Eglise catholique de Martinique
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Livres



In Memoriam : Père Gaston JEAN-MICHEL, Témoin de l’Evangile

 

21 avril 2017 par Michel DEGLISE

C’était il y a deux ans : Mgr Gaston Jean-Michel nous quittait au petit matin le mardi 21 avril 2015 . Après une vie tout entière donnée au Seigneur et au service de l’Église et du peuple de son pays, la Martinique, il a rejoint la Maison du Père en s’éteignant paisiblement dans son sommeil vers 5h45. Depuis le samedi précedent, il avait été pris en charge par le service des soins palliatifs de l’hôpital Clarac. Comme Saint Paul dans sa seconde Lettre à Timothée, il a pu dire lui aussi en "bon soldat j’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi. » (2 Tm 4,6-7)

Nous rendons grâce à Dieu pour la vie exceptionnellement longue et fructueuse de Père Jean-Michel, dont la mission sacerdotale s’est étendue sur près de 80 années (1935-2015) et pour l’exemple qu’il nous a donné en se consacrant entièrement et passionnément au service de son Église et de son pays.

Père Gaston Jean-Michel est né le 18 décembre 1911, à Fort de France ; il a été baptisé le 24 janvier 1912 à la cathédrale Saint Louis ; il a été ordonné prêtre par Mgr Lequien le 21 décembre 1935 également à la cathédrale Saint Louis ; il a été successivement vicaire au Saint-Esprit (1936-1937), curé du Morne Vert (1937-1944), curé de Rivière Salée (1944-1946), curé de Morne des Esses (1946-1950), curé du Vauclin (1950-1965), curé des Terres Sainville (1965-1967) avant d’être directeur des œuvres, puis responsable des émissions radiotélévisées sur le service public. Prêtre dans le milieu rural, il a fondé l’Action Catholique Agricole à la fin des années 30 en créant la J.A.C. (Jeunesse Agricole Chrétienne), qui deviendra ensuite le MRJC. A l’âge de 71 ans, il fondera également Radio Saint Louis en Février 1982, et travaillera à son rayonnement pendant plus de 33 ans. Pour lui, la retraite n’existe pas : il sera encore aumônier des hôpitaux, puis aumônier de prison, mission qu’il exercera jusqu’à l’âge de 102 ans avant que la maladie ne lui impose de garder le repos à partir de février 2014. Sa grande joie fut d’accueillir en mars 2015 le nouvel archevêque de Saint Pierre et Fort de France, Mgr David Macaire, qu’il avait fait venir à radio Saint Louis à l’âge de 19 ans, après les JMJ de 1989 à Saint Jacques de Compostelle, et surtout de concélébrer sa messe d’ordination le 12 avril 2015 au stade Pierre Aliker. Le 21 avril 2015, après cette vie dédiée au service de l’évangélisation de la Martinique, le Seigneur a rappelé son grand témoin martiniquais à Lui. Ses funérailles ont été célébrées samedi 25 avril 2015, à 14h, à la cathédrale Saint Louis de Fort de France, là même où il fut ordonné prêtre le 21 décembre 1935. Il a été ensuite inhumé au cimetière du Diamant, commune de sa famille paternelle.

Découvrez la vie et le témoignage du Père Jean-Michel dans l’ouvrage collectif, co-dirigé par Mgr David Macaire et frère Gilles Danroc, o.p., "Le Père Gaston JEAN-MICHEL, Témoin de l’Évangile, Mémoire martiniquaise et Histoire ecclésiale", aux éditions La Thune, 280 p., dont il reste encore quelques exemplaires en vente à l’archevêché (05 96 63 70 70).

Nous vous proposons de retrouver l’Interview de Mgr David Macaire publiée au moment de la sortie de ce beau livre, encore disponible en Martinique dans les librairies catholiques.

- Michel Déglise : Frère David, vous avez dirigé avec Frère Gilles Danroc, la publication du livre « Le père Gaston Jean-Michel Témoin de l’Evangile » [1] ; pouvez-vous nous rappeler dans quelles conditions est né le projet de ce livre ?

- Frère David : Volontiers ! Surtout que ça a été une véritable épopée… près de 10 ans de travail !

Comme beaucoup de personnes, je pense en particulier aux auditeurs de Radio Saint-Louis, j’ai toujours été enthousiasmé d’entendre parler le P. Jean-Michel…

Quelques années plus tard, devenu prêtre, j’ai pris conscience de la richesse des enseignements que j’avais reçu auprès de cet homme. J’ai voulu en partager le fruit avec le plus grand nombre. Mais je n’étais pas le seul à avoir « écouté » le père, ni à avoir eu la même idée ! En fait c’est au cours d’un repas avec Henry Titina (+) et le P. Alain Ransay que le projet s’est formalisé en 2003. Ensuite, mon frère dominicain Gilles Danroc m’a, lui aussi, fait part d’un projet similaire, nous avons unis nos forces.

- MD  : Vos rapports avec Père Jean-Michel remontent à quand ? Vous considérez-vous comme l’un de ses fils spirituels ?
Frère David : Ayant eu la joie d’être son « voisin » pendant les années où j’étais bénévole à Radio Saint-Louis, avant mon entrée dans les ordres, j’ai pu partager avec lui de longues heures de discussion. Oui nous sommes devenus proches malgré les presque 60 ans qui nous séparent. Il n’y a pas de doute, c’est le grand père qui m’a manqué. Mais, étrangement, c’est aussi un ami. Enfin, c’est un modèle… Sa ki lé sa ki mandé : j’ai déjà demandé au Seigneur une double part de son esprit (comme le prophète Elisée le fit au départ de son Maitre Elie) ! Mais le P. Jean-Michel n’est pas prêt de partir, alors j’attendrai.

- MD : Vous avez animé le travail de deux équipes, une première équipe d’interviewers et de rédacteurs de RSL, travaillant directement avec Père Jean-Michel, et une équipe d’historiens, revenant sur l’histoire de l’Eglise de Martinique : parlez-nous de ce travail ? De votre rôle de coordinateur ?

- Frère David : Oh ! S’il s’agissait de deux équipes seulement ! Dieu merci ; le P. Jean-Michel est si « populaire » que ce n’est pas difficile de motiver les gens à travailler pour lui.

Donc, conseillé par mes deux complices (Henry et le P.Alain), j’ai établi la liste des thèmes et des questions que je savais être les sujets de prédilection du Père. Je rends hommage maintenant aux collaboratrices de Radio Saint-Louis, Claude Remer et Ginette Yung-Hing qui ont non seulement réalisé les interviews avec une grande finesse, mais aussi retranscrit l’ensemble fidèlement. Ce premier travail nous a pris au moins 3 ans (entre 2004 et 2007). Ensuite, muni de ce matériau de base, il a fallu choisir ce que nous voulions en faire. Un livre oui, mais quel type de livre ?… un simple livre de mémoire n’aurait pas vraiment plu au père (ça ne lui ressemble pas) ; un récit commenté aurait été trop livresque, pas assez dynamique ; on a même pensé en faire un mémoire universitaire de maîtrise en histoire en confiant le travail à un ou une étudiant(e) en histoire du Campus de Schoelcher, mais cela aurait privé le grand public de ce trésor (les publications scientifiques restent confidentielles…).

Finalement j’ai opté pour un livre d’interview, pour laisser la parole au Père Jean-Michel et bénéficier d’un certain dynamisme dans le rythme et d’une grande liberté de ton. Tout mon travail a alors consisté à réécrire et réorganiser les interviews, à repérer les oublis puis demander des compléments d’information et surtout, à écrire et faire écrire les notes de bas de pages pour faciliter la compréhension. Je remercie au passage les personnes qui se sont alors mises au travail : on retrouve ici à nouveau le P. Ransay, mais aussi Sr Marie-Bénédicte (Dominicaine de Notre-Dame de la Délivrande avec toute une petite équipe) et Michel Déglise de Radio Saint-Louis qui a travaillé directement ces deux dernières années avec le Père Jean-Michel pour relire et corriger le texte et les notes, et pour fournir des photos qui agrémentent l’ouvrage. Tout ça a pris 4 ans, jusqu’en 2011. J’ai été très déçu de ne pouvoir offrir le livre au Père Jean-Michel pour ses 100 ans ! Mais je ne regrette rien car il restait beaucoup de travail, la partie historique n’étant pas finalisée.

Enfin, bien sûr, merci à Mgr Méranville qui a, en quelque sorte béni tout le projet en nous offrant une belle préface qui révèle son affection pour le P. Jean-Michel.

- MD : Votre collaboration avec Frère Gilles Danroc, dominicain comme vous-même, s’est-elle bien passée ?

- Frère David : Oui et je tiens à lui rendre hommage, car il m’a énormément motivé dans ce travail. Le Fr Gilles est un passionné de l’histoire du Nouveau Monde depuis son séjour de près de 20 ans en Haïti. Nous ne sommes ni de la même génération, ni du même style et nous n’avons pas la même expérience (Gilles a été missionnaire en Haïti sous Duvalier, moi je suis missionnaire en Métropole dans une société décadente !). Et puis, notre rapport aux Antilles et à leur histoire n’est pas le même : cette histoire est la mienne, je la porte en moi comme beaucoup d’antillais, lui, il l’a découverte et l’a étudiée. Mais nos deux approches sont pour chacun une richesse et j’espère que le livre en témoigne. En tout cas, sa présence dans ce projet nous dit à quel point notre histoire est belle à l’échelle du monde et de l’Eglise et que le témoignage du Père Gaston Jean-Michel a une portée universelle, qui dépasse notre petite Martinique.

