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N° 452 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 18 novembre 2012
• ColleCte nationale
du SeCourS Catholique
• Synode Sur
la nouvelle
évangéliSation
• la famille Chrétienne
faCe aux défiS
du 21
ème SièCle
La Nouvelle évangélisation
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Editorial
Editorial
•UneBonneNouvelle
Mot de l'Evêque
•Assembléeplénièredesévêques
àLourdes
Eglise universelle
• SynodesurlaNouvelle
Evangélisation
Eglise de France
• DiscoursduCardinal
André Vingt-Trois
Liturgie
•Paroledominicale
Droit canonique
•Lesacrementdemariage(7)
Vie du diocèse
•DonnerauSecoursCatholique
lesmoyensd’agir
• LaSociétéSaint-VincentdePaul
àl’œuvre
• Lafamillechrétiennefaceauxdéfis
du21
ème siècle
•L’AnnéedelaFoidansledistrict delaCathédraleSaint-Louis
Pastorale des prisons
•Congrèsdel’Aumôneriecatholique
desprisons
Aumônerie Antilles-Guyane
• Souvenons-nous:
P. GeorgesZaïre-P. PierreLacroix
Notes de lecture
•Lavoixdesesclaves
Médias
numéro
452
N° 452 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 18 novembre 2012
• COLLECTE NATIONALE DU SECOURS CATHOLIQUE
• SYNODE SUR
LA NOUVELLE
ÉVANGÉLISATION
• L A FA M I L L E C H R É T I E N N E
FACE AUX DÉFIS
DU 21 ÈME SIÈCLE
La nouvelle évangélisation
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
tirage : 8 000 exeMplaires
i.s.s.N. 0759-4895
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97207 Fort de France Cédex
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A
nnoncer l’Evangile, le faire connaître et en vivre, est la tâche
première de tout chrétien.
Dans le peuple de Dieu, les baptisés savent en principe que leur
mission est de témoigner de Jésus Christ dans et par leur vie. En fait,
ne délèguent-ils pas trop facilement cette responsabilité à ceux qui leur
semblent plus représentatifs ? Toute l’Eglise est missionnaire et cette
mission n’est pas réservée à quelques spécialistes. Ces paroles fortes de
l’apôtre Paul bousculent et réveillent : Malheur à moi si je ne prêchais
pas l’évangile (1 Cor 9,16).
Aujourd’hui, les sociétés humaines sont diverses et multiples dans
leur mode de vie, leur mentalité, leur perception de la réalité, leurs
épreuves, leur espérance. Il y a urgence à rejoindre les personnes là où
elles en sont, pour comprendre, partager ce qu’elles vivent, se mettre
en tenue de service pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.
Dans un langage imagé, Jésus nous dit comment vivre simplement son
témoignage : Vous êtes sel de la terre, lumière du monde ; vous êtes levain
dans la pâte.
Avec l’évolution rapide de nos sociétés et le désarroi des nouvelles
générations au plan de la foi, il était nécessaire que notre Église, sous la
conduite de l’Esprit et à l’initiative du Pape Benoît XVI, soit réunie en
synode pour examiner les propositions faites par les diocèses du monde
sur le thème de la Nouvelle Evangélisation.
Jésus, dans l’Evangile, s’adresse en priorité aux pauvres, à ceux qui
souffrent dans leur corps, leur cœur et leur esprit. Les disciples qui
acceptent de prendre le relais de Jésus dans le monde d’aujourd’hui, sont
appelés aussi à changer leur cœur pour qu’ils soient plus ac\
cueillants.
Madeleine Delbrêl écrivait : Rien au monde ne nous donnera l’accès au
cœur de notre prochain, sinon le fait d’avoir donné au Christ l’accès au
nôtre.
Dans nos entreprises au service des frères et des sœurs démunis, nous
mettons en œuvre l’esprit de partage demandé par Jésus : cela fait partie
de la Bonne Nouvelle pour notre monde.
Les membres du Secours Catholique et de la Société Saint-Vincent de
Paul nous donnent le témoignage de leur présence fraternelle auprès
des personnes en situation de précarité. Le Seigneur a besoin de notre
humanité, de notre amour humain, de nos faibles moyens, de nos
humbles services, pour révéler le feu de l’Amour divin.
Etre chrétien, c’est croire que Jésus est le visage humain de Dieu et le visage
divin de l’homme.
