afrique », à saluer le patriarche de Constantinople, Bartholomée 1er. « Je lui formule des voeux de bonheur et de fraternité, et je demande à Dieu de bénir nos Églises sœurs », a déclaré le Pape François à la fin de cette messe qui clôture cette première tournée africaine du Pape François.

Retrouvez le texte intégral de l’homélie du Pape François

« Nous pouvons être étonnés, entendant la première lecture, de l’enthousiasme et du dynamisme missionnaires qui habitent l’Apôtre Paul. « Comme il est beau de voir courir les messagers de la Bonne Nouvelle » (Rm 10, 15) ! C’est pour nous un appel à rendre grâce pour le don de la foi que nous avons reçu de ces messagers qui nous l’ont transmis. C’est aussi un appel à nous émerveiller devant l’œuvre missionnaire qui a porté pour la première fois - il n’y a pas si longtemps - la joie de l’Évangile sur cette terre bien aimée de Centrafrique. Il est bon, surtout lorsque les temps sont difficiles, lorsque les épreuves et les souffrances ne manquent pas, lorsque l’avenir est incertain et que l’on se sent fatigué, craignant de ne plus y arriver, il est bon de se réunir autour du Seigneur, ainsi que nous le faisons aujourd’hui, pour se réjouir de sa présence, de la vie nouvelle et du salut qu’il nous propose, comme une autre rive vers laquelle nous devons tendre.

Cette autre rive c’est, bien sûr, la vie éternelle, le ciel où nous sommes attendus. Ce regard porté vers le monde à venir a toujours soutenu le courage des chrétiens, des plus pauvres, des plus petits, dans leur pèlerinage terrestre. Cette vie éternelle n’est pas une illusion, elle n’est pas une fuite du monde ; elle est une puissante réalité qui nous appelle et qui nous engage à la persévérance dans la foi et dans l’amour.

Mais l’autre rive, plus immédiate, que nous cherchons à rejoindre, ce salut procuré par la foi et dont parle Saint Paul, est une réalité qui transforme déjà notre vie présente et le monde dans lequel nous vivons : « Celui qui croit du fond du cœur devient juste » (Rm 10,10). Il accueille la vie même du Christ qui le rend capable d’aimer Dieu et d’aimer ses frères d’une façon nouvelle, au point de faire naître un monde renouvelé par l’amour.

Rendons grâce au Seigneur pour sa présence et pour la force qu’il nous donne dans le quotidien de nos vies lorsque nous sommes confrontés à la souffrance physique ou morale, à une peine, à un deuil ; pour les actes de solidarité et de générosité dont il nous rend capables ; pour la joie et l’amour qu’il fait briller dans nos familles, dans nos communautés, malgré, parfois, le dénuement, la violence qui nous entoure ou la crainte du lendemain ; pour l’audace qu’il met en nos âmes de vouloir créer des liens d’amitié, de dialoguer avec celui qui ne nous ressemble pas, de pardonner à celui qui nous a fait du mal, de nous engager dans la construction d’une société plus juste et plus fraternelle où personne n’est abandonné. En tout cela, le Christ ressuscité nous prend par la main, et nous entraîne à sa suite. Et je veux rendre grâce avec vous au Seigneur de miséricorde pour tout ce qu’il vous a donné d’accomplir de beau, de généreux, de courageux, dans vos familles et dans vos communautés, lors des évènements que connaît votre pays depuis plusieurs années.

Pourtant, il est vrai aussi que nous ne sommes pas encore parvenus au terme, nous sommes comme au milieu du fleuve, et il nous faut décider courageusement, dans un engagement missionnaire renouvelé, de passer sur l’autre rive. Tout baptisé doit sans cesse rompre avec ce qu’il y a encore en lui de l’homme ancien, de l’homme pécheur, toujours prêt à se réveiller à la suggestion du démon – et combien il est agissant en notre monde et en ces temps de conflits, de haine et de guerre –, pour l’entrainer à l’égoïsme, au repli sur soi et à la méfiance, à la violence et à l’instinct de destruction, à la vengeance, à l’abandon et à l’exploitation des plus faibles…

Nous savons aussi combien nos communautés chrétiennes, appelées à la sainteté, ont encore de chemin à parcourir. Certainement nous avons tous à demander pardon au Seigneur pour trop de résistances et de lenteur à rendre témoignage de l’Évangile. Que l’Année Jubilaire de la Miséricorde, qui vient de commencer dans votre pays, en soit l’occasion. Et vous, chers Centrafricains, vous devez surtout regarder vers l’avenir, et, forts du chemin déjà parcouru, décider résolument de franchir une nouvelle étape dans l’histoire chrétienne de votre pays, vous élancer vers de nouveaux horizons, avancer plus au large, en eau profonde. L’Apôtre André, avec son frère Pierre, n’ont pas hésité un seul instant à tout laisser sur place à l’appel de Jésus, pour le suivre : « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mt 4, 22). Nous sommes émerveillés, là encore, par tant d’enthousiasme chez les Apôtres, tellement le Christ les attire à lui, tellement ils perçoivent qu’ils peuvent tout entreprendre et tout oser avec lui.

Alors, chacun dans son cœur peut se poser la question si importante de son lien personnel avec Jésus, examiner ce qu’il a déjà accepté – ou encore refusé – pour répondre à son appel afin de le suivre de plus près. Le cri des messagers retentit plus que jamais à nos oreilles, alors même que les temps sont difficiles ; ce cri qui « retentit par toute la terre, et […] jusqu’au bout du monde » (Rm 10,18). Et il retentit ici, aujourd’hui, en cette terre de Centrafrique ; il retentit dans nos cœurs, dans nos familles, dans nos paroisses, partout où nous vivons, et il nous invite à la persévérance dans l’enthousiasme de la mission, une mission qui a besoin de nouveaux messagers, encore plus nombreux, encore plus donnés, encore plus joyeux, encore plus saints. Et nous sommes tous appelés à être, chacun, ce messager que notre frère, quelle que soit son ethnie, sa religion, sa culture, attend, souvent sans le savoir. Comment, en effet, ce frère croira-t-il au Christ, se demande saint Paul, si la Parole n’est pas entendue ni proclamée ?

Nous aussi, à l’exemple de l’Apôtre, nous devons être remplis d’espérance et d’enthousiasme pour l’avenir. L’autre rive est à portée de main, et Jésus traverse le fleuve avec nous. Il est ressuscité des morts ; dès lors les épreuves et les souffrances que nous vivons sont toujours des occasions qui ouvrent à un avenir nouveau si nous acceptons de nous attacher à sa personne. Chrétiens de Centrafrique, chacun de vous est appelé à être, par la persévérance de sa foi et par son engagement missionnaire, artisan du renouveau humain et spirituel de votre pays.

Que la Vierge Marie, qui après avoir partagé les souffrances de la passion partage maintenant la joie parfaite avec son Fils, vous protège et vous encourage sur ce chemin d’espérance.

Amen. »

(Avec R. V.)

29 Novembre 2015

Après l’Ouganda c’est donc en République centrafricaine que le Pape François est arrivé dimanche matin, 29 Novembre 2015. Cette dernière étape de son voyage est la plus délicate en terme de sécurité. La plus symbolique aussi, c’est depuis la capitale centrafricaine que le Saint-Père, dans un geste historique, ouvrira la porte sainte de la cathédrale de Bangui, neuf jours avant l’inauguration officielle du Jubilé de la miséricorde, le 8 décembre au Vatican.

Le Pape François est bien arrivé à l’aéroport international M’poko de Bangui en République centrafricaine, troisième et dernière étape de son voyage apostolique en Afrique. Il avait quitté auparavant l’aéroport d’Entebbe en Ouganda.

Le Pape s’est rendu au palais présidentiel de Bangui pour la cérémonie de bienvenue. Il a été accueilli par la présidente de transition, Catherine Samba-Panza avec laquelle il a eu une discussion privée. Il a rencontré ensuite la classe dirigeante du pays ainsi que le corps diplomatique comme à chaque étape de son voyage en Afrique.

Voici son discours en intégralité :

"Alors que la République Centrafricaine s’achemine progressivement, malgré les difficultés, vers la normalisation de sa vie socio-politique, je foule pour la première fois cette terre, dans les pas de Jean-Paul II. C’est en pèlerin de la paix que je viens, et c’est en apôtre de l’espérance que je me présente. Voilà pourquoi j’ai plaisir à saluer l’effort accompli par les diverses autorités nationales et internationales, en commençant par Madame le Chef de l’Etat de la Transition, pour conduire le pays à ce stade. Mon souhait le plus ardent est que les différentes consultations nationales qui vont se tenir dans quelques semaines permettent au pays d’entamer sereinement une nouvelle étape de son histoire.

Pour éclairer l’horizon, la devise du pays, Unité Dignité Travail...exprime les aspirations de chaque centrafricain et, par conséquent, constitue une boussole sûre pour qui est chargé de conduire les destinées du pays. Ce sont trois mots lourds de sens, dont chacun représente autant un chantier qu’un programme jamais achevé, une tâche à remettre sans cesse sur le métier. L’unité est une valeur cardinale pour l’harmonie des peuples. Elle permet de vivre et de construire à partir de la merveilleuse diversité du monde, en évitant la tentation de la peur de l’autre, de ce qui ne nous est pas familier, de ce qui n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse. L’unité exige, tout au contraire, de créer et de promouvoir une synthèse des richesses que chacun porte en lui. L’unité dans la diversité, c’est un défi constant, qui appelle à la créativité, à la générosité, à l’abnégation et au respect d’autrui.

