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      Les Sœurs Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame-de-la-Délivrande

Les Sœurs Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame-de-la-Délivrande

Comme le montre sa biographie, Mgr David Macaire, notre nouvel archevêque, nommé le 7 mars 2015 par le Pape François, a été leur élève au Morne Rouge, de 1972 à 1984 : c’est avec elles qu’il a découvert la spiritualité de Saint Dominique.
Nous avons demandé à Sr Jeanne-Marie Chroné, prieure générale, de nous faire découvrir la naissance et l’histoire de cette congrégation martiniquaise implantée aujourd’hui dans plusieurs régions du monde !


La nuit de Noël 1862, une jeune Martiniquaise de la ville de Saint-Pierre, Laure Sabès, cadette de la fratrie, va avec toute sa famille à la paroisse du Morne-Rouge, vivre le Sacrement de la Réconciliation, pour mieux célébrer la grande fête de la Nativité du Seigneur. Cela se vivait ainsi dans la famille Sabès. Après avoir reçu le Sacrement de la Réconciliation, Laure reste plusieurs heures au pied de la statue de Notre-Dame de la Délivrande, priant et pleurant. Elle est touchée profondément par la Grâce de Dieu. Laure est saisie par le Seigneur comme saint Paul sur le chemin de Damas.

Cette nuit de Noël, où nous faisons mémoire de la naissance de Dieu qui se fait homme en Jésus, est celle d’une grande naissance, dans la vie de Laure. Dès cet instant, Laure modifie complètement son comportement. Fini les soirées, les vêtements extravagants, le « décorum » bourgeois. Une toilette simple remplace les frivoles ornements de vanité. Laure bascule radicalement. Toujours aussi belle et intelligente, elle se met au service de Dieu, des pauvres, dans une grande générosité et un grand amour. TOUT est pour Dieu, avec Dieu, en Dieu. Le fruit de cette réconciliation avec Dieu, son abandon total à la Volonté de Dieu, par son OUI, sont signes de l’éclosion de la Congrégation des Filles de la Délivrande. Née dans une famille de la grande bourgeoisie de Saint-Pierre (Père exerçant la profession libérale de Notaire et Mère tenant une boutique de la grande mode parisienne), Laure entraîne dans cette merveilleuse aventure avec Dieu, sa sœur aînée Hermance et sa mère. Toute la famille Sabès offre son concours.

Laure et Hermance se dépensent sans compter. Elles accueillent, soignent, instruisent, conseillent, habillent les pauvres. Le magasin de Mme Sabès devient une réserve inépuisable. Laure ne se limite pas au Morne-Rouge, elle parcourt la campagne pour sortir de leur misère les pauvres délaissés et méprisés. Devant un tel dévouement, le père Duffrien, curé de la paroisse, pense, en 1865, le moment venu de réaliser le projet longtemps caressé par le premier évêque nommé à la Martinique en 1850, Mgr Le Herpeur : fonder une congrégation autochtone qui se livrerait aux œuvres les plus délaissées, et permettrait aux jeunes filles du pays désirant répondre à l’appel de Dieu dans la vie religieuse, d’y répondre sans difficulté. D’autres jeunes filles présentes dans le sillage de Laure se joignent à elle.

Le 2 février 1868 (vingt ans après l’abolition de l’esclavage), naît la Congrégation des Filles de la Délivrande. A la prise d’habit du 2 juillet 1868, Laure reçoit le nom de sœur Marie de la Providence et Hermance, sœur Marie Anselme. Sœur Marie de la Providence devient la Responsable de la Congrégation et bien que Novice, est Supérieure Générale. Elle choisit comme devise à la Congrégation Aimer, Souffrir, Agir. Malgré des critiques, venant des congrégations déjà existantes dans l’île, et l’interdiction du Gouverneur pour toute nouvelle fondation, Mère Marie de la Providence, avec l’ensemble des jeunes filles et sa sœur, continuent de se dévouer au service des pauvres, des anciens esclaves pour qu’ils retrouvent leur dignité (école au Morne-Rouge, Pensionnat, visite des cases disséminées dans la forêt, alphabétisation, catéchisme).

