Eglise catholique de Martinique
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Retour sur évènements



Retour sur la fermeture des Portes jubilaires en Martinique

 

16 novembre 2016 2016 par Michel DEGLISE

Le dimanche 13 novembre 2016, Mgr David Macaire a fermé les portes jubilaires, ouvertes dans le diocèse au début de l’année de la Miséricorde, au cours d’un « rallye des 5 portes » auquel ont participé de très nombreux fidèles. Grâce à la Pastorale des sanctuaires et à la librairie de l’Immaculée Conception du Lamentin, 250 pèlerins, dont les Hommes du Saint Sacrement, l’ont même accompagné pendant tout son parcours, de Sainte-Anne à Fort de France, en partant dès 4 h du matin, jusqu’à 20h.

- A 5h45, accompagné du missionnaire de la Miséricorde, le père Christian-Marie Donet, op, qui sera à ses côtés toute la journée, il a été accueilli par le recteur du sanctuaire de Notre Dame de la Salette, le père Sylvanus Noudéhou, les diacres Hervé Lordinot et Georges Athine. Assisté par les Hommes du Saint-Sacrement, Mgr David Macaire a célébré l’Office des Laudes au Calvaire, puis après être redescendu en compagnie des très nombreux fidèles présents dès 5 heures du matin, il a fermé la porte jubilaire du sanctuaire de Notre Dame de la Salette avant de partir pour la cathédrale Notre Dame de l’Assomption où le chœur est toujours en rénovation.

(Photos M. D.)

- A 9h, toujours accompagné par le père Christian-Marie Donet, les séminaristes et ses cérémoniaires, il a présidé la messe dominicale à la cathédrale de Saint-Pierre, messe concélébrée par le recteur de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, le père David Rondof, le vicaire, le père José NGoma, le père Donet, missionnaire de la Miséricorde. C’est le diacre Pierre Valey qui a assisté le célébrant et la chorale "Voie d’Espérance" qui a animé cette célébration.

Mgr Macaire a proposé l’homélie de cette messe de clôture :

Comme il l’a dit : « L’histoire retiendra que c’est dans cette cathédrale Notre Dame de l’Assomption de Saint-Pierre qu’ a été célébrée en Martinique la messe de clôture de l’année jubilaire de la Miséricorde en présence de fidèles venus de tout le diocèse ».

Après la bénédiction finale, Mgr Macaire a présidé le rituel de fermeture de la porte jubilaire après que tous les fidèles présents soient sortis par cette porte.

La porte de la cathédrale est fermée, mais la Miséricorde du Seigneur ne cessera pas de couler sur nous, comme il l’a dit en conclusion.

(Photos L. L.)

- Avec un peu de retard sur l’horaire prévu, il a ensuite gagné le Morne Rouge où il a été acueilli par le recteur du sanctuaire, le père Joseph Nowak, et le diacre Paul Rougon. Le Père Philippon, curé du Carbet a également participé à cette célébration.Toujours assisté par les Hommes du Saint-Sacrement il a récité à 12h le Chapelet aux pieds de Notre Dame de la Délivrande avant de renouveler la consécration à la Vierge avec tous les fidèles présents là aussi en grand nombre. Il a ensuite présidé la fermeture de la porte jubilaire après que tous les fidèles aient franchi une dernière fois cette porte.

- A 14h, il était accueilli à Balata par le recteur du sanctuaire du Sacré-Cœur, le père Yvon Caleb, CSSp, accompagné du Père Jean-Moïse Exantus, CSSp, du diacre Yves Bobi et d’une assemblée nombreuse, la basilique se révélant trop petite pour accueillir tous les pèlerins présents. Assisté par les séminaristes et les Hommes du Saint-Sacrement, il a récité le Chapelet de la Miséricorde avant de fermer la porte jubilaire de Balata en suivant le même rituel.

- Enfin, à 17h30, il a été accueilli par le recteur de la cathédrale le Père Christian Catayée, accompagné du Père Patrick Phanor, fondateur et chef de choeur de la Schola cantorum Saint-Louis, du Père Emmanuel Chaulvet, directeur de la maison Saint Jean-Paul II, des diacres Serge Gélas, Jean-Paul Levif et Neuville Cospar. Le père Philippon, le père Arnauld Houévoyéha, le père Philopon étaient eux aussi présents. Il a présidé les Vêpres solennelles de ce 33ème dimanche du temps ordinaire de l’Eglise, l’homélie de cette dernière célébration de la journée étant proposée par le père Christian-Marie Donet. C’est la Schola cantorum Saint-Louis qui a animé, comme tous les dimanche soir, cette célébration des Vêpres. Là encore, tous les fidèles sont sortis par la porte jubilaire avant que Mgr préside pour la dernière fois le rituel de fermeture de la porte jubilaire. C’est dans la joie et sous les applaudissements des fidèles entourant la cathédrale que la procession a regagné la sacristie. C’est une journée qui restera, "pour toujours", dans les mémoires de tous ceux qui y ont participé, comme l’a dit en conclusion Mgr Macaire !

Tout au long de son parcours, il a été accompagné par son équipe de cérémoniaires sous la direction de Kerry Moran. Avec les servants d’autel des différents sanctuaires et des cathédrales, ils l’ont assisté durant les 5 célébrations.

Les équipes de radio Saint Louis et du service multimédia diocésain ont permis à tous ceux qui n’ont pu se déplacer de vivre cette grande journée diocésaine par la radio et par la webtv Saint Louis.

Retrouvez notre reportage photo dans cette même rubrique S’informer, se former, A la Une, dans l’article "Actualités de Mgr David Macaire", Dimanche 13 Novembre 2016.



 


Retour sur la Fête de Saint Ignace de Loyola 2016 à Rivière-Salée

 

3 octobre 2016 2016 par Michel DEGLISE

Samedi 30 Juillet 2016, le Chemin Ignatien Martinique et la Paroisse St Jean Baptiste de Rivière-Salée, dans le cadre du Tricentenaire de sa Fondation, ont célébré ensemble à la veille de la Fête de « la Saint Ignace » : le Samedi 30 Juillet à partir de 15h30 ! Retour sur l’événement avec le Chemin Ignatien Martinique :

«  Ansanm-Ansanm, Songé, Prier à l’école d’Ignace de Loyola  »

Sonjé les jésuites

 ansanm- ansanm, sonjé prié é adoré »
« sonjé les jésuites »

 Il y a 300 ans, les habitants de Rivière –Salée, (estimant qu’ils étaient trop éloignés de la chapelle construite par les jésuites sur le site de la Poterie), obtenaient l’érection de la nouvelle paroisse Saint Jean-Baptiste.

 « sonjé » : le 7 juillet dernier,
Mgr David Macaire a fêté cet anniversaire dans cette même église.

 « ansanm- ansanm, sonjé prié é adoré »

 « sonjé les jésuites » qui sont-ils donc ces jésuites présents dans le sud de la Martinique, il y a plus de 300 ans ?

Des religieux, prêtres ou frères.

 En cette veille de la Saint Ignace de Loyola, découvrons Ignace, découvrons, redécouvrons cette spiritualité ignatienne : dont se réclament toujours de nombreux groupes et communautés ; et dont nous sommes des héritiers.

 « sonjé » : c’est la spiritualité du pape François !
« sonjé » : Saint Ignace de Loyola est un ami de Dieu qui continue de nous faire grandir

 Íñigo López de Loyola est né en 1491 au pays basque espagnol. Il vécut d’abord à la cour des Grands, puis se consacra à la vie militaire. Blessé au siège de Pampelune à l’âge de 30 ans, il se convertit durant sa convalescence,
« ne brûlant que du désir de suivre les pas du Christ ».

 Son expérience spirituelle s’approfondit à Manresa (près de Barcelone) ; une expérience qui est devenue l’essentiel du livret des Exercices Spirituels, trésor de l’Eglise.

La prière à partir de la Parole de Dieu, le discernement et la relecture en sont des moyens (outils) privilégiés.

François-Xavier, Pierre Favre et leurs 1ers compagnons en ont bénéficié.

Ils fondent en 1540 : la Compagnie de Jésus (les Jésuites)

 L’originalité de l’esprit d’Ignace est résumée dans le titre même des Exercices Spirituels :

 « Chercher et trouver la volonté de Dieu dans la disposition de sa vie, quels que soient son travail ou sa mission dans l’Église et le monde ».

 « Sa nou fè ba Bondyé bel, fèy ansanm sa anko pli bel »

 Certes, les Exercices Spirituels sont au cœur de la vie des jésuites.

 Mais cette manière de prier peut elle aider tout chrétien ?

 Depuis les premiers temps de la Compagnie de Jésus, des laïcs et d’autres congrégations religieuses vivent de la fécondité des Exercices Spirituels. Ils forment la Famille ignatienne pour ‘chercher et trouver Dieu en toutes choses’.

Proposition du CHEMIN IGNATIEN Martinique

 Nous sommes partie intégrante de cette famille spirituelle et désirons, pour nous-mêmes et pour tout chrétien :

1. Faire une expérience profonde de l’Amour du Christ et en vivre
2. Nous laisser configurer davantage au Christ
3. Nous engager à sa suite avec et pour les autres

Nous avons, également, proposé de ‘Prier avec la Parole de Dieu’ à l’école d’Ignace de Loyola avec la revue ignatienne

Ainsi qu’une fiche tirée de « Jalons pour prier à l’école d’Ignace de Loyola »
« PRIER avec La Parole de DIEU,
à l’école d’IGNACE DE LOYOLA »

1. La préparation de la prière
Choisir : un texte, des « points » ou une prière de répétition (sur des points déjà priés)
Choisir le lieu de la prière ainsi que sa durée

2. Le commencement de la prière :
Se rendre présent à Dieu
Préambules : * Prière préparatoire
** Imaginer la scène
*** Demander une grâce

3. Le corps de la prière

 Soit méditer un texte (en usant de la mémoire, du cœur, de l’intelligence) en essayant de sentir et goûter les choses intérieurement

 Soit contempler une scène (voir les personnages, écouter ce qu’ils disent, regarder ce qu’ils font, laisser retentir et tirer profit)
(Appliquer les sens à la contemplation de la scène : vue, ouïe, sentir, toucher, goût ; motions intérieures)

4. La fin de la prière

 S’entretenir avec le Seigneur à propos de ce que j’ai perçu dans la prière (colloque)

 Terminer par une prière vocale (Notre Père par exemple)

 S’en tenir au temps fixé

5. Après la prière

Relire ce qui s’est passé : à propos de quoi ? Comment ?

D’après BETHY OUDOT dans « Jalons pour prier à l’école d’Ignace de Loyola »

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Vous voulez découvrir la spiritualité ignatienne, contactez le Chemin Ignatien Martinique :

Par email : secretariat.cheminignatien972@gmail.com
Par courrier : Chemin Ignatien Martinique B.P 25 97240 Le FRANCOIS



 


Jubilé des Personnes en situation d’handicap

 

13 juillet 2016 2016 par Michel DEGLISE

Mgr David Macaire avait souhaité organiser ce jubilé le Dimanche 12 juin 2016 de 09h00 à 18h00, à la Ferme Perrine au Lamentin dans le but de consoler, guérir, réconcilier et envoyer en mission un millier de témoins de la miséricorde dans leurs foyers, dans l’Église et dans notre société martiniquaise !

Cette manifestation était ouverte à toutes les personnes en situation de handicap ainsi qu’à leur famille proche. Plus de 1250 personnes ont répondu à l’appel et étaient présentes à la Ferme Perrine pour ce jubilé.

• A 09H00, les participants ont été accueillis en louange par le groupe Misericordia de saint Christophe.
• A 10H00, ont débuté les témoignages entrecoupés de louange avec Misericordia.
• A 10H30, le Théâtre a commencé et également les confessions avec P. De Coulanges et P. Yang-Ting ainsi que l’Adoration dans un espace réservé.
• A 11H15, le premier enseignement a été proposé par le Dr Nicole Piquion.
• A 12H00, ont débuté le Ministère de prière et les démarches de conversion
• A 12H30, Repas sur place
• A 14H : reprise de la Louange
• A 14H15, a débuté la répétition chants de la messe et des mimes
• A 14H45, Mgr Macaire a donné son enseignement
• A 15H15, a débuté la Messe présidée par Monseigneur David Macaire, entouré du père Gaby Lémy, curé du Lamentin et du diacre Jean-Paul Levif, aumônier de Foi et Lumière
• A 16H45 : Après la bénédiction finale, les différents mouvements pour personnes en situation de handicap participant à ce jubilé ont été présentés à l’assemblée.
• Et enfin, à 17H15, le groupe Misericordia a aidé l’assemblée à partir dans la joie et l’action de grâce.



 


Conférences du Père Yannik Bonnet

 

13 juillet 2016 2016 par Michel DEGLISE

Après les conférences données à Terreville, le Père Yannik Bonnet a proposé un dernier cycle de conférences au Centre Eaux Jaillissantes, 48 Route de l’Entraide, à Fort de France du lundi 6 Juin au mercredi 8 Juin 2016.

Centre Eaux Jaillissantes

Ces conférences ont commencé à 17h30 pour prendre fin à 20h à l’Espace Jean-Paul II.

Le thème développé par le Père Yannik : "Le Témoignage, chemin d’ évangélisation".

Pour contacter le Centre Eaux Jaillissantes  : 05 96 79 91 93

L’association Saint Raphaël dans le cadre de la prochaine ouverture de son Ecole de Culture Populaire Catholique, avait auparavant organisé un cycle de conférences animées par le Père Yannik BONNET, fondateur de ces écoles.

Trois conférences étaient proposées par le Père Bonnet du 1er au 3 juin de 17h30 à 20h00

A L’EGLISE DE LA RESURRECTION DE TERREVILLE
PAROISSE DE SCHŒLCHER

- Mercredi 1er juin

L’EDUCATION A LA VRAIE LIBERTE,
SEUL CHEMIN DU BONHEUR

- Jeudi 2 juin

LES 9 FONDAMENTAUX DE L’EDUCATION
SELON LA FOI ET LA RAISON

- Vendredi 3 juin

L’ECOLE, PARTENAIRE INCONTOURNABLE DE LA FAMILLE.

Le dimanche 5 Juin, une autre conférence du Père Bonnet a eu lieu de 14h à 17h :

A SAINT RAPHAËL - TERREVILLE - SCHŒLCHER

- Thème :

FAMILLES N’AYEZ PAS PEUR : L’AMOUR REND LIBRE

Pour en savoir plus sur l’Association Saint Raphaël J.F.I Jeunesse - Famille - Intergénération et sur l’école de culture populaire catholique

Village du Centre St Raphaël - Quartier Bel Air - Terreville - 97233 Schœlcher – Martinique
Tel : 0596 69 72 42
E-mail : eipi.csr@gmail.com



 


Funérailles du P. Georges Paruta

 

17 avril 2016 2016 par Michel DEGLISE

Samedi 16 avril 2016, à 8h, en la cathédrale Saint-Louis, Mgr David Macaire a présidé la cérémonie de funérailles du P. Georges Paruta, curé du Vauclin décédé le 13 avril 2016. C’est le P. Christian Catayée, vicaire épiscopal et ancien curé du Robert et ancien modérateur du district auquel a appartenu le P. Paruta, longtemps curé du Gros-Morne, qui a donné l’homélie. A l’issue de la cérémonie, l’inhumation s’est faite au cimetière du Morne Rouge.

Dans la matinée du vendredi 15 avril 2016, un temps de recueillement était organisé devant l’église du Vauclin, de 9h jusqu’à 11h : c’est le P. Wilfried Bannais, curé de rivière-Pilote, qui a présidé ce temps de prière et d’hommage auquel participaient de nombreux fidèles. Mgr Michel Méranville, archevêque émérite, qui avait nommé le P. Georges Paruta au Vauclin était présent lui aussi pour cet hommage

Le corps du P. Paruta est arrivé ensuite à 12h30 à la cathédrale Saint-Louis où les fidèles ont pu se recueillir jusqu’à la veillée qui a commencé à 19h et s’est achevée à 24h, en présence de Mgr Macaire, des membres du presbyterium et de très nombreux fidèles.

Le père Georges Paruta, né le 31 juillet 1952, était originaire du Morne Rouge. Il avait effectué son séminaire en Haïti et été ordonné prêtre le 26 mai 1985 à la cathédrale Saint-Louis, par Mgr Maurice Marie-Sainte. Il a été vicaire à Saint-Christophe, curé au Vert-Pré, au Gros-Morne et enfin, au Vauclin où il avait été nommé en 2014.

Voici l’avis de décès ;

ASSOCIATION DIOCESAINE DE LA MARTINIQUE
Archevêché
5-7, rue du Révérend Père Pinchon – B.P. 586
97207 FORT-DE-FRANCE Cedex
Tél. : 0596 63 70 70 - Fax : 0596 72 45 30


Les obsèques de Monsieur l’Abbé Georges Germain PARUTA,
ancien Curé du Gros-Morne,
décédé à l’âge de 64 ans,
seront célébrées le samedi 16 avril 2016 à 8heures en la Cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France.
L’inhumation se fera au cimetière du Morne-Rouge.
Cet avis est diffusé de la part :
de la communauté diocésaine de la Martinique,
de Monseigneur l’Archevêque David Macaire,
des Archevêques émérites Mgr Maurice Marie-Sainte et Mgr Michel Méranville,
de ses confrères prêtres,
de sa maman : Mme PARUTA Paule Pierrette,
de ses sœurs : Sylvia, Héléna, Thérèse, Bernadette, Rita
de ses frères : Félix, Serge, Martin
de ses neveux et nièces, ses cousins et cousines, ses beaux-frères, belles-sœurs et filleuls
des familles : PARUTA, SIRANGON, NAL, CANEVY-SARKIS
des parents, amis et alliés.
Un temps de recueillement aura lieu devant l’église du Vauclin le vendredi 15 avril de 9h à 11h.
Le corps arrivera à la Cathédrale Saint-Louis le vendredi 15 avril à 12h30.
La veillée se fera de 18h à minuit.



 


Retour au 7 Mars 2015

 

7 mars 2016 2016 par Michel DEGLISE

7 Mars 2015 – 7 Mars 2016 : un an déjà ! Il y a 1 an, souvenez-vous, nous découvrions le nom de notre nouvel archevêque par ce communiqué publié par le Vatican à 12h, heure de Rome :

« Cité du Vatican, 7 mars 2015 (VIS).

Le Saint-Père a :
Nommé le P.David Macaire, OP, Archevêque de Fort-de-France (superficie 1.080, population 390.371, catholiques 312.296, prêtres 54, diacres 12, religieux 151), en France (La Martinique). L’Évêque élu, né en 1969 à Nanterre (France), a émis ses voeux religieux en 1998 et a été ordonné prêtre en 2001.
Jusqu’ici Prieur du couvent de La Ste.Baume (France), il succède à Mgr.Michel Méranville, dont la renonciation a été acceptée pour limite d’âge.
Il a été aumônier de Lycée, professeur de séminaire et a occupé diverses fonctions au sein de son ordre. »

A la même heure, 6h00 en Martinique, Mgr Michel Méranville l’annonçait en direct sur Radio Saint Louis :

« Le Pape François, ayant accepté ma démission pour raison d’âge, a nommé le 7 mars 2015, Mgr David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France.
Jusqu’alors, Frère David Macaire, op, était Prieur du Couvent des Dominicains de la Sainte-Baume et Recteur du Sanctuaire dédié à Sainte Marie-Madeleine. »

Pour les fidèles martiniquais, c’était la fin d’une longue attente et beaucoup, comme Mgr Gaston Jean-Michel, ont fait part immédiatement de leur grande joie à l’annonce de cette nomination. Mgr David Macaire, douzième évêque de la Martinique, est le troisième Martiniquais à accéder à cette charge après Mgr Maurice Marie-Sainte et Mgr Michel Méranville.

Dès 7h00, Mgr David Macaire donnait sa première réaction à radio Saint Louis en exprimant ses remerciements envers le Saint-Père pour cette nomination, puis son émotion en annonçant sa première visite en Martinique, en tant qu’archevêque nommé, pour le 10 mars. C’était le début d’une nouvelle page, la douzième, de l’histoire de notre diocèse érigé par le pape Pie IX le 27 septembre 1850 en même temps que les diocèses de la Guadeloupe et de la Réunion.



 


Jubilé des Hommes

 

21 mars 2016 2016 par Michel DEGLISE

Ce jubilé, voulu par Mgr David Macaire, s’est tenu le Samedi 19 Mars, de 08h00 à 18h00, à la Ferme Perrine au Lamentin où près de 3000 hommes ont répondu avec joie à l’invitation. Retrouvez le mot de présentation de Mgr David Macaire.

Être un homme selon le cœur de Dieu

« La Bible nous donne tant d’exemples d’hommes selon le cœur de Dieu... Les plus célèbres sont Abraham et sa descendance, Moïse et les prophètes ou encore David et les rois d’Israël et, bien sûr, Joseph, le charpentier de Nazareth, ou encore les apôtres. Tous sont des hommes qui ont été choisis par Dieu pour être des prêtres, des prophètes et des rois, pour être des pères, des fils et des frères. Des hommes devenus forts, mystiques, purs et pieux, à l’appel de Dieu. Ils étaient guerriers ou laboureurs, médecins ou fonctionnaires, bâtisseurs ou marchands, marins-pêcheurs ou charpentiers…

Leur point commun est d’avoir répondu OUI au choix de Dieu. D’avoir dit OUI à la vie. Ce OUI les engageait. Ce OUI, dans l’obéissance à la volonté de Dieu, n’était ni une fuite, ni une démission, mais, au contraire, c’était pour eux la meilleure manière d’assumer leur responsabilité, d’accomplir ce pour quoi ils étaient faits.

Pour faire ce choix d’être des Hommes, des vrais hommes, d’être non seulement eux-mêmes mais le meilleur d’eux-mêmes, ils ont dû affronter avec courage bien des luttes : Noé a résisté à l’insouciance des autres hommes ; Jacob a lutté contre son propre frère ; David a lutté contre lui-même, ses passions et ses fautes ; saint Paul a résisté à l’ange de Satan qui était dans sa chair et à sa propre violence intérieure… Combien d’autres ont dû faire avec les oppositions extérieures ou intérieures, leurs faiblesses, leurs addictions, leurs impuretés, leurs doutes, leurs égoïsmes, leurs enfermements, leurs malédictions, leurs blessures ou leurs rancunes !

Aujourd’hui, tous nous apprennent que, pour être un homme, il faut se battre et remporter des victoires sur soi-même, sur son entourage et sur le monde. Mais le bonheur masculin est à ce prix. En fait, le chemin de ce bonheur est celui du Christ : aimer comme Lui, jusqu’au don de soi. Cela peut nous faire peur, mais ça en vaut la peine, car ce bonheur masculin est le socle indispensable du bonheur des femmes, du bonheur des enfants et de toute la société, et même du bonheur de Dieu.

Que ce jubilé de la Miséricorde donne aux hommes de Martinique de remporter des victoires puissantes et que, rendus forts par le don de l’Esprit-Saint, ils parviennent à vaincre tout le poids de péché qui pèse sur la gente masculine de notre pays et qu’ils apportent le pardon, l’amour, la douceur, la tendresse, la fidélité, la vérité dont ont besoin tant de femmes et de jeunes de notre île… et tant d’hommes aussi.

Pluie de Bénédictions ! »

+ David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France

Quelques questions complémentaires :

Pourquoi un Jubilé pour les hommes, et pas pour les femmes ?

Cette question qui fuse dans la bouche de nombreuses personnes à l’annonce de ce jubilé offre l’occasion de resituer le contexte : l’année jubilaire de la miséricorde a pour objectif d’apporter des réponses aux grandes misères de notre société par le moyen de la miséricorde.

Hélas, la situation de notre société martiniquaise est bien connue : la posture des hommes en Martinique n’est-elle pas une misère à secourir en urgence ?

Familles matriarcales, population carcérale quasi exclusivement masculine, taux d’accidentés de route majoritairement masculin, paternité défaillante, décès meurtriers élevés chez les jeunes hommes dans la tranche 20 ans-40 ans, peur de l’engagement dans le mariage, faible présence dans les églises et dans les œuvres d’église, etc…

Mais, ce n’est pas une fatalité ! Il est temps que les hommes assument leurs responsabilités et prennent leur place, toute leur place au sein de leurs familles, de notre église et de notre société, ils ont d’ailleurs commencé à le faire ! Cependant, ils sont encore trop nombreux à déserter leur vocation de chef et de protecteur de la famille, de gardien de leur frère, et d’apôtre du Christ Jésus. " La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux". (Mt 9 : 37) alors que les ouvrières ne se comptent plus…

Alors, ce Jubilé, c’était pour quoi faire ?

Ce jubilé poursuivait plusieurs objectifs très concrets :

- Objectif n°1 : Dans le cadre de l’année de la miséricorde, permettre aux hommes mariés ou non, papa ou non, dans toutes les formes de paternités, de découvrir ou redécouvrir qu’ils ont à être un visage de miséricorde.

- Objectif n°2 : Amener les hommes à reprendre leur place dans l’église, dans le projet de Dieu, dans le couple, dans la famille et dans la société, à prendre conscience de leurs rôles et missions (donner la vie, mais aussi la vie divine, être de plus en plus unis au Père des cieux, montrer l’image du Père des Cieux, …).

- Objectif n°3 : Permettre aux hommes de vivre une véritable conversion grâce à une rencontre en profondeur avec Jésus Miséricordieux, et briser les liens de la servitude héritée de notre histoire.

3000 hommes ont donc répondu à l’appel de Mgr Macaire en ce samedi 19 Mars 2016 pour participer à ce moment historique pour l’Eglise de Martinique ! Rendons grâce au Seigneur !

Quel était le programme du Jubilé ce 19 Mars 2016 ?

Les hommes étaient invités sur le site champêtre de la Ferme Perrine le samedi 19 mars 2016, en la fête de Saint-Joseph. Ils ne se sont pas ennuyés car tout a été fait pour favoriser une rencontre en profondeur avec le Christ Miséricordieux :

· 08H00 : Accueil du public exclusivement masculin (exceptée Marie, mère de Dieu)

C’est Michel-Ange Amar, président de la MAFAD (Maison d’Accueil des Familles et Amis des Détenus, membre du comité d’organisation, qui a animé la rencontre :

· 09H00 : Témoignages entrecoupés de louange
· 09H50 : Louange
· 10H00 : Enseignement (par Frère Matthias-Marie ESSOH)
· 11H00 : Ministère de prière, Démarches de conversion
· 11H45 : Atelier avec questions

· 12H30 : Repas : repas proposé sur place à 10€ (1 boisson + 1 plat) à réserver dans les points de vente avant le 12 mars 2016*

· 14H00 : Synthèse et Louange
· 14H30 : Messe célébrée par Monseigneur David

La messe a été chantée par des chorales d’hommes regroupées autour de Voix des Pèlerins de Sainte-Marie :

· 16H30 : Présentation des différents mouvements d’hommes du diocèse
· 17H00 : Louange d’action de grâce et fin de la manifestation

Ce jubilé a été retransmis en direct depuis 10h sur radio Saint Louis.



 


Retour sur l’ouverture de la Porte Sainte de la Cathédrale Saint-Louis

 

9 mai 2016 2016 par Michel DEGLISE

Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort de France, a ouvert la Porte Sainte de la cathédrale Saint - Louis dimanche 13 décembre 2015 à 17h. Retrouvez quelques photos et toutes les prières lues par Mgr David lors de ce rite d’ouverture de la Porte de la Miséricorde.

Avant la cérémonie du rite d’ouverture, Mgr est venu saluer l’assemblée présente dans la cathédrale Saint-Louis :

Les fidèles étaient déjà là, face à l’autel du Sacré-Cœur, sur lequel ouvre la Porte Sainte, rue Blénac :

Il a ensuite salué Père Phanor et la Schola Cantorum Saint-Louis :

La Schola avait revêtu sa tenue de fête :

Dans le Chœur, l’icône de la Vierge de la Miséricorde, qui passera de paroisse en paroisse tout au long de cette année jubilaire et encore voilée, en hauteur, l’icône du Christ Miséricordieux :

Enfin, il a salué les enfants qui se trouvaient devant l’autel de la Vierge Marie :

(Photos : M. D.)

A 17h, la procession, composée des servants d’autel, des représentants des paroisses, de la pastorale des jeunes, des séminaristes, des diacres, des religieuses, des prêtres, précédant Mgr Macaire, a remonté la rue Antoine Siger, puis la rue Blénac pour arriver devant la Porte Sainte, où Mgr Macaire, accompagné des diacres et des cérémoniaires, a ouvert la cérémonie par les prières suivantes :

" - Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Amen.

- Notre secours est dans le Nom du Seigneur,
Qui a fait le ciel et la terre..

La Miséricorde du Père,
la paix de Jésus notre Seigneur
et la communion de l’Esprit Saint
soient toujours avec vous.
Et avec votre esprit.
"

Cette prière fut immédiatement suivie de la lecture du texte d’Isaïe 61, 1-2.10-11 par le P. Pascal Dégras :

« L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncé la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et consoler tous ceux qui sont en deuil.
Je trésaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtu des vêtements du salut, il m’a couvert du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux.
Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations
. »

Mgr David s’est alors adressé à l’assemblée par une brève exhortation en ces mots :

" Frères et sœurs bien-aimés,
le regard fixé sur Jésus
et sur son visage de miséricorde,
dans la solennité
de la bienheureuse Vierge Marie,
la toute sainte,
le Saint-Père a ouvert le Jubilé extraordinaire
et ainsi la Porte de la Miséricorde de Dieu,
pour nous-mêmes et toute l’humanité.

En communion avec l’Eglise universelle,
cette célébration inaugure solennellement
l’Année sainte pour notre Eglise diocésaine,
afin d’expérimenter la grâce
et la réconciliation.
Nous écouterons dans la joie
l’Evangile de la miséricorde
que le Christ Seigneur,
Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde,
proclame au milieu des hommes
à toute créature,
nous invitant à vivre de son amour
."

Après un court silence, il a continué :

" Prions.
Dieu libre et saint,
Tu veux faire de toute l’humanité
un peuple d’hommes libres :
Puisque Tu offres à ton Eglise
une année de grâce et de bénédiction,
fais qu’elle accède à un surcroît de liberté
et soit un signe plus clair
de ton amour pour ce monde.
Par Jésus le Christ.
Amen."

Après la proclamation de l’Evangile du Bon Pasteur, Luc 15,1-7, par le diacre Serge Gélas, Mgr David Macaire, debout seul devant la Porte Sainte chante alors :

" Ouvrez les portes de justice
nous entrerons,
nous rendrons grâce au Seigneur.
"

Puis, avec sa crosse, il a tapé solennellement à la Porte trois fois.

La Schola Cantorum Saint-Louis a immédiatement répondu par le chant : Levez vos frontons portes éternelles (extrait du psaume 23)

Une fois la psalmodie terminée, l´Evêque a poussé la Porte Sainte, qui s’est ouverte sous les applaudissements de toute l’assemblée ; avec la crosse, il a franchi la Porte Sainte et a tracé un signe de croix sur le seuil.

(Photos B. H.)

Puis, pour rappeler le baptême par lequel nous sommes devenus enfants de Dieu, ila aspergé ensuite le seuil de la porte avant de déposer sa crosse et sa mitre, pour se mettre à genoux, seul, en pénitent implorant, pour lui-même et tout le diocèse dont il a la charge, la miséricorde du Père. Après un temps de silence, il a adressé la prière suivante à Dieu :

" Dieu, Père miséricordieux,
qui as révélé Ton amour dans ton Fils Jésus-Christ,
et l’as répandu sur nous dans l’Esprit Saint Consolateur,
nous Te confions aujourd’hui
le destin du monde et de chaque homme.
Penche-toi sur nos péchés,
guéris notre faiblesse,
vaincs tout mal,
fais que tous les habitants de la terre
fassent l’expérience de ta miséricorde,
afin qu’en Toi, Dieu Un et Trine,
ils trouvent toujours
la source de l’espérance.
Père éternel,
pour la douloureuse Passion et la Résurrection de ton Fils,
accorde-nous ta miséricorde,
ainsi qu’au monde entier !
Amen.
"

Après cette prière, l´Evêque s’est relevé, puis il a invité à franchir, à leur tour, la porte sainte tous les membres des délégations qui l’accompagnaient en ces termes :

"Voici la porte du Seigneur :
entrons pour obtenir la miséricorde
et le pardon.
"

Tout le cortège est alors passé par la Porte de la Miséricorde : après le cruciféraire et les céroféraires, le porteur de l’Evangéliaire, c’est le diacre Paul Rougon qui portait l’icône de la Vierge de la Miséricorde qui s’est avancé, suivi par Mgr David Macaire et les diacres en dalmatique violette, les cérémoniaires, les servants portant les insignes, les servants portant le rituel et le micro, le vicaire général et le vicaire épiscopal, les prêtres, les diacres, les séminaristes, les autres servants, les religieuses, les représentants des paroisses et de la pastorale des jeunes. Ils remontent lentement l’allée latérale de l’autel du Sacré-Coeur puis l’allée centrale accompagnés par l’orgue et ensuite, par le chant de l’hymne du Jubilé Miséricordia.

Une fois arrivé devant l´autel, Mgr a attendu et prié en silence pendant que les membres du cortège regagnaient leurs places dans le chœur ou dans les premiers bancs.

Au cours du dernier temps de ce rite d’ouverture, Mgr Macaire a procédé à la bénédiction de l’icône du Christ Miséricordieux, placée en haut du Chœur de la cathédrale : le père Arnaud, archiprêtre de la cathédrale a procédé à son dévoilement avant que tous, célébrants et assemblée, s’inclinent et saluent profondément le Christ Miséricordieux.

Mgr David a béni alors l´image de la Divine Miséricorde, en disant la prière suivante :

" Nous te bénissons, Dieu notre Père, ami des hommes,
Toi qui as envoyé ton Fils unique dans le monde,
pour qu’en prenant chair de la Vierge Immaculée,
Il devienne notre Sauveur, notre Frère premier-né,
semblable à nous en tout, excepté le péché.
En contemplant sa face, l’Eglise découvre ton visage de bonté ;
en recevant de sa bouche les paroles de vie, elle est remplie de ta sagesse ;
en allant jusqu’au fond de l’amour de son cœur,
elle est elle-même brûlée du feu de l’Esprit Saint,
dont Il a voulu que la terre soit enflammée ;
en contemplant son corps immolé sur la croix,
elle vénère son sang précieux qui la purifie ;
en proclamant sa résurrection,
elle participe d’avance à la gloire qui lui est promise.
Nous te prions et te supplions, Seigneur :
qu’en vénérant cette image du Christ,
tes fidèles aient en eux les sentiments même du Christ Jésus.
Que ton Fils soit pour eux le chemin qui mène à Toi,
la vérité qui éclaire leur cœur,
la vie qui les fait vivre.
Lui qui règne avec Toi pour les siècles des siècles.
Amen.
"

Puis, il s’est tourné vers l’icône de la Vierge de la Miséricorde pour la bénir en disant la prière suivante :

" Nous te bénissons, Seigneur Dieu, Toi l’au-delà de tout.
Avant que le monde fut créé,
Tu as établi le Christ principe et fin de l’univers et,
dans le mystère de ta sagesse,
Tu lui as joint la Vierge sainte pour qu’elle soit la mère de ton Fils et son associée,
l’image et le modèle de l’Eglise,
notre mère à tous et notre avocate.
Elle est la femme nouvelle qui a réparé la ruine causée par Ève.
Elle est la fille de Sion qui a joint sa supplication
aux gémissements des prophètes
avant d’accueillir dans son cœur l’espérance d’Israël.
Elle est la servante humble et pauvre
de qui est sorti le soleil de justice,
ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur.
Père Saint, nous te supplions :
Vois tes fidèles rassemblés devant l’image de la Vierge Marie.
Que soit gravée dans leur cœur l’image que leurs yeux contemplent
et qu’ils trouvent toujours en Marie une protection.



 


Fin du voyage du Pape François en Afrique

 

1er décembre 2015 2015 par Michel DEGLISE

Le Saint-Père est rentré au Vatican après son voyage d’une semaine en Afrique. « Que Dieu bénisse l’Afrique » : tel est le message diffusé ce 1er décembre sur son compte Twitter, "Pontifex", au lendemain de ce voyage.
Dans l’avion qui le ramenait à Rome, le Pape François a répondu aux questions des journalistes qui l’ont accompagné dans son 11ème voyage apostolique. Il est revenu sur les grands sujets d’actualité du moment : la COP 21, les fondamentalismes religieux, les affaires de corruption, ou encore sur ses futurs voyages.

- Alors que s’est ouverte à Paris la COP 21, la conférence mondiale sur le climat, le Pape François a exprimé son inquiétude. « Je n’en suis pas sûr (du résultat de la COP21), mais ce que je peux dire, c’est que c’est maintenant ou jamais », a-t-il déclaré.

Depuis la conférence de Kyoto en 1997, « peu a été accompli ... chaque année, les problèmes sont plus graves », alors qu’il peut sembler, « pour employer une parole forte, que nous soyons au bord du suicide ». Cependant, « la quasi-totalité de ceux qui sont à Paris veulent faire quelque chose. J’ai confiance qu’ils le feront, ils ont de la bonne volonté et je prie pour cela ».

Des propos en continuité avec ceux tenus dans son encyclique Laudato Si’, parue en juin dernier. Au fil de nombreuses interventions cette année, il a réclamé à plusieurs reprises que la COP21 aboutisse à un accord contraignant dans lequel les pays les plus riches aideront financièrement et techniquement les plus pauvres à accomplir cette révolution écologique. Le Saint-Siège était représenté à l’ouverture de la COP21 par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, qui avait quitté la délégation pontificale en Afrique pour rejoindre Paris.

- Le Pape François s’est encore dit « bouleversé » par la pauvreté de nombreuses personnes rencontrées en Afrique, et il a une nouvelle fois dénoncé les ravages de l’idolâtrie de l’argent : « Hier je suis allé à l’hôpital pédiatrique, l’unique de Bangui et du pays. En thérapie intensive, ils n’ont pas d’oxygène, il y tellement d’enfants en malnutrition. La docteur m’a dit : pour la plupart d’entre eux, ils vont mourir parce qu’ils ont la malaria et sont mal nourris. »

Et, il a précisé : « L’idôlatrie, c’est quand un homme ou une femme perd sa carte d’identité, c’est-à-dire le fait d’être enfant de Dieu, et préfère se chercher un Dieu à sa mesure. Si l’humanité ne change pas, la misère, les tragédies, les guerres, les enfants qui meurent de faim, l’injustice, tout cela continuera. »

- Le Pape a ensuite reconnu qu’il serait difficile pour lui de revenir en Afrique. « Moi, je suis vieux, et les voyages sont pesants ! » Mais il garde de grands souvenirs de son premier voyage en Afrique. « Cette foule, cette joie, cette capacité de faire la fête, même avec le ventre vide. Chaque pays a son identité : le Kenya est un peu plus moderne et développé. L’Ouganda a l’identité de ses martyrs ; le peuple ougandais, que ce soit les catholiques ou les anglicans, vénère ses martyrs. La République centrafricaine a une volonté de paix, de réconciliation, de paix (…) Aujourd’hui, je suis allé à la mosquée, j’ai prié à la mosquée ; l’imam est monté sur la papamobile pour faire un petit tour parmi les réfugiés. »

« Maintenant, ils vont faire les élections, ils ont choisi une présidente de transition : il n’y a aucune haine », a insisté le Saint-Père. Il a toutefois évoqué rapidement l’action des milices anti-balaka, en évoquant « un petit groupe très violent, chrétien, je crois, ou qui se dit chrétien. »

Il a aussi évoqué plus globalement la pauvreté de l’Afrique, « exploitée par les grandes puissances », et a refusé toute argumentation sur la licéité ou non du port du préservatif pour lutter contre le Sida : « Je n’aime pas descendre dans des réflexions casuistiques quand les gens meurent de faim ou du manque d’eau », a lancé le Pape François.

- Questionné sur le procès au Vatican de cinq personnes, dont deux journalistes, poursuivis pour les fuites de documents dans l’affaire dite "Vatileaks 2", le Pape François a réfuté toute idée d’atteinte à la liberté de la presse. « La dénonciation des injustices et de la corruption est un beau travail. La presse professionnelle doit tout dire, mais sans tomber dans les trois péchés les plus communs : la désinformation, c’est-à-dire, dire seulement la moitié de la vérité et non pas l’autre moitié ; la calomnie, quand la presse non professionnelle salit les personnes, et la diffamation, qui revient à dire des choses qui abiment la réputation d’une personne. Ce sont les trois défauts qui portent atteinte au professionnalisme de la presse. Un vrai journaliste, s’il se trompe, doit s’excuser. »

Il a aussi précisé qu’il aurait voulu que le procès puisse se tenir avant le Jubilé, mais qu’il fallait laisser le temps aux prévenus de préparer leur défense.

Concernant la corruption au Vatican, François a rappelé que « le cardinal Ratzinger avait déjà parlé de la "saleté de l’Église" », notamment lors du Vendredi Saint 2005, une semaine avant la mort de Jean-Paul II. « Nous l’avons élu pour cette liberté de dire les choses », a-t-il affirmé, faisant allusion au conclave de 2005. « Je remercie Dieu qu’il n’y ait plus Lucrèce Borgia. Mais nous devons continuer, avec les cardinaux et les commissions, cette œuvre de nettoyage. »

- Interrogé sur les attentats récents qui ont marqué l’actualité, notamment à Paris, le Pape a réfuté toute idée d’un lien consubstantiel entre l’islam et la violence : « Nous sommes tous enfants de Dieu ; nous avons le même Père. Et il y a des fondamentalistes dans toutes les religions. Nous les catholiques, nous en avons quelques-uns, beaucoup, qui croient avoir la vérité absolue et agissent en salissant les autres avec la calomnie, la diffamation, et font du mal. Je le dis parce que c’est mon Église (…). Le fondamentalisme qui finit en tragédie est une chose mauvaise, mais advient dans toutes les religions ».

Il a par ailleurs précisé que l’histoire du christianisme n’était pas exempte de violence. « Le sac de Rome (par les troupes de Charles Quint en 1527, ndlr) , ce n’est pas les musulmans qui l’ont fait. »

- Enfin,il a confirmé que son prochain voyage serait pour le Mexique, à une date encore non fixée définitivement. Il ira visiter le sanctuaire de Guadalupe, à Mexico, mais il compte aussi se rendre dans trois ou quatre villes qu’aucun Pape n’a jamais visité. Il ira probablement au Chiapas, à Morelia, et à Ciudad Juarez, sur la frontière avec les États-Unis. Par ailleurs, il a annoncé qu’il était invité à revenir à Aparecida au Brésil en 2017, ville déjà visitée en marge des JMJ de 2013, et que d’autres pays latino-américains pourraient être visités, mais que rien de plus précis n’est programmé pour le moment.

30 Novembre 2015

Le Pape François a présidé ce lundi matin, 30 novembre 2015, en la fête de Saint André, l’ultime messe de sa tournée en Afrique. Plusieurs dizaines de milliers de Centrafricains étaient rassemblés au stade Barthélémy Boganda, du nom du père de l’indépendance centrafricaine. En fin de matinée, au cours d’une brève cérémonie protocolaire à l’aéroport international M’Poko de Bangui, il a salué une dernière fois la présidente centrafricaine Catherine Samba-Pamza, avant de s’envoler à 12h30 vers Rome où il devrait atterrir vers 18h45.

Un peu plus tôt dans la matinée, le Saint-Père s’était rendu à la Mosquée de Bangui saluer la communauté musulmane et lui apporté son réconfort : « Chrétiens et musulmans nous sommes frères », a dit le pape en demandant que cesse de part et d’autre toute action qui défigure le Visage de Dieu et qui ne sert que des intérêts particuliers. « Ensemble disons non à la haine, à la vengeance, à la violence. »

Après l’échange des discours avec l’Imam, le Pape a demandé l’autorisation de se rendre à la qibla, le lieu de prière. Il a retiré ses chaussures, il s’est rendu vers la niche en direction de La Mecque et a prié en silence. Il a reçu en cadeau une plaque en bois avec une inscription du Coran : « Tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent nous sommes chrétiens. Il y a parmi eux des prêtres et des moines qui ne s’enflent pas d’orgueil. »

Découvrez le texte intégral de l’intervention du Pape François à la mosquée de bangui

« Chers frères, responsables et croyants musulmans,

C’est une grande joie pour moi de vous rencontrer et de vous exprimer ma gratitude pour votre accueil chaleureux. Je remercie particulièrement l’Imam Tidiani Moussa Naibi, pour ses aimables paroles de bienvenue. Ma visite pastorale en République Centrafricaine ne serait pas complète si elle ne comprenait pas aussi cette rencontre avec la communauté musulmane.

Chrétiens et musulmans nous sommes frères. Nous devons donc nous considérer comme tels, nous comporter comme tels. Nous savons bien que les derniers événements et les violences qui ont secoué votre pays n’étaient pas fondés sur des motifs proprement religieux. Celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme, une femme, de paix. Chrétiens, musulmans et membres des religions traditionnelles ont vécu pacifiquement ensemble pendant de nombreuses années. Nous devons donc demeurer unis pour que cesse toute action qui, de part et d’autre, défigure le Visage de Dieu et a finalement pour but de défendre par tous les moyens des intérêts particuliers, au détriment du bien commun. Ensemble, disons non à la haine, non à la vengeance, non à la violence, en particulier à celle qui est perpétrée au nom d’une religion ou de Dieu. Dieu est paix, Dieu salam.

En ces temps dramatiques, les responsables religieux chrétiens et musulmans ont voulu se hisser à la hauteur des défis du moment. Ils ont joué un rôle important pour rétablir l’harmonie et la fraternité entre tous. Je voudrais les assurer de ma gratitude et de mon estime. Et nous pouvons aussi nous rappeler les nombreux gestes de solidarité que chrétiens et musulmans ont eu à l’égard de leurs compatriotes d’une autre confession religieuse, en les accueillant et en les défendant au cours de cette dernière crise, dans votre pays, mais aussi en d’autres parties du monde.

On ne peut que souhaiter que les prochaines consultations nationales donnent au pays des Responsables qui sachent unir les Centrafricains, et deviennent ainsi des symboles de l’unité de la nation plutôt que les représentants d’une faction. Je vous encourage vivement à faire de votre pays une maison accueillante pour tous ses enfants, sans distinction d’ethnie, d’appartenance politique ou de confession religieuse. La République Centrafricaine, située au cœur de l’Afrique, grâce au concours de tous ses enfants, pourra alors donner une impulsion en ce sens à tout le continent. Elle pourra l’influencer positivement et aider à éteindre les foyers de tension qui y sont présents et qui empêchent les Africains de bénéficier de ce développement qu’ils méritent et auquel ils ont droit.

Chers amis, chers frères, je vous invite à prier et à travailler pour la réconciliation, la fraternité et la solidarité entre tous, sans oublier les personnes qui ont le plus souffert de ces événements.

Que Dieu vous bénisse et vous protège ! Salam alaikum ! »

Dernière messe du pape François à Bangui

Difficile de décrire l’enthousiasme qu’a suscité son arrivée au stade Boganda plein à craquer. Pourtant habitué aux bains de foule, le Pape François semblait lui aussi impressionné par cette explosion de joie. Signe du climat de joie qui règne à Bangui, l’Imam Kobine Layama, le membre musulman de la plateforme interreligieuse a lui aussi été ovationné. La présidente Catherine Samba Panza et tous les membres du gouvernement de transition étaient présents. De nombreux fidèles s’abritaient du soleil de plomb sous des parapluies jaunes et blancs aux couleurs du Vatican. Certains chantaient en sango : le Pape est venu à Bangui, tout le monde a pu le voir. Jusqu’au dernier jour, beaucoup ne croyaient pas que cette visite puissent avoir lieu en raison des risques sécuritaires.

