Eglise catholique de Martinique
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Evènements passés



Journée de la Terre de Martinique - Lettre ouverte de Mgr Macaire

 

26 avril 2017 par Michel DEGLISE

En application de l’encyclique du Pape François et dans l’héritage du Père Gaston Jean-Michel, ardent défenseur de la terre de Martinique, qui nous a quittés le 21 avril 2015, Mgr David Macaire a lancé aux Martiniquais, hommes et femmes, croyants et non-croyants, un défi à relever : restaurer la beauté de "Madinina, l’ile aux fleurs", jardin de la Création, dans une lettre ouverte publiée le dimanche de Pâques :

« Cher homme et chère femme de la Martinique, jeune et moins jeune, croyant ou non croyant, l’Action Catholique et moi-même, nous vous proposons, selon les enseignements de « Laudato Si », (Encyclique du Pape François) et dans l’héritage du Père Gaston Jean-Michel, d’honorer le Créateur pour la belle terre de Martinique qu’il nous a offerte.

A cette occasion, le 21 avril, et tout au long du lweek-end du 22 et 23 avril 2017, nous vous proposons de célébrer « la Journée de la Terre de Martinique »

Aussi, nous lançons pour cette grande cause, un nouveau défi :

" PLANTER UN ARBRE AUJOURD’HUI POUR LA MARTINIQUE DE DEMAIN "

La démarche, que vous ferez de manière individuelle, en famille ou en groupe (Associations, Mouvements, PCE, Pastorale…) est très simple :

Etape préalable . Adhérer à la cause (si vous possédez un compte Facebook) :

- Se rendre sur la page Facebook « Défi d’Aujourd’hui Pour la Martinique de Demain »
- Cliquer sur « J’aime » et S’abonner » afin de montrer que tu t’engages personnellement dans cette démarche

Etape 1. Prier pour la création (si tu es chrétien)

- Un "Notre Père" - Un "Je vous salue Marie" - Dire la « Prière chrétienne avec la création* » du Pape François dans son Encyclique Laudato Si

Etape 2. Planter un arbre ou une plante locale (pour tous)

- Plantation d’un arbre ou d’une plante
- Prise d’une photo ou Selfie autour de l’arbre
- Chant : Psaume de la création ( Voir pièce jointe )

Etape 3. Partage (si Action en communauté)

- Partage d’un goûter (gâteaux, jus…..) avec des produits locaux

Etape 4. Transmission de la photo sur la page facebook : https://www.facebook.com/D%C3%A9fi-dAujourdhui-Pour-la-Martinique-de-Demain-142784172923474/

Oui, tous ensemble, en suivant les enseignements de « Laudato Si » du Pape François et l’exemple du Père Jean-Michel, honorons le Créateur pour la belle terre de Martinique qu’il nous a confiée ...

Alors à vos pelles et à vos bêches !!!! »

+ Fr David Macaire

* Prière du Pape François dans Laudato Si :

" Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures, qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence comme de ta tendresse.
Loué sois-tu.
Fils de Dieu, Jésus,
toutes choses ont été créées par toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
tu as fait partie de cette terre,
et tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature avec ta gloire de ressuscité. Loué sois-tu.
Esprit-Saint, qui par ta lumière
orientes ce monde vers l’amour du Père
et accompagnes le gémissement de la création,
tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien.
Loué sois-tu.
Ô Dieu, Un et Trine,
communauté sublime d’amour infini,
apprends-nous à te contempler
dans la beauté de l’univers,
où tout nous parle de toi.
Éveille notre louange et notre gratitude
pour chaque être que tu as créé.
Donne-nous la grâce
de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.
Dieu d’amour, montre-nous
notre place dans ce monde
comme instruments de ton affection
pour tous les êtres de cette terre,
parce qu’aucun n’est oublié de toi.
Illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent
pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence,
aiment le bien commun, promeuvent les faibles,
et prennent soin de ce monde que nous habitons.
Les pauvres et la terre implorent :
Seigneur, saisis-nous
par ta puissance et ta lumière
pour protéger toute vie,
pour préparer un avenir meilleur,
pour que vienne
ton Règne de justice, de paix, d’amour et de beauté.
Loué sois-tu.
Amen.



 


Ordination diaconale de Michel Delvarice

 

13 janvier 2017 par Michel DEGLISE

Dimanche 18 décembre 2016, à 15h30, Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort de France, a ordonné diacre en vue du sacerdoce le séminariste Michel Delvarice à la cathédrale Saint-Louis de Fort de France. De nombreux prêtres et diacres du diocèse étaient présents ainsi que Mgr Emeri Kabongo, archevêque émérite de Luebo en RDC, en visite dans notre diocèse.

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Michel Delvarice est originaire d’Haïti où il effectué sa formation philosophique et théologique dans la congrégation des Rédemptoristes, fondée par Saint Alphonse de Ligori, puis au CIFOR ( Centre Inter-Instituts de Formation Religieuse) à Port au Prince.

Attiré par la mission "ad extra", il a demandé à être accueilli dans le diocèse de la Martinique où sa demande a été acceptée en 2015. Il est arrivé à Fort de France en Juillet 2015 d’abord au Foyer Dominique Savio, puis à la Maison Saint Jean-Paul II avec les autres séminaristes.

Il a été envoyé en mission dans les paroisse de Sainte-Thérèse et de Saint-Christophe auprès de P. Catayée et de P. Lucenay. Il a été institué lecteur et accolyte en juin 2016 par Mgr Macaire à l’archevêché. Enfin, il a été affecté en stage préparatoire au diaconat à la cathédrale Saint-Louis auprès du P. Catayée.

C’est là qu’il a été ordonné diacre en vue du sacerdoce pour le diocèse de Martinique le dimanche 18 décembre à 15h30 par Mgr David Macaire.



 


Journée Portes Ouvertes à l’Espérance - Patronage Saint-Louis

 

3 mai 2016 2016 par Michel DEGLISE

L’Espérance organise sa traditionnelle Journée Portes Ouvertes le Jeudi de l’Ascension, 5 mai 2016, de 8h à 16h, à Châteaubœuf ! En 2016, 2 anniversaires sont célébrés : les 150 ans de la naissance du fondateur du Patronage Saint-Louis, Adolphe Trillard, et les 150 ans de la création de la Fondation des Apprentis d’Auteuil. Vous êtes attendus nombreux !

Découvrez le programme complet en cliquant sur l’icône ci-dessous :

Retour sur le Dîner de Charité annuel }

L’Espérance Patronage Saint-Louis a organisé son Dîner de Charité annuel, avec le concours du chef étoilé Marcel Ravin, à l’hôtel Bakoua, vendredi 4 décembre 2015. Pour la première fois, les organisateurs ont dû refuser des inscriptions. Cette soirée fut une belle récompense pour les jeunes, en cuisine comme au service des tables, qui y ont participé sous la conduite de Marcel Ravin. Rendez-vous pour la cinquième édition en décembre 2016 !

Pourquoi la direction de l’Espérance a-t-elle sollicité le concours de Marcel Ravin pour cette opération ? Que signifie l’organisation d’un tel événement ?

Parce que son parcours personnel lui a montré la valeur de la persévérance et parce qu’il a gardé un attachement profond pour son île natale, Marcel Ravin a accepté de consacrer bénévolement une pleine semaine aux jeunes apprentis cuisiniers de l’Espérance, du RSMA et du lycée hôtelier Nord-Caraïbe.

Ainsi, dès lundi 30 novembre, il accueille dans les cuisines du Bakoua une première équipe de 9 élèves issus des 3 établissements. Chaque jour une nouvelle équipe travaillera à ses cotés. Les jeunes les plus méritants l’accompagneront dans le défi du menu « le goût de l’essentiel » pour la 3ème édition du Dîner de Charité de l’association l’Espérance Patronage Saint-Louis vendredi 4 décembre 2015 à 19 heures 30 au Bakoua.

C’est cette rencontre entre un chef étoilé et des jeunes souhaitant embrasser une carrière de chef qui donne tout son sens à cet événement. Ce dîner devient le fruit de leur travail commun et de leurs échanges en dehors de toute présence d’enseignants. Plus de 30 autres jeunes en formation seront aussi mobilisés, à cette occasion, pour le service à table et l’accueil des convives.

Initié en 2012 par l’association l’Espérance Patronage Saint-Louis, ce partenariat s’est développé et enrichi autour d’une valeur partagée, celle du risque de la confiance et de l’engagement avec des jeunes aux parcours souvent difficiles.

Ce dîner se révèle comme un moment d’exception réunissant une diversité de convives venus découvrir, à la fois, une cuisine gastronomique aux influences caribéennes délicates et, soutenir une institution, l’Espérance Patronage Saint-Louis, qui offre, depuis 1907, une seconde chance aux enfants et jeunes en difficulté.

L’intégralité des bénéfices de cette opération vient financer des projets qui ne trouvent pas de financement public. Ces projets à forte valeur ajoutée, destinés aux jeunes de l’Espérance, ne pourraient voir le jour sans la générosité des convives et la participation essentielle de l’hôtel Bakoua, du pôle « Services, Tourisme et Restauration » du RSMA Martinique et du lycée hôtelier du Nord-Caraïbe.

Vous voulez, vous aussi, devenir bienfaiteur de l’Espérance-Patronage Saint-Louis ?

Contactez le service de communication de l’association



 


Jubilé de la Miséricorde - Veillée pour ceux qui ont besoin de consolation

 

5 mai 2016 2016 par Michel DEGLISE

Dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde, le 5 mai 2016, au soir de la fête de l’Ascension, le pape François présidera à Rome une veillée pour ceux qui ont besoin de consolation, intitulée « Essuyer les larmes ».
En union avec le Saint Père, le diocèse de la Martinique organise une veillée de consolation dans chaque sanctuaire jubilaire. Donc, trois veillées auront lieu simultanément, de 16h à 20h, à Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge, au Sacré-Coeur de Balata à Fort de France et à Notre-Dame de la Salette à Sainte-Anne,

Ces veillées sont ouvertes à tous, mais surtout à ceux qui ressentent, au plus profond d’eux, le besoin d’une parole de soutien, de force et de consolation.

