Eglise catholique de Martinique
https://martinique.catholique.fr/spip.php?page=imprimer_rubrique&id_rubrique=307&lang=fr

Vocations



Journée mondiale de prière pour les vocations

 

25 avril 2015 2015 par Michel DEGLISE

Dimanche 26 avril 2015, 52ème Journée mondiale de prière pour les vocations, Mgr David Macaire présidera la messe de 10h30, à la cathédrale Saint Louis, avec à ses côtés la pastorale des jeunes et celle des vocations du district de la cathédrale. Notre archevêque a souligné, lors de son ordination épiscopale, la nécessité de susciter des vocations dans les familles chrétiennes et d’aider les jeunes à répondre à l’appel que le Seigneur leur lance. En cette journée, le père Emmanuel Chaulvet, délégué de l’Evêque aux vocations et le service diocésain des Vocations invitent les jeunes, de 9h30 à 16h00, au Foyer Dominique Savio pour une rencontre jeunes hommes et jeunes femmes. Après le partage de l’eucharistie à l’église de Redoute à 9h30, la journée se poursuivra au Foyer. N’oubliez surtout pas de porter votre repas.
Prions donc pour que de nouvelles vocations sacerdotales et religieuses naissent dans notre diocèse. Découvrez à cette occasion, le message du Saint-Père, intitulé : "L’exode, expérience fondamentale de la vocation".

"Tous aimés et appelés"

« Chers frères et sœurs,

Le quatrième dimanche de Pâques nous présente l’icône du Bon Pasteur qui connaît ses brebis, les appelle, les nourrit et les conduit. En ce dimanche, depuis plus de 50 ans, nous vivons la Journée mondiale de prière pour les Vocations. Elle nous rappelle chaque fois l’importance de prier pour que, comme a dit Jésus à ses disciples, « le maître de la moisson envoie des ouvriers pour sa moisson » (cf. Lc 10, 2). Jésus exprime ce commandement dans le contexte d’un envoi missionnaire : il a appelé, outre les douze apôtres, soixante-douze autres disciples et il les envoie deux par deux pour la mission (Lc 10, 1-16). En effet, si l’Église « est par sa nature missionnaire » (Conc. Œcum. Vat. II Décret Ad gentes, n. 2), la vocation chrétienne ne peut que naître à l’intérieur d’une expérience de mission. Aussi, écouter et suivre la voix du Christ Bon Pasteur, en se laissant attirer et conduire par lui et en lui consacrant sa vie, signifie permettre que l’Esprit-Saint nous introduise dans ce dynamisme missionnaire, en suscitant en nous le désir et le courage joyeux d’offrir notre vie et de la dépenser pour la cause du Royaume de Dieu.

L’offrande de sa vie dans cette attitude missionnaire est possible seulement si nous sommes capables de sortir de nous-mêmes. En cette 52ème Journée mondiale de prière pour les Vocations, je voudrais donc réfléchir sur cet “exode” particulier qu’est la vocation, ou, mieux, notre réponse à la vocation que Dieu nous donne. Quand nous entendons la parole “exode”, notre pensée va immédiatement aux débuts de la merveilleuse histoire d’amour entre Dieu et le peuple de ses enfants, une histoire qui passe à travers les jours dramatiques de l’esclavage en Égypte, l’appel de Moïse, la libération et le chemin vers la Terre promise. Le livre de l’Exode – le second livre de la Bible –, qui raconte cette histoire, représente une parabole de toute l’histoire du salut, et aussi de la dynamique fondamentale de la foi chrétienne. En effet, passer de l’esclavage de l’homme ancien à la vie nouvelle dans le Christ est l’œuvre rédemptrice qui advient en nous par la foi (Ep 4, 22-24). Ce passage est un “exode” véritable et particulier, c’est le chemin de l’âme chrétienne et de l’Église entière, l’orientation décisive de l’existence tournée vers le Père.

