Eglise catholique de Martinique
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      Conférence-débat de l’OSPEM

Conférence-débat de l’OSPEM

Les rendez-vous mensuels de l’OSPEM

Retrouvez le compte-rendu des conférences organisées par l’Ospem dans le cadre de la commémoration du 170ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le 22 Mai 2018 !


Retour sur la conférence "Esclavage, souffrance et libération"

La quatrième et dernière conférence organisée par l’OSPEM dans le cadre de la commémoration des 170 ans de l’abolition de l’esclavage s’est déroulée au Presbytère de la Cathédrale de Fort-de-France, le vendredi 20 avril 2018 de 18 h à 21 h devant une cinquantaine de personnes avec trois intervenants : un responsable de ressources humaines et deux psychologues cliniciennes psychanalystes. Elle avait pour thème « Esclavage, Souffrance et libération ». C’était en quelque sorte la suite de la conférence du 16 mars 2018.

Louis LIENAFA dans son intervention a effectué une lecture du lien social dans le milieu du travail en Martinique à travers plusieurs exemples. Pour lui : « Le magico-religieux est très important dans cette société, il y a un rapport ambigu à l’autorité, une multiplication des unions illégitimes, un rapport au temps et à la ponctualité. Notre société est engluée dans le temps comme si cette blessure était une réalité bien vivante. La société est violente. Notre réalité sociale a été dominée par des conflits sociaux marquant le quotidien. De nos jours, la manifestation symbolique la plus notable est le blocage de l’économie. Les ressources humaines devraient être la gestion de la relation humaine. Si on regarde le vocabulaire de notre quotidien, il est empreint de l’esclavage. »

Marie-Nadiège YERRO a axé son intervention sur la Colonisation Esclavagiste Racialisé (CER) et l’atteinte de l’ordre du symbolique. Après avoir décrit les trois critères qui s’interpénètrent à savoir : l’imaginaire, le symbolique, le réel, elle a porté des précisions quant au CER. Pour elle : « Le fait d’être issue d’une histoire post -coloniale dans laquelle on définit les couleurs est une vraie réflexion qui met en difficulté. Aussi : Qu’est-ce qu’être Blanc ?, Qu’est-ce qu’être Noir ? Qu’est-ce qu’être de couleur ? Ces dénominations deviennent banales. Et pourtant, c’est là être victime d’une illusion : il s’agit en fait de catégories cognitives qui à partir de notre perception des différences situées dans le spectre visible, sont largement héritées de l’histoire de la colonisation ».

Mme Roberte COPOL-DOBAT a porté l’accent sur le traumatisme et la langue notamment le créole. Pour elle : « Nous sommes nés d’un traumatisme. Nous sommes une société jeune de quatre siècles et le temps de la fin de traumatisme est moins long que celui du trauma. Il demeure des traces. On est loin d’être apaisée mais quelque chose fait que la société tient. Il y a une manière de fonctionner à la martiniquaise, il y a un savoir-être martiniquais qui perdure dans le temps, qui traverse le temps. Le créole a incontestablement son origine en Afrique. Mais, cet héritage africain a rencontré divers éléments culturels venant de l’Europe, de l’Inde, de l’Amérique, de l’Afrique…Le créole est une langue née dans la souffrance. Elle porte l’histoire de ce traumatisme. Elle nous constitue, elle nous tient. Elle est née dans la plantation et faisait le lien entre les diverses composantes de la société Cette langue a humanisé les relations. Elle mettait sur un plan d’égalité les membres de la plantation. Le fait de parler créole et de pouvoir le traduire en français permet de souligner certaines choses. Nous avons une violence qui peut surgir à n’importe quel moment et qui ressurgit en créole. C’est une dimension qui est en nous et qui est issue de ce passé. »

Le droit permet à une personne de s’inscrire en tant que victime Mais, symboliquement, ce n’est pas pareil : l’Esclavage nous a marqué. Il n’est pas question de recevoir de l’argent par rapport à cette souffrance subi. Par contre, il faut saisir les difficultés sociales que cela a engendrées. Il faut inscrire les œuvres de CESAIRE, de GLISSANT dans les programmes scolaires afin qu’ils sachent ce que les martiniquais ont apporté au monde en terme de savoir. La réparation passe par le fait de reconnaitre que nous sommes en construction et que ce que nous sommes peut nous guérir de notre passé. Il faut donner une représentation de ce qui nous porte.Le débat qui a clôturé la conférence a surtout porté sur la langue créole, le type de réparation et l’identité culturelle.

