Eglise catholique de Martinique
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Défendons la famille ! (2)

Seconde partie

Dans la seconde partie de cet enseignement qu’il a donné le dimanche 23 juin 2013, lors de la Fête de la Famille organisée à Ducos par radio Saint-Louis, Mgr Méranville insiste sur le sens du mariage chrétien.


Le mariage chrétien est le signe de la manière dont Dieu nous aime. Par Jésus-Christ et en Jésus-Christ, Dieu fait Alliance avec nous. Cette Alliance est telle que Dieu ne se contente pas de se manifester ou de nous visiter, mais en la personne de son Fils, le Verbe éternel, Dieu s’incarne, il prend chair, il devient l’un d’entre nous. Cette Alliance est le modèle du mariage chrétien.

Le mariage chrétien n’est pas un simple contrat. Un contrat comporte des conditions : Je te donne ceci et en échange, tu me donnes cela. Je t’aime si tu m’aimes, mais si tu ne m’aimes plus moi aussi je cesserai de t’aimer. Ça ce sont nos accords, nos contrats.
Mais le mariage chrétien, le mariage religieux, c’est un homme qui dit à une femme : « Je me donne à toi. » C’est une femme qui dit à un homme « Je me donne à toi. » Je me donne. Non pas : je me prête à toi. Ou je me donne à l’essai, si ça va, je reste avec toi ; si ça ne va pas, je te quitte.

Ce n’est pas de cette façon que Dieu nous aime. Pour Dieu, aimer c’est tout donner, sans condition. Dieu ne se reprend jamais quel que soit l’accueil que nous fassions à son don.
Donner, c’est faire cadeau. Un cadeau qui serait fait avec des conditions ne serait plus un cadeau, ce serait plutôt une affaire, un bisness , un échange, un troc… un cadeau a une dimension de gratuité.
Je te fais un cadeau parce que je t’aime. Je ne peux pas te facturer un cadeau ou attendre que tu me donnes l’équivalent en retour. Je ne peux pas te dire non plus : « Qu’as-tu fait de mon cadeau ? », car à partir du moment où je te l’ai donné, ce cadeau n’est plus à moi mais à toi et tu en disposes comme tu l’entends.
Bien entendu, lorsque le cadeau et bien accueilli par celui qui le reçoit, le donneur est rempli de joie. Il est sans doute triste lorsque le cadeau est mal compris et mal reçu. Mais c’est le risque que prend celui qui donne. C’est le risque que prend Dieu en nous aimant.

Le mariage chrétien est de cette nature c’est pourquoi un vrai mariage chrétien ne peut jamais être dissous. C’est pourquoi l’on parle de l’indissolubilité du mariage.
Un vrai mariage conclu librement, en toute connaissance de cause, sans empêchements dirimants, ne peut jamais être annulé.
Il y a de plus en plus de couples qui demandent l’annulation de leur mariage. Mais l’Église n’a aucun pouvoir de défaire ce que Dieu a uni. L’Église ne peut que constater la nullité du mariage en reconnaissant qu’il y a des causes qui ont rendu ce mariage nul de sorte qu’en fait, et même s’il a été célébré à l’Église, ce mariage n’a pas existé vraiment.

Prenons un premier exemple, celui de la consanguinité. On découvre que X et Y qui se sont mariés sont des demi-frères et sœurs, qui ignoraient qu’ils avaient le même père. L’Église déclare que leur mariage est nul. Ce n’est pas l’Église qui annule leur mariage. Mais il y a entre les deux conjoints un empêchement dirimant, celui de la consanguinité qui fait que ce mariage est nul à sa racine même. Donc, en fait, même s’il y a eu une belle cérémonie, ce mariage est nul, il n’a jamais existé. Et après avoir recherché les preuves, les témoignages de cet empêchement l’Église déclare que ce mariage est nul. Mais ce n’est pas l’Église qui annule, elle n’en a aucun pouvoir.

Prenons un autre exemple  : Jules a épousé Josette par peur du papa de Josette qui avait promis de le décapiter s’il ne réparait pas ainsi le fait d’avoir eu des relations sexuelles avec Josette. Jules ne voulait pas du tout épouser Josette mais la peur du coutelas lui a fait dire oui et le mariage a eu lieu. On peut prouver que c’est la peur qui a été à l’origine de ce mariage que Jules n’a jamais voulu. Alors on peut entamer une action en annulation au terme de laquelle l’Église constatant qu’ayant été marié de force, Jules n’a en fait jamais été marié. Elle déclare nul son mariage.

