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        Audience Générale du Mercredi à Rome

Audience Générale du Mercredi à Rome

Les chrétiens sont appelés à témoigner de la vérité par leur manière de vivre : le Pape François l’a affirmé ce mercredi 14 novembre lors de l’audience générale qu’il a tenue Place Saint Pierre devant des milliers de fidèles. Le Souverain Pontife a mis le 8ème commandement, -"tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain"-, au centre de sa catéchèse


Nous sommes des êtres de communication ; tous, nous parlons, certes, avec des paroles, mais aussi avec des gestes, des attitudes, des silences, voire des absences, relève le Pape. Ce faisant, nous sommes également continuellement « tiraillés entre la vérité et le mensonge ».

Pour le Pape, « dire la vérité » ne signifie pas nécessairement être sincères ou exacts : on peut en effet se retrouver dans l’erreur tout en étant sincère, tout comme on peut être précis dans les détails et ne pas saisir le sens de l’ensemble. Et le Pape de déplorer, une fois encore, la nature criminelle et mortifère des bavardages, « qui détruisent la communion ».

« Mais alors, qu’est-ce la vérité ? », se demande le Pape, faisant sienne l’interrogation de Ponce Pilate. Elle trouve « sa pleine réalisation en Jésus-Christ », qui par sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection lui rend témoignage. Par sa cohérence, « Jésus manifeste le Père, son amour miséricordieux et fidèle », et nous offre cette vie d’enfant de Dieu en nous envoyant l’Esprit Saint de vérité.

Pour le Saint-Père, cette vérité se déploie dans une manière de vivre plus que dans des discours. Le chrétien n’est assurément pas une personne exceptionnelle ; mais par ses choix, ses gestes quotidiens, grands ou petits, il est appelé à témoigner de la vérité qui est « la révélation merveilleuse de Dieu, de son visage de Père et de son amour infini ». Ne pas dire de faux témoignage signifie véritablement « vivre en fils de Dieu », ne pas proférer de mensonge, faire confiance au Père céleste : c’est cela « la grande vérité ».

(Avec V. N.)

Dimanche 11 novembre 2018

Lors de la prière de l’Angélus, ce dimanche, le Pape est revenu sur l’Évangile du jour, tiré du texte de Saint-Marc, qui revient sur deux figures opposées : le scribe et la veuve. François a précisé que ce jugement de Jésus sur les scribes dénonce l’instrumentalisation de la loi de Dieu à des fins de pouvoir personnel.

« Jésus démasque ce mécanique pervers : il dénonce l’oppression des faibles faite de façon instrumentale sur la base de motivations religieuses, en disant clairement que Dieu est du côté des derniers », a expliqué le Pape François, en mettant en avant l’exemple de cette pauvre veuve, vulnérable, proie facile de personnages plus puissants car elle n’avait plus de mari pour la défendre. Elle dépose ses deux pièces sans vouloir se faire remarquer, mais « ce geste plein de sacrifice n’échappe pas au regard attentif de Jésus, qui y voit briller le don total de soi auquel il veut éduquer ses disciples ».

Aujourd’hui aussi, avec nous, Jésus nous mesure pas la quantité de ce que nous donnons, mais la qualité, dans un état d’esprit qui échappe à toute logique de ritualisme, de formalisme, comme aussi à toute logique de calcul. « Cette veuve pauvre et généreuse » est mise en valeur dans l’Évangile comme « un modèle de vie chrétienne à imiter ». Nous ne connaissons pas son nom, mais « nous connaissons son cœur, et c’est ce qui compte devant Dieu ». Son exemple doit donc nous aider « à nous dépouiller du superflu pour aller vers ce qui compte vraiment, et à rester humbles », a conclu le Saint-Père, en confiant les fidèles à l’intercession de la Vierge Marie, « une femme pauvre qui s’est donnée totalement à Dieu », pour qu’elle nous aider à donner au Seigneur « non pas quelque chose de nous, mais nous-mêmes, dans une offrande humble et généreuse ».

Au terme de l’Angélus, outre une réflexion sur le centenaire de l’Armistice de 1918, le Pape a rendu hommage aux 16 martyrs de la guerre d’Espagne béatifiés samedi à Barcelone. « Ces nouveaux bienheureux ont tous été tués pour leur foi, dans des lieux et des dates différents, durant la guerre et la persécution religieuse du siècle dernier en Espagne. Louons le Seigneur pour ces courageux témoins », a exhorté le Pape François en demandant à la foule rassemblée sur la Place Saint-Pierre d’applaudir en hommage à ces nouveaux bienheureux.

Le Pape a aussi évoqué la deuxième Journée mondiale des pauvres qui sera organisée dimanche prochain, en espérant que cette Journée favorisera « une attention croissante aux besoins des derniers et des marginalisés ». Il a rappelé qu’une tente avec des services sanitaires destinés aux personnes dans le besoin avaient été installée devant la Place Saint-Pierre à l’approche de cette Journée.

(Avec V. N.)

Mercredi 7 novembre 2018

Dans le cadre de l’audience générale de ce mercredi, le Pape François a poursuivi sa série d’enseignements sur les Dix commandements en s’arrêtant cette fois sur cette phrase : « Tu ne voleras point ».

En évoquant cette phrase de saint Paul dans la Lettre à Timothée, « l’avidité de l’argent est la racine de tous les maux », le Pape a délivré une réflexion sur la destination universelle des biens, une notion centrale dans la doctrine sociale de l’Église mais parfois mal interprétée.

« Les biens de la création sont destinés à l’ensemble du genre humain », a expliqué le Pape en citant le Catéchisme de l’Église catholique, tout en rappelant que « la promotion du bien commun exige le respect de la propriété privée ». Tout est donc question d’équilibre : « Le monde est riche de ressources pour assurer à tous les biens primaires, et pourtant beaucoup vivent dans une scandaleuse indigence », a regretté le Pape François.

Il n’y a qu’un seul monde, une seule humanité, a-t-il martelé, regrettant que les richesses se concentrent dans les mains d’une minorité.
Face aux contradictions du marché, mieux relier la propriété et le don

Le Saint-Père a surtout relevé cette absurdité : aujourd’hui, la faim existe non pas parce que la nourriture manque, mais « parce que pour les exigences du marché, on en vient à la détruire », faisant allusion aux éliminations de certains stocks pour jouer sur les cours du blé par exemple. Les entreprises devraient donc mieux prendre en compte la dimension solidaire et sociale de l’économie.

La propriété privée est légitime mais personne n’est « le patron absolu des biens : il est un administrateur des biens. La richesse se mesure à la générosité, à la capacité de don. » « La possession des biens est une occasion pour les multiplier avec créativité et les utiliser avec générosité, et ainsi grandir dans la charité et dans la liberté », a expliqué le Pape. Dieu lui-même, dans le Christ, s’est vidé de sa seule richesse qui était sa vie, mais il s’est ainsi montré « riche de miséricorde ».

« “Tu ne voleras point” signifie donc : aime avec tes biens, profite de tes moyens pour aimer comme tu peux. Alors ta vie devient bonne et la possession devient véritablement un don, parce que la vie n’est pas le temps pour posséder mais pour aimer », a conclu le Pape François.

(Avec V. N.)

Dimanche 4 Novembre 2018

Lors de la prière de l’Angélus ce dimanche, le Pape François s’est penché sur l’Evangile selon Saint Marc qui revient sur le premier commandement : celui de l’amour.

Au centre de l’Evangile de ce dimanche il y a le commandement de l’amour : amour de Dieu et amour du prochain, a rappelé le Pape, reprenant les paroles de Jésus au scribe. Jésus répond en revenant sur le premier commandement des Juifs de l’époque : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur », pour souligner qu’un pacte indissoluble nous lie à ce Seigneur, qui nous aime et nous aimera pour toujours.

C’est de cette loi juive que dérive pour nous ce double commandement a poursuivi François : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force, (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Notre Dieu est don sans réserve, pardon sans limite, et relation qui promeut et fait grandir. Aimer Dieu a poursuivi le Saint-Père signifie investir chaque jour les propres énergies pour être ses collaborateurs dans le service sans réserve du prochain, dans la recherche du pardon sans limite et en cultivant des relations de communion et de fraternité.

Dans l’Evangile, Marc ne se préoccupe pas de savoir qui est le prochain : il est la personne que je rencontre chaque jour. François a expliqué qu’il ne s’agit pas de « sélectionner » notre prochain, mais d’avoir des yeux pour le voir et un cœur pour vouloir son bien. Si nous nous exerçons à voir avec le regard de Jésus, nous nous mettrons toujours à l’écoute et aux côtés de celui qui a besoin.

Le Pape a aussi expliqué que les besoins du prochains nécessitaient certes des réponses efficaces, mais demandent avant tout le partage. De façon imagée, a poursuivi François, celui qui a faim n’a pas seulement besoin d’un plat de soupe mais aussi d’un sourire, d’être écouté et aussi d’une prière, faite parfois ensemble.

Après l’Angélus, le Pape a tenu à faire part de sa douleur à la suite de l’attentat contre des fidèles coptes en Egypte, « Je prie pour les victimes, les pèlerins tués pour le seul fait d’être chrétien, et je demande à la Très Sainte Vierge de consoler les familles et toute la communauté ».

Vendredi, des assaillants ont ouvert le feu sur un bus transportant des fidèles chrétiens. Sept personnes sont mortes et sept autres blessées. L’attentat a été revendiqué par le groupe jihadiste de l’Organisation de l’Etat islamique (EI), près d’un an après sa dernière attaque contre cette minorité chrétienne. Les fidèles rentraient chez eux après avoir effectué un pèlerinage au monastère de Saint-Samuel.

(Avec V. N.)

1er novembre 2018

En cette fête de tous les saints, la prière de l’Angélus était bien sûr consacrée au thème de la sainteté. Le Pape François a invité les fidèles à suivre concrètement les Béatitudes, à la manière des saints qui ne vivaient pas leur foi dans la « demi-mesure ».

Le Pape François s’est d’abord appuyé sur la première lecture de cette fête de la Toussaint, tirée du livre de l’Apocalypse, ainsi que sur l’hymne Sanctus. Lorsque nous chantons ce dernier, « nous faisons ce que font [les saints] : à ce moment-là, à la Messe, nous leurs sommes unis plus que jamais », a expliqué le Saint-Père.

Les saints « de la porte d’à côté » ont ensuite été évoqués. « Les saints sont proches de nous, ils sont même nos frères et sœurs les plus véritables », a estimé le Pape, ce qui fait de la Toussaint une « fête de famille »… en attendant le Ciel où ils « sont heureux et ils nous veulent heureux avec eux ».

Puis le Saint-Père a donné quelques éclairages à propos de l’Évangile, extrait de saint Matthieu. Les Béatitudes sont le « chemin du bonheur » et « de la sainteté », bien qu’à première vue il « semble mener à la défaite ». Mais les saints ont tous choisi de le suivre. Pour nous, a expliqué le Pape, il ne s’agit pas « d’entendre encore une fois un bel Évangile, mais de le mettre pratique ». De quelle manière ? Non pas en faisant « des choses extraordinaires », mais en suivant « chaque jour cette voie qui nous porte au ciel », sur laquelle « le Seigneur nous encourage ».

Le Pape François a vivement interpellé les fidèles : « Vivons-nous pour le Seigneur ou pour nous-mêmes, pour la félicité éternelle pour quelque rétribution immédiate ? », « Est-ce que nous nous contentons d’être des chrétiens sans honte et sans louange, qui croient en Dieu et estiment leur prochain mais sans exagérer ? ». En clair, c’est « la sainteté ou rien » qu’il faut choisir. Et pour cela, il est « bon de se laisser provoquer par les saints, qui n’ont pas fait dans la demi-mesure », pour que nous aussi, « nous nous passionnions du ciel plutôt que de la terre ».

La Toussaint est donc le jour où « nous fêtons ce pour quoi nous sommes nés : nous sommes nés pour ne plus jamais mourir, nous sommes nés pour savourer la joie de Dieu ! », a conclu le Pape François.

Dans la brève salutation ayant suivi l’Angélus, le Pape François a rappelé qu’il se rendrait demain après-midi au Cimetière Laurentino de Rome.

(Avec V. N.)

Mercredi 31 Octobre 2018

Lors de l’audience générale de ce mercredi matin, tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi sa réflexion sur le sixième commandement, “Tu ne commettras pas l’adultère”, en mettant en évidence le fait que « l’amour fidèle du Christ est la lumière pour vivre la beauté de l’affectivité humaine ».

« Notre dimension affective est un appel à l’amour, qui se manifeste dans la fidélité, dans l’accueil et dans la miséricorde », notamment dans la vie matrimoniale. Le Pape a qualifié de « révolutionnaire » la Lettre de saint Paul par rapport à l’anthropologie de cette époque : « dire que le mari devait aimer la femme comme le Christ aime l’Église » constituait en effet une révolution par rapport aux traditions antiques.

« Le chemin de la maturation humaine est le parcours même de l’amour, qui va du fait de recevoir du soin à la capacité d’offrir du soin, du fait de recevoir la vie à la capacité de donner la vie ». Savoir « assumer la réalité » et « entrer dans une relation profonde avec les autres », est un signe d’entrée dans la vie adulte, alors que celui qui est infidèle est « une personne immature » qui n’agit qu’en fonction de son propre plaisir. S’épouser, ce n’est pas seulement célébrer un mariage, c’est faire un chemin, qui permet de passer du « je » au « nous ».

Toutes les vocations doivent se vivre avec une dimension “sponsale” : le sacerdoce ne s’adresse pas à ce qui « aspirent au rôle de prêtre » mais à des hommes « auxquels l’Esprit Saint touche le cœur avec un amour sans réserve pour l’épouse du Christ », comme ce doit être le cas pour tous les consacrés, appelés à servir le peuple de Dieu avec une forme de maternité ou de paternité.

Toutes les vocations doivent se situer par rapporter à la fidélité, la tendresse et à la générosité du Christ, y compris, pour les couples, dans la dimension de la sexualité. « La créature humaine, dans son indivisible unité d’esprit et de corps, et dans sa polarité masculine et féminine, est une réalité très bonne, destinée à aimer et à être aimée », a expliqué le Pape. Il faut donc interpréter ce commandement « tu ne commettras pas d’adultère » comme un appel à « l’amour authentique » qui doit correspondre à l’amour fidèle « que Jésus nous a révélé et donné ».

En évoquant au terme de l’audience la fête de la Toussaint, qui se déroule demain, et la commémoration des fidèles défunts après-demain, le Pape a invité à ce que « le témoignage de foi de ceux qui nous ont précédé renforce en nous la certitude que Dieu accompagne chacun dans le chemin de la vie, n’abandonne jamais personne à lui-même, et veut que nous soyons tous saints, comme Lui est saint ».

« En visitant les tombes de nos êtres chers, nous nous souvenons que nous avons une multitude de saints qui intercèdent devant Dieu pour nos besoins. Mais n’oublions pas aussi que de nombreux défunts attendent notre appui spirituel. Souvenons-nous d’eux dans nos prières, ensemble avec Marie, Reine de tous les saints, en demandant qu’ils soient accueillis dans la lignée des élus au ciel. Que les saints nous aident à devenir les témoins du Christ et de son Évangile devant nos frères », a-t-il ajouté en s’adressant aux fidèles polonais.

(Avec V. N.)

Dimanche 28 octobre 2018

Le Pape François est revenu sur l’expérience ecclésiale vécue lors du synode pendant la prière de l’Angélus ce dimanche : promouvoir un “style synodal”, une façon d’être et de travailler ensemble, jeunes et anciens, voilà bien l’un des premiers fruits du synode sur les jeunes.

Le Pape François a d’abord évoqué la première lecture proposée par la liturgie de ce dimanche, tirée du Livre de Jérémie (31, 7-9), qui est « une parole d’espérance, de consolation » que Dieu donne à son peuple, lui ouvrant un horizon, une route sur laquelle il pourra marcher. « L’espérance de Dieu n’est pas un mirage, (…) mais une promesse pour des personnes réelles, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs potentialités et leurs fragilités ».

Une "bonne vendange"

Cette parole de Dieu, relève le Pape, exprime l’expérience vécue au cours de ces semaines de synode qui a surtout été un « moment d’écoute ». Le travail fut certes prenant et parfois fatiguant, mais la « présence vivace et stimulante des jeunes » a chaque jour transformé cet engagement en consolation.

« Avec cette attitude fondamentale d’écoute, nous avons cherché à lire la réalité, à cueillir les signes des temps » ; ce « discernement communautaire », ajoute le Souverain Pontife, a été fait à la lumière de la Parole de Dieu et de l’Esprit. C’est là l’un des plus beaux dons que le Seigneur a donné à son Eglise, celui de « recueillir les voix et les visages des réalités les plus variées, et de pouvoir ainsi tenter une interprétation qui tienne compte de la richesse et de la complexité des phénomènes ».

Ce synode a été une bonne vendange, assure le Pape, et il « promet du bon vin ». Mais le premier fruit de cette assemblée devrait être l’exemple de cette « méthode que l’on a cherché à suivre ». C’est un « style synodal » qu’il faut promouvoir, insiste le Pape, pour qui l’objectif n’est pas tant la rédaction d’un document, -certes important-, que la diffusion d’une « façon de vivre et de travailler ensemble, jeunes et anciens, dans l’écoute et le discernement, afin de parvenir à des choix pastoraux répondant à la réalité ». Et le Pape de demander l’intercession de la Vierge Marie, mère de l’Eglise, afin que cette expérience soit portée « sans peur » dans la vie ordinaire des communautés.

Béatification au Guatemala

Après la prière de l’angélus, le Pape a évoqué la béatification hier au Guatemala, de José Tullio Maruzzo, religieux franciscain et de Luis Obdulio Arroyo Navarro, tués en haine de la foi en 1981 « durant la persécution contre l’Eglise ». « Confions à leur intercession l’Eglise guatémaltèque, ainsi que tous les frères et sœurs qui malheureusement encore aujourd’hui, en divers endroits du monde, sont persécutés en raison de leur foi », a prié le Pape qui a également rappelé la fête du Seigneur des Miracles célébrée tous les ans avec faste par le peuple péruvien ; il s’était lui-même rendu dans ce sanctuaire lors de son voyage apostolique dans le pays, au début de l’année.

Le Souverain Pontife a également fait part de sa proximité avec Pittsburgh, et surtout avec la communauté juive de cette ville américaine, frappée ce samedi par un attentat. « Que le Très-Haut accueille les défunts dans sa paix, réconforte leurs familles et soutienne les blessés », a prié le Pape avant de poursuivre : « en réalité, nous sommes tous frappés par cet acte inhumain de violence. Que le Seigneur nous aide à éteindre les foyers de haine qui se développent dans nos sociétés, en renforçant le sens de l’humanité, le respect de la vie, les valeurs morales et civiques, et la sainte crainte de Dieu qui est Amour et père de tous ».

(Avec V. N.)

Nous vous proposons de découvrir l’homélie du pape François lors de la messe de clôture du synode dimanche 28 octobre 2018  :

L’épisode que nous avons écouté est le dernier que l’évangéliste Marc raconte au sujet du ministère itinérant de Jésus, qui peu après entrera à Jérusalem pour mourir et ressusciter. Bartimée est ainsi le dernier à suivre Jésus le long du chemin : de mendiant au bord de la route à Jéricho, il devient un disciple qui marche avec les autres vers Jérusalem. Nous aussi, nous avons cheminé ensemble, nous avons "fait synode" et maintenant cet Évangile scelle trois étapes fondamentales pour le chemin de la foi.

Tout d’abord, regardons Bartimée : son nom signifie "fils de Timée". Et le texte le précise : « le fils de Timée, Bartimée » (Mc 10, 46). Mais, alors que l’Évangile le réaffirme, émerge un paradoxe : le père est absent. Bartimée se trouve seul le long de la route, hors de sa maison et sans père : il n’est pas aimé, mais abandonné. Il est aveugle et il n’a personne pour l’écouter ; et quand il a voulu parler, ils l’ont fait taire. Jésus entend son cri. Et quand il le rencontre, il le laisse parler. Il n’était pas difficile de deviner ce que Bartimée demanderait : il est évident qu’un aveugle veut avoir ou retrouver la vue. Mais Jésus n’est pas expéditif, il prend le temps de l’écoute. Voilà la première étape pour faciliter le cheminement de foi : écouter. C’est l’apostolat de l’oreille : écouter, avant de parler.

A l’inverse, beaucoup de ceux qui étaient avec Jésus réprimandaient Bartimée pour le faire taire (Cf. v. 48). Pour ces disciples, l’indigent était un dérangement sur le chemin, un imprévu dans le programme préétabli. Ils préféraient leur temps à celui du Maître, leurs paroles à l’écoute des autres : ils suivaient Jésus, mais ils avaient en tête leurs projets. C’est un risque dont il faut toujours se garder. Pour Jésus, au contraire, le cri de celui qui appelle à l’aide n’est pas un dérangement qui entrave le chemin, mais une question vitale. Comme il est important pour nous d’écouter la vie ! Les enfants du Père céleste écoutent leurs frères : non pas les bavardages inutiles mais les besoins du prochain. Écouter avec amour, avec patience, comme Dieu le fait avec nous, avec nos prières souvent répétitives. Dieu ne se fatigue jamais, il se réjouit toujours quand nous le cherchons. Demandons, nous aussi, la grâce d’un cœur docile à l’écoute. Je voudrais dire aux jeunes, au nom de nous tous, les adultes : excusez-nous si, souvent, nous ne vous avons pas écoutés ; si, au lieu de vous ouvrir notre cœur, nous vous avons rempli les oreilles. Comme Église de Jésus, nous désirons nous mettre à votre écoute avec amour, sûrs de deux choses : que votre vie est précieuse pour Dieu, parce que Dieu est jeune et qu’il aime les jeunes ; et que votre vie est aussi précieuse pour nous, mieux encore nécessaire pour aller de l’avant.

Après l’écoute, une deuxième étape pour accompagner le chemin de la foi : se faire proches. Regardons Jésus, qui ne délègue pas quelqu’un parmi la "foule nombreuse" qui le suivait, mais qui rencontre Bartimée personnellement. Il lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (v. 51). Que veux-tu ? Jésus s’identifie à Bartimée, il ne fait pas abstraction de ses attentes ; que je fasse : faire, pas seulement parler ; pour toi : non pas selon des idées préétablies pour n’importe qui, mais pour toi, dans ta situation. Voilà comment fait Dieu, en s’impliquant en personne, avec un amour de prédilection pour chacun. Dans sa manière de faire passe déjà son message : la foi germe ainsi dans la vie.

La foi passe par la vie. Quand la foi se concentre uniquement sur les formulations doctrinales, elle risque de parler seulement à la tête, sans toucher le cœur. Et quand elle se concentre seulement sur le faire, elle risque de devenir un moralisme et de se réduire au social. La foi au contraire, c’est la vie : c’est vivre l’amour de Dieu qui a changé notre existence. Nous ne pouvons pas être des doctrinaires ou des activistes ; nous sommes appelés à poursuivre l’œuvre de Dieu à la manière de Dieu, dans la proximité : liés à Lui, en communion entre nous, proches de nos frères. Proximité : voilà le secret pour transmettre le noyau de la foi, et non pas quelque aspect secondaire.

Se faire proches et porter la nouveauté de Dieu dans la vie du frère, c’est l’antidote à la tentation des recettes toutes prêtes. Demandons-nous si nous sommes des chrétiens capables de devenir proches, de sortir de nos cercles pour étreindre ceux qui "ne sont pas des nôtres" et que Dieu cherche ardemment. Il y a toujours cette tentation qui revient tant de fois dans l’Écriture : se laver les mains. C’est ce que fait la foule dans l’Évangile d’aujourd’hui, ce qu’a fait Caïn avec Abel, ce que fera Pilate avec Jésus : se laver les mains. Nous, à l’inverse, nous voulons imiter Jésus, et comme lui nous salir les mains. Lui, le chemin (cf. Jn 14, 6), pour Bartimée il s’est arrêté sur la route ; Lui, la lumière du monde (cf. Jn 9, 5), il s’est penché vers un aveugle. Reconnaissons que le Seigneur s’est sali les mains pour chacun de nous, et en regardant la croix ; et repartons de là, nous rappelant que Dieu s’est fait mon prochain dans le péché et dans la mort. Il s’est fait mon prochain : tout commence à partir de là. Et quand par amour pour lui, nous aussi, nous nous faisons proches, nous devenons porteurs d’une vie nouvelle : non pas des maîtres de tous, ni des experts du sacré, mais des témoins de l’amour qui sauve.

Témoigner est la troisième étape. Regardons les disciples qui appellent Bartimée : ils ne vont pas à lui, qui mendiait, avec une petite pièce pour l’apaiser ou pour dispenser des conseils. Ils vont à lui au nom de Jésus. En effet, ils lui adressent trois paroles seulement, toutes de Jésus : « Courage ! Lève-toi. Il t’appelle » (v. 49). Seul Jésus dans le reste de l’Évangile dit courage !, parce que lui seul ressuscite le cœur. Seul Jésus dans l’Évangile dit lève-toi, pour guérir l’esprit et le corps. Seul Jésus appelle, en changeant la vie de celui qui le suit, en remettant sur pied celui qui est à terre, en portant la lumière de Dieu dans les ténèbres de la vie. Tant d’enfants, tant de jeunes, comme Bartimée, cherchent une lumière dans la vie. Ils cherchent un amour vrai. Et comme Bartimée, malgré la nombreuse foule, appelle seulement Jésus, de même eux aussi cherchent la vie, mais souvent ils ne trouvent que de fausses promesses et peu de personnes qui s’intéressent vraiment à eux.

Il n’est pas chrétien d’attendre que les frères en recherche frappent à notre porte ; nous devrions aller vers eux, non pas en nous portant nous-mêmes, mais en portant Jésus. Il nous envoie, comme ces disciples, pour encourager et relever en son nom. Il nous envoie dire à chacun : "Dieu te demande de te laisser aimer par Lui". Que de fois, au lieu de ce message libérateur de salut, nous n’avons porté que nous-mêmes, nos "recettes", nos "étiquettes" dans l’Église ! Que de fois, plutôt que de faire nôtres les paroles du Seigneur, nous avons fait passer nos idées pour ses paroles ! Que de fois les personnes sentent plus le poids de nos institutions que la présence amicale de Jésus ! Alors nous passons pour une ONG, pour une organisation semi-publique, et non pas pour la communauté des sauvés qui vivent la joie du Seigneur.

Écouter, se faire proches, témoigner. Le chemin de foi dans l’Évangile se termine d’une manière belle et surprenante, avec Jésus qui dit : « Va, ta foi t’a sauvé » (v. 52). Et pourtant, Bartimée n’a pas fait de profession de foi, il n’a accompli aucune œuvre ; il a seulement demandé pitié. Sentir qu’on a besoin du salut, c’est le commencement de la foi. C’est la voie directe pour rencontrer Jésus. La foi qui a sauvé Bartimée n’était pas dans ses idées claires sur Dieu, mais dans le fait de le chercher, dans la volonté de le rencontrer. La foi est une question de rencontre, non pas de théorie. Dans la rencontre Jésus passe, dans la rencontre palpite le cœur de l’Église. Alors, non pas nos sermons, mais le témoignage de notre vie sera efficace.

Et à vous tous qui avez participé à ce "cheminement commun", je dis merci pour votre témoignage. Nous avons travaillé en communion et avec franchise, avec le désir de servir Dieu et son peuple. Que le Seigneur bénisse nos pas, afin que nous puissions écouter les jeunes, nous faire proches d’eux et leur témoigner la joie de notre vie : Jésus.

(Librairie Editrice Vatican)

Mercredi 24 octobre 2018

Lors de l’audience générale de ce matin, place Saint-Pierre. Le Pape est revenu aujourd’hui sur l’adultère qui fait référence à la fidélité : « aucun rapport humain n’est authentique sans fidélité et loyauté ».

« On ne peut pas aimer tant que cela nous “convient” » : le Pape François est d’emblée catégorique. Quand on donne tout sans réserve, c’est comme cela que se manifeste l’amour. Et qui dit amour dit fidélité, « caractéristique de la relation humaine libre, mûre, responsable ».

Qui mieux que le Christ révèle cet amour authentique ? Il est « l’Ami fidèle qui nous accueille même quand nous nous trompons et qui veut toujours notre bien, même quand nous ne le méritons pas », affirme le Pape François.

« L’être humain a besoin d’être aimé sans conditions », précise-t-il. Or, il court le risque d’appeler « amour » « des relations acerbes et immatures ». Gare ainsi à ne pas surévaluer l’attraction physique, qui « est en soi un don de Dieu mais qui a pour finalité de préparer la route à un rapport authentique et fidèle ».

Avant de passer à une vie conjugale, il faut passer par un temps de « discernement précis » sur la qualité du lien qui unit les deux êtres. Les fiançailles permettent ainsi, explique le Pape, de vérifier que « dans leur lien, il y a la main de Dieu qui les précède et les accompagne ». Les futurs époux « ont besoin de se baser sur le terrain solide de l’Amour fidèle de Dieu ».

D’où l’importance de la préparation au mariage car « on ne plaisante pas avec l’amour ». Pas question de se contenter de trois ou quatre séances, s’insurge le Pape qui réprimande ainsi les curés ou les évêques qui le permettent. Le mariage est « un sacrement ».

La fidélité est ainsi « un style de vie » qui a des répercussions en toutes circonstances. Mais pour vivre cela, il faut que « Dieu entre dans nos existences » ajoute François. Il n’y a en Lui qu’« un amour sans réserve », « la donation complète sans parenthèse et la ténacité de l’accueil absolu ».

(Avec V. N.)

Dimanche 21 novembre 2018

A l’occasion de la 92ème Journée missionnaire mondiale célébrée le dimanche 21 octobre, un certain nombre de statistiques concernant l’Eglise dans le monde ont été publiées par le Vatican. Nous vous proposons de les découvrir.

Si le nombre de catholiques augmente globalement, ce n’est pas le cas des effectifs de prêtres, religieux et religieuses.

Les données sont extraites du dernier Annuaire statistique de l’Eglise (mis à jour au 31 décembre 2016) et concernent les membres de l’Eglise, ses structures pastorales, les activités dans le domaine sanitaire, de l’assistance et de l’éducation.

Population mondiale

Au 31 décembre 2016, la population mondiale s’élevait à 7 352 289 000 personnes, avec une augmentation de 103 348 000 par rapport à l’année précédente. L’augmentation totale concerne cette année encore tous les continents, y compris l’Europe : pour la seconde année consécutive, la population de celle-ci s’accroît, après la diminution des années précédentes.

Nombre de catholiques

A la même date du 31 décembre 2016, le nombre des catholiques était de 1 299 059 000, avec une augmentation totale de 14 249 000. L’augmentation concerne tous les continents à l’exception, pour la troisième année consécutive, de l’Europe (- 240 000), et se trouve être plus importante, comme par le passé, en Afrique (+ 6 265 000) et en Amérique (+ 6 023 000), continents suivis par l’Asie (+ 1 956 000) et l’Océanie (+ 245 000).

Prêtres

Le nombre total des prêtres (diocésains et religieux) dans le monde a diminué cette année encore, atteignant le chiffre de 414 969 (- 687). Le continent où l’on constate encore une diminution consistante est une nouvelle fois l’Europe (- 2 583), auquel s’ajoute cette année l’Amérique (- 589). Les augmentations concernent l’Afrique (+ 1 181) et l’Asie (+ 1 304), l’Océanie demeurant stable.

Religieux et religieuses

Le nombre des religieux non prêtres a diminué globalement pour la quatrième année consécutive, en contre tendance avec les années précédentes, de 1 604 unités et arrive à un total de 52 625. Les diminutions, beaucoup plus consistantes que l’année précédente, s’enregistrent partout dans le monde : en Afrique (- 50), en Amérique (- 503), en Asie (- 373), en Europe (- 614) et en Océanie (- 64).

Se confirme également la tendance à la diminution globale du nombre des religieuses, de 10 855 unités cette année, inférieure à celle de l’année précédente. Les religieuses sont globalement au nombre de 659 445. Les augmentations concernent, une fois encore, l’Afrique (+ 943) et l’Asie (+ 533) alors que les diminutions sont relatives à l’Amérique (- 3 775), à l’Europe (- 8 370) et à l’Océanie (- 216)

(Avec V. N.)

Mercredi 17 octobre 2018

Dans le cadre de l’audience générale de ce mercred , tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi sa série de catéchèses sur les Dix commandements, en revenant une nouvelle fois sur cette parole clé : « Tu ne tueras point ».

« Nous avons déjà souligné comment ce commandement révèle qu’aux yeux de Dieu la vie humaine est précieuse, sacrée et inviolable, a rappelé le Pape François. Personne ne peut mépriser la vie des autres ni sa propre vie ; l’homme en effet, porte en lui-même l’image de Dieu et il est l’objet de son amour infini, quelle que soit la condition dans laquelle il a été appelé à l’existence », a précisé le Souverain pontife.

Il a expliqué qu’il existe des meurtres physiques mais aussi des meurtres symboliques, quand on insulte, diffame ou méprise l’autre. Dans l’Évangile, Jésus invite à interrompre les offrandes au temple et à d’abord se réconcilier avec son frère. « Nous aussi, quand nous allons à la messe, nous devrions avoir cette attitude de réconciliation avec les personnes avec lesquelles nous avons eu des problèmes », a remarqué le Pape François.

Nos mots, nos paroles peuvent aussi blesser et tuer. « Pour offenser l’innocence d’un enfant, une phrase inopportune suffit. Pour blesser une femme, un geste de froideur peut suffire. Pour briser le cœur d’un jeune il suffit de lui refuser la confiance. Pour annihiler un homme, il suffit de l’ignorer. C’est comme dire à l’autre personne : “Tu es un mort pour moi”, parce que tu l’as tué dans ton cœur », a averti le Saint-Père.

Comme Caïn dans la Bible, cruel et indifférent vis-à-vis de son frère, nous aussi nous nous détournons parfois de ceux dont nous devrions prendre soin. Mais « aucun de nous ne peut survivre sans miséricorde, nous avons tous besoin du pardon », a répété le Pape François. Il ne suffit donc pas de ne pas faire le mal, comme un minéral ou une plante, comme les pavés de la Place Saint-Pierre, qui sont là, à leur place, mais ne font rien. Il faut faire le bien, activement. « “Tu ne tueras point” est un appel à l’amour et à la miséricorde, un appel à vivre selon le Seigneur Jésus, qui a donné la vie pour nous, et qui est ressuscité pour nous », a enfin précisé le Saint-Père.

(V. N.)

Dimanche 14 octobre 2018

Le Pape François a canonisé sept Bienheureux lors d’une messe solennelle place Saint-Pierre, durant le Synode sur les jeunes. Parmi eux, le Pape Paul VI et l’évêque salvadorien Oscar Romero. Dans son homélie, le Saint-Père a exhorté les fidèles à suivre leur trace en se donnant à Jésus totalement et à imiter ces nouveaux Saints en ayant un cœur détaché des biens.
L’Église compte sept nouveaux Saints : le Pape Paul VI, Mgr Oscar Romero, l’archevêque de San Salvador assassiné alors qu’il célébrait la messe en 1980, Nunzio Sulprizio mort à seulement 19 ans, les prêtres italiens Francesco Spinelli et Vincenzo Romano et deux religieuses l’Allemande Maria Katharina Kasper et l’Espagnole Nazaria Ignazia de Sainte Thérèse de Jésus.

Le Pape François dans son homélie, a exhorté « à imiter leurs exemples » en commentant l’Évangile selon saint Marc (Mc 10,17-30) qui « invite à la rencontre avec le Seigneur ». De nombreux pères synodaux et jeunes, qui participent actuellement au Vatican à la XVe assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur le thème les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, étaient aux côtés du Pape.

Le Saint-Père a proposé une ample réflexion sur la place que nous accordons à Jésus dans notre cœur mettant en exergue « le chemin parcouru par les Saints ». Jésus, a rappelé le Pape, nous propose une « histoire d’amour » et elle est exigeante car Jésus « est radical ». Aussi il ne suffit pas de marcher derrière Lui seulement quand seulement nous convient mais il faut « le chercher chaque jour ».

Jésus « donne tout et demande tout », rappelle le Saint-Père « il donne un amour total et demande un cœur sans partage ». Jésus, insiste le Pape, « ne se contente pas d’un ‘‘pourcentage d’amour’’ : nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien ! »

Ce n’est donc pas « un bout de temps » ou « des miettes » que nous devons donner au Christ mais « un cœur sans partage ». Cela implique un choix fondamental entre Dieu et la richesse du monde. « Notre cœur est comme un aimant : il se laisse attirer par l’amour, mais peut s’attacher d’un côté seulement et doit choisir : ou bien il aimera Dieu ou bien il aimera la richesse du monde (cf. Mt 6, 24) ».

Renoncer aux richesses du monde et au pouvoir
Le Pape souligne la nécessité pour faire cette expérience d’amour de se dépouiller, de disposer son cœur à la rencontre avec le Christ. Et il met en garde contre la richesse qui est « dangereuse » et « rend même difficile le salut ». « Là où on met l’argent au centre, il n’y a pas de place pour Dieu et il n’y en a pas non plus pour l’homme » insiste le Saint-Père. D’où cette interpellation à libérer notre cœur des biens qui l’étouffent et nous rendent « incapables d’aimer ».