Le coordinateur de l’OSPEM,
Yves-Marie Grivalliers

Retour sur la conférence "Esclavage, réparation, développement et foi chrétienne

La troisième conférence organisée par l’OSPEM dans le cadre de la commémoration des 170 ans de l’abolition de l’esclavage qui avait pour thème « Esclavage, Réparation, Développement et foi chrétienne » s’est déroulée au Presbytère de la Cathédrale de Fort-de-France, le vendredi 6 avril 2018 de 18 h à 21 h avec deux intervenants de qualité, devant une cinquantaine de personnes.

Le professeur Emmanuel JOS, membre de l’Institut des Droits de l’Homme de la Martinique, personne ressource du Comité devoir de mémoire de la Martinique et de l’OSPEM, fut le premier à s’exprimer. Après avoir remercié l’OSPEM de lui permettre d’intervenir, il a décrit les grandes lignes de son exposé développé en quatre parties : l’esclavage, la réparation, le développement durable et la foi chrétienne.

Concernant la réparation, le professeur indique : « Il faut une démarche ne procédant ni de la haine, ni de la revanche mais de la vérité et de la justice en s’inscrivant dans un processus de reconstruction de notre personnalité sur des bases plus saines. Il peut y avoir des politiques publiques additionnelles en plus de ce que prévoit le droit commun qui associeraient les personnes concernées à leur élaboration, leur mise en œuvre. Elles devraient associer les personnes publiques, privées, l’Etat, l’Europe etc. Elles devraient être ciblées sur les inégalités qui opèrent encore donc sur les séquelles actuelles de ce passé. Il faudrait un enseignement adéquat car l’esclavage et la traite ont été perçus comme des atteintes à la dignité de la personne humaine ayant fait qu’il a fallu chercher des justificatifs dans la religion par exemple. Il faut : des lieux de mémoire, des journées commémoratives, déconstruire le vocabulaire dévalorisant hérité du passé ainsi que le collorisme qui consiste à mieux considérer les personnes plus claires de peau que les personnes à peau foncée. Il faut aussi favoriser la mixité, sur le plan racial et social, afin d’avoir une égalité réelle dans ces domaines. »
S’agissant du développement durable, le professeur propose les actions suivantes : obtenir des financements appropriés, rompre avec les dérogations de droit commun, rompre avec les inégalités en matière de prix et de pensions, obtenir la reconnaissance juridique à des mesures de différenciation orientées.

Le professeur JOS a terminé son exposé sur la réparation de l’image négative donnée à la Foi chrétienne. Il a effectué le rapprochement entre la parole de Dieu et les actes posés ou à poser par les hommes. Il a poursuivi en rappelant que JESUS a remis en cause toutes formes asservissement. Ce qui n’a pas été respectée par l’Eglise même si certains prêtres et chrétiens se sont démarqués en réagissant autrement. Il y a eu des prêtres rebelles, des prises de position des évêques de la Caraïbe en 1975, la demande de pardon du pape Saint Jean-Paul II en 1992. En 1998, il y a eu une déclaration commune des Evêques de la Martinique, de la Guadeloupe e de la Réunion de la Guyane disant qu’il existe encore des groupes qui freinent le développement de nos îles.

