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        Audience Générale du Mercredi à Rome

Audience Générale du Mercredi à Rome

Le Pape a poursuivi sa catéchèse sur le Notre Père, mercredi 20 février, à partir d’extraits du Livre d’Isaïe (49, 14-16), insistant sur l’imperfection de l’amour terrestre, comparé à celui prodigué par Dieu.


« La première étape de chaque prière chrétienne est l’entrée dans un mystère, celui de la paternité de Dieu », a commencé le Pape, mettant en relief cette paternité divine avec la figure de nos parents.

« Aucun d’entre nous n’a eu de parents parfaits. Comme nous, nous ne serons jamais des parents ou des pasteurs parfaits », a-t-il justifié.

Par ailleurs, « nos relations amoureuses vivent toujours sous le signe de nos limites et de notre égoïsme, elles sont donc souvent polluées par des désirs de possession ou de manipulation de l’autre… C’est pourquoi parfois les déclarations d’amour se transforment en sentiments de colère et d’hostilité », a ajouté le Souverain pontife.

De ce fait, lorsque nous évoquons Dieu, en tant que « père », nous devons aller au-delà de nos représentations terrestres. Selon le Pape, il s’agit là d’un « amour total », que nous ne goutons qu’imparfaitement dans cette vie.

Et le Pape de regretter : « Les hommes et les femmes sont éternellement des mendiants de l’amour, à la recherche d’un lieu pour être finalement aimé, mais ils ne le trouvent pas. Combien d’amitiés et d’amours déçus dans notre monde ! » Le Souverain pontife argentin a fait ensuite allusion au dieu grec de l’amour, « le plus tragique de tous », dont on ne sait pas s’il est ange ou démon.

« La mythologie dit qu’il est le fils de Poros et de Penía, c’est-à-dire de ruse et de pauvreté, destiné à lui-même à porter une partie de la physionomie de ces parents. À partir de là, nous pouvons penser à la nature ambivalente de l’amour humain : capable de s’épanouir et de dominer la vie en une heure de la journée et immédiatement après, le dépérissement et la mort ; celui qui le saisit lui échappe toujours (Platon, Symposium, 203) », a poursuivi le Saint-Père, citant l’expression du prophète Osée : « Ton amour est comme un nuage du matin, comme la rosée qui s’estompe à l’aube" (6 : 4) ».

Pour le Pape, voici donc ce que notre amour représente souvent : « une promesse qui a du mal à tenir, une tentative qui bientôt se dessèche et s’évapore, un peu comme lorsque le soleil se lève le matin et enlève la rosée de la nuit ».

Combien de fois nous, les hommes, avons-nous aimé d’une manière aussi faible et intermittente ?, interpelle-t-il, avant de compléter : « Désireux d’aimer, nous nous sommes heurtés à nos limites, à la pauvreté de nos forces : incapables de tenir une promesse qu’il semblait facile de réaliser aux jours de grâce ».

Cependant, relève encore le Pape François, il existe un autre amour, celui du Père qui est au ciel. Et là, « personne ne devrait douter qu’il soit le destinataire de cet amour. Si même notre père et notre mère ne nous avaient pas aimés, il y a un Dieu au ciel qui nous aime comme personne sur terre ne l’a jamais fait et ne peut jamais le faire », insiste bien le Pape, développant : « Si tous nos amours terrestres s’effondrent aussi et qu’il ne reste que de la poussière, il y a toujours pour nous tous, brûlant, l’unique et fidèle amour de Dieu ».

L’expression « dans les cieux » ne veut alors pas exprimer une distance, mais « une différence radicale, une autre dimension », explique-t-il, enjoignant le plus grand nombre à « ne pas avoir peur », car « aucun de nous n’est seul ».

(Avec V. N.)

Dimanche 17 Février 2019

Avant de réciter l’Angélus place Saint-Pierre de Rome, le Pape François a livré une méditation sur les Béatitudes de l’évangile du jour selon saint Luc (cf. Lc 6, 17-20-26). Il a mis en garde contre « les professionnels de l’illusion » et l’esprit du monde.

Avec ces Béatitudes fortes et incisives, « Jésus ouvre nos yeux, nous fait voir avec son regard, au-delà des apparences, outre la superficie, et nous enseigne à discerner les situations avec foi », a affirmé d’emblée le Souverain pontife argentin, rappelant que Jésus déclarait bienheureux « les pauvres, les affamés, les affligés, les persécutés », et mettait en garde « ceux qui sont riches, repus, rieurs et acclamés par les gens ».

Jésus voit la Béatitude au-delà des réalités négatives, a souligné le Pape, justifiant que c’était pour cette raison paradoxale que les problèmes surgissant sur le chemin de « ceux qui vivent bien aujourd’hui », étaient plutôt destinés à les « réveiller de la dangereuse illusion de l’égoïsme », de même qu’à les ouvrir à « la logique de l’amour », « tant qu’il en est temps… »

Selon le Pape François, il s’agit donc « de briser les idoles mondaines, ouvrir son cœur au Dieu vivant et vrai », d’autant que « nombreux sont ceux qui se proposent comme distributeurs de bonheur : ceux qui promettent le succès en peu de temps, qui promettent de gros gains ou des solutions magiques à chaque problème ». L’idolâtrie se profile alors, péché contre le premier commandement, avertit le Pape François.

Jésus ouvre nos yeux à la réalité : « Nous sommes appelés au bonheur, à être dans la Béatitude, et nous le devenons à partir du moment où nous nous plaçons du côté de Dieu, de son royaume, du côté de ce qui n’est pas éphémère mais dure pour la vie éternelle ».

« Nous atteignons la joie si nous évitons les idoles auxquelles nous vendons notre âme, mais que nous partageons avec nos frères », a-t-il mentionné, avant de résumer : « Les Béatitudes du Christ sont un message déterminant, qui nous encourage à ne pas faire confiance aux choses matérielles et passagères, à ne pas rechercher le bonheur en suivant les vendeurs de fumée et les professionnels de l’illusion ».

Ainsi, le Seigneur nous aide à acquérir un regard plus pénétrant sur la réalité, à guérir de la myopie chronique dont l’esprit mondain nous contamine. « Il nous secoue et nous fait reconnaître ce qui nous enrichit vraiment, nous satisfait, nous donne joie et dignité. En somme, ce qui donne vraiment du sens et de la plénitude à nos vies », a-t-il conclu.

Après la prière de l’Angélus, le Saint-Père a évoqué la prochaine Rencontre pour la protection des mineurs : « Je vous invite à prier pour ce rendez-vous, que j’ai souhaité comme un acte de forte responsabilité pastorale pour affronter un défi urgent de notre époque ».

La Rencontre pour la protection des mineurs réunira en salle du Synode autour du Pape les présidents des conférences épiscopales du monde entier, et sera structurée en trois parties : les responsabilités spirituelles et juridiques de l’évêque, la reddition de compte à la hiérarchie ecclésiale, et enfin la transparence interne, mais aussi vis-à-vis de l’autorité étatique et de tout le peuple de Dieu.

« Les abus sur mineurs constituent l’un des crimes les plus vils et néfastes qui puissent exister », avait affirmé le Pape lors de son discours au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège en janvier.

Le Pape François a garanti sa présence tout au long du sommet. Lundi 18 février aura lieu la conférence de presse de présentation de ce grand rendez-vous pour l’Église, en présence des membres du comité d’organisation de la Rencontre.

Le cardinal Cupich, archevêque de Chicago, Mgr Scicluna, archevêque de Malte, ou encore le père Lombardi, modérateur de la Rencontre, et le père Zollner, président du Centre pour la protection des mineurs à l’Université grégorienne de Rome, interviendront.

(Avec V. N.)

Mercredi 13 Février 2019

Dans le cadre de l’audience générale de ce mercredi 13 février, tenue en Salle Paul VI, le Pape François a repris ce matin le cycle de ses catéchèses sur le Notre Père, en expliquant qu’il faut prendre exemple sur Jésus, qui invite à prier dans le secret du cœur, sans chercher à se faire remarquer par les autres.

« Jésus ne veut pas l’hypocrisie. La vraie prière est celle qui s’accomplit dans le secret de la conscience, du cœur : insondable, visible seulement pour Dieu. Moi et Dieu. » Le Pape a insisté sur cette dimension interpersonnelle, ce « dialogue silencieux, comme un carrefour de regards entre deux personnes qui s’aiment ». La prière est donc une relation personnelle en profondeur, mais qui ne doit pas mener à une forme d’intimisme réduisant la vie spirituelle à un petit monde intérieur autocentré.

« Dans le secret de la conscience, le chrétien ne laisse pas le monde derrière la porte de sa chambre, mais il porte dans le cœur les personnes, les situations, les problèmes » qui l’entourent. Le Pape a d’ailleurs remarqué que le pronom “je” n’intervient jamais dans cette prière, mais que l’on s’adresse au Seigneur en le tutoyant, et en s’intégrant dans « une communauté de frères et sœurs », en disant “nous”. La belle expression « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » doit d’ailleurs concerner tous les pauvres du monde et nous inciter au partage.

« Dans la prière, un chrétien porte toutes les difficultés des personnes qui vivent à côté de lui (…) : il pose devant lui de nombreux visages amis ou même hostiles ; il ne les chasse pas comme des distractions dangereuses ». La prière doit être liée à la compassion pour les plus pauvres, encore une fois comme Jésus nous y invite. Elle ne doit pas être une espèce d’anesthésie, pour être tranquille.

Au soir de notre vie, « nous serons jugés sur l’amour », non pas sur de simples sentiments, mais sur notre compassion, nos engagements concrets, a rappelé le Pape, avant de conclure sur cette citation de l’Évangile selon saint Matthieu : « Tout ce que vous avez fait à un seul de mes frères les plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait ».

(Avec V. N.)

Dimanche 10 février 2019

Lors de l’audience de l’Angélus, le Pape François a commenté l’Evangile de Saint Luc qui revient sur l’appel de Jésus à Simon-Pierre : « Jésus, sur la rive du lac de Galilée le voit alors qu’il répare les filets, aux côtés d’autres pécheurs » a rappelé le Saint-Père, « il le voit fatigué et déçu car il n’a pas trouvé de poisson ».

« Jésus le surprend par un geste imprévu », a poursuivi le Pape, en montant sur la barque et demandant de s’éloigner un peu du rivage pour enseigner la foule. Et ses paroles rouvrent à la confiance jusqu’au cœur de Simon. Jésus surprend par cette phrase : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
La réponse de la foi

Simon répond avant tout par une objection a rappelé le Pape : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre » et comme pécheur, il aura pu répondre aussi : « Si nous n’avons rien pris de la nuit, nous pêcherons encore moins durant le jour ». Mais Simon, a expliqué le Saint-Père, inspiré par la présence de Jésus est illuminé par sa Parole et dit finalement : « sur ta parole, je vais jeter les filets ».

C’est la réponse de la foi, a poursuivi le Pape, que nous sommes nous aussi appelés à donner, c’est le comportement de disponibilité que le Seigneur demande à tous ses disciples, surtout à ceux qui ont des responsabilités dans l’Eglise.

L’obéissance confiante de Pierre génère un résultat prodigieux a poursuivi François : « Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer ». Cette pêche miraculeuse est signe de la puissance de la parole de Jésus, quand nous mettons avec générosité à son service, il accompli en nous de grandes choses.

« Jésus nous demande de l’accueillir sur la barque de nos vie », a expliqué le Pape, pour repartir avec Lui et fendre une mer nouvelle, pleine de surprises. Son invitation à sortir en haute mer à l’humanité de notre temps, pour être témoins de bonté et de miséricorde, donne un sens nouveau à notre existence, qui risque souvent de s’aplatir sur elle-même.

Nous pouvons parfois rester surpris ou réticents face à cet appel, a encore souligné le Saint-Père, tenter de le refuser pensant qu’il ne nous est pas adapté. Pierre lui-même, après sa pêche incroyable dit à Jésus : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur », mais il le dit à genoux, devant Celui qu’il reconnaît comme « Seigneur ».

Mais Jésus l’encourage : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ». Si nous lui faisons confiance a expliqué le Pape, il nous libère de notre péché et nous ouvre devant un horizon nouveau : collaborer à sa mission.

Le Pape a conclu sa méditation en rappelant que le plus grand miracle réalisé par Jésus pour Simon et les autres pécheurs déçus et fatigués n’était pas tant dans les filets pleins de poisson, mais de les avoir encouragé à ne pas tomber dans la déception et le découragement face aux défaites. Il les a ouverts pour qu’ils deviennent annonciateurs et témoins de sa parole et du Règne de Dieu. Que la Vierge, a demandé François nous aide à sentir la fascination de l’appel du Seigneur.

A la suite de la prière de l’Angélus, et à l’occasion de la cinquième Journée mondiale de prière contre la traite, le Saint-Père a tenu à honorer la mémoire de Sainte Bakhita, fêtée le 8 février. La prière à Sainte Joséphine Bakhita a été distribuée place Saint-Pierre et le Pape a invité les fidèles à unir leur voix avec la sienne.

A l’age de 7 ans, la soudanaise a été vendue comme esclave et « a dû affronter des difficultés et des souffrances indicibles ». « Une fois libérée de ta servitude physique, tu as trouvé la vraie rédemption dans la rencontre avec le Christ et son Église », a déclaré François depuis la fenêtre du palais apostolique, avant de demander à Sainte Joséphine Bakhita d’aider tous ceux qui sont pris au piège de la servitude. « En leur nom, intercède auprès du Dieu de la miséricorde, afin que les chaînes de leur prison puissent être rompues. Puisse Dieu lui-même libérer tous ceux qui sont menacés, blessés ou maltraités à cause de la traite et du trafic d’être humain. » Que Bakhita enseigne à tous ceux qui survivent à voir Jésus comme un modèle de foi et d’espérance, ainsi ils pourront guérir de leurs propres blessures.