Père Jean de Coulanges n
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Une Bonne Nouvelle
Couverture : JMJ de Madrid - juillet 2012 - Photo Luc Philippon
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Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
3
Mot de l'Evêque
Assemblée plénière des évêques
à Lourdes
C
haque année, la Conférence
des Evêques de France se
retrouve en Assemblées
Plénières, à Lourdes, aux mois de
mars et de novembre.
Les Evêques des DOM-TOM dont
je fais partie, ne pouvant parti-
ciper aux deux sessions à cause
de l’éloignement et du coût
des voyages, ne sont présents
généralement qu’à la session de
novembre. Tel fut mon cas.
L’assemblée qui s’est tenue à
Lourdes du 2 au 8 novembre 2012
a été très riche.
D’abord elle a débuté par les
questions d’actualité au nombre
desquelles : la proposition très
controversée du gouvernement,
de transformer légalement le
mariage pour le rendre accessible
aux personnes du même sexe.
L’Assemblée, dans son intégralité,
a affirmé sa position très ferme
contre ce projet. Ses déclarations
ne sont pas l’expression de son
homophobie, comme on l’en a
accusée à tort, car l’Eglise respecte
toutes les personnes, quelles que
soient leurs tendances sexuelles, et
elle affirme que les homosexuels
comme les hétérosexuels sont
des enfants de Dieu appelés à la
sainteté. Cependant, par la bouche
de son président, le Cardinal
André Vingt-Trois, l’Assemblée a
dénoncé la supercherie que serait
un mariage entre personnes du
même sexe.
L’Assemblée a souhaité que les
catholiques sachent que leurs
évêques les encouragent à parler,
à écrire, à agir, à se manifester
sur ce sujet. ils ont le droit de
témoigner de ce qui, dans la
lumière de notre foi et selon la
logique de la raison et du bon
sens, leur semble essentiel pour
le présent et pour l’avenir.
L’Assemblée a regretté que le
choix du gouvernement polarise
l’attention sur un sujet qui est
certes important mais qui ne
présente pas d’urgence, alors
qu’il y a tant de préoccupations
prioritaires qui assaillent beaucoup
de nos concitoyens, notamment à
cause de la crise économique et
financière.
Bien entendu, les questions
d’actualité n’ont pas été les seules
débattues par notre Assemblée
qui a tourné son attention sur
des sujets qui concernent la vie
de notre Eglise et son implication
dans la vie de notre société.
C’est ainsi qu’elle s’est penchée
sur le diaconat permanent : elle
a exprimé sa reconnaissance aux
diacres de nos diocèses et à leur
famille pour la part importante
qu’ils prennent dans la mission
de l’Eglise. Des groupes de travail
se sont réunis dans un premier
temps pour échanger et partager
sur les questions qui, à ce sujet,
demandent éclaircissement et
approfondissement.
L’usage de l’Internet a interpellé
l’Assemblée qui ne peut rester
démunie devant ce nouveau mode
de communication que l’Eglise
doit aussi utiliser pour témoigner
de l’Evangile sur
le Web.
Un travail important a pris place
dans l’Assemblée sur la Présence des Catholiques dans la société,
en rappelant que c’est dans
leurs relations sociales, leur
milieu professionnel, familial et
associatif, dans leur entourage,
qu’ils doivent témoigner du
Christ par leurs actes et leur
comportement autant que par
leurs paroles.
Les conclusions du récent Synode
des Evêques à Rome, dont le thème
était la Nouvelle Evangélisation,
ont opportunément aidé et éclairé
nos discussions à ce sujet et nous
ont invités à poursuivre notre
réflexion sur notre manière d’être
présents au monde de ce temps
et à y témoigner de l’espérance
chrétienne.
La rédaction du nouveau Statut
de l’Enseignement Catholique a
retenu l’attention de l’Assemblée.
Elle nécessite encore quelques
mises au point qui seront faites
dans les mois qui viennent. La
décision de créer un Conseil
Episcopal de l’Enseignement
Catholique a été prise. Ce Conseil se
mettra progressivement en place
d’ici à la prochaine Assemblée.
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Mot de l'Evêque (suite)
E g l i sE En M a r t i n i q u E
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
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Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
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L’Assemblée a considéré comme
une grâce l’Année de la Foi dont
le Pape Benoît XVI a fait coïncider
l’ouverture avec le cinquantième
anniversaire de celle du Concile
Vatican II. Elle a rappelé que la foi
est une lumière qui éclaire nos vies
et nous pousse au témoignage
joyeux, serein et convaincu.