À la racine de chaque vocation chrétienne, il y a ce mouvement fondamental de l’expérience de foi : croire veut dire se laisser soi-même, sortir du confort et de la rigidité du moi pour centrer notre vie en Jésus Christ ; abandonner comme Abraham sa propre terre en se mettant en chemin avec confiance, sachant que Dieu indiquera la route vers la nouvelle terre. Cette “sortie” n’est pas à entendre comme un mépris de sa propre vie, de sa propre sensibilité, de sa propre humanité ; au contraire, celui qui se met en chemin à la suite du Christ trouve la vie en abondance, en se mettant lui-même tout entier à la disposition de Dieu et de son Royaume. Jésus dit : « Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle » (Mt 19, 29). Tout cela a sa racine profonde dans l’amour. En effet, la vocation chrétienne est surtout un appel d’amour qui attire et renvoie au-delà de soi-même, décentre la personne, amorçant « un exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu » (Benoît xvi, Lett. enc. Deus caritas est, n.6).

L’expérience de l’exode est un paradigme de la vie chrétienne, en particulier de celui qui embrasse une vocation de dévouement particulier au service de l’Évangile. Il consiste en une attitude toujours renouvelée de conversion et de transformation, dans le fait de rester toujours en chemin, de passer de la mort à la vie ainsi que nous le célébrons dans toute la liturgie : c’est le dynamisme pascal. Au fond, depuis l’appel d’Abraham à celui de Moïse, depuis le chemin pérégrinant d’Israël dans le désert à la conversion prêchée par les prophètes, jusqu’au voyage missionnaire de Jésus qui culmine dans sa mort et sa résurrection, la vocation est toujours cette action de Dieu qui nous fait sortir de notre situation initiale, nous libère de toute forme d’esclavage, nous arrache à nos habitudes et à l’indifférence et nous projette vers la joie de la communion avec Dieu et avec les frères. Répondre à l’appel de Dieu, donc, c’est le laisser nous faire sortir de notre fausse stabilité pour nous mettre en chemin vers Jésus Christ, terme premier et dernier de notre vie et de notre bonheur.

Cette dynamique de l’exode ne concerne pas seulement l’appel particulier, mais l’action missionnaire et évangélisatrice de toute l’Église. L’Église est vraiment fidèle à son Maître dans la mesure où elle est une Église “en sortie”, sans être préoccupée d’elle-même, de ses structures et de ses conquêtes, mais plutôt capable d’aller, de se mouvoir, de rencontrer les enfants de Dieu dans leur situation réelle et de com-patir à leurs blessures. Dieu sort de lui-même dans une dynamique trinitaire d’amour, écoute la misère de son peuple et intervient pour le libérer (Ex 3, 7). L’Église est aussi appelée à cette manière d’être et d’agir : l’Église qui évangélise sort à la rencontre de l’homme, annonce la parole libératrice de l’Évangile, prend soin avec la grâce de Dieu des blessures des âmes et des corps, relève les pauvres et ceux qui sont dans le besoin.

Chers frères et sœurs, cet exode libérateur vers le Christ et vers les frères représente aussi le chemin vers la pleine compréhension de l’homme et pour la croissance humaine et sociale dans l’histoire. Écouter et accueillir l’appel du Seigneur n’est pas une question privée et intimiste qui peut se confondre avec l’émotion du moment ; c’est un engagement concret, réel et total, qui embrasse notre existence et la met au service de la construction du Royaume de Dieu sur la terre. Par conséquent, la vocation chrétienne, enracinée dans la contemplation du cœur du Père, pousse en même temps à l’engagement solidaire en faveur de la libération des frères, surtout des plus pauvres. Le disciple de Jésus a le cœur ouvert à son horizon immense, et son intimité avec le Seigneur n’est jamais une fuite de la vie et du monde mais, au contraire, « se présente essentiellement comme communion missionnaire » (Exhort. Apost. Evangelii gaudium, n. 23).

