Eglise catholique de Martinique
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Saint Louis, un modèle à suivre

Lundi 25 Août 2014

Voici le texte de l’homélie préparée par Mgr Michel Méranville pour la fête de Saint Louis, Saint Patron de la Cathédrale de Fort de France.


Nous sommes réunis pour remercier le Seigneur de nous avoir donné Saint Louis, comme Patron de notre cathédrale.

Mais tout d’abord , pour l’Eglise, qu’est-ce qu’un patron ?

Les couturières d’un certain âge qui sont parmi nous se souviennent sans doute de l’époque où il n’existait pas encore de « prêt à porter ». C’étaient les couturières et les couturiers qui confectionnaient robes et costumes. Et pour cela, ils disposaient d’un modèle de robe, de chemise ou de pantalon, réalisé en papier fort ou en carton . Il suffisait de déposer ce modèle sur une pièce de tissu et de découper le tissu en suivant les contours de ce modèle : on disait alors « tailler ». Ensuite il n’y avait plus qu’à faire l’assemblage et la couture pour obtenir le vêtement désiré. Ce modèle s’appelait « un patron ».

Pour notre Eglise, un Patron est une personne homme ou femme qui joue à peu près le même rôle vis à vis des chrétiens. C’est à dire que les chrétiens peuvent prendre modèle sur cette personne, se calquer sur elle, en quelque sorte l’imiter dans ce qu’elle a d’exemplaire, afin de suivre le Christ comme cette personne l’a suivi et servi.

Un Patron est aussi un Saint ou une Sainte chargé de donner l’exemple à toute une communauté religieuse et de la prendre ainsi sous sa protection, en intercédant pour elle auprès de Dieu.
Donc, Saint Louis a été choisi comme Patron et protecteur de la Cathédrale, sans doute parce qu’il était le saint Patron de monsieur de Valmenière qui avait donné à l’Eglise le terrain sur lequel est construit la cathédrale, mais aussi pour honorer le roi de France qui portait le même nom et surtout parce que Louis avait été un roi éminent par sa foi, sa vie et ses actes.

Mais, qui était Saint Louis ?

Saint Louis est venu au monde le 25 avril 1214. Cette année, on a fêté le huitième centenaire de sa naissance.
Il était fils du roi de France Louis VIII et de son épouse Blanche de Castille.
Huit jours après sa naissance Louis a été baptisé dans l’Eglise de Poissy, pas loin de Paris, qui existe encore de nos jours. Ses parents et particulièrement sa maman avaient tenu à donner très tôt à cet enfant une rigoureuse éducation chrétienne.
On se souvient sans doute de ces paroles que Blanche de Castille adressait à son fils, alors qu’elle lui apprenait à faire le bien et à haïr le mal , elle lui disait : « Mon Fils, je préférerais vous voir mort à mes pieds que de vous savoir en état de péché mortel. »
Elle avait inculqué à son enfant un tel sentiment de respect et de considération pour le baptême qui avait fait de lui un enfant de Dieu que Louis, au lieu de se faire appeler « Louis de France » comme cela convenait à sa condition de Roi, préférait dans les grandes circonstances décliner son nom comme « Louis de Poissy » en référence à cette Eglise de Poissy qui avait été celle de son baptême, car disait-il, « C’est par mon baptême que je suis devenu enfant de Dieu et de l’Eglise ce qui est bien plus noble que d’être descendant de roi ».

Louis a 12 ans lorsque meurt son père. Il est alors désigné pour lui succéder comme roi de France . Mais comme il n’est encore qu’un enfant c’est sa mère Blanche de Castille qui gouvernera à sa place avec le titre de Régente.
Cependant elle initiera son fils à toutes ses responsabilités de roi, mais aussi de chrétien. Elle en fera un excellent cavalier, un homme plein de courage, capable de commander ses sujets et d’aller au combat, mais aussi un homme de prière, familier des saintes Ecritures, et féru de théologie. Surtout un homme Juste et humble, respectant les pauvres et leur faisant souvent une place à sa table.

Lorsque Louis parvient à l’âge de Vingt ans, sa mère le marie à Marguerite de Provence avec laquelle il aura 11 enfants.
Pour s’acquitter d’un vœu qu’il avait fait : celui de délivrer le tombeau du Christ occupé par les Sarrasins, Louis accompagné de sa femme, part pour la Terre Sainte en 1248. Ce sera pour lui sa première croisade, mais la septième effectuée à l’époque, qui débutera bien, par un succès : la prise de la ville de Damiette, mais se terminera par l’échec du roi devant la Manshoura non loin du Caire et sa captivité qui durera 4 ans. Au terme desquels le roi sera libéré moyennant le versement d’une très lourde rançon de 500.000 livres de l’époque.

De retour en France où sa mère était morte entre temps, Louis se consacrera d’avantage encore à faire le bien en s’efforçant d’être un homme juste et charitable.
Il interdit les duels. Il privilégie tout ce qui peut amener les adversaires à se réconcilier.
Lui même consacre beaucoup de temps à la prière, à la messe quotidienne, il fait partie du Tiers Ordre de Saint François.

Il reçoit à sa table des théologiens comme Saint Bonaventure et Saint Thomas d’Aquin, Robert de Sorbon avec lequel il fonde la Sorbone en 1257 pour permettre à des jeunes de condition modeste de poursuivre leurs études à Paris. (La Sorbonne existe encore).