Le Pape invite à suivre « Jésus comme des amoureux, vraiment disposés à quitter quelque chose pour lui », à être une Eglise « qui s’abandonne dans l’amour pour son Seigneur ». Aimer librement le Seigneur nécessite, affirme le Saint-Père, « de renoncer aux sécurités du monde », de « quitter les richesses, les nostalgies de rôles et de pouvoirs, les structures qui ne sont plus adaptées à l’annonce de l’Évangile, les poids qui freinent la mission, les liens qui attachent au monde ».

Avec le regard tourné vers les sept nouveaux Saints, venus d’horizons très différents, et qui incarne ce choix d’amour pour le Seigneur, ce « désir de risquer et de quitter » le Pape exhorte à faire « ce saut en avant dans l’amour ». L’Eglise ne peut souffrir d’une « autosatisfaction égocentrique » (Evangelii gaudium, n. 95), d’une vie chrétienne monotone « sans élan ».

Les chrétiens sont invités à répandre la joie or le remède à la tristesse, à un « cœur tiède » est la rencontre avec le Christ. « La tristesse est la preuve de l’amour inachevé ». Aujourd’hui, à l’image des nouveaux Saints, indique le Pape François, il convient de « retourner aux sources de la joie, qui sont la rencontre avec Jésus » et de faire « le choix courageux de prendre des risques pour le suivre » en ayant « le goût de quitter quelque chose pour embrasser sa vie ».

Le Saint Père invite, à l’image de Paul VI, à traverser « de nouvelles frontières » à regarder « ceux qui sont loin » à prendre soin des pauvres et à témoigner « de manière passionnée de la beauté et de la joie de suivre Jésus totalement » y compris dans la difficulté et au milieu des incompréhensions.

Évoquant également la figure de Mgr Romero « qui a donné sa vie selon l’Évangile, aux côtés des pauvres et de son peuple » et des cinq autres Saints, le Pape appelle chaque baptisé, « sans tiédeur, sans calculs » à vivre la vocation universelle à la sainteté. « Non pas aux demi-mesures, mais à la sainteté ».

(Avec V. N.)

Mercredi 10 octobre 2018

L’Audience générale de ce mercredi a permis au Pape François de poursuivre sa catéchèse sur le Décalogue. Avec le cinquième commandement, « Tu ne tueras pas », il a réaffirmé le caractère sacré de toute vie humaine.

« Ce commandement, dans sa formulation concise et catégorique, se dresse comme une muraille pour défendre la valeur fondamentale dans les relations humaines : la valeur de la vie », a déclaré le Pape François aux fidèles rassemblés Place Saint-Pierre. Le Saint-Père s’est ensuite indigné contre toutes les atteintes au respect de la vie, en particulier l’avortement.

« On pourrait dire que tout le mal réalisé dans le monde se résume dans le mépris pour la vie. La vie est agressée de multiples manières », a rappelé le Pape François, par la guerre, la culture du déchet, et tout ce qui soumet « l’existence humaine à des calculs d’opportunité ». Une « approche contradictoire » a été aussi pointée par le Saint-Père : « la suppression de la vie humaine dans le sein maternel au nom de la sauvegarde des autres droits ». Les fidèles ont alors été interpellés : « Est-il juste de descendre une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il juste de louer un tueur à gages pour résoudre un problème ? Non, on ne peut pas, ce n’est pas juste de descendre un être humain, si petit soit-il, pour résoudre un problème. C’est comme si on louait un tueur à gages pour résoudre un problème », a dénoncé le Pape François.

« La violence et le refus de la vie naissent de la peur, alors que l’accueil de l’autre est un défi à l’individualisme », a estimé le Saint-Père, avant de citer l’exemple de parents découvrant que leur enfant à naitre est porteur d’un handicap. « Les parents, dans ces cas dramatiques, ont besoin d’une vraie proximité, d’une vraie solidarité, pour affronter la réalité en dépassant des peurs compréhensibles. Au contraire ils reçoivent souvent des conseils précipités » qui les incitent à interrompre la grossesse. Autrement dit, « interrompre la grossesse signifie "descendre quelqu’un".

Pourtant, « la vie vulnérable nous indique le chemin pour nous sauver d’une existence repliée sur elle-même et découvrir la joie de l’amour ». Le Saint-Père a ensuite dénoncé « les idoles de ce monde : l’argent, le pouvoir, le succès », qui « sont de faux paramètres pour apprécier la vie ».

« L’unique mesure authentique de la vie est l’amour », a rappelé le Pape François, dévoilant alors le « sens positif » du cinquième commandement : « c’est que Dieu aime la vie ». Dans l’Évangile, le « secret de la vie nous est dévoilé dans le fait que le Fils de Dieu s’est fait homme jusqu’à assumer, sur la croix, le refus, la faiblesse, la pauvreté et la souffrance ». Dès lors, il devient nécessaire « d’accueillir toute vie parce que tout homme vaut le sang du Christ lui-même. On ne peut mépriser ce que Dieu a tant aimé », a souligné le Saint-Père. « Que personne ne mesure la vie selon les tromperies de ce monde, mais que chacun s’accueille lui-même et les autres au nom du Père qui nous a créés », a-t-il demandé à la foule à la fin de son message, avant de répéter plusieurs fois avec elle : « Dieu est amoureux de la vie ».

(Avec V. N.)

Dimanche 7 octobre 2018

Sur une place Saint-Pierre bondée malgré quelques nuages dans le ciel romain, le Pape François a choisi de revenir sur le passage de l’Evangile selon St Marc (10,2-16) de ce dimanche, délivrant une catéchèse sur l’engagement du mariage, une union d’amour impliquant la fidélité, ou hommes et femmes doivent mettre en retrait leurs intérêts personnels.

Le récit commence avec la provocation des Pharisiens, qui demandent à Jésus si un mari à le droit de répudier sa femme, comme l’autorise la loi de Moïse. Jésus, a précisé le Pape, avec la sagesse et l’autorité qui lui viennent du Père, redonne sa dimension à la loi de Moïse et déclare : « Cette règle a été écrite à cause de la dureté de vos coeurs ». Il s’agit d’un arrangement pour compenser les failles de l’égoïsme des hommes, a expliqué le Pape François, mais cela ne correspond en rien à l’intention initiale du Créateur.
Ne pas diviser ce que Dieu a uni

Face aux Pharisiens, Jésus a ensuite repris le livre de la Genèse : « Au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère. Il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair », (versets 6-7). Puis de conclure : « Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ». Dans le projet initial du Créateur, il n’y a pas d’homme qui épouse une femme pour la répudier ensuite si les choses tournent mal. Pour le Pape, il y a seulement des hommes et femmes appelés à se reconnaître, à se compléter et à s’aider mutuellement dans le mariage. Un enseignement de Jésus très clair, qui défend la force du mariage, comme une union d’amour impliquant la fidélité. Si l’intérêt de chacun prévaut, sa propre satisfaction, alors cette union ne peut résister a précisé le Saint-Père depuis la fenêtre du palais apostolique.

Jésus, qui confirme le plan de Dieu, refuse ainsi la répudiation aux Pharisiens. L’Eglise, mère et enseignante, qui partage les joies et les peines des gens, ne se lasse pas de confirmer la beauté de la famille donnée par l’Écriture et la Tradition. Mais dans le même temps, a nuancé François, elle s’efforce de faire ressentir concrètement sa proximité maternelle à ceux qui traversent des relations brisées.

« C’est la manière dont Dieu agit avec son peuple infidèle -c’est à dire nous, et nous enseigne que l’amour blessé peut être guéri par la miséricorde et le pardon. » Devant tant d’échecs conjugaux douloureux, a conclu le Pape François, l’Eglise se sent appelée à vivre sa présence de charité et de miséricorde, à ramener à Dieu les coeurs blessés et perdus.

A la suite de l’angélus, le Pape François est revenu sur la fête de Notre-Dame du Rosaire et a tenu à adresser un salut particulier aux fidèles rassemblés au sanctuaire de Pompéi en Italie pour la traditionnelle supplication, présidée à cette occasion par le Cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie. « Je renouvelle l’invitation à réciter le chapelet tous les jours du mois d’octobre, en le concluant par l’antienne "Sous votre protection" et la prière adressée à saint Michel Archange, pour repousser les attaques du diable qui veut diviser l’Église. » a déclaré le Pape.

(Avec V. N.)

Discours d’ouverture du Synode

Retrouvez, en intégralité, le discours du Saint-Père prononcé lors de l’ouverture de la XVème Assemblée générale du synode des évêques, le mercredi 3 octobre 2018, à 16h30, dans la salle synodale.

« Chères Béatitudes, Éminences, Excellences,
Chers frères et sœurs, très chers jeunes !

En entrant dans cette salle pour parler des jeunes, on sent déjà la force de leur présence qui émet positivité et enthousiasme, capables d’envahir et de réjouir non seulement cette salle, mais toute l’Église et le monde entier.

C’est pourquoi je ne peux pas commencer sans vous dire merci ! Merci à vous qui êtes présents, merci à toutes les personnes qui, au long d’un chemin de préparation de deux années, – ici dans l’Église de Rome et dans toutes les Églises du monde – ont travaillé avec dévouement et passion pour nous permettre de parvenir à ce moment. Merci infiniment au Cardinal Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du Synode, aux Présidents délégués, au Cardinal Sergio da Rocha, Rapporteur général, à Mgr Fabio Fabene, Sous-Secrétaire, aux officials du Secrétariat général et aux assistants ; merci à vous tous, Pères synodaux, auditeurs, auditrices, experts et consulteurs ; aux Délégués fraternels ; aux traducteurs, aux choristes, aux journalistes. Merci infiniment à tous pour votre participation active et féconde.

Méritent un cordial merci les deux Secrétaires spéciaux, le Père Giacomo Costa, jésuite, et Don Rossano Sala, salésien, qui ont travaillé généreusement avec engagement et abnégation. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans la préparation !

Je désire aussi remercier vivement les jeunes reliés à nous, en ce moment, et tous les jeunes qui de bien des façons ont fait entendre leurs voix. Je les remercie pour avoir voulu parier que cela vaut la peine de se sentir membres de l’Église ou d’entrer en dialogue avec elle, que cela vaut la peine d’avoir l’Église comme mère, comme éducatrice, comme maison, comme famille, capable, malgré les faiblesses humaines et les difficultés, de faire briller et de transmettre le message indémodable du Christ ; que cela vaut la peine de s’agripper à la barque de l’Eglise qui, même à travers les tempêtes impitoyables du monde, continue à offrir à tous refuge et hospitalité ; que cela vaut la peine de nous mettre à l’écoute les uns des autres ; que cela vaut la peine de nager à contrecourant et de s’attacher à des valeurs supérieures : la famille, la fidélité, l’amour, la foi, le sacrifice, le service, la vie éternelle.

Notre responsabilité ici au Synode est de ne pas les démentir, au contraire, de démontrer qu’ils ont eu raison de parier : vraiment cela vaut la peine, vraiment ce n’est pas du temps perdu !.

Et je vous remercie en particulier, chers jeunes présents ! Le chemin préparatoire au Synode nous a enseigné que l’univers des jeunes est tellement diversifié qu’il ne peut pas être totalement représenté, mais vous en êtes certainement un signe important. Votre participation nous remplit de joie et d’espérance.

Le Synode que nous allons vivre est un moment de partage. Je désire donc, au début du parcours de l’Assemblée synodale, vous inviter tous à parler avec courage et franchise, c’est-à-dire en intégrant liberté, vérité et charité. Seul le dialogue peut nous faire grandir. Une critique honnête et transparente est constructive et cela aide, au contraire des bavardages inutiles, des rumeurs, des conjectures et des préjugés.

Et au courage de parler doit correspondre l’humilité de l’écoute. J’ai dit aux jeunes à l’occasion de la Réunion pré-synodale : « S’il dit quelque chose qui ne me plaît pas, je dois l’écouter encore plus, parce que chacun a le droit d’être écouté, comme chacun a le droit de parler ». Cette écoute ouverte requiert le courage de prendre la parole et de se faire la voix de tant de jeunes du monde qui ne sont pas présents. C’est cette écoute qui ouvre l’espace au dialogue. Le Synode doit être un exercice de dialogue, d’abord entre ceux qui y participent. Et le premier fruit de ce dialogue est que chacun s’ouvre à la nouveauté, à la modification de sa propre opinion grâce à ce qu’il a entendu des autres. C’est important pour le Synode. Beaucoup d’entre vous ont déjà préparé leur intervention avant de venir – et je vous remercie pour ce travail – mais je vous invite à vous sentir libres de considérer tout ce que vous avez préparé comme une ébauche provisoire ouverte aux éventuelles intégrations et modifications que le chemin synodal pourrait suggérer à chacun. Sentons-nous libres d’accueillir et de comprendre les autres et donc, de changer nos convictions et nos positions : c’est un signe de grande maturité humaine et spirituelle.

Le Synode est un exercice ecclésial de discernement. Franchise dans la parole et ouverture dans l’écoute sont fondamentales afin que le Synode soit un processus de discernement. Le discernement n’est pas un slogan publicitaire, ni une technique d’organisation, ni même une mode de ce pontificat, mais une attitude intérieure qui s’enracine dans un acte de foi. Le discernement est la méthode et en même temps l’objectif que nous nous proposons : il se fonde sur la conviction que Dieu est à l’œuvre dans l’histoire du monde, dans les évènements de la vie, dans les personnes que je rencontre et qui me parlent. Pour cela, nous sommes appelés à nous mettre à l’écoute de ce que l’Esprit nous suggère, avec des modalités et dans des directions souvent imprévisibles. Le discernement a besoin d’espace et de temps. Pour cette raison, je demande que pendant les travaux, en assemblée plénière et dans les groupes, toutes les cinq interventions, on observe un moment de silence – d’environ trois minutes – pour permettre à chacun de prêter attention aux résonances que les choses entendues suscitent dans son cœur, pour aller en profondeur et saisir ce qui touche le plus. Cette attention à l’intériorité est la clef pour réaliser le chemin de la reconnaissance, de l’interprétation et du choix.

Nous sommes signe d’une Église à l’écoute et en chemin. L’attitude de l’écoute ne peut pas se limiter aux paroles que nous échangerons pendant les travaux synodaux. Le chemin préparatoire à ce moment a mis en évidence une Église "en déficit d’écoute" aussi vis-à-vis des jeunes, qui souvent ne se sentent pas compris par l’Église dans leur originalité et donc pas accueillis pour ce qu’ils sont vraiment, et parfois même rejetés. Ce Synode a l’opportunité, la tâche et le devoir d’être signe de l’Église qui se met vraiment à l’écoute, qui se laisse interpeller par les requêtes de ceux qu’elle rencontre, qui n’a pas toujours une réponse préemballée déjà prête. Une Église qui n’écoute pas se montre fermée à la nouveauté, fermée aux surprises de Dieu, et ne pourra pas s’avérer crédible, en particulier pour les jeunes, qui inévitablement s’en éloigneront plutôt que de s’en approcher.

Sortons des préjugés et des stéréotypes. Un premier pas en direction de l’écoute est de libérer nos esprits et nos cœurs des préjugés et des stéréotypes : quand nous pensons savoir déjà qui est l’autre et ce qu’il veut, alors nous avons vraiment du mal à l’écouter sérieusement. Les rapports entre générations sont un terrain où les préjugés et les stéréotypes s’enracinent avec une facilité proverbiale, si bien que souvent nous ne nous en rendons même pas compte. Les jeunes sont tentés de considérer les adultes comme dépassés ; les adultes sont tentés de prendre les jeunes pour inexpérimentés, de savoir comment ils sont et surtout comment ils devraient être et se comporter. Tout cela peut constituer un obstacle important au dialogue et à la rencontre entre générations. La plus grande partie des personnes ici présentes n’appartient pas à la génération des jeunes, il est donc clair que nous devons surtout faire attention au risque de parler des jeunes à partir de catégories et de schémas mentaux désormais dépassés. Si nous savons éviter ce risque, alors nous contribuerons à rendre possible une alliance entre générations. Les adultes devront vaincre la tentation de sous évaluer les capacités des jeunes et de les juger négativement. J’ai lu autrefois que la première mention de ce fait remonte à 3000 ans avant JC, et a été découverte sur un vase d’argile de la Babylone antique, où il est écrit que la jeunesse est immorale et que les jeunes ne sont pas capables de sauvegarder la culture du peuple. C’est une vieille tradition de nous, les vieux ! Les jeunes, au contraire, doivent vaincre la tentation de ne pas écouter les adultes et de considérer les personnes âgées comme “des affaires anciennes, passées et ennuyeuses”, en oubliant qu’il est stupide de vouloir toujours partir de zéro comme si la vie commençait seulement avec chacun d’eux. En réalité, les personnes âgées, malgré leur fragilité physique, restent toujours la mémoire de notre humanité, les racines de notre société, le “pouls” de notre civilisation. Les mépriser, les rejeter, les enfermer dans des réserves isolées ou bien les envoyer promener est l’indice d’une concession à la mentalité du monde qui est en train de détruire nos maisons de l’intérieur. Négliger le trésor d’expérience dont toute génération hérite et transmet à l’autre est un acte d’autodestruction.

Il faut donc, d’une part, vaincre résolument la plaie du cléricalisme. En effet, l’écoute et la sortie des stéréotypes sont aussi un puissant antidote contre le risque du cléricalisme, auquel une assemblée comme celle-ci est inévitablement exposée, au-delà des intentions de chacun de nous. Il naît d’une vision élitiste et exclusive de la vocation qui interprète le ministère reçu comme un pouvoir à exercer plutôt que comme un service gratuit et généreux à offrir. Et cela conduit à croire appartenir à un groupe qui possède toute les réponses et qui n’a plus besoin d’écouter et d’apprendre quoique ce soit, ou fait semblant d’écouter. Le cléricalisme est une perversion et est la racine de nombreux maux dans l’Eglise : nous devons en demander humblement pardon et surtout créer les conditions pour qu’ils ne se répètent pas.

Mais il faut, d’autre part, soigner le virus de l’autosuffisance et des conclusions hâtives de nombreux jeunes. Un proverbe égyptien dit : “Si dans ta maison il n’y a pas de personne âgée, achète-la car elle te servira”. Répudier et rejeter tout ce qui a été transmis au cours des siècles conduit uniquement à un dangereux égarement qui, malheureusement, est en train de menacer notre humanité ; cela conduit à un état de désenchantement qui a envahi les cœurs de générations entières. L’accumulation des expériences humaines au cours de l’histoire est le trésor le plus précieux et crédible dont les générations héritent l’une de l’autre. Sans oublier jamais la révélation divine, qui illumine et donne sens à l’histoire et à notre existence.

Frères et sœurs, que le Synode réveille nos cœurs ! Le présent, y compris celui de l’Eglise, apparaît chargé d’ennuis, de problèmes, de fardeaux. Mais la foi nous dit qu’il est aussi le kairos où le Seigneur vient à notre rencontre pour nous aimer et nous appeler à la plénitude de la vie. L’avenir n’est pas une menace qu’il faut craindre, mais il est le temps que le Seigneur nous promet pour que nous puissions faire l’expérience de la communion avec lui, avec les frères et avec toute la création. Nous avons besoin de retrouver les raisons de notre espérance et surtout de les transmettre aux jeunes qui sont assoiffés d’espérance : comme l’affirmait le Concile Vatican II : « On peut légitimement penser que l’avenir est entre les mains de ceux qui auront su donner aux générations de demain des raisons de vivre et d’espérer » (Const. past. Gaudium et spes, n. 31).

La rencontre entre générations peut être extrêmement féconde et en mesure de générer l’espérance. Le prophète Joël nous l’enseigne – je le rappelais aussi aux jeunes de la Rencontre pré-synodale – en ce que je pense être la prophétie de notre époque : « Vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions » (3, 1) et ils prophétiseront.

Il n’y a pas besoin d’argumentations théologiques sophistiquées pour montrer notre devoir d’aider le monde contemporain à marcher vers le Royaume de Dieu, sans fausses espérance et sans voir seulement ruines et malheurs. En effet, saint Jean XXIII, en parlant des personnes qui analysent les faits sans objectivité suffisante, ni prudence dans le jugement, affirmait : « Dans les conditions actuelles de la société humaine, elles ne sont pas capables de voir autre chose que ruines et malheurs ; elles disent que notre époque, si nous la comparons aux siècles passés, semble pire ; et elles en arrivent à se comporter comme si elles n’avaient rien apprendre de l’histoire qui est maîtresse de vie » (Discours pour l’ouverture solennelle du Concile Vatican II, 11 octobre 1962).

Ne nous laissons donc pas tenter par les “prophéties de malheur”, ne dépensons pas nos énergies à « compter les échecs et ressasserles amertumes », ayons le regard fixé sur le bien qui « souvent ne fait pas de bruit, n’est pas le thème des blogs et ne fait pas la une des journaux », et ne soyons pas effrayés « devant les blessures de la chair du Christ, toujours infligées par le péché et souvent par les enfants de l’Eglise » (cf. Discours aux Evêques de nomination récente participant au cours organisé par les Congrégations pour les Evêques et pour les Eglises Orientales, 13 septembre 2018).

Engageons-nous donc à chercher à “fréquenter l’avenir”, et à faire sortir de ce synode non seulement un document – qui est en général lu par un petit nombre et critiqué par beaucoup –, mais surtout des propositions pastorales concrètes en mesure de réaliser la tâche du Synode lui-même, c’est-à-dire celle de faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre, et créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains, et inspire aux jeunes – à tous les jeunes, personne n’est exclu – la vision d’un avenir rempli de la joie de l’Evangile.
Merci. »

Retour sur la séance d’ouverture du synode

Le Pape a pris le temps de remercier le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode, les présidents délégués, le cardinal Sergio da Rocha, rapporteur général, ou encore Mgr Fabio Fabene, sous-secrétaire du Secrétariat général ainsi que tous les assistants, pères synodaux, auditeurs, auditrices, experts et consulteurs, aux délégués fraternels, traducteurs, choristes et journalistes.

Le pari de l’Église

Mais les remerciements du Souverain pontife se sont faits particulièrement saillants à l’égard des jeunes, qu’ils soient physiquement présents dans la salle du Synode ou qu’ils aient tout simplement fait entendre leur voix en vue de cet événement ecclésial.

« Je les remercie pour avoir voulu parier que cela vaut la peine de se sentir membres de l’Église ou d’entrer en dialogue avec elle, que cela vaut la peine de faire briller et de transmettre le message indémodable du Christ ; que cela vaut la peine de s’agripper à la barque de l’Église qui, même à travers les tempêtes impitoyables du monde, continue à offrir à tous refuge et hospitalité », a-t-il affirmé, très reconnaissant.

« Nager à contrecourant »

« Cela vaut la peine de nager à contrecourant et de s’attacher à des valeurs supérieures : la famille, la fidélité, l’amour, la foi, le sacrifice, le service, la vie éternelle », a poursuivi le successeur de Pierre devant l’assemblée des 267 pères synodaux. De ce fait, une grande responsabilité s’impose, estime le Pape adoptant la posture toute pascalienne du pari de Dieu : « Nous devons démontrer à ces jeunes qu’ils ont eu raison de parier : vraiment cela vaut la peine, vraiment ce n’est pas du temps perdu ! », a-t-il lancé, avant de préciser tout en nuances combien « l’univers des jeunes » était diversifié, et donc qu’il ne pouvait être totalement représenté.

Le Synode, exercice de courage

Le Pape a livré une démonstration en plusieurs temps, assurant que ce Synode serait d’abord un moment de courage et de franchise. « Une critique honnête et transparente est constructive et cela aide, au contraire des bavardages inutiles, des rumeurs, des conjectures et des préjugés ».

À ce courage doit correspondre l’humilité de l’écoute, a manifesté le Pape, insistant sur l’importance du dialogue, comme fruit d’une maturation intellectuelle et spirituelle. « Le Synode doit être un exercice de dialogue », a-t-il rappelé.

Le Synode, exercice de discernement

Outre un exercice de courage et de dialogue, le Synode est un exercice ecclésial de discernement, a aussi pointé François.

« Le discernement n’est pas un slogan publicitaire, ni une technique d’organisation, ni même une mode de ce pontificat, mais une attitude intérieure qui s’enracine dans un acte de foi », a-t-il explicité. Le discernement comme méthode et comme objectif, a pointé le Pape jésuite, ajoutant que cette attention à l’intériorité était « la clef pour réaliser le chemin de la reconnaissance, de l’interprétation et du choix ».

Le Synode, exercice d’écoute

En effet, a relevé l’évêque de Rome, « nous sommes signes d’une Église à l’écoute et en chemin », observant le « déficit d’écoute » subit par les jeunes. Et pour cause, selon le Pape, une Église qui n’écoute pas « se montre fermée à la nouveauté ne pourra pas s’avérer crédible pour les jeunes, qui inévitablement s’en éloigneront plutôt que de s’en approcher ».

Sortir des préjugés réciproques

Pour ce faire, il s’agit de sortir des préjugés et des stéréotypes, à commencer par les plus classiques : les jeunes tentés de considérer les adultes comme dépassés ; les adultes tentés de prendre les jeunes pour inexpérimentés. La plus grande partie des personnes ici présentes n’appartient pas à la génération des jeunes, a mentionné François, avant de prévenir : « il est donc clair que nous devons surtout faire attention au risque de parler des jeunes à partir de catégories et de schémas mentaux désormais dépassés ». Le but est de former « une alliance entre générations ».

Pour François, les jeunes, au contraire, doivent vaincre la tentation de ne pas écouter les adultes et de considérer les personnes âgées comme “des affaires anciennes, passées et ennuyeuses”, conseille-t-il. « Négliger le trésor d’expérience dont toute génération hérite et transmet à l’autre est un acte d’autodestruction ».

La lutte contre le cléricalisme

Cette écoute et cette sortie des stéréotypes est aussi un puissant antidote pour vaincre la plaie du cléricalisme, a stipulé le Pape.

« Le cléricalisme naît d’une vision élitiste et exclusive de la vocation qui interprète le ministère reçu comme un pouvoir à exercer plutôt que comme un service gratuit et généreux à offrir », a-t-il précisé, ajoutant fermement que le cléricalisme était une « perversion », à la racine de nombreux maux dans l’Église.

La lutte contre l’autosuffisance

D’une part lutter contre le cléricalisme, mais aussi contre l’autosuffisance et « les conclusions hâtives » fréquentes chez de nombreux jeunes. C’est ce que le Pape a souhaité faire émerger dans son solennel discours d’ouverture.

« Répudier et rejeter tout ce qui a été transmis au cours des siècles conduit uniquement à un dangereux égarement qui, malheureusement, est en train de menacer notre humanité », a-t-il déplorant, liant cela à un état de désenchantement qui a envahi les cœurs de générations entières.

« L’avenir n’est pas à craindre »

Que faire alors ? Espérer « que le Synode réveille nos cœurs ! », s’est-il réjoui. En effet, le présent, y compris celui de l’Eglise, apparaît chargé d’ennuis, de problèmes, de fardeaux. « L’avenir n’est pas une menace qu’il faut craindre ». « Nous avons besoin de retrouver les raisons de notre espérance et surtout de les transmettre aux jeunes qui sont assoiffés d’espérance », a-t-il plaidé.

L’intergénérationnel, source d’espérance

Et c’est cette rencontre entre générations qui peut être extrêmement féconde et en mesure de générer l’espérance, selon le Souverain pontife qui s’est plu à citer le prophète Joël : « Vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions » (3, 1).

Fuir les immédiatetés

Le Pape a alors voulu lancer un appel : « Ne nous laissons donc pas tenter par les “prophéties de malheur”, ne dépensons pas nos énergies à « compter les échecs et ressasser les amertumes », ayons le regard fixé sur le bien qui « souvent ne fait pas de bruit, n’est pas le thème des blogs et ne fait pas la une des journaux », et ne soyons pas effrayés « devant les blessures de la chair du Christ, toujours infligées par le péché et souvent par les enfants de l’Église ».

Faire germer des rêves et susciter des prophéties

Dans la lignée de son homélie inaugurale du même jour axée sur la prophétie, la vision et les rêves, le but de ce synode est somme toute, selon François, non pas seulement de faire émerger un document qui sera lu par un tout petit nombre, a-t-il poursuivi, mais surtout de « faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre, et créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces et inspire les jeunes ».

(Avec V. N.)

Retour sur la Messe d’ouverture du Synode

Le Pape François a présidé place Saint-Pierre de Rome la messe inaugurale du Synode des évêques pour les jeunes, mercredi 3 octobre 2018, à 10h. Une messe sous le signe des dons « de l’espérance, du rêve, de la prophétie et de la vision ».

Pour ouvrir solennellement ces trois semaines et demie de Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, le Pape François a insisté auprès des pères synodaux lors de la messe inaugurale sur leur capacité à rêver et espérer.

« Parce que nous savons que nos jeunes seront capables de prophétie et de vision dans la mesure où, désormais adultes ou âgés, nous sommes capables de rêver et ainsi de rendre contagieux et de partager les rêves et les espérances que nous portons dans notre cœur (cf. Jl 3, 1) », leur a-t-il lancé, les invitant ainsi à leur tour à oindre les jeunes des dons « de prophétie et de vision ».
Les pères synodaux, mémoire active et vivante

Le Pape François qui a invoqué l’Esprit Saint pour qu’il donne aux 267 pères synodaux du monde entier la grâce d’être « une mémoire active, vivante, efficace, qui de génération en génération ne se laisse pas étouffer ni écraser par des prophètes de calamités et de malheur, ni par nos limites, erreurs et péchés », mais capable « de trouver des espaces pour enflammer le cœur et discerner les chemins de l’Esprit » durant cet événement ecclésial d’ampleur qui se clôturera le 28 octobre prochain.

Le Pape a également souhaité la bienvenue aux deux évêques de Chine continentale conviés dans le prolongement de l’accord provisoire signé entre la Chine et le Saint-Siège le 22 septembre dernier.

Ainsi cette espérance soulignée fortement par le Saint-Père a trois qualités. Elle nous « déplace et rompt » avec le conformisme du « nous avons toujours fait ainsi », et demande « de regarder directement le visage des jeunes et les situations dans lesquelles ils se trouvent », explique-t-il. « Il s’agit de la même espérance qui nous demande de travailler pour renverser les situations de précarité, d’exclusion et de violence, auxquelles sont exposés nos enfants ».

Les jeunes catholiques du monde entier et ceux qui les représentent lors du synode au nombre de 36 demandent et exigent « un dévouement créatif, une dynamique intelligente », mais aussi « que nous ne les laissions pas seuls aux mains de tant de marchands de mort qui oppriment leur vie et obscurcissent leur vision », a poursuivi le Souverain pontife attentivement inspiré par l’Instrumentum Laboris, ce riche document de travail qui servira d’appui aux travaux du synode.

Dans cette atmosphère où tous peuvent « rêver ensemble », le Pape François invite à suivre les écrits de Saint Paul : « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres » (Ph 2, 4).

Plus que cela, « nous devons considérer les autres supérieurs à nous-mêmes », ajoute-t-il, précisant vouloir éviter les logiques « de l’auto-préservation et de l’autoréférentialité ».

Pour atteindre cet état d’esprit, c’est le don de l’écoute qui prime, selon le Pape, afin de prévenir « la tentation de tomber dans une position moralisante ou élitiste, comme aussi de l’attraction pour des idéologies abstraites qui ne correspondent jamais à la réalité de nos gens », estime le successeur de Pierre.

Le vœu du Pape en ce Synode est donc qu’à la croisée des rêves et espérances, les jeunes soient « stimulés et accompagnés » pour ne jamais cesser « de prophétiser ».

Faisant ensuite allusion à la propre jeunesse des pères synodaux qui, pour beaucoup, eut lieu à la fin du Concile Vatican II au beau milieu des années 1960, le Pape a emprunté ces mots au poète romantique allemand, Friedrich Hölderlin (1770-1843) : « que l’homme conserve ce qu’il a promis lorsqu’il était enfant ».

Les Pères conciliaires eux parlaient ainsi, rappelle François en conclusion de son homélie : « L’Église, quatre années durant, vient de travailler à rajeunir son visage, pour mieux répondre au dessein de son Fondateur, le grand Vivant, le Christ éternellement jeune. Et au terme de cette imposante “révision de vie”, elle se tourne vers vous. C’est pour vous, les jeunes, pour vous surtout, qu’elle vient, par son Concile, d’allumer une lumière : lumière qui éclaire l’avenir, votre avenir. L’Église est soucieuse que cette société que vous allez constituer respecte la dignité, la liberté, le droit des personnes : et ces personnes, c’est vous.

Soyez généreux, purs, respectueux, sincères. Et construisez dans l’enthousiasme un monde meilleur que celui de vos aînés ! » (Paul VI, Message aux jeunes à la fin du Concile Vatican II, 8 décembre 1965).

(Avec V. N.)

Dimanche 30 septembre 2018

Avant la prière de l’angélus récitée place Saint-Pierre, le Pape a appelé à ne pas penser ni juger les relations humaines selon des catégories, mais à reconnaître le vaste horizon de l’action du Saint-Esprit.

Le Pape François a médité sur l’Evangile selon Saint-Marc : lorsqu’un homme qui n’appartenait pas au groupe des disciples de Jésus se mit à chasser des démons en son nom, les disciples, et particulièrement Jean, voulaient l’interdire et en référèrent à Jésus qui répondit : « Ne l’en empêchez pas car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous » (Mc, 39-40).

Ainsi le Pape François souhaite tirer une leçon contemporaine de cet épisode. Si Jean et les autres disciples manifestent une attitude de fermeture face à cette personne « externe », Jésus, lui, semble très libre, pleinement ouvert à la liberté de l’Esprit de Dieu, qui dans son action n’est limité par aucune frontière ni par aucune clôture, constate le Pape, poursuivant : « Avec cette attitude, Jésus veut éduquer ses disciples, même aujourd’hui, à cette liberté intérieure ».

Cette situation se reproduit dans les communautés chrétiennes de tout temps, et aussi en nous-mêmes, explique le Saint-Père. « En toute bonne foi, en effet, avec zèle, on voudrait protéger l’authenticité d’une certaine expérience, en particulier charismatique, en protégeant le fondateur ou le dirigeant des faux imitateurs. Et en même temps, il y a la crainte de la "concurrence", vous ne pouvez pas apprécier le bien que font les autres parce que "ce n’est pas le nôtre" ».

Le Souverain pontife dénonce cette forme d’ « auto-référentialité », « à la racine du prosélytisme ». Or, comme le rappelait Benoît XVI, l’Église ne croit pas par prosélytisme, mais par attraction, cite le Pape François.

Au contraire, Jésus nous appelle à ne pas penser « selon les catégories "ami / ennemi", "nous / eux", "celui qui est dedans / qui est dehors" », mais à aller plus loin, à ouvrir le cœur de pouvoir reconnaître sa présence et l’action de Dieu même dans des zones inhabituelles et imprévisibles et chez des personnes qui ne font pas partie de notre cercle, ajoute François, exhortant à être plus attentif à « l’authenticité du bien, du beau et du vrai qui est accompli, qu’au nom et à la provenance de ceux qui le font ». Au lieu de juger autrui, nous devons nous examiner nous-mêmes et apprendre à aimer notre communauté sans jalousie ni fermeture, toujours ouverte sur le vaste horizon de l’action du Saint-Esprit, a-t-il enfin conclu.

Après l’angélus, le Pape a exprimé toute sa proximité avec les populations de l’île de Célèbes, en Indonésie, touchée par un fort tsunami : « Je prie pour les morts, pour les blessés et pour ceux qui ont perdu leur maison et leur travail. Que le Seigneur les console et soutienne les efforts de ceux qui essaient d’apporter un soulagement ».

Il a aussi ajouté quelques mots pour l’abbé marseillais Jean-Baptiste Fouque, aujourd’hui béatifié à Marseille :

« L’exemple et l’intercession de cet apôtre de la charité nous soutient dans l’engagement d’accueillir et de partager avec les plus faibles et les plus défavorisés ».

(Avec V. N.)

Mercredi 26 Septembre 2018

Lors de sa traditionnelle audience générale du mercredi, ce 26 septembre, le Pape François est revenu sur son voyage apostolique dans les pays baltes. Devant les 18 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le Pape a dressé un bilan de ses quatre jours dans le nord-est de l’Europe dont il est revenu la veille, mardi 25 septembre.

Ces trois pays ont fortement marqué le Pape surtout pour leur résilience historique. « Ce sont des peuples qui ont beaucoup souffert, a-t-il affirmé, visant le joug soviétique, et c’est pourquoi le Seigneur les a regardés avec prédilection », a-t-il ajouté, remerciant les présidents de ces trois républiques baltes, ainsi que leurs épiscopats respectifs pour leur accueil.

