Eglise catholique de Martinique
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        Le Pape François relance Laudato Si’

Le Pape François relance Laudato Si’

Réseau Laudato Si’ Martinique

Depuis le lancement de Cap 2025, Mgr David Macaire a créé le Réseau Laudato Si’ Martinique en partant du chantier Santé et Bien&Être d’Ecclesiam’2020.
L’objectif est de faire connaître l’encyclique du Pape François et de travailler à la sauvegarde de "notre maison commune" en proposant des actions concrètes à mener en Martinique.
Mardi 25 mai 2021, le Pape, après avoir clôturé l’année Laudato Si’, a lancé une nouvelle plate forme Laudato Si sur le net !


A la fin de cette année Laudato Si’ (Mai 2020 - Mai 2021), mardi 25 mai 2021, le Pape François lance la plate forme Laudato Si sur le net pour collecter les initiatives prises dans le monde entier.

Il nous demande en sept ans de transformer «  notre façon d’habiter le monde, nos styles de vie, notre relation avec les ressources de la terre et, en général, notre manière de regarder l’homme et de vivre notre vie »... « Nous avons besoin d’une nouvelle approche écologique ». :

« Je voudrais donc inviter tout le monde à aborder ce chemin ensemble ; je m’adresse en particulier à ces sept réalités  : les familles, les paroisses et diocèses, les écoles et universités, les hôpitaux, les entreprises et exploitations agricoles, les organisations, groupes et mouvements, et les instituts religieux. Travailler ensemble. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons créer l’avenir que nous voulons : un monde plus inclusif, fraternel, pacifique et durable.

Sur ce chemin qui durera sept ans , nous nous laisserons guider par les sept objectifs de l’encyclique Laudato si’, qui nous indiqueront la direction tandis que nous mettons en œuvre la vision de l’écologie intégrale : la réponse au cri de la terre, la réponse au cri des pauvres, l’économie écologique, l’adoption d’un style de vie simple, l’éducation écologique, la spiritualité écologique et l’engagement communautaire.

Il y a une espérance . Nous pouvons tous collaborer, chacun avec sa culture et son expérience, chacun avec ses initiatives et ses capacités, pour que notre mère la terre retrouve sa beauté originelle et que la création recommence à resplendir selon le projet de Dieu.

Que Dieu bénisse chacun de vous et qu’il bénisse notre mission de reconstruire notre maison commune.

Merci ! »

https://youtu.be/IfW85fxvi0o

Le Réseau Laudato Si’ Martinique s’est inscrit le mardi 25 mai 2021 sur cette nouvelle plate-forme voulue par le Pape François.

https://plate-formedactionlaudatosi.org/

Découvrez les plus belles citations du Pape François dans Laudato Si’ avec le Réseau Laudato Si’ Martinique, une vidéo réalisée par Norbert Nobour, sa famille et ses amis

https://www.facebook.com/michel.deglise/videos/1462269460777194

Présentation synthétique de Laudato Si

L’Encyclique tire son titre de l’invocation de Saint François d’Assise, « Loué sois-tu, mon Seigneur » qui, dans le Cantique des Créatures, rappelle que la Terre, notre maison commune, « est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts ». Nous-mêmes « nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure ».

Cette lettre encyclique du 24 mai 2015 a été tendue publique le 18 Juin 2015. C’est la Seconde Encyclique du Pape, a précisé le Pape François.

Texte construit en six chapitres qui se veulent un appel confiant à la responsabilité politique des hommes, à leur conscience morale, afin de prendre soin de notre « Maison Commune » qu’est la Terre.

Le Saint Père a fait appel à de nombreux experts scientifiques en collaborant étroitement avec le Conseil Pontifical Justice et Assise.

Le document commence par faire le constat de la situation écologique et Humaine de la planète.

● Chapitre 1 : Ce qui se passe dans notre Maison Commune

● Chapitre 2 : Présente l’Evangile de la création affirme les convictions de la foi

● Chapitre 3 : Interroge la racine Humaine de la crise écologique

● Chapitre 4 : Met en relief la rotation d’écologie intégrale sur le cœur de l’Encyclique

● Chapitre 5 : Trace les grandes lignes du dialogue et des orientations et actions possibles

● Chapitre 6 : Souligne l’importance de l’éducation et de la spiritualité écologique.