La dignité est une valeur morale synonyme d’honnêteté, de loyauté, de grâce et d’honneur, qui caractérise les hommes et les femmes conscients de leurs droits comme de leurs devoirs et qui les conduit au respect mutuel. Chaque personne a une dignité... La Centrafrique est le pays où chacun est une personne. Tout doit donc être fait pour sauvegarder le statut et la dignité de la personne. Et celui qui a les moyens d’une vie décente, au lieu d’être préoccupé par les privilèges, doit chercher à aider les plus pauvres à accéder eux aussi à des conditions respectueuses de la dignité humaine, notamment à travers le développement de leur potentiel humain, culturel, économique et social. Par conséquent, l’accès à l’éducation et aux soins, la lutte contre la malnutrition et le combat pour garantir à tous un logement décent doivent figurer au premier plan d’un développement soucieux de la dignité humaine.

En définitive, la dignité de l’être humain, c’est de travailler à la dignité de ses semblables. Et puis c’est par le travail que vous pouvez améliorer la vie de vos familles. Paul a dit que les enfants n’ont pas à amasser pour leurs parents, mais les parents pour leurs enfants. L’effort des parents exprime leur amour pour les petits. Vous les centrafricains, pouvez améliorer cette merveilleuse terre, en exploitant judicieusement ses nombreuses ressources. Votre pays se trouve dans une région considérée comme l’un des deux poumons de l’humanité, à cause de sa richesse exceptionnelle en biodiversité.

À ce sujet, me référant à l’encyclique Laudato Si’, je voudrais particulièrement attirer l’attention de chacun, citoyens, responsables, partenaires internationaux et multinationales, sur la grave responsabilité qui est la leur dans l’exploitation des ressources naturelles, dans les choix et les projets de développement, qui d’une manière ou d’une autre affectent la planète entière. Le travail de construction d’une société prospère doit être une œuvre solidaire... Il est superflu de souligner l’importance capitale que revêtent le comportement et la gestion des pouvoirs publics. Celles-ci doivent être les premières à incarner avec cohérence dans leur vie les valeurs de l’unité, de la dignité et du travail, en étant des modèles pour leurs compatriotes".

"L’histoire de l’évangélisation de cette terre et l’histoire socio-politique de ce pays attestent l’engagement de l’Eglise dans le sens de ces valeurs de l’unité, de la dignité et du travail. En faisant mémoire des pionniers de l’évangélisation en République Centrafricaine, je salue mes frères évêques qui en ont présentement la charge. Avec eux, je renouvelle la disponibilité de cette Eglise particulière à contribuer toujours plus à la promotion du bien commun, notamment à travers la recherche de la paix et de la réconciliation. Je ne doute donc pas que les Autorités centrafricaines actuelles et futures se préoccuperont sans relâche de garantir à l’Église des conditions favorables à l’accomplissement de sa mission spirituelle. Elle pourra ainsi contribuer toujours davantage à promouvoir tout homme et tout l’homme, pour reprendre l’heureuse formule de Paul VI, qui, il y a bientôt cinquante ans, fut le premier Pape des temps modernes à venir en Afrique pour l’encourager et la confirmer dans le bien à l’orée d’une aube nouvelle.

Je voudrais à présent saluer l’effort accompli par la communauté internationale, ici représentée par le Corps Diplomatique et les membres de différentes missions d’Organisations internationales. Je l’encourage vivement à aller toujours plus loin sur le chemin de la solidarité, souhaitant que son engagement, uni à l’action des Autorités centrafricaines, aide le pays à progresser notamment dans la réconciliation, le désarmement, le maintien de la paix, l’assistance sanitaire et la culture d’une saine gestion à tous les niveaux. Pour finir, j’aimerais redire ma joie de visiter ce merveilleux pays, situé au cœur de l’Afrique, abritant un peuple profondément religieux, doté d’un si riche patrimoine naturel et culturel. J’y vois un pays comblé des bienfaits de Dieu ! Puisse le peuple centrafricain, ainsi que ses dirigeants et tous ses partenaires, apprécier à leur juste valeur ces bienfaits, en travaillant sans cesse pour l’unité, la dignité humaine et la paix fondée sur la justice. Que Dieu vous bénisse tous".

Un des moments forts de cette journée a été un peu plus tard la visite d’un camp de réfugiés, celui de la paroisse Saint-Sauveur à Bangui où il a été accueilli par une foule en liesse.

Des chants, des cris de joie, des applaudissements : le Saint-Père a été très chaleureusement salué par les déplacés du camp Saint-Sauveur de Bangui. Après avoir écouté des paroles d’accueil prononcées en français par une jeune femme, le Saint-Père s’est adressé à toutes les personnes présentes dans le camp, en italien.

Il a souhaité « la paix pour tous les Centrafricains quelle que soit leur ethnie, ou leur religion ». « Je vous salue tous, je veux vous dire que j’ai lu ce que les enfants ont écrit : paix, pardon, unité, amour. Nous devons travailler, prier et tout faire pour la paix. Mais la paix sans amour, sans amitié, sans tolérance, sans pardon n’est pas possible », a insisté le Saint-Père. « Chacun de nous doit faire quelque chose ».

Le Pape a ensuite souhaité à tous la paix. « Je souhaite, a-t-il dit, à tous les Centrafricains, la paix, la grande paix entre vous. Je souhaite que vous puissiez vivre en paix quelque soit l’ethnie, la culture, la religion, le statut social. Tous en paix parce que nous sommes tous frères ». Le Pape a alors invité à répéter plusieurs fois tous ensemble « nous sommes tous frères » avant de bénir la foule et d’appeler à prier pour lui.

Le Pape s’est entretenu ensuite avec les évêques du pays et a déjeuné avec eux à la nonciature apostolique.

En milieu d’après-midi, le Pape François a rencontré la communauté évangélique au sein de la Faculté théologique évangélique, la FATEB. Dans un pays touché par les divisions, le Pape François a voulu accorder une place à l’œcuménisme en ce dimanche 29 novembre 2015.

Sur la place adjacente au bâtiment, le Pape a rencontré le doyen de la faculté, Nupanga Weanzana. A ses côtés, figuraient les trois membres de la plateforme interreligieuse qui a soutenu les efforts de pacification de la République centrafricaine : l’archevêque catholique de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, le président de l’Alliance des Églises évangéliques centrafricaines (AEC), le pasteur Guerekoyame-Gbangou, et l’imam de Bangui, le cheikh Kobine Layama.

Il s’est ensuite rendu à la cathédrale catholique de Bangui pour y célébrer la messe avec le clergé, les religieux et religieuses et les séminaristes. Au début de la cérémonie, il a déclaré en Français, "Bangui est aujourd’hui la capitale spirituelle du monde" et il a ouvert la Porte Sainte de la cathédrale, marquant ainsi le début de l’Année de la Miséricorde en Centrafrique. Il est alors entré dans la cathédrale pour gagner le Chœur et y revêtir sa chasuble, violette en ce 1er dimanche de l’Avent, pour présider la messe dominicale.

Retrouvez le texte de son homélie en intégralité :

« En ce premier dimanche de l’Avent, temps liturgique de l’attente du Sauveur et symbole de l’espérance chrétienne, Dieu a conduit mes pas, jusqu’à vous, sur cette terre, alors que l’Église universelle s’apprête à inaugurer l’Année Jubilaire de la Miséricorde, que nous aujourd’hui, ici, avons commencée. Et je suis particulièrement heureux que ma visite pastorale coïncide avec l’ouverture dans votre pays de cette Année Jubilaire. Depuis cette cathédrale, par le cœur et la pensée, je voudrais rejoindre avec affection tous les prêtres, les personnes consacrées, les agents pastoraux de ce pays, spirituellement unis à nous en ce moment. A travers vous, j’aimerais saluer aussi tous les Centrafricains, les malades, les personnes âgées, les blessés de la vie. Certains d’entre eux sont peut-être désespérés et n’ont même plus la force d’agir, attendant simplement une aumône, l’aumône du pain, l’aumône de la justice, l’aumône d’un geste d’attention et de bonté. Et tous, nous attendons la grâce, l’aumône de la paix.

Mais comme les apôtres Pierre et Jean montant au temple, qui n’avaient ni or ni argent à donner au paralytique dans le besoin, je viens leur offrir la force et la puissance de Dieu qui guérissent l’homme, le remettent debout et le rendent capable de commencer une nouvelle vie, en passant sur l’autre rive (cf. Lc 8, 22).

Jésus ne nous envoie pas tout seuls sur l’autre rive, mais il nous invite plutôt à effectuer la traversée avec lui, en répondant, chacun, à une vocation spécifique. Il nous faut donc être conscients que ce passage sur l’autre rive ne peut se faire qu’avec lui, en nous libérant des conceptions de la famille et du sang qui divisent, pour construire une Eglise-Famille de Dieu, ouverte à tous, soucieuse de ceux qui sont le plus dans le besoin. Cela suppose la proximité avec nos frères et sœurs, cela implique un esprit de communion. Ce n’est pas d’abord une question de moyens financiers ; il suffit juste de partager la vie du peuple de Dieu, en rendant compte de l’espérance qui est en nous (cf. 1P 3, 15), en étant témoins de l’infinie miséricorde de Dieu qui, comme le souligne le psaume responsorial de ce dimanche, « est bon [et] montre aux pécheurs le chemin » (Ps 24, 8). Jésus nous enseigne que le Père céleste « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45). Après avoir fait nous-mêmes l’expérience du pardon, nous devons pardonner. Voici notre vocation fondamentale : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48) ! L’une des exigences fondamentales de cette vocation à la perfection, c’est l’amour des ennemis, qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale des représailles sans fin. Jésus a tenu à insister sur cet aspect particulier du témoignage chrétien (Mt 5, 46-47). Les agents d’évangélisation doivent donc être d’abord et avant tout des artisans du pardon, des spécialistes de la réconciliation, des experts de la miséricorde. C’est ainsi que nous pouvons aider nos frères et sœurs à passer sur l’autre rive, en leur révélant le secret de notre force, de notre espérance, de notre joie qui ont leur source en Dieu, parce qu’elles sont fondées sur la certitude qu’il est dans la barque avec nous. Comme il l’a fait avec les apôtres lors de la multiplication des pains, c’est donc à nous que le Seigneur confie ses dons afin que nous allions les distribuer partout, en proclamant sa parole qui assure : « Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda » (Jr 33, 14).