Cette dynamique d’exode vers Dieu et vers l’homme remplit la vie de joie et de sens. Je voudrais le dire surtout aux plus jeunes qui, en raison de leur âge et de la vision de l’avenir qui s’ouvre devant leurs yeux, savent être disponibles et généreux. Parfois, les inconnues et les préoccupations pour l’avenir et l’incertitude qui entache le quotidien risquent de paralyser leurs élans, de freiner leurs rêves au point de penser qu’il ne vaut pas la peine de s’engager et que le Dieu de la foi chrétienne limite leur liberté. Au contraire, chers jeunes, n’ayez pas peur de sortir de vous-même et de vous mettre en chemin ! L’Évangile est la Parole qui libère, transforme et rend plus belle notre vie. Comme il est beau de se laisser surprendre par l’appel de Dieu, d’accueillir sa Parole, de mettre les pas de votre existence dans les pas de Jésus, dans l’adoration du mystère divin et du dévouement généreux aux autres ! Votre vie deviendra chaque jour plus riche et plus joyeuse !

La Vierge Marie, modèle de toute vocation, n’a pas craint de prononcer son “fiat” à l’appel du Seigneur. Qu’elle vous accompagne et qu’elle vous guide. Avec le courage généreux de la foi, Marie a chanté la joie de sortir d’elle-même et de confier à Dieu ses projets de vie. Nous nous adressons à elle pour être pleinement disponibles au dessein que Dieu a sur chacun de nous ; pour que grandisse en nous le désir de sortir et d’aller, avec sollicitude, vers les autres (cf. Lc 1, 39). Que la Vierge Mère nous protège et qu’elle intercède pour nous tous ! »



 


Ordination sacerdotale

 

10 novembre 2014 2014 par Mgr Michel Méranville

Joie et fête pour le Diocèse de la Martinique ! Depuis cinq ans, il attendait ce grand jour : une ordination sacerdotale ! Mais qu’est-ce qu’une ordination ?
Le mot dérive du latin « ordinatio » qui désignait l’intégration dans un corps constitué. L’Eglise catholique se l’est approprié pour définir la célébration par laquelle un homme reçoit le sacrement de l’ordre, qui l’institue diacre ou prêtre.

Depuis des décades, les ordinations sacerdotales se sont faites rares à cause de la pénurie de vocations. De ce fait une ordination –surtout sacerdotale– est considérée comme un événement extraordinaire qui devient pain béni pour les médias.

Les feux de l’actualité se braquent sur l’ordinand (ainsi appelle-t-on le récipiendaire du sacrement). Il est promu héros du jour. Certains considèrent son ordination comme une réussite sociale lui conférant un statut particulier parmi ses congénères. D’autres y voient la reconnaissance de ses qualités et de ses mérites, ou encore le permis, enfin octroyé, de voler de ses propres ailes dans le champ de l’apostolat, loin des contraintes du séminaire. D’autres en profitent pour rappeler, même très succinctement, l’essentiel de ce qu’est une ordination.

Celui qui est ordonné prêtre, reçoit la puissance de l’Esprit Saint, non pas dans un intérêt particulier ou personnel, mais pour se laisser configurer au Christ Jésus qui s’est fait obéissant jusqu’à mourir sur une croix, venu dans notre monde non pour être servi mais pour servir.
Le prêtre est avant tout « serviteur » (en latin cela se dit Minister, d’où les mots ministère et ministre de notre vocabulaire ecclésiastique).

Le prêtre doit être prioritairement au service de la Parole de Dieu. Il doit annoncer l’Evangile (ce mot signifie Bonne Nouvelle) de Jésus-Christ. La prédication du prêtre n’a pas pour but de présenter sa personne ou ses idées personnelles ou son érudition, mais d’enseigner les mystères de Dieu, faire connaître Jésus-Christ et enseigner sa Parole.

Le prêtre est ordonné pour sanctifier le peuple de Dieu, en lui donnant les sacrements qui sont le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, le mariage et l’onction des malades ; le sommet de ces sacrements étant l’Eucharistie, communément appelée « la messe », pour laquelle, ainsi que pour le sacrement de la pénitence, le prêtre est principalement ordonné.

Le prêtre doit présider la prière du peuple de Dieu en évangélisant cette prière par l’écoute de la Parole de Dieu et le respect de la liturgie de l’Eglise.
Le prêtre doit diriger et organiser la communauté que l’Evêque lui confie, en se faisant aider par des « conseillers », se regroupant dans des « conseils » ad hoc. Cependant, le prêtre n’est ni le secrétaire général, ni le porte-parole d’une communauté ou d’une association quelle qu’elle soit, car il ne détient pas son autorité du peuple (ce qui est le propre d’une démocratie), mais du Christ, par l’intermédiaire de l’Eglise fondée sur les Apôtres, dont les Evêques sont les successeurs.

