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        7 manières de rater le Paradis

7 manières de rater le Paradis

Dernièrement, en expliquant à des jeunes confirmands ce que signifie le « don de crainte », parmi les sept dons de l’Esprit-Saint, une image m’est venue à l’esprit : on sait combien l’avion est un élément central de notre vie insulaire. Pour rejoindre nos proches partis « là-bas », ou pour revenir au pays, pour le travail, les vacances ou pour les études, nous nous rendons à l’aéroport munis d’un billet d’avion ! Une fois le billet acheté, on n’a alors qu’une seule crainte : rater l’avion. On se prépare au voyage plusieurs jours à l’avance et on se rend à l’aéroport bien à l’heure, de peur qu’un imprévu ne nous mette en retard…


Telle est la Crainte de Dieu, le billet pour le ciel, le salut, nous sont acquis, cela est certain, par le sang de Jésus et son sacrifice sur la Croix. De ce côté-là, il n’y aucune crainte : notre billet est payé ! Et c’est un billet en 1ère classe ! La crainte de Dieu naît donc de la certitude que nous sommes d’ores et déjà aimés de Dieu et sauvés de nos fautes (elle ne vient pas, au contraire, d’une sorte de doute sur notre salut). Par contre, ce salut déjà obtenu, l’homme peut le rater, le gâcher et le perdre… Comment !? C’est précisément l’objet de cette chronique sur « les sept manières de rater le paradis ».

La première est la plus célèbre : il s’agit de commettre un péché mortel. Faire le mal gravement et sciemment : « gravement » signifie ne pas respecter un des dix commandements ; « sciemment » veut dire « avec toupet », comme on dit chez nous, en toute connaissance de cause et avec insistance.

La seconde est peut-être le chemin le plus direct, celui de choisir les forces du mal plutôt que la prière pour obtenir des bienfaits. Toute fréquentation de magie et de superstition est un adultère devant Dieu, un pacte avec le diable, une vente de son âme.

La troisième est le chemin le plus facile. L’argent. « On ne peut choisir deux maîtres à la fois (Lc 16,13) », dit Jésus. Servir l’idole « Mammon » avec ses corollaires – le pouvoir, le luxe, la puissance, la débauche charnelle et la facilité – constitue un rejet direct de Dieu, une voie large et spacieuse qui mène certainement à la perdition.

La quatrième est réservée à ceux que Dieu appelle. Quels qu’ils soient, où qu’ils soient, Il les regarde dans les yeux et leur dit : « Viens et suis-moi ». Pour celui ou celle qui refuse cet appel de Dieu, comme le jeune homme riche ou comme le grand frère du fils prodigue, il sera plus difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu qu’à « un chameau de passer par le trou d’une aiguille » (Lc18,25).

Le cinquième moyen de rater le ciel est de refuser de faire Miséricorde. Dans la parabole des deux débiteurs –comme dans le Notre Père– Jésus est très clair : celui ou celle qui ne pardonne pas les offenses et ne remet pas les dettes ne peut accueillir la Miséricorde divine. Comme un caillou au fond de l’océan, un cœur de pierre reste sec, même plongé dans la Miséricorde de Dieu. En jugeant son frère, il prend la place de Dieu.

Le sixième chemin vers les ténèbres est malheureusement extrêmement répandu chez nous, il est même devenu une culture locale. Le Palé Moun Mal n’est pas une plaisanterie, c’est un drame social d’origine démoniaque qui fait des morts et qui tue certainement l’âme de ceux qui l’utilisent et qui lui prêtent l’oreille. La voie qui consiste à ne pas savoir tenir sa langue, à colporter des paroles sans fondement, des rumeurs, des médisances et des calomnies, est d’autant plus pernicieuse pour nos âmes, qu’elle peut se couvrir de vertu et se cacher derrière la Parole de Dieu pour mieux faire tomber le plus grand nombre et scandaliser des petits.

Enfin, la septième route (en fait c’est l’autoroute vers laquelle convergent et de laquelle partent tous les autres chemins), c’est l’orgueil. Le drame, comme disent les Pères du désert, c’est que ce chemin est réservé à ceux qui ont déjà vaincu les passions de la chair, il guette ceux qui se croient et se savent sur le chemin de perfection. Parfois même, des grâces mystiques (vraies ou supposées) les encouragent à se placer au-dessus des autres et à prétendre connaître les volontés divines. Combien de fidèles ont été perdus par ce danger terrible du pharisaïsme ? Mais combien de grands saints se sont au contraire révélés par leur humilité face à cette tentation… Avis aux amateurs.

Frères et sœurs, cette chronique n’est pas exhaustive, mais, par ailleurs, nous sommes certains du salut en Jésus Christ et nous savons que notre « billet » pour le Ciel a été acheté au prix de son sang sur la Croix…

Au fait ! Bon temps de vacance et n’oubliez pas Dieu d’ici septembre !

Jésus vous aime.

+ David Macaire
Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France

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