La foi nous conduit à regarder
avec toujours plus de profondeur
la passion et la mort sur la croix du
seigneur de la Vie, afin d’annoncer
aux hommes la formidable
espérance : à l’homme, à tout
homme, est proposé le salut. La
foi nous donne la certitude de la
présence du Christ au milieu de
nous : il est ressuscité d’entre les
morts.
Pour célébrer l’Année de la Foi, des
initiatives seront prises dans chacun
de nos diocèses. Elles inviteront
d’abord à un approfondissement des «
fondamentaux » de la foi, à
l’annonce explicite de Jésus Christ
et à l’écoute et la méditation de
sa Parole.
Le Catéchisme de l’Eglise
Catholique, qui fête cette année
le vingtième anniversaire de sa
publication et qui a été retenu
par les évêques de France comme
texte de référence, sera d’une
grande utilité pour tous ceux qui
veulent approfondir leur foi et
rentrer dans sa joie.
La rencontre pour les chrétiens
avec d’autres cultures et d’autres
religions, particulièrement les
musulmans, est le défi à relever.
C’est pour les chrétiens un appel
à développer leur capacité à
être témoins de la foi au Christ
Ressuscité. Ce n’est que dans
l’authenticité de l’identité de
chacun que peut véritablement se
développer le dialogue.
Tout cela est en résumé le contenu
de cette belle Assemblée qui a
permis aux 105 Evêques en activité
qui la composent, de rencontrer
aussi les Evêques Emérites et
surtout les Evêques des DOM
et TOM qui font avec joie et
foi ce voyage pour Lourdes qui
demande parfois à certains d’entre
eux jusqu’à 35 heures d’avion.
Mais à Lourdes et à l’Assemblée
Plénière des Evêques de France en
particulier, on prend conscience
de la vitalité de notre Eglise
Catholique, on réalise qu’elle est
belle et que plus que jamais elle a
besoin de chacun de nous.
+ Michel Méranville, Archevêque n
N.B : Les citations sont extraites du
discours de clôture de l’Assemblée
Plénière, prononcé par le Cardinal
André Vingt-Trois.
* * * * *
* * * * *
Nous tenons à remercier les fidèles et généreux donateurs qui, cette
année encore, ont apporté leur contribution à la vie matérielle de leur
Eglise.
La collecte du Denier de l’Eglise se réalise toute l’année. Il nous semble
donc important de rappeler à ceux qui n’auraient pas encore fait ce
geste, qu’il n’est pas trop tard.
Les dons peuvent être reçus directement à l’Archevêché : B.P. 586 - 97207
Fort-de-France Cedex ou par l’intermédiaire habituel des paroisses.
D’avance, merci.
Hervé Lordinot, Econome diocésain
Rappel
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L
a 13 ème assemblée générale
ordinaire du Synode
des évêques, qui s’est
déroulée à Rome du 7 au 28
octobre 2012, avait pour thème :
La nouvelle évangélisation
pour la transmission de la foi
chrétienne.
Le mot synode appartient au
langage chrétien. Au pied de
la lettre, il veut dire
« chemin
avec », « chemin ensemble ». La
vie chrétienne, aussi bien la vie
croyante que la vie ecclésiale, est
présentée comme un chemin que
l'on parcourt ensemble.
L'Eglise, peuple de Dieu en marche,
est en route vers le Royaume et
elle est chargée sur cette route
d'annoncer à toutes les nations la
Bonne Nouvelle du Salut.
L'Eglise est communion d'Eglises.
Une Eglise existe là où il y a un
évêque et un peuple (ex. : diocèse
de Saint-Pierre et Fort-de-France).
La communion entre les évêques
est une nécessité appelant à la
tenue d'instances ou de réunions
appelées synodes.
Comment travaille
une assemblée synodale ?
La future assemblée est préparée
par une consultation de tous les diocèses du monde
(Les
Lineamenta : questions posées
à tous les diocèses, mouvements
et services d’Église). Ce travail sur
le terrain permet aux chrétiens
de réfléchir sur leur présence et
sur leurs engagements dans la
société.
A partir des réponses à cette
consultation est rédigé un
document appelé instrument de
travail, l’instrumentum laboris,
élaboré par le secrétariat du
Synode, qui synthétise toutes les
réponses du monde entier.
Ce Synode comptait 400
participants, dont 262 pères
synodaux des cinq continents,
45 experts et 49 auditeurs, parmi
lesquels quatre laïcs français.