Avant de commencer la célébration, le Saint-Père a béni une statue noire de la Vierge Marie, une Vierge africaine. Il tenait en guise de crosse une simple croix également en bois d’ébène, un de ces bois précieux, richesse du pays. Cette croix lui avait été offerte la veille par la communauté de la cathédrale de Bangui. Sur le plan liturgique l’accent a été mis sur l’inculturation. Pour cette messe, le folklore centrafricain s’est déployé dans toute sa richesse, danses, chorégraphie, rythme, percussions, instruments typiques. Avant la lecture de l’Évangile, un tam-tam a résonné pour prévenir qu’un message fort allait être délivré, la Bonne Nouvelle. Au son des cors traditionnels, l’Évangéliaire a été porté en procession dans une pirogue enveloppée d’un drapeau du Vatican était portée en procession, rappelant symboliquement l’arrivée des premiers missionnaires dans le pays. À l’intérieur se trouvait un enfant. A l’offertoire, chaque diocèse a porté des dons typiques à l’autel, des fruits, des peaux d’animaux, une crosse en bois.

Dans son homélie, prononcée en italien mais traduite simultanément en sango, la langue locale, François a invité la foule à rendre grâce au Seigneur, entre autres, « pour l’audace qu’il met en nos âmes de vouloir créer des liens d’amitié, de dialoguer avec celui qui ne nous ressemble pas, de pardonner à celui qui nous a fait du mal, de nous engager dans la construction d’une société plus juste et plus fraternelle où personne n’est abandonné. En tout cela, le Christ ressuscité nous prend par la main, et nous entraîne à sa suite. Et je veux rendre grâce avec vous au Seigneur de miséricorde pour tout ce qu’il vous a donné d’accomplir de beau, de généreux, de courageux, dans vos familles et dans vos communautés, lors des évènements que connaît votre pays depuis plusieurs années. »

Mais le pape François a rappelé que la miséricorde et la réconciliation ne doivent jamais être considérées comme des acquis définitifs, car elles relèvent d’un combat spirituel du quotidien : « Tout baptisé doit sans cesse rompre avec ce qu’il y a encore en lui de l’homme ancien, de l’homme pécheur, toujours prêt à se réveiller à la suggestion du démon – et combien il est agissant en notre monde et en ces temps de conflits, de haine et de guerre –, pour l’entrainer à l’égoïsme, au repli sur soi et à la méfiance, à la violence et à l’instinct de destruction, à la vengeance, à l’abandon et à l’exploitation des plus faibles… »

« Nous savons aussi combien nos communautés chrétiennes, appelées à la sainteté, ont encore de chemin à parcourir. Certainement nous avons tous à demander pardon au Seigneur pour trop de résistances et de lenteur à rendre témoignage de l’Évangile. Que l’Année Jubilaire de la Miséricorde, qui vient de commencer dans votre pays, en soit l’occasion », a-t-il insisté.

Dans son discours de remerciement, l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, a remercié le Pape pour ces journées « inoubliables, inscrites assurément dans notre cœur, et dans l’histoire de notre pays, le début d’une ère pour tout le peuple centrafricain »

Après la cérémonie, le Pape François a offert un ostensoir à chacun des évêques centrafricains, pour inviter chaque diocèse à l’adoration perpétuelle. Une dame âgée a offert au Pape une marmite traditionnelle, avec de la terre à l’intérieur, et le Pape l’a bénie, bénissant ainsi, symboliquement, la terre de la Centrafrique.

Par ailleurs, en ce jour de la fête de la Saint-André, le Pape François a tenu, « du cœur de l’Afrique », à saluer le patriarche de Constantinople, Bartholomée 1er. « Je lui formule des voeux de bonheur et de fraternité, et je demande à Dieu de bénir nos Églises sœurs », a déclaré le Pape François à la fin de cette messe qui clôture cette première tournée africaine du Pape François.

Retrouvez le texte intégral de l’homélie du Pape François

« Nous pouvons être étonnés, entendant la première lecture, de l’enthousiasme et du dynamisme missionnaires qui habitent l’Apôtre Paul. « Comme il est beau de voir courir les messagers de la Bonne Nouvelle » (Rm 10, 15) ! C’est pour nous un appel à rendre grâce pour le don de la foi que nous avons reçu de ces messagers qui nous l’ont transmis. C’est aussi un appel à nous émerveiller devant l’œuvre missionnaire qui a porté pour la première fois - il n’y a pas si longtemps - la joie de l’Évangile sur cette terre bien aimée de Centrafrique. Il est bon, surtout lorsque les temps sont difficiles, lorsque les épreuves et les souffrances ne manquent pas, lorsque l’avenir est incertain et que l’on se sent fatigué, craignant de ne plus y arriver, il est bon de se réunir autour du Seigneur, ainsi que nous le faisons aujourd’hui, pour se réjouir de sa présence, de la vie nouvelle et du salut qu’il nous propose, comme une autre rive vers laquelle nous devons tendre.

Cette autre rive c’est, bien sûr, la vie éternelle, le ciel où nous sommes attendus. Ce regard porté vers le monde à venir a toujours soutenu le courage des chrétiens, des plus pauvres, des plus petits, dans leur pèlerinage terrestre. Cette vie éternelle n’est pas une illusion, elle n’est pas une fuite du monde ; elle est une puissante réalité qui nous appelle et qui nous engage à la persévérance dans la foi et dans l’amour.

Mais l’autre rive, plus immédiate, que nous cherchons à rejoindre, ce salut procuré par la foi et dont parle Saint Paul, est une réalité qui transforme déjà notre vie présente et le monde dans lequel nous vivons : « Celui qui croit du fond du cœur devient juste » (Rm 10,10). Il accueille la vie même du Christ qui le rend capable d’aimer Dieu et d’aimer ses frères d’une façon nouvelle, au point de faire naître un monde renouvelé par l’amour.

Rendons grâce au Seigneur pour sa présence et pour la force qu’il nous donne dans le quotidien de nos vies lorsque nous sommes confrontés à la souffrance physique ou morale, à une peine, à un deuil ; pour les actes de solidarité et de générosité dont il nous rend capables ; pour la joie et l’amour qu’il fait briller dans nos familles, dans nos communautés, malgré, parfois, le dénuement, la violence qui nous entoure ou la crainte du lendemain ; pour l’audace qu’il met en nos âmes de vouloir créer des liens d’amitié, de dialoguer avec celui qui ne nous ressemble pas, de pardonner à celui qui nous a fait du mal, de nous engager dans la construction d’une société plus juste et plus fraternelle où personne n’est abandonné. En tout cela, le Christ ressuscité nous prend par la main, et nous entraîne à sa suite. Et je veux rendre grâce avec vous au Seigneur de miséricorde pour tout ce qu’il vous a donné d’accomplir de beau, de généreux, de courageux, dans vos familles et dans vos communautés, lors des évènements que connaît votre pays depuis plusieurs années.

Pourtant, il est vrai aussi que nous ne sommes pas encore parvenus au terme, nous sommes comme au milieu du fleuve, et il nous faut décider courageusement, dans un engagement missionnaire renouvelé, de passer sur l’autre rive. Tout baptisé doit sans cesse rompre avec ce qu’il y a encore en lui de l’homme ancien, de l’homme pécheur, toujours prêt à se réveiller à la suggestion du démon – et combien il est agissant en notre monde et en ces temps de conflits, de haine et de guerre –, pour l’entrainer à l’égoïsme, au repli sur soi et à la méfiance, à la violence et à l’instinct de destruction, à la vengeance, à l’abandon et à l’exploitation des plus faibles…

Nous savons aussi combien nos communautés chrétiennes, appelées à la sainteté, ont encore de chemin à parcourir. Certainement nous avons tous à demander pardon au Seigneur pour trop de résistances et de lenteur à rendre témoignage de l’Évangile. Que l’Année Jubilaire de la Miséricorde, qui vient de commencer dans votre pays, en soit l’occasion. Et vous, chers Centrafricains, vous devez surtout regarder vers l’avenir, et, forts du chemin déjà parcouru, décider résolument de franchir une nouvelle étape dans l’histoire chrétienne de votre pays, vous élancer vers de nouveaux horizons, avancer plus au large, en eau profonde. L’Apôtre André, avec son frère Pierre, n’ont pas hésité un seul instant à tout laisser sur place à l’appel de Jésus, pour le suivre : « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mt 4, 22). Nous sommes émerveillés, là encore, par tant d’enthousiasme chez les Apôtres, tellement le Christ les attire à lui, tellement ils perçoivent qu’ils peuvent tout entreprendre et tout oser avec lui.

Alors, chacun dans son cœur peut se poser la question si importante de son lien personnel avec Jésus, examiner ce qu’il a déjà accepté – ou encore refusé – pour répondre à son appel afin de le suivre de plus près. Le cri des messagers retentit plus que jamais à nos oreilles, alors même que les temps sont difficiles ; ce cri qui « retentit par toute la terre, et […] jusqu’au bout du monde » (Rm 10,18). Et il retentit ici, aujourd’hui, en cette terre de Centrafrique ; il retentit dans nos cœurs, dans nos familles, dans nos paroisses, partout où nous vivons, et il nous invite à la persévérance dans l’enthousiasme de la mission, une mission qui a besoin de nouveaux messagers, encore plus nombreux, encore plus donnés, encore plus joyeux, encore plus saints. Et nous sommes tous appelés à être, chacun, ce messager que notre frère, quelle que soit son ethnie, sa religion, sa culture, attend, souvent sans le savoir. Comment, en effet, ce frère croira-t-il au Christ, se demande saint Paul, si la Parole n’est pas entendue ni proclamée ?

Nous aussi, à l’exemple de l’Apôtre, nous devons être remplis d’espérance et d’enthousiasme pour l’avenir. L’autre rive est à portée de main, et Jésus traverse le fleuve avec nous. Il est ressuscité des morts ; dès lors les épreuves et les souffrances que nous vivons sont toujours des occasions qui ouvrent à un avenir nouveau si nous acceptons de nous attacher à sa personne. Chrétiens de Centrafrique, chacun de vous est appelé à être, par la persévérance de sa foi et par son engagement missionnaire, artisan du renouveau humain et spirituel de votre pays.

Que la Vierge Marie, qui après avoir partagé les souffrances de la passion partage maintenant la joie parfaite avec son Fils, vous protège et vous encourage sur ce chemin d’espérance.

Amen. »

(Avec R. V.)

29 Novembre 2015

Après l’Ouganda c’est donc en République centrafricaine que le Pape François est arrivé dimanche matin, 29 Novembre 2015. Cette dernière étape de son voyage est la plus délicate en terme de sécurité. La plus symbolique aussi, c’est depuis la capitale centrafricaine que le Saint-Père, dans un geste historique, ouvrira la porte sainte de la cathédrale de Bangui, neuf jours avant l’inauguration officielle du Jubilé de la miséricorde, le 8 décembre au Vatican.

Le Pape François est bien arrivé à l’aéroport international M’poko de Bangui en République centrafricaine, troisième et dernière étape de son voyage apostolique en Afrique. Il avait quitté auparavant l’aéroport d’Entebbe en Ouganda.

Le Pape s’est rendu au palais présidentiel de Bangui pour la cérémonie de bienvenue. Il a été accueilli par la présidente de transition, Catherine Samba-Panza avec laquelle il a eu une discussion privée. Il a rencontré ensuite la classe dirigeante du pays ainsi que le corps diplomatique comme à chaque étape de son voyage en Afrique.

Voici son discours en intégralité :

"Alors que la République Centrafricaine s’achemine progressivement, malgré les difficultés, vers la normalisation de sa vie socio-politique, je foule pour la première fois cette terre, dans les pas de Jean-Paul II. C’est en pèlerin de la paix que je viens, et c’est en apôtre de l’espérance que je me présente. Voilà pourquoi j’ai plaisir à saluer l’effort accompli par les diverses autorités nationales et internationales, en commençant par Madame le Chef de l’Etat de la Transition, pour conduire le pays à ce stade. Mon souhait le plus ardent est que les différentes consultations nationales qui vont se tenir dans quelques semaines permettent au pays d’entamer sereinement une nouvelle étape de son histoire.

Pour éclairer l’horizon, la devise du pays, Unité Dignité Travail...exprime les aspirations de chaque centrafricain et, par conséquent, constitue une boussole sûre pour qui est chargé de conduire les destinées du pays. Ce sont trois mots lourds de sens, dont chacun représente autant un chantier qu’un programme jamais achevé, une tâche à remettre sans cesse sur le métier. L’unité est une valeur cardinale pour l’harmonie des peuples. Elle permet de vivre et de construire à partir de la merveilleuse diversité du monde, en évitant la tentation de la peur de l’autre, de ce qui ne nous est pas familier, de ce qui n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse. L’unité exige, tout au contraire, de créer et de promouvoir une synthèse des richesses que chacun porte en lui. L’unité dans la diversité, c’est un défi constant, qui appelle à la créativité, à la générosité, à l’abnégation et au respect d’autrui.

La dignité est une valeur morale synonyme d’honnêteté, de loyauté, de grâce et d’honneur, qui caractérise les hommes et les femmes conscients de leurs droits comme de leurs devoirs et qui les conduit au respect mutuel. Chaque personne a une dignité... La Centrafrique est le pays où chacun est une personne. Tout doit donc être fait pour sauvegarder le statut et la dignité de la personne. Et celui qui a les moyens d’une vie décente, au lieu d’être préoccupé par les privilèges, doit chercher à aider les plus pauvres à accéder eux aussi à des conditions respectueuses de la dignité humaine, notamment à travers le développement de leur potentiel humain, culturel, économique et social. Par conséquent, l’accès à l’éducation et aux soins, la lutte contre la malnutrition et le combat pour garantir à tous un logement décent doivent figurer au premier plan d’un développement soucieux de la dignité humaine.

En définitive, la dignité de l’être humain, c’est de travailler à la dignité de ses semblables. Et puis c’est par le travail que vous pouvez améliorer la vie de vos familles. Paul a dit que les enfants n’ont pas à amasser pour leurs parents, mais les parents pour leurs enfants. L’effort des parents exprime leur amour pour les petits. Vous les centrafricains, pouvez améliorer cette merveilleuse terre, en exploitant judicieusement ses nombreuses ressources. Votre pays se trouve dans une région considérée comme l’un des deux poumons de l’humanité, à cause de sa richesse exceptionnelle en biodiversité.

À ce sujet, me référant à l’encyclique Laudato Si’, je voudrais particulièrement attirer l’attention de chacun, citoyens, responsables, partenaires internationaux et multinationales, sur la grave responsabilité qui est la leur dans l’exploitation des ressources naturelles, dans les choix et les projets de développement, qui d’une manière ou d’une autre affectent la planète entière. Le travail de construction d’une société prospère doit être une œuvre solidaire... Il est superflu de souligner l’importance capitale que revêtent le comportement et la gestion des pouvoirs publics. Celles-ci doivent être les premières à incarner avec cohérence dans leur vie les valeurs de l’unité, de la dignité et du travail, en étant des modèles pour leurs compatriotes".

"L’histoire de l’évangélisation de cette terre et l’histoire socio-politique de ce pays attestent l’engagement de l’Eglise dans le sens de ces valeurs de l’unité, de la dignité et du travail. En faisant mémoire des pionniers de l’évangélisation en République Centrafricaine, je salue mes frères évêques qui en ont présentement la charge. Avec eux, je renouvelle la disponibilité de cette Eglise particulière à contribuer toujours plus à la promotion du bien commun, notamment à travers la recherche de la paix et de la réconciliation. Je ne doute donc pas que les Autorités centrafricaines actuelles et futures se préoccuperont sans relâche de garantir à l’Église des conditions favorables à l’accomplissement de sa mission spirituelle. Elle pourra ainsi contribuer toujours davantage à promouvoir tout homme et tout l’homme, pour reprendre l’heureuse formule de Paul VI, qui, il y a bientôt cinquante ans, fut le premier Pape des temps modernes à venir en Afrique pour l’encourager et la confirmer dans le bien à l’orée d’une aube nouvelle.

Je voudrais à présent saluer l’effort accompli par la communauté internationale, ici représentée par le Corps Diplomatique et les membres de différentes missions d’Organisations internationales. Je l’encourage vivement à aller toujours plus loin sur le chemin de la solidarité, souhaitant que son engagement, uni à l’action des Autorités centrafricaines, aide le pays à progresser notamment dans la réconciliation, le désarmement, le maintien de la paix, l’assistance sanitaire et la culture d’une saine gestion à tous les niveaux. Pour finir, j’aimerais redire ma joie de visiter ce merveilleux pays, situé au cœur de l’Afrique, abritant un peuple profondément religieux, doté d’un si riche patrimoine naturel et culturel. J’y vois un pays comblé des bienfaits de Dieu ! Puisse le peuple centrafricain, ainsi que ses dirigeants et tous ses partenaires, apprécier à leur juste valeur ces bienfaits, en travaillant sans cesse pour l’unité, la dignité humaine et la paix fondée sur la justice. Que Dieu vous bénisse tous".

Un des moments forts de cette journée a été un peu plus tard la visite d’un camp de réfugiés, celui de la paroisse Saint-Sauveur à Bangui où il a été accueilli par une foule en liesse.

Des chants, des cris de joie, des applaudissements : le Saint-Père a été très chaleureusement salué par les déplacés du camp Saint-Sauveur de Bangui. Après avoir écouté des paroles d’accueil prononcées en français par une jeune femme, le Saint-Père s’est adressé à toutes les personnes présentes dans le camp, en italien.

Il a souhaité « la paix pour tous les Centrafricains quelle que soit leur ethnie, ou leur religion ». « Je vous salue tous, je veux vous dire que j’ai lu ce que les enfants ont écrit : paix, pardon, unité, amour. Nous devons travailler, prier et tout faire pour la paix. Mais la paix sans amour, sans amitié, sans tolérance, sans pardon n’est pas possible », a insisté le Saint-Père. « Chacun de nous doit faire quelque chose ».

Le Pape a ensuite souhaité à tous la paix. « Je souhaite, a-t-il dit, à tous les Centrafricains, la paix, la grande paix entre vous. Je souhaite que vous puissiez vivre en paix quelque soit l’ethnie, la culture, la religion, le statut social. Tous en paix parce que nous sommes tous frères ». Le Pape a alors invité à répéter plusieurs fois tous ensemble « nous sommes tous frères » avant de bénir la foule et d’appeler à prier pour lui.

Le Pape s’est entretenu ensuite avec les évêques du pays et a déjeuné avec eux à la nonciature apostolique.

En milieu d’après-midi, le Pape François a rencontré la communauté évangélique au sein de la Faculté théologique évangélique, la FATEB. Dans un pays touché par les divisions, le Pape François a voulu accorder une place à l’œcuménisme en ce dimanche 29 novembre 2015.

Sur la place adjacente au bâtiment, le Pape a rencontré le doyen de la faculté, Nupanga Weanzana. A ses côtés, figuraient les trois membres de la plateforme interreligieuse qui a soutenu les efforts de pacification de la République centrafricaine : l’archevêque catholique de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, le président de l’Alliance des Églises évangéliques centrafricaines (AEC), le pasteur Guerekoyame-Gbangou, et l’imam de Bangui, le cheikh Kobine Layama.

Il s’est ensuite rendu à la cathédrale catholique de Bangui pour y célébrer la messe avec le clergé, les religieux et religieuses et les séminaristes. Au début de la cérémonie, il a déclaré en Français, "Bangui est aujourd’hui la capitale spirituelle du monde" et il a ouvert la Porte Sainte de la cathédrale, marquant ainsi le début de l’Année de la Miséricorde en Centrafrique. Il est alors entré dans la cathédrale pour gagner le Chœur et y revêtir sa chasuble, violette en ce 1er dimanche de l’Avent, pour présider la messe dominicale.

Retrouvez le texte de son homélie en intégralité :

« En ce premier dimanche de l’Avent, temps liturgique de l’attente du Sauveur et symbole de l’espérance chrétienne, Dieu a conduit mes pas, jusqu’à vous, sur cette terre, alors que l’Église universelle s’apprête à inaugurer l’Année Jubilaire de la Miséricorde, que nous aujourd’hui, ici, avons commencée. Et je suis particulièrement heureux que ma visite pastorale coïncide avec l’ouverture dans votre pays de cette Année Jubilaire. Depuis cette cathédrale, par le cœur et la pensée, je voudrais rejoindre avec affection tous les prêtres, les personnes consacrées, les agents pastoraux de ce pays, spirituellement unis à nous en ce moment. A travers vous, j’aimerais saluer aussi tous les Centrafricains, les malades, les personnes âgées, les blessés de la vie. Certains d’entre eux sont peut-être désespérés et n’ont même plus la force d’agir, attendant simplement une aumône, l’aumône du pain, l’aumône de la justice, l’aumône d’un geste d’attention et de bonté. Et tous, nous attendons la grâce, l’aumône de la paix.

Mais comme les apôtres Pierre et Jean montant au temple, qui n’avaient ni or ni argent à donner au paralytique dans le besoin, je viens leur offrir la force et la puissance de Dieu qui guérissent l’homme, le remettent debout et le rendent capable de commencer une nouvelle vie, en passant sur l’autre rive (cf. Lc 8, 22).

Jésus ne nous envoie pas tout seuls sur l’autre rive, mais il nous invite plutôt à effectuer la traversée avec lui, en répondant, chacun, à une vocation spécifique. Il nous faut donc être conscients que ce passage sur l’autre rive ne peut se faire qu’avec lui, en nous libérant des conceptions de la famille et du sang qui divisent, pour construire une Eglise-Famille de Dieu, ouverte à tous, soucieuse de ceux qui sont le plus dans le besoin. Cela suppose la proximité avec nos frères et sœurs, cela implique un esprit de communion. Ce n’est pas d’abord une question de moyens financiers ; il suffit juste de partager la vie du peuple de Dieu, en rendant compte de l’espérance qui est en nous (cf. 1P 3, 15), en étant témoins de l’infinie miséricorde de Dieu qui, comme le souligne le psaume responsorial de ce dimanche, « est bon [et] montre aux pécheurs le chemin » (Ps 24, 8). Jésus nous enseigne que le Père céleste « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45). Après avoir fait nous-mêmes l’expérience du pardon, nous devons pardonner. Voici notre vocation fondamentale : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48) ! L’une des exigences fondamentales de cette vocation à la perfection, c’est l’amour des ennemis, qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale des représailles sans fin. Jésus a tenu à insister sur cet aspect particulier du témoignage chrétien (Mt 5, 46-47). Les agents d’évangélisation doivent donc être d’abord et avant tout des artisans du pardon, des spécialistes de la réconciliation, des experts de la miséricorde. C’est ainsi que nous pouvons aider nos frères et sœurs à passer sur l’autre rive, en leur révélant le secret de notre force, de notre espérance, de notre joie qui ont leur source en Dieu, parce qu’elles sont fondées sur la certitude qu’il est dans la barque avec nous. Comme il l’a fait avec les apôtres lors de la multiplication des pains, c’est donc à nous que le Seigneur confie ses dons afin que nous allions les distribuer partout, en proclamant sa parole qui assure : « Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda » (Jr 33, 14).

Dans les textes liturgiques de ce dimanche, nous pouvons découvrir certaines caractéristiques de ce salut de Dieu annoncé, qui se présentent comme autant de points de repères pour nous guider dans notre mission. D’abord, le bonheur promis par Dieu est annoncé en terme de justice. L’Avent, c’est le temps pour préparer nos cœurs afin de pouvoir accueillir le Sauveur, c’est-à-dire le seul Juste et le seul Juge capable de réserver à chacun le sort qu’il mérite. Ici comme ailleurs, tant d’hommes et de femmes ont soif de respect, de justice, d’équité, sans trouver à l’horizon des signes positifs. À ceux-là, il vient faire don de sa justice (cf. Jr 33, 15). Il vient féconder nos histoires personnelles et collectives, nos espoirs déçus et nos souhaits stériles. Et il nous envoie annoncer surtout à ceux qui sont opprimés par les forts de ce monde comme à ceux qui ploient sous le poids de leurs propres péchés : « Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera : ‘‘Le Seigneur-est-notre-Justice’’ » (Jr 33, 16). Oui, Dieu est Justice ! Voilà pourquoi, nous, chrétiens, nous sommes appelés à être dans le monde les artisans d’une paix fondée sur la justice.

Le salut de Dieu attendu a également le goût de l’amour. En effet, en nous préparant pour célébrer le mystère de Noël, nous nous réapproprions le cheminement du peuple de Dieu pour accueillir le Fils venu nous révéler que Dieu n’est pas seulement Justice mais qu’il est aussi et par-dessus tout Amour (cf. 1Jn 4, 8). Partout, même et surtout là où règnent la violence, la haine, l’injustice et la persécution, les chrétiens sont appelés à témoigner de ce Dieu qui est Amour. En encourageant les prêtres, les personnes consacrées et les laïcs qui, dans ce pays, vivent parfois jusqu’à l’héroïsme les vertus chrétiennes, je reconnais que la distance qui nous sépare de l’idéal si exigeant du témoignage chrétien, est parfois grande. Voilà pourquoi je fais miennes sous forme de prière ces paroles de saint Paul : « Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous, et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant » (1Th 3, 12). A cet égard, le témoignage des païens sur les chrétiens de l’Eglise primitive doit rester présent à notre horizon comme un phare : « Voyez comme ils s’aiment, ils s’aiment vraiment » (Tertullien, Apologétique, 39, 7).

Enfin, le salut de Dieu annoncé revêt le caractère d’une puissance invincible qui l’emportera sur tout. En effet, après avoir annoncé à ses disciples les signes terribles qui précéderont sa venue, Jésus conclut : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Lc 21, 18). Et si saint Paul parle d’un ‘‘amour de plus en plus intense et débordant’’, c’est que le témoignage chrétien doit refléter cette force irrésistible dont il est question dans l’Évangile. C’est donc aussi au sein de bouleversements inouïs que Jésus veut montrer sa grande puissance, son inégalable gloire (cf. Lc 21, 27) et la puissance de l’amour qui ne recule devant rien, ni devant les cieux ébranlés, ni devant la terre en feu, ni devant la mer en furie. Dieu est plus puissant et plus fort que tout. Cette conviction donne au croyant sérénité, courage et la force de persévérer dans le bien face aux pires adversités. Même lorsque les forces du mal se déchaînent, les chrétiens doivent répondre présents, la tête relevée, prêts à recevoir des coups dans cette bataille où Dieu aura le dernier mot. Et ce mot sera d’amour et de paix !

A tous ceux qui utilisent injustement les armes de ce monde, je lance un appel : déposez ces instruments de mort ; armez-vous plutôt de la justice, de l’amour et de la miséricorde, vrais gages de paix. Disciples du Christ, prêtres, religieux, religieuses ou laïcs engagés en ce pays au nom si suggestif, situé au cœur de l’Afrique et qui est appelé à découvrir le Seigneur comme le véritable Centre de tout ce qui est bon, votre vocation est d’incarner le cœur de Dieu parmi vos concitoyens. Daigne le Seigneur nous établir tous « fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur viendra avec tous les saints » (1Th 3, 13). Réconciliation, pardon, amour et paix ! Amen. »

La journée s’est terminée par une veillée de prière avec des jeunes que le Saint-Père avait confessés auparavant.

28 Novembre 2015

Samedi 28 Novembre, deuxième jour de son voyage en Ouganda, le pape François a visité les cimetières anglican et catholique des martyrs de Namugongo avant de présider la messe pour les martyrs d’Ouganda près du sanctuaire catholique. L’après-midi, son programme comprend une rencontre avec les jeunes à Kampala, suivie d’une rencontre avec les évêques ougandais et enfin avec les prêtres et religieux dans la cathédrale.

Dans l’après-midi de ce samedi 28 novembre, le Pape François a rencontré plusieurs milliers de jeunes Ougandais, sur l’aérodrome de Air Kololo Strip. Dans un premier temps, il a écouté le récit de deux jeunes qui ont témoigné des ravages du Sida et de la présence de milices qui tuent et enrôlent des enfants et des adolescents.

Le Pape, en espagnol, dans un discours totalement improvisé, a dit avoir écouté ces deux témoignages « avec beaucoup de souffrance » mais c’est un message d’espérance qu’il a adressé à tous les jeunes, en rappelant qu’il y a toujours un horizon.

Transformer la haine en amour, la guerre en paix, le négatif en positif, avec la grâce de Jésus, c’est l’appel lancé par le Pape François à tous les jeunes Ougandais, un peuple de martyrs.

Enfin, le Saint-Père est intervenu ce samedi 28 novembre 2015 devant le clergé et les religieux catholiques de l’Ouganda, dans la cathédrale de la capitale ougandaise. Sa dernière intervention dans le pays, qu’il doit quitter dimanche matin pour rejoindre la Centrafrique, était articulée autour de trois thèmes : la mémoire, la fidélité et la prière.

Délaissant le texte prévu, après avoir écouté les témoignages d’un prêtre, d’une religieuse et d’un séminariste, le Pape a évoqué le souvenir des martyrs ougandais du XIXe siècle, en demandant aux prêtres et consacrés de l’Ouganda de trouver la « grâce de la mémoire ». « Martyr signifie témoin », a insisté le Pape, l’Église doit donc continuer à témoigner et ne surtout pas s’habituer à l’histoire des martyrs comme d’un « souvenir lointain », comme d’une gloire passée. La nouvelle génération de prêtres et religieux de l’Ouganda doit représenter la « gloire future » de l’Église.

Le Pape a ensuite insisté sur la « fidélité, à la mémoire, à sa propre vocation, au Siège apostolique », ainsi qu’aux pauvres et aux malades, « car le Christ est avec eux ». C’est la condition pour que l’Église d’Ouganda reste missionnaire. Sinon « la perle de l’Afrique restera dans un musée ».

Il a une nouvelle fois souligné l’importance de la prière. « La fidélité n’est possible qu’avec la prière, et avec l’humiliation, l’humiliation d’aller régulièrement se confesser ». Prier, c’est toujours « d’abord commencer par se reconnaitre pécheur ». Le Pape a interpellé l’assistance avec beaucoup de fermeté : « Nous, les prêtres et les consacrés, nous ne pouvons pas avoir une double vie. Si tu pèches, demande pardon, ne garde pas caché ce que Dieu ne veut pas, ne garde pas caché le manque de fidélité. »

Le Pape a enfin demandé que l’intercession des martyrs aide l’Église ougandaise à « avancer dans la mémoire, la fidélité et la prière. »

Matinée du 28 Novembre

Le Pape François, après une visite au sanctuaire anglican de Namugongo, s’était rendu ce samedi 28 novembre au sanctuaire catholique voisin, pour un messe en l’honneur des martyrs communs aux deux Églises, tués en 1886 par le roi Mwanga ll. Cette cérémonie s’est tenue devant une foule immense, avec deux millions de participants attendus. À noter dans l’assistance, la présence annoncée du président ougandais Yoweri Museveni, mais aussi celle du roi Mutebi II (qui exerce dans la province du Bouganda une fonction essentiellement honorifique, tolérée par le gouvernement), descendant de la dynastie des Baganda, et donc, du roi Mwanga II, persécuteur des chrétiens à la fin du XIXe siècle.

Cette messe, concélébrée avec plusieurs dizaines d’évêques venus de plusieurs pays, était la plus importante de ce voyage du Pape en Afrique. Elle se tenait un petit peu plus de 50 ans après la canonisation, à Rome en 1964, des martyrs de l’Ouganda, 46 ans après la venue à Kampala du Pape Paul VI, et 22 ans après la visite de Jean-Paul II.

Retrouvez l’homélie du Saint-Père  :

« Vous allez recevoir une force quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1 8).

Depuis l’âge apostolique jusqu’à nos jours, un grand nombre de témoins est sorti pour proclamer Jésus et manifester la puissance de l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous rappelons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais, dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Église a justement rejoint “les extrémités de la terre”. Nous rappelons aussi les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang. Tous ces témoins ont cultivé le don de l’Esprit Saint dans leur vie et ont librement donné le témoignage de leur foi en Jésus Christ, même au prix de leur vie, et beaucoup dans un si jeune âge.

Nous aussi, nous avons reçu le don de l’Esprit, pour nous faire fils et filles de Dieu, mais aussi pour porter témoignage à Jésus et le faire connaître et aimer en tout lieu. Nous avons reçu l’Esprit lorsque nous sommes renés dans le Baptême, et lorsque nous avons été fortifiés par ses dons dans la Confirmation. Chaque jour, nous sommes appelés à approfondir la présence de l’Esprit Saint dans notre vie, à “raviver” le don de son amour divin de façon à être à notre tour source de sagesse et de force pour les autres.

Le don de l’Esprit Saint est un don qui est donné pour être partagé. Il nous unit les uns aux autres comme fidèles et membres vivants du Corps mystique du Christ. Nous ne recevons pas le don de l’Esprit seulement pour nous-mêmes, mais pour nous édifier les uns les autres dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour. Je pense aux saints Joseph Mkasa et Charles Lwanga, qui, après avoir été instruits dans la foi par les autres, ont voulu transmettre le don qu’ils avaient reçu. Ils l’ont fait dans des temps dangereux. C’est non seulement leur vie qui a été menacée, mais aussi la vie des plus jeunes confiés à leurs soins. Puisqu’ils avaient cultivé leur foi et avaient fait grandir leur amour pour Dieu, ils n’ont pas eu peur de porter le Christ aux autres, même au prix de leur vie. Leur foi est devenue témoignage ; aujourd’hui, vénérés comme martyrs, leur exemple continue d’inspirer beaucoup de personnes dans le monde. Ils continuent à proclamer Jésus Christ et la puissance de la Croix.

Si, comme les martyrs, nous ravivons chaque jour le don de l’Esprit qui habite en nos cœurs, nous deviendrons alors certainement ces disciples-missionnaires que le Christ nous appelle à être. Pour nos familles et nos amis sûrement, mais aussi pour ceux que nous ne connaissons pas, spécialement pour ceux qui pourraient être peu bienveillants et même hostiles à notre égard. Cette ouverture envers les autres commence dans la famille, dans nos maisons, où on apprend la charité et le pardon, et où dans l’amour de nos parents, on apprend à connaître la miséricorde et l’amour de Dieu. Elle s’exprime aussi dans le soin envers les personnes âgées et les pauvres, les veuves et les orphelins.

Le témoignage des martyrs montre à tous ceux qui ont écouté leur histoire, à l’époque et aujourd’hui, que les plaisirs mondains et le pouvoir terrestre ne donnent pas une joie et une paix durables. C’est plutôt la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie et l’authentique préoccupation pour le bien des autres qui nous apportent cette paix que le monde ne peut offrir. Cela ne diminue pas notre souci de ce monde, comme si nous regardions seulement vers la vie future. Au contraire, cela offre un but à la vie en ce monde et nous aide à rejoindre ceux qui sont dans le besoin, à coopérer avec les autres pour le bien commun et à construire une société plus juste, qui promeut la dignité humaine, sans exclure personne, qui défend la vie, don de Dieu, et protège les merveilles de la nature, la Création, notre maison commune.

Chers frères et sœurs, c’est l’héritage que vous avez reçu des martyrs ougandais : des vies marquées par la puissance de l’Esprit Saint, des vies qui témoignent encore aujourd’hui du pouvoir transformant de l’Évangile de Jésus Christ. On ne s’approprie pas cet héritage comme un souvenir de circonstance ou en le conservant dans un musée comme si c’était un joyau précieux. Nous l’honorons vraiment et nous honorons tous les Saints, lorsque plutôt nous portons le témoignage qu’ils ont rendu au Christ dans nos maisons et à nos voisins, dans nos lieux de travail et dans la société civile, soit que nous restions dans nos maisons ou que nous nous rendions jusqu’au coin le plus reculé du monde.

Puissent les martyrs ougandais, avec Marie, Mère de l’Église, intercéder pour nous, et puisse l’Esprit Saint allumer en nous le feu de l’amour divin !

Omukama Abawe Omukisa ! (Que Dieu vous bénisse !) »

27 Novembre 2015

Le Saint-Père en Ouganda

Après un court vol depuis le Kenya, le Pape François est arrivé en Ouganda ce vendredi 27 novembre vers 17h heure locale, pour la deuxième étape de son périple africain. Il a été accueilli à sa descente d’avion par le président Yoweri Museveni, et par les évêques locaux. Les honneurs militaires lui ont été rendus sur l’aéroport d’Entebbe. A son arrivée, Le Pape a souligné que sa visite avait pour but également « d’attirer l’attention sur l’Afrique dans son ensemble, sur sa promesse, ses espérances, ses luttes et ses succès ».

Le Pape François s’est rendu en fin de journée, ce vendredi 27 novembre, à Munyonyo, lieu du martyre de Saint André Kaggwa en 1886, sous le règne du roi Lwanga, pour rencontrer les catéchistes et enseignants catholiques du pays. Cette intervention visait à rendre hommage à l’engagement des laïcs dans l’œuvre d’évangélisation en Afrique. Dans ce continent, le rôle des catéchistes est souvent beaucoup plus central et formalisé qu’il ne l’est dans la plupart des paroisses européennes.

Découvrez le discours qu’il a prononcé devant les catéchistes :

« Chers catéchistes et enseignants,

Chers amis,

Je vous salue tous avec affection au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur et Maître.

‘‘Maître’’. Quel beau titre ! Jésus est notre premier et plus grand maître. Saint Paul nous dit que Jésus a donné à son Eglise non seulement des apôtres et des pasteurs, mais aussi des maîtres, pour édifier le Corps entier dans la foi et dans l’amour. Avec les évêques, les prêtres et les diacres, qui ont été ordonnés pour prêcher l’Evangile et prendre soin du troupeau du Seigneur, en tant que catéchistes, vous avez une part importante dans l’annonce de la Bonne Nouvelle à chaque village et hameau de votre pays.

Je voudrais, avant tout, vous remercier pour les sacrifices que vous, ainsi que vos familles, vous faites, comme pour le zèle et le dévouement avec lesquels vous accomplissez votre importante charge. Vous enseignez ce que Jésus a enseigné, vous instruisez les adultes et vous aidez les parents à faire grandir leurs enfants dans la foi et vous portez à tous la joie et l’espérance de la vie éternelle. Merci pour votre dévouement, pour l’exemple que vous donnez, pour la proximité au peuple de Dieu dans sa vie quotidienne et pour toutes les manières dont vous semez et cultivez la foi sur cette immense terre. Merci spécialement d’enseigner aux enfants et aux jeunes comment prier. C’est un travail important d’apprendre à vos enfants à prier !

Je sais que votre travail, bien que gratifiant, n’est pas facile. Je vous encourage, par conséquent, à persévérer, et je demande aux évêques et aux prêtres de vous aider par une formation doctrinale, spirituelle et pastorale, en mesure de vous rendre toujours plus efficaces dans votre œuvre. Même lorsque la charge semble lourde, que les ressources sont insuffisantes et les obstacles trop grands, il faut vous souvenir que votre œuvre est une œuvre sainte. L’Esprit-Saint est présent là où le nom du Christ est proclamé. Il est au milieu de nous chaque fois que nous élevons nos cœurs et notre esprit vers Dieu dans la prière. Il vous donnera la lumière et la force dont vous avez besoin ! Le message que vous portez s’enracinera d’autant plus profondément dans les cœurs des personnes que vous serez non seulement des maîtres, mais aussi des témoins. Que votre exemple fasse voir à tous la beauté de la prière, le pouvoir de la miséricorde et du pardon, la joie de partager l’Eucharistie avec tous les frères et sœurs !

La communauté chrétienne en Ouganda s’est accrue de façon remarquable grâce au témoignage des martyrs. Ils ont rendu témoignage à la vérité qui rend libre ; ils ont été disposés à verser leur sang pour demeurer fidèles à ce qu’ils savaient être bon, beau et vrai. Nous sommes aujourd’hui ici à Munyonyo, à l’endroit où le Roi Mwanga a décidé d’éliminer les disciples du Christ. Il n’a pas réussi dans cette tentative, comme le Roi Hérode n’a pas réussi à tuer Jésus. La lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pas prévalu (cf. Jn 1, 5). Après avoir vu le témoignage courageux de saint André Kaggwa et de ses compagnons, les chrétiens en Ouganda sont devenus encore plus convaincus des promesses du Christ.

Puisse saint André, votre Patron, et puissent tous les catéchistes ougandais martyrs obtenir pour vous la grâce d’être de sages maîtres, des hommes et des femmes dont les paroles soient pleines de grâce, d’un témoignage convainquant de la splendeur de la vérité de Dieu et de la joie d’Evangile ! Allez sans peur dans chaque ville et village de ce pays répandre la bonne semence de la Parole de Dieu, et ayez confiance dans sa promesse que vous retournerez joyeux, avec des gerbes plantureuses d’une récolte abondante !

Je vous demande de tous prier pour moi, et de faire prier les enfants pour moi.

Omukama Abawe Omukisa ! ( Que Dieu vous bénisse !) »

Fin du voyage au Kenya

Vendredi 27 Novembre, le pape François s’est rendu dans le quartier pauvre de Kangemi, à l’ouest de Nairobi. Il y a visité la paroisse jésuite Saint-Joseph à l’origine de nombreux programmes contre la pauvreté. Il a rencontré ensuite les évêques du Kenya avant de quitter en début d’après-midi Nairobi pour gagner Entebbe en Ouganda, deuxième étape de son voyage.

Dernier temps fort de son séjour au Kenya, le Pape François a participé ce vendredi matin, 27 novembre, à un temps festif et spirituel avec des milliers de jeunes Kenyans au stade Kasarani, en présence des évêques du Kenya est du président de la République, Uhuru Kenyatta.

Le Pape a été accueilli par une foule très chaleureuse, au chant notamment de "Hakuna Matata" (fameuse expression swahilie signifiant « il n’y a pas de problèmes ») mais aussi au son de l’Ave Maria de Schubert, entonné par un orchestre de jeunes du bidonville de Korogocho.

L’évêque responsable de la pastorale des jeunes a remercié le Pape d’être « un héros pour de nombreux jeunes ». Le Pape s’est ensuite exprimé, en espagnol, répondant aux questions d’une jeune fille et d’un jeune homme sur des sujets d’actualité comme la radicalisation et la corruption.

Le Pape a d’abord remercié les jeunes d’avoir prié le Rosaire pour lui, et pour leur « présence enthousiaste », posant ensuite ces questions « pourquoi les divisions, la guerre, la mort, le fanatisme, la destruction ? »

Faisant allusion au récit d’Abel et Caïn dans la Genèse, François a affirmé que « l’esprit du mal nous mène à la division, au tribalisme, à la corruption, à l’addiction aux drogues, au fanatisme ». Le Pape a rappelé que « nous ne vivons pas dans le ciel, nous vivons sur la terre, qui est pleine de difficultés, et d’invitations à dévier vers le mal. Mais il y a quelque choses que tous les jeunes ont : la capacité de choisir ! »

François a donc appelé à surmonter la tentation du tribalisme, « qui consiste à tenir une pierre dans chaque main pour la jeter sur l’autre ». Dans un geste fort, le Pape a demandé à tous les participants de se tenir par la main, en criant « nous sommes tous une nation ! ». Dans un pays marqué dans son actualité récente par le terrorisme et les violences, François a rappelé que « vaincre le tribalisme est un travail de chaque jour, un travail du cœur ».

Autre fléau mondial : la corruption, « qui existe aussi au Vatican » a précisé François. C’est « quelque chose qui nous mange de l’intérieur », c’est un peu comme le sucre, cela semble attirant mais à en abuser « nous finissons par devenir diabétiques ». « La corruption n’est pas un chemin de vie, c’est un chemin de mort. »

Autre question très actuelle : la radicalisation des jeunes : « comment faire pour que le fanatisme ne nous vole pas un frère, un ami ? », s’est interrogé François. « L’éducation et le travail sont les premières réponses. Et puis il faut prier ! Prier fort ! Dieu est plus fort que toute campagne de recrutement ! »

Et dans les moments de découragement, il faut regarder la Croix : elle est « un défi à notre foi » car elle représente « la destruction de Dieu ». Mais ensuite il y a « la Résurrection qui nous renouvelle tous ». En montrant le rosaire et le petit chemin de Croix qu’il porte toujours dans sa poche, le Pape a affirmé qu’il ne perdait jamais l’espérance.

Après ce temps consacré aux jeunes, le Pape François s’est ensuite entretenu, de façon informelle, avec les évêques du Kenya, avant de regagner la nonciature apostolique pour le déjeuner.

26 Novembre 2015

Le Pape François, en début d’après-midi ce jeudi 26 novembre, est allé à la rencontre du clergé, des religieux, religieuses et des séminaristes kenyans. Ensuite, il a visité le siège des institutions de l’Onu à Nairobi, l’un des quatre sièges de l’Onu (avec New York, Vienne et Genève), qui abrite notamment le siège mondial du PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Symboliquement, le Pape a planté un arbre dans les jardins de ce bâtiment.

Tous étaient rassemblés sur le terrain de sport de la St Mary’s School, une école de l’archidiocèse de Nairobi où avait été dressé un grand chapiteau. Le Pape s’est tout d’abord exprimé en anglais, « un anglais très pauvre », a-t-il reconnu en s’excusant, avant d’improviser dans sa langue maternelle : l’espagnol.

C’est un discours vigoureux, qui interpelle, mais aussi qui encourage avec bienveillance, que le Pape a souhaité délivrer devant le clergé kenyan. Le Saint-Père a indiqué que « dans la prêtrise ou la vie consacrée il faut entrer par la porte, et la porte c’est le Christ ». « Ne vous éloignez jamais de Jésus », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de la prière. « N’arrêtez jamais de prier, n’abandonnez pas la prière ». « Si un religieux, un prêtre abandonne la prière son âme devient sèche, il a une mauvaise âme », a souligné le Pape, rappelant que « se consacrer à Dieu c’est servir et non pas se servir ».

Dans ce discours, totalement improvisé, le Saint-Père a une nouvelle fois mis en garde contre la tentation de vouloir suivre le Christ par ambition, par intérêt de pouvoir ou d’argent, et il a rappelé que « l’Eglise n’est pas une entreprise, une ONG mais un mystère, celui du regard de Jésus qui invite à le suivre ». Mais, a-t-il fait observer en interpellant son auditoire, nous sommes tous des pêcheurs, quand Jésus nous appelle, il ne nous canonise pas ».

Le Pape a ensuite évoqué les drames de ce monde, invitant les religieux à « savoir pleurer : devant ceux qui sont rejetés, les personnes âgées abandonnées, les enfants assassinés, pour toutes les choses que nous ne comprenons pas. Il y a dans la vie des situations ou on ne peut que pleurer, a-t-il dit, et regarder Jésus sur la croix ». François a enfin conclu sur une note d’humour : « je vous donne du fil à retordre » a affirmé le Saint-Père, le sourire aux lèvres, « et je suis très impoli, je vous ai sermonnés, mais je ne vous ai même pas dit merci : merci alors, pour tout ce que vous faites, à la suite de Jésus. »

Retrouvez l’intervention du Saint-Père prononcée en fin d’après-midi devant les membres du PNUE à Nairobi :

« Je voudrais remercier pour l’aimable invitation et pour les paroles de bienvenue de Madame Sahle-Work Zewde, Directrice Générale de l’Office des Nations Unies à Nairobi, ainsi que de Monsieur Achim Steiner, Directeur Exécutif du programme des Nations pour l’Environnement, et de Monsieur Joan Clos, Directeur Exécutif du Programme ONU – Habitat. Je profite de l’occasion pour saluer tout le personnel et tous ceux qui collaborent avec les institutions ici présentes.

En route vers cette salle, j’ai été invité à planter un arbre dans le parc du Centre des Nations Unies. J’ai accepté d’accomplir ce geste symbolique et simple, chargé de sens dans beaucoup de cultures.