Au moment de son ordination, le futur prêtre est tenu de promettre obéissance à son Evêque et à ses successeurs, car les prêtres sont les collaborateurs des Evêques qui seuls ont le pouvoir de conférer le sacrement de l’Ordre, qui fait les diacres et les prêtres, et ce sont les Evêques qui donnent « juridiction » aux prêtres (notamment en ce qui concerne les trois pouvoirs qu’ils ont reçus du Christ : celui d’enseigner, celui de sanctifier et celui de gouverner l’Eglise).

Saint Ignace d’Antioche recommandait à ses prêtres : « Il est nécessaire, comme vous le faites, de ne jamais agir sans l’Evêque, mais d’être soumis aussi au presbyterium (l’ensemble des prêtres), comme aux Apôtres de Jésus-Christ, notre espérance. C’est en lui que nous serons, si nous vivons ainsi ».

Par-dessus tout, le prêtre a le devoir de se sanctifier. Saint Augustin reprochait à son clergé de se laisser facilement accaparer par des tâches extérieures, en négligeant sa propre sanctification.
Considérant tout cela, il est facile de réaliser que si devenir prêtre est un honneur, c’est aussi une lourde tâche : (honor onus, dit le vieil adage latin ; ce qui signifie littéralement « l’honneur est fardeau »). L’on comprend que les vocations soient rares dans le monde d’aujourd’hui, d’autant que l’ordination engage, non pour un temps délimité ou à certaine condition, mais pour toute la vie, par un sacrement qui imprime à l’âme un sceau indélébile : on est prêtre pour l’éternité.

Jésus disait à ses disciples : « Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». En ce jour où un jeune du pays accepte l’appel de l’Eglise à engager toute sa vie au service du Christ, en sacrifiant la possibilité d’une vie de famille et une carrière professionnelle prometteuse, il est normal de se réjouir et de rendre grâce à Dieu. Il est cependant aussi important, surtout si l’on est croyant, de prier pour les vocations sacerdotales et surtout de contribuer par tous les moyens à leur éclosion et leur réalisation.

Autrefois, nos célébrations religieuses s’achevaient toujours par cette prière : « Seigneur donnez-nous des prêtres ! Seigneur, donnez-nous de saints prêtres ! Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres ! » Jésus nous dit : « Demandez, vous recevrez. » Ecoutons donc son conseil.

Deux grands séminaristes sont en formation actuellement dans l’hexagone. Trois autres jeunes s’interrogent en ce moment sur l’appel qu’ils ressentent. Le Foyer Dominique Savio, à Redoute, existe dans le but d’aider les jeunes en recherche, à discerner leur vocation.

Dans toutes les paroisses, existe déjà, ou doit exister, un comité des vocations, tant sacerdotales que religieuses. Tout le peuple chrétien, prêtres, diacres, religieux et laïcs, sont invités à s’engager dans ce service des vocations, dont l’objectif est de permettre à notre Eglise d’avoir les prêtres dont elle a tant besoin.

Le Seigneur ne dort pas et il appelle toujours des ouvriers à sa vigne. L’ordination sacerdotale de cette année permettra-t-elle à tous de mieux entendre ses appels, et d’y répondre avec générosité ? La question reste posée !

+Michel Méranville, archevêque



 


Journée mondiale de prière pour les Vocations

 

5 mai 2014 2014 par Michel DEGLISE

Le quatrième Dimanche de Pâques, l’Église est appelée à prier pour les vocations. Pour le Saint-Père, les vocations sont "témoignage de la vérité". Nous vous proposons de retrouver le message du Pape François pour cette 51ème journée mondiale de prière pour les vocations.

Message du pape François

"Chers frères et sœurs !

