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Seigneur, fais que nous puissions voir toute chose avec tes yeux !

Dimanche 30 mars 2014

Sœurs et Frères, la Paix soit avec vous !
Nous célébrons aujourd’hui le quatrième dimanche de Carême que les catéchumènes et ceux qui les accompagnent, appellent « Le dimanche de l’illumination baptismale. »
En effet la liturgie de la Parole de ce dimanche nous invite à nous laisser éclairer par Celui qui se définit comme la lumière du monde, Jésus-Christ, venu nous apporter les moyens d’avoir une juste appréciation du monde, des hommes et de la vie ; il est venu pour que nous puissions voir toute chose avec ses yeux à lui.


De lui, l’Evangéliste Jean déclare : « Il est la lumière venue éclairer tout homme dans le monde. » Il est venu ouvrir les yeux des aveugles et non seulement les guérir de la cécité physique, mais aussi et surtout de l’aveuglement du cœur qui les enferme dans la nuit du péché et du mal.

Nous pouvons lire l’Evangile de ce jour, dans Saint Jean, chapitre 9, versets 1 à 41.

Les passages de la Sainte Ecriture que nous lisons aujourd’hui orientent notre regard vers Dieu qui est la vraie lumière venue nous éclairer pour que nous puissions voir les choses et les gens, pas seulement avec nos yeux de chair, mais avec son regard à lui qui ne s’arrête pas aux apparences, mais va jusqu’au fond des cœurs.

C’est, dans la première lecture tirée du premier livre de Samuel, la leçon que Dieu donne au prophète qu’il envoie dans la maison de Jessée pour donner l’onction royale à l’un de ses fils. Samuel se rend donc à la maison de Jéssée, une corne d’huile à la main. Lorsqu’il aperçoit Eliab, l’un des fils de Jessée, il se dit : « Sûrement, c’est celui que le Seigneur a en vue pour lui donner l’onction. » Mais le Seigneur lui dit : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »

Jessée présenta donc successivement à Samuel ses sept fils, mais Samuel lui dit chaque fois : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessée répondit : « Oui, il reste encore le plus jeune. Il est en train de garder le troupeau. » Samuel l’envoya chercher. Le Seigneur lui dit alors : « C’est lui, donne-lui l’onction ». C’est ainsi que David – puisque c’était le nom du garçon – devint roi d’Israël.

Dans le monde d’aujourd’hui les apparences ont beaucoup d’importance : la tenue vestimentaire, le look, mais aussi les signes extérieurs de richesse, la voiture, les décorations, les titres. Nous aimons paraître dans les médias, être reconnus.

Très souvent aussi, nous jugeons les autres selon leurs apparences, de là nos préjugés et aussi les jugements téméraires que nous exprimons sans fondement. Dieu, lui, voit le fond des cœurs, il voit la vérité en chacun et c’est pour cela qu’il nous demande de ne pas juger et surtout de ne pas condamner.

Les critères du Seigneur ne sont pas forcément les nôtres. Un vrai discernement n’est possible qu’avec l’aide de Dieu. C’est cette aide de Dieu que le Psaume 22 nous fait demander aujourd’hui en nous donnant la certitude qu’avec le Seigneur, rien ne saurait nous manquer.

Et puis en ce dimanche, l’Eglise nous fait écouter un passage d’une lettre que l’Apôtre Paul écrit aux chrétiens de la ville d’Ephèse ; il leur dit notamment : « Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière, or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité. »

Ces paroles nous ont été adressées personnellement le jour de notre baptême lorsque le célébrant nous a remis par l’intermédiaire de nos parrain et marraine, le cierge allumé qui symbolisait le Christ qui est notre lumière.

En effet, le baptême a fait de nous des « fils de lumière », comme le Christ nous le rappelle.
Nous efforçons-nous de vivre comme tels ? Est-ce que trop souvent, nous ne nous laissons pas envahir par les ténèbres de la routine, de la lassitude, de la tiédeur et du péché ?