Planter un arbre, c’est d’abord une invitation à continuer de lutter contre des phénomènes tels que la déforestation et la désertification. Cela nous rappelle l’importance de protéger et d’administrer de façon responsable ces « poumons de la planète pleins de biodiversité [comme nous pouvons bien l’apprécier dans ce continent avec] le bassin du fleuve Congo », lieu important « pour toute la planète et pour l’avenir de l’humanité ». C’est pourquoi, elle est toujours appréciée et encouragée, « la tâche des organismes interna­tionaux et des organisations de la société civile qui sensibilisent les populations et coopèrent de façon critique, en utilisant aussi des mécanismes de pres­sion légitimes, pour que chaque gouvernement accomplisse son propre et intransférable devoir de préserver l’environnement ainsi que les ressources naturelles de son pays, sans se vendre à des inté­rêts illégitimes locaux ou internationaux » (Laudato Si’, n. 38).

En outre, planter un arbre nous invite à continuer d’avoir confiance, d’espérer et surtout de consentir à des efforts pour inverser toutes les situations d’injustice et de détérioration dont nous souffrons aujourd’hui.

Dans quelques jours, commencera à Paris une importante rencontre sur le changement climatique, où la communauté internationale, en tant que telle, se confrontera de nouveau à cette problématique. Ce serait triste et j’ose le dire, catastrophique, que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent à manipuler l’information pour protéger leurs projets.

Dans ce contexte international, où nous sommes devant une alternative que nous ne pouvons pas ignorer – améliorer ou détruire l’environnement –, chaque initiative, petite ou grande, individuelle ou collective, prise pour sauvegarder la création indique le chemin sûr de cette « créa­tivité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain » (Ibid., n. 211).

Le climat est un bien commun, de tous et pour tous ; […] le changement climatique est un problème global aux graves répercussions environnemen­tales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité » (Ibid., nn. 23-25), dont la réponse « doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés » (Ibid., n. 93). Car « l’abus et la destruction de l’environnement sont en même temps accompagnés par un processus implacable d’exclusion » (Discours à l’ONU, 25 septembre 2015).

La COP21 est un pas important dans le processus de développement d’un nouveau système énergétique, qui dépende le moins possible des combustions fossiles, vise l’efficacité énergétique et se structure grâce à l’utilisation d’énergie au contenu en carbone réduit ou nul. Nous sommes face au grand engagement politique et économique qui consiste à reconsidérer et à corriger les dysfonctionnements et les distorsions du modèle de développement actuel.

L’Accord de Paris peut envoyer un signal clair dans cette direction, à condition que, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à l’Assemblée Générale de l’ONU, nous évitions la « tentation de tomber dans un nominalisme de déclarations à effet tranquillisant sur les consciences. Nous devons veiller à ce que nos institutions soient réellement efficaces » (Ibid.). C’est pourquoi j’espère que la COP21 débouchera sur la conclusion d’un accord global et ‘‘transformateur’’ fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, et qui oriente vers la réalisation de trois objectifs, à la fois complexes et interdépendants : l’allègement de l’impact du changement climatique, la lutte contre la pauvreté et le respect de la dignité humaine.

Malgré de nombreuses difficultés, s’affirme la « tendance à concevoir la planète comme une patrie, et l’humanité comme un peuple qui habite une maison commune » (Laudato Si’, n. 164). Aucun pays « ne peut agir en marge d’une responsabilité commune. Si nous voulons réellement un changement positif, nous devons humblement assumer notre interdépendance » (Discours aux mouvements populaires, 9 juillet 2015). Le problème naît lorsque nous croyons qu’interdépendance est synonyme d’imposition ou de soumission de quelques-uns aux intérêts des autres. Du plus faible au plus fort.

Un dialogue sincère et ouvert est nécessaire, avec la coopération responsable de tous : autorités politiques, communauté scientifique, entreprises et société civile. Les exemples positifs ne manquent pas qui nous démontrent comment une vraie collaboration entre la politique, la science et l’économie est capable d’obtenir d’importants résultats.

Nous sommes conscients, cependant, que les « êtres humains, capables de se dégrader à l’ex­trême, peuvent aussi se surmonter, opter de nou­veau pour le bien et se régénérer » (Laudato Si’, n. 205). Cette profonde prise de conscience nous conduit à espérer que, si l’humanité de la période post-industrielle pourrait laisser le souvenir de l’une des plus irresponsables de l’histoire, « l’huma­nité du début du XXIème siècle pourra rester dans les mémoires pour avoir assumé avec générosité ses graves responsabilités » (Ibid., n. 165). Pour cela, il est nécessaire de mettre au service des peuples l’économie et la politique où « l’être humain, en harmonie avec la nature, structure tout le système de production et de distribution pour que les capacités et les nécessités de chacun trouvent une place appropriée dans l’être social » (Discours aux mouvements populaires, 9 juin 2015). Il ne s’agit pas d’une utopie chimérique, au contraire, il s’agit d’une perspective réaliste qui place la personne humaine et sa dignité comme point de départ et vers laquelle tout doit confluer (cf. Ibid.)

Le changement de direction dont nous avons besoin, il n’est pas possible de le réaliser sans un engagement substantiel à travers l’éducation et la formation. Rien ne sera possible si les solutions politiques et techniques ne sont accompagnées d’un processus d’éducation qui promeuve de nouveaux styles de vie. Un nouveau type de culture. Cela exige une formation destinée à susciter chez les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes et les adultes, l’assimilation d’une culture de protection ; la protection de soi-même, la protection de l’autre, la protection de l’environnement ; en lieu et place de la culture de détérioration et de rejet. Le rejet de soi, de l’autre, de l’environnement. La promotion de la « conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous […] permettrait le développement de nouvelles convictions, attitudes et formes de vie. [C’est] un grand défi culturel, spirituel et éducatif, qui suppo­sera de longs processus de régénération » (Laudato Si’, n. 202), qu’il est encore temps de promouvoir.

Ils sont nombreux les visages, les histoires, les conséquences évidentes chez des milliers de personnes que la culture de la détérioration et du rejet a conduit à sacrifier aux idoles du gain et de la consommation. Nous devons nous protéger d’un triste signe de la « ‘‘mondialisation de l’indifférence’’, qui nous fait lentement nous ‘‘habituer’’ à la souffrance de l’autre, comme si elle était normale » ( Message pour la Journée Mondiale de l’Alimentation, 16 octobre 2013), ou pire encore, qui nous conduit à la résignation face aux formes extrêmes et scandaleuses de ‘‘rejet’’ et d’exclusion sociale, comme sont les nouvelles formes d’esclavage, le trafic des personnes, le travail forcé, la prostitution, le trafic d’organes. « L’aug­mentation du nombre de migrants fuyant la mi­sère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique ; ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internatio­nales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale » ( Laudato Si’, n. 25 ). Ce sont de nombreuses vies, de nombreuses histoires, de nombreux rêves qui se noient dans notre présent. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à cela. Nous n’en avons pas le droit.

Parallèlement à la négligence de l’environnement, depuis un certain temps, nous sommes témoins d’un rapide processus d’urbanisation qui, malheureusement, conduit souvent à une « croissance démesurée et désordonnée de beaucoup de villes qui sont devenues insalubres [et] inefficaces » (Ibid., n. 44). Et ce sont aussi des endroits où se répandent des symptômes préoccupants d’une tragique rupture des liens d’intégration et de communion sociale, qui conduit à l’ « augmentation de la vio­lence et [à] l’émergence de nouvelles formes d’agres­sivité sociale, [au] narcotrafic et [à] la consommation croissante de drogues chez les plus jeunes, [à] la perte d’identité » (ibid. n. 46), au déracinement et à l’anonymat social (cf. ibid. n. 149).

Je voudrais exprimer mon encouragement à tous ceux qui, au niveau local et international, travaillent pour que le processus d’urbanisation devienne un instrument efficace en vue du développement et de l’intégration, afin de garantir pour tous, et surtout aux personnes qui vivent dans les quartiers marginaux, des conditions de vie dignes, garantissant les droits fondamentaux à une terre, à un toit et au travail. Il est nécessaire de promouvoir des initiatives de planification urbaine et de protection des espaces publics qui aillent dans ce sens et prévoient la participation des habitants, essayant de combattre les nombreuses inégalités et les poches de pauvreté urbaine, non seulement économiques, mais aussi et surtout sociales et environnementales. La prochaine Conférence Habitat-III, prévue à Quito en octobre 2016, pourrait être un moment important pour identifier les façons de répondre à ces problématiques.

Dans quelques jours, cette ville de Nairobi, abritera la 10ème Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce. En 1971, face à un monde toujours plus interdépendant, et anticipant de quelques années la présente réalité de la globalisation, mon prédécesseur Paul VI réfléchissait sur la manière dont les relations commerciales entre les Etats pourraient être un élément fondamental pour le développement des peuples ou, au contraire, cause de misère et d’exclusion ( Cf. Paul VI, Populorum progressio, nn. 56-62). Même en reconnaissant tout l’effort réalisé dans ce domaine, il semble qu’on ne soit pas encore arrivé à un système commercial international équitable et totalement au service de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Les relations commerciales entre les Etats, une part indispensable des relations entre les peuples, peuvent tant servir à porter préjudice à l’environnement qu’à l’assainir et le rendre sûr pour les générations futures.

Je forme le vœu que les délibérations de la prochaine Conférence de Nairobi ne soient pas un simple équilibre des intérêts en conflit, mais un vrai service à la sauvegarde de la maison commune et au développement intégral des personnes, surtout des plus défavorisées. En particulier, je veux m’unir aux préoccupations de nombreuses réalités engagées dans la coopération au développement et dans l’assistance sanitaire – dont les congrégations religieuses qui aident les plus pauvres et exclus – préoccupations qui concernent les accords sur la propriété intellectuelle et l’accès aux médicaments ainsi qu’aux soins essentiels de santé. Les Traités de libre commerce régionaux sur la protection de la propriété intellectuelle, en particulier dans le domaine pharmaceutique et biotechnologique, non seulement ne doivent pas limiter les facultés déjà accordées aux Etats par les accords multilatéraux, mais, au contraire, devraient être un instrument pour assurer un minimum d’assistance sanitaire et d’accès aux traitements de base pour tous. Les discussions multilatérales, à leur tour, doivent donner aux pays les plus pauvres le temps, la flexibilité et les exceptions nécessaires à une adaptation ordonnée, et non traumatisante, aux normes commerciales. L’interdépendance et l’intégration des économies ne doivent pas provoquer le moindre préjudice aux systèmes de santé et de protection sociale existants ; au contraire, elles doivent favoriser leur création et leur fonctionnement. Certaines questions de santé, telles que l’élimination du paludisme et de la tuberculose, le traitement des maladies dites ‘‘orphelines’’ et les domaines négligés de la médecine tropicale, réclament une attention politique prioritaire, avant tout autre intérêt commercial ou politique.

L’Afrique offre au monde une beauté et une richesse naturelle qui nous conduisent à louer le Créateur. Ce patrimoine africain et de toute l’humanité est constamment menacé par un risque de destruction, en raison d’égoïsmes humains en tout genre et de l’abus de situations de pauvreté et d’exclusion. Dans le contexte des relations économiques entre les Etats et les peuples, on ne peut cesser de parler des trafics illégaux qui croissent dans un environnement de pauvreté, et qui, à leur tour, alimentent la pauvreté et l’exclusion. Le commerce illégal de diamants et de pierres précieuses, de métaux rares ou de valeur stratégique, du bois et de matériel biologique, ainsi que de produits d’origine animale, comme dans le cas du trafic d’ivoire et le massacre des éléphants qui lui est relatif, alimente l’instabilité politique, le crime organisé et le terrorisme. Cette situation est aussi un cri des hommes et de la terre qui doit être entendu par la Communauté internationale.

Lors de ma récente visite au siège de l’ONU à New York, j’ai pu exprimer le souhait et l’espérance que le travail des Nations Unies et de tous les développements multilatéraux puissent être le « gage d’un avenir sûr et heureux pour les futures générations. Et [il] le sera si les représentants des Etats savent laisser de côté des intérêts sectoriels et idéologiques, et chercher sincèrement le service du bien commun » (Discours à l’ONU, 25 septembre 2015).

Je renouvelle, un fois encore, le soutien de la communauté catholique, et le mien, consistant à continuer de prier et de collaborer pour que les résultats de la coopération régionale qui s’exprime aujourd’hui dans l’Union Africaine et par les nombreux accords africains de commerce, de coopération et de développement, soient mis en œuvre avec vigueur et en tenant toujours compte du bien commun des enfants de cette terre

La bénédiction au Très-Haut soit avec tous et chacun d’entre vous ainsi qu’avec vos peuples. Merci ! »

Matinée du jeudi 26 novembre

Le Pape François a débuté sa deuxième journée au Kenya par une rencontre interreligieuse et œcuménique . Devant les responsables religieux des différentes communautés du pays, musulmans, hindous, religions traditionnelles, anglicans et autres Églises chrétiennes, le Saint-Père a rappelé l’importance du dialogue entre les religions, qui « renforce les liens d’amitié qui existent déjà entre » elles, et se met « au service du bien commun ». Il a présidé ensuite la messe sur le campus de Nairobi.

Devant les leaders religieux réunis dans le salon de la nonciature apostolique à Nairobi, la capitale kényane, François a prôné le dialogue : ce dialogue entre communautés « n’est pas un luxe, ce n’est pas quelque chose de supplémentaire ou d’optionnel », le dialogue « est essentiel, c’est quelque chose dont notre monde, blessé par des conflits et des divisions, a toujours plus besoin. »

Le Saint-Père, en visite pour la première fois sur le continent africain, a évoqué les récents massacres qui ont ensanglanté le Kenya. « Je sais qu’est vivant en vous le souvenir laissé par les attaques barbares à Westgate Mall, à Garissa University College et à Mandera », des attaques meurtrières revendiquées par les islamistes shebab somaliens depuis deux ans.

« Le Nom de Dieu ne doit jamais être utilisé pour justifier la haine et la violence » a martelé le Saint-Père, pointant du doigt la radicalisation de certains jeunes qui « sont rendus extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur, et pour déchirer le tissu même de notre société. » Un seul message, « le Dieu que nous cherchons à servir est un Dieu de paix » a dit le Saint-Père aux responsables religieux, les exhortant à être « des artisans de paix qui invitent les autres à vivre dans la paix, dans l’harmonie et le respect réciproque ». « En regardant l’avenir, prions afin que tous les hommes et toutes les femmes se considèrent comme des frères et des sœurs, pacifiquement unis dans et à travers leurs différences » a ajouté le souverain pontife, appelant enfin à prier ensemble « pour la paix  ».

Messe sur la campus de l’université de Nairobi

Sous la pluie mais dans une atmosphère de grande chaleur humaine, le Pape François a ensuite présidé jeudi matin, 26 novembre, une messe sur le campus de l’université de Nairobi, en présence notamment du président Uhuru Kenyatta, lui-même issu de la minorité catholique, qui représente entre un quart et un tiers de la population kenyane.

Durant cette messe bilingue, en anglais et en swahili, les deux langues officielles du pays (le Psaume ayant lui été chanté dans la langue des Masaï), le Pape François a délivré une homélie (en italien, traduite en anglais) dans laquelle il a salué la qualité des valeurs familiales inscrites dans la vie des Kenyans.

Retrouvez l’homélie du Pape François dans son intégralité :

« La parole de Dieu parle au plus fond de notre cœur. Aujourd’hui Dieu nous dit que nous lui appartenons. Il nous a faits, nous sommes sa famille, et il sera toujours présents pour nous. “Ne craignez pas – nous dit-il – : je vous ai choisis et je vous promets de vous donner ma bénédiction’’ (cf. Is 44, 2-3).

Nous avons entendu cette promesse dans la première lecture. Le Seigneur nous dit qu’il fera jaillir de l’eau dans le désert, dans une terre assoiffée ; il fera en sorte que les enfants de son peuple fleurissent comme de l’herbe, comme des saules luxuriants. Nous savons que cette prophétie s’est accomplie par l’effusion du Saint Esprit à la Pentecôte. Mais nous voyons aussi qu’elle s’accomplit partout où l’Évangile est prêché et où de nouveaux peuples deviennent membres de la famille de Dieu, l’Église. Aujourd’hui nous nous réjouissons parce qu’elle s’est accomplie sur cette terre. Par la prédication de l’Évangile, nous aussi nous sommes devenus participants de la grande famille chrétienne.

La prophétie d’Isaïe nous invite à regarder nos familles et à nous rendre compte combien elles sont importantes dans le plan de Dieu. La société du Kenya a longtemps été bénie par une solide vie familiale, par un profond respect de la sagesse des personnes âgées et par l’amour envers les enfants. La santé de toute société dépend toujours de la santé des familles. Pour leur bien et celui de la communauté, la foi dans la parole de Dieu nous appelle à soutenir les familles dans leur mission à l’intérieur de la société, à accueillir les enfants comme une bénédiction pour notre monde, et à défendre la dignité de tout homme et de toute femme, puisque nous sommes tous frères et sœurs dans l’unique famille humaine.

Par obéissance à la Parole de Dieu, nous sommes aussi appelés à résister aux pratiques qui favorisent l’arrogance chez les hommes, qui blessent ou méprisent les femmes, qui ne prennent pas soin des anciens et qui menacent la vie des innocents qui ne sont pas encore nés. Nous sommes appelés à nous respecter, à nous encourager mutuellement, et à rejoindre tous ceux qui sont dans le besoin. Les familles chrétiennes ont cette mission spéciale : rayonner l’amour de Dieu et répandre l’eau vivifiante de son Esprit. Ceci est particulièrement important aujourd’hui, parce que nous assistons à l’avancée de nouveaux déserts créés par une culture de l’égoïsme et de l’indifférence envers les autres.

Ici, au cœur de cette Université, où les esprits et les cœurs des nouvelles générations sont formés, je lance un appel particulier aux jeunes de la nation. Que les grandes valeurs de la tradition africaine, la sagesse et la vérité de la Parole de Dieu, ainsi que le généreux idéalisme de votre jeunesse, vous guident dans l’engagement à former une société qui soit toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine. Que les besoins des pauvres vous soient toujours à cœur ; rejetez tout ce qui conduit au préjugé et à la discrimination, parce que ces choses – nous le savons – ne sont pas de Dieu.

Tous nous connaissons bien la parabole de Jésus sur l’homme qui a construit sa maison sur le sable plutôt que sur le roc. Quand les vents ont soufflé, elle est tombée et sa ruine a été grande (cf. Mt 7, 24-27). Dieu est le rocher sur lequel nous sommes appelés à construire. Il nous le dit dans la première lecture, et il nous demande : « Y a-t-il un Dieu en dehors de moi ? » (Is 44, 8).

Quand Jésus ressuscité affirme dans l’Évangile de ce jour : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 18), il nous dit que lui-même, le Fils de Dieu, est le rocher. Il n’y en a pas d’autre que lui. Unique Sauveur de l’humanité, il désire attirer à lui les hommes et les femmes de toute époque et de tout lieu, afin de pouvoir les conduire au Père. Il veut que tous nous construisions notre vie sur le fondement solide de sa Parole.

Cela c’est la tâche que le Seigneur attribue à chacun de nous. Il nous demande d’être des disciples missionnaires, des hommes et des femmes qui rayonnent la vérité, la beauté et la puissance de l’Évangile qui transforme la vie. Des hommes et des femmes qui soient des canaux de la grâce de Dieu, qui permettent à sa miséricorde, à sa bienveillance et à sa vérité de devenir les éléments pour construire une maison qui demeure solide. Une maison qui soit un foyer où les frères et sœurs vivent enfin en harmonie et dans le respect réciproque, dans l’obéissance à la volonté du vrai Dieu, qui nous a montré, en Jésus, la voie vers cette liberté et cette paix auxquelles tous les cœurs aspirent.

Que Jésus, le Bon Pasteur, le rocher sur lequel nous construisons nos vies, vous guide ainsi que vos familles sur la voie du bien et de la miséricorde, tous les jours de votre vie. Qu’il bénisse de sa paix tous les habitants du Kenya.

« Soyez forts dans la foi ! N’ayez pas peur ! ». Car vous appartenez au Seigneur.

Mungu awabariki ! (Que Dieu vous bénisse !)

Mungu abariki Kenya ! (Que Dieu bénisse le Kenya !) »

25 Novembre 2015

Le Saint-Père débute aujourd’hui son onzième voyage apostolique. Pendant six jours, du 25 au 30 novembre, il visitera trois pays : le Kenya, l’Ouganda et la République centrafricaine, aux confins de l’Équateur. Cette dernière étape, la Centrafrique, l’un des pays les plus pauvres du monde, déchiré depuis plus de trois ans par une guerre civile, présentera de réelles difficultés logistiques et sécuritaires.

Le Pape François est arrivé au Kenya, première étape de son premier voyage sur le continent africain. Son avion a atterri ce mercredi 25 novembre 2015 sur le tarmac de l’aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi vers 14h39 heure de Rome, soit 16h39 heure locale. Il a été accueilli par des chants et des danses et par le président de la République du Kenya, Uhuru Kenyatta ainsi que le cardinal John Njue, archevêque de la ville.

Le Pape François était attendu avec beaucoup d’espérance au Kenya, un pays « qui a connu des attaques terroristes, la corruption, des divisions ethniques négatives et des politiques de division dans un passé récent » ont rappelé les évêques du Kenya quelques jours avant l’arrivée du Saint-Père, « facteur d’unification de la nation ». Ces deux jours au Kenya seront notamment marqués par une rencontre interreligieuse avec les musulmans, les hindous, les religions traditionnelles et les autres Églises chrétiennes le jeudi 26 novembre.

En fin d’après-midi, le Saint-Père a retrouvé le président Uhuru Kenyatta pour une visite de courtoisie. Devant le corps diplomatique et de nombreuses personnalités de la vie politique, économique et culturelle kenyane, le Saint-Père a prononcé un premier discours.

Découvrez le discours du pape devant les autorités dans son intégralité :

« Monsieur le Président,

Honorables membres du Gouvernement et dirigeants civils,

Distingués membres du Corps Diplomatique

Mes frères Evêques,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très reconnaissant pour votre accueil chaleureux à l’occasion de cette visite, ma première en Afrique. Je vous remercie, Monsieur le Président, pour votre aimable adresse au nom du peuple kényan et je me réjouis de mon séjour au milieu de vous. Le Kenya est une nation jeune et vigoureuse, une société d’une riche diversité qui joue un rôle important dans la région. De plusieurs manières, votre expérience de forger une démocratie est partagée par beaucoup d’autres nations africaines. Comme le Kenya, elles travaillent aussi à bâtir, sur de solides fondations de respect mutuel, de dialogue et de coopération, une société multiethnique vraiment harmonieuse, juste et inclusive.

Votre nation est également une nation de jeunes. Durant ces jours, je désire ardemment rencontrer beaucoup d’entre eux, parler avec eux et encourager leurs espérances ainsi que leurs aspirations pour l’avenir. Les jeunes sont les ressources les plus précieuses de toute nation. Les protéger, investir en eux et leur tendre une main secourable, sont la meilleure façon dont nous pouvons assurer un avenir digne de la sagesse et des valeurs spirituelles chères à leurs aînés, valeurs qui sont le cœur et l’âme d’un peuple.

Le Kenya a été béni non seulement par son immense beauté, par ses montagnes, ses rivières et ses lacs, ses forêts, ses savanes et semi-déserts, mais aussi par des ressources naturelles abondantes. Les Kenyans apprécient à leur juste valeur ces trésors de Dieu et sont connus pour une culture de sauvegarde qui vous honorent. La grave crise environnementale qui menace notre monde demande une sensibilité toujours croissante à la relation entre les êtres humains et la nature. Nous avons la responsabilité de transmettre la beauté de la nature dans son intégralité aux futures générations, et l’obligation de bien administrer les dons que nous avons reçus. Ces valeurs sont profondément enracinées dans l’âme africaine. Dans un monde qui continue d’exploiter plutôt que de protéger notre maison commune, elles doivent inspirer les efforts des dirigeants nationaux à promouvoir des modèles responsables de développement économique.

En effet, il y a un lien évident entre la protection de la nature et la construction d’un ordre social juste et équitable. Il ne peut y avoir aucun renouvellement de notre relation avec la nature sans un renouvellement de l’humanité elle-même (cf. Laudato Si’, n. 118). Dans la mesure où nos sociétés connaissent des divisions, qu’elles soient ethniques, religieuses ou économiques, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté sont appelés à travailler pour la réconciliation et la paix, le pardon et l’apaisement. Dans l’œuvre de construction d’un ordre démocratique solide, par le renforcement de la cohésion et de l’intégration, de la tolérance et du respect des autres, la poursuite du bien commun doit être le premier objectif. L’expérience montre que la violence, le conflit et le terrorisme se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration. Enfin, la lutte contre ces ennemis de la paix et de la prospérité doit être menée par des hommes et des femmes qui croient fermement et rendent un témoignage sincère aux grandes valeurs spirituelles et politiques qui ont inspiré la naissance de la nation.

Mesdames et Messieurs, la promotion et la préservation de ces grandes valeurs sont confiées de manière spéciale à vous, les dirigeants de la vie politique, culturelle et économique de votre pays. C’est une grande responsabilité, un vrai appel au service du peuple kenyan tout entier. L’Evangile nous dit qu’à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé (cf. Lc 12, 48). Dans cet esprit, je vous encourage à travailler avec intégrité et transparence pour le bien commun, et à promouvoir l’esprit de solidarité à chaque niveau de la société. Je vous demande en particulier de montrer un vrai souci des besoins des pauvres, des aspirations des jeunes ainsi que d’une juste distribution des ressources naturelles et humaines dont le Créateur a doté votre pays. Je vous assure des efforts inlassables de la communauté catholique, par ses œuvres éducatives et caritatives, pour offrir sa contribution spécifique dans ces domaines.

Chers amis, on m’a dit qu’ici au Kenya, c’est une tradition pour les jeunes écoliers de planter des arbres pour la postérité. Puissent ce signe éloquent d’espérance dans l’avenir et la confiance dans la croissance que Dieu donne, vous soutenir tous dans vos efforts pour cultiver une société de solidarité, de justice et de paix sur la terre de ce pays et partout dans ce grand Continent africain. Je vous remercie une fois encore pour votre accueil chaleureux et sur vous ainsi que sur vos familles, et sur tout le cher peuple kenyan, j’invoque d’abondantes bénédictions du Seigneur.

Mungu abariki Kenya !

Que Dieu bénisse le Kenya ! »

(Avec R. V.)

Programme du voyage du pape François en Afrique

Mercredi 25 novembre 2015

7h45 Départ en avion de l’aéroport Fiumicino de Rome pour Nairobi au Kenya
17h Arrivée à l’aéroport international “Jomo Kenyatta” de Nairobi
Cérémonie de bienvenue à la State House
18h Visite de courtoisie au Président de la République à la State House à Nairobi

Jeudi 26 novembre 2015

8h15 Rencontre interreligieuse et œcuménique dans le salon de la Nonciature apostolique à Nairobi
10h Messe au Campus de l’Université de Nairobi
15h45 Rencontre avec le clergé, les religieux, les religieuses et les séminaristes sur le terrain de sport de l’école St Mary
17h30 Visite à l’U.N.O.N.

Vendredi 27 novembre 2015

8h30 Visite au quartier pauvre de Kangemi à Nairobi
10h Rencontre avec les jeunes au stade Kasarani
11h15 Rencontre avec les évêques du Kenya dans la salle VIP du stade 15h10 Cérémonie de congé à l’aéroport international “Jomo Kenyatta” de Nairobi
15h30 Départ en avion de Nairobi pour Entebbe

16h50 Arrivée à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda
Cérémonie de bienvenue
17h30 Visite de courtoisie au Président à la State House à Entebbe
18h Rencontre avec les autorités et le Corps diplomatique dans la salle de
conférence de la State House
19h15 Visite à Munyonyo et salut aux catéchistes et enseignants

Samedi 28 novembre 2015

8h30 Visite au sanctuaire anglican des martyrs de Namugongo
9h Visite au sanctuaire catholique des martyrs de Namugongo
9h30 Messe pour les martyrs d’Ouganda près du sanctuaire catholique
15h15 Rencontre avec les jeunes à Kololo Air Strip à Kampala
17h Visite à la Maison de charité de Nalukolongo
18h Rencontre avec les évêques d’Ouganda à l’Archevêché
19h Rencontre avec les prêtres, religieux, religieuses et séminaristes dans la cathédrale

Dimanche 29 novembre 2015

9h Cérémonie de congé à l’aéroport d’Entebbe
9h15 Départ en avion d’Entebbe pour Bangui en République centrafricaine
10h Arrivée à l’aéroport international “M’Poko” de Bangui
Cérémonie de bienvenue
11h Visite de courtoisie au Président de l’état de transition au Palais présidentiel “de la Renaissance”
11h30 Rencontre avec la classe dirigeante et avec le corps diplomatique
12h15 Visite au camp de réfugiés
13h Rencontre avec les évêques de la République centrafricaine
16h Rencontre avec les communautés évangéliques au siège de la FATEB (Faculté de théologie évangélique de Bangui)
17h Messe avec les prêtres, religieux, religieuses, catéchistes et jeunes en la cathédrale de Bangui
19h Confession de quelques jeunes au début de la veillée de prière sur l’esplanade devant la cathédrale

Lundi 30 novembre 2015

8h15 Rencontre avec la communauté musulmane à la mosquée centrale de Koudoukou à Bangui
9h30 Messe dans le stade du complexe sportif Barthélémy Boganda
12h15 Cérémonie de congé à l’aéroport international “M’Poko” de Bangui

12h30 Départ en avion pour Rome
18h45 Arrivée à l’aéroport Ciampino de Rome

Fuseau horaire :

Rome : +1h UTC
Nairobi : +3h UTC
Entebbe : +3h UTC
Bangui : +1h UTC



 


Retour de Mgr Macaire à Rivière-Pilote

 

22 novembre 2015 2015 par Michel DEGLISE

Lundi 16 novembre, 10 jours après les inondations catastrophiques qui ont touché le sud de la Martinique, et particulièrement Rivière-Pilote, Mgr David Macaire était dans la paroisse qu’il avait visitée avant de partir à l’assemblée plénière d’automne de la Conférence des Évêques de France. En compagnie du curé, le père Wilfried Bannais, après avoir présidé la messe du matin à l’église du bourg, il a visité les sinistrés pour leur apporter son réconfort et il a constaté par lui-même les effets du débordement des deux rivières sur les commerces et les maisons du bourg.

16 novembre 2015

Quelques photos prises le lundi 16 novembre lors du retour de Mgr Macaire par père Philippon :

L’église du Bourg au soleil

Les paroissiens étaient nombreux à la messe du matin

Père Bannais aux côtés de Mgr Macaire

Mgr Macaire et père Bannais se sont rendus à la mairie

Mgr Macaire réconforte les sinistrés qu’il rencontre

avec une autre personne sinistrée

Mgr Macaire est retourné au marché à la rencontre des marchandes

Mgr Macaire a rendu visite à la pharmacienne du Bourg

Retour sur les inondations dans la commune 10 jours plus tôt :

Le curé de la paroisse de Rivière-Pilote, le père Wilfried Bannais, nous avait adressé quelques photos prises vendredi 6 novembre 2015 en fin de matinée lors de la montée des eaux dans sa commune. Les habitants du bourg avaient été surpris par la progression rapide de l’eau qui avait tout envahi, même le cimetière. Les dégâts sont importants et certains ont tout perdu.

Retrouvez le témoignage du père Bannais, interrogé par le père Philippon, DEI, qui s’était rendu à Rivière-Pilote quelques jours après ces inondations catastrophiques.

Vue de l’église du Bourg de Rivière-Pilote :

Le cimetière de la commune :

Des habitants dans le marché couvert envahi par l’eau boueuse :

Prévenu de cette catastrophe, Mgr David Macaire a fait part aux habitants de son soutien et de ses prières depuis Lourdes où il participait à l’assemblée plénière des évêques de France. Quelques jours plus tôt, accueilli par le père Bannais et le père Elie, il était en visite pastorale à Rivière-Pilote.

Entretien avec le père Wilfried Bannais

Encore sous le choc, le père Wilfried répond aux questions du père Luc Philippon

- Père Wilfried comment avez vous vécu ces tragiques intempéries ?

Ce vendredi 6 Novembre, nous avions comme chaque premier vendredi du mois Adoration eucharistique à l’église paroissiale ; dès le retentissement de la sirène de la Mairie, j’ai dû écourté le temps de prière et j’ai fermé l’église . Très vite nous nous sommes rendus compte que nos deux cours d’eau avaient quitté leur lit en envahissant progressivement le bourg ; il a fallu aider rapidement.

Ce sont les habitants qui ont été les premiers surpris par l’ampleur des inondations . Ce fut un moment douloureux d’impuissance, car nous étions désarmés. L’aide s’est rapidement organisée en essayant par exemple de coincer les voitures pour éviter qu’elles ne soient emportées. Nous avons aussi agi pour venir en aide à la pharmacie située près de l’église, nous avons sauvé ce que nous avons pu. Nous étions non seulement démunis, mais également désemparés.

- Démunis, désemparés, mais cependant, remplis de foi ?

Avec la foi dans le seigneur, nous gardons la tête sur les épaules. Grâce à la foi, nous ne laissons pas la panique nous dominer tout en reconnaissant que pour l’homme surpris, battu, la première attitude est la désolation. Que c’est triste de reconnaitre son impuissance face à la montée rapide des eaux !

Que c’est triste de voir que le travail, qu’on appelle le pain quotidien, est parti dans l’eau avec les néfastes conséquences qui s’ensuivent ; je pense aux nombreux commerçants du bourg qui ont tout perdu. La foi permet de se relever certes, mais elle ne répond pas à toutes les questions même si Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse toujours offert. Mais, c’est aussi cette foi qui se manifeste à travers les coups de main, les élans de solidarités, comme par exemple l’entraide des pharmaciens venus des communes voisines, pour aider les pharmacies sinistrées.

- Enfin, quels seraient les besoins immédiats de vos paroissiens ?

Tout n’a pas encore été répertorié, toutefois à travers les visites que j’ai effectuées, certains habitants ont tout perdu . Aux différentes messes, j’ai insisté auprès des fidèles pour qu’ils restent attentifs aux appels des frères et des sœurs qui crient vers eux. A coté de cela, nous avons sur le territoire paroissial la présence caritative de La Conférence Saint Vincent de Paul qui est à l’œuvre, avec d’autres solidarités, à l’initative de la Mairie.



 


Entretien avec le père Manuel Grandin, sj

 

31 octobre 2015 2015 par Michel DEGLISE

Samedi 31 Octobre 2015, à 16h, en l’église Saint-Denys-de-l’Estrée, à Saint-Denis (93), le père Manuel Grandin, sj, a prononcé les derniers vœux par lesquels il s’est engagé définitivement au sein de la Compagnie de Jésus, fondée par Saint Ignace de Loyola en 1540. A cette occasion, il a accepté de répondre à nos questions. Vous pouvez également lire cet entretien dans le n°509 de notre revue diocésaine Eglise en Martinique , du 25 octobre 2015.

Michel Déglise : Pourquoi est-ce si long pour qu’un jésuite entre définitivement dans la Compagnie ?

Père Manuel Grandin : Il faut avoir en tête une chanson de variétés des années 70 : "pour faire un homme - et donc pour un jésuite -, mon Dieu, que c’est long !" En fait St Ignace, fondateur des Jésuites en 1540, a eu très tôt l’intuition que pour faire un homme libre et disponible à l’Esprit Saint, ça prend du temps et donc il a voulu que la formation jésuite, à la fois spirituelle, intellectuelle et pastorale, dure une vingtaine d’années. Dans les faits, je suis Jésuite depuis la fin du noviciat mais St Ignace a voulu poser quelques étapes de cette formation dont l’ordination et ces derniers voeux que je vais prononcer samedi 31 octobre.

MD  : Quand avez-vous fait vos premiers vœux ?

P. MG : ... Comme n’importe quel religieux ou religieuse, j’ai fait vœux de pauvreté, chasteté et obéissance à la fin de mon noviciat. C’était il y a 16 ans et ces vœux se font dans l’intimité, juste avec la communauté et les parents. Les "derniers vœux" sont également appelés "vœux solennels" car ils sont célébrées devant toute la Congrégation et les amis. Je vais donc redire devant tous mon engagement comme au premier jour et je vais surtout rendre grâce au Seigneur pour toutes ces années où lui... a été vraiment fidèle.

MD : quelles sont les principales étapes de la formation suivie ?

P. MG : Après les 2 ans de noviciat où il y a des temps de retraite (les fameux 30 jours d’Exercices Spirituels), de service (auprès de personnes en grande fragilité) et d’études, nous vivons un long temps de formation intellectuelle avec des études de philosophie et de théologie, comme pour tous ceux qui se préparent à être prêtre. Ensuite nous avons 2 ans de stage pastoral ou professionnel. Ce fut mon cas pour moi qui n’avait pas d’expérience professionnelle avant d’entrer très jeune dans la communauté. Ainsi j’ai été éducateur auprès de jeunes en difficulté à Toulouse. Puis, nous avons ensuite d’autres études en théologie ou dans d’autres domaines, pour avoir une spécialité. Pour ma part, j’ai fait des études en théologie morale sur un grand homme, Xavier Thévenot, un salésien. Puis vient l’ordination, ensuite un premier temps de mission en responsabilité (j’ai été aumônier de collège-lycée pendant 4 ans) avant de nouveau de faire 9 mois de retraite et de session pour préparer les derniers vœux. Ces 9 mois, je les ai vécus au Chili en découvrant une autre aire culturelle et de nouvelles manières missionnaires. C’est une longue formation mais se convertir prend du temps et vu encore tout ce qui est encore à évangéliser en moi, le travail sera encore long !

MD ; Y-a-t-il aujourd’hui encore des vocations chez les jésuites ? Est-ce variable selon les pays et les continents ?

P. MG : Il y a chaque année 3-4 nouveaux jésuites par an en France depuis 20 ans, ce qui est un beau chiffre en Europe. Mais ces rentrées n’équilibrent pas le décès des 25-30 Jésuites chaque année en France. Les vocations les plus nombreuses se trouvent en Inde et dans le reste de l’Asie. Dans ma communauté sur Paris, il y a plus d’étudiants jésuites indiens que de français. C’est d’ailleurs une certaine épreuve pour les communautés plus anciennes de sentir le désintérêt des jeunes en Europe. Mais c’est un certain humour de l’histoire et du Seigneur que ceux qui ont été évangélisés dans les siècles passés deviennent les évangélisateurs des pays européens. La volonté du Seigneur est parfois bien incompréhensible.

MD : Le Pape François trouve-t-il dans la Compagnie de Jésus un soutien affirmé ? Les rapports avec lui sont-ils différents des rapports des jésuites avec ses prédécesseurs ?

P. MG : Clairement, les Jésuites, nous avons été les premiers à être surpris de cette élection car nous avons toujours été à distance à propos des responsabilités dans l’Eglise. St Ignace pensait en effet que la place des Jésuites était une place de conseiller et de soutien. On a eu ce rôle auprès de tous les Papes, et on a bien sûr continué avec l’actuel. Le Pape François n’a pas toujours eu de bonnes relations avec ses compagnons Jésuites d’Argentine car - c’est fou de l’imaginer - c’était un homme assez autoritaire et présomptueux. C’est le contact avec les plus pauvres et grâce à la prière, qu’il est devenu cet homme plein de bonté et d’ouverture. Et sur des dossiers chauds (la famille, l’écologie, l’économie), le Pape n’hésite pas à faire appel ! à des Jésuites pour faire avancer la réflexion et la pratique de l’Eglise.

MD : Enfin, après votre entrée définitive, quelles sont les missions qui vous sont confiées par votre provincial ? Sont-elles différentes de celles que vous aviez reçues précédemment ?

P. MG : Les derniers vœux ne sont pas comme à l’ordination un moment obligatoire de nouvelle mission. Plus que jamais, je travaille avec les 18-35 ans, à la fois en termes d’accompagnement individuel ou en groupe. On vient de terminer une journée sue l’écologie avec 180 jeunes et on est en ce moment dans la préparation des JMJ.

MD  : Avez-vous encore un lien (formation ou autre) avec l’Eglise en Martinique et avec Mgr David Macaire* ?

P. MG : On se connaît bien avec Mgr Macaire même s’il est dominicain ! En fait, nos familles sont proches et notre démarche d’entrée dans la vie religieuse en métropole nous a rapproché. Mon lien avec notre Eglise en Martinique est fait de liens personnels avec l’un ou l’autre prêtre (dans le cadre de Bêlé Légliz par exemple), avec votre revue et Radio St Louis et avec les antillais de Métropole.

MD : Merci beaucoup, Père Manuel. Soyez assuré du soutien de notre prière.

P. MG : Merci de votre prière et de votre soutien,

* Mgr David Macaire participera d’ailleurs à cette cérémonie des derniers vœux prononcés par le père Manuel Grandin à Saint-Denis.



 


Retour sur la cérémonie d’imposition du pallium

 

23 septembre 2015 2015 par Michel DEGLISE

Jour de joie pour tout l’archidiocèse de Saint-Pierre et Fort de France

Il était 15h30 ce dimanche 6 septembre 2015, lorsque l’imposante procession composée des servants d’autel, des séminaristes, des diacres, des prêtres , des évêques a remonté la rue Antoine Siger pour faire son entrée dans la cathédrale Saint-Louis, trop petite pour accueillir tous les représentants des forces vives du diocèse : paroisses, mouvements, congrégations et communautés religieuses, famille et amis, autorités civiles et militaires invitées par Mgr l’Archevêque, et les nombreux fidèles qui avaient souhaité participer pleinement à ses côtés à cet événement historique.

Le Chœur diocésain, créé par Mgr Macaire, et dirigé par Dominique-Edouard Lagier, a animé de façon magistrale la célébration ; il était pour l’occasion, composé de cinq chorales : l’Ensemble vocal Résonan’s de Sainte-Thérèse ( Chef de cœur Dominique-Edouard Lagier), Eau vive de Coridon (chef de choeur : Marc Olivier Bellemare), le Choeur d’hommes de Saint-Christophe (chef de choeur : Max Stanislas), la Chorale Harmonie et le Choeur d’hommes de la Cathédrale (dirigés par Jean Luc Henriette). Le clavier était tenue par Laurent Lagier et l’orgue de la cathédrale par l’organiste titulaire, Robert Sifflet.

La beauté de la décoration florale réalisée par Christiane Marie-Louise, Françoise Terosiet et leurs équipes, aux couleurs du Vatican, blanc et jaune, et des fleurs de la Martinique, celle des bannières portant blason des évêques fixées au-dessus de leurs sièges, le long tapis rouge couvrant toute l’allée centrale et les marches jusqu’à l’autel, soulignaient l’importance de cette célébration pour tout notre archidiocèse.

Après les membres du presbyterium, Mgr Riocreux et Mgr Lafont, évêques de Guadeloupe et de Guyane, Mgr David Macaire a salué l’autel avant de rejoindre sa cathèdre. Puis, Mgr Girasoli, Nonce à Trinidad et Délégué apostolique aux Antilles, représentant le Saint-Père, et donc accompagné du drapeau du Vatican, a été accueilli solennellement à l’entrée de la cathédrale par le père Fortuné Gibon, vicaire général et le père Marcel Crépin, vicaire épiscopal. Après avoir embrassé le crucifix qui lui était présenté, il s’est signé de l’eau bénite avant d’asperger l’assemblée en remontant l’allée centrale, précédé du diacre Hervé Lordinot, portant le pallium.

Guidé par le cérémoniaire principal, Kerry Moran, il s’est agenouillé devant l’autel pour se recueillir. Il est allé ensuite saluer Mgr Macaire puis,le diacre ayant déposé le pallium sur l’autel, Mgr Girasoli a procédé à son encensement, le pallium symbolisant l’Agneau de Dieu et la brebis sauvée et portée par le Bon Pasteur, avant d’être conduit devant l’autel où son siège avait été installé. Jusqu’à l’imposition du pallium, le représentant du Saint-Père, a présidé la célébration.

Avant de recevoir son pallium, Mgr Macaire a prononcé le mot d’accueil en se tournant d’abord vers le Nonce, représentant le Saint-Père, puis vers les autorités civiles et militaires, les délégués des composantes du diocèse, les fidèles présents physiquement et par les ondes de radio Saint Louis et des autres médias associés, en les remerciant d’être à ses côtés.

Il s’est ensuite agenouillé devant le Nonce. Recevant le pallium du diacre Hervé Lordinot, Mgr Girasoli l’a alors imposé solennellement sur les épaules de Mgr Macaire en disant :

« Recevez le pallium, pris auprès du tombeau de saint Pierre : nous vous le remettons au nom du pontife romain, le pape François, pour que vous le portiez, en signe de votre autorité de métropolitain dans toute l’étendue de votre province ecclésiastique. Qu’il soit pour vous symbole d’unité, témoignage de votre communion avec le Siège apostolique, lien de la charité et stimulant de votre force d’âme. »

Pendant que retentissait le chant de louange et d’allégresse Laudate Dominum, Mgr Girasoli et Mgr Macaire ont échangé le baiser de paix, avant de regagner chacun leur place, Mgr David Macaire prenant dès lors la présidence de la suite de la célébration.

Mgr Riocreux et Mgr Lafont, évêques des diocèses suffragants de Guadeloupe et de Guyane, sont allés à leur tour saluer l’archevêque vêtu de son pallium, marquant ainsi l’unité de la province ecclésiastique.

Mgr Macaire ayant choisi de célébrer la messe votive de Saint Pierre et Saint Paul, pour marquer l’unité avec Rome et l’Eglise universelle, la couleur liturgique était le rouge, et ce sont les textes de cette messe qui ont été proclamés lors de la liturgie de la Parole.

L’homélie a été donnée par le Nonce, Mgr Nicola Girasoli, insistant notamment, sur le sens du pallium qui, premièrement, nous rappelle Jésus le Christ, le Pasteur, devenu Lui-même agneau, par amour pour nous ; deuxièmement, le Christ qui a pris l’humanité sur ses épaules pour nous ramener à la maison (la maison de Dieu) et, troisièmement, que, « nous les évêques, sommes des Pasteurs au service de leurs troupeaux ».

Il a encore demandé à l’archevêque de renforcer le chemin de l’unité, et aussi d’éliminer toutes les divisions symptômes de la force du péché et de la présence des forces du mal en nous.

Et enfin, il a insisté en s’adressant à nouveau à Mgr Macaire : « soyez toujours parmi votre peuple un homme de prière, qui enseigne aux fidèles à confier seulement en Dieu ; soyez pour votre peuple un homme de foi, qui enseigne aux fidèles à ne pas avoir peur des persécutions qui affligent l’Eglise, […] qui enseigne aux fidèles d’aller à contre-courant ; » enfin, « soyez un homme de témoignage… il n’y a pas de témoignage sans une vie cohérente. Le témoignage le plus efficace et le plus authentique est celui de ne pas contredire, par son comportement et par sa vie, tout ce que l’on prêche aux autres (Homélie du pape François du 29 juin 2015). »

Vous pouvez retrouver le texte intégral de cette homélie dans notre rubrique Prier, célébrer ci-contre.

Après la profession de foi et la prière universelle, la liturgie eucharistique a commencé par la procession des offrandes, enracinée dans la culture martiniquaise symbolisée par les coupeurs de canne, les sacs en madras et en jute, recevant les offrandes des fidèles. En raison d’une décision de Mgr Macaire, la quête réalisée lors de cette célébration sera versée aux sinistrés Dominiquais, de même que la seconde quête réalisée dans toutes les paroisses de l’île à la fin des messes célébrées lors de 23ème dimanche du temps ordinaire.