Madame SMITH-RAVIN est la seconde à intervenir. Elle a fait voyager l’assistance en découvrant la Sierra Léone mais aussi le Libéria dans un exposé très riche. Après avoir situé géographiquement ce pays d’Afrique, elle a narré ce qui s’est passé le 9 mai 1787. En effet, les noirs retournent en Sierra Leone. La région est marécageuse et pleine de moustiques. Ils arrivent dans une ile où l’esclavage existe encore et certains acceptent de devenir des propriétaires d’esclaves. Les personnes en charge de la colonie agissaient comme des maîtres avec des pratiques barbares.

Le débat qui s’en est suivi a permis de répondre à des questions liées surtout à la réparation et de clarifier le rôle de l’Eglise pendant l’esclavage.

Murielle MARTHELI

Membre du comité de l’OSPEM

Retour sur la conférence du 24 Février : « L’Église, l’esclavage et après ? »

Les membres de l’OSPEM ont organisé la première conférence sur l’Eglise et l’esclavage le samedi 24 février 2018, de 8h30 à 13h, à l’église Emmaüs, dans le cadre des activités du diocèse pour la commémoration du 170ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

Une centaine de personnes se sont retrouvées à l’Eglise EMMAUS répondant donc à l’invitation de l’Observatoire Socio-Politique de l’Eglise en Martinique (OSPEM) à participer à la conférence débat ayant pour thème « L’Eglise et l’esclavage, et après ? » dans le cadre de la commémoration des 170 ans de l’abolition de l’esclavage voulue par Mgr David Macaire.

Après le mot d’accueil et les explications du Père MONCONTHOUR , responsable du Comité d’organisation (K170) sur les différentes manifestations du diocèse sur le sujet, la conférence s’est déroulée en trois temps :

- partage sur l’évangile du jour (Mat5, 43-48) effectué par le Père HENDERSON agrémenté des chants de « Bèlè legliz catédral », que je remercie encore au nom de l’Ospem, et du notre Père en créole ;

- intervention du Frère Gilles DANROC, op, sur l’Eglise et l’esclavage aux Antilles et intervention du Père Benjamin FRANCOIS-HAUGRIN sur l’Eglise et la réparation selon la doctrine sociale de l’Eglise ;
- enfin, débat autour des nombreuses questions écrites par les participants.

Le Frère Gilles DANROC, dominicain, est à la fois missionnaire et historien. Après une vingtaine d’années dans les mornes d’Haïti, il a travaillé sur l’histoire du Nouveau Monde, la question amérindienne ainsi que sur l’histoire d’Haïti. Il a également travaillé la question de l’esclavage à partir d’Haïti, la Martinique et les accords de Durban (ONU) où il a participé à la négociation sur la réparation. Il a aussi participé avec notre archevêque à la rédaction du livre sur le Père JEAN-MICHEL. Il est l’un des auteurs du livre de Régis DEBRAY intitulé Haïti et la France paru en mars 2004.

Dans son intervention qui a retenu toute l’attention des personnes présentes et les auditeurs de Radio Saint-Louis et de sa Web TV, il a traité de trois sujets : la reconnaissance et la résilience, la réparation, la réconciliation. Dans sa conclusion, il a fourni de nombreuses pistes d’action qui seront reprises dans les cahiers de l’OSPEM qui seront proposés à la fin de l’année 2018.

Le Père Benjamin curé de la paroisse de Rivière-Salée et de Régale, initiateur du parcours Zachée avec la communauté de l’Emmanuel sur la doctrine sociale de l’Eglise vécue au quotidien, représentant de l’archevêque au sein de l’OSPEM a indiqué que la doctrine sociale de l’Eglise exclut la violence et le mensonge comme moyen pour régler un problème social et faire valoir le droit ou exprimer des idées. La réparation commence par le pardon et non l’inverse.

La réparation intégrale s’articule dans un double mouvement simultané : secourir l’homme blessé dans ses dimensions matérielles et spirituelles et en même temps se pencher au chevet de celui qui est l’auteur de cette blessure. Les descendants d’esclaves et ceux des anciens colons sont intégrés dans la réparation.