Le Pape François a tenu à différencier son voyage de celui de saint Jean Paul II il y a 25 ans, les contextes politiques sur ces terres étant radicalement différents : « Ma mission a été d’annoncer à nouveau aux gens la joie de l’Évangile, mais aussi la révolution de la miséricorde, de la tendresse, parce que la liberté ne suffit pas à donner un sens et plénitude à la vie sans l’amour qui vient de Dieu ».
L’œcuménisme balte

Ces trois pays sont très différents puisqu’en Lituanie, les catholiques sont majoritaires, tandis que les luthériens et les orthodoxes prédominent en Lettonie et en Estonie, même si beaucoup se sont détournés de la vie religieuse. « Le défi consiste donc à renforcer la communion entre tous les chrétiens, déjà développée au cours de la dure période de persécution », a donc relevé François, ravi des divers moments œcuméniques de son voyage, particulièrement celui dans la cathédrale luthérienne de Riga ou lors de la rencontre avec les jeunes de Tallinn.
« Les racines fertilisent l’avenir »

De nouveau, le Pape a assuré que le contact avec les « racines » pouvait continuer à fertiliser le présent et l’avenir, exhortant ces peuples à toujours associer la liberté à la solidarité et à l’hospitalité, selon leur tradition.

Véritable fil directeur de son voyage, la référence aux racines est indissociable de la mémoire. « Avec les personnes âgées, en Lettonie, j’ai souligné le lien étroit entre la patience et l’espoir. Ceux qui ont traversé des épreuves difficiles sont les racines d’un peuple, qui doit être gardé avec la grâce de Dieu, afin que les nouveaux germes puissent dessiner, s’épanouir et porter leurs fruits », a expliqué le Souverain pontife lors de l’audience, poursuivant sur sa rencontre avec les prêtres, religieux et séminaristes en Lituanie cette fois : « La constance est apparue indispensable à l’espérance, être centré sur Dieu, ancré dans son amour ».

Enfin, le Pape a rendu hommage aux victimes du génocide juif dans le grand ghetto de Vilnius en Lituanie il y a 75 ans.

Le Saint-Père qui publie aujourd’hui un texte phare adressé aux catholiques chinois a également fait référence à l’accord provisoire entre la Chine et le Vatican signé samedi 22 septembre. « Cet accord est le fruit d’un parcours de dialogue long et réfléchi, destiné à favoriser une collaboration plus positive entre le Saint-Siège et les autorités chinoises pour le bien de la communauté catholique en Chine et pour l’harmonie de la société tout entière ».

« Une nouvelle phase peut être ouverte ; qui aide à panser les plaies du passé, à restaurer et à maintenir la pleine communion de tous les catholiques chinois et à entamer la proclamation de l’Évangile avec un engagement renouvelé », a-t-il ajouté.

(Avec V. N.)

Dimanche 23 septembre 2018

Le Pape François est en voyage apostolique en Lituanie. Reprenant la parole au terme de la messe qu’il venait de célébrer devant plus de 100 000 personnes dans un parc de Kaunas, le Saint-Père est revenu sur le génocide subi par les juifs de Lituanie durant la Seconde guerre mondiale en méditant sur la figure du "juste persécuté".

« Le livre de la Sagesse que nous avons entendu en première lecture nous parle du juste persécuté, de celui dont la présence gène les impies » a-t-il expliqué. « L’impie a la prétention de penser que sa force est la norme de la justice. Soumettre les plus fragiles, user de la force sous quelque forme que ce soit, imposer une manière de penser, une idéologie, un discours dominant, user de la violence ou de la répression pour faire plier ceux qui, simplement par leur agir quotidien honnête, simple, assidu et solidaire, manifestent qu’un autre monde, une autre société est possible. »

Le Pape a utilisé cette référence biblique pour évoquer l’anniversaire que célèbre la Lituanie en ce 23 septembre : « Il y a 75 ans, cette nation vivait la destruction définitive du Ghetto de Vilnius. L’anéantissement de milliers de juifs, commencé deux ans auparavant, culminait alors. Comme on lit dans le Livre de la Sagesse, le peuple juif est passé à travers les outrages et les tourments. Faisons mémoire de cette époque, et demandons au Seigneur de nous faire le don du discernement afin de découvrir à temps tout nouveau germe de cette attitude pernicieuse, toute atmosphère qui atrophie le cœur des générations qui n’en n’ont pas fait l’expérience et qui pourraient courir derrière ces chants des sirènes. »

Le Pape François a insisté sur l’importance pour les chrétiens, de se faire serviteurs de tous plutôt que de chercher la gloire : « Ici, en Lituanie, il y a une colline des croix, où des milliers de personnes, au cours des siècles, ont planté le signe de la croix.

« Je vous invite, alors que nous prions l’Angelus, à demander à Marie de nous aider à planter la croix de notre service, de notre dévouement là où on a besoin de nous, sur la colline où vivent les derniers, où une délicate attention aux exclus, aux minorités est requise, pour éloigner de nos milieux et de nos cultures la possibilité d’anéantir l’autre, de marginaliser, de continuer à rejeter celui qui gêne et dérange nos facilités. »

Au terme de l’Angélus, après avoir remercié les autorités lituaniennes, le Pape a adressé une pensée à la communauté juive. « Cet après-midi, je prierai devant le monument aux victimes du Ghetto de Vilnius, en ce 75ème anniversaire de sa destruction. Que le Très Haut bénisse le dialogue et l’engagement commun pour la justice et la paix », a conclu le Saint-Père, avant de retrouver les évêques de Lituanie pour un déjeuner à l’archevéché de Kaunas.

(Avec V. N.)

Dimanche 16 septembre 2018

place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur la passage de l’Evangile selon St Marc (8, 27-35) proposé par la liturgie de ce dimanche : « La profession de foi en Jésus ne peut s’arrêter à des paroles, mais demande d’être authentifiée par des choix et des gestes concrets, par une vie marquée par l’amour ».

Réunis avec ses disciples à Césarée de Philippe, le Seigneur leur pose cette question centrale :« au dire des gens, qui suis-je ? ». Il en résulte qu’Il est considéré comme un grand prophète. Mais en réalité, Jésus « ne s’intéresse pas aux sondages ou aux bavardages des gens », « il n’accepte pas que ses disciples lui répondent avec des formules toutes faites, parce qu’une foi qui se réduit aux formules est une foi myope », souligne le Pape.

Jésus veut que ses disciples d’hier et d’aujourd’hui instaurent avec Lui une relation personnelle et l’accueillent au centre de leur vie. Il veut en quelque sorte les pousser à affronter la vérité, et leur demande donc : « mais vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Et cette question, Il nous la pose aujourd’hui : « Que dites-vous que Je suis ? Qui suis-je pour toi ? ». Chacun est appelé à y répondre dans son propre cœur. Il peut arriver qu’à l’instar de l’apôtre Pierre, nous répondions avec enthousiasme, « Tu es le Christ ». Mais lorsque Jésus affirme que sa mission se fera « sur le chemin du serviteur souffrant », dans le rejet, l’humiliation et la mort sur la croix, il peut arriver aussi, comme pour Saint Pierre, « que nous protestions, que nous nous rebellions, car cela contraste avec nos attentes ». « En ces moments, nous méritons également la réprobation salutaire de Jésus : ‘Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes’. »

« La profession de foi en Jésus, a poursuivi le Pape, ne peut s’arrêter à des paroles, mais demande d’être authentifiée par des choix et des gestes concrets, par une vie marquée par l’amour de Dieu et du prochain ». Suivre le Christ exige de se renier soi-même, de prendre sa croix à sa suite. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera » : C’est là une « règle fondamentale » que nous donne Jésus.

Souvent dans notre vie, nous faisons des erreurs, en cherchant le bonheur uniquement dans les choses, alors qu’il se trouve seulement dans l’amour, « le vrai, qui nous rencontre, nous surprend et nous change ». « L’amour change tout, a conclu le Souverain Pontife, il peut aussi nous changer ! ».
Visite pastorale en Sicile

Au terme de l’Angélus, le Pape a évoqué la visite pastorale qu’il a effectuée ce samedi en Sicile, à Piazza Armerina et à Palerme, à l’occasion du 25e anniversaire du martyre de Don Puglisi, qu’il a fait applaudir par la foule. « Que l’exemple et le témoignage de Don Puglisi continuent à tous nous illuminer, et à nous confirmer que le bien est plus fort que le mal, que l’amour est plus fort que la haine », après avoir remercié avec effusion les organisateurs de sa visite pastorale et tout le peuple sicilien.

(Avec V. N.)

Dimanche 9 Septembre 2018

S’appuyant sur l’épisode de l’Évangile selon Saint-Marc qui raconte la guérison miraculeuse d’un sourd-muet par Jésus, le Pape François a délivré ce dimanche 9 septembre une réflexion sur la guérison, matérielle et spirituelle, lors de son angélus dominical, place Saint-Pierre.

Lorsque Jésus guérit le sourd-muet, il ne le fait pas pour « impressionner » la foule, ni par recherche de popularité ou de succès, a d’abord rappelé François prenant appui sur l’Évangile selon saint Marc - 7, 31-37. « Il veut seulement faire du bien aux gens. À travers cette attitude, il nous enseigne que le bien doit être fait sans clameur et sans ostentation », a insisté le Saint-Père.

C’est par le mot décisif d’ « Effata » qui signifie « Ouvre toi » que Jésus parvint à guérir l’homme. Un récit évangélique qui ,selon le Souverain pontife, met en relief deux types de guérison : « La guérison de la maladie et de la souffrance physique pour restaurer la santé du corps », et une autre guérison « plus difficile » à atteindre : « celle de la peur » qui nous pousse à marginaliser les malades, les souffrants ou les handicapés.

Cette peur du marginalisé peut se traduire par une « pseudo-pitié » ou la volonté « de supprimer le problème », poursuit le Pape, précisant que les malades ou les souffrants, par exemple, devraient plutôt « être l’occasion d’exprimer sollicitude et la solidarité d’une société envers les plus faibles ».

Le secret du miracle de Jésus résidant en cette parole « Effata », ce mot « Ouvre toi ». Pour l’évêque de Rome, il s’agit donc de s’ouvrir aux besoins des souffrants et des personnes dans le besoin « en évitant l’égoïsme et la fermeture du cœur ». Car c’est précisément le cœur, c’est-à-dire le noyau profond de la personne, que Jésus est venu « ouvrir et libérer » pour nous permettre de vivre pleinement la relation avec Dieu et avec les autres.

Jésus s’est fait homme, souligne François, pour que l’homme, rendu intérieurement sourd et muet par le péché, soit bien en capacité d’entendre la voix de Dieu, la voix de l’Amour qui parle à son cœur, et d’apprendre ainsi à parler à son tour « le langage de l’amour », et « le traduire en gestes de générosité et de don de soi ».

À l’issue de la prière de l’Angélus, le Pape François a également eu quelques mots pour mère Alphonse Marie, fondatrice de la congrégation des sœurs du Très Saint Sauveur, béatifiée le 8 septembre en la cathédrale de Strasbourg. Le Pape a demandé à la foule rassemblée place Saint-Pierre d’applaudir cette nouvelle bienheureuse. « C’était une femme courageuse qui, en souffrant, en se taisant et en priant, a témoigné de l’amour de Dieu surtout près de ceux qui étaient malades, de corps ou d’esprit », a affirmé le Saint-Père à son égard.

(Avec V. N.)

Mercredi 5 Septembre 2018

Le vrai repos ne consiste pas en une course effrénée vers le divertissement et les plaisirs, en mais une « bénédiction de la réalité » : c’est le cœur de la catéchèse délivrée par le Pape François en ce mercredi 5 septembre, jour d’audience générale.

Poursuivant son cycle d’enseignement sur le Décalogue, le Souverain Pontife s’est longuement arrêté sur le commandement relatif à la sanctification du « Jour du Seigneur ». Se reposer vraiment durant ce jour n’est pas si facile, relève le Pape qui met en exergue une « fausse manière » de le faire.
Faux et vrai repos

La société actuelle nous montre une « industrie de la distraction » florissante. Tout nous invite au plaisir et à l’évasion. Or cette mentalité nous « fait glisser vers l’insatisfaction d’une existence anesthésiée par le divertissement qui n’est pas repos mais aliénation et fuite de la réalité ».

Le vrai, l’authentique repos en revanche fait référence à celui de Dieu, mû par une raison précise : « le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a consacré », nous dit le Livre de l’Exode (20,11). Dieu se réjouit de sa création après l’avoir faite. Le Jour du Seigneur est donc celui de la « contemplation, de la bénédiction » et de la louange.
Faire la paix avec son histoire

Loin d’être une fuite, le vrai repos est une bénédiction de la réalité, qui, pour nous chrétiens, trouve son centre dans la célébration de l’Eucharistie, -qui signifie « action de grâce ». Le dimanche n’est pas là pour effacer les autres jours de la semaine, mais pour se les rappeler, « les bénir et faire la paix avec la vie ». Se reposer en Dieu est un choix : il implique de Le laisser agir en nous et de s’éloigner du mal et de la fascination qu’il exerce. La bénédiction et la joie suppose une « ouverture au Bien » malgré les difficultés, les amertumes de notre cœur.

L’homme a besoin de faire la paix avec ce qu’il veut fuir. La paix véritable en effet, n’est pas de « changer sa propre histoire, mais de l’accueillir, de la valoriser, comme elle est ». C’est ainsi que « notre vie devient belle, lorsque, ouvrant notre cœur à la providence, et sachant que tout est grâce, le mur intérieur de l’insatisfaction se détruit et commence le repos authentique », car, comme le dit si bien le psalmiste, « il n’y a de repos qu’en Dieu seul ».

(Avec V. N.)

Dimanche 2 septembre 2018

Lors de l’Angélus, place Saint-Pierre, le Pape François a repris la lecture de l’Évangile de Marc, invitant chacun à faire un examen de conscience et à fuir ce danger de donner plus d’importance à la forme qu’au fond.

Dans l’extrait choisi, il est revenu sur un thème important pour les croyants : « l’authenticité de notre obéissance à la Parole de Dieu, contre toute contamination mondaine ou formalisme légaliste ». Le Souverain Pontife est d’abord revenu sur le début du récit, et cette objection que les scribes et pharisiens adressent à Jésus, en accusant ses disciples de ne pas suivre les préceptes rituels selon les traditions. Une façon de porter atteinte à la fiabilité et à l’autorité de Jésus comme Maître, a précisé le Pape François. Jésus qualifie en réponse les scribes et les pharisiens d’hypocrites, « hypocrite est l’un des adjectifs les plus forts que Jésus utilise dans les Evangiles ».

Jésus veut en effet secouer les scribes de l’erreur dans laquelle ils sont tombés, c’est-à-dire celle de perturber la volonté de Dieu et cachant ses commandements pour observer les traditions humaines.

Aujourd’hui, « le Seigneur nous invite à fuir ce danger de donner plus d’importance à la forme qu’à la substance. Il nous appelle à reconnaître, toujours de nouveau, ce qui est le vrai centre de l’expérience de foi, c’est-à-dire l’amour de Dieu et l’amour du prochain en le purifiant de l’hypocrisie du légalisme et du ritualisme. »

Le message de l’Évangile de ce jour est encore renforcé par la voix de l’apôtre Jacques, qui dit en résumé comment doit être la vraie religion : « Visiter les orphelins et les veuves dans la souffrance et ne pas se laisser contaminer par ce monde ». « Ne pas se laisser contaminer par ce monde ne veut pas dire s’isoler et se fermer de la réalité », il s’agit de veiller à ce que notre façon de penser et d’agir ne soit pas pollué par la « mentalité mondaine, ou par la vanité, l’avarice ».

En conclusion, le Pape François a appelé chacun à faire un examen de conscience, afin voir comment nous accueillons la Parole de Dieu, une Parole qui est « comme un grain de blé, comme une semence qui doit grandir dans les oeuvres concrètes ». « Si nous l’écoutons d’une façon distraite et superficielle, cela ne servira pas à grand chose. Nous devons au contraire accueillir la Parole avec un esprit et un cœur ouverts, comme un bon terreau, de façon à ce qu’elle soit assimilée et porte du fruit dans la vie concrète ».

À la suite de la prière de l’Angélus, le Pape François est revenu sur la situation dans laquelle est plongée la Syrie, plus précisément la province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays.

« Il y a encore des vents de guerre et des nouvelles inquiétantes sur les risques d’une catastrophe humanitaire dans la Syrie bien-aimée », a déclaré le Souverain Pontife, avant de renouveler son « appel sincère à la communauté internationale et à tous les acteurs concernés pour qu’ils utilisent les instruments de la diplomatie, du dialogue et de la négociation, dans le respect du droit international humanitaire, pour protéger la vie des civils ».

Ce n’est pas la première fois que le Pape François appelle à la paix en Syrie. Par exemple, le 1er mai, il était aller prier le chapelet au sanctuaire de Notre-Dame du Divin Amour pour la paix dans ce pays ravagé par la guerre civile depuis 2011. Et lors du Regina Coeli du 15 avril dernier, il avait appelé les dirigeants internationaux à s’entendre sur la question syrienne.

(Avec V. N.)

Dimanche 26 Août 2018

Depuis le Sanctuaire de Knock, « cœur marial de l’Irlande catholique » qui accueille chaque année plus d’un million et demi de pèlerins, le Pape François a une nouvelle fois exprimé son émotion face à « la plaie ouverte » que représente les abus sur mineurs. Après un moment de recueillement dans la chapelle des apparitions, le Saint-Père s’est adressé aux fidèles présents, juste avant la prière de l’angélus.

« Aucun de nous ne peut se dispenser de se sentir ému par les histoires de mineurs qui ont souffert d’abus, à qui on a volé l’innocence et qui ont été abandonnés à la blessure de douloureux souvenirs ». « Cette plaie ouverte, a souligné le Saint-Père, nous défie d’être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice ».

Le Pape, qui dès son premier discours en Irlande, aux autorités et au corps diplomatique avait évoqué « l’échec des autorités ecclésiastiques pour affronter de manière adéquate ces crimes ignobles », implore le pardon du Seigneur « pour ces péchés, pour le scandale et la trahison ressentis par tant de personnes dans la famille de Dieu ».

Il demande à la Vierge « d’intercéder en faveur de toutes les personnes survirvantes à des abus quels qu’ils soient, et de confirmer chaque membre de la famille chrétienne dans la ferme intention de ne plus jamais permettre que ces situations arrivent ». Le Pape a aussi demandé à la Vierge d’intercéder « afin que nous puissions agir toujours avec justice et réparer tant de violence » face à ces crimes.

Le Saint-Père, depuis « la maison de la Vierge » en cette « ile d’émeraude » a confié à « Marie Mère de l’Eglise, le cheminement du peuple fidèle de Dieu ». Le Pape souhaite que « les familles soient soutenues afin qu’elles soient « au milieu des vents et des tempêtes qui sévissent sur notre temps » des « remparts de foi et de bonté résistant à tout ce qui voudrait amoindrir la dignité de l’homme et de la femme créés à l’image de Dieu ».

Le Pape s’est également adressé « aux habitants bien-aimés d’Irlande du Nord » les assurant de son « affection » et de sa « proximité dans la prière ». Le Saint-Père, avec le soutien de la Vierge les invite à persévérer « comme des frères et des sœurs, dans l’œuvre de réconciliation ». En exprimant « gratitude pour les progrès œcuméniques » François a dit prier « pour que tous les disciples du Christ poursuivent avec constance les efforts pour faire progresser le processus de paix et construire une société harmonieuse et juste pour les enfants d’aujourd’hui ». « Qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs, ou quelle que soit leur religion : ils sont fils de l’Irlande » a t-il rajouté.

Au terme de la prière de l’angélus, le Pape François a adressé « un salut particulier aux hommes et aux femmes qui sont en prison dans ce pays » les assurant de sa prière. Il a remercié en particulier tous ceux qui lui ont écrit, ayant appris son voyage en Irlande.

Le Pape en souvenir de sa visite au sanctuaire de Knock a apporté en cadeau un Rosaire d’or. « Je sais combien est importante dans ce pays la tradition du Rosaire familial. Que de cœurs de pères, de mères et d’enfants, a t-il affirmé ont puisé consolation et force au cours des années en méditant sur la participation de la Vierge aux mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux de la vie du Christ ! »

(Avec V. N.)

Lundi 20 Août 2018

Après la publication du rapport sur les cas d’abus sexuels en Pennsylvanie la semaine dernière, le Pape François publie une Lettre au peuple de Dieu. Il y exprime la douleur et la honte ressentie. Il y fustige le cléricalisme et appelle l’ensemble des baptisés à s’engager pour mener la lutte contre les abus et toute forme de corruption spirituelle.

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26).

Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables.

1. Si un membre souffre

Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé, la douleur de nombre de ces victimes nous est parvenue au cours du temps et nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités et à redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort, les blessures ne connaissent jamais de « prescription ». La douleur de ces victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence. Mais leur cri a été plus fort que toutes les mesures qui ont entendu le réprimer ou bien qui, en même temps, prétendaient le faire cesser en prenant des décisions qui en augmentaient la gravité jusqu’à tomber dans la complicité. Un cri qui fut entendu par le Seigneur en nous montrant une fois encore de quel côté il veut se tenir. Le Cantique de Marie ne dit pas autre chose et comme un arrière-fond, continue à parcourir l’histoire parce que le Seigneur se souvient de la promesse faite à nos pères : « Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides » (Lc 1, 51-53) ; et nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame.

Avec honte et repentir, en tant que communauté ecclésiale, nous reconnaissons que nous n’avons pas su être là où nous le devions, que nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. Nous avons négligé et abandonné les petits. Je fais miennes les paroles de l’alors cardinal Ratzinger lorsque, durant le Chemin de Croix écrit pour le Vendredi Saint de 2005, il s’unit au cri de douleur de tant de victimes en disant avec force : « Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! […] La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le cœur. Il ne nous reste plus qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri : Kyrie, eleison – Seigneur, sauve-nous (cf. Mt 8, 25) » (Neuvième Station).

2. Tous les membres souffrent avec lui

L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. Si par le passé l’omission a pu être tenue pour une forme de réponse, nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir, en un espace où les conflits, les tensions et surtout les victimes de tout type d’abus puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de leur douleur (Cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.228). Cette solidarité à son tour exige de nous que nous dénoncions tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne. Solidarité qui demande de lutter contre tout type de corruption, spécialement la corruption spirituelle, « car il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité, puisque « Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (2Co11,14) » (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.165). L’appel de saint Paul à souffrir avec celui qui souffre est le meilleur remède contre toute volonté de continuer à reproduire entre nous les paroles de Caïn : « Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » (Gn 4,9).

Je suis conscient de l’effort et du travail réalisés en différentes parties du monde pour garantir et créer les médiations nécessaires pour apporter sécurité et protéger l’intégrité des mineurs et des adultes vulnérables, ainsi que de la mise en œuvre de la tolérance zéro et des façons de rendre compte de la part de tous ceux qui commettent ou dissimulent ces délits. Nous avons tardé dans l’application de ces mesures et sanctions si nécessaires, mais j’ai la conviction qu’elles aideront à garantir une plus grande culture de la protection pour le présent et l’avenir.

Conjointement à ces efforts, il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. Une telle transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire et nous pousse à regarder dans la même direction que celle indiquée par le Seigneur. Ainsi saint Jean-Paul II se plaisait à dire : « Si nous sommes vraiment repartis de la contemplation du Christ, nous devrons savoir le découvrir surtout dans le visage de ceux auxquels il a voulu lui-même s’identifier » (Lett. ap. Novo Millenio Ineunte, n.49). Apprendre à regarder dans la même direction que le Seigneur, à être là où le Seigneur désire que nous soyons, à convertir notre cœur en sa présence. Pour cela, la prière et la pénitence nous aideront. J’invite tout le saint peuple fidèle de Dieu à l’exercice pénitentiel de la prière et du jeûne, conformément au commandement du Seigneur *1, pour réveiller notre conscience, notre solidarité et notre engagement en faveur d’une culture de la protection et du « jamais plus » à tout type et forme d’abus.

Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie *2. Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Eglise – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui « annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple » *3. Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme.

Il est toujours bon de rappeler que le Seigneur, « dans l’histoire du salut, a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine sans l’appartenance à un peuple. C’est pourquoi personne n’est sauvé seul, en tant qu’individu isolé, mais Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine : Dieu a voulu entrer dans une dynamique populaire, dans la dynamique d’un peuple » (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.6). Ainsi, le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d’un peuple et d’une histoire commune nous permettra de reconnaitre nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l’intérieur.

Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Eglise ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation. La dimension pénitentielle du jeûne et de la prière nous aidera en tant que peuple de Dieu à nous mettre face au Seigneur et face à nos frères blessés, comme des pécheurs implorant le pardon et la grâce de la honte et de la conversion, et ainsi à élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Evangile. Car « chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui » (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.11).

Il est essentiel que, comme Eglise, nous puissions reconnaitre et condamner avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger. Demandons pardon pour nos propres péchés et pour ceux des autres. La conscience du péché nous aide à reconnaitre les erreurs, les méfaits et les blessures générés dans le passé et nous donne de nous ouvrir et de nous engager davantage pour le présent sur le chemin d’une conversion renouvelée.

En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience.

De cette façon, nous pourrons rendre transparente la vocation à laquelle nous avons été appelés d’être « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Conc. OEcum. Vat.II, Lumen Gentium, n.1).

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui », nous disait saint Paul. Au moyen de la prière et de la pénitence, nous pourrons entrer en syntonie personnelle et communautaire avec cette exhortation afin que grandisse parmi nous le don de la compassion, de la justice, de la prévention et de la réparation. Marie a su se tenir au pied de la croix de son fils. Elle ne l’a pas fait de n’importe quelle manière mais bien en se tenant fermement debout et à son coté. Par cette attitude, elle exprime sa façon de se tenir dans la vie. Lorsque nous faisons l’expérience de la désolation que nous causent ces plaies ecclésiales, avec Marie il nous est bon « de donner plus de temps à la prière » (S. Ignace de Loyola, Exercices Spirituels, 319),cherchant à grandir davantage dans l’amour et la fidélité à l’Eglise. Elle, la première disciple, montre à nous tous qui sommes disciples comment nous devons nous comporter face à la souffrance de l’innocent, sans fuir et sans pusillanimité. Contempler Marie c’est apprendre à découvrir où et comment le disciple du Christ doit se tenir.

Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage.

Du Vatican, le 20 août 2018.

FRANÇOIS

*1. « Mais cette sorte de démons ne se chasse que par la prière et par le jeûne » (Mt 17,21).

*2. Cf. Lettre au peuple de Dieu en marche au Chili, 31 mai 2018.

*3. Lettre au Cardinal Marc Ouellet, Président de la Commission Pontificale pour l’Amérique Latine, 19 mars 2016.

Dimanche 19 août 2018

Depuis la fenêtre des appartements pontificaux, le Pape François a commenté le discours du Christ à la synagogue de Capharnaüm : ‘Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous’ (Jn 6, 51- 58). Jésus invite à entrer en communion avec Lui, à vivre pour le Seigneur et pour son prochain. Ceux qui résistent sont ceux qui ont « du mal à agir selon les critères de Jésus et non selon les critères du monde » a affirmé le Pape François.

Lors de sa catéchèse, le Pape est revenu sur un moment qu’il a qualifié de « décisif ». Lorsqu’après la multiplication des pains, Jésus se présente comme ‘le pain vivant descendu du ciel’ et qu’il ajoute : ‘Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde’. Ceux qui assistent à son discours se demandent comment cet homme peut leur donner sa chair à manger. « Quand le signe du pain partagé porte à sa vraie signification, c’est-à-dire le don de soi jusqu’au sacrifice, explique François, émerge l’incompréhension, et même le refus de celui qu’ils voulaient peu de temps auparavant porter en triomphe » ou « le faire roi ».

‘Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous’, poursuit Jésus. La Chair et Sang qui, dans le langage biblique, expriment l’humanité concrète. « Les gens et même les disciples ont l’intuition que Jésus les invite à entrer en communion avec Lui, à le ‘manger’ Lui, son humanité, afin de partager avec Lui le don pour la vie du monde. C’est autre chose que les triomphes et les mirages du succès ! » s’exclame le Pape.

Ce pain de vie, sacrement du Corps et du Sang du Christ, est donné gratuitement lors du repas eucharistique. Lors de la messe, « nous trouvons ce qui nous rassasie et nous désaltère spirituellement aujourd’hui et pour l’éternité ». Et ainsi, à chaque fois qu’un fidèle communie, il anticipe le ciel sur la terre, explique le Saint-Père « parce qu’à partir du repas eucharistique, du Corps et Sang de Jésus, nous apprenons ce qu’est la vie éternelle ». Cela est vivre pour le Seigneur.

‘Celui qui mange ma chair demeure en moi’, dit Jésus dans l’Evangile de ce jour. « L’Eucharistie nous façonne parce que nous ne vivons pas que pour nous même, mais pour le Seigneur et pour nos frères ». Le Pape rappelle que le bonheur et l’éternité de la vie dépendent de notre capacité à rendre fécond l’amour évangélique que nous recevons de l’Eucharistie.

Aujourd’hui encore Jésus répète à chacun : ‘si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous’. « Il ne s’agit pas de nourriture matérielle, mais d’un pain vivant et vivifiant, qui communique la vie même de Dieu ». Pour avoir cette vie, il est nécessaire de se nourrir de l’Evangile et de l’amour du prochain.

Face à l’invitation de Jésus à nous nourrir de son Corps et de son Sang, certains pourraient ressentir le besoin de discuter et de résister, « cela arrive lorsque nous avons du mal à modeler notre existence sur celle de Jésus, à agir selon ses critères et non selon les critères du monde ». Mais le Christ ne se lasse pas d’inviter chacun à son banquet. En nous nourrissant de Lui, poursuit le Pape, nous pouvons entrer en pleine syntonie avec le Christ, avec ses sentiments et ses comportements.

A l’issue de la prière de l’Angélus ce dimanche 19 août, le Pape a prié pour que « notre solidarité ne fasse pas défaut » aux habitants du Kerala « durement frappés par des pluies très intenses » ayant provoqué des inondations et des glissements de terrain, emportant des villages entiers. Le Pape appelle à « un soutien concret de la communauté internationale ».

Les pertes de vies humaines sont lourdes, au moins 357 morts selon un dernier bilan. Quelques 350 000 personnes sinistrées ont dû se réfugier dans 3 000 camps d’urgence. Ils sont des milliers à demander de l’aide sur les réseaux sociaux, coupés du monde. 10 000 km de routes ont été endommagés. Le Pape évoque également la « les dégâts considérables » subis par les cultures agricoles et les habitations.

Le Saint-Père a donc exprimé sa proximité à l’Eglise du Kerala, « qui en première ligne apporte son soutien à la population ». Au Kerala, l’Église a ouvert différentes écoles et paroisses pour accueillir les déplacés.

Le Pape a appelé les catholiques à prier eux aussi pour l’Église locale. Il a fait réciter un Ave Maria aux fidèles réunis place Saint-Pierre, dont certains brandissaient des banderoles appelant à prier pour le Kerala et sauver cette région sinistrée. « Prions ensemble et en silence pour ceux qui ont perdu la vie et pour toutes les personnes subissant cette grande calamité » a invité le Pape.

Cette semaine, la conférence épiscopale indienne avait exprimé sa douleur face aux conséquences désastreuses de cette « énorme catastrophe naturelle ». Ils avaient signifié leur proximité aux familles des victimes, aux blessés et à ceux qui sont en train de souffrir, et affirmaient apprécier « le travail rapide et efficace de secours entrepris par les autorités gouvernementales locales et étatiques ».

(Avec V. N.)

Mercredi 15 août 2018

En ce jour de fête, le Pape François a prononcé sa traditionnelle bénédiction de l’Angélus depuis la fenêtre du Palais apostolique, comme un dimanche, revenant sur le sens de cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie.

« En cette solennité de l’Assomption, le peuple de Dieu exprime avec joie sa vénération pour la Vierge Marie » a rappelé le Saint-Père. Une vénération qui s’exprime dans la liturgie mais aussi à travers mille formes différentes de piété.

« L’Assomption au ciel, âme et corps est un privilège divin accordé à la Sainte Mère de Dieu pour son union particulière avec Jésus », a poursuivi le Pape François. Il s’agit d’une union corporelle et spirituelle, commencée par l’Annonciation et murie durant toute la vie de Marie par sa participation singulière au mystère de son Fils. Elle était la « première disciple » de Jésus, a expliqué le Pape.

La vie de la Vierge s’est déroulée en apparence comme celle d’une femme de son temps a souligné le Pape : elle priait, s’occupait de la famille et de la maison, fréquentait la synagogue. « Mais toutes ses tâches quotidiennes, elles les réalisaient en union totale avec Jésus », a-t-il précisé. « Cette union a atteint son sommet au calvaire, dans l’amour, la compassion et dans la souffrance du cœur. Pour cela Dieu l’a aussi fait participer pleinement à la résurrection de Jésus. Le corps de Marie a ainsi été préservé de la corruption, comme celui de son Fils. »

Le christianisme introduit une harmonie entre le corps et l’âme

« L’Eglise nous invite aujourd’hui à contempler ce mystère : celui qui montre que Dieu veut sauver l’homme tout entier, âme et corps. Jésus est ressuscité avec le corps né de Marie, et il est monté au Père avec son humanité transfigurée. L’assomption de Marie, créature humaine, vient confirmer notre destin glorieux », a expliqué le Pape François. Les philosophes grecs avaient déjà compris que l’âme de l’homme était destinée à la félicité après la mort, a-t-il rappelé. « Toutefois, ils méprisaient le corps, qu’ils considéraient comme une prison de l’âme, et ne concevaient pas que Dieu ait pu disposer que le corps de l’homme soit aussi uni à l’âme dans la béatitude céleste. Cela –la résurrection de la chair- est un élément propre de la révélation chrétienne, un point central de notre foi. »

La réalité extraordinaire de l’Assomption de Marie manifeste et confirme l’unité de la personne humaine et nous rappelle que nous sommes appelés à servir et glorifier Dieu de tout notre être, âme et corps, a conclu le Pape. Servir Dieu uniquement avec le corps ne serait qu’un acte d’esclave, le servir uniquement avec l’âme aurait été en contradiction avec notre nature humaine.

En citant saint Irénée, le pape a rappelé que « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme consiste dans la vision de Dieu ». François a donc invité à vivre pleinement sa vie « dans le joyeux service de Dieu », afin que notre destin soit similaire à celui de Marie et que nous puissions glorifier Dieu dans notre corps, et dans l’éternité.

(Avec V. N.)

Dimanche 12 août 2018

Ambiance digne des JMJ, ce dimanche, Place St Pierre où plus de 70 000 jeunes Italiens étaient rassemblés pour la conclusion d’un pèlerinage organisé en vue du prochain synode qui leur sera consacré en octobre. Après une messe présidée par le cardinal Gualtiero Bassetti, président de la conférence épiscopale italienne, les jeunes ont prié l’Angélus avec le Pape François, qui les a exhortés avec force et insistance à dire « non » au mal et « oui » au bien.

Le Saint-Père, accueilli par des cris de joie et un enthousiasme débordant malgré la chaleur accablante, a centré sa courte catéchèse sur ces paroles de St Paul, entendues lors de la seconde lecture de ce dimanche : « n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance » (Ep 4, 30).

Mais, qu’est-ce renoncer au mal ?

Pour ne pas l’attrister, Lui que nous avons tous reçu par notre Baptême et notre confirmation, il est nécessaire de vivre « de manière cohérente et sans hypocrisie » avec les promesses de ces deux sacrements : la renonciation au mal et l’adhésion au bien.

Renoncer au mal, « c’est dire non » aux tentations, au mal, au péché, à cette culture de mort qui nous environne et nous fait miroiter un bonheur fallacieux et illusoire. Pour vivre de cette vie nouvelle donnée par le baptême, l’apôtre Paul nous enjoint à enlever « amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté » de notre cœur. « Ces six vices bouleversent la joie de l’Esprit, empoisonnent le cœur et portent à proférer des insultes contre Dieu et son prochain », a mis en garde le Pape.

Cependant, le chrétien ne peut se satisfaire de ne pas faire le mal. Cela ne suffit pas, a asséné François, qui a pointé l’importance d’adhérer au bien. « Nous entendons souvent certains dire : ‘je ne fais pas de mal à personne’. D’accord, mais est-ce que tu fais le bien ? Combien de personnes ne font pas de mal, mais ne font pas de bien non plus, et leurs vies coulent dans l’indifférence, dans l’apathie, dans la tiédeur », constate le Souverain Pontife, pour qui cette attitude est contraire à l’Evangile, contraire même à la nature passionnée et courageuse des jeunes. « Il est bien de ne pas faire le mal, mais il est mal de ne pas faire le bien », a affirmé François, faisant répéter aux jeunes à plusieurs reprises cette phrase attribuée au saint chilien Albert Hurtado.

« Tout le monde est responsable du bien qu’il pourrait faire et qu’il n’a pas fait. Il ne suffit pas de haïr, nous devons pardonner ; il ne suffit pas d’être rancunier, nous devons prier pour nos ennemis ; il ne suffit pas de ne pas être une cause de divisions, nous devons apporter la paix là où elle n’existe pas ; il ne suffit pas de ne pas dire du mal des autres, nous devons interrompre quand nous entendons quelqu’un qui parle mal. Si nous ne nous opposons pas au mal, nous le nourrissons tacitement », a encore expliqué le Pape, car le mal prolifère et se répand là où manquent des chrétiens audacieux capables de s’opposer à lui avec courage.