Le Fr. Gilles a, comme bien d’autres, rencontré le Père Jean-Michel et il a été fasciné par cette rencontre. Je crois qu’il a eu le sentiment, en écoutant le Père, de toucher un de ces témoins de l’Histoire de l’Eglise aux Antilles dont il est un spécialiste. C’est lui qui a donné au livre sa profondeur historique. En hommage au Père, il a contacté Mlle Chauleau, M. Léo Elisabeth, M. Delisle ; il a potassé les travaux du grand historien, feu le P.Bernard David (+) ami du PGJM ; enfin, quand nous avons découvert le bel ouvrage de Suzette Quitman (+) sur l’Histoire du diocèse de la Martinique, il nous a paru évident de demander à sa fille, Mme Zonzon Quitman, une contribution de sa mère pour notre projet. Et puis, le Fr. Gilles s’est lui-même mis au travail, pour répondre à mes questions sur l’origine lointaine de notre histoire et pour réaliser des notices sur des personnages de l’Eglise qui ont devancé le Père Jean-Michel au cours des siècles et dont nous pouvons aussi être fiers. Je remercie au passage Mlle Nina Brador pour le travail de secrétariat qu’elle a efficacement fourni à ce stade du travail.

- MD : Trouver un éditeur n’est pas toujours facile. Pourquoi les éditions la Thune, de Marseille ? A combien d’exemplaires a été tirée la première édition ? Y en aura-t-il d’autres ?

- Frère David : Ah ! l’édition, tout un travail de professionnel ! Un premier éditeur ayant proposé un délai trop long il a fallu trouver un autre éditeur. Il faut dire que l’ouvrage est complexe (je n’ai pas dit compliqué !) car beaucoup d’éléments et de textes entrent dans sa composition. Nous avons demandé ce travail au Fr. René Quand (encore un dominicain), directeur des éditions La Thune de Marseille, qui, dans un délai record, a sorti l’ouvrage en Janvier 2013.

Ceci dit, les éditions la Thune sont une toute petite maison, je suis certain que ce livre sera leur plus gros tirage. La première édition a été tirée à 1000 exemplaires, mais en raison de l’intérêt des Martiniquais, j’étais certain qu’il y en aurait d’autres … Une deuxième édition a été tirée à 4000 exemplaires.

- MD : Que retenez-vous personnellement du parcours exceptionnel, par sa durée et son intensité, du Père Jean-Michel encore engagé très activement dans l’apostolat à plus de 100 ans ?

- Frère David : Je retiens que le P. Jean-Michel ne m’a jamais raconté « ses mémoires ». Vous savez qu’il n’est pas tourné vers le passé, même aujourd’hui alors qu’il a dépassé 100 ans. Son but est toujours d’analyser le présent pour construire l’avenir (voir, juger, agir !). Mais il sait tirer les leçons du passé ! Comme je l’explique quelque part dans le livre il n’est jamais content, c’est un insatisfait et il le restera tant que l’Evangile n’aura pas durablement pénétré, pas seulement dans la « religiosité » mais aussi dans le cœur des hommes, dans leur vie sociale et professionnelle… c’est pour ça qu’il va encore vivre longtemps !

- MD : Ce livre permet de retrouver Père Jean-Michel, tel qu’on a toujours pu l’entendre dans ses émissions à RSL, également de découvrir le regard, celui du prêtre mais aussi celui du passionné d’histoire, qu’il porte sur son pays et son Eglise après un siècle d’existence ; mais il est aussi dans sa seconde partie un livre d’histoire rigoureux : que peut-il apporter aux nombreux lecteurs, catholiques ou non, qui le liront ? Quels buts poursuiviez-vous en croisant ces deux approches de la réalité martiniquaise d’hier et d’aujourd’hui ?

- Frère David : Je vous renvoie à l’introduction du livre que le Fr. Gilles et moi-même avons rédigée et que nous avons intitulée « histoire et mémoire ». Nous expliquons que ce n’est pas tant des mémoires que le PGJM nous lègue, mais une mémoire. Le P. Jean-Michel, parce qu’il a étudié l’histoire de son peuple et de son Eglise, a inscrit consciemment son ministère sacerdotale dans la noble lignée des grands évangélisateurs qui ont façonné la richesse de notre peuple, sa vie sociale, sa culture, sa foi… Il est le digne descendant de ces prêtres, religieux et religieuses qui font l’honneur de l’Eglise ici et que l’Histoire officielle, parfois idéologisée, a eu tendance à oublier. Mais le Père ne les a pas oubliés. Et nous non plus ! On ne pouvait proposer un voyage dans sa mémoire sans donner au lecteur de quoi la comprendre, sans entrer rigoureusement dans la « Mémoire ecclésiale et l’Histoire martiniquaise » !

- MD : lors des manifestations organisées à l’occasion de son centenaire, en décembre 2011, vous avez fait part de vos regrets de n’avoir pu achever ce livre pour le lui offrir pour ses 100 ans. Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour mener à bien votre projet ? Et aujourd’hui, que ressentez-vous ?

- Frère David : Oh ! Il ne s’agissait pas de véritables difficultés. Sauf si vous considérez que la mission est une difficulté ! C’est vrai que j’ai, depuis dix ans, pas mal de responsabilités dans ma communauté et beaucoup de projets missionnaires en cours. C’est pourquoi, sans doute, il m’a manqué du temps pour travailler sur ce livre. Ceci dit, vous savez que
le Seigneur m’a appelé à partir comme missionnaire hors de mon pays, mais je sais ce que je dois à la Martinique

J’ai senti que c’était à moi de faire ce travail et d’offrir ce livre à mon Eglise. Alors inutile de vous décrire mon émotion quand j’ai été chercher les premiers exemplaires dans une imprimerie qui (le hasard fait bien les choses) est située tout prêt de mon couvent actuel !

- MD : Cher Frère David, merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions pour les lecteurs du site diocésain de l’Eglise en Martinique.

- Frère David  : C’est moi qui vous remercie !

 [2]



[1« Le père Gaston Jean-Michel, Témoin de l’Evangile. Mémoire Martiniquaise et Histoire Ecclésiale », préfacé par notre archevêque Mgr Michel Méranville

[2Frère Gilles Danroc, prêtre dominicain, missionnaire et historien, présent pendant vingt ans en Haïti, et actuellement aumônier international des Equipes du Rosaire.

 


"Marie-Madeleine, Itinéraire spirituel d’une femme libérée", par Mgr David Macaire

 

19 juillet 2016 2016 par Michel DEGLISE

Marie-Madeleine pleure devant le tombeau vide. C’est Jésus lui-même qui vient la consoler en l’appelant par son nom et en l’envoyant porter la bonne nouvelle de sa résurrection à ses frères. Mgr David Macaire a souhaité décrire dans un petit livre* le chemin moderne de la rencontre avec Dieu, Père Miséricordieux, que nous pouvons tous emprunter à la suite de « cette amie de Jésus qui a traversé toutes les séductions du monde pour embrasser Celui que son Cœur aime ».

Fête de Sainte Marie-Madeleine : 22 Juillet

Ancien prieur du Couvent dominicain de la Sainte Baume et ancien recteur du sanctuaire qui y est dédié à Sainte Marie-Madeleine, depuis 2011, Frère David Macaire devenu, depuis le 7 mars 2015, archevêque de Saint Pierre et Fort de France, a découvert en sainte Marie-Madeleine « un antidote aux maux de notre époque ». Avec l’aimable autorisation de l’éditeur, nous vous proposons d’en découvrir deux extraits.

Premier extrait : « La Prédication de Marie-Madeleine

L’Église voit en Marie-Madeleine « l’apôtre des apôtres », la tradition l’imagine comme catéchiste des marins de Marseille, et elle devient au moyen-âge la patronne de votre Ordre, celui des Prêcheur. Vous la considérez comme l’évangélisatrice des pèlerins de la Sainte-Baume … Expliquez-nous ce charisme de prédicatrice.

Il s’explique par cet ordre de Jésus : « Va dire à mes frères : le Christ est ressuscité ! »
La joyeuse annonce pascale a renversé le cours de l’humanité. Marie-Madeleine fut la première à détenir et transmettre la Bonne Nouvelle. Sur ses lèvres, pour la première fois, fut proclamé devant les apôtres le message initial sur lequel repose notre foi : « Jésus est ressuscité ! Il était mort et le voici vivant ! Je l’ai vu et entendu dans le jardin, près du tombeau vide ! Il m’a demandé pourquoi je pleurais. Comme je ne le reconnaissais pas, il m’a dit : « MARIE ! » Je lui ai répondu : « RABBOUNI ! »
J’ai voulu l’embrasser … mais il est remonté vers le Père ! Il m’a envoyée vous dire qu’il vous précède en Galilée ! » On imagine la scène : la perplexité des apôtres devant l’excitation de Marie, partie vers le tombeau avec quelques aromates, au petit matin, le visage rempli de larmes de tristesse, et revenue quelques minutes plus tard, pour annoncer l’incroyable nouvelle avec des larmes de joie.

Jusqu’à la fin des temps, et même au-delà, la gloire de cette femme sera complète, elle qui a beaucoup aimé, elle qui a posé l’acte prophétique de l’onction avant la Pâque est aussi celle qui, en premier, a annoncé la résurrection de Jésus. Tout homme lui est redevable, tout chrétien l’admire. Quelques heures avant que les apôtres ne fassent eux-mêmes la rencontre du Ressuscité, l’évangile a été déposé dans ses mains, ou plutôt dans son cœur. Elle a porté, toute seule, l’annonce qui nous fait vivre.