Est-ce que trop souvent, nous ne nous contentons pas des apparences de la foi, sans que notre vie soit une vie de bonté, de vérité et de justice ?

Le monde qui nous entoure sombre de plus en plus dans les ténèbres du péché, du mal, du mensonge, de la violence et de la mort. Suffit-il de dénoncer le mal que font les autres pour devenir juste soi-même ?

Au jour du jugement, le Seigneur ne nous demandera pas : « Qu’est-ce que ton frère a fait de mal ? » Par contre il nous demandera inévitablement : « Qu’as-tu fait de ton frère ? Comment l’as-tu aidé ? Qu’est-ce que ton amour lui a apporté de positif pour améliorer sa vie ?

On est parfois horrifié du mal que des soi disant « chrétiens » colportent contre d’autres personnes, contre d’autres chrétiens, contre des personnes consacrées et même contre leur Evêque et le Pape lui-même. En agissant ainsi qu’apportent-ils à cette Eglise dont ils sont les membres ?

Ils oublient les Paroles que le Christ nous rappelait récemment dans l’Evangile de Luc au chapitre 11 : « Tout royaume divisé devient un désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres… Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi, disperse. »

Jésus se présente lui-même comme la vraie lumière du monde. Cela signifie que sans lui, les hommes ne peuvent avoir une juste mesure, une juste appréciation de ce qui fait leur vie. Sans la lumière du Christ, ils demeurent enfermés dans les ténèbres et donc ne peuvent ni voir ni comprendre.
Voir et comprendre sont d’ailleurs souvent synonymes. Au point que nous disons familièrement : « Je vois », pour dire : « J’ai compris, je comprends. »

Quelqu’un nous explique un problème ou nous décrit une situation, il nous arrive de lui dire : « Je vois, maintenant », ce qui équivaut à dire : « Je comprends ». Il nous arrive même d’ajouter malicieusement « Pas la peine de faire un dessin. »

Jésus est celui qui vient nous éclairer pour nous permettre de comprendre et surtout de croire.
L’Evangile de ce dimanche a été choisi par l’Eglise pour permettre aux catéchumènes qui approchent du terme de leur parcours, de revivre en quelque sorte, ce qu’a vécu cet aveugle de naissance à qui Jésus a donné la vue.

Les catéchumènes sont invités à passer comme cet homme, des ténèbres de ce monde à l’admirable lumière de Dieu. Mais il faut qu’ils soient bien conscients que ce passage va aussi les entraîner dans une aventure qui risque d’être semblable à celle qu’a connue cet homme guéri par le Christ.
C’était un aveugle de naissance. C’est ce que nous sommes tous, avant notre baptême. C’est le baptême qui nous ouvre les yeux de la foi en faisant de nous des enfants de Dieu, alors qu’avant notre baptême nous n’étions que de simples créatures.

Tant que cet homme était aveugle, il ne dérangeait personne ; il bénéficiait pour ainsi dire de l’indifférence de tous. Mais voici que cet homme rencontre Jésus qui lui frotte sur les yeux un peu de boue qu’il fait avec sa salive et qui lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » (Ce nom signifie l’Envoyé).

L’homme obéit, il fait ce que Jésus lui demande et il est guéri, il voit. Et voici qu’il dérange tous ceux qui prétendaient le connaître et qui hésitent maintenant à l’identifier. Ils disent « Ce n’est pas lui ! C’est quelqu’un qui lui ressemble ! » Alors que lui, ne cesse de leur répéter bien fort : « C’est bien moi ! »
Mais comment se fait-il que tu vois maintenant ! Que t’a fait cet homme pour que tu vois ? » Et lui ne peut que répéter inlassablement la même chose : « Il a craché sur le sol et avec sa salive a fait de la boue qu’il m’a appliqué sur les yeux, puis il m’a dit « Va te laver à la piscine de Siloé, et maintenant je vois. »