Dans chaque Diocèse, il y a une instance que l’on appelle « une Officialité » avec à sa tête un vicaire judiciaire agissant au nom de l’Évêque et chargé d’instruire les causes de plus en plus nombreuses de chrétiens qui, pour une raison ou une autre, souhaitent l’annulation de leur mariage.
Ce qu’il faut retenir en clair, c’est qu’ un mariage que l’on a voulu librement, en connaissance de cause et sans empêchement dirimant ne peut jamais être dissous. Précisons qu’ un empêchement dirimant est un empêchement absolu, qui annule un mariage, qu’il soit de bonne foi ou non. Comme par exemple celui de la consanguinité, ou de la violence ou du dol, etc…

C’est pourquoi le mariage chrétien suppose une bonne préparation.
Préparer son mariage, ce n’est pas seulement se soucier de louer à l’avance l’endroit où se déroulera la réception ou l’orchestre qui viendra animer le bal.
Il ne s’agit pas seulement de prévoir les costumes, la décoration de l’Église ou même les textes qui seront lus ce jour-là. Il s’agit surtout de prendre conscience que le mariage n’est pas simplement une cérémonie religieuse, mais l’engagement pour les époux, de s’aimer comme Dieu nous aime. C’est-à-dire, malgré les difficultés de se garder fidélité et cela pour toute la vie.
L’amour est un feu. Mais un feu ne se réduit pas à un feu de paille, sinon il s’éteint bien vite. Il faut peut être la paille pour l’allumer. Mais pour que le feu dure on va l’alimenter avec des buches ou du charbon de bois ou même des boulets de coke.

Il y a dans les paroisses des centres de préparation au mariage, des équipes formées pour accueillir les demandeurs. Il faut s’y prendre à l’avance, ne pas considérer comme une corvée ou comme une humiliation, le fait de suivre la préparation au mariage.
Le but de ces préparations n’est pas d’obtenir l’autorisation de se marier comme s’il fallait un laisser passer pour être admis par le prêtre à se marier à l’église.

La préparation au mariage est aussi l’occasion de redécouvrir Jésus-Christ et de prendre conscience qu’on décide de vivre le mariage non pas avec les critères du monde mais avec les siens, ceux de l’Evangile.
Hier soir, j’ai rencontré un monsieur qui m’a demandé de prier pour son couple qui devait fêter aujourd’hui ses 25 ans de mariage. Il me disait : il y a eu des hauts et des bas, nous avons tous deux fait des sacrifices, mais nous sommes là, heureux d’être ensemble.

Etre chrétien c’est découvrir qu’avec le Christ tout est possible. Certes, ce n’est jamais facile, mais on n’a rien sans peine. Il faut y mettre le prix.
Dans l’Évangile, le Christ nous dit : « Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt il porte beaucoup de fruit ». Le mariage chrétien comporte nécessairement des sacrifices.
L’amour conjugal vrai et bien compris, sans sous-estimer les autres fins du mariage, rend les époux chrétiens disponibles pour rendre gloire au Créateur en assumant le rôle de procréateur, c’est-à-dire en mettant au monde des enfants qu’ils auront à nourrir à protéger et à éduquer chrétiennement.
Le but du mariage chrétien est de fonder une famille. La famille est la cellule de base de la communauté humaine.

Le Fils de Dieu lui-même en s’incarnant a voulu naître dans une famille. Dans cette famille il a grandi, il a été protégé, éduqué. Il a même été réprimandé lors de son escapade dans le temple de Jérusalem au retour du pèlerinage de Pâques. Il était resté dans le temple alors que ses parents le croyaient avec des proches dans la caravane. Ils l’avaient cherché pendant trois jours. En le retrouvant, la Vierge Marie ne s’est pas empêchée de lui dire : « Mon enfant pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Vois, ton Père et moi nous te cherchions tout angoissés. »
C’est dans sa famille, auprès de Joseph que Jésus a appris un métier, celui de charpentier. C’est dans sa famille qu’il a appris à prier, à connaître les psaumes, à découvrir la liturgie.