Dans les textes liturgiques de ce dimanche, nous pouvons découvrir certaines caractéristiques de ce salut de Dieu annoncé, qui se présentent comme autant de points de repères pour nous guider dans notre mission. D’abord, le bonheur promis par Dieu est annoncé en terme de justice. L’Avent, c’est le temps pour préparer nos cœurs afin de pouvoir accueillir le Sauveur, c’est-à-dire le seul Juste et le seul Juge capable de réserver à chacun le sort qu’il mérite. Ici comme ailleurs, tant d’hommes et de femmes ont soif de respect, de justice, d’équité, sans trouver à l’horizon des signes positifs. À ceux-là, il vient faire don de sa justice (cf. Jr 33, 15). Il vient féconder nos histoires personnelles et collectives, nos espoirs déçus et nos souhaits stériles. Et il nous envoie annoncer surtout à ceux qui sont opprimés par les forts de ce monde comme à ceux qui ploient sous le poids de leurs propres péchés : « Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera : ‘‘Le Seigneur-est-notre-Justice’’ » (Jr 33, 16). Oui, Dieu est Justice ! Voilà pourquoi, nous, chrétiens, nous sommes appelés à être dans le monde les artisans d’une paix fondée sur la justice.

Le salut de Dieu attendu a également le goût de l’amour. En effet, en nous préparant pour célébrer le mystère de Noël, nous nous réapproprions le cheminement du peuple de Dieu pour accueillir le Fils venu nous révéler que Dieu n’est pas seulement Justice mais qu’il est aussi et par-dessus tout Amour (cf. 1Jn 4, 8). Partout, même et surtout là où règnent la violence, la haine, l’injustice et la persécution, les chrétiens sont appelés à témoigner de ce Dieu qui est Amour. En encourageant les prêtres, les personnes consacrées et les laïcs qui, dans ce pays, vivent parfois jusqu’à l’héroïsme les vertus chrétiennes, je reconnais que la distance qui nous sépare de l’idéal si exigeant du témoignage chrétien, est parfois grande. Voilà pourquoi je fais miennes sous forme de prière ces paroles de saint Paul : « Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous, et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant » (1Th 3, 12). A cet égard, le témoignage des païens sur les chrétiens de l’Eglise primitive doit rester présent à notre horizon comme un phare : « Voyez comme ils s’aiment, ils s’aiment vraiment » (Tertullien, Apologétique, 39, 7).

Enfin, le salut de Dieu annoncé revêt le caractère d’une puissance invincible qui l’emportera sur tout. En effet, après avoir annoncé à ses disciples les signes terribles qui précéderont sa venue, Jésus conclut : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Lc 21, 18). Et si saint Paul parle d’un ‘‘amour de plus en plus intense et débordant’’, c’est que le témoignage chrétien doit refléter cette force irrésistible dont il est question dans l’Évangile. C’est donc aussi au sein de bouleversements inouïs que Jésus veut montrer sa grande puissance, son inégalable gloire (cf. Lc 21, 27) et la puissance de l’amour qui ne recule devant rien, ni devant les cieux ébranlés, ni devant la terre en feu, ni devant la mer en furie. Dieu est plus puissant et plus fort que tout. Cette conviction donne au croyant sérénité, courage et la force de persévérer dans le bien face aux pires adversités. Même lorsque les forces du mal se déchaînent, les chrétiens doivent répondre présents, la tête relevée, prêts à recevoir des coups dans cette bataille où Dieu aura le dernier mot. Et ce mot sera d’amour et de paix !

A tous ceux qui utilisent injustement les armes de ce monde, je lance un appel : déposez ces instruments de mort ; armez-vous plutôt de la justice, de l’amour et de la miséricorde, vrais gages de paix. Disciples du Christ, prêtres, religieux, religieuses ou laïcs engagés en ce pays au nom si suggestif, situé au cœur de l’Afrique et qui est appelé à découvrir le Seigneur comme le véritable Centre de tout ce qui est bon, votre vocation est d’incarner le cœur de Dieu parmi vos concitoyens. Daigne le Seigneur nous établir tous « fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur viendra avec tous les saints » (1Th 3, 13). Réconciliation, pardon, amour et paix ! Amen. »

La journée s’est terminée par une veillée de prière avec des jeunes que le Saint-Père avait confessés auparavant.

28 Novembre 2015

Samedi 28 Novembre, deuxième jour de son voyage en Ouganda, le pape François a visité les cimetières anglican et catholique des martyrs de Namugongo avant de présider la messe pour les martyrs d’Ouganda près du sanctuaire catholique. L’après-midi, son programme comprend une rencontre avec les jeunes à Kampala, suivie d’une rencontre avec les évêques ougandais et enfin avec les prêtres et religieux dans la cathédrale.

Dans l’après-midi de ce samedi 28 novembre, le Pape François a rencontré plusieurs milliers de jeunes Ougandais, sur l’aérodrome de Air Kololo Strip. Dans un premier temps, il a écouté le récit de deux jeunes qui ont témoigné des ravages du Sida et de la présence de milices qui tuent et enrôlent des enfants et des adolescents.

Le Pape, en espagnol, dans un discours totalement improvisé, a dit avoir écouté ces deux témoignages « avec beaucoup de souffrance » mais c’est un message d’espérance qu’il a adressé à tous les jeunes, en rappelant qu’il y a toujours un horizon.

Transformer la haine en amour, la guerre en paix, le négatif en positif, avec la grâce de Jésus, c’est l’appel lancé par le Pape François à tous les jeunes Ougandais, un peuple de martyrs.

Enfin, le Saint-Père est intervenu ce samedi 28 novembre 2015 devant le clergé et les religieux catholiques de l’Ouganda, dans la cathédrale de la capitale ougandaise. Sa dernière intervention dans le pays, qu’il doit quitter dimanche matin pour rejoindre la Centrafrique, était articulée autour de trois thèmes : la mémoire, la fidélité et la prière.

Délaissant le texte prévu, après avoir écouté les témoignages d’un prêtre, d’une religieuse et d’un séminariste, le Pape a évoqué le souvenir des martyrs ougandais du XIXe siècle, en demandant aux prêtres et consacrés de l’Ouganda de trouver la « grâce de la mémoire ». « Martyr signifie témoin », a insisté le Pape, l’Église doit donc continuer à témoigner et ne surtout pas s’habituer à l’histoire des martyrs comme d’un « souvenir lointain », comme d’une gloire passée. La nouvelle génération de prêtres et religieux de l’Ouganda doit représenter la « gloire future » de l’Église.

Le Pape a ensuite insisté sur la « fidélité, à la mémoire, à sa propre vocation, au Siège apostolique », ainsi qu’aux pauvres et aux malades, « car le Christ est avec eux ». C’est la condition pour que l’Église d’Ouganda reste missionnaire. Sinon « la perle de l’Afrique restera dans un musée ».

Il a une nouvelle fois souligné l’importance de la prière. « La fidélité n’est possible qu’avec la prière, et avec l’humiliation, l’humiliation d’aller régulièrement se confesser ». Prier, c’est toujours « d’abord commencer par se reconnaitre pécheur ». Le Pape a interpellé l’assistance avec beaucoup de fermeté : « Nous, les prêtres et les consacrés, nous ne pouvons pas avoir une double vie. Si tu pèches, demande pardon, ne garde pas caché ce que Dieu ne veut pas, ne garde pas caché le manque de fidélité. »

Le Pape a enfin demandé que l’intercession des martyrs aide l’Église ougandaise à « avancer dans la mémoire, la fidélité et la prière. »

Matinée du 28 Novembre

Le Pape François, après une visite au sanctuaire anglican de Namugongo, s’était rendu ce samedi 28 novembre au sanctuaire catholique voisin, pour un messe en l’honneur des martyrs communs aux deux Églises, tués en 1886 par le roi Mwanga ll. Cette cérémonie s’est tenue devant une foule immense, avec deux millions de participants attendus. À noter dans l’assistance, la présence annoncée du président ougandais Yoweri Museveni, mais aussi celle du roi Mutebi II (qui exerce dans la province du Bouganda une fonction essentiellement honorifique, tolérée par le gouvernement), descendant de la dynastie des Baganda, et donc, du roi Mwanga II, persécuteur des chrétiens à la fin du XIXe siècle.

Cette messe, concélébrée avec plusieurs dizaines d’évêques venus de plusieurs pays, était la plus importante de ce voyage du Pape en Afrique. Elle se tenait un petit peu plus de 50 ans après la canonisation, à Rome en 1964, des martyrs de l’Ouganda, 46 ans après la venue à Kampala du Pape Paul VI, et 22 ans après la visite de Jean-Paul II.