Régine une jeune participante a accepté de nous livrer ses impressions : « J’ai voulu participer à cette conférence parce que je pensais qu’on allait parler de l’esclavage au 17e siècle en première partie, qu’en deuxième partie on aborderait l’esclavage moderne de notre époque et tout ce qui nous tient en esclavage, qui nous pousse à commettre des péchés et qu’en troisième partie il y aurait eu une partie prière pour briser les liens avec nos croyances liées à l’esclavage qui empêchent le peuple d’avancer (racisme, infidélités, violence etc.) ; on aurait ainsi brisé les chaines de l’esclavage que nous avons gardées dans notre tête.

Lors de la conférence, il y a eu beaucoup d’informations... Certaines religions accusent l’Eglise d’avoir participé à l’esclavage. Cette conférence a répondu à mes préoccupations à ce sujet. Le frère DANROC nous a présenté les deux courants dans l’Eglise. Ceux qui ont été manipulés par l’Etat et l’autre courant, minoritaire, anti esclavagiste. Cela est rassurant d’apprendre que l’Eglise a aussi aidé les esclaves à lire et s’est battu pour l’abolition de l’esclavage. A partir de tout cela, je compte faire des recherches plus détaillées sur ces hommes qui se sont battus pour mettre fin à l’esclavage et qui ont aidé les esclaves à mieux vivre cette situation. »

La conférence s’est terminée par la lecture de la prière pour l’OSPEM et le chant final « En lettres de lumière ».

Prochain rendez-vous le vendredi 16 mars 2018 à partir de 18h15 pour traiter de la souffrance et l’esclavage.

Y-M G.
Coordinateur de l’OSPEM

Pour plus de renseignements sur les activités de l’OSPEM :
Yves-Marie GRIVALLIERS (0696 85 22 00)
yvesmarie.grivalliers chez orange.fr

Retour sur la récollection avec les hommes et femmes politiques du 28 janvier 2018

La première activité de l’année 2018 de l’Observation Socio Politique de l’Eglise en Martinique (OSPEM) s’est déroulée le samedi 27 janvier au Foyer de charité de 8h00 à 13h00. En effet, 35 femmes et hommes politiques de la Martinique ont répondu à l’invitation Le thème retenu avait pour titre : « Ecouter et Agir selon le cœur de Dieu » dans le cadre des orientations d’ECCLESIA’M 2020.

La récollection s’est déroulée en trois temps : intervention de l’archevêque ; partage de l’évangile du jour par le Père Benjamin ; travail en ateliers à partir d’un questionnaire en deux parties (l’une sur l’écoute, l’autre sur l’action) suivi de la remontée des réponses.

L’intervention de Monseigneur MACAIRE a porté sur la comparaison entre le politique et le prophétique en s’appuyant sur la constitution pastorale Gaudium et Spes. Le tableau qui a le mieux illustré ses propos a été celui qui mettaient en lumière différentes situations qui semblent s’opposer mais qui en réalité permettent de positionner comme chrétien engagé en politique.

Lors du partage de l’Evangile du jour (Marc4, 35-41), le Père Benjamin a mis en exergue la phrase : « Passons sur l’autre rive » qui faisait bien le lien entre l’intervention de l’archevêque et le questionnaire.

Les participants devaient répondre en ateliers aux sept questions suivantes : Qu’est-ce que tu entends de la part des hommes ? Qu’est-ce que tu entends de ce que Dieu dit ? Qu’est-ce que tu entends de ce que dit l’Eglise ? Qu’est-ce que tu demandes à Dieu pour la Martinique ? pour les élus ? Qu’est-ce que tu demandes à l’Eglise ? Qu’est-ce tu diras de la part de Dieu aux hommes ?

