Eglise catholique de Martinique
http://martinique.catholique.fr/ordination-sacerdotale
      Ordination sacerdotale

Ordination sacerdotale

Joie et fête pour le Diocèse de la Martinique ! Depuis cinq ans, il attendait ce grand jour : une ordination sacerdotale ! Mais qu’est-ce qu’une ordination ?
Le mot dérive du latin « ordinatio » qui désignait l’intégration dans un corps constitué. L’Eglise catholique se l’est approprié pour définir la célébration par laquelle un homme reçoit le sacrement de l’ordre, qui l’institue diacre ou prêtre.


Depuis des décades, les ordinations sacerdotales se sont faites rares à cause de la pénurie de vocations. De ce fait une ordination –surtout sacerdotale– est considérée comme un événement extraordinaire qui devient pain béni pour les médias.

Les feux de l’actualité se braquent sur l’ordinand (ainsi appelle-t-on le récipiendaire du sacrement). Il est promu héros du jour. Certains considèrent son ordination comme une réussite sociale lui conférant un statut particulier parmi ses congénères. D’autres y voient la reconnaissance de ses qualités et de ses mérites, ou encore le permis, enfin octroyé, de voler de ses propres ailes dans le champ de l’apostolat, loin des contraintes du séminaire. D’autres en profitent pour rappeler, même très succinctement, l’essentiel de ce qu’est une ordination.

Celui qui est ordonné prêtre, reçoit la puissance de l’Esprit Saint, non pas dans un intérêt particulier ou personnel, mais pour se laisser configurer au Christ Jésus qui s’est fait obéissant jusqu’à mourir sur une croix, venu dans notre monde non pour être servi mais pour servir.
Le prêtre est avant tout « serviteur » (en latin cela se dit Minister, d’où les mots ministère et ministre de notre vocabulaire ecclésiastique).

Le prêtre doit être prioritairement au service de la Parole de Dieu. Il doit annoncer l’Evangile (ce mot signifie Bonne Nouvelle) de Jésus-Christ. La prédication du prêtre n’a pas pour but de présenter sa personne ou ses idées personnelles ou son érudition, mais d’enseigner les mystères de Dieu, faire connaître Jésus-Christ et enseigner sa Parole.

Le prêtre est ordonné pour sanctifier le peuple de Dieu, en lui donnant les sacrements qui sont le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, le mariage et l’onction des malades ; le sommet de ces sacrements étant l’Eucharistie, communément appelée « la messe », pour laquelle, ainsi que pour le sacrement de la pénitence, le prêtre est principalement ordonné.

Le prêtre doit présider la prière du peuple de Dieu en évangélisant cette prière par l’écoute de la Parole de Dieu et le respect de la liturgie de l’Eglise.
Le prêtre doit diriger et organiser la communauté que l’Evêque lui confie, en se faisant aider par des « conseillers », se regroupant dans des « conseils » ad hoc. Cependant, le prêtre n’est ni le secrétaire général, ni le porte-parole d’une communauté ou d’une association quelle qu’elle soit, car il ne détient pas son autorité du peuple (ce qui est le propre d’une démocratie), mais du Christ, par l’intermédiaire de l’Eglise fondée sur les Apôtres, dont les Evêques sont les successeurs.

Au moment de son ordination, le futur prêtre est tenu de promettre obéissance à son Evêque et à ses successeurs, car les prêtres sont les collaborateurs des Evêques qui seuls ont le pouvoir de conférer le sacrement de l’Ordre, qui fait les diacres et les prêtres, et ce sont les Evêques qui donnent « juridiction » aux prêtres (notamment en ce qui concerne les trois pouvoirs qu’ils ont reçus du Christ : celui d’enseigner, celui de sanctifier et celui de gouverner l’Eglise).

Saint Ignace d’Antioche recommandait à ses prêtres : « Il est nécessaire, comme vous le faites, de ne jamais agir sans l’Evêque, mais d’être soumis aussi au presbyterium (l’ensemble des prêtres), comme aux Apôtres de Jésus-Christ, notre espérance. C’est en lui que nous serons, si nous vivons ainsi ».

Par-dessus tout, le prêtre a le devoir de se sanctifier. Saint Augustin reprochait à son clergé de se laisser facilement accaparer par des tâches extérieures, en négligeant sa propre sanctification.
Considérant tout cela, il est facile de réaliser que si devenir prêtre est un honneur, c’est aussi une lourde tâche : (honor onus, dit le vieil adage latin ; ce qui signifie littéralement « l’honneur est fardeau »). L’on comprend que les vocations soient rares dans le monde d’aujourd’hui, d’autant que l’ordination engage, non pour un temps délimité ou à certaine condition, mais pour toute la vie, par un sacrement qui imprime à l’âme un sceau indélébile : on est prêtre pour l’éternité.

Jésus disait à ses disciples : « Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». En ce jour où un jeune du pays accepte l’appel de l’Eglise à engager toute sa vie au service du Christ, en sacrifiant la possibilité d’une vie de famille et une carrière professionnelle prometteuse, il est normal de se réjouir et de rendre grâce à Dieu. Il est cependant aussi important, surtout si l’on est croyant, de prier pour les vocations sacerdotales et surtout de contribuer par tous les moyens à leur éclosion et leur réalisation.

Autrefois, nos célébrations religieuses s’achevaient toujours par cette prière : « Seigneur donnez-nous des prêtres ! Seigneur, donnez-nous de saints prêtres ! Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres ! » Jésus nous dit : « Demandez, vous recevrez. » Ecoutons donc son conseil.

Deux grands séminaristes sont en formation actuellement dans l’hexagone. Trois autres jeunes s’interrogent en ce moment sur l’appel qu’ils ressentent. Le Foyer Dominique Savio, à Redoute, existe dans le but d’aider les jeunes en recherche, à discerner leur vocation.

Dans toutes les paroisses, existe déjà, ou doit exister, un comité des vocations, tant sacerdotales que religieuses. Tout le peuple chrétien, prêtres, diacres, religieux et laïcs, sont invités à s’engager dans ce service des vocations, dont l’objectif est de permettre à notre Eglise d’avoir les prêtres dont elle a tant besoin.

Le Seigneur ne dort pas et il appelle toujours des ouvriers à sa vigne. L’ordination sacerdotale de cette année permettra-t-elle à tous de mieux entendre ses appels, et d’y répondre avec générosité ? La question reste posée !

+Michel Méranville, archevêque

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.



Vocations

  • ecrire a l'auteur Mgr Michel Méranville

    Archevêque émérite de Saint-Pierre et Fort-de-France
    Eglise catholique en Martinique
    5-7, rue du Père Pinchon BP 586
    F - 97207 Fort-de-France cedex
    Tél. +5965 96 63 70 70
    Fax : +5965 96 72 45 30

    site webMartinique.catholique.fr

Radio Saint Louis en direct

Ma paroisse en un clic


Radio Saint-Louis

Dans l'Eglise

Nouvelles du Vatican

Eglise de France

Dieu m'est témoin

Saint(s) du jour

Lectures du jour