Trois invités spéciaux, dont Frère
Aloïs, prieur de Taizé (France). Des
délégués fraternels, représentant
15 Églises et communautés
ecclésiales.
Dans son homélie d’ouverture le
7 octobre, Benoît XVI prend le
concile Vatican II comme boussole
et invoque une effusion spéciale de
l’Esprit-saint. "La rencontre avec
le Christ" est proposée comme
l’objectif ultime de tout type
d’évangélisation partout dans le
monde.
58 propositions finales des
évêques forment la base de la
future exhortation apostolique
post-synodale que le pape devrait
publier dans dix-huit mois.
Par ce Synode, l’Église s’est livrée à
un véritable examen de conscience
sur sa manière d’annoncer
l’Évangile dans la société. Le Synode
sur la nouvelle évangélisation s’est
refermé sur la figure évangélique
de la Samaritaine choisie par Benoît
XVI comme symbole du devoir de
s’asseoir aux côtés des hommes et
des femmes de notre temps.
Si le message final a fait l’unanimité
pour l’élan qu’il propose, dans
l’héritage de Vatican II, les
propositions adressées au pape
ont laissé quelques questions sans
réponses : inquiétudes, désarroi,
questions sans réponses se sont
succédé à raison de cinq minutes
par orateur. Mais aussi suggestions,
propositions, incitations… Tous
palpables dans le
Message au
peuple de Dieu publié à l’issue
des travaux.
Des observateurs avertis ont
repéré deux lignes de pensée qui
ont coexisté durant ce Synode :
-
L’une, présente dans les
propositions, appelle à une
Église universelle
Synode sur la Nouvelle
Evangélisation
Une marche ensemble vers l’unité
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
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Par les médias catholiques, en particulier le journal
La Croix et le site Internet de l’Eglise de France, le
père François-Xavier Roussel a pu suivre, de loin, les
travaux du Synode des évêques. Que nous proposent-
ils ? Les lignes qui suivent veulent éveiller ou renforcer
l’intérêt pour les propositions de cette assemblée.
Nous pouvons encore compléter notre information et
bénéficier des analyses et synthèses des travaux à
partir de ces sources.
L'assemblée du Synode
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Église universelle (suite)
refondation de la foi en forme de
reconquête sur une triple base :
la paroisse territoriale, le prêtre
et l’évêque, la modernisation des
outils de transmission.
- L’autre, qui apparaît dans le
Message, appelle à prendre
en compte la métamorphose
des questions posées à l’Église
par les transformations de la
société (famille, travail, argent,
mœurs, écologie, institutions,
transmission, autorité, etc.) et à
entrer en conversation avec elle,
en vue d’une conversion avec ces
nouveaux schémas.
À travers les 58 propositions remises
à Benoît XVI, les pères synodaux
esquissent les points forts de la
nouvelle évangélisation :
•La dimension missionnaire de
l’Église est permanente
Nous proposons que l’Église
proclame la dimension permanente
et mondiale de sa mission, en vue
d’encourager toutes les Églises
particulières à évangéliser. En
premier lieu, l’évangélisation "ad
gentes" est l’annonce de l’Évangile
à ceux qui ne connaissent pas
Jésus Christ. Ensuite, elle inclut la
croissance continuelle dans la foi,
qui est la vie ordinaire de l’Église.
Enfin, la nouvelle évangélisation
est spécialement orientée vers ceux
qui ont pris leurs distances vis-à-vis
de l’Église.
•S’adapterauxculturesurbaines
L’Église reconnaît que les villes et la
culture urbaine qu’elles expriment,
autant que les transformations qu’on
y observe, sont un lieu privilégié
pour la nouvelle évangélisation.
Mettant en œuvre un plan pastoral
urbain, l’Église veut identifier et
comprendre ces expériences, ces
langages et ces modes de vie
propres aux sociétés urbaines.
•L’institution d’unministère de
catéchiste
Une bonne catéchèse est
indispensable à la nouvelle évangélisation. (…) Il faut tout
faire, en fonction des possibilités
locales, pour disposer de catéchistes
avec une bonne formation
ecclésiale, biblique, doctrinale et
pédagogique.