La résurrection de Jésus dans la chair, dans notre chair humaine, est le principe et la source de toute joie et de tout amour en ce monde ! Merveille plus grande encore que l’œuvre de la Création, la résurrection de Jésus éclaire la dignité de toute personne, elle illumine la beauté et la grandeur de tout amour. Elle est le sommet de l’histoire de toute l’humanité mais aussi le sommet de années liturgiques, bâties autour de Pâques, elle est le sommet de chacune de nos semaines qui commence par le dimanche, de chacun de nos jours grâce à l’eucharistie, de chaque instant de nos vies par les sacrifices spirituels.

« Le Christ est ressuscité ! » Tous les hommes doivent le savoir, toutes les générations doivent l’entendre. C’est une question de vie ou de mort, où se joue la dignité de l’homme et le sens de sa vie … C’est pourquoi nous sommes des prophètes. C’est pourquoi le Christ fait de nous des apôtres : pour que, comme Marie-Madeleine, nous ayons le bonheur et l’honneur de faire naître la vie éternelle dans le cœur de ceux qui sont descendus dans les ténèbres de la mort. Pour partager cette vie nouvelle, il suffit d’annoncer que « le Christ est ressuscité ! ».

Second extrait « La Tradition de Provence

« Comment arrive-t-on à la Sainte-Baume en Provence, 2000 ans après ?

Les Actes des Apôtres nous racontent comment la famille et les amis de Jésus ont été persécutés. Avec un frère revenu à la vie aux yeux de tous, et une sœur témoin direct de la Résurrection, la famille de Béthanie fut particulièrement poursuivie par les ennemis de l’Évangile. Comme l’indique la fin du récit de l’onction de Béthanie : « on cherchait à tuer Lazare » (Jn 12, 10).

En ce qui concerne l’arrivée en Provence, nous n’avons aucun texte de l’époque. Alors, suivons la tradition provençale : les persécuteurs auraient embarqué Marie-Madeleine, sa sœur Marthe, son frère Lazare, Marie-Jacobé, Marie-Salomé, Maximin (un romain converti) et la servante Sarah (ajoutée par la tradition gitane) sur une barque sans rames ni voile, et poussée sur la Méditerranée au gré des flots. La barque serait miraculeusement arrivée , non loin d’Arles, à l’embouchure du Rhône. Nous serions en l’an 42 de notre ère. Dix années se sont écoulées depuis la Passion de Jésus.

Marie-Salomé et Marie-Jacobé restent dans le petit port qui deviendra ensuite, en leur honneur, les Saintes-Marie-de-la-Mer. Maximin va évangéliser la région romaine d’Aix-en-Provence. Marthe part combattre le Tarasque (un animal mythique qui représente, sur le modèle des crues du fleuve, les forces qui nous submergent, le péché) dans les villes du Rhône. Passionnée et convaincante, Marie-Madeleine va évangéliser Marseille avec son frère Lazare, vénéré aujourd’hui encore comme l’évêque fondateur de la ville. Ils s’adressent aux marins et aux pauvres.

La sainte, après quelques persécutions, décide de se retirer dans une grotte (une baume) sur un massif à l’Est de Marseille où une forêt mystérieuse rehausse la dimension mystique de l’ensemble. Elle va vivre là une trentaine d’années dans le recueillement et la pénitence, inondée sans cesse de la joie d’être sauvée et aimée. Là sera sa véritable vie de chrétienne, ayant tout abandonné pour suivre Jésus et n’être qu’à Lui. Dans le dénuement matériel d’une existence ascétique, dédiée à la contemplation et à la prière, Marie-Madeleine devient la sainte que nous révérons encore vingt siècles après son dernier soupir terrestre. Celle qui illustre à jamais la vanité des choses de ce monde comparées à celles du siècle.

Cette tradition pieuse n’est pas incompatible avec les données de l’archéologie et de l’histoire. Elle a reçu surtout le relais d’un des livres les plus diffusés à la fin du moyen-âge : la Légende dorée du bienheureux Jacques de Voragine, un dominicain. Jacques de Voragine n’est pas un illuminé, ni un zozo. Il fut Maître général de l’Ordre, puis archevêque de Gênes, l’un des plus grands diocèses du monde à l’époque. L’influence de sa collection de vies de saints est immense, jusqu’au dix-neuvème siècle. La Nana d’Émile Zola, femme légère, est une lectrice émerveillée de la Légende dorée … Quoi qu’il en soit, ces récits mythiques soutiennent la mémoire vive de la pécheresse délivrée des sept démons. La Provence est fière d’être gardienne des reliques et des souvenirs de celle dont la conversion racheta (avec quel panache !) la faute d’Eve. »



 


Rencontrer Jésus

 

24 novembre 2015 2015 par Eglise catholique de Martinique

Une opportunité de rencontrer Jésus, de mieux le connaître, de prendre conscience qu’il peut changer une vie.

Construit autour de questions, le site jesus.catholique.fr propose des éléments de réponse sous différentes formes et facettes :
- question
- œuvre d’art,
- prière
- vidéo
- témoignage vidéo

Des témoignages vidéo dévoilent comment la rencontre avec Jésus peut changer et bouleverser une vie. Chacun est invité à une découverte progressive, à un parcours personnel selon la forme qui le touche : texte, vidéo, œuvre d’art, prière.

Sous la responsabilité de la Conférence des évêques de France, jesus.catholique.fr est l’oeuvre une trentaine de contributeurs et partenaires : congrégations, médias catholiques, centre de formation à distance...



 


Jean-Marie Elie Setbon, un auteur à découvrir et un conférencier à écouter !

 

19 octobre 2013 2013 par Michel DEGLISE

Dans son premier livre, De la Kippa à la Croix, publié aux éditions Salvator, Jean-Marie Elie SETBON, ancien rabbin, Juif orthodoxe, puis loubavitch, propose à ses lecteurs le récit de son histoire et de sa conversion au catholicisme.

Conversion d’un Juif au catholicisme

Du 2 au 9 juin 2013, Jean-Marie Elie SETBON était venu présenter son livre en Martinique. Nombreux sont ceux qui ont pu le rencontrer lors d’une des réunions qu’il a tenues à Fort de France.
Pour les autres, une nouvelle occasion se présentait puisqu’il est revenu dans notre île à l’invitation du Service Diocésain de la Pastorale Familiale pour une série de conférences publiques données du 14 au 18 octobre 2013.

Qui est Jean-Marie Elie SETBON ?

Dans le récit autobiographique qu’il nous propose, c’est l’histoire de sa vie, et plus précisément encore, celle de sa conversion qu’il nous décrit.

Bien sûr, ce n’est pas le premier juif qui se convertit, ni même le premier rabbin… Mais son parcours et l’histoire de sa relation avec Jésus sont tout à fait étonnants.

Rabbin , Juif orthodoxe, puis loubavitch : a priori rien ne prédisposait ce jeune homme sans histoire, né à Paris en 1964, de parents juifs mais non pratiquants, puis installé ensuite à La Courneuve, dont le meilleur ami est un musulman, à faire un tel choix de vie ! D’autant plus que dès sa jeunesse, il avoue être attiré par le Christ en croix … Son départ en Israël à 18 ans, sa formation rabbinique, puis son mariage avec une jeune juive très religieuse, la naissance de six enfants, la vie de rabbin … vont-ils mettre fin à cette attirance que le crucifix exerce sur lui ?

Son récit dévoile l’itinéraire complexe d’un Juif croyant, habité secrètement par cette contradiction apparemment indépassable : être Juif et aimer le Christ !

Mais, c’est la mort d’un autre juif converti, celle du cardinal Jean-Marie Lustiger, qui va l’amener à franchir le pas de la … conversion et à être baptisé dans l’église catholique le 14 septembre 2008.

C’est bien une histoire d’amour que nous découvrons, une rencontre singulière de cet homme avec Jésus, scandale pour les Juifs et folie pour les païens. La conversion de Jean-Marie nous rappelle celle d’un autre Juif, pratiquant zélé lui aussi de la Torah avant sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas, Saul de Tarse, qui deviendra ensuite l’apôtre des gentils, saint Paul.

C’est d’ailleurs sur une prière de saint Paul, qu’il appelle son grand frère, que Jean-Marie Setbon conclut son livre :

« Je fléchis les genoux devant le Père, qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre. Lui qui est riche en gloire, qu’il vous donne la puissance par son Esprit pour rendre fort l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur … Vous connaîtrez l’amour du Christ qui surpasse tout ce que l’on peut connaître. Ainsi vous serez comblés jusqu’à entrer dans la plénitude de Dieu. Gloire à celui qui a le pouvoir de réaliser en nous par sa puissance infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même imaginer, gloire à lui dans l’Église et le Christ Jésus. Amen. » (Lettre aux Éphésiens, 3, 14-21)

Si vous n’avez pas eu l’occasion de rencontrer Jean-Marie Elie Setbon lors de ses séjours dans notre île, ne manquez surtout pas celle de le lire. Il a beaucoup à nous apprendre !



 


Petit hommage à un Grand Homme ( II )

 

11 septembre 2013 2013 par Michel DEGLISE

Seconde partie : hommage de Michel-Ange

En cette année où l’on célèbre le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, Michel Ange Amar a réuni plusieurs témoignages et des textes du poète lui-même, permettant de découvrir un Césaire méconnu, celui qui est relié aux autres par un amour qui prend sa source dans le Dieu de Jésus-Christ tel que sa mère le lui avait fait découvrir dans son enfance et qu’il n’a jamais oublié. C’est en tant que poète et chrétien que Michel-Ange lui rend ici cet hommage singulier. Ces textes, destinés par l’auteur à être mis en scène dans une présentation théâtrale, ont été repris sous une autre forme pour être présentés sur ce site.