Un des aspects de ce grand texte est de nous rappeler que, puisque « tout est lié », cette nature que nous contemplons et qui nous émerveille tant est avant tout le fruit d’une création, d’un acte original à l’initiative libre et exclusive de Dieu.

I. CE QUI SE PASSE DANS NOTRE MAISON (17-18)

Ce chapitre inclut les dernières découvertes scientifiques sur l’environnement comme une façon d’écouter le cri de la création, « transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde, et ainsi de reconnaître la contribution que chacun peut apporter ».

1. Pollution et changement climatique
Pollution, ordure et culture du déchet
Le climat comme bien commun
2. La question de l’eau
3. La perte de biodiversité
4. Détérioration de la qualité de la vie humaine et dégradation sociale
5. Inégalité planétaire
6. La faiblesse des réactions
7. Diversité d’opinions

1. Pollution, ordure et culture du déchet : la pollution affecte la vie quotidienne des personnes, avec de graves conséquences sur leur santé, provoquant des millions de décès prématurés, pendant que « la terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir. Il y a la « culture du déchet », à laquelle nous devrions nous opposer en adoptant des productions basées sur la réutilisation et le recyclage, limitant de la sorte l’usage des ressources non renouvelables.

- Le changement climatique : « est un problème global aux graves répercussions environnementales, sociales, économiques, distributives et politiques ». Préserver le climat, qui est un bien commun, « constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité ». Le changement climatique affecte des populations entières et est l’une des causes de la migration.

2. La question de l’eau : des populations entières, en particulier les enfants, tombent malades et meurent en consommant de l’eau insalubre, pendant que la pollution des flancs aquifères avance en raison de décharges d’usines et des villes.

3. La perte de biodiversité : L’écosystème est modifié par l’extinction des espèces animales et végétales causée par l’humanité dont nous ne pouvons même pas prévoir les conséquences pour le futur. « Chaque année, disparaissent des milliers d’espèces végétales et animales que nous ne pourrons plus connaître, que nos enfants ne pourront pas voir, perdues pour toujours ». « Toutes les créatures sont liées, chacune doit être valorisée avec affection et admiration, et tous en tant qu’êtres, nous avons besoin les uns des autres ». Il est donc nécessaire de prendre soin de ces lieux qui concourent à l’équilibre de l’écosystème et donc de la vie.

4. Détérioration de la qualité de la vie humaine et dégradation sociale : Le modèle actuel de développement affecte directement la qualité de la vie de la plus grande partie de l’humanité, montrant comment « la croissance de ces deux derniers siècles n’a pas signifié sous tous ses aspects un vrai progrès intégral ni une amélioration de la qualité de vie ».

5. Inégalité planétaire : « la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière spéciale les plus faibles de la planète » qui constituent la majeure partie de la population mondiale. Dans les débats économique et politique internationaux, ils sont considérés comme un pur dommage collatéral. Pourtant « une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres ».

6. La faiblesse des réactions : Conscient de profondes divergences concernant différentes problématiques abordées, le Pape François est profondément affecté par la « faiblesse des réactions » face aux drames de tant de personnes et populations.

II. L’ÉVANGILE DE LA CRÉATION

Le Pape François relit les récits de la Bible et offre une vision totale provenant de la tradition judéo-chrétienne, explicitant la « terrible responsabilité » de l’être humain vis-à-vis de la création, le lien intime entre toutes les créatures et le fait que « l’environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l’humanité, sous la responsabilité de tous ».

1. La lumière qu’offre la foi
2. La sagesse des récits bibliques
3. Le mystère de l’univers
4. Le message de chaque créature dans l’harmonie de toute la création
5. Une communion universelle
6. La destination commune des biens
7. Le regard de Jésus

1. Le mystère de l’univers : La complexité de la crise écologique nécessite un dialogue multiculturel et pluridisciplinaire qui inclut la spiritualité et la religion. La foi offre « de grandes motivations pour la protection 5 de la nature et des frères et sœurs les plus fragiles ».

