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« François : la sagesse du temps » : une nouvelle étreinte entre les générations

Dans ce nouveau livre du père Antonio Spadaro, la réalité des personnes âgées et leur rôle vis-à-vis de l’avenir de la jeune génération se dessinent d’une manière sans précédent. Dans la préface signée par le Pape, figure la tâche que François confie à l’un et à l’autre avec une invitation à la mémoire, au courage et à une saine utopie.


250 entretiens menés auprès de personnes âgées dans plus de trente pays grâce au projet Sharing the Wisdom of Time mené par un groupe de maisons d’édition coordonnées par Loyola Press avec l’aide de l’association à but non lucratif Unbound et du Jesuit Refugee Service : tel est le contenu du livre « François : la sagesse du temps. En dialogue avec le Pape François sur les grands problèmes de la vie », publié par le père Antonio Spadaro, directeur de la Civiltà Cattolica pour les édition Marsilio. La préface du volume est une réflexion du Pape dans laquelle, comme le dit l’éditeur, il existe une « synthèse de sa pensée sur le lien entre jeunes et vieux » pour présenter précisément ce qui constitue une fresque chorale d’images et de mots de personnes âgées des cinq continents.

Jeter les grands-parents, c’est perdre la sagesse

Ce que le Pape observe dans la préface, s’appuyant également sur des souvenirs personnels, c’est la privation faite par notre société de la « voix » des grands-parents, de leur « espace » et de « l’opportunité de nous raconter leurs expériences ». « Nous les avons mis de côté et avons perdu le bénéfice de leur sagesse. Nous voulons supprimer notre peur de la faiblesse et de la vulnérabilité, mais nous augmentons ainsi l’angoisse d’être tristement toléré et abandonné chez les personnes âgées. Au lieu de cela, nous devons éveiller le sens civil de la gratitude, de l’appréciation, de l’hospitalité, capable de faire sentir aux personnes âgées qu’ils sont une partie vivante de leur communauté. »

La mission des grands-parents

Cependant, en abandonnant les grands-parents, poursuit le Saint-Père « il nous manque les modèles, les témoignages vécus » de ceux qui ont persévéré au fil du temps et qui gardent leur « gratitude » dans leur cœur pour ce qu’ils ont vécu. « Comme c’est laid », observe François, « le cynisme d’un vieil homme qui a perdu le sens de son témoignage, qui méprise les jeunes, qui se plaint toujours ». Au lieu de cela, comme sont beaux « les encouragements que les personnes âgées peuvent communiquer à une fille ou à un garçon à la recherche du sens de la vie ! C’est la mission des grands-parents ». « Les paroles des grands-parents ont quelque chose de spécial pour les jeunes. La foi se transmet également à travers le témoignage des anciens qui ont fait le levain de leur vie. Je le sais par expérience personnelle. Même aujourd’hui, j’ai toujours avec moi, dans le bréviaire, les paroles que ma grand-mère Rosa m’a données par écrit le jour de mon ordination sacerdotale ; Je les lis souvent et c’est bon pour moi. »

L’alliance entre jeunes et vieux

La pensée que François avoue avoir longtemps dans son cœur – « ce que le Seigneur veut que je dise » - est qu’il « existe une alliance entre jeunes et vieux ». Ce n’est que si nos grands-parents ont le courage de rêver et nos jeunes de prophétiser de grandes choses que notre société continuera. Si nous voulons des « visions » pour l’avenir, laissez nos grands-parents nous dire qui partagent leurs rêves. Nous avons besoin de grands-parents rêveurs ! Ce sont eux qui vont inspirer les jeunes à faire avancer la créativité de la prophétie. Aujourd’hui, les jeunes ont besoin des rêves des personnes âgées pour avoir de l’espoir, un avenir.