C’est par la prière eucharistique que la célébration s’est ensuite poursuivie.

Après la prière du Notre Père et la communion, il a été rappelé solennellement par le diacre Emmanuel Lordinot la décision de Mgr Macaire d’accorder l’indulgence plénière à tous ceux qui ont participé à cette messe dite du pallium, physiquement ou par les ondes, et qui respectent les conditions prévues pour recevoir cette indulgence : détachement de tout péché, réception du sacrement de réconciliation dans les trente jours qui précèdent ou qui suivent ce dimanche 6 septembre, qui ont reçu Notre Seigneur dans la Sainte communion ce 6 septembre, et qui prient 1 Pater, 1 Ave et un Gloria aux intentions de Notre Saint-Père le Pape.

Après les remerciements adressés par Mgr Macaire à Mgr Girasoli, à qui il a demandé de dire au Saint-Père tout l’amour de l’archidiocèse, à Mgr Riocreux et à Mgr Lafont, qu’il a invités à venir souvent, puis à tous ceux qui ont préparé cette célébration et participé à sa réalisation, ce fut donc le temps de la bénédiction solennelle donnée par l’archevêque, suivie ensuite par le chant du Salve Regina pendant un temps de recueillement de Mgr Macaire devant l’autel de la Vierge Marie, avant que le diacre ne proclame la fin de la messe en nous envoyant tous en mission en chantant : « Allez dans la Paix du Christ ».

La procession a alors lentement quitté la cathédrale pendant que le Chœur diocésain chantait dans la joie le chant d’envoi, Peuples de prêtres, repris par toute l’assemblée,dont les Sœurs de toutes les congrégations présentes en Martinique, agitant des foulards de couleur jaune et blanc, les couleurs du Vatican.

La cathédrale était comble :

Mgr Macaire, en compagnie de Mgr Girasoli, de Mgr Riocreux et de Mgr Lafont a pris le temps de salué les autorités présentes, les membres de sa famille, parmi lesquels ses parents, et ensuite dans les allées et au dehors de la cathédrale de nombreux fidèles voulant lui témoigner leur affection.

Ils se sont ensuite retrouvés dans la joie à la sacristie de la cathédrale Saint-Louis.

Cette célébration restera un grand moment de la vie de notre province ecclésiastique et de notre diocèse pour tous ceux qui y ont participé physiquement ou par les ondes !



 


La paroisse Saint-Henri des Anses d’Arlet en fête

 

9 juillet 2015 2015 par Equipe Internet JL

Dans le cadre de la fête de Saint Henri, Saint Patron des Anses d’Arlet, la paroisse des Anses d’Arlet et son curé, père Jean-Michel Monconthour, ont préparé un programme d’activités s’étendant du 4 au 19 Juillet 2015. Tous les fidèles sont invités à y participer.

Le programme

Samedi 4 juillet
17h00 Réflexion sur le thème “Famille Montre Jésus “ Neuvaine à Saint Henri : Salle Paroissiale
18h30 Messe dominicale anticipée : Eglise

Dimanche 5 juillet : Eglise
9h : Neuvaine
10h : Messe Dominicale

Lundi 6 juillet : Eglise
17h : Prière du Soir Neuvaine

Mardi 7 juillet
8h : Adoration jour et nuit
17h : Prière du soir + Neuvaine : Eglise

Mercredi 8 juillet  : Adoration jour et nuit
18h : Prière du soir + Neuvaine : Eglise

18h30 : Conférence Débat : Salle paroissiale
Thème : Famille arlésienne qui es-tu ? Famille arlésienne montre nous Jésus
Intervenant : Mylène ZEBINA

Jeudi 9 juillet : Adoration jusqu’à 19h
17h : Prière du soir + Neuvaine : Eglise

Vendredi 10 juillet
17h : Prière du soir + Neuvaine : Eglise
19h : Départ des marcheurs dans les secteurs
20h : Convergence et Rassemblement des marcheurs sur la place du Bourg
Temps de Louange et Soupe pour tous !

Samedi 11 juillet
6h15 : Randonnée : RDV Zac Kalimée
18h : Prière du soir + Neuvaine : Eglise

Dimanche 12 Juillet : Eglise
10h : Messe Dominicale
16h : Célébration de La Parole avec Bèlè Légliz
17h30 Prière du soir + Neuvaine

Lundi 13 juillet
18h30 : Messe en l’honneur de St Henri
20h : Dîner en Louange : Paillote du Bourg
Animation : Chœur sacré

Vendredi 17 juillet
19h : Concert Spirituel gratuit : Paillote du Bourg
Restauration possible sur place

Dimanche 19 juillet
9h30 : Messe en ouverture de la Fête Patronale avec la Municipalité



 


Funérailles de Mgr Gaston Jean-Michel

 

3 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

Mgr Jean-Michel a rejoint la Maison du Père le 21 avril 2015 dans sa 104 ème année et sa 80 ème année de sacerdoce. Tous les fidèles, et les personnes de bonne volonté qui le souhaitaient, ont pu lui rendre un dernier hommage et prier pour le repos de son âme. Comme lui, nous sommes appelés à mettre notre foi et notre espérance en Jésus-Christ, mort et ressuscité. Rendons grâce au Seigneur pour les fruits de cette vie, longue et riche en rencontres, toute donnée à Dieu et à ses frères !

Le corps de Mgr Jean-Michel a été exposé à l’église Emmaüs, Zac Rivière Roche à Fort de France, du vendredi 24 au samedi 25 avril 2015.. De très nombreuses personnes sont venues se recueillir auprès du défunt et ont participé à la veillée, présidée en première partie par Mgr Macaire, de 18h à 24h. Ceux qui le souhaitaient ont eu encore la possibilité de se recueillir auprès du corps de Mgr Jean-Michel au cours de la matinée de ce samedi 25 avril jusqu’à 12h30..

Les Funérailles, présidées par Mgr David Macaire, entouré des membres du presbyterium, ont eu lieu à la cathédrale Saint Louis samedi 25 avril 2015 à 14h devant une foule nombreuse où l’on retrouvait des visages connus parmi les responsables politiques, économiques, associatifs de la Martinique, et beaucoup d’ anonymes, catholiques ou non, mais voulant rendre un dernier hommage au prêtre qui les a accompagnés et éclairés, notamment à la radio et à la télévision, pendant ses 80 années de sacerdoce au service de la Martinique et de tous les Martiniquais ( ordonné prêtre le 21 décembre 1935 à la cathédrale Saint Louis où ses funérailles ont eu lieu le 25 avril 2015). Les membres des mouvements et associations qu’il a fondés, Radio Saint louis et le MRJC, lui ont fait une haie d’honneur à l’entrée de son cercueil dans la cathédrale Saint Louis.

L’inhumation s’est faite ensuite au cimetière du Diamant, commune d’origine de sa famille paternelle, et où sont enterrés son père Herman Jean-Michel, ancien 1er adjoint au maire du Diamant, et sa grand-mère Héléna, née Prian.



 


Fête de la Divine Miséricorde et Consécration épiscopale de Mgr David Macaire

 

11 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

De 12h55 à 19h, la grande fête diocésaine de la Divine Miséricorde au cours de laquelle Mgr David Macaire sera ordonné évêque, se déroulera au stade Pierre Aliker de Dillon à Fort de France.

Les fidèles de toutes les paroisses de la Martinique sont invités à participer à cette fête en revêtant un tee-shirt, chemise ou chemisier aux couleurs de leur secteur : Nord-Caraïbe : bleu ; Nord-Atlantique : jaune ou orange ; Centre : rouge ; Sud : blanc ou vert.

Dimanche 12 Avril 2015

La Consécration épiscopale de Mgr David Macaire op, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, présidée par Son Eminence le Cardinal Chibly Langlois, évêque des Cayes en Haïti,entouré de Son Excellence Monseigneur Michel Méranville, archevêque émérite de Saint-Pierre et Fort-de-France et de Son Excellence Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron et des autres évêques présents aura lieu au cours de célébration du dimanche de la Divine Miséricorde,
le dimanche 12 avril 2015
au Stade Pierre Aliker de Dillon, à Fort-de-France.

Programme

11h : Ouverture des portes du stade aux fidèles

12h55 : Prière du Regina Caeli - P. Luc Philippon

12h57 : Présentation du programme de la Fête - M. Michel Déglise

13h-13h45 : Prière de la Divine Miséricorde animée par le Père Jozef NOWAK, les équipes de la Divine Miséricorde de la Martinique et le groupe Source d’Eau Vive

13h45-14h45 : Temps de louange et de témoignages avec les groupes Louange sans frontière et Angel Voices, animé par P. Olivier Lucenay

14h45 : Annonces diverses. Présentation des évêques consécrateurs et des autres évêques présents (écran géant)

15h : Début de la célébration de consécration épiscopale

18h : Louange finale avec les groupes Vwa manmay Foyal et Chœur d’ange, animée par P. Olivier Lucenay

19h : Prière du Regina Caeli avec Mgr David Macaire et clôture de la Fête.

Icône de Notre-Dame de la Miséricorde - 12 Avril 2015 - Ordination épiscopale de Mgr David Macaire

Consignes de sécurité

Consignes pratiques à respecter fraternellement par tous ceux qui participeront à la grande fête de la Divine Miséricorde et à la consécration épiscopale de Mgr David MACAIRE

Le stade Pierre Aliker mis à notre disposition étant un lieu public de rassemblement, des règles s’imposent à nous pour son utilisation. Merci de votre compréhension.

-  Ne pas venir avant 11h, heure d’ouverture des portes du stade au public ; la fête diocésaine de la Divine Miséricorde commence à 12h55.

-  Manger avant de venir au stade, il n’y aura ni buffet, ni buvette.

-  Prévoir une bouteille d’eau en plastique et une petite collation (emballage en verre et métal interdits, pistaches interdites) ; se munir d’un chapeau ou d’une casquette.

-  Privilégier le transport en car organisé par paroisse ; pour ceux qui viendront en voiture, choisir autant que possible le covoiturage.

-  L’entrée du stade se fait par le côté marché de gros pour les paroisses et les fidèles.

-  Ne pas venir en chaussures à talons, mais en chaussures plates ; porter un haut à la couleur du secteur de sa paroisse (Nord-Caraïbe : bleu ; Nord Atlantique : jaune ou orange ; Centre : rouge ; Sud : blanc ou vert).

-  Respecter la signalétique, les codes couleur et les secteurs fixés dans les tribunes et sur la pelouse.

-  Ne pas apporter de chaises pliantes ou autres.

-  N’apporter aucun objet contondant (couteaux, ciseaux, etc.) ; se prêter de bonne grâce à la fouille opérée à l’entrée.

-  Utiliser les toilettes du stade et respecter leur propreté.

-  Utiliser les sacs poubelles positionnés sur le site pour se débarrasser de tous déchets.

-  Respecter les consignes de sécurité et les recommandations du service d’accueil.

-  Ne pas se déplacer pour prendre des photos pendant la cérémonie.

-  Les personnes à mobilité réduite passeront par l’entrée Dillon, avec les délégations officielles (religieuses et civiles), où elles seront accueillies et accompagnées à l’espace qui leur est réservé.

Espace librairie

Les librairies catholiques partenaires de l’Archevêché, vous proposeront à l’entrée du stade un espace Livres, CD, DVD, etc … Vous y trouverez en particulier les livres indispensables pour connaître notre diocèse :

- Le Père Gaston JEAN-MICHEL, Témoin de l’Évangile, aux éditions La Thune
- Histoire du Diocèse de la Martinique, aux éditions du Signe
- et encore, un DVD présentant l’émission spéciale consacrée par Dieu m’est Témoin à Mgr David Macaire.

Dons

Vous souhaitez aider Mgr David Macaire, et vous ne pourrez pas être présents dimanche 12 avril au stade Pierre aliker, vous pouvez soutenir notre nouvel archevêque en envoyant vos dons :

- par chèque bancaire à l’ordre de l’ADM (Association Diocésaine de la Martinique) en précisant l’objet : Ordination de Mgr Macaire, et en adressant votre don sous enveloppe affranchie à l’adresse suivante :
Archevêché de la Martinique
5-7 Rue du Révérend Père Pinchon
B.P. 586
97207 Fort-de-France Cedex

- ou encore par carte bancaire en vous rendant dans la rubrique de notre site "Agir, servir", puis "Faire un don en ligne" et en précisant dans l’espace Message :Ordination de Mgr Macaire.

Merci pour votre générosité !



 


Retour sur les Deuxièmes Semaines ignatiennes de la Martinique

 

11 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

Les Semaines ignatiennes de la Martinique ont été organisées pour la seconde année consécutive en février et mars 2015. Après la retraite consacrée aux Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola, du lundi 23 au samedi 28 février au Foyer de Charité de Trinité, une Halte spirituelle a été proposée dimanche 1er mars à tous ceux qui ont souhaité, eux aussi, découvrir la spiritualité ignatienne. Une réunion de clôture de ces semaines 2015, avec le père Jacques Trublet, sj, a eu lieu samedi 28 mars au Noviciat des Sœurs de Saint Paul de Chartres à Didier. Enfin, plusieurs accompagnateurs ignatiens de la Martinique, dans le cadre de leur formation et à la demande du père Manuel Grandin, sj, suivent en avril une retraite d’approfondissement de la spiritualité ignatienne avec Notre-Dame du Web. Nous vous proposons un retour sur cette édition 2015.

Les ignatiens au service de la formation spirituelle

Les associations « Chemin ignatien Martinique » et le « Pas ignatien », organisation nationale à laquelle sont affiliées les associations locales, ont donc organisé cette Halte spirituelle le 1er Mars 2015, 2ème dimanche du Carême, de 8h à 17h, au Foyer de Charité de Trinité.

Devant le nombre élevé de demandes d’inscription, les participants ont dû être limités à 70 , capacité maximum du Foyer pour le déjeuner.

Pour le Père Claude CHARVET, jésuite, cette Halte spirituelle a permis à tous les fidèles présents de se poser sincèrement la question suivante : comment habiter le monde pour en faire la maison de Dieu ?

En effet, notre monde est un monde d’inquiétude, d’incertitudes, de ruptures, d’ « inévidence » de Dieu. Et pourtant, c’est bien celui que les trois Personnes divines choisissent d’habiter en trouvant en Marie celle qui a su dire oui au désir de Dieu de venir y habiter et de demeurer chez nous. Trouvent-elles aujourd’hui encore des femmes et des hommes, disposés comme elle, à s’ouvrir en toute confiance au souffle de l’Esprit ? Les grands exemples de Saint Jean-Paul II, de Mère Thérésa de Calcutta et de tant d’autres en témoignent :

la réponse est oui, nombreux sont les sœurs et les frères qui se lèvent pour habiter ce monde et en faire la maison de Dieu. Et c’est une certitude, l’Esprit est donné à tous pour inventer de nouveaux chemins, à chacun de nous aussi ...

Le Père Charvet a su montrer avec pédagogie et profondeur pourquoi et comment la spiritualité ignatienne est vraiment l’une des formes qui permettent aux hommes d’aller le plus loin dans l’expérience du monde et de Dieu.

« En todo amar y servir » -

Auparavant, avait eu lieu la retraite de 5 jours autour des Exercices spirituels. Cette retraite, encore appelée retraite des « premiers pas dans la prière avec la parole de Dieu » a été prêchée en groupe, avec accompagnement individuel.

22 retraitants y ont participé ; 7 autres « exercisants de 2014 » ont été également accueillis comme « progressants » selon la terminologie ignatienne.

L’équipe d’animation, sous la responsabilité des religieux, le Père jésuite Claude Charvet et la Sœur du Cénacle Verena Wüst, était complétée par 7 serviteurs laïcs (dont 4 accompagnateurs en formation).

Ainsi, au total, ce sont donc cette année 29 retraitants (en chambre individuelle) et 9 serviteurs qui ont pu vivre au Foyer de Charité de Trinité ces Exercices spirituels proposés par St Ignace de Loyola, et en tirer beaucoup de profit pour chacun.

D’ailleurs, rendez-vous a déjà été pris pour d’autres propositions ignatiennes, organisées dans les mêmes conditions, lors de la 1ère semaine de Carême 2016.

« Prends Seigneur et Reçois »

Enfin, du samedi gras jusqu’au début de la retraite, dans une démarche mettant à profit d’autres outils ignatiens, trois autres "traces" avaient déjà été explorées par les volontaires :

1. L’Accompagnement spirituel individuel
2. L’Animation spirituelle de « groupes de foi et de partage de vie spirituelle »
3. Un « Parcours de croissance humaine et spirituelle »

Ces activités se sont déroulées dans des groupes d’entraide fraternelle (gef), composés de personnes ayant accepté de se regrouper pour partager et relire leurs expériences.

Mais, comme nous l’a confié Alex Grandin, l’un des organisateurs de ces Semaines ignatiennes, d’autres défis sont encore à relever lors de « rencontres/découvertes » ou de « rencontres/ appropriation », sous forme d’Ateliers utilisant les outils ignatiens que vous pouvez découvrir dans les sites suivants : http://www.ndweb.org/ et http://www.ndweb.org/versdimanche/

Conclusion des Semaines ignatiennes 2015

La veille du Dimanche des Rameaux, à la Maison Provinciale des religieuses de St Paul de Chartres à Fort de France, une de ces rencontres/découvertes a été l’occasion pour le Père jésuite Jacques Trublet, venu donner une retraite aux religieuses de Saint Paul de Chartres, de proposer, en guise de clôture des « Semaines ignatiennes » 2015 :
- un enseignement sur les Psaumes, école de Prière : comment prier avec les psaumes ? Pourquoi prier avec les Psaumes ?
- et une présentation du Parcours de croissance humaine et spirituelle auquel il participe en tant qu’enseignant au Centre Sèvres à Paris.

Ils étaient une quarantaine de laïcs, engagés sur ce chemin ignatien, qui, après avoir chanté les vêpres avec les sœurs à la chapelle, se sont retrouvés dans la grande salle de la Sainte Famille de Didier, avec quelques religieuses, autour du Père Jacques. Ils ont pu expérimenter avec lui "une approche de vie spirituelle" autour du Psaume 23 : « le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ».

Berger, Pasteur, Créateur, Seigneur … Comment Dieu a-t-il parlé au peuple choisi ? Comment me parle-t-il aujourd’hui ? Et comment, à l’école d’Ignace de Loyola, puis-je le « chercher et le trouver en toutes choses » ?

Si vous êtes intéressés par la spiritualité ignatienne, n’hésitez pas à contacter les animateurs du Chemin ignatien Martinique en écrivant à : Chemin ignatien Martinique, BP 25, 97240 Le François.
D’autres précisions sont aussi disponibles sur http://villamdelbrelmtq.blogspot.com/
ou par Tél. : 05 96 54 35 80



 


L’exemple de Saint Joseph

 

5 avril 2015 2015 par Michel DEGLISE

Retrouvez le dernier Mot de Mgr Michel Méranville sur le site internet diocésain : il l’a annoncé lui-même dans un communiqué que vous pouvez également lire plus bas. Joseph apparaît comme un modèle pour tous les hommes de bonne volonté !

« A mi parcours de la route du Carême, l’Eglise catholique a invité ses ouailles à faire une petite halte, pour reprendre souffle et continuer avec plus de courage et d’enthousiasme leur montée vers Pâques. Cette parenthèse au milieu de l’austérité du Carême avait pour justification la fête de Saint Joseph, époux de la Vierge Marie.

La Bible n’est guère prolixe au sujet de Saint Joseph. Elle nous apprend seulement que Joseph était un descendant de David, le plus grand roi de l’histoire d’Israël. Cependant Joseph n’était qu’un humble artisan, exerçant le métier de charpentier dans la petite bourgade de Nazareth. Fiancé à une jeune fille de ce village appelée Marie, il était sur le point de l’épouser lorsque cette jeune fille se trouva enceinte sans avoir jamais eu de relations sexuelles avec lui.

Comme Joseph était « juste », il pensait rompre secrètement ses fiançailles pour éviter le scandale, lorsqu’un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, ne crains pas de prendre Marie pour épouse, car l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus, c’est à dire : le Seigneur sauve. » Obéissant à l’ange, Joseph épousa Marie et devint ainsi le père putatif du Fils de Dieu.

Seuls les évangiles selon saint Matthieu et selon Saint Luc parlent de Joseph. Ils ne rapportent aucune de ses paroles, mais le décrivent toujours empressé à faire la volonté de Dieu : C’est ainsi qu’Il donne à l’enfant le nom de Jésus, à la demande de l’ange. Pour le soustraire à la colère d’Hérode, il emmène l’enfant et sa mère en Egypte, comme Dieu le lui demande. De retour à Nazareth il éduque Jésus et lui apprend le métier de charpentier, si bien que le Fils de Dieu sera connu dans ce village comme « le fils du charpentier. »

Les Evangiles cessent de parler de Joseph après ses retrouvailles avec Jésus au temple. De nombreuses légendes se chargeront de meubler ce silence et contribueront à répandre le culte de Joseph, dès le XV° siècle. Par la suite, la fête de Saint Joseph sera étendue à l’Eglise universelle par le Pape Pie IX, et fixée au 19 mars. Le Pape Pie XII remplacera la fête du travail célébrée le 1er mai par celle de Saint Joseph artisan.

Aujourd’hui autant qu’hier, le personnage de Joseph interpelle les croyants et tout homme de bonne volonté. Saint Joseph est l’antithèse des valeurs que propose le monde d’aujourd’hui.

Dans ce monde très individualiste sinon égoïste, fait de bruit et de fureur, dans lequel la priorité est donnée aux apparences, aux discours grandiloquents et creux ; dans ce monde où prévalent les infidélités ; dans lequel les promesses sont rarement tenues et où tout se résume aux intérêts économiques et financiers, Joseph peut aisément tenir le rôle de la statue du commandeur.

Toute sa vie en effet, Joseph a été le serviteur fidèle, qui exécute sans ouvrir la bouche la volonté de son maître. Il fait la volonté de Dieu et non la sienne, quitte à sacrifier ses projets personnels pour obéir à Dieu.

Joseph n’est pas centré sur lui-même, mais sur ceux dont il a la garde. Il n’agit que pour les autres. Il ne se met jamais en avant, ne profère jamais une parole… Il réalise à sa manière ce que Jésus dira le jeudi saint en lavant les pieds de ses serviteurs : Vous m’appelez maître et Seigneur et je le suis… mais je suis parmi vous comme celui qui sert. Celui d’entre vous qui veut être le plus grand, qu’il soit le serviteur et l’esclave de tous.

Joseph est le modèle de ceux que Dieu appelle « Justes », parce qu’ils s’ajustent en permanence à sa volonté. Pourtant Joseph ne s’en glorifiera jamais, et il n’ira jamais reprocher aux autres de ne pas l’imiter.

Au moment où la fête de Pâques approche, et souhaite être pour les catéchumènes et les chrétiens qui les accompagnent, l’occasion d’une conversion sincère invitant à faire confiance au Christ, en se détournant de ce qui est fallacieux dans le monde, que l’exemple de Saint Joseph soit suivi par nous tous, et que de son côté il demande pour nous à Dieu d’avoir le courage et la joie de l’imiter.

Bonne semaine Sainte et Bonne fête de Pâques ! »

+Michel Méranville,
Archevêque émérite.

Communiqué de Mgr Méranville :

« Amis lecteurs,

A compter de ce jour, je ne signerai plus la rubrique intitulée Le mot de l’Evêque, que j’ai assumée pendant dix ans. Je vous remercie de votre indulgence pour mes lacunes et pour la pauvreté parfois de mes interventions. Sachez qu’elles n’ont jamais eu qu’un seul souci : celui de vous aider à croire encore plus avec moi, en l’Amour de Dieu qui est en Jésus-Christ. Je vous souhaite une longue route avec mon successeur. Je vous dis surtout « Merci » et me recommande à vos prières. »



 


Dieu a envoyé son Fils sauver le monde

 

21 mars 2015 2015 par Mgr Michel Méranville

Retrouvez le Mot de Mgr Méranville consacré aux textes du dimanche 15 mars 2015, 4ème dimanche de carême. Vous trouverez également en éditorial son Mot publié dans le Mot de l’Évêque d’Église en Martinique n°499, sorti le dimanche 15 mars 2015 dans les paroisses.

« Frères et sœurs, la Paix soit avec vous !

En ce quatrième dimanche de Carême de l’année liturgique B l’Eglise invite ses fidèles et tout homme qui cheche avec droiture, à méditer ce passage de l’Evangile selon Saint Jean, au chapitre 3, versets 14 à 21.

L’Evangile commence par cet épisode de l’Ancien Testament que Jésus rappelle à Nicodème, un notable juif pharisien venu de nuit le consulter et lui demander comment naître véritablement à la vie de Dieu.
Jésus lui avait répondu ces paroles que nous venons d’entendre et qui peuvent avoir dans nos vies une résonance dramatique si nous les écoutons sérieusement. Jésus lui avait dit notamment ceci : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moise dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. »

Cette évocation du serpent de bronze par Jésus peut nous surprendre et peut être pour nous difficile à comprendre dans notre pays surtout où le serpent symbolise la ruse, la méchanceté le mal et la mort par la morsure, de notre trigonocéphale endémique de l’île, dont le venin ne pardonne pas.

Pour bien comprendre cette citation il nous faut d’abord la resituer dans son contexte qui est le récit que nous fait le Livre des Nombres au chapitre 21.

Le Peuple de Dieu, sauvé par Dieu de l’esclavage d’Egypte, sous la conduite de Moïse, se dirigeait à travers le désert, vers la terre de liberté que Dieu lui avait promise.
Fatigué par la marche, déprimé par les privations imposées par la vie au désert, le peuple s’était mis à maugréer contre Moïse et contre Dieu. La voix de Dieu lui faisait peur et il ne tenait d’ailleurs pas à l’écouter. Il regrettait même d’avoir accepté d’être libéré de l’esclavage d’Egypte, car disait-il : « A quoi bon la liberté si on a le ventre vide ? En Egypte nous étions esclaves mais au moins nous mangions à notre faim. »

Sur ces entrefaites le campement du peuple avait été envahi par de petits serpents venimeux dont la morsure était mortelle. Epouvanté, le peuple avait supplié Moïse d’intervenir auprès de Dieu en sa faveur pour qu’il éloigne de lui les serpents.

Sachant fort bien que les serpents étaient un châtiment que le peuple avait mérité, Moïse avait malgré tout supplié Dieu de ne pas tenir compte des murmures et des critiques de ce Peuple et de lui épargner la mort. Dieu qui est un Dieu plein de tendresse et d’amour, s’était laissé toucher.

Dieu avait alors demandé à Moïse de faire façonner un serpent de bronze, de le fixer sur une hampe et d’inviter les victimes des serpents venimeux à se tourner vers cette représentation. Tous ceux qui faisaient ce geste étaient sauvés.

Ce passage de la Bible peut être compris à tort, par certains, comme une approbation de la mentalité largement répandue ici d’ accorder aux rites magico-religieux une efficacité exceptionnelle et automatique.

Il pose aussi question à celles et ceux qui font une lecture fondamentaliste de la Bible pour rappeler aux catholiques que selon la Sainte Ecriture, il est interdit de faire toute représentation « de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre »(Exode 20,3) et donc que sont interdites ces statues, images et représentations qui se trouvent dans nos églises vers lesquelles la piété populaire se tourne souvent.

Je ne prétends pas réfuter tous ces arguments . Je veux seulement souligner que Ce serpent de bronze qui guérit, qui suggère le serpent d’Asclépios ou le caducée des médecins, préfigure pour les chrétiens le Christ Jésus mort sur la croix, pour sauver les hommes. C’est vers lui que les hommes doivent aujourd’hui se tourner , s’ils veulent être sauvés.

Devant les souffrances et la misère du monde ,nombreux sont celles et ceux qui sont tentés de reprendre à leur compte la complainte si souvent entendue : « S’il y a un Dieu, pourquoi n’intervient-il pas ? Pourquoi ne vient-il pas éradiquer lui-même le mal ? »

Dieu non seulement n’est pas indifférent ou impuissant face aux misères du monde, mais , Il a tant aimé ce monde, dit Saint Jean, qu’il lui a donné son Fils unique. Ce Fils a tant aimé le monde, qu’il a consenti librement à donner sa vie sur une croix, pour que ce monde soit sauvé.

Mais « sauvé de quoi ? » Sauvé du mal sous toutes ses formes et surtout sauvé de la mort. Tous les jours, la mort est présente dans les médias, les faits divers, les avis d’obsèques, les accidents, les catastrophes, les suites de maladies… cette mort est celle de parents, d’amis, de personnes bien connues ou anonymes… Elle nous laisse parfois indifférents, parce que c’est toujours la mort des autres.. Cependant il nous arrive quand même parfois, de penser qu’un jour ce sera notre propre mort, un jour ce sera notre tour. Et la question se pose à nous : « Que deviendra notre vie après cette mort inéluctable, que nous pouvons parfois retarder mais jamais empêcher ?

La vie sera-t-elle complètement anéantie par la mort ? Ou bien la vie continuera-t-elle d’une autre manière ? Transformée ?

C’est là une question métaphysique c’est à dire qui va au delà de la physique : une question à laquelle il n’y a aucune réponse scientifique à ce jour. La seule réponse possible est celle de la foi, c’est à dire ce que nous croyons. Cependant de notre réponse dépendent le sens et la qualité de notre vie. C’est la réponse que nous donnons à la question terrible que nous pose la mort qui est pour chacun de nous inéluctable qui conditionne toute notre manière de vivre.

Pour les épicuriens d’autrefois la réponse était négative : il n’y a rien après la mort. D’où cette invitation à profiter de la vie présente et à en jouir : « Carpe diem » disaient-ils « profite et jouis de la vie ». « En bas la tè pa ni plézi » dit un proverbe créole. « Quand on est mort, on est bien mort. Il n’y a rien après la mort » affirme bon nombre de personnes et même un bon nombre de chrétiens, aujourd’hui. Cette conviction explique et justifie l’ hédonisme d’aujourd’hui : « Nous n’avons qu’une vie, alors profitons-en au maximum, prenons notre plaisir là où nous le trouvons, même si pour cela nous devrions écraser les autres, les exploiter, les tromper, les ruiner. » Effectivement, que de ruines causées par cette forme d’existentialisme ! « Là où passe Attila, l’herbe ne repousse pas » disait-on autrefois. Les comportements et les choix de celles et ceux qui limitent la vie au seul monde qui passe préparent la désolation du monde de demain.

Il y a une autre réponse : celle qui s’enracine dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth. La preuve que la mort n’est pas le dernier mot de la vie c’est Jésus-Christ qui s’est relevé d’entre les morts.
Pour Jésus Christ Dieu n’a pas fait la mort. Dieu n’est pas le Dieu des morts mais le Dieu des vivants. L’homme a été créé par Lui pour une vie éternelle avec lui. Cependant Dieu n’impose pas cette vie à l’homme. Par respect de sa liberté, il ne peut que la lui proposer.

Dieu voit aujourd’hui les comportements insensés des hommes qui provoquent des génocides, des massacres d’innocents, des meurtres d’enfants, l’exploitation de l’homme par l’homme, les dépravations des mœurs et tout ce qui réduit l’homme à sa simple dimension animale et même plus bas encore.

Dieu voit l’homme recherchant le bonheur dans la seule possession des biens matériels et dans la seule dimension économique de la vie.
Pour guérir l’homme de la morsure venimeuse de tous ces serpents qui instillent dans son cœur la haine, l’égoïsme, le racisme, l’ostracisme , l’indifférence, la peur, le mépris, et qui détruisent son humanité, Dieu invite l’homme à se tourner résolument vers le Christ pour accueillir la Bonne Nouvelle de son Amour.

Cet amour est rappelé et manifesté par la croix. Jésus disait : « Une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir dit Saint Jean (Jean 12, 32). Notre salut commence par cette élévation de Jésus. C’est parce qu’il a accepté cette mort sur la croix que Dieu le Père l’a relevé d’entre les morts et lui a donné ce nom qui est au-dessus de tout autre nom.

Dieu personne ne le connaît sinon son Fils qui est auprès de lui depuis toujours » écrit Saint Jean dans le prologue de son Evangile. Le Fils de Dieu, pour nous révéler son Père qui est aux cieux s’est incarné, c’est à dire a pris chair de la Vierge Marie. Il s’est fait homme pour dire aux hommes :« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Tout homme qui vit et qui croit en moi fût-il mort, vivra. Je le ressusciterai au dernier jour. »

Croire en lui, c’est accepter de renoncer à soi-même. C’est en quelque sorte, accepter de mourir à soi, à son égoïsme, à son orgueil, à sa vanité, à son indifférence aux autres, à son refus de servir.

Alors que l’Ecriture prête à Satan ce cri de révolte : « Non serviam » « Je ne servirai pas », le Fils de Dieu dit au contraire : « Le Fils de Dieu n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Le Fils de Dieu demande à ceux qui veulent le suivre, à ceux qui sont ses disciples, de l’imiter, de faire comme lui : « Celui qui veut être le plus grand qu’il soit le serviteur et l’esclave de tous. » Cela équivaut à une mort à soi-même. Mais si le grain tombé en terre accepte de mourir il porte beaucoup de fruits, s’il refuse de mourir, il reste seul . Celui qui accepte de donner sa vie au Christ la retrouve et la garde pour la vie éternelle.

Jésus invite tous ceux qui veulent être sauvés et échapper pour toujours à la mort, à se tourner vers lui, à croire en lui et à le suivre. Le drame de l’homme, donc notre drame à tous, c’est d’avoir la possibilité répondre « non » à cette invitation .

Le bonheur et la vie éternelle commencent des maintenant, si nous nous tournons vers le Christ pour reconnaître l’exemple qu’il nous donne et que nous efforçant de l’imiter nous acceptons nous aussi de mourir à nous même pour renaître avec lui.
Que ce temps de Carême nous décide à nous tourner vers lui avec foi et nous serons sauvés.
Résolution de ce jour : Nous signer avec foi devant le crucifix que nous avons chez nous ou que nous portons sur nous.

Bon dimanche et bonne semaine à tous. »

+Michel Méranville



 


L’Appel décisif adressé à 56 catéchumènes

 

27 février 2015 2015 par Mgr Michel Méranville

Dimanche 22 février, premier dimanche de carême, Mgr Michel Méranville a adressé l’appel décisif aux catéchumènes qui seront baptisés lors de la nuit de Pâques, samedi 4 avril 2015, dans leur paroisse. Il en a été de même dans les diocèses du monde entier où de nombreux adultes ont choisi eux aussi de répondre à l’appel du Christ. Retrouvez le Mot de l’Evêque que Mgr Méranville a consacré à cet événement.

Ils étaient cinquante-six catéchumènes, rassemblés dans l’église d’Emmaüs,à Rivière-Roche, avec leurs parrains et marraines et leurs accompagnateurs, attendant que l’Evêque des lieux, en l’occurrence l’Archevêque Michel Méranville, leur adresse l’Appel décisif qui leur permettrait de prendre part de manière intensive, à la fête de Pâques, au cours de laquelle ils recevraient les trois sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et l’eucharistie.

Ils étaient donc réunis, non pour participer à une messe, c’est-à-dire une célébration eucharistique de la mort et de la Résurrection du Seigneur Jésus, invitant les participants à communier pour former un seul corps dont le Christ est la tête.

Il n’était pas question, en effet, de leur proposer l’Eucharistie, source et sommet de toute vie chrétienne, puisqu’ils n’avaient pas encore reçu le baptême, sacrement incontournable de la naissance à la vie chrétienne. Ils attendaient cependant une belle célébration de la Parole et un temps de prière ; et certains parmi eux murmuraient entre
eux : Au fait qu’est-ce que l’appel décisif ?

L’histoire humaine est ponctuée d’appels dont certains sont inoubliables. Les amoureux de la Bible se souviennent de l’appel de Dieu à Abraham. Les enfants du catéchisme eux, préfèrent se rappeler l’appel du petit Samuel. Quant à bon nombre de nos concitoyens, le mot appel évoque inévitablement celui du 18 juin 1940 par lequel le Général de Gaulle appelait la France à ne pas capituler !...

Il y a ainsi des appels à partir desquels le cours d’une vie n’est plus le même. Dieu appelle toujours, chacun chacune, par son nom, à tout moment, à sa manière. L’Appel décisif est celui que l’Evêque adresse aux candidats au baptême, au terme de leur catéchuménat.

Le catéchuménat est un mot dérivé d’un verbe grec Katekheo que l’on peut traduire par faire retentir aux oreilles, c’est-à-dire provoquer un écho. De ce verbe proviennent de nombreux mots de notre vocabulaire religieux tels : catéchèse, catéchisme, catéchumène…

Le catéchumène est une personne, homme ou femme, qui a entendu parler de Jésus-Christ, ou qui a lu un écrit le concernant… Cela a eu un écho en elle ou en lui qui lui a donné le désir de mieux connaître Jésus-Christ, sa vie et son message et même, de faire partie de ses disciples.

Etre disciple du Christ, c’est se mettre à son école, accepter de mourir à soi-même pour s’identifier à lui. Cela suppose un temps d’apprentissage assez long, et surtout, exige la conversion de toute sa vie qui n’est désormais plus centrée sur soi-même, mais sur le Christ qui devient pour le catéchumène le chemin, la vérité et la vie.

L’Appel décisif consiste, pour l’Evêque, à appeler par leur nom les candidats aux sacrements de l’initiation chrétienne jugés aptes par leurs parrains, marraines et accompagnateurs ayant cheminé avec eux pendant au moins deux ans.

L’Evêque procède à l’appel et à l’inscription dans un registre, des candidats retenus ou « élus », au cours de la célébration qui a lieu le premier dimanche de Carême. A partir de ce dimanche, les catéchumènes se préparent intensément à recevoir le baptême, la confirmation et l’eucharistie dans la nuit de Pâques qui célèbre la Résurrection du Seigneur Jésus, c’est-à-dire son passage de la mort à la vie, sa victoire sur le péché et sur le mal.

Pour soutenir l’effort des catéchumènes pendant leur marche vers Pâques qui durera quarante jours, l’Eglise invite ses fidèles déjà baptisés, à se joindre à eux dans le même souci d’attention au Seigneur qui leur demande de se convertir et de croire à l’Evangile, et avec la volonté de se laisser réconcilier avec Dieu, avec les hommes et avec eux-mêmes.

Ecoutons ces appels de Dieu qui peuvent changer radicalement notre vie comme ils l’ont fait pour de nombreux catéchumènes et réconcilions-nous, maintenant.

+ Michel Méranville,
Archevêque



 


Hommage à Clarissa Jean-Philippe

 

21 février 2015 2015 par Mgr Michel Méranville

Retrouvez dans son intégralité le texte de l’homélie de Mgr Michel Méranville prononcée lors des funérailles de Clarissa Jean-Philippe célébrées en l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Sainte-Marie.

« Nous savons bien que toute vie doit nécessairement passer par la mort un jour ou l’autre. Mais le désir de vivre que nous portons en nous contredit toujours cette réalité. Nous ne parvenons jamais à nous familiariser avec la mort. Et quand cette échéance inévitable se présente, non de manière naturelle, mais par la volonté délibérée d’un être humain que l’on ne connaît même pas, auquel on ne doit rien, avec lequel on n’a aucun différent, dont on se méfie si peu qu’on lui tourne le dos… alors notre incompréhension n’a d’égales que notre colère et notre révolte.

Notre désarroi est tel que, si nous sommes croyants, nous sommes tentés de demander à Dieu : « Comment peux-tu admettre une telle aberration et une telle abomination ? Toi qui es le seul Maître de la vie, comment peux-tu permettre ou tolérer que de simples créatures s’arrogent le pouvoir suprême de disposer de la vie des autres à leur gré ? »

Le silence de Dieu semblant être la seule réponse à ces questions, alors il ne nous reste plus qu’à choisir entre refus et acceptation. Pouvons-nous refuser la mort de Clarissa ? Nous pouvons protester contre une telle mort mais nous n’avons malheureusement pas le pouvoir de faire reculer le cours du temps et de faire que ce drame n’ait jamais existé ! Pouvons-nous au contraire faire de cette mort violente et prématurée un sacrifice offert à Dieu ? Oui, dans la foi, nous le pouvons. C’est la raison pour laquelle au début de cette célébration j’ai dit que nous étions venus nous rassembler ici pour plusieurs raisons dont l’une –et sans doute la plus importante– était de dire « Merci » à Clarissa.

Merci pourquoi ? Merci essentiellement pour le don de sa vie à la communauté humaine et pour le bien commun.

Clarissa avait choisi cette profession toujours à risque, en connaissance de cause. Elle savait à quels dangers elle s’exposerait une fois son diplôme obtenu. Aux personnes qui l’aimaient et lui recommandaient la prudence, elle répondait qu’elle faisait attention et prenait des précautions. Néanmoins, le danger ne remettait pas en cause son désir d’être au service de la communauté pour protéger les citoyens et sauvegarder l’ordre public.

Le choix de Clarissa était aux antipodes de celui fait par Caïn vis à vis de son frère Abel, comme nous le dit la Bible : A Dieu qui lui demandait : « Qu’as-tu fait de ton frère Abel ? » Caïn avait répondu : « Suis-je le gardien de mon frère ? » A l’inverse de Caïn, Clarissa avait travaillé dur et passionnément pour devenir la gardienne de ses frères.

Ce n’est pas par hasard que j’ai choisi de faire écouter aujourd’hui le passage de l’Evangile selon Saint Matthieu, bien connu sous le nom de « récit du Jugement dernier ». Il résume les fondamentaux de la foi chrétienne, en nous apprenant d’abord, que pour le Christ, la mort n’est pas le dernier mot de la vie, puisqu’elle sera suivie d’un Jugement. En nous disant ensuite très clairement que nous serons jugés et récompensés selon nos actes.

L’apôtre Pierre sur lequel Jésus a fondé son Eglise écrivait : « Au jour du Jugement, nous serons jugés sur l’amour. Et il ajoutait : « La Charité –c’est à dire l’Amour– couvre la multitude de nos péchés. »

Dans le récit de Saint Matthieu, le Seigneur s’identifie à chacun d’entre nous. A l’entrée de l’Eglise nous avons vu de nombreux porteurs de T-shirts sur lesquels était écrit : « Je suis Clarissa » « Mwen sè Clarissa ». Il était sans doute important de rappeler qu’à côté des victimes travaillant à « Charlie Hebdo », il y avait aussi une jeune femme de 27 ans qui aurait pu être ou notre fille, ou notre sœur, tombée sous les balles terroristes, alors qu’elle effectuait consciencieusement son devoir au service des autres. Le Fils de Dieu s’est identifié aussi à cette jeune femme.

Reconnu comme le Fils unique de Dieu, par plus d’un milliard et demi de personnes sur la planète, Jésus-Christ nous redit depuis plus de deux mille ans :

« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre nos frères, c’est à moi-même que vous le faites. Venez les bénis de mon Père, recevez en partage le royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu et vous m’avez vêtu ; malade et vous m’avez visité ; en prison et vous êtes venus à moi…

En vérité, en vérité je vous le déclare : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25,1-40)

Le Seigneur s’est donc identifié à Clarissa comme il s’identifie à chacun d’entre nous. Tout ce que nous faisons à autrui en bien ou en mal, c’est à Dieu lui-même que nous le faisons. Le monde actuel individualiste et de plus en plus égoïste a tendance à oublier que personne n’est une île. Que nous le voulions ou pas nous sommes intrinsèquement liés les uns aux autres. Mais ce qui doit nous cimenter comme les pierres vivantes d’un même édifice, ce doit être l’amour.

Le monde revendique la liberté d’expression. Certes ! Mais il faut savoir aussi que liberté n’est pas licence. La liberté ne peut pas se définir comme la possibilité de faire tout ce que l’on veut sans tenir compte des autres. Nous connaissons peut être la boutade de l’Evêque américain Fulton Sheen disant : « Pour certaines personnes la liberté est la possibilité de mettre des lames de rasoir dans le matelas de son voisin, si on en a envie. »

La liberté n’est pas l’absence de contrainte, bien au contraire ! Car la liberté doit avoir aussi une finalité et un but qui sont le bien de l’autre et non pas son humiliation, son exploitation, sa marginalisation, son anéantissement. Retour ligne automatique
L’adage populaire dit avec raison : « Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres. » L’abbé Pierre va plus loin en disant : « La liberté est faite pour aimer. »

Le grand Saint Paul écrivait : « Je suis libre de manger de la viande offerte en sacrifie aux idoles, car je sais que les idoles ne sont rien devant mon Dieu. Mais si cela devait scandaliser mes frères je m’abstiendrai de manger de cette viande jusque dans l’éternité. » Exemple d’une liberté qui s’impose des limites pour ne pas causer du tort à l’autre !

La seule Loi que revendique le Christ pour ses disciples est la loi de l’amour qui consiste à faire du bien aux autres, et à leur éviter le mal que l’on ne voudrait pas pour soi-même.

La liberté d’expression suppose aussi le respect de l’autre et la politesse élémentaire à son égard. Cela ne s’impose pas par la force ni par la loi, mais par l’éducation et l’amour. Notre monde doit redécouvrir le civisme et l’art du vivre ensemble.

Que le Souvenir de Clarissa nous aide à être comme elle les gardiens de nos frères. Nous savons qu’à notre dernier jour, le Seigneur nous jugera sur l’amour que nous aurons été capables d’avoir, les uns envers les autres.

Que le départ de Clarissa nous permette aussi d’estimer à leur juste valeur les policiers, les gendarmes, les pompiers et toutes les personnes chargées de la sécurité et du service public de la société. Nous sommes souvent prompts à les critiquer ou à les ridiculiser, sachons de temps à autre les remercier en respectant tout simplement les règles du Vivre ensemble et celles du comportement citoyen qu’elles nous rappellent.

Que le sacrifice de Clarissa, à l’instar de celui du Christ, nous aide à mettre notre liberté au service les uns des autres, au service du bien commun.
Amen ! »

+ Michel Méranville, Archevêque



 


Le Seigneur est venu pour nous sauver

 

19 février 2015 2015 par Mgr Michel Méranville

Nous vous proposons de retrouver le Mot de l’Evêque pour ce 6ème dimanche du temps ordinaire. En éditorial, vous pouvez également prendre connaissance du Mot de Mgr Michel Méranville concernant le Carême 2015.

Dimanche 15 Février 2015

« Sœurs et Frères, la Paix soit avec vous.

Ce sixième dimanche du temps ordinaire de l’Église, année liturgique B, est le dernier avant notre entrée en Carême la semaine prochaine. Et ce dimanche, comme plusieurs des dimanches précédents, nous propose comme Bonne Nouvelle, la guérison d’un lépreux par Jésus. C’est saint Marc qui nous en fait le récit dans son Évangile chapitre 1, versets 40 à 45.

Dimanche dernier Saint Marc nous montrait Jésus quittant la Synagogue de Capharnaüm pour se rendre dans la maison mise à sa disposition par Simon-Pierre.
Marc nous disait que la belle-mère de Simon était au lit, avec de la fièvre. Ayant appris cette nouvelle Jésus s’était aussitôt approché de la malade et la saisissant par la main l’avait fait se lever, et sa fièvre ayant soudainement disparu, la malade guérie s’était remise à ses occupations journalières.

Le dimanche précédent, l’Évangéliste nous faisait assister à la guérison par Jésus, d’un homme habité par un esprit mauvais, toujours à la sortie de la synagogue de Capharnaüm. Et aujourd’hui, c’est un lépreux qui obtient de Jésus sa guérison. Marc nous rapporte encore de nombreuses guérisons faites par Jésus. Car Jésus se soucie de l’humanité souffrante. Il est venu pour la sauver.