2. La sagesse des récits bibliques : Le récit de la création est central pour réfléchir sur le rapport entre l’être humain et les autres créatures et sur comment le péché est à la base du déséquilibre de toute la création : « Ces récits suggèrent que l’existence humaine repose sur trois relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain, et avec la terre. Selon la Bible, les trois relations vitales ont été rompues, non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de nous. Cette rupture est le péché ». La terre est un don, et non une propriété, qui nous a été donné pour l’administrer, pas pour le détruire. C’est pour cela que nous devons respecter les lois de la nature, car chaque création a sa bonté. Les psaumes nous invitent d’ailleurs à louer le Créateur.

3. Le mystère de l’univers : « la création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous ». Il est responsable de la création qui a été confiée à ses soins. Sa liberté est un mystère qui peut promouvoir le développement ou la dégradation de cette création.

4. Le message de chaque créature dans l’harmonie de toute la création : « chaque créature a une fonction et qu’aucune n’est superflue. L’univers dans son ensemble et dans sa complémentarité exprime la richesse inépuisable de Dieu ; c’est le lieu de sa présence où il nous invite à l’adoration.

5. Une communion universelle : « créés par le même Père, nous et tous les êtres de l’univers, sommes unis par des liens invisibles, et formons une sorte de famille universelle, une communion sublime qui nous pousse à un respect sacré, tendre et humble ». « Le sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne peut pas être réel si en même temps il n’y a pas dans le cœur de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les autres êtres humains ».

6. La destination commune des biens : « la terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous » et la personne qui en possède une part est appelée à l’administrer dans le respect de l’hypothèque sociale qui pèse sur n’importe quelle propriété.

7. Le regard de Jésus : Jésus invite « à reconnaître la relation paternelle que Dieu a avec toutes ses créatures » et vivre « en pleine harmonie avec la création », sans mépris pour le corps, la matière ou les choses agréables de la vie

III. LA RACINE HUMAINE DE LA CRISE ÉCOLOGIQUE

Ce chapitre présente une analyse de la situation actuelle, « pour que nous ne considérions pas seulement les symptômes, mais aussi les causes les plus profondes ».

1. La technologie : créativité et pouvoir
2. La globalisation du paradigme technocratique
3. Crise et conséquences de l’anthropocentrisme moderne
Le relativisme pratique
La nécessité de préserver le travail
L’innovation biologique à partir de la recherche

1. La technologie : créativité et pouvoir : il est juste d’apprécier et reconnaître les bienfaits du progrès technologique pour sa contribution à un développement durable. Cependant, la technologie « donnent à ceux qui ont la connaissance, et surtout le pouvoir économique d’en faire usage, une emprise impressionnante sur l’ensemble de l’humanité et sur le monde entier ». L’humanité a besoin d’« une éthique solide, une culture et une spiritualité ».

2. La globalisation du paradigme technocratique : la mentalité technocratique dominante conçoit toutes les réalités comme un objet à manipuler indéfiniment. C’est là un réductionnisme qui implique toutes les dimensions de la vie. La technologie n’est pas neutre : elle opère des « choix sur le type de vie sociale que l’on veut développer »

3. Crise et conséquences de l’anthropocentrisme moderne : en plaçant la raison technique au-dessus de toute réalité, l’anthropocentrisme moderne ne reconnaît pas la nature comme norme et comme refuge. Il perd ainsi la possibilité de comprendre quelle est la place de l’être humain dans le monde et sa relation avec la nature, alors que « la façon correcte d’interpréter le concept d’être humain comme ‘’seigneur’’ de l’univers est plutôt celle de le considérer comme administrateur responsable »

- Le relativisme pratique : c’est la conséquence de l’anthropocentrisme dévié : « tout devient relatif si les intérêts de circonstance ne sont pas satisfaits ». Cette logique explique « comment certaines attitudes, qui provoquent en même temps la dégradation de l’environnement et la dégradation sociale, s’alimentent mutuellement […]

- La nécessité de préserver le travail : dans l’écologie intégrale « est indispensable d’incorporer la valeur du travail » (124). Tous doivent y avoir accès car le travail « fait partie du sens de la vie sur cette terre, chemin de maturation, de développement humain et de réalisation personnelle »

- L’innovation biologique à partir de la recherche : la question des organismes génétiquement modifiés (OGM) est ici la référence principale car ils constituent « une question d’environnement complexe ». Bien que « dans certaines régions, leur utilisation est à l’origine d’une croissance économique qui a aidé à résoudre des problèmes, il y a des difficultés importantes qui ne doivent pas être relativisées ».