Dans le chapitre 21 du Livre de l’Apocalypse, il est écrit : « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. » Cet évènement jubilaire veut être le signe visible de la main miséricordieuse du Père, tendue pour sécher les larmes de celui qui a perdu un être cher, de celui qui se bat contre une maladie, de celui qui souffre de la solitude, ou du chômage, ou encore de celui qui ne trouve aucun sens à sa vie… Autant de situations de souffrance qui habitent nos sociétés contemporaines, et dont l’Église veut être proche.

La veillée de Balata sera animée par Mère de Miséricorde et le père Christian Marie Donet, op, missionnaire de la Miséricorde, les deux autres par les équipes du sanctuaire : vous avez un deuil difficile, une peine familiale ou sentimentale, une situation socio-économique qui vous désespère, ou tout autre situation qui vous pèse ? Ces veillées sont pour vous !

Sanctuaire du Sacré-Cœur de Balata, avec Mère de Miséricorde :

Il s’agit d’un temps fort durant lequel des mères, des pères, des couples, pourront se laisser toucher par la miséricorde de Dieu en faisant l’expérience de son Amour inconditionnel, face à l’enfant non né (IVG, Fausse couche) ou à la perte d’un enfant. Ils pourront aussi se réconcilier avec Dieu, leur enfant et avec eux-mêmes.

1. Accueil des participants au fond de l’église et remise d’un feuillet de chant et de prière
2. 16H-16H30 Début de la célébration
Chants de louange (3)
Chants à l’Esprit Saint (2 ou 3) en finissant par : « Que mon Esprit soit sur vous »
3. 16H30-16H45 Présentation de Mère de Miséricorde et de la soirée par les organisateurs
Ce qu’on pourra écrire sur les papiers
Ce qu’on en fera : les déposer dans une corbeille au pied du Saint Sacrement – papiers brûlés ensuite-
Prise d’un lumignon allumé à allumer au cierge Pascal ( si possible)
Préparer les cœurs à accueillir les témoignes ( 1 je vous salut Marie)
4. 17H-17H30 TÉMOIGNAGES
5 . 17H30-18H00 Lecture d’un passage de l’Evangile + Exhortation« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Marc 10, 26-52
6. Exposition du St Sacrement par le prêtre ou le diacre présent
7. 18H-19H30 Adorationpendant laquelle plusieurs démarches peuvent se vivre ( à partir de 18H30) :
- Déposition du papier devant le Saint Sacrement (dans corbeilles)
- Sacrement de réconciliation
- Une écoute par les écoutantes de MMC
- Temps soutenu par des litanies d’intercession, des chants méditatifs, d’abandon ou musique solo.
8. 19H30 Procession du Saint Sacrement par le prêtre ou le diacre
9. 19H50 Prière de fin : (Prière de Confiance en Dieu, inspirée de St Claude la Colombière)
10. 20H Mots de Fin– remerciements- possibilité de poursuivre
accompagnement à MMC
11. Chant à la Vierge Marie (Salvé Régina) et Bénédiction finale

Pour joindre l’Équipe Mère de Miséricorde :

0696.37.84.86 ou 0596.75.19.21

Sanctuaire de Notre-Dame de la Délivrande

- Veillée animée par l’équipe du sanctuaire et le père Josef Nowak de 16h à 20h.

Sanctuaire de Notre-Dame de la Salette

- Veillée animée par l’équipe du sanctuaire et le père Alain Ransay de 16h à 20h.



 


Jubilé des Enfants de Chœur du diocèse

 

29 mars 2016 2016 par Michel DEGLISE

Le service diocésain de la Pastorale des Vocations et le père Emmanuel Chaulvet délégué de l’Évêque aux vocations, invitent les enfants de chœur de tout le diocèse, de Grand-Rivière à Sainte-Anne, à vivre leur Jubilé de la Miséricorde, le dimanche 17 Avril 2016, de 9h à 16h, au Morne Rouge. En ce dimanche, Journée mondiale de prière pour les vocations, nous prierons pour les vocations dans notre diocèse et dans toute l’Église.

Programme

9h00 : Accueil à la salle paroissiale du Morne-Rouge
9h40 : Procession vers l’église en aube
9h50 : Prière à la Miséricorde
10h : Eucharistie
A l’issue de l’Eucharistie : déplacement à pied vers le Millenium
Prière et Repas tiré du sac

Ateliers/ Enseignement / Jeux/ Défis
Goûter - Envoi

Quelques informations complémentaires :

-  Tous les enfants de Chœur doivent être en aube pour la messe (couleur liturgique : blanc)

-  Pour le service lors de l’Eucharistie, la répartition est la suivante :

Service d’Autel : Morne Rouge
1ère lecture : Lorrain – 2nde lecture : Cathédrale Saint-Louis
Prière Universelle : Rivière-Salée - François
Quête : Case-Pilote - Rivière-Pilote - Redoute - Robert - Schœlcher - Lamentin

-  Une participation de 2€ par enfant et par accompagnateur est demandée pour le service diocésain des vocations

-  Le repas sera tiré du sac et pour le goûter, merci d’apporter gâteaux et jus… pour un partage en fin de rencontre

- Pour une question d’organisation, merci de nous faire parvenir votre effectif au plus tard ; jeudi 7 Avril par mail : foyerdomsavio chez gmail.com

- Inscription par internet : http://goo.gl/forms/4vC8VQ1gtL



 


Jubilé des Familles au Morne Rouge

 

14 mai 2016 2016 par Michel DEGLISE

Dans la dynamique de l’année jubilaire de la Miséricorde, Mgr David Macaire nous invite à venir vivre, célébrer et fêter la Miséricorde de Dieu en famille avec lui au Sanctuaire Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge le dimanche 27 décembre 2015, fête de la Sainte Famille.

Programme du Jubilé des familles :

7h00 : Messe paroissiale

8h00 : Adoration permanente à la chapelle du Sacré Cœur

10h00 :
• Ouverture de la Porte de la Miséricorde
en présence de l’icône de la Vierge de la Miséricorde
• Messe Solennelle présidée par Mgr David MACAIRE

12h30 :

• Repas servis sur réservation
• Sandwichs, paëlla et boissons à acheter sur place sans réservation

13h00 à 17h00 :

• Temps de louange
• Témoignages de familles « vivre la Miséricorde en famille »
• Jeux et bien d’autres surprises…

17h00 : Chapelet de la Miséricorde Divine chanté
17h30 : Vêpres solennelles

Le passage de la porte de la Miséricorde, l’adoration eucharistique, les confessions, la vénération de l’icône de la Vierge de la Miséricorde, les démarches d’indulgence se feront de 13h à 17h au Sanctuaire.

Vous pouvez réserver votre repas ou solliciter un transport en bus :

en vous adressant à la librairie l’Immaculée Conception du Lamentin : 0596 39 22 13 (avant le 20 décembre 2015).



 


Audience générale du Pape François

 

31 octobre 2015 2015 par Michel DEGLISE

Le Pape François a présidé une audience générale pas comme les autres ce mercredi 28 Octobre : elle était marquée en effet par le dialogue interreligieux. Il y a tout juste 50 ans paraissait la déclaration Nostra Aetate sur les rapports entre l’Église catholique et les autres religions. Plusieurs membres de ces religions étaient présents place Saint-Pierre pour célébrer cet évènement. Le Saint-Père a rendu hommage aux fruits de Nostra Aetate, un texte décisif qui marque encore le dialogue de l’Eglise avec les autres croyants.

50ème anniversaire de la promulgation de Nostra Aetate

« Le Concile Vatican II fut un temps extraordinaire de réflexion, de dialogue et de prière pour renouveler le regard de l’Église sur elle-même et sur le monde » a expliqué le Pape, qui a souligné combien la déclaration Nostra Aetate était toujours d’actualité. François en a rappelé des points essentiels comme la recherche commune des religions d’un sens à la vie, l’unicité de la famille humaine, la recherche de Dieu et de l’Absolu à travers les différences ethniques et culturelles, ou encore le regard d’estime que l’Église porte sur les croyants des autres religions, leur engagement spirituel et moral.

L’Église est ouverte au dialogue avec tous, a redit le Souverain Pontife, tout en restant fidèle à la vérité en laquelle elle croit, à commencer par le Salut offert à tous les hommes en Jésus.

Le Pape a rappelé les fruits du dialogue interreligieux depuis la première rencontre d’Assise en 1986, soulignant que « cette flamme allumée à Assise s’était étendue au monde entier et constituait un signe permanent d’espérance ».

En relisant l’histoire des rapports interreligieux, le Saint-Père a souhaité en particulier rendre grâce à Dieu pour la transformation du dialogue judéo-chrétien, passé d’une attitude de défiance voire de franche hostilité, à une collaboration et une bienveillance réelles. « D’ennemis et étrangers nous sommes devenus amis et frères », a-t-il expliqué, rappelant combien Nostra Aetate avait permis de redécouvrir les racines juives du christianisme.

Ce respect et cette estime mutuels valent également pour les autres religions, a poursuivi le Pape, en particulier l’islam. « Le dialogue dont nous avons besoin ne peut qu’être ouvert et respectueux, et ainsi se révéler fructueux » a-t-il dit en précisant que les finalités de dialogue consistaient à respecter chaque individu dans son droit à vivre, sa liberté de conscience et de pensée, et sa liberté religieuse.

Comme il l’avait déjà soulignt dans son discours devant le Congrès américain, le 24 septembre dernier, le Pape a souligné qu’aucune religion n’était à l’abri de déviances fondamentalistes ou extrémistes, mais qu’il était essentiel de regarder les valeurs positives qu’elles vivent et proposent.

Face aux grands défis du monde : corruption, crise morale, de la famille, crise économique et financière, les religions n’ont pas des réponses toutes faites, a enfin souligné François , mais ont un trésor commun, la prière. « Puisse notre prière adhérer pleinement à la volonté de Dieu qui désire que tous les hommes se reconnaissent et vivent comme frères » a-t-il conclu.