Le Salut et le verbe « Sauver » ont une certaine parenté étymologique avec le mot latin « Salus » qui signifie santé. Le salut pour le Christ est de donner à l’homme la vraie santé, en le faisant sortir du mal en le mettant hors du mal, hors du péché qui est pire que la mort. Le but du Christ, c’est que l’homme vive, qu’il soit debout, qu’il ne se laisse jamais réduire à l’esclavage par le mal. Jésus dit d’ailleurs : « Je suis venu pour les malades et pour sauver ce qui était perdu. »

En lisant l’Évangile d’Aujourd’hui, nous pourrions simplement nous arrêter au fait historique qui est qu’un jour, aux abords de la synagogue de Capharnaüm, Jésus a guéri un lépreux qui lui disait : « Si tu le veux, tu peux me guérir. »

Jésus avait étendu la main dans sa direction en lui disant : « Je le veux sois purifié » et à l’instant même la lèpre avait quitté le malade et saint Marc nous dit : « il fut purifié ».
Jésus aurait pu simplement dire – comme il l’avait fait en maintes occasions ` : « Je le veux, sois guéri » et la guérison aurait été aussi instantanée. Mais Jésus fait un geste, qu’il accompagne de recommandations importantes : Jésus dit à cet homme , avec fermeté : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer aux prêtres et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi. »

Jésus veut inscrire la guérison du lépreux dans un cadre particulier qui est celui de la relation avec lui et aussi avec la communauté dont pour l’instant ce lépreux est coupé.
Jésus refuse de se comporter comme un simple guérisseur, comme une sorte de magicien qui use d’un pouvoir surnaturel pour exaucer magiquement les demandes qui lui sont adressées. Jésus est venu guérir l’humanité mais dans la mesure où cette dernière lui fait confiance, entre en relation avec lui et croit en lui.

Dimanche dernier, pour guérir la belle mère de Simon Jésus s’approche de la belle-mère, la prend par la main, la fait se lever. Pour guérir ce lépreux Jésus étend la main et ose toucher le lépreux – chose qui était interdite à l’époque -, et il met sa chair qui est saine au contact de celle du malade qui est pourrie .Tous ces gestes de Jésus font penser aux sacrements que Jésus a laissés à son Église et par l’intermédiaire desquels il agit aujourd’hui.

Les sacrements ne sont pas des gestes magiques qui ont une efficacité automatique. Ils sont d’abord des signes de la présence efficace du Seigneur Jésus avec nous, lui qui nous a dit : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. Le rôle physique, matériel, du sacrement est de signifier la présence efficace du Seigneur.
Nous aussi, nous nous servons de signes, de gestes, de mimiques pour exprimer nos sentiments.

Aujourd’hui, 14 février, fête de Saint Valentin, les amoureux vont signifier leur amour à celles et ceux qu’ils aiment, en leur offrant des roses. Les roses offertes signifient que l’on a pensé à la personne aimer et qu’on lui dit ainsi son amour. Et la personne qui reçoit ce signe en ressent de la joie. Le sacrement fait de même. Il y a bien des signes, une matière : de l’eau ou de l’huile, ou du pain et du vin… Mais ce ne sont pas des signes magiques qui agissent automatiquement indépendamment de la foi et de la confiance des personnes qui les reçoivent.

Les sacrement mettent le croyant en relation avec Jésus qui lui parle et cherche avant tout à le guérir spirituellement. C’est pourquoi Jésus demande à ce malade guéri d’aller se montrer aux prêtres et non pas d’aller proclamer à la ronde sa guérison.
Aujourd’hui la lèpre est devenue une maladie presque banale tant elle est maîtrisée, soignée et presque partout éradiquée. Mais du temps de Jésus, c’était une maladie atroce. On ne savait comment la traiter et encore moins la guérir. Comme c’est une maladie contagieuse, il fallait exclure de la communauté celui qui en était affecté, afin qu’il ne contamine pas les autres.

Par ailleurs, la lèpre était considérée comme un châtiment de Dieu, d’où l’obligation pour le malade qui en aurait été guérie d’aller se montrer aux prêtres, pour que ces derniers se prononcent sur sa guérison et le réintègrent dans la communauté. Cela explique l’ordre que Jésus donne au lépreux d’aller se montrer aux prêtres. Cette dimension communautaire de la foi nous est fortement rappelée aujourd’hui. Nous sommes trop souvent tentés de vivre notre foi comme une relation personnelle et directe entre Dieu et nous, sans aucun intermédiaire. Quelqu’un disait avec humour : « Jésus et moi, dans une bouteille. Je n’ai besoin de personne d’autre. » Mais Jésus et moi, tout seul, ça n’existe pas.

Les sacrements nous mettent en relation personnelle avec Jésus ressuscité, c’est un fait. Mais Jésus ressuscité est vivant aujourd’hui dans un corps qui s’appelle l’Église et dans lequel chacun de nous est devenu membre par le baptême. Les sacrements sont toujours donnés en Église. Quand il y a un baptême, c’est l’Église qui baptise. Quand il y a l’onction des malades, c’est l’Église qui oint le malade par l’intermédiaire du prêtre, et il en est ainsi pour tous les sacrements.

On est peut-être étonné de la sévérité de Jésus disant au lépreux guéri : « Attention, ne dis rien à personne mais va te montrer au prêtre. » Et l’on est tenté d’approuver la désobéissance de cet homme qui s’empresse de proclamer et de répandre la nouvelle de sa guérison. Mais qu’est-ce qui est le plus important ? Suivre son instinct, obéir à sa propre joie d’être guéri, de pouvoir se montrer sans crainte . Ou bien obéir à Jésus en faisant ce qu’il demande, lui qui vient de faire un miracle !

Bien souvent nous nous comportons de la sorte en Église. Nous avons la démangeaison d’annoncer des nouvelles, de colporter le peu qui nous a été dit confidentiellement, pour montrer que nous sommes au courant, pour affirmer notre autorité. Quel est le résultat de tout cela ? Saint Marc nous dit que parce que cet homme n’a pas obéi à l’ordre que lui avait intimé Jésus, il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui. »

Alors on peut être tenté de dire : « Mais cet homme a contribué à faire de la publicité pour Jésus. » C’est notre manière de voir, qui n’est pas celle de Jésus. Cet homme a contrecarré les plans de Jésus en ne se conformant pas strictement à ce que celui qui venait de le guérir lui demandait.

Il y a beaucoup de leçons à retenir de ce récit de Saint Marc. Pour ma part, je mettrai l’accent sur cette obéissance à Jésus agissant dans son Église. Beaucoup de divisions, de schismes, de déchirures et d’incompréhensions auraient pu être évités dans notre Église au cours des siècles comme aujourd’hui, si les croyants s’efforçaient d’obéir aux ordres du Seigneur, aux directives de son Église au lieu de ne suivre que leurs goûts et leurs idées comme le dit si bien l’expression créole « i ka fè gouy épi l’idey »

Le Carême, temps de conversion et d’obéissance à Dieu, commence pour l’Église universelle le Mercredi des Cendres. A la Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, depuis une trentaine d’années en vertu d’un indult (c’est-à-dire d’une autorisation spéciale de Rome), ces trois diocèses commencent le Carême le vendredi qui suit le mercredi des cendres. Donc le geste de l’imposition des cendres et l’ouverture officielle du Carême aura lieu dans le diocèse de Martinique le Vendredi 20 février.
Quant à l’appel décisif des catéchumènes, il se fera le dimanche 22 février à l’Église d’Emmaüs.

Préparons notre entrée en carême avec le même enthousiasme que nous avons mis à préparer le Carnaval.

Bon dimanche et bonne semaine à tous ! »



 


Retour sur l’année jubilaire de l’ACPM

 

23 janvier 2015 2015 par Michel DEGLISE

Le 28 décembre 2014 restera à jamais une date inoubliable pour les Centres de Préparation au Mariage de la Martinique, sommet d’une année de célébration des cinquante ans du mouvement, au cours de laquelle tant de grâces ont été reçues.

En cette belle journée de décembre, les CPM Martinique, en association avec le service diocésain de la pastorale familiale organisait une grande célébration d’action de grâce, pour clôturer, dans la joie, cette année de jubilé pour le mouvement.

Les mouvements de la pastorale familiale diocésaine, les anciens membres CPM, les couples qui ont été préparés par les CPM depuis 50 ans, les couples en projet de mariage, les mouvements de la pastorale familiale, les prêtres du diocèse, et tous ceux qui œuvrent pour la famille, étaient invités à participer à cette rencontre. Cette célébration se voulait un temps d’unité et de partage de tous les mouvements de la pastorale familiale, comme une grande famille qui se retrouve pour célébrer l’un des leurs.

Pour la plupart, ils étaient venus en famille, car le 28 était également le jour de la fête de la Sainte famille. Heureux signe du seigneur qui a permis que la fin du jubilé des CPM coïncide précisément avec le jour de la fête de la Sainte Famille, comme pour nous rappeler que la finalité de la préparation au mariage, c’est bien d’apporter les bases, qui permettront aux couples mariés, de construire des familles Saintes.
Nous étions plus de 300, dont une cinquantaine d’enfants, dans l’église de DEBRIANT mise à notre disposition par le père PHILIPPON.
Guy et Marcelle PRUDENT, fondateurs du mouvement en 1964, étaient également présents. Ils avaient tenu à partager ce temps fort avec nous, malgré la fatigue liée au poids des ans.

La célébration eucharistique, présidée par notre archevêque, Monseigneur Michel MERANVILLE, a débuté à 15h00. Il était assisté pour l’occasion, par, le père Gabriel VALARD, aumônier des CPM, le père Luc PHILIPPON, curé de la paroisse de DEBRIANT, le père Joseph-Pérald REMY, et le diacre Jean-Paul LEVIF.
Dès le chant d’entrée : « Venez chantons notre DIEU », la quinzaine d’enfants, qui participait à la chorale, ont su par leur enthousiasme et leur foi, ouvrir nos cœurs à la joie du moment.

Dans son homélie, l’évêque a insisté sur le fait que dans le plan de DIEU, une famille est composée d’un homme, d’une femme, et d’enfants. C’est là le modèle donné par DIEU, à travers la Sainte famille, pour nous guider vers la sainteté. Il nous a rappelé à quel point l’exemple de la Sainte famille est précieux pour nous aujourd’hui, pour ne pas faire fausse route.

L’évêque a ensuite donné la parole au responsable diocésain des CPM. Ce dernier a rappelé comment cette célébration concluait une année extraordinaire, placée sur le thème de l’ouverture et de la rencontre, et rythmée par 7 temps forts :

• 26 janvier : A la rencontre des anciens du mouvement
Accueil des 8 présidents qui se sont succédés à la tête du mouvement depuis sa création, ainsi que les anciens.
• 1er et 2 février : A la rencontre du grand public
1ère participation des CPM au salon du mariage de la Martinique. Rencontre des couples en questionnement sur le mariage.
• 14 février : A la rencontre des fiancés décidés à aller jusqu’au bout de l’aventure.
Grande soirée de prière organisée à l’église d’Emmaüs, qui a réuni plus de 80 couples qui avaient choisi de fêter le St valentin autrement.

• 29 juillet au 7 août : A la rencontre de la Vierge Marie
Pèlerinage à LOURDES, en passant par ROCAMADOUR et la rue du Bac. Pluie de grâces sur les 12 familles présentes. Renforcement de l’unité du mouvement.
• Entre février et novembre : A la rencontre des districts du diocèse.
Caravane CPM à la rencontre des districts, à raison d’un district visité par mois. Animation d’une célébration eucharistique, avec présentation du mouvement et témoignage sur le sacrement de mariage. A travers les districts, c’est symboliquement tout le diocèse qui a été rencontré.
• Novembre : A la rencontre des prêtres du diocèse
Questionnaire adressé aux prêtres des paroisses et des districts. En attente des retours qui nous permettront de définir les orientations du mouvement pour l’avenir.
• 28 décembre : Célébration de clôture de cette année jubilaire. Temps d’action de grâce et de consécration du mouvement au cœur immaculé de la Vierge Marie.

La fin de la célébration a été marquée par deux temps fondateurs pour l’avenir des CPM et des mouvements de la pastorale familiale :
- Tout d’abord, l’évêque du diocèse à officiellement confirmé la mission de chaque mouvement de la pastorale familiale diocésaine (voir encart). Pour les CPM Martinique, cette mission est de préparer au mariage les couples de fiancés qui souhaitent se marier à l’église. Cet envoi en mission fut un moment de grande unité pour tous les mouvements, qui se sont levés l’un après l’autre, avec cette conscience d’appartenir à une même église, le corps du Christ, chacun étant appelé à mettre sa fonction propre au service du corps tout entier.
- Le 2ème temps fondateur a été la consécration du mouvement CPM au cœur immaculé de la Vierge Marie.
Tous les membres présents ont prononcé la prière de consécration, et affirmé leur engagement à prendre Marie comme modèle de sainteté, et faire appel à sa puissante intersession pour accomplir leur mission.

L’avenir des CPM Martinique passe par :

• La création de nouvelles équipes, réparties sur le territoire, pour permettre un meilleur accueil et préparation des fiancés et assurer le renouvellement du mouvement.
• Le renforcement des collaborations avec les autres mouvements du service diocésain de la pastorale familiale, et les paroisses, afin de proposer un meilleur suivi aux couples mariés, tout au long de leur vie.

C’est un vaste projet qui ne peut que renforcer notre unité d’église.

Gabriel Levif
Président de l’ACPM Martinique

Rappelons pour terminer que l’ACPM appartient à la Pastorale de la famille, composée de nombreux mouvements que Mgr Michel Méranville a envoyés en mission à l’issue de la célébration du 28 décembre et dont voici la liste :

• L’Association des Centres de Préparation au Mariage qui est appelée à préparer les couples en vue du sacrement du mariage,
• Les Equipes Notre-Dame qui sont appelées à accompagner les couples, particulièrement ceux qui se sont donné le sacrement de mariage,
• La Fraternité des Couples CANA, mission de la communauté du Chemin Neuf, qui est appelée à évangéliser et former des couples,
• La Famille Solitude Béthanie, relais de la Famille Solitude Myriam, qui est appelée à accueillir et à accompagner toute personne vivant la solitude dont les séparés et les divorcés,
• Les Associations Familiales Catholiques, qui sont appelées à défendre les intérêts moraux et matériels des familles, en référence à la doctrine morale et sociale de l’Eglise,
• L’association Mère de Miséricorde, qui est appelée à accueillir et à accompagner les femmes en détresse, en particulier celles qui sont confrontées à l’avortement, et à former des jeunes et des parents à la vie affective et sexuelle, conformément au magistère de l’Eglise.



 


L’Epiphanie, manifestation du mystère de Dieu

 

4 janvier 2015 2015 par Mgr Michel Méranville

Dimanche 4 janvier 2015

« Sœurs et Frères, la Paix soit avec vous et encore Bonne, Heureuse et Sainte Année 2015.

En ce dimanche l’Eglise Catholique célèbre l’Epiphanie du Seigneur. « Epiphanie » un mot qui a la douceur d’un prénom de femme. C’est la transcription en français d’un mot grec que l’Eglise a retenu pour dire « révélation », « manifestation du mystère de Dieu à tous les hommes » y compris les païens.

L’épiphanie est devenue une fête populaire que l’on a appelée « fête des rois » qui donne lieu au partage d’une galette dans laquelle est cachée une fêve. Qui la trouve est proclamé « roi » ou « reine » en souvenir de ces personnages que la tradition appelle « les rois mages » qui se sont mis à la recherche du Seigneur après avoir vu paraître son étoile à l’orient, comme nous le raconte Saint Matthieu au chapitre 2 de son Evangile (versets 1 à 12)

Qui étaient ces mages venus d’Orient ? L’Evangile les appelle seulement « Mages ». Ce ne sont pas des Juifs, ils n’appartiennent donc pas au peuple de la première Alliance. Ils sont sans doute des astrologues venus de la Perse (l’Iran actuel). La tradition en a fait des rois et a même précisé qu’ils étaient trois , en leur donnant des noms , des origines ethniques et même des âges. Elle a aussi indiqué la nature du trésor qu’ils portaient avec eux et qu’ils ont offert à l’enfant Jésus et à ses parents :

Gaspard : ce nom signifierait " le possesseur d’un trésor " ou " le voyant ". Il est porteur de l’encens (pour évoquer la divinité de Jésus) car l’encens est utilisé pour honorer Dieu. La tradition précise qu’Il était, " jeune, imberbe et rouge de peau ".

Melchior : son nom signifie : le roi. Melchior est représenté comme un vieillard à cheveux blancs à la longue barbe, selon la légende il offre de l’or (reconnaissant ainsi la royauté de Jésus).

Balthazar : Nom d’un prince de Babylone et signifiant " le protecteur du maître ". Ce roi mage est celui qui vient d’Afrique et représente la race noire. Il offre au nouveau-né une résine odorante : la myrrhe (évoquant l’humanité de Jésus et sa mort).Car c’est avec la myrrhe que l’on embaumait les morts.

Mais encore une fois, ces précisions ne se trouvent pas dans la Bible, elles ont été ajoutées par la Tradition au cours des premiers siècles du christianisme.
On les a conservées à cause de la richesse de leur symbolisme.

On a vu dans ce récit de l’Epiphanie le début de la réalisation du projet de Dieu qui appelle tous les hommes de l’univers, y compris ceux qui ne le connaissent pas encore, à chercher à connaître celui qui est venu les sauver et à se rassembler autour de lui comme autour d’un roi unique, en mettant au service de son projet toutes leurs richesses.
Mais revenons au récit de Saint Mathieu.

Au temps du Roi Hérode le Grand, des hommes scrutent le ciel. Qu’ils soient Rois ou pas, cela n’a pas d’importance. Ce que nous retenons c’est qu’ils lèvent la tête vers le ciel, ce qui signifie qu’ils cherchent Dieu .

Sommes-nous comme eux des chercheurs de Dieu ? Prenons-nous parfois le temps de lever nos têtes du dessus de nos occupations et préoccupations habituelles : celles de notre travail, de notre famille, de nos loisirs, de nos divertissements, pour nous poser ces grandes questions métaphysiques qui étaient dans l’antiquité celles qui étaient prioritaires pour les hommes : Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Quel est le but de ma présence sur terre ? A quoi je sers ? Que serai-je après ma mort ?

Ce sont des questions capitales que les hommes ne se posent plus. Comme le disait autrefois Pascal, les hommes préfèrent se divertir, au sens de se détourner de ces questions, pour se distraire, s’étourdir, ou faire la politique de l’autruche.

Ce n’est pas le cas des Mages. Eux, ce sont des chercheurs. Et parce qu’ils cherchent, ils découvrent dans le ciel un signe qui est pour eux une révélation de Dieu : une étoile particulière qui leur annonce qu’un événement particulier vient de se réaliser ; le Roi qu’annonçaient les Saintes Ecritures des Juifs vient de naître. Et l’étoile est pour eux l’invitation à se mettre en route, à aller plus loin que ce que leur observation leur a permis de découvrir. Effectivement, ils se mettent en marche.

Les Mages s’organisent pour entreprendre ce voyage qui les conduit à Jérusalem. Les voyages à l’époque n’étaient pas faciles comme de nos jours. Il fallait une caravane, se préparer à un trajet pénible sur les sentiers et les mauvaises routes, à la merci de la soif, de la faim et des agressions des bandits de grands chemins. Il fallait affronter de nombreux risques et la privation pendant un temps de ses proches, de ses amis, de sa sécurité. C’était l’aventure.

Les Mages assument tous ces risques, parce qu’ils veulent aller se prosterner, c’est à dire adorer, le roi qui représente le vrai Dieu, qui vient de naître dans la ville sainte de Jérusalem. Suivant le chemin que leur indique l’Etoile, ils arrivent donc à Jérusalem et demandent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » Mais à Jérusalem, la Ville sainte, où résident les scribes, les docteurs de la Loi et tous ceux qui connaissent les Saintes Ecritures, personne n’est au courant.
Non seulement les interlocuteurs des Mages sont interloqués par la nouvelle que leur apprennent ces hommes venus de loin, mais ils sont saisis d’inquiétude. Notamment le roi Hérode qui pense tout de suite que si un nouveau roi vient de naître, son trône est menacé. Alors on finit par consulter les Livres saints et on découvrent que les Mages ont raison de chercher où est né le roi des Juifs car il y a précisément une prophétie qui dit : « Toi, Bethléem en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. »
C’est donc bien à Bethléem que l’enfant roi est né.

Mais alors que les Mages, dans leur ignorance, cherchent, se sont mis en marche questionnent et sont prêts à se remettre en chemin pour aller se prosterner devant le roi qui vient de naître, à Jérusalem qui détient les Livres saints et qui y trouve la certitude des promesses de Dieu, personne ne bouge. Tous sont inquiets parce qu’ils craignent d’être dérangés dans leurs habitudes, leur certitude et leurs biens. Surtout Hérode, comme je viens de le dire, qui ourdit précipitamment un piège pour éliminer celui en qui il voit un rival et une menace.

Hérode en effet appelle les Mages et leur dit : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille moi aussi, me prosterner devant lui. » Nous savons que son intention n’était pas d’aller adorer l’enfant, mais plutôt de le supprimer. Et nous savons aussi comment les Mages n’étant pas retournés lui donner l’information qu’il leur avait demandé, il fit massacrer tous les petits enfants âgés de moins de deux ans.

Aujourd’hui il y a des hommes et des femmes qui cherchent Dieu. Qui sont prêts à renoncer à leurs biens, à leur sécurité pour se mettre à la suite du Seigneur. Il y a des hommes qui quittent une profession lucrative pour entrer au séminaire. Des jeunes femmes qui renoncent à un amour ou une famille pour suivre Dieu dans un Monastère ; d’autres qui prennent le risque de vivre pauvrement et parfois dangereusement au service des plus pauvres, dans des pays de mission. Et puis il y en a d’autres qui connaissent les Ecritures, qui vont disséquer les textes sacrés, faire de grands discours théologiques mais qui ne savent pas indiquer le chemin qui mène à Dieu parce qu’ils restent enfermés dans leurs forteresses intellectuelles et spirituelles et refusent de remettre en question leurs habitudes, leurs certitudes et leur confort.

Après s’être remis en marche précédés par l’étoile qui leur apparaît à nouveau les mages parviennent à l’endroit où se trouve l’enfant. Ils étaient partis à la recherche d’un roi. Ils ne sont pas déçus de ne trouver qu’un bébé avec sa maman. Bien au contraire ils éprouvent une très grande joie. Alors tombant à genoux ils se prosternent devant lui.

Se prosterner, c’est Adorer. C’est reconnaître la transcendance de Dieu qui est au-dessus de toute chose. Dans notre société sécularisée, nous avons perdu le sens du sacré. Nous avons banalisé Dieu. Dieu passe après nos soucis, nos loisirs, notre personne. Nous donnons à Dieu souvent, et encore très difficilement, un petit peu de ce qu’il nous reste comme temps ou comme moyens ou comme disponibilités. On n’a qu’à voir ce que nous mettons à la quête par exemple : nous choisissons la plus petite pièce jaune qui alourdit notre porte monnaie, alors que nous avons un billet pour acheter le paquet de cigarettes ou le magazine qui nous plait. Nous n’avons pas le temps d’aller à la messe le dimanche ou le samedi soir, parce qu’il y a tel feuilleton ou tel spectacle intéressant. Nous ne pouvons pas nous consacrer un peu à Dieu parce que nous avons besoin de divertissement ou de repos. Nous donnons nos restes à Dieu.

Les Mages, eux, se prosternent. C’est-à-dire « adorent ». C’est le premier commandement : « tu adoreras le Seigneur ton Dieu. » Tu aimeras Dieu de toutes tes forces, de toute ton âme, de tout ton cœur, de tout ton esprit, par dessus tout. » Les Mages ouvrent alors leurs coffrets et ils offrent à l’enfant leurs présents : « l’or », comme à un roi. « L’encens », comme à un Dieu. « La myrrhe », comme à celui qui acceptera de mourir sur une croix pour nous dire jusqu’où il nous aime. Ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnent leur pays par un autre chemin.

C’est tout un symbole : celui qui a vraiment rencontré Dieu ne peut plus continuer exactement la même route, il ne peut plus suivre le même chemin car sa vie est renouvelée, convertie. Sans doute continue-t-il des activités habituelles, mais autrement. Il ne quitte pas forcément son pays, sa famille, son travail, ses amis, mais il voit tout cela d’un autre regard : le regard même de Dieu.

Les vrais convertis ne se vantent jamais de leur conversion, ils ne crient pas sur tous les toits qu’ils ont pris leur conversion ou qu’ils ont rencontré le Seigneur, mais cela se voit à leur nouvelle manière d’être, de parler, de vivre et d’agir. Ils surprennent par l’amour qui émane d’eux . C’est ce témoignage que nous avons tous à donner. Car si nous sommes baptisés c’est pour répondre à cet ordre que le Christ nous donne d’aller et crier partout la Bonne Nouvelle de sa présence.

Le monde compte 7 milliards d’hommes. Il n’y a qu’un milliard et demi de catholiques ; plus de 5 milliards d’hommes ne connaissent donc pas le Christ et sont dans l’ignorance de son message, mais surtout de sa présence de Ressuscité au milieu de nous. C’est à nous de les aider à le chercher, à le trouver et à le connaître en se mettant à son service. Plus que nos paroles, que ce soient nos actes et notre détermination à suivre le Christ qui mette en chemin ceux qui nous voient vivre.

Aujourd’hui, dans beaucoup de familles et de communautés on partagera la galette des rois. C’est une tradition qui a plusieurs origines. Je ne m’attarderai pas à les rappeler. Je veux simplement souligner que celui ou celle qui trouve la fêve dans la galette est appelé Roi ou reine, et on lui met sur la tête une couronne.

Ce n’est pas une mauvaise chose. Que cette coutume rappelle à celui ou celle qui aura été couronné que par notre baptême, nous sommes devenus rois avec le Christ. En effet après l’eau du baptême, le célébrant a fait une onction sur le nouveau baptisé en l’appelant par son prénom et il lui a dit : « Par le baptême, le Dieu tout puissant, Père de notre Seigneur Jésus-Christ t’a libéré du péché et t’a fait naître de l’eau et de l’Esprit. Toi qui fais maintenant partie de son peuple il te marque avec l’huile sainte pour que tu demeures éternellement membre de Jésus-Christ, prêtre prophète et roi. »

Le baptisé partage donc la Royauté du Christ. Avec cependant cette précision : dans la Bible le roi est celui qui part au combat pour défendre son peuple, les petits et les pauvres, la veuve et l’orphelin ; c’est celui qui accepte de mettre sa vie en péril pour que d’autres vivent. C’est ce qu’a fait le Christ qui dit à ses disciples : « vous m’appelez Maître et Seigneur, je le suis en effet, mais je suis parmi vous comme celui qui sert. Le Fils de Dieu est venu donner sa vie en rançon pour la multitude. » C’est ce que doivent faire les disciples qui partagent sa royauté.

Bonne fête et bon dimanche à tous. Je confie aussi à votre prière les prêtres, les diacres et moi-même, qui à partir du lundi 7 janvier jusqu’au vendredi 11 janvier, nous retrouverons en retraite spirituelle au Foyer de Charité. Bonne semaine à tous. »



 


Retour sur l’ordination sacerdotale à la Cathédrale Saint-Louis

 

11 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

Mgr Michel Méranville a présidé la cérémonie d’ordination sacerdotale d’Olivier Lucenay dimanche 23 novembre 2014, à 15h, à la cathédrale Saint-Louis. Nombreux étaient les prêtres et les diacres présents à cette cérémonie pour accueillir le nouveau prêtre dans le presbyterium de la Martinique ; Dom Peter Caesar, prieur du Monastère de Terreville, accompagné de Dom Ange-Marie Niouky, Abbé de l’Abbaye de Keur-Moussa au Sénégal et de Dom Jeanjean, du Monastère de Boutbois, s’étaient joints aux prêtres diocésains.

En ce dimanche 23 novembre, où l’église catholique célèbrait la Solennité du Christ Roi de l’univers, toute l’église diocésaine a partagé sa joie avec la communauté de l’Emmanuel et le Séminaire de Paris, représenté par le supérieur, le père Duteurtre, qui ont accompagné Olivier Lucenay dans sa formation.

La cathédrale Saint-Louis était trop petite pour accueillir les nombreux fidèles souhaitant être aux côtés d’Olivier lors de cette cérémonie. Toutes les congrégations religieuses étaient également présentes.

Répondant à la demande de Mgr Méranville, le père Emmanuel Chaulvet, responsable de la Pastorale des vocations, a présenté la candidature d’Olivier Lucenay au presbytérat.

Ensuite le témoignage du supérieur du séminaire de Paris, le père Stéphane Duteurtre, a justifié la possession des aptitudes requises par l’ordinand pour accéder à cette charge.

Mgr Méranville a alors accepté de le choisir pour l’ordre des prêtres.

Après la lecture des textes de la fête du Christ Roi de l’univers, et l’homélie de Mgr Méranville, Olivier s’est donc engagé devant son Evêque à se consacrer à Dieu avec le Christ, et, après le rite de la prostration effectué alors que la chorale chantait la litanie des saints, il a reçu le sacrement de l’ordre des mains de Mgr Méranville. Tous les prêtres présents, dont le doyen du Presbyterium, Mgr Gaston Jean-Michel, lui ont ensuite imposé à leur tour les mains.

C’est le curé de la paroisse parisienne de Notre-Dame du Rosaire, où Olivier a été en stage pendant 4 ans, le père Gérard Boet, qui l’a ensuite aidé à revêtir ses vêtements sacerdotaux avant que l’évêque procède à l’onction des mains d’Olivier, puis lui remette la patène et la coupe contenant le pain et le vin.

Le nouveau prêtre a ensuite concélébré l’Eucharistie avec son Evêque et tous ses confrères présents.

La chorale composée de la Pastorale des jeunes de Morne des Esses et de la Caravane de l’Espoir a animé cette cérémonie avec enthousiasme en respectant le programme choisi par l’ordinand lui-même.

Dans ses remerciements, le père Olivier a appelé les fidèles à prier pour lui et pour tous leurs prêtres ainsi que pour leur Evêque, pasteur de l’Eglise particulière de Martinique, afin qu’ils accomplissent fidèlement la mission que le Christ leur a confiée. Il a appelé aussi à prier pour que de nouvelles vocations apparaissent dans notre diocèse et qu’elles soient encouragées au sein des familles catholiques.

C’est dans la joie et sous les applaudissements nourris de l’assemblée, que la procession et le nouveau prêtre ont quitté la cathédrale
avant que tous ceux qui le souhaitaient partagent ensemble une collation, à l’invitation du père Olivier et de sa famille, dans les jardins du Petit Couvent de la rue Lamartine.

Pour les fidèles qui n’ont pu se déplacer, Radio Saint Louis a retransmis en direct cette ordination sur ses trois fréquences en FM stéréo : 99.5 - 101.3 et 105.3 Mhz et sur internet www.radiosaintlouis.com.

Avec le concours du SDRT, la webtv de Radio Saint Louis a retransmis également la cérémonie en vidéo sur son site internet.

L’équipe de l’émission catholique Dieu m’est Témoin était également présente à cette ordination et proposera prochainement une émission spéciale consacrée à l’événement.

Enfant du Robert, le nouveau prêtre a célébré sa première messe à l’église Sainte Rose de Lima du Robert, lundi 24 novembre à 18h30.

Retrouvez ci-dessous le reportage photo proposé par le père Luc Philippon.



 


Le cardinal Sarah nouveau Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements

 

11 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

Le cardinal Robert Sarah quitte la présidence de Cor unum pour devenir Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Le cardinal Robert Sarah a déjà assumé de hautes fonctions au sein de la Curie romaine, d’abord comme secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, où il fut nommé par Saint Jean-Paul II en 2001, puis comme président du Conseil pontifical « Cor unum » en charge de la solidarité, nommé par Benoît XVI en 2010.

Ce poste de Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements était vacant depuis la nomination en août dernier de son précédent titulaire, le cardinal Antonio Canizares, à la charge d’évêque de Valence. Le pape François vient donc d’y nommer officiellement, lundi 24 novembre 2014, le cardinal Robert Sarah.

Âgé de 69 ans, le cardinal Sarah, originaire de Guinée-Conakry, prendra début décembre la direction de cet important dicastère chargé en particulier de la liturgie.

Rappelons que le cardinal Robert Sarah, répondant à l’invitation de Mgr Michel Méranville, avait rendu visite à l’Église de la Martinique en 2012, et présidé, à cette occasion, le pèlerinage de Notre-Dame de la Délivrande, le 30 août 2012. A la fin de l’Eucharistie, célébrée en cette fête solennelle de notre diocèse, il avait renouvelé, avec notre archevêque, la consécration du diocèse à Notre-Dame de la Délivrande.



 


Entretien avec Olivier Lucenay avant son ordination

 

28 février 2015 2015 par Michel DEGLISE

Olivier Lucenay a été ordonné prêtre par Mgr Michel Méranville, dimanche 23 novembre 2014, en la fête du Christ Roi de l’Univers, à la cathédrale Saint-Louis de Fort de France. Comme le dit notre archevêque, ce fut un jour de joie et de fête pour notre diocèse dans lequel il n’y a plus eu d’ordination sacerdotale, pour un prêtre diocésain, depuis le 20 décembre 2009, jour de l’ordination du père Pascal Dégras.

Nous vous proposons de découvrir Olivier et le chemin qui l’a conduit à répondre oui à l’appel du Seigneur, en publiant sur le site diocésain l’entretien qu’il a accordé à la revue diocésaine Église en Martinique, n° 489 du 9 novembre 2014.

En marche vers l’ordination sacerdotale

EenM  : Olivier, peux-tu nous parler de toi, de ton parcours ?

Je suis originaire du Robert où j’ai passé toute ma vie, jusqu’à mon départ pour le séminaire. Né à Fort-de-France le 20 novembre 1982, je suis le dernier d’une fratrie de 3 enfants. J’ai 2 grandes sœurs. Très tôt, mon père m’a initié à la musique (particulièrement le tambour), et le sport en club (j’ai fait du foot dès l’âge de 6 ans à l’US Robert, puis du basket à l’Arsenal à partir de 13 ans et ce pendant plus de 10 ans). Nos parents nous ont élevés dans l’amour de notre culture, ce qui a fait de moi un amoureux de notre Martinique, de notre histoire, notre peuple. Ayant toujours vécu en cité, j’ai cependant acquis un cœur de campagnard, du fait de longues périodes de vacances en famille à la campagne. D’où mon goût prononcé pour la nature, les animaux, le silence.

Enfant au caractère volcanique, la discipline n’était pas mon fort. Préférant m’amuser avec les copains et fixer mes propres règles, j’ai souvent été en conflit avec l’autorité en place, à l’école, au sport ou au catéchisme. D’ailleurs, en parlant de catéchisme, pour être honnête, l’une de mes plus grandes joies fut d’avoir atteint la confirmation afin d’être « enfin » libéré de ce qui pour moi était une contrainte et une perte de temps. Avec le temps, j’ai réalisé que je m’étais évidemment trompé.

Grâce à l’attention de ma mère concernant notre instruction, j’ai eu une bonne scolarité malgré mon tempérament. J’ai obtenu un bac Economique et Social au lycée Frantz Fanon de Trinité en 2000, puis un BTS informatique de Gestion au lycée Technique de Fort-de-France en 2002. J’ai travaillé dans le milieu de la grande distribution en tant que technicien réseau, de décembre 2002 à juillet 2007, deux mois avant mon départ en année de fondation spirituelle en Belgique. J’y reviendrai.

Avec les années et ma rencontre avec le Christ, je constate avec joie à quel point le Seigneur se sert de mon caractère et mes particularités pour le servir à la vigne. Je crois que mon caractère volcanique et impétueux s’est transformé en une fougue, que je dois d’ailleurs parfois apprendre à canaliser, pour annoncer l’Evangile. Très tôt après ma conversion, j’ai rejoint le comité diocésain de la pastorale des jeunes aux côtés du père Marcel Crépin, ainsi que l’équipe de Radio St Louis en tant qu’animateur.

Evangéliser devenait pour moi de plus en plus évident, voire vital ! Cependant, donner c’est bien, mais recevoir du Christ est essentiel afin de ne pas s’assécher. C’est pourquoi, afin de ne pas « m’user » à la tâche, le Seigneur m’a conduit dès le début de mon cheminement dans des lieux où je pouvais me ressourcer, approfondir ma vie spirituelle, et m’enraciner dans le Christ, dans son Eglise. Après avoir été nourri par un groupe de prière de jeunes de ma paroisse, « les Sarments », à qui je dois énormément, j’ai rencontré la Communauté « Vie et Partage » que je porte particulièrement dans mon cœur. En 2003, j’ai découvert la communauté de l’Emmanuel dans laquelle je me suis engagé en 2005. J’ai trouvé dans sa spiritualité du Cœur de Jésus et ses trois piliers fondateurs (adoration, compassion, évangélisation) un écho à ce qui m’habitait. J’y ai discerné le lieu où le Seigneur me voulait pour grandir en sainteté.

EenM : Quand et comment ta vocation de prêtre est-elle apparue ?

Mon histoire vocationnelle fut au départ une lutte entêtée contre Dieu.
Il faut remonter en 2005. Après une confession, alors que j’étais en prière, une question s’est imposée à moi et s’est gravée dans mon cœur : « prêtre, pourquoi pas toi ? ».

Je ne m’étais jamais posé la question car je voulais me marier. J’en ai parlé à mon père spirituel de l’époque, le père Catayée, qui m’a conseillé de ne pas me précipiter ; il m’a dit une phrase qui s’est vérifiée par la suite : si c’est Dieu qui t’appelle, il saura te montrer que c’est Lui. J’ai rapidement dit au Seigneur que cela ne m’intéressait pas vu que j’avais déjà mon travail et des projets avec ma petite amie de l’époque. Donc, j’ai continué à avancer avec cette dernière en promettant au Seigneur qu’on formerait un couple marié au service de l’Eglise. Mais en fait, plus j’avançais, plus je ressentais que je n’étais pas à ma place. Alors que j’avais tout, me semblait-il, je ressentais un manque que je ne savais pas interpréter.,

Deux ans après (en 2007), une sœur de ma communauté à qui je confiais mes hésitations, m’a conseillé d’aller discerner par le biais d’une retraite de Saint Ignace de Loyola. En avril 2007, mon père spirituel m’a alors encouragé à m’y rendre. Et c’est bien là que le Seigneur m’a confirmé l’appel.
Quand je suis revenu de l’hexagone en mai 2007, mon père spirituel m’a conseillé de soumettre mon projet à Mgr Méranville. Ce dernier ayant reçu favorablement mon désir d’être prêtre, m’a permis de partir en septembre 2007, en Belgique pour une année de fondation spirituelle à la Maison St Joseph au sein de ma communauté. Cela c’est passé très vite mais sans précipitation, puisque c’était le moment favorable, le temps de Dieu. En septembre 2008 j’ai intégré le séminaire diocésain de Paris, où j’ai passé 6 ans de formation. Aujourd’hui, je peux dire que le manque que je ressentais à l’époque, était un désir que Dieu avait déposé dans mon cœur afin de lui être totalement consacré pour la mission. Maintenant ce manque est vraiment comblé.

EenM : Comment vis-tu ta foi ?

Ma source est l’adoration Eucharistique. J’y puise ma force et la raison même de mon célibat. Ce cœur à cœur régulier avec le Seigneur dans le silence de l’adoration me fait entrer toujours plus dans le Mystère de notre Salut où le Christ m’introduit dans l’échange d’amour vécu au cœur de la Sainte Trinité. Je tente de me laisser façonner par l’Esprit Saint à l’image du Christ bon Berger. L’adoration fait partie des trois piliers de la communauté de l’Emmanuel : adoration, compassion et évangélisation. C’est dans l’adoration que nous nous reposons sur le cœur de Jésus.
Pierre Goursat, notre fondateur, disait à ce propos, qu’en adorant Jésus, Il nous donne son cœur. Il transforme alors notre regard sur le monde et fait naître en nous une véritable compassion pour le monde qui souffre de ne pas le connaître. De cette compassion nait le désir d’évangéliser pour aller annoncer aux âmes la bonne nouvelle de notre Salut. Aujourd’hui mon ministère de diacre est enraciné dans l’adoration eucharistique, et je souhaite demeurer un adorateur en tant que prêtre. C’est là que je trouve un équilibre entre les activités et la contemplation. En effet, la source de la mission se trouve dans le silence de la prière. Autrement, cela s’appelle de l’activisme et ne sert pas l’Evangile.

Maman Marie également m’aide énormément. Elle a une place capitale dans ma vie. Elle me protège, m’enseigne à devenir un disciple de son fils. Elle m’apprend l’humilité, la confiance en Dieu et la docilité à l’Esprit Saint. Lors d’un récent pèlerinage à Medjugorje, j’ai redécouvert la place capitale qu’elle a dans le plan de notre Salut. Je ne quitte jamais mon chapelet qui est cette belle chaîne d’amour qui m’unit toujours plus à elle et Jésus.

Il y a aussi les saints … Je vis avec eux et ils m’apprennent beaucoup. Mes saints préférés : Thérèse de Lisieux, Curé d‘Ars, Marie Madeleine, Oliver Plunket mon saint patron. Tout cet univers des saints m’aide à vivre la communion avec mes frères dans l’Eglise, comme plusieurs membres d’un seul corps qui œuvrent ensemble pour la même mission. A l’Emmanuel, nous sommes très sensibles à la fraternité également dans la complémentarité des états de vie. Le prêtre, en tant que pasteur, est également un frère au milieu des laïcs. Il nous est inimaginable de vivre la mission sans nos frères et sœurs laïcs, en prenant au sérieux les grâces de leur baptême. C’est un point constitutif de notre spiritualité qui se vérifie dans nos choix pastoraux.

EenM : As-tu déjà réfléchi à différentes actions que tu aimerais mettre en place pour la communauté, les jeunes ?

S’il faut parler de projets, j’en ai tout plein en tête. Mais on peut se perdre avec plein de projets, même pour Dieu. C’est pourquoi mon objectif premier est de m’enraciner en Christ, et devenir le prêtre que Dieu veut que je sois. C’est comme ça qu’il me donnera les directions que je devrai prendre en lien avec mes confrères et le peuple de Dieu.

Autrement, j’ai le désir de servir notre Eglise là où elle en a besoin. Les réalités se rapportant à la famille me parlent beaucoup. La famille est le lieu privilégié où le Seigneur manifeste son plan d’amour. Le diable se déchaine donc sur elle. La plupart des combats que mènent les jeunes (ou moins jeunes d’ailleurs) sont souvent en lien avec le corps, l’amour, la sexualité. Je souhaite creuser la Théologie du corps de Jean-Paul II. Il a ouvert des brèches énormes, pour l’Eglise, qu’on découvre peu à peu depuis quelques années. Je pense qu’il y a là des clés intéressantes pour nos maux.

Concernant les jeunes, il y a quelque chose qui m’insupporte quand on parle d’eux. C’est la généralisation : « les jeunes ceci… les jeunes cela ». Aucun jeune ne se ressemble. Chacun d’eux est unique ! Il y a quelque chose que j’ai compris chez eux, c’est qu’ils ont soif d’absolu et c’est pourquoi ils se perdent dans tout plein de chose, car ce désir est mal orienté. Je leur fais confiance et je veux leur prouver qu’ils peuvent être heureux en Dieu et « ouvrir leurs ailes ». Durant ma formation je me suis occupé de jeunes de cités à Paris qui avaient souvent des « bobos » de la vie (familiale, scolaire etc.) Je leur disais qu’ils étaient des diamants à l’état brut et mon travail était de les aider à se laisser tailler par Dieu pour qu’ils puissent resplendir. Ce n’est pas moi qui dois faire à leur place, mais je suis là pour les accompagner, les « booster ». Et c’est ce que nous devons être pour eux : des tuteurs.

Cependant, être proche des jeunes comme je le suis, ne veut pas dire que je cherche à faire du « copinage ». Trouver la bonne distance est important. Beaucoup l’ont compris et me considèrent comme un grand frère et non comme un copain. Ils sont en confiance avec moi et savent qu’ils peuvent aborder tous les sujets sans tabou, mais ils connaissent les limites à ne pas dépasser dans la relation. Je côtoie aussi beaucoup de non croyants de tous bords. Je suis à l’aise avec eux, sans pour autant perdre mes objectifs, perdre ce que je suis.

EenM : Penses-tu que tu peux encourager un jeune à trouver sa vocation ?

La vocation est un appel de Dieu. Ce n’est pas un plan de carrière. On peut aider un jeune à discerner un appel de Dieu dans sa vie. Donc oui, c’est important pour moi. Il est important que le jeune se retrouve dans la figure du prêtre, ou du moins qu’il comprenne que le prêtre n’est pas un extra-terrestre, mais un homme normal et équilibré. Ils sont d’abord surpris quand ils découvrent que je suis sportif, passionné des réseaux sociaux, que je chante du reggae dancehall gospel pour évangéliser. Bref que je ne suis pas enfermé dans mon presbytère déconnecté du monde, mais que je suis un jeune normal avec une vie particulière. Du coup, un jeune peut alors se dire que Dieu appelle des gens normaux et non uniquement des hommes naissant avec des prédispositions dès leur naissance et un mode de vie particulier en grandissant. Parce que certains se disent qu’ils ne pourront jamais embrasser cette vie, car ils n’ont pas eu une vie centrée sur le Christ, qu’ils ne sont pas dignes. Ils s’interdisent alors de répondre à l’appel. Le Seigneur appelle des hommes à être prêtres avec ce qu’ils sont !

EenM : Et le célibat des prêtres ?

C’est vrai que c’est une displicine pour l’Eglise d’Occident et qu’en Orient les prêtres catholiques peuvent être mariés avant leur ordination. Mais quand on rentre au séminaire, on a largement le temps d’y réfléchir. J’ai fait ce choix et je suis un célibataire heureux. C’est une grande joie d’être tout à Dieu pour être tout à tous. Beaucoup de personnes se plaignent pour les prêtres et souhaiteraient les marier alors que souvent elles-mêmes, paradoxalement, ne croient pas au mariage ou ne sont même pas catholiques. Mais on ne parle jamais des prêtres qui sont heureux dans leur célibat. J’en ai rencontré énormément, Dieu merci ! Le Pape François parle de la fécondité du célibat. On n’a pas de vie de famille, c’est vrai. Ce n’est pas toujours facile, je vous l’accorde. Mais c’est une grâce reçue de Dieu qu’il faut cultiver, et nous sommes récompensés au centuple, ne serait-ce que quand on voit une âme se tourner vers Dieu. Notre don total prend alors tout son sens. Ce qui nous comble, notre nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui nous a envoyés, comme disait Jésus à ses disciples. Je sais aussi pouvoir compter sur la prière de mes confrères prêtres, de mes amis, de ma famille…

EenM : As-tu un message à transmettre aux jeunes qui, dans ce monde tumultueux, s’interrogent sur leur vocation ?

Une phrase légendaire de Jean-Paul II reprise par Benoît XVI : N’ayez pas peur du Christ, il ne retire rien, il donne tout. N’ayez pas peur de vous convertir, de donner votre vie à Jésus. Il n’y a pas d’âge. Moins on attend pour donner sa vie à Jésus, plus on évite les pièges de l’ennemi de nos âmes et plus on est préservés et heureux. Ayez confiance en l’amour de Dieu. Si vous savez que Dieu vous aime, vous pouvez lui demander avec confiance : « où veux-tu que je sois ? » Et quel que soit l’endroit où Jésus vous veut, si vous dites « oui », vous serez comblés !

