Eglise catholique de Martinique
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        Entretien avec le père Manuel Grandin, sj

Entretien avec le père Manuel Grandin, sj

Samedi 31 Octobre 2015, à 16h, en l’église Saint-Denys-de-l’Estrée, à Saint-Denis (93), le père Manuel Grandin, sj, a prononcé les derniers vœux par lesquels il s’est engagé définitivement au sein de la Compagnie de Jésus, fondée par Saint Ignace de Loyola en 1540. A cette occasion, il a accepté de répondre à nos questions. Vous pouvez également lire cet entretien dans le n°509 de notre revue diocésaine Eglise en Martinique , du 25 octobre 2015.


Michel Déglise : Pourquoi est-ce si long pour qu’un jésuite entre définitivement dans la Compagnie ?

Père Manuel Grandin : Il faut avoir en tête une chanson de variétés des années 70 : "pour faire un homme - et donc pour un jésuite -, mon Dieu, que c’est long !" En fait St Ignace, fondateur des Jésuites en 1540, a eu très tôt l’intuition que pour faire un homme libre et disponible à l’Esprit Saint, ça prend du temps et donc il a voulu que la formation jésuite, à la fois spirituelle, intellectuelle et pastorale, dure une vingtaine d’années. Dans les faits, je suis Jésuite depuis la fin du noviciat mais St Ignace a voulu poser quelques étapes de cette formation dont l’ordination et ces derniers voeux que je vais prononcer samedi 31 octobre.

MD  : Quand avez-vous fait vos premiers vœux ?

P. MG : ... Comme n’importe quel religieux ou religieuse, j’ai fait vœux de pauvreté, chasteté et obéissance à la fin de mon noviciat. C’était il y a 16 ans et ces vœux se font dans l’intimité, juste avec la communauté et les parents. Les "derniers vœux" sont également appelés "vœux solennels" car ils sont célébrées devant toute la Congrégation et les amis. Je vais donc redire devant tous mon engagement comme au premier jour et je vais surtout rendre grâce au Seigneur pour toutes ces années où lui... a été vraiment fidèle.

MD : quelles sont les principales étapes de la formation suivie ?

P. MG : Après les 2 ans de noviciat où il y a des temps de retraite (les fameux 30 jours d’Exercices Spirituels), de service (auprès de personnes en grande fragilité) et d’études, nous vivons un long temps de formation intellectuelle avec des études de philosophie et de théologie, comme pour tous ceux qui se préparent à être prêtre. Ensuite nous avons 2 ans de stage pastoral ou professionnel. Ce fut mon cas pour moi qui n’avait pas d’expérience professionnelle avant d’entrer très jeune dans la communauté. Ainsi j’ai été éducateur auprès de jeunes en difficulté à Toulouse. Puis, nous avons ensuite d’autres études en théologie ou dans d’autres domaines, pour avoir une spécialité. Pour ma part, j’ai fait des études en théologie morale sur un grand homme, Xavier Thévenot, un salésien. Puis vient l’ordination, ensuite un premier temps de mission en responsabilité (j’ai été aumônier de collège-lycée pendant 4 ans) avant de nouveau de faire 9 mois de retraite et de session pour préparer les derniers vœux. Ces 9 mois, je les ai vécus au Chili en découvrant une autre aire culturelle et de nouvelles manières missionnaires. C’est une longue formation mais se convertir prend du temps et vu encore tout ce qui est encore à évangéliser en moi, le travail sera encore long !

MD ; Y-a-t-il aujourd’hui encore des vocations chez les jésuites ? Est-ce variable selon les pays et les continents ?

P. MG : Il y a chaque année 3-4 nouveaux jésuites par an en France depuis 20 ans, ce qui est un beau chiffre en Europe. Mais ces rentrées n’équilibrent pas le décès des 25-30 Jésuites chaque année en France. Les vocations les plus nombreuses se trouvent en Inde et dans le reste de l’Asie. Dans ma communauté sur Paris, il y a plus d’étudiants jésuites indiens que de français. C’est d’ailleurs une certaine épreuve pour les communautés plus anciennes de sentir le désintérêt des jeunes en Europe. Mais c’est un certain humour de l’histoire et du Seigneur que ceux qui ont été évangélisés dans les siècles passés deviennent les évangélisateurs des pays européens. La volonté du Seigneur est parfois bien incompréhensible.

MD : Le Pape François trouve-t-il dans la Compagnie de Jésus un soutien affirmé ? Les rapports avec lui sont-ils différents des rapports des jésuites avec ses prédécesseurs ?

P. MG : Clairement, les Jésuites, nous avons été les premiers à être surpris de cette élection car nous avons toujours été à distance à propos des responsabilités dans l’Eglise. St Ignace pensait en effet que la place des Jésuites était une place de conseiller et de soutien. On a eu ce rôle auprès de tous les Papes, et on a bien sûr continué avec l’actuel. Le Pape François n’a pas toujours eu de bonnes relations avec ses compagnons Jésuites d’Argentine car - c’est fou de l’imaginer - c’était un homme assez autoritaire et présomptueux. C’est le contact avec les plus pauvres et grâce à la prière, qu’il est devenu cet homme plein de bonté et d’ouverture. Et sur des dossiers chauds (la famille, l’écologie, l’économie), le Pape n’hésite pas à faire appel ! à des Jésuites pour faire avancer la réflexion et la pratique de l’Eglise.

MD : Enfin, après votre entrée définitive, quelles sont les missions qui vous sont confiées par votre provincial ? Sont-elles différentes de celles que vous aviez reçues précédemment ?

P. MG : Les derniers vœux ne sont pas comme à l’ordination un moment obligatoire de nouvelle mission. Plus que jamais, je travaille avec les 18-35 ans, à la fois en termes d’accompagnement individuel ou en groupe. On vient de terminer une journée sue l’écologie avec 180 jeunes et on est en ce moment dans la préparation des JMJ.

MD  : Avez-vous encore un lien (formation ou autre) avec l’Eglise en Martinique et avec Mgr David Macaire* ?

P. MG : On se connaît bien avec Mgr Macaire même s’il est dominicain ! En fait, nos familles sont proches et notre démarche d’entrée dans la vie religieuse en métropole nous a rapproché. Mon lien avec notre Eglise en Martinique est fait de liens personnels avec l’un ou l’autre prêtre (dans le cadre de Bêlé Légliz par exemple), avec votre revue et Radio St Louis et avec les antillais de Métropole.

MD : Merci beaucoup, Père Manuel. Soyez assuré du soutien de notre prière.

P. MG : Merci de votre prière et de votre soutien,

* Mgr David Macaire participera d’ailleurs à cette cérémonie des derniers vœux prononcés par le père Manuel Grandin à Saint-Denis.

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    Michel DEGLISE
    Conseiller de l’Évêque à la Communication
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    administrateur délégué du site internet diocésain, directeur de la rédaction.


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