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Fête de Notre-Dame de la Délivrande, Patronne du diocèse de la Martinique

PELERINAGE DE NOTRE DAME DE LA DELIVRANDE

Basilique du Morne Rouge, le 30 août 2013 à 10 heures.
Accueil et homélie de Mgr Michel Méranville


ACCUEIL : Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.
Sœurs et Frères de la Paroisse du Morne Rouge, et vous tous, pèlerins venus des quatre coins de la Martinique vénérer celle qui est la Patronne de Notre Diocèse, Notre-Dame de la Délivrande : « La paix soit avec vous ! ».
C’est toujours pour nous tous une grande joie de nous retrouver le 30 août pour fêter ensemble celle qui est la Patronne officielle de notre diocèse depuis le 13 décembre 1851, en offrant à Dieu le sacrifice eucharistique qui est la source et le sommet de notre vie chrétienne.
Au moment d’entrer dans cette Eucharistie qui est par excellence le mystère de notre foi , demandons au Seigneur de purifier nos vies en nous accordant son pardon et sa miséricorde.

HOMELIE

Sœurs et Frères, en préambule à l’homélie de ce jour, je veux rapidement rappeler les origines du pèlerinage qui nous rassemble aujourd’hui bien qu’elles soient déjà connues de la plupart d’entre vous.

Ce pèlerinage du 30 août au Morne Rouge est la suite d’un vœu que le premier Evêque de la Martinique, Monseigneur Le Herpeur, fit au cours du voyage en mer qui lui permettait de relier Brest à Fort de France, sur la corvette La fortune, où il s’était embarqué le 14 mars 1851, en compagnie de son vicaire général, d’un contingent de prêtres et de séminaristes.

Monseigneur Le Herpeur avait été jusque là et pendant trente années, chapelain de notre Dame de la Délivrande, un sanctuaire du Diocèse de Bayeux, en Normandie, à treize kilomètres de Caen, qui attirait depuis le 16° siècle une foule de pélerins.

Nommé évêque de la Martinique par le Pape Pie IX, Monseigneur le Herpeur s’embarque donc à Brest le 14 mars 1851. Au bout de dix jours de navigation le bâtiment qui le transporte est pris dans une tempête qui fait craindre un naufrage imminent. Le capitaine avertit l’Evêque de la gravité de la situation. On se confesse et on attend la mort.
Monseigneur le Herpeur qui était au courant des nombreux miracles qui avaient eu lieu dans le sanctuaire de Notre-Dame de la Délivrande, se tourne vers la Vierge Marie, l’invoque sous ce vocable et lui promet de lui consacrer son Diocèse si ses compagnons et lui-même parviennent sains et saufs en Martinique. Quelques heures après ce vœu, le vent tombait et la tempête se calmait.

Monseigneur Le Herpeur Débarquant à la Martinique le 25 avril 1851, avait eu pour premeir souci , de s’acquitter de son vœu à la Vierge. Mais où construire la chapelle qu’il voulait lui dédier ?
Il pensa d’abord à la ville de Saint Pierre où se trouvait l’Evêché. Mais une épidémie de fièvre jaune se déclarant à Saint Pierre l’évêque dût se réfugier au Morne Rouge pour s’y mettre à l’abri. C’est dans ce village qu’il prit la décision irrévocable de construire le sanctuaire qu’il destinait à la Vierge.

Monseigneur le Herpeur avait décidé d’organiser dans cette chapelle un pèlerinage semblable à celui qui existait en Normandie à Notre-Dame de la Délivrande . Il confia l’execution de sa volonté à la Congrégation des pères du Saint Esprit et tout particulièrement au révérend Père Dufrien qui fut le véritable organisateur de ce pèlerinage. Lorsque ce père mourut en 1868, il laissa la paroisse du Morne Rouge bien organisée et le pèlerinage en pleine extension. On peut donc dire que le Pèlerinage de Notre-Dame de la Délivrande, au Morne Rouge, date aujourd’hui de plus de 160 ans.

Mais qu’est-ce qu’un pèlerinage ?

Le pèlerinage est un phénomène qui remonte aux premiers siècles de l’histoire de l’Eglise. Alors que la société de ce temps là était très peu mobile , rivée à la terre et que les commerçants étaient peu nombreux, les croyants avaient déjà l’habitude de se rendre en groupe vers des lieux plus ou moins éloignés pour y vénérer soient des reliques, soit le tombeau d’une sainte ou d’un saint, y compris le tombeau du Christ à Jérusalem , ou un lieu où la Vierge se serait manifestée.

Le pèlerinage est une démarche qui conduit à sortir de soi, à se faire étranger (sens du mot latin peregrinus d’où vient le mot pèlerin) dans une volonté de conversion.
Cette démarche rappelle que la vie est un voyage plus ou moins long qui conduit à la rencontre avec Dieu. Nous sommes des pélerins, en marche non pas vers la mort, mais vers la vision ineffable de notre Dieu.
Pour cela il faut partir, se mettre en marche. « Quitte ton pays, quitte ta famille et les tiens » dit Dieu à Abraham. « Je te conduirai vers une terre où couleront le lait et le miel. » Abraham crut et il se mit en route. Prototype de tous les vrais croyants .

