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        Message du Pape François pour la Journée Mondiale du Malade

Message du Pape François pour la Journée Mondiale du Malade

Pour la XXVIIème Journée Mondiale du Malade, le 11 février 2019 en la fête de Notre Dame de Lourdes, le Pape François a publié son message que nous vous proposons de découvrir.


« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8)

" Chers frères et sœurs,

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Ce sont les mots prononcés par Jésus au moment d’envoyer les Apôtres proclamer l’Évangile, afin que son Royaume s’étende à travers des gestes d’amour gratuit.

À l’occasion de la XXVIIème Journée Mondiale du Malade, qui sera célébrée de façon solennelle à Calcutta, en Inde, le 11 février 2019, l’Église, Mère de tous ses enfants, surtout des malades, rappelle que les gestes de don gratuit, comme ceux du Bon Samaritain, sont la voie la plus crédible de l’évangélisation. Le soin des malades a besoin de professionnalisme et de tendresse, de gestes gratuits, immédiats et simples comme une caresse, à travers lesquels on fait sentir à l’autre qu’il nous est « cher ».

La vie est un don de Dieu, et comme interroge Saint Paul : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Co 4, 7). Précisément parce que c’est un don, l’existence ne peut pas être considérée comme une simple possession ou comme une propriété privée, surtout face aux conquêtes de la médecine et de la biotechnologie qui pourraient amener l’homme à céder à la tentation de la manipulation de l’« arbre de la vie » (cf. Gn 3, 24).

Face à la culture du déchet et de l’indifférence, je tiens à affirmer que le don doit être considéré comme le paradigme capable de défier l’individualisme et la fragmentation sociale contemporaine, pour établir de nouveaux liens et diverses formes de coopération humaine entre les peuples et les cultures. Le dialogue, qui apparaît comme un présupposé du don, ouvre des espaces relationnels de croissance et de développement humain capables de rompre les schémas établis d’exercice du pouvoir de la société. Donner n’est pas l’équivalent de l’action d’offrir car cela ne peut s’employer que s’il s’agit d’un don de soi et cela ne peut pas être réduit au simple transfert d’une propriété ou de quelque objet. Donner se différencie d’offrir précisément parce que cela contient le don de soi et suppose le désir d’établir un lien. Le don est donc avant tout une reconnaissance réciproque, qui constitue le caractère indispensable du lien social. Dans le don, il y a le reflet de l’amour de Dieu, qui culmine dans l’incarnation du Fils Jésus et dans l’effusion de l’Esprit Saint.

Tout homme est pauvre, nécessiteux et indigent. Quand nous naissons, nous avons besoin pour vivre des attentions de nos parents, et de même, à chaque phase et étape de la vie, chacun de nous ne parviendra jamais à se libérer totalement du besoin et de l’aide des autres, il ne réussira jamais à arracher de soi la limite de l’impuissance face à quelqu’un ou quelque chose. C’est aussi une condition qui caractérise notre être de « créature ». La reconnaissance loyale de cette vérité nous invite à rester humbles et à pratiquer courageusement la solidarité, comme vertu indispensable à l’existence.

Cette conscience nous pousse à une pratique responsable et responsabilisante, en vue d’un bien qui est inséparablement personnel et commun. Ce n’est que quand l’homme cesse de se concevoir comme un monde à part, mais comme quelqu’un qui, par nature, est lié à tous les autres, originellement pressentis comme des « frères », qu’une pratique sociale solidaire, imprégnée du sens du bien commun, est possible. Nous ne devons pas craindre de reconnaître que nous sommes pauvres et que nous sommes incapables de nous procurer tout ce dont nous aurions besoin, car seuls et avec nos seules forces, nous ne parvenons pas à vaincre toutes nos limites. Ne craignons pas de le reconnaître, car Dieu lui-même, en Jésus, s’est abaissé (cf. Ph 2, 8) et il se penche sur nous et sur nos pauvretés pour nous aider et nous donner ces biens que seuls nous ne pourrions jamais avoir.