Le 8 décembre 1868, le nouvel évêque, Mgr Fava, propose à la nouvelle congrégation de s’installer dans la capitale Saint-Pierre. Elle ouvre une école de garçons, assure le catéchisme aux adultes, aux personnes âgées et aux enfants, aux sourds-muets, aux ignorants et les prépare aux sacrements de l’initiation chrétienne. Elle accueille des orphelines dans la communauté. Mère Marie de la Providence et ses filles continuent, malgré les situations difficiles, à s’abandonner à la volonté de Dieu. Elles demeurent toujours souriantes, compatissantes et avancent sous son regard d’Amour pour sa seule et unique Gloire.

Après avoir envoyé un rapport à Rome concernant l’origine, le but et la situation de sa Congrégation, Mère Marie de la Providence reçoit en 1882 l’accord suivant : Les Filles de la Délivrande ont la qualité et les droits de congrégation religieuse, le droit d’élever et d’instruire les jeunes filles et les garçons. En 1884, la Congrégation est appelée par Mgr Fava, évêque de Grenoble, à s’installer dans un quartier pauvre pour assurer la pastorale des migrants, nombreux à cette époque.

En moins de cinq ans, les sœurs mettent sur pied : un patronage, un ouvroir, une bibliothèque, une école, un couvent et une église. La Congrégation s’ouvre à d’autres horizons. En septembre 1891, deux sœurs martiniquaises et deux sœurs grenobloises partent en Egypte pour s’installer dans un quartier populaire du Caire.

En 1893, la Congrégation a vingt-cinq ans. Une nouvelle fondation voit le jour, en Égypte, à Faggalah,au Caire, pour les pauvres. Les sœurs installent un dispensaire, un pensionnat, un service de gardes malades. Elles reçoivent la direction d’un hôpital. En 1894, cinq sœurs martiniquaises et quatre grenobloises rejoignent ces différentes missions. Ces lieux deviennent un véritable témoignage de la charité de l’Église auprès des non-chrétiens. En 1901 apparaît un décret contre les congrégations religieuses enseignantes en France, provoquant de nouveaux remous. Mai 1902, l’éruption volcanique qui a détruit la ville de Saint-Pierre, voit la disparition d’une vingtaine de sœurs de la Congrégation. Juin 1902, six sœurs du Morne- Rouge partent pour la fondation au François.

Le 30 août 1902, une nouvelle éruption de la Montagne Pelée, sous le versant du Morne-Rouge provoque de nombreux dégâts et la destruction du berceau de la Congrégation. Deux sœurs périssent, tandis qu’elles prodiguaient des soins aux blessés. Janvier 1906, cinq sœurs commencent une mission à Milan avec l’accord du Cardinal Ferrari.

Décembre 1906 , la statue de Notre-Dame de la Délivrande, retrouvée intacte dans les décombres du Morne-Rouge après l’éruption volcanique, est installée à l’église de Redoute. En 1907, un nouveau curé s’installe au Morne-Rouge et commence la reconstruction de l’église.

5 février 1911, naissance de Mère Marie de la Providence au ciel à l’âge de 70 ans. Ses dernières paroles : Mon Dieu, je crois, j’espère et je vous aime de tout mon coeur, augmentez mon amour. « Jusqu’à présent vous avez eu des grâces ordinaires, mais à partir de maintenant, vous aurez des extraordinaires ». La congrégation a quarante-trois ans d’âge, et rayonne en Martinique, lieu de sa naissance, en France, en Égypte, en Italie.

En novembre 1912, la statue de Notre-Dame de la Délivrande quitte Redoute et revient dans son sanctuaire au Morne-Rouge. Deux sœurs de la Congrégation accompagnent ce transfert pour s’y établir définitivement. Entre 1932 et 1933, le couvent du Morne- Rouge est reconstruit.

En 1941, les Filles de Notre-Dame- de- la-Délivrande sont affiliées à l’Ordre de Saint-Dominique et revêtent l’habit de l’Ordre des Prêcheurs. La congrégation est désormais reconnue sous l‘intitulé : Congrégation des Soeurs Dominicaines Missionnaires de Notre-Dame de la Délivrande.

