Eglise catholique de Martinique
http://martinique.catholique.fr/mot-de-l-eveque-1646
        Le Seigneur est venu pour nous sauver

Le Seigneur est venu pour nous sauver

Dimanche 15 Février 2015

Nous vous proposons de retrouver le Mot de l’Evêque pour ce 6ème dimanche du temps ordinaire. En éditorial, vous pouvez également prendre connaissance du Mot de Mgr Michel Méranville concernant le Carême 2015.


« Sœurs et Frères, la Paix soit avec vous.

Ce sixième dimanche du temps ordinaire de l’Église, année liturgique B, est le dernier avant notre entrée en Carême la semaine prochaine. Et ce dimanche, comme plusieurs des dimanches précédents, nous propose comme Bonne Nouvelle, la guérison d’un lépreux par Jésus. C’est saint Marc qui nous en fait le récit dans son Évangile chapitre 1, versets 40 à 45.

Dimanche dernier Saint Marc nous montrait Jésus quittant la Synagogue de Capharnaüm pour se rendre dans la maison mise à sa disposition par Simon-Pierre.
Marc nous disait que la belle-mère de Simon était au lit, avec de la fièvre. Ayant appris cette nouvelle Jésus s’était aussitôt approché de la malade et la saisissant par la main l’avait fait se lever, et sa fièvre ayant soudainement disparu, la malade guérie s’était remise à ses occupations journalières.

Le dimanche précédent, l’Évangéliste nous faisait assister à la guérison par Jésus, d’un homme habité par un esprit mauvais, toujours à la sortie de la synagogue de Capharnaüm. Et aujourd’hui, c’est un lépreux qui obtient de Jésus sa guérison. Marc nous rapporte encore de nombreuses guérisons faites par Jésus. Car Jésus se soucie de l’humanité souffrante. Il est venu pour la sauver.

Le Salut et le verbe « Sauver » ont une certaine parenté étymologique avec le mot latin « Salus » qui signifie santé. Le salut pour le Christ est de donner à l’homme la vraie santé, en le faisant sortir du mal en le mettant hors du mal, hors du péché qui est pire que la mort. Le but du Christ, c’est que l’homme vive, qu’il soit debout, qu’il ne se laisse jamais réduire à l’esclavage par le mal. Jésus dit d’ailleurs : « Je suis venu pour les malades et pour sauver ce qui était perdu. »

En lisant l’Évangile d’Aujourd’hui, nous pourrions simplement nous arrêter au fait historique qui est qu’un jour, aux abords de la synagogue de Capharnaüm, Jésus a guéri un lépreux qui lui disait : « Si tu le veux, tu peux me guérir. »

Jésus avait étendu la main dans sa direction en lui disant : « Je le veux sois purifié » et à l’instant même la lèpre avait quitté le malade et saint Marc nous dit : « il fut purifié ».
Jésus aurait pu simplement dire – comme il l’avait fait en maintes occasions ` : « Je le veux, sois guéri » et la guérison aurait été aussi instantanée. Mais Jésus fait un geste, qu’il accompagne de recommandations importantes : Jésus dit à cet homme , avec fermeté : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer aux prêtres et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi. »

Jésus veut inscrire la guérison du lépreux dans un cadre particulier qui est celui de la relation avec lui et aussi avec la communauté dont pour l’instant ce lépreux est coupé.
Jésus refuse de se comporter comme un simple guérisseur, comme une sorte de magicien qui use d’un pouvoir surnaturel pour exaucer magiquement les demandes qui lui sont adressées. Jésus est venu guérir l’humanité mais dans la mesure où cette dernière lui fait confiance, entre en relation avec lui et croit en lui.

Dimanche dernier, pour guérir la belle mère de Simon Jésus s’approche de la belle-mère, la prend par la main, la fait se lever. Pour guérir ce lépreux Jésus étend la main et ose toucher le lépreux – chose qui était interdite à l’époque -, et il met sa chair qui est saine au contact de celle du malade qui est pourrie .Tous ces gestes de Jésus font penser aux sacrements que Jésus a laissés à son Église et par l’intermédiaire desquels il agit aujourd’hui.

Les sacrements ne sont pas des gestes magiques qui ont une efficacité automatique. Ils sont d’abord des signes de la présence efficace du Seigneur Jésus avec nous, lui qui nous a dit : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. Le rôle physique, matériel, du sacrement est de signifier la présence efficace du Seigneur.
Nous aussi, nous nous servons de signes, de gestes, de mimiques pour exprimer nos sentiments.

Aujourd’hui, 14 février, fête de Saint Valentin, les amoureux vont signifier leur amour à celles et ceux qu’ils aiment, en leur offrant des roses. Les roses offertes signifient que l’on a pensé à la personne aimer et qu’on lui dit ainsi son amour. Et la personne qui reçoit ce signe en ressent de la joie. Le sacrement fait de même. Il y a bien des signes, une matière : de l’eau ou de l’huile, ou du pain et du vin… Mais ce ne sont pas des signes magiques qui agissent automatiquement indépendamment de la foi et de la confiance des personnes qui les reçoivent.