En cette circonstance de la célébration solennelle en Inde, je souhaite rappeler avec joie et admiration la figure de la Sainte Mère Teresa de Calcutta, un modèle de charité qui a rendu visible l’amour de Dieu pour les pauvres et les malades. Comme je l’affirmais à l’occasion de sa canonisation : « Mère Teresa, tout au long de son existence, a été une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à tous à travers l’accueil et la défense de la vie humaine, la vie dans le sein maternel comme la vie abandonnée et rejetée. […] Elle s’est penchée sur les personnes abattues qu’on laisse mourir au bord des routes, en reconnaissant la dignité que Dieu leur avait donnée ; elle a fait entendre sa voix aux puissants de la terre, afin qu’ils reconnaissent leurs fautes face aux crimes […] de la pauvreté qu’ils ont créée eux-mêmes. La miséricorde a été pour elle le ‘‘ sel ’’ qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la ‘‘ lumière ’’ qui éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance. Sa mission dans les périphéries des villes et dans les périphéries existentielles perdure de nos jours comme un témoignage éloquent de la proximité de Dieu aux pauvres parmi les pauvres » (Homélie, 4 septembre 2016).

Sainte Mère Teresa nous aide à comprendre que le seul critère d’action doit être l’amour gratuit envers tous, sans distinction de langue, de culture, d’ethnie ou de religion. Son exemple continue à nous guider pour ouvrir des horizons de joie et d’espérance pour l’humanité qui a besoin de compréhension et de tendresse, surtout pour ceux qui souffrent.

La gratuité humaine est le levain de l’action des volontaires qui ont tant d’importance dans le secteur socio-sanitaire et qui vivent de façon éloquente la spiritualité du bon Samaritain. Je remercie et j’encourage toutes les associations de volontaires qui s’occupent du transport et du secours des patients, celles qui pourvoient aux dons de sang, de tissus et d’organes. Un secteur spécial dans lequel votre présence exprime l’attention de l’Église est celui de la protection des droits des malades, surtout de ceux qui sont affectés par des pathologies qui requièrent des soins spéciaux, sans oublier le domaine de la sensibilisation et de la prévention. Vos services revêtent une importance fondamentale dans les structures sanitaires et à domicile, qui vont de l’assistance médicale au soutien spirituel. Beaucoup de personnes malades, seules, âgées, présentant des fragilités psychiques ou motrices, en bénéficient. Je vous exhorte à continuer d’être un signe de la présence de l’Église dans le monde sécularisé. Le volontaire est un ami désintéressé auquel on peut confier ses pensées et ses émotions ; grâce à l’écoute, il crée les conditions qui font passer le malade, d’objet passif de soins, à l’état de sujet actif et protagoniste d’un rapport de réciprocité, capable de retrouver l’espérance, mieux disposé à accepter les thérapies. Le volontariat communique des valeurs, des comportements et des styles de vie qui sont animés par le ferment du don. C’est ainsi également que se réalise l’humanisation des soins.

La dimension de la gratuité devrait surtout animer les structures sanitaires catholiques, car c’est la logique évangélique qui caractérise leur action, tant dans les régions les plus avancées que dans les plus défavorisées du monde. Les structures catholiques sont appelées à exprimer le sens du don, de la gratuité et de la solidarité, en réponse à la logique du profit à tout prix, du donner pour obtenir, de l’exploitation qui ne s’embarrasse pas des personnes.

Je vous exhorte tous, à différents niveaux, à promouvoir la culture de la gratuité et du don, indispensable pour dépasser la culture du profit et du déchet. Les institutions sanitaires catholiques ne devraient pas tomber dans le travers consistant à privilégier les intérêts de l’entreprise, mais sauvegarder l’attention à la personne plutôt que le gain. Nous savons que la santé est relationnelle, elle dépend de l’interaction avec les autres et a besoin de confiance, d’amitié et de solidarité ; c’est un bien dont on ne peut jouir « en plénitude » que s’il est partagé. La joie du don gratuit est l’indicateur de santé du chrétien.