Il a un grand souci de la justice. Il aimait d’ailleurs rendre justice lui-même à l’ombre d’un chêne devenu légendaire, près de son château de Vincennes. Et pour s’assurer que la justice soit bien rendue à tous ses sujets indépendamment de leur condition sociale il créa les Juridictions d’appel, les cours d’appel où les petits peuvent venir se plaindre s’ils ont le sentiment que la Justice a privilégié les Seigneurs et les riches à leur dépens.

Il reçoit souvent à sa table des pauvres qu’il sert lui-même et auxquels il lui arrive de leur laver les pieds. Pour accueillir les croisés qui revenaient au pays souvent estropiés et avec des yeux crevés il fonda l’hospice des Quinze-Vingt, hôpital appelé ainsi parce qu’il pouvait accueillir 300 personnes soit Quinze fois vingt personnes ; cet hôpital existe encore de nos jours sous ce même vocable et s’est spécialisé dans l’ophtalmologie.

Parmi les réalisations dont nous devons l’initiative à Saint Louis, il y a entre autres la Sainte Chapelle qu’il a fait construire pour accueillir les reliques de la Couronne d’épines posée sur la tête du Christ pendant la passion. Ce joyau d’architecture gothique se trouve dans la cour du palais de justice de Paris.
Il faudrait davantage de temps pour évoquer tout ce que ce roi du Moyen Age a fait et qui conserve de nos jours encore une grande actualité, tel son effort pour donner à l’Europe une monnaie unique et pour fédérer des Etats qui passaient leur temps à se faire la guerre.

Aujourd’hui on reproche beaucoup à Saint Louis ses croisades. En effet en dépit de sa captivité en Egypte, Louis ne rêvait que de retourner en Terre Sainte pour libérer définitivement le pays du Christ en convertissant les musulmans.
En 1270 il organise donc la huitième croisade qui sera aussi la dernière, mais il ne peut aller plus loin que Carthage, l’actuelle Tunis, car la maladie a raison de lui et il meurt le 25 aout 1270 à l’âge de 56 ans.

Son corps est ramené en France après de nombreuses vicissitudes puisqu’on dût le faire bouillir dans du vinaigre pour détacher ses chairs de son squelette . Et c’est après un voyage de plus d’un an en 1271 que ses obsèques furent célébrées à Notre-Dame de Paris.

En 1297 Saint Louis était canonisé par le Pape Boniface VII.
Il y a bien sûr des comportements de Saint Louis que nous avons du mal à admettre de nos jours, tels son intolérance vis à vis des Cathares (considérés comme hérétique) des juifs qu’il marginalisa dans son Royaume, des Sarrasins qu’il voulait convertir de gré ou de force. Et ces croisades qui sont à nos yeux des expéditions coloniales.) Mais il faut replacer tout cela dans le contexte du temps et dans le souci de Louis de combattre tout ce qui selon lui, s’opposait au Christ.

Néanmoins nous pouvons nous réjouir de l’avoir pour saint Patron. C’est un homme jeune, fort, en bonne santé, riche, puissant qui choisit de servir le Christ et de lui consacrer toutes ses énergies. Il se sanctifie, non pas en fuyant le monde. Mais en ayant une vie familiale exemplaire. En se consacrant à ses onze enfants. En exerçant consciencieusement ses responsabilités de chef d’Etat. En s’efforçant d’être honnête en respectant sa parole donnée, la vérité dans ses relations. En ayant pour idéal la paix. En souhaitant ramener au Christ ceux qui étaient loin de lui.
En ces temps où les chrétiens sont tentés de fuir les réalités de la vie en pensant qu’il suffit de prier et de chanter pour que le monde change, Louis nous rappelle que nous avons surtout à faire comme le Fils de Dieu qui s’est incarné, qui s’est fait charpentier, qui a pris du pain et du vin pour en faire les signes de son corps et de sa présence au milieu de nous. Afin que nous ayons assez de foi pour le croire lorsqu’il nous dit : « Tout ce que vous faites au plus petit d’entre vos frères, c’est à moi que vous le faites. »

Comme nous le rappelle l’Evangile de ce jour que nous écoutons dans Matthieu au chapitre 23(versets 13 à22), le Seigneur nous invite à distinguer l’essentiel de l’accessoire et à nous mettre à l’oeuvre dans ce monde Pour que son règne vienne, par plus de justice, plus de charité et plus d’amour.

Louis avait compris ce message . Jusqu’à sa mort il a voulu être au service de sa famille, de son pays, de son Eglise, des plus pauvres et des plus nécessiteux . Puisqu’il est le Patron de la Paroisse mère du Diocèse, qu’il nous donne de savoir à notre tour mettre en pratique son exemple.

« Tu nous as choisis pour servir en ta présence » dira tout à l’heure la prière Eucharistique, que le Seigneur nous donne de comprendre comme Saint Louis, que c’est par nos actes que nous témoignerons de notre fidélité à sa Parole.
Amen

Dans l’abside de notre Cathédrale 5 vitraux évoquent des scènes de la vie de Saint Louis que je viens d’évoquer. ( Avec sa mère Blanche de Castille qui lui enseigne la Parole de Dieu, le catéchisme. Louis rendant la justice sous le chène de Vincennes. Louis tenant la relique de la couronne d’épines. Louis partant pour la Croisade. Louis mort aux portes de Tunis).

+ Michel Méranville

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