La synthèse du travail en ateliers a permis de relever les propositions suivantes : création d’une cellule d’écoute pour les élus qui ont besoin d’un temps particulier pour échanger sur leur vécu politique ; reconduction de la récollection dans l’année mais sous une autre forme (exemple : sur deux jours en fin de semaine) ; pèlerinage à Rome à la fin du mois d’octobre qui fera l’objet d’une communication auprès des absents qui le souhaitent.

Deux personnes ont livré leurs impressions. Manuéla K-M une des participants :« Très bon moment d’échange, de retrouvailles et de connaissance entre les Femmes et les Hommes Politiques de Martinique, notre Evêque Monseigneur MACAIRE, les animateurs (trices) dévoués de l’OSPEM sur le site apaisant du foyer de charité de Trinité. J’ai particulièrement apprécié cette démarche et félicite l’OSPEM, qui a pris l’initiative de rapprocher deux « mondes » que l’on a tendance à tort, selon moi, d’opposer. Mis à part le fait que ce fut un moment de réflexion et de débat, ce fut un heureux moment de détente pour nous qui sommes souvent « la tête dans le guidon », accaparés par nos différentes missions, dossiers et travaux, dans le cadre de nos fonctions politiques. Plusieurs d’entre nous avons vécu ce temps comme une courte retraite, à renouveler plus souvent, comme « une pause spirituelle » au cours de laquelle j’ai été amenée à m’interroger sur ma personne en tant que chrétienne et femme politique engagée que je suis. Mais en réalité, je reste toujours la même personne qui avec mon regard de chrétienne catholique accomplis mes missions politiques en appliquant les principes de justice, de vérité, de respect, d’équité et d’amour pour mon prochain. En l’occurrence le thème « Écouter et agir selon le cœur de Dieu » m’a conforté dans le sens que j’ai toujours donné à mon engagement politique, servir mes administrés et mon prochain pour le bien des créations et créatures de Dieu. Exercice d’autant plus intéressant que différents mouvements politiques et collectivités étaient représentés et qu’à aucun moment il n’est ressorti nos différences. Nous avons tous respecté l’état d’esprit de la démarche. D’ailleurs, nous avons émis le souhait d’échanges avec l’OSPEM sur les thématiques qui rythment notre société et l’actualité, de manière à avoir le regard de l’Église. J’attends avec plaisir le prochain RdV. En attendant, je médite sur cette notion soulevée par Monseigneur David MACAIRE, « l’Écologie de l’Homme et le respect de sa Nature » avant toute prise de décision dans le cadre de mes missions politiques.

Ralph E, un animateur d’un des quatre ateliers : « J’ai rencontré des Martiniquais, des élus, et surtout des enfants de Dieu. Mais, je comprends qu’être les trois à la fois est une tâche complexe et que leur foi est souvent bousculée. Aux préoccupations des administrés, ils doivent trouver des solutions à la mesure des pouvoirs qui leurs sont confiés. Dans ce contexte, il est très difficile de concilier action publique et agir en chrétien. Pourtant, j’ai découvert des personnes soucieuses du respect d’autrui, solidaires, ayant l’esprit d’unité, de proximité, téméraires...et humbles. J’espère que les affaires politiques ne les éloigneront pas de Dieu mais qu’au contraire, qu’ils aident les citoyens martiniquais en s’affirmant du Christ. Et, puisqu’il s’agit pour eux comme pour nous, de nous défaire de la peur, que le Christ nous aide à rompre avec nos visions négatives de nos élus."

Prochain rendez-vous le samedi 24 février 2018, à EMMAUS de 8h30 à 13h00, dans le cadre des activités du diocèse pour la commémoration des 170 ans de l’abolition de l’esclavage.

Yves-Marie Grivalliers.
Coordinateur de l’OSPEM

Pour tous renseignements :
Yves-Marie GRIVALLIERS (0696 85 22 00)
yvesmarie.grivalliers chez orange.fr

Information sur la rencontre de Novembre 2017

La rencontre initialement prévue le samedi 25 novembre 2017 à 08h30 à la salle paroissiale du Carbet a été reportée à une date ultérieure en 2018. Cette date fera l’objet d’une nouvelle communication.