Les sacrement mettent le croyant en relation avec Jésus qui lui parle et cherche avant tout à le guérir spirituellement. C’est pourquoi Jésus demande à ce malade guéri d’aller se montrer aux prêtres et non pas d’aller proclamer à la ronde sa guérison.
Aujourd’hui la lèpre est devenue une maladie presque banale tant elle est maîtrisée, soignée et presque partout éradiquée. Mais du temps de Jésus, c’était une maladie atroce. On ne savait comment la traiter et encore moins la guérir. Comme c’est une maladie contagieuse, il fallait exclure de la communauté celui qui en était affecté, afin qu’il ne contamine pas les autres.

Par ailleurs, la lèpre était considérée comme un châtiment de Dieu, d’où l’obligation pour le malade qui en aurait été guérie d’aller se montrer aux prêtres, pour que ces derniers se prononcent sur sa guérison et le réintègrent dans la communauté. Cela explique l’ordre que Jésus donne au lépreux d’aller se montrer aux prêtres. Cette dimension communautaire de la foi nous est fortement rappelée aujourd’hui. Nous sommes trop souvent tentés de vivre notre foi comme une relation personnelle et directe entre Dieu et nous, sans aucun intermédiaire. Quelqu’un disait avec humour : « Jésus et moi, dans une bouteille. Je n’ai besoin de personne d’autre. » Mais Jésus et moi, tout seul, ça n’existe pas.

Les sacrements nous mettent en relation personnelle avec Jésus ressuscité, c’est un fait. Mais Jésus ressuscité est vivant aujourd’hui dans un corps qui s’appelle l’Église et dans lequel chacun de nous est devenu membre par le baptême. Les sacrements sont toujours donnés en Église. Quand il y a un baptême, c’est l’Église qui baptise. Quand il y a l’onction des malades, c’est l’Église qui oint le malade par l’intermédiaire du prêtre, et il en est ainsi pour tous les sacrements.

On est peut-être étonné de la sévérité de Jésus disant au lépreux guéri : « Attention, ne dis rien à personne mais va te montrer au prêtre. » Et l’on est tenté d’approuver la désobéissance de cet homme qui s’empresse de proclamer et de répandre la nouvelle de sa guérison. Mais qu’est-ce qui est le plus important ? Suivre son instinct, obéir à sa propre joie d’être guéri, de pouvoir se montrer sans crainte . Ou bien obéir à Jésus en faisant ce qu’il demande, lui qui vient de faire un miracle !

Bien souvent nous nous comportons de la sorte en Église. Nous avons la démangeaison d’annoncer des nouvelles, de colporter le peu qui nous a été dit confidentiellement, pour montrer que nous sommes au courant, pour affirmer notre autorité. Quel est le résultat de tout cela ? Saint Marc nous dit que parce que cet homme n’a pas obéi à l’ordre que lui avait intimé Jésus, il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui. »

Alors on peut être tenté de dire : « Mais cet homme a contribué à faire de la publicité pour Jésus. » C’est notre manière de voir, qui n’est pas celle de Jésus. Cet homme a contrecarré les plans de Jésus en ne se conformant pas strictement à ce que celui qui venait de le guérir lui demandait.

Il y a beaucoup de leçons à retenir de ce récit de Saint Marc. Pour ma part, je mettrai l’accent sur cette obéissance à Jésus agissant dans son Église. Beaucoup de divisions, de schismes, de déchirures et d’incompréhensions auraient pu être évités dans notre Église au cours des siècles comme aujourd’hui, si les croyants s’efforçaient d’obéir aux ordres du Seigneur, aux directives de son Église au lieu de ne suivre que leurs goûts et leurs idées comme le dit si bien l’expression créole « i ka fè gouy épi l’idey »

Le Carême, temps de conversion et d’obéissance à Dieu, commence pour l’Église universelle le Mercredi des Cendres. A la Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, depuis une trentaine d’années en vertu d’un indult (c’est-à-dire d’une autorisation spéciale de Rome), ces trois diocèses commencent le Carême le vendredi qui suit le mercredi des cendres. Donc le geste de l’imposition des cendres et l’ouverture officielle du Carême aura lieu dans le diocèse de Martinique le Vendredi 20 février.
Quant à l’appel décisif des catéchumènes, il se fera le dimanche 22 février à l’Église d’Emmaüs.

Préparons notre entrée en carême avec le même enthousiasme que nous avons mis à préparer le Carnaval.

Bon dimanche et bonne semaine à tous ! »

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Retour sur évènements

  • ecrire a l'auteur Mgr Michel Méranville

    Archevêque émérite de Saint-Pierre et Fort-de-France
    Eglise catholique en Martinique
    5-7, rue du Père Pinchon BP 586
    F - 97207 Fort-de-France cedex
    Tél. +5965 96 63 70 70
    Fax : +5965 96 72 45 30

    site webMartinique.catholique.fr

Radio Saint Louis en direct

Ma paroisse en un clic


Radio Saint-Louis

Dans l'Eglise

Nouvelles du Vatican

Eglise de France

Dieu m'est témoin

Saint(s) du jour

Lectures du jour