IV. UNE ÉCOLOGIE INTÉGRALE

Le cœur de la proposition de l’encyclique est l’écologie intégrale comme un nouveau paradigme de la justice, une écologie « qui incorpore la place spécifique de l’être humain dans ce monde et ses relations avec la réalité qui l’entoure ».

Il existe un lien inséparable entre les questions environnementales et les questions sociales et humaines. « Aujourd’hui l’analyse des problèmes environnementaux est inséparable de l’analyse des contextes humains, familiaux, de travail, urbains, et de la relation de chaque personne avec elle-même ».

1. L’écologie environnementale, économique et sociale
2. L’écologie culturelle
3. L’écologie de la vie quotidienne
4. Le principe du bien commun
5. La justice entre générations

1. L’écologie environnementale, économique et sociale : tout est lié. Le temps et l’espace, les composants physiques, chimiques et biologiques de la planète forment un réseau que nous ne finirons jamais de comprendre.

2. L’écologie culturelle : « l’écologie suppose aussi la préservation des richesses culturelles de l’humanité » (143) dans leur variété, dans leur sens plus large. Il est nécessaire d’intégrer la prospective de droits des peuples et des cultures avec la participation des acteurs sociaux à partir de leur propre culture, avec une « une attention spéciale aux communautés aborigènes ».

3. L’écologie de la vie quotidienne : l’écologie intégrale investit également la vie quotidienne, à laquelle l’Encyclique accorde une attention spécifique, en particulier en milieu urbain. L’être humain a une grande capacité d’adaptation et « la créativité et la générosité sont admirables de la part de personnes comme de groupes qui sont capables de transcender les limites de l’environnement, […] en apprenant à orienter leur vie au milieu du désordre et de la précarité ». Aussi, « notre propre corps nous met en relation directe avec l’environnement et avec les autres êtres vivants. L’acceptation de son propre corps comme don de Dieu est nécessaire pour accueillir et pour accepter le monde tout entier comme don du Père et maison commune ; tandis qu’une logique de domination sur son propre corps devient une logique, parfois subtile, de domination sur la création ».

4. Le principe du bien commun : l’écologie intégrale est inséparable de la notion du bien commun ; dans le monde contemporain, « où il y a tant d’inégalités et où sont toujours plus nombreuses les personnes marginalisées, privées des droits humains fondamentaux », s’engager pour le bien commun signifie faire des choix solidaires sur base d’« une option préférentielle pour les plus pauvres ».

5. La justice entre générations : le bien commun concerne aussi les générations futures : « On ne peut plus parler de développement durable sans une solidarité intergénérationnelle », sans pour autant oublier les pauvres d’aujourd’hui à qui il reste peu de temps sur cette terre et qui ne peuvent pas encore attendre.

V. QUELQUES LIGNES D’ORIENTATION ET D’ACTION

Ce chapitre aborde la question de ce que nous pouvons et devons faire. Les analyses seules ne suffisent pas : il faudrait des propositions « de dialogue et d’action qui concernent aussi bien chacun de nous que la politique internationale » et « à même de nous aider à sortir de la spirale d’autodestruction dans laquelle nous nous enfonçons ».

1. Le dialogue sur l’environnement dans la politique internationale
2. Le dialogue en vue de nouvelles politiques nationales et locales
3. Dialogue et transparence dans les processus de prise de décisions
4. Politique et économie en dialogue pour la plénitude humaine
5. Les religions dans le dialogue avec les sciences

1. Le dialogue sur l’environnement dans la politique internationale : « L’interdépendance nous oblige à penser à un monde unique, à un projet commun », proposant des solutions « dans une perspective globale, et pas seulement pour défendre les intérêts de certains pays ». L’Encyclique a le courage de formuler un jugement sévère sur les dynamiques internationales récentes.