Je vous confie tous à Marie, Salus infirmorum. Qu’elle nous aide à partager les dons reçus dans l’esprit du dialogue et de l’accueil réciproque, à vivre comme des frères et sœurs attentifs aux besoins les uns des autres, à savoir donner d’un cœur généreux, à apprendre la joie du service désintéressé. Je vous assure que je suis proche de vous tous dans la prière, avec mon affection, et je vous envoie de tout cœur la Bénédiction Apostolique. "

Pape François

Voyage du pape aux Emirats Arabes Unis

Le Pape François a achevé ce mardi 5 février 2019 son voyage apostolique aux Emirats arabes unis. Cette seconde et dernière journée du Pape à Abu Dhabi a été placée sous le signe de la rencontre avec la communauté chrétienne des Émirats arabes unis. Le Pape a célébré une messe publique aux Émirats arabes unis devant 180 000 fidèles, un évènement d’une ampleur inédite. Il a pu ainsi rencontrer la communauté catholique du pays, entièrement composée de travailleurs immigrés. Environ 4000 musulmans ont aussi assisté à cette messe. C’est en tant que « croyant assoiffé de paix » qu’il a effectué cette visite.

Si les musulmans sont majoritaires dans le pays, la population des Émirats est composée à 85 % d’étrangers. Un million d’entre eux sont catholiques : des Européens, des Libanais, des Latino-Américains, et surtout de très nombreux Asiatiques originaires des Philippines, d’Inde ou du Sri Lanka.

Le Pape a débuté sa journée par une courte visite à la cathédrale, durant laquelle il a donné sa bénédiction à quelques familles rassemblées dans cette église inaugurée en 1965 et élevée au rang de cathédrale en 1983. Bien que l’édifice soit de modeste dimension, il s’agit de l’une des plus grandes paroisses du monde, puisque plus de 100 000 fidèles s’y rattachent géographiquement, dont une proportion considérable suit les messes proposées chaque semaine dans les différentes langues de ces travailleurs expatriés.

François s’est ensuite déplacé dans un stade pour une messe en extérieur, qui a représenté le plus grand rassemblement public de toute l’histoire des Émirats arabes unis. Ce mardi matin, ils étaient 180 000 fidèles réunis au total, en comptant à la fois ceux qui étaient rassemblés à l’intérieur du Zayed Sports Center, et ceux qui étaient massés à l’extérieur et qui n’ont pas pu entrer, faute de place, mais pour lesquels des écrans géants avaient été installés. Le gouvernement leur avait octroyés une journée de congé pour qu’ils puissent assister à cette messe.

Pour le Saint-Père, les Béatitudes donnent aux chrétiens un plan de vie sûr.

Dans son homélie, le Pape François, est revenu sur les Béatitudes dans l’Évangile de saint Matthieu. Il a rappelé que « si tu es avec Jésus, si, comme les disciples d’alors, tu aimes écouter sa parole, si tu cherches à le vivre chaque jour, tu es heureux ». Les Béatitudes, « c’est se savoir en Jésus », « c’est entendre la vie comme une histoire d’amour, l’histoire d’amour fidèle de Dieu qui ne nous abandonne jamais et veut être en communion avec nous toujours ».

Ce texte nous surprend, a expliqué François car on y voit un « renversement de la pensée commune » : ce ne sont pas les riches, les puissants qui sont heureux mais « les pauvres, les doux, ceux qui restent justes même au prix de faire triste figure, les persécuté ». Ceci n’est possible car Jésus, « pauvre de choses mais riche d’amour », « est venu pour servir, non pour être servi ». « Il nous a enseigné que ce n’est pas celui qui a qui est grand, mais celui qui donne ». Sa seule force, c’est l’amour divin.
Rendre le monde propre

Le Pape a insisté, soulignant que « vivre les Béatitudes ne demande pas de gestes éclatants ». « Il nous a demandé de réaliser une seule œuvre d’art, possible pour tous : celle de notre vie. Les Béatitudes sont alors un plan de vie », nous demandant d’imiter Jésus dans la vie de tous les jours. « C’est la sainteté du vivre-au-quotidien, qui n’a pas besoin de miracles et de signes extraordinaires ». Et le bénéfice n’est pas que pour soi, car « celui qui vit ces Béatitudes selon Jésus - a affirmé François - rend le monde propre ».