Le Pape François a enfin exhorté une dernière fois ces milliers de jeunes à marcher dans la charité et l’amour, à marcher ensemble vers le prochain synode d’octobre, implorant le secours maternel de la Vierge Marie, afin que « chaque jour, avec les faits, chacun de nous puisse dire ‘non’ au mal et ‘oui’ au bien ».

Au terme de la prière de l’Angélus, le Pape a béni une copie de la Croix de St Damien, vénéré par St François d’Assise et une statue de Notre-Dame de Lorette, deux objets de dévotion que des jeunes Italiens amèneront avec eux aux JMJ de Panama, en janvier 2019.

(Avec V. N.)

Dimanche 5 Août 2018

Lors de la prière de l’angélus place Saint-Pierre, le Pape François a rappelé qu’il ne fallait pas céder à la tentation de réduire la religion à la pratique des lois. Les rapports des fidèles avec Dieu ne sont pas ceux des serviteurs avec leur maître.

Sous une forte chaleur, et devant quelques milliers de fidèles, le Pape François est revenu sur l’Évangile de ce dimanche 5 août. Si les semaines passées, c’est l’image de la tendresse de Jésus qui était mise en avant, cette fois, a averti le Saint-Père, « la perspective change » : si la foule recherche de nouveau Jésus, celui-ci veut que les gens le connaissent et que leur rencontre aille au-delà « de la satisfaction immédiate des nécessités matérielles ».

Jésus est en effet venu pour nous « ouvrir l’existence à un horizon plus ample par rapport aux préoccupations quotidiennes, comme se nourrir, s’habiller ou la carrière ». C’est pourquoi il stimule la foule « à faire un pas en avant, à s’interroger sur la signification du miracle et pas seulement à en profiter ». La multiplication des pains et des poissons, « c’est le signe du grand don que le Père a fait à l’humanité et qui est Jésus lui-même ».

Jésus, vrai « pain de la vie », veut rassasier les corps mais aussi les âmes par sa Parole, son Corps et son Sang. Or, cela, la foule ne le comprend pas. Elle pense qu’il faut observer des préceptes « pour obtenir d’autres miracles comme celui de la multiplication des pains ». « C’est une tentation commune », reconnait le Pape : réduire la religion à la pratique de lois, « projetant sur notre rapport avec Dieu l’image du rapport entre serviteurs et leur maître ».

Jésus leur répond en disant qu’il faut croire en celui qui a été envoyé. Ces paroles valent aussi pour nous aujourd’hui. « La foi en Jésus nous permet d’accomplir les œuvres de Dieu. Si nous nous laissons entrainer dans ce rapport d’amour et de confiance avec Jésus, nous serons capables d’accomplir de bonnes œuvres qui sentent bon l’Évangile, pour le bien et les nécessités des frères » assure encore le Pape François.

Après la prière de l’angélus, le Saint-Père a fait applaudir par les fidèles le bienheureux Paul VI, « grand pape de la modernité », qui sera canonisé le 14 octobre prochain, lors du synode sur les jeunes. « Il y a quarante ans, le bienheureux pape Paul VI vivait ses dernières heures sur cette terre ». « Que du ciel, il intercède pour l’Église qu’il a tant aimée et pour la paix dans le monde ».

(Avec V. N.)

Dimanche 29 juillet 2018

Lors de l’Angélus de ce dimanche, devant les quelques milliers de personnes rassemblées Place Saint-Pierre malgré une chaleur écrasante, le Pape François s’est appuyé sur le récit de la multiplication des pains pour inviter à la solidarité.

En revenant sur l’Évangile du jour, qui évoque le récit de la distribution des cinq pains et des deux poissons à la foule qui entouraient Jésus au bord du lac de Tibériade, le Pape a expliqué qu’avec cette page évangélique, la liturgie nous invite à prendre compassion de cette « grande foule » qui a faim, et face à laquelle le jeune homme qui avait cinq pains et deux poissons à disposition n’est pas resté indifférent. « La compassion l’a mené à offrir ce qu’il avait », a remarqué le Pape, saluant le courage de ce jeune homme.

Le Pape François a donc montré que nous sommes appelés, aujourd’hui aussi, à des gestes de solidarité concrets, pour être crédibles en tant que chrétiens. Jésus « a offert sa Parole, sa consolation, son salut, et finalement sa vie », mais il était aussi attentif aux besoins physiques des gens, en leur donnant de la nourriture. Et donc, « nous ses disciples, nous ne pouvons pas faire semblant de rien. C’est seulement en écoutant les demandes les plus simples de gens et nous plaçant auprès des leurs situations existentielles concrètes que nous pourrons être écoutés quand nous parlons de valeurs supérieures. »

« L’amour de Dieu pour l’humanité affamée de pain, de liberté, de justice, de paix, et surtout de sa grâce divine, ne diminue jamais, a expliqué François. Jésus continue aujourd’hui aussi à rassasier, à être une présence vivante et consolante, et il le fait à travers nous. » Le Pape a donc lancé une nouvelle exhortation à l’action et à la disponibilité : « Face au cri de faim, toute sorte de “faim”, de tant de frères et sœurs dans différentes parties du monde, nous ne pouvons pas rester des spectateurs détachés et tranquilles. L’annonce du Christ, pain de vie éternelle, requiert un engagement généreux de solidarité pour les pauvres, les faibles, les derniers, les sans défense.

Cette action de proximité et de charité est la meilleure preuve de la qualité de notre foi, tant au niveau personnel qu’au niveau communautaire. » François a conclu en lançant un appel insistant à ne pas gâcher la nourriture et à ne pas jeter les restes, en expliquant que notre attitude face à la nourriture devait nous inciter à un « examen de conscience ».

Après la prière de l’Angélus, le Pape a lancé un appel fort pour dénoncer la traite des êtres humains, à la veille de la Journée mondiale de sensibilisation et de mobilisation organisée par les Nations Unies. Il a une nouvelle fois dénoncé un « crime honteux » et a demandé des actions concertées à la fois au niveau des gouvernements et de la société civile. « Demain a lieu la Journée mondiale contre la traite des personnes, organisée par les Nations Unies. Cette plaie réduit en esclavage de nombreux hommes, femmes et enfants, avec l’objectif de l’exploitation professionnelle et sexuelle, du commerce d’organes, de la mendicité et de la délinquance forcée, aussi ici, à Rome », a souligné le Pape. « Les routes migratoires sont souvent utilisées par les trafiquants et les exploiteurs pour recruter de nouvelles victimes de la traite. C’est la responsabilité de tous de dénoncer les injustices et de contrer avec fermeté ce crime honteux. »

À l’occasion de cette journée mondial, la Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral a lancé sur les réseaux sociaux une campagne de sensibilisation pour tout le mois d’août. En utilisant l’hashtag #EndHumanTrafficking pourront être promues des initiatives pour combattre la traite et divulguer des informations utiles sur Twitter, Facebook et Instagram, en dénonçant toutes les formes d’esclavage.

Les statistiques montrent l’ampleur du phénomène. En 2016, près de 10 millions d’enfants et d’adolescents auraient été contraints à l’esclavage, sous une forme de travail ou de prostitution, selon un rapport publié hier par différentes ONG. Au total dans le monde, en incluant les adultes, la traite humaine impliquerait 40 millions de personnes, parmi lesquelles 3,6 millions sur le continent européen. Cette "industrie" souterraine représenterait, à l’échelle mondiale, 150 milliards de dollars. Sensibilisé à ce problème depuis son expérience pastorale en Argentine, le Pape François n’a donc cessé d’exhorter à s’attaquer à ce fléau qui semble encore peu présent dans les agendas médiatiques et politiques des sociétés occidentales.

(Avec V. N.)

Dimanche 22 Juillet 2018

Avant de réciter la prière de l’angélus devant 25 000 fidèles réunis place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur l’Évangile de ce dimanche 22 juillet, celui de Marc (Mc 6,30-34). Jésus pensait pouvoir se reposer dans un lieu désert avec ses disciples. Mais il dut, devant la foule qui les avait précédés, enseigner longuement.

Nous aussi, a rappelé le Pape, « nous sommes appelés à imiter ce que fit Jésus », c’est-à-dire à se montrer disponibles pour répondre aux besoins des autres.
Les trois verbes du Pasteur

Dans son récit, Marc utilise trois verbes, qui selon le Pape François, sont ceux qui caractérisent le Pasteur : « voir, avoir de la compassion et enseigner ». « Le regard de Jésus n’est pas un regard neutre, ou pire, froid et détaché car Jésus regarde toujours avec les yeux du cœur. Et son cœur est si tendre et plein de compassion qu’il sait cueillir les besoins même les plus cachés des personnes ».

Mais il s’agit bien plus d’une simple réaction émotive : « c’est l’attitude et la prédisposition de Dieu envers l’homme et son histoire. Jésus apparait comme la réalisation de la sollicitude et du soin de Dieu pour son peuple ».

Jésus offre à la foule affamée et égarée le premier pain, celui de la Parole. « Nous avons tous besoin de la parole de vérité qui nous guide et illumine le chemin. Sans la vérité, qui est le Christ lui-même, il n’est pas possible de trouver la juste orientation de la vie » a affirmé le Saint-Père.

« Quand on s’éloigne de Jésus et de son amour, on se perd et l’existence se transforme en désillusion et en insatisfaction. Avec Jésus à ses côtés, on peut agir avec sécurité, on peut dépasser les épreuves, on progresse dans l’amour vers Dieu et son prochain » a précisé le Pape avant de conclure : « Jésus s’est fait don pour les autres, devenant ainsi modèle d’amour et de service pour chacun d’entre nous ».

Après la prière de l’angélus, le Pape a lancé un nouvel appel en faveur des migrants. Il exhorte la communauté internationale à éviter les naufrages en Méditerranée.

Il a parlé des « nouvelles dramatiques des naufrages des embarcations chargées de migrants » qui lui sont parvenues ces dernières semaines. « J’exprime ma douleur face à de telles tragédies et j’assure les disparus et leurs familles de mon souvenir et de ma prière » a-t-il déclaré.

Le Pape s’est ensuite adressé aux États : « j’adresse un appel plein de tristesse afin que la communauté internationale agisse avec décision et promptitude, afin d’éviter que de telles tragédies se répètent, et afin de garantir la sécurité, le respect des droits et de la dignité de tous. »

Si les arrivées de migrants sont moins nombreuses, le changement de politique de la part du gouvernement italien, jusqu’alors en première ligne pour le sauvetage des migrants et de leur accueil à terre, a provoqué plusieurs incidents. Des navires d’ONG se sont vus refuser l’accès aux ports de la péninsule, les contraignant à allonger leur route pour débarquer les naufragés.

L’absence de politique commune de la part de l’ensemble des pays européens complique la situation. Aucun État n’est prêt à accueillir massivement les migrants sur son territoire, aucun ne veut installer des centres d’accueil comme les gouvernements européens l’ont pourtant décidé pour soulager l’Italie. Les pays d’Afrique du Nord ont eux aussi refusé de créer ce genre de structures. Le dossier apparait ainsi plus que jamais dans l’impasse.

Le Pape a depuis le début de son pontificat multiplié les appels en faveur de ces personnes qui tentent de fuir la guerre ou la misère. Il s’est ainsi rendu sur l’île italienne de Lampedusa, un des premiers territoires européens abordé par les migrants, ou en Grèce, sur l’île de Lesbos, en compagnie notamment du patriarche œcuménique de Constantinople. Mais la situation n’a guère évolué et le secours des migrants est même devenu plus compliqué.

(Avec V. N.)

Dimanche 15 juillet 2018

Avant la prière de l’Angélus, place Saint-Pierre, le Pape a parlé du style missionnaire : le disciple missionnaire, prêtre ou baptisé, a « un unique centre de référence qui est la personne de Jésus ». Fort de son amour et de sa Parole, sans appuis, ni faveurs, il ne doit pas se décourager d’annoncer l’Évangile, même s’il lui arrive de ne pas être entendu.

En cette 15ème semaine du temps ordinaire, le Saint-Père a commenté l’Évangile selon Saint-Marc (6, 7-13) quand Jésus appela les Douze pour les envoyer en mission, deux par deux, « une sorte de stage », affirme le Pape, « pour apprendre ce qu’ils seront appelés à faire après la résurrection, avec la puissance de l’Esprit Saint ». Jésus ne manque pas de donner des consignes au Douze alors qu’ils sont au tout début de leur activité missionnaire. Le Pape s’arrête ainsi sur « le style missionnaire » dans sa catéchèse.

Le disciple missionnaire a, avant tout, un centre de référence, qui est la personne de Jésus. Le récit l’indique en utilisant une série de verbes qui ont Jésus pour sujet. Ainsi la motivation et les actions des Douze « semblent irradier d’un centre », explique le Pape, dans leurs actions missionnaires est reproposée la présence et l’œuvre de Jésus. « Cela montre que les apôtres n’ont rien de propre à annoncer, ni des capacités propres à démontrer, mais ils parlent et agissent en tant qu’envoyés, messagers de Jésus ».

Cet épisode évangélique concerne tous les baptisés là où ils vivent, et non pas uniquement les prêtres, poursuit le Pape François. Et pour eux aussi « cette mission est authentique seulement lorsqu’elle part de son centre immuable qu’est Jésus ». François rappelle qu’il ne s’agit pas de « l’initiative de fidèles individuels, ni de groupes, ni même de grands rassemblements, mais c’est la mission de l’Église unie de manière inséparable à son Seigneur. Aucun chrétien n’annonce l’Évangile de manière propre, mais uniquement lorsqu’il y est invité par l’Église qui a en reçu le mandat du christ en personne ».

La seconde caractéristique du style missionnaire est « un ‘visage’ qui consiste en la pauvreté des moyens ». Son équipement répond à un critère de sobriété. Les Douze reçoivent l’ordre de ne rien prendre d’autre que leur bâton pour la route, pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture, souligne l’Évangile. « Le Maître les veut libres et légers, sans appuis ni faveurs, sûrs uniquement de l’amour de celui qui les envoie, forts uniquement de Sa Parole qu’ils viennent annoncer ». Le bâton et les sandales sont les attributs des pèlerins, parce qu’ainsi sont les messagers du Seigneur. « Ce ne sont pas des managers tout puissants, des fonctionnaires inamovibles, ou des divas en tournée ».

De ce visage, découle également de la façon dont le message va être reçu. Le Pape avertit les missionnaires : il peut arriver de n’être ni accueillis ni écoutés. « Cela aussi est pauvreté : l’expérience de l’échec ». L’histoire de Jésus, qui fut rejeté et crucifié, préfigure le destin de son messager, explique le Pape qui rappelle cependant que « c’est seulement si nous restons unis à Lui, mort et ressuscité, que nous réussissons à avoir le courage de l’évangélisation ».

Le Pape a enfin prié la Vierge Marie, première disciple et missionnaire de la Parole de Dieu, pour qu’elle aide l’ensemble des fidèles à répandre dans le monde le message de l’Évangile, avec « une allégresse humble et radieuse, au-delà de tout rejet, de toute incompréhension ou tourment ».
Saluts

Après la prière de l’Évangile, le Pape a salué les pèlerins de son diocèse, d’Italie et des différentes parties du monde : les familles, les groupes paroissiaux, les associations. Il a en particulier salué les sœurs du Très Précieux Sang de Monza, les novices des Filles de Marie auxiliaire, et les jeunes polonais du diocèse de Pelpin qui participent à un cours d’exercices spirituels à Assise.

(Avec V. N.)

Jeudi 12 Juillet 2018

Les funérailles du cardinal Jean-Louis Tauran se sont tenues jeudi matin 12 juillet dans la basilique Saint-Pierre. La messe d’obsèques, qui s’est déroulée à l’autel de la chaire, était présidée par le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice.

A cette messe étaient présents la sœur du cardinal français, à qui le Pape François avait envoyé un télégramme de condoléances, également de nombreux membres du corps diplomatique près le Saint-Siège, mais aussi des représentants des diverses confessions religieuses, musulmane, sikh ou bouddhiste.

La ville natale du cardinal Tauran, Bordeaux, était représentée par son archevêque, le cardinal Jean-Pierre Ricard, tout comme son maire Alain Juppé, envoyé par le président Emmanuel Macron.

Le Pape François, qui a assisté à la messe a procédé au rite du dernier envoi, encensant et aspergeant le cercueil du cardinal français. Le cardinal a ensuite été enterré dans l’Eglise Saint-Apollinaire dans le centre de Rome, dont il était titulaire.

Disparu le 5 juillet, le cardinal Tauran, qui était président du Conseil pontifical du dialogue interreligieux, s’est consacré au dialogue avec tous les hommes de bonne volonté.

(Avec V. N.)

Mercredi 11 Juillet 2018

L’Eglise célèbre le 11 juillet la solennité de Saint-Benoît, fondateur de l’ordre des Bénédictins et saint patron de l’Europe. Une figure toujours très actuelle pour le Pape qui a salué la mémoire du saint-patron de l’Europe par un tweet : "L’Europe retrouve l’espérance lorsque l’homme est au centre de ses institutions. Saint Benoît, priez pour nous !"

Né à Nursie en Ombrie vers la fin du V ème siècle, dans une famille noble, envoyé à Rome pour y faire ses études, le jeune homme, peu convaincu des enseignements qu’il reçoit et aspirant à une vie plus sainte, rejoint une communauté monastique dans les Abbruzzes. Quelques années plus tard, il passera trois années dans une grotte pensant être appelé à une vocation d’ermite.

C’est en 529 à l’abbaye du Mont Cassin, située au sud-est de Rome qu’il fonde l’ordre bénédictin, qui essaimera sur tout le Vieux Continent et façonnera le visage culturel et spirituel de l’Europe. La célèbre règle monastique, qui discipline aussi bien le travail que la prière des moines inspire encore la vie de moines et moniales du monde entier. C’est le 24 octobre 1964 que le Pape Paul VI proclamera Benoît Saint patron de l’Europe.

Nursie, la ville natale de Saint-Benoît a été fortement endommagée par les tremblements de terre des mois d’août et octobre 2016, la basilique en partie détruite et le moines ont du quitter provisoirement leur monastère.

En 2009, lors d’une catéchèse, le Pape Benoît XVI était revenu sur la figure de celui qu’il avait chois comme patron de son pontificat. « La Règle de saint Benoît est comme une lumière pour notre chemin, expliquait le pape allemand. Le grand moine demeure un véritable maître à l’école de qui nous pouvons apprendre l’art de vivre le véritable humanisme. »

Lors de la messe célébrée à l’occasion du millième anniversaire du monastère San Miniato al Monte de Florence, le cardinal Gualtiero Bassetti, président de la Conférence des évêques d’Italie est revenu sur la mémoire du saint de l’Ombrie. « Comme Saint-Pierre qui choisit le Seigneur, il dut laisser beaucoup derrière lui, mais comme l’a dit Jésus, celui lu a été rendu au centuple ». Le saint de Nusrie, en suivant le Christ a ainsi trouvé une nouvelle maison et famille, mais il est surtout devenu pour l’Italie et pour toute l’Europe, grâce à la fondation des monastères, le moteur de la culture chrétienne, a expliqué le président de la CEI.

Saint-Benoît a t-il aussi souligné, ne voyait pas dans l’hôte un ennemi, mais bien un frère. Il insistait beaucoup sur l’hospitalité et l’accueil, à une époque où il y avait tant besoin d’accueil. Des mots qui sont étonnamment contemporains.

(Avec V. N.)

Dimanche 8 juillet 2018

Avant la prière de l’Angélus ce dimanche, le Pape François est revenu sur l’incrédulité que les enseignements de Jésus provoquèrent chez ses contemporains, développant une méditation sur les manières « souvent surprenantes », par lesquelles Dieu peut se manifester.

S’appuyant sur l’Évangile du jour (Marc 6, 1-6), le Pape a rappelé comment les habitants de Nazareth passèrent de l’émerveillement à l’incrédulité à l’écoute des enseignements du Christ. Un changement d’attitude qui s’est opéré dès lors qu’ils apprirent que celui qui prêchait n’était que ce « simple charpentier, fils de Marie » qu’ils avaient vu grandir.

Pour ces Galiléens, Jésus est d’abord charpentier, « il n’a pas étudié », mais pourtant « il prêche mieux que les scribes et fait des miracles », souligne François, didactique. Hélas, poursuit le Pape, « au lieu de s’ouvrir à la réalité, les habitants de Nazareth sont scandalisés, car selon eux, Dieu est trop grand pour s’abaisser à parler par la voix d’un homme aussi simple ».

Jésus devient alors pour eux « le scandale de l’Incarnation », « l’événement choquant d’un Dieu fait chair, qui pense, travaille, agit, aime, mange et dort comme un homme »...

« Le Fils de Dieu bouscule tous les schémas humains : ce ne sont pas les disciples qui lavèrent les pieds du Seigneur, mais le Seigneur qui lavait les leurs », devenant ainsi cause de scandale et d’incrédulité, affirme le Saint-Père, « à toutes les époques, même aujourd’hui ».

Ce renversement fait par Jésus nous engage donc tous aujourd’hui « à une vérification personnelle et communautaire », car il peut arriver à tous de nourrir des préjugés qui nous empêchent de saisir la réalité. Et c’est justement le Seigneur qui invite à adopter au contraire une attitude d’écoute humble et d’attente docile, « car la grâce de Dieu se présente souvent de manière surprenante, qui ne correspond pas à nos attentes ». « Dieu ne se conforme pas aux préjugés », a insisté le Souverain pontife depuis la fenêtre du Palais apostolique.

L’importance de la foi prend ici tout son sens. Pour le Saint-Père, « beaucoup de baptisés vivent comme si le Christ n’existait pas, répétant les gestes et les signes de la foi, sans parvenir à une réelle adhésion à la personne de Jésus et de son Évangile », a-t-il déploré, souhaitant de tout son cœur que Dieu parvienne « à dissoudre en chacun la dureté de cœur et l’étroitesse des esprits ».

(Avec V. N.)

Dimanche 8 Juillet 2018

« Sur la route du Seigneur, tout le monde est admis » : le Pape François, lors de l’angélus ce dimanche 1er Juillet, a souligné que pour avoir accès au cœur de Jésus il faut sentir le besoin d’être guéri et s’en remettre à lui.

Le Pape François a commenté l’Évangile de ce dimanche 1er juillet, 13e dimanche du temps ordinaire. Il est revenu sur Jaïre et sur la femme qui avait des pertes de sang qui, tous deux, demandent, chacun à leur manière, de guérir, l’un sa fille, l’autre ses problèmes de santé.

Pour le Saint-Père, les deux récits abordés dans l’Évangile de ce dimanche, n’ont qu’un seul thème : « la foi ». Ils montrent aussi que Jésus est « source de vie », qu’il redonne la vie « à qui se fie pleinement de Lui ». Jaïre et la femme ne sont pas des disciples de Jésus, pourtant, « ils sont exaucés par leur foi ». C’est pourquoi, souligne François, « nous sommes tous admis sur la route du Seigneur ».
S’en remettre à Jésus

« Personne ne doit se sentir un intrus, un abuseur, ou quelqu’un qui n’a pas le droit », précise le Pape. « Pour avoir accès à son cœur, il n’y a qu’une exigence : ressentir le besoin de guérison et s’en remettre à Lui ». François précise bien que c’est Jésus qui va chercher la femme dans la foule, ayant senti que quelqu’un l’avait touché dans un but bien précis. « Jésus les tire de l’anonymat, les libère de la peur de vivre et d’oser ». « Il le fait par un regard et avec une parole qui les remet en chemin après tant de souffrances et d’humiliations », poursuit le Pape qui appelle les fidèles à « apprendre et à imiter ces paroles qui libèrent et ces regards qui restituent, à qui en est privé, l’envie de vivre ».

Ce récit évangélique montre l’imbrication également des thèmes de la foi et de la vie nouvelle que Jésus vient nous offrir. « Devant Lui, la mort physique est comme un sommeil : il n’y a pas de raison de désespérer ». Mais « il y a une autre mort », précise aussitôt le Pape, « qui est à craindre : celle du cœur endurci par le mal ». Malgré tout, « même le péché, pour Jésus, n’a jamais le dernier mot parce qu’Il nous a apporté la miséricorde infinie du Père. Et même si nous sommes tombés, sa voix tendre et forte nous parvient : “Je te le dis : lève toi” ».

Après la prière de l’angélus, le Pape François a évoqué plusieurs situations internationales : le Nicaragua, la ville de Deraa, en Syrie, la réconciliation entre Ethiopie et Erythrée, ou son prochain voyage à Bari.

Le Pape prie pour le peuple du Nicaragua et désire s’unir « aux efforts qui sont accomplis par les évêques du pays et par tant de personnes de bonne volonté, dans leur rôle de médiation et de témoignage dans le processus de dialogue national en cours sur la route de la démocratie ».

Le cardinal Leopolodo Brenes, l’archevêque de Managua et président de la conférence épiscopale, devait rencontrer au Vatican cette semaine le Pape pour le tenir informé de la difficile mission de médiation des évêques. Les rapports entre le gouvernement du président Daniel Ortega et l’opposition sont très tendus.

Des manifestations demandant la démission du chef de l’État ont lieu tous les jours à travers le pays et des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants sont fréquents. Depuis le début de la crise, en avril, 220 personnes ont perdu la vie, les deux dernières ont été tuées samedi soir dans la capitale Managua, lors de la dernière protestation de rue en date. Les évêques tentent de rapprocher les points de vue mais dans ce contexte, leur tâche est délicate et compliquée.

Le Proche-Orient sera au cœur de la journée de prière et de réflexion à laquelle participeront le Pape François et de nombreux chefs d’Églises et de communautés chrétiennes de cette région du monde le samedi 7 juillet prochain à Bari, ville abritant les reliques de saint Nicolas, cher aux catholiques comme aux orthodoxes, trait d’union entre ces deux grandes familles.. Le Saint-Père l’a rappelé aux fidèles réunis place Saint-Pierre à l’occasion de l’angélus.

Ils prieront donc et réfléchiront « sur la situation toujours dramatique de cette région où tant de nos frères et de nos sœurs dans la foi continuent de souffrir » a déclaré le Pape. Et de préciser : « nous implorerons d’une seule voix : “que la paix soit sur toi” ». Le Pape a ainsi invité les fidèles à accompagner par la prière ce pèlerinage de paix et d’unité.

Au coeur de ce Proche-Orient meurtri, figure la Syrie que le Pape a évoqué dans ses appels. Il a évoqué plus précisément la province de Deraa, théâtre d’une offensive des forces armées syriennes contre des forces rebelles. « Les actions militaires de ces derniers jours ont même frappé des écoles et des hôpitaux et ont créé des milliers de nouveaux réfugiés ». C’est pourquoi il a renouvelé son appel à ce qu’à « la population, déjà durement éprouvée depuis des années, soient épargnées de souffrances ultérieures ».

Le Pape François a salué une « bonne nouvelle », « historique » : celle du retour à la table des négociations des gouvernements éthiopien et érythréen après vingt ans de guerre ou de conflit larvé. « Qu’une telle rencontre puisse allumer la lumière de l’espérance pour ces deux pays de la Corne de l’Afrique et pour l’ensemble du continent africain ».

Enfin, le Saint-Père a eu une pensée pour les douze enfants et leur entraîneur de football dans une grotte en Thaïlande. Cela fait huit jours qu’ils ont été pris au piège par les fortes pluies de mousson alors qu’ils se trouvaient dans la grotte de Tham Luang, à la frontière avec la Birmanie et le Laos. Aucun contact n’a pu être établi avec eux malgré les efforts des secours dépêchés sur place.

Avec V. N.)

Vendredi 29 Juin 2018

Le Saint-Père a présidé place Saint-Pierre la messe de la fête de Saint Pierre et Saint Paul, les deux piliers de l’Eglise, ce 29 juin. Au cours de cette cérémonie, il a également béni les pallium à l’intention de trente nouveaux archevêques métropolitains, élevés à ce rang pendant l’année.

Dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul, le Pape François a développé une réflexion sur les ressorts de la foi des disciples du Christ, à l’image de celle de Pierre, « tenté » à de multiples reprises.
S’inscrire dans la tradition des apôtres

En présence d’une délégation du patriarcat oecuménique de Constantinople et d’une foule de fidèles, François a loué les vertus de « la tradition apostolique » dans la droite lignée des deux apôtres célébrés en ce jour, véritables « colonnes de l’Eglise ».

« La tradition apostolique n’est pas une transmission de choses ou de paroles, une collection de choses mortes. La tradition est le fleuve vivant qui nous relie aux origines », a-t-il appuyé, citant une catéchèse de Benoit XVI. Cette « tradition pérenne et toujours nouvelle » nous permet ainsi de « confesser avec nos lèvres et notre cœur ».
« Confesser avec ses lèvres et son cœur »

Comme Pierre, nous aussi nous pouvons « confesser avec nos lèvres et notre cœur », car « nous avons été ressuscités, soignés, renouvelés, remplis d’espérance par l’onction du Saint », a défendu l’évêque de Rome devant les trente nouveaux archevêques nommés pendant l’année, et auxquels il a offert le pallium – parmi eux, l’on comptait notamment l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, ainsi que l’archevêque de Port-au-Prince (Haiti), Mgr Max Leroy Mésidor.

Contempler cette existence de saint Pierre, et sa confession, signifie aussi pour le Pape, d’apprendre « à connaître les tentations qui accompagneront la vie du disciple ». Nous serons toujours tentés par les « murmures » du Malin, a-t-il regretté, dénonçant les séductions « en cachette » du diable, à l’aide de la formulation ignacienne : « La conduite du démon est celle d’un séducteur : il demande le secret et ne redoute rien tant que d’être découvert » (Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels n. 326).

Dans pareil contexte, participer à l’onction du Christ, « c’est participer à sa gloire, qui est sa Croix », a avancé le Souverain pontife, ajoutant que gloire et croix allaient de facto ensemble. Sans la croix, « nous nous tromperons », et nous laisserons éblouir par l’adversaire.

Cette confession de la foi avec nos lèvres et notre cœur permet dont d’identifier cette esprit malin, de le discerner. Selon François, Jésus ne souhaite là qu’une chose : délivrer son Eglise des « triomphalismes vides », « vides d’amour, vides de service, vides de compassion, vides de peuple ».

Confesser avec ses lèvres et son cœur, est un peu « notre cantus firmus », du nom de ce genre musical de la Renaissance, soit, estime le Saint-Père, « notre mélodie préexistante, que nous sommes invités à entonner tous les jours ».

(Avec V. N.)

Jeudi 28 Juin 2018

« La plus haute distinction que nous puissions obtenir, la plus grande promotion qui nous puisse être accordée » c’est de « servir le Christ dans le peuple fidèle de Dieu », déclare le pape François à l’occasion du consistoire ordinaire public de ce 28 juin 2018, pour la « création » de 14 nouveaux cardinaux.

Le collège cardinalice compte donc à ce jour, indique le Vatican, 125 électeurs (de moins de 80 ans) et 101 cardinaux de 80 ans et plus. En tout : 226 (créés par Jean-Paul II 77, par Benoît XVI 75 et par le pape François 74).

Le pape les à invités à « ne pas oublier que Jésus, avant d’incliner la tête sur la croix, n’a pas eu peur de s’incliner devant ses disciples et de leur laver les pieds ».

« C’est la plus haute distinction que nous puissions obtenir, a expliqué le pape, la plus grande promotion qui nous puisse être accordée : servir le Christ dans le peuple fidèle de Dieu, dans celui qui est affamé, dans celui qui est oublié, dans le prisonnier, dans le malade, dans le toxico-dépendant, dans la personne abandonnée, dans les personnes concrètes avec leurs histoires et leurs espérances, avec leurs attentes et leurs déceptions, avec leurs souffrances et leurs blessures. »

Voilà d’où viendra leur autorité authentique, a poursuivi le pape : « Ce n’est qu’ainsi que l’autorité du pasteur aura la saveur de l’Évangile et ne sera pas « qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante » (1 Co 13, 1). Personne parmi nous ne doit se sentir ‘‘supérieur’’ à quelqu’un. Personne parmi nous ne doit regarder les autres de haut. Nous pouvons regarder ainsi une personne uniquement quand nous l’aidons à se relever. »

Il leur a proposé comme modèle le saint pape Jean XXIII. Il a indiqué la fin missionnaire de toute réforme dans l’Eglise.

Le papeFrançois et les 14 nouveaux cardinaux, comme c’est désormais la tradition, sont allés rendre visite au pape émérite Benoît XVI au monastère Mater Ecclesiae du Vatican, à bord de deux minibus. Ils ont prié un Ave Maria ensemble dans la chapelle et chacun a salué le pape émérite. Les nouveaux cardinaux sont ensuite rencontré les fidèles pour les « visites de courtoisie » dans la Salle Paul VI du Vatican.

Les noms des 14 nouveaux cardinaux sont :

Cardinaux électeurs en cas de conclave (moins de 80 ans)

1. Louis Raphaël I Sako, patriarche de Babylone des chaldéens (Irak)
2. Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (Espagne – Vatican)
3. Angelo De Donatis, vicaire général de Rome (Italie)
4. Giovanni Angelo Becciu, substitut pour les affaires générales de la Secrétairerie d’Etat et délégué spécial auprès de l’Ordre de Malte (Italie – Vatican)
5. Konrad Krajewski – aumônier apostolique (Pologne – Vatican)
6. Joseph Coutts – archevêque de Karachi (Pakistan)
7. António dos Santos Marto – évêque de Leiria-Fátima (Portugal)
8. Pedro Barreto – archevêque de Huancayo (Pérou)
9. Desiré Tsarahazana – archevêque de Toamasina (Madagascar)
10. Giuseppe Petrocchi – archevêque de L’Aquila (Italie)
11. Thomas Aquinas Manyo – archevêque d’Osaka (Japon)

Trois cardinaux non-électeurs

12. Sergio Obeso Rivera, archevêque émérite de Xalapa (Mexique)
13. Toribio Ticona Porco, prélat émérite de Corocoro (Bolivie)
14. Aquilino Bocos Merino, ancien supérieur général des Clarétains (Espagne)

Voici la traduction officielle publiée par le Vatican en français de l’homélie prononcée par le pape François italien.

Retrouvez l’homélie du pape François :

« Les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem ; Jésus marchait devant[1] eux » (Mc 10, 32).

Le début de ce passage caractéristique de Marc nous invite à toujours voir comment le Seigneur prend soin de son peuple grâce à une pédagogie incomparable. En route vers Jérusalem, Jésus ne manque pas de précéder (primerear) les siens.

Jérusalem représente l’heure des grandes déterminations et décisions. Nous savons tous que, dans la vie, les moments importants et cruciaux font parler le cœur et révèlent les intentions ainsi que les tensions qui nous habitent. Ces carrefours de l’existence nous interpellent et font émerger des questions ainsi que des désirs pas toujours transparents du cœur humain. Voilà ce que révèle, avec une grande simplicité et réalisme, le passage de l’Évangile que nous venons d’écouter. Face à la troisième et plus dure annonce de la passion, l’Évangéliste ne craint pas de révéler certains secrets du cœur des disciples : recherche des premières places, jalousies, convoitises, intrigues, arrangements et accords ; une logique qui non seulement mine et corrode de l’intérieur les relations entre eux, mais qui en outre les enferme et les engage dans des discussions inutiles et de peu d’intérêt. Cependant Jésus ne s’arrête pas à cela, mais va de l’avant ; il les devance (primerea) et avec force il leur dit : « Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (Mc 10, 43). Par ce comportement, le Seigneur cherche à recentrer le regard et le cœur de ses disciples, en empêchant que les discussions stériles et autoréférentielles trouvent place au sein de la communauté. À quoi sert-il de gagner le monde entier si l’on est corrompu à l’intérieur ? À quoi sert de gagner le monde entier si l’on vit tous pris dans les intrigues asphyxiantes qui font dessécher et rendent stérile le cœur et la mission ? Dans cette situation – comme quelqu’un l’a fait observer – on pourrait déjà entrevoir les intrigues de palais, y compris dans les curies ecclésiastiques.

« Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi » : une réponse du Seigneur qui est, avant tout, une invitation et un effort pour récupérer ce qu’il y a de meilleur chez les disciples et ainsi pour ne pas se laisser corrompre et emprisonner par des logiques mondaines qui détournent le regard de l’essentiel. « Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi » : c’est la voix du Seigneur qui fait éviter à la communauté de se regarder trop elle-même au lieu de diriger le regard, les ressources, les attentes et le cœur vers ce qui compte : la mission.

Et ainsi Jésus nous enseigne que la conversion, la transformation du cœur et la réforme de l’Église sont et seront toujours d’un point de vue missionnaire, car cela présuppose que l’on cesse de voir et de rechercher ses propres intérêts pour regarder et rechercher les intérêts du Père. La conversion de nos péchés, de nos égoïsmes n’est pas et ne sera jamais une fin en soi, mais vise principalement à faire grandir dans la fidélité et dans la disponibilité pour embrasser la mission. Et cela de manière que, à l’heure de vérité, surtout dans les moments difficiles pour nos frères, nous soyons bien disposés et disponibles pour les accompagner et accueillir tous et chacun, et que nous ne devenions pas de très bons repoussoirs, ou par étroitesse de vue[2], ou bien, pire encore, parce que nous discutons et pensons entre nous à celui qui sera le plus important.