Retrouvez dans son intégralité le discours du Saint-Père :

" Chers frères et sœurs, bonjour !

Lors des Audiences générales, il y a souvent des personnes ou des groupes appartenant à d’autres religions ; mais aujourd’hui, cette présence est tout à fait particulière, pour rappeler ensemble le 50e anniversaire de la Déclaration du Concile Vatican II, Nostra ætate sur les relations de l’Eglise catholique avec les religions non chrétiennes. Ce thème tenait profondément à cœur au bienheureux Pape Paul VI, qui déjà lors de la fête de Pentecôte de l’année précédant la fin du Concile, avait institué le Secrétariat pour les non chrétiens, aujourd’hui Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. J’exprime donc ma gratitude et une chaleureuse bienvenue aux personnes et aux groupes de différentes religions, qui ont aujourd’hui voulu être présents, en particulier à ceux qui sont venus de loin.

Le Concile Vatican II a été un temps extraordinaire de réflexion, de dialogue et de prière pour renouveler le regard de l’Eglise catholique sur elle-même et sur le monde. Une lecture des signes des temps, en vue d’une mise à jour orientée par une double fidélité : fidélité à la tradition ecclésiale et fidélité à l’histoire des hommes et des femmes de notre temps. En effet, Dieu qui s’est révélé dans la création et dans l’histoire, qui a parlé au moyen des prophètes et de manière concrète dans son Fils fait homme (cf. He 1, 1), s’adresse au cœur et à l’esprit de chaque être humain qui cherche la vérité et les voies pour la pratiquer.

Le message de la Déclaration Nostra ætate est toujours actuel. J’en rappelle brièvement certains points :

— l’interdépendance croissante des peuples (cf. n. 1) ;

— la recherche humaine d’un sens de la vie, de la souffrance, de la mort, des interrogations qui accompagnent toujours notre chemin (cf. n. 1) ;

— l’origine commune et le destin commun de l’humanité (cf. n. 1) ;

— l’unicité de la famille humaine (cf. n. 1) ;

— les religions comme recherche de Dieu ou de l’Absolu, au sein des diverses ethnies et cultures (cf. n. 1) ;

— le regard bienveillant et attentif de l’Eglise sur les religions : cette dernière ne rejette rien de ce qui se trouve en elles de vrai et de beau (cf. n. 2) ;

— l’Eglise considère avec estime les croyants de toutes les religions, appréciant leur engagement spirituel et moral (cf. n. 3) ;

— l’Eglise, ouverte au dialogue avec tous, est dans le même temps fidèle à la vérité dans laquelle elle croit, à commencer par celle que le salut offert à tous à son origine en Jésus, unique Sauveur, et que le Saint-Esprit est à l’œuvre, comme source de paix et d’amour.

Ces dernières cinquante années, de nombreux événements, initiatives, relations institutionnelles ou personnelles ont eu lieu avec les religions non chrétiennes et il est difficile de tous les rappeler. Un événement particulièrement significatif a été la rencontre d’Assise du 27 octobre 1986. Celle-ci fut voulue et promue par saint Jean-Paul II, qui une année auparavant, il y a donc trente ans, en s’adressant aux jeunes musulmans à Casablanca souhaitait que tous les croyants en Dieu favorisent l’amitié et l’union entre les hommes et les peuples (19 août 1985). La flamme, allumée à Assise, s’est étendue au monde entier et constitue un signe permanent d’espérance.

Dieu mérite une gratitude particulière pour la véritable transformation qu’a subie, au cours de ces 50 années, la relation entre les chrétiens et les juifs. L’indifférence et l’opposition se sont transformées en collaboration et bienveillance. D’ennemis et étrangers, nous sommes devenus amis et frères. Le Concile, avec la déclaration Nostra ætate, a tracé la route : « oui » à la redécouverte des racines juives du christianisme ; « non » à toute forme d’antisémitisme et condamnation de toute injure, discrimination et persécution qui en découlent. La connaissance, le respect et l’estime réciproques constituent la voie qui, si cela vaut de manière particulière pour la relation avec les juifs, vaut également pour les relations avec les autres religions. Je pense en particulier aux musulmans, qui — comme le rappelle le Concile — « adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes » (Nostra ætate, n. 3). Ils se réfèrent à la paternité d’Abraham, ils vénèrent Jésus comme prophète, ils honorent sa Mère vierge, Marie, ils attendent le jour du jugement dernier, et pratiquent la prière, l’aumône et le jeûne (cf. ibid.).

Le dialogue dont nous avons besoin ne peut être qu’ouvert et respectueux, c’est alors qu’il se révèle fructueux. Le respect réciproque est la condition et, dans le même temps, le but du dialogue interreligieux : respecter le droit d’autrui à la vie, à l’intégrité physique, aux libertés fondamentales, c’est-à-dire la liberté de conscience, de pensée, d’expression et de religion.

Le monde nous regarde, nous, croyants, il nous exhorte à collaborer entre nous et avec les hommes et les femmes de bonne volonté qui ne professent aucune religion, il nous demande des réponses effectives sur de nombreux thèmes : la paix, la faim, la pauvreté qui touche des millions de personnes, la crise environnementale, la violence, en particulier celle commise au nom de la religion, la corruption, la déliquescence morale, les crises de la famille, de l’économie, de la finance, et surtout de l’espérance. Nous, croyants, n’avons pas de recettes pour ces problèmes, mais nous avons une grande ressource : la prière. Et nous croyants, nous prions. Nous devons prier. La prière est notre trésor, dans lequel nous puisons selon nos traditions respectives, pour demander les dons auxquels l’humanité aspire.

A cause de la violence et du terrorisme s’est diffusé un comportement de suspicion voire de condamnation des religions. En réalité, bien qu’aucune religion ne soit immunisée contre le risque de déviations fondamentalistes ou extrémistes chez des individus ou des groupes (cf. Discours au Congrès des Etats-Unis, 24 septembre 2015), il faut regarder les valeurs positives que celles-ci proposent et qui sont des sources d’espérance. Il s’agit d’élever le regard pour aller plus loin. Le dialogue basé sur le respect confiant peut apporter des semences de bien qui à leur tour deviennent des germes d’amitié et de collaboration dans de nombreux domaines et surtout dans le service aux pauvres, aux petits, aux personnes âgées, dans l’accueil des migrants, dans l’attention envers les exclus. Nous pouvons avancer ensemble en prenant soin les uns des autres et de la création. Tous les croyants de chaque religion. Ensemble nous pouvons louer le Créateur pour nous avoir donné le jardin du monde à cultiver et à protéger comme un bien commun et nous pouvons réaliser des projets partagés pour combattre la pauvreté et assurer à chaque homme et femme des conditions de vie dignes.

Le jubilé extraordinaire de la miséricorde, qui est devant nous, est une occasion propice pour travailler ensemble dans le domaine des œuvres de charité. Et dans ce domaine, où compte surtout la compassion, peuvent s’unir à nous tant de personnes qui ne sentent pas croyantes ou qui sont à la recherche de Dieu et de la vérité, des personnes qui mettent au centre la figure de l’autre, en particulier la figure du frère ou de la sœur dans le besoin. Mais la miséricorde à laquelle nous sommes appelés embrasse toute la création, que Dieu nous a confiée afin que nous en soyons les gardiens, et non les exploiteurs ou, pire encore, les destructeurs. Nous devrions toujours nous proposer de laisser le monde meilleur que celui que nous avons trouvé (cf. encyclique Laudato si’, n. 194), à partir de l’environnement dans lequel nous vivons, à commencer par les petits gestes de notre vie quotidienne.

Chers frères et sœurs, pour ce qui est de l’avenir du dialogue interreligieux, la première chose que nous devons faire est de prier. Et prier les uns pour les autres : nous sommes frères ! Sans le Seigneur, rien n’est possible ; avec Lui, tout le devient ! Que notre prière — chacun selon sa propre tradition — puisse adhérer pleinement à la volonté de Dieu, qui désire que tous les hommes se reconnaissent frères et vivent ainsi, en formant la grande famille humaine dans l’harmonie des diversités.

A présent, pour finir cette audience, je vous invite tous, chacun de son côté, à prier en silence. Que chacun le fasse selon sa propre tradition religieuse. Demandons au Seigneur qu’il nous rende davantage frères entre nous, et davantage serviteurs de nos frères qui sont le plus dans le besoin. Prions en silence.

Et que Dieu nous bénisse tous ! "

Auparavant, lors de cette audience particulière, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a pris la parole pour rappeler que, lors du Concile Vatican II, l’Église avait commencé « à inviter ses membres à promouvoir des relations de respect, d’amitié et de dialogue avec des personnes d’autres religions ».

Ces relations sont au cœur d’une conférence qui se déroule actuellement à Rome au sein de l’université pontificale grégorienne. Le cardinal Tauran a déclaré à ce propos que « dans notre recherche commune de la paix, la promesse du prophète Isaïe nous donne de l’espoir » : « Sur cette montagne, il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples ».

« De ce chemin vers cette montagne, qui jusqu’alors était une montée difficile, mais toujours exaltante, lors de ces cinquante dernières années (…) nous sommes les témoins, les héritiers et les protagonistes », a expliqué le président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.

Il en a profité également pour remercier le Pape et « son lumineux témoignage », qui « encourage à poursuivre la route du dialogue interreligieux, allant à la rencontre des autres croyants avec une claire conscience de notre identité ». Il l’a remercié aussi pour ses encouragements à « travailler pour la paix, éliminant les injustices et les inégalités, et à prendre soin de notre maison commune ».

Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, s’est lui aussi exprimé. Il a insisté sur le dialogue entre les chrétiens et les juifs (un dialogue qui s’intègre dans l’œcuménisme, et dépend donc de son dicastère) en évoquant l’amitié entre Jean XXIII et l’historien juif français Jules Isaac, qui suite au traumatisme de la Shoah, avait invité les catholiques à sortir de "l’enseignement du mépris". Le cardinal Koch a rappelé que le Concile Vatican II avait mis en évidence « les racines juives de la foi chrétienne » et « le grand "patrimoine spirituel commun" aux chrétiens et aux juifs ».