Retrouvez l’homélie du Saint-Père  :

« Vous allez recevoir une force quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1 8).

Depuis l’âge apostolique jusqu’à nos jours, un grand nombre de témoins est sorti pour proclamer Jésus et manifester la puissance de l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous rappelons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais, dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Église a justement rejoint “les extrémités de la terre”. Nous rappelons aussi les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang. Tous ces témoins ont cultivé le don de l’Esprit Saint dans leur vie et ont librement donné le témoignage de leur foi en Jésus Christ, même au prix de leur vie, et beaucoup dans un si jeune âge.

Nous aussi, nous avons reçu le don de l’Esprit, pour nous faire fils et filles de Dieu, mais aussi pour porter témoignage à Jésus et le faire connaître et aimer en tout lieu. Nous avons reçu l’Esprit lorsque nous sommes renés dans le Baptême, et lorsque nous avons été fortifiés par ses dons dans la Confirmation. Chaque jour, nous sommes appelés à approfondir la présence de l’Esprit Saint dans notre vie, à “raviver” le don de son amour divin de façon à être à notre tour source de sagesse et de force pour les autres.

Le don de l’Esprit Saint est un don qui est donné pour être partagé. Il nous unit les uns aux autres comme fidèles et membres vivants du Corps mystique du Christ. Nous ne recevons pas le don de l’Esprit seulement pour nous-mêmes, mais pour nous édifier les uns les autres dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour. Je pense aux saints Joseph Mkasa et Charles Lwanga, qui, après avoir été instruits dans la foi par les autres, ont voulu transmettre le don qu’ils avaient reçu. Ils l’ont fait dans des temps dangereux. C’est non seulement leur vie qui a été menacée, mais aussi la vie des plus jeunes confiés à leurs soins. Puisqu’ils avaient cultivé leur foi et avaient fait grandir leur amour pour Dieu, ils n’ont pas eu peur de porter le Christ aux autres, même au prix de leur vie. Leur foi est devenue témoignage ; aujourd’hui, vénérés comme martyrs, leur exemple continue d’inspirer beaucoup de personnes dans le monde. Ils continuent à proclamer Jésus Christ et la puissance de la Croix.

Si, comme les martyrs, nous ravivons chaque jour le don de l’Esprit qui habite en nos cœurs, nous deviendrons alors certainement ces disciples-missionnaires que le Christ nous appelle à être. Pour nos familles et nos amis sûrement, mais aussi pour ceux que nous ne connaissons pas, spécialement pour ceux qui pourraient être peu bienveillants et même hostiles à notre égard. Cette ouverture envers les autres commence dans la famille, dans nos maisons, où on apprend la charité et le pardon, et où dans l’amour de nos parents, on apprend à connaître la miséricorde et l’amour de Dieu. Elle s’exprime aussi dans le soin envers les personnes âgées et les pauvres, les veuves et les orphelins.

Le témoignage des martyrs montre à tous ceux qui ont écouté leur histoire, à l’époque et aujourd’hui, que les plaisirs mondains et le pouvoir terrestre ne donnent pas une joie et une paix durables. C’est plutôt la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie et l’authentique préoccupation pour le bien des autres qui nous apportent cette paix que le monde ne peut offrir. Cela ne diminue pas notre souci de ce monde, comme si nous regardions seulement vers la vie future. Au contraire, cela offre un but à la vie en ce monde et nous aide à rejoindre ceux qui sont dans le besoin, à coopérer avec les autres pour le bien commun et à construire une société plus juste, qui promeut la dignité humaine, sans exclure personne, qui défend la vie, don de Dieu, et protège les merveilles de la nature, la Création, notre maison commune.

Chers frères et sœurs, c’est l’héritage que vous avez reçu des martyrs ougandais : des vies marquées par la puissance de l’Esprit Saint, des vies qui témoignent encore aujourd’hui du pouvoir transformant de l’Évangile de Jésus Christ. On ne s’approprie pas cet héritage comme un souvenir de circonstance ou en le conservant dans un musée comme si c’était un joyau précieux. Nous l’honorons vraiment et nous honorons tous les Saints, lorsque plutôt nous portons le témoignage qu’ils ont rendu au Christ dans nos maisons et à nos voisins, dans nos lieux de travail et dans la société civile, soit que nous restions dans nos maisons ou que nous nous rendions jusqu’au coin le plus reculé du monde.

Puissent les martyrs ougandais, avec Marie, Mère de l’Église, intercéder pour nous, et puisse l’Esprit Saint allumer en nous le feu de l’amour divin !

Omukama Abawe Omukisa ! (Que Dieu vous bénisse !) »

27 Novembre 2015

Le Saint-Père en Ouganda

Après un court vol depuis le Kenya, le Pape François est arrivé en Ouganda ce vendredi 27 novembre vers 17h heure locale, pour la deuxième étape de son périple africain. Il a été accueilli à sa descente d’avion par le président Yoweri Museveni, et par les évêques locaux. Les honneurs militaires lui ont été rendus sur l’aéroport d’Entebbe. A son arrivée, Le Pape a souligné que sa visite avait pour but également « d’attirer l’attention sur l’Afrique dans son ensemble, sur sa promesse, ses espérances, ses luttes et ses succès ».

Le Pape François s’est rendu en fin de journée, ce vendredi 27 novembre, à Munyonyo, lieu du martyre de Saint André Kaggwa en 1886, sous le règne du roi Lwanga, pour rencontrer les catéchistes et enseignants catholiques du pays. Cette intervention visait à rendre hommage à l’engagement des laïcs dans l’œuvre d’évangélisation en Afrique. Dans ce continent, le rôle des catéchistes est souvent beaucoup plus central et formalisé qu’il ne l’est dans la plupart des paroisses européennes.

Découvrez le discours qu’il a prononcé devant les catéchistes :

« Chers catéchistes et enseignants,

Chers amis,

Je vous salue tous avec affection au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur et Maître.

‘‘Maître’’. Quel beau titre ! Jésus est notre premier et plus grand maître. Saint Paul nous dit que Jésus a donné à son Eglise non seulement des apôtres et des pasteurs, mais aussi des maîtres, pour édifier le Corps entier dans la foi et dans l’amour. Avec les évêques, les prêtres et les diacres, qui ont été ordonnés pour prêcher l’Evangile et prendre soin du troupeau du Seigneur, en tant que catéchistes, vous avez une part importante dans l’annonce de la Bonne Nouvelle à chaque village et hameau de votre pays.

Je voudrais, avant tout, vous remercier pour les sacrifices que vous, ainsi que vos familles, vous faites, comme pour le zèle et le dévouement avec lesquels vous accomplissez votre importante charge. Vous enseignez ce que Jésus a enseigné, vous instruisez les adultes et vous aidez les parents à faire grandir leurs enfants dans la foi et vous portez à tous la joie et l’espérance de la vie éternelle. Merci pour votre dévouement, pour l’exemple que vous donnez, pour la proximité au peuple de Dieu dans sa vie quotidienne et pour toutes les manières dont vous semez et cultivez la foi sur cette immense terre. Merci spécialement d’enseigner aux enfants et aux jeunes comment prier. C’est un travail important d’apprendre à vos enfants à prier !

Je sais que votre travail, bien que gratifiant, n’est pas facile. Je vous encourage, par conséquent, à persévérer, et je demande aux évêques et aux prêtres de vous aider par une formation doctrinale, spirituelle et pastorale, en mesure de vous rendre toujours plus efficaces dans votre œuvre. Même lorsque la charge semble lourde, que les ressources sont insuffisantes et les obstacles trop grands, il faut vous souvenir que votre œuvre est une œuvre sainte. L’Esprit-Saint est présent là où le nom du Christ est proclamé. Il est au milieu de nous chaque fois que nous élevons nos cœurs et notre esprit vers Dieu dans la prière. Il vous donnera la lumière et la force dont vous avez besoin ! Le message que vous portez s’enracinera d’autant plus profondément dans les cœurs des personnes que vous serez non seulement des maîtres, mais aussi des témoins. Que votre exemple fasse voir à tous la beauté de la prière, le pouvoir de la miséricorde et du pardon, la joie de partager l’Eucharistie avec tous les frères et sœurs !

La communauté chrétienne en Ouganda s’est accrue de façon remarquable grâce au témoignage des martyrs. Ils ont rendu témoignage à la vérité qui rend libre ; ils ont été disposés à verser leur sang pour demeurer fidèles à ce qu’ils savaient être bon, beau et vrai. Nous sommes aujourd’hui ici à Munyonyo, à l’endroit où le Roi Mwanga a décidé d’éliminer les disciples du Christ. Il n’a pas réussi dans cette tentative, comme le Roi Hérode n’a pas réussi à tuer Jésus. La lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pas prévalu (cf. Jn 1, 5). Après avoir vu le témoignage courageux de saint André Kaggwa et de ses compagnons, les chrétiens en Ouganda sont devenus encore plus convaincus des promesses du Christ.

Puisse saint André, votre Patron, et puissent tous les catéchistes ougandais martyrs obtenir pour vous la grâce d’être de sages maîtres, des hommes et des femmes dont les paroles soient pleines de grâce, d’un témoignage convainquant de la splendeur de la vérité de Dieu et de la joie d’Evangile ! Allez sans peur dans chaque ville et village de ce pays répandre la bonne semence de la Parole de Dieu, et ayez confiance dans sa promesse que vous retournerez joyeux, avec des gerbes plantureuses d’une récolte abondante !