Quand nous oublions la mission, quand nous perdons de vue le visage concret des frères, notre vie se renferme dans la recherche de nos propres intérêts et de nos propres sécurités. Et ainsi, commencent à grandir le ressentiment, la tristesse et le dégoût. Peu à peu, disparaît l’espace pour les autres, pour la communauté ecclésiale, pour les pauvres, pour écouter la voix du Seigneur. De cette manière, on perd la joie et le cœur finit par se dessécher (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 2).

« Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi, nous dit le Seigneur, […] celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous » (Mc 10, 43.44). C’est la béatitude et le magnificat que nous sommes appelés chaque jour à entonner. C’est l’invitation que le Seigneur nous adresse pour que nous n’oublions pas que l’autorité dans l’Église grandit avec cette capacité de promouvoir la dignité de l’autre, d’oindre l’autre, pour guérir ses blessures et son espérance tant de fois offensée. C’est nous souvenir que nous sommes ici parce que nous sommes invités à « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18-19).

Chers frères Cardinaux et nouveaux Cardinaux, tandis que nous sommes en route vers Jérusalem, le Seigneur marche devant nous pour nous rappeler encore une fois que l’unique autorité crédible est celle qui naît du fait de se mettre aux pieds des autres pour servir le Christ. C’est celle qui vient du fait de ne pas oublier que Jésus, avant d’incliner la tête sur la croix, n’a pas eu peur de s’incliner devant ses disciples et de leur laver les pieds. C’est la plus haute distinction que nous puissions obtenir, la plus grande promotion qui nous puisse être accordée : servir le Christ dans le peuple fidèle de Dieu, dans celui qui est affamé, dans celui qui est oublié, dans le prisonnier, dans le malade, dans le toxico-dépendant, dans la personne abandonnée, dans les personnes concrètes avec leurs histoires et leurs espérances, avec leurs attentes et leurs déceptions, avec leurs souffrances et leurs blessures. Ce n’est qu’ainsi que l’autorité du pasteur aura la saveur de l’Évangile et ne sera pas « qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante » (1 Co 13, 1). Personne parmi nous ne doit se sentir ‘‘supérieur’’ à quelqu’un. Personne parmi nous ne doit regarder les autres de haut. Nous pouvons regarder ainsi une personne uniquement quand nous l’aidons à se relever.

Avec vous, je voudrais rappeler une partie du testament spirituel de saint Jean XXIII, qui en avançant sur le chemin a pu dire : « Né pauvre, mais de gens humbles et honorables, je suis particulièrement heureux de mourir pauvre, en ayant distribué, selon les diverses exigences et circonstances de ma vie simple et modeste, au service des pauvres et de la Sainte Église qui m’a nourri, ce que j’ai eu entre les mains – par ailleurs, dans une mesure assez limitée – durant les années de mon sacerdoce et de mon épiscopat. Des apparences de bien-être ont souvent caché des épines d’une pauvreté affligeante et qui m’ont empêché de donner toujours avec la largesse que j’aurai souhaitée. Je remercie Dieu de cette grâce de la pauvreté dont j’ai fait vœu dans ma jeunesse, pauvreté d’esprit, comme prêtre du Sacré Cœur, et pauvreté réelle, et qui m’a aidé à ne jamais rien demander : ni des postes, ni de l’argent, ni des faveurs, jamais, ni pour moi, ni pour mes parents ou des amis » (29 juin 1954).

NOTES
[1] Le verbe proago est le même avec lequel Jésus ressuscité fait annoncer à ses disciples qu’il les ‘‘précèdera’’ en Galilée (cf. Mc 16, 7).

[2] Cf. Jorge Mario Bergoglio, Ejercicios Espirituales a los Obispos espagnoles, 2006.

(Avec V. N.)

Mercredi 27 Juin 2018

Sous un soleil resplendissant, le Pape a tenu l’audience générale hebdomadaire, Place St Pierre, poursuivant sa catéchèse sur les commandements de Dieu. La vie chrétienne n’est pas l’obéissance contrainte à une série d’obligations, mais elle est une réponse reconnaissante à la générosité du Père, a affirmé en substance le Saint-Père.

« Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ait fait sortir du pays d’Egypte, de la maison d’esclavage » (Ex 20, 2) : avec cette phrase qui inaugure le Décalogue, Dieu rappelle ce qu’Il est, et ce qu’Il a accompli par amour pour son peuple. « Il n’est pas quelqu’un d’étranger : il est ton Dieu », a assuré le Pape.

Cette affirmation « éclaire le Décalogue et révèle le secret de vie chrétienne » qui est avant tout la réponse reconnaissante à la bonté du Père. La vie chrétienne en effet, n’est pas basée sur la force de sa propre volonté ; ni davantage sur le sens du devoir. « Comment un jeune peut-il désirer être chrétien si nous partons d’obligations ? », s’interroge le Pape, pour qui la formation chrétienne s’assimile plutôt à « un chemin de libération », grâce aux commandements. Il s’agit d’entrer en relation avec le Seigneur, de se laisser aimer et sauver par Lui : « d’abord la Mer Rouge, puis le Mont Sinaï ».

Aussi, la gratitude est-elle un « trait caractéristique du cœur visité par l’Esprit-Saint », car « pour obéir à Dieu il faut avant tout se rappeler de ses bienfaits ». Un croyant mû uniquement par le sens du devoir, qui n’a pas encore fait l’expérience de la libération, a une spiritualité d’esclave, pas de fils.

A nous donc, de lancer ce cri vers Dieu, « de lui demander d’être libérés de l’égoïsme, du péché ». Car l’action salvifique de Dieu est une réponse à ce cri. Il l’attend, car Il veut précisément briser nos chaines. « Dieu nous a appelés non pour être oppressés, mais pour être libres, vivre dans la gratitude, obéissant avec joie à Celui qui nous a tant donné ».

Juste avant l’audience, le Pape est allé saluer les personnes malades, réunies en salle Paul VI, d’où elles ont pu ensuite suivre l’audience, à l’abri du soleil. Parmi elles, des membres de la délégation de l’organisation « Special Olympics », une compétition sportive pour des personnes atteintes d’un handicap mental, et qui fête ses 50 ans d’existence.

(Avec V. N.)

Mardi 26 Juin 2018

Le Pape François a reçu en audience Emmanuel Macron, le Président de la République française dans la bibliothèque du palais apostolique. Ce qui fut plus surprenant, c’est la durée très longue de leur entretien : près d’une heure en tête à tête en compagnie d’un interprète.

Le Président Français, accompagné de son épouse Brigitte Macron et d’une petite délégation, est arrivé peu après 10h30 au Vatican, sous un soleil resplendissant. Après avoir traversé plusieurs salons, joyaux des palais pontificaux, Emmanuel Macron a été accueilli par le Pape François sur le seuil de la bibliothèque vaticane. « Bonjour, soyez le bienvenu » : ont été les premiers mots du Saint-Père, souriant avant d’échanger une poignée de mains avec son hôte. Le président Français et le Pape ont ensuite discuté en privé, durant 57 minutes.

Selon un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège, les deux hommes ont parlé de la protection de l’environnement, des migrations, de la question du désarmement, de la prévention et de la résolution des conflits, en particulier ceux en cours au Moyen-Orient et en Afrique. Le projet européen a également été évoqué.

Au terme de cet entretien, le Pape François et le président Emmanuel Macron ont procédé au traditionnel échange de cadeaux. Le Saint-Père a offert une médaille de Saint Martin, évêque de Tours et apôtre de la Gaule à Emmanuel Macron, ainsi que plusieurs de ses textes, dont l’encyclique Laudato si’, mais aussi l’exhortation apostolique Gaudete et Exultate sur l’appel à la sainteté. « C’est la classe moyenne de la Sainteté », a soufflé le Souverain Pontife au président français en lui remettant le document. Autre présent : le message pour la paix de cette année.

Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte, a pour sa part offert au Pape François une rare édition en italien du Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos, un auteur très apprécié du Pape. Un moment particulièrement chaleureux, voire affectueux, et c’est très souriants que le Pape et le président français se sont quittés.

Emmanuel Macron s’est ensuite entretenu avec le cardinal Pietro Parolin, secretaire d’Etat du Saint-Siège et Mgr Paul Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États, avant de rejoindre l’ambassade de France près le Saint-Siège, la Villa Bonaparte, pour un déjeuner. Le président est accompagné de sa délégation, composée de 12 personnalités, dont les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur mais aussi la présidente du Secours catholique, le fondateur du Samu social, ainsi que des intellectuels Rémi Brague ou Dominique Wolton et des personnalités des médias.

(AvecV. N.)

Dimanche 24 Juin 2018

Lors de l’audience de l’Angélus, le Pape a proposé place Saint Pierre une réflexion sur le mystère de la naissance, s’appuyant sur celle de Saint Jean-Baptiste dans les Écritures.

Dans l’Évangile selon saint Luc cité par le Pape François depuis la fenêtre du palais apostolique, l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste laisse Zacharie incrédule « parce que les lois naturelles ne le permettaient pas ». Ainsi apparait que « Dieu ne dépend pas de notre logique et de nos capacités humaines limitées », a souligné le Pape François ce dimanche 24 juin.

Tout l’événement de la naissance de Jean-Baptiste est donc entouré d’un joyeux sentiment « d’étonnement, de surprise et de gratitude » que le Pape assimile « au mystère de la naissance ».

Martelant l’importance de ces sentiments de joie, d’étonnement, de surprise et de gratitude, véritables « âmes de la foi », le Souverain pontife a loué toutes les variables de l’existence humaine « qui ne peuvent être ni prévues ni contrôlées ». Et ce, malgré une époque qui a tendance à tout planifier, a-t-il relevé.

« Plus on en sait et plus l’on reste étonné et fasciné ! », s’est donc réjoui le Saint-Père, car « la vie d’une personne dépasse toujours nos modèles et nos propres attentes » : elle est « don de Dieu ».

Enfin, le Pape a surtout appelé chacun à demeurer toujours plus conscients « que dans la génération d’un enfant, les parents agissent comme des collaborateurs de Dieu ». Chaque parent est ainsi porteur d’une « mission sublime qui fait de chaque famille un sanctuaire de la vie ».

Ces paroles du Pape François sur l’importance de la vie, de la conception à la naissance, résonnent tout particulièrement en ce 24 juin, veille de deux jours de congrès sur la bioéthique mondiale à l’Académie pontificale pour la vie. Ces travaux présidés par Mgr Vincenzo Paglia, président de cette académie pontificale, pencheront sur le rôle de l’éducation dans les problématiques de bioéthique, ainsi que sur « la santé maternelle et infantile ».

(Avec V. N.)

Mercredi 20 Juin 2018

le Pape François a poursuivi ce matin sa série d’enseignements sur les commandements de Dieu, en invitant à comprendre ce qu’ils impliquent dans la relation entre les hommes et leur Créateur.

« Dans la Bible, les commandements ne vivent pas pour eux-mêmes, mais font partie d’un rapport, d’une relation », a expliqué le Pape. La Bible ne parle pas des « Dix commandements », un terme pourtant utilisé dans la mémoire commune, mais elle évoque les « Dix paroles » de Dieu. « Le commandement est une communication qui ne demande pas le dialogue.

La parole, au contraire, est le moyen essentiel de la relation comme dialogue. Dieu le Père crée par moyen de sa parole, et son Fils est la Parole faite chair. » Il s’agit d’une démarche relationnelle de Dieu, comme dans la communication humaine : « Quand quelqu’un parle à notre cœur, notre solitude finit », a expliqué le Pape.

La Loi de Dieu n’est donc pas du tout l’œuvre d’un « despote qui interdit et contraint », mais au contraire « l’attention d’un papa qui est en train de prendre soin de ses petits et les protège de l’autodestruction ». Dieu est « un Père », un Père qui nous aime tous, a insisté le Pape.

L’Esprit Saint ne doit pas mener à « une vie fait de devoirs et d’obligations, ou bien à une réaction violente de refus ». Il faut donc accueillir la Parole de Dieu comme un cadeau, car « Jésus est venu nous sauver avec sa Parole, et non pas nous condamner ».

« Les gens se rendent compte si un chrétien raisonne comme un fils ou comme un esclave », a remarqué François. « Les commandements sont le chemin vers la liberté, parce qu’ils sont la parole du Père qui nous rend libres dans ce chemin. » Le Pape a martelé que « le monde n’a pas besoin de légalisme », mais de « chrétiens avec un cœur d’enfants » de Dieu.

Avant l’audience, le Pape François a salué en Salle Paul VI un groupe de pèlerins atteints de la maladie de Charcot, à l’occasion de la Journée mondiale consacrée à cette maladie. Dans son adresse aux pèlerins de langue allemande, le Pape a aussi invité à prier pour son voyage œcuménique à Genève.

(Avec V. N.)

Dimanche17 Juin 2018

En ce onzième dimanche du temps ordinaire, le Pape François a commenté l’Evangile du jour (Mc, 4, 26 à 34) : « C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle grandit, elle dépasse toutes les plantes potagères ».

Le Saint-Père a commenté les paraboles utilisées par Jésus pour parler aux foules du Règne de Dieu et des dynamismes de sa croissance.

Dans la première parabole, le Règne de Dieu est comparé « à la croissance mystérieuse de la semence, qu’on jette sur le terrain, qui bourgeonne et croît » pour produire finalement une récolte, indépendamment des soins donnés par l’homme. Une image pour montrer que, comme la semence, le Règne de Dieu « fait irruption dans le champ du monde » et « se développe seul, grâce à sa propre force et selon des critères qui ne sont pas humainement déchiffrables ».

« Parfois l’histoire, avec ses vicissitudes et ses protagonistes, semblent aller dans le sens inverses des desseins du Père céleste qui veut pour tous ses fils la justice, la fraternité et la paix ». Cependant, poursuit le Saint-Père, ces périodes doivent être vécues comme des « saisons », en demeurant certains que le Règne de Dieu croît « de manière mystérieuse et surprenante, révélant la puissance cachée de la petite semence, et sa vitalité victorieuse ».

Parfois, nos histoires personnelles ou sociales « semblent marquer le naufrage de l’espérance », mais le Pape invite à « rester confiant en l’action discrète mais puissante de Dieu ». Ainsi, il ne faut pas se laisser abattre dans les moments sombres et difficiles, mais rester « ancrés en Dieu, à sa présence toujours salvatrice ».
Une croissance imprévisible et surprenante

Dans une seconde parabole, Jésus compare le Règne de Dieu à une graine de moutarde. « C’est une graine toute petite, et pourtant elle se développe de telle manière qu’elle devient la plus grande de toutes les plantes du potager : une croissance imprévisible et surprenante » précise le Saint-Père. Il appelle chacun à s’ouvrir avec plus de générosité aux plans de Dieu, individuellement ou en communauté. « Il faut faire attention aux petites et grandes occasions de faire le bien que le Seigneur nous offre, en nous laissant nous impliquer dans ses dynamiques d’amour, d’accueil et de miséricorde envers chacun. »

Pour conclure, le Pape François rappelle que c’est la prise du conscience du fait d’être des « instruments petits et faibles dans les mains de Dieu », qui permet d’accomplir de grandes choses.

Après la prière de l’Angélus, le Pape a évoqué la béatification samedi 16 juin dans la capitale du Venezuela de Mère Carmen Rendíles Martínez, fondatrice de la congrégation des Siervas de Jesus de Venezuela : « une fidèle disciple du Seigneur » qui, au siècle dernier, « a servi avec amour dans les paroisses, les écoles et auprès des plus démunis ». Il a demandé aux fidèles de confier leurs prières pour le peuple vénézuélien à l’intercession à la nouvelle bienheureuse.

Manifestant sa préoccupation pour la situation dramatique des populations du Yémen, le Pape a également appelé à la communauté internationale pour qu’elle parvienne à convaincre les parties prenantes au conflit à s’assoir à la table des négociations pour éviter que la situation n’empire. Il a récité avec la foule un Ave Marie pour le Yémen.

En perspective de la prochaine Journée mondiale des réfugiés, le Pape a dit espérer que les Etats impliqués dans les consultations onusiennes sur les migrations puissent adopter d’ici la fin de l’année, avec reponsabilité et humanité, le Pacte mondial sur les réfugiés ainsi que celui pour une migration sûre, organisée et légale. Il invite également chacun à un moment de rencontre avec les migrants, car c’est dans le « respect réciproques » que se trouve la solution à tant de problèmes.

Enfin s’adressant à un groupe de fidèles argentins, François leur a rappelé la journée nationale d’aujourd’hui consacrée aux pères, demandant à tous de prier pour leurs pères.

(Avec V. N.)

Mercredi 13 Juin 2018

Lors de l’audience générale de ce mercredi, le Pape François a commencé un nouveau parcours de catéchèses sur les « commandements de la loi de Dieu ». Le Saint-Père a expliqué que l’existence humaine doit s’appuyer sur le désir d’une vie pleine et infinie, et non pas sur des « choses éphémères » qui finissent par détruire la dignité humaine.

« Le danger le plus grand de la vie est un mauvais esprit d’ajustement qui n’est pas de la douceur ou de l’humilité, mais de la médiocrité ou de la pusillanimité », a expliqué le Pape François en rappelant les propos du Bienheureux Pier Giorgio Frassati, qui disait qu’il fallait « vivre et non pas vivoter ». Les jeunes doivent être « affamés d’une vie authentique » et non pas repus dans leur confort.

En reprenant la parabole du jeune homme riche dans l’Évangile, le Pape a montré le « processus pédagogique » vers lequel Jésus veut le conduire en lui montrant l’essence de la vie et du don de soi.

Jésus n’est pas venu « abolir la Loi ou les Prophètes » mais lui donner « un plein accomplissement ». L’invitation de Jésus au jeune homme doit lui permettre de trouver la vraie richesse : « une seule chose te manque : va, vend ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Et viens ! Suis-moi ! », afffirme Jésus, qui offre « la vie vraie, l’amour vrai, la richesse vraie ». Nous devons trouver cette richesse dans le quotidien, « scruter l’ordinaire pour nous ouvrir à l’extraordinaire », pour comprendre « ce qui manque ».

Le Pape François a donc dressé la trame et le sens de ses prochaines catéchèses du mercredi : « nous prendrons les deux tables de Moïse en tant que chrétiens, en nous tenant par la main avec Jésus, pour passer des illusions de la jeunesse au trésor qui est dans le ciel, en cheminant derrière Lui. Nous découvrirons, dans chacune de ces lois, anciennes et sages, la porte ouverte par le Père qui est dans les cieux pour que le Seigneur Jésus, qui l’a franchie, nous conduise dans la vie vraie. Sa vie. La vie des enfants de Dieu. »

(’Avec V. N.)

Dimanche 10 Juin 2018

Devant les fidèles réunis comme tous les dimanches place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur deux types d’incompréhensions auxquelles Jésus a été confronté : celle des scribes et celle de son propre entourage.

Jésus a été confronté à deux types d’incompréhension comme nous le relate l’Évangile de ce dimanche 8 juin : celles des scribes et celle de ses proches. Celle des scribes est de loin la plus pernicieuse car ces experts de la Loi et en Écritures Saintes ont été envoyés à la rencontre de Jésus pour le discréditer aux yeux de tous. Pour cela, ils l’accusent d’être possédés par le démon.

« Jésus a en effet soigné beaucoup de malades, et ils veulent faire croire que ce n’est pas avec l’Esprit Saint, mais avec celui du malin », explique le Pape François. Jésus se défend et rétorque que ces scribes blasphèment, peut-être sans le savoir, commettant ainsi « l’unique péché impardonnable, parce qu’il part d’une fermeture du cœur à la miséricorde de Dieu qui agit en Jésus ».

Nul n’est épargné par cette tentation de jalouser la bonté des autres. Cette malice nous pousse ainsi à détruire la réputation d’autrui, et cela peut aller jusqu’à semer le désordre et la confusion au sein des familles et de la société. François nous incite ainsi, si nous nous rendons compte que nous sommes victimes de cette tentation, à nous confesser.

Autre incompréhension sur laquelle est revenu le Saint-Père, celle des membres de la famille de Jésus. La vie itinérante du Christ leur apparait comme « une folie ». Jésus se montre en effet très disponible pour les autres, et principalement pour les malades et les pécheurs, à tel point qu’il en oublie de manger.

« Jésus était ainsi, explique le Saint-Père : d’abord les gens, servir les gens, aider les gens, enseigner aux gens guérir les gens. Il était pour les gens ». « Jésus a créé une nouvelle famille, non plus basée sur les liens naturels, mais sur la foi en Lui, sur son amour qui nous accueille et nous unit entre nous, dans l’Esprit Saint ».

Nulle insulte à sa famille, précise encore le Pape François. En déclarant que celui qui accomplit la volonté de Dieu est son frère ou sa mère, Jésus adresse des paroles de reconnaissance à sa mère, « la disciple parfaite qui a obéi en tout à la volonté de Dieu ».

À l’issue de la prière de l’angélus, le Pape a adressé une message au diocèse d’Agen en France, où se tient ce dimanche la béatification de mère Marie de la Conception, au siècle, Adèle de Batz de Trenquelléon, la fondatrice de la Congrégation des Filles de Marie Immaculée. « Louons le Seigneur pour cette fille qui Lui a consacré sa vie ainsi qu’à ses frères » a déclaré le Pape avant de demander à la foule d’applaudir la nouvelle bienheureuse.

Le Pape François a également évoqué le prochain sommet entre le président américain et le dirigeant nord-coréen à Singapour. Il a appelé les fidèles à prier pour le succès de cette entrevue : « Je désire de nouveau adresser au peuple coréen tant aimé une pensée particulière en toute amitié et dans la prière »

Il a ajouté : « Que les discussions qui auront lieu dans les prochains jours à Singapour puissent contribuer au développement d’un parcours positif qui assure un futur de paix pour la péninsule coréenne et pour le monde entier ».

Le 29 avril, après la prière du Regina Coeli, François avait déjà parlé de la situation dans la péninsule coréenne, saluant le « résultat positif » du sommet intercoréen du 27 avril. « Je prie le Seigneur pour que l’espérance d’un futur de paix et d’une amitié plus fraternelle ne soit pas déçue, et pour que la collaboration puisse se poursuivre en apportant des fruits de bien pour le peuple coréen bien-aimé et pour le monde entier » avait alors déclaré le Pape depuis les appartements apostoliques.

En Corée du Sud, les différentes Églises et confessions religieuses sont très impliquées en faveur de la réconciliation avec le Nord. Les leaders des sept grandes religions du pays avaient lancé avant la rencontre entre le président sud-coréen et le dirigeant nord-coréen, un appel pour la paix. « La péninsule coréenne, autrefois arène de rivalité entre les superpuissances peut être transformée en une terre de paix et de dialogue », avaient-ils alors écrit au nom de la Conférence coréenne des religions pour la paix (KCRP).

Sauf rebondissement de dernière minute, le président américain et le dirigeant nord-coréen devraient donc se retrouver pour une entrevue historique pour assurer la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Rien n’est assuré tant la défiance entre les deux interlocuteurs est grande et nourrie de plusieurs décennies d’animosité et de rivalité. La plus grande inconnue règne sur l’issue de cette entrevue tant l’imprévisibilité des deux protagonistes est grande.

(AVec V. N.)

Mercredi 6 Juin 2018

Lors de l’audience générale de ce mercredi, tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi sa série de catéchèses sur les sacrements, en s’arrêtant sur les dons que l’Esprit Saint offre à travers le sacrement de la confirmation, des dons qui ne doivent pas être conservés pour soi-même mais transmis aux autres.

« Les grâces de Dieu se reçoivent pour les donner aux autres. Ceci est la vie du chrétien », a expliqué le Pape François. Dans l’Église « nous avons tous la responsabilité de nous sanctifier les uns les autres, de prendre soin les uns des autres ».

Chacun doit faire son travail, mais l’Église n’est pas une entreprise avec d’un côté les évêques et les prêtres qui seraient des patrons, et de l’autre, les laïcs qui seraient des ouvriers. Non, l’Église est « un organisme vivant » composé de personnes avec lesquelles nous cheminons.

En recevant le sacrement des mains de l’évêque en personne, le confirmand se trouve intégré dans la communion ecclésiale avec l’évêque et avec tous les fidèles. Le rite prévoit cette parole lors du sacrement : « La paix soit avec toi. » Une paix qui n’est pas à conserver en soi-même, individuellement, mais qui est au contraire vouée à être transmise aux autres durant la messe, en signe d’harmonie et de charité, à l’inverse des bavardages médisants auxquels beaucoup de catholiques s’adonnent, malheureusement.

« La confirmation se reçoit une seule fois, mais le dynamisme spirituel suscité par la sainte onction est persévérant dans le temps, a encore expliqué le Pape François. Nous ne finirons jamais de nous acquitter du mandat de diffuser partout le bon parfum d’une vie sainte, inspiré par la simplicité fascinante de l’Évangile ».

Le Pape a donc exhorté les confirmands à « ne pas mettre l’Esprit Saint en cage, à ne pas opposer de résistance au Vent qui souffle pour les pousser à cheminer avec liberté, à ne pas étouffer le Feu ardent de la charité qui mène à consumer la vie pour Dieu et pour les frères ».

(Avec V. N.)

Dimanche 3 juin2018

Lors de l’Angélus, en la solennité du Corpus Domini, célébrée dans de nombreux pays, dont l’Italie, le Pape François est revenu sur le mystère eucharistique.

« Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, à travers ce sacrement si sobre et solennel, nous faisons l’expérience de la Nouvelle Alliance, qui réalise pleinement la communion entre Dieu et nous », a d’emblée assuré le Souverain pontife.

Par la logique de l’Eucharistie, « nous sommes assimilés au Christ, nous recevons son amour en nous, non pas pour le garder jalousement, mais pour le partager avec les autres ».

Par conséquent, la fête du Corpus Domini est « un mystère d’attraction pour le Christ ». Son sacrifice nous enseigne à devenir plus accueillants et disponibles pour ceux qui sont en quête de compréhension, d’aide, d’encouragement, et ceux qui sont marginalisés et seuls, a encore souligné le Pape François.

La présence de Jésus vivant dans l’Eucharistie devient alors, selon le Pape, « une porte ouverte entre le temple et la rue », « entre la foi et l’Histoire », « entre la cité de Dieu et la cité de l’homme ».

Enfin, le Saint-Père a rappelé combien cette solennité de la Fête-Dieu, selon son acception française, exprimait « une piété eucharistique populaire » par les nombreuses processions du Saint-Sacrement, dans de nombreux pays. Le Pape, lui-même, participera à la procession du Saint-Sacrement à Ostie, près de Rome, à partir de 18h00 ce dimanche 3 juin, « comme le fit le Bienheureux Paul VI il y a 50 ans ».

À l’issue de la prière de l’Angélus, le Saint-Père s’est exprimé sur la situation dramatique du Nicaragua. La vague de contestations qui appelle à la démission du président Ortega a déjà fait une centaine de morts depuis le 18 avril dans le pays.

C’est « uni aux évêques du Nicaragua » que le Pape a exprimé ce 3 juin sa douleur face aux graves violences perpétrées par des groupes armés nicaraguyens, réprimant les protestations sociales. « Je prie pour les victimes de ces graves violences et pour leurs proches », a déclaré François, très préoccupé de l’aggravation du conflit social dans ce pays d’Amérique latine.

« L’Église est toujours en faveur du dialogue », et appelle « à respecter la liberté, et avant tout la vie », a rappelé le Saint-Père, qui avait déjà invité à la fin des violences, le 22 avril dernier : “ J’appelle à créer les conditions pour favoriser la reprise du dialogue au plus vite ”

(Avec V. N.)

Mercredi 30 mai 2018

Après sa série de catéchèses sur le baptême, le Pape François a poursuivi son enseignement sur la confirmation, proposant une réflexion sur le sceau de l’esprit reçu lors de ce sacrement, ainsi que « son lien intime avec toute initiation chrétienne ».

Avant de recevoir l’onction spirituelle qui confirme et renforce la grâce du baptême, les confirmés sont appelés à renouveler les promesses faites le jour de leur baptême par leurs parents, leurs parrains et marraines, a d’emblée rappelé François.
Une profusion de dons

Durant ce rite de la confirmation, l’Esprit apporte ainsi avec lui une richesse de dons : intelligence, conseil, courage, science, piété et sainte crainte.

Selon le prophète Isaïe (11 : 2), ce sont les sept vertus de l’Esprit répandues sur le Messie pour l’accomplissement de sa mission, souligne le Pape François. Saint Paul décrit lui, ces fruits abondants de l’Esprit autrement, comme de l’« amour, la joie, la paix, la magnanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, l’humilité, et la maîtrise de soi ».
Auteur de la diversité, créateur de l’unité

Par ces multiples dons, l’Esprit est l’auteur de la diversité, et en même temps le Créateur de l’unité, a précisé le Souverain pontife. Ainsi l’Esprit donne toutes ces richesses différentes, « mais qui forment de la même manière une harmonie », c’est-à-dire l’unité de toutes les richesses spirituelles des chrétiens.

Ces richesses qui forment une union sont ancrées dans une liturgie rituelle avec l’imposition des mains et l’onction du chrême, cette huile parfumée et thérapeutique à fort symbolisme biblique. « Recevez le sceau du Saint-Esprit qui vous est donné comme cadeau », prononce alors l’évêque, imposant le chrême sur le front.
Le chrême, sceau visible de l’invisible

Le Saint-Esprit devient ainsi le don invisible, et le chrême son sceau visible. Le confirmé reçoit donc une marque spirituelle indélébile, sorte de "caractère", qui le configure plus parfaitement au Christ et lui donne la grâce de répandre parmi les hommes sa « bonne odeur ».

(Avec V. N.)

Dimanche 27 Mai 2018

En cette Solennité de la Sainte Trinité, célébrée par l’Église le dimanche suivant la Pentecôte, nous sommes invités à contempler le « mystère d’un Dieu qui ne cesse de nous créer, de nous racheter et de nous sanctifier » : le Pape François l’a affirmé lors de la prière de l’Angélus, qu’il a récitée depuis les fenêtres du Palais apostolique.

Les lectures proposées par la liturgie de ce jour nous font comprendre que « Dieu ne veut pas tant révéler qu’Il existe, mais plutôt qu’Il est ‘Dieu avec nous’ qu’Il nous aime, qu’Il marche avec nous, qu’Il s’intéresse à notre histoire personnelle, et qu’Il prend soin de nous », relève le Pape. « Le Seigneur est là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre » proclame le Livre du Deutéronome. Ainsi donc, « nous ne croyons pas en une entité lointaine, indifférente, mais au contraire en l’Amour qui a créé l’univers, a généré un peuple, s’est fait chair, est mort et ressuscité pour nous ».

Saint Paul à son tour nous parle du désir de Dieu d’être appelé Père, et même « Papa », « avec la confiance totale d’un enfant qui s’abandonne dans les bras de celui qui lui a donné la vie ». L’action de l’Esprit-Saint en nous, rappelle en outre l’apôtre, fait que « Jésus ne se réduit pas à un personnage du passé, mais que nous le sentons proche, (…) et nous expérimentons la joie d’être des enfants aimés de Dieu ». Et c’est justement « grâce à sa présence et à la force de son Esprit, que nous pouvons réaliser avec sérénité la mission qu’Il nous confie : annoncer et témoigner à tous de l’Evangile (…) ».

La fête de la Sainte Trinité, Dieu Un et Trine, nous fait contempler « le mystère d’un Dieu qui ne cesse de nous créer, de nous racheter, de nous sanctifier (…) et qui donne, à chaque créature qui l’accueille, de refléter un rayon de sa beauté, de sa bonté et de vérité ».

Ce Dieu-Amour a choisi de marcher avec l’humanité et de former un peuple qui soit bénédiction pour toutes les nations, et pour chaque personne. « Le chrétien n’est pas une personne isolée, il appartient à un peuple. On ne peut être chrétien sans une telle appartenance et communion. Nous sommes un peuple ; le peuple de Dieu », a répété le Pape avant d’invoquer l’aide maternelle de la Vierge Marie, afin que les croyants puissent témoigner de l’Amour du Père , du Fils et de l’Esprit.

Au terme de l’Angélus, le Pape a évoqué la béatification, advenue samedi, à Piacenza (Italie) de Sœur Leonella Sgorbati, assassinée par des islamistes en Somalie le 17 septembre 2006 : « Sa vie dépensée au service de l’Evangile et des pauvres, comme son martyre, représentent un gage d’espoir pour l’Afrique et le monde entier ». « Prions ensemble pour l’Afrique, pour qu’il y ait la paix », a ensuite conclu le Saint-Père, en demandant à la foule rassemblée de réciter un « Ave Maria » pour le continent, avant d’invoquer la Vierge Marie sous le vocable de « Notre-Dame de l’Afrique ».

(Avec V. N.)

Mercredi 23 Mai 2018

Le Pape François est revenu lors de l’audience générale sur le don de l’Esprit Saint reçu lors du sacrement de la confirmation. Il a ainsi proposé une réflexion sur le témoignage qu’il suscite chez les baptisés.

Dans ces jours qui suivent la Pentecôte, et après sa série de catéchèses sur le baptême, le Pape a évoqué les dons de l’Esprit du Christ lors de l’audience générale place Saint-Pierre ce mercredi. En devenant sel et lumière comme le demande Jésus à ses disciples, nous accomplissons sa mission. Mais seul lui peut nous rendre sel qui donne la saveur et préserve de la corruption, et lumière qui éclaire le monde.

La confirmation, le sacrement dont il est question, « confirme le baptême et en renforce la grâce ». Après être né à la vie divine dans le baptême, il faut se comporter en fils de Dieu, or « sans la force de l’Esprit Saint nous ne pouvons rien faire : c’est l’Esprit qui nous donne la force pour aller de l’avant », affirme le Pape.

L’Esprit étant descendu sur lui après avoir été immergé dans les eaux du Jourdain, Jésus se présente à la synagogue comme celui consacré par l’onction. Il transmet ensuite l’Esprit aux Apôtres. Et c’est le « souffle » du Christ Ressuscité qui « remplit de vie les poumons de l’Église » explique François.

La Pentecôte est ainsi « l’impulsion missionnaire qui nous pousse à consumer notre vie au service de la sanctification des hommes, pour la gloire de Dieu ». Cela se répète lors de la confirmation. « L’Esprit nous guide dans la vie parce que nous devenons juste sel et juste lumière pour les hommes », déclare ainsi le Saint-Père.
Le confirmé est témoin de l’Esprit

Dans la confirmation, poursuit-il, l’Esprit nous rend « témoins et participants du principe de vie et de mission selon le dessein du Père céleste. Le témoignage rendu par les confirmés manifeste la réception de l’Esprit Saint et la docilité à son inspiration créative ». « Le témoignage chrétien consiste, conclut-il, à faire seulement tout ce que l’Esprit Saint nous demande ».

Le Pape François a également invité les fidèles à l’issue de l’audience générale à s’unir spirituellement aux catholiques chinois à l’occasion de la fête de la Vierge de Sheshan, célébrée demain 24 mai.

C’est la Vierge la plus aimée et plus vénérée par les catholiques de Chine. À l’occasion de la fête de Notre Dame de Sheshan, « Aide des chrétiens », ce jeudi 24 mai, le Pape a invité tous les fidèles réunis place Saint-Pierre à s’unir par la prière à leurs frères chinois.

« Pour eux, prions la Sainte Vierge pour qu’ils puissent vivre la foi avec générosité et sérénité, et pour qu’ils sachent accomplir des gestes concrets de fraternité, de concorde et de réconciliation, en pleine communion avec le Successeur de Pierre », a déclaré François.

« L’Église universelle prie avec vous et pour vous afin qu’au travers même des difficultés vous puissiez continuer à vous confier à la volonté de Dieu. La Sainte Vierge vous aidera toujours et vous gardera dans son cœur de mère », a-t-il poursuivi.

C’est en 2008 que Benoît XVI, dans une lettre qu’il avait adressée aux catholiques chinois, avait exprimé sa volonté qu’une journée de prière se tienne chaque année le 24 mai pour l’Église en Chine. Il avait rédigé alors une prière à Notre Dame de Sheshan, vénérée dans la basilique du même nom, près de Shanghaï, premier lieu marial en Chine.

(Avec V. N.)

Marie Mère de l’Eglise fêtée le 21 mai, lundi de Pentecôte

Conformément à la volonté du Pape, la mémoire de Marie Mère de l’Église est désormais obligatoire pour toute l’Église de rite romain, le lundi après la Pentecôte. La Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements avait publié samedi 3 mars un décret en ce sens, signé le 11 février 2018, date du cent-soixantième anniversaire de la première apparition de la Vierge à Lourdes.

Selon la volonté du Pape, l’Église de rite romain célèbre la mémoire de « la bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Église » le lundi après la Pentecôte. Sa mémoire apparaît dans tous les calendriers et les livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures. La Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements met à disposition des textes liturgiques, en latin, nécessaires à ces célébrations. Leurs traductions, approuvées par les conférences épiscopales, seront publiées après la confirmation du dicastère.