« Je te supplie de prier et d’intercéder pour chacun de nous » a conclu le Souverain Pontife, « afin que nous ne tombions pas dans l’indifférence, afin que nous ouvrions les yeux et puissions regarder les misères et les blessures de tant de nos frères et soeurs privés de leur dignité et de leur liberté et écouter leur cri d’aide, Amen. »

(Avec V. N.)

Mercredi 6 Février 2019

Lors de l’audience générale du mercredi, tenue en Salle Paul VI, le Pape est revenu sur son voyage aux Émirats arabes unis, qui s’est achevé hier : « Un voyage bref mais très important qui a écrit une nouvelle page dans l’histoire du dialogue entre le christianisme et l’islam, et dans l’engagement de promouvoir la paix dans le monde sur la base de la fraternité humaine ».

« Pour la première fois, un Pape s’est rendu dans la Péninsule arabique », a souligné l’évêque de Rome, en remarquant que « la Providence a voulu que ce soit un Pape du nom de François, 800 ans après la visite de saint François d’Assise au sultan al-Malik al-Kamil ». Le Pape s’est donc inspiré du saint dont il a choisi de porter le nom pour garder dans son cœur « l’Évangile du Christ, la prière du Père pour tous ses enfants, spécialement pour les plus pauvres, pour les victimes des injustices, des guerres, de la misère ; la prière pour que le dialogue interreligieux entre le christianisme et l’islam soit un facteur décisif pour la paix dans le monde d’aujourd’hui ».

En remerciant les autorités du pays, le Pape a expliqué que la forte croissance des Émirats arabes unis durant les dernières décennies a fait de ce territoire « un carrefour entre Orient et Occident, une oasis multiethnique et multireligieuse, et donc un lieu adapté pour promouvoir la culture de la rencontre ». Il a également souligné le dévouement de tous les prêtres des différents rites, des religieux et des laïcs qui animent la présence chrétienne sur cette terre.

Le Saint-Père invite à étudier attentivement le Document sur la Fraternité humaine qu’il a signé avec le Grand-Imam d’Al-Azhar, qui se situe dans la continuité de leur rencontre au Caire en 2017, et qui vise à donner un signe de respect et de dialogue à partir des valeurs communes entre le monde chrétien et le monde musulman, comme la promotion de la vie et de la famille, le sens religieux, le respect des anciens ou encore l’éducation des jeunes.

Il a enfin souligné la forte et étonnante affluence lors de la messe célébrée hier, qui a été l’occasion de prier « pour la paix et la justice, avec une intention spéciale pour le Moyen-Orient et pour le Yémen ». Ce voyage a été révélateur des « surprises de Dieu », a conclu le Pape François, qui a invité à prier pour que tout ce qui a été semé apporte des fruits, « selon ce que Dieu voudra ».

Au terme de l’audience, le Pape François a lancé un appel suite au naufrage d’une barque samedi dernier au large des Bahamas, avec des dizaines de migrants haïtiens à bord, « en recherche d’espérance et d’un futur de paix. » Le Pape a donc adressé sa « pensée affectueuse aux familles éprouvées par la douleur, ainsi qu’au peuple haïtien frappé par cette nouvelle tragédie. Je vous invite à vous unir à ma prière pour ceux qui ont dramatiquement disparu et pour les blessés », a conclu le Saint-Père.

(Avec V. N.)

Dimanche 3 Février 2019

Avant la prière de l’Angélus, le Pape François a commenté l’Évangile du jour, qui fait suite à celui de la semaine dernière. Jésus est à la synagogue de Nazareth, au début de son ministère public, où il se heurte à l’incompréhension et à la méfiance de ses compatriotes.

Ceux qui fréquentent la synagogue de Nazareth voudraient que Jésus fasse des miracles « là, à Nazareth », a expliqué le Pape François, mais cela « ne correspond pas au plan de Dieu : Dieu veut la foi, eux veulent les miracles ; Dieu veut sauver tout le monde, et eux veulent un Messie à leur propre avantage ».

Jésus tente de le leur faire comprendre par deux exemples : ceux des prophètes Élie et Élisée, venus guérir des étrangers. Mais devant cette invitation « à ouvrir leurs cœurs à la gratuité et à l’universalité du salut, les citoyens de Nazareth se rebellent », a poursuivi le Saint-Père. Ils deviennent agressifs envers Jésus et le poussent « hors de la ville » (v29).

Ainsi commence le ministère public de Jésus, « avec un refus et avec une menace de mort ». Toutefois Jésus « sait bien qu’il doit affronter la fatigue, le refus, la persécution et la défaite » en accomplissant la mission que lui confie le Père. « Un prix que la prophétie authentique est appelée à payer, hier comme aujourd’hui », a souligné le Pape. Mais cela « ne décourage pas Jésus » ni n’empêche « la fécondité de son action prophétique ». Il continue son chemin (cf. v30), « confiant dans l’amour du Père ».

Comme l’a montré le Pape François, cet Évangile est un exemple pour les croyants d’aujourd’hui. Le monde actuel « a besoin de voir dans les disciples du Seigneur des prophètes, c’est-à-dire des personnes courageuses et persévérantes dans leur réponse à la vocation chrétienne ». Des personnes poussées par l’Esprit-Saint, « qui les envoie annoncer l’espérance et le salut aux pauvres et aux exclus » ; des personnes « qui suivent la logique de la foi » et non celle du miracle ; des personnes « dévouées au service de tous, sans privilèges et exclusions ». Autrement dit, a conclu le Souverain Pontife, « des personnes qui s’ouvrent pour accueillir en elles-mêmes la volonté du Père et s’engagent à en témoigner aux autres fidèlement ».

(Avec V. N.)

Mercredi 30 Janvier 2019

Lors de l’audience générale de ce mercredi au Vatican, le Pape François de retour d’Amérique centrale a souhaité, avec les fidèles présents en Salle Paul VI, rendre grâce pour son voyage au Panama à l’occasion des 34èmes Journées mondiales de la Jeunesse qui se sont achevées dimanche. Ces JMJ ont été « un don du Seigneur à l’Eglise et au peuple de ce pays ». Lors de sa catéchèse, le Pape est revenu sur les temps forts de cet événement.

Pour leur accueil chaleureux,Lors de l’audience générale de ce mercredi au Vatican, le Pape François de retour d’Amérique centrale a souhaité, avec les fidèles présents en Salle Paul VI, rendre grâce pour son voyage au Panama à l’occasion des 34èmes Journées mondiales de la Jeunesse qui se sont achevées dimanche. Ces JMJ ont été « un don du Seigneur à l’Eglise et au peuple de ce pays ». Lors de sa catéchèse, le Pape est revenu sur les temps forts de cet événement. le Pape François remercie encore le président et autres autorités du Panama, les évêques, les volontaires et tous ces gens enthousiastes, à la foi ardente, qui ont accouru de toutes parts. Il se dit frappé par la manière dont les parents portaient leurs enfants, leur orgueil et leur fierté, à bouts de bras quand passait la papamobile. Quelle dignité dans ce geste, et quel message pour l’Europe en plein hiver démographique.

Au Panama, le Pape a souligné combien la présence joyeuse des jeunes a su contaminer même les rencontres les plus formelles, avec les autorités, ou les plus recueillies, avec les mineurs détenus. Ce fut « une fête » pour la jeunesse, pour le pays et pour toute l’Amérique centrale « frappée par tant de drames et qui a besoin d’espérance, de paix et de justice ».

Le Pape s’est félicité du « beau geste » que ces rencontres en amont des JMJ entre les jeunes autochtones et afro-américains. « Une initiative importante qui manifeste particulièrement bien le visage multiforme de l’Église en Amérique latine ». Le Pape se réjouit de la grande symphonie de langues et de visages qui suivit à l’arrivée des jeunes du monde entier.

« Voir tous les drapeaux défiler ensemble, danser dans les mains de jeunes heureux de se rencontrer est un signe prophétique, un signe à contre-courant par rapport à la triste tendance actuelle des nationalismes conflictuels qui érigent des murs et se ferment à l’universalité, à la rencontre avec les peuples. C’est un signe que les jeunes chrétiens sont dans le monde levain de paix ».

Le thème de ces JMJ était la réponse que la Vierge Marie fit à l’Ange : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». De fait, affirme François, tant que se lèveront de nouvelles générations capables de répondre à Dieu : « me voici », le monde aura un avenir.

Parmi les étapes incontournables des JMJ, il y a le Chemin de Croix. Marcher avec la Vierge derrière Jésus qui porte la croix est « une école de la vie chrétienne : là on apprend l’amour patient, silencieux et concret ». Un temps cher au Pape François, confie-t-il. En Amérique centrale, beaucoup de jeunes vivent dans des conditions difficiles, « victimes de toutes sortes de servitudes et de pauvretés » et, à cet égard, le Chemin de croix et la liturgie pénitentielle, célébrée dans une maison de rééducation pour mineurs, ont été très significatifs, explique-t-il.

Autres temps forts de ces JMJ : la veillée et la messe du lendemain matin. Pendant la veillée, le Pape a voulu proposer aux jeunes la Vierge Marie « comme celle qui, dans sa petitesse, a le plus influencé l’histoire du monde ». Elle est « l’influenceuse de Dieu ». Lors de la Messe, le Pape a taché de leur faire comprendre que le Christ ressuscité, avec la force de l’Esprit Saint les invitent à vivre l’Evangile aujourd’hui, car « ils sont l’aujourd’hui de l’Eglise et du monde ». Le Pape assure avoir fait appel à la responsabilité des adultes, pour que ne manquent pas aux nouvelles générations l’instruction, le travail, la communauté et la famille.

Le Pape François a évoqué la rencontre avec les évêques d’Amérique centrale, « un moment spécial de consolation ». Ensemble, ils se sont laissés pétrir par le témoignage de Saint Oscar Romero pour « sentir avec l’Église ».

Enfin, il est revenu sur « un signe de beauté retrouvée, à la Gloire de Dieu pour la foi et la fête de son peuple », à savoir la consécration de l’autel de la cathédrale Santa Maria La Antigua, qui fut fermée pendant sept ans.

« Puisse la famille de l’Église au Panama et dans le monde, obtenir toujours de l’Esprit Saint une nouvelle fécondité pour que le pèlerinage des jeunes disciples missionnaires du Christ se poursuive et se propage sur la terre », a conclu le Saint-Père.

A l’issue de la catéchèse, François a salué les pèlerins de différentes langues et nations, notamment ceux du diocèse de Versailles, en France. En Italien, il a également salué la figure de saint Jean Bosco dont la mémoire sera célébrée demain. « Père et maître des jeunes », Don Bosco a su faire sentir à chaque jeune qu’il rencontrait « l’étreinte de Dieu », leur offrant ainsi « de l’espérance, une maison, un avenir ». Le Pape espère que son témoignage aide à comprendre combien il est important d’éduquer les jeunes générations aux authentiques valeurs humaines et spirituelles.

(Avec V. N.)

Dimanche 27 janvier 2019

Après avoir présidé la messe de clôture des Journées Mondiales de la Jeunesse, le Saint-Père s’est rendu ce dimanche à la Casa Hogar du Bon Samaritain Juan Díaz. Situé en périphérie de la capitale panaméenne, ce lieu accueille des jeunes malades du sida. Le Pape François y a rencontré les résidents avant de prononcer un discours et de réciter avec eux la prière de l’Angélus.

Le Pape, très attendu dans ce foyer d’accueil du Bon Samaritain, a été accueilli dans un climat de simplicité et d’amitié. Un petit garçon de 13 ans, vêtu de l’habit des franciscains, a même entonné un chant devant le Saint-Père, reprenant les mots de saint François d’Assise : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix ».

Après avoir été salué par le directeur de la Casa Hogar, le père Domingo Escobar, le Pape s’est adressé à l’assemblée. Une centaine de personnes étaient présentes, religieux et laïcs, dont les 18 malades du centre ainsi que des jeunes venus de d’autres foyers du Panama.

« J’ai beaucoup désiré cette rencontre avec vous qui êtes ici », a d’abord reconnu le Saint-Père. « Être ici avec vous est pour moi un motif pour renouveler l’espérance. Merci de le permettre ». Le Souverain Pontife a ensuite assuré que la Casa Hogar est « le signe de cette vie nouvelle que le Seigneur veut nous donner ». « Ce ne sont pas seulement ceux que nous pourrions appeler les “premiers bénéficiaires” qui naissent ici de nouveau ; ici l’Église et la foi naissent et se recréent continuellement par la charité », a-t-il ajouté.

Le Saint-Père a également évoqué la figure du Bon Samaritain, dont le foyer porte le nom. Il montre que « le prochain est avant tout un visage que nous rencontrons en chemin, et par lequel nous nous laissons déplacer et émouvoir : déplacer nos schémas, nos priorités, et émouvoir intimement par ce que vit cette personne, afin de lui donner un lieu et un espace dans notre agir ».
Se laisser toucher par un visage

Une nouvelle fois, le Souverain Pontife a dénoncé « l’indifférence », qui « elle aussi, blesse et tue ». Au contraire, le Bon Samaritain « nous montre que le prochain est en premier lieu une personne, quelqu’un avec un visage concret, réel, et non pas une chose par-dessus laquelle passer ou à ignorer, quelle que soit sa situation. C’est le visage qui révèle notre humanité tant de fois souffrante et ignorée. C’est le visage qui gêne superbement la vie parce qu’il nous rappelle et nous met sur le chemin de ce qui est vraiment important, et nous délivre de banaliser et de rendre inutile notre suite du Seigneur », a insisté le Pape.

Ce visage, c’est aussi celui « silencieux et maternel de l’Église qui est capable de prophétiser et de créer des foyers, de créer des communautés », a poursuivi le Pape François. Un visage « qui normalement ne se voit pas et passe inaperçu, mais qui est le signe de la miséricorde tendre et concrète de Dieu, le signe vivant de la bonne nouvelle de la résurrection qui agit aujourd’hui dans notre vie ».