•Lerôlecentraldelaparoisse
La paroisse continue à être la
première présence de l’Église,
le lieu et l’instrument de la vie
chrétienne. Les paroisses devraient
constituer des cellules vivantes,
lieux de promotion de la rencontre
personnelle et communautaire
avec le Christ, expérimenter la
richesse de la liturgie, donner une
formation chrétienne tant initiale
que permanente et éduquer tous
les baptisés à la fraternité et à la
charité, spécialement envers les
plus pauvres.
•L’indispensableautoritéde
l’évêque
Les diocèses sont une portion
du peuple de Dieu confiée à un
évêque pour qu’avec l’aide de son
presbyterium, il en soit le pasteur
(Christus Dominus, 11).
•L’égale dignitédeshommes et
des femmes
L’Église apprécie l’égale dignité
des hommes et des femmes
dans la société comme étant
créés à l’image de Dieu, et au
sein de l’Église sur la base de leur
vocation commune de baptisés en
Christ. (…) Le synode reconnaît
qu’aujourd’hui les femmes (laïques
et religieuses), ensemble avec les
hommes, contribuent à la réflexion
théologique et partagent leurs
responsabilités pastorales à tous
les niveaux, faisant ainsi progresser
la nouvelle évangélisation pour la
transmission de la foi.
•Intensifier lesrelations avecles
musulmans
Le dialogue avec tous les croyants
est une partie de la nouvelle
évangélisation. L’Église invite les
chrétiens à persévérer et à intensifier
leurs relations avec les musulmans.
(…) En dépit des difficultés, ce
dialogue doit se poursuivre. (…)
Fidèle à l’enseignement de Vatican
II, l’Église respecte les autres
religions et leurs croyants et est
heureuse de collaborer avec elles
dans la défense et la promotion
de la dignité inviolable de la
personne.
Parmi les regrets, plusieurs
participants ont relevé deux angles
morts : la place des femmes dans
l’Église, évoquée marginalement,
et l’absence de véritables débats
théologiques fondant la nouvelle
évangélisation.
Parmi les points positifs en revanche,
la présence des délégués protestants
et orthodoxes a été unanimement
saluée. Le Dr Rowan Williams,
primat de la Communion anglicane,
et le patriarche œcuménique de
Constantinople Bartholomeos
1er se sont amplement exprimés,
sans limitation de temps de parole,
quasiment à parité avec le Pape.
Ce Synode des évêques donne, sans
nul doute, à réfléchir et à agir pour
améliorer notre manière de vivre
la foi ensemble, en Eglise, dans un
monde en mutation continuelle.
Les orientations qui sont proposées
seront reprises dans l’Exhortation à
venir du Pape Benoît XVI.
Mais déjà ne sommes-nous pas
trop dispersés dans nos propres
entreprises pastorales ? Que
veut dire concrètement le
mot communion ? N’y a-t-il pas à
renouveler l’expression de notre
langage religieux, de notre liturgie,
pour mieux participer à la nouvelle
évangélisation ?
Comme le Pape Benoît XVI nous
y invite,
faisons route ensemble,
en communauté paroissiale,
comme le recommande l’une des
propositions.
P. François-Xavier Roussel, C.S.Sp. n
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
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Page 7
L
a crise économique atteint
de plus en plus l'ensemble
de notre société. Des
entreprises ferment et la précarité
s'étend. Des actes de violence
barbares, heureusement isolés,
montrent l'extrême fragilité de
notre tissu social et le désarroi
de nombreuses familles qui
ont besoin d'être soutenues et
confortées dans leur mission
éducative.
C'est dans ce contexte préoccupant
que le gouvernement fait passer
en urgence des mutations
profondes de notre législation
qui pourraient transformer
radicalement les modalités des
relations fondatrices de notre
société. Des changements de
cette ampleur imposaient un
large débat national qui ne se
contente pas d'enregistrer des
sondages aléatoires ou la pression
ostentatoire de quelques lobbies.
Nous aurions été heureux,
comme dans d'autres occasions,
notamment pour les lois de
bioéthique, d'apporter notre
contribution à ce débat. L'élection
présidentielle et les élections
législatives ne constituent pas un
blanc-seing automatique, surtout
pour des réformes qui touchent très profondément les équilibres
de notre société. Puisque ce débat
n'a pas encore été organisé, nous
voulons du moins exprimer un
certain nombre de convictions
et alerter nos concitoyens sur la
gravité de l'enjeu.