Je vous demande de tous prier pour moi, et de faire prier les enfants pour moi.

Omukama Abawe Omukisa ! ( Que Dieu vous bénisse !) »

Fin du voyage au Kenya

Vendredi 27 Novembre, le pape François s’est rendu dans le quartier pauvre de Kangemi, à l’ouest de Nairobi. Il y a visité la paroisse jésuite Saint-Joseph à l’origine de nombreux programmes contre la pauvreté. Il a rencontré ensuite les évêques du Kenya avant de quitter en début d’après-midi Nairobi pour gagner Entebbe en Ouganda, deuxième étape de son voyage.

Dernier temps fort de son séjour au Kenya, le Pape François a participé ce vendredi matin, 27 novembre, à un temps festif et spirituel avec des milliers de jeunes Kenyans au stade Kasarani, en présence des évêques du Kenya est du président de la République, Uhuru Kenyatta.

Le Pape a été accueilli par une foule très chaleureuse, au chant notamment de "Hakuna Matata" (fameuse expression swahilie signifiant « il n’y a pas de problèmes ») mais aussi au son de l’Ave Maria de Schubert, entonné par un orchestre de jeunes du bidonville de Korogocho.

L’évêque responsable de la pastorale des jeunes a remercié le Pape d’être « un héros pour de nombreux jeunes ». Le Pape s’est ensuite exprimé, en espagnol, répondant aux questions d’une jeune fille et d’un jeune homme sur des sujets d’actualité comme la radicalisation et la corruption.

Le Pape a d’abord remercié les jeunes d’avoir prié le Rosaire pour lui, et pour leur « présence enthousiaste », posant ensuite ces questions « pourquoi les divisions, la guerre, la mort, le fanatisme, la destruction ? »

Faisant allusion au récit d’Abel et Caïn dans la Genèse, François a affirmé que « l’esprit du mal nous mène à la division, au tribalisme, à la corruption, à l’addiction aux drogues, au fanatisme ». Le Pape a rappelé que « nous ne vivons pas dans le ciel, nous vivons sur la terre, qui est pleine de difficultés, et d’invitations à dévier vers le mal. Mais il y a quelque choses que tous les jeunes ont : la capacité de choisir ! »

François a donc appelé à surmonter la tentation du tribalisme, « qui consiste à tenir une pierre dans chaque main pour la jeter sur l’autre ». Dans un geste fort, le Pape a demandé à tous les participants de se tenir par la main, en criant « nous sommes tous une nation ! ». Dans un pays marqué dans son actualité récente par le terrorisme et les violences, François a rappelé que « vaincre le tribalisme est un travail de chaque jour, un travail du cœur ».

Autre fléau mondial : la corruption, « qui existe aussi au Vatican » a précisé François. C’est « quelque chose qui nous mange de l’intérieur », c’est un peu comme le sucre, cela semble attirant mais à en abuser « nous finissons par devenir diabétiques ». « La corruption n’est pas un chemin de vie, c’est un chemin de mort. »

Autre question très actuelle : la radicalisation des jeunes : « comment faire pour que le fanatisme ne nous vole pas un frère, un ami ? », s’est interrogé François. « L’éducation et le travail sont les premières réponses. Et puis il faut prier ! Prier fort ! Dieu est plus fort que toute campagne de recrutement ! »

Et dans les moments de découragement, il faut regarder la Croix : elle est « un défi à notre foi » car elle représente « la destruction de Dieu ». Mais ensuite il y a « la Résurrection qui nous renouvelle tous ». En montrant le rosaire et le petit chemin de Croix qu’il porte toujours dans sa poche, le Pape a affirmé qu’il ne perdait jamais l’espérance.

Après ce temps consacré aux jeunes, le Pape François s’est ensuite entretenu, de façon informelle, avec les évêques du Kenya, avant de regagner la nonciature apostolique pour le déjeuner.

26 Novembre 2015

Le Pape François, en début d’après-midi ce jeudi 26 novembre, est allé à la rencontre du clergé, des religieux, religieuses et des séminaristes kenyans. Ensuite, il a visité le siège des institutions de l’Onu à Nairobi, l’un des quatre sièges de l’Onu (avec New York, Vienne et Genève), qui abrite notamment le siège mondial du PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Symboliquement, le Pape a planté un arbre dans les jardins de ce bâtiment.

Tous étaient rassemblés sur le terrain de sport de la St Mary’s School, une école de l’archidiocèse de Nairobi où avait été dressé un grand chapiteau. Le Pape s’est tout d’abord exprimé en anglais, « un anglais très pauvre », a-t-il reconnu en s’excusant, avant d’improviser dans sa langue maternelle : l’espagnol.

C’est un discours vigoureux, qui interpelle, mais aussi qui encourage avec bienveillance, que le Pape a souhaité délivrer devant le clergé kenyan. Le Saint-Père a indiqué que « dans la prêtrise ou la vie consacrée il faut entrer par la porte, et la porte c’est le Christ ». « Ne vous éloignez jamais de Jésus », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de la prière. « N’arrêtez jamais de prier, n’abandonnez pas la prière ». « Si un religieux, un prêtre abandonne la prière son âme devient sèche, il a une mauvaise âme », a souligné le Pape, rappelant que « se consacrer à Dieu c’est servir et non pas se servir ».

Dans ce discours, totalement improvisé, le Saint-Père a une nouvelle fois mis en garde contre la tentation de vouloir suivre le Christ par ambition, par intérêt de pouvoir ou d’argent, et il a rappelé que « l’Eglise n’est pas une entreprise, une ONG mais un mystère, celui du regard de Jésus qui invite à le suivre ». Mais, a-t-il fait observer en interpellant son auditoire, nous sommes tous des pêcheurs, quand Jésus nous appelle, il ne nous canonise pas ».

Le Pape a ensuite évoqué les drames de ce monde, invitant les religieux à « savoir pleurer : devant ceux qui sont rejetés, les personnes âgées abandonnées, les enfants assassinés, pour toutes les choses que nous ne comprenons pas. Il y a dans la vie des situations ou on ne peut que pleurer, a-t-il dit, et regarder Jésus sur la croix ». François a enfin conclu sur une note d’humour : « je vous donne du fil à retordre » a affirmé le Saint-Père, le sourire aux lèvres, « et je suis très impoli, je vous ai sermonnés, mais je ne vous ai même pas dit merci : merci alors, pour tout ce que vous faites, à la suite de Jésus. »

Retrouvez l’intervention du Saint-Père prononcée en fin d’après-midi devant les membres du PNUE à Nairobi :

« Je voudrais remercier pour l’aimable invitation et pour les paroles de bienvenue de Madame Sahle-Work Zewde, Directrice Générale de l’Office des Nations Unies à Nairobi, ainsi que de Monsieur Achim Steiner, Directeur Exécutif du programme des Nations pour l’Environnement, et de Monsieur Joan Clos, Directeur Exécutif du Programme ONU – Habitat. Je profite de l’occasion pour saluer tout le personnel et tous ceux qui collaborent avec les institutions ici présentes.

En route vers cette salle, j’ai été invité à planter un arbre dans le parc du Centre des Nations Unies. J’ai accepté d’accomplir ce geste symbolique et simple, chargé de sens dans beaucoup de cultures.

Planter un arbre, c’est d’abord une invitation à continuer de lutter contre des phénomènes tels que la déforestation et la désertification. Cela nous rappelle l’importance de protéger et d’administrer de façon responsable ces « poumons de la planète pleins de biodiversité [comme nous pouvons bien l’apprécier dans ce continent avec] le bassin du fleuve Congo », lieu important « pour toute la planète et pour l’avenir de l’humanité ». C’est pourquoi, elle est toujours appréciée et encouragée, « la tâche des organismes interna­tionaux et des organisations de la société civile qui sensibilisent les populations et coopèrent de façon critique, en utilisant aussi des mécanismes de pres­sion légitimes, pour que chaque gouvernement accomplisse son propre et intransférable devoir de préserver l’environnement ainsi que les ressources naturelles de son pays, sans se vendre à des inté­rêts illégitimes locaux ou internationaux » (Laudato Si’, n. 38).

En outre, planter un arbre nous invite à continuer d’avoir confiance, d’espérer et surtout de consentir à des efforts pour inverser toutes les situations d’injustice et de détérioration dont nous souffrons aujourd’hui.

Dans quelques jours, commencera à Paris une importante rencontre sur le changement climatique, où la communauté internationale, en tant que telle, se confrontera de nouveau à cette problématique. Ce serait triste et j’ose le dire, catastrophique, que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent à manipuler l’information pour protéger leurs projets.

Dans ce contexte international, où nous sommes devant une alternative que nous ne pouvons pas ignorer – améliorer ou détruire l’environnement –, chaque initiative, petite ou grande, individuelle ou collective, prise pour sauvegarder la création indique le chemin sûr de cette « créa­tivité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain » (Ibid., n. 211).

Le climat est un bien commun, de tous et pour tous ; […] le changement climatique est un problème global aux graves répercussions environnemen­tales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité » (Ibid., nn. 23-25), dont la réponse « doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés » (Ibid., n. 93). Car « l’abus et la destruction de l’environnement sont en même temps accompagnés par un processus implacable d’exclusion » (Discours à l’ONU, 25 septembre 2015).