Dans les extraits de sa poésie, présentés en italique dans le texte, on retrouve l’amour qu’Aimé Césaire portait à la vie et aux autres, amour partagé par l’auteur de cet hommage.

La flamme de nos vies danse
Encore
- en silence-
la cadence d’une biguine en couleur
sous le souffle igné
du cri poussé en nos cœurs,
Du cri jeté sur nos peurs
D’une parole …
obvie parabole
allumée
« Au bout d’un petit matin » (1)
Et même encore maintenant
L’éclat de ce feu élémentaire, azure
De mille brins d’espérance
Aux lèvres de soleils
L’aujourd’hui de cette
" vieille vie menteusement souriante, ses lèvres ouvertes d’angoisses désaffectées "
Le quotidien
De " cette foule à côté de son cri de faim ,de misère, de révolte, de haine, cette foule si étrangement bavarde et muette ". (1)

Alors : Merci !
Merci au poète,
Et merci au prophète :
Poète ? oui ! Mais pourquoi, poète ?

" La poésie c’est la parole essentielle la poésie dit plus… c’est la parole fondamentale parce qu’elle vient des profondeurs, des fondements, très exactement et c’est pour cela que les peuples naissent avec la poésie "(2)

Et c’est cela même que J-C Renard, poète de la foi, et donc prophète qui parle une parole divine affirme :

" Le poète entend et révèle ce que lui dicte son inconscient personnel mais il rejoint aussi dans l’inconscient collectif les racines communes à tous les êtres humains et qui servent à fonder les cultures et les civilisations dans leurs identités comme dans leurs diversités !
La poésie comporte en fait les sens passés présents et futurs des mots ! "(3)

Oui !
Chaque peuple a son poète
Chaque temps a son prophète :
Toi !
Toi qui,
Par un travail d’enfantement, à travers la poésie
Par une refondation, à travers la prophétie :
Oui c’est bien toi , poète, qui nous a boutés
" hors des jours étrangers…
Toi qui nous as étreints quand nous commencions à poindre
Pour nous faire
" germer une tête bien nôtre sur nos épaules renouées...et la parole (4).

Mais aussi toi, prophète !
Oui, quand tu as tonné contre le mal et notre malheur,
Quand tu nous as rendu capables d’entendre, de croire, d’agir, pour
" le congé dépêché aux traites… , aux maîtres.

Prophète, quand tu as annoncé que nous deviendrions :
" demain, mon peuple…
Peuple de mauvais sommeil rompu
Peuple d’abîmes remontés
Peuples de cauchemars domptés…
Demain plus haut plus doux plus large..
Le pain restitué, la terre lavée, la terre donnée
La parole à quand demain mon peuple "(4)

Le vrai message du christianisme apparaît aussi plus clairement :

« …voilà ce qui ressort précisément et en clair du mystère de la Rédemption : Je veux dire que Jésus, en écrivant cette équation : "L’homme égale Dieu pour Dieu", en pesant notre vie au poids de Sa Propre Vie, Notre Seigneur révèle en clair que le Mal, c’est une blessure infinie faite à l’Amour qui s’est livré totalement à notre amour, qui est remis totalement entre nos mains.

« Il s’agit donc de communiquer Jésus en suscitant la liberté divine dans le cœur de ceux auxquels on s’adresse ; de leur communiquer cette présence même du Seigneur qui est chez lui à l’intérieur des autres – mais pas comme un intrus, non pas comme quelqu’un qui surplombe et domine - mais comme quelqu’un qui actualise l’inviolabilité de l’homme (6).

« Le christianisme n’est pas une doctrine comme les autres ; le christianisme n’est pas un système du monde ; le christianisme c’est quelqu’un ; le christianisme, c’est Jésus !

Lui seul peut rassembler tous les peuples, lui seul peut surmonter toutes les frontières, lui seul peut faire de tous les hommes une seule personne dans sa Personne. »(6)

L’humanité n’a jamais pu comprendre autrement la grandeur que sous la forme de la domination. Le plus grand, c’est celui qui écrase, qui a des sujets, qui commande et exige d’être obéi. C’est celui devant qui le peuple n’est que poussière. Et c’est pourquoi les Pharaons sont divinisés. Ils reçoivent leur investiture de la divinité et ils exigent d’être obéis et d’être reconnus comme des Dieux.

Le Pharaon est Dieu.
Mais si le Pharaon est Dieu, Dieu est aussi un Pharaon.

Cette image de la grandeur divine va traverser l’histoire. Dieu apparaîtra lui aussi comme un monarque, comme un despote, Comme le maître absolu devant lequel nous ne sommes que néant, Celui qui peut nous imposer son joug et nous châtier des derniers châtiments si nous nous soustrayons à sa volonté.

Et dans la Bible elle-même, dans l’Ancien Testament l’image de Dieu est cette image royale, le plus souvent l’image d’un dominateur, d’un despote absolu, dont la présence fait mourir.

C’est ainsi que si les hommes ont donné à leurs rois, dans l’antiquité ; le visage de la divinité, ils ont donné aussi à la divinité le visage de leurs rois.

Et nous sommes tout infectés, tout empoisonnés de cette image de la grandeur, puisque nous aussi, dévorés comme nous le sommes par notre amour-propre, nous ne pensons qu’à nous mettre en valeur, éclipser les autres, en faisant parler de nous.

Cette image corrompt notre esprit, corrompt aussi notre religion, parce que justement l’Evangile nous a apporté une autre échelle des valeurs.

A cette échelle des valeurs fondée sur la domination, sur l’écrasement de la fragilité humaine par la puissance divine, selon l’image que les hommes étaient alors capables de construire,
l’Evangile oppose une nouvelle échelle des valeurs, incroyable, merveilleuse et dont nous n’avons pas encore commencé de comprendre la portée.

Et c’est en cela que cette Révolution dont tu parles est encore à faire !
Et en cela que ta poésie, s’est faite prophétie.

Bien sûr, comme l’écrit l’historienne Mme Suzette Quitman (in Histoire du diocèse de la Martinique) dans ton « Cahier d’un retour au Pays Natal », tu avances que le christianisme des « missionnaires » et l’acculturation des « bienfaiteurs de l’humanité » n’a eu qu’un seul but, celui d’abrutir le nègre.

Dans ton œuvre, écrit l’historienne catholique, le « dieu des chrétiens » qui est essentiellement celui des occidentaux apparaît comme un « dieu » qui n’aime pas les nègres lesquels se consolent de « n’être pas faits à la ressemblance de Dieu mais du diable. » Dans le cahier ce "dieu " est complice de la traite : tu l’exprimes ainsi : « l’on nous vendait sur les places et l’aune du drap anglais et la viande salée d’Irlande coutaient moins cher que nous, et ce pays était calme tranquille, disant que l’Esprit de Dieu était dans ses actes »…

Mais, comme le capucin Epiphane de Moirans avant toi, l’historienne reconnaît que ce que tu rejettes en fait, c’est le détournement des valeurs du christianisme au profit d’’un système économique et culturel. Elle dit que tu repousses l’une des supercheries majeures de l’histoire du monde du 4e siècle à nos jours à savoir la survie sous l’appellation trop souvent usurpée de religion catholique, des valeurs culturelles de la civilisation gréco-romaine : le pouvoir civil, l’esclavage…Tu sembles, dit-elle le pressentir en ces termes : l’Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences. »

Autrement dit, ton texte met brillamment en relief la substitution de la « civilisation de l’amour » par l’universalisme de la culture gréco-romaine. C’est en ce sens écrit Mme Quitman « qu’Aimé Césaire associe évangélisation et aliénation par la culture ».

Mais voilà maintenant celui qui apparaît, qui transparaît dans ta poésie :

" Et Jésus va nous introduire maintenant dans la véritable grandeur. Il va mettre de l’eau dans une bassine, il va se ceindre d’un linge, il va s’agenouiller devant eux, il va leur laver les pieds, faisant le geste que les esclaves des Hébreux eux-mêmes auraient refusé à leurs maîtres. Et Pierre, toujours dominé par son image de la grandeur, de la fausse grandeur, se scandalise :

"Mais non, Seigneur, c’est impossible !" Il veut détourner- Jésus de cette humilité, comme il voulait le détourner naguère de la croix. Il faut que Jésus affirme qu’il n’aura aucune part au Royaume s’il ne se laisse faire. Et maintenant Jésus à genoux lave les pieds de Judas qui l’a vendu, de Pierre qui va le renier, de Jacques et Jean qui vont s’endormir dans le Jardin de l’Agonie, de tous les autres qui vont s’enfuir quand il aura été livré et qu’il apparaîtra désormais comme le condamné voué à l’infamie.

Alors, c’est ici qu’apparaît le vrai Dieu !

" C’est ici que commence la Nouvelle Alliance, que le voile se déchire, que le vrai visage de Dieu apparaît et que cette échelle de grandeurs nouvelle, incomparable, nous est enfin révélée :
la véritable grandeur, ce n’est pas de dominer, la véritable grandeur, c’est la générosité, c’est la générosité...
Le plus grand, c’est celui qui donne le plus, celui qui donne tout, celui qui donne infiniment, celui qui n’a rien, celui qui n’est qu’Amour et qui ne peut qu’aimer.

Oui, de cette vérité-là, de cette grandeur-là, tu es prophète, par ta poésie et surtout par ta vie en ce monde, en ce pays, en cette île.

Et là, Oui !
Tu es bien prophète de ce Dieu-là quand tu glorifies :

« Ceux qui n’ont inventé ni la poudre ni la boussole ceux qui n’ont jamais su dompter la vapeur ni l’électricité, ceux qui n’ont exploré ni les mers ni le ciel. »

Remarquons tout de même que comme l’a dit Martin Luther King : "Quand vous êtes prêts à partir pour le travail, sachez que la moitié de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre domicile a été inventé par des noirs".

