Eglise catholique de Martinique
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Jeunesse : la triple peine

"C’est Rachel qui pleure ses enfants"

C’est la rentrée, le temps des espérances et des projets, le temps des départs aussi… Les vacances terminées, vont partir ou repartir vers d’autres cieux une grande partie de l’élite de notre jeunesse, les forces vives de nos familles, de nos cités, de notre Eglise.


Pour reprendre le travail ou pour en trouver, pour poursuivre des cursus de formation, combien de parents verront se vider leur maison et se trouveront comme amputés de la présence d’un fils ou d’une fille, voire de plusieurs. Nos lauréats et nos meilleurs étudiants vont s’envoler, certains pour la première fois vers la métropole, ou d’autres lieux prometteurs d’avenir. Il y a trente ans, ceux qui partaient envisageaient de revenir une fois diplômés et qualifiés ; aujourd’hui, avec la mondialisation, nul ne sait si et quand cette génération reviendra au pays.

Les familles, les acteurs sociaux et les politiques font de leur mieux pour pallier les déséquilibres ainsi engendrés par cet exode. Mais sur le plan ecclésial et spirituel, nous devons nous aussi réfléchir à la question. Le départ d’un jeune chrétien formé dans une paroisse, confirmé, parfois même engagé dans un mouvement ou un service d’Eglise, entraîne trois pertes dramatiques. On pourrait appeler cela « la triple peine » de nos communautés paroissiales (dans tous les sens du mot « peine » : à la fois une tristesse et une sorte de punition).

La première peine est l’Absence. C’est évident, le jeune qui s’en va laisse un vide. Il n’est plus là. Sa présence, ses talents apportaient vitalité et équilibre. La communauté est blessée par ce départ et le regard qu’elle porte sur elle-même et sur les jeunes, change.
Comment être motivé lorsque, année après année, on a été déstabilisé par des départs à répétition ? Tous les projets sont remis en cause à chaque fois. Pour peu que ce jeune soit un moteur ou un pilier, c’est la vie même du groupe qui est ébranlée. Comment investir dans la formation de nos jeunes dans les ministères (les musiciens, les responsables de mouvements, par exemple) s’ils s’en vont au moment même où ils commencent à porter des fruits ? C’est la première peine de notre Eglise.

La seconde peine est le Manque d’animateurs de jeunes. C’est un donné psychologique et sociologique bien connu : pour former des jeunes de 14 à 18 ans, il faut des animateurs de 20 à 30 ans, c’est-à-dire des jeunes adultes auxquels ils peuvent s’identifier. Sauf exception, on ne peut vraiment motiver des adolescents lorsque la différence d’âge est trop importante. Or l’Absence des jeunes adultes en âge de prendre en charge des adolescents nous laisse démunis. Quand on sait les tentations qui guettent la jeunesse de nos îles, c’est terrible. Avec plus de 3 000 confirmations par an, il devrait y avoir près de 12 000 jeunes de 14 à 18 ans dans les mouvements d’Eglise… On en est loin ! L’Eglise peine à leur proposer des activités attractives, saines et formatrices. Voici la deuxième peine de l’Eglise.

La troisième peine est la plus terrible, c’est la Perte de la foi et des mœurs.
Les jeunes qui partent en Métropole et ailleurs sont livrés à eux-mêmes en matière spirituelle. Souvent les parents, même les plus chrétiens, ont préparé le séjour de leurs enfants sur tous les points : le gîte et le couvert, bien-sûr, les transports, les études, les connaissances, les assurances… mais on a oublié le spirituel. Les jeunes sont abandonnés au moment le plus terrible de leur vie de foi, alors qu’ils doivent faire les grands choix de vie… et le démon en profite. Certes, les églises de France ne sont pas toujours très habiles à accueillir nos jeunes, mais quel désastre de voir, même les plus insérés dans nos paroisses locales, déserter la pratique dès les premières semaines. Sans parler des vocations qui se développent justement à cet âge-là et qui s’enlisent dans les sables mouvants de la solitude spirituelle ! Avec le temps, dans des milieux étudiants parfois débauchés, ils perdent les mœurs et font des erreurs lourdes de conséquences. Parfois, cherchant du secours, ils trouvent refuge dans des groupes religieux hétérodoxes… C’est la troisième peine de notre Eglise.

Face à cela, il y a des sources d’espérance : les JMJistes et les groupes fervents et joyeux fleurissent un peu partout dans le diocèse sous la houlette du père Emmanuel Chaulvet, Délégué diocésain à la Pastorale des Jeunes et, en France métropolitaine, le père Marcel Crépin, tout nouvel Aumônier National des Antillais et Guyanais, commence un travail formidable à temps plein au service de nos jeunes…

Que le Seigneur nous donne une triple joie !

+ David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France

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