La COP21 est un pas important dans le processus de développement d’un nouveau système énergétique, qui dépende le moins possible des combustions fossiles, vise l’efficacité énergétique et se structure grâce à l’utilisation d’énergie au contenu en carbone réduit ou nul. Nous sommes face au grand engagement politique et économique qui consiste à reconsidérer et à corriger les dysfonctionnements et les distorsions du modèle de développement actuel.

L’Accord de Paris peut envoyer un signal clair dans cette direction, à condition que, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à l’Assemblée Générale de l’ONU, nous évitions la « tentation de tomber dans un nominalisme de déclarations à effet tranquillisant sur les consciences. Nous devons veiller à ce que nos institutions soient réellement efficaces » (Ibid.). C’est pourquoi j’espère que la COP21 débouchera sur la conclusion d’un accord global et ‘‘transformateur’’ fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, et qui oriente vers la réalisation de trois objectifs, à la fois complexes et interdépendants : l’allègement de l’impact du changement climatique, la lutte contre la pauvreté et le respect de la dignité humaine.

Malgré de nombreuses difficultés, s’affirme la « tendance à concevoir la planète comme une patrie, et l’humanité comme un peuple qui habite une maison commune » (Laudato Si’, n. 164). Aucun pays « ne peut agir en marge d’une responsabilité commune. Si nous voulons réellement un changement positif, nous devons humblement assumer notre interdépendance » (Discours aux mouvements populaires, 9 juillet 2015). Le problème naît lorsque nous croyons qu’interdépendance est synonyme d’imposition ou de soumission de quelques-uns aux intérêts des autres. Du plus faible au plus fort.

Un dialogue sincère et ouvert est nécessaire, avec la coopération responsable de tous : autorités politiques, communauté scientifique, entreprises et société civile. Les exemples positifs ne manquent pas qui nous démontrent comment une vraie collaboration entre la politique, la science et l’économie est capable d’obtenir d’importants résultats.

Nous sommes conscients, cependant, que les « êtres humains, capables de se dégrader à l’ex­trême, peuvent aussi se surmonter, opter de nou­veau pour le bien et se régénérer » (Laudato Si’, n. 205). Cette profonde prise de conscience nous conduit à espérer que, si l’humanité de la période post-industrielle pourrait laisser le souvenir de l’une des plus irresponsables de l’histoire, « l’huma­nité du début du XXIème siècle pourra rester dans les mémoires pour avoir assumé avec générosité ses graves responsabilités » (Ibid., n. 165). Pour cela, il est nécessaire de mettre au service des peuples l’économie et la politique où « l’être humain, en harmonie avec la nature, structure tout le système de production et de distribution pour que les capacités et les nécessités de chacun trouvent une place appropriée dans l’être social » (Discours aux mouvements populaires, 9 juin 2015). Il ne s’agit pas d’une utopie chimérique, au contraire, il s’agit d’une perspective réaliste qui place la personne humaine et sa dignité comme point de départ et vers laquelle tout doit confluer (cf. Ibid.)

Le changement de direction dont nous avons besoin, il n’est pas possible de le réaliser sans un engagement substantiel à travers l’éducation et la formation. Rien ne sera possible si les solutions politiques et techniques ne sont accompagnées d’un processus d’éducation qui promeuve de nouveaux styles de vie. Un nouveau type de culture. Cela exige une formation destinée à susciter chez les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes et les adultes, l’assimilation d’une culture de protection ; la protection de soi-même, la protection de l’autre, la protection de l’environnement ; en lieu et place de la culture de détérioration et de rejet. Le rejet de soi, de l’autre, de l’environnement. La promotion de la « conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous […] permettrait le développement de nouvelles convictions, attitudes et formes de vie. [C’est] un grand défi culturel, spirituel et éducatif, qui suppo­sera de longs processus de régénération » (Laudato Si’, n. 202), qu’il est encore temps de promouvoir.

Ils sont nombreux les visages, les histoires, les conséquences évidentes chez des milliers de personnes que la culture de la détérioration et du rejet a conduit à sacrifier aux idoles du gain et de la consommation. Nous devons nous protéger d’un triste signe de la « ‘‘mondialisation de l’indifférence’’, qui nous fait lentement nous ‘‘habituer’’ à la souffrance de l’autre, comme si elle était normale » ( Message pour la Journée Mondiale de l’Alimentation, 16 octobre 2013), ou pire encore, qui nous conduit à la résignation face aux formes extrêmes et scandaleuses de ‘‘rejet’’ et d’exclusion sociale, comme sont les nouvelles formes d’esclavage, le trafic des personnes, le travail forcé, la prostitution, le trafic d’organes. « L’aug­mentation du nombre de migrants fuyant la mi­sère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique ; ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internatio­nales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale » ( Laudato Si’, n. 25 ). Ce sont de nombreuses vies, de nombreuses histoires, de nombreux rêves qui se noient dans notre présent. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à cela. Nous n’en avons pas le droit.

Parallèlement à la négligence de l’environnement, depuis un certain temps, nous sommes témoins d’un rapide processus d’urbanisation qui, malheureusement, conduit souvent à une « croissance démesurée et désordonnée de beaucoup de villes qui sont devenues insalubres [et] inefficaces » (Ibid., n. 44). Et ce sont aussi des endroits où se répandent des symptômes préoccupants d’une tragique rupture des liens d’intégration et de communion sociale, qui conduit à l’ « augmentation de la vio­lence et [à] l’émergence de nouvelles formes d’agres­sivité sociale, [au] narcotrafic et [à] la consommation croissante de drogues chez les plus jeunes, [à] la perte d’identité » (ibid. n. 46), au déracinement et à l’anonymat social (cf. ibid. n. 149).

Je voudrais exprimer mon encouragement à tous ceux qui, au niveau local et international, travaillent pour que le processus d’urbanisation devienne un instrument efficace en vue du développement et de l’intégration, afin de garantir pour tous, et surtout aux personnes qui vivent dans les quartiers marginaux, des conditions de vie dignes, garantissant les droits fondamentaux à une terre, à un toit et au travail. Il est nécessaire de promouvoir des initiatives de planification urbaine et de protection des espaces publics qui aillent dans ce sens et prévoient la participation des habitants, essayant de combattre les nombreuses inégalités et les poches de pauvreté urbaine, non seulement économiques, mais aussi et surtout sociales et environnementales. La prochaine Conférence Habitat-III, prévue à Quito en octobre 2016, pourrait être un moment important pour identifier les façons de répondre à ces problématiques.

Dans quelques jours, cette ville de Nairobi, abritera la 10ème Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce. En 1971, face à un monde toujours plus interdépendant, et anticipant de quelques années la présente réalité de la globalisation, mon prédécesseur Paul VI réfléchissait sur la manière dont les relations commerciales entre les Etats pourraient être un élément fondamental pour le développement des peuples ou, au contraire, cause de misère et d’exclusion ( Cf. Paul VI, Populorum progressio, nn. 56-62). Même en reconnaissant tout l’effort réalisé dans ce domaine, il semble qu’on ne soit pas encore arrivé à un système commercial international équitable et totalement au service de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Les relations commerciales entre les Etats, une part indispensable des relations entre les peuples, peuvent tant servir à porter préjudice à l’environnement qu’à l’assainir et le rendre sûr pour les générations futures.

Je forme le vœu que les délibérations de la prochaine Conférence de Nairobi ne soient pas un simple équilibre des intérêts en conflit, mais un vrai service à la sauvegarde de la maison commune et au développement intégral des personnes, surtout des plus défavorisées. En particulier, je veux m’unir aux préoccupations de nombreuses réalités engagées dans la coopération au développement et dans l’assistance sanitaire – dont les congrégations religieuses qui aident les plus pauvres et exclus – préoccupations qui concernent les accords sur la propriété intellectuelle et l’accès aux médicaments ainsi qu’aux soins essentiels de santé. Les Traités de libre commerce régionaux sur la protection de la propriété intellectuelle, en particulier dans le domaine pharmaceutique et biotechnologique, non seulement ne doivent pas limiter les facultés déjà accordées aux Etats par les accords multilatéraux, mais, au contraire, devraient être un instrument pour assurer un minimum d’assistance sanitaire et d’accès aux traitements de base pour tous. Les discussions multilatérales, à leur tour, doivent donner aux pays les plus pauvres le temps, la flexibilité et les exceptions nécessaires à une adaptation ordonnée, et non traumatisante, aux normes commerciales. L’interdépendance et l’intégration des économies ne doivent pas provoquer le moindre préjudice aux systèmes de santé et de protection sociale existants ; au contraire, elles doivent favoriser leur création et leur fonctionnement. Certaines questions de santé, telles que l’élimination du paludisme et de la tuberculose, le traitement des maladies dites ‘‘orphelines’’ et les domaines négligés de la médecine tropicale, réclament une attention politique prioritaire, avant tout autre intérêt commercial ou politique.

L’Afrique offre au monde une beauté et une richesse naturelle qui nous conduisent à louer le Créateur. Ce patrimoine africain et de toute l’humanité est constamment menacé par un risque de destruction, en raison d’égoïsmes humains en tout genre et de l’abus de situations de pauvreté et d’exclusion. Dans le contexte des relations économiques entre les Etats et les peuples, on ne peut cesser de parler des trafics illégaux qui croissent dans un environnement de pauvreté, et qui, à leur tour, alimentent la pauvreté et l’exclusion. Le commerce illégal de diamants et de pierres précieuses, de métaux rares ou de valeur stratégique, du bois et de matériel biologique, ainsi que de produits d’origine animale, comme dans le cas du trafic d’ivoire et le massacre des éléphants qui lui est relatif, alimente l’instabilité politique, le crime organisé et le terrorisme. Cette situation est aussi un cri des hommes et de la terre qui doit être entendu par la Communauté internationale.