Le pèlerinage est donc autre chose qu’un voyage touristique pour se divertir en découvrant des paysages nouveaux, des personnes nouvelles et des particularités culinaires. C’est plutôt un ressourcement dans la foi, une démarche de conversion personnelle et collective.

C’est ainsi que l’Eglise le conçoit. Dès le 8° siècle, les pèlerinages faisaient partie des pénitences canoniques que l’on imposait aux pécheurs ayant pris la résolution de se convertir.

Toute la Bible est l’histoire d’un peuple que Dieu arrache à sa captivité, à son esclavage, pour le conduire vers la terre promise, la terre de la vraie liberté. Mais pour cela ce peuple doit traverser la mer qui symbolise tous les dangers, passer par le désert qui ne peut lui procurer sa subsistance qu’il menace au contraire par les morsures des serpents et des scorpions. Mais sous la conduite de Dieu qui marche avec lui sous la forme d’une nuée lumineuse le peuple peut poursuivre sa route.

Dieu lui-même le sustente en lui fournissant miraculeusement la nourriture et l’eau dont il a besoin et en le protégeant des morsures des serpents venimeux. Dieu est toujours en avant. Mais Il n’est jamais là où le peuple est tenté de l’enfermer. Et chaque fois que le peuple croit être arrivé au terme du chemin, qu’il s’installe et se sédentarise en se protégeant derrière les murs et les forteresses qu’il érige, alors c’est la catastrophe : le peuple est vaincu par ses voisins et emmené en déportation. L’itinéraire du peuple, loin de toute fausse sécurité doit l’amener à mettre sa confiance en Dieu seul et à prendre conscience que l’homme ne se nourrit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu.

Dans l’Evangile de ce jour, Saint Luc nous montre Jésus passant d’une rive du lac à une autre rive. Il est installé avec ses disciples dans une barque qui cherche à effectuer cette traversée du lac, comme Monseigneur Le Herpeur, celle de l’Atlantique en passant de Brest à Fort de France. Et c’est la tempête ! Si violente que les disciples prennent peur et croient périr. Ils appellent le Maître qui sommeille. Leurs cris le réveillent. Jésus leur dit alors :« Hommes de peu de foi ». Il calme la tempête. Et cette interrogation monte spontanément sur leurs lêvres : « Qui est-il donc, puisque le vent et la mer lui obéissent ? »

Notre vie est un voyage, au cours duquel il nous faut traverser bien souvent des tempêtes et des turbulences que sont les échecs, les déconvenues de la vie, les tentations, le péché, la souffrance, la mort. Pendant ce temps, Dieu semble dormir. Et quand survient une catastrophe, un échec, une maladie, un deuil, nous sommes tentés de dire : « Mais que fait Dieu ? Pourquoi dort-il ? »

Dieu est toujours là et même lorsqu’il semble dormir, il veille sur nous, il est présent dans notre barque. Et cette barque ne peut couler, si nous lui faisons confiance, si nous crions vers lui de toutes nos forces, mais surtout si nous écoutons sa voix.

Les pèlerinages nous invitent à sortir de nos enfermements habituels : nos peurs, nos routines, notre égoïsme, nos préjugés . Ils nous donnent de prendre le risque de nous ouvrir à la découverte des autres, à élargir notre fraternité et la dimension de notre cœur.

Dans tous les lieux de pèlerinage consacrés à la Vierge, la Mère du Sauveur nous redit inlassablement le même message : « Allez à mon Fils et faites tout ce qu’il vous dira. »
Et le Fils nous demandera toujours de nous convertir à sa suite. Il nous demandera de quitter notre ancienne manière d’être. De rompre avec nos mauvaises habitudes et notre péché. Il nous demandera de renoncer à notre égoïsme pour nous ouvrir d’avantage aux autres et cheminer avec eux de manière plus solidaire sur la route dont nous ne savons pas à quel moment elle s’achèvera ici-bas.

Le Seigneur nous demande de rester vigilants : « Veillez et priez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».
Le pèlerinage, à sa manière, nous invite à rester éveillés, c’est à dire constamment en marche, actifs à faire le bien en se dépassant pour Dieu et pour nos frères.

Que par l’intercession de Notre-Dame de la Délivrande, nous soyons délivrés de nous-mêmes.

Amen !

+Michel MERANVILLE

En savoir +

Vous pouvez également écouter l’homélie et la conclusion de la célébration de Mgr Michel Méranville en vous rendant sur le site internet de radio Saint-louis : www.radiosaintlouis.com
et en cliquant sur la rubrique "Emissions en réécoute" puis, le "Mot de l’Evêque".

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