Le Pape a ensuite offert une réflexion sur le sens du foyer, lieu de vie, de partage et de pardon. « Créer un “foyer”, c’est créer une famille », a-t-il expliqué. « C’est apprendre à se sentir unis aux autres au-delà des liens utilitaires ou fonctionnels qui nous font sentir la vie un peu plus humaine. Créer un foyer, c’est faire en sorte que la prophétie prenne corps et rende nos heures et nos jours moins inhospitaliers et anonymes. C’est créer des liens qui se construisent par des gestes simples, quotidiens et que nous pouvons tous faire ». Un foyer vit grâce « à la collaboration de chacun ». Et cela « implique de demander au Seigneur de nous donner la grâce d’apprendre à avoir de la patience, à se pardonner ; apprendre tous les jours à recommencer », a insisté le Saint-Père.

Celui-ci a enfin invité l’assemblée à se tourner vers la Vierge Marie, à lui remettre « inquiétudes et besoins », « douleurs » et « blessures », « afin que, en Bonne Samaritaine, elle vienne à nous et nous porte secours par sa maternité, par sa tendresse, par son sourire de Mère ».

Après la prière de l’Angélus et le message qui a suivi, le Pape a passé du temps avec les différents invités. Beaucoup se sont succédé auprès du Saint-Père pour échanger avec lui quelques mots, lui remettre un cadeau, lui demander sa bénédiction. Il s’agissait majoritairement de jeunes, venus de différents pays, accueillis dans des foyers tenus par des religieux pour des raisons douloureuses : maladie, violences subies, emprise de la drogue… La spontanéité et l’affection ont dominé ce temps privilégié, dont tous repartiront avec de nouvelles forces pour leur chemin de vie.

Après l’Angélus prié depuis le Panama, le Saint-Père avait condamné le double attentat qui a endeuillé les Philippines samedi. Il a aussi exprimé sa proximité avec la population de divers pays frappés récemment par des épisodes de violence, notamment en Amérique latine.

Depuis la Casa Hogar du Bon Samaritain, au terme de la prière de l’Angélus, le Saint-Père a délivré ce dimanche un bref message rassemblant plusieurs intentions de prière.

Le Pape François a exprimé ses condoléances pour les victimes de l’attaque meurtrière ayant frappé samedi la cathédrale de Jolo, au sud des Philippines. « Je rappelle ma plus ferme réprobation pour cet épisode de violence, qui apporte de nouveaux deuils dans cette communauté chrétienne, et j’élève mes prières pour les défunts et pour les blessés. Que le Seigneur, prince de la paix, convertisse le cœur des violents et accorde aux habitants de la région une coexistence sereine », a exhorté le Saint-Père.

Le Pape s’est également exprimé aujourd’hui sur la crise vénézuélienne. Durant ces journées passées au Panama, il dit s’être senti « particulièrement uni » au peuple vénézuélien. « Face à la grave situation qu’il est en train de vivre, je demande au Seigneur que soit recherchée et atteinte une solution juste et pacifique pour surmonter la crise, dans le respect des droits humains et en recherchant exclusivement le bien de tous les habitants du pays », a déclaré François, qui a invité à prier pour le Venezuela par l’intercession de Notre-Dame de Coromoto, la sainte patronne du pays.

Le Saint-Père a « recommandé à la miséricorde de Dieu » les victimes de deux autres récentes tragédies : celles qui ont perdu la vie lors de la rupture d’un barrage dans l’État du Minas Gerais, au Brésil, le 25 janvier dernier, et les dizaines de morts qu’a provoqué l’incendie d’un oléoduc dans l’État de Hidalgo, au Mexique, le 19 janvier dernier. Le Pape a aussi exprimé son « affection » et sa « proximité spirituelle à leurs familles et à toute la population », et assuré les nombreux blessés de sa prière.

La Colombie a enfin été longuement évoquée par le Saint-Père. Un attentat à la voiture piégée a en effet tué 20 jeunes policiers dans les installations de l’école nationale de police, à Bogota, le 17 janvier dernier. Ces jeunes, « assassinés par la haine terroriste », ont été au cœur d’une prière à haute voix du Pape François, qui a nommé chacune des victimes. Après chaque nom prononcé, l’assemblée répondait « présent », comme il est de coutume de le dire dans la Casa Hogar « quand on nomme un mort », a expliqué le Pape, pour que les défunts « soient présents devant Dieu ». Le Souverain Pontife a invoqué pour eux et pour le peuple colombien la paix du Seigneur.

Par ailleurs, le Pape a souligné une commémoration marquante de ce 27 janvier : la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste. « Il faut maintenir vivant le souvenir du passé », a-t-il expliqué, « de la tragédie passée et apprendre des pages noires de l’histoire pour ne jamais commettre de nouveau les mêmes erreurs. Continuons à nous efforcer sans jamais renoncer à cultiver la justice, à faire grandir la concorde et à soutenir l’intégration, pour être des instruments de paix et les constructeurs d’un monde meilleur », a demandé François.

(Avec V. N.)

Dimanche 20 janvier 2019

Avant la prière de l’angélus récitée place saint-Pierre, le Pape François est revenu sur le premier des « signes » opérés par Jésus au cours de son existence.La nouvelle Alliance est scellée.

Le premier de ces « signes prodigieux » a lieu dans le village de Cana, en Galilée, lors de la fête d’un mariage, « car Dieu a épousé l’humanité », constate d’emblée le Pape François.

Tout le mystère du signe de Cana est fondé « sur la présence de cet époux divin qui commence à se révéler », relève le Pape, en poursuivant : « Jésus se manifeste en tant qu’époux du peuple de Dieu, annoncé par les prophètes, et nous révèle la profondeur de la relation qui nous unit à lui : c’est une nouvelle Alliance d’amour ».
Le symbole du vin

Dans le contexte de cette Alliance, le sens du symbole du vin, qui est au centre de ce miracle, est parfaitement compris. Au moment où la fête est à son apogée, que le vin est fini ; La mère de Jésus le remarque et lui dit : « Ils n’ont pas de vin » (v. 3). Et pourtant, explique le Souverain pontife, les Écritures, en particulier les prophètes, désignaient le vin comme « élément typique du festin messianique » (cf. Am 9,13-14 ; Gl 2,24 ; Is 25,6).

En transformant ainsi en vin l’eau des jarres utilisées « pour les purifications rituelles des Juifs » (v. 6), Jésus fait un signe éloquent : « Il transforme la loi de Moïse en Évangile, porteur de joie », estime l’évêque de Rome.

C’est alors que les paroles de Marie prennent tout leur sens : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (v. 5).

De cette manière, durant ces noces, « une nouvelle alliance est vraiment scellée et la nouvelle mission est confiée à toute l’Église », en conclut le Pape, précisant : « Servir le Seigneur signifie écouter et mettre en pratique sa parole ».

Une « recommandation simple et essentielle de la Mère de Jésus », « le programme de la vie du chrétien », afin que nous puissions reconnaitre dans la vie quotidienne « les signes de sa présence vivifiante », ainsi que sa grâce.

Après avoir récité la prière de l’angélus, le Pape François a évoqué les JMJ de Panama, qui s’ouvriront mardi 22 janvier 2019. Le Saint-Père a demandé aux fidèles de prier pour « ce très bel et important événement sur le chemin de l’Église ».

Le Pape qui a aussi fait allusion au message pour la Journée mondiale des communications sociales 2019. « Cette année, il contient une réflexion sur les communautés connectées et humaine. Internet et les réseaux sociaux sont une ressource de notre temps, une opportunité pour rester en contact avec autrui, pour partager valeurs et projets, et exprimer le désir de créer une communauté. Le réseau peut également nous aider à prier en communauté, à prier ensemble », a déclaré à le Pape François, ajoutant quelques mots pour le père Frédéric Fornos, directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, dont il a présenté la plateforme officielle « Click To Pray » (Cliquez pour prier) un site qui permet d’insérer les intentions de prière pour l’Église ; le Pape en a lui-même fait la démonstration sur un iPad.

Le Sainbt-Père a encore encouragé les efforts de l’UNESCO à l’occasion de la première journée internationale de l’éducation qui aura lieu le 24 janvier prochain et il a confié « avoir deux douleurs dans le cœur » : la Colombie et le naufrage en Méditerranée.

« Je pense aux 170 victimes du naufrage en Méditerranée. Ils cherchaient un avenir, ils ont été victimes, peut-être, de trafiquants. Nous prions pour eux et pour les responsables de ce qu’il s’est passé », a assuré le Pape François, très touché par cette tragédie humanitaire.

Une embarcation pneumatique transportant 120 personnes a fait naufrage vendredi 18 janvier au large de la Lybie. Trois personnes seulement ont survécu, selon Flavio Di Giacomo, porte-parole de l’agence de l’ONU pour la migration.

« Il y donc 117 personnes portées disparues, dont 10 femmes et deux enfants - dont un était âgé d’à peine deux mois », a-t-il indiqué sur Twitter. Environ 53 autres personnes sont décédées en mer d’Alboran, la partie la plus occidentale de la mer Méditerranée, selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR).

Pour la plupart, ces migrants étaient originaires d’Afrique de l’Ouest, dont une quarantaine de Soudanais, ont raconté les trois survivants, secourus par des garde-côtes italiens et emmenés sur l’île de Lampedusa.

(Avec V. N.)

Vendredi 18 janvier 2019

Lors des Vêpres célébrées en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, le Saint-Père a rappelé dans son homélie que « la solidarité et la responsabilité commune doivent être les lois qui régissent la famille chrétienne » et que « nous devons reconnaitre la valeur de la grâce concédée aux autres communautés chrétiennes ». Nous vous proposons de découvrir son homélie en intégralité.

" Aujourd’hui a commencé la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, au cours de laquelle nous sommes tous invités à invoquer de Dieu ce grand don. L’unité des chrétiens est un fruit de la grâce de Dieu et nous devons nous disposer à l’accueillir avec un cœur généreux et disponible. Ce soir, je suis particulièrement heureux de prier avec les représentants des autres Eglises présentes à Rome, auxquelles j’adresse un cordial et fraternel salut. Je salue aussi la délégation œcuménique de la Finlande, les étudiants de l’Ecumenical Institute of Bossey, en visite à Rome pour approfondir leur connaissance de l’Eglise catholique, et les jeunes orthodoxes et orthodoxes orientaux qui étudient ici avec le soutien du Comité de Collaboration culturelle avec les Églises orthodoxes, travaillant auprès du Conseil pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens.

Le livre du Deutéronome imagine le peuple d’Israël installé dans les plaines de Moab, sur le point d’entrer dans la Terre que Dieu lui a promise. Ici, Moïse, comme un père prévenant et un chef désigné par le Seigneur, répète la Loi au peuple, l’instruit et lui rappelle qu’il devra vivre avec fidélité et justice une fois qu’il se sera établi dans la terre promise.

Le passage que nous venons d’écouter fournit des indications sur la manière de célébrer les trois principales fêtes de l’année : Pesach (Pâque), Shavuot (Pentecôte), Sukkot (Tabernacles). Chacune de ces fêtes appelle Israël à la gratitude pour les biens reçus de Dieu. La célébration d’une fête demande la participation de tous. Personne ne peut être exclu : « Tu te réjouiras en présence du Seigneur ton Dieu, au lieu choisi par le Seigneur ton Dieu pour y faire demeurer son nom, et avec toi se réjouiront ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, le lévite qui réside dans ta ville, l’immigré, l’orphelin et la veuve qui sont au milieu de toi » (Dt 16, 11).

Pour chaque fête, il faut accomplir un pèlerinage « dans le lieu choisi par le Seigneur ton Dieu pour y faire demeurer son nom » (v. 2). Là, le fidèle israélite doit se placer devant Dieu. Bien que chaque israélite ait été esclave en Égypte, sans aucune possession personnelle, « personne ne paraîtra les mains vides devant la face du Seigneur » (v. 16) et le don de chacun sera à la mesure de la bénédiction que le Seigneur lui aura donnée. Tous recevront donc leur part de la richesse du pays et bénéficieront de la bonté de Dieu.

Le fait que le texte biblique passe de la célébration des trois fêtes principales à la nomination des juges ne doit pas nous surprendre. Les fêtes-mêmes exhortent le peuple à la justice, rappelant l’égalité fondamentale entre tous les membres, tous également dépendants de la miséricorde divine, et invitant chacun à partager avec les autres les biens reçus. Rendre honneur et gloire au Seigneur dans les fêtes de l’année va de pair avec le fait de rendre honneur et justice à son prochain, surtout s’il est faible et dans le besoin.

Les chrétiens d’Indonésie, réfléchissant sur le choix du thème pour la Semaine de Prière actuelle, ont décidé de s’inspirer de ces paroles du Deutéronome : « C’est la justice, rien que la justice, que tu rechercheras » (16, 20). En elles, est vivante la préoccupation que la croissance économique de leur pays, animée par la logique de la concurrence, en laisse beaucoup dans la pauvreté permettant seulement à un petit nombre de s’enrichir grandement. C’est mettre en danger l’harmonie d’une société dans laquelle des personnes de différentes ethnies, langues et religions vivent ensemble, partageant le sens d’une responsabilité réciproque.

Mais cela ne vaut pas seulement pour l’Indonésie : cette situation se rencontre dans le reste du monde. Quand la société n’a plus comme fondement le principe de la solidarité et du bien commun, nous assistons au scandale de personnes qui vivent dans l’extrême misère à côté de gratte-ciels, d’hôtels imposants et de luxueux centres commerciaux, symboles d’une richesse éclatante. Nous avons oublié la sagesse de la loi mosaïque, selon laquelle si la richesse n’est pas partagée, la société se divise.

Saint Paul, écrivant aux Romains, applique la même logique à la communauté chrétienne : ceux qui sont forts doivent s’occuper des faibles. Il n’est pas chrétien de « faire ce qui nous plaît » (15, 1). En suivant l’exemple du Christ, nous devons en effet nous efforcer d’édifier ceux qui sont faibles. La solidarité et la responsabilité commune doivent être les lois qui régissent la famille chrétienne.