La famille est appelée par Dieu à remplir une mission qui comporte plusieurs devoirs.
D’abord la famille doit former une communauté de personnes fondée par l’amour et vivifié par lui. Sans amour, la famille ne peut vivre, grandir et se perfectionner en tant que communauté de personnes.
La première communion est celle qui s’établit et se développe entre les époux : l’homme et la femme ne sont plus deux, mais une seule chair. Mais cette communion ne peut grandir sans écoute mutuel et sans partage et sans prière.

Les Équipes Notre-Dame (les END) qui forment une association où se regroupent des couples chrétiens, désireux de pérenniser leur vie de couples et de l’épanouir, disent que le secret de leur réussite, c’est la prière en commun et le devoir de s’asseoir, pour échanger à la lumière de l’Evangile.

Tout d’abord, La prière en commun : beaucoup de couples chrétiens ont pris l’habitude de prier, chacun de son côté. Prier ensemble est important. On ne peut prier ensemble si on est fâché l’un contre l’autre ou si l’on a mauvaise conscience. On est obligé de se réconcilier, de faire la paix et d’être aussi en paix devant Dieu pour prier ensemble.

Ensuite, Le devoir de s’asseoir est celui de prendre le temps de faire le point une fois par mois. De même qu’un épicier doit faire l’inventaire des denrées qu’il a dans sa boutique pour savoir ce qu’il a vendu, quel stock lui reste, quel produit s’est vendu le mieux, quelle denrée lui reste sur les bras, le devoir de s’asseoir est le devoir de faire un petit inventaire de sa vie à deux, évaluer les projets que l’on a fait, voir où l’on en est, vider aussi son sac. Sinon ce sont des petites gouttes d’eau qui s’accumulent si on ne dit rien et un jour c’est la goutte de trop qui fait déborder le vase. « Si nous té prend temps pou nous té palé » dit la chanson.

La famille a encore une mission primordiale : celle d’éduquer les enfants. Ce n’est pas d’abord à l’école de faire l’éducation des enfants, mais aux parents. Ce sont eux les premiers éducateurs des enfants.
De même, c’est aux parents de faire découvrir le Christ à leurs enfants, dès leur plus jeune âge (l’Éveil à la foi) et de les instruire par leur exemple. Des parents de plus en plus nombreux prennent conscience de cette tâche.
Dans l’Église primitive les parents et les enfants formaient un seul corps lorsque les parents étaient baptisés, les enfants l’étaient aussi. Nous en avons un exemple dans les actes des Apôtres au chapitre 16, lorsque le gardien de prison qui a vécu le tremblement de terre qui a libéré Paul et Silas de la prison qu’il surveillait demande le baptême : « il reçut le baptême lui et tous les siens. »

La famille est la plus belle image qui soit de la Sainte Trinité. Mais elle a de nombreuses missions : elle est au service de la formation de communautés, elle est au service de la vie, elle participe au développement de la société et de l’Église. Elle est elle-même la première Église domestique.

« L’avenir de l’humanité passe par la famille », écrivait le Pape Jean-Paul II. Et c’est en continuant à le citer que je veux terminer cet entretien. Il disait :

« Il est indispensable et urgent que tout homme de bonne volonté s’emploie de toutes ses forces à sauvegarder et à promouvoir les valeurs et les exigences de la famille. Je me sens poussé à demander à ce sujet un effort particulier aux fils de l’Eglise. Dans la foi, ils ont une pleine connaissance du merveilleux dessein de Dieu, ils ont donc une raison de plus de prendre à cœur la réalité de la famille, dans ce temps d’épreuve et de grâce qui est le nôtre. Ils doivent aimer la famille de façon particulière. C’est là une consigne concrète et exigeante.
Aimer la famille signifie aussi reconnaître les dangers et les maux qui la menacent afin de pouvoir les surmonter.
Oui, il faut que les familles d’aujourd’hui se ressaisissent ! Il faut qu’elles suivent le Christ. »

C’était l’exhortation finale de Jean-Paul II que je reprends à mon compte pour vous l’adresser aujourd’hui : il faut que nos familles se ressaisissent, et elles ne peuvent le faire qu’en décidant de suivre le Christ !

Amen !

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