Commentant le décret signé à l’occasion du cent-soixantième anniversaire de la première apparition de la Vierge à Lourdes, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, explique l’intention du Pape. Celui-ci a pris la décision de célébrer Marie Mère de l’Église, « en considérant l’importance du mystère de la maternité spirituelle de Marie qui, dans l’attente de l’Esprit Saint à la Pentecôte (cf. Ac 1, 14), n’a jamais cessé de prendre soin maternellement de l’Église pèlerine dans le temps ». Il estime que « la promotion de cette dévotion peur favoriser, chez les pasteurs, les religieux et les fidèles, la croissance du sens maternel de l’Église et de la vraie piété mariale », peut-on lire dans le décret.

Le vœux, explique le cardinal Sarah, est que cette célébration rappelle à tous les disciples du Christ que, si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités - la Croix, l’hostie, et la Vierge – « trois mystères que Dieu a donnés au monde pour structurer, féconder et sanctifier notre vie intérieure, et nous conduire vers Jésus », écrit le préfet.

Le Pape François n’est pas le premier a accordé de l’importance à Marie Mère de l’Église. Le décret souligne les progrès réalisés dans la vénération liturgique réservée à la Vierge Marie.

La Mère du Christ est aussi Mère de l’Église, comme l’indique les « paroles prémonitoires » de saint Augustin et de saint Léon le Grand. L’un dit que Marie est « la mère des membres du Christ », parce qu’elle a coopéré à la renaissance des fidèles dans l’Église. L’autre écrit qu’elle est mère des membres du Corps mystique du Christ, c’est-à-dire de son Église. « Ils s’appuient tout deux sur la maternité de Marie et de son union intime avec l’œuvre du Rédempteur ». En accueillant le disciple bien aimé, Marie a accueilli tous les hommes comme des enfants appelés à renaitre à la vie divine. Dans le disciple bien aimé, le Christ choisit à son tour tous les disciples comme vicaires de son amour envers la Mère, explique le décret. Et au cours des siècles, poursuit-il, la piété chrétienne a honoré Marie avec les titres de Mère des disciples, des fidèles et des croyants. Tel est le fondement sur lequel s’est appuyé le bienheureux Pape Paul VI lorsqu’il a reconnu solennellement à Marie le titre de Mère de l’Église le 21 novembre 1964 en concluant la troisième session du Concile Vatican II.

Depuis, le Saint-Siège a proposé à l’occasion de l’Année Sainte de la Réconciliation en 1975, une messe votive en l’honneur de la bienheureuse Marie Mère de l’Église, insérée par la suite dans le Missel Romain ; il a aussi accordé la faculté d’ajouter l’invocation de ce titre dans les Litanies Laurétanes en 1980 et publié d’autres formules dans le recueil des messes de la bienheureuse Vierge Marie en 1986.

Cas exceptionnels

Le Saint-Siège a également concédé, pour certaines nations, diocèses et familles religieuses qui en ont fait la demande, d’ajouter cette célébration dans leur Calendrier particulier. Parmi ces nations la Pologne ou l’Argentine. Dans ces cas particuliers, rien ne change. « Là où la célébration de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église, est déjà célébrée selon les normes du droit particulier approuvé, à un jour différent avec un degré liturgique supérieur, même dans le futur, elle peut être célébrée de la même manière », conclut le décret.

(Avec V. N.)

Dimanche 20 Mai 2018

La fête de la Pentecôte est source de sainteté grâce à l’Esprit Saint, a affirmé le Pape François lors de la prière du Regina Coeli, ce dimanche matin. Acclamé par une foule de fidèles massés sur la place Saint-Pierre, le Pape a marqué la fin du temps pascal en célébrant le Saint-Esprit. Le Pape François a également annoncé la création de 14 nouveaux cardinaux.

« Avec la Pentecôte, l’histoire de la sainteté chrétienne commence, parce que le Saint-Esprit est la source de la sainteté, ce qui n’est pas le privilège du petit nombre, mais la vocation de tous », a-t-il avancé.

Les fruits du Saint-Esprit nous apportent l’amour, la joie, la bienveillance, la bonté, la fidélité et la maîtrise de soi. « C’est pour cela que nous fêtons l’Esprit Saint aujourd’hui, lui qui nous apporte toutes ces richesses », a-t-il ajouté, insistant sur la perpétuelle jeunesse renouvelée qui en émane.

Le Saint Esprit vainc en nous « toute sécheresse, ouvre les cœurs à l’espoir, stimule et favorise la maturation intérieure dans la relation avec Dieu et avec le prochain », a expliqué le Pape.

Le Pape a annoncé la création de 14 nouveaux cardinaux au terme de la prière du Regina Coeli : « Leur provenance exprime l’universalité de l’Église qui continue à annoncer l’amour miséricordieux de Dieu à tous les hommes de la terre. L’insertion des nouveaux cardinaux dans le diocèse de Rome, en outre, manifeste le lien indissoluble entre le Siège de Pierre et les Églises particulières diffusées dans le monde », a expliqué le Pape, comme il l’avait fait lors d’annonces similaires les années précédentes.

Les 14 nouveaux cardinaux sont :

1. Sa Béatitude Louis Raphaël Sako (Irak), Patriarche de Babylone des Chaldéens

2. Mgr Luis Ladaria Ferrer (Espagne), Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

3. Mgr Angelo de Donatis (Italie), Vicaire général de Rome

4. Mgr Giovanni Angelo Becciu (Italie), Substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État

5. Mgr Konrad Krajewski (Pologne), Aumônier apostolique

6. Mgr Joseph Coutts (Pakistan), Archevêque de Karachi

7. Mgr Antonio dos Santos Marto (Portugal), évêque de Leiria-Fatima

8. Mgr Pedro Barreto (Pérou), archevêque de Huancayo

9. Mgr Désiré Tsarahazana (Madagascar), archevêque de Toamasina

10. Mgr Giuseppe Petrocchi (Italie), archevêque de L’Aquila

11. Mgr Thomas Aquinas Manyo (Japon), archevêque d’Osaka

12. Mgr Sergio Obeso Rivera (Mexique), archevêque émérite de Xalapa

13. Mgr Toribio Ticona Porco (Bolivie), prélat émérite de Corocoro

14. Le Père Aquilino Bocos Merino (Espagne), clarétain

Ces trois derniers cardinaux, qui ont dépassé l’âge de 80 ans, ne seront pas électeurs. Le Pape François a voulu ainsi promouvoir « un archevêque, un évêque et un religieux qui se sont distingués pour leur service à l’Église ».

« Prions pour les nouveaux cardinaux, afin que, en confirmant leur adhésion au Christ, prêtre miséricordieux et fidèle, ils m’aident dans mon ministère d’évêque de Rome pour le bien de tout le Saint Peuple fidèle de Dieu », a conclu le Pape François au terme de cette annonce.
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(Avec V. N.)

Mercredi 16 mai 2018

Lors de l’audience générale tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François a conclu son cycle de catéchèses sur le baptême. Il s’est penché cette fois sur les effets spirituels du baptême, « invisibles aux yeux mais opérationnels dans le cœur de celui qui est devenu une nouvelle créature » grâce à ce sacrement.

« Que signifie se revêtir du Christ ? » Le Pape a répondu à cette question sur la symbolique de la tenue blanche des baptisés en évoquant les paroles de saint Paul, sans sa lettre aux Colossiens, sur « les vertus que les baptisés doivent cultiver » : « Choisis par Dieu, saints et aimés, revêtissez-vous de sentiments de tendresse, de bonté, d’humilité, de mansuétude, de magnanimité, en vous supportant et en vous pardonnant les uns les autres. Mais surtout revêtissez-vous de la charité, qui les unit d’une façon parfaite. »

Autre symbole : le cierge pascal, qui permet de recevoir la lumière de Jésus-Christ qui « a vaincu les ténèbres du mal ». Cette flamme doit être entretenue, pour les enfants notamment, à travers l’éducation chrétienne. Tout au long de la vie du baptisé, « la présence vivante du Christ, à cultiver, défendre et déployer en nous, est une lampe qui éclaire nos pas, une lumière qui oriente nos choix, une flamme qui réchauffe les cœurs dans la rencontre du Seigneur, en nous rendant capables d’aider celui qui fait la route avec nous, jusqu’à la communion inséparable avec Lui ».

Le Pape a conclu en citant son exhortation apostolique sur la sainteté : « Laisse la grâce de ton baptême fructifier dans un chemin de sainteté », qui est « le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie ».

Par ailleurs, au terme de sa catéchèse, le Pape a lancé un appel pour la fin des violences en Terre Sainte : « Je suis très préoccupé et peiné par l’escalade des tensions en Terre Sainte et au Moyen-Orient, et par la spirale de violence qui éloigne toujours plus de la voie de la paix, du dialogue et des négociations », a déclaré le Pape François, qui s’était lui-même rendu en Terre Sainte en mai 2014.

« J’exprime ma grande douleur pour les morts et les blessés, et je suis proche, avec la prière et l’affection, de tous ceux qui souffrent. Je rappelle que l’usage de la violence ne mène jamais à la paix. La guerre appelle la guerre, la violence appelle la violence. J’invite toutes les parties en cause et la communauté internationale à renouveler l’engagement pour que prévalent le dialogue, la justice et la paix », a insisté le Saint-Père, avant d’invoquer « Marie, Reine de la paix » et de réciter un Ave Maria avec les fidèles.

Le Pape François a par ailleurs adressé aux musulmans ses « vœux cordiaux pour le mois de Ramadan qui commencera demain ». « Que ce temps privilégié de prière et de jeûne aide à cheminer sur la voie de Dieu, qui est la voie de la paix », a conclu le Saint-Père.

(Avec V. N.)

Dimanche 13 mai 2018

En Italie, ce dimanche, est célébrée la fête de l’Ascension : le Pape François lors de la prière du Regina Coeli est revenu sur le sens de cette fête de l’Ascension. A la fin de l’audience, il a également prié pour les victimes des attentats perpétrés contre trois églises de la ville de Surabaya en Indonésie.

L’Ascension du Seigneur, fêtée en Italie et dans de nombreux pays comporte deux éléments, a souligné le Saint-Père. D’un côté elle oriente notre regard vers le Ciel, de l’autre elle nous rappelle le début de la mission de l’Eglise : Jésus ressuscité est monté au ciel et envoie ses disciples proclamer l’Evangile dans le monde entier.

Ainsi, l’Ascension nous exhorte à élever le regard au ciel et à le tourner aussitôt sur la terre, en réalisant les tâches que le Seigneur ressuscité nous confie.

La mission confiée par Jésus a ses disciples, a dit le Pape, est une mission « sans frontières », qui dépasse les forces humaines. Quand Jésus dit à ses disciples « allez dans le monde entier et proclamez l’Evangile à toute création », cette mission semble trop audacieuse et une charge trop lourde pour un petit groupe d’hommes simples. Et pourtant cette modeste compagnie est appelée à porter le message d’amour et de miséricorde de Jésus aux quatre coins de la terre.

Mais ce projet de Dieu ne peut se réaliser qu’avec la force que qu’il concède à ses apôtres. En ce sens, Jésus les assure que leur mission sera soutenue par l’Esprit Saint, a poursuivi le Pape François. Jésus dit : « vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous, vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (AC., 1-8).
Des yeux et un cœur pour rencontrer Jésus

C’est comme cela que la mission a pu se réaliser, et les Apôtres ont commencé cette œuvre qui a été poursuivie par leurs successeurs. La mission s’est poursuivie à travers les siècles et continue aujourd’hui : elle demande la collaboration de chacun de nous. Chacun en effet, a encore rappelé le Pape, par la force reçue du Baptême, est habilité à annoncer l’Evangile.

L’Ascension du Seigneur au ciel, alors qu’elle inaugure une nouvelle forme de présence de Jésus au milieu de nous, nous demande aussi d’avoir des yeux et un cœur pour le rencontrer, pour le servir et pour en témoigner auprès des autres.

A l’issue de la prière du Regina Coeli, le Pape François a tenu à adresser une prière pour les victimes d’attaques contre trois églises dans la ville de Surubaya, en Indonésie. Au moins dix personnes sont mortes, et une quarantaine blessées. Une attaque revendiquée par l’organisation de l’Etat Islamique.

« Je suis particulièrement proche du cher peuple indonésien, en particulier des communautés chrétiennes de la ville de Surabaya, qui ont été gravement touchées par les attaques importantes contre les lieux de culte » a déclaré solennellement l’évêque de Rome. « Ensemble,nous invoquons le Dieu de paix pour arrêter ces actions violentes, et dans le cœur de tous, ne trouvons pas des sentiments de haine et de violence, mais de réconciliation et de fraternité. Nous prions en silence. »

L’intolérance religieuse a augmenté ces dernières années en Indonésie, pays de 260 millions d’habitants dont près de 90% sont de confession musulmane, mais qui compte aussi des minorités comme les chrétiens, hindous et bouddhistes.

D’autres attaques visant des églises se sont produites ces dernières années à travers l’archipel d’Asie du Sud-Est.

(Avec V. N.)

Mercredi 9 Mai 2018

Lors de l’audience générale de ce mercredi, place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi sa réflexion sur le baptême, le premier des sacrements, et plus particulièrement sur le rite de l’immersion, et de la régénération qu’il symbolise.

« Le baptême nous ouvre à une vie de résurrection, non à une vie mondaine », a d’emblée rappelé le Pape, avant de revenir sur le sens de l’immersion même. C’est dans le baptistère que se vit la Pâque avec le Christ, ce moment où l’homme ancien, « corrompu par ses convoitises » (Eph 4, 22), est enseveli dans l’eau du baptême pour renaitre à une vie nouvelle.

Si nos parents nous ont engendrés à la vie terrestre, l’Eglise, elle, nous engendre à la vie éternelle, a ensuite affirmé François. C’est à nous, enfants de Dieu, que le Père susurre, « tu es mon fils bien-aimé, ma fille bien-aimée », depuis le moment de notre baptême, et cela, tous les jours de notre vie.

Enfants de Dieu, nous le serons toujours. Même si l’homme sombre dans le péché, va contre Dieu, le sceau indélébile que le baptême a imprimé en lui demeure, car « Dieu ne renie jamais ses enfants ».

Après l’immersion, le prêtre procède à l’onction du Saint-Chrême. Ce geste signifie que le baptême « nous configure au Christ, le premier né d’une multitude de frères, et nous incorpore à son Corps ». Le premier des sacrements nous consacre tous « prêtres, prophètes et rois », appelés à participer au sacerdoce royal et prophétique du Christ. Voilà toute l’essence de la vocation chrétienne.

A l’issue de l’audience générale, lors du salut adressé aux pèlerins de langue arabe, le Pape a réitéré son appel à prier pour la paix en Syrie : « le mois de mai est dédié à la Vierge Marie, je vous invite à cultiver la dévotion à la Mère de Dieu avec la récitation quotidienne du chapelet, en priant en particulier pour la paix en Syrie et dans le monde entier », a-t-il lancé à la foule rassemblée sur la Place St Pierre. Cette intention avait été au cœur de sa visite, le 1er mai dernier, au sanctuaire marial du Divin Amour, en périphérie de Rome.

(Avec V. N.)

Dimanche 6 Mai 2018

En ce 6ème dimanche de Pâques, le Pape a invité à accueillir avec gratitude l’amour du Père et à suivre son commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». Commentant l’Evangile du jour le Pape a exhorté les fidèles à prendre soin des personnes âgées, des malades, des enfants à naître, « En définitive, la vie est toujours à protéger et à aimer de sa conception à sa mort naturelle ».

« Demeurez dans mon amour ». Telle est la consigne de Jésus en ce 6ème dimanche de Pâques. Pour le Pape « Habiter dans le courant de l’amour de Dieu, y prendre une demeure stable, est la condition posée pour faire en sorte que notre amour n’égare pas en route son ardeur et son audace ». Le Pape invite d’abord les fidèles à accueillir avec gratitude l’amour qui vient du Père et à demeurer en cet amour, en cherchant à « ne pas s’en séparer », en raison de notre égoïsme et de nos péchés. « C’est un programme qui demande des efforts mais qui n’est pas impossible.

L’Amour du Christ n’est pas un sentiment superficiel, mais un comportement fondamental du cœur qui se manifeste dans le fait de vivre selon son souhait. Les catholiques doivent ainsi suivre les enseignements de Jésus, et en particulier celui-ci « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». Il faut également passer à l’action, les paroles ne suffisent pas et ainsi le Pape rappelle que « l’amour s’accomplit dans la vie de tous les jours, dans nos comportements, nos actions, sinon c’est seulement quelque chose d’illusoire » prévient-il.

Comment partager avec autrui cet amour qui vient de Dieu ? Là encore, il faut des faits, comme l’a indiqué Jésus plus d’une fois. Avec qui le partager ? Avec « celui que je rencontre sur ma route qui, avec son visage et son histoire, m’interpelle ; celui qui du seul fait de sa présence me pousse à abandonner mes intérêts et mon confort ; celui qui est en demande de ma disponibilité pour l’écouter et faire un morceau du chemin ensemble ». Le Pape exhorte à se montrer disponible envers chacun, « peu importe qui il est et dans quelle situation il se trouve ». Et il faut commencer par ceux qui sont proches, la famille, les collègues ou camarade de classe. « De cette façon, si je reste uni à Jésus, son amour peut atteindre l’autre et l’attirer à lui, à son amitié ».

Cet amour pour les autres ne peut être réservé à des moments exceptionnels, souligne le Pape. Il doit devenir une constance dans notre existence. « Voilà pourquoi nous sommes appelés à protéger les personnes âgées comme un trésor précieux et avec amour, même s’ils posent des problèmes économiques ou des désagréments. Voilà pourquoi aux malades, même au stade terminal, nous devons donner toute l’assistance possible. Voilà pourquoi les enfants à naître sont toujours à accueillir, voilà pourquoi en définitive, la vie est toujours à protéger, à aimer de sa conception à sa mort naturelle ».

Pour aimer son prochain comme Jésus nous aime, il faut avoir en nous un cœur comme le sien. Pour cette raison, il convient d’aller à la messe. « L’Eucharistie, à laquelle nous sommes appelés à participer chaque dimanche, a le but de former en nous le cœur du Christ, afin que toute notre vie soit guidée par ses comportements généreux ».

Après avoir récité la prière du Regina Caeli, le Pape a invité les fidèles à prier pour la population de République centrafricaine alors que des violences ont provoqué la mort de 24 personnes la semaine passée à Bangui. « Que le Seigneur par l’intercession de la Vierge aide chacun à dire non à la violence et à la vengeance pour construire ensemble la paix ».

Le Pape a également rendu grâce à Dieu pour Chiara Fey. La fondatrice de la Congrégation des Soeurs du Pauvre Enfant Jésus en Allemagne été béatifiée samedi 5 mai à Aquisgrana. Ce « témoin zélé de l’Evangile » accordait une attention toute particulière à l’éducation des enfants défavorisés.

Le Pape a également salué le travail de l’association Meter, les encourageant à poursuivre leur travail en faveur des enfants victimes de violence. Il a également salué les détenus d’un centre carcéral de Latina, dans le latium, et aux membres du Chemin néocatéchuménal, encore très nombreux ce dimanche place Saint-Pierre

(Avec V. N.)

Mercredi 2 Mai 2018

Lors de l’audience générale de ce mercredi 2 mai place Saint-Pierre, le Pape a poursuivi sa réflexion sur le baptême, et en particulier sur les rites centraux qui se déroulent près des fonts baptismaux.

Le Pape a d’abord évoqué l’eau sur laquelle est invoquée la puissance de l’Esprit Saint. L’eau est une matrice de vie et de bien-être, même si elle peut aussi être cause de mort. L’eau a en outre la capacité de laver, de nettoyer, de purifier.

A partir de ce symbole universellement reconnu, la Bible décrit les interventions et les promesses de Dieu, explique le Pape François. Il précise cependant que le pouvoir de remettre les péchés ne se trouve pas dans l’eau elle-même. C’est pourquoi l’Église invoque l’action de l’Esprit Saint sur l’eau, à travers la prière de bénédiction, afin que « ceux qui recevront en elle le Baptême soient ensevelis avec le Christ dans la mort et, avec lui, ressuscitent à la vie éternelle ».

Il faut ensuite préparer le cœur à recevoir le Baptême. C’est le but de la renonciation au mal et de la profession de foi, deux actes qui sont étroitement liés entre eux. « On dit ’non’ aux tentations du diable pour dire ’oui’ à Dieu qui m’appelle à me conformer à Lui en pensées et en actes. Dieu qui unit toujours la communauté en un seul peuple. Et on adhère au Christ sans conditions » souligne le Pape. Il faut se détourner de certaines choses pour en embrasser de nouvelles, en l’occurrence se mettre sur le nouveau chemin qui est le Christ.

La renonciation au mal et de la profession de foi sont exprimées à la première personne du singulier : « Je renonce », « Je crois ». « La base du baptême » affirme le Pape. Ces actes manifestent que l’adhésion au Christ est un choix responsable qui exige d’être traduit en gestes concrets de confiance en Dieu.

En effet, « l’acte de foi implique un engagement que le baptême aidera à tenir avec persévérance dans les différentes situations et épreuves de la vie » assure le Pape.

Enfin le Saint-Père demande aux fidèles, à chaque fois qu’ils plongent la main dans l’eau bénie et qu’ils font leur signe de croix en entrant dans une église, de se rappeler avec joie et gratitude du baptême qu’ils ont reçu et de renouveler leur « Amen », pour vivre immergés dans l’amour de la Sainte Trinité.

A l’issue de la catéchèse, le Pape a salué les pèlerins venus du monde entier et notamment de France et de divers pays francophones, en particulier les jeunes du diocèse de Rouen avec leur évêque Mgr Lebrun et les jeunes du diocèse de Saint-Brieuc avec leur évêque Mgr Moutel.

(Avec V. N.)

Mardi 1er mai

Le Pape François a ouvert, ce mardi 1er mai, le mois de Marie, en allant prier le chapelet au sanctuaire de Notre Dame du Divin Amour. La Syrie et la paix dans le monde sont les deux principales intentions que le Saint-Père veut confier à la mère de Dieu.

Le Pape s’est rendu ce mardi 1er mai à une quinzaine de kilomètres au sud de Rome. Dans le très populaire le sanctuaire marial, le Pape François a récité le chapelet. Avec les pèlerins présents, il a tout particulièrement prié pour la paix en Syrie et dans le monde, devant l’image de la Vierge du Miracle. Dimanche, le Pape avait invité les fidèles du monde entier à s’unir spirituellement à lui, et à réciter le rosaire de la paix tout au long du mois de mai.

Le 7 juillet prochain, le Pape a convoqué une Journée de prière et de réflexion sur la situation dramatique au Moyen Orient. Une rencontre de paix qui se tiendra dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Le Pape y a invité les responsables de toutes les Églises chrétiennes locales.

Avant de regagner le Vatican, le Pape a salué les 24 personnes âgées résidant dans la maison de retraite du Divin amour, ainsi que les mères et leurs enfants accueillis par la maison de famille Mater Divini Amoris, confiée à la Congrégation des filles du Divin Amour.

Situé à proximité de la voie Appienne, au sud de Rome, le sanctuaire du Divin amour, très cher aux Romains, fut fondé en 1745.

Ce sanctuaire, situé près de la fameuse voie Appienne, au sud de la Ville éternelle, est particulièrement cher au cœur des Romains. L’on raconte qu’en 1745, un homme fut attaqué par des chiens enragés, tandis qu’il passait en ces lieux. Terrifié, il se tourna alors vers l’image de la Vierge à l’Enfant figurant sur la tour qui se trouvait là, et l’invoqua. Les chiens s’enfuirent, mais la nouvelle de ce miracle se propagea comme une trainée de poudre, et les Romains commencèrent à s’y rendre nombreux en pèlerinage, et cette affluence ne se démentit jamais par la suite.

Sur le souhait de Pie XII, après les bombardements de juillet 1943, un nouveau sanctuaire a été construit. Il a été inauguré par Jean-Paul II le 4 juillet 1999. Il prend désormais la forme d’un grand centre, réunissant une maison pour les pèlerins, un séminaire, une résidence de consultation psychologique pour les personnes consacrées, un centre sportif pour les jeunes, et la maison de prière Saint-Luc. Benoît XVI s’était lui aussi rendu au sanctuaire du Divin amour, en mai 2006.

(Avec V. N.)

Dimanche 29 Avril 2018

cinquième dimanche de Pâques, lors de la prière du Regina Cœli, place Saint-pierre, le Saint-Père a présenté Jésus comme la vraie vigne, et a invité les fidèles à demeurer unis à Lui pour porter beaucoup de fruit. « La vigne est une plante qui forme un tout avec les sarments ; et les sarments sont féconds uniquement quand ils sont unis à la vigne. » C’est là, selon le Pape François le secret de la vie chrétienne.

« Il s’agit de rester avec le Seigneur pour trouver le courage de sortir de nous-même, de notre confort, de nos espaces restreints et protégés, pour aller plus loin dans la mer ouverte des besoins des autres et donner une ample respiration à notre témoignage chrétien dans le monde. » Ce courage, continue l’évêque de Rome, naît de la foi dans le Seigneur Ressuscité, et de la certitude que son Esprit accompagne notre histoire.

Le dynamisme de la charité est le fruit de la rencontre avec Jésus

Le Pape François a ensuite salué le dynamisme de la charité du croyant, qui n’est pas le fruit de stratégie, et ne naît pas de sollicitations externes, d’instances sociales ou idéologiques. Au contraire, rappelle-t-il, le dynamisme de la charité est le fruit de la rencontre avec Jésus.

« Quand on est intime avec le Seigneur, comme la vigne et les sarments sont intimes et unis entre eux, on est capable de porter des fruits de vie nouvelle, de miséricorde, de justice et de paix, dérivant de la Résurrection du Seigneur », comme le font les saints. Nous sommes par ailleurs tous appelés à être saint, a précisé François, en se basant sur l’exhortation Gaudete et exsultate. « Nous sommes tous appelés à être saints en vivant avec amour et en offrant chacun notre propre témoignage dans les occupations de chaque jour, là où l’on se trouve ».

Chaque activité, a conclu le pape François, si elle est vécue en union avec Jésus et avec une attitude d’amour et de service, est une occasion pour vivre en plénitude le baptême et la sainteté évangélique.

Depuis la fenêtre du Palais apostolique, le Pape François s’est aussi exprimé ce dimanche sur le sommet intercoréen organisé vendredi.

« J’accompagne avec la prière le résultat positif du sommet intercoréen de vendredi dernier, et l’engagement courageux assumé par les leaders des deux parties à réaliser un parcours de dialogue sincère pour une péninsule coréenne libérée des armes nucléaires. Je prie le Seigneur pour que l’espérance d’un futur de paix et d’une amitié plus fraternelle ne soit pas déçue, et pour que la collaboration puisse se poursuivre en apportant des fruits de bien pour le peuple coréen bien-aimé et pour le monde entier », a déclaré le Pape lors de la prière du Regina Coeli, sous les applaudissements de nombreux fidèles.

(Avec V. N.)

Mercredi 25 avril 2018

Lors de l’audience générale de ce matin, tenue sur la Place Saint-Pierre sous un soleil estival, le Pape François a poursuivi sa série d’enseignements sur le baptême, dont il resitué le sens « à la lumière de la Parole de Dieu », en montrant que ce sacrement donne des armes pour résister aux forces du mal et aux séductions mondaines.

« Le baptême est d’une façon toute particulière “le sacrement de la foi”, puisqu’il signe l’entrée sacramentelle dans la vie de foi », a expliqué le Pape François en citant le Catéchisme de l’Église catholique. Reprenant les termes de l’Évangile de Jean qui sont repris dans le parcours du catéchuménat, le Pape a rappelé que la foi consiste à se donner soi-même à Jésus en le reconnaissant comme « source d’eau pour la vie éternelle », « lumière du monde », « vie et résurrection ». Ce parcours ne se vit pas seul, mais accompagné par la prière de toute l’Église, comme cela est manifesté notamment lors de la litanie des saints qui précède la prière d’exorcisme, et lors de l’onction des catéchumènes avec l’huile.

« Ce sont des gestes qui, depuis l’Antiquité, assurent ceux qui s’apprêtent à renaître comme enfants de Dieu que la prière de l’Église les assiste dans la lutte contre le mal, les accompagne sur la voie du bien, les aide à se soustraire au pouvoir du péché pour passer dans le royaume de la grâce divine » a expliqué le Pape François, rappelant que pour que ce sacrement soit efficace, la prière de toute l’Église est nécessaire et chaque chrétien doit donc y prendre part, sous une forme communautaire ou personnelle.

« Le baptême n’est pas une formule magique, mais un don, un don de l’Esprit Saint qui permet à celui qui le reçoit de lutter contre l’Esprit du mal, qui est toujours présent car la vie chrétienne est toujours sujette à la tentation, surtout à la tentation de se séparer de Dieu, de sa volonté, de la communion avec lui, pour retomber dans les nœuds de la séduction humaine », a dit le Saint-père. Mais le rite de l’onction d’huile permet « aux catéchumènes de lutter contre le mal et de le vaincre », comme pour les lutteurs des compétitions sportives antiques qui s’aspergeaient d’huile pour tonifier leurs muscles et échapper plus facilement à la prise de l’adversaire.

La vie chrétienne est parfois un combat fatigant, mais « nous devons savoir que la Mère Église prie, l’Église prie, pour que ses enfants, régénérés dans le baptême, ne succombent pas aux écueils du malin, mais les vainquent pour la puissance de la Pâque du Christ ».

Le Pape François a enfin expliqué que « fortifiés par le Seigneur ressuscité, qui a défait le prince de ce monde, nous pouvons aussi répéter avec la foi de saint Paul : “Je peux tout en celui qui me donne la force” ».

(Avec V. N.)

Dimanche 22 Avril 2018

En ce quatrième dimanche de Pâques, 55ème Journée Mondiale de prière pour les vocations, Dimanche du Bon Pasteur, le Pape a présidé, en la Basilique St Pierre, la messe d’ordination de 16 nouveaux prêtres. Après la messe, lors de l’audience du Regina Coeli, le Saint-Père a rappelé que « chacun de nous peut guérir de tant d’infirmités spirituelles en acceptant de mettre sa propre existence dans les mains du Seigneur », lui qui est le Bon Pasteur qui prend soin de toutes ses brebis.

« Dans le livre des Actes des Apôtres, Pierre indique clairement que la guérison de l’infirme (…) a eu lieu au nom de Jésus », car « en dehors de lui, il n’y a pas de salut ». (4,12). « Dans cet homme guéri, observe le Saint-Père, il y a chacun de nous, il y a nos communautés ». Ainsi est-il possible de guérir de « l’ambition, de la paresse, de l’orgueil », de « nombreuses formes d’infirmité spirituelle en acceptant de remettre avec confiance sa propre existence dans les mains du Seigneur ressuscité ».

Et cette guérison s’opère car Jésus est « le bon pasteur » qui « donne sa vie pour ces brebis » (Jn 10,11) poursuit le Pape. « Jésus guérit en étant ce pasteur qui donne la vie ». C’est précisément « ce don de sa vie qui le rend bon pasteur par excellence, Celui qui nous permet de vivre une vie belle et féconde ».

Le Saint-Père propose alors une réflexion sur les conditions de la guérison qui peut rendre notre vie belle et féconde. Elle ne peut se faire qu’à travers une connaissance non pas « intellectuelle », mais à travers « une relation personnelle, de prédilection, de tendresse réciproque, reflet de la même relation intime d’amour entre Lui et le Père ». « Jésus connait ses brebis et ses brebis le connaissent » insiste le Pape.

C’est donc « l’attitude par laquelle se réalise une relation vivante et personnelle avec Jésus : se laisser connaître par Lui. Lui qui est attentif à chacun de nous, qui connaît notre cœur en profondeur, nos qualités, nos défauts, nos espérances ». Mais, affirme le Saint-Père, « Il nous accepte tels que nous sommes, avec nos pèches et nous guide avec amour ».

Le Pape François appelle donc à aller à la rencontre du Christ, à « connaitre Jésus ». Une rencontre qui suscite un « désir de le suivre en abandonnant les comportements autoréférentiels pour se mettre en chemin sur des routes nouvelles indiquées par le Christ lui-même et ouvertes sur de vastes horizons ».

Et le Saint-Père conclut en invitant à être attentif à maintenir ardent ce désir de rencontre avec Jésus au sein des communautés afin d’éviter que ne prévalent « des façons de penser et de vivre qui ne soient pas cohérentes avec l’Evangile ».

(Avec V. N.)

Mercredi 18 avril 2018

Lors de l’audience générale, tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi son enseignement sur le baptême, en rappelant que ce rite fait sortir le chrétien de l’anonymat. Que l’on soit baptisé dans sa petite enfance ou dans sa maturité, par choix personnel, il s’agit toujours d’un rite qui ouvre à une expérience personnelle de la relation avec Dieu.

« Dieu appelle chacun par son nom, en nous aimant individuellement, dans les aspects concrets de notre histoire », a rappelé le Pape François. « Le baptême allume la vocation personnelle à vivre en chrétien, qui se développera dans toute la vie. Et il implique une réponse personnelle », qui ne doit pas se faire comme un simple « copier-coller ». La vie chrétienne est faite d’appels et de réponses, et Dieu appelle chacun par son nom, qui fonde l’identité de la personne non seulement pour ses relations humaines mais aussi pour « la vie chrétienne liée à Dieu ».

« Seigneur, offre-moi le don de la foi » est une belle prière à formuler, car, par définition, le don de la foi ne peut pas s’acheter mais il peut être demandé. Reprenant les paroles du rite du baptême, le Pape a rappelé que « le baptême est le sacrement de cette foi avec laquelle les hommes, illuminés par la grâce de l’Esprit Saint, répondent à l’Évangile du Christ ». La préparation des parents, dans le cas des baptêmes d’enfants, ou la formation des catéchumènes dans les cas de baptêmes d’adolescents ou d’adultes, doit permettre de « réveiller une foi sincère en réponse à l’Évangile ».

Le signe de la croix tracé sur le front des baptisés par les parents, parrains et marraines est un signe important qui ouvre à une nouvelle façon de parler, de penser, de regarder, d’agir. Le signe de la croix est reçu par les catéchumènes adultes, selon le rituel, « sur les oreilles, pour écouter la voix du Seigneur », « sur les yeux, pour voir la splendeur du visage de Dieu », « sur la bouche, pour répondre à la parole de Dieu », « sur la poitrine, pour que le Christ habite par le moyen de la foi dans vos cœurs », « sur les épaules, pour soutenir le joug suave du Christ ».

Ces symboles doivent être vécus au quotidien : « Faire le signe de la croix quand nous réveillons, avant les plats, devant un danger, en défense contre le mal, ou le soir avant de dormir, cela signifie dire à nous-mêmes et aux autres à qui nous appartenons, qui nous voulons être », a conclu le Pape, invitant une nouvelle fois les parents à bien enseigner le signe de croix à leurs enfants.

Au terme de sa catéchèse, le Saint-Père a également lancé des appels pour une économie inclusive et pour la défense de la vie :

- en évoquant la réunion de la Banque mondiale qui aura lieu ce samedi à Washington, le Pape a déclaré encourager « les efforts qui, à travers l’inclusion financière, cherchent à promouvoir la vie des plus pauvres, en favorisant un développement intégral authentique et respectueux de la vie humaine ».

- après avoir aussi reçu plus tôt dans la matinée les parents du petit Alfie Evans, le Pape a également relancé son appel de défense de la vie, déjà exprimé dimanche dernier lors de la prière du Regina Coeli : « J’attire de nouveau l’attention sur Vincent Lambert et le petit Alfie Evans, et je voudrais rappeler et fortement confirmer que l’unique maître de la vie, du début jusqu’à la fin naturelle, est Dieu ! Et notre devoir est de tout faire pour prendre soin de la vie. Pensons en silence et prions afin que soit respectée la vie de toutes les personnes et spécialement celle de nos deux frères. Prions en silence », a demandé le Pape.

(Avec V. N.)

Dimanche 15 Avril 2018

En ce troisième dimanche de Pâques, lors de la prière du Regina Coeli sur la place Saint-Pierre à Rome, le Pape François s’est arrêté sur le sens chrétien à accorder « au corps », éclairant sa réflexion par le mystère de la Résurrection qui eut lieu « avec corps et âme » et non « comme fantôme ».

Loin d’être un obstacle ou une prison de l’âme, le corps est un merveilleux don de Dieu, destiné, en union avec l’âme, « à exprimer pleinement l’image et la ressemblance divine ». C’est ce qu’a voulu exprimé le Pape Francois en ce Regina Coeli du 15 avril.
La Résurrection est la première incarnation

En conséquence de cette union du corps et de l’âme, « nous sommes appelés à avoir un grand respect et à prendre soin de notre corps et de celui des autres », a souligné François s’appuyant sur un passage de l’évangile selon saint Luc qui insiste sur « le réalisme » de la résurrection.

La résurrection n’est une apparition de l’âme de Jésus, mais bien de sa présence réelle avec le corps ressuscité, a poursuivi le Pape, revenant ainsi sur cette illustre distinction entre l’âme et le corps maintes fois étudiée de tous côtés par des pans de l’histoire théologique et philosophique. « Nous devons avoir une idée positive de notre corps »

Le Pape confirme donc l’indispensable alliance et complétude catholique du corps et de l’âme : « Jésus ressuscité n’est pas un fantôme, c’est un homme avec corps et âme ».