1. L’Évangile raconte que « Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages... Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Alors il dit à ses disciples : “La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson” » (Mt 9, 35-38). Ces paroles nous surprennent, car nous savons tous qu’il faut d’abord labourer, semer et cultiver pour pouvoir ensuite, le moment venu, moissonner une récolte abondante. Jésus affirme en revanche que « la moisson est abondante ».

Mais qui a travaillé pour que le résultat soit tel ? Il n’y a qu’une seule réponse : Dieu. Évidemment, le champ dont parle Jésus est l’humanité, c’est nous. Et l’action efficace qui est à l’origine du « beaucoup de fruit » est la grâce de Dieu, la communion avec lui (cf. Jn 15, 5). La prière que Jésus sollicite de l’Église concerne donc la demande d’accroître le nombre de ceux qui sont au service de son Royaume. Saint Paul, qui a été l’un de ces “collaborateurs de Dieu”, s’est prodigué inlassablement pour la cause de l’Évangile et de l’Église. Avec la conscience de celui qui a personnellement expérimenté à quel point la volonté salvifique de Dieu est insondable, et l’initiative de la grâce est à l’origine de toute vocation, l’apôtre rappelle aux chrétiens de Corinthe : « Vous êtes le champ de Dieu » (1 Co 3, 9).

C’est pourquoi naît tout d’abord dans notre cœur l’étonnement pour une moisson abondante que Dieu seul peut accorder ; ensuite la gratitude pour un amour qui nous précède toujours ; enfin, l’adoration pour l’œuvre qu’il a accomplie, qui demande notre libre adhésion pour agir avec lui et pour lui.

2. Bien des fois nous avons prié avec les paroles du Psalmiste : « Il nous a faits et nous sommes à lui, nous son peuple, son troupeau » (Ps 100, 3) ; ou encore : « C’est Jacob que le Seigneur a choisi, Israël dont il a fait son bien » (Ps 135, 4). Eh bien, nous sommes la “propriété” de Dieu non pas au sens de la possession qui rend esclaves, mais d’un lien fort qui nous unit à Dieu et entre nous, selon un pacte d’alliance qui demeure pour l’éternité « car éternel est son amour » (Ps 136).

Dans le récit de la vocation du prophète Jérémie, par exemple, Dieu rappelle qu’il veille continuellement sur chacun, afin que sa Parole se réalise en nous. L’image adoptée est celle de la branche d’amandier qui fleurit avant tous les autres, annonçant la renaissance de la vie au printemps (cf. Jr 1, 11-12). Tout provient de lui et est don de lui ; le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir, mais — rassure l’apôtre — « vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 23). Voilà expliquée la modalité d’appartenance à Dieu : à travers le rapport unique et personnel avec Jésus, que le baptême nous a conféré dès le début de notre renaissance à une vie nouvelle. C’est donc le Christ qui nous interpelle sans cesse par sa Parole afin que nous mettions notre confiance en lui, en l’aimant « de tout notre cœur, de toute notre intelligence et de toute notre force » (cf. Mc 12, 33).

C’est pourquoi chaque vocation, malgré la pluralité des voies, demande toujours un exode de soi-même pour centrer sa propre existence sur le Christ et sur son Évangile. Que ce soit dans la vie conjugale, que ce soit dans les formes de consécration religieuse, que ce soit dans la vie sacerdotale, il faut dépasser les manières de penser et d’agir qui ne sont pas conformes à la volonté de Dieu. C’est un exode « qui nous conduit à un chemin d’adoration du Seigneur et de service à lui dans nos frères et sœurs » (Discours à l’Union internationale des supérieures générales, 8 mai 2013).

C’est pourquoi nous sommes tous appelés à adorer le Christ dans nos cœurs (cf. 1 P 3, 15), pour nous laisser rejoindre par l’impulsion de la grâce contenue dans la semence de la Parole, qui doit croître en nous et se transformer en service concret de notre prochain. Nous ne devons pas avoir peur : Dieu suit avec passion et habileté l’œuvre sortie de ses mains, à chaque saison de la vie. Il ne nous abandonne jamais ! Il a à cœur la réalisation de son projet sur nous, mais il entend cependant l’obtenir avec notre assentiment et notre collaboration.