Retrouvez quelques photos d’Olivier prises aux JMJ de Madridnet aux JMJ locales - Rio 2013 (Père Luc Philippon) et à Radio Saint Louis (Monique Coco) :



 


Retour sur la messe de rentrée de la Catéchèse

 

23 octobre 2014 2014 par Michel DEGLISE

Devant plus de 1700 catéchistes, venus malgré le temps pluvieux, dimanche 12 octobre, Mgr Michel Méranville a présidé la messe d’envoi en mission de la catéchèse au Palais des Sports du Lamentin. Le Père Luc Philippon, DEI, présent lors de cette manifestation, a répondu à quelques questions.

Père Philippon, bonjour ; que vous a inspiré cette cérémonie d’envoi en mission des catéchistes ?

Une grande joie : voir toutes ces personnes réunies au Palais des Sports à l’appel de notre archevêque en cet après-midi pluvieux nous fait prendre conscience de l’engagement des laïcs de notre diocèse dans la transmission de la foi et l’évangélisation des enfants !

Les catéchistes ont reçu une belle mission, pouvez-vous nous en parler ?

Oui, et je citerai le Pape François qui, dans son homélie de la messe des catéchistes en l’année de la foi, disait aux catéchistes du monde entier : « Le catéchiste alors est un chrétien qui porte en lui la mémoire de Dieu dans toute sa vie et sait l’éveiller dans le cœur des autres ... Sommes-nous vraiment comme des sentinelles qui éveillent chez les autres la mémoire de Dieu qui réchauffe le coeur ? »

Qu’avez-vous retenu de l’homélie de Mgr Méranville ?

Monseigneur Michel MERANVILLE, dans son homélie enracinée dans les textes sacrés du 28ème Dimanche nous a invités à méditer la bonté de Dieu qui souhaite inviter largement à son banquet de noces et qui se heurte à nos refus. Il nous a alors rappelé les résistances que nous pouvons rencontrer dans la pastorale catéchétique ; la mission catéchétique ne peut reposer sur la seule disponibilité des catéchistes, l’annonce de la joie de l’Evangile, c’est aussi la mission des parents, ne l’oublions pas !

A la fin de la cérémonie, vous avez mis en avant une chrétienne laïque, Madeleine Delbrêl, pourquoi ?

Dans les années de l’après-guerre et dans un contexte difficile, Madeleine Delbrêl a pris pleinement sa part à l’annonce de la joie de l’Evangile dans les rues d’Ivry-sur-Seine en région parisienne. Elle avait compris que la responsabilité de l’annonce n’était pas réservée aux prêtres ou aux religieuses, mais concernait tous les baptisés. En ce sens, c’est un modèle pour tous les chrétiens et, en ce cinquantième anniversaire de sa naissance au ciel, le diocèse de Créteil a introduit sa cause en béatification à Rome.

Merci, père Philippon.

Vous pouvez retrouver en diaporama, le reportage photo du père Luc.



 


Le Pape François célèbre les 200 ans du rétablissement des Jésuites

 

30 septembre 2014 2014 par Michel DEGLISE

À l’occasion du bicentenaire du rétablissement de la Compagnie de Jésus par Pie VII, le pape François a célébré l’office des Vêpres et le Te Deum à l’église romaine du Gesù, le samedi 27 septembre, à 17h.

1814 - 2014

Fondée en 1539 par saint Ignace de Loyola (1491-1556) puis supprimée par le pape Clément XIV en 1773, sous la pression des cours européennes, la Compagnie de Jésus a été restaurée par la bulle Sollicitudo omnium ecclesiarum de Pie VII, le 7 août 1814.

L’église du Gesù, à Rome, est le centre d’où est parti l’élan missionnaire des jésuites. C’est à l’intérieur de cette église que sont conservées les reliques de saint Ignace de Loyola. On y trouve également les tombes de nombreux autres supérieurs généraux de la Compagnie de Jésus.

C’est la quatrième fois que le pape François, lui-même jésuite, se rend à l’église du Gesù depuis le début de son pontificat après le 31 juillet 2013, jour de la fête de saint Ignace de Loyola, où il y célébra la messe, puis le 9 septembre où il visita le centre jésuite Astalli, adjacent à l’église, et enfin le 3 janvier 2014, où il présida la canonisation du Français Pierre Favre (1506-1546), cofondateur de la Compagnie de Jésus, qu’il venait d’inscrire au catalogue des saints.

Avec Apic/I.Media



 


Retour sur la rentrée au Pensionnat Saint Joseph de Cluny

 

15 septembre 2014 2014 par Michel DEGLISE

Le 8 septembre 2014, c’était la rentrée générale au Pensionnat Saint Joseph de Cluny !

C’est en 1824 que les premières sœurs de Saint Joseph de Cluny, envoyées par Mère Anne-Marie Javouhey à la demande du ministère chargé des colonies, sont arrivées à la Martinique pour se consacrer à l’éducation des jeunes filles. Leur première école fut ouverte au Morne Rouge, avant d’être déplacée à Saint Pierre au couvent de Consolation, puis après la catastrophe de 1902, à Fort de France, rue Lamartine..

Le Pensionnat Saint-Joseph de Cluny, plus familièrement appelé "le Couvent" de Cluny, accueille aujourd’hui des jeunes, filles et garçons, appartenant à tous les milieux sociaux de Martinique.

Ce 8 septembre 2014, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie, c’était la rentrée générale pour les élèves des deux sites : celui du centre ville, rue Lamartine, et celui du Nord de Fort-de-France, dans le quartier de Cluny, où le deuxième site s’est installé en 1956.

Le "Couvent" se répartit en fait en plusieurs établissements :
- une école maternelle et primaire de filles (grande section à CM2)
- un collège de filles (6ème à 3ème)
- un lycée mixte préparant au Baccalauréat d’enseignement général L, ES, S et au Baccalauréat technologique (STG)
- un lycée professionnel mixte préparant aux Baccalauréats professionnels de comptabilité et de commerce sur 3 ans

Le Pensionnat St Joseph de Cluny est aujourd’hui un des principaux établissements scolaires de la Martinique et il scolarise plus de 1200 élèves de la maternelle à la terminale. Les religieuses sont encore présentes et, même si elles n’enseignent plus, sont toujours disponibles pour rencontrer les élèves.

Rappelons qu’en France, l’État reconnaît « le caractère propre » de l’enseignement catholique et le Saint-Père a rappelé à plusieurs reprises le rôle essentiel de ces établissements catholiques dans l’éducation des jeunes : « Si les écoles et les universités catholiques doivent permettre d’accéder au savoir et à la connaissance, elles doivent également offrir à tous « la proposition chrétienne ».

Le pape François s’appuyait sur un document publié par le dicastère chargé de l’Enseignement catholique en décembre 2013 : « Eduquer au dialogue interculturel à l’école catholique, vivre ensemble pour une civilisation de l’amour », ce document encourageant l’enseignement catholique à favoriser le dialogue interculturel et insistant en même temps sur la nécessité de sauvegarder l’identité de l’école catholique.

Comme il l’a alors précisé, « Les écoles et les universités catholiques sont fréquentées par de nombreux étudiants non chrétiens, et même non croyants » mais les institutions catholiques sont cependant appelées à offrir à tous « la proposition chrétienne », dans le plein respect de la liberté de chacun et des méthodes propres à l’environnement scolaire.

Pour le pape, l’éducation catholique est en effet l’un des défis les plus importants de l’Église. « Eduquer est un acte d’amour » et le Saint-Père souhaite que les structures éducatives catholiques puissent réfléchir à leur responsabilité d’exprimer une présence vive de l’Evangile dans le domaine de l’éducation, de la science et de la culture. C’est d’ailleurs pourquoi, elles ne doivent pas « s’isoler du monde, mais savoir entrer avec courage dans l’aréopage des cultures actuelles et dialoguer, conscientes du don qu’elles ont à offrir à tous ».

Nous vous proposons de retrouver le reportage photographique réalisé par le père Philippon à l’occasion de cette rentrée au Pensionnat Saint Joseph de Cluny.



 


Retour sur le pèlerinage de l’ACPM

 

11 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

A l’occasion du cinquantième anniversaire du mouvement CPM de la MARTINIQUE, les centres de préparation au mariage ont organisé un pèlerinage des familles à LOURDES du 29 juillet au 07 août dernier. Nous avons rencontré le président de l’ACPM, Gabriel Levif, qui a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Gabriel, à qui était ouvert ce pèlerinage organisé l’année du cinquantième anniversaire de votre mouvement ?

Ce pèlerinage était ouvert aux familles du mouvement CPM, ainsi qu’à celles des autres mouvements de la pastorale familiale du diocèse. Les familles présentes appartenaient à plusieurs mouvements du diocèse : Les CPM, Solitude Béthanie, les équipes Notre-Dame, la communauté du chemin neuf, le service diocésain de la pastorale familiale, Vie et partage. Au total, nous étions 40 participants, soit 12 familles, ont pu bénéficier de ce projet, dont 21 enfants, et 3 grands parents.

Pourquoi avez-vous intitulé ce pèlerinage « A la rencontre de la Vierge Marie » ?

Dans le but d’exprimer notre adhésion et notre reconnaissance à la VIERGE MARIE pour son intercession permanente pour nos familles, et le mouvement CPM depuis cinquante ans. En retour nous avons été comblés avec la grâce de pouvoir découvrir 3 lieux prestigieux où la Vierge Marie se manifeste : ROCAMADOUR, LOURDES, LA RUE DU BAC à PARIS.

Quand êtes-vous partis de la Martinique ?

Le 29 juillet, au départ de Fort de France, nous étions 6 familles, qui ont été rejointes à Paris par 4 familles supplémentaires. Ensuite, c’est en autocar que nous avons voyagé afin d’accéder plus facilement aux lieux de pèlerinage.

Quelle a été votre première destination ?

Nous avons commencé par le village de ROCAMADOUR que nous avons atteint après 5 heures de route, ponctuées par un chapelet médité qui a préparé nos cœurs, et le visionnage d’un DVD de présentation du lieu qui allait nous accueillir. Cette cité médiévale, dans le pays de QUERCY, construite dans la roche à flan de montagne, est un lieu renommé de pèlerinage à la Vierge, depuis le 9ème siècle. Le roi Saint LOUIS, lui-même est allé à ROCAMADOUR demander le bonheur pour la France. En 1105, sous l’influence du pape Pascal II, ROCAMADOUR devint l’un des 4 lieux saints de la chrétienté, au même titre que Jérusalem, Rome et St Jacques de Compostelle.

Qui vous a présenté l’histoire de ce haut lieu de la Chrétienté ?

L’histoire sainte de ROCAMADOUR nous a été racontée pendant plus de 2 heures par le père Ronan de GOUVELLO, Recteur du sanctuaire. Elle peut se résumer en une maxime : « Ici quand tu pries, tu es exaucé ! ». Il n’y a jamais eu d’apparition de la Vierge Marie à ROCAMADOUR. Pourtant, la Vierge y est bien présente comme en atteste les multiples miracles qui ont récompensé les pèlerins qui y sont allés pour la prier. La présence de Marie dans ces lieux ne s’explique pas, elle se vit. D’ailleurs, certains d’entre nous, dont plusieurs enfants, répondant à l’appel intérieur de la Vierge, nous avons entrepris, à genoux, la montée des 216 marches qui conduisent à la chapelle de ROCAMADOUR, où est exposée la statue de la Vierge noire, en intercédant pour la conversion des pécheurs.

Le parcours n’était pas trop difficile ?

Bien que difficile cette montée est une véritable offrande qui se vit dans la foi. L’entrée dans la chapelle a été un moment extraordinaire ; c’était comme si nous nous sentions attendus et accueillis. Sans que nous puissions l’expliquer, la présence aimante de la Vierge MARIE était devenue évidente, et l’on comprend pourquoi tant de monde aspire à aller et à revenir en ces lieux ! Nous pouvons, nous aussi, témoigner aujourd’hui que cette première étape de notre voyage nous a profondément rapprochés de Marie, et les prières que nous avons exprimées dans cette chapelle ont été pour beaucoup exaucées.

Que retenez-vous de cette première étape ?

Nous n’avons passé que 2 demi-journées à ROCAMADOUR, mais d’une intensité telle que nos cœurs ont été conquis par le message de Marie. Petit signe d’encouragement de la Vierge : à la fin de la messe à laquelle nous avons participé le 31 juillet au matin, tous ceux qui étaient montés à genoux ont été invités à s’approcher et ont reçu une bénédiction spéciale du célébrant. Ils se sont vus remettre une médaille bénite de ROCAMADOUR, ainsi qu’une prière spéciale à Marie, que nous avons tous récité ensemble.

Passons à la deuxième étape : vers quel sanctuaire vous êtes-vous dirigés ?

Vers LOURDES , que nous avons atteinte après 5 heures de route. Notre groupe est passé à 40, grâce aux familles qui nous ont rejoints sur place. Les 3 jours passés sur le sanctuaire ont constitué le cœur de notre pèlerinage. Hébergés à la cité St Pierre, nous avons pu bénéficier des activités proposées par la communauté du sanctuaire.

Quels ont été les principaux temps forts de ce séjour ?

• La messe quotidienne à la basilique Notre dame du Rosaire.
• Les veillées de prières, tous les soirs, dans la petite chapelle en pierre de la cité St Pierre. Ce temps de relecture quotidien nous a permis de partager nos expériences avec Marie, et remercier le Seigneur pour toutes les grâces que nous recevions.
• La fête de la cité Saint Pierre à laquelle nous étions invités le vendredi soir, et où les différentes contrées représentées devaient présenter une manifestation représentative. Pour représenter la Martinique, nous avons choisi d’entonner deux chants de louange en créole accompagnés à la guitare (Mwen ka monté et mwen ja décidé), qui ont été très appréciés. Le petit rhum vieux que nous leur avons fait goûter a également beaucoup plu.
• L’enseignement reçu du père Guy sur la famille : En s’appuyant sur la vie de Bernadette, il nous a montré comment Marie agit dans la grotte de nos cœurs, à l’image de sa présence dans la grotte de LOURDES.
• La procession aux Flambeaux du samedi soir, sur le sanctuaire, moment bouleversant qui nous a révélé le caractère universel de Marie à travers toutes les nationalités représentées et en communion.
• La visite des lieux de vie de Bernadette et l’histoire de sa vie, exemple d’humilité et d’acceptation de la souffrance pour accomplir la mission qui lui était confiée.
• Le chemin de croix, animé par un diacre inspiré, qui a su nous toucher par ses propos sur la vie de Jésus, l’importance de la famille, de la relation entre parents et enfants, et du rôle qu’elle a à jouer dans notre monde.
• Le bain à la piscine de LOURDES, lieu de toutes les guérisons physiques exaucées par l’intercession de Marie. La longue attente pour y participer fait partie du chemin qui préparait nos cœurs à ce moment de purification et de guérison.
• Le temps de confession ou d’échange avec un prêtre de la cité.
• La messe internationale du dimanche matin, dans la basilique St PIE X, moment de grande communion universelle avec 15 à 20 000 pèlerins de toutes les nationalités priant ensemble le même DIEU.

Avez-vous vécu un moment privilégié dans votre rencontre avec la Vierge Marie ?

Oui, et ce fut l’un des points d’orgue de ce pèlerinage : le moment de la consécration des familles présentes, « au cœur immaculé de Marie ». Depuis le départ de Paris, nous avions d’ailleurs commencé une démarche de préparation. Chaque jour, un temps de prière et de méditation nous faisait rentrer progressivement dans ce mystère de la consécration ; nous remettions à Marie les domaines essentiels de nos vies de familles : nos lieux de vies, nos activités, nos prières, nos relations familiales…. La veillée de prière du dimanche soir à la cité St Pierre, a donc été l’occasion de prononcer tous ensemble, la prière de consécration finale qui manifestait notre décision de mettre Marie au cœur de nos foyers. Cette démarche confirmait notre engagement à nous appuyer sur elle pour réaliser, dans nos familles, le plan d’amour de DIEU. C’est seulement ainsi que nous pourrons être lumière pour le monde…

Vous êtes ensuite repartis pour Paris ?

Oui, éclairés par la lumière de Marie, nous avons repris la route de retour vers Paris, le 4 août au matin. Mais, un arrêt d’une journée avait été prévu au Futuroscope de Poitiers. Nous avons voulu offrir aux nombreux enfants du pèlerinage un temps de jeu et de détente en famille : au vu des visages rayonnants les enfants n’ont pas été les seuls à avoir apprécié cette escale !

Paris marquait le terme de votre pèlerinage ?

Oui, notre arrivée sur Paris marquait la fin officielle du pèlerinage CPM 2014, et c’est là, aux portes de Paris que nous nous sommes séparés… Mais, sans doute poussés par l’Esprit Saint, nous nous sommes donné un dernier rendez-vous, dès le lendemain, à la Rue du Bac, lieu renommé d’apparition de la VIERGE MARIE à sainte Catherine LABOURÉ, par l’intermédiaire de laquelle a été offerte au monde la médaille miraculeuse que nous connaissons tous. Ce moment d’action de grâce improvisé, dans le silence de la chapelle, nous a encore plus rapprochés de Marie, et nous a donné les forces nécessaires pour reprendre le cours de nos vies ... en tenant la main de la Vierge Marie.

En conclusion, que retenez-vous de ce pèlerinage ?

Marie réserve bien des surprises à ceux qui décident de se laisser guider par elle. Ainsi, ce qui au départ devait être un séjour à LOURDES s’est finalement transformé en chemin de découverte de Marie à travers les 3 sites majeurs visités. Nombreux sont les petits signes de sa présence qu’elle nous a manifestés tout au long de ce voyage et qui resteront gravés dans nos cœurs. Ce pèlerinage fut une rencontre personnelle profonde avec le Vierge Marie. Nous avons tous fait l’expérience que lorsque que l’on ouvre son cœur à MARIE, on en revient transformé !

Notre mission aujourd’hui est de rayonner et de témoigner de tout ce que nous avons reçu comme ont accepté de le faire en une phrase quelques-uns des participants.

Karine : « Pour moi, ce pèlerinage a redonné sens au mot famille »
Jacqueline : « J’ai été touchée par l’amour qu’il y avait dans les familles et le groupe »
Peter et Denise : « Nous avons vécu une véritable renaissance de notre couple et notre famille »
Muriel : « Vivre ce pèlerinage en famille fut une grâce exceptionnelle »

Gabriel, merci pour votre témoignage.



 


Retour sur la Fête de Notre-Dame de la Délivrande

 

11 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

Samedi 30 Août, à 10h, très nombreux étaient les fidèles du diocèse présents dans la basilique du Morne Rouge, encore une fois trop petite pour les accueillir tous, pour fêter dans la joie et le recueillement la Sainte patronne de notre diocèse. En l’absence de Mgr Michel Méranville, à qui ses médecins ont conseillé un temps de repos, c’est le père Marcel Crépin, vicaire épiscopal, qui a présidé cette messe de clôture du pèlerinage 2014, concélébrée par 21 prêtres ; 7 diacres assuraient le service de la liturgie. La chorale Notre dame de la Délivrande a animé la célébration.

Samedi 30 Août 2014

La prédication de cette messe de clôture a été assurée par le père Patrick-Alexis Phanor, curé de la paroisse du Morne Rouge et recteur du Sanctuaire diocésain.

Nous vous proposons de retrouver son homélie au titre parlant, "Le Calme après la tempête" :

« Monseigneur, qui nous écoutez certainement sur les ondes de Radio St Louis, pas seulement l’Evangile par dessus les toits, mais plus encore dans les cœurs, vous chers frères prêtres et diacres, chers religieuses et toi Frère Gilles [ Danroc, op ] présent ici, vous fidèles du diocèse venus des quatre coins de l’île, amis auditeurs de Radio St Louis, des récits de tempêtes, il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour en trouver dans chaque vie humaine. Il y a des orages qui balaient tout, qui bouleversent tout ce que nous avions construit. Il y a des événements dans nos existences qui nous déstabilisent complètement. Un accident, un conflit, un deuil, une catastrophe...
Ce sont des tempêtes extérieures à nous qui nous tombent dessus, et qui menacent de tout détruire. C’est effectivement ce qui arrive aux disciples et à Jésus dans leur barque : la tempête qui les menace est un phénomène tout à fait connu sur le lac de Génésareth. Car ce lac est comme une cuvette, avec un niveau de l’eau à moins 200 mètres en dessous du niveau de la mer et tout entouré de hautes collines. Les habitants de la région savent bien que son aspect peut changer d’un coup. Après quelques journées de chaleur, le vent peut se lever d’un coup et tomber presque verticalement sur la surface de l’eau. Cela provoque de grandes vagues, qui font penser à une tempête. Et puis d’un coup, tout s’arrête, le vent disparaît, et le calme revient, au point qu’on a du mal à croire ce qui était arrivé. Mais pour ceux qui se sont trouvé sur le lac au moment de ce phénomène, c’est effectivement très périlleux.
Et cela dit, quand les tripes sont malmenées, quand la peur s’installe, quand on ne sait plus comment faire face. Certaines tempêtes ont été traversées, d’autres sont à venir. Les anciens en gardent les cicatrices, les enfants ne savent pas encore ce qu’ils auront à affronter. Ce qui compte, ce n’est pas de chercher à éviter de telles tempêtes : elle tombent sur chacun sans crier gare. Mais ce qui compte c’est de trouver des moyens de traverser de telles tempêtes et d’en ressortir vivants.

Les tempêtes sont physiques, morales, sociales, spirituelles. La tempête, comme le désert, est une des formes que prennent les épreuves de l’existence. A la différence du désert qui met la patience à rude épreuve, la tempête malmène nos équilibres.
Quand nous sommes pris dans une tempête, comme des marins secoués sur un bateau ivre, nous ne trouvons plus le temps de retrouver notre équilibre. Il nous faut en permanence courir à gauche et à droite pour rester debout sur le pont de notre vie et pour ne pas passer par-dessus bord.

Dans une tempête, ce qui est typique, c’est que les marins ne savent plus où donner de la tête. Les priorités sont difficiles à discerner. Faut-il écoper, ou ramer, ou ramener les voiles, ou encore tenir le gouvernail pour faire face aux vagues ?
Dans une tempête de vie, il en va de même : faut-il s’occuper de ce problème ? faut-il consacrer du temps à gagner sa vie ou à soigner telle ou telle relation. Faut-il laisser tomber la mise sur pied de ce projet pour prendre le temps de se soigner ? Nombreux sont ceux aujourd’hui, qui sont pris dans de tels dilemme dans l’urgence. Ceux qui en profitent ce sont les psychologues et les vendeurs de vitamines, de fortifiants et d’aspirine.

Et je constate ceci : quand je cours de toutes parts pour pallier au plus pressé, quand je ne sais plus où donner de la tête, quand je perds mon calme et que je commence à voir que certaines choses vont tomber à l’eau parce que personne ne s’en occupe. Alors il y a bien une chose que je ne supporte pas, et j’imagine qu’il doit en aller de même pour vous : je ne supporte pas de voir quelqu’un les bras croisés, je supporte difficilement la vue de quelqu’un qui ne partage pas mes soucis.
Et j’imagine que Pierre, le disciple-pêcheur, doit être atterré – si j’ose dire – de constater le sommeil de Jésus au cœur de cette tempête. Le calme de Jésus est ahurissant. Or, lorsque nous sommes pris dans une tourmente de vie, il nous faut peut-être pourtant, regarder à l’arrière de notre barque pour voir si Jésus ne s’y est pas installé pour dormir. Et si c’est le cas, alors, je vous propose de bien sentir cette émotion en le voyant dormir, émotion qui est celle de Pierre : Maître, nous allons périr, cela ne te fait donc rien ? …

On pourrait se poser plusieurs question autour de ce sommeil. Je vois trois manière de comprendre ce Jésus endormi : Première question : est-ce parce qu’il dort que les éléments se déchaînent ? Si c’est le cas, l’action de Pierre est salutaire. Peut-être que dans nos tempête, nous aussi il nous faut réveiller Jésus parce que ce n’est pas notre détresse qui le réveille, c’est notre appel au secours. Ce n’est pas la tempête qui l’a réveillé, c’est le cri de Pierre.

Mais on peut aussi penser que si Jésus dort - alors que sa vie est menacée au même titre que celles de ses disciples - c’est parce qu’il a confiance en ses disciples. Il croit en leur capacité de traverser cette tempête. En regardant Jésus dormir au cœur de notre tourment, c’est peut-être aussi une invitation à prendre conscience qu’il considère que nous avons suffisamment de ressources pour nous en sortir vivants. Pas forcément indemnes, mais vivants.

Finalement, en regardant Jésus dormir, je peux aussi me demander, s’il est vraiment dans la tempête. Les disciples essuient une tempête, mais Jésus s’y trouve-t-il vraiment lui aussi ? Je m’explique : La tempête ne serait-elle pas le résultat de l’état d’esprit et de l’état spirituel des disciples ? Autrement dit : La tempête est-elle extérieur ou intérieur ?

L’expérience nous montre en tout cas, dans bien des situations, qu’il suffit de calmer nos tourmentes intérieures, pour que se calme la tempête autour de nous. Nos peurs ont une efficacité redoutables pour malmener nos barques, et pour projeter sur la réalité des tempêtes qui ne sont en fait, qu’à l’intérieur de nous. Respirer un bon coup, profondément, et voilà que le paysage déjà s’apaise autour de nous.

Ceci pourrait signifier, symboliquement, que tandis que les disciples sont dans la tourmente, Jésus, lui, ne s’y trouve pas. Et c’est pour cela qu’il dort. Il n’est pas dans la même réalité que ses disciples. Et, une fois réveillé, sans participer une seconde à la peur des disciples, il suffit que Jésus rayonne de son calme intérieur, pour que les éléments extérieurs se calment.

De ces trois façons d’interpréter cette tempête et ce sommeil de Jésus, il n’y en a pas une de plus juste qu’une autre. Ce sont trois facettes je crois d’une même réalité. L’interprétation la plus importante, c’est celle qui nous aide à vivre l’essentiel, c’est-à-dire le passage, entendons la Pâque de la tempête au calme. Et c’est ce que j’aime goûter dans cette histoire, c’est ce calme, après la tourmente. J’aime lire et relire ce récit pour vivre ce passage intérieurement, pour sentir ce contraste saisissant entre la tourmente et le calme, dès que Jésus se lève.

Ce qui est essentiel, c’est ce passage, parce que c’est comme je vous l’ai dit il y a quelques instants, c’est un récit de Pâque, c’est un récit de Résurrection. L’évangéliste ne laisse que peu de doute à ce sujet. Le réveil de Jésus, c’est le même mot que les chrétiens utilisent pour dire que Jésus s’est réveillé d’entre les morts. Quand Jésus se réveille dans la barque, c’est sa puissance de Résurrection qui est à l’œuvre. Or sa Résurrection n’est pas une bonne affaire pour lui, c’est une bonne affaire pour nous. C’est ce réveil qui permet, dans nos vies, le passage bienfaisant du tourment à la paix.

Ce texte biblique au fondement de la création de notre diocèse de Martinique, nous devrions le relire, et nous en imprégner, chaque fois que nous ne savons plus comment faire face aux exigences qui nous assaillent. C’est cette grâce que j’ai eu ici au Morne Rouge au moment où mois notre Eglise diocésaine était en pleine tourmente, célébrer à l’oratoire du presbytère avec quelques fidèles grand priants et intercesseurs une Messe à Notre-Dame de la Délivrande pour réentendre ces mots de la part Jésus : et prier pour mon Evêque et mes frères prêtres. Parce que, si nous nous en imprégnons, alors le miracle se reproduit : le calme, la confiance, la paix, retrouvent leur empire en nous, par la puissance de la Résurrection de Jésus, par la puissance de Pâques aujourd’hui. Et les vagues qui remplissaient notre barque sont soudain tenues à distance, elle ne peuvent plus rien et s’apaisent.

Jésus est là. La confiance et le calme dont il a fait preuve face aux éléments déchaînés de la croix, ce calme et cette confiance déteignent en nous et nourrissent notre âme. Il est là, il est réveillé, debout sur la barque, faisant face au vent et aux vagues, comme un rempart face à l’adversité. Il domine ce monde des démons qu’est la mer. Alors il y eut un grand calme.

Jésus lui-même s’était identifié à Jonas. Les 3 jours de Jonas dans le ventre du poisson correspond aux 3 jours qu’il s’apprête lui-même à passer dans les entrailles de la mort. Et de même que c’est la perte de Jonas, passant par-dessus bord, qui calme la colère des flots, de même Jésus va, lui-aussi, apaiser nos tempêtes par le Pardon scellé à la croix. Ce pardon qui rétablit un lien indestructible entre le croyant et son Père céleste.

Pour l’heure, pourtant, Jésus ne se jette pas dans les flots furieux, non, il indique déjà à ses disciples, que, dans leur barque, il y a plus que Lui. Et il annonce déjà sa victoire sur les éléments destructeurs. Et la mer s’apaise. Et au milieu de ce grand calme : une question : Pourquoi avez-vous si peur, n’avez-vous pas encore confiance ? Ainsi parle pourtant le Seigneur par la bouche d’Esaïe : c’est dans la tranquillité et le repos que sera votre Salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force.

Cette expérience de la tempête a certainement été nécessaire aux disciples pour croire à la Résurrection au lendemain de Pâques. De même, les expériences que nous pouvons vivre de notre vivant, les tempêtes que Jésus apaise au long de nos jours, nous sont aussi certainement nécessaire pour marcher au-devant de notre propre mort, avec le calme et la confiance en cette Résurrection.

Sœurs et frères, en cette fête de la Sainte Patronne de Notre Diocèse, Marie, Notre-Dame de la Délivrande, Porte du Ciel et Mère de l’Espérance, peut nous apprendre à dire « oui », jour après jour, à Celui qui est la Source même de la Résurrection et de tout Amour. Et quand bien même le doute et la peur viendraient nous envahir et menaceraient notre paix intérieure, adressons-nous à Marie, l’Etoile de la Mer, comme Saint Bernard a su le faire en écrivant ce texte magnifique :

" Dans la tempête, regarde l’étoile, invoque Marie !
Ô toi, qui que tu sois, qui dans cette marée du monde, te sens emporté à la dérive parmi orages et tempêtes, plutôt que sur la terre ferme, ne quitte pas les feux de cet astre, si tu ne veux pas sombrer dans la bourrasque.
Quand se déchaînent les rafales des tentations, quand tu vas droit sur les récifs de l’adversité, regarde l’étoile, appelle Marie !
Si l’orgueil, l’ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues, regarde l’étoile, crie vers Marie !
Si la colère ou l’avarice, si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme, regarde vers Marie !
Quand, tourmenté par l’énormité de tes fautes, honteux des souillures de ta conscience, terrorisé par la menace du jugement, tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.
Dans les dangers, dans les angoisses, dans les situations critiques, pense à Marie, crie vers Marie !
Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton cœur, et pour obtenir la faveur de ses prières, ne cesse pas d’imiter sa vie. "

Qu’il en soit ainsi, Amen Alléluia ! »

A la fin de la célébration, le diacre Paul Rougon, a rappelé que le pèlerinage diocésain 2014 s’était déroulé du 21 au 30 août avec la participation des mouvements diocésains, des équipes liturgiques et des chorales des districts du diocèse qu’il a remerciés pour leur engagement. Il a salué également tous les membres du comité d’organisation et de la paroisse qui ont permis par leur dévouement d’accueillir les nombreux pèlerins venus en pèlerinage pendant ces neuf jours et notamment le 30 août, jour de la fête solennelle de Notre-Dame de la Délivrande. Il n’a pas oublié non plus de dire merci à tous les pèlerins venus très nombreux cette année et à tous ceux qui par leurs dons permettent d’améliorer les conditions d’accueil proposé par le sanctuaire

Radio Saint Louis a retransmis en direct cette belle fête diocésaine, et pour la première fois, grâce au partenariat avec le Service Diocésain de Radio Télévision, les auditeurs ont également pu suivre cette retransmission en images sur la webtv Saint Louis ( par le site internet www.radiosaintlouis.com).



 


Jour de joie chez les Soeurs de Saint Paul de Chartres

 

2 septembre 2014 2014 par Michel DEGLISE

En la fête de Saint Augustin, Mgr Michel Méranville a présidé la Messe d’action de grâces célébrée au Noviciat de Didier, en présence des 15 soeurs qui fêtaient leur jubilé ( 60 ans, 50 ans et 25 ans de vie religieuse) et qui ont renouvelé publiquement leurs voeux. Père Gilles Danroc, op, prédicateur de la retraite donnée aux soeurs en ce mois d’Août, père Peter Caesar, prieur du monastère bénédictin de Terreville, père Marcel Crépin, vicaire épiscopal, père Claude Anglio et père Luc Philipon concélébraient cette Eucharistie.

Jeudi 28 Août 2014

Dans son mot d’accueil, Mgr Méranville a rappelé les étapes de la vie d’Augustin qui sont bien connues : sa naissance à Thagaste (354), sa conversion à Milan (387), son épiscopat à Hippone ((395-430).

« Mais ce qui compte surtout », a-t-il ajouté, « c’est le rayonnement de sa pensée et le témoignage d’une vie toute consacrée à la recherche de Dieu et au service de l’Eglise, qui est à la fois pour lui la communauté des chrétiens d’Hippone et le Corps du Christ répandu à travers le monde. »

Notre archevêque a également souhaité la Bienvenue à Sœur Marie Denise, nouvelle Supérieure Provinciale des Sœurs de Saint Paul de Chartres, ainsi qu’aux quinze sœurs qui fêtaient leurs jubilés de vie religieuse : qu’il s’agisse de leur Jubilé de Diamant, soixante ans de vie religieuse, de leur jubilé d’Or, 50 ans de vie religieuse, ou de leur Jubilé d’argent, 25 ans de profession religieuse.

8 religieuses, qui sont dans la Congrégation depuis 1954, célébraient en effet en ce jour leur Jubilé de Diamant de profession religieuse :

Sœur Marie-Véronique MIRTA
Sœur Félix de Marie DURAGMOND
Sœur Odile de Marie ONIER
Sœur Marie-Agnès ZONZON
Sœur Chantal de Marie PARDAN
Sœur Augustine de Marie FARRAUDIERE
Sœur Marie-Angélique AQUILON
Sœur Yves de Marie DESIR

4 religieuses fêtaient leur Jubilé d’Or :

Sœur Claire d’Àssise GOUJON
Sœur Joseph-Michel HO-SING-MING
Sœur Thérèse-Marie MARIE-JEANNE
Sœur Marie-Georges VILLARSIN

Enfin 3 Sœurs ont atteint 25 ans de vie religieuse et fêtaient leur Jubilé d’argent :

Sœur Noéline RASOAMAMPIONONA
Sœur Viviane HUBBEL
Sœur Marie-Raphaël JEANNELO

C’était donc un jour de grande joie pour toute la congrégation des Sœurs de Saint Paul de Chartres et les familles et amis des jubilaires qui étaient venus très nombreux rendre grâces au Seigneur en la belle fête de Saint Augustin.

Cette célébration a été animée de belle manière par la chorale dirigée par Sœur Laurent et par le groupe gestuel Magnificat.

Nous vous proposons de retrouver l’homélie que Mgr Michel Méranville a prononcée à cette occasion  :

« Depuis plusieurs années maintenant, c’est pour moi une grande joie, de présider en tant qu’évêque du Diocèse, le jubilé des sœurs de Saint Paul de Chartres qui célèbrent soit 60, 50 ou 25 ans de vie religieuse des membres de leur communauté.
Et ma joie est d’autant plus grande que c’est presque toujours à la même date, en la fête du grand Saint Augustin, au lendemain de la fête de sa maman Sainte Monique, que se célèbre l’Eucharistie qui rend grâce à Dieu pour toutes ces années de fidélité de 15 de nos sœurs religieuses.

Avant de commencer l’homélie – qui est comme vous le savez tous, un entretien familier autour de la Parole de Dieu – je veux quand même dire quelques mots au sujet de celui dont c’est la fête aujourd’hui : Saint Augustin.

C’est quelqu’un qui est né en 354 à TAGASTE, ville de NUMIDIE en Afrique du Nord, à proximité du Maroc. Il était fils d’un païen du nom de Patrice et sa mère était une chrétienne Monique, canonisée par l’Eglise, dont la fête a été célébrée hier.
De famille aisée et sans doute beau garçon, si on en croit le succès qu’il eut auprès des femmes et notamment celle avec laquelle il eut un enfant qu’il appela « Adeo datus »(Dieu donné), Augustin eut une jeunesse assez mondaine, en dépit de l’éducation reçue de ses parents et particulièrement de sa mère.

Professeur de rhétorique – qui est comme on le sait, l’art de persuader par des discours – il enseigna à Tagaste, puis à Carthage, à Rome et à Milan. Entre temps il était devenu « manichéen », c’est-à-dire adepte de cette doctrine qui porte le nom de son fondateur , Manès, qui prétendait qu’il y a deux principes égaux et antagonistes, le Bien et le Mal qui régissent toute chose et qui se combattent depuis toujours.

Augustin avait donc adopté ces croyances, mais à Milan, sous l’influence de Saint Ambroise Evêque de cette ville, et en lisant les Epitres de Saint Paul, il se convertit.
En la fête de la Pentecôte de l’an 387 , à l’âge de 32 ans il reçut le baptême des mains de Saint Ambroise. Cette même année mourut sa maman, Monique, qui avait tant prié et pleuré pour sa conversion.

Augustin regagna l’Afrique et de 388 à 391 vécut avec quelques amis une vie plutôt monastique. Puis il reçut l’ordination sacerdotale en 391 et trois ans plus tard fut ordonné évêque coadjuteur d’Hippone.

A partir de ce moment, il consacra toute son énergie et ses dons intellectuels remarquables à la défense de la foi et de la morale chrétienne, mais aussi à la réfutation des erreurs telles le Manichéisme qu’il connaissait bien, ou le Donatisme, ou le Pélagianisme, toutes doctrines hérétiques qui portent le nom de leurs fondateurs.

Il fut un écrivain ecclésiastique intarissable et parmi ses œuvres il nous a laissé entre autres, les bien connus : « Les Confessions » et « La Cité de Dieu ».
Augustin est mort le 28 aout 430. Sa vie a été un miracle de grâces divines. Et même son fils « Adeodat », l’enfant du péché est vénéré comme un saint.
Les reliques de Saint Augustin sont conservées en la basilique de Saint Pierre, à Pavie.

J’ai tenu à rappeler brièvement la vie de Saint Augustin en ce jour où nous voulons rendre grâce à Dieu pour les années de fidélité de nos sœurs religieuses.
Le nombre de nos années nous impressionne toujours surtout lorsqu’elles se comptent par décades. 60, 50, 25 années sont pour nous de véritables records de durée. Mais ce ne sont que des moments du temps que Dieu nous donne de vivre, lui qui n’est pas assujetti au temps, parce qu’il est éternel, parce qu’il est lui-même l’éternité qui n’a ni commencement ni fin.

C’est lui l’auteur de nos vies, celui dont Saint Paul dit qu’il nous donne « La vie, le mouvement et l’être ». Dans le fond, la fidélité c’est lui. Quelle que soit notre manière de vivre, c’est lui qui nous est resté fidèle pendant toutes ces années de notre vie, si longues soient elles.

Comme il a été fidèle à Augustin pendant toutes ses années d’errance. C’est lui qui dira un jour à Augustin : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé. » Et de son côté Augustin dira : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne t’a pas trouvé. »( Fecisti nos ad te Domine et irrequietum est cor nostrum donec requiescat in Te. »)

Je voudrais aussi ajouter une chose qui ne pourra qu’augmenter la joie des Jubilaires d’aujourd’hui, c’est que leur profession religieuse n’est en fait que le prolongement de la profession de foi de leur baptême.

Le baptême a changé radicalement notre vie, en nous plongeant dans la mort du Christ pour nous faire ressusciter avec lui en devenant des créatures nouvelles, qui ne vivent pas pour elles mêmes mais pour Dieu et pour les autres. Et c’est ce choix qui s’est amplifié et exprimé dans la profession et la consécration religieuses.
Et c’est pourquoi, en ce jour, nous sommes invités certes, à congratuler les jubilaires, mais surtout à nous souvenir avec reconnaissance des promesses de notre baptême.

Nous engager comme elles à professer dans nos vies les vertus de CHASTETE, PAUVRETE, OBEISSANCE comme le Christ qui s’est dépouillé de tout, s’est fait pauvre pour nous rendre riches. Il a assumé notre humanité pour nous communiquer sa divinité.

L’Evangile de ce jour nous invite à nous comporter comme des serviteurs qui attendent le retour de leur Maître en veillant dans la prière mais aussi dans l’action. Heureux ces serviteurs que le Maître à son retour trouvera au travail !

Dans nos vies de croyants, nous donnons souvent une importance excessive à des choses qui sont secondaires, comme communier sur la langue, faire une profonde génuflexion avant de recevoir le corps du Christ, nous avons des habitudes, des routines que nous ne voulons changer pour rien au monde … et puis nous oublions l’attention que nous devons avoir pour les autres quels qu’ils soient, le respect de leur vie privée, de leur biens et de leurs droits, le respect de leur réputation et l’aide que nous sommes tenus de leur apporter dans leurs difficultés.

Bien au contraire nos communautés privilégient souvent ce qui les divise et en font des contre témoins du Christ : les médisances, les calomnies, les rancunes , l’égoïsme et la haine.

Que Saint Augustin intercède pour nous tous en nous obtenant la grâce de la conversion dont nous avons tous besoin pour nous détacher des illusions du monde et nous engager fermement à la suite de Jésus notre Sauveur et notre Dieu.
Que nous puissions imiter nos sœurs jubilaires dans leur fidélité qui n’est pas seulement une question de longévité mais une question d’amour par dessus tout à celui qui nous a aimés en premier et qui nous demande, si nous l’aimons, d’aimer aussi notre prochain comme nous mêmes.

Amen ! »

Vous pouvez retrouver en diaporama le reportage photo du père Philippon sur cet événement. Nous avons profité de sa présence à cette célébration pour lui demander son témoignage :

Père Philippon, vous êtes le délégué de l’Evêque à l’Information, pour vous, c’est déjà la rentrée ?

« Je garde mon cœur d’enfant qui voudrait demeurer encore un petit peu en vacances. Le temps des vacances c’est le temps de la joie de donner davantage de notre présence à nos familles. Être aujourd’hui, ici, pour ce grand moment de la vie de notre diocèse, est une grâce non seulement pour notre Eglise particulière, mais aussi pour toute l’Eglise universelle. »

Que retenez-vous de cette célébration ?

« D’abord, j’ai vécu cette célébration en méditant la parole du pape François qui introduit sa réflexion sur l’annonce de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui : "La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus". De même, quand notre archevêque nous disait sa joie de rendre grâces à Dieu pour toutes ses sœurs jubilaires qui se laissent transformer jour après jour, comme Saint Augustin, par cette beauté qui s’appelle Dieu, nous étions d’une seule âme dans l’action de grâces, action de grâces pour cette congrégation qui rayonne la présence du Christ à travers le monde.

Ensuite, quelle joie de voir les sœurs jubilaires entourées de leurs familles jusqu’aux plus jeunes générations en ce temps de vacances finissantes.

J’ai eu aussi dans le cœur la célébration présidée le 28 août 2012 par son Eminence, le cardinal Robert Sarah venu nous témoigner de la sollicitude du Saint Père pour notre église locale.

Enfin, cette célébration nous projette déjà vers la journée mondiale missionnaire du 18 octobre prochain : "...La journée missionnaire mondiale est un moment privilégié durant lequel les fidèles des différents continents s’engagent par la prière et par des gestes concrets de solidarité à soutenir les jeunes Eglises des territoires de mission. Il s’agit d’une célébration de grâces et de joie. " (Pape François). »



 


Lettre de Mgr Bernard Charrier

 

29 septembre 2015 2015 par Eglise catholique de Martinique

« Aux frères et sœurs du diocèse de Saint Pierre et Fort de France. »

« Frères et Sœurs du diocèse de St Pierre et Fort de France,

A la demande du Président de la Conférence des Evêques de France, Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille, je suis venu, en frère, à la rencontre de votre évêque, de vos prêtres et de vos diacres. A travers eux, c’est une Eglise blessée et en souffrance que j’ai rencontrée. Dans l’attente de la nomination prochaine d’un évêque pour votre diocèse, quelques uns de vos prêtres ont exprimé leurs inquiétudes. Elles étaient de nature confidentielle, destinées aux seuls responsables de l’Eglise. Par malheur elles ont été divulguées et livrées à touts sortes d’interprétation.

Le mardi 10 juin et de nouveau la matinée du jeudi 12, j’ai demandé à vos prêtres de se dire entre eux, en vérité, en hommes honnêtes et en hommes de foi, comment ils voyaient leur Eglise aujourd’hui et leur ministère autour de l’évêque, à la suite de cet événement qui, depuis février dernier, a jeté le trouble dans tous les esprits.

Je peux témoigner aujourd’hui de la qualité de la parole échangée.

J’ai entendu des demandes de pardon, le désir de sortir de l’accusation, voire de la condamnation, la reconnaissance des erreurs et des torts faits aux uns et aux autres et à l’ensemble de l’Eglise.

J’ai entendu l’aveu du péché qui nous entrave tous dans notre marche à la suite de Jésus, mais aussi l’aveu de l’attachement de vos prêtres à leur ministère et à votre Eglise en Martinique. La foi ne les a pas quittés. La charité petit à petit retrouve ses droits. Le désir est toujours là de témoigner du Dieu unique, Père, Fils et Saint Esprit, dont le cœur est plus grand que notre cœur.

J’ai entendu cette parole : « L’amour pardonne tout ; l’humilité arrange tout ». Amour et humilité, bel antidote au soupçon et aux peurs auxquels nul n’échappe. Cette parole d’une sainte femme, fondatrice de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny, a été reçue comme un appel à devenir plus humbles dans l’exercice de notre ministère épiscopal et presbytéral.

Chaque année, le temps du Carême nous rappelle que la vie chrétienne est pour tous un combat spirituel. Chaque année, le mystère de Pâques Pentecôte nous annonce la force venue d’en haut, l’Esprit qui peut faire toutes choses nouvelles, mais pas sans nous.

Chers frères et sœurs dans le Seigneur, chers amis prêtres et diacres, cher Monseigneur Michel Méranville, je vous assure de toute mon estime. Je vous promets de prolonger mon service près de vous par ma prière fraternelle. »

Le 12 juin 2014

+ Bernard CHARRIER
Evêque émérite de Tulle



 


Retour sur la Confirmation des adultes

 

26 mai 2014 2014 par Michel DEGLISE

Mgr Michel Méranville a confirmé 182 personnes lors de la cérémonie qu’il a présidée à la Cathédrale Saint Louis de Fort de France dimanche 18 Mai à 15h. Nous vous proposons de retrouver cet événement dans un reportage photo.

L’ assistance était nombreuse et joyeuse en ce dimanche après-midi, en provenance de toutes les paroisses d’origine des nouveaux confirmés (de 18 à 63 ans). De nombreux prêtres s’étaient également joints à notre archevêque pour la circonstance. C’est le père Emmanuel Saint-Honoré, Délégué de l’Évêque au Catéchuménat, qui a présenté les confirmants adultes.

Dans son homélie, Mgr Méranville, après avoir lu quelques lettres parmi toutes celles qui lui ont été adressées par les candidats, a souligné la responsabilité des nouveaux confirmés dans l’affirmation de leur foi en Jésus-Christ Vivant, Ressuscité, Chemin de Vie et de Vérité.
Il a rappelé que le témoignage pouvait aller jusqu’à la prison et à la condamnation à mort en citant le cas de cette jeune femme soudanaise, médecin, Maryam Yhaya, âgée de 27 ans, mariée et mère d’un enfant de 20 mois, enceinte de son deuxième enfant, qui vient d’être condamnée à mort par pendaison pour avoir refusé de renier sa foi chrétienne.

C’est le Groupe vocal Résonnan’s,sous la direction de Dominique-Edouard Lagier, qui a animé cette belle célébration ; Le clavier était tenu par Laurent Lagier.