Enfin, à la fin de l’audience, le Pape a lancé un appel pour les populations du Pakistan et de l’Afghanistan frappées par un fort tremblement de terre qui a causé la mort de nombreuses personnes et provoqué de graves dégâts. Le Pape les a assurées de sa solidarité et a demandé aux fidèles de prier pour que Dieu soulage les victimes et leur donne courage dans l’adversité. Mardi, au nom du Saint-Père, le cardinal Parolin avait envoyé un télégramme au nonce apostolique au Pakistan.

(Avec R. V.)



 


Audience générale du Pape François à Rome

 

3 octobre 2015 2015 par Michel DEGLISE

Cuba et les Etats-Unis ont été au cœur de l’audience générale du mercredi 30 septembre, place Saint-Pierre. Le Pape François est en effet revenu sur son dernier voyage apostolique qui l’a mené de La Havane à Philadelphie. La 8ème rencontre mondiale des familles était le but originel de ce déplacement outre-Atlantique. Principaux points forts de cette semaine revisitée par le Pape : Cuba, le discours au Congrès américain, et Philadelphie. Retrouvez en intégralité le discours du Pape François.

Retour sur le voyage apostolique à Cuba et aux Etats-unis

Première étape, Cuba où le Pape s’est rendu en « missionnaire de la miséricorde » de Dieu, celle qui est « plus grande que chaque blessure, chaque conflit, chaque idéologie ». François a ainsi embrassé tout le peuple cubain, « au-delà de toute division ». Il a partagé avec lui l’accomplissement de la « prophétie de Jean-Paul II » : « que Cuba s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba ». Et de souhaiter qu’il n’y ait plus « de fermeture, d’exploitation de la pauvreté » mais qu’au contraire il y ait plus de « liberté dans la dignité ».

C’est cette « route qui fait vibrer le cœur de tant de jeunes Cubains » a affirmé le Pape qui a précisé que cette voie n’est pas synonyme « d’évasion, de gains faciles » mais de « responsabilité, de service au prochain et de soin des plus fragiles ». Le Pape a ensuite effectué « un passage » qu’il a qualifié « d’emblématique », « un pont », en se rendant dans la foulée à Washington. « C’est nous qui construisons les murs, et les murs s’effondrent, toujours » s’est-il exclamé.

Aux Etats-Unis, le Pape a rappelé aux Américains que leur « plus grande richesse » « réside dans le patrimoine spirituel et éthique ». Il les a encouragés à poursuivre « la construction sociale dans la fidélité » à leur « principe fondamental, que tous les hommes sont créés par Dieu égaux et doués de droits inaliénables, ceux de la vie, la liberté et la poursuite du bonheur ». Les Etats-Unis, bâtis sur ces idéaux, ont été invités à rester « terre de liberté et d’accueil » et à « coopérer pour un monde plus juste et fraternel ».

Enfin, le Pape a évoqué la rencontre mondiale des familles de Philadelphie, réaffirmant que « la famille est la réponse au grand défi de notre monde : la fragmentation et la massification » qui soutiennent ensemble « le modèle économique consumériste ». La famille est en effet « la cellule d’une société qui équilibre les dimensions personnelle et communautaire », et peut être « le modèle d’une gestion durable des biens et des ressources de la création ». Un modèle qui conjugue le principe « de communion » et celui de « fécondité », et cela depuis le jardin d’Eden.

Le Pape François est également revenu sur d’autres moments forts de ce voyage, comme la visite au Palais de Verre des Nations Unies, la prière à Ground Zero, la messe au Madison Square Garden. Lors de cette audience, le Pape a béni la statue de sainte Rita de Cascia et salué les fidèles venus du diocèse de Spolète-Norcia en Italie. François en a profité pour inviter chacun, lors du prochain jubilé de la miséricorde, « à relire l’extraordinaire expérience humaine et spirituelle » de la sainte, « comme le signe de la puissance de la miséricorde de Dieu ». Avant de se rendre place Saint-Pierre, le Pape s’est rendu dans la salle Paul VI pour saluer quatre cents malades et quatre cents accompagnateurs de l’Ordre de Malte venus d’Allemagne.

Ces malades avaient pu suivre l’audience sur un écran géant. « La maladie est toujours une chose mauvaise, mais il y a la foi qui nous donne du courage, leur a dit le Souverain Pontife, Dieu s’est fait malade pour nous, Il a envoyé son fils qui a pris sur lui toutes nos maladies, jusqu’à la Croix. En regardant Jésus, avec sa patience, notre foi devient plus forte ».

(Avec R. V.)

Retrouvez le discours du Pape François :

« Chers frères et sœurs, bonjour !

L’Audience d’aujourd’hui aura lieu en deux endroits : ici, sur la place, et également dans la salle Paul VI, où il y a de nombreux malades qui la suivent sur un écran géant. Étant donné que le temps est un peu mauvais, nous avons décidé qu’ils restent à l’intérieur et ainsi, ils seront à l’abri et plus tranquilles là-bas. Unissons-nous les uns les autres et saluons-nous.

Au cours des derniers jours, j’ai accompli un voyage apostolique à Cuba et aux États-Unis d’Amérique. Celui-ci est né de la volonté de participer à la Rencontre mondiale des familles, en programme depuis longtemps à Philadelphie. Ce « noyau originel » s’est étendu à une visite aux États-Unis d’Amérique et au siège central des Nations unies, puis également à Cuba, qui est devenu la première étape de l’itinéraire. J’exprime à nouveau ma reconnaissance au président M. Castro, au président M. Obama et au secrétaire général M. Ban Ki-moon pour l’accueil qu’ils m’ont réservé. Je remercie de tout cœur mes frères évêques et tous les collaborateurs pour le travail important accompli et pour l’amour de l’Eglise qui l’a animé.

« Misionero de la Misericordia » : c’est ainsi que je me suis présenté à Cuba, une terre riche de beauté naturelle, de culture et de foi. La miséricorde de Dieu est plus grande que toute blessure, tout conflit, toute idéologie ; et avec ce regard de miséricorde, j’ai pu embrasser tout le peuple cubain, dans sa patrie et en dehors, au-delà de toute division. Le symbole de cette unité profonde de l’âme cubaine est la Vierge de la Charité del Cobre, qui il y a cent ans précisément, a été proclamée patronne de Cuba. Je me suis rendu en pèlerinage au sanctuaire de cette Mère d’espérance, Mère qui guide sur le chemin de justice, de paix, de liberté et de réconciliation.

J’ai pu partager avec le peuple cubain l’espérance de l’accomplissement de la prophétie de saint Jean-Paul II : que Cuba s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba. Plus jamais de fermeture, plus jamais d’exploitation de la pauvreté, mais liberté dans la dignité. Telle est la voie qui fait vibrer le cœur de tant de jeunes Cubains : non pas une voie d’évasion, de gains faciles, mais de responsabilité, de service au prochain, de soin de la fragilité. Un chemin qui puise sa force dans les racines chrétiennes de ce peuple, qui a tant souffert. Un chemin sur lequel j’ai encouragé de façon particulière les prêtres et toutes les personnes consacrées, les étudiants et les familles. Que l’Esprit Saint, par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, fasse grandir les semences que nous avons jetées.

De Cuba aux États-Unis d’Amérique : cela a été un passage emblématique, un pont qui grâce à Dieu est en train de se reconstruire. Dieu veut toujours construire des ponts ; c’est nous qui construisons des murs ! Et les murs s’écroulent, toujours !

Aux États-Unis, ensuite, j’ai accompli trois étapes : Washington, New York et Philadelphie.

À Washington, j’ai rencontré les autorités politiques, la population, les évêques, les prêtres et les personnes consacrées, les plus pauvres et marginalisés. J’ai rappelé que la plus grande richesse de ce pays et de son peuple réside dans le patrimoine spirituel et éthique. Et ainsi, j’ai voulu encourager à mener de l’avant la construction sociale dans la fidélité à son principe fondamental, c’est-à-dire que tous les hommes sont créés par Dieu égaux et dotés de droits inaliénables, tels que la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Ces valeurs, qui peuvent être partagées par tous, trouvent dans l’Évangile leur plein accomplissement, comme l’a bien souligné la canonisation du père Junípero Serra, franciscain, grand évangélisateur de la Californie. Saint Junípero montre la voie de la joie ; aller et partager avec les autres l’amour du Christ. Telle est la voie du chrétien, mais également de tout homme qui a connu l’amour : ne pas le garder pour soi, mais le partager avec les autres. C’est sur cette base religieuse et morale que sont nés et se sont développés les États-Unis d’Amérique, et c’est sur cette base qu’ils peuvent continuer d’être une terre de liberté et d’accueil et contribuer à un monde plus juste et fraternel.

À New York, j’ai pu visiter le siège central de l’ONU et saluer le personnel qui y travaille. J’ai eu des entretiens avec le secrétaire général et les présidents des dernières assemblées générales et du Conseil de sécurité. En parlant aux représentants des nations, dans la lignée de mes prédécesseurs, j’ai renouvelé l’encouragement de l’Église catholique à cette institution et à son rôle dans la promotion du développement et de la paix, en rappelant en particulier la nécessité de l’engagement commun et concret pour la sauvegarde de la création. J’ai répété également l’appel à faire cesser et prévenir les violences contre les minorités ethniques et religieuses et contre les populations civiles.

Nous avons prié pour la paix et la fraternité au mémorial de Ground Zero, avec les représentants des religions, les familles des nombreuses victimes et la population de New York, si riche de variétés culturelles. Et j’ai célébré l’Eucharistie pour la paix et la justice au Madison Square Garden.

Tant à Washington qu’à New York, j’ai pu rencontrer certains organismes caritatifs et éducatifs, emblématiques de l’immense service que les communautés catholiques — prêtres, religieuses, religieux, laïcs — offrent dans ces domaines.