Et dans ce monde, « le chrétien part armé seulement de sa foi humble et de son amour concret », comme l’avait rappelé saint François. Heureux les doux, ainsi, a reconnu le Pape, qui a insisté également sur une autre béatitude : heureux les artisans de paix. « Le chrétien promeut la paix, à commencer par la communauté dans laquelle il vit. » Le Saint-Père a constaté qu’« une Église qui persévère dans la parole de Jésus et dans l’amour fraternel est appréciée du Seigneur et porte du fruit ».
Le Seigneur est à nos côtés

Le Pape a choisi pour cette messe le texte des Béatitudes, qui, dans le contexte des Émirats arabes unis prend un tout autre relief. Le Saint-Père a prévenu en effet que « suivre la voie de Jésus ne signifie pas toutefois être toujours dans l’allégresse ». C’est vrai où que ce soit, pour celui « qui est affligé, qui subit des injustices, qui se dépense pour être un artisan de paix ». Mais c’est d’autant plus vrai pour ces fidèles que le Pape rencontre à Abu Dhabi. « Ce n’est pas certes pas facile de vivre loin de la maison et de sentir bien sûr, en plus de l’absence de l’affection des personnes les plus chères, l’incertitude de l’avenir ».

Le Pape a donc rappelé que, malgré tout, « le Seigneur est proche. Il peut arriver, devant une épreuve ou dans une période difficile ». « Même s’il n’intervient pas tout de suite, il marche à nos côtés ».

Face à lui, le Pape a eu « un chœur qui comprend une variété de nations, de langues et de rites ; une diversité que l’Esprit Saint aime et veut toujours plus harmoniser, pour en faire une symphonie ». « Que vos communautés soient des oasis de paix », a exhorté François qui a demandé pour elles « la grâce de garder la paix, l’unité, de prendre ici soin les uns des autres, avec cette belle fraternité pour laquelle il n’y a pas de chrétiens de première et de seconde classe ».

(Avec V. N.)

Lundi 4 février 2019

Dans le cadre de la Rencontre interreligieuse organisée à Abou Dhabi sur le thème “Fraternité humaine”, durant un long discours s’inscrivant dans la continuité de son intervention à Al-Azhar en 2017, le Pape François a exhorté au refus de toute violence religieuse. Il a également signé un document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune avec le Grand Imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb. Ce texte constitue non seulement une étape importante dans les relations entre le christianisme et l’islam, mais c’est une déclaration historique qui a un fort impact sur la scène internationale.

« J’ai accueilli l’opportunité de venir ici comme croyant assoiffé de paix, comme frère qui cherche la paix avec les frères » a déclaré le Pape après avoir remercié ses hôtes pour leur accueil. « Vouloir la paix, promouvoir la paix, être instruments de paix : nous sommes ici pour cela. »

« Nous aussi aujourd’hui, au nom de Dieu, pour sauvegarder la paix, nous avons besoin d’entrer ensemble, comme une unique famille, dans une arche qui puisse sillonner les mers en tempête du monde : l’arche de la fraternité », a poursuivi le Saint-Père.

Le point de départ, a-t-il expliqué, est de reconnaître que Dieu est à l’origine de l’unique famille humaine. Chacun est précieux aux yeux de Dieu, a souligné le Saint-Père, rappelant que, quelle que soit sa tradition religieuse, « on ne peut honorer le Créateur sans protéger la sacralité de toute personne humaine et de toute vie humaine ».

Par conséquent, reconnaître à chaque être humain les mêmes droits c’est glorifier le Nom de Dieu sur la terre. « Au nom de Dieu Créateur, a poursuivi le Pape, doit donc être condamnée sans hésitation toute forme de violence. »
Pas de violence qui puisse être justifiée religieusement

« Un ennemi de la fraternité est l’individualisme, a encore expliqué François… Chaque croyance est appelée à dépasser le clivage entre amis et ennemis, pour assumer la perspective du Ciel, qui embrasse les hommes sans privilèges ni discriminations. »

« Je désire exprimer mon appréciation pour l’engagement de ce pays pour la tolérance et pour garantir la liberté de culte, en faisant face à l’extrémisme et à la haine » a dit François, rendant hommage aux Émirats Arabes Unis.

« En faisant ainsi, a-t-il encore souligné, on veille aussi à ce que la religion ne soit pas instrumentalisée et risque, en admettant la violence et le terrorisme, de se nier elle-même ».