Devant quoi Jésus est-il à genoux ?
Devant ce Royaume de Dieu que nous avons à devenir.
Et il n’y en a pas d’autre.

Le voilà, le vrai Dieu qui apparaît, qui transparaît dans ta poésie, dans ton engagement, dans ta vie toute entière !

Le Royaume de Dieu, c’est la Royauté d’Amour de Dieu au plus intime de nous. Et cette Royauté, Dieu ne peut pas l’accomplir tout seul. Autrement, Jésus ne serait pas à genoux devant ses disciples. Pour que cette Royauté existe réellement, il faut notre consentement, il faut que le coeur de Judas s’ouvre, que le coeur de Pierre accepte, que le coeur de Jacques et de Jean s’éveille, que tous les autres sortent de leur sommeil et qu’ils prononcent ce "oui" sans lequel rien ne peut s’accomplir.

Et c’est justement pour éveiller ce consentement, pour rendre attentif chacun de ses disciples et nous-mêmes à ce Royaume intérieur que Jésus est à genoux.

Jamais l’homme n’a reçu tant d’honneurs, jamais la liberté humaine n’a reçu une telle dimension que dans cet agenouillement du Seigneur devant ses disciples et devant nous-mêmes.

Un monde nouveau, un monde inconnu, un monde insoupçonné, un monde merveilleux, puisque notre "oui" - comme le "oui" de la fiancée dans un véritable mariage, conditionne le "oui" du fiancé - est condition dans ce mariage que Dieu veut contracter avec nous.
Comme l’exprime l’apôtre Paul : "Je vous ai fiancés à un époux unique, pour vous présenter au Christ comme une vierge pure."

C’est cela notre Dieu. Non pas une limite, non pas une menace, non pas un interdit, non pas une vengeance, mais l’Amour agenouillé qui attend éternellement le consentement de notre amour sans lequel le Royaume de Dieu ne peut se constituer et s’établir.

On imagine les croyants comme de pauvres types qui ont peur, qui s’en remettent à une puissance indiscutable pour boucher les trous de leur impuissance.
Dieu, le bouche- trous de tout ce que l’on ne sait pas, et de tout ce que l’on ne peut pas. Alors, cela fait un Dieu rabougri, un Dieu et un homme méprisables ?

Mais non, justement l’Evangile, la Bonne Nouvelle nous ouvre cet horizon prodigieux, celui-là même que secrètement notre cœur attendait : l’Evangile nous fait connaître, l’Evangile nous révèle le cœur de notre Dieu et nous introduit dans son amitié car désormais, il n’y a plus de serviteurs, il n’y a plus que des amis. C’est une révolution sans précédent.

L’Evangile nous fait entrer dans l’intimité du Dieu vivant, qui fait surabonder la vie, et il vient à nous, l’Evangile , comme la Bonne Nouvelle d’aujourd’hui, la plus brûlante, la plus passionnante, la plus magnifique.

Il nous demande de nous redresser, d’atteindre à notre stature qui est la stature du Christ et de devenir avec Dieu des créateurs dans le même ordre de grandeur que lui, l’ordre de grandeur de la générosité, de l’Amour et du don de soi.
Car justement, Dieu s’est fait homme afin que l’homme devînt Dieu. (7)
Et tout cela est vrai pour nous
comme pour tout homme !

Pour tout homme !
Car, Nous avons été faits nègres
Or un nègre " ça " naît noir
Fils des douleurs
Et enfant du labeur,
Mais nous avons été faits hommes
Or tout homme est une image de Dieu
Et un nègre est son reflet fidèle
Né comme tous pour vouloir être heureux
et chasser le vieil homme pour faire place au nouvel

Oui ! Nous sommes nés comme tous les univers
De la poussière d’étoiles,
Et nous tourbillonnions
Avant la fondation des mondes
Aux sources fondamentales
d’où les galaxies fécondes
catapultent les big-bang de vie originaire

Oui ! Nous, comme tous, images du Dieu vivant,
étions comptés en la première poignée de terre
Oui !Nous avons giclé d’un rut ,
Nous aussi, gouttes en crue ,
de cellules amoureuses liées par paires
en la chair matricielle d’une maman !

C’est vrai
des savanes à la mer, des prairies à Gorée
Rois, pauvres bougres, hommes femmes et enfants par milliers
chassés, parqués ,jetés enchaînés dans les cales
vautrés dans la vermine, vendus comme animal,

Et Nous fûmes des millions plus de trois siècles durant
Victimes à merci du crime triangulaire
Comptés comme bœufs, meubles ou objets à tout faire
Lapidés, maltraités mais libres cependant

Et debout !
Oui libres dans votre for intérieur
Dans votre être, debout donc, par essence
Car Nous sommes Tous nés, en nos êtres
De l’haleine formidable de l’ÊTRE
Qui souffla en nous avec tendresse
une âme nôtre , diaprée d’or, d’innocence
Et imprima en nous d’une flamboyante caresse
Les arcanes sacrés d’une éternelle existence

Et dans les larmes et dans la foi en l’homme
de sa dignité,
Dans la prière mais aussi dans le sang,
Elle brilla
Tout le long de la nuit, sa gloire,
La liberté
Et au bout de la nuit, sa victoire,
arrachée
Car en elle seule est ce qui fait des hommes,
Pas seulement créatures mais des enfants
De Dieu,
Qui libres
Nous créa.

Oui libres, car Nous sommes Nous aussi de l’ESPRIT.
Nous, sommes pensée et substance
De l’intelligence divine,
Qui nous fit force sublime
Et nous savons nous aussi … [Nous surtout ? ]
Révéler les clameurs du silence
Chanter les affres de la souffrance
exalter les triomphes de la vie...

Et c’est Toi, Ô poète, Toi prophète,
Oui c’est Toi, qui a montré la voie
Toi, qui as guidé nos voix
Quand tu nous appris
à chanter
face aux autres
à chanter
Pour les autres
Oui, Ô poète, prophète
tu es de ce Dieu d’Amour
Qui aime et qui pardonne
et c’est bien cette prière :

" …Mon cœur, préservez-moi de toute haine
ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que haine
car pour me cantonner en cette unique race
vous savez pourtant mon amour tyrannique
vous savez que ce n’est point par haine des autres races
que je m’exige bêcheur de cette unique race
que ce que je veux
c’est pour la faim universelle
Pour la soif universelle
la sommer libre enfin
de produire de son intimité close
la succulence des fruits… " (1)

Oui, c’est bien cette prière de prophète
grâce à qui aujourd’hui,

Nous pouvons attester de la puissance
Du Dieu d’Amour
Qui pardonne aux bourreaux
Pour mieux en faire des frères
Prophète pour qui maintenant
Nous devons occuper notre place de prophètes
D’une humanité métisse,
Plurielle mais unifiée
Oeuvrant sur ce chemin de l’homme réconcilié
Avec tout homme
Avec tout l’homme
de l’homme réconcilié avec Dieu en chaque homme
Devenir enfin, des hommes réconciliés avec l’HOMME
Par et pour le Dieu Homme
Par, pour le Dieu de l homme !

Michel-Ange AMAR

(1) Aimé Césaire « cahier d’un retour au pays natal »
(2) interview de Daniel Maximin in « présence africaine »
(3) Jean-Claude Renard in « quand le poème devient prière »
(4)Aimé Césaire « hors des jours étrangers »
(5) Benoît XIV « voici quel est notre Dieu »
(6) Maurice Zundel in « conférence abbaye de Bellefontaine en 1972 »
(7) Maurice Zundel in « autre conférence ….)
(8)M.L. King in « la force d’aimer »
(9)Psaume ..in La Bible
(10) un évêque Français



 


Petit hommage à un Grand Homme ( I )

 

6 septembre 2013 2013 par Michel DEGLISE

En cette année où l’on célèbre le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, Michel Ange Amar a réuni plusieurs témoignages et des textes du poète lui-même, permettant de découvrir un Césaire méconnu, celui qui est relié aux autres par un amour qui prend sa source dans le Dieu de Jésus-Christ tel que sa mère le lui avait fait découvrir dans son enfance et qu’il n’a jamais oublié. C’est en tant que poète et chrétien que Michel-Ange lui rend ici cet hommage singulier. Ces textes, destinés par l’auteur à être mis en scène dans une présentation théâtrale, ont été repris sous une autre forme pour être présentés sur ce site.

Première partie : témoignages choisis par Michel Ange.