Les photos ont été prises par le père Luc Philippon, DEI.



 


Le Cardinal Roger Etchegaray Grand Croix de la Légion d’Honneur

 

29 avril 2014 2014 par Michel DEGLISE

Monsieur Manuel VALLS, Premier ministre français, a remis les insignes de Grand-Croix de la Légion d’Honneur à son éminence le Cardinal Roger ETCHEGARAY, à Rome, samedi 26 avril 2014, veille de la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II. Nous vous proposons de prendre connaissance du discours du premier Ministre à l’occasion de la remise de cette distinction, la plus haute de la République française, à celui qui fut l’un des plus proches collaborateurs du Pape Jean-Paul II.

Samedi 26 Avril 2014

Monsieur le Cardinal,
Éminences,
Excellences,
Chers amis,

Les théologiens, les penseurs, les philosophes ont souvent à répondre à cette question : qu’est-ce que la vie ? Je tenterai – modestement … – d’en donner une définition : c’est une succession de moments simples, souvent joyeux, parfois plus durs, et … ponctuée par des moments exceptionnels. Et ce moment que nous rassemble est exceptionnel. A plus d’un titre.

D’abord, au regard de la personne honorée. Votre parcours d’homme d’Église, le don permanent de soi, mais aussi la spontanéité, l’ouverture que vous avez toujours manifestés, monsieur le Cardinal, forcent notre admiration et notre respect.

Moment exceptionnel, car la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur, que je vous remettrai au nom du Président de la République, est en elle-même une exception : peu d’hommes et de femmes se sont vus honorés par ce témoignage le plus abouti de la reconnaissance de notre Nation. La République ne connaît pas de plus haute distinction.

Cette République est laïque. Ce qui fait souvent l’objet d’incompréhensions ... encore très récentes. La laïcité, contrairement à ce que l’on croit souvent, n’est pas négation de la religion. C’est la séparation entre le spirituel et le temporel, l’indépendance des États par rapport aux Églises, et des Églises par rapport aux États. Indépendance n’est pas ignorance. La République laïque ne reconnaît aucun culte. Mais elle sait reconnaitre les grands mérites.

C’est pourquoi, 44 ans après le cardinal LIENART, 10 ans après l’Abbé Pierre, elle choisit aujourd’hui de distinguer l’un de ses éminents citoyens. Elle l’avait déjà fait en 2002, par les mains de Pierre MESSMER. Il vous avait remis les insignes de Grand-Officier, sous la coupole du Palais de l’Institut de France. Vous avez en effet été élu à l’Académie des Sciences morales et politiques en 1994, succédant à René BROUILLET, proche collaborateur du Général DE GAULLE, et qui a d’ailleurs longtemps habité cette maison.

Le moment est exceptionnel pour encore deux raisons. Les circonstances : nous sommes à la veille d’une journée qui marquera l’histoire de l’Église. Rome, demain, célébrera la canonisation de deux de ses plus illustres évêques, deux papes, Jean XXIII et Jean-Paul II. Chacun à leur manière, ils ont changé le cours des choses.

Moment exceptionnel, enfin, par la beauté du lieu. Cette villa Bonaparte, où l’art resplendit, est un somptueux « petit bout de France » au cœur de la capitale italienne. Les personnes averties savent d’ailleurs qu’il y a une forme de cohérence historique à remettre la Légion d’honneur à Rome. Cette décoration, fondamentalement républicaine, même si d’origine impériale, trouve en effet son inspiration dans l’antiquité romaine … preuve, s’il en fallait une, des liens intenses, fraternels, qui unissent la France et l’Italie.

Un géant de notre littérature, STENDHAL, qui connaissait parfaitement le pays de GARIBALDI affirmait « qu’il ne fallait pas confondre les Romains et les habitants de Rome ». Habitant de Rome – plus particulièrement du quartier du Trastevere – vous l’êtes, monsieur le Cardinal, depuis plus de 30 ans. Mais Français, Basque, vous l’êtes toujours resté. Cet accent rocailleux du Sud-Ouest – auquel j’ajouterais ce petit sourire toujours au coin des lèvres –trahissent vos origines. Vous y êtes profondément attaché.

Comme vous l’êtes à votre village d’Espelette. C’est là que vous vous ressourcez. Avoir un point d’ancrage est souvent la caractéristique de ceux qui parcourent le monde. « Cardinal globe-trotteur », c’est la formule journalistique que l’on vous a, maintes fois, attribuée au cours des années. Elle a le mérite de la concision. Pourtant, elle ne dit pas la réalité des missions délicates – et disons dangereuses – que vous avez accomplies aux quatre coins de la planète comme émissaire de Jean-Paul II. Vous avez été son homme de confiance pendant deux décennies.

C’est en 1984 – vous êtes alors archevêque de Marseille – qu’il vous nomme président des Conseils pontificaux Justice et Paix, et Cor Unum. Sur tous les continents, vous porterez la parole d’une Église proche des nécessiteux et de tous ceux que les catastrophes, la guerre, la misère ont précipité dans le malheur.

Vous vous rendez à Sarajevo, ou encore à Beyrouth sous les bombes. Au Rwanda, vous faites face à la folie des hommes qui s’entretuent. En Irak, vous prenez votre bâton de pèlerin pour tenter d’empêcher que la guerre n’éclate. Il y a les visites officielles bien sûr. Mais il y a surtout ces nombreux voyages que vous avez réalisés plus discrètement, en Afrique, en Amérique Latine, en Asie afin, pour reprendre vos mots, « de découvrir réellement, de façon anonyme, au milieu des gens ». C’est souvent la seule manière de saisir la réalité des angoisses et des souffrances des peuples.

Les risques, le doute, la crainte de l’échec ne vous ont jamais dissuadé. Cet espoir de paix entre les hommes que vous avez porté aux moments les plus critiques des conflits et des crises n’a pas été vain. Il n’a pas été aussi fugace qu’une lecture rapide et superficielle des événements pourrait laisser accroire. Vous avez planté des graines, en plein hiver, dans des terres apparemment mortes et stériles. Aujourd’hui, trente ans plus tard, ces graines ont donné des arbres. Ils sont parfois fragiles, mais ils sont la preuve de l’espoir que vous avez semé. Ce sont des symboles de paix que toutes les confessions du monde reconnaissent et honorent.

Je sais, monsieur le Cardinal, que vous n’aimez pas trop – c’est souvent la marque des grands hommes … – parler de vous. Je m’en chargerai donc … Le formalisme de la cérémonie qui nous rassemble réclame, en effet, d’éclairer, à nouveau, quelques aspects bien connus de votre personnalité. Bien connus, car vous êtes, à n’en pas douter, l’un des Français les plus célèbres à Rome … et un des Français les plus appréciés des Français pour qui votre visage et votre voix sont familiers.

Vous êtes d’abord, et avant tout, un homme au service de Dieu. La foi vous a toujours accompagné, porté. C’est elle qui vous pousse à entamer des études de théologie, d’abord dans le pays Basque, puis, ici, à Rome, dans l’immédiat après guerre. Depuis votre ordination, en 1947, jusqu’au début des années 60, vous exercez, dans votre diocèse natal de Bayonne. Et l’on remarque déjà vos capacités, votre esprit et une certaine autorité naturelle. Pour dire les choses très simplement : vous êtes un jeune prêtre brillant.

Vos qualités vous amènent alors à être, pendant près de dix ans, au cœur de l’organisation de l’Église de France. Comme directeur du secrétariat général de l’épiscopat français, vous vivez un moment passionnant : celui du Concile, voulu par Jean XXIII, de l’aggiornamento mené à terme par Paul VI. Ces années, que je me risquerai à qualifier « d’effervescence de l’Église », seront centrales dans votre vie d’homme et de prêtre. Ce Concile c’est, selon vos mots, « l’aventure dont vous n’êtes jamais sorti ». Vous avez été de ceux qui étaient convaincus que le choix était le bon, qu’il fallait ouvrir les fenêtres de l’Église pour y laisser entrer l’air frais, et embrasser l’avenir. Ceci correspondait au fond aux deux fils d’Ariane de votre vie de chrétien : l’écoute et le dialogue.

Et c’est notamment à Marseille que, pendant 14 ans, vous avez donné toute leur ampleur à ces deux impératifs. Dans la cité Phocéenne, dans ce magnifique lieu de brassage, et de ferveur – que l’on caricature trop souvent – vous avez été un archevêque pleinement au contact de ses fidèles, de la société, c’est-à-dire aussi au contact de ses difficultés. Vous avez été un pasteur au cœur de la cité. Je crois même savoir que vous avez été à l’initiative « d’une radio libre » dont le nom, à lui seul, traduisait votre état d’esprit : radio dialogue.

Ce dialogue, vous avez su le mener avec toutes les religions. A Marseille, vous avez fait grandir l’estime réciproque des chrétiens, des juifs et des musulmans. Une expérience que vous avez prolongée en étant la cheville ouvrière de l’inoubliable rencontre des responsables religieux à Assise, le 27 octobre 1986, autour du pape Jean-Paul II, quelques mois après sa visite à la Synagogue de Rome. Homme au service de Dieu, homme de dialogue, vous êtes monsieur le Cardinal, un homme engagé. Engagé avec passion.

Jamais, dans les missions qui vont ont été confiées, vous n’avez cherché à vous protéger ni à vous économiser. Je pense notamment à vos années passées à la tête de la conférence des évêques de France. L’époque n’était pas facile. C’était un moment historique où il fallait réformer sans brusquer, tenir ferme le gouvernail, sans cesser d’écouter.

Dans toutes ces circonstances, votre parole a eu l’autorité nécessaire, qui se nourrit de la cohérence profonde qu’il y a entre votre vie et vos paroles. Vous suscitez de toutes parts un immense respect. Notre présence en nombre, ici, ce soir, en témoigne, tout comme la présence du pape Benoît XVI à vos côtés, à l’hôpital Gemelli, après l’accident qui vous a frappé à Noël 2009.

Homme engagé, vous êtes aussi, monsieur le Cardinal, un visionnaire. Je pense, notamment, à votre vision de l’Europe. Dès les années du Concile, à un moment où la construction européenne n’en est qu’à ses prémices, vous devinez que notre destin est nécessairement commun. Vous apportez donc votre pierre à l’unification de notre continent. Alors qu’il est encore traversé par un rideau de fer, vous faites le pari ambitieux de l’unité et de la main tendue aux Églises du silence, en Hongrie et enTchécoslovaquie.

Et c’est aux côtés du pape Jean-Paul II que vous vivrez le dénouement d’une histoire que vous aviez quelque part anticipée. Visionnaire, vous l’avez également été face à la mondialisation. Vous n’avez cessé de plaider pour qu’elle se fasse dans la justice et la dignité de l’homme. Et il y a quelques mois, le Président de la République est venu dire au pape François que la France était bien en première ligne dans ce combat.

Monsieur le Cardinal, tous les mots d’admiration et de respect que je suis venu vous dire, ce soir, pourraient se résumer en une formule : vous êtes un grand Français. Vous êtes, je le disais, le fils d’Espelette, l’enfant d’une France qui a fait de la laïcité un principe fondamental, car elle est, je le dis souvent, notre richesse. Vous êtes l’enfant d’une France qui voit le fils d’un modeste artisan horloger devenir l’un de ses grands prélats, l’une de ses grandes figures.

Même si votre paroisse s’étend désormais à l’échelle du monde, vous n’avez jamais oublié l’Hexagone. Celle que l’on a pu qualifier de « fille ainée de l’Église » est demeurée votre mère patrie.

Et je sais qu’ici même, à Rome, vous visitez fidèlement, cette ambassade, ce « petit coin de France », cette maison qui est aussi la vôtre, et à laquelle vous relient tant de souvenirs et d’amitiés. Je pense à Edmonde CHARLE-ROUX, compagne de Gaston DEFERRE – Marseille, toujours Marseille ! – et fille d’un ambassadeur près le Saint-Siège.

C’est à un Grand Français, amoureux de la France, et à une grande conscience qui parle au monde que la Nation voulait rendre ce soir hommage. Et dire toute sa reconnaissance.
Roger ETCHEGARAY, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, nous vous élevons à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’Honneur.



 


Retour sur la Messe Chrismale

 

28 avril 2014 2014 par Michel DEGLISE

Temps fort du début de la Semaine Sainte avant le Triduum Pascal, la Messe Chrismale a réuni le Presbyterium de la Martinique mercredi 16 avril à la Cathédrale Saint Louis. Prêtres et diacres, en grand nombre, ont répondu à l’appel de notre Archevêque, Mgr Michel Méranville.

Mercredi Saint, 16 avril 2014

Cette année, exceptionnellement, la messe chrismale a été célébrée en présence de Mgr Nicola Girasoli, Nonce apostolique, Délégué du Saint-Père pour la province ecclésiastique des Antilles et de la Guyane.

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Mgr Maurice Marie-Sainte, Archevêque émérite, était également présent au côté de notre Archevêque.

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C’est Mgr Girasoli qui a donné l’homélie en ce Mercredi Saint. Il a appelé avec force au pardon et à la réconciliation, à l’unité. Il a également remercié, au nom de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, notre archevêque pour les dix années de service qu’il a accomplies depuis son ordination épiscopale, célébrée le 18 avril 2004. En lui souhaitant un bon dixième anniversaire d’ordination, Il a annoncé qu’il lui demandait de remplir encore "quelque temps" sa mission à la tête du diocèse et de la province.

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Au cours de cette célébration, les saintes huiles, Saint-Chrême, huile des malades et huile des catéchumènes, ont été bénites. Ces huiles serviront aux onctions lors de l’administration des sacrements (baptême, confirmation, ordre et onction des malades).

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Avant la bénédiction finale, Mgr Méranville a tenu à remercier son Excellence Mgr Girasoli, pour sa présence et son soutien au diocèse de la Martinique.

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La Cathédrale Saint Louis était trop petite pour accueillir tous les fidèles, venus de toutes les paroisses, participer à cette messe chrismale et soutenir leur évêque et leurs prêtres qui ont renouvelé leurs promesses sacerdotales au cours de cette cérémonie.

La procession a quitté la Cathédrale sous les applaudissements des fidèles.

Les photos illustrant cet article ont été prises par le père Luc Philippon.



 


Retour sur les "Semaines ignatiennes" de Mars 2014

 

5 avril 2014 2014 par Michel DEGLISE

En Martinique, entre le 1er et le 15 mars 2014, le Père jésuite Michel ROGER, délégué du provincial pour l’apostolat spirituel des Exercices Spirituels, et le Père Manuel GRANDIN, directeur du RJI (Réseau Jeunesse Ignatien) ont proposé plusieurs formations ignatiennes à ceux qui souhaitaient découvrir ou approfondir la spiritualité de saint Ignace de Loyola.

Lors de ces différentes manifestations, nombreux sont ceux qui se sont mis à l’école de Saint Ignace !

En partenariat avec le service diocésain de la formation, deux types de formation étaient offerts entre le 1er et le 8 mars 2014 :

Tout d’abord, deux conférences, ouvertes à tous, ont eu lieu à Fort de France.

- Première conférence : « La liberté et les difficultés de la liberté. »,
le Jeudi 6 mars à 18h30 à l’église Emmaüs.
* dès 17h30 un Espace d’échanges sur la Famille ignatienne et ses outils d’aujourd’hui était organisé.

- Deuxième conférence : « La conversation spirituelle »,
le samedi 8 mars à 9h à la salle paroissiale de Redoute

Ensuite, des actions d’initiation réservées à ceux qui ne connaissaient pas la spiritualité ignatienne ont permis une prise de contact :

sur l’Accompagnement spirituel individuel ou de groupes (en matinée) :

-  Initiation à l’accompagnement spirituel individuel (8 heures) : samedi 1er et mercredi 5 mars de 9h à 13h.

- Initiation à l’accompagnement spirituel de groupes, sous la forme d’un échange d’expériences : du dimanche 2 au mardi 4 mars :

A/ Dimanche 2 : de 8h30 à 12h30, avec la Fédération des mouvements d’Action catholique de la Martinique
B/ Lundi 3 : 12h30, émission de RSL sur la démarche spirituelle des Exercices spirituels de St Ignace de Loyola
C/ Mardi 4 : de 9h à 13h, vivre et relire une expérimentation du tandem Responsable / Accompagnateur spirituel dans un groupe de partage de foi

Revenons sur quelques notions centrales expérimentées dans ces formations.

Tout d’abord, qu’est-ce que l’accompagnement spirituel ?

« Dans une civilisation paradoxalement blessée par l’anonymat et, en même temps, obsédée par les détails des autres, malade de curiosité morbide, l’Église a besoin d’un regard de proximité pour contempler, s’émouvoir et s’arrêter devant l’autre chaque fois que cela est nécessaire. En ce monde, les ministres ordonnés et les autres agents pastoraux peuvent rendre présent le parfum de la présence proche de Jésus et son regard personnel. L’Église devra initier ses membres - prêtres, personnes consacrées et laïcs - à cet « art de l’accompagnement », pour que tous apprennent toujours à ôter leurs sandales devant la terre sacrée de l’autre (cf. Ex 3,5) [..]
Bien que cela semble évident, l’accompagnement spirituel doit conduire toujours plus vers Dieu, en qui nous pouvons atteindre la vraie liberté. » Evangelii gaudium, Pape François , paragraphes 169 et 170.

Ensuite, qu’est-ce que la conversation spirituelle ?

« Une conversation spirituelle, comme son nom l’indique, se vit sous la conduite de l’Esprit. Il est le tiers qui s’invite dans nos échanges. Il est celui qui suscite en nous l’attention à l’autre et l’écoute de ce qui l’habite en profondeur, pour le rejoindre dans son dynamisme vital, là où Dieu travaille en lui souvent à son insu. La conversation spirituelle est exigeante. Elle ne reste pas à la surface des choses. Elle oblige les deux interlocuteurs à se situer humblement, dans une vérité décapante, sans fuir les questions difficiles ou les points douloureux de leur histoire, pour les vivre sous le regard de Dieu. Et ainsi, croître l’un et l’autre dans la liberté.

Dans une conversation spirituelle, tout repose sur la parole, sur la parole échangée et donc sur la confiance mutuelle. C’est un lieu où chacun se risque en laissant venir ce qui l’habite à travers les mots pour communiquer et pour entendre en retour les mots de l’autre, sa perception de la réalité, parfois son interpellation.

La conversation spirituelle suppose une disponibilité intérieure pour porter un regard de foi sur ce qu’il nous est donné de vivre. C’est le lieu possible d’une rencontre avec Dieu ... Elle n’est pas réservée aux seuls chrétiens. Car tout être porte en lui la trace de Dieu ... Dans un groupe de partage de foi, donnons-nous la parole à tour de rôle, sans interrompre celui qui parle et sans réagir à ce qu’il dit ... Puis engageons le dialogue à partir de ce que cette écoute a suscité en nous ... Nous expérimenterons alors que la conversation spirituelle n’est pas une discussion où l’on échange des idées, mais un partage où chacun engage sa parole et se laisse toucher par celle des autres sans mettre de barrière. » (Revue ignatienne Vers Dimanche Plus , Août-Septembre 2011)

Enfin, dernière manifestation de ces Semaines ignatiennes 2014 : du lundi 10 au vendredi 15 mars 2014, une retraite d’exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, intitulée "A la suite du Christ, vivre aujourd’hui" a été organisée au Foyer de Charité de Trinité, avec les pères jésuites Michel Roger et Manuel Grandin, secondés par le diacre Georges Atine et une équipe de laïcs déjà formés à l’accompagnement spirituel.

33 retraitants et 7 accompagnateurs ont participé à ces Exercices spirituels. Le nombre de retraitants a dû être limité, chaque retraitant devant être seul dans sa chambre. Ce fut l’occasion pour ces retraitants d’approfondir leur relation personnelle et intime avec le Seigneur en suivant le chemin tracé par Ignace dans ses Exercices spirituels . A l’origine de ce livre, on trouve l’expérience de Dieu qu’Ignace fait lui-même à l’âge de 31 ans, à Manrèse, petite bourgade proche de Barcelone. Depuis ce séjour, Ignace décide de noter dans un cahier certaines remarques qu’il pense pouvoir être utiles à d’autres par la suite. Pendant une vingtaine d’années, Il va réécrire et compléter ses notes, rédigées en espagnol, jusqu’à leur donner à Rome,vers 1544, la forme définitive qu’elles ont aujourd’hui encore.

Comme beaucoup de chrétiens depuis le 16ème siècle, le Pape Paul VI nous conseille de suivre Ignace pour mieux répondre à l’appel du Seigneur :

« La pratique des Exercices constitue non seulement
une pause tonifiante et corroborante pour l’Esprit,
au milieu du bruit de la vie moderne,
mais encore aujourd’hui il s’agit d’une école irremplaçable
pour introduire les âmes à une intimité majeure avec Dieu,
à l’amour de la vertu et la vraie science de la vie,
comme don de Dieu et comme réponse à son appel. »



 


Message du Pape François pour le Carême 2014

 

2 avril 2014 2014 par Michel DEGLISE

Vendredi 7 mars 2014, le diocèse de la Martinique a célébré son entrée dans le temps du carême. Mgr Michel Méranville a présidé la Messe des Cendres en la cathédrale Saint Louis de Fort de France, à 18h30. Nous vous proposons de retrouver le message de carême que le Saint-Père a adressé à tous les chrétiens : la pauvreté de Jésus nous libère et nous rend riches.

« Il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté » 2 Co 8,9

« Chers frères et sœurs,

Je voudrais vous offrir, à l’occasion du Carême, quelques réflexions qui puissent vous aider dans un chemin personnel et communautaire de conversion. Je m’inspirerai de la formule de Saint Paul : « Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). L’Apôtre s’adresse aux chrétiens de Corinthe pour les encourager à être généreux vis-à-vis des fidèles de Jérusalem qui étaient dans le besoin. Que nous disent-elles, ces paroles de saint Paul, à nous chrétiens d’aujourd’hui ? Que signifie, pour nous aujourd’hui, cette exhortation à la pauvreté, à une vie pauvre dans un sens évangélique ?

La grâce du Christ

Ces paroles nous disent avant tout quel est le style de Dieu. Dieu ne se révèle pas par les moyens de la puissance et de la richesse du monde, mais par ceux de la faiblesse et la pauvreté : « Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous ... ». Le Christ, le Fils éternel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissance et en gloire, s’est fait pauvre ; il est descendu parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il s’est dépouillé, « vidé », pour nous devenir semblable en tout (cf. Ph 2, 7 ; He 4, 15). Quel grand mystère que celui de l’Incarnation de Dieu ! C’est l’amour divin qui en est la cause, un amour qui est grâce, générosité, désir d’être proche et qui n’hésite pas à se donner, à se sacrifier pour ses créatures bien-aimées. La charité, l’amour, signifient partager en tout le sort du bien-aimé. L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce qu’a fait Dieu pour nous. Jésus en effet, « a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché » (Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et Spes, n. 22 § 2).

La raison qui a poussé Jésus à se faire pauvre n’est pas la pauvreté en soi, mais, - dit saint Paul - [pour que] « ... vous deveniez riches par sa pauvreté ». Il ne s’agit pas d’un jeu de mots, ni d’une figure de style ! Il s’agit au contraire d’une synthèse de la logique de Dieu, de la logique de l’amour, de la logique de l’Incarnation et de la Croix. Dieu n’a pas fait tomber sur nous le salut depuis le haut, comme le ferait celui qui donne en aumône de son superflu avec un piétisme philanthropique. Ce n’est pas cela l’amour du Christ ! Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain et se fait baptiser par Jean Baptiste, il ne le fait pas par pénitence, ou parce qu’il a besoin de conversion ; il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère. Nous sommes frappés par le fait que l’Apôtre nous dise que nous avons été libérés, non pas grâce à la richesse du Christ, mais par sa pauvreté. Pourtant saint Paul connaît bien « la richesse insondable du Christ » (Ep 3, 8) « établi héritier de toutes choses » (He 1, 2).

Alors quelle est-elle cette pauvreté, grâce à laquelle Jésus nous délivre et nous rend riches ? C’est justement sa manière de nous aimer, de se faire proche de nous, tel le Bon Samaritain qui s’approche de l’homme laissé à moitié mort sur le bord de la route (cf. Lc 10, 25ss). Ce qui nous donne la vraie liberté, le vrai salut, le vrai bonheur, c’est son amour de compassion, de tendresse et de partage. La pauvreté du Christ qui nous enrichit, c’est le fait qu’il ait pris chair, qu’il ait assumé nos faiblesses, nos péchés, en nous communiquant la miséricorde infinie de Dieu. La pauvreté du Christ est la plus grande richesse : Jésus est riche de sa confiance sans limite envers le Père, de pouvoir compter sur Lui à tout moment, en cherchant toujours et seulement la volonté et la gloire du Père. Il est riche comme est riche un enfant qui se sent aimé et qui aime ses parents et ne doute pas un seul instant de leur amour et de leur tendresse. La richesse de Jésus, c’est d’être le Fils ; sa relation unique avec le Père est la prérogative souveraine de ce Messie pauvre. Lorsque Jésus nous invite à porter son « joug qui est doux », il nous invite à nous enrichir de cette « riche pauvreté » et de cette « pauvre richesse » qui sont les siennes, à partager avec lui son Esprit filial et fraternel, à devenir des fils dans le Fils, des frères dans le Frère Premier-né (cf. Rm 8, 29).

On a dit qu’il n’y a qu’une seule tristesse, c’est celle de ne pas être des saints (L. Bloy) ; nous pourrions également dire qu’il n’y a qu’une seule vraie misère, c’est celle de ne pas vivre en enfants de Dieu et en frères du Christ.

Notre témoignage

Nous pourrions penser que cette « voie » de la pauvreté s’est limitée à Jésus, et que nous, qui venons après Lui, pouvons sauver le monde avec des moyens humains plus adéquats. Il n’en est rien. À chaque époque et dans chaque lieu, Dieu continue à sauver les hommes et le monde grâce à la pauvreté du Christ, qui s’est fait pauvre dans les sacrements, dans la Parole, et dans son Église, qui est un peuple de pauvres. La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l’Esprit du Christ.

À l’exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pouvons distinguer trois types de misère : la misère matérielle, la misère morale et la misère spirituelle. La misère matérielle est celle qui est appelée communément pauvreté et qui frappe tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l’Église offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l’origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et l’argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l’exigence d’une distribution équitable des richesses. C’est pourquoi il est nécessaire que les consciences se convertissent à la justice, à l’égalité, à la sobriété et au partage.

La misère morale n’est pas moins préoccupante. Elle consiste à se rendre esclave du vice et du péché. Combien de familles sont dans l’angoisse parce que quelques-uns de leurs membres - souvent des jeunes - sont dépendants de l’alcool, de la drogue, du jeu, de la pornographie ! Combien de personnes ont perdu le sens de la vie, sont sans perspectives pour l’avenir et ont perdu toute espérance ! Et combien de personnes sont obligées de vivre dans cette misère à cause de conditions sociales injustes, du manque de travail qui les prive de la dignité de ramener le pain à la maison, de l’absence d’égalité dans les droits à l’éducation et à la santé. Dans ces cas, la misère morale peut bien s’appeler début de suicide. Cette forme de misère qui est aussi cause de ruine économique, se rattache toujours à la misère spirituelle qui nous frappe, lorsque nous nous éloignons de Dieu et refusons son amour. Si nous estimons ne pas avoir besoin de Dieu, qui nous tend la main à travers le Christ, car nous pensons nous suffire à nous-mêmes, nous nous engageons sur la voie de l’échec. Seul Dieu nous sauve et nous libère vraiment.

L’Évangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle : le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager ce trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de sœurs qui sont entourés de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les pauvres et les pécheurs comme le berger est allé à la recherche de la brebis perdue, et il y est allé avec tout son amour. Unis à Lui, nous pouvons ouvrir courageusement de nouveaux chemins d’évangélisation et de promotion humaine.

Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l’Église disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et qui nous a enrichi par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal.

Que l’Esprit Saint, grâce auquel nous « [sommes] pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout » (2 Co 6, 10), nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l’attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine, pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. Avec ce souhait je vous assure de ma prière, afin que tout croyant et toute communauté ecclésiale puisse parcourir avec profit ce chemin de Carême. Je vous demande également de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde. »



 


Le nouveau cardinal haïtien a célébré sa première messe

 

21 mars 2014 2014 par Michel DEGLISE

C’est au stade de Port-au-Prince que Mgr Chibly Langlois a présidé dimanche 9 mars sa première messe publique depuis qu’il a été créé cardinal le 23 février dernier.

Rappelons que l’évêque de la ville des Cayes, âgé de 55 ans, est devenu fin février le premier cardinal de l’histoire d’Haïti. Le Pape a annoncé sa création de cardinal le 12 janvier 2014, quatre ans jour pour jour après le séisme qui a dévasté le pays en 2010 et fait plus de 200 000 morts.

Au cours de la messe au stade, Mgr Chibly Langlois a exhorté les fidèles à s’unir pour sortir le pays de la pauvreté. Selon lui, sa création en tant que cardinal est le signe que Dieu n’a pas abandonné son peuple. Il a déclaré avant la célébration de l’Eucharistie que « c’est un moment très émouvant pour moi, en particulier dans ce stade, car des habitants de toutes les régions d’Haïti sont venus pour cette célébration ».

Mgr Langlois a affirmé qu’il fallait que les dix millions d’Haïtiens s’entraident et « partagent ce qu‘ils ont ». Il a rappelé aux milliers de fidèles réunis la nécessité de démontrer de la compassion pour son prochain. « Au niveau du pays, comme l’a demandé le Pape, je serai proche de la population ». La cérémonie s’est déroulée dans un stade de Port-au-Prince, la cathédrale nationale ayant été détruite lors du tremblement de terre de 2010. Durant ces trois heures de messe, le cardinal a choisi de s’adresser à la foule en créole plutôt qu’en français.

Avant sa nomination au rang de cardinal, avec 18 autres confrères dont plusieurs sont issus de régions pauvres dans le monde, l’évêque était très peu connu à l’extérieur de son village de Les Cayes, dans le sud d’Haïti.

Depuis, il fait office de leader et a notamment présidé des négociations entre partis politiques pour régler la question des élections législatives et municipales, longtemps repoussées après avoir été initialement prévues en novembre 2011. (Avec Radio Vatican, AP et Reuters)



 


Que retenir de la première année du pontificat du Pape François ?

 

14 mars 2014 2014 par Michel DEGLISE

Pour éclairer le bilan de cette première année du pontificat, nous vous proposons de découvrir l’entretien que le directeur de la revue jésuite Civiltà Cattolica, le Père Antonio Spadaro a accordé à une journaliste de radio Vatican, Isabella Piro.

13 mars 2013 - 13 mars 2014 : un an déjà !

Une vision missionnaire de l’Eglise

Pour le Père Spadaro, le Pontife a une vision missionnaire de l’Église : il travaille et travaillera à une transformation missionnaire de l’Église, ce qui veut dire une Église absolument tournée vers le monde, ouverte au monde, dans l’idée que l’Évangile soit annoncé à tous, quelle que soit sa situation de vie. « Et donc, le langage de François est un langage naturel, ordinaire, je dirais normal. Son objectif est d’atteindre tout le monde », déclare le Père Spadaro.

Le Pape François, un homme pragmatique

Cette année écoulée nous aura montré un Pape très préoccupé par la dimension pastorale et évangélique de l’Eglise, par la réforme aussi de la Curie, les rapports avec les autres Églises. Et rien n’indique, selon le directeur de la Civiltà Cattolica, quels seront les autres dossiers où il imprimera un « changement ». « On ne le sait pas, et lui non plus peut-être, car il n’a pas à l’esprit des idées abstraites à plaquer à la réalité, en la modelant selon sa propre vision. En réalité, le Pape procède pas après pas, en ayant en tête l’histoire, en accompagnant les processus en cours dans l’Église, et bien évidemment en tenant compte de la vie du monde. Cela signifie que le plus important pour lui est de bien suivre ce qui se passe et de considérer le processus de réforme comme un réforme de l’intérieur. »

Un changement de perspective

Un point essentiel, selon le Père Spadaro, est qu’aujourd’hui l’Église est très liée, dans son développement, aux Églises plus jeunes, ce qui entraîne un changement de perspective et de vision. « La prophétie présente dans la vie des Eglises plus jeunes est en train d’entrer pleinement dans la vie ordinaire de l’Eglise, également à travers ses représentants dans les sphères plus centrales ».

Franciscain dans la spiritualité ignacienne

A la question de savoir quels traits de Saint Ignace et de Saint François on trouve dans le pontificat de Jorge Bergoglio, le Père Spadaro commence par rappeller la formation à la spiritualité de Saint Ignace dès l’enfance du Pape. « Je dirais que sa manière d’agir, de voir, de considérer la réalité est absolument liée à cette spiritualité. Une spiritualité évangélique, qui vise surtout à la présence du Seigneur dans le monde. Ce n’est pas une spiritualité optimiste – un terme qui n’a pas les faveurs du Pape – mais certainement remplie d’espérance. » Il peut alors nous expliquer que pour le Pape « le Seigneur agit déjà dans le monde, et donc nous arrivons toujours après Lui et nous devons reconnaître sa présence. Voilà le discernement. Je parlerais donc avant tout d’un Pontificat de discernement sur l’action du Seigneur dans le monde, et en ce sens il est profondément ignacien et jésuite. »

« Le Pape est franciscain également dans le sens plus ignacien du terme, parce que la spiritualité franciscaine est vécue à l’intérieur de la spiritualité ignacienne. Ce qui amène le Pape à l’attention énorme pour la pauvreté et l’essentialité ; mais il ne faut pas oublier cette autre dimension très présente chez Saint François, celle de la reconstruction. La reconstruction de l’Eglise. L’image de ‘l’hôpital de campagne’, de situations où la reconstruction est nécessaire, est très présente dans le pontificat de François ».

Le fil rouge du pontificat, la rencontre

Face à l’agenda des prochains mois, avec la double canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II en avril, le voyage en Terre Sainte en mai et en Corée du Sud en août, le Père Spadaro voit le fil rouge de la catégorie-clé du Pontificat de François, à savoir la rencontre. « La rencontre avec l’histoire, avec les grandes figures du passé récent, et le rapprochement très intéressant entre ces deux Papes, deux grands Papes, même s’ils sont très différents entre eux. Et toujours la rencontre, avec la réalité du Proche-Orient, extrêmement problématique, et enfin la rencontre, encore, avec la Corée et avec les jeunes du continent asiatique puisque c’est pour les JMJ asiatiques. Rencontre avec un continent aux grandes énergies, aux grandes potentialités également pour la vie de l’Eglise. »

Le Père Spadaro ne cache pas que « probablement le Pape aura rencontré pas mal de difficultés durant cette première année de pontificat ». « Ce qui me frappe, - et j’en ai parlé avec lui lors de l’interview qu’il m’a accordée en août dernier -, c’est que le Pape est bien conscient des problèmes, mais il a en lui une grande sérénité. Il l’a déclaré lui-même : il dort bien et mange bien, il ressent une grande paix intérieure qui lui permet aussi d’affronter toutes les difficultés avec grande simplicité, et immédiateté. » Cette nouveauté de style, reconnaît le Père Spadaro, « n’est pas sans créer quelque difficulté chez certains, alors qu’elle se veut un exemple de vie évangélique. »

Etre devant le Pape, et l’écouter

Si l’occasion se représentait demain matin au Père Spadaro d’interviewer à nouveau le Pape François, il ne saurait précisément aujourd’hui que lui demander, « car le rencontrer, et l’interviewer, a représenté une grande expérience spirituelle, une expérience totalement ouverte. Et donc je me mettrais devant lui et je commencerais par ce que lui désire dire. Et cela serait pour moi la chose la plus intéressante. »



 


Lettre aux diocésains de Martinique

 

17 mars 2014 2014 par Mgr Michel Méranville

Fort de France, le 18 février 2014

Chers sœurs et frères,
Salut et Bénédiction !

Notre Église en Martinique a vécu récemment des moments difficiles. Mais, dans les épreuves comme dans la joie, le Seigneur reste avec nous.

De nombreuses personnes ont été amèrement déçues d’apprendre que des prêtres qui les instruisent, les forment et les encouragent à demander pardon à Dieu et à se relever pour continuer la route, aient donné le mauvais exemple.

Elles savent cependant que tout homme est capable de défaillance et que seul Dieu est saint. Si ces personnes ne se sentent pas capables de "lancer la première pierre", elles ne comprendraient cependant pas que les prêtres en question ne manifestent aucun signe de repentir et n’expriment pas leur volonté de réparer le mal qu’ils ont pu commettre.

Déjà gravement blessés par le lynchage médiatique d’un prêtre mis en cause par ses confères dans le but de lui barrer la route à l’épiscopat, les chrétiens le seraient davantage encore si ces mêmes prêtres continuaient leur ministère sans une demande de pardon à la communauté qu’ils ont scandalisée.

Me rendant à Rome pour le Consistoire au cours duquel seront faits cardinaux Mgr Kelvin FELIX, archevêque émérite de Sainte-Lucie, membre de la Conférence des Antilles à laquelle j’appartiens et son Excellence Francesco Loris CAPOVILLA, ancien secrétaire particulier du Bienheureux Pape Jean XXIII, mon tuteur pendant mes années d’études à Rome, je tiens à vous dire que je resterai uni à vous par la pensée et la prière.

Je tiens aussi à vous signifier l’interdiction que j’intime aux prêtres à l’origine du scandale de prêcher et d’enseigner jusqu’à l’Assemblée générale du Clergé qui aura lieu à mon retour, le 10 mars prochain.

En tant que successeur des Apôtres, mon rôle est d’inviter les prêtres qui sont mes collaborateurs à prendre conscience de la gravité de la situation et de réfléchir avec eux sur la manière d’implorer la miséricorde du Seigneur sur notre Église qui est son corps.

Bien plus qu’une sanction, c’est une mesure de décence et de respect envers notre communauté ecclésiale que je prends. Cette communauté ne comprendrait pas que la vie reprenne tranquillement son cours, comme si rien ne s’était passé. Le Seigneur pardonne toujours, mais à condition que nous revenions à lui de tout notre cœur.

C’est dans ce sens que je prends cette décision et vous la confie.

Votre serviteur,

+Michel Méranville, archevêque



 


Les Evêques successeurs des Apôtres, par le Pape François

 

18 mars 2014 2014 par Michel DEGLISE

Le jeudi 27 février 2014, au Vatican, le Pape François s’est adressé solennellement aux membres de la Congrégation pour les Evêques, chargés de l’aider à désigner les pasteurs de diocèses à travers le monde. Voici les passages principaux de ce discours, rapportés par le service d’information du Vatican (VIS) :

Le Saint-Père et la nomination des Evêques

"Lors d’une consécration épiscopale, l’Eglise rassemblée invoque le Saint-Esprit et demande que le candidat soit ordonné. L’Evêque président demande alors s’il y a le mandat. Cette congrégation existe pour aider à rédiger un mandat qui sera ensuite diffusé dans de nombreuses églises pour la joie et l’espérance du peuple de Dieu. Cette congrégation existe pour s’assurer que le nom a avant tout été indiqué par le Seigneur". Le peuple de Dieu a besoin et attend un pasteur, quelqu’un au grand cœur. Il veut un homme de Dieu, pas un gestionnaire ni un administrateur de société, quelqu’un capable de s’élever à la hauteur de la vue de Dieu pour nous conduire à lui... Nous ne devons jamais perdre de vue les besoins des Eglises locales, auxquelles nous devons répondre. Or il n’existe pas d’évêque standard... Pour nous, l’enjeu est d’entrer dans la perspective du Christ en tenant compte de la réalité des Eglises particulières".

"Pour choisir ces ministres nous devons nous élever... Nous devons nous élever au-dessus de nos éventuelles préférences, sympathies ou appartenances afin de saisir l’ampleur de l’horizon de Dieu ... Nous ne devons pas être conditionnés par de petites considérations, mais être des pasteurs dotés de la Parresia, c’est-à-dire capables d’assurer dans le monde un sacrement de l’unité et donc d’affirmer que l’humanité n’est pas destiné au chaos et à l’abandon ... Au moment de signer la nomination d’un évêque, je veux pouvoir ressentir l’autorité de votre discernement et la grandeur de l’horizon qui a mûri votre choix, votre conseil ". L’esprit qui préside à votre travail ... doit être un processus humble, calme et laborieux développé sous la lumière venant d’en haut. Professionnalisme, service et sainteté de vie : Se détourner de ce trinôme nous ferait perdre la grandeur à laquelle nous sommes appelés".

"La grandeur de l’Eglise réside toujours dans les profondeurs de ses fondations ... L’avenir de l’Eglise réside dans ses origines ... Nous le savons, le Collège épiscopal, dans lequel le nouvel évêque est inséré, n’est que le prolongement du Collège apostolique. Le monde a besoin de savoir qu’il s’agit d’une succession interrompue. Les gens ont besoin de trouver dans l’Eglise la permanence indélébile de la grâce initiale".

"Pensons à l’Eglise apostolique, lorsqu’elle dut recomposer le collège des Douze après la trahison de Judas. Sans les Douze la plénitude de l’Esprit ne peut se manifester. Son successeur doit être choisi parmi ceux qui ont suivi depuis le début le parcours de Jésus, et qui est maintenant en mesure de devenir, après les Douze, témoin de la résurrection. Nous devons choisir parmi les disciples de Jésus les nouveaux témoins du Ressuscité ... Fondamentalement, l’évêque est celui qui peut actualiser tout ce que Jésus a vécu et, surtout, celui qui sait avec l’Eglise témoigner de sa résurrection ... Il ne peut être un témoin isolé, mais doit témoigner avec l’Eglise ... L’épiscopat n’est pas pour soi-même, mais pour l’Eglise ... pour les autres , surtout pour ceux que le monde exclut. Par conséquent, pour trouver un évêque, nul n’est besoin de compétences culturelles ou intellectuelles ni même pastorales... Nous avons besoin de quelqu’un qui rayonne par son intégrité, par une capacité à des relations saines, qui ne projette pas ses lacunes sur les autres au point de devenir un facteur de déstabilisation ... Ses capacités culturelles lui permettront de dialoguer avec les gens et leurs cultures, son orthodoxie et sa fidélité à la vérité complète, telle que l’Eglise la conserve en feront un pilier et une référence ... Sa transparence et son détachement dans la gestion des biens de la communauté lui accorderont de l’autorité ainsi que l’estime de tous. Toutes ces caractéristiques essentielles doivent cependant laisser le pas central au témoignage du Ressuscité".

"Revenons au texte apostolique. Après la difficulté du discernement, les apôtres prièrent ... Nous ne pouvons donc pas nous écarter de la demande faite au Seigneur de nous montrer son élu ... Les décisions ne peuvent pas être conditionnés par des revendications personnelles ou de quelque groupe dominant. Pour garantir la souveraineté du choix de Dieu, nous devons respecter ce que nous dit notre conscience ainsi que la collégialité... Aucun arbitraire, mais un discernement en commun. Personne ne peut tout avoir à portée de main. Chacun, avec humilité et honnêteté, doit apporter sa tesselle à une mosaïque qui n’appartient qu’à Dieu".

"La foi venant de l’annonce...nous avons besoin d’évêques kérygmatiques, d’hommes de doctrine, non destinés à mesurer le manque de vérité du monde, mais" pour le remplir de beauté et d’amour, "pour lui offrir la liberté que donne l’Evangile. L’Eglise n’a pas besoin de défenseurs de ses propres causes ou de croisés pour ses propres batailles, mais de semeurs humbles et confiants de la vérité ...d’hommes patients qui savent que l’ivraie ne pourra jamais remplir tout le champ".

"Après avoir évoqué les évêques kérygmatiques, je veux maintenant insister sur l’autre point essentiel de l’identité épiscopale. L’évêque doit être un homme de prière, qui doit avoir la même Parresia que dans la proclamation de la Parole. Sa prière doit advenir devant Dieu, à qui il doit demander le bien de son peuple, le salut de son peuple ... Un homme qui n’aurait pas le courage de parler à Dieu au nom de son peuple ne peut pas être un évêque, ni celui qui n’est pas en mesure de conduire le peuple là où Dieu veut ... Et cela vaut également pour la patience apostolique... L’évêque doit être "patient devant Dieu", en se laissant chercher et trouver par lui.

"Soyez des bergers proches des gens, des pères et des frères patients et miséricordieux, remplis de pauvreté intérieure comme matérielle, avec la liberté, la simplicité et l’austérité de vie ... Ne vous comportez pas en princes ambitieux. N’ayez pas d’ambitions dans l’épiscopat et soyez seulement l’époux de vote Eglise en évitant de lui être adultère en ambitionnant un autre siège. Mais soyez capables de garder le troupeau qui vous est confié, de le tenir uni ... Je le redis, l’Eglise a besoin de pasteurs "authentiques" qui méditent ce que nous dit l’apôtre Paul lorsqu’il confie les pasteurs de l’Eglise à la Parole de la grâce qui a le pouvoir d’accorder le pouvoir de bâtir et de transmettre l’héritage. Par conséquent nous ne sommes pas propriétaires de la Parole, mais ses serviteurs. Seulement ainsi livrés à elle, il nous est possible de construire et d’obtenir l’héritage des saints. Quelques-uns sont tourmentés à propos de leur héritage. Quel est donc l ’héritage d’un évêque, l’or ou l’argent ? Paul nous répond la sainteté. L’Eglise respire lorsque la sainteté de Dieu se dilate dans ses membres ... Le Concile Vatican II affirme que les évêques ont pleinement reçu la charge pastorale, c’est-à-dire la prise en charge quotidienne du troupeau... Assiduité et quotidien sont souvent associés aujourd’hui à la routine et à l’ennui. Trop souvent, nous essayons d’y échapper pour un ailleurs. A une époque de congrès et autres réunions, le décret de résidence du Concile de Trente est des plus actuels. Il serait bon que la Congrégation pour les évêques rappelle à son respect. Malheureusement, l’Eglise n’échappe pas à ce danger ... Le troupeau a besoin de trouver place dans le cœur de son pasteur. Si cela n’est pas solidement ancré en lui, dans le Christ et dans son Eglise, l’évêque sera constamment à la recherche de compensations éphémères, sans offrir aucun refuge à le troupeau".

"Où trouver de tels hommes ?... Je pense au prophète Samuel à la recherche du successeur de Saül , sachant que le jeune David avait amené les moutons paître", il donna l’ordre d’aller le chercher. Nous aussi ; nous devons aller sur le terrain à la recherche des jeunes David. Je suis sûr, que ces hommes existent parce que le Seigneur n’abandonne pas son Eglise. Peut-être nous n’allons pas assez dans les champs pour les chercher. Peut-être avons nous besoin de l’avertissement de Samuel : Nous ne nous mettrons pas à la table avant qu’il ne soit arrivé ! Je voudrais que la Congrégation pour les évêques vive cette sainte inquiétude".



 


Lettre du Pape François aux Familles

 

2 mars 2014 2014 par Michel DEGLISE

Le Pape François invite les familles à prier pour le Synode des évêques qui,se réunira du 5 au 19 octobre 2014.

Rendue publique à Rome le 25 février 2014

Chères familles,

Je me présente au seuil de votre maison pour vous parler d’un évènement qui, comme cela est connu, se déroulera au mois d’octobre prochain au Vatican. Il s’agit de l’Assemblée générale extraordinaire du Synode des Évêques convoquée pour discuter sur le thème « Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation ». Aujourd’hui, en effet, l’Église est appelée à annoncer l’Évangile en affrontant aussi les nouvelles urgences pastorales qui concernent la famille.