Contrairement à ce que l'on
nous présente, le projet législatif
concernant le mariage n'est
pas simplement une ouverture
généreuse du mariage à
de nouvelles catégories
de concitoyens, c'est une
transformation du mariage qui
toucherait tout le monde. Ce
ne serait pas le
mariage pour
tous (étrange formule qu'il ne
faut sans doute pas prendre au
pied de la lettre !). Ce serait le
mariage de quelques-uns imposé
à tous. Les conséquences qui en
découlent pour l'état civil en
sont suffisamment éloquentes
:
a-t-on demandé aux citoyens s'ils
étaient d'accord pour ne plus
être le père ou la mère de leur
enfant et ne devenir qu'un parent
indifférencié : parent A ou parent
B ? La question fondamentale
est celle du respect de la réalité
sexuée de l'existence humaine et
de sa gestion par la société. Alors
que l'on prescrit la parité stricte dans de nombreux domaines de
la vie sociale, imposer, dans le
mariage et la famille où la parité
est nécessaire et constitutive,
une vision de l'être humain
sans reconnaître la différence
sexuelle serait une supercherie qui
ébranlerait un des fondements de
notre société et instaurerait une
discrimination entre les enfants.
Que pouvons-nous faire ? Face à
ces mesures qui menacent notre
société, que pouvons-nous faire
?
Que devons-nous faire ? Nous
devons d'abord inviter à prier
puisqu'il s'agit de provoquer et
soutenir la liberté de conscience de
chacun. Comme pasteurs de notre
Église, il nous incombe d'éclairer
les consciences, de dissiper les
confusions, de formuler le plus
clairement possible les enjeux.
Comme évêques, nous nous
efforçons d'être des interlocuteurs
pour les responsables politiques
et les parlementaires. Nous
n'hésitons pas à faire appel à leur
liberté de conscience pour des
projets et des votes qui engagent
plus qu'une simple alternance
politique. Nous en appelons à
leur sens du bien commun qui
ne se réduit pas à la somme des
intérêts particuliers.
n
Eglise de France
Discours du Cardinal André Vingt-Trois
à l'Assemblée plénière des évêques de France
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
7
Lors du conseil des ministres du 7 novembre 2012, l'examen en première
lecture du projet de loi à l'Assemblée nationale concernant le mariage pour tous
a été fixé au 29 janvier 2013. Sur le sujet, l'Eglise ne
se tait pas. La Conférence des Evêques de France,
par la voix de son président, le cardinal André Vingt-
Trois, s'est exprimée par deux fois lors des discours
d'ouverture et de clôture de l'assemblée plénière
réunie à Lourdes du 3 au 8 novembre 2012. Nous
avons choisi de publier un extrait capital du discours
d'ouverture.
Le Cardinal André Vingt-Trois
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18 novembre 2012
L a P arole D ominicale
Daniel12,1-3-Psaume15-Hébreux10,11-14.18-Marc13,24-32
33 ème dimanche
du temps ordinaire -
Année B
N
ous sommes pratiquement
à la fin de l’année
liturgique. Avec la fête
du Christ-Roi, dimanche prochain,
nous clôturerons l’année consacrée
à l’évangile de saint Marc.
Le texte d’évangile qui nous est
proposé par la liturgie, aujourd’hui,
paraît complexe, car il parle de choses
plutôt propices à créer la peur ;
pourtant il est plein d’espérance.
Si on se replonge dans le contexte
du début de ce chapitre, Jésus sort
du Temple avec ses disciples. L’un
d’eux lui fait remarquer la beauté
de l’édifice et Jésus lui répond :
il
n'en restera pas pierre sur pierre ; tout
sera détruit (Mc 13,2). Surpris, les
disciples lui demandent quand cela
se produira. Et Jésus saisit l'occasion
pour les instruire, une fois de plus,
sur la fragilité du monde visible.
Le texte d’aujourd’hui décrit un
grand bouleversement cosmique.
Dans la mentalité apocalyptique
du temps, la chute des divinités
maîtresses de l'univers, selon les
croyances, annonçait le triomphe
définitif du Dieu unique sur l'idolâtrie
des peuples. Et pour les lecteurs de
saint Marc, ce que nous appelons
la fin du monde représentait la
naissance du “monde nouveau”
promis par Isaïe : Oui, je vais créer
un ciel nouveau et une terre nouvelle
(Is 65,17).
Il ne faut donc pas chercher dans
ces images l'annonce de cataclysmes
sismiques, mais plutôt la suite logique
de la Bonne Nouvelle proclamée
par Jésus et consignée par saint
Marc pour les chrétiens de Rome. Pour Marc, c'était la représentation
du chaos des origines d'où allait
émerger, à travers la souffrance,
une nouvelle création.