L’homme n’est pas complet s’il n’est pas une union du corps et de l’âme : « nous devons avoir une idée positive de notre corps », a rappelé le Pape François, ajoutant un détail d’importance sur les rapports du péché au corps. Le péché n’est pas dans le corps mais dans la faiblesse morale

« Si le corps peut devenir une occasion ou un instrument de péché, le péché n’est pas causé par le corps, mais par notre faiblesse morale », assure-t-il. De ce fait, toute offense ou blessure ou violence envers le corps « est un outrage à Dieu, son créateur ».

Et c’est justement dans la chair des personnes maltraitées, que nous trouvons « le corps du Christ, moqué, calomnié, humilié, flagellé, et crucifié », a-t-il énuméré.

Après cette réflexion sur le corps lors du Regina Coeli, le Pape en a profité pour prier pour Vincent Lambert, ce Français de 42 ans en état végétatif après un accident de la route en 2008 dont l’arrêt des traitements a été décidé lundi 9 avril par l’hôpital de Reims où il se trouve. Le Saint-Père a également mentionné Alfie Evans, ce bébé britannique de 21 mois atteint d’une maladie neurodégénérative.

« Ce sont des situations délicates, très douloureuses et complexes. Nous prions pour que chaque patient soit toujours respecté dans sa dignité et traité de manière adaptée à son état, avec l’accord des membres de la famille, des médecins et des autres professionnels de la santé. »

Après avoir récité la prière du regina coeli, le Pape François a confié aux fidèles présents, être « profondément bouleversé par la situation mondiale actuelle ».

Il a regretté la difficulté à « se mettre d’accord pour une action commune en faveur de la paix en Syrie et dans d’autres régions du monde ». Sans revenir précisément sur les bombardements américains, britanniques et français sur des installations chimiques syriennes dans la nuit de vendredi à samedi, il a assuré prier incessamment pour la paix. Il a renouvelé son invitation à « toutes les personnes de bonne volonté à continuer à faire de même ».

Devant l’impasse dans laquelle se trouve le conflit syrien et face aux risques d’escalade dans la confrontation entre les puissances occidentales et la Russie, le Pape a de nouveau lancé un appel « à tous les responsables politiques pour que la justice et la paix prévalent ».

La semaine dernière, à l’issue de la messe célébrée à l’occasion du dimanche de la miséricorde, le Pape avait dénoncé les bombardements qui avaient fait les jours précédents plusieurs dizaines de morts dans la Ghouta orientale, en Syrie. Il avait évoqué précisément l’attaque supposée chimique lors de laquelle plusieurs dizaines de civils avaient perdu la vie. Ce sont ces attaques qui ont motivé les États-Unis, le Royaume-Uni et la France à intervenir et à lancer une centaine de missiles sur trois sites syriens liés aux activités chimiques du régime syrien.

Déjà le Pape avait affirmé qu’il « n’y a pas de bonne ou de mauvaise guerre, et rien, rien ne peut justifier l’utilisation de tels instruments d’extermination contre des populations sans défense ».

Le Pape a également évoqué l’assassinat de trois personnes enlevées en Équateur à la frontière avec la Colombie. « Je prie pour eux et pour leurs proches, et je suis proche du cher peuple équatorien, l’encourageant à aller de l’avant uni et pacifique, avec l’aide du Seigneur et de sa Très Sainte Mère. »

Le gouvernement équatorien a confirmé vendredi le décès de deux journalistes du quotidien El Comercio, enlevés fin mars et de leur chauffeur. Cette annonce faite par le président Lenin Moreno a provoqué un choc dans tout le pays. Selon les autorités, ces trois hommes auraient été kidnappés par des dissidents de l’ex-guérilla colombienne des Farc, impliqués dans le trafic de drogue. Un deuil national de quatre jours a été décrété.

(Avec V. N.)

"Gaudete et exultate", nouvelle exhortation apostolique du Pape François

« Nous ne pouvons pas envisager un idéal de sainteté qui ignore l’injustice de ce monde où certains festoient, dépensent allègrement et réduisent leur vie aux nouveautés de la consommation, alors que, dans le même temps, d’autres regardent seulement du dehors, pendant que leur vie s’écoule et finit misérablement. » Le pape François ne mâche pas ses mots, dans la nouvelle exhortation apostolique « Gaudete et exsultate » (« Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse ») qui est publiée ce 9 avril 2018.

Toute l’ « exhortation apostolique » du pape François publiée ce 9 avril 2018, sous le signe de la miséricorde (8 avril), de Marie (9 avril, Annonciation) et de Joseph (datée du 19 mars), et intitulée, sous le signe de la joie, « Gaudete et exsultate », est parcourue d’un bout à l’autre d’un vigoureux tutoiement : le lecteur ne peut échapper à son interlocuteur qui l’interpelle directement et lui dit que c’est son devoir de le faire. En somme c’est une vraie « exhortation » qui étrille le lecteur avec compassion et au nom de la force de sa mission « apostolique ».

Il ne s’agit rien moins que de « refléter Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui ». Et l’enjeu, c’est la vie, le bonheur maintenant et dans la vie à venir.

Le Seigneur t’appelle

Voici quelques exemples, le lecteur en trouvera bien d’autres qui lui parleront davantage. Le pape parle en père spirituel, à chacun : « Cette sainteté à laquelle le Seigneur t’appelle grandira par de petits gestes » (n. 16.).

« Toi aussi, tu as besoin de percevoir la totalité de ta vie comme une mission », écrit encore le pape (n. 23) qui ajoute en passant au concret : « Essaie de le faire en écoutant Dieu dans la prière et en reconnaissant les signes qu’il te donne. »

Et il insiste, en guide expérimenté, sur la façon d’y arriver : « Demande toujours à l’Esprit ce que Jésus attend de toi à chaque moment de ton existence et dans chaque choix que tu dois faire, pour discerner la place que cela occupe dans ta propre mission. Et permets-lui de forger en toi ce mystère personnel qui reflète Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui. »

Puis vient cet appel à se laisser « transformer » par le Christ, pour le monde : « Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie ! » (n. 24).

C’est l’œuvre de l’Esprit Saint : « Laisse-toi transformer, laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. »

Le « n’aie pas peur de la sainteté » que le pape dit plus loin se concrétise pour chacun en dépit des limites humaine : « Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine. »

Le pape vous appelle

Et voilà un premier passage où le pape emploie explicitement le mot « exhortation », en forme de prière de délivrance tout d’abord : « Que le Seigneur délivre l’Église des nouvelles formes de gnosticisme et de pélagianisme qui l’affublent et l’entravent sur le chemin de la sainteté ! Ces déviations s’expriment de diverses manières, selon le tempérament et des caractéristiques propres à chacun » (n. 62).

Voilà l’exhortation décapante : « C’est pourquoi j’exhorte chacun à se demander et à discerner devant Dieu de quelle manière elles peuvent être en train de se manifester dans sa vie. »

Ce discernement spirituel de la vocation spécifique de chacun, des obstacles à cette vocation à chaque instant de la vie est aussi un leitmotiv du document, qui comporte un grand dernier chapitre sur le combat spirituel.

Il est de mon devoir

Une autre exhortation solennelle arrive au n. 97, au terme de l’exposé de la grande « Charte » du chrétien formée par les Béatitudes et le jugement dernier de Matthieu 25, a recevoir « par fidélité au Maître ». Le pape est direct et solennel : « Vu le caractère formel de ces requêtes de Jésus, il est de mon devoir, en tant que son Vicaire, de supplier les chrétiens de les accepter et de les recevoir avec une ouverture d’esprit sincère, “sine glossa”, autrement dit, sans commentaire, sans élucubrations et sans des excuses qui les privent de leur force. »

Car ce qui est en jeu, c’est l’essentiel, incontournable, dont dépend le salut », les œuvres de miséricorde à accomplir, pour refléter la miséricorde reçue de Dieu : « Le Seigneur nous a précisé que la sainteté ne peut pas être comprise ni être vécue en dehors de ces exigences, parce que la miséricorde est « le cœur battant de l’Évangile. »

Je recommande …

Une autre recommandation solennelle du pape c’est la lecture de l’Ecriture sainte comme lieu de sanctification, de mémoire, et de bonheur : « Je recommande de nouveau de relire fréquemment ces grands textes bibliques, de se les rappeler, de prier en s’en servant, d’essayer de les faire chair. Ils nous feront du bien, ils nous rendront vraiment heureux » (n. 109).

Mais il a aussi une seconde « recommandation » dans cette exhortation sous le signe de la joie, c’est de dire la prière de saint Thomas More (n. 126) : « Ordinairement, la joie chrétienne est accompagnée du sens de l’humour, si remarquable, par exemple, chez saint Thomas More, chez saint Vincent de Paul ou chez saint Philippe Néri. » La note 101 recommande cette prière que le pape a avoué, il y a quelques semaines, dire tous les jours : « Je recommande de dire la prière attribuée à saint Thomas More :

« Donne-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer.

Donne-moi la santé du corps avec le sens de la garder au mieux.

Donne-moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais sache redresser la situation.

Donne-moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir.

Ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle ‘‘moi’’.

Seigneur, donne-moi l’humour pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres.

Ainsi soit-il »

Faites toujours preuve de discernement

Enfin dans le cinquième chapitre, sur le combat spirituel du baptisé, le pape François recommande le discernement, et ce discernement passe par l’examen de conscience (n. 169).

Un discernement, comme la sainteté, dans le concret du quotidien, pour « mieux suivre le Seigneur » : « Le discernement, écrit le pape, n’est pas seulement nécessaire pour les moments extraordinaires, ou quand il faut résoudre de graves problèmes, ou quand il faut prendre une décision cruciale. C’est un instrument de lutte pour mieux suivre le Seigneur. »

Je demande à tous les chrétiens

Le pape vise à l’efficacité, à aider le chrétien à ne pas perdre les occasions, quotidiennes, d’accueillir les dons de Dieu : « Nous en avons toujours besoin pour être disposés à reconnaître les temps de Dieu et de sa grâce, pour ne pas gaspiller les inspirations du Seigneur, pour ne pas laisser passer son invitation à grandir. Souvent cela se joue dans les petites choses, dans ce qui paraît négligeable, parce que la grandeur se montre dans ce qui est simple et quotidien. »

Ici, dans la note 124, le pape cite l’épitaphe de son fondateur, saint Ignace de Loyola : « On trouve sur la tombe de saint Ignace de Loyola ce sage épitaphe : “Non coerceri a maximo, contineri tamen a minimo divinum est” (Il est divin de ne pas avoir peur des grandes choses et en même temps d’être attentif aux plus petites). »

Et le pape commente dans son texte : « Il s’agit de ne pas avoir de limites pour ce qui est grand, pour ce qu’il y a de mieux et de plus beau, mais en même temps d’être attentif à ce qui est petit, au don de soi d’aujourd’hui. »

Voilà l’exhortation solennelle à s’examiner, non pas en dialogue avec soi-même, ni pour se critiquer soi-même, mais en « dialogue » avec le Christ « qui nous aime » et à examiner les dons de Dieu : « Je demande donc à tous les chrétiens de faire chaque jour, en dialogue avec le Seigneur qui nous aime, un sincère “examen de conscience”. En même temps, le discernement nous conduit à reconnaître les moyens concrets que le Seigneur prédispose dans son mystérieux plan d’amour, pour que nous n’en restions pas seulement à de bonnes intentions. »

Voilà donc, après les encycliques Lumen fidei et Laudato si’, la troisième “exhortation apostolique” du pape François (après Evangelii gaudium, et Amoris laetitia), et une exhortation sur des points bien concrets de la vie chrétienne, issue de son autorité apostolique bien affirmée.

A découvrir sur le site du Vatican : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2018/4/9/gaudete-et-exsultate.html

(Avec V. N.)

Dimanche 8 Avril 2018

En la fête de la Divine Miséricorde, devant des milliers de fidèles réunis sur la place Saint-Pierre ensoleillée, le Pape a présidé la cérémonie, accompagné des 550 missionnaires de la miséricorde, venus du monde entier, présents à Rome à cette occasion. Dans son homélie, le Saint-Père est revenu sur l’Evangile de Saint Jean qui relate l’incrédulité de Thomas.

Découvrez en intégralité l’homélie du Saint-Père :

« Dans l’Evangile de ce jour, le verbe voir revient plusieurs fois : « Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur » (Jn 20, 20). Ils dirent ensuite à Thomas : « Nous avons vu le Seigneur » (v.25). Mais l’Evangile ne décrit pas comment ils l’ont vu, il ne décrit pas le Ressuscité, il met seulement en évidence un détail : « Il leur montra ses mains et son côté » (v. 20). L’Evangile semble vouloir nous dire que les disciples ont reconnu Jésus ainsi : par ses plaies. La même chose est arrivée à Thomas : lui aussi voulait voir « dans ses mains la marque des clous » (v. 25) et croire après avoir vu (v. 27).

Malgré son incrédulité, nous devons remercier Thomas car il ne s’est pas contenté d’entendre dire par les autres que Jésus était vivant, ni même de le voir en chair et en os ; mais il a voulu voir dedans, toucher de la main ses plaies, les signes de son amour. L’Evangile appelle Thomas « Didyme » (v. 24), ce qui veut dire jumeau, et, en cela, il est vraiment notre frère jumeau. Car il ne nous suffit pas non plus de savoir que Dieu existe : un Dieu ressuscité mais lointain ne remplit pas notre vie ; un Dieu distant ne nous attire pas, même s’il est juste et saint. Non, nous avons besoin, nous aussi, de “voir Dieu”, de toucher de la main qu’il est ressuscité, et ressuscité pour nous.

Comment pouvons-nous le voir ? Comme les disciples : à travers ses plaies. En regardant ces plaies, ils ont compris qu’il ne les aimait pas pour plaisanter et qu’il les pardonnait même s’il y en avait un parmi eux qui l’avait renié et qui l’avait abandonné. Entrer dans ses plaies, c’est contempler l’amour démesuré qui déborde de son cœur. Voilà le chemin ! C’est comprendre que son cœur bat pour moi, pour toi, pour chacun de nous. Chers frères et sœurs, nous pouvons nous estimer et nous dire chrétiens, et parler de nombreuses belles valeurs de la foi, mais, comme les disciples, nous avons besoin de voir Jésus en touchant son amour. C’est seulement ainsi que nous allons au cœur de la foi et, comme les disciples, nous trouvons une paix et une joie (cf. vv. 19-20) plus fortes que tout doute.

Thomas s’est exclamé après avoir vu les plaies du Seigneur : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (v. 28). Je voudrais attirer l’attention sur cet adjectif que Thomas répète : mon. C’est un adjectif possessif et, si nous y réfléchissons bien, il pourrait sembler déplacé de le référer à Dieu : Comment Dieu peut-il être à moi ? Comment puis-je faire mien le Tout Puissant ? En réalité, en disant mon nous ne profanons pas Dieu, mais nous honorons sa miséricorde, parce que c’est lui qui a voulu se “faire nôtre”. Et nous lui disons, comme dans une histoire d’amour : “Tu t’es fait homme pour moi, tu es mort et ressuscité pour moi, et donc tu n’es pas seulement Dieu, tu es mon Dieu, tu es ma vie. En toi j’ai trouvé l’amour que je cherchais, et beaucoup plus, comme jamais je ne l’aurais imaginé”.

Dieu ne s’offense pas d’être “nôtre”, car l’amour demande de la familiarité, la miséricorde demande de la confiance. Déjà, au début des dix commandements, Dieu disait : « Je suis le Seigneur ton Dieu » (Ex 20, 2) et il confirmait : « Moi le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux » (v. 5). Voilà la proposition de Dieu, amoureux jaloux qui se présente comme ton Dieu. Et du cœur ému de Thomas jaillit la réponse : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». En entrant aujourd’hui, à travers les plaies, dans le mystère de Dieu, nous comprenons que la miséricorde n’est pas une de ses qualités parmi les autres, mais le battement de son cœur même. Et alors, comme Thomas, nous ne vivons plus comme des disciples hésitants, dévots mais titubants ; nous devenons, nous aussi, de vrais amoureux du Seigneur ! Nous ne devons pas avoir peur de ce mot : amoureux du Seigneur.

Comment savourer cet amour, comment toucher aujourd’hui de la main la miséricorde de Jésus ? C’est encore l’Evangile qui nous le suggère lorsqu’il souligne que, le soir même de Pâques (cf. v. 19), c’est-à-dire à peine ressuscité, Jésus, avant toute chose, donne l’Esprit pour pardonner les péchés. Pour faire l’expérience de l’amour, il faut passer par là : se laisser pardonner. Se laisser pardonner. Je me demande, ainsi qu’à chacun d’entre vous : est-ce que moi, je me laisse pardonner ? Pour faire l’expérience de cet amour, il faut passer par là. Est-ce que je me laisser pardonner, moi ? ‘‘Mais, mon Père, aller se confesser semble difficile...’’. Face à Dieu, nous sommes tentés de faire comme les disciples dans l’Evangile : nous barricader, les portes fermées. Ils le faisaient par crainte, et, nous aussi, nous avons peur, honte de nous ouvrir et de dire nos péchés. Que le Seigneur nous donne la grâce de comprendre la honte, de la voir non pas comme une porte fermée, mais comme le premier pas de la rencontre. Quand nous éprouvons de la honte, nous devons être reconnaissants : cela veut dire que nous n’acceptons pas le mal, et cela est bon. La honte est une invitation secrète de l’âme qui a besoin du Seigneur pour vaincre le mal. Le drame c’est quand on n’a plus honte de rien. N’ayons pas peur d’éprouver de la honte ! Et passons de la honte au pardon ! N’ayez pas peur d’éprouver de la honte ! N’ayez pas peur !

Il y a, en revanche, une porte fermée face au pardon du Seigneur, celle de la résignation. La résignation est toujours une porte fermée. Les disciples en ont fait l’expérience qui, à Pâques, constataient amèrement que tout était redevenu comme avant : ils étaient encore là, à Jérusalem, découragés ; le “chapitre Jésus” semblait clos, et après tant de temps passé avec lui, rien n’avait changé ; résignons-nous ! Nous aussi nous pouvons penser : “Je suis chrétien depuis si longtemps, et pourtant rien ne change en moi, je commets toujours les mêmes péchés”. Alors, découragés, nous renonçons à la miséricorde. Mais le Seigneur nous interpelle : “Ne crois-tu pas que ma miséricorde est plus grande que ta misère ? Tu récidives en péchant ? Récidive en demandant la miséricorde, et nous verrons qui l’emportera ! ” Et puis – celui qui connaît le Sacrement du pardon le sait – il n’est pas vrai que tout reste comme avant. A chaque pardon nous sommes ragaillardis, encouragés, car nous nous sentons à chaque fois plus aimés, davantage embrassés par le Père. Et quand, aimés, nous retombons, nous éprouvons davantage de souffrance qu’avant. C’est une souffrance bénéfique qui lentement nous éloigne du péché. Nous découvrons alors que la force de la vie, c’est de recevoir le pardon de Dieu et d’aller de l’avant, de pardon en pardon. Ainsi va la vie : de honte en honte, de pardon en pardon. C’est cela la vie chrétienne !

Après la honte et la résignation, il y a une autre porte fermée, blindée parfois : notre péché, le même péché. Quand je commets un gros péché, si moi, en toute honnêteté, je ne veux pas me pardonner, pourquoi Dieu devrait-il le faire ? Mais cette porte est verrouillée seulement d’un côté, le nôtre ; pour Dieu elle n’est jamais infranchissable. Comme nous l’apprend l’Evangile, il aime, justement, entrer “les portes étant fermées” – nous l’avons entendu –, quand tout passage semble barré. Là, Dieu fait des merveilles. Il ne décide jamais de se séparer de nous, c’est nous qui le laissons dehors. Mais quand nous nous confessons il se produit une chose inouïe : nous découvrons que précisément ce péché qui nous tenait à distance du Seigneur devient le lieu de la rencontre avec lui. Là, le Dieu blessé d’amour vient à la rencontre de nos blessures. Et il rend nos misérables plaies semblables à ses plaies glorieuses. Il y a une transformation : ma misérable plaie ressemble à ses plaies glorieuses. Car il est miséricorde et fait des merveilles dans nos misères. Comme Thomas, demandons aujourd’hui la grâce de reconnaître notre Dieu : de trouver dans son pardon notre joie, de trouver dans sa miséricorde notre espérance. »

Mercredi 4 Avril 2018

Le Pape François qui a poursuivi son cycle de catéchèse sur la messe. PIace Saint-Pierre, il a souligné que les chrétiens, lors de la messe, participent à la Passion et à la Résurrection du Christ en développant sa catéchèse sur le rite de conclusion.

Avant d’entamer sa catéchèse, le Pape François a souhaité de joyeuses Pâques à tous les pèlerins, les invitant à adresser leurs vœux au pape émérite Benoît XVI. Entouré de fleurs, « qui disent la joie, l’allégresse » du Christ ressuscité, le Pape a rappelé que toute la semaine nous fêtons Pâques.

Le Saint-Père s’est donc arrêté sur le rite de conclusion de la messe, qui se conclut avec la bénédiction et le départ du peuple. Le signe de la croix, qui avait ouvert la messe, la clôt. Ce n’est pourtant pas une fin, car c’est là que commence « l’engagement du témoignage chrétien ». « Les chrétiens ne vont pas à la messe pour accomplir un devoir hebdomadaire pour ensuite oublier » a souligné le Pape. Ils y vont pour participer à la Passion et à la Résurrection du Christ et pour « vivre plus comme des chrétiens ». « Chaque fois que je sors de la messe, je dois en sortir meilleur, avec plus de vie, plus de force, plus d’envie de donner témoignage du Christ », a-t-il expliqué.

Chaque fidèle doit avoir conscience que « la messe trouve son accomplissement dans les choix concrets de qui se laisse impliquer à la première personne dans les mystères du Christ ». « Nous ne devons pas oublier que nous célébrons l’Eucharistie pour apprendre à devenir des hommes et des femmes eucharistiques », a insisté le Pape.

Concrètement, cela veut dire que nous devons laisser le Christ agir dans nos actes : « que ses pensées soient nos pensées, que ses sentiments soient les nôtres, que ses choix soient nos choix ». C’est cela la sainteté : « faire comme le Christ est la sainteté chrétienne ».

Le Pape a alors invité les fidèles à laisser s’élargir leur âme par la force de l’Esprit Saint et à ne plus avoir des âmes « aussi étroites et fermées, petites et égoïstes ». Le Pape veut des âmes « larges, grandes, avec de grands horizons ».

La messe, c’est un peu comme un grain de blé, a encore comparé le Pape. « Les fruits de la messe sont destinés à mûrir dans la vie de chaque jour ». « En faisant croitre notre union au Christ, l’Eucharistie met à jour la grâce que l’Esprit nous a donné lors du baptême et de la confirmation afin que soit crédible notre témoignage chrétien ».

L’Eucharistie nous permet également de nous séparer du péché, de renouveler, de fortifier et d’approfondir le lien avec la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons. Elle nous engage aussi vis-à-vis des autres, et plus spécialement des pauvres, en nous éduquant à passer de la chair du Christ à celle de nos frères dans laquelle Il attend d’être reconnu, servi, honoré et aimé par nous.

(Avec V. N.)

Bénédiction Urbi et Orbi de Pâques

En ce dimanche 1er Avril, après avoir célébré la messe de Pâques place Saint-Pierre, le Pape François a rejoint la loge centrale de la basilique Saint-Pierre pour y donner la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi. Il a demandé des « fruits de paix » pour le monde et tout particulièrement pour les régions et les pays en guerre. Découvrez en intégralité son message Urbi et Orbi.

« Chers frères et sœurs, bonne fête de Pâques !

Jésus est ressuscité d’entre les morts.

Cette annonce résonne dans l’Église par le monde entier, avec le chant de l’Alleluia : Jésus est le Seigneur, le Père l’a ressuscité et il est vivant pour toujours au milieu de nous.

Jésus lui-même avait annoncé à l’avance sa mort et sa résurrection avec l’image du grain de blé. Il disait : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Voilà, justement cela est arrivé : Jésus, le grain de blé semé par Dieu dans les sillons de la terre, est mort tué par le péché du monde, il est resté deux jours dans le tombeau ; mais dans sa mort était contenue toute la puissance de l’amour de Dieu, qui s’est dégagée et qui s’est manifestée le troisième jour, celui que nous célébrons aujourd’hui : la Pâque du Christ Seigneur.

Nous chrétiens, nous croyons et nous savons que la résurrection du Christ est la véritable espérance du monde, celle qui ne déçoit pas. C’est la force du grain de blé, celle de l’amour qui s’abaisse et qui se donne jusqu’au bout, et qui renouvelle vraiment le monde. Cette force porte du fruit aussi aujourd’hui dans les sillons de notre histoire, marquée de tant d’injustices et de violences. Elle porte des fruits d’espérance et de dignité là où il y a de la misère et de l’exclusion, là où il y a la faim et où manque le travail, au milieu des personnes déplacées et des réfugiés – tant de fois rejetés par la culture actuelle du rebut –, aux victimes du narcotrafic, de la traite des personnes et des esclavages de notre temps.

Et nous aujourd’hui, demandons des fruits de paix pour le monde entier, à commencer par la bien-aimée et tourmentée Syrie, dont la population est épuisée par une guerre qui ne voit pas de fin. En cette fête de Pâques, que la lumière du Christ Ressuscité éclaire les consciences de tous les responsables politiques et militaires, afin que soit mis un terme immédiatement à l’extermination en cours, que soit respecté le droit humanitaire et qu’il soit pourvu à faciliter l’accès aux aides dont ces frères et sœurs ont un urgent besoin, assurant en même temps des conditions convenables pour le retour de tous ceux qui ont été dispersés.

Invoquons des fruits de réconciliation pour la Terre Sainte, blessée encore ces jours-ci par des conflits ouverts qui n’épargnent pas les personnes sans défense, pour le Yémen et pour tout le Moyen Orient, afin que le dialogue et le respect réciproque prévalent sur les divisions et sur la violence. Puissent nos frères en Christ, qui souvent subissent brimades et persécutions, être des témoins lumineux du Ressuscité et de la victoire du bien sur le mal.

Demandons instamment des fruits d’espérance en ce jour pour tous ceux qui aspirent à une vie plus digne, surtout dans ces parties du continent africain tourmentées par la faim, par des conflits endémiques et par le terrorisme. Que la paix du Ressuscité guérisse les blessures au Sud Soudan : qu’elle ouvre les cœurs au dialogue et à la compréhension réciproque. N’oublions pas les victimes de ces conflits, surtout les enfants ! Que ne manque pas la solidarité pour les nombreuses personnes contraintes à abandonner leurs terres et privées du minimum nécessaire pour vivre.

Implorons des fruits de dialogue pour la péninsule coréenne, pour que les entretiens en cours promeuvent l’harmonie et la pacification de la région. Que ceux qui ont des responsabilités directes agissent avec sagesse et discernement pour promouvoir le bien du peuple coréen et construire des relations de confiance au sein de la communauté internationale.

Demandons des fruits de paix pour l’Ukraine, afin que se renforcent les pas en faveur de la concorde et soient facilitées les initiatives humanitaires dont la population a besoin.

Appelons des fruits de consolation pour le peuple vénézuélien, qui – comme l’ont écrit ses pasteurs – vit dans une espèce de « terre étrangère » dans son propre pays. Puisse-t-il, par la force de la Résurrection du Seigneur Jésus, trouver le chemin juste, pacifique et humain pour sortir au plus vite de la crise politique et humanitaire qui le tenaille, et que accueil et assistance ne manquent pas à tous ceux de ses enfants qui sont contraints d’abandonner leur patrie.

Que le Christ Ressuscité apporte des fruits de vie nouvelle aux enfants qui, à cause des guerres et de la faim, grandissent sans espérance, privés d’éducation et d’assistance sanitaire ; et aussi pour les aînés mis à l’écart par la culture égoïste, qui met de côté celui qui n’est pas « productif ».

Invoquons des fruits de sagesse pour ceux qui dans le monde entier ont des responsabilités politiques, afin qu’ils respectent toujours la dignité humaine, se prodiguent avec dévouement au service du bien commun et assurent développement et sécurité à leurs propres citoyens.

Chers frères et sœurs,

A nous aussi, comme aux femmes accourues au tombeau, sont adressées ces paroles : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ! » (Lc 24, 5-6). La mort, la solitude et la peur ne sont plus la parole ultime. Il y a une parole qui va au-delà et que Dieu seul peut prononcer : c’est la parole de la Résurrection (cf. Jean-Paul II, Paroles au terme de la Via Crucis, 18 avril 2003). Avec la force de l’amour de Dieu, elle « chasse les crimes et lave les fautes, rend l’innocence aux coupables et l’allégresse aux affligés, dissipe la haine, dispose à l’amitié et soumet toute puissance » (Annonce de la Pâque).

Bonne fête de Pâques à tous ! »

Samedi 31 mars 2018

« Voulons-nous participer à cette annonce de vie ou resterons-nous muets devant les événements ? » telle est l’invitation lancée par le pape François à la veillée pascale qu’il a présidée ce samedi en la basilique Saint-Pierre. Lors de cette veilllée, le pape François a baptisé huit adultes, trois femmes et cinq hommes, âgés de 28 à 52 ans, quatre Italiens, un Albanais, un Nigérian, un Américain des Etats-Unis et une Péruvienne. Découvrez le texte de l’homélie prononcée par le Saint-Père.

« Nous avons commencé cette célébration à l’extérieur, immergés dans l’obscurité de la nuit et dans le froid qui l’accompagne. Nous sentons le poids du silence devant la mort du Seigneur, un silence dans lequel chacun de nous peut se reconnaître et qui descend profondément dans les replis du cœur du disciple qui, devant la croix, reste sans parole.

Ce sont les heures du disciple, sans voix devant la douleur engendrée par la mort de Jésus : que dire devant une telle réalité ? Le disciple qui reste sans voix prenant conscience de ses propres réactions durant les heures cruciales de la vie du Seigneur : devant l’injustice qui a condamné le Maître, les disciples ont fait silence ; devant les calomnies et le faux témoignage subi par le Maître, les disciples se sont tus. Durant les heures difficiles et douloureuses de la Passion, les disciples ont fait l’expérience de manière dramatique de leur incapacité à prendre un risque et à parler en faveur du Maître ; de plus, ils l’ont renié, ils se sont cachés, ils ont fui, ils sont restés muets (cf. Jn 18, 25-27).

C’est la nuit du silence du disciple qui se trouve transi et paralysé, sans savoir où aller face à tant de situations douloureuses qui l’oppriment et l’entourent. C’est le disciple d’aujourd’hui, sans voix devant une réalité qui s’impose à lui, lui faisant sentir et, ce qui est pire, croire qu’on ne peut rien faire pour vaincre tant d’injustices que nombre de nos frères vivent dans leur chair.

C’est le disciple étourdi parce qu’immergé dans une routine accablante qui le prive de la mémoire, qui fait taire l’espérance et l’habitue au “on a toujours fait ainsi”. C’est le disciple sans voix et enténébré qui finit par s’habituer et par considérer normale l’expression de Caïphe : « Vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas » (Jn 11, 50)

Et au milieu de nos silences, quand nous nous taisons de manière si accablante, alors les pierres commencent à crier (cf. Lc 19, 40)[1] et à laisser la place à la plus grande annonce que l’histoire ait jamais pu contenir dans son sein : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité » (Mt 28, 6). La pierre du tombeau a crié et par son cri, elle a annoncé à tous un nouveau chemin. Ce fut la création la première à se faire l’écho du triomphe de la Vie sur toutes les réalités qui chercheront à faire taire et à museler la joie de l’Evangile. Ce fut la pierre du tombeau la première à sauter et, à sa manière, à entonner un chant de louange et d’enthousiasme, de joie et d’espérance auquel nous sommes tous invités à prendre part.

Et si hier, avec les femmes, nous avons contemplé « celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19, 37 ; cf. Za 12, 10), aujourd’hui avec elles nous sommes appelés à contempler la tombe vide et à écouter les paroles de l’ange : « Vous, soyez sans crainte ! […] Il est ressuscité » (Mt 28, 5-6). Paroles qui veulent atteindre nos convictions et nos certitudes les plus profondes, nos manières de juger et d’affronter les événements quotidiens ; spécialement notre manière d’entrer en relation avec les autres. Le tombeau vide veut défier, secouer, interroger, mais surtout il veut nous encourager à croire et à avoir confiance que Dieu “vient” dans toute situation, dans toute personne, et que sa lumière peut arriver dans les coins les plus imprévisibles et les plus fermés de l’existence. Il est ressuscité de la mort, il est ressuscité du lieu dont personne n’attendait rien et il nous attend – comme il attendait les femmes – pour nous rendre participants de son œuvre de salut.

Voilà le fondement et la force que nous avons comme chrétiens pour répandre notre vie et notre énergie, notre intelligence, nos affections et notre volonté dans la recherche et spécialement dans le fait de produire des chemins de dignité. Il n’est pas ici… Il est ressuscité ! C’est l’annonce qui soutient notre espérance et la transforme en gestes concrets de charité. Comme nous avons besoin de faire en sorte que notre fragilité soit marquée de cette expérience ! Comme nous avons besoin que notre foi soit renouvelée, que nos horizons myopes soient remis en question et renouvelés par cette annonce !

Il est ressuscité et avec Lui ressuscite notre espérance créative pour affronter les problèmes actuels, parce que nous savons que nous ne sommes pas seuls.

Célébrer Pâques signifie croire de nouveau que Dieu fait irruption et ne cesse de faire irruption dans nos histoires, défiant nos déterminismes uniformisants et paralysants. Célébrer Pâques signifie faire en sorte que Jésus soit vainqueur de cette attitude lâche qui tant de fois, nous assiège et cherche à ensevelir tout type d’espérance.

La pierre du tombeau a fait sa part, les femmes ont fait leur part, maintenant l’invitation est adressée encore une fois à vous et à moi : invitation à rompre avec les habitudes répétitives, à renouveler notre vie, nos choix et notre existence. Une invitation qui nous est adressée là où nous nous trouvons, dans ce que nous faisons et ce que nous sommes ; avec la “part de pouvoir” que nous avons. Voulons-nous participer à cette annonce de vie ou resterons-nous muets devant les événements ?

Il n’est pas ici, il est ressuscité ! Et il t’attend en Galilée, il t’invite à retourner au temps et au lieu du premier amour pour te dire : “ N’aies pas peur, suis-moi”.


[1] « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront »

Vendredi Saint 30 mars 2018

Le Pape François a présidé la Liturgie de la Passion du Christ en la basilique Saint-Pierre. Comme à l’accoutumée, l’homélie de la Passion a été prononcée par le père capucin Raniero Cantalamessa, prédicateur de la maison pontificale. Il s’est longuement arrêté sur le mystère théologique, philosophique et spirituel que représente la Croix.

Émouvante et empreinte de gravité, la célébration de la Passion, qui n’est pas une messe, a compris trois temps présidé par le Pape François : une liturgie de la Parole, l’adoration de la Croix et le rite de la communion. Cependant Vendredi Saint, le Saint-Père ne prononce traditionnellement pas l’homélie, la laissant au prédicateur de la maison pontificale, le père Cantalamessa.

« Pourquoi une concentration illimitée de sens autour de la croix du Christ ? » D’emblée, le père Cantalamessa s’est interrogé sur l’omniprésence du crucifix dans les églises, les autels et tous les lieux empreints de christianisme.
La Croix révèle l’intime et le vrai

Pour comprendre pareil mystère chrétien, le prêtre capucin a avancé le concept de « sub contraria specie », c’est-à-dire le contraire de ce qui apparaît. Dieu révèle ainsi le contraire de ce qu’il est réellement : « il révèle sa puissance dans la faiblesse, sa sagesse dans la folie, sa richesse dans la pauvreté ». Cette clé de lecture du « sub contraria specie » ne s’applique toutefois pas à la Croix. Sur la Croix, Dieu se révèle « sub propria specie », pour ce qu’il est, dans sa réalité la plus intime et la plus vraie, a poursuivi le père Cantalamessa.
Jésus et les jeunes

En cette année où l’Église célèbre un synode sur les jeunes, souhaitant les placer au centre de son attention pastorale, la présence sur le calvaire de Jean, « le disciple que Jésus aimait » contient un message particulier. D’après le père Cantalamessa, tout porte à croire que lorsque Jean avait suivi Jésus, il était encore très jeune : « Ce fut une véritable rencontre personnelle, existentielle ».

Ainsi aujourd’hui ce que Jésus peut donner aux jeunes est la même chose qu’il a donné à Jean : une « vie en abondance » et une « joie parfaite ».
Se mêler aux souffrants et aux marginalisés

Au-delà de l’exemple de sa vie, l’évangéliste Jean a également lui-même laissé un message écrit aux jeunes : « Je vous l’ai écrit, jeunes gens : Vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais. N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde » (1 Gv 2, 14-15).

Ce monde que Jean invite à ne pas aimer n’est pas celui créé par Dieu, ni celui des pauvres et des derniers, éclaire le prêtre italien.