« Comment nourrir une amitié non théorique, qui se traduise en authentique fraternité ? a demandé le Pape. Comment, enfin, les religions peuvent-elles être des canaux de fraternité plutôt que des barrières de séparation ? »

La réponse se trouve d’abord « par un dialogue quotidien et effectif. Il suppose sa propre identité, qu’il ne faut pas abdiquer pour plaire à l’autre ». Le Pape invite ainsi au « courage de l’altérité, qui comporte la pleine reconnaissance de l’autre et de sa liberté ».

« Parmi les libertés, je voudrais souligner la liberté religieuse. Elle ne se limite pas à la seule liberté de culte, mais elle voit dans l’autre vraiment un frère. » Pour cette entreprise de dialogue, la prière est incontournable, a-t-il poursuivi. « Nous devons prier les uns pour les autres : nous sommes frères ! », a-t-il lancé.
Pas d’avenir sans fraternité

« Il n’y a pas d’alternative : ou bien nous construirons ensemble l’avenir ou bien il n’y aura pas de futur », a rappelé le Pape François.

« Le temps est arrivé où les religions doivent se dépenser plus activement, avec courage et audace, sans artifice, pour aider la famille humaine à mûrir la capacité de réconciliation, la vision d’espérance et les itinéraires concrets de paix. »

Pour cela, l’éducation est fondamentale, a poursuivi le Pape : « Il est réconfortant de constater comment en ce pays on ne s’investit pas seulement dans l’extraction des ressources de la terre, mais aussi dans celles du cœur, dans l’éducation des jeunes. » « Investir dans la culture favorise une diminution de la haine et une croissance de la civilisation et de la prospérité. Éducation et violence sont inversement proportionnelles ».

« La justice est la seconde aile de la paix. Paix et justice sont inséparables ! », a souligné le Pape, reprenant les mots du prophète Isaïe : « Le fruit de la justice sera la paix » (32, 17).

« Les religions ont aussi la tâche de rappeler que l’avidité du profit rend le cœur inerte et que les lois du marché actuel, exigeant tout et tout de suite, n’aident pas la rencontre », a encore expliqué François.
Métaphore du désert

Après avoir parlé de la fraternité comme arche de paix, François a pris une deuxième image : celle du désert.

« Le désert est devenu, d’obstacle impraticable et inaccessible, un lieu de rencontre entre les cultures et les religions. Ici le désert est fleuri, non seulement pour quelques jours par an, mais pour de nombreuses années à venir », a remarqué le Pape, appelant à un développement responsable. Le développement aussi, toutefois, a ses adversaires, notamment l’indifférence, « qui finit par convertir les réalités fleuries en landes désertes ».

Le pape a aussi rendu hommage aussi aux « nombreux chrétiens aussi, dont la présence dans la région remonte dans les siècles, ont trouvé une opportunité et apporté une contribution significative à la croissance et au bien-être du pays ».

Enfin, dans un final fort, il a exhorté à « démilitariser le cœur de l’homme. La course aux armements, l’extension des propres zones d’influence, les politiques agressives au détriment des autres n’apporteront jamais la stabilité. La guerre ne sait pas créer autre chose que la misère, les armes rien d’autre que la mort ! »

Dans le document signé par le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb, on trouve une forte condamnation du terrorisme et de la violence : « Dieu ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens ».

En préface, après avoir affirmé que « la foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et aimer », le texte est présenté comme « un document raisonné avec sincérité et sérieux", qui invite "toutes les personnes qui portent dans leur cœur la foi en Dieu et la foi en la fraternité humaine, à s’unir et travailler ensemble ».

Le document débute par une série d’invocations : le Pape et le Grand Imam parlent « au nom de Dieu qui créa tous les êtres humains égaux en droits, devoirs et dignité », « au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer », « au nom des pauvres », des « orphelins et des veuves, des réfugiés et des exilés, de toutes les victimes de guerres » et « de persécutions ». Al-Azhar, avec l’Eglise catholique « déclarent adopter la culture du dialogue comme cheminement ; la collaboration commune comme trajectoire ; la connaissance mutuelle comme méthode et critère ».