Il faut se représenter le tableau
complet : le soleil, la lune, les astres
du ciel… tout cela disparaît pour
laisser apparaître le Fils de l’homme
qui monte sur les nuées avec grande
puissance et grande gloire.
Le thème fondamental de ce texte
d’évangile n’est donc pas la fin
du monde, comme on pourrait
le penser, mais l’arrivée du Fils de
l’homme qui vient nous sauver.
Marc vit à Rome et la situation est
critique pour les chrétiens là-bas. Les
persécutions sont à leur paroxysme ;
les chrétiens sont torturés ; certains
sont livrés par leurs parents ; d’autres,
effrayés, sont tentés d’abandonner
leur foi.
La réponse de Marc à cette situation
de détresse et de découragement :
ne vous laissez ni égarer, ni ébranler,
levez les yeux, reprenez courage,
restez fidèles car le Seigneur
reviendra. C'est le fondement de
notre espérance proclamée en
temps de crise. Depuis lors, des
millions d'hommes et de femmes
sont entrés dans le mouvement de
cette espérance pour préparer une
immense fête du retour de Jésus
dans la gloire.
Marc montre comment, en bon
observateur des choses, le croyant
peut repérer la venue du Fils de
l’homme en regardant le figuier,
non pas quand il a donné ses fruits,
mais quand ses rameaux verdissent au printemps et que poussent les
feuilles, promesse des futures
récoltes.
Mais aujourd’hui, qu’en est-il de
cette foi que nous proclamons
chaque dimanche lorsque, dans
le Credo, nous annonçons que
Jésus reviendra dans la gloire ? La
perspective ne nous paraît-elle pas
tellement lointaine qu’elle ne nous
empêche pas de dormir ? Beaucoup
le pensent et font comme si cet article
du Credo était d’un autre temps et
ne nous concerne plus aujourd’hui.
Heureusement, d’autres pensent
autrement et s’y préparent.
Lorsque ce jour viendra, l’univers
entier réalisera son plein
accomplissement : il sera comme
divinisé en étant vraiment incorporé
au Christ. Tous les élus seront
rassemblés
des quatre coins du
monde, de l’extrémité de la terre à
l’extrémité du ciel
et ils connaîtront
l’unité et la communion personnelle
parfaite et éternelle avec le Christ.
C’est bien cette perspective qui doit
orienter toute notre marche en ce
monde.
Mais quand viendra-t-il, Celui en
qui j’ai mis mon espérance ? Quand
pourrai-je le rencontrer ?
Jésus le précise :
Quant au jour et à
l’heure, nul ne les connaît, pas même
les anges dans le ciel, pas même le
Fils : seul le Père.
Tenons-nous donc éveillés et en
tenue de service.
René Morélot, diacre permanent n
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
8
Page 9
Droit canonique
Le sacrement de mariage (7)
Quelles sont les formalités et recommandations
pour un mariage religieux en Martinique ?
J
usqu’à maintenant, nous
nous sommes intéressés au
droit canonique universel
concernant le mariage. Cette
législation de l’Eglise s’applique
dans tous les diocèses du monde
et donc sur le territoire de la
Martinique. Cependant, afin
d’appliquer au mieux la loi
de l’Eglise et en fonction des
spécificités locales, du
droit
diocésain
vient en complément.
Cela s’appelle du
droit particulier .
Le législateur est l’archevêque.
Dans les cadres prévus, il a le
pouvoir de donner à son diocèse
des normes complémentaires. Ces
mesures locales sont applicables
sur le territoire du seul diocèse
de Fort-de-France. Par contre,
elles intéressent tous les chrétiens
catholiques, qu’ils soient ou non
originaires du diocèse, résidents ou
de passage. Ainsi, pour le mariage,
toutes les lois du droit universel
s’appliquent en Martinique :
nous les avons survolées dans
les articles précédents. Mais
elles sont accompagnées d’un
droit particulier et de quelques
recommandations, décidés au
fil des ans. Quel est ce droit
particulier et quelles sont les
formalités pour un mariage en
Martinique ?
1. Dans le diocèse, dès lors que
les couples ont un projet
de mariage, ils doivent se
rapprocher du curé le plus
tôt possible et
au moins six
mois avant la date prévue
de la célébration.