Alors on amène l’ancien aveugle aux pharisiens. Nous nous souvenons que le mot « pharisien » veut dire « séparé ». Les pharisiens étaient des hommes religieux qui observaient méticuleusement la Loi de Moïse. C’étaient des gens qui se gardaient des aliments impurs, évitaient toute activité le jour du Sabbat, jour de repos sacré, des gens qui croyaient aussi à la Résurrection. »

Tout de suite, ils s’étonnent que celui qui a guéri l’homme ait pu faire cela un jour de sabbat ; ils disent : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » Ils ont le même réflexe que ceux qui reprochaient aux disciples de Jésus d’égrener des raisins et de les manger le jour du sabbat, parce qu’ils avaient faim.

Il faut se rappeler que le jour du sabbat on ne devait pas faire la cuisine, pas laver la vaisselle ; il y avait certaines distances à ne pas parcourir à pieds… Tout cela était codifié, et même les miracles ne pouvaient avoir lieu un jour de sabbat, comme le chef d’une synagogue le rappelle à un homme dont Jésus avait redressé la main le jour du sabbat (Mt 12,12) : « Qui d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans un trou le jour du sabbat, n’ira la prendre et l’en retirer ? Or combien l’homme l’emporte sur la brebis ! Il est permis de faire le bien le jour du sabbat. » Telle avait été la réponse de Jésus.

Jésus disait des pharisiens : « Ils filtrent le moucheron, mais avalent le chameau. »
Cette propension existe souvent chez de nombreux « bons chrétiens » (entre guillemets), qui se croient meilleurs que les autres parce qu’ils sont pratiquants, religieux, ne fréquentent pas n’importe qui et se sentent à ce titre « séparés » des autres. Propension à chercher la petite bête, l’accessoire, le détail non respecté par les autres, en oubliant que ce qui est le plus important, c’est la personne qui se tient là, qui a tel besoin, telle souffrance que l’on oublie totalement pour satisfaire aux seules formalités administratives.

Pour les pharisiens, le jugement est sans appel : « Celui-là ne vient pas de Dieu puisqu’il n’observe pas le sabbat. » Ils demandent à l’homme guéri ce qu’il en pense et l’homme répond : « C’est un prophète ». Cependant les pharisiens ne veulent pas se rendre à cette évidence. Comme ils sont de mauvaise foi, ils font venir les parents de l’homme pour leur faire dire que leur fils n’est pas aveugle de naissance. Les parents voulant éviter tout ennui se dérobent en disant : « Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

Le manque de courage, la lâcheté, la mauvaise foi se rencontrent partout et même et surtout chez ceux qui se croient meilleurs que les autres et à se titre se permettent de juger, de condamner, de diffamer les autres.

L’ancien aveugle lui, ne sait qu’une chose : « Il était aveugle et maintenant il voit. »
Jésus vient pour nous permettre de voir ce qu’auparavant on voyait mal. Il nous permet de voir ce que nous devons changer dans notre manière de voir, de juger et d’agir.

Lorsque nous nous engageons sur la nouvelle route que Jésus nous montre, les autres ne comprennent pas forcément. Quand par exemple une personne qui était autrefois très attachée à l’argent devient capable de faire un don, ou un geste purement bénévole, ceux qui la connaissent mettent en doute son acte et pensent que ce geste est fait par calcul, afin d’en tirer un plus grand profit…

Si nous croyons au Fils de l’homme, c’est-à-dire à Jésus-Christ, prosternons-nous devant lui comme l’aveugle-né en reconnaissant en Lui l’envoyé du Père, la lumière de ce monde.

Que sa lumière nous délivre des ténèbres qui obscurcissent encore notre vie, et nous entraîne bien loin sur le chemin de conversion où il nous a engagés depuis le début de ce carême. Amen !

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