Au contraire, « se mêler avec ce monde de la souffrance et de la marginalisation est paradoxalement, le meilleur moyen de se séparer du monde, parce que c’est aller vers ce que le monde fuit de toutes ses forces. C’est se séparer du principe même qui gouverne le monde qui est l’égoïsme ».
Fuir le conformisme et l’air du temps

Échapper à l’esprit du temps, au conformisme, exhorte-t-il, convoquant le poète américain T.S.Eliot qui écrivait ironiquement dans Family Reunion : « Dans un monde de fugitifs, celui qui prend la direction opposée aura l’air de s’enfuir ».

« Soyez de ceux qui prennent la direction opposée ! Osez aller à contre-courant ! Pour nous, la direction opposée n’est pas un lieu, c’est une personne, c’est Jésus notre ami et rédempteur », s’est donc exclamé le père Cantalamessa à l’adresse des jeunes du monde entier. Dans un contexte contemporain, où selon le pretre capucin, « l’amour n’est plus un don de soi », mais plutôt « une possession souvent violente et tyrannique de l’autre », les jeunes sont appelés à remplir une tache ambitieuse : « sauver l’amour humain de la dérive tragique dans laquelle il est tombé », c’est-à-dire le faire passer de la possession tyrannique de l’autre à un véritable don de soi.

Jeudi 29 Mars 2018

Vers 16h, la prison “Regina Coeli” est devenue le quatrième établissement pénitentiaire à accueillir une visite du Pape à l’occasion du Jeudi Saint.

Après une visite à l’infirmerie de la prison, pour y saluer les détenus malades, le Pape François a tenu à célébrer une nouvelle fois la messe In Coena Domini auprès des prisonniers, auquel il s’est présenté lui-même comme un simple pécheur mais aussi comme un « ambassadeur de Jésus ».

Dans son homélie improvisée, le Pape a montré l’originalité presque subversive du geste de Jésus, de laver les pieds de ses disciples, dans le contexte de son époque. Laver les pieds, « c’était un travail d’esclave » dans le contexte de la Palestine d’il y a 2000 ans : ceux qui s’étaient salis les pieds avec la poussière des chemins pouvaient se les faire laver par des esclaves qui se tenaient disponibles à la porte des maisons, pour assurer ce service. Le geste de Jésus était donc révolutionnaire et édifiant.

« Jésus veut faire ce travail d’esclave pour faire un exemple, pour montrer comment nous rendre service les uns les autres. » Un bon chef doit donc être aussi et avant tout un serviteur, a insisté le Pape, faisant remarquer que de nombreuses guerres auraient pu être évitées si les rois et les empereurs qui ont jalonné les tragédies de l’histoire avaient écouté Jésus pour se faire serviteurs.

Face aux gens qui souffrent, qui sont écartés, qui sont sales, Jésus ne se lave pas les mains comme Ponce Pilate… Au contraire, il s’incline pour laver les pieds de ses compagnons de route. « Jésus risque le service pour chacun de nous, parce qu’il nous aime tellement ! », a insisté le Pape François en expliquant qu’il n’était qu’un simple pécheur mais qu’il visitait cette prison comme un « ambassadeur de Jésus ». En voyant le Pape s’incliner vers eux au nom de Jésus, les prisonniers doivent donc prendre conscience du fait que Jésus prend tous les risques pour nous et « ne se fatigue jamais de nous pardonner ».

Au cours du rite, le Pape a lavé les pieds de 12 détenus provenant de sept pays : quatre Italiens, deux Philippins, deux Marocains, un Moldave, un Colombien, un Nigérian et un Sierra-Léonais. Huit d’entre eux sont catholiques, mais ce groupe comptait aussi deux musulmans, un orthodoxe et un bouddhiste. Bien que le Pape soit favorable à la possibilité de la mixité dans le cadre de ce rite, cette fois-ci, puisqu’il s’agissait d’une prison pour hommes, le groupe ne comptait aucune femme.

Durant la prière eucharistique, au moment du signe de paix, le Pape est sorti quelques instants du canon pour inviter à prier, en silence, pour ceux « qui nous veulent du bien » et aussi pour ceux « qui nous veulent du mal », qui « ne nous aiment pas » ou « que nous n’aimons pas », afin d’aborder la communion dans un réel esprit de paix intérieure.

Après la fin de la messe, il a rencontré quelques détenus de la 8e Section, dans laquelle sont retenus les prisonniers jugés coupables de délits sexuels.

Messe chrismale à Rome

Le sacerdoce, une vocation indissociable de la proximité. Lors de la messe chrismale de ce Jeudi Saint 29 mars, en la basilique Saint-Pierre, le Pape François a loué « les pédagogies de l’incarnation et de l’inculturation » à l’adresse des prêtres du monde entier ; des moyens pour eux de tisser une « proximité » charnière, tant avec Dieu qu’avec les fidèles. Voici son homélie :

« Chers frères, prêtres du diocèse de Rome et des autres diocèses du monde !

En lisant les textes de la liturgie de ce jour il me venait à l’esprit, avec insistance, le passage du Deutéronome qui dit : « Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l’invoquons » (4, 7). La proximité de Dieu… notre proximité apostolique.

Dans le texte du prophète Isaïe nous contemplons l’envoyé de Dieu autrefois “oint et envoyé”, au milieu de son peuple, proche des pauvres, des malades, des prisonniers… ; et l’Esprit qui “est sur lui”, qui le pousse et l’accompagne le long du chemin.

Dans le Psaume 88 nous voyons comment la compagnie de Dieu, qui a guidé par la main le roi David dès son enfance et qui lui a prêté son bras, maintenant que celui-ci est âgé prend le nom de fidélité : la proximité qui se conserve au cours du temps s’appelle fidélité.

L’Apocalypse nous rapproche, au point de nous le rendre visible, de l’Erchomenos, le Seigneur en personne qui, toujours, « vient ». L’allusion au fait que le verront « aussi ceux qui l’ont crucifié » nous fait sentir que les plaies du Seigneur ressuscité sont toujours visibles, que le Seigneur vient toujours à notre rencontre si nous voulons “nous faire proches” de la chair de tous ceux qui souffrent, spécialement des enfants.

Dans l’image centrale de l’Evangile de ce jour, nous contemplons le Seigneur à travers les yeux de ses compatriotes qui étaient « fixés sur lui » (Lc 4, 20). Jésus se leva pour lire dans la synagogue de Nazareth. Le rouleau du prophète Isaïe lui fut donné. Il le déroula jusqu’à ce qu’il trouve le passage de l’envoyé de Dieu. Il lut à voix haute : « L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi […] il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé… » (61, 1). Et il conclut en établissant la proximité si provocatrice de ces paroles : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre » (Lc 4, 21).

Jésus trouve le passage et lit avec la compétence des scribes. Il aurait pu parfaitement être un scribe ou un docteur de la loi, mais il a voulu être un “évangélisateur”, un prédicateur de rue, le « Messager des Bonnes Nouvelles » pour son peuple, le prédicateur dont les pieds sont beaux, comme le dit Isaïe (cf. 52, 7). Le prédicateur proche.

Voilà le grand choix de Dieu : le Seigneur a choisi d’être quelqu’un qui se tient proche de son peuple. Trente ans de vie cachée ! Après seulement, il commencera à prêcher. C’est la pédagogie de l’incarnation, de l’inculturation ; pas seulement dans les cultures lointaines, mais aussi dans la paroisse même, dans la nouvelle culture des jeunes…

La proximité est plus que le nom d’une vertu particulière, elle est une attitude qui implique toute la personne, sa manière d’établir des liens, d’être en même temps en soi-même et attentif à l’autre.

Quand les gens disent d’un prêtre qu’il “est proche”, cela fait ressortir en général deux choses : la première, qu’ “il est toujours là” (contrairement au fait qu’ “il ne soit jamais là”. On dit souvent : “je sais, mon père, que vous êtes très occupé”). Et l’autre, qu’il sait trouver une parole pour chacun. Les gens disent : “Il parle avec tout le monde ; avec les grands, avec les petits, avec les pauvres, avec ceux qui ne croient pas…” Des prêtres proches, qui sont présents, qui parlent avec tout le monde… Des prêtres de rue.

Quelqu’un qui a bien appris de Jésus à être un prédicateur de rue, c’est Philippe. Les Actes disent qu’il allait de lieu en lieu en annonçant la Bonne Nouvelle de la Parole en prêchant dans toutes les villes et que celles-ci étaient pleines de joie (cf. 8, 4.5-8). Philippe était un de ceux que l’Esprit pouvait « saisir » à tout moment, le faire partir pour évangéliser en allant d’un endroit à un autre, quelqu’un capable aussi de baptiser les personnes de bonne foi, comme le ministre de la reine d’Ethiopie, et de le faire n’importe où, le long de la route (cf. Ac 8, 5 ; 36-40).

La proximité est la clé de l’évangélisateur car elle est une attitude-clé dans l’Evangile (le Seigneur l’utilise pour décrire le Royaume). Nous considérons pour acquis le fait que la proximité est la clé de la miséricorde, parce que la miséricorde, comme une “bonne Samaritaine”, ne serait pas ce qu’elle est si l’on ne s’efforçait pas toujours de réduire les distances. Mais je crois que nous avons besoin de mieux percevoir le fait que la proximité est aussi la clé de la vérité. Peut-on supprimer les distances dans la vérité ? Oui, on le peut. La vérité n’est pas seulement en effet la définition qui permet de nommer les situations et les choses en les tenant à distance avec des concepts et des raisonnements logiques. Elle n’est pas seulement cela. La vérité est aussi fidélité (emeth), celle qui te permet de désigner les personnes par leur nom propre, comme le Seigneur les nomme, avant de les classifier ou de définir “ leur situation”. Et là, il y a cette habitude – mauvaise, non ? – de la “culture de l’adjectif” : celui-là est comme ci, celui-ci est comme ça … Non, il est enfant de Dieu. Ensuite, il aura des vertus et des défauts, mais la vérité fidèle de la personne et non pas l’adjectif devenu substance.

Il faut faire attention à ne pas tomber dans la tentation de se faire des idoles de certaines vérités abstraites. Ce sont des idoles commodes, à portée de main, qui donnent un certain prestige et pouvoir, et qui sont difficiles à reconnaître. Car la “vérité-idole” se déguise, elle utilise les paroles évangéliques comme un vêtement mais elle ne permet pas de toucher le cœur. Et, ce qui est pire, elle éloigne les gens simples de la proximité de la Parole et des Sacrements de Jésus, qui guérit. Sur ce point, adressons-nous à Marie, Mère des prêtres. Nous pouvons l’invoquer comme “Vierge de la Proximité” : « Comme une vraie mère, elle marche avec nous, lutte avec nous, et répand sans cesse la proximité de l’amour de Dieu » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 286), de telle manière que personne ne se sente exclu. Notre Mère est non seulement proche en se mettant au service avec cet « empressement » (ibid., n. 288) qui est une forme de proximité, mais aussi avec sa manière de dire les choses. A Cana, l’à-propos et le ton avec lesquels elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5), feront que ces mots deviendront le modèle maternel de tout langage ecclésial. Mais, pour les dire comme elle, en plus de demander la grâce, il faut savoir se trouver là où les choses importantes se « mijotent », celles qui comptent pour tout cœur, pour toute famille, pour toute culture. C’est seulement avec cette proximité que l’on peut discerner quel est le vin qui manque, et quel est celui de meilleure qualité que le Seigneur veut donner.

Je vous suggère de méditer trois domaines de proximité sacerdotale dans lesquels ces paroles : “Tout ce qu’il vous dira, faites-le” doivent résonner – de mille manières différentes mais avec un même ton maternel – dans le cœur des personnes auxquelles nous parlons : le domaine de l’accompagnement spirituel, celui de la Confession et celui de la prédication.

Nous pouvons méditer la proximité dans le dialogue spirituel en contemplant la rencontre du Seigneur avec la Samaritaine. Le Seigneur lui apprend à reconnaître avant tout comment adorer, en Esprit et en vérité. Puis, avec délicatesse, il l’aide à donner un nom à son péché ; enfin il la gagne de son esprit missionnaire et va avec elle évangéliser dans son village. Modèle de dialogue spirituel que celui du Seigneur qui sait mettre au jour le péché de la Samaritaine sans faire de l’ombre à sa prière d’adoratrice ni mettre d’obstacles à sa vocation missionnaire.

Nous pouvons méditer la proximité dans la Confession en contemplant le passage de la femme adultère. On voit là clairement comment la proximité est décisive, car les vérités de Jésus s’approchent toujours et se disent (on peut dire, toujours) seul à seul. Regarder l’autre dans les yeux – comme le Seigneur quand il se met debout après avoir été à genoux près de la femme adultère qu’ils voulaient lapider et quand il lui dit : « Moi non plus je ne te condamne pas » (Jn 8, 11) – ce n’est pas aller contre la loi. Et l’on peut ajouter : « désormais ne pèche plus » (ibid.) non pas avec un ton qui appartient au domaine juridique de la vérité-définition – le ton de celui qui doit décider quelles sont les conditions de la Miséricorde divine – mais avec une expression que l’on emploie dans le domaine de la vérité-fidélité, qui permet au pécheur de regarder en avant et non en arrière. Le ton juste de ce « ne pèche plus » est celui du confesseur qui le dit en étant prêt à le répéter soixante-dix fois sept fois.

Enfin, le domaine de la prédication. Méditons là-dessus en pensant à ceux qui sont loin, et faisons-le en écoutant la première prédication de Pierre, qui se situe dans le contexte de l’événement de la Pentecôte. Pierre annonce que la parole est « pour tous ceux qui sont loin » (Ac 2, 39) et prêche de telle sorte que le kérygme “transperce leurs cœurs” et les conduit à demander « Que devons-nous faire ? » (Ac 2, 37). Une question, comme nous le disions, que nous devons poser et à laquelle nous devons toujours répondre sur un ton marial, ecclésial. L’homélie est la pierre de touche « pour évaluer la proximité et la capacité de rencontre d’un pasteur avec son peuple » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 135). C’est la pierre de touche. Dans l’homélie on voit combien nous avons été proches de Dieu dans la prière, et combien nous sommes proches de nos gens dans leur vie quotidienne.

La bonne nouvelle se réalise quand ces deux proximités se nourrissent et s’entretiennent mutuellement. Si tu te sens loin de Dieu, s’il te plaît, approche-toi de son peuple qui te guérira des idéologies qui ont refroidi ta ferveur. Les petits t’apprendront à regarder Jésus de manière différente. A leurs yeux, la personne de Jésus est attachante, son bon exemple donne de l’autorité morale, ses enseignements sont utiles pour la vie. Si tu te sens loin des gens, rapproche-toi du Seigneur, de sa Parole : dans l’Evangile, Jésus t’apprendra sa manière de regarder les gens, quelle valeur a, à ses yeux, chacun de ceux pour qui il a versé son sang sur la croix. Dans la proximité avec Dieu, la Parole se fera chair en toi et tu deviendras un prêtre proche de toute chair. Dans la proximité avec le peuple de Dieu, sa chair douloureuse deviendra parole dans ton cœur et tu auras de quoi parler avec Dieu, tu deviendras un prêtre intercesseur.

Le prêtre qui est proche, qui marche au milieu de ses gens avec la proximité et la tendresse du bon pasteur (et, dans sa pastorale, parfois devant, parfois au milieu et parfois derrière), les gens non seulement l’apprécient beaucoup, mais plus encore : ils sentent pour lui quelque chose de spécial, quelque chose qui se sent seulement en présence de Jésus. Par conséquent, cette reconnaissance de notre proximité n’est pas seulement une chose en plus. En elle se joue le fait que Jésus sera rendu présent dans la vie de l’humanité, ou bien qu’il restera au plan des idées, enfermé en lettres d’imprimerie, incarné tout au plus dans quelque bonne habitude qui peu à peu deviendra routine.

Demandons à Marie, “Vierge de la Proximité”, de se faire proche de nous et d’unifier notre ton au moment où nous disons à notre peuple de “faire tout ce que Jésus dit”, afin que dans la diversité de nos opinions soit rendue présente sa proximité maternelle qui, par son “oui” nous a pour toujours rapprochés de Jésus. »

Mercredi 28 Mars 2018

Lors de l’audience générale de ce mercredi 28 mars, tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François s’est arrêté sur le sens du Triduum pascal, qui commence demain, avec la célébration du Jeudi Saint.

« Ces journées constituent la mémoire d’un unique grand mystère : la mort et la résurrection du Seigneur Jésus. » Le Triduum pascal marque les étapes fondamentales de notre foi et de notre vocation dans le monde, avec trois jours saints qui constituent une « matrice » de la vie chrétienne, en mettant en relief les grands évènements du salut, et qui projettent ainsi le peuple chrétien « dans l’horizon de son destin futur, en le renforcent dans son engagement de témoignage dans l’histoire ».

En sortant de son texte, le Pape François a évoqué l’attitude des chrétiens orientaux, qui, à partir du matin de Pâques, ne se saluent plus en se disant simplement « bonjour » ou « bonsoir » mais par cette proclamation : « Christ est ressuscité ! ». C’est à cette annonce que le Triduum pascal nous prépare. « Le chrétien, s’il se laisse vraiment laver par le Christ, s’il se laisse vraiment dépouiller par lui du vieil homme pour cheminer dans une vie nouvelle, même en restant pécheur (…) ne peut plus vivre avec la mort dans l’âme », a insisté le Pape. Il ne peut pas être corrompu, et s’il y a des soi-disant « chrétiens mafieux », ceux-ci n’ont en fait rien de chrétien, et il faut prier pour eux, pour que le Seigneur touche enfin leur âme.

En tant que chrétiens baptisés nous sommes ressuscités avec Jésus, et nous pouvons donc « partager l’humiliation de ceux qui encore aujourd’hui, comme Jésus, sont dans la souffrance, dans la nudité, dans le besoin, dans la solitude, dans la mort, pour devenir, grâce à Lui et avec Lui, instruments de rachat et d’espérance, signes de vie et de résurrection ».

En prenant un exemple tiré de sa propre enfance, le Pape François a enfin invité à « laver les yeux des enfants » avec de l’eau, au matin de Pâques, et à vivre ce geste comme une préparation pour « voir Jésus ressuscité ».

(Avec V. N.)

Dimanche des Rameaux

Les jeunes du monde entier étaient appelés à célébrer la XXXIIIème Journée Mondiale de la Jeunesse dans les diocèses. Les jeunes de la Martinique se sont réunis à Sainte-Marie à l’invitation de Mgr David Macaire. A la fin de la messe des Rameaux qu’il a célébrée Place Saint-Pierre, le Pape François s’est adressé aux jeunes du monde entier en leur rappelant que cette journée diocésaine des jeunes représentait une importante étape vers le synode d’octobre et les JMJ de Panama en janvier 2019.
Ce dimanche des Rameaux, journée mondiale de la jeunesse au niveau diocésain, « est une étape importante sur le chemin vers le synode des évêques sur les jeunes du prochain mois d’octobre ».

C’est aussi une journée importante sur « le parcours de préparation de la Journée internationale qui aura lieu à Panama en janvier 2019 ».

« Que sur cet itinéraire nous accompagnent l’exemple et l’intercession de Marie, la jeune de Nazareth que Dieu a choisie comme Mère de son Fils. Qu’elle chemine avec nous et guide les nouvelles générations dans leur pèlerinage de foi et de fraternité », a exhorté le Pape François qui a également prié Marie pour qu’elle aide les fidèles à « vivre bien la Semaine Sainte ».

« Apprenons d’elle le silence intérieur, le regard du cœur, la foi amoureuse pour suivre Jésus sur la voie de la croix qui conduit à la lumière joyeuse de la Résurrection ».

Message du Pape François pour la 33ème Journée Mondiale de la Jeunesse

Le Saint-Père a adressé aux jeunes ce Message qui a pour titre : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30). Nous vous proposons de le découvrir :

« Chers jeunes,

La journée Mondiale de la Jeunesse de l’année 2018 représentent un pas en avant dans les préparatifs pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, d’envergure internationale, qui auront lieu au Panama en janvier 2019. Cette nouvelle étape de notre pèlerinage coïncide avec l’année où a été convoquée l’Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques sur le thème : Les jeunes, la foi et le discernement des vocations. C’est une bonne coïncidence. L’attention, la prière et la réflexion de l’Église seront dirigées vers vous les jeunes, en vue de recueillir et, surtout, d’‘‘accueillir’’ le don précieux que vous êtes pour Dieu, pour l’Église et pour le monde.

Comme vous le savez déjà, nous avons voulu nous faire accompagner dans ce cheminement par l’exemple et par l’intercession de Marie, la jeune fille de Nazareth que Dieu a choisie comme Mère de son Fils. Elle marche avec nous vers le Synode et vers les JMJ du Panama. Si l’année dernière, nous ont guidés les paroles de son cantique de louange – « Le Puissant pour moi des merveilles » (Lc 1, 49) – nous enseignant à faire mémoire du passé, cette année, essayons d’écouter avec elle la voix de Dieu apportant du courage et donnant la grâce nécessaire pour répondre à son appel : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30). Ce sont les paroles adressées par le messager de Dieu, l’archange Gabriel, à Marie, simple jeune fille d’un petit village de la Galilée.

1. Sois sans crainte !

Comme on peut le comprendre, l’apparition subite de l’ange et sa mystérieuse salutation : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28) ont provoqué un profond étonnement en Marie, surprise par cette première révélation de son identité et de sa vocation, qui lui étaient jusque-là inconnues. Marie, comme d’autres personnages des Écritures Saintes, tremble devant le mystère de l’appel de Dieu, qui en un instant la place devant l’immensité de son propre projet et lui fait sentir toute sa petitesse d’humble créature. L’ange, en lisant au plus profond de son cœur, lui dit : « Sois sans crainte » ! Dieu lit aussi en nous. Il connaît bien les défis que nous devons affronter dans la vie, surtout quand nous sommes face aux choix fondamentaux dont dépendent ce que nous serons et ce que nous ferons dans ce monde. C’est le ‘‘frisson’’ que nous éprouvons face aux décisions concernant notre avenir, concernant notre état de vie, notre vocation. En ces moments-là, nous sommes tout bouleversés et nous sommes saisis de nombreuses frayeurs.

Et vous jeunes, quelles peurs vous habitent ? Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus ? Une peur ‘‘d’arrière-fond’’ chez beaucoup d’entre vous est celle de n’être pas aimés, appréciés, de ne pas être acceptés tels que vous êtes. Aujourd’hui, il y a tant de jeunes qui ont la sensation de devoir être différents de ce qu’ils sont en réalité, tentant de se conformer aux modèles souvent factices et inaccessibles. Ils procèdent continuellement à des ‘‘retouches de photo’’ de leurs propres images, en se cachant derrière des masques et de fausses identités, jusqu’au point de devenir presque eux-mêmes un ‘‘fake’’. Il y a chez beaucoup l’obsession de recevoir le plus grand nombre possible de ‘‘j’aime’’. Et de ce sentiment d’inadéquation, naissent de nombreuses peurs et incertitudes. D’autres craignent de ne pas réussir à trouver une sécurité affective et de rester seuls. Chez beaucoup, face à la précarité du travail, surgit la peur de ne pas arriver à trouver un épanouissement satisfaisant sur le plan professionnel, de ne pas voir se réaliser leurs propres rêves. Ce sont des peurs qui hantent aujourd’hui beaucoup de jeunes, aussi bien croyants que non croyants. Et également ceux qui ont accueilli le don de la foi et qui cherchent avec soin leur propre vocation ne sont pas épargnés par des peurs. Certains pensent : peut-être Dieu me demande-t-il ou me demandera-t-il trop : peut-être en parcourant le chemin qu’il m’a indiqué, je ne serai pas vraiment heureux, ou bien je ne serai pas à la hauteur de ce qu’il me demande. D’autres se demandent : si je prends le chemin que Dieu m’indique, qui me garantit que je parviendrai à le parcourir jusqu’au bout ? Me découragerai-je ? Perdrai-je l’enthousiasme ? Serai-je en mesure de persévérer durant toute la vie ?

Aux moments où des doutes et des peurs assaillent notre cœur, le discernement s’avère nécessaire. Il nous permet de mettre de l’ordre dans la confusion de nos pensées et de nos sentiments, afin d’agir de manière juste et prudente. Dans ce processus, le premier pas pour surmonter les peurs est de les identifier clairement, pour ne pas se retrouver à perdre du temps et des énergies, en proie à des fantasmes sans visage et sans consistance. Pour cela, je vous invite tous à faire une introspection et à ‘‘donner un nom’’ à vos peurs. Demandez-vous : aujourd’hui, dans la situation concrète que je vis, qu’est-ce qui m’angoisse, qu’est-ce que je crains le plus ? Qu’est-ce qui me bloque et m’empêche d’aller de l’avant ? Pourquoi n’ai-je pas le courage de faire les choix importants que je devrais faire ? N’ayez pas peur de regarder franchement vos peurs, de les reconnaître telles qu’elles sont et de les prendre en compte. La Bible ne nie pas le sentiment humain de la peur ni les nombreux motifs qui peuvent la provoquer. Abraham a eu peur (cf. Gn 12, 10ss), Jacob a eu peur (cf. Gn 31, 31 ; 32, 8), et Moïse également (cf. Ex 2, 14 ; 17, 4), Pierre (cf. Mt 26, 69ss) et les Apôtres (cf. Mc 4, 38-40 ; Mt 26, 56). Jésus lui-même, bien qu’à un niveau incomparable, a éprouvé de la peur et de l’angoisse (cf. Mt 26, 37 ; Lc 22, 44).

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (Mc 4, 40). Ce rappel à l’ordre de Jésus aux disciples nous fait comprendre comment souvent l’obstacle à la foi n’est pas l’incrédulité, mais la peur. Le travail de discernement, en ce sens, après avoir identifié nos peurs, doit nous aider à les surmonter en nous ouvrant à la vie et en affrontant avec sérénité les défis qu’elle nous présente. Pour nous chrétiens, en particulier, la peur ne doit jamais avoir le dernier mot, mais être l’occasion pour accomplir un acte de foi en Dieu… et également dans la vie ! Cela signifie croire au caractère fondamentalement bon de l’existence que Dieu nous a donnée, croire qu’il conduit à bon port y compris dans à travers des circonstances et des vicissitudes qui sont souvent mystérieuses pour nous. Si au contraire, nous nourrissons les peurs, nous tendrons à nous replier sur nous-mêmes, à nous barricader pour nous défendre contre tout et contre tous, en restant comme paralysés. Il faut réagir ! Ne jamais s’enfermer ! Dans les Saintes Écritures, nous trouvons 365 fois l’expression ‘‘sois sans crainte’’, avec toutes ses variantes. Comme pour signifier que chaque jour de l’année le Seigneur nous veut libres de la peur.

Le discernement devient indispensable quand il s’agit de la recherche de sa vocation. Celle-ci, le plus souvent, n’est pas immédiatement claire ou tout à fait évidente, mais on la comprend peu à peu. Le discernement à réaliser, dans ce cas, n’est pas à comprendre comme un effort individuel d’introspection, où l’objectif est de connaître mieux nos mécanismes intérieurs pour nous renforcer et atteindre un certain équilibre. Dans ce cas, la personne peut devenir plus forte, mais demeure de toute manière enfermée dans l’horizon limité de ses possibilités et de ses vues. La vocation au contraire est un appel d’en haut et le discernement en ce sens consiste surtout à s’ouvrir à l’Autre qui appelle. Il faut alors le silence de la prière pour écouter la voix de Dieu qui résonne dans la conscience. Il frappe à la porte de nos cœurs, comme il l’a fait avec Marie, désireux de nouer amitié avec nous à travers la prière, de nous parler à travers les Écritures Saintes, de nous offrir sa miséricorde dans le sacrement de la Réconciliation, d’être un avec nous dans la Communion eucharistique.

Mais sont également importants la relation et le dialogue avec les autres, nos frères et sœurs dans la foi, qui ont plus d’expérience et qui nous aident à voir mieux et à choisir parmi les diverses options. Le jeune Samuel, quand il entend la voix du Seigneur, ne la reconnaît pas immédiatement et par trois fois il court chez Élie, le prêtre ancien, qui en fin de compte lui suggère la réponse juste à donner à l’appel du Seigneur : « S’il t’appelle, tu diras : ‘‘Parle, Seigneur, ton serviteur écoute’’ » (1 Sam 3, 9). Dans vos doutes, sachez que vous pouvez compter sur l’Église. Je sais qu’il y a de bons prêtres, des consacrés et des consacrées, des fidèles laïcs, dont beaucoup sont jeunes également, qui comme des frères et des sœurs aînés dans la foi peuvent vous accompagner ; animés par l’Esprit Saint, ils sauront vous aider à déchiffrer vos doutes et à lire le projet de votre vocation personnelle. L’‘‘autre’’ n’est pas uniquement le guide spirituel, mais il est aussi celui qui nous aide à nous ouvrir à toutes les richesses infinies de l’existence que Dieu nous a donnée. Il est nécessaire d’ouvrir des espaces dans nos villes et communautés pour grandir, pour rêver, pour regarder de nouveaux horizons ! Il ne faut jamais perdre le goût de savourer la rencontre, l’amitié, le goût de rêver ensemble, de marcher avec les autres. Les chrétiens authentiques n’ont pas peur de s’ouvrir aux autres, de partager leurs espaces vitaux en les transformant en des espaces de fraternité. Ne permettez pas, chers jeunes, que les ardeurs de la jeunesse s’éteignent dans l’obscurité d’une chambre fermée où l’unique fenêtre pour regarder le monde soit celle de l’ordinateur et du smartphone. Ouvrez grandes les portes de votre vie ! Que vos espaces et votre temps soient habités par des personnes concrètes, des relations profondes, avec lesquelles il est possible de partager des expériences authentiques et réelles dans votre quotidien.

2. Marie !

« Je t’ai appelé par ton nom » (Is 43, 1). La première raison de ne pas avoir peur, c’est précisément le fait que Dieu nous appelle par notre nom. L’ange, messager de Dieu, a appelé Marie par son nom. Donner des noms, c’est le propre de Dieu. Dans l’œuvre de la création, il appelle chaque créature à l’existence par son nom. Derrière le nom, il y a une identité, ce qui est unique dans chaque chose, dans chaque personne, cette intime essence que Dieu seul connaît jusqu’au fond. Cette prérogative divine a été ensuite partagée avec l’homme, auquel Dieu a concédé de donner un nom aux animaux, aux oiseaux et aussi à ses propres enfants (cf. Gn 2, 19-21 ; 4, 1). Beaucoup de cultures partagent cette profonde vision biblique en reconnaissant dans le nom la révélation du mystère le plus profond d’une vie, le sens d’une existence.

Quand il appelle une personne par son nom, Dieu lui révèle en même temps sa vocation, son projet de sainteté et de bien, par lequel cette personne deviendra un don pour les autres et qui la rendra unique. Et de même quand le Seigneur veut élargir les horizons d’une vie, il choisit de donner à la personne appelée un nouveau nom, comme il le fait avec Simon, en l’appelant ‘‘Pierre’’. De là est né l’usage de prendre un nouveau nom quand on entre dans un ordre religieux, pour indiquer une nouvelle identité et une nouvelle mission. En tant personnel et unique, l’appel divin exige de nous le courage de nous défaire de la pression des lieux communs conduisant au mimétisme, afin que notre vie soit vraiment un don original et unique pour Dieu, pour l’Église et pour les autres.

Chers jeunes, être appelés par notre nom est donc un signe de notre grande dignité aux yeux de Dieu, de sa prédilection pour nous. Et Dieu appelle chacun de vous par son nom. Vous êtes le ‘‘tu’’ de Dieu, précieux à ses yeux, dignes d’estime et aimés (cf. Is 43, 4). Accueillez avec joie ce dialogue que Dieu vous propose, cet appel qu’il vous adresse en vous appelant par votre nom.

3. Tu as trouvé grâce auprès de Dieu

La raison principale pour laquelle Marie ne doit pas craindre, c’est qu’elle a trouvé grâce auprès de Dieu. La parole ‘‘grâce’’ nous parle d’amour gratuit, qui n’est pas dû. Pour nous, comme c’est encourageant de savoir que nous ne devons pas mériter la proximité et l’aide de Dieu en présentant à l’avance un ‘‘curriculum d’excellence’’, rempli de mérites et de succès ! L’ange dit à Marie qu’elle a déjà trouvé grâce auprès de Dieu, pas qu’elle l’obtiendra à l’avenir. Et la formulation même des paroles de l’ange nous fait comprendre que la grâce divine est continue, qu’elle n’est pas quelque chose de passager ou de momentané, et c’est pourquoi elle ne manquera jamais. Même à l’avenir, il y aura toujours la grâce de Dieu pour nous soutenir, surtout dans les moments d’épreuve et d’obscurité.

La présence continue de la grâce divine nous encourage à embrasser avec confiance notre vocation, qui exige un engagement de fidélité à renouveler chaque jour. La route de la vocation, en effet, n’est pas exempte de croix : non seulement les doutes du début mais aussi les tentations fréquentes qu’on rencontre tout au long du chemin. Le sentiment d’inadéquation accompagne le disciple du Christ jusqu’à la fin, mais il sait qu’il est assisté par la grâce de Dieu.

Les paroles de l’ange descendent sur les peurs humaines en les dissolvant par la force de la bonne nouvelle dont elles sont porteuses : notre vie n’est pas un pur hasard et une simple lutte pour la survie, mais chacun d’entre nous est une histoire aimée par Dieu. Le fait d’‘‘avoir trouvé grâce à ses yeux’’ signifie que le Créateur découvre une beauté unique dans notre être et a un projet magnifique pour notre existence. Cette conscience ne résout certainement pas tous les problèmes et n’enlève pas les incertitudes de la vie, mais elle a la force de la transformer en profondeur. L’inconnu que demain nous réserve n’est pas une menace obscure à laquelle il faut survivre, mais un temps favorable qui nous est donné pour vivre l’unicité de notre vocation personnelle et la partager avec nos frères et sœurs dans l’Église et dans le monde.

4. Courage dans le présent

La force d’avoir du courage dans le présent provient de la certitude que la grâce de Dieu est avec nous : courage pour faire ce que Dieu nous demande ici et maintenant, dans chaque domaine de votre vie ; courage pour embrasser la vocation que Dieu nous indique ; courage pour vivre notre foi sans la cacher ou la diminuer.

Oui, quand nous nous ouvrons à la grâce de Dieu, l’impossible devient réalité. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8, 31). La grâce de Dieu touche l’aujourd’hui de notre vie, vous ‘‘saisit’’ tels que vous êtes, avec toutes vos craintes et vos limites, mais elle révèle aussi les merveilleux plans de Dieu ! Vous jeunes, vous avez besoin de sentir que quelqu’un a vraiment confiance en vous : sachez que le Pape vous fait confiance, que l’Église vous fait confiance ! Et vous, faites confiance à l’Église !

À la jeune Marie a été confiée une tâche importante précisément parce qu’elle était jeune. Vous les jeunes, vous avez de la force, vous traversez une phase de la vie où ne manque certainement pas l’enthousiasme. Utilisez cette force et ces énergies pour améliorer le monde, en commençant par les réalités qui vous sont plus proches. Je voudrais que dans l’Église vous soient confiées des responsabilités importantes, qu’on ait le courage de vous faire de la place ; et vous, préparez-vous à assumer ces responsabilités.

Je vous invite à contempler encore l’amour de Marie : un amour prévenant, dynamique, concret. Un amour rempli d’audace et tout orienté vers le don de soi. Une Église pénétrée de ces qualités mariales sera toujours une Église en sortie, qui va au-delà de ses propres limites et frontières pour faire déborder la grâce reçue. Si nous nous laissons contaminer par l’exemple de Marie, nous vivrons concrètement cette charité qui nous pousse à aimer Dieu au-delà de tout et de nous-mêmes, à aimer les personnes avec lesquelles nous partageons la vie quotidienne. Et nous aimerons également celui qui en soi pourrait sembler peu aimable. C’est un amour qui se fait service et dévouement, surtout envers les plus faibles et les plus pauvres, qui transforme nos visages et nous remplit de joie.

Je voudrais conclure par les belles paroles de saint Bernard dans l’une de ses célèbres homélies sur le mystère de l’Annonciation, paroles qui expriment l’attente de toute l’humanité à travers la réponse de Marie : « Tu l’as entendu, ô Vierge, tu concevras un fils, non d’un homme – tu l’as entendu – mais de l’Esprit Saint. L’ange, lui, attend ta réponse. Nous aussi, nous attendons, ô Dame. Accablés misérablement par une sentence de condamnation, nous attendons une parole de pitié. Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous serons rappelés à la vie. Cette réponse, le monde entier l’attend, prosterné à tes genoux. Ne tarde plus, Vierge Marie. Vite, réponds ! » (Hom. 4, 8-9, Éd. cistercienne, 4 [1966], pp. 53-54, Orval M21).

Chers jeunes, le Seigneur, l’Église, le monde, attendent aussi votre réponse à l’appel unique que chacun a dans cette vie ! Tandis que s’approchent les JMJ du Panama, je vous invite à vous préparer à ce rendez-vous dans la joie et l’enthousiasme de celui qui veut prendre part à une grande aventure. Les JMJ sont pour les courageux ! Pas pour les jeunes qui ne cherchent que le confort et qui reculent face aux difficultés. Acceptez-vous le défi ? »

Pape François

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