Comme Anne et Siméon

Par conséquent, entre les jeunes et les personnes âgées, le Pape voit un besoin mutuel et cite les figures de Siméon et d’Anne qui accueillent l’enfant Jésus au Temple : ils l’attendaient depuis de nombreuses années - a-t-il commenté – malgré la lassitude et la frustration - et quand ils le virent, « s’élevèrent d’un bond » et « découvrirent une nouvelle force intérieure qui leur permettait de témoigner ». Le manque de grands-parents capables d’être comme Siméon et Anne ne permet pas aux jeunes générations d’avoir des visions. Et ainsi ils restent à l’arrêt. Sans les rêves des personnes âgées, les projets des jeunes n’ont ni racine ni sagesse, aujourd’hui plus que jamais, quand l’avenir génère de l’anxiété, de l’insécurité, de la méfiance, de la peur. Seul le témoignage des anciens les aidera à lever les yeux vers l’horizon et à voir les étoiles. Le simple fait de savoir qu’il était possible de se battre pour quelque chose qui en valait la peine aidera les jeunes à faire face à l’avenir.

Les grands-parents, mémorialistes de l’histoire

Ensuite, le Pape donne sa propre image des anciens qu’il définit, les « mémorialistes de l’histoire » et leur confie deux tâches : former ensemble – dit-il – « les grands-parents et les grands-mères, un chœur permanent d’un grand sanctuaire spirituel, où la prière de supplication et la chanson de louange soutient la communauté de travailleurs et de combattants » ; mais aussi « agir », c’est-à-dire « avoir le courage de s’opposer de toutes les manières à la" culture du déchet "qui nous est imposée dans le monde entier ». Ainsi, dans la préface du livre, montre également comment procéder.

« Nous, les anciens, pouvons remercier le Seigneur pour les nombreux avantages reçus et combler le vide d’ingratitude qui nous entoure. De plus, nous pouvons donner de la dignité à la mémoire et aux sacrifices du passé. Nous pouvons rappeler aux jeunes d’aujourd’hui qu’ils se sentent les héros du présent, pleins d’ambitions et d’insécurités, qu’une vie sans amour est une vie aride. Nous pouvons dire aux jeunes craintifs que l’angoisse de l’avenir peut être gagnée. Nous pouvons enseigner aux jeunes trop amoureux d’eux-mêmes qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, et que l’amour ne se manifeste pas seulement par des mots, mais par des actes. »
Les jeunes, les yeux vers les étoiles

François fait la même chose, s’adressant aux jeunes et leur demandant « écoute et proximité avec les personnes âgées » : « Je demande de ne pas abandonner leur existence dans le "quiétisme bureaucratique" dans lequel sont retenues tant de propositions sans espoir ni héroïsme. Je pose un regard sur les étoiles, cet esprit utopique sain qui amène à collecter l’énergie pour un monde meilleur ».

Ensuite, la dernière confession, qui est aussi un commentaire du livre que François confie à des jeunes. « J’aime beaucoup cela - dit-il - parce que cela donne la parole à des personnes qui ont de l’expérience : cela les fait parler, cela communique leurs expériences et c’était également agréable de contempler les images de leurs visages ». « Je confie ce livre à des jeunes, car ce sont les rêves des personnes âgées qui dessinent leur vision d’un avenir meilleur. Pour marcher vers l’avenir, il faut le passé, il faut des racines profondes qui nous aident à vivre le présent et ses défis. Nous avons besoin de mémoire, nous avons besoin de courage, nous avons besoin d’une utopie en bonne santé. Voici ce que je voudrais : un monde qui vit une nouvelle étreinte entre les jeunes et les personnes âgées. »

(Avec V. N.)

Découvrez le message du Pape François pour la Journée Mondiale des Missions célébrée le dimanche 21 octobre 2018.

Avec les jeunes, portons l’Evangile à tous

Chers jeunes, avec vous je désire réfléchir sur la mission que Jésus nous a confiée. En m’adressant à vous, j’entends inclure tous les chrétiens, qui vivent dans l’Eglise l’aventure de leur existence comme enfants de Dieu. Ce qui me pousse à parler à tous, en dialoguant avec vous, c’est la certitude que la foi chrétienne reste toujours jeune quand on s’ouvre à la mission que le Christ nous confie. « La mission renforce la foi » (Lett. Enc. Redemptoris missio, n. 2), a écrit saint Jean-Paul II, un Pape qui a beaucoup aimé les jeunes et leur a manifesté un grand dévouement.