2. Le dialogue en vue de nouvelles politiques nationales et locales : au niveau local « on peut […] susciter une plus grande responsabilité, un fort sentiment communautaire, une capacité spéciale de protection et une créativité plus généreuse » pour sa propre terre. La politique et l’économie doivent abandonner la logique basée uniquement sur l’efficacité, qui est de courte durée, focalisée sur le profit et sur le succès électoral à court terme.

3. Dialogue et transparence dans les processus de prise de décisions : évaluer et analyser les entreprises en termes de condition environnementale et sociale est nécessaire afin de ne pas porter préjudices aux plus faibles. Il est nécessaire de favoriser le développement du processus de prise de décision honnête et transparent, pour pouvoir « discerner » quelle politique et initiative managériale mènent à « un véritable développement intégral ».

4. Politique et économie en dialogue pour la plénitude humaine : partant de la crise mondiale, il faudrait « une nouvelle économie plus attentive aux principes éthiques, et pour une nouvelle régulation de l’activité financière spéculative », aussi puisque « l’environnement fait partie de ces biens que les mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de promouvoir de façon adéquate ». Avec un regard différent, nous pouvons nous rendre compte que « ralentir un rythme déterminé de production et de consommation peut donner lieu à d’autres formes de progrès et de développement.

5. Les religions dans le dialogue avec les sciences : les sciences empiriques n’expliquent pas pleinement la vie et les solutions techniques seront inefficaces « si l’on oublie les grandes motivations qui rendent possibles la cohabitation, le sacrifice, la bonté ». Il faudra inviter les croyants à être cohérents avec leur foi et ne pas la contredire avec leurs actions. Les religions doivent entrer dans « un dialogue en vue de la protection de la nature, de la défense des pauvres, de la construction de réseaux de respect et de fraternité »

VI. EDUCATION ET SPIRITUALITE ECOLOGIQUES

Le dernier chapitre va au cœur de la conversion écologique qui est l’invitation de cette Encyclique. Les défis centraux ici c’est l’éducation et la formation : « tout changement a besoin de motivations et d’un chemin éducatif ». Et tous les secteurs éducatifs sont impliqués, principalement « l’école, la famille, les moyens de communication, la catéchèse ».

1. Miser sur un autre style de vie
2. Éducation pour l’alliance entre l’humanité et l’environnement
3. La conversion écologique
4. Joie et paix
5. Amour civil et politique
6. Les signes sacramentaux et le repos pour célébrer
7. La Trinité et la relation entre les créatures
8. La Reine de toute la création
9. Au-delà du soleil

1. Miser sur un autre style de vie : malgré le relativisme pratique et la culture du consumérisme, « tout n’est pas perdu, parce que les êtres humains, capables de se dégrader à l’extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se régénérer, au-delà de tous les conditionnements mentaux et sociaux qu’on leur impose ». « Quand nous sommes capables de dépasser l’individualisme, un autre style de vie peut réellement se développer et un changement important devient possible dans la société ».

2. Éducation pour l’alliance entre l’humanité et l’environnement : on ne peut pas sous-estimer l’importance de l’éducation environnementale capable de changer les gestes et habitudes quotidiens, de la réduction de la consommation d’eau au triage des déchets ménagers, jusqu’à « éteindre les lumières inutiles ».

3. La conversion écologique : la foi et la spiritualité chrétiennes offrent de profondes motivations « pour alimenter la passion de la préservation du monde », en suivant le modèle de saint François d’assise et sachant que le changement climatique individuel n’est pas suffisant : « On répond aux problèmes sociaux par des réseaux communautaires ». La conversion écologique implique gratitude et gratuité et développe la créativité et l’enthousiasme.

4. Joie et paix : revient ici le chemin proposé dans Evangelii gaudium : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice », tout comme « le bonheur requiert de savoir limiter certains 11 besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie ». « S’arrêter pour rendre grâce à Dieu avant et après les repas est une expression de cette attitude ».

5. Amour civil et politique : « Une écologie intégrale est aussi faite de simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme », tout comme il existe une dimension civique et politique de l’amour : « L’amour de la société et l’engagement pour le bien commun sont une forme excellente de charité ».