Le premier témoignage est celui de Monseigneur Michel Méranville, archevêque de la Martinique :

« La Martinique est orpheline : Aimé Césaire s’est éteint ! Aimé Césaire, c’est bien évidemment ce géant de la littérature, ce poète universellement connu et respecté.
C’est aussi assurément cet homme politique dont la carrière extraordinairement longue et féconde a pesé d’un poids nouveau sur le présent et l’avenir de notre île.
Mais c’est surtout un père dans sa volonté jusqu’à son dernier soupir de faire un peuple a qui il voulait donner un idéal, une fierté.
C’était aussi un prophète au sens biblique du terme à la manière de Moise en l’Exode qui écoute Dieu lui dire : « j’ai vu mon peuple en Egypte, j’ai connu sa souffrance ! Maintenant je t’envoie le libérer. » Aimé Césaire a vu et ressenti dans sa chair la souffrance du nègre méprisé asservi exploité colonisé dans son humanité il a voulu être ce cri vivant de négritude qui libère des chaines d’aliénation les peuples damnés de la terre celui qui arrache les damnes de la terre de leur aliénation rétablit ce peuple dans sa dignité et lui offre l’exaltante mission d’apporter sa pierre au chantier de l’humanité.
Contrairement à certaines assertions, Aimé Césaire était croyant, baptisé(*)…. et si ses choix l’ont parfois opposé à l’Église en tant qu’institution il a par contre toujours exprimé de la révérence et du respect envers cette Église et pour le message de l’Évangile.
[Aujourd’hui, nous pouvons] Prier pour lui et rendre grâce à Dieu pour l’œuvre accomplie par son intermédiaire.
Dieu dit à son propos : « Toi qui as combattu au service des plus démunis et des plus pauvres qui a donné sa vie au service de son pays , entre dans la joie de ton maitre que tu as servi de ton mieux car tout ce que tu as fait pour tes frères c’est à moi que tu l’as fait… »
Mgr Michel Méranville +

(*) « je me rappelle, il lisait Dante dans le texte. C’était un garçon extraordinaire, se posant des tas de questions métaphysiques. » disait Senghor cité par Mme J.Darsières in « Le progressiste » hors série 2008

Le second témoignage est celui d’un prêtre africain, l’abbé Séverin Yaovi VOEDZO, prêtre ayant effectué un remplacement au Robert :

« J’ai connu Aimé Césaire au cours de mes études secondaires en littérature africaine. Le Seigneur m’a fait la grâce de le rencontrer l’été dernier (à l’occasion d’un séjour en remplacement du père curé sur la paroisse du Robert) pour le connaitre de plus près et échanger avec lui au sujet de mon projet de recherche sur sa pensée théologique.

L’entretien qu’il m’a accordé était riche de témoignage de foi. La foi que sa chère maman lui a transmise et qu’il n’a jamais perdue, me confia-t-il. C’est cette foi qui a créé une proximité permanente entre lui et la Bible, l’une de ses sources d’inspiration ajouta-t-il. J’ai eu le privilège de savoir ainsi la place de la Parole de Dieu dans sa vie et surtout l’influence de la Personne de Jésus-Christ, notre frère et notre sauveur, sur sa vie et ses engagements.

S’il n’a jamais reculé ni démissionné face aux persécutions des responsables administratifs d’alors, c’est en raison du témoignage des prophètes et surtout de Jésus-Christ dont il se nourrissait. Certes, il a reconnu et confesse ses réserves par rapport à l’Église, surtout les relations des hommes de l’institution ecclésiale : évêque et prêtres avec le pouvoir en place. Mais a l’instar d’un curé dont il était proche parce que celui-ci était un vrai témoin du Christ, il a toujours vu en Christ le modèle de l’homme a imiter et a suivre m’a-t-il dit.

C’est le lieu et le moment de témoigner qu’Aimé Césaire est un modèle atypique de chrétien anonyme engagé. A l’intérieur et au fond de lui-même, il vivait un martyr permanent. Il a beaucoup souffert dans sa chair ce qui manque à la souffrance du Corps du Christ : l’Église. En tant que baptisé, c’est-a-dire prêtre, prophète et roi, Aime Césaire a toujours engagé sa vie au service de la vérité car seule la vérité libère l’homme. Toute sa vie n’a été qu’un combat pour la vérité et l’amour.

Ce n’est pas que la Martinique qui a perdu un être cher, un fils mais c’est le monde entier, mieux encore l’Afrique, qui vient de perdre un ami, un frère, un défenseur des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Toute sa vie, Aimé Césaire a lutté pour le respect de l’homme. Par son engagement, il s’est consacré pour la reconstruction de l’humanité blessée, brisée, violée et anéantie. Avec sa plume, Aimé Césaire a ouvert à l’homme un chemin de rupture avec la violence et la cruauté. A travers sa plume, l’humanité est invitée à se réconcilier avec elle-même et son Créateur en redécouvrant le projet initial de Dieu pour la famille humaine.

Toute sa vie Aime Césaire a voulu être un homme de justice et de paix …. Il est et restera une figure symbolique et prophétique pour tous les hommes et femmes épris de justice et de paix.

L’invitation du Père éternel, faite a Aimé Césaire en ce temps de Pâques, est un signe providentiel qui nous rassure qu’il est réellement entré dans la Pâques de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il a célébré sa Pâques en répondant généreusement à son Dieu : Me voici ! Amen ! En recevant le saint baiser de l’Esprit Saint, il a tout remis entre les mains de Celui en qui il a tout. Ainsi a-t-il plu a notre Dieu Père, source de la vie de combler, Aime Césaire, vaillant serviteur de la vie, de la grâce de la résurrection de son Fils Jésus-Christ, en qui nous avons la vie en abondance.
Aime Césaire nous quitte mais il ne nous abandonne pas. Il nous laisse un héritage riche en densité et en intensité : ses multiples œuvres comme pour être toujours en compagnie avec nous.

Daigne Dieu le récompenser davantage en suscitant, aujourd’hui et dans les générations futures, de vaillants fidèles héritiers de ses patrimoines spirituel et culturel. Qu’il nous donne la grâce de réaliser vraiment cette ambition pour continuer la mission qu’il a confiée a son serviteur Aime Césaire et devenir ainsi réellement membres actifs de la génération Aime Césaire.

A la famille Césaire, la Martinique, aux amis (es) africanistes et a tous celles et ceux qui sont affectés par ce deuil, mes sincères condoléances et assurance renouvelée de mes prières.

Abbé S. Y. Voedzo

Bien sûr, de nombreux Martiniquais ont aussi donné leur témoignage sur Aimé Césaire, l’ homme, tout simplement, et aussi l’élu du peuple :

« …ce qui me frappait surtout, c’était son respect de l’autre, des autres. Son amour fou de sa terre de son pays de son peuple et comme il aimait à le dire, des « petites gens »… Mme J J-R sa secrétaire particulière
(in « le progressiste » hors série2008)

« …Respect pour le message si profondément humaniste et libérateur de la négritude dépouillée de tout négrisme sommaire, mais porteuse de toutes les espérances pour le monde noir et pour l’homme en général ; son refus du racisme et de la xénophobie…. » L-L Valère (ibid)

Pour d’autres dimensions, le voici prophète, à la voix belle et chaleureuse, voyant et visionnaire, fondateur de ville guerrier du peuple… » Pour se plonger au profond des noires misères de son peuple, et, par-delà, rejoindre le nègre fondamental, embrasser les mamelles de Mère-Afrique, renouer avec le lait nouveau d’un vrai langage. Le langage de la liberté, de la fraternité-et de l’émerveillement, de la découverte…
Il s’agit de signifier l’essentiel de l’inessentiel des choses du monde ; de prouver l’homme par ses valeurs et de justifier dans un monde inhumain, cassé par un impérialisme cupide, le racisme, la violence, le terrorisme d’état ou religieux, et la domination des uns sur les autres…
… « Ma mère cessa ses pleurs, courut se blottir entre les bras de cet homme, qui s’avérait être Aimé Césaire…petit homme frêle en costume arrivé jusqu’à notre case par des sentiers boueux et escarpés… aujourd’hui je sais que AC aurait dit au représentant des force des de l’ordre que s’ils comptaient détruire la case de mes parents, qu’il fallait le détruire lui aussi… D.Renay (ibid)

« … Et c’est un noir qui est non seulement un noir mais tout l’homme qui en exprime toutes les interrogations, toutes les angoisses, tous les espoirs et toutes les extases et qui s’imposera de plus en plus …comme le prototype de la dignité humaine… » C. Lapoussinière (ibid)

« Césaire pour toujours…il n’y aura pas d’autres comme lui.. »…Voilà ce qu’on entend de la bouche de ce peuple orphelin.

M.C de Texaco : « je louais une case derrière le garage Renault à Pont de chaînes on m’a dit que l’on prenait des places ici, je suis venu barrer un emplacement et quand Monsieur Césaire est venu il a passé son ceinturon de maire et il a dit les gens vous faites des petites maisons faites donc de bonnes maisons…

Des terrains appartenant à de grandes familles sont vite occupés (Trénelle, Terres Sainville Volga… alors Césaire va leur rendre leur dignité d’hommes et de femmes leur donner du pain de l’eau mais aussi l’instruction pour leurs enfants, en construisant des écoles par dizaines, les accompagner dans leur quotidien : Mme A se souvient : « y’avait pas d’eau ici, fallait se lever tôt pour aller chercher depuis 5 heurs du matin y’avait pas de chemin et c’est M ML qui nous donnait de l’eau , on se battait pour avoir de l’eau, pour laver…

Un jour M Césaire est venu il a dit : "ça c’est bêtises", il a fait la route, il a mis une fontaine et c’est pour cela que les gens d’ici n’ont plus jamais manqué d’eau.. »

Mme A : « Monsieur Césaire a fait beaucoup de choses, il a aidé beaucoup de mères de famille qui étaient dans le besoin, moi j’ai 9 enfants , mais si aujourd’hui je mange un pain avec mes enfants c’est grâce à A C, il m’a permis de sortir du Marin de trouver un logement et un endroit pour travailler…
Même pour les 16 de Basse-Pointe, on ne voulait pas qu’ils y reviennent Césaire a donné à tous du travail… ».

M C a la fierté de raconter : » et si leurs enfants ont pu aller à l’école et devenir des hommes et des femmes responsables c’est grâce à C… « Une fois M Césaire est venu et a dit à ma femme : »pourquoi vous n’envoyez pas les enfants à l’école ? On n’a pas d’argent ! a-t ‘elle répondu et alors, Césaire a pris de sa poche et lui a donné 500f.