Le sommet du voyage a été la Rencontre des familles à Philadelphie, où l’horizon s’est élargi au monde entier, à travers le « prisme » pour ainsi dire, de la famille. La famille, c’est-à-dire l’alliance féconde entre l’homme et la femme, est la réponse au grand défi de notre monde, qui est un double défi : la fragmentation et la massification, deux extrêmes qui coexistent et qui se soutiennent réciproquement, et qui soutiennent ensemble le modèle économique consumériste. La famille est la réponse parce qu’elle est la cellule d’une société qui équilibre la dimension personnelle et la dimension communautaire, et qui dans le même temps, peut être le modèle d’une gestion durable des biens et des ressources de la création. La famille est la protagoniste d’une écologie intégrale, parce qu’elle est le sujet social primaire, qui contient en son sein les deux principes bases de la civilisation humaine sur la terre : le principe de communion et le principe de fécondité. L’humanisme biblique nous présente cette icône : le couple humain, uni et fécond, placé par Dieu dans le jardin du monde, pour le cultiver et le protéger.

Je désire adresser un remerciement fraternel et chaleureux à Mgr Chaput, archevêque de Philadelphie, pour son engagement, sa piété, son enthousiasme et son grand amour de la famille dans l’organisation de cet événement. À bien y voir, ce n’est pas un hasard, mais il est providentiel que le message, ou plutôt le témoignage de la Rencontre mondiale des familles soit venu en ce moment des États-Unis d’Amérique, c’est-à-dire du pays qui, au cours des siècles, a atteint développement économique et technologique le plus élevé sans renier ses racines religieuses. À présent, ces racines exigent de repartir de la famille pour repenser et changer le modèle de développement, pour le bien de la famille humaine tout entière.

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier le pèlerinage national de Guinée, accompagné de Monseigneur Coulibaly, Archevêque de Conakry, et les personnes venues de Suisse, de Belgique, de Côte d’Ivoire, et de France.

Je porte particulièrement dans ma prière vos familles pour qu’elles persévèrent à témoigner autour d’elles la joie de l’Évangile, et je vous demande de bien vouloir prier pour moi et pour le prochain synode des Évêques qui commence dans quelques jours.

Que Dieu vous bénisse ! »



 


Bilan du 10ème Voyage apostolique du Pape François

 

30 septembre 2015 2015 par Michel DEGLISE

Dans l’avion qui le ramenait à Rome après son 10ème voyage apostolique, le Saint-Père a tiré le bilan de ce voyage et répondu aux questions des journalistes qui l’ont accompagné à Cuba et aux Etats-Unis. Nous vous proposons de retrouver quelques uns de ses propos.

Pendant plus de 45 minutes, il a répondu aux questions de la presse sur des thèmes aussi divers que l’indissolubilité du mariage, l’objection de conscience, le succès ou encore la crise migratoire.

Sur ce premier voyage aux Etats-Unis, le Souverain Pontife a tout d’abord expliqué qu’il avait été frappé par la "chaleur" des gens, que ce soit à Washington, New York ou Philadelphie. Concernant les abus sexuels (un thème très repris aux Etats-Unis et en particulier à Philadelphie, un diocèse très touché par la pédophilie), le Pape François a parlé de "sacrilège". « Les abus, nous savons qu’il y en a partout : dans l’environnement familial, dans le voisinage, les écoles, les salles de sport, mais quand un prêtre commet un abus, c’est très grave, parce que la vocation d’un prêtre est de faire croître l’enfant, la jeune fille, vers le haut, vers l’amour de Dieu, (…) c’est presque un sacrilège »

A quelques jours du synode sur la famille, les questions sur les nullités de mariage tout comme les divorcés-remariés ont également été abordées. Ainsi, à la question de savoir si la réforme récente des procédures de reconnaissance de nullité de mariage n’est pas un "divorce catholique", le Pape a répondu : « Dans la réforme des procès de nullité, j’ai fermé la porte à la voie administrative qui était la voie par laquelle le divorce pouvait entrer ». La simplification des procédures en nullité matrimoniale a été demandée par la majorité des pères synodaux lors du synode de l’an passé, a t-il fait remarquer.

Le Saint-Père a tenu à préciser que le récent Motu Proprio n’était en aucun cas la porte ouverte à un "divorce catholique" : « ce n’est pas un divorce parce que le mariage est indissoluble quand il est un sacrement, et l’Eglise ne peut le changer, c’est la doctrine, c’est un sacrement indissoluble » a t-il martelé. « Si cela n’a pas été un mariage : nullité, il n’a pas existé. S’il a existé, il est indissoluble. C’est clair », a-t-il résumé. Le Pape a encore cité le manque de liberté face au sacrement comme l’un des motifs possibles de sa nullité, comme lorsqu’une femme se marie parce qu’elle est enceinte. « À Buenos Aires, je conseillais aux prêtres avec force, j’interdisais presque, de faire un mariage dans ces conditions », a-t-il rappelé, en tant qu’ ancien archevêque de la capitale argentine.

Concernant l’épineuse question de l’accès aux sacrements pour les divorcés-remariés, le Pape a répondu : « Il me semble un peu simpliste de dire que le synode soit la solution pour ces gens et qu’ils peuvent communier. Ce n’est pas la solution, l’unique. »

Le Saint-Père est aussi revenu sur une question qui fait débat aux Etats-Unis, à savoir l’objection de conscience. A la question d’une journaliste américaine lui demandant s’il pourrait soutenir, par exemple,des fonctionnaires gouvernementaux, qui refuseraient par objection de conscience, de valider des mariages de couples homosexuels, François a répondu que l’objection de conscience était un droit de l’homme et par conséquent devait être respectée.

Comme le veut la tradition, le Souverain Pontife a également répondu à plusieurs questions d’actualité internationales. Il est revenu sur la crise migratoire et l’apparition de nouvelles barrières en Europe : « Vous savez comment finissent les murs : tous s’écroulent, a t-il dit, ces murs ne sont pas une solution ». Questionné sur les bombardements en Syrie, le Pape a répété ce qu’il avait dit au Congrès américain et aux Nations unies : à savoir qu’il fallait les éviter.

François s’est aussi félicité de l’annonce par le gouvernement colombien d’un prochain accord avec les Forces armées révolutionnaires colombiennes, pour lequel le Saint-Siège a joué un rôle déterminant ; il a également redit toute son admiration pour le peuple chinois et souhaiter que les relations continuent à aller de l’avant avec Pékin.

Enfin, sur une note plus personnelle, le Pape a été interrogé sur son statut de nouvelle "star" aux Etats-Unis : « Tu sais quel est le titre qu’utilisaient les papes et que l’on doit utiliser ? Serviteur des serviteurs de Dieu… c’est un peu différent d’une star ! » a t-il conclu.

(Avec R. V. et le bureau de presse du Vatican)

28 Septembre 2015

Lundi 28 Septembre 2015, après une visite historique de six jours aux Etats-Unis, le Pape François a quitté le pays pour rentrer à Rome. Lors de la cérémonie d’adieu, le Saint-Père a fait part d’une "immense grâce" d’avoir pu vivre ces journées qui l’ont mené à Washington, New York puis Philadelphie. Le vice-président américain Joe Biden s’est rendu à l’aéroport pour saluer le Pape. Etait également présent l’archevêque de Philadelphie Mgr Charles Chaput qui avait concélébré la messe aux côtés du Pape François quelques minutes auparavant.

Le Pape a remercié toutes les autorités ainsi que les organisateurs et les bienfaiteurs qui ont permis que ce voyage soit une réussite, en particulier les acteurs de la rencontre mondiale et a fait part de « l’assurance de (s)es prières pour le peuple américain ». « Je prie pour que vous puissiez tous être de bons et généreux intendants des ressources humaines et matérielles qui vous ont été confiées » a également dit le Saint-Père, comme en écho à son discours historique devant le Congrès américain, jeudi dernier.

L’avion du Pape François s’est posé peu avant 10 heures sur l’aéroport de Ciampino à Rome, après huit heures de vol depuis Philadelphie. Comme le veut la tradition après chaque voyage apostolique, le Saint-Père s’est aussitôt rendu à la Basilique Sainte-Marie Majeure afin d’aller remercier la Vierge, déposant un bouquet de fleurs blanches et jaunes devant l’icône de Marie. François s’est agenouillée devant la "Salus Populi Romani" et a prié quelques instants.

Retrouvez le dernier discours du Pape avant de quitter les Etats-Unis :

« Monsieur le Vice-Président,

Distinguées autorités,

chers frères Evêques,

chers amis,

Mons séjour au milieu de vous a été bref. Mais ces jours ont été des jours d’immense grâce pour moi, et j’espère, pour vous aussi. S’il vous plaît, sachez qu’au moment de partir, j’ai le cœur plein de gratitude et d’espérance.

Je suis reconnaissant à vous tous et à tous ceux qui ont travaillé si dur pour rendre cette visite possible et pour préparer la Rencontre Mondiale des Familles. En particulier, je remercie l’Archidiocèse de Philadelphie, les autorités civiles, les organisateurs ainsi que tous les volontaires et bienfaiteurs qui y ont contribué, dans les grandes comme dans les petites choses.

Je remercie aussi les familles qui ont partagé leur témoignage durant la Rencontre. Il n’est pas si facile de parler ouvertement de son propre parcours de la vie ! Mais leur honnêteté ainsi que leur humilité devant le Seigneur et devant chacun de nous ont montré la beauté de la vie familiale dans toute sa richesse et sa diversité. Je prie pour que les jours de prière et de réflexion sur l’importance de la famille pour une société saine inspirent les familles à continuer de tendre vers la sainteté et de voir l’Eglise comme leur compagne fidèle, quels que soient les défis qu’elles pourraient affronter.

A la fin de ma visite, je voudrais aussi remercier tous ceux qui ont préparé mon séjour dans les Archidiocèses de Washington et de New York. C’était particulièrement émouvant pour moi de canoniser saint Junipéro Serra, qui nous rappelle à tous notre appel à être des disciples missionnaires ; et aussi de me trouver avec mes frères et sœurs d’autres religions au Ground Zero, cet endroit qui nous parle si puissamment du mystère du mal. Cependant, nous savons avec assurance que le mal n’a jamais le dernier mot, et que, dans le plan miséricordieux de Dieu, l’amour et la paix triomphent de tout.

Monsieur le Vice-Président, je vous prie de renouveler ma gratitude au Président Obama et aux Membres du Congrès, avec l’assurance de mes prières pour le peuple américain. Ce pays a été béni à travers d’immenses dons et opportunités. Je prie pour que vous puissiez tous être de bons et généreux intendants des ressources humaines et matérielles qui vous ont été confiées.

Je remercie le Seigneur d’avoir pu expérimenter la foi du peuple de Dieu dans ce pays, manifestée dans nos moments de prière commune et exprimée dans de si nombreuses œuvres de charité. Jésus déclare dans les Ecritures : ‘‘Vraiment, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait’’. Votre sollicitude envers moi et votre généreux accueil sont le signe de votre amour pour Jésus et de votre foi en lui. Il en est de même de votre sollicitude envers les pauvres, les malades, les sans-abri et les migrants, de votre défense de la vie à toutes ses étapes, et de votre souci de la vie familiale. Dans tout cela, vous reconnaissez que Jésus est au milieu de vous et que votre sollicitude les uns pour les autres est sollicitude pour Jésus lui-même.

En prenant congé, je vous demande tous, surtout aux volontaires et aux bienfaiteurs qui ont apporté une contribution pour la Rencontre Mondiale des Familles : ne laissez pas votre enthousiasme pour Jésus, pour l’Eglise, pour nos familles, et pour la famille plus grande de la société se dessécher. Puissent nos jours passés ensemble porter du fruit qui dure, une générosité et une sollicitude pour les autres qui perdurent ! Tout comme nous avons reçu beaucoup de Dieu – des dons librement accordés, et non pas issus de notre propre effort – de la même manière donnons librement aux autres en retour.

Chers amis, je vous embrasse tous dans le Seigneur et je vous confie à la maternelle protection de Marie Immaculée, Patronne des Etats-Unis. Je prierai pour vous et pour vos familles, et je vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi. Que Dieu vous bénisse tous ! Que Dieu bénisse l’Amérique ! »

27 Septembre 2015

Messe de clôture

La messe de conclusion de cette 8ème Rencontre mondiale des familles s’est terminée. On sait désormais le thème de la prochaine rencontre mondiale des familles, et la ville, Dublin en Irlande, où se tiendra cette neuvième encontre mondiale de la famille. Car Philadelphie n’est que le point de départ de la mission de témoignage confiée aux familles chrétiennes.

Ainsi s’achève ce 10ème voyage apostolique qui, du 19 au 27 septembre a touché une infinité de thèmes et de couches sociales, depuis Cuba où a été célébré la diplomatie du dialogue jusqu’à Philadelphie où la famille s’est confirmée dans sa mission de pilier de la société en passant le Congrès où le Pape s’est adressé aux élus américains ; l’Assemblée générale des Nations-Unies, Ground Zero à NewYork, autre lieu de réaffirmation du dialogue, celui des religions, pour vaincre la haine.

En cette fin de journée du dimanche 27 Septembre, plusieurs centaines de milliers de milliers de personnes étaient rassemblées sur l’avenue Benjamin Franklin de Philadelphie pour la messe conclusive de la huitième rencontre des familles, point d’orgue de ce 10ème voyage apostolique. C’est sous les vivats de la foule que le Saint-Père est arrivé en papamobile sur cette artère de la ville, bénissant les enfants ou des sans-abris. Une foule multicolore à l’image de ces nombreuses familles venues de tous les continents et qui ont passé la semaine dans la capitale de Pennsylvanie.

Dans son homélie écoutée avec une grande attention, à une semaine de l’ouverture du deuxième synode des évêques sur la famille à Rome, le Pape François a demandé aux familles de participer à l’effort de l’Eglise pour sauver la maison commune, en se montrant généreuses, attentives et aimantes, et en se positionnant contre le scandale de l’amour étroit.

« Dieu veut que tous ses enfants prennent part au festin de l’Evangile »

Malgré l’hostilité dont il faisait l’objet, Jésus ne s’est jamais fatigué. Dieu ne cesse de répandre les semences de sa présence dans notre monde, et fort de la certitude d’avoir été aimés par lui en premier lieu, cela nous donne confiance a dit le Pape. « Dieu veut que tous ses enfants prennent part au festin de l’Evangile. » Ce festin, joyeux, cette joie d’être aimé, c’est au quotidien que chaque famille est appelée à les faires rayonner.

« La foi ‘‘fenêtre’’ à la présence et à l’œuvre de l’Esprit nous montre que, comme le bonheur, la sainteté est toujours liée à de petits gestes » a poursuivi le Saint-Père, des petits gestes qui sont ceux que nous apprenons à la maison, en famille et qui rendent chaque jour différent. Ces petites attentions faites par chaque génération, que ce soit un petit-déjeuner pour quelqu’un qui se lève tôt pour aller au travail, ou une bénédiction avant d’aller au lit sont autant de petits signes quotidiens de l’amour. « Voilà pourquoi nos familles, nos maisons, sont de vraies Eglises domestiques » a encore précisé le Pape.

Ces traces de Dieu dans les petits gestes doivent nous interroger sur le type de monde dans lequel nous voulons vivre a poursuivi François, qui s’est alors fait plus grave en reprenant des passages de son encyclique Laudato Si : « Notre maison commune ne peut plus tolérer des divisions stériles. Le défi urgent de sauvegarde de notre maison inclut l’effort de réunir la famille humaine tout entière dans la recherche d’un développement intégral et durable ».

Le Pape a enfin expliqué que les chrétiens demandaient aux familles du monde de les aider. Cette foule de Philadelphie est prophétique a t-il lancé. C’est une sorte de "miracle" dans le monde d’aujourd’hui. « Puissions-nous tous être ouverts aux miracles de l’amour pour toutes les familles du monde, et ainsi vaincre le scandale de l’amour étroit, mesquin, enfermé sur lui-même, impatient envers les autres » a conclu le Saint-Père.

Découvrez le texte de l’homélie du Pape :

« Aujourd’hui, la parole de Dieu nous surprend par des images puissantes et provocantes incitant à la réflexion. Des images qui nous lancent un défi, mais aussi attisent notre enthousiasme.

Dans la première lecture, Josué dit à Moïse que deux membres du peuple prophétisent, annoncent la parole de Dieu, sans mandat. Dans l’Evangile, Jean dit à Jésus que les disciples avaient empêché quelqu’un de chasser les mauvais esprits au nom de Jésus. Voici la surprise : tous deux, Moïse et Jésus ont réprimandé ces proches pour leur étroitesse d’esprit ! Puissent tous ceux-là être des prophètes de la parole de Dieu ! Puisse chacun accomplir des miracles au nom du Seigneur !

Jésus a rencontré l’hostilité de la part de personnes qui n’ont pas accepté ce qu’il a dit et fait. Pour ceux-là, son ouverture, à la fois honnête et sincère, de nombreux hommes et femmes qui ne faisaient pas partie du peuple de Dieu choisi, semblait intolérable. Les disciples, de leur côté, ont agi de bonne foi. Mais la tentation d’être scandalisé par la liberté de Dieu, qui fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes (cf. Mt 5, 45), en contournant la bureaucratie, les cercles administratifs et restreints, menace l’authenticité de la foi. Par conséquent, cela doit être vigoureusement rejeté.

Une fois que nous réalisons cela, nous pouvons comprendre pourquoi les paroles de Jésus sur le fait de provoquer ‘‘scandale’’ sont si dures. Pour Jésus, le vrai scandale ‘‘intolérable’’ consiste en tout ce qui rompt et détruit notre confiance dans l’œuvre de l’Esprit !

Notre Père ne se laissera pas vaincre en générosité et il continue de répandre des semences. Il répand des semences de sa présence dans notre monde, car l’amour consiste en ceci : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu mais, mais c’est lui qui nous a aimés en premier lieu (cf. 1Jn 4, 10). Cet amour nous donne une profonde certitude : nous sommes désirés par Dieu ; il nous attend. C’est cette confiance qui fait que les disciples encouragent, soutiennent et entretiennent les bonnes choses arrivant tout autour d’eux. Dieu veut que tous ses enfants prennent part au festin de l’Evangile. Jésus dit : ‘‘N’entravez rien qui soit bon, au contraire aidez-le à croître !’’. Emettre des doutes sur l’œuvre de l’Esprit, donner l’impression qu’il ne peut trouver place en ceux qui ne ‘‘font pas partie de notre groupe’’, qui ne sont pas ‘‘comme nous’’, est une tentation dangereuse. Non seulement cela bloque la conversion à la foi, mais aussi c’est une perversion de la foi.

La foi ouvre une ‘‘fenêtre’’ à la présence et à l’œuvre de l’Esprit. Elle nous montre que, comme le bonheur, la sainteté est toujours liée à de petits gestes. Quiconque vous donne un verre d’eau en mon nom ne restera pas sans récompense, a dit Jésus (cf. Mc 9, 41). Ces petits gestes sont ceux que nous apprenons à la maison, en famille ; ils se perdent dans toutes les autres choses que nous faisons, cependant ils rendent chaque jour différent. Ce sont les simples choses faites par les mères et les grands-mères, par les pères et les grands-pères, par les enfants. Ce sont les petits signes de tendresse, d’affection et de compassion. Comme la soupe chaude que nous attendons avec impatience la nuit, ou bien le petit déjeuner attendant quelqu’un qui se lève tôt pour aller au travail. Des gestes familiers. Comme une bénédiction avant d’aller au lit, ou bien une étreinte à notre retour après une dure journée de travail. L’amour se montre par de petites choses, par l’attention aux petits signes quotidiens qui font que nous nous sentons chez nous. La foi grandit lorsqu’elle est vécue et avivée par l’amour. Voilà pourquoi nos familles, nos maisons, sont de vraies Eglises domestiques. Elles sont le lieu approprié pour que la foi devienne vie, et que la vie devienne foi.

Jésus nous dit de ne pas entraver ces petits miracles. Au contraire, il veut que nous les encouragions, que nous les diffusions. Il nous demande de vivre la vie, notre vie quotidienne, en encourageant tous ces petits signes d’amour comme des signes de sa propre vie et de sa présence agissante dans notre monde.

Alors, nous pourrions nous demander : comment essayons-nous de vivre de cette manière dans nos maisons, dans nos sociétés ? Quel genre de monde voulons-nous laisser à nos enfants (cf. Laudato Si’, n. 160) ? Nous ne pouvons pas répondre à ces questions seuls, par nous-mêmes. C’est l’Esprit qui nous lance le défi de répondre en tant que membres de cette grande famille humaine. Notre maison commune ne peut plus tolérer des divisions stériles. Le défi urgent de sauvegarde de notre maison inclut l’effort de réunir la famille humaine tout entière dans la recherche d’un développement intégral et durable, car nous savons que les choses peuvent changer (cf. Ibid, n. 13). Puissent nos enfants trouver en nous des modèles et des incitations à la communion ! Puissent nos enfants trouver en nous des hommes et des femmes capables de se joindre à d’autres pour faire fleurir toutes les bonnes semences que le Père a plantées.

Sèchement, mais avec affection, Jésus nous dit : « Si vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit à ceux qui le lui demandent ! » (Lc 11, 13). Que de sagesse dans ces quelques paroles ! Certes, en ce qui concerne la bonté et la pureté de cœur, nous les hommes, nous n’avons beaucoup pas à faire valoir ! Mais Jésus sait que, quand il s’agit des enfants, nous sommes capables d’une générosité sans bornes. Ainsi, il nous rassure : si seulement nous avions la foi, le Père nous donnerait son Esprit.

Nous les chrétiens, disciples du Seigneur, nous demandons aux familles du monde de nous aider ! Combien sommes-nous ici à cette célébration ! Cela même est prophétique, une sorte de miracle dans le monde d’aujourd’hui. Puissions-nous être tous des prophètes ! Puissions-nous tous être ouverts aux miracles de l’amour pour toutes les familles du monde, et ainsi vaincre le scandale de l’amour étroit, mesquin, enfermé sur lui-même, impatient envers les autres.

Et qu’il serait beau si, partout, même au-delà de nos frontières, nous pouvions apprécier et encourager cette prophétie et ce miracle ! Nous renouvelons notre foi dans la parole du Seigneur qui invite les familles croyantes à cette ouverture. Elle invite tous ceux qui veulent partager la prophétie de l’alliance entre l’homme et de la femme, qui donne vie et révèle Dieu !

Quiconque veut fonder dans ce monde une famille qui enseigne aux enfants à être enthousiasmés par chaque geste visant à vaincre le mal – une famille qui montre que l’Esprit est vivant et à l’œuvre – trouvera notre gratitude et notre appréciation. Quels que soient la famille, le peuple, la région ou la religion auxquels il appartient.

Puisse Dieu accorder à nous tous, en tant que disciples du Seigneur, la grâce d’être dignes de cette pureté de cœur qui n’est pas scandalisée par l’Evangile ! »

La journée de Dimanche 27 Septembre a représenté "la journée par excellence" de cette 8ème Rencontre mondiale des familles de Philadelphie. Elle s’est ouverte par une rencontre matinale avec les Evêques venus à cette rencontre, puis s’est prolongée par la visite du Pape à la prison de Curran-Fromhold de Philadelphie. Le tout avant le clou final, la messe de clôture de cette 8ème Rencontre mondiale des familles à Philadelphie.

En attendant cette messe de clôture de la huitième Rencontre mondiale des familles de Philadelphie, la matinée du Pape dimanche a porté sur le socio-pastoral : rencontre avec cinq victimes d’abus sexuels commis par des prêtres ou des membres de leur famille, venus avec des proches, puis visite à la prison de Curran-Romhold où son discours a également mis l’accent sur la souffrance.

Entre ces deux rendez-vous, le Pape en a intercalé une autre avec les évêques invités à cette rencontre mondiales des Familles de Philadelphie. « Le principal défi pastoral de notre époque en évolution est d’aller résolument vers la reconnaissance du don des familles que Dieu nous fait. Sans la famille, même l’Eglise n’existerait pas », leur a rappelé François. Il a souligné les mutations qui dans les sociétés bousculent aujourd’hui la famille chrétienne : « Ces changements nous affectent tous, croyants comme non-croyants. Les chrétiens ne sont pas ‘‘immunisés’’ contre les changements de leurs temps ».

Le pasteur doit accompagner ces mutations, conseiller les jeunes et les moins jeunes : « Notre ministère a besoin d’approfondir l’alliance entre l’Église et la famille. Autrement, il devient aride, et la famille humaine sera irrémédiablement toujours plus loin, par notre faute, de la joyeuse Bonne Nouvelle de Dieu », a encore dit le Souverain Pontife.

Avant d’exhorter les évêques à la patience : « Si nous nous révélons capables de l’exigeante tâche de refléter l’amour de Dieu, alors même une Samaritaine avec cinq ‘‘hommes qui ne sont pas ses maris’’ découvrira qu’elle est capable de témoigner ».

Découvrez ci-dessous l’intervention complète du Pape François devant les évêques :

« Chers frères Evêques,

Je suis heureux de pouvoir partager ces moments de réflexion pastorale avec vous, dans le cadre des joyeuses célébrations de la Rencontre Mondiale des Familles.

Pour l’Eglise, la famille n’est pas d’abord et avant tout une cause de préoccupations, mais plutôt la joyeuse confirmation de la bénédiction de Dieu sur le chef d’œuvre de la création. Chaque jour, à travers le monde, l’Eglise peut se réjouir du don du Seigneur de tant de familles qui, même au milieu de dures épreuves, restent fidèles à leurs promesses et gardent la foi !

Je voudrais dire que le principal défi pastoral de notre époque en évolution est d’aller résolument vers la reconnaissance de ce don. Malgré tous les obstacles devant nous, gratitude et appréciation devraient prévaloir sur les préoccupations et les plaintes. La famille est le lieu fondamental de l’alliance entre l’Eglise et la création de Dieu. Sans la famille, même l’Eglise n’existerait pas. Et elle ne pourrait pas non plus être ce qu’elle est appelée à être, à savoir « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen Gentium, n. 1).

Cela va sans dire, notre compréhension, forgée par l’interaction de la foi de l’Eglise et l’expérience conjugale de la grâce sacramentelle, ne doit pas nous conduire à faire fi des changements sans précédent en cours dans la société contemporaine, avec leurs effets sociaux, culturels – et désormais juridiques – sur les liens familiaux. Ces changements nous affectent tous, croyants comme non-croyants. Les chrétiens ne sont pas ‘‘immunisés’’ contre les changements de leurs temps. Ce monde concret, avec tous ses nombreux problèmes et ses nombreuses possibilités, est là où nous devons vivre, croire et témoigner.

Jusqu’à récemment, nous avons vécu dans un contexte social où les similitudes entre l’institution civile du mariage et le sacrement chrétien étaient considérables et partagées. Les deux étaient en corrélation et se soutenaient mutuellement. Ce n’est plus le cas. Pour décrire notre situation aujourd’hui, j’utiliserais deux images familières : les boutiques de quartier et nos grands supermarchés.

Il y eut une époque où une boutique de quartier avait tout ce qui était nécessaire pour la vie personnelle et familiale. Les produits pouvaient n’être pas exposés adéquatement, ou ne pas offrir beaucoup de choix, mais il y avait un lien personnel entre le marchand et ses clients. Le commerce se faisait sur la base de la confiance, les gens se connaissaient, ils étaient des voisins. Ils se faisaient confiance mutuellement. Ils avaient construit la confiance. Ces boutiques étaient souvent connus simplement comme ‘‘le marché local’’.

Par la suite, un autre genre de commerce s’est répandu : le supermarché. D’immenses espaces avec une gamme variée de marchandises. Le monde semble devenir l’un de ces grands supermarchés ; notre culture est devenue de plus en plus compétitive. Le commerce n’est plus mené sur la base de la confiance ; on ne peut plus faire confiance aux autres. Il n’y a plus de relations personnelles de proximité. La culture d’aujourd’hui semble encourager les gens à ne nouer de relations avec rien ni avec personne, à ne pas faire confiance. Aujourd’hui, suivre la dernière tendance ou activité semble être la chose la plus importante. C’est vrai, même de la religion. De nos jours, le consumérisme détermine ce qui est important. Consommer les relations, consommer les amitiés, consommer les religions, consommer, consommer... Peu importent le coût ou les conséquences. Une consommation qui ne favorise pas la relation, une consommation qui a peu à voir avec les relations humaines. Les liens sociaux sont de purs ‘‘moyens’’ pour la satisfaction de ‘‘mes besoins’’. Ce qui est important, ce n’est plus notre voisin, avec son visage familier, son histoire et sa personnalité.

Le résultat est une culture qui écarte tout ce qui, au goût du consommateur, n’est plus ‘‘utile’’ ou ‘‘satisfaisant’’. Nous avons transformé notre société en une énorme vitrine multiculturelle liée uniquement aux goûts de certains ‘‘consommateurs’’, tandis que tant d’autres sont réduits à manger « les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » (Mt 15, 27).

Cela provoque de grands dommages. Je voudrais dire qu’à la racine de nombreuses situations contemporaines se trouve un genre d’appauvrissement né d’un sens de la solitude, répandu et radical. En courant après la dernière mode, en accumulant les ‘‘amis’’ sur l’un des réseaux sociaux, nous sommes pris au piège de ce que la société contemporaine a à offrir. La solitude avec la peur de l’engagement dans un effort, sans limites, de nous sentir reconnus.

Devrions-nous blâmer nos jeunes gens parce qu’ils ont grandi dans ce genre de société ? Devrions-nous les condamner parce qu’ils vivent dans ce genre de monde ? Devraient-ils écouter leurs pasteurs qui disent que tout était mieux avant, que le monde s’écroule et que si les choses continuaient ainsi, qui sait où nous aboutirions ? Non, je ne pense pas que ce soit la bonne voie. En tant que pasteurs suivant les pas du Dieu Pasteur, nous sommes appelés à rechercher, à accompagner, à relever, à soigner les blessures de notre temps ; à regarder les choses de manière réaliste, avec les yeux de quelqu’un qui se sent appelé à l’action, à la conversion pastorale. Le monde, de nos jours, demande cette conversion de notre part. ‘‘Il est vital qu’aujourd’hui l’Église sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation, sans répulsion et sans peur. La joie de l’Évangile est pour tout le peuple, personne ne peut en être exclu” (Evangelii Gaudium, n. 23).

Nous nous méprendrions, cependant, si nous voyions cette ‘‘culture’’ du monde contemporain comme une pure indifférence vis-à-vis du mariage et de la famille, comme un pur et simple égoïsme. Est-ce que les jeunes d’aujourd’hui sont irrémédiablement timides, faibles, inconsistants ? Nous ne devons pas tomber dans ce piège. Beaucoup de jeunes gens, dans le contexte de cette culture de découragement, ont cédé à une forme de consentement inconscient. Ils sont paralysés lorsqu’ils rencontrent les beaux défis, nobles et vraiment nécessaires, auxquels la foi les confronte. Beaucoup reportent le mariage, attendant des conditions idéales, quand tout sera parfait. Pendant ce temps, la vie continue, sans être réellement vécue pleinement. Car, les vrais plaisirs de la vie s’expérimentent seulement comme le fruit d’un investissement à long terme de notre intelligence, de notre enthousiasme et de notre passion.

En tant que pasteurs, nous, Evêques, sommes appelés à unir nos forces et à rebâtir l’enthousiasme pour faire en sorte que les familles correspondent toujours davantage pleinement à la bénédiction de Dieu, selon leur vocation ! Nous avons besoin d’investir nos énergies non pas tant en ressassant les problèmes du monde qui nous entourent et les mérites du christianisme, mais en adressant une invitation sincère aux jeunes à être courageux et à opter pour le mariage et la famille. Ici aussi, il nous faut une sainte parrhesia ! Un christianisme qui ‘‘fait’’ peu concrètement, tout en ‘‘dispensant’’ son enseignement, est dangereusement déséquilibré. Je voudrais même dire qu’il est coincé dans un cercle vicieux. Un pasteur doit montrer que ‘‘l’Evangile de la famille’’ est vraiment ‘‘bonne nouvelle’’ dans un monde où l’égoïsme semble régner de façon absolue ! Nous ne parlons pas d’un rêve romantique : la persévérance nécessaire pour avoir une famille et pour la faire grandir transforme le monde et l’histoire humaine.

Un pasteur proclame la parole de Dieu sereinement mais passionnément. Il encourage les croyants à viser haut. Il rendra ses frères et sœurs capables d’écouter et d’expérimenter la promesse de Dieu, qui peut étendre leur expérience de la maternité et de la paternité à l’horizon d’une nouvelle ‘‘familiarité’’ avec Dieu (cf. Mc 3, 31-35).

Un pasteur veille sur les rêves, les vies et la croissance de son troupeau. Cette ‘‘veille’’ n’est pas le résultat de paroles mais celui du fait de paître. Seul quelqu’un capable d’être ‘‘au milieu’’ du troupeau peut être attentif, pas quelqu’un qui a peur des questions, du contact, de l’accompagnement. Un pasteur veille d’abord et avant tout grâce à la prière, en soutenant la foi de son peuple et en inculquant la confiance au Seigneur, en sa présence. Un pasteur reste vigilant en aidant les personnes à élever leur regard aux moments de découragement, de frustration et d’échec. Nous pourrions aussi nous demander si dans notre ministère pastoral nous sommes prêts à ‘‘perdre’’ du temps avec les familles. Si nous sommes prêts à leur être présents, en partageant leurs difficultés et leurs joies.

Bien entendu, expérimenter l’esprit de cette joyeuse familiarité avec Dieu, et en diffusant sa puissante fécondité évangélique, doit être la première caractéristique de notre style de vie en tant qu’évêques : un style de vie de prière et de prédication de l’Evangile (cf. Ac 6, 4). Par notre humble apprentissage chrétien des vertus de la vie familiale caractérisant le peuple de Dieu, nous deviendrons toujours davantage [comme] des pères et des mères (à l’instar de Saint Paul : cf. 1Tm, 7,11), et moins [comme] des personnes qui ont juste appris à vivre sans famille. Notre idéal n’est pas de vivre sans amour ! Un bon pasteur renonce à l’amour d’une famille précisément afin de focaliser toutes ses énergies, et la grâce de sa vocation particulière, sur la bénédiction évangélique de l’amour des hommes et des femmes qui font avancer le plan divin de la création, en commençant par ceux qui sont perdus, abandonnés, blessés, brisés, abattus et privés de leur dignité. Cette oblation à l’agapè de Dieu n’est certainement pas une vocation qui manque de tendresse et d’affection ! Il nous suffit de regarder Jésus pour le comprendre (cf. Mt 19, 12). La mission du bon pasteur à la manière de Dieu – et seulement Dieu peut le permettre ; nous ne pouvons pas en présumer – imite sous toutes les formes et pour toutes les personnes l’amour du Fils pour le Père. Cela se reflète dans la tendresse avec laquelle un pasteur se dévoue aux soins pleins d’amour pour les hommes et les femmes de notre famille humaine.

Aux yeux de la foi, c’est un signe très précieux. Notre ministère a besoin d’approfondir l’alliance entre l’Eglise et la famille. Autrement, il devient aride, et la famille humaine sera irrémédiablement toujours plus loin, par notre faute, de la joyeuse Bonne Nouvelle de Dieu.

Si nous nous révélons capables de l’exigeante tâche de refléter l’amour de Dieu, armés de patience infinie ainsi que de sérénité, en nous efforçant de semer les graines de cet amour dans les sillons souvent tortueux où nous sommes appelés à planter, alors même une Samaritaine avec cinq ‘‘hommes qui ne sont pas ses maris’’ découvrira qu’elle est capable de témoigner. Et pour chaque jeune homme riche, sentant avec tristesse qu’il a encore besoin de réfléchir, un publicain avancé en âge descendra de l’arbre et donnera le quadruple aux pauvres, à ceux pour qui, jusqu’alors, il n’avait jamais eu la moindre pensée.

Puisse Dieu nous accorder ce don d’une proximité renouvelée entre la famille et l’Eglise. La famille est notre alliée, notre fenêtre sur le monde, et l’évidence d’une bénédiction irrévocable de Dieu destinée à tous les enfants qui, à chaque époque, sont nés dans cette création difficile et cependant belle que Dieu nous a demandé de servir ! »

Ce fut aussi un emps fort de cette dernière journée du Pape aux Etats-Unis, la visite qu’il a effectué il y a quelques minutes à des détenus dans une prison de haute sécurité de la banlieue de Philadelphie, la Prison Curran-Fromhold, un centre carcéral où sont enfermés près de 3000 prisionniers, le plus important du district de Philadelphie. François a rencontré une centaine de prisonniers dans le gymnase de l’établissement, leur apportant des mots de réconfort et de proximité, mais a aussi dénoncé une société qui ne ferait rien pour réhabiliter ses détenus.

« Toute société, toute famille, qui ne peut pas partager ou prendre au sérieux la peine de ses enfants, et voit cette peine comme une chose normale est une société ‘‘condamnée’’ à demeurer otage d’elle-même » a dit le Pape, qui a porté une violente charge contre une prison qui ne serait pas un lieu de rédemption, de réhabilitation : « Cela fait mal de voir les systèmes carcéraux qui ne se préoccupent pas de soigner les blessures, a lancé François, de soulager la peine, d’offrir de nouvelles possibilités. Cela fait mal de voir des personnes qui pensent que ce sont seulement les autres qui ont besoin d’être nettoyés, purifiés ».

26 Septembre 2015

Samedi 26 Septembre, le Pape François a quitté New-York pour rejoindre Philadelphie où il participera à la fin de la 8ème Rencontre mondiale des familles, troisième et dernière étape de son voyage apostolique aux Etats-Unis.

Après Washington et New York, Philadelphie accueille donc à son tour le Pape François. Le Souverain Pontife est arrivé dans la matinée dans cette ville de Pennsylvanie, dans l’Est des États-Unis, pour sa dernière étape américaine.

Philadelphie est la cinquième ville du pays, une ville chargée d’histoire, berceau de l’indépendance américaine, qui abrite plusieurs monuments fondateurs de l’identité américaine. Elle a été envahie depuis mardi par des milliers de familles du monde entier venues participer à la VIII° rencontre mondiale des familles. C’est autour de ce grand rendez-vous que ce voyage apostolique a été pensé. Un million et demi de personnes sont attendues dimanche pour la messe finale.

Le premier geste du Pape François à Philadelphie a été de célébrer une messe à la cathédrale des Saints Pierre et Paul. Quelque 2000 prêtres, évêques, religieux, religieuses et laïcs étaient présents dans cet édifice imposant de style corinthien romain à la façade ornée de colonnes et à l’intérieur richement décorée, et dont la construction remonte à la moitié du XIXème siècle. Dans son homélie, le pontife argentin a invité le clergé américain à impliquer davantage le laïcat dans la mission de l’Église.

Pour le Saint-Père, l’un des plus grands défis auquel l’Église est confrontée dans cette génération est d’encourager chez tous les fidèles le sens de la responsabilité personnelle pour la mission de l’Église, et de leur permettre d’assumer cette responsabilité en tant que disciples missionnaires.

Cela demande de la créativité dans l’adaptation aux situations changeantes. Cela demande d’être ouvert aux possibilités que l’Esprit révèle en communiquant la joie de l’Évangile, jour après jour et à chaque étape de la vie. François reconnaît qu’il faut préserver l’hé