6. Les signes sacramentaux et le repos pour célébrer : Dieu, nous le rencontrons non seulement dans l’intimité, mais aussi dans la contemplation de la création qui apporte un signe de son mystère. Les sacrements montrent de manière privilégiée comment la nature a été assumée par Dieu. Le christianisme ne rejette pas la matière et la corporéité, mais il les valorise pleinement.

7. La Trinité et la relation entre les créatures : « Pour les chrétiens, croire en un Dieu qui est un et communion trinitaire, incite à penser que toute la réalité contient en son sein une marque proprement trinitaire ». La personne est aussi appelée à assumer le dynamisme de la Trinité, en sortant d’elle-même « pour vivre en communion avec Dieu, avec les autres et avec toutes les créatures ».

8. La Reine de toute la création : Marie, qui a pris soin de Jésus, vit maintenant avec Lui et est Mère et Reine de toute la création : « toutes les créatures chantent sa beauté ». À ses côtés, Joseph est présenté dans l’Évangile comme un homme juste et travailleur, d’une grande tendresse de ceux qui sont vraiment forts. Lui et Marie peuvent nous enseigner et nous motiver à prendre soin de ce monde que Dieu nous a confié.

9. Au-delà du soleil : À la fin, nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu : « La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés ».

Sept clés de lecture pour décrypter l’encyclique Laudato Si’ (Loué sois-tu)

(1) La conviction que « tout est lié » dans le monde

« Nous ne pouvons concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes enchevêtrés avec elle. » LS 139

(2) La terre nous précède et nous a été donnée

« Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir. » LS 78

(3) L’appel à la conversion écologique : conversion intérieure et spirituelle.

« Nous devons examiner nos vies et reconnaître de quelle façon nous offensons la création de Dieu par nos actions et notre incapacité d’agir. Nous devons faire l’expérience d’une conversion, d’un changement du cœur. » LS 218

(4) L’incitation à passer de la « culture du déchet » à la « culture du prendre soin

Le Pape « nous propose de passer de la consommation au sacrifice, de l’avidité à la générosité, du gaspillage à la capacité de partager, dans une ascèse qui « signifie apprendre à donner, et non simplement à renoncer. C’est une manière d’aimer, de passer progressivement de ce que je veux à ce dont le monde de Dieu a besoin. C’est la libération de la peur, de l’avidité, de la dépendance. » LS 9

(5) L’invitation à cultiver un nouveau style de vie : « la sobriété heureuse ».

Pour le Pape, il faut plus de liens, moins de biens : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire. On peut vivre intensément avec peu. » LS 223

(6) La proposition d’un changement de vision du monde : Dialogue et solidarité.

Condition de la solidarité, « le dialogue est une exigence » posée par le Pape qui « invite à un débat honnête et transparent, pour que les besoins particuliers ou les idéologies n’affectent pas le bien commun. » LS 188

(7) L’Action et l’Engagement vers un monde renouvelé : chemin d’espérance.

Pour le Pape, « Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités. » LS 14 « C’est pourquoi, l’Église a proposé au monde l’idéal d’une civilisation de l’amour ; l’amour social est la clef d’un développement authentique. » LS 231

L’encyclique se termine par une double prière : « une pour tous ceux qui croient en un Dieu créateur, l’autre pour les chrétiens pour que nous sachions assumer les engagements que nous propose l’Evangile de Jésus en faveur de la Création. » LS 246

Le diocèse de Martinique a obtenu le label Eglise Verte

Dans Laudato Si’, le pape François nous demande de prendre soin de la Création : dans plusieurs paroisses, établissements scolaires catholiques, ou communautés religieuses, des fidèles ont travaillé à la renaissance des jardins créoles et des jardins partagés.

Dans l’émission de Dieu M’est Témoin, consacrée à l’Eglise verte en Outre-Mer, deux reportages sont consacrés aux jardins et aux jardiniers du diocèse de Martinique (à partir de la 7ème minute) :

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Par courrier :

Réseau Laudato Si’ Martinique

Archevêché
5 - 7 Rue du Révérend Père Pinchon
97200 Fort de France

Téléphone : Nicole Déglise, Responsable diocésaine : 0696 241157



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