..MP. notable était devenu directeur de Texaco et il avait mis des chaînes pour empêcher le passage... Tout le monde est allé voir Césaire qui est venu a passé sa ceinture d’élu et dit :
- « je prends la responsabilité de ce peuple ».
- On va nous traîner au tribunal !
Darsières a dit :
-  « je suis là pour vous défendre ».

L’injustice, l’humiliation, voilà les combats… M C poursuit :
- « si ce n’était Césaire, personne n’habiterait ici .MR avait dit de foutre dehors tout le monde pour faire un site touristique »…

Tous disent ton accessibilité et ton écoute presque paternelles. Pas un chantier, pas une rue sans qu’on t’y voie : « lorsque M. Césaire passait, nous l’appelions Mr le maire ! Mr le maire ! Il arrêtait son auto et descendait…
Mr le maire ! Mr Césaire ? Mais c’est le Bon Dieu qui t’a envoyé pour nous, il n’y a rien que nous t’ayons demandé et que tu n’as essayé de mettre la main » …
A Fort de France, en Martinique il n’y aura plus quelqu’un comme ça ! »

Mme Coco avec ses enfants autour d’elle : « quand j’ai connu A.C., j’avais 14 ans, j’habitais morne Abélard et j’attendais d’avoir la majorité pour voter pour lui… »
« Nous avons été les premières à faire de la pâtisserie ambulante et Césaire m’a permis d’avoir une place au marché et m’a toujours soutenue... »
De cette proximité sont nées des amitiés et le ciel est témoin que tu as toujours été fidèle à tes engagements, à la famille.
B. se souvient de ce lien proche avec A.C. : « ma maman allait chez lui tous les samedis et dimanches avec le chauffeur… j’ai travaillé avec mon mari et mes enfants, mais c’est grâce à Mr Césaire que je suis parvenue là où je suis … lorsque la fête des pères arrivait, nous allions acheter des cadeaux pour lui. Il faisait partie de la famille… »
L’homme exceptionnel que tu es est devenu dans la bouche de ton peuple « un messie »… Ils sont conscients de ton sacrifice parfois au détriment de ta famille et de tes enfants… (ibid.)

Aimé Césaire le dit bien lui-même : « Et si demain les Martiniquais doivent garder un souvenir de moi, je souhaite que ce soit simplement celui d’un homme qui les aimait et, avant toute chose se sentait membre de leur communauté. »

N’est-ce pas là le sentiment que l’on peut retenir à la lecture de tous ces témoignages ?

Michel Ange AMAR



 


"Illusion financière", de Gaël Giraud, un livre indispensable ...

 

1er septembre 2013 2013 par Michel DEGLISE

Le pape François a publié le 8 août 2013 un motu proprio (décret papal), [1] imposant un contrôle financier strict aux établissements financiers dépendant du Vatican. Parmi les institutions concernées par cette mesure se trouvent l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) et l’Administration du patrimoine du Siège Apostolique (Apsa). Dans sa gestion des finances du vatican, il applique ainsi lui-même l’appel adressé aux dirigeants de ce monde en faveur d’une « réforme financière qui soit éthique ».

C’est à une telle réforme qu’appelle, lui aussi, l’économiste jésuite Gaël Giraud dans l’ouvrage que nous vous proposons de découvrir dans notre rubrique "Livres", [2]

Pour mieux comprendre la crise financière et économique

L’auteur énonce les raisons pour lesquelles, face à la crise économique et financière, les chrétiens ne peuvent pas se taire ( Titre de la collection dans laquelle le livre est publié). Il rejoint ainsi le pape François qui dénonce une économie mondiale aujourd’hui dominée par "le culte de l’argent".

Gaël Giraud analyse l’impasse économique dans laquelle la crise financière a plongé des États désemparés, alimentée par une véritable fascination pour les marchés financiers et il se pose une question : interdirait-elle de penser une solution de sortie de crise originale, débouchant sur une transformation profonde de l’économie mondiale ?

Depuis 2010, la crise financière des crédits « subprimes » s’est transformée en une crise des dettes publiques, et tout semble indiquer que nous ne sommes pas tirés d’affaire, le pire étant encore devant nous.

Cette impasse dans laquelle les marchés financiers enferment l’économie européenne va jusqu’à remettre en cause les institutions mêmes du "vivre-ensemble" européen… Le FMI et les gouvernements ont du mal à trouver d’autres issues que la généralisation des plans d’austérité budgétaire, le paiement des dettes bancaires par les contribuables et la déflation.

L’auteur met nettement en lumière les illusions qui brouillent le débat public actuel. Pour lui, il convient de considérer la contrainte énergétique et climatique comme l’élément déterminant qui conditionne toute prospérité durable en Europe, et c’est pourquoi il propose de la placer au cœur d’un nouveau projet qui échapperait à « l’addiction mortifère » de notre économie à l’égard d’une finance dérégulée.

Il explique clairement que la transition écologique est un véritable projet de société, capable de sortir l’Europe du piège où l’a précipitée la démesure financière ; et il suggère plusieurs pistes pour lever les obstacles financiers qui semblent s’opposer à sa mise en œuvre.

Publié en octobre 2012, ce livre a fait l’objet de très nombreux articles de presse soulignant la clarté et l’audace des propos de l’auteur, et il suscite, aujourd’hui encore, de nombreuses discussions autour des propositions qui y sont avancées.

Si l’on veut se donner les moyens de comprendre les enjeux fondamentaux de la crise actuelle, ce livre pédagogique est très éclairant. On comprend bien que sans le recours à la conscience, qui permet de discerner clairement le bien du mal, et encore plus précisément, le bien commun des intérêts particuliers, l’illusion selon laquelle la finance est seule capable de diriger l’économie ne pourra pas disparaître et aucune solution de sortie de crise ne pourra être trouvée !

Dans son dernier chapitre, intitulé « Nous libérer du Veau d’or », l’auteur appelle ainsi tous les acteurs de l’économie et de la finance à « réapprendre la dimension collective de l’exigence éthique : pour lui, la morale de l’honnêteté individuelle ne suffit plus.[…] Les professionnels de la finance … [doivent]… réapprendre à se soumettre aux autorités publiques en charge d’édicter les nouvelles règles du jeu. Se soumettre aux autorités, cela veut dire collaborer loyalement avec les régulateurs, en particulier, en France, avec l’Autorité des marchés financiers et l’Autorité du contrôle prudentiel.

Pour Gaël Giraud, c’est en effet aux autorités publiques, garantes de la recherche du bien commun dans nos sociétés démocratiques, qu’il revient d’imposer de nouveaux modes de régulation afin que la finance de marché et les banques soient aptes à remplir de nouveau le service qu’elles doivent à la société, la finance redevenant ainsi un moyen au service du développement de l’économie et de la société !

Qui est cet auteur ?

Né en 1970, le père Gaël Giraud est jésuite. Ancien élève de l’ENS-Ulm, diplômé de l’ENSAE, docteur en mathématiques (laboratoire de l’Ecole Polytechnique), ancien consultant scientifique pour des banques d’investissement parisiennes. Il est actuellement directeur de recherche au CNRS, collaborateur au CERAS (Centre de Recherches et d’Action Sociale) et chroniqueur à la revue Projet, enseignant au Centre Sèvres, membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme.

Il a publié de nombreux articles de recherche dans le cadre de ses activités de chercheur au CNRS et comme membre de l’Ecole d’économie de Paris. Il est l’auteur de "La Théorie des jeux" (Flammarion, "Champs-Université", 3ème édition septembre 2009) et a co-dirigé avec Cécile Renouard "Vingt Propositions pour réformer le capitalisme" (Flammarion, 2009) (cf. http://www.20propositions.com).



[1Motu proprio per contrastare
il riciclaggio, il finanziamento del terrorismo e la proliferazione di armi di distruzione di massa

[2Illusion financière, aux Editions de l’Atelier, 173 p.

 


Lumière de la foi, la 1ère Encyclique du Pape François

 

30 novembre 2013 2013 par Michel DEGLISE

"Lumen Fidei"- Lumière de la foi - Comme annoncé, la première Encyclique du Pape François a été présentée vendredi 5 juillet 2013 en salle de presse du Saint-Siège.

Cette encyclique est le fruit du travail de deux papes

Ce texte prévu initialement par Benoît XVI pour une publication en l’Année de la foi complète la trilogie des encycliques sur la charité et sur l’espérance ( "Deus Caritas Est" et "Spe Salvi" ), les trois vertus théologales en étant le fil directeur. Lorsque le pape Benoît XVI a renoncé à sa charge, la possibilité que le texte soit publié sous une forme privée avait été évoquée. Mais, le pape François a décidé d’assumer le texte et de le compléter, soulignant ainsi la continuité des deux pontificats.

Nous vous proposons la synthèse de cette encyclique

Destinée aux évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses et à tous les fidèles laïcs, elle est divisée en quatre chapitres. L’encyclique – a expliqué le pape François – avait déjà été « presque achevée » par Benoît XVI. L’actuel souverain Pontife actuel a ajouté quelques « contributions supplémentaires à la « première ébauche ». L’objectif du document est de retrouver le caractère lumineux propre à la foi, capable d’éclairer l’ensemble de l’existence humaine.