Comme peuple saint de Dieu, nous aussi sommes toujours sur le point d’entrer dans le Royaume que le Seigneur nous a promis. Mais, en étant divisés, nous avons besoin de rappeler l’appel à la justice que Dieu nous a adressé. Même parmi les chrétiens, il y a le risque que prédomine la logique connue des Israélites dans les temps anciens et du peuple indonésien au jour d’aujourd’hui, c’est-à-dire que, dans la tentative d’accumuler des richesses, nous oublions les faibles et les personnes dans le besoin. Il est facile d’oublier l’égalité fondamentale qui existe entre nous : qu’à l’origine nous étions tous esclaves du péché et que le Seigneur nous a sauvés dans le Baptême, nous appelant ses fils. Il est facile de penser que la grâce spirituelle qui nous a été donnée est notre propriété, quelque chose qui nous revient et qui nous appartient. Il est possible, en outre, que les dons reçus de Dieu nous rendent aveugles sur les dons faits aux autres chrétiens. C’est un grave péché de diminuer ou de mépriser les dons que le Seigneur à concédés aux autres frères, en croyant qu’ils sont en quelque sorte moins privilégiés de Dieu. Si nous nourrissons des pensées semblables, nous permettons que la grâce elle-même reçue devienne source d’orgueil, d’injustice et de division. Et comment pourrons-nous alors entrer dans le Royaume promis ?

Le culte qui sied à ce Royaume, le culte que la justice demande, est une fête qui concerne tout le monde, une fête dans laquelle les dons reçus sont rendus accessibles et partagés. Pour accomplir les premiers pas vers cette terre promise qui est notre unité, nous devons surtout reconnaître avec humilité que les bénédictions reçues ne sont pas nôtres de droit, mais qu’elles sont nôtres par don, et qu’elles nous ont été données afin que nous les partagions avec les autres. En second lieu, nous devons reconnaître la valeur de la grâce concédée aux autres communautés chrétiennes. Par conséquent, ce sera notre désir de participer aux dons des autres. Un peuple chrétien renouvelé et enrichi par cet échange de dons sera un peuple capable de marcher d’un pas assuré et confiant sur la voie qui conduit à l’unité. "

(Librairie éditrice du Vatican)

Mercredi 16 janvier 2019

Lors de l’audience générale tenue dans la salle Paul VI au Vatican, le Pape François a poursuivi sa catéchèse sur la prière du “Notre Père”.

Le Pape s’est appuyé sur cet extrait de la Lettre de Saint-Paul aux Romains : « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions "Abba !", c’est-à-dire : Père ! »

C’est dans ce cri vers le Père que se condense toute la nouveauté de l’Évangile. Le chrétien ne considère plus Dieu comme un tyran à craindre, a expliqué le Saint-Père, il n’a plus peur mais il entend faire germer en son cœur la confiance en lui : il peut parler avec le Créateur en l’appelant "Abba".

L’Écriture a gardé l’expression araméenne de Jésus, c’est comme si sa voix « était enregistrée » a expliqué le Pape.

Dans la première parole du Notre Père nous trouvons la nouveauté radicale de la prière chrétienne. Dire "Abba", c’est bien plus intime et émouvant que d’appeler simplement Dieu "Père". Nous continuons ainsi à dire "Notre Père", mais nous sommes invités à dire "papa" avec notre cœur.

« Pour cela, pour bien prier il faut avoir le cœur d’un enfant, comme un enfant dans les bras de son père, de son papa ».

« Que signifie cette parole pour Jésus ? », a demandé le Pape. Pour répondre à cette question, il faut relire la parabole du père miséricordieux qui accueille son fils prodigue en lui faisant comprendre combien il lui a manqué (Luc 15, 11-32). A chaque fois Dieu répond qu’il ne connait « que l’amour ».

Il suffit d’évoquer l’expression "Abba" pour que se développe une prière chrétienne. Dans cette expression "Abba", il y a une force qui attire tout le reste de la prière.

« Dieu te cherche même si tu ne le cherches pas. Dieu t’aime même si tu l’as oublié. Dieu n’est pas seulement un père, il est comme une mère qui ne cesse jamais d’aimer sa créature ».

Pour un chrétien, prier c’est donc simplement dire "Abba", avec la confiance d’un enfant. Et même dans les moments difficiles où nos sentiers semblent s’éloigner de Dieu, nous pouvons encore trouver la force de prier en évoquant "Notre Père".

Il ne cachera jamais son visage, même si l’on a fait des choses mauvaises. Il ne s’enfermera jamais dans le silence, mais sera toujours un père qui nous aime. « Il nous dira toujours qu’il est un père qui jamais ne nous a perdu de vue ». N’oublions jamais, a conclu le Pape François de dire "Père".

(Avec V. N.)

Dimanche 13 janvier 2019

En la solennité du Baptême du Seigneur, le Pape a baptisé 27 nouveau-nés sous les fresques de la Chapelle Sixtine au Vatican : il a demandé aux parents de transmettre la foi à la maison en menant une vie exemplaire. Lors de la prière de l’Angélus, le pape a invité les fidèles à vivre en cohérence avec leur baptême.

Sous les yeux des prophètes et des sibylles de Michel-Ange, le Pape François a baptisé ce dimanche 13 janvier 12 petits garçons et 15 petites filles, pour la plupart enfants d’employés du Vatican. Une sainte messe, dans le cadre de la fête du Baptême du Seigneur, qui clôt le temps de Noël.

S’adressant aux parents, le Saint-Père a délivré un message sur la transmission de la foi. « Que demandez-vous pour vos enfants ? » a demandé le Souverain Pontife aux parents ? « la foi ». Une foi qui selon François doit grandir, mais pas seulement au catéchisme. « Avant de l’étudier, la foi se transmet, et ceci est un travail qui vous incombe » a-t-il déclaré. Et ce devoir se fait entre les murs de la maison, dans le « dialecte » : celui de la famille et celui du foyer. Le Saint-Père a aussi rappelé aux parents l’importance d’enseigner le signe de croix aux enfants.
Ne jamais se disputer devant les enfants

Le Pape François a demandé aux géniteurs de transmettre la foi « avec leur vie de foi », pour que les enfants « voient l’amour des conjoints, qu’ils voient la paix de la maison ». Avant de donner un conseil : ne jamais se disputer devant ses enfants. « Il est normal que des époux se disputent, le contraire serait étrange. Faites-le, mais qu’ils ne l’entendent pas, qu’ils ne le voient pas ». Car les disputes parentales peuvent angoisser l’enfant, a expliqué François.

Tandis que la chapelle Sixtine se remplissait de pleurs de chérubins, le Saint-Père s’est penché sur l’origine des larmes des enfants. Ils peuvent pleurer parce qu’ils ont trop chaud, parce qu’ils ont faim… mais aussi par prévention. « ”Le pleur préventif” est une chose étrange, ils ne savent pas ce qui va arriver, et pensent “je pleure d’abord, ensuite on verra”... c’est une défense. » Soyez attentifs à ne pas trop les couvrir, a rappelé le Pape, et comme les années précédentes, il a incité les mères à allaiter leurs petits. Parce que, quel est le risque de l’allaitement, a continué le Saint-Père en souriant, sinon contredire leur vocation polyphonique ? « un se met à pleurer, l’autre fait le contrepoint, et puis l’autre… et au final nous avons un choeur de pleurs ! ».

Le Pape François a ensuite béni l’eau du baptême. Appelant les couples de parents un par un, il a aspergé d’eau chacun des enfants à l’aide d’une coquille de baptême en argent.

Lors de la célébration, un cierge a été confié aux pères qui les ont allumés à la flamme du cierge pascal, puis les concélébrants ont procédés au rite Ephata-Ouvre toi, en faisant un signe de croix sur les oreilles et la bouche des nouveau-nés, car Jésus a ouvert les oreilles et la bouche du sourd-muet.

Audience de l’Angélus de ce dimanche 13 janvier

le Pape François a invité la foule de fidèles rassemblée place Saint-Pierre à vivre en cohérence avec les promesses du baptême.

En cette journée de solennité du Baptême du Seigneur, qui marque la fin du temps liturgique de Noël, le Pape François est revenu sur deux éléments importants de l’Evangile : le rapport de Jésus avec le peuple et le rapport de Jésus avec le Père.

Lors du baptême du Christ par Jean le Baptiste dans les eaux du Jourdain, « nous voyons surtout le rôle du peuple », qui est une « composante essentielle de l’événement », a expliqué le Saint-Père. Avant de s’immerger dans l’eau, « Jésus s’immerge dans la foule, la rejoint pleinement en assumant la condition humaine, en partageant tout, excepté le péché. ». Dans sa sainte divinité, pleine de grâce et de miséricorde, le fils de Dieu s’est fait homme justement pour prendre sur lui et ôter le péché du monde, a expliqué le Souverain Pontife aux fidèles rassemblés place Saint-Pierre.

En s’unissant aux personnes qui demandent le baptême de conversion à Jean, Jésus partage également le désir profond de renouvellement intérieur. « Et le Saint-Esprit descendant sur lui “sous une forme corporelle, comme une colombe”, est le signe que Jésus commence un nouveau monde », a ajouté le Pape François. Ainsi, a-t-il continué, les paroles du Père s’adressent à chacun de nous, renaissant avec Jésus dans le baptême : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis toute mon affection. » « Cet amour du Père que nous avons reçu le jour de notre baptême est une flamme qui a été allumée dans nos coeurs et qui demande d’être alimentée à travers la prière et la charité. »

Après son immersion dans la foule et dans les eaux du Jourdain, Jésus s’immerge dans la prière, a repris le Saint-Père. « Le baptême est le début de la vie publique de Jésus, de sa mission dans le monde comme envoyé du Père pour manifester sa bonté et son amour pour les hommes »

La solennité du Baptême du Seigneur est une occasion propice pour renouveler avec gratitude et conviction la promesse de notre baptême, a continué le Pape François, en s’efforçant de vivre son quotidien avec cohérence. Enfin, « il est très important de connaître la date de son baptême, a-t-il conclu, qu’elle soit une date dans son coeur à fêter chaque année. »

(Avec V. N.)

Mercredi 9 Janvier 2019

Lors de l’audience générale en salle Paul VI, le Pape a poursuivi sa catéchèse sur le Notre Père en revenant sur la figure du Christ priant, telle qu’elle est présentée par l’Évangile de Luc : « Le Père n’oublie jamais aucun de ses enfants qui souffrent ».

Jésus se retire souvent dans la solitude pour prier, et lorsqu’il prie, « l’aspect de son visage devint autre et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante » rapporte l’évangéliste Luc. « Chaque pas de la vie de Jésus est comme porté par le souffle de l’Esprit qui le guide dans toutes actions », poursuit le Pape. Même la mort du Messie est plongée dans un climat de prière. A l’heure de sa passion, sa prière semble atténuer les émotions les plus violentes et les désirs de vengeance. « Elle réconcilie, dit François, l’homme avec son ennemi le plus implacable : la mort ».

C’est ce climat qui a conduit l’un des disciples à demander à Jésus de leur apprendre à prier. Dans son enseignement, Jésus explique avec quelles paroles et quelle attitude il faut s’adresser à Dieu. D’abord, il faut avoir à l’esprit qu’Il n’est « ni un patron ni un beau-père, mais un père ». Le Notre Père est ainsi le premier enseignement.

Ensuite, Jésus donne plusieurs instructions pour encourager ses disciples à avoir confiance en la prière, notamment à la parabole de l’ami importun. Jésus fait comprendre qu’aucune prière ne restera lettre morte, que « Dieu répond toujours, parce qu’il est Père et qu’il n’oublie aucun de ses enfants qui souffrent ». Cette affirmation peut nous perturber, admet François, parce qu’il semble que nombre d’entre elles restent sans réponse. Mais, même si nous avons souvent demandé sans obtenir, Jésus nous recommande « d’insister » car « la prière transforme toujours la réalité, toujours ». Ainsi « si les choses ne changent pas autour de nous, nous, au moins, nous changeons ».

Jésus a promis le don de l’Esprit Saint à tout homme ou femme qui prie, assure le Pape. La seule incertitude est liée au temps, mais il est certain que Dieu répondra. « Il n’y a rien de plus sûr : le désir de bonheur que nous portons tous dans le cœur, un jour s’accomplira ». En attendant, la prière est, dès à présent, la victoire sur la solitude et sur le désespoir. Enfin, au bout du chemin, à la fin de la route, un Père nous attend tous à bras ouverts, promet le Pape François.

« Que l’Esprit Saint nous aide à être insistants dans la prière et à ne jamais nous donner comme perdants ». Le Pape a ainsi encouragé les fidèles francophones, en particulier les séminaristes et leurs formateurs de l’archidiocèse de Paris et du diocèse aux armées, ainsi que le groupe des Apprentis d’Auteuil. « Nous pouvons être sûrs que Dieu répondra à notre prière, parce qu’il est notre Père et qu’il nous attend avec les bras grands ouverts ».

Dans son adresse aux pèlerins italiens, le Pape a exhorté chacun à se rappeler de la date de son propre baptême, et si on ne la connait pas d’aller s’en enquérir auprès de ses proches ou de ses parrains et marraines. En effet, dimanche prochain, la liturgie du temps de Noël se conclura par la solennité du Baptême du Seigneur, une fête« très importante à célébrer et à fixer dans son cœur » affirme le Pape, car elle est une occasion donnée pour se souvenir de « la date à laquelle nous sommes nés à la vie de la foi ».

Dimanche 13 janvier, à l’occasion de la solennité du Baptême du Seigneur, le Pape administrera, fidèle à la tradition, le sacrement du baptême à plusieurs nouveaux-nés en la chapelle Sixtine.

(Avec V. N.)