3. Aujourd’hui aussi, Jésus vit et chemine dans les réalités de la vie ordinaire pour s’approcher de tous, à commencer par les derniers, et nous guérir de nos infirmités et de nos maladies. Je m’adresse à présent à ceux qui sont bien disposés à se mettre à l’écoute de la voix du Christ qui retentit dans l’Église, pour comprendre quelle est leur vocation propre.

Je vous invite à écouter et à suivre Jésus, à vous laisser transformer intérieurement par ses paroles qui « sont esprit et sont vie » (Jn 6, 63). Marie, la Mère de Jésus et la nôtre, nous répète à nous aussi : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Cela vous fera du bien de participer avec confiance à un chemin communautaire qui sache libérer en vous et autour de vous les meilleures énergies.

La vocation est un fruit qui mûrit dans le champ bien cultivé de l’amour réciproque qui se fait service mutuel, dans le contexte d’une authentique vie ecclésiale. Aucune vocation ne naît toute seule ou ne vit pour elle-même. La vocation jaillit du cœur de Dieu et germe dans la bonne terre du peuple fidèle, dans l’expérience de l’amour fraternel. Jésus n’a-t-il peut-être pas dit : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35) ?

4. Chers frères et sœurs, vivre cette « haute mesure de la vie chrétienne ordinaire » (cf. Jean-Paul II, Lett. apost. Novo millennio ineunte, n. 31), signifie parfois aller à contre-courant et comporte de rencontrer également des obstacles, en dehors de nous et en nous. Jésus lui-même nous avertit : la bonne semence de la Parole de Dieu est souvent volée par le Malin, bloquée par les difficultés, étouffée par des préoccupations et des séductions mondaines (cf. Mt 13, 19-22).

Toutes ces difficultés pourraient nous décourager, en nous faisant nous replier sur des voies apparemment plus commodes. Mais la véritable joie des appelés consiste à croire et à faire l’expérience que le Seigneur, lui, est fidèle, et qu’avec lui nous pouvons marcher, être des disciples et des témoins de l’amour de Dieu, ouvrir notre cœur à de grands idéaux, à de grandes choses. « Nous chrétiens nous ne sommes pas choisis par le Seigneur pour de petites bricoles, allez toujours au-delà, vers les grandes choses. Jouez votre vie pour de grands idéaux ! » (Homélie lors de la messe pour les confirmations, 28 avril 2013).

À vous évêques, prêtres, religieux, communautés et familles chrétiennes, je demande d’orienter la pastorale des vocations dans cette direction, en accompagnant les jeunes sur des itinéraires de sainteté qui, étant personnels, « exigent une vraie pédagogie de la sainteté qui soit capable de s’adapter aux rythmes des personnes. Cette pédagogie devra intégrer aux richesses de la proposition adressée à tous les formes traditionnelles d’aide personnelle et de groupe, et les formes plus récentes apportées par les associations et par les mouvements reconnus par l’Église » (Jean-Paul II, Lett. apost. Novo millennio ineunte, n. 31).

Disposons donc notre cœur à être une “bonne terre” pour écouter, accueillir et vivre la Parole et porter ainsi du fruit. Plus nous saurons nous unir à Jésus par la prière, la Sainte Écriture, l’Eucharistie, les Sacrements célébrés et vécus dans l’Église, par la fraternité vécue, plus grandira en nous la joie de collaborer avec Dieu au service du Royaume de miséricorde et de vérité, de justice et de paix. Et la récolte sera abondante, proportionnée à la grâce qu’avec docilité nous aurons su accueillir en nous.

Avec ce vœu, et en vous demandant de prier pour moi, je donne de tout cœur à tous ma Bénédiction apostolique."

Pape François



 


Conception et développement : bonnenouvelle.fr

https://martinique.catholique.fr/spip.php?page=imprimer_rubrique&id_rubrique=307&lang=fr

Radio Saint Louis en direct

Ma paroisse en un clic


ECCLESIA’M 2020 !



Radio Saint-Louis

Dans l'Eglise

Nouvelles du Vatican

Eglise de France

Dieu m'est témoin

Saint(s) du jour

Lectures du jour