L’occasion du Synode que nous célébrerons à Rome au mois d’octobre prochain, mois missionnaire, nous offre l’opportunité de mieux comprendre, à la lumière de la foi, ce que le Seigneur Jésus veut vous dire à vous les jeunes et, à travers vous, aux communautés chrétiennes.

La vie est une mission

Chaque homme et chaque femme est une mission, et c’est la raison pour laquelle on vit sur la terre. Etre attirés et être envoyés sont les deux mouvements que notre cœur, surtout quand on est jeune, sent comme des forces intérieures de l’amour qui promettent un avenir et poussent notre existence en avant. Personne autant que les jeunes ne sent combien la vie fait irruption et attire. Vivre avec joie sa propre responsabilité pour le monde est un grand défi. Je connais bien les lumières et les ombres propres au fait d’être jeunes, et si je pense à ma jeunesse et à ma famille, je me rappelle l’intensité de l’espérance pour un avenir meilleur. Le fait de ne pas nous trouver en ce monde par notre décision, nous laisse entrevoir qu’il y a une initiative qui nous précède et nous donne d’exister. Chacun de nous est appelé à réfléchir sur cette réalité : « Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde » (Exh. ap. Evangelii gaudium, n. 273).

Nous vous annonçons Jésus Christ

L’Eglise, en annonçant ce qu’elle a gratuitement reçu (cf. Mt 10, 8 ; Ac 3, 6), peut partager avec vous les jeunes le chemin et la vérité qui conduisent à donner sens au fait de vivre sur cette terre. Jésus Christ, mort et ressuscité pour nous, s’offre à notre liberté et la provoque à chercher, à découvrir et à annoncer ce sens véritable et plénier. Chers jeunes, n’ayez pas peur du Christ et de son Eglise ! En eux se trouve le trésor qui remplit la vie de joie. Je vous le dis par expérience : grâce à la foi, j’ai trouvé le fondement de mes rêves et la force de les réaliser. J’ai vu beaucoup de souffrance, beaucoup de pauvreté défigurer les visages de tant de frères et sœurs. Pourtant, pour celui qui vit avec Jésus, le mal est une provocation à aimer toujours plus. Beaucoup d’hommes et de femmes, beaucoup de jeunes se sont généreusement donnés eux-mêmes, parfois jusqu’au martyre, par amour de l’Evangile, au service de leurs frères. De la croix de Jésus, découvrons la logique divine de l’offrande de nous-mêmes (cf. 1 Co 1, 17-25) comme annonce de l’Evangile pour la vie du monde (cf. Jn 3, 16). Etre enflammés de l’amour du Christ consume celui qui brûle et fait grandir, illumine et réchauffe celui qu’on aime (cf. 2 Co 5, 14). A l’école des saints, qui nous ouvrent aux vastes horizons de Dieu, je vous invite à vous demander en toute circonstance : « Que ferait le Christ à ma place ? ».

Transmettre la foi jusqu’aux extrêmes confins de la terre

Vous aussi, les jeunes, par le Baptême vous êtes des membres vivants de l’Eglise, et ensemble nous avons la mission de porter l’Evangile à tous. Vous êtes en train de vous ouvrir à la vie. Grandir dans la grâce de la foi qui nous a été transmise par les Sacrements de l’Eglise nous associe à un grand nombre de générations de témoins, où la sagesse de celui qui a l’expérience devient un témoignage et un encouragement pour celui qui s’ouvre à l’avenir. Et la nouveauté des jeunes devient, à son tour, soutien et espérance pour celui qui est proche du but de son chemin. Dans la cohabitation des divers âges de la vie, la mission de l’Eglise construit des ponts entre les générations, grâce auxquels la foi en Dieu et l’amour pour le prochain constituent des facteurs d’unité profonde.