Retour sur la dernière rencontre : le 28 octobre 2017 à Rivière Salée

Les rendez-vous de l’Observation Socio-Politique de l’Eglise en Martinique (OSPEM) se sont déroulés en décentralisation le samedi 28 octobre 2017 à partir de 8h30 à la salle paroissiale de Rivière-Salée devant une soixantaine de participants.

Le thème retenu avait pour titre : « Esclavage, le sujet de la réparation sous l’éclairage de la pensée sociale de l’Eglise » dans le cadre des orientations d’ECCLESIA’M 2020.

Trois intervenants qui se sont succédés pendant près de deux heures pour traiter ce sujet délicat qui a tenu l’assemblée en haleine.

Le Père Benjamin François-Haugrin a indiqué que la doctrine sociale de l’Eglise exclue la violence et le mensonge comme moyen pour régler la question majeure de l’esclavage reconnu comme crime contre l’humanité. Elle exige la paix et la vérité. La réparation commence par le pardon. La réparation intégrale s’articule dans un double mouvement simultané : secourir l’homme blessé dans ses dimensions matérielles et spirituelles et en même temps se pencher au chevet de celui qui est l’auteur de cette blessure. Les descendants d’esclave et ceux des anciens colons sont intégrés dans la réparation. Ce sera un début et la réparation totale viendra par Jésus-Christ à la fin des temps.

Me Murielle Marthéli de son côté a donné des explications sur le recours des associations sollicitant la réparation de l’Esclavage et le rejet prononcé par les tribunaux pour 4 raisons de procédure. Elle a mis en exergue les limites de la loi Taubira sur la réparation.

Madame Smith-Ravin (une paroissienne de Rivière-Salée) dont le mari est originaire de la Sierra Léone a effectué un remarquable exposé sur le retour des esclaves affranchis dans ce pays.

Les documents présentés feront l’objet d’un dossier intitulé « les cahiers de l’OSPEM ». La rencontre ayant été filmée, la sortie d’une vidéo est prévue en 2018 à l’occasion du 170ème anniversaire de l’abolition de l’Esclavage.

Deux personnes ont livré leur impression.

- Le curé de la paroisse de Coridon : « Cette matinée m’a permis de comprendre que la réparation est un chemin de libération et que ce n’est pas d’abord une question matérielle et financière. Mais c’est avant tout une rencontre pour apprendre à se connaître comme frères et sœurs créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Merci à l’OSPEM qui permet que les langues se délient et que la parole se libère. »

- Une participante, Sonia S-C D : « J’ai été ravie d’assister à cet échange sur ce thème car bien que cela se soit passé il y a des années, voire des siècles, cette douleur reste ancrée chez certains d’entre nous. Il y a eu une démarche pour que cela soit reconnu comme « crime contre l’humanité » mais elle semble ne pas suffire. Je reste tout de même optimiste car parmi nous, quelle que soit l’origine ou la couleur, j’ai le sentiment qu’il y a une réelle volonté de démystifier ce que notre peuple entend par réparation. Je retiens c’est qu’il n’y a pas de réparation sans passer par : le pardon, la réconciliation ensuite vient la réparation et cela pour tous, tant pour celui qui en est la cause que celui qui a subi, parce que cela a eu de graves conséquences psychiques de tout bord (un profond racisme qui n’a pas été guéri). Ce qu’il faut retenir c’est que nous sommes la preuve de la survie et nous aurons tous à répondre de nos actes, nous devrons paraître devant le Christ en vérité. L’éducation et l’estime de soi passe par une réparation, le vivre ensemble est primordial. »

Le prochain rendez-vous de l’OSPEM traitera du « problème identitaire en Martinique ».

Yves-Marie Grivalliers.

En savoir +

Renseignements complémentaires  :

Yves-Marie Grivalliers, coordinateur de l’OSPEM :

Tél. : 0696 85 22 00

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