Eglise catholique de Martinique
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Il ne suffit pas de dire

La campagne des « municipales » est commencée. De nombreux candidats sont déjà entrés en lice. Ils déclinent leur programme et ce qu’ils comptent faire s’ils sont élus à la tête de la municipalité qu’ils convoitent. Leurs auditeurs, souvent blasés, les écoutent avec scepticisme et disent sentencieusement : « ils disent, ils promettent, mais une fois élus ils ne font rien »


Depuis longtemps, l’expérience a démontré qu’il existe un énorme hiatus entre le dire et le faire. Mais ce n’est pas que dans le domaine public qu’existe cette incohérence entre les paroles et les actes.

Déjà, le Seigneur Jésus mettait en garde ses disciples en les avertissant : Il ne suffit pas de me dire :« Seigneur, Seigneur ! » pour entrer dans le Royaume des cieux (Matthieu 7,21). Saint Jacques écrivait, dans sa lettre aux premiers chrétiens : « La foi sans les œuvres est une foi morte. » Avec provocation, il leur demandait : Montrez-moi votre foi sans les œuvres !

Les chrétiens, disciples du Christ, ont souvent été partagés entre contemplation et action. A l’instar des célèbres sœurs Marthe et Marie recevant Jésus dans leur maison de Béthanie, ils se demandent quelle place choisir. Est-ce celle de Marthe qui s’activait à faire le ménage et à préparer le repas ? Ou celle de Marie, assise aux pieds de Jésus pour écouter sa Parole ? La réponse de Jésus à Marthe confirme la prééminence du choix de Marie d’écouter le Seigneur. Cependant, cette écoute est loin de la dispenser de l’action, bien au contraire, car action et contemplation ne s’opposent jamais. La prière et la contemplation doivent être l’âme de tout apostolat.

Que des chrétiens participant à cette réunion d’approfondissement de la foi laissent la salle de leur rencontre dans un état de désordre et de saleté qui n’existait pas à leur arrivée, cela interpelle ! C’est la démonstration que la formation, sans doute éclairée par les lumières d’en haut, a oublié de redescendre sur terre, là où se déroule la vie et se joue le mystère de l’incarnation du Seigneur. A aucun moment, ceux qui étaient venus parler de Dieu et poser les conditions d’entrer dans son royaume n’ont pensé que cette salle avait été nettoyée par des bénévoles d’un certain âge, qui l’avaient même fleurie à leur intention ; que c’était leur manière de servir ainsi leur Église.Sans doute sont-ils repartis enrichis dans leurs connaissances théoriques, mais toujours aussi pauvres dans leur amour pour les autres.

Dire « Seigneur, Seigneur » n’est pas mauvais en soi et peut même être nécessaire, mais n’est pas suffisant. Il faut aussi mettre en pratique ce que le Seigneur attend de nous : l’amour vrai de notre prochain.

Le prochain n’est pas un concept abstrait ou un extra-terrestre. C’est un homme ou une femme qui a comme moi des droits et des devoirs. C’est une personne, enfant de Dieu, qui est donc mon frère ou ma sœur. Et le Seigneur me demande de l’aimer comme moi-même.

Toute réflexion théologique sur Dieu doit m’amener à prendre en compte mon prochain. « Connais-tu tes copains de catéchisme ? » demandais-je un jour à un jeune. « Oui, Monsieur » me répondit-il.« Alors, comment s’appelle ce garçon, à ta droite ? » lui demandai-je ? « Ah ! Oui ! Machin ? » me répondit-il.

Je prétends connaître mes copains, mais j’ignore leur nom, l’endroit où ils habitent, leur profession, leurs préoccupations, leurs problèmes... Dans un monde devenu un village de commérages et de « cancans » grâce ou à cause de Facebook, Tweeter, Google ou autre réseau social, quel temps prenons-nous pour être attentifs les uns aux autres ?

Nous aimer les uns les autres suppose d’abord un peu d’attention les uns pour les autres.Autrefois, il y avait la politesse, les normes du savoir-vivre en société. C’était l’essentiel de ce qu’il fallait respecter pour vivre ensemble. Aujourd’hui, on ne se dit même plus bonjour, ni merci, ni pardon...

Respecter le code de la route est, sans aucun doute, la première charité que je dois exercer à l’égard des autres usagers de la route comme moi. Baisser les décibels de mon installation audio à partir de 22 heures est la moindre attention que je dois aux voisins qui vivent dans mon immeuble. Participer au tri collectif, utiliser les poubelles mises à ma disposition, laisser les lieux publics aussi propres que je les ai trouvés... sont là autant d’actes que je ne rapproche pas de la religion ou de Dieu. Pourtant, c’est en les accomplissant que je fais la volonté du Seigneur qui me demande d’aimer mon prochain auquel il s’identifie en disant : Tout ce que vous faites à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites.

Au jour du jugement, nous serons jugés sur l’amour. Cet amour ne sera visible que par nos actes. Puissions-nous ne pas nous contenter de dire : « Seigneur, Seigneur ! ». Que Dieu nous donne la grâce de faire comme son Fils qui est passé en faisant le bien ! Que nous ne nous contentions pas de paroles ! Que nous passions aussi aux actes en faisant la volonté du Père !

+ Michel Méranville, Archevêque

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