Cette transmission de la foi, cœur de la mission de l’Eglise, arrive donc par la “contagion” de l’amour, où la joie et l’enthousiasme expriment le sens retrouvé et plénier de la vie. La propagation de la foi par attraction exige des cœurs ouverts, dilatés par l’amour. À l’amour il n’est pas possible de mettre des limites : l’amour est fort comme la mort (cf. Ct 8, 6). Et une telle expansion suscite la rencontre, le témoignage, l’annonce ; elle suscite le partage dans la charité avec tous ceux qui, loin de la foi, se montrent indifférents à elle, parfois hostiles et opposés. Des milieux humains, culturels et religieux encore étrangers à l’Evangile de Jésus et à la présence sacramentelle de l’Eglise représentent les périphéries extrêmes, les “extrêmes confins de la terre”, vers lesquels, depuis la Pâque de Jésus, ses disciples missionnaires sont envoyés, dans la certitude d’avoir toujours leur Seigneur avec eux (cf. Mt 28, 20 ; Ac 1, 8). En cela consiste ce que nous appelons la missio ad gentes. La périphérie la plus désolée de l’humanité qui a besoin du Christ est l’indifférence envers la foi ou encore la haine contre la plénitude divine de la vie. Chaque pauvreté matérielle et spirituelle, chaque discrimination de frères et de sœurs est toujours une conséquence du refus de Dieu et de son amour.

Les extrêmes confins de la terre, chers jeunes, sont pour vous aujourd’hui très relatifs et toujours facilement “navigables”. Le monde digital, les réseaux sociaux qui nous envahissent et nous traversent, diluent les confins, effacent les marges et les distances, réduisent les différences. Tout semble à portée de main, tout semble si proche et immédiat. Pourtant sans l’engagement du don de nos vies, nous pourrons avoir des myriades de contacts mais nous ne serons jamais plongés dans une véritable communion de vie. La mission jusqu’aux extrêmes confins de la terre exige le don de soi-même dans la vocation qui nous a été confiée par Celui qui nous a placés sur cette terre (cf. Lc 9, 23-25). J’oserais dire que, pour un jeune qui veut suivre le Christ, l’essentiel est la recherche et l’adhésion à sa propre vocation.

Témoigner de l’amour

Je rends grâce pour toutes les réalités ecclésiales qui vous permettent de rencontrer personnellement le Christ vivant dans son Eglise : les paroisses, les associations, les mouvements, les communautés religieuses, les différentes expressions de service missionnaire. Beaucoup de jeunes trouvent dans le volontariat missionnaire, une forme pour servir les “plus petits” (cf. Mt 25, 40), promouvant la dignité humaine et témoignant de la joie d’aimer et d’être chrétiens. Ces expériences ecclésiales font en sorte que la formation de chacun ne soit pas seulement une préparation pour son propre succès professionnel, mais développe et prenne soin d’un don du Seigneur pour mieux servir les autres. Ces formes louables de service missionnaire temporaire sont un début fécond et, dans le discernement vocationnel, peuvent vous aider à vous décider pour un don total de vous-mêmes comme missionnaires.

De cœurs jeunes sont nées les Œuvres Pontificales Missionnaires, pour soutenir l’annonce de l’Evangile à tous les peuples, contribuant à la croissance humaine et culturelle de tant de populations assoiffées de Vérité. Les prières et les aides matérielles, qui sont généreusement données et distribuées à travers les OPM, aident le Saint-Siège à faire en sorte que ceux qui les reçoivent pour leurs propres besoins puissent à leur tour, être capables de porter témoignage dans leur milieu. Personne n’est si pauvre au point de ne pas pouvoir donner ce qu’il a, mais avant tout ce qu’il est. J’aime répéter l’exhortation que j’ai adressée aux jeunes chiliens : « Ne pense jamais que tu n’as rien à apporter, ou que tu ne manques à personne. Beaucoup de gens ont besoin de toi ; sache-le. Que chacun de vous le sache dans son cœur : beaucoup de gens ont besoin de moi » (Rencontre avec les jeunes, Sanctuaire de Maipu, 17 janvier 2018).

Chers jeunes, le prochain mois d’octobre missionnaire, au cours duquel se déroulera le Synode qui vous est dédié, sera une autre occasion pour nous donner d’être des disciples-missionnaires toujours plus passionnés pour Jésus et sa mission, jusqu’aux extrêmes confins de la terre. A Marie Reine des Apôtres, aux saints François Xavier et Thérèse de l’Enfant-Jésus, au bienheureux Paolo Manna, je demande d’intercéder pour nous tous et de nous accompagner toujours.

Pape François

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