Ce rendez-vous important implique le Peuple de Dieu tout entier, évêques, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs des Églises particulières du monde entier, qui participent activement à sa préparation par des suggestions concrètes et par l’apport indispensable de la prière. Le soutien de la prière est plus que jamais nécessaire et significatif spécialement de votre part, chères familles. En effet, cette Assemblée synodale vous est consacrée d’une façon particulière, à votre vocation et à votre mission dans l’Église et dans la société, aux problèmes du mariage, de la vie familiale, de l’éducation des enfants, et au rôle des familles dans la mission de l’Église.

Par conséquent, je vous demande de prier intensément l’Esprit Saint, afin qu’il éclaire les Pères synodaux et qu’il les guide dans leur tâche exigeante. Comme vous le savez, cette Assemblée synodale extraordinaire sera suivie, l’année suivante, de l’Assemblée ordinaire qui portera sur le même thème de la famille. Et, dans ce contexte, en septembre 2015 se tiendra aussi la Rencontre mondiale des Familles à Philadelphie. Prions donc tous ensemble pour que, à travers ces évènements, l’Église accomplisse un véritable chemin de discernement et qu’elle prenne les moyens pastoraux adaptés pour aider les familles à affronter les défis actuels avec la lumière et la force qui viennent de l’Évangile.

Je vous écris cette lettre le jour où se célèbre la fête de la Présentation de Jésus au temple. L’évangéliste Luc raconte que la Vierge Marie et saint Joseph, selon la Loi de Moïse, portèrent l’Enfant au temple pour l’offrir au Seigneur, et que deux personnes âgées, Siméon et Anne, mues par l’Esprit Saint, allèrent à leur rencontre et reconnurent en Jésus le Messie (cf. Lc 2, 22-38). Siméon le prit dans ses bras et rendit grâce à Dieu parce que finalement il avait « vu » le salut ; Anne, malgré son âge avancé, trouva une vigueur nouvelle et se mit à parler de l’Enfant à tous. C’est une belle image : deux jeunes parents et deux personnes âgées, rassemblées par Jésus. Vraiment, Jésus fait se rencontrer et unit les générations ! Il est la source inépuisable de cet amour qui vainc toute fermeture, toute solitude, toute tristesse.

Dans votre cheminement familial, vous partagez beaucoup de beaux moments : les repas, le repos, le travail à la maison, les loisirs, la prière, les voyages et les pèlerinages, les actions de solidarité... Toutefois, s’il manque l’amour, il manque la joie, et l’amour authentique c’est Jésus qui nous le donne : il nous offre sa Parole, qui éclaire notre route ; il nous donne le Pain de vie, qui soutient la fatigue quotidienne de notre chemin.

Chères familles, votre prière pour le Synode des Évêques sera un précieux trésor qui enrichira l’Église. Je vous remercie, et je vous demande de prier aussi pour moi, pour que je puisse servir le Peuple de Dieu dans la vérité et dans la charité.

Que la protection de la Bienheureuse Vierge Marie et de saint Joseph vous accompagne tous toujours et vous aide à marcher, unis dans l’amour et dans le service réciproque. De grand coeur j’invoque sur chaque famille la bénédiction du Seigneur.

Du Vatican, le 2 février 2014

François



 


Retour sur la retraite des prêtres au Foyer de Charité

 

9 janvier 2015 2015 par Michel DEGLISE

Mgr Bernard Podvin, ancien porte-parole de la Conférence des Evêques de France, a prêché la retraite annuelle du presbytérium au Foyer de Charité de Trinité.

Tous les prêtres, du doyen au plus jeune ordonné, étaient présents autour de Mgr Méranville pour suivre la prédication de Mgr Podvin sur l’importance de la "lectio divina". Spécialiste de la communication, Mgr Podvin a été très heureux de rencontrer à nouveau le plus ancien des prêtres chargés de la communication, Mgr Gaston Jean-Michel.

Les diacres avaient également répondu à l’invitation.

Ce temps de retraite est aussi un temps de formation demandant attention et écoute.

Cette retraite annuelle est toujours un temps fort de la vie du presbytérium uni autour de son évêque.

Ce temps de vie communautaire permet aux membres du clergé de se retrouver et de partager commentaires et réflexions.

La célébration de l’Eucharistie a réuni quotidiennement prêtres et diacres autour de leur archevêque.

Au nom de tous les retraitants, Mgr Michel Méranville a remercié chaleureusement Mgr Bernard Podvin d’avoir accepté de prêcher cette retraite annuelle du presbytérium de la Martinique malgré sa lourde charge de porte-parole de la Conférence des Evêques de France.

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Retrouvez ci-dessous la suite du reportage photo du père Luc Philippon.



 


Le Pape François rend public les noms de 19 nouveaux cardinaux

 

13 janvier 2014 2014 par Michel DEGLISE

Le Pape François, au terme de l’Angélus de ce dimanche 12 janvier, a rendu public les noms des 19 prochains nouveaux cardinaux, dont 16 électeurs (âgés de moins de 80 ans), qui seront créés lors du Consistoire du 22 février prochain. Parmi les 3 prochains cardinaux non électeurs, on trouve Mgr Loris Capovilla, ancien secrétaire du pape Jean XXIII qui sera canonisé le 27 avril en même temps que Jean-Paul II, et Mgr Kelvin Felix, archevêque émérite de Castries, ancien président de la Conférence des Évêques des Antilles et qui sera le premier cardinal issu des Petites Antilles.

Ces cardinaux viennent de 12 pays différents, et de tous les continents « pour représenter le profond rapport ecclésial entre l’Église de Rome et les autres Églises disséminées de par le monde. » Le 23 février, a annoncé le Pape, « je présiderai une messe solennelle avec les nouveaux cardinaux, alors que le 20 et le 21 février, je tiendrai un Consistoire avec tous les Cardinaux pour réfléchir sur le thème de la famille ».

Le Pape a alors cité un par un les 16 nouveaux cardinaux-électeurs :

1 – Mgr Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat .

2 – Mgr Lorenzo Baldisseri, Secrétaire Général du Synode des Évêques.

3 - Mgr Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

4 – Mgr Beniamino Stella, Préfet de la Congrégation pour le Clergé.

5 – Mgr Vincent Nichols, Archevêque de Westminster (Grande-Bretagne).

6 – Mgr Leopoldo José Brenes Solórzano, Archevêque de Managua (Nicaragua)

7 – Mgr Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec (Canada).

8 – Mgr Jean-Pierre Kutwa, Archevêque d’Abidjan (Côte d’Ivoire )

9 – Mgr Orani João Tempesta, Archevêque de Rio de Janeiro (Brésil).

10 – Mgr Gualtiero Bassetti, Archevêque de Perugia-Città della Pieve (Italie).

11 – Mgr Mario Aurelio Poli, Archevêque de Buenos Aires (Argentine).

12 – Mgr Andrew Yeom Soo jung, Archevêque de Séoul (Corée).

13 – Mgr Ricardo Ezzati Andrello, Archevêque de Santiago du Chili (Chili).

14 – Mgr Philippe Nakellentuba Ouédraogo, Archevêque de Ouagadougou (Burkina Faso).

15 – Mgr Orlando B. Quevedo, Archevêque de Cotabato (Philippines).

16 – Mgr Chibly Langlois, Évêque des Cayes (Haïti).

Le Pape François a décidé d’unir aux Membres du Collège Cardinalice 3 archevêques émérites, qui se sont distingués par leur service au Saint-Siège et à l’Église.

1 – Mgr Loris Francesco Capovilla, Archevêque titulaire de Mesembria.

2 – Mgr Fernando Sebastián Aguilar, Archevêque émérite de Pampelune.

3 – Mgr Kelvin Edward Felix, Archevêque émérite de Castries.

Le Saint-Père a conclu son annonce en demandant de prier pour ces nouveaux cardinaux :

« Prions pour les nouveaux cardinaux afin que revêtus des vertus et des sentiments du Seigneur Jésus, le Bon Pasteur, ils puissent aider plus efficacement l’Évêque de Rome dans son service à l’Église Universelle. »

Parmi les nouveaux électeurs en cas de conclave pour élire un nouveau pape, quatre seront Italiens, dont le nouveau secrétaire d’État Pietro Parolin, deux autres Européens (un Allemand et un Britannique), cinq Latino-Américains (Argentine, Chili, Brésil, Haïti, Nicaragua), un Nord-Américain (Canada), deux Africains (Côte d’Ivoire, Burkina Faso), deux Asiatiques (Corée du Sud et Philippines).



 


Le Pape François en Terre Sainte en Mai 2014

 

5 janvier 2014 2014 par Michel DEGLISE

Du 24 au 26 mai prochain, le Pape se rendra à Amman, Bethléem et Jérusalem. Ce pèlerinage sera avant tout un « pèlerinage de prière », comme il a tenu à le préciser lui-même à la fin de sa déclaration.

50 ans après Paul VI

A l’occasion de la prière de l’Angélus de ce dimanche 5 janvier, le Saint-Père a annoncé qu’il « effectuera un pèlerinage en Terre Sainte » dont le but principal sera de « commémorer la rencontre historique entre le Pape Paul VI et le patriarche Athënagoras, le 5 janvier 1964 ».

Le Pape François a d’ailleurs choisi ce dimanche 5 janvier, 50 ans après cet événement historique, pour annoncer son deuxième voyage apostolique à l’étranger, après les Journées Mondiales de la Jeunesse de Rio en juillet dernier.

En effet, il y a 50 ans, en plein Concile Vatican II, dialogue interreligieux et œcuménisme étaient au cœur de la visite de Paul VI en Terre Sainte, du 4 au 6 janvier 1964. Paul VI voulait à la fois ramener l’Église vers sa source, le Christ, mais aussi l’élargir au contact d’autres cultures : c’est ce qu’a permis effectivement ce premier déplacement d’un Pape en avion et ce premier voyage d’un souverain pontife à l’étranger depuis l’époque des guerres napoléoniennes.

Le Saint-Père s’inscrit clairement dans la démarche de son prédécesseur et il rencontrera Bartholomée I au Saint Sépulcre.
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Pour « commémorer la rencontre historique entre Paul VI et le patriarche Athënagoras », le pape François a donc annoncé qu’une « rencontre œcuménique sera célébrée au Saint Sépulcre » avec tous les représentants des Églises chrétiennes de Jérusalem, ainsi qu’avec le Patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholoméos I.

Après l’annonce de sa visite en Terre Sainte, le Pape a demandé aux fidèles de prier pour ce déplacement apostolique.

Voici l’annonce du Pape François dans son intégralité :

« Dans le climat de joie propre à ce temps de Noël, je désire annoncer que du 24 au 26 mai prochain, si Dieu le veut, je me rendrai en pèlerinage en Terre Sainte. Le but principal de ce pèlerinage est de commémorer la rencontre entre le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras, qui eut lieu exactement il y a 50 ans, le 5 janvier, comme aujourd’hui.

Les étapes seront au nombre de trois : Amman, Bethléem et Jérusalem. Trois jours. Au Saint Sépulcre, nous célèbrerons avec le Patriarche de Constantinople, Bartholomée I, une rencontre œcuménique avec tous les représentants des Eglises chrétiennes de Jérusalem. Dès maintenant, je vous demande de prier pour ce pèlerinage, qui sera un pèlerinage de prière. »



 


Garde d’Honneur du Coeur de Jésus

 

5 janvier 2014 2014 par Michel DEGLISE

Ce premier vendredi de l’année a été érigé le Centre diocésain de la Garde d’Honneur du Cœur de Jésus, appelé aussi Heure de Présence au Cœur de Jésus..

A cette occasion, une messe était célébrée vendredi 3 janvier 2014, à 10h, en l’église paroissiale Sainte Rose de Lima du Robert.

Le père Christian Catayée, curé de la paroisse Sainte Rose de Lima du Robert, avait invité tous les fidèles à participer à cette célébration présidée par Mgr Michel Méranville.

Pour avoir des informations sur ce nouveau centre martiniquais de la garde d’Honneur du Cœur de Jésus, contactez la paroisse du Robert : 05 96 65 10 12.



 


Visite du Cardinal Fernando Filoni en Martinique

 

17 mars 2014 2014 par Michel DEGLISE

C’est une journée de fête et de joie qu’a vécu l’archidiocèse de Saint Pierre et Fort de France ce mardi 3 décembre 2013, en accueillant en visite officielle le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples.


Le Cardinal Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples, accompagné du délégué apostolique pour les Antilles et la Guyane, Mgr Nicola Girasoli, est arrivé à 9h45 à l’aéroport Aimé Césaire où il a été accueilli par Mgr Michel Méranville, archevêque de la Martinique et une délégation du diocèse.
Il s’est rendu ensuite à radio Saint Louis où il a tenu un point presse, avant de gagner la cathédrale Saint Louis où les fidèles l’attendaient nombreux, puisque la cathédrale était remplie, pour prier avec lui l’Office du milieu du jour. Il a quitté la Martinique à 17h pour se rendre en Guadeloupe

Pour la première fois en 400 ans d’évangélisation de la région des Caraïbes, « première zone des Amériques à avoir écouté la Bonne Nouvelle du Christ », le Cardinal Préfet en charge des "Jeunes Églises" visitait cette région. Après le Vénézuela, où il a représenté le Saint-Père au Congrès missionnaire latino-américain à Maracaïbo, il s’est rendu à Trinidad, siège de la Conférence des Evêques des Petites Antilles, pour y rencontrer à Port Of Spain les évêques membres de cette conférence, et visiter quelques diocèses, dont la Jamaïque, Sainte Lucie, puis la Martinique et la Guadeloupe avant de regagner Rome mercredi 4 décembre.

A radio Saint Louis, il a pu rencontrer le fondateur de la station, Mgr Gaston Jean-Michel, qui lui remis un exemplaire du livre qui lui est consacré et qui décrit dans sa seconde partie l’évangélisation des Antilles et de la Martinique à partir du 17ème siècle : « Le Père Gaston Jean-Michel, témoin de l’Évangile », sous la direction de Frère David Macaire,, o.p. et Gilles Danroc, o.p., publié aux éditions La Thune.


En répondant aux questions des journalistes, le cardinal a souligné que sa visite était sans doute historique, puisqu’elle était la première du Préfet en charge de l’Évangélisation des Peuples dans cette région, mais que l’Histoire était représentée par des hommes comme Mgr Gaston Jean-Michel, portant inlassablement l’Évangile partout dans leur pays et dans le monde, à l’exemple de Saint François Xavier, fêté en ce 3 décembre, évangélisateur de l’Asie, patron des Missions et de son dicastère.

Il a encore attiré l’attention sur la sélection opérée par la presse dans la diffusion des informations en répondant à une question sur la montée de la violence dans nos sociétés : un arbre tombe, on en parle aussitôt, mais on ne voit pas la forêt qui continue de pousser et qui nous permet pourtant de respirer ! Le bien ne fait pas de bruit, mais il est partout présent : il convient d"en rendre compte aussi. Il a alors appelé chaque chrétien à être témoin du Christ, à pratiquer sans se lasser les vertus de charité et de générosité comme l’a fait Mère Thérésa.



Après avoir visité les installations de la radio diocésaine et l’église Emmaüs, le Cardinal Filoni, Mgr Girasoli et Mgr Méranville se sont rendus à la cathédrale Saint-Louis où ils ont été accueillis par le curé de la cathédrale, le père Jean-Michel Monconthour, et ont eu la joie de prier l’office du milieu du jour avec les prêtres, les diacres et les fidèles de la Martinique qui les attendaient nombreux.

C’est le délégué de l’Évêque à la Liturgie, le père Wilfrid Bannais, qui a animé l’office, accompagné à l’orgue par le père Patrick Phanor.

Dans son intervention, Mgr Méranville a remercié Son Eminence de sa visite et a présenté son diocèse, le presbytérium, remerciant prêtres et diacres présents et ayant répondu à son invitation, ses 47 paroisses, les congrégations religieuses présentes, le projet pastoral diocésain, avant de donner la parole à plusieurs responsables diocésains (catéchèse et catéchuménat, Enseignement catholique, Jeunes et Vocations, Familles). Vous pouvez lire cette intervention dans l’éditorial de notre site diocésain.

Dans sa réponse, Son Éminence, a redit toute la joie qu’il éprouvait à être présent dans cette cathédrale de Fort de France au milieu du peuple de Dieu pour prier avec lui et rendre grâce au Seigneur pour la foi de la Martinique. Dans une formule saisissante, il s’est d’ailleurs adressé aux fidèles :


« Pourquoi êtes-vous venus aujourd’hui ? Vous n’êtes pas seulement venus pour me voir. Avec un ordinateur, vous pouvez facilement trouver une photo me représentant ; mais vous êtes venus pour prier avec moi. C’est Jésus qui nous rassemble et que nous devons annoncer tous ensemble. »

Et il a encore ajouté : « L’Église de Martinique est extraordinaire ! Vous êtes venus ici à la cathédrale pour prier avec moi. C’est la chose la plus importante : nous sommes ici pour sanctifier cette heure de la journée, nous sommes la famille de Dieu. Nous ne sommes pas un parti politique ; notre famille a pour fondateur le Christ. Allez chercher les frères qui sont de l’autre côté ! Comme le Saint Père nous l’a dit, nous n’avons pas reçu la foi pour la mettre à la banque. Nous devons la mettre au service des autres. Le produit de la foi appartient à Dieu ; nous ne sommes que les humbles ouvriers de la vigne du Seigneur. »

En découvrant le cadeau que Mgr Méranville lui a remis à la fin de la célébration, un tableau représentant la carte de la Martinique composée à l’aide de grains de sable de différentes couleurs, il a comparé la Martinique à une barque lancée dans l’océan atlantique, comme la barque utilisée par Jésus sur le lac de Tibériade, pour évangéliser le monde ! Il a dit à nouveau : « Notre mission est d’annoncer l’Évangile à tous les hommes qui ne le connaissent pas encore (près de 5 milliards sur 7 milliards). Comme le Saint-Père l’a écrit dans Evangelii gaudium, c’est une grande joie pour nous tous d’annoncer l’Évangile ! »

Enfin, Son Éminence a appelé tous les fidèles présents à prier pour lui et pour la mission que lui a confiée le Saint-Père à la tête de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples :

« Je vous remercie pour l’amour que vous avez pour l’Église. Je vous assure de ma prière, de mon affection ; priez pour moi et soutenez ma mission par vos prières. Avec Saint François- Xavier qui est notre Saint Patron, je vous salue et vous donne ma bénédiction ! »

La célébration s’est achevée par la bénédiction solennelle donnée à l’assemblée par le cardinal et par sa rencontre avec les fidèles sur le parvis de la cathédrale Saint Louis. Tous ceux qui ont pu participer à cette visite historique pour notre diocèse, physiquement ou par l’intermédiaire des ondes de radio saint-Louis, en garderont un souvenir inoubliable ! Mgr Méranville a tenu à exprimer également sa reconnaissance à Mgr Nicola Girasoli, pour son insistance à inscrire l’archidiocèse de Saint-Pierre et Fort de France dans la liste des diocèses visités par Son Éminence.

A la fin de la célébration, nous avons demandé au Père Luc Philippon, D.E.I., de nous dire ce qu’il retenait de cette visite :

« Cette visite, le jour de la fête d’un grand missionnaire de l’Asie, nous donne de l’élan pour entrer dans la nouvelle évangélisation dans laquelle la Martinique est engagée sans complexes en comptant avec assurance sur l’Esprit Saint, le grand agent de l’évangélisation dont nous parle Paul VI dans son Exhortation Apostolique, Evangelium nuntiandi, du 8 Décembre 1975.

La joie de l’Évangile, c’est Jésus qui vient à la rencontre de notre humanité. Le Cardinal-Préfet qui a reçu du Pape François la mission d’accompagner et d’encourager l’action d’évangélisation nous fortifie dans notre joie d’être missionnaire ici, dans notre église particulière. Retenons ses paroles dans la cathédrale Saint-Louis après avoir prié ensemble l’office du milieu du jour : "La Martinique peut ressembler à la barque que Notre Seigneur Jésus empruntait pour traverser le lac de Tibériade afin d’aller annoncer cette espérance de la Bonne Nouvelle. La Martinique est ce petit bateau, vous aussi, allez aux périphéries annoncer l’Évangile, allez témoigner de la foi !" »

Les photos illustrant cet article ont été prises par Bernadette Helmany, P.Philippon, Michel Déglise, Félix Sebas. Vous retrouverez prochainement un reportage photo plus complet sur cette page.



 


Les Soeurs Dominicaines Missionnaires de la Délivrande à Antsirabe, Madagascar

 

11 mai 2015 2015 par Michel DEGLISE

Samedi 7 décembre 2013, Maria Hanta, une jeune novice Malgache, a prononcé ses premiers vœux de religieuse : elle est la première Malgache à entrer dans la Congrégation des Sœurs Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame de la Délivrande, installée à Madagascar depuis 2008.

C’est un événement pour la Congrégation fondée par Laure Sabès à la Martinique au 19ème siècle. Son Excellence Monseigneur Philippe RANAIVOMANANA, Evêque du diocèse, a présidé cette cérémonie, en présence de la prieure générale, Sœur Jeanne-Marie CHRONE, et des soeurs présentes à Madagascar, Soeur Marie Danièle MADAGASCAR (originaire du Gros Morne ), à Anstirabe depuis 2012, et Soeur Michèle-Marie THERESE-BASILE (originaire de Fort-de-
France) à Anstirabe depuis 2008.

Deux autres sœurs ont également accompagné la communauté dans ses premières années : Soeur Margaret-Marie FONTALLIO (originaire de Sainte-Lucie) a ainsi vécu à Antsirabe de 2008 à 2009, et Soeur Gislaine-Marie LEBRETON (originaire du François) de 2011 à 2012

Grâce aux informations que nous ont envoyées Maria et ses compagnes, nous vous proposons de découvrir un peu mieux la grande île de l’océan indien et la vie qu’elles y mènent au sein de leur communauté naissante.

Madagascar est une République située dans la partie Occidentale de l’Océan Indien (séparé de l’Afrique par le canal de Mozambique, large de 415 km). Elle fait partie du Continent Africain. Sa capitale est Antananarivo. Sa population est de : 22,29 millions. Sa monnaie est l’Ariary. La langue officielle est le Malgache, mais chaque région possède aussi son dialecte. Sa superficie : 1580 km du Nord ,au Sud et 500 km d’Est en Ouest. Le président intérimaire est Andry RAJOELINA et de nouvelles élections se déroulent en cette fin d’année 2013. Le pays est sous développé, mais avec beaucoup de richesses naturelles telles que : or, bois de rose, pétrole, pierres précieuses.

En ce qui concerne la religion, environ la moitié des 22 millions de Malgaches sont chrétiens : 25% de catholiques, 20% répartis entre différentes obédiences protestantes (Réformés, Luthériens, Anglicans et, il y a aussi beaucoup de « sectes ». L’Islam, pour sa part, réunit autour de 5% de la population totale. Quant à la moitié des Malgaches qui, surtout sur les côtes, pratiquent la religion traditionnelle, ils invoquent simplement un dieu créateur.

Il existe des traditions propres à Madagascar comme le Famadihana (retournement des morts).
Du point de vue Culturel, les gens aiment la danse (afindrafidrao), les chants traditionnels et plus généralement, la musique. L’artisanat Malgache est riche d’une variété d’objets de la vie de tous les jours, mais aussi de jeux, d’instruments de musique ou d’objets ornementaux à caractère sacré ou artistique. L’art fait partie de la culture, il l’enrichit et la valorise.

La maison des Sœurs Dominicaines Missionnaires de la Délivrande est située à Antsirabe, qui est la 3e grande ville de Madagascar. Elle est située au centre du pays sur les hauts plateaux à 1500m d’altitude. La région a de beaux lacs, ce qui favorise le tourisme. Sa population est de 182 804 habitants. Antsirabe est surnommée la « Vichy » malgache à cause de nombreuses sources thermales. La médecine naturelle y est pratiquée. Antsirabe est aussi la capitale des pousse-pousse. C’est une région de fruits et légumes et le marché du samedi est haut en couleur ! La majorité de la population y est catholique et il y a beaucoup de religieuses et religieux. De nombreux fidèles participent à l’Eucharistie dominicale à la cathédrale d’Antsirabe.

La communauté y habite depuis 2011, dans le quartier de Mahafaly, qui est à la fois populaire et résidentiel. Elle est composée de 9 membres : 2 professes, une novice, une postulante, cinq pré-postulantes. Il y a encore cinq aspirantes qui vivent à proximité de la communauté et en partagent les temps de formation et de prière.

Ces jeunes filles veulent être religieuses et ont choisi la vie dominicaine parce qu’elles aiment la prière, l’annonce de l’Evangile, l’enseignement de la catéchèse, la rencontre des pauvres à la manière de Saint Dominique. Mais, elles ont aussi été touchées par la personnalité et le charisme de la fondatrice de la Congrégation lorsqu’elles ont découvert son histoire et les circonstances de sa fondation en 1868, dans la Martinique du 19ème siècle. Au programme de leurs études, on trouve l’apprentissage du Français et du Malgache, puisque cette communauté est d’origine martiniquaise et française. Si l’on ajoute la musique et la couture, les activités ne manquent pas ! En paroisse, certaines font de la catéchèse et consacrent un temps de visite aux familles en difficultés pour les écouter, les aider matériellement et les accompagner spirituellement.

Dans la situation de pauvreté matérielle de Madagascar, il leur a fallu développer diverses activités de production : l’élevage de lapins et de poules, la fabrication du pain, et aussi la culture d’un petit jardin, pour subvenir à leurs besoins et aider les plus pauvres. Beaucoup de gens viennent en effet frapper à la porte de la communauté pour des demandes diverses : ceux qui cherchent de quoi manger, ou une aide matérielle, comme l’écolage pour la scolarité de leurs enfants, les marchands de légumes et autres qui viennent proposer leur production, des personnes à la recherche d’un travail. Enfin, des jeunes viennent aussi pour découvrir la vie religieuse communautaire, ou simplement prier avec les sœurs.

On le voit, ces jeunes filles ont donc une vie d’étude, de prière et de travail bien remplie. Mais, comme le disait elle-même la fondatrice de la Congrégation qu’elles ont choisi de rejoindre, si elles ont voulu entrer en religion, c’est avant tout « pour glorifier Dieu ici-bas, et mériter de le posséder éternellement …[en travaillant de plus en plus] à consoler le Cœur de Jésus par la pratique constante de la Charité. » (Lettre du 12 janvier1893)

Le 7 décembre 2013, les Sœurs Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame de la Délivrande, ont ouvert une nouvelle étape de leur riche histoire en permettant à la première Malgache, Maria Hanta, de prononcer ses premiers vœux et d’intégrer la communauté des Sœurs de la Délivrande, ouvrant ainsi la voie à beaucoup d’autres jeunes Malgaches désireuses de répondre à l’appel du Seigneur en suivant Mère Marie de la Providence « pour servir les pauvres, les infirmes et les vieillards et concourir au salut des âmes et au soulagement des corps. »



 


Le pape François publie Evangelii Gaudium

 

26 novembre 2013 2013 par Michel DEGLISE

Une Exhortation pour retrouver la joie et le souffle de l’Evangile !

Evangelii Gaudium, La joie de l’Evangile : c’est le titre de la première exhortation apostolique du Pape François, sur l’annonce de l’Evangile au monde actuel. Elle a été remise dimanche à 36 représentants de l’Eglise catholique, lors de la messe conclusive de l’Année de la Foi. Elle a été officiellement présentée ce mardi en salle de presse du Saint-Siège. Un texte très personnel de François. Il y dévoile sa conception de l’évangélisation, ainsi que les lignes directrices de son pontificat.

Mardi 26 novembre 2013

Voici quelques extraits d’ Evangelii Gaudium présentés par le service de presse du Vatican :

« La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus » : c’est par ces mots que s’ouvre l’Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium » dans laquelle le Pape François développe le thème de l’annonce de l’Evangile dans le monde actuel, en se basant, entre autres, sur la contribution offerte par les travaux du Synode qui s’est déroulé au Vatican du 7 au 28 octobre 2012 sur le thème « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». « Je désire – écrit le Pape - m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années » (1). Il s’agit d’un appel vibrant à tous les baptisés afin que, avec une ferveur et un dynamisme nouveaux, ils portent à leurs prochains l’amour de Jésus dans un « état permanent de mission » (25), en évitant « le grand risque du monde d’aujourd’hui » : celui de tomber dans « une tristesse individualiste » (2).

Le Pape invite à « retrouver la fraîcheur originale de l’Evangile », en cherchant « de nouvelles voies » et « des méthodes créatives », et à ne pas enfermer Jésus dans nos « schémas ennuyeux » (11). Il faut une « conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont » (25) et une « réforme des structures » ecclésiales pour les rendre plus missionnaires (27). Le Souverain Pontife pense aussi à une « conversion de la papauté » pour qu’elle soit « plus fidèle à la signification que Jésus Christ entend lui donner et aux besoins actuels de l’évangélisation ». Le souhait que les Conférences épiscopales puissent offrir leur contribution afin que « le sentiment collégial se réalise concrètement » - affirme-t-il – « ne s’est pas pleinement réalisé » (32). Il est nécessaire de procéder à une « décentralisation salutaire » (16). Dans ce processus de renouveau, il ne faut pas avoir peur de réviser certaines coutumes de l’Eglise qui ne sont pas « directement liées au cœur de l’Evangile… certains usages s’étant très enracinés dans le cours de l’histoire » (43).

Nos églises doivent être ouvertes et accueillantes

Pour témoigner de l’accueil de Dieu, il faut « avoir partout des églises avec les portes ouvertes » afin que ceux qui cherchent ne rencontrent pas « la froideur d’une porte close ». « Même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison ». Ainsi, l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace » (47). Le Pape réaffirme qu’il préfère une Eglise « accidentée, blessée et sale pour être sortie dans la rue, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper … c’est que tant de nos frères vivent » sans l’amitié de Jésus-Christ (49).

Le Pape énonce les tentations auxquelles sont exposés les agents pastoraux : individualisme, crise d’identité, baisse de ferveur (78). « La plus grande menace » c’est « le triste pragmatisme de la vie quotidienne de l’Église, dans lequel apparemment tout arrive normalement, alors qu’en réalité, la foi s’affaiblit » (83). Le Pape exhorte à ne pas se laisser saisir par un « pessimisme stérile » (84) à être des signes d’espérance (86) en réalisant la « révolution de la tendresse » (88). Il faut repousser la « spiritualité du bien-être » qui refuse « les engagements fraternels » (90) et vaincre « la mondanité spirituelle » qui « consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine » (93). Le Pape parle de ceux qui « se sentent supérieurs aux autres » parce qu’ils sont « inébranlablement fidèles à un certain style catholique propre au passé » et qui « au lieu d’évangéliser, analysent et classifient les autres » et de ceux qui manifestent « un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Église, mais sans que la réelle insertion de l’Évangile dans le Peuple de Dieu les préoccupe » (95). Il s’agit là « d’une terrible corruption sous l’apparence du bien … Que Dieu nous libère d’une Église mondaine sous des drapés spirituels et pastoraux ! » (97).

Les hommes d’Eglise doivent être vertueux

Le Pape demande aux communautés ecclésiales de ne pas se laisser aller à l’envie et à la jalousie : « A l’intérieur du Peuple de Dieu et dans les diverses communautés, que de guerres ! » (98). « Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ? » (100). Il souligne la nécessité d’accroître la responsabilité des laïcs, qui sont maintenus « en marge des décisions » par « un cléricalisme excessif » (102). Il affirme « qu’il faut encore élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l’Église », en particulier « dans les divers lieux où sont prises des décisions importantes » (103). « Les revendications des droits légitimes des femmes … ne peuvent être éludées superficiellement » (104). Les jeunes doivent avoir un rôle plus important (106). Face à la pénurie des vocations dans certaines régions, il affirme qu’on ne peut pas « remplir les séminaires sur la base de n’importe quelles motivations » (107).

Abordant le thème de l’inculturation, le Pape rappelle que « le christianisme n’a pas un seul modèle culturel » et que le visage de l’Eglise est « multiforme » (116). « Nous ne pouvons pas prétendre que tous les peuples de tous les continents, en exprimant la foi chrétienne, imitent les modalités adoptées par les peuples européens à un moment précis de leur histoire » (118). Le Pape réaffirme « la force évangélisatrice de la piété populaire » (122) et encourage la recherche des théologiens en les invitant à viser la finalité évangélisatrice de l’Eglise et à ne pas se contenter « d’une théologie de bureau » (133).

De l’importance des homélies, courtes et imagées

Le Pape s’attarde « avec soin sur les homélies » parce que « nous ne pouvons pas rester sourds aux nombreuses réclamations concernant cet important ministère » (135). Les homélies « doivent être brèves et éviter de ressembler à une conférence ou à un cours » (138), elles doivent savoir dire « des paroles qui font brûler les cœurs », et surtout ne pas se limiter à faire la morale et à vouloir endoctriner (142). Les homélies, il faut les préparer : « Un prédicateur qui ne se prépare pas n’est pas “spirituel”, il est malhonnête et irresponsable envers les dons qu’il a reçus » (145). « Une bonne homélie… doit contenir une idée, un sentiment, une image » (157). La prédication doit être positive, offrir toujours l’espérance et ne pas laisser les fidèles « prisonniers de la négativité » (159). L’annonce de l’Evangile elle-même doit avoir des connotations positives : « proximité, ouverture au dialogue, patience, accueil cordial qui ne condamne pas » (165).

Le système économique, profondément injuste

Evoquant les défis du monde contemporain, le Pape dénonce le système économique actuel : « il est injuste à sa racine » (59). « C’est une économie qui tue » parce que c’est la « loi du plus fort » qui prévaut. La culture actuelle du déchet a engendré « quelque chose de nouveau » : « Les exclus ne sont pas des ‘exploités’, mais des déchets, ‘des restes’ » (53). Nous vivons « une tyrannie invisible, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable », un « marché divinisé » où règnent « la spéculation financière », « une corruption ramifiée », « une évasion fiscale égoïste » (56). Le Pape dénonce les « atteintes à la liberté religieuse » et les « nouvelles situations de persécution des chrétiens… Dans de nombreux endroits, il s’agit plutôt d’une indifférence relativiste diffuse » (61). La famille – poursuit le Pape – « traverse une crise culturelle profonde ». Réaffirmant « la contribution indispensable du mariage à la société » (66) il souligne que « L’individualisme postmoderne et mondialisé favorise un style de vie qui affaiblit le développement et la stabilité des liens entre les personnes, et qui dénature les liens familiaux » (67).

Une Eglise au coeur de la société, pour le bien des hommes

Le Pape réaffirme par ailleurs « la connexion intime entre évangélisation et promotion humaine » (178) et le droit des Pasteurs « d’émettre des opinions sur tout ce qui concerne la vie des personnes » (182). « Personne ne peut exiger de nous que nous reléguions la religion dans la secrète intimité des personnes, sans aucune influence sur la vie sociale et nationale ». Il cite Benoît XVI lorsqu’il affirme que l’Eglise « « ne peut ni ne doit rester à l’écart dans la lutte pour la justice » (183). Pour l’Eglise, l’option pour les pauvres est une catégorie « théologique » avant d’être sociologique. « Pour cette raison, je désire une Église pauvre pour les pauvres. Ils ont beaucoup à nous enseigner » (198). « Tant que ne seront pas résolus radicalement les problèmes des pauvres … les problèmes du monde ne seront pas résolus » (202). « La politique tant dénigrée - affirme-t-il encore - est … une des formes les plus précieuses de la charité ». « Je prie le Seigneur qu’il nous offre davantage d’hommes politiques qui aient vraiment à cœur la vie des pauvres ! ». (205) Puis cet avertissement : Toute communauté de l’Eglise qui oublie les pauvres « court aussi le risque de la dissolution » (207).

Protéger tous les plus faibles

Le Pape exhorte à prendre soin des plus faibles : « les sans-abris, les toxicomanes, les réfugiés, les populations indigènes, les personnes âgées toujours plus seules et abandonnées » et les migrants et il encourage les nations « à une généreuse ouverture » (210). Il évoque les victimes de la traite et des nouvelles formes d’esclavage : « Ce crime mafieux et aberrant est implanté dans nos villes, et beaucoup ont les mains qui ruissellent de sang à cause d’une complicité confortable et muette » (211). « Doublement pauvres sont les femmes qui souffrent des situations d’exclusion, de maltraitance et de violence » (212). « Parmi les faibles dont l’Eglise veut prendre soin avec prédilection » il y a « aussi les enfants à naître, qui sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut nier aujourd’hui la dignité humaine » (213). « On ne doit pas s’attendre à ce que l’Église change de position sur cette question… Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine » (214). Suit un appel au respect de toute la création : « nous sommes appelés à prendre soin de la fragilité du peuple et du monde dans lequel nous vivons » (216).

La vraie paix est faite de justice

En ce qui concerne le thème de la paix, le Pape affirme qu’il faut des voix prophétiques car certains veulent instaurer une fausse paix « qui servirait d’excuse pour justifier une organisation sociale qui réduit au silence ou tranquillise les plus pauvres, de manière à ce que ceux qui jouissent des plus grands bénéfices puissent conserver leur style de vie » (218). Pour la construction d’une société bénéficiant de la paix, de la justice et de la fraternité, le Pape indique quatre principes (221) : « le temps est supérieur à l’espace » (222) cela veut dire « travailler à long terme, sans être obsédé par les résultats immédiats » (223). « L’unité prévaut sur le conflit » (226) cela veut dire œuvrer afin que les oppositions parviennent à une « unité multiforme qui puisse engendrer une nouvelle vie » (228). « La réalité est plus importante que l’idée » (231) cela veut dire éviter que la politique et la foi se réduisent à la rhétorique (232). « Le tout est supérieur à la partie » cela veut dire mettre ensemble globalisation et localisation (234).

Se frotter aux autres réalités, politiques, sociales, religieuses et culturelles

« L’évangélisation – poursuit le Pape – implique aussi un chemin de dialogue » qui permette à l’Eglise de collaborer avec toutes les réalités politiques, sociales, religieuses et culturelles (238). L’œcuménisme est « un chemin incontournable de l’évangélisation ». L’enrichissement réciproque est important : « Nous pouvons apprendre tant de choses les uns des autres ! », par exemple « dans le dialogue avec les frères orthodoxes, nous les catholiques, nous avons la possibilité d’apprendre quelque chose de plus sur le sens de la collégialité épiscopale et sur l’expérience de la synodalité » (246) ; « le dialogue et l’amitié avec les fils d’Israël font partie de la vie des disciples de Jésus » (248) ; « le dialogue interreligieux », qui doit être mené « avec une identité claire et joyeuse », est « une condition nécessaire pour la paix dans le monde » et il n’éclipse pas l’évangélisation (250-251) ; « La relation avec les croyants de l’Islam acquiert à notre époque une grande importance » (252) : le Pape implore « humblement » les pays de tradition musulmane d’assurer la liberté religieuse aux chrétiens, « prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux ! Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence » (253). Et contre la tentative de privatiser les religions dans certains contextes, il affirme que « le respect dû aux minorités agnostiques et non croyantes ne doit pas s’imposer de manière arbitraire qui fasse taire les convictions des majorités croyantes ni ignorer la richesse des traditions religieuses » (255). Le Pape réaffirme l’importance du dialogue et de l’alliance entre croyants et non-croyants (257).

Le dernier chapitre est consacré aux évangélisateurs avec l’Esprit, « ceux qui s’ouvrent sans crainte à l’action de l’Esprit Saint » qui « infuse la force pour annoncer la nouveauté de l’Évangile avec audace, (parresia), à voix haute, en tout temps et en tout lieu, même à contre-courant » (259). Ces « évangélisateurs prient et travaillent » (262), en sachant que « La mission est une passion pour Jésus mais, en même temps, une passion pour son peuple » (268) : « Jésus veut que nous touchions la misère humaine, la chair souffrante des autres » (270). « Dans notre rapport avec le monde – précise-t-il – nous sommes invités à rendre compte de notre espérance, mais non pas comme des ennemis qui montrent du doigt et condamnent » (271). Pour être missionnaires, il faut chercher le bien du prochain et désirer le bonheur des autres (272) : « si je réussis à aider une seule personne à vivre mieux, cela justifie déjà le don de ma vie » (274). Le Pape invite à ne pas se décourager face aux échecs ou aux faibles résultats parce que la « fécondité est souvent invisible, insaisissable, elle ne peut pas être comptée » ; « Nous savons seulement que notre don de soi est nécessaire » (279). L’exhortation s’achève par une prière à Marie « Mère de l’Evangélisation ». « Il y a un style marial dans l’activité évangélisatrice de l’Église. Car, chaque fois que nous regardons Marie nous voulons croire en la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection » (288).



 


Bienheureuse Anne-Marie Javouhey

 

15 novembre 2013 2013 par Michel DEGLISE

C’est le 10 novembre 1779 qu’est née Anne-Marie Javouhey, à Jallanges, petit village de Côte d’Or, dans l’arrondissement de Beaune. Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny célèbrent cet anniversaire ce 10 novembre 2013, juste avant de célébrer l’anniversaire de son baptême qui a eu lieu le 11 novembre 1779, le lendemain de sa naissance : ces Sœurs sont aujourd’hui 3000, originaires d’une soixantaine de pays et œuvrant dans tous les continents. Elles sont présentes en Martinique, Guadeloupe et Guyane.

234ème anniversaire de la naissance de la fondatrice de la Congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Cluny

L’ existence de cette jeune fille née en Bourgogne, au centre de la France, sort de l’ordinaire. Parcourir 45 000 km, par mer, en voilier, pour mettre les dons de son intelligence et de son cœur à la réalisation d’une vocation missionnaire, n’est en effet pas chose commune pour une femme du début du XIXème siècle. Car "appelée par Dieu à être utile à un grand nombre de malheureux" (Lettre 81), elle s’efforce de répondre aux besoins de son époque. Trois révolutions (1789, 1830, 1848) jalonnent sa route. Chacune crée des situations nouvelles, chacune demande aussi des nouvelles formes de service. Mère Javouhey entend tous les appels, en France d’abord, dans les autres continents ensuite. Ce sont des tâches multiples à assumer.

Des traits de lumière successifs lui fixent les objectifs à atteindre et les formes de service adaptées aux situations. L’ampleur de son action apostolique, qui tient "de l’audace et du génie", trouve son explication dans le leitmotiv qui figure en tête de sa correspondance : "La sainte volonté de Dieu". Elle n’a pas voulu autre chose dans sa vie.

En avance sur son temps, Mère Javouhey a travaillé de toutes ses forces à la promotion humaine et chrétienne des personnes noires. D’emblée elle croit à la possibilité d’un clergé local. Aussi fait-elle préparer au sacerdoce les trois premiers prêtres sénégalais ordonnés en 1840, à Paris. En 1846, elle donne l’habit religieux à une jeune Antillaise, ancienne esclave, qui vécut et mourut religieuse à Castries (Ile de Sainte-Lucie, mer des Caraïbes). Qui, alors, aurait pensé construire des communautés internationales de religieuses si différentes par l’origine et la culture ? C’est là une intuition prophétique des Églises locales, signes visibles de l’universalité de l’Église.

A partir de 1817, Mère Javouhey envoie "ses Filles" aux quatre coins du monde, malgré les vicissitudes de l’ Histoire. A cause de la primauté donnée dans son action à l’évangélisation des terres lointaines, Le pape Pie XI lui a décerné le titre de "première femme missionnaire". Mais sous cette appellation se cache une réalité plus profonde : à la lumière de l’Évangile et sous l’emprise de l’Esprit, Mère Javouhey a compris que Dieu aime tous les hommes, sans distinction de race, de culture, de religion et de condition sociale ; que leur dignité doit être reconnue, leurs droits défendus partout. D’instinct, elle allait vers les plus démunis, sans pour autant délaisser les autres : c’était sa conviction profonde. ce fut sa règle de conduite à l’égard de tous ceux que les événements ont placé sur sa route.

Comme tout fondateur, Mère Javouhey a légué aux Sœurs de Saint-Joseph de Cluny un esprit, ou une façon d’aimer Dieu, et un dessein particulier, ou une manière de servir l’Église et le monde. Ces deux éléments constituent le patrimoine de famille de la Congrégation qu’elle a fondée.

"Je suis dans la main de Dieu, je ne veux que ce qu’il voudra : ma vie et ma mort sont à sa disposition" ’Lettre 221)

"Faites-vous toute à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ" (lettre 132)

Pour être fidèle à l’impulsion missionnaire de la Fondatrice, la Congrégation est aujourd’hui encore appelée à répondre aux besoins spécifiques des personnes et des groupes au milieu desquels vivent les Sœurs, aussi bien dans les pays de vieille chrétienté que dans les jeunes Églises.



 


Retour sur la fête de Sainte Thérèse

 

17 octobre 2013 2013 par Michel DEGLISE, P. Alain RANSAY

Mardi 1er octobre 2013 la paroisse de Sainte-Thérèse a fêté sa sainte patronne, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Nous vous proposons de revenir en photos sur cette manifestation et nous avons demandé au père Alain Ransay, curé de Sainte-Thérèse, de faire le point sur les futurs travaux de réhabilitation de l’église.

De nombreux paroissiens de Sainte-Thérèse se sont donc retrouvés sur le parvis de l’église pour fêter leur Sainte Patronne. Cela faisait 6 longues années que sa fête était célébrée à Rivière-Roche. C’était donc un motif de grande joie. L’archevêque, Mgr Michel Méranville, a présidé cette célébration en présence d’autorités politiques et civiles. Il s’est appliqué à encourager les paroissiens qui vivent mal la privation de leur lieu de rassemblement et il les a invités à nouveau à la patience.

Après avoir présidé l’eucharistie, Mgr Michel Méranville a salué les personnalités présentes. Il était en compagnie du père Alain Ransay, curé de la paroisse et de plusieurs prêtres, certains d’entre eux ayant exercé une partie de leur ministère dans cette paroisse (père Jean de Coulanges, père Claude Anglio ou encore père Gaby Lémy qui a été ordonné prêtre à l’église de Sainte-Thérèse en 2003).

La célébration a été animée par le Choeur Sainte-Thérèse, dirigée par Madame Guylène Bertrand.

Sainte Thérèse continue de veiller sur ses enfants.

A la demande du Père Alain Ransay, les architectes en charge du dossier en ont présenté les principaux éléments à l’archevêque et aux nombreux fidèles présents.

Père Alain Ransay revient pour nous sur les hypothèses de travail, encore ouvertes, concernant les travaux de réhabilitation de l’église :

« L’architecte des bâtiments de France, Monsieur Laurent Delfour et Mme Nathalie Ruffin, architecte du Patrimoine étaient présents. A la fin de l’eucharistie, ils sont intervenus au sujet de l’église et des différentes tranches de travaux qui devraient s’étendre sur une durée de 6 années pour un total de 3 500 000 € ! La première tranche, qui pourrait être rapidement mise en œuvre, consiste en une mise en sécurité de l’église pour permettre la reprise du culte ; il s’agirait de la mettre hors d’eau, mais aussi de mettre en conformité l’installation électrique et l’accès handicapé et surtout de cintrer la voûte.

Monsieur Laurent Delfour a précisé que la participation de l’Etat s’élèverait à 40%, la Région Martinique nous avait promis 35 % sur un montant prévisionnel deux fois moindre. Il nous resterait à réunir 30% du montant des travaux, ce qui représente pour nous une somme considérable d’autant que nous aurons à reconstruire les salles paroissiales et un presbytère ! Du reste, nous projetons de nous retrouver, toujours sur le Parvis, le 23 novembre pour lancer une souscription avec l’aide de la Fondation du Patrimoine.

Concernant le cintrage de la voûte, il aurait une double finalité : premièrement en cas de séisme, empêcher qu’elle ne s’effondre et secondement servir d’échafaudage pour sa restauration. Dessiné avec soin par l’architecte, il permettrait donc la reprise du culte et l’église Sainte-Thérèse pourrait de nouveau accueillir ses paroissiens.