Avec ce document, « nous demandons à nous-mêmes, et aux dirigeants du monde, aux artisans de la politique internationale et de l’économie mondiale, de s’engager sérieusement à répandre la culture de la tolérance, de la cohabitation et de la paix ; d’intervenir le plus rapidement possible pour arrêter l’effusion de sang innocent et mettre fin aux guerres, aux conflits, à la dégradation de l’environnement et au déclin culturel et moral que vit actuellement le monde ».

Les deux chefs religieux demandent aux hommes de religion et de culture, ainsi qu’aux médias, de redécouvrir et de diffuser « les valeurs de paix, de justice, de bonté, de beauté, de fraternité humaine et de coexistence commune ». Et ils affirment croire « fermement que parmi les causes les plus importantes de la crise du monde moderne, on trouve une conscience humaine anesthésiée, l’aliénation des valeurs religieuses, ainsi que la domination de l’individualisme et des philosophies matérialistes ».

Tout en reconnaissant les avancées positives de la civilisation moderne, la déclaration insiste sur « la détérioration de l’éthique, qui conditionne l’action internationale, ainsi que l’affaiblissement des valeurs spirituelles et le sens des responsabilités », ce qui conduit beaucoup de monde à « tomber dans le vortex de l’extrémisme athée et agnostique, ou dans l’intégrisme religieux, l’extrémisme et le fondamentalisme aveugle ». L’extrémisme religieux et national ainsi que l’intolérance ont produit les signes d’une « troisième guerre mondiale en morceaux ».

Le Pape et le Grand Imam affirment ainsi que « les profondes crises politiques, l’injustice et le manque de répartition équitable des ressources naturelles, qui ne profitent qu’à une minorité de riches au détriment de la majorité des peuples de la terre, ont généré, et continuent à le faire, énormément de malades, de nécessiteux et de morts, provoquant des crises fatales, dont sont victimes de nombreux pays... Face à ces crises, qui mènent des millions d’enfants, déjà réduits à un squelette humain, à mourir de faim, à cause de la pauvreté et de la famine, règne un silence international inacceptable ».

« Il est évident que la famille est essentielle », tout autant que l’importance « de l’éveil du sens religieux » surtout chez les jeunes, « pour faire face aux tendances individualistes, égoïstes et conflictuelles, au radicalisme et à l’extrémisme aveugle sous toutes ses formes et manifestations ». Les deux responsables religieux se souviennent que le Créateur nous a « offert le don de la vie pour le garder. Un don que personne n’a le droit d’enlever, de menacer ou de manipuler à sa guise ... C’est pourquoi nous condamnons toutes les pratiques qui menacent la vie, telles que les génocides, les actes terroristes, les déplacements forcés, le trafic d’organes humains, l’avortement, l’euthanasie et les politiques qui soutiennent tout cela ».

Ils déclarent en outre « fermement que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas de sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni d’appels à la violence ou à l’effusion de sang. Ces désastres sont le résultat d’une déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et même de l’interprétation de groupes d’hommes de religion ». C’est pourquoi « nous demandons à tous de cesser d’exploiter les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier l’homicide, l’exil, le terrorisme et l’oppression ». Le Pape et le Grand Imam se souviennent que « Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens ».

La Déclaration atteste que « la liberté est un droit de chaque personne : chacun jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine ». C’est de la « Sagesse Divine » que « dérivent le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différent. Pour cette raison, le document condamne le fait de forcer les personnes à adhérer à une religion ou à une culture donnée, ainsi qu’à imposer un style de civilisation que d’autres n’acceptent pas ».

La déclaration atteste ensuite que « la protection des lieux de culte - temples, églises et mosquées - est un devoir garanti par les religions, par les valeurs humaines, les lois et les conventions internationales. Toute tentative d’attaquer des lieux de culte ou de les menacer par des attentats, explosions ou démolitions, constitue une déviation des enseignements des religions ainsi qu’une violation manifeste du droit international ».

Le texte évoque une nouvelle fois « le terrorisme exécrable qui menace la sécurité des personnes, tant à l’Est qu’à l’Ouest. La panique, la terreur et le pessimisme qui se propagent ne sont pas dus à la religion, même si les terroristes l’instrumentalisent, mais à l’accumulation d’interprétations erronées des textes religieux, aux politiques de faim, de pauvreté, d’injustice, d’oppression, d’arrogance. C’est pourquoi il est nécessaire de cesser d

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