Lors de ma récente visite au siège de l’ONU à New York, j’ai pu exprimer le souhait et l’espérance que le travail des Nations Unies et de tous les développements multilatéraux puissent être le « gage d’un avenir sûr et heureux pour les futures générations. Et [il] le sera si les représentants des Etats savent laisser de côté des intérêts sectoriels et idéologiques, et chercher sincèrement le service du bien commun » (Discours à l’ONU, 25 septembre 2015).

Je renouvelle, un fois encore, le soutien de la communauté catholique, et le mien, consistant à continuer de prier et de collaborer pour que les résultats de la coopération régionale qui s’exprime aujourd’hui dans l’Union Africaine et par les nombreux accords africains de commerce, de coopération et de développement, soient mis en œuvre avec vigueur et en tenant toujours compte du bien commun des enfants de cette terre

La bénédiction au Très-Haut soit avec tous et chacun d’entre vous ainsi qu’avec vos peuples. Merci ! »

Matinée du jeudi 26 novembre

Le Pape François a débuté sa deuxième journée au Kenya par une rencontre interreligieuse et œcuménique . Devant les responsables religieux des différentes communautés du pays, musulmans, hindous, religions traditionnelles, anglicans et autres Églises chrétiennes, le Saint-Père a rappelé l’importance du dialogue entre les religions, qui « renforce les liens d’amitié qui existent déjà entre » elles, et se met « au service du bien commun ». Il a présidé ensuite la messe sur le campus de Nairobi.

Devant les leaders religieux réunis dans le salon de la nonciature apostolique à Nairobi, la capitale kényane, François a prôné le dialogue : ce dialogue entre communautés « n’est pas un luxe, ce n’est pas quelque chose de supplémentaire ou d’optionnel », le dialogue « est essentiel, c’est quelque chose dont notre monde, blessé par des conflits et des divisions, a toujours plus besoin. »

Le Saint-Père, en visite pour la première fois sur le continent africain, a évoqué les récents massacres qui ont ensanglanté le Kenya. « Je sais qu’est vivant en vous le souvenir laissé par les attaques barbares à Westgate Mall, à Garissa University College et à Mandera », des attaques meurtrières revendiquées par les islamistes shebab somaliens depuis deux ans.

« Le Nom de Dieu ne doit jamais être utilisé pour justifier la haine et la violence » a martelé le Saint-Père, pointant du doigt la radicalisation de certains jeunes qui « sont rendus extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur, et pour déchirer le tissu même de notre société. » Un seul message, « le Dieu que nous cherchons à servir est un Dieu de paix » a dit le Saint-Père aux responsables religieux, les exhortant à être « des artisans de paix qui invitent les autres à vivre dans la paix, dans l’harmonie et le respect réciproque ». « En regardant l’avenir, prions afin que tous les hommes et toutes les femmes se considèrent comme des frères et des sœurs, pacifiquement unis dans et à travers leurs différences » a ajouté le souverain pontife, appelant enfin à prier ensemble « pour la paix  ».

Messe sur la campus de l’université de Nairobi

Sous la pluie mais dans une atmosphère de grande chaleur humaine, le Pape François a ensuite présidé jeudi matin, 26 novembre, une messe sur le campus de l’université de Nairobi, en présence notamment du président Uhuru Kenyatta, lui-même issu de la minorité catholique, qui représente entre un quart et un tiers de la population kenyane.

Durant cette messe bilingue, en anglais et en swahili, les deux langues officielles du pays (le Psaume ayant lui été chanté dans la langue des Masaï), le Pape François a délivré une homélie (en italien, traduite en anglais) dans laquelle il a salué la qualité des valeurs familiales inscrites dans la vie des Kenyans.

Retrouvez l’homélie du Pape François dans son intégralité :

« La parole de Dieu parle au plus fond de notre cœur. Aujourd’hui Dieu nous dit que nous lui appartenons. Il nous a faits, nous sommes sa famille, et il sera toujours présents pour nous. “Ne craignez pas – nous dit-il – : je vous ai choisis et je vous promets de vous donner ma bénédiction’’ (cf. Is 44, 2-3).

Nous avons entendu cette promesse dans la première lecture. Le Seigneur nous dit qu’il fera jaillir de l’eau dans le désert, dans une terre assoiffée ; il fera en sorte que les enfants de son peuple fleurissent comme de l’herbe, comme des saules luxuriants. Nous savons que cette prophétie s’est accomplie par l’effusion du Saint Esprit à la Pentecôte. Mais nous voyons aussi qu’elle s’accomplit partout où l’Évangile est prêché et où de nouveaux peuples deviennent membres de la famille de Dieu, l’Église. Aujourd’hui nous nous réjouissons parce qu’elle s’est accomplie sur cette terre. Par la prédication de l’Évangile, nous aussi nous sommes devenus participants de la grande famille chrétienne.

La prophétie d’Isaïe nous invite à regarder nos familles et à nous rendre compte combien elles sont importantes dans le plan de Dieu. La société du Kenya a longtemps été bénie par une solide vie familiale, par un profond respect de la sagesse des personnes âgées et par l’amour envers les enfants. La santé de toute société dépend toujours de la santé des familles. Pour leur bien et celui de la communauté, la foi dans la parole de Dieu nous appelle à soutenir les familles dans leur mission à l’intérieur de la société, à accueillir les enfants comme une bénédiction pour notre monde, et à défendre la dignité de tout homme et de toute femme, puisque nous sommes tous frères et sœurs dans l’unique famille humaine.

Par obéissance à la Parole de Dieu, nous sommes aussi appelés à résister aux pratiques qui favorisent l’arrogance chez les hommes, qui blessent ou méprisent les femmes, qui ne prennent pas soin des anciens et qui menacent la vie des innocents qui ne sont pas encore nés. Nous sommes appelés à nous respecter, à nous encourager mutuellement, et à rejoindre tous ceux qui sont dans le besoin. Les familles chrétiennes ont cette mission spéciale : rayonner l’amour de Dieu et répandre l’eau vivifiante de son Esprit. Ceci est particulièrement important aujourd’hui, parce que nous assistons à l’avancée de nouveaux déserts créés par une culture de l’égoïsme et de l’indifférence envers les autres.

Ici, au cœur de cette Université, où les esprits et les cœurs des nouvelles générations sont formés, je lance un appel particulier aux jeunes de la nation. Que les grandes valeurs de la tradition africaine, la sagesse et la vérité de la Parole de Dieu, ainsi que le généreux idéalisme de votre jeunesse, vous guident dans l’engagement à former une société qui soit toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine. Que les besoins des pauvres vous soient toujours à cœur ; rejetez tout ce qui conduit au préjugé et à la discrimination, parce que ces choses – nous le savons – ne sont pas de Dieu.

Tous nous connaissons bien la parabole de Jésus sur l’homme qui a construit sa maison sur le sable plutôt que sur le roc. Quand les vents ont soufflé, elle est tombée et sa ruine a été grande (cf. Mt 7, 24-27). Dieu est le rocher sur lequel nous sommes appelés à construire. Il nous le dit dans la première lecture, et il nous demande : « Y a-t-il un Dieu en dehors de moi ? » (Is 44, 8).

Quand Jésus ressuscité affirme dans l’Évangile de ce jour : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 18), il nous dit que lui-même, le Fils de Dieu, est le rocher. Il n’y en a pas d’autre que lui. Unique Sauveur de l’humanité, il désire attirer à lui les hommes et les femmes de toute époque et de tout lieu, afin de pouvoir les conduire au Père. Il veut que tous nous construisions notre vie sur le fondement solide de sa Parole.

Cela c’est la tâche que le Seigneur attribue à chacun de nous. Il nous demande d’être des disciples missionnaires, des hommes et des femmes qui rayonnent la vérité, la beauté et la puissance de l’Évangile qui transforme la vie. Des hommes et des femmes qui soient des canaux de la grâce de Dieu, qui permettent à sa miséricorde, à sa bienveillance et à sa vérité de devenir les éléments pour construire une maison qui demeure solide. Une maison qui soit un foyer où les frères et sœurs vivent enfin en harmonie et dans le respect réciproque, dans l’obéissance à la volonté du vrai Dieu, qui nous a montré, en Jésus, la voie vers cette liberté et cette paix auxquelles tous les cœurs aspirent.

Que Jésus, le Bon Pasteur, le rocher sur lequel nous construisons nos vies, vous guide ainsi que vos familles sur la voie du bien et de la miséricorde, tous les jours de votre vie. Qu’il bénisse de sa paix tous les habitants du Kenya.

« Soyez forts dans la foi ! N’ayez pas peur ! ». Car vous appartenez au Seigneur.

Mungu awabariki ! (Que Dieu vous bénisse !)

Mungu abariki Kenya ! (Que Dieu bénisse le Kenya !) »

25 Novembre 2015

Le Saint-Père débute aujourd’hui son onzième voyage apostolique. Pendant six jours, du 25 au 30 novembre, il visitera trois pays : le Kenya, l’Ouganda et la République centrafricaine, aux confins de l’Équateur. Cette dernière étape, la Centrafrique, l’un des pays les plus pauvres du monde, déchiré depuis plus de trois ans par une guerre civile, présentera de réelles difficultés logistiques et sécuritaires.

Le Pape François est arrivé au Kenya, première étape de son premier voyage sur le continent africain. Son avion a atterri ce mercredi 25 novembre 2015 sur le tarmac de l’aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi vers 14h39 heure de Rome, soit 16h39 heure locale. Il a été accueilli par des chants et des danses et par le président de la République du Kenya, Uhuru Kenyatta ainsi que le cardinal John Njue, archevêque de la ville.

Le Pape François était attendu avec beaucoup d’espérance au Kenya, un pays « qui a connu des attaques terroristes, la corruption, des divisions ethniques négatives et des politiques de division dans un passé récent » ont rappelé les évêques du Kenya quelques jours avant l’arrivée du Saint-Père, « facteur d’unification de la nation ». Ces deux jours au Kenya seront notamment marqués par une rencontre interreligieuse avec les musulmans, les hindous, les religions traditionnelles et les autres Églises chrétiennes le jeudi 26 novembre.

En fin d’après-midi, le Saint-Père a retrouvé le président Uhuru Kenyatta pour une visite de courtoisie. Devant le corps diplomatique et de nombreuses personnalités de la vie politique, économique et culturelle kenyane, le Saint-Père a prononcé un premier discours.

Découvrez le discours du pape devant les autorités dans son intégralité :

« Monsieur le Président,

Honorables membres du Gouvernement et dirigeants civils,

Distingués membres du Corps Diplomatique

Mes frères Evêques,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très reconnaissant pour votre accueil chaleureux à l’occasion de cette visite, ma première en Afrique. Je vous remercie, Monsieur le Président, pour votre aimable adresse au nom du peuple kényan et je me réjouis de mon séjour au milieu de vous. Le Kenya est une nation jeune et vigoureuse, une société d’une riche diversité qui joue un rôle important dans la région. De plusieurs manières, votre expérience de forger une démocratie est partagée par beaucoup d’autres nations africaines. Comme le Kenya, elles travaillent aussi à bâtir, sur de solides fondations de respect mutuel, de dialogue et de coopération, une société multiethnique vraiment harmonieuse, juste et inclusive.

Votre nation est également une nation de jeunes. Durant ces jours, je désire ardemment rencontrer beaucoup d’entre eux, parler avec eux et encourager leurs espérances ainsi que leurs aspirations pour l’avenir. Les jeunes sont les ressources les plus précieuses de toute nation. Les protéger, investir en eux et leur tendre une main secourable, sont la meilleure façon dont nous pouvons assurer un avenir digne de la sagesse et des valeurs spirituelles chères à leurs aînés, valeurs qui sont le cœur et l’âme d’un peuple.

Le Kenya a été béni non seulement par son immense beauté, par ses montagnes, ses rivières et ses lacs, ses forêts, ses savanes et semi-déserts, mais aussi par des ressources naturelles abondantes. Les Kenyans apprécient à leur juste valeur ces trésors de Dieu et sont connus pour une culture de sauvegarde qui vous honorent. La grave crise environnementale qui menace notre monde demande une sensibilité toujours croissante à la relation entre les êtres humains et la nature. Nous avons la responsabilité de transmettre la beauté de la nature dans son intégralité aux futures générations, et l’obligation de bien administrer les dons que nous avons reçus. Ces valeurs sont profondément enracinées dans l’âme africaine. Dans un monde qui continue d’exploiter plutôt que de protéger notre maison commune, elles doivent inspirer les efforts des dirigeants nationaux à promouvoir des modèles responsables de développement économique.

En effet, il y a un lien évident entre la protection de la nature et la construction d’un ordre social juste et équitable. Il ne peut y avoir aucun renouvellement de notre relation avec la nature sans un renouvellement de l’humanité elle-même (cf. Laudato Si’, n. 118). Dans la mesure où nos sociétés connaissent des divisions, qu’elles soient ethniques, religieuses ou économiques, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté sont appelés à travailler pour la réconciliation et la paix, le pardon et l’apaisement. Dans l’œuvre de construction d’un ordre démocratique solide, par le renforcement de la cohésion et de l’intégration, de la tolérance et du respect des autres, la poursuite du bien commun doit être le premier objectif. L’expérience montre que la violence, le conflit et le terrorisme se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration. Enfin, la lutte contre ces ennemis de la paix et de la prospérité doit être menée par des hommes et des femmes qui croient fermement et rendent un témoignage sincère aux grandes valeurs spirituelles et politiques qui ont inspiré la naissance de la nation.

Mesdames et Messieurs, la promotion et la préservation de ces grandes valeurs sont confiées de manière spéciale à vous, les dirigeants de la vie politique, culturelle et économique de votre pays. C’est une grande responsabilité, un vrai appel au service du peuple kenyan tout entier. L’Evangile nous dit qu’à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé (cf. Lc 12, 48). Dans cet esprit, je vous encourage à travailler avec intégrité et transparence pour le bien commun, et à promouvoir l’esprit de solidarité à chaque niveau de la société. Je vous demande en particulier de montrer un vrai souci des besoins des pauvres, des aspirations des jeunes ainsi que d’une juste distribution des ressources naturelles et humaines dont le Créateur a doté votre pays. Je vous assure des efforts inlassables de la communauté catholique, par ses œuvres éducatives et caritatives, pour offrir sa contribution spécifique dans ces domaines.

Chers amis, on m’a dit qu’ici au Kenya, c’est une tradition pour les jeunes écoliers de planter des arbres pour la postérité. Puissent ce signe éloquent d’espérance dans l’avenir et la confiance dans la croissance que Dieu donne, vous soutenir tous dans vos efforts pour cultiver une société de solidarité, de justice et de paix sur la terre de ce pays et partout dans ce grand Continent africain. Je vous remercie une fois encore pour votre accueil chaleureux et sur vous ainsi que sur vos familles, et sur tout le cher peuple kenyan, j’invoque d’abondantes bénédictions du Seigneur.

Mungu abariki Kenya !

Que Dieu bénisse le Kenya ! »

(Avec R. V.)

Programme du voyage du pape François en Afrique

Mercredi 25 novembre 2015

7h45 Départ en avion de l’aéroport Fiumicino de Rome pour Nairobi au Kenya
17h Arrivée à l’aéroport international “Jomo Kenyatta” de Nairobi
Cérémonie de bienvenue à la State House
18h Visite de courtoisie au Président de la République à la State House à Nairobi

Jeudi 26 novembre 2015

8h15 Rencontre interreligieuse et œcuménique dans le salon de la Nonciature apostolique à Nairobi
10h Messe au Campus de l’Université de Nairobi
15h45 Rencontre avec le clergé, les religieux, les religieuses et les séminaristes sur le terrain de sport de l’école St Mary
17h30 Visite à l’U.N.O.N.

Vendredi 27 novembre 2015

8h30 Visite au quartier pauvre de Kangemi à Nairobi
10h Rencontre avec les jeunes au stade Kasarani
11h15 Rencontre avec les évêques du Kenya dans la salle VIP du stade 15h10 Cérémonie de congé à l’aéroport international “Jomo Kenyatta” de Nairobi
15h30 Départ en avion de Nairobi pour Entebbe

16h50 Arrivée à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda
Cérémonie de bienvenue
17h30 Visite de courtoisie au Président à la State House à Entebbe
18h Rencontre avec les autorités et le Corps diplomatique dans la salle de
conférence de la State House
19h15 Visite à Munyonyo et salut aux catéchistes et enseignants

Samedi 28 novembre 2015

8h30 Visite au sanctuaire anglican des martyrs de Namugongo
9h Visite au sanctuaire catholique des martyrs de Namugongo
9h30 Messe pour les martyrs d’Ouganda près du sanctuaire catholique
15h15 Rencontre avec les jeunes à Kololo Air Strip à Kampala
17h Visite à la Maison de charité de Nalukolongo
18h Rencontre avec les évêques d’Ouganda à l’Archevêché
19h Rencontre avec les prêtres, religieux, religieuses et séminaristes dans la cathédrale

Dimanche 29 novembre 2015

9h Cérémonie de congé à l’aéroport d’Entebbe
9h15 Départ en avion d’Entebbe pour Bangui en République centrafricaine
10h Arrivée à l’aéroport international “M’Poko” de Bangui
Cérémonie de bienvenue
11h Visite de courtoisie au Président de l’état de transition au Palais présidentiel “de la Renaissance”
11h30 Rencontre avec la classe dirigeante et avec le corps diplomatique
12h15 Visite au camp de réfugiés
13h Rencontre avec les évêques de la République centrafricaine
16h Rencontre avec les communautés évangéliques au siège de la FATEB (Faculté de théologie évangélique de Bangui)
17h Messe avec les prêtres, religieux, religieuses, catéchistes et jeunes en la cathédrale de Bangui
19h Confession de quelques jeunes au début de la veillée de prière sur l’esplanade devant la cathédrale

Lundi 30 novembre 2015

8h15 Rencontre avec la communauté musulmane à la mosquée centrale de Koudoukou à Bangui
9h30 Messe dans le stade du complexe sportif Barthélémy Boganda
12h15 Cérémonie de congé à l’aéroport international “M’Poko” de Bangui

12h30 Départ en avion pour Rome
18h45 Arrivée à l’aéroport Ciampino de Rome

Fuseau horaire :

Rome : +1h UTC
Nairobi : +3h UTC
Entebbe : +3h UTC
Bangui : +1h UTC

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    Michel DEGLISE
    Conseiller de l’Évêque à la Communication
    Secrétaire général de la Communication du diocèse,
    administrateur délégué du site internet diocésain, directeur de la rédaction.


    F - 97207 Fort-de-France cedex
    Tél. +596 596 63 70 70
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