2. Qui contacter ? Pour
l’inscription et la prépa-
ration, les fiancés s’inscriront
auprès du curé de la paroisse
du domicile de l’un ou l’autre ou celui de leur
domicile commun lorsqu’ils
cohabitent
3. Qui célèbre le mariage ?
Canoniquement, c’est le
curé qui a pouvoir de marier
les couples sur sa paroisse.
Sinon, il donne délégation
à un clerc, prêtre ou diacre
pour bénir les mariages.
En général, l’officiant
est celui qui a assuré la
préparation au mariage.
Mais le célébrant peut être
un autre prêtre ou diacre,
proposé par les mariés. Le
célébrant, particulièrement
lorsqu’il arrive de l’extérieur,
est soumis au droit diocésain
et doit obtenir la délégation
du curé de la paroisse
4. Des fiancés extérieurs au
diocèse peuvent choisir de
se marier à la Martinique.
Ils auront la courtoisie de
contacter eux-mêmes et
personnellement le curé de
la paroisse de célébration.
Avec ce dernier et sans
intermédiaire familial, ils
conviendront des possibilités
et conditions de ce mariage.
Dans ce cas, les fiancés et
dossiers sont préparés à la
paroisse du domicile des
fiancés. Les dossiers sont
transmis à l’archevêché de
la Martinique deux mois
avant la date prévue pour
la célébration.
5. La date de mariage est
proposée par les fiancés. En
concertation avec le futur
couple, le clerc peut proposer
une autre date s’il y a des
empêchements. Par exemple,
dans le diocèse, les mariages
(comme les confirmations
et les baptêmes) ne sont
pas célébrés pendant la
période du carême. Rappel :
en vertu de la loi française,
les mariages civils doivent
toujours précéder les
mariages religieux.
6. En Martinique, depuis une
décision épiscopale de
plusieurs dizaines d’années
et jusqu’à nouvel ordre, il
n’y a jamais de bénédiction
de mariage au cours d’une
Eucharistie.
7. Plusieurs mariages peuvent
être bénis au cours de la
même célébration. Compte
tenu de la pénurie des
célébrants (prêtre ou diacre),
une célébration pour un seul
couple ne peut pas être
exigée lorsqu’il y a d’autres
demandes pour la même
date.
8. Les mariages sont toujours
célébrés dans les églises
paroissiales ou des chapelles
de quartier. Hormis des
cas de force majeure ou
d’extrême urgence et avec
l’autorisation expresse
de l’archevêque, aucune
bénédiction de mariage
ne peut avoir lieu dans des
chapelles privées ou des lieux
profanes.
9. Les couples de fiancés qui
ont fait leur demande de
mariage religieux doivent,
en concertation avec le curé,
se préparer à se donner ce
sacrement. En commun avec
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
9 (suite page 10)
Page 10
Vie du diocèse
D
ans les églises de
la Martinique,
les marchés, les
centres commerciaux, les
bénévoles se mobilisent
pour rendre compte
des actions menées
durant l’année écoulée,
présenter les projets,
recruter de nouveaux
bénévoles et appeler
notre communauté
tout entière à soutenir
financièrement le Secours
Catholique. Le slogan de
cette année
– Aidons-
nous les uns les autres
–
est un appel à ouvrir
nos cœurs à ceux qui sont trop
souvent laissés de côté dans
une société de plus en plus
matérialiste et individualiste.
C’est une invitation à vivre
concrètement notre foi en
suivant le Christ :
Ce que vous
avez fait au plus petit d’entre
les miens, c’est à moi que vous
l’avez fait.
Un engagement fort auprès
des personnes en difficulté
En 2011, la Délégation de
Martinique est venue en aide
à 3 896 familles. Cette solidarité
va de l’aide dite d’urgence à
l’accompagnement individuel ou
collectif. L’aide d’urgence a pour
objectif essentiel d’apporter une
réponse matérielle immédiate
pour éviter l’aggravation de la
situation du demandeur. Ainsi,
plus de 90 000 euros d’aide
sont octroyés aux familles afin
d’éviter les coupures d’eau,
d’électricité, les expulsions du
logement, de permettre l’accès
aux soins. Plus de 9 000 colis
alimentaires d’urgence sont
attribués pour répondre au
besoin vital de se nourrir.
Afin d’accompagner les familles,
la Délégation de Martinique
du Secours Catholique a mis
en place un certain nombre
de dispositifs relayés sur
l’ensemble du territoire par
les quinