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        Retour sur la Fête de Notre-Dame de la Délivrande

Retour sur la Fête de Notre-Dame de la Délivrande

Samedi 30 Août 2014

Samedi 30 Août, à 10h, très nombreux étaient les fidèles du diocèse présents dans la basilique du Morne Rouge, encore une fois trop petite pour les accueillir tous, pour fêter dans la joie et le recueillement la Sainte patronne de notre diocèse. En l’absence de Mgr Michel Méranville, à qui ses médecins ont conseillé un temps de repos, c’est le père Marcel Crépin, vicaire épiscopal, qui a présidé cette messe de clôture du pèlerinage 2014, concélébrée par 21 prêtres ; 7 diacres assuraient le service de la liturgie. La chorale Notre dame de la Délivrande a animé la célébration.


La prédication de cette messe de clôture a été assurée par le père Patrick-Alexis Phanor, curé de la paroisse du Morne Rouge et recteur du Sanctuaire diocésain.

Nous vous proposons de retrouver son homélie au titre parlant, "Le Calme après la tempête" :

« Monseigneur, qui nous écoutez certainement sur les ondes de Radio St Louis, pas seulement l’Evangile par dessus les toits, mais plus encore dans les cœurs, vous chers frères prêtres et diacres, chers religieuses et toi Frère Gilles [ Danroc, op ] présent ici, vous fidèles du diocèse venus des quatre coins de l’île, amis auditeurs de Radio St Louis, des récits de tempêtes, il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour en trouver dans chaque vie humaine. Il y a des orages qui balaient tout, qui bouleversent tout ce que nous avions construit. Il y a des événements dans nos existences qui nous déstabilisent complètement. Un accident, un conflit, un deuil, une catastrophe...
Ce sont des tempêtes extérieures à nous qui nous tombent dessus, et qui menacent de tout détruire. C’est effectivement ce qui arrive aux disciples et à Jésus dans leur barque : la tempête qui les menace est un phénomène tout à fait connu sur le lac de Génésareth. Car ce lac est comme une cuvette, avec un niveau de l’eau à moins 200 mètres en dessous du niveau de la mer et tout entouré de hautes collines. Les habitants de la région savent bien que son aspect peut changer d’un coup. Après quelques journées de chaleur, le vent peut se lever d’un coup et tomber presque verticalement sur la surface de l’eau. Cela provoque de grandes vagues, qui font penser à une tempête. Et puis d’un coup, tout s’arrête, le vent disparaît, et le calme revient, au point qu’on a du mal à croire ce qui était arrivé. Mais pour ceux qui se sont trouvé sur le lac au moment de ce phénomène, c’est effectivement très périlleux.
Et cela dit, quand les tripes sont malmenées, quand la peur s’installe, quand on ne sait plus comment faire face. Certaines tempêtes ont été traversées, d’autres sont à venir. Les anciens en gardent les cicatrices, les enfants ne savent pas encore ce qu’ils auront à affronter. Ce qui compte, ce n’est pas de chercher à éviter de telles tempêtes : elle tombent sur chacun sans crier gare. Mais ce qui compte c’est de trouver des moyens de traverser de telles tempêtes et d’en ressortir vivants.

Les tempêtes sont physiques, morales, sociales, spirituelles. La tempête, comme le désert, est une des formes que prennent les épreuves de l’existence. A la différence du désert qui met la patience à rude épreuve, la tempête malmène nos équilibres.
Quand nous sommes pris dans une tempête, comme des marins secoués sur un bateau ivre, nous ne trouvons plus le temps de retrouver notre équilibre. Il nous faut en permanence courir à gauche et à droite pour rester debout sur le pont de notre vie et pour ne pas passer par-dessus bord.

Dans une tempête, ce qui est typique, c’est que les marins ne savent plus où donner de la tête. Les priorités sont difficiles à discerner. Faut-il écoper, ou ramer, ou ramener les voiles, ou encore tenir le gouvernail pour faire face aux vagues ?
Dans une tempête de vie, il en va de même : faut-il s’occuper de ce problème ? faut-il consacrer du temps à gagner sa vie ou à soigner telle ou telle relation. Faut-il laisser tomber la mise sur pied de ce projet pour prendre le temps de se soigner ? Nombreux sont ceux aujourd’hui, qui sont pris dans de tels dilemme dans l’urgence. Ceux qui en profitent ce sont les psychologues et les vendeurs de vitamines, de fortifiants et d’aspirine.

Et je constate ceci : quand je cours de toutes parts pour pallier au plus pressé, quand je ne sais plus où donner de la tête, quand je perds mon calme et que je commence à voir que certaines choses vont tomber à l’eau parce que personne ne s’en occupe. Alors il y a bien une chose que je ne supporte pas, et j’imagine qu’il doit en aller de même pour vous : je ne supporte pas de voir quelqu’un les bras croisés, je supporte difficilement la vue de quelqu’un qui ne partage pas mes soucis.
Et j’imagine que Pierre, le disciple-pêcheur, doit être atterré – si j’ose dire – de constater le sommeil de Jésus au cœur de cette tempête. Le calme de Jésus est ahurissant. Or, lorsque nous sommes pris dans une tourmente de vie, il nous faut peut-être pourtant, regarder à l’arrière de notre barque pour voir si Jésus ne s’y est pas installé pour dormir. Et si c’est le cas, alors, je vous propose de bien sentir cette émotion en le voyant dormir, émotion qui est celle de Pierre : Maître, nous allons périr, cela ne te fait donc rien ? …

On pourrait se poser plusieurs question autour de ce sommeil. Je vois trois manière de comprendre ce Jésus endormi : Première question : est-ce parce qu’il dort que les éléments se déchaînent ? Si c’est le cas, l’action de Pierre est salutaire. Peut-être que dans nos tempête, nous aussi il nous faut réveiller Jésus parce que ce n’est pas notre détresse qui le réveille, c’est notre appel au secours. Ce n’est pas la tempête qui l’a réveillé, c’est le cri de Pierre.

Mais on peut aussi penser que si Jésus dort - alors que sa vie est menacée au même titre que celles de ses disciples - c’est parce qu’il a confiance en ses disciples. Il croit en leur capacité de traverser cette tempête. En regardant Jésus dormir au cœur de notre tourment, c’est peut-être aussi une invitation à prendre conscience qu’il considère que nous avons suffisamment de ressources pour nous en sortir vivants. Pas forcément indemnes, mais vivants.

Finalement, en regardant Jésus dormir, je peux aussi me demander, s’il est vraiment dans la tempête. Les disciples essuient une tempête, mais Jésus s’y trouve-t-il vraiment lui aussi ? Je m’explique : La tempête ne serait-elle pas le résultat de l’état d’esprit et de l’état spirituel des disciples ? Autrement dit : La tempête est-elle extérieur ou intérieur ?

L’expérience nous montre en tout cas, dans bien des situations, qu’il suffit de calmer nos tourmentes intérieures, pour que se calme la tempête autour de nous. Nos peurs ont une efficacité redoutables pour malmener nos barques, et pour projeter sur la réalité des tempêtes qui ne sont en fait, qu’à l’intérieur de nous. Respirer un bon coup, profondément, et voilà que le paysage déjà s’apaise autour de nous.

Ceci pourrait signifier, symboliquement, que tandis que les disciples sont dans la tourmente, Jésus, lui, ne s’y trouve pas. Et c’est pour cela qu’il dort. Il n’est pas dans la même réalité que ses disciples. Et, une fois réveillé, sans participer une seconde à la peur des disciples, il suffit que Jésus rayonne de son calme intérieur, pour que les éléments extérieurs se calment.

De ces trois façons d’interpréter cette tempête et ce sommeil de Jésus, il n’y en a pas une de plus juste qu’une autre. Ce sont trois facettes je crois d’une même réalité. L’interprétation la plus importante, c’est celle qui nous aide à vivre l’essentiel, c’est-à-dire le passage, entendons la Pâque de la tempête au calme. Et c’est ce que j’aime goûter dans cette histoire, c’est ce calme, après la tourmente. J’aime lire et relire ce récit pour vivre ce passage intérieurement, pour sentir ce contraste saisissant entre la tourmente et le calme, dès que Jésus se lève.

Ce qui est essentiel, c’est ce passage, parce que c’est comme je vous l’ai dit il y a quelques instants, c’est un récit de Pâque, c’est un récit de Résurrection. L’évangéliste ne laisse que peu de doute à ce sujet. Le réveil de Jésus, c’est le même mot que les chrétiens utilisent pour dire que Jésus s’est réveillé d’entre les morts. Quand Jésus se réveille dans la barque, c’est sa puissance de Résurrection qui est à l’œuvre. Or sa Résurrection n’est pas une bonne affaire pour lui, c’est une bonne affaire pour nous. C’est ce réveil qui permet, dans nos vies, le passage bienfaisant du tourment à la paix.

Ce texte biblique au fondement de la création de notre diocèse de Martinique, nous devrions le relire, et nous en imprégner, chaque fois que nous ne savons plus comment faire face aux exigences qui nous assaillent. C’est cette grâce que j’ai eu ici au Morne Rouge au moment où mois notre Eglise diocésaine était en pleine tourmente, célébrer à l’oratoire du presbytère avec quelques fidèles grand priants et intercesseurs une Messe à Notre-Dame de la Délivrande pour réentendre ces mots de la part Jésus : et prier pour mon Evêque et mes frères prêtres. Parce que, si nous nous en imprégnons, alors le miracle se reproduit : le calme, la confiance, la paix, retrouvent leur empire en nous, par la puissance de la Résurrection de Jésus, par la puissance de Pâques aujourd’hui. Et les vagues qui remplissaient notre barque sont soudain tenues à distance, elle ne peuvent plus rien et s’apaisent.

Jésus est là. La confiance et le calme dont il a fait preuve face aux éléments déchaînés de la croix, ce calme et cette confiance déteignent en nous et nourrissent notre âme. Il est là, il est réveillé, debout sur la barque, faisant face au vent et aux vagues, comme un rempart face à l’adversité. Il domine ce monde des démons qu’est la mer. Alors il y eut un grand calme.

Jésus lui-même s’était identifié à Jonas. Les 3 jours de Jonas dans le ventre du poisson correspond aux 3 jours qu’il s’apprête lui-même à passer dans les entrailles de la mort. Et de même que c’est la perte de Jonas, passant par-dessus bord, qui calme la colère des flots, de même Jésus va, lui-aussi, apaiser nos tempêtes par le Pardon scellé à la croix. Ce pardon qui rétablit un lien indestructible entre le croyant et son Père céleste.

Pour l’heure, pourtant, Jésus ne se jette pas dans les flots furieux, non, il indique déjà à ses disciples, que, dans leur barque, il y a plus que Lui. Et il annonce déjà sa victoire sur les éléments destructeurs. Et la mer s’apaise. Et au milieu de ce grand calme : une question : Pourquoi avez-vous si peur, n’avez-vous pas encore confiance ? Ainsi parle pourtant le Seigneur par la bouche d’Esaïe : c’est dans la tranquillité et le repos que sera votre Salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force.

Cette expérience de la tempête a certainement été nécessaire aux disciples pour croire à la Résurrection au lendemain de Pâques. De même, les expériences que nous pouvons vivre de notre vivant, les tempêtes que Jésus apaise au long de nos jours, nous sont aussi certainement nécessaire pour marcher au-devant de notre propre mort, avec le calme et la confiance en cette Résurrection.

Sœurs et frères, en cette fête de la Sainte Patronne de Notre Diocèse, Marie, Notre-Dame de la Délivrande, Porte du Ciel et Mère de l’Espérance, peut nous apprendre à dire « oui », jour après jour, à Celui qui est la Source même de la Résurrection et de tout Amour. Et quand bien même le doute et la peur viendraient nous envahir et menaceraient notre paix intérieure, adressons-nous à Marie, l’Etoile de la Mer, comme Saint Bernard a su le faire en écrivant ce texte magnifique :

" Dans la tempête, regarde l’étoile, invoque Marie !
Ô toi, qui que tu sois, qui dans cette marée du monde, te sens emporté à la dérive parmi orages et tempêtes, plutôt que sur la terre ferme, ne quitte pas les feux de cet astre, si tu ne veux pas sombrer dans la bourrasque.
Quand se déchaînent les rafales des tentations, quand tu vas droit sur les récifs de l’adversité, regarde l’étoile, appelle Marie !
Si l’orgueil, l’ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues, regarde l’étoile, crie vers Marie !
Si la colère ou l’avarice, si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme, regarde vers Marie !
Quand, tourmenté par l’énormité de tes fautes, honteux des souillures de ta conscience, terrorisé par la menace du jugement, tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.
Dans les dangers, dans les angoisses, dans les situations critiques, pense à Marie, crie vers Marie !
Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton cœur, et pour obtenir la faveur de ses prières, ne cesse pas d’imiter sa vie. "

Qu’il en soit ainsi, Amen Alléluia ! »

A la fin de la célébration, le diacre Paul Rougon, a rappelé que le pèlerinage diocésain 2014 s’était déroulé du 21 au 30 août avec la participation des mouvements diocésains, des équipes liturgiques et des chorales des districts du diocèse qu’il a remerciés pour leur engagement. Il a salué également tous les membres du comité d’organisation et de la paroisse qui ont permis par leur dévouement d’accueillir les nombreux pèlerins venus en pèlerinage pendant ces neuf jours et notamment le 30 août, jour de la fête solennelle de Notre-Dame de la Délivrande. Il n’a pas oublié non plus de dire merci à tous les pèlerins venus très nombreux cette année et à tous ceux qui par leurs dons permettent d’améliorer les conditions d’accueil proposé par le sanctuaire

Radio Saint Louis a retransmis en direct cette belle fête diocésaine, et pour la première fois, grâce au partenariat avec le Service Diocésain de Radio Télévision, les auditeurs ont également pu suivre cette retransmission en images sur la webtv Saint Louis ( par le site internet www.radiosaintlouis.com).

En savoir +

Vous pouvez retrouver dès maintenant la vidéo de l’homélie du Père Patrick-Alexis Phanor sur la Webtv de Radio Saint Louis : rendez-vous sur le site www.radiosaintlouis.com puis cliquez sur l’icône de la webtv Saint Louis au centre de la page d’accueil.

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    Michel DEGLISE
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