Celui qui croit, voit. Celui qui croit n’est jamais seul, car la foi est un bien de tous, un bien commun qui permet de distinguer le bien du mal, pour construire notre société en donnant de l’espoir. C’est le cœur de Lumen fidei : celle d’une foi qui ne sépare pas l’homme de la réalité, mais l’aide à comprendre sa signification profonde. A une époque comme celle contemporaine, écrit le Pape, dans laquelle la croyance s’oppose à la recherche et où la foi est considérée comme une illusion, un saut dans le vide qui empêche la liberté de l’homme, il est important de faire confiance et de se confier, humblement et avec courage, à l’amour miséricordieux de Dieu, qui corrige les distorsions de notre histoire

Jésus est le témoin fiable de la foi, par lequel Dieu intervient vraiment dans l’histoire. Celui qui croit en Jésus ne le regarde pas seulement, mais regarde avec son point de vue. Et comme dans la vie quotidienne nous faisons confiance à l’architecte, au pharmacien, à l’avocat, qui connaissent les choses mieux que nous, pour la foi nous faisons confiance à Jésus, un expert dans les choses de Dieu, celui qui nous explique Dieu. La foi n’est pas un fait privé, souligne le pape, parce qu’elle se confesse à l’intérieur de l’Eglise, comme la communion concrète des croyants. Et de cette manière, l’existence croyante devient existence ecclésiale.

Ainsi, le pape démontre le lien étroit qui existe entre la foi, la vérité et l’amour, qui sont confiés à Dieu. La foi sans la vérité ne sauve pas, rappelle le souverain pontife, elle reste juste une belle fable, surtout aujourd’hui où nous vivons une crise de la vérité en raison d’ une culture qui croit seulement à la technologie ou aux vérités de l’individu, à son profit et non à celui du bien commun. Le grand oubli du monde contemporain, souligne le Pape, est le refus de la grande vérité, est d’oublier la question de Dieu, parce qu’il craint le fanatisme et préfère le relativisme. Au contraire, la foi n’est pas intransigeante, le croyant n’est pas arrogant parce que la vérité qui vient de l’amour de Dieu ne peut être imposée par la force et n’ écrase pas l’individu. C’est pour cela que le dialogue entre foi et raison est possible : d’abord, parce que la foi éveille l’esprit critique et élargit les horizons de la raison, d’autre part, parce que Dieu est lumière, et peut être trouvé par des non-croyants qui le cherchent avec un cœur sincère. Qui se met en chemin pour faire le bien, souligne le pape, s’approche déjà de Dieu.

Un autre point essentiel de Lumen fidei est l’évangélisation : qui s’est ouvert à l’amour de Dieu, dit le Pape, ne peut pas garder ce don pour lui-même. Comme une flamme s’allume à une autre, la lumière de Jésus brille sur les visages des chrétiens et se transmet de génération en génération, à travers les témoins de la foi. Le lien entre la foi et la mémoire est donc fort, parce que l’amour de Dieu unit tous les temps et nous rend contemporains de Jésus.

Il y a cependant, un moyen spécial par lequel la foi peut être transmise : ce sont les sacrements. Avant tout le Baptême, qui nous rappelle que la foi doit être reçue dans la communion ecclésiale, parce que personne ne se baptise seul, et met en évidence la synergie entre l’Eglise et la famille dans la transmission de la foi. Ensuite, l’Eucharistie, nourriture précieuse de la foi qui nous apprend à voir la profondeur de la réalité. Et encore, la confession de foi du Credo et la prière du Notre Père. Enfin, les Dix Commandements, qui ne sont pas un ensemble de préceptes négatifs, mais des indications concrètes pour entrer en dialogue avec Dieu. La foi est une, rappelle le pape, et l’unité de la foi est l’unité de l’Eglise.

Dans son dernier chapitre, Lumen fidei explique le lien entre la croyance et la construction du bien commun  : la foi, qui nait de l’amour de Dieu, renforce les liens entre les hommes et se met au service de la justice, du droit, de la paix. Elle ne nous éloigne pas du monde, écrit le pape, au contraire : si nous l’enlevons de nos villes, nous perdons toute confiance entre nous et nous restons ensemble uniquement par peur ou par intérêt. Les lieux illuminés par la foi sont nombreux en revanche : la famille fondée sur le mariage, compris comme une union stable entre un homme et une femme, et le monde des jeunes qui désirent « une grande vie » et à qui « la rencontre avec le Christ donne une espérance ferme qui ne déçoit pas. » « La foi n’est pas un refuge pour les personnes sans courage, dit le pape, mais l’expansion de la vie » et dans ce cadre, les JMJ permettent aux jeunes de montrer la joie de la foi et l’engagement de la vivre de manière solide et généreuse.

La foi éclaire aussi la nature, nous aide à la respecter, à « trouver des modèles de développement qui ne se basent pas uniquement sur l’utilité ou le profit, mais qui considèrent la création comme un don ». Elle nous apprend à identifier les formes justes de gouvernement, où l’autorité vient de Dieu et se met au service du bien commun ; elle nous offre la possibilité du pardon qui permet de surmonter les conflits. « Quand la foi est perdue, le risque est grand que les fondements de la vie disparaissent », rappelle le pape. Pour cela, nous ne devons pas avoir honte de confesser publiquement notre foi en Dieu, dans la mesure où la foi éclaire toute la vie sociale.

Même la souffrance et la mort, en étant confiées à Dieu, revêtent un sens particulier. A l’Homme qui souffre, le Seigneur ne propose pas un raisonnement qui explique tout mais offre sa présence qui l’accompagne. En ce sens, la foi est liée à l’espoir. Et ici, le pape lance un appel : "Ne nous laissons pas voler l’espoir, ne permettons pas qu’il disparaisse dans des solutions et des propositions immédiates qui entravent notre chemin. »

Enfin, l’encyclique s’achève par une prière à Marie, une « icône parfaite » de la foi, pour qu’elle nous apprenne à regarder avec les yeux de Jésus.



 


Découvrir le pape François

 

12 juin 2013 2013 par Michel DEGLISE

C’est le journaliste Italien, Andrea Tornielli, spécialiste du Vatican, qui propose la première biographie du pape François : "François, le pape des pauvres" aux éditions Bayard Culture, 200 p. ; 16€

Par ailleurs, quelques livres publiés par le cardinal Jorge Mario Bergoglio viennent d’être traduits en Français.

Premiers livres disponibles en Français

Biographie

Dans cette biographie, Andrea Tornielli raconte comment ce fils d’immigrés italiens va franchir les étapes qui vont lui permettre de devenir le premier pape latino-américain et jésuite de l’histoire.

On comprend comment son parcours, à travers ses études de chimie, son entrée au sein de la Compagnie de Jésus, sa vie difficile sous la dictature, sa proximité avec Jean-Paul II qui le nommera archevêque de Buenos Aires, le prépare à incarner une Eglise humble, proche des pauvres et des petits.

Les témoignages recueillis par l’auteur soulignent tous son humanité, sa simplicité et sa disponibilité.

Autres livres

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, des livres récemment traduits en Français, permettent de découvrir et approfondir la pensée de l’archevêque de Buenos Aires, devenu le pape François mercredi 13 mars 2013 :

  • "Seul l’amour nous sauvera", aux éditions Parole et Silence, avec un avant-propos du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. 180 p. ; 15 €
  • "Amour, service et humilité", aux éditions Magnificat, avec une préface du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. 144 p. ; 14,50 €
  • "Je crois en l’homme", aux éditions Flammarion, livre d’entretiens dans lequel l’archevêque de Buenos Aires se confie. 240 p. ; 16,90 €

Bonne lecture à tous !



 


Les grands textes écrits par Benoît XVI

 

12 juin 2013 2013 par Michel DEGLISE

Les textes écrits par Benoît XVI au long des huit années de son pontificat sont autant d’enseignements lumineux à lire ou à relire pour affermir notre foi.

L’enseignement du pape Benoît XVI

Des centaines de discours, de lettres, de messages ont permis au Saint Père de s’adresser aux chrétiens et à tous les hommes de bonne volonté. Il est possible de les retrouver sur le site internet du Vatican. Mais nous retiendrons plus particulièrement les 3 encycliques et les 4 exhortations apostoliques qu’il a promulguées pendant les 8 années de son pontificat et que nous devons lire ou relire pour bénéficier pleinement de son enseignement lumineux :

- Deus caritas est, Dieu est amour
(25 décembre 2005)
- Spe salvi, Sauvés dans l’espérance
(30 novembre 2007)
- Caritas in veritate, L’amour dans la vérité
(29 juin 2009)

- Sacramentum Caritatis ( 22 février 2007), exhortation apostolique post-synodale sur l’Eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise.
- Verbum Domini (30 septembre 2010), exhortation post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise.
- Africae Munus (19 novembre 2011), exhortation post-synodale sur l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix.
- Ecclesia in Medio Oriente (14 septembre 2012), exhortation apostolique post-synodale sur l’Eglise au Moyen-Orient, communion et témoignage.

Le pape théologien, sous le nom de Joseph Ratzinger Benoît XVI, a aussi écrit trois livres pour répondre à la question que Jésus a posée à ses disciples et qu’il pose à chacun de nous : « Pour vous qui suis-je ? » :

-  Jésus de Nazareth, Tome 1, Du Baptême dans le Jourdain à la Transfiguration,
Editions Flammarion (Mai 2007)
-  Jésus de Nazareth, Tome 2, De l’entrée à Jérusalem à la Résurrection,
Editions du Rocher, Groupe parole et Silence (Mars 2011)
-  L’Enfance de Jésus, « porte d’entrée à mes deux précédents ouvrages consacrés à Jésus de Nazareth », ( par lequel nous conseillons de commencer) Editions Flammarion (Novembre 2012)

Enfin, il a ouvert son cœur en ne laissant aucune question de côté dans le livre- entretien qu’il a publié avec le journaliste allemand Peter Seewald en 2010, livre qui éclaire sa décision de renoncer à son ministère pétrinien annoncée le 11 février 2013 :

- Lumière du monde, Le pape, l’Eglise et les signes des temps,
Editions Bayard



 


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