Dimanche 6 Janvier 2018

En cette fête de l’Epiphanie, depuis la fenêtre du Palais apostolique, le Pape est revenu sur le sens de l’Épiphanie, devant les milliers de fidèles rassemblés sur la Place Saint-Pierre.

« Aujourd’hui, la solennité de l’épiphanie du Seigneur est la fête de la manifestation de Jésus, symbolisée par la lumière », a expliqué François, en reprenant la symbolique développée dans son homélie quelques instants plus tôt. « Dans les textes prophétiques, cette lumière est promise. En fait, Isaïe se tourne vers Jérusalem avec ces mots : "Lève-toi, couvre-toi de lumière, car ta lumière vient, la gloire de l’Éternel resplendit sur toi".

Cette invitation, aujourd’hui, a également une résonance pour nous qui avons célébré le Noël de Jésus et nous encourage à nous laisser atteindre par la lumière de Bethléem. Nous aussi, nous sommes invités à ne pas nous arrêter aux signes extérieurs de l’événement, mais à en repartir pour suivre notre parcours d’hommes et de croyants dans la nouveauté de la vie », a-t-il insisté.

Contrairement à Hérode et aux scribes, qui avaient peur de perdre le pouvoir et pensait d’abord à leur intérêt personnel, les Rois mages « se laissent guider par l’étoile et font face à un long et risqué voyage pour arriver à destination et connaître la vérité sur le Messie. Ils étaient ouverts à la "nouveauté" et à eux se révèle la plus grande et la plus surprenante nouveauté de l’histoire : Dieu fait homme. Les mages se prosternent devant Jésus et lui offrent des cadeaux symboliques : or, encens et myrrhe ; parce que la recherche du Seigneur implique non seulement la persévérance sur le chemin, mais aussi la générosité du cœur.

Et finalement, ils sont rentrés "dans leur pays" (v. 12), portant en eux le mystère de cet humble et pauvre roi ; et on peut imaginer qu’ils ont raconté à tous l’expérience vécue : le salut offert par Dieu en Christ est pour tous les hommes, proches et lointains. »

« Nous aussi, laissons-nous illuminer par la lumière du Christ qui vient de Bethléem, a exhorté François. Ne permettons pas à nos peurs de fermer notre cœur, mais ayons le courage de nous ouvrir à cette lumière douce et discrète. Ensuite, comme les mages, nous connaîtrons "une très grande joie" que nous ne pourrons pas garder pour nous-mêmes », a conclu le Saint-Père, invitant à placer notre chemin sous la protection de Marie.

« Certaines Églises orientales, catholiques et orthodoxes, qui suivent le calendrier julien, célébreront demain la sainte fête de Noël, a encore expliqué le Pape François. Je leur adresse mes vœux cordiaux et fraternels en signe de communion entre nous tous, chrétiens, qui reconnaissons Jésus en tant que Seigneur et Sauveur. À eux tous, un joyeux Noël ! ».

La plupart des Églises orientales, coptes et orthodoxes, célèbrent en effet Noël le 7 janvier, suivant le calendrier julien. L’Église apostolique arménienne le fête elle le 6 janvier, ce dimanche donc.

Concernant l’Église catholique, le Pape François a par ailleurs signalé que « l’Épiphanie est également la Journée Missionnaire des jeunes, qui invite cette année les plus jeunes missionnaires à être des "athlètes de Jésus", à témoigner de l’Évangile en famille, à l’école et sur les lieux de loisirs ». Il a enfin salué le défilé folklorique organisé comme chaque année sur la Via della Conciliazione en cette fête de l’Épiphanie, avec cette année la présence de délégations venues des Abbruzzes, et il a évoqué la tradition semblable du défilé des Mages qui est organisée dans de nombreuses localités en Pologne.

(Avec V. N.)

Mardi 1er Janvier 2019

En cette fin d’octave de Noël, le Pape a récité son premier angélus de l’année depuis la fenêtre du palais apostolique qui donne sur la Place Saint-Pierre de Rome. En ce premier jour de l’année, tous les regards sont fixés sur la Vierge Marie, Sainte Mère de Dieu, a d’emblée affirmé le Pape François avant de réciter l’angélus, mardi 1er janvier 2019.

« Nous avons le regard fixé sur elle et sur l’enfant qu’elle tient dans ses bras. Et ainsi, en nous montrant Jésus, le Sauveur du monde, elle, la mère, nous bénit », a-t-il déclaré, avant de poursuivre : « Elle bénit le chemin de chaque homme et de chaque femme en cette année qui commence et qui sera bénéfique dans la mesure où chacun aura reçu la bonté de Dieu, que Jésus est venu apporter au monde ».

Le Saint-Père a ensuite rappelé la liturgie du jour, qui rapporte la très ancienne bénédiction par laquelle les prêtres israélites bénissaient le peuple : « Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur fasse briller pour toi son visage et te rende grâce. Que le Seigneur tourne vers toi son visage et te concède la paix » (Nm 6,24-26).

Dans cette bénédiction, le prêtre répète trois fois le nom de Dieu « Seigneur » en tendant les mains vers l’assemblée du peuple. Et dans la Bible, le nom représente la réalité même qui est invoquée, explique le Pape. Par conséquent, « mettre le nom » du Seigneur sur une personne, une famille, une communauté signifie offrir à la personne la force bénéfique qui en découle, ajoute-t-il.

De plus, nous savons que dans les Écritures, « le visage de Dieu est inaccessible à l’homme », renchérit François. Personne ne peut donc voir Dieu et rester en vie. Selon le Pape, cela exprime « la transcendance de Dieu » et « la grandeur infinie de sa gloire ». Comme un soleil qui ne peut être regardé, compare François, cette grandeur « rayonne de sa grâce sur chaque créature » et, de façon particulière, sur les hommes et les femmes, « dans lesquels elle se reflète le plus », complète-t-il avant de se concentrer sur l’icône de la Sainte Mère de Dieu, célébrée en ce jour, et qui montre le Christ, Sauveur du monde.

Le 52ème anniversaire de la journée mondiale de la paix

« Jésus est la bénédiction pour chaque personne et pour toute la famille humaine ». C’est d’ailleurs pourquoi le saint pape Paul VI a voulu que le premier janvier soit la Journée mondiale de la paix, soutient François.

La journée mondiale de la paix dont est célébrée ce 1er janvier 2019, le 52ème anniversaire, et dont le thème est « la bonne politique au service de la paix ».

« Nous ne pensons pas que la politique soit réservée aux dirigeants : nous sommes tous responsables de la vie de la "cité", du bien commun ; et la politique aussi est bonne lorsque chacun joue son rôle au service de la paix », a abondé en ce sens le Successeur de Pierre avant de réciter l’angélus devant la foule de fidèles.
Après l’angélus

Après avoir récité la prière de l’angélus, le Pape a enfin renouvelé son souhait de paix et de prospérité à Rome et au monde, et a remercié le Président de la République italienne pour les salutations qu’il lui a adressées.

Le Souverain pontife a aussi exprimé « toute sa gratitude » aux innombrables initiatives de prière et d’engagement pour la paix qui ont lieu en cette journée partout dans le monde.

(Avec V. N.)

Messe de Sainte Marie, Mère de Dieu

En ce mardi 1er janvier 2019, où l’Église célèbre la Solennité de Sainte-Marie Mère de Dieu, le Pape François a présidé la traditionnelle messe pour la paix, en la Basilique Saint-Pierre de Rome. Cette première célébration de l’année 2019, à laquelle ont assisté de nombreux fidèles, était toute entière tournée vers la Vierge Marie.

En ce début d’année, le Pape François a d’abord rappelé les vertus de l’étonnement. « Aujourd’hui c’est le jour de s’étonner devant la Mère de Dieu : Dieu est un petit enfant dans les bras d’une femme qui nourrit son Créateur ». Par ce mystère, Dieu s’est « lié à l’humanité pour toujours », a affirmé François, précisant que Dieu n’était pas « un maître distant qui habite, solitaire, dans les cieux », mais le représentant de « l’Amour incarné, né comme nous d’une mère pour être le frère de chacun ».

Outre cette grâce de l’étonnement « devant le Dieu des surprises », le Pape François a invité toute l’Église à renouveler son « étonnement des origines », afin de « ne pas ressembler à un beau musée du passé ».

Pour ce faire, le Souverain pontife a noté trois attitudes à adopter vis-à-vis de Marie, Sainte Mère de Dieu : « Laissons-nous regarder par elle, laissons-nous embrasser, laissons-nous prendre par la main ».
Les yeux de la Vierge éclairent l’obscurité

« Laissons-nous regarder » dans les moments de besoin, mais aussi laissons-nous regarder « par la Vierge Marie », recommande d’abord le Pape.

« On dit que les yeux sont le miroir de l’âme ; les yeux de la pleine de grâce reflètent la beauté de Dieu, ils réfléchissent sur nous le paradis. Jésus a dit que l’œil est « la lampe du corps » (Mt 6, 22) ; les yeux de la Vierge savent éclairer toute obscurité, ils rallument partout l’espérance », a-t-il détaillé.

Ainsi pour l’évêque de Rome, ce regard maternel « donne confiance et aide à grandir dans la foi ». Car la force de la Vierge est grande.
La tendresse comme remède à la tiédeur

« Elle nous enracine dans l’Église où l’unité compte plus que la diversité. Le regard de Marie rappelle que la tendresse, qui remédie à la tiédeur, est essentielle pour la foi. Quand, dans la foi, il y a de la place pour la Mère de Dieu, on ne perd jamais le centre », développe ensuite François, avant d’affirmer : « Un monde qui regarde l’avenir sans regard maternel est myope ».

Peut-être que dans pareil monde, « les profits augmenteront » mais ce monde ne saura plus voir, dans les hommes, des enfants. « Il y aura des gains, mais ils ne seront pas pour tous », a argumenté le Pape, insistant sur le fait que « la famille humaine » se fondait sur « les mères ».

« Un monde dans lequel la tendresse maternelle est reléguée à un pur sentiment pourra être riche de choses, mais pas de lendemains », a renchérit le Saint-Père. Or, cette parole, « tendresse », beaucoup « veulent la supprimer du dictionnaire aujourd’hui », a dénoncé François.

Vient ensuite le fait « de se laisser embrasser ». Après le regard, entre ici en jeu le cœur. « Dans la vie dispersée d’aujourd’hui, où nous risquons de perdre le fil, l’étreinte de la Mère est essentielle », énonce le Successeur de Pierre, égrenant les souffrances contemporaines.

« Il y a partout tant d’éparpillement et de solitude : le monde est entièrement connecté, mais il semble être de plus en plus désuni. Nous avons besoin de nous confier à la Mère. Dans l’Ecriture, elle embrasse beaucoup de situations concrètes et elle est présente là où il y a besoin : elle se rend chez sa cousine Elisabeth, elle porte secours aux époux de Cana, elle encourage les disciples au Cénacle… », énumère François. Ainsi, Marie devient « un remède à la solitude et à la décomposition ». Elle est « la Mère de la consolation, qui con-sole », étymologiquement « être avec celui qui est seul » en latin.

Enfin, « laissons-nous prendre par la main ». Les mères prennent par la main les enfants et les accompagnent avec amour dans la vie, commence le Pape. « Mais combien d’enfants aujourd’hui, allant à leur propre compte, perdent la direction, se croient forts et s’égarent, de libres ils deviennent esclaves. Combien, oublieux de l’affection maternelle, vivent fâchés et indifférents à tout ! Combien, malheureusement, réagissent à tout et à tous avec venin et méchanceté ! », déplore-t-il.

De ce fait, le Pape a encouragé à ce que tous apprennent des mères « que l’héroïsme réside dans le fait de se donner ; la force, dans le fait d’avoir de la pitié ; la sagesse, dans la douceur ».
Reine de la paix

Car, « Dieu ne s’est pas passé de sa Mère », et à ce titre, nous aussi en avons besoin, encore plus, poursuit-il.

« La Vierge est la Reine de la paix, qui est vainqueur du mal et conduit sur les voies du bien, qui rétablit l’unité entre ses enfants, qui éduque à la compassion », en a conclu le Pape avant de l’invoquer : « Rassemble-nous tous sous ton manteau, dans la tendresse de l’amour vrai, où se reconstitue la famille humaine : “Sous ta protection nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu” ».

(Avec V. N.)

Lundi 1er Janvier 2019

Le Pape François a présidé les vêpres de la solennité de la Très Sainte Mère de Dieu ce 31 décembre en la basilique Saint-Pierre avant le chant du Te Deum en action de grâces pour 2018. Le Souverain pontife y a loué, entre autres, « la maternité de l’Église ».

« Lorsqu’ est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils » (Ga 4, 4-5). En cette fin d’année 2018, le Pape François s’est arrêté sur ces deux versets de l’apôtre Paul. Le Saint-Père a proposé une réflexion sur les deux expressions : « plénitude des temps » et « racheter ».

La « plénitude des temps », expression qui prend une résonnance particulière en ces dernières heures « d’une année solaire, où nous sentons encore plus le besoin de quelque chose qui donne du sens à l’écoulement du temps », a estimé le Souverain pontife.

« Quelqu’un » est venu, Dieu l’a envoyé : c’est « son Fils », Jésus.

Certes, au moment de sa naissance, cet Enfant est « presque invisible et insignifiant », observe le Pape. Mais, en un peu plus de trente ans, ce Jésus libèrera « une force inouïe », qui dure encore et durera toute l’Histoire. « Cette force s’appelle Amour », affirme François, avant de noter que cet amour : « c’est l’amour qui donne plénitude à tout, également au temps ; et Jésus est le “concentré” de tout l’amour de Dieu dans un être humain ».

« Réfléchir avec douleur et repentance »

À propos de la mission du fils de Dieu, Saint Paul l’énonce très clairement : il est venu « pour racheter », souligne le Saint-Père qui explique le sens de cette seconde expression. Racheter, c’est-à-dire « faire sortir d’une condition de servitude et rendre à la liberté et à la dignité propre aux fils ». L’esclavage auquel se réfère l’Apôtre est celui de la « Loi », comprise comme un ensemble de préceptes à observer ; une Loi qui, certes, éduque l’homme, qui est pédagogique, mais ne le libère pas de sa condition de pécheur, au contraire qui le « cloue », pour ainsi dire, à cette condition, l’empêchant d’atteindre la liberté du fils, développe enfin le Successeur de Pierre.

Ainsi, recommande François, « nous devons nous arrêter, nous arrêter et réfléchir avec douleur et repentance parce que, pendant cette année, encore, qui se termine, beaucoup d’hommes et de femmes ont vécu et vivent dans des conditions de servitude indignes de personnes humaines ». Et le Pape de citer les souffrances qui sévissent dans la Ville éternelle elle-même.

Les diverses formes d’esclavages contemporains

« Je pense, en particulier, aux nombreuses personnes qui vivent sans domicile. Elles sont plus de 10 000. En hiver, leur situation est particulièrement dure. Ce sont tous des fils et des filles de Dieu, mais diverses formes d’esclavage, parfois très complexes, les ont amenés à vivre à la limite de la dignité humaine », remarque le Pape, assimilant toutes ces personnes au Christ, qui, « lui aussi », est né dans des conditions semblables. Mais, note le Pape « pas par hasard ou par accident »

« Il a voulu naître ainsi, pour manifester l’amour de Dieu pour les petits et les pauvres, et, de cette manière, jeter dans le monde la semence du Règne de Dieu, Règne de justice, d’amour et de paix, où personne n’est esclave, mais où tous sont frères ».

« Dieu est né d’une femme »

Dans ce contexte, l’Église de Rome ne veut pas « être indifférente aux servitudes de notre époque, ni même seulement les observer et y assister, mais elle veut être à l’intérieur de cette réalité, être proche de ces personnes et de ces situations », encourage le Pape, avant de célébrer cette « forme de maternité de l’Église ».

Alors qu’est célébrée la maternité divine de la Vierge Marie, le Souverain pontife a ainsi invité à reconnaître que Dieu est « né d’une femme » pour que « nous puissions recevoir la plénitude de notre humanité ».

« Par son abaissement nous avons été relevés. De sa petitesse est venue notre grandeur. De sa fragilité, notre force. De sa servitude, notre liberté. Quel nom donner à tout cela, si ce n’est celui d’Amour ? », a-t-il enfin conclu, avant de se rendre place Saint-Pierre pour y visiter son tout nouveau dispensaire et admirer la colossale crèche de sable.

(Avec V. N.)

Dimanche 30 décembre 2018

En ce dimanche, l’Église fête la Sainte Famille. Avant la prière de l’angélus, devant les fidèles rassemblés Place Saint-Pierre, le Pape François a mis en avant deux aspects de l’Évangile du jour : l’angoisse et l’étonnement qui saisissent Marie et Joseph lorsqu’ils sont séparés de Jésus puis le retrouvent. Deux sentiments qui manifestent l’importance de Jésus dans leur vie.

« L’étonnement et l’angoisse sont deux éléments sur lesquels je voudrais attirer votre attention », a commencé le Saint-Père au début de son allocution.

Aux très nombreux fidèles rassemblés Place Saint-Pierre, le Pape a d’abord parlé de cette réaction qu’évoque à deux reprises l’évangéliste (Lc 2,41-52) : autour de Jésus, les docteurs de la Loi « s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses » (v 47), et en retrouvant leur fils, « ses parents furent frappés d’étonnement » (v 48). « S’étonner et s’émerveiller », a expliqué le Souverain Pontife, « c’est le contraire du fait d’interpréter la réalité qui nous entoure et les évènements de l’histoire selon nos critères ».

Au contraire, cela consiste à « s’ouvrir aux autres, comprendre les raisons des autres ». Un comportement indispensable pour « assainir des relations compromises » ou « pour guérir les blessures ouvertes dans l’environnement familial », a souligné le Pape, qui a ensuite prodigué le conseil suivant : « si vous avez des problèmes dans votre famille pensez aux bons côtés qu’a la personne de la famille avec laquelle vous avez des problèmes, et émerveillez-vous de cela ». Bien souvent malheureusement, « nous tenons pour sûr que nous avons raison et nous fermons la porte aux autres ».

Le deuxième élément est l’angoisse, exprimée par Marie dans l’Évangile (v 48) : « Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant », dit-elle à son fils retrouvé. Une angoisse qui « manifeste la centralité de Jésus dans la Sainte Famille », d’après le Souverain Pontife. Un peu plus tôt, saint Luc nous explique que l’enfant « grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse » (v 40). Cette croissance se déroule aussi dans le cœur de ses parents, a analysé le Pape. Ainsi « leur affection et leur compréhension à son égard augmentaient ». De là découle la sainte de la « famille de Nazareth » : « elle était centrée sur Jésus, c’est vers Lui qu’étaient tournées toutes les attentions et les sollicitudes de Marie et de Joseph ».
Ne jamais être séparé de Lui

Les sentiments des parents de l’Enfant Jésus devraient être les nôtres, a enfin estimé le Saint-Père. En particulier lorsque « nous sommes loin de Lui ». « Nous devrions éprouver de l’angoisse lorsque pendant plus de trois jours nous oublions Jésus, sans prier, sans lire l’Évangile, sans ressentir le besoin de sa présence et de sa consolante amitié », a-t-il affirmé. « Tant de fois les jours passent sans que je me souvienne de Jésus : mais cela est mauvais, cela est très mauvais ».

La Vierge Marie et saint Joseph retrouvent Jésus dans le Temple, en train d’enseigner : une indication supplémentaire pour le rencontrer, nous aussi, « dans la maison de Dieu », notamment « dans la célébration eucharistique ». C’est à la messe qu’« Il nous parle, Il nous offre sa Parole qui illumine notre chemin, Il nous donne son Corps dans l’Eucharistie d’où nous tirons de la force pour affronter les difficultés de chaque jour », a conclu le Pape, avant de prier avec la foule pour « toutes les familles du monde ».

Après avoir récité la prière de l’Angélus, le Pape François a adressé une salutation spéciale aux habitants de la République Démocratique du Congo, attendus aux urnes ce dimanche 30 décembre pour les élections générales.

« Prions ensemble pour tous ceux qui en République Démocratique du Congo souffrent à cause de la violence et du virus Ebola », a demandé le Saint-Père avant d’adresser ses saluts. « Je souhaite que tous s’engagent à maintenir un climat pacifique qui permette un déroulement régulier et pacifique des élections », a-t-il conclu.

L’Église catholique est très engagée dans le processus politique en République démocratique du Congo. Il y a déjà deux ans, c’est sous son égide qu’était signé l’accord de la Saint-Sylvestre ouvrant la voie à l’organisation des élections présidentielle, législatives et provinciales, plusieurs reportées. Les évêques congolais n’ont pas ménagé leurs efforts pour amener le gouvernement et les partis d’opposition à s’entendre pour que les scrutins aient enfin lieu, plus de deux ans après la fin du mandat du président Joseph Kabila.

Dernière initiative en date pour que les élections se déroulent dans un climat serein et pour garantir tout débordement après la proclamation des résultats : une célébration œcuménique avec les Églises protestantes dans la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa en présence de l’archevêque de la capitale, Mgr Fridolin Ambongo. Il a appelé chaque camp à ne pas pousser l’adversaire au désespoir et à la violence.

(Avec V. N.)

Mercredi 26 Décembre 2018

Au lendemain de la Nativité, « alors que la joie inonde encore nos coeurs » comme l’a déclaré le Saint-Père à une foule immense rassemblée place Saint-Pierre, est célébrée la mémoire de Saint Etienne, diacre et premier martyr. Ce jour est férié au Vatican, et le Pape François a tenu l’audience de l’Angélus ce 26 décembre.

Cela pourrait sembler étrange de la lier à la fête de Noël, de lier la joie de Bethléem à la lapidation de Jérusalem, avance François, avant de s’expliquer : l’enfant Jésus est le fils de Dieu fait homme, qui sauvera l’humanité en mourant sur la croix. « Aujourd’hui nous le contemplons enveloppé de langes dans la crèche, après la crucifixion il sera de nouveau enveloppé de bandages et déposé dans un tombeau ».

Ce n’est pas un hasard si la fête de ce martyr tombe le lendemain de Noël, car Saint Etienne et Jésus présentent des attitudes similaires selon François. Etienne, dont le martyr est narré dans la première lecture de ce jour (Actes des Apôtres), est mort comme Jésus, « confiant sa propre vie à Dieu et en pardonnant à ses persécuteurs » a détaillé le Saint-Père. Lors de sa lapidation, Etienne priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ». Ces mots rappellent ceux du Christ prononcés sur la Croix, a déclaré le Pape François, « l’attitude de Saint Etienne qui imite fidèlement le geste de Jésus est une invitation adressée à chacun de nous à accueillir avec foi des mains du Seigneur ce que la vie nous réserve de positif mais aussi de négatif ». Notre existence est ainsi marquée par des moments de joie, mais également de difficulté et de désarroi, « la confiance en Dieu nous aide à accueillir ces moments pénibles et à les vivre comme des occasions de croissance dans la foi et de construction de nouvelles relations avec ses frères », a continué le Pape François.
Prier pour ses persécuteurs et pardonner
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Saint Etienne a également imité Jésus à travers le pardon. Il n’a pas maudit ses persécuteurs mais a prié pour eux : « puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : “Seigneur, ne leur compte pas ce péché” ». Nous sommes ainsi appelés à suivre son exemple et à toujours pardonner a expliqué le Souverain Pontife, car « le pardon allège le coeur, engendre le partage, donne sérénité et paix ». Le protomartyr Etienne indique de cette manière la route à suivre dans nos relations familiales, à l’école et au travail, dans les paroisses et dans nos communautés. « La logique du pardon est toujours victorieuse et ouvre des horizons d’espérance », et se cultive avec la prière. C’est ainsi que Saint Etienne, les yeux fixés vers le Ciel a été capable de pardonner à ses tueurs. Selon le Pape François, il faut prier l’Esprit Saint afin qu’Il « répande sur nous le don de la force, qui guérit nos peurs, nos faiblesses et nos petitesses ».

Le Souverain Pontife a conclu en invoquant l’intercession de la Vierge Marie et de Saint Etienne : « que leur prière nous aide à toujours faire confiance à Dieu, spécialement dans les moments difficiles, et nous soutienne dans le but d’être des hommes capables de pardonner ».

A la suite de la prière de l’Angélus, le Saint-Père a tenu à remercier les pèlerins du monde entier pour leurs mots et surtout pour leurs prières à l’occasion de Noël, « Je ne peux pas répondre à chacun, mais j’adresse à tous un remerciement sincère ».

Mardi 25 Décembre 2018

Dans son message « à la ville et au monde », en cette fête de Noël, le Souverain Pontife a lancé un vibrant appel à la fraternité entre les hommes et les peuples. Le Saint-Père a également prié pour la Terre Sainte, la Syrie, le Yémen, la péninsule coréenne, l’Afrique, l’Ukraine, le Venezuela et le Nicaragua.

« Dieu est un Père bon et nous sommes tous frères » : c’est cela le message universel de Noël, la « vérité qui est à la base de la vision chrétienne de l’humanité », a affirmé le Pape depuis la loggia centrale de la Basilique Saint-Pierre, devant une foule nombreuse de pèlerins. Sans cette fraternité manifestée et offerte par le Christ, « nos efforts pour un monde plus juste s’essoufflent, et même les meilleurs projets risquent de devenir des structures sans âme ».

En ce Noël 2018, ce sont donc des vœux de fraternité que le Saint-Père a choisi d’adresser au monde entier, entre les personnes de chaque nation et culture, d’idées ou de religions différentes. Dieu se révèle dans un « visage humain concret », celui d’un petit Enfant, né à une époque et dans un lieu bien précis. Par son incarnation, poursuit le Pape, « le Fils de Dieu nous indique que le salut passe par l’amour, l’accueil, le respect de notre pauvre humanité que nous partageons tous dans une variété d’ethnies, de langues, de cultures… mais tous en tant que frères en humanité ! » Les différences constituent une richesse, assure François qui prend l’exemple d’une famille, composée de frères et sœurs tous très différents, mais unis par « un lien indissoluble ». Ainsi en est-il de la famille humaine dont nous faisons tous partie ; « ici c’est Dieu qui est le géniteur, le fondement et la force de notre fraternité ».
Dialogue entre Israéliens et Palestiniens

Que ces liens de fraternité que nous sommes appelés à redécouvrir en cette fête de Noël permettent « aux Israéliens et Palestiniens de reprendre le dialogue », a souhaité le Pape, et « d’entreprendre un chemin de paix » sur cette terre choisie, sanctifiée par le Christ et dilacérée par un conflit de plus de 70 ans.

Que la « bien-aimée et martyrisée Syrie retrouve la fraternité », après tant d’années de guerre cruelle, a ensuite lancé le Saint-Père qui appelle la communauté internationale à œuvrer « résolument » pour une solution politique au conflit, « à mettre de côté les divisions et intérêts partisans », afin que le peuple syrien , et notamment les réfugiés, puissent revenir chez eux et vivre en paix.

Le Pape n’a pas manqué d’évoquer le Yémen et l’espoir soulevé par la trêve conclue il y a quelques jours par les belligérants à Hodeida, souhaitant qu’elle soulage les « nombreux enfants et les populations épuisées par la guerre et la famine ».

L’évêque de Rome pense à toute l’Afrique, traversée par de diverses situations de guerre et de violences, à ces millions de réfugiés et de déplacés nécessitant une aide humanitaire. « Que le Divin Enfant, Roi de la paix, fasse taire les armes et fasse surgir une aube nouvelle de fraternité dans tout le continent, bénissant les efforts de ceux qui œuvrent pour favoriser des processus de réconciliation au niveau politique et social », a prié François.

« Que Noël renforce les liens fraternels qui unissent la Péninsule coréenne et permette de poursuivre le cheminement de rapprochement entrepris et d’arriver à des solutions partagées qui assurent à tous le développement et le bien-être », a poursuivi le Pape, évoquant un processus de réconciliation qu’il a encouragé à maintes reprises.

Le Saint-Père n’oublie pas le continent latino-américain, priant tout particulièrement pour le Venezuela, afin qu’il retrouve la « concorde », que « toutes les composantes sociales puissent travailler fraternellement en vue du développement du pays », au service des plus faibles et des plus vulnérables. François a également mentionné le « cher Nicaragua », bouleversé cette année par un vaste mouvement de contestation sociale et politique. « Que les habitants se redécouvrent frères, afin que ne prévalent pas les divisions et les mésententes », mais que tous s’engagent en vue de la réconciliation et de la construction du pays.

Le Souverain Pontife a ensuite prié pour la « bien-aimée Ukraine », aspirant à une paix « qui tarde à venir ». C’est uniquement grâce à une paix « respectueuse des droits de chaque nation », a-t-il précisé, que le pays pourra « se remettre de souffrances subies et rétablir des conditions de vie dignes pour ses citoyens ». Le Pape s’est également dit « proche des communautés chrétiennes de la région », priant pour qu’elles puissent « tisser des liens de fraternité et d’amitié ».

L’évêque de Rome a enfin évoqué « les peuples qui subissent des colonisations idéologiques, culturelles et économiques en voyant violées leur liberté et leur identité », avant d’adresser une pensée spéciale à tous les chrétiens qui fêtent Noël dans un contexte hostile, aux communautés minoritaires, parfois vulnérables et non considérées, priant pour qu’elles puissent enfin jouir de tous leurs droits, « surtout la liberté religieuse ».

« Que l’Enfant petit et transi de froid que nous contemplons aujourd’hui dans la mangeoire protège tous les enfants de la terre ainsi que toute personne fragile, sans défense et marginalisée ». « Puissions-nous tous recevoir la paix et le réconfort par la naissance du Sauveur et, en nous sentant aimés par l’unique Père céleste, nous retrouver et vivre comme des frères ! » a enfin conclu le Pape François.

(Avec V. N.)

Lundi 24 Décembre 2018, Messe de la Nuit de Noêl

Le Pape François a présidé la liturgie de la messe de minuit, anticipée à 21h30, dans la basilique Saint-Pierre. Dans son homélie, il a proposé de monter vers Bethléem à la rencontre de l’Enfant Jésus qui "lance un nouveau modèle de vie" basé sur le partage et le don et sur l’accaparement et l’avidité. Découvrez cette homélie dans son intégralité.

"Joseph, avec Marie son épouse, monta jusqu’à « la ville de David appelée Bethléem » (Lc 2, 4). Cette nuit, nous aussi, nous montons jusqu’à Bethléem pour y découvrir le mystère de Noël.

1. Bethléem : le nom signifie maison du pain. Dans cette ‘‘maison’’, le Seigneur donne aujourd’hui rendez-vous à l’humanité. Il sait que nous avons besoin de nourriture pour vivre. Mais il sait aussi que les aliments du monde ne rassasient pas le cœur. Dans l’Écriture, le péché originel de l’humanité est associé précisément au manger : « elle prit de son fruit, et en mangea » dit le livre de la Genèse (3, 6). Elle prit et elle mangea. L’homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie. Une insatiable voracité traverse l’histoire humaine, jusqu’aux paradoxes d’aujourd’hui ; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d’autres n’ont pas de pain pour vivre.

Bethléem, c’est le tournant pour changer le cours de l’histoire. Là, Dieu, dans la maison du pain, naît dans une mangeoire. Comme pour nous dire : me voici tout à vous, comme votre nourriture. Il ne prend pas, il offre à manger : il ne donne pas quelque chose, mais lui-même. À Bethléem, nous découvrons que Dieu n’est pas quelqu’un qui prend la vie mais celui qui donne la vie. À l’homme, habitué depuis les origines à prendre et à manger, Jésus commence à dire : « Prenez, mangez : ceci est mon corps » (Mt 26, 26). Le petit corps de l’Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner. Dieu se fait petit pour être notre nourriture. En nous nourrissant de lui, Pain de vie, nous pouvons renaître dans l’amour et rompre la spirale de l’avidité et de la voracité. De la ‘‘maison du pain’’, Jésus ramène l’homme à la maison, pour qu’il devienne un familier de son Dieu et frère de son prochain. Devant la mangeoire, nous comprenons que ce ne sont pas les biens qui entretiennent la vie, mais l’amour ; non pas la voracité, mais la charité ; non pas l’abondance à exhiber, mais la simplicité à préserver.

Le Seigneur sait que nous avons besoin chaque jour de nous nourrir. C’est pourquoi il s’est offert à nous chaque jour de sa vie, depuis la mangeoire de Bethléem jusqu’au cénacle de Jérusalem. Et aujourd’hui encore sur l’autel, il se fait Pain rompu pour nous : il frappe à notre porte pour entrer et prendre son repas avec nous (cf. Ap 3, 20). À Noël, nous recevons sur terre Jésus, Pain du ciel : c’est une nourriture qui ne périme jamais, mais qui nous fait savourer déjà la vie éternelle.

À Bethléem, nous découvrons que la vie de Dieu court dans les veines de l’humanité. Si nous l’accueillons, l’histoire change à commencer par chacun d’entre nous. En effet, quand Jésus change le cœur, le centre de la vie n’est plus mon moi affamé et égoïste, mais lui qui naît et vit par amour. Appelés cette nuit à sortir de Bethléem, maison du pain, demandons-nous : quelle est la nourriture de ma vie, dont je ne peux me passer ? Est-ce le Seigneur ou quelque chose d’autre ? Puis, en entrant dans la grotte, flairant dans la tendre pauvreté de l’Enfant un nouveau parfum de vie, celle de la simplicité, demandons-nous : ai-je vraiment besoin de beaucoup de choses, de recettes compliquées pour vivre ? Est-ce j’arrive à me passer de tant de garnitures superflues, pour mener une vie plus simple ? À Bethléem, à côté de Jésus, nous voyons des gens qui ont marché, comme Marie, Joseph et les pasteurs. Jésus est le Pain de la route. Il n’aime pas des digestions paresseuses, longues et sédentaires, mais il demande qu’on se lève en hâte de table pour servir, comme des pains rompus pour les autres. Demandons-nous : à Noël, est-ce je partage mon pain avec celui qui n’en a pas ?

2. Après Bethléem maison du pain, réfléchissons sur Bethléem maison de David. Là, David, jeune garçon, faisait le pasteur et à ce titre il a été choisi par Dieu, pour être pasteur et guide de son peuple. À Noël, dans la ville de David, pour accueillir Jésus, il y a précisément les pasteurs. Dans cette nuit « ils furent saisis d’une grande crainte, nous dit l’Évangile » (Lc 2, 9), mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas » (v. 10). Dans l’Évangile revient tant de fois ce ne craignez pas : c’est comme un refrain de Dieu à la recherche de l’homme. En effet, l’homme depuis les origines, encore à cause du péché, a peur de Dieu : « j’ai eu peur […], et je me suis caché » (Gn 3, 10), a dit Adam après le péché. Bethléem est le remède à la peur, parce que malgré les ‘‘non’’ de l’homme, là Dieu dit pour toujours ‘‘oui’’ : pour toujours il sera Dieu-avec-nous. Et pour que sa présence n’inspire pas la peur, il s’est fait un tendre enfant. Ne craignez pas : cela n’est pas dit à des saints, mais à des pasteurs, des gens simples qui en même temps ne se distinguent pas par la finesse ni par la dévotion. Le Fils de David naît parmi les pasteurs pour nous dire que personne n’est jamais seul ; nous avons un Pasteur qui surmonte nos peurs et nous aime tous, sans exceptions.

Les pasteurs de Bethléem nous disent aussi comment aller à la rencontre du Seigneur. Ils veillent dans la nuit : ils ne dorment pas, mais font ce que Jésus demandera à plusieurs reprises : veiller (cf. Mt 25, 13 ; Mc 13, 35 ; Lc 21, 36). Ils restent éveillés, attendent éveillés dans l’obscurité ; et Dieu « les enveloppa de sa lumière » (Lc 2, 9). Cela vaut aussi pour nous. Notre vie peut être une attente, qui également dans les nuits des problèmes s’en remet au Seigneur et le désire ; alors elle recevra sa lumière. Ou bien une prétention, où ne comptent que les forces et les moyens propres : mais dans ce cas, le cœur reste fermé à la lumière de Dieu. Le Seigneur aime être attendu et on ne peut pas l’attendre dans le divan, en dormant. En effet, les pasteurs se déplacent : « ils se hâtèrent » dit le texte (v. 16). Ils ne restent pas sur place comme celui qui sent qu’il est arrivé et n’a besoin de rien, mais ils s’en vont ; laissant le troupeau sans surveillance, ils prennent des risques pour Dieu. Et après avoir vu Jésus, sans même être des experts de discours, ils vont l’annoncer, à telle enseigne que « tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leurs racontaient les bergers » (v. 18).

Attendre éveillé, aller, risquer, raconter la beauté : ce sont des gestes d’amour. Le bon Pasteur, qui à Noël vient donner la vie aux brebis, à Pâques adressera à Pierre et, à travers lui à nous tous, la question finale : « M’aimes-tu » (Jn 21, 15). C’est de la réponse que dépendra l’avenir du troupeau. Cette nuit, nous sommes appelés à répondre, à lui dire nous aussi : ‘‘Je t’aime’’. La réponse de chacun est essentielle pour le troupeau tout entier.

« Allons jusqu’à Bethléem » (Lc 2, 15) : c’est ce qu’ont dit et fait les pasteurs. Nous aussi, Seigneur, nous voulons venir à Bethléem. Aujourd’hui également la route est ascendante : on doit dépasser le sommet de l’égoïsme, il ne faut pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme. Je veux arriver à Bethléem, Seigneur, parce que c’est là que tu m’attends. Et me rendre compte que toi, déposé dans une mangeoire, tu es le pain de ma vie. J’ai besoin du parfum tendre de ton amour pour être, à mon tour, pain rompu pour le monde. Prends-moi sur tes épaules, bon Pasteur : aimé par toi, je pourrai moi aussi aimer et prendre mes frères par la main. Alors, ce sera Noël quand je pourrai te dire : ‘‘Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime’’ (cf. Jn 21, 17). "

Pape François

Dimanche 23 décembre 2018

En ce 4ème dimanche de l’Avent, le Pape François s’est arrêté sur l’épisode de la Visitation de la Vierge Marie. L’occasion de prendre pour modèle « la foi et la charité » de Marie, à l’approche de la naissance du Christ.

La liturgie de ce quatrième dimanche de l’Avent met l’accent sur la figure de Marie, qui s’apprête à donner naissance à Jésus, le Sauveur du monde, a expliqué le Pape François avant de réciter la prière de l’Angélus devant la foule de fidèles rassemblés place Saint-Pierre.

Nous invitant à poser notre regard sur Marie, « modèle de foi et de charité », le Pape invite à nous demander « quelles étaient ses pensées » durant tous ces mois d’attente. « La réponse provient de l’Évangile du jour, relatant la visite de Marie à sa cousine Elisabeth » (cf. Lc 1, 39-45).

En la matière, le contraste est évident entre Marie, qui avait foi, « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». (v. 45), et Zacharie, le mari d’Elisabeth, qui n’avait pas cru en la promesse de l’ange Gabriel. Lui, resta donc silencieux jusqu’à la naissance de son fils Jean.

Cet épisode nous aide à lire avec une lumière toute particulière le mystère de la rencontre de l’homme avec Dieu, observe le Pape François. Une rencontre qui, selon le Saint-Père, n’est pas placée « sous le signe de prodiges étonnants », mais bien « sous le signe de la foi et de la charité ».

Marie est bénie entre toutes les femmes « parce qu’elle a cru » : sa rencontre avec Dieu est le fruit de la foi, souligne le Pape. Zacharie, en revanche, qui n’a pas cru, est resté sourd et muet pour grandir dans la foi pendant ce long silence.

« Sans foi, nous restons inévitablement sourds à la voix consolante de Dieu ; et nous restons incapables de prononcer des mots de consolation et d’espoir pour nos frères », relève le Souverain pontife. Mais la foi, à son tour, se nourrit de charité. « Nous le voyons avec les personnes qui n’ont pas de foi ou qui ont ’’une toute petite foi’’ et qui côtoient des personnes en grande souffrance. Elles n’ont que des paroles de circonstances, car elles n’ont pas la force qui vient de la foi », ajoute-t-il.
La charité authentique, source de joie

La naissance de Jésus a débuté ainsi, par un simple geste de charité ; la charité authentique est toujours le fruit de l’amour de Dieu, poursuit l’évêque de Rome. Selon lui, la visite de Marie à Élisabeth nous prépare donc à bien vivre Noël, en nous transmettant « le dynamisme de la foi et de la charité, œuvres de l’Esprit Saint ».
Se détourner de soi et regarder les autres

« Un dynamisme plein de joie, comme nous le voyons dans la rencontre entre les deux mères, hymne de joie et d’exultation dans le Seigneur, qui fait de grandes choses avec les petits qui lui font confiance », a conclu le Pape avant d’appeler chacun à vivre un Noël « extraverti », au sens où il ne doit pas être centré sur notre « moi », mais sur le « Tu » du Christ et de nos frères...

Après avoir récité la prière de l’Angélus, le Pape François a eu une pensée pour toutes les familles sur le point de célébrer Noël aux quatre coins du monde, mais aussi à toutes celles et ceux qui vivent loin de leurs proches. « Beaucoup de personnes n’ont pas la possibilité d’être en famille, pour différentes raisons ; et aujourd’hui, je voudrais m’adresser d’une manière particulière à tous ceux qui sont loin de leur famille et de leurs terres. Notre Père céleste ne vous oublie pas et ne vous abandonne pas », a garanti le Pape rappelant que « les portes de la communauté chrétienne sont ouvertes, Jésus est né pour tous et donne à tous l’amour de Dieu ».

(Avec V. N.)

Mercredi 19 Décembre 2018

« Noël est la victoire de l’humilité sur l’arrogance, de la simplicité sur l’abondance, du silence sur le vacarme, de la prière sur ‘mon temps’, de Dieu sur mon ego ». Ce mercredi 19 Décembre, lors de l’audience générale, le Pape a interrompu son cycle de catéchèses sur le Notre Père, pour évoquer le sens de la fête de la Nativité afin de mieux s’y préparer. Il s’agit d’ouvrir son cœur aux surprises de Dieu et non de céder au « vacarme du consumérisme ».

Les sapins, les décorations et les lumières nous rappellent que cette année encore il y aura fête. « La machine publicitaire nous invite à échanger des cadeaux nouveaux pour se faire des surprises », mais est-ce vraiment cette fête que veut Dieu, s’interroge François. Pour apporter un élément de réponse et découvrir « les goûts de Dieu », le Pape revient au premier Noël de l’histoire, plein de surprises. Qu’il s’agisse de Marie, « vierge qui sera mère », ou de Joseph, « un père d’un fils sans l’avoir généré », Noël a apporté dans leur vie des changements inattendus. Le Pape invite les fidèles à ouvrir, eux aussi, leurs cœurs au Seigneur.

En ce premier Noël, c’est dans la nuit que survient « la plus grande des surprises » : « le Très-Haut est un petit bébé et la Parole de Dieu est un enfant, "incapable de parler" ». Il est accueilli non pas par les autorités ou des ambassadeurs, mais par de simples bergers qui, avertis par les anges, accourent sans attendre. Ainsi, poursuit le Pape, « Noël est la célébration de l’inédit de Dieu, ou mieux encore, d’un Dieu inédit qui renverse nos logiques et nos attentes ».

Vivre Noël, c’est accueillir sur terre les surprises du ciel, se laisser bousculer par les surprenantes nouveautés de Dieu. Or « Jésus n’offre pas la tiédeur rassurante d’un feu de cheminée, mais le frisson divin qui secoue l’histoire ». Le Pape rappelle que Noël est « la revanche de l’humilité sur l’arrogance, de la simplicité sur l’abondance, du silence sur le vacarme, de la prière sur mon temps, de Dieu sur mon ego ». Célébrer Noël consiste à faire comme Jésus, descendu pour se mettre au service de ceux qui en ont besoin. C’est faire comme Marie qui se fie docilement à Dieu et faire comme Joseph qui se lève pour réaliser la volonté de Dieu qui lui parle dans le silence de la nuit. « Célébrer Noël, c’est préférer la voix silencieuse de Dieu aux vacarmes du consumérisme ».

Malheureusement, constate le Pape, on peut se tromper de fête et préférer à la nouveauté du Ciel la routine de la terre ! Il exhorte les fidèles à ne pas faire de Noël « une fête mondaine » et à ne pas mettre de côté « le Roi de la fête ». Il les invite ainsi à se recueillir en silence devant la crèche, à veiller en priant plutôt que de se laisser entraîner sur la voie des futilités.

En guise de synthèse, le Pape François conclut enfin en recommandant à chacun de suivre les enseignements de Joseph qui donne de l’espace au silence ; de Marie qui a confiance en Dieu et lui dit : "Me voici" ; et de Jésus qui se fait proche de celui qui est seul, du pauvre, afin à notre tour de « trouver, à la suite des bergers, la lumière dans la pauvre grotte de Bethléem ! »

Cette audience était la 43ème et dernière de l’année 2018 ; le Pape François a rencontré 560 500 personnes pendant ces 43 audiences. La reprise des audiences générales est fixée au 2 janvier 2019.

(Avec V. N.)

Dimanche 16 décembre 2018

En ce troisième dimanche de l’Avent, le Pape s’est arrêté sur la joie suscitée par la présence du Christ citant le verset 14 du prophète Sophonie. « Pousse des cris de joie, ô fille de Sion !Lance un cri de triomphe, ô Israël !Réjouis-toi, exulte de tout cœur, ô fille de Jérusalem ».

Ainsi par cette présence, pour le peuple, la tristesse et le découragement ne sont plus une raison, mais tout suscite une gratitude joyeuse envers Dieu, qui veut toujours racheter et sauver ceux qu’il aime, explique le Pape. Car l’amour du Seigneur pour son peuple est incessant : « Il se réjouira pour vous, il vous renouvellera avec son amour, il exultera pour vous avec des cris de joie » (v. 17), rappelle le Pape François.

Un appel à la joie particulièrement approprié à l’approche de Noël. Et le Souverain pontife d’ajouter que ce message trouve toute sa signification lors de l’Annonciation à Marie, relatée par l’évangéliste Luc. Les paroles adressées par l’archange Gabriel à la Vierge font écho à celles de Sophonie : « Réjouis-toi, plein de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1,28).

C’est dans un village reculé de Galilée, dans le cœur d’une jeune femme inconnue du monde, que Dieu allume l’étincelle du bonheur pour le monde entier, résume le Saint-Père, avant de poursuivre : « Aujourd’hui, la même proclamation s’adresse à l’Église, appelée à accueillir l’Évangile pour qu’il devienne chair et vie concrète » : « Réjouis-toi, petite communauté chrétienne, pauvre et humble mais belle parce que tu désires ardemment mon Royaume, parce que tu as faim et soif de justice. Tisse patiemment la paix, ne poursuis pas les puissants en devoir mais reste fidèlement près des pauvres. Ainsi tu n’auras peur de rien, et ton cœur sera dans la joie ».

Aujourd’hui aussi, saint Paul nous demande de ne nous inquiéter de rien, mais de faire en sorte de présenter à Dieu nos demandes, nos besoins, nos préoccupations « avec des prières et des pétitions » (Ph 4,6). « Aucune inquiétude, aucune peur ne pourra jamais enlever la sérénité qui vient de savoir que Dieu guide toujours nos vies avec amour. Même au milieu des problèmes et des souffrances, cette certitude nourrit espoir et courage », ajoute le Successeur de Pierre, nous enjoignant à nous remettre en question afin d’accueillir au mieux cet invitation du Seigneur à la joie.

« Que devons-nous faire ? » (Lc 3, 10). Cette question est la première étape de la conversion que nous sommes invités à franchir en cette période de l’Avent, conclut-il.

Après l’Angélus, le Pape François a brièvement évoqué le Pacte mondial pour des migrations sures, ordonnées et régulières, approuvé le 10 décembre à Marrakech. « J’espère qu’à travers cet instrument, la responsabilité, la solidarité et la compassion, face à ceux qui ont quitté leur pays pour des motifs divers, pourront opérer », a-t-il déclaré. Le Vatican soutient ce pacte de manière appuyé, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, s’étant rendu sur place à Marrakech.

(Avec V. N.)

Mercredi 12 décembre 2018

Dans le cadre de l’audience générale de ce mercredi matin, tenue en Salle Paul VI, le Pape François a poursuivi son cycle de catéchèses sur le Notre Père, en centrant sa méditation sur le thème : “Une prière qui demande avec confiance”.

« La prière du “Notre Père” plonge ses racines dans la réalité concrète de l’homme », a expliqué le Pape. Demander le « pain quotidien » est une demande « simple mais essentielle », qui montre que « la foi n’est pas une question décorative, détachée de la vie ».

La prière commence là où il y a un homme « qui a faim, qui pleure, qui lutte, qui souffre et qui se demande “pourquoi” ». Jésus, dans la prière, « ne veut pas éteindre l’humain, ne veut pas l’anesthésier », mais il veut au contraire que « toute souffrance, toute inquiétude, s’élance vers le ciel ».

Prier s’apparente à un cri comme celui de l’aveugle Bartimée qui dans l’Évangile supplie Jésus d’avoir pitié de lui. Le Christ lui redonne la vue en lui disant : « Ta foi t’a sauvé ». La chose décisive pour sa guérison a donc été « cette prière, cette invocation criée avec foi », malgré tous ceux qui lui intimaient de se taire.

La prière de supplication a autant de valeur que la louange gratuite, a expliqué le Pape. « Dieu est le Père, qui a une immense compassion pour nous, et veut que ses enfants lui parlent sans peur. Nous pouvons donc tout lui raconter, même les choses qui dans notre vie demeurent faussées et incompréhensibles. Et il nous a promis qu’il serait avec nous pour toujours, jusqu’au dernier des jours que nous passerons sur cette terre », a conclu le Pape François.

Dans ses saluts aux différents groupes présents, le Pape a évoqué la fête de Notre-Dame-de-Guadalupe, ce 12 décembre, à l’occasion de laquelle il célèbrera ce soir à 18h une messe en la basilique Saint-Pierre.

En s’adressant aux pèlerins polonais, François a particulièrement confié à Notre-Dame-de-Guadalupe « ceux qui sont en attente de la naissance de leurs enfants. Saint Jean-Paul II a recommandé à Sa protection maternelle la vie et l’innocence des enfants, surtout de ceux qui courent le danger de ne pas naître. La Madonne de Guadalupe, on voit qu’elle est enceinte : elle attend le Sauveur, a remarqué le Pape François, en sortant de son texte. Par Son intercession, en ce temps d’Avent, implorons le don de la fécondité pour les familles sans enfants, le respect pour la vie conçue et l’ouverture des cœurs aux valeurs de l’Évangile », a exhorté le Saint-Père.

Suite à la fusillade survenue mardi soir sur le marché de Noël à Strasbourg, qui a fait au moins 3 morts et 12 blessés, le Pape François a fait parvenir un message de condoléances à Mgr Luc Ravel, l’archevêque de la ville alsacienne.

Voici le texte intégral de ce texte signé, comme c’est l’usage protocolaire, par le cardinal-Secrétaire d’État Pietro Parolin :

« C’est avec tristesse et préoccupation que Sa Sainteté le Pape François a appris l’attentat perpétré hier soir au marché de Noël à Strasbourg et qui a fait plusieurs victimes. Le Pape François exprime, encore une fois, sa ferme condamnation contre de tels actes. Il manifeste sa compassion en particulier aux familles affectées et à toutes les personnes touchées par cet attentat, les assurant de sa prière. Alors qu’il confie les défunts à la miséricorde de Dieu, le Saint-Père a une pensée spéciale pour les professionnels et les volontaires qui prennent soin des personnes blessées. En gage de consolation, il implore l’abondance des bénédictions divines sur les victimes, sur ceux qui les assistent et sur tout le peuple français. »

(Avec V. N.)

Dimanche 9 Décembre 2018

En ce deuxième dimanche de l’Avent, le Pape François rappelle les exigences de conversion nécessaire à la préparation de la venue du Seigneur : reconnaître les vides à combler dans notre vie, pour aplanir les aspérités de l’orgueil et faire de la place à Jésus qui vient.

Depuis la fenêtre des appartements pontificaux, surplombant une place Saint-Pierre inondée de soleil, le Pape François a expliqué aux fidèles comment attendre concrètement la venue du Seigneur. Le Saint-Père a commenté l’Évangile de Luc qui « présente la figure de Jean-Baptiste qui “parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés” » a déclaré le Saint-Père. Pour donner de la substance à l’attente du Seigneur, il faut entreprendre un chemin de conversion. Le Pape évoque ainsi la prophétie d’Isaïe citée par l’évangéliste : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées. »
S’ouvrir aux autres...

Quelles sont donc les exigences de conversion auxquelles invite Jean-Baptiste pour préparer le chemin au Seigneur qui vient ? D’abord, explique le Pape, nous sommes appelés à « combler les vides (de notre vie) produits par la froideur et l’indifférence, en nous ouvrant aux autres avec les sentiments qui étaient ceux de Jésus, c’est-à-dire la cordialité, l’attention fraternelle qui prend soin des nécessités de son prochain. » Il convient pour le Saint-Père d’avoir une attention spéciale à ceux qui sont le plus dans le besoin.

Ensuite, poursuit-il, « il faut aplanir les nombreuses âpretés causées par l’orgueil et l’arrogance » en accomplissant des gestes concrets de réconciliation -ce qui n’est pas facile, convient-il. Il faut également demander de pardon pour les fautes commises. La conversion ne pourra être complète que si elle conduit « à reconnaître humblement nos erreurs, nos infidélités et nos manquements. »

Le croyant « est celui qui, en se mobilisant pour son prochain, comme Jean-Baptiste ouvre les routes du désert, c’est-à-dire qu’il indique des perspectives d’espérance même dans des contextes existentiels accidentés, marqués par la défaillance et l’échec ». Le Pape invite alors à ne pas se rendre face aux situations négatives de renfermement et de refus : « nous ne devons pas nous laisser assujettir à la mentalité du monde, parce que le centre de notre vie est Jésus et sa parole de lumière, d’amour et de consolation ».

Le Pape ajoute que Jean-Baptiste invitait à la conversion avec « force, vigueur et sévérité » mais qu’il savait aussi écouter, accomplir des gestes de tendresse et de pardon envers ceux qui demandaient pardon et souhaitaient se faire baptiser. Son témoignage de vie a réussi à réveiller les attentes et les espérances du Messie, depuis longtemps assoupies.

« Aujourd’hui encore, les disciples de Jésus sont appelés à être ses humbles mais courageux témoins pour rallumer l’espérance, pour faire comprendre que malgré tout, le règne de Dieu continue à se construire jour après jour avec la puissance de l’Esprit saint ». Le Pape a prié la Vierge Marie, pour que par son intercession, nous préparions jour après jour le chemin du Seigneur « en commençant par nous-même » ; qu’elle nous aide « à répandre autour de nous, avec une patience tenace, des graines de paix de justice et de fraternité » a conclu le Pape.

(Avec V. N.)

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