En novembre 1945, trente-quatre ans après ses obsèques, le corps de Mère Marie de la Providence est exhumé et transféré dans la chapelle du Couvent de Saint- Martin-d’Hères. Un incident lors du transfert nécessite le changement du cercueil. Cette opportunité permet aux sœurs présentes de la revêtir de l’habit dominicain. Ses traits bien conservés, et ses membres souples, facilitent ce changement d’habit. Aujourd’hui présente dans la chapelle du Couvent de la Maison générale située à Saint Martin-d’Hères, dans le diocèse de Grenoble, Mère Marie de la Providence continue à intercéder pour le diocèse de la Martinique et sa Congrégation, où les sœurs assurent diverses missions dans plusieurs parties du monde :

1) Région de la Caraïbe

- Martinique (quatre communautés situées au Morne-Rouge, François, Redoute et Ravine-Vilaine) : les sœurs assurent une mission en pastorale (catéchèse, liturgie, sacristie, visite des malades et des personnes seules ou âgées, etc.), dans le monde de l’éducation (deux établissements scolaires comprenant la Maternelle et le Primaire, et un collège), à la radio diocésaine, dans l’accompagnement de
personnes âgées dans un foyer, dans l’animation du pèlerinage du Rosaire…

- Sainte-Lucie (Anglophone) (deux communautés situées à Morne- Fortune et Gros-Ilets) : les sœurs assurent une mission dans le monde de l’éducation, la santé, home de personnes âgées, home pour enfants abandonnés et en difficulté, le social, la pastorale,

- La Dominique (Anglophone) (une communauté à Canefield) : les sœurs ont une mission dans le monde de l’éducation, la santé, la pastorale des jeunes et des vocations.

2) Région Europe

- France ( la maison générale à Saint- Martin-d’Hères dans le diocèse de Grenoble, et une communauté à Martigues dans le diocèse d’Aix-en- Provence) : Les sœurs assurent des missions diverses en pastorale, le monde de la santé, le social.

- Italie (une communauté à Milan, dans le diocèse de Milan) : Foyer de personnes âgées.

- Suisse (une communauté à Fribourg, dans le diocèse de Genève, Lausanne, Fribourg) : lieu de formation pour les études théologiques et bibliques, les sœurs assurent une mission en pastorale du catéchuménat et vivent un partenariat dominicain avec la communauté des frères.

3) Région du Moyen-Orient

- Égypte : deux communautés (Caire et Héliopolis). Les sœurs assurent une mission éducative pour les filles en majorité musulmane, par les deux établissements scolaires qu’elles dirigent. Ces établissements accueillent des enfants et des jeunes, du jardin d’enfants à la classe de Terminale.

- Liban : deux communautés (Araya dans la banlieue de Beyrouth sur le chemin de Damas et Ghosta dans la montagne) Les sœurs assurent une mission éducative pour les filles et les garçons par les deux établissements scolaires qu’elles dirigent. Ces établissements accueillent des enfants et des jeunes, du jardin d’enfants à la classe de Terminale.

4) Région Afrique

- Madagascar : Noviciat avec onze jeunes filles en formation quatre sœurs professes (deux viennent de la Martinique, une du Liban, une est de Madagascar). Cette communauté, toute nouvelle fondation, accueille et aide avec les jeunes du Noviciat, les enfants très nombreux dans les rues à cause de la pauvreté des familles. Leur mission est d’aider ces enfants à sortir de leur calvaire en accompagnant les parents.

Sr Jeanne-Marie Chroné
Prieure générale de la Congrégation

En savoir +

Pour joindre la Congrégation :

- Maison mère
20, rue André Chénier
38400 Saint-Martin-d’Hères
Tél. : 04 76 42 14 97
Fax : 04 76 42 35 44

- Couvent du Morne Rouge
97260 Morne Rouge
Tél. : 05 96 52 31 42
Fax : 05 96 52 41 32

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    Michel DEGLISE
    Conseiller de l’Évêque à la Communication
    Secrétaire général de la Communication du diocèse,
    administrateur délégué du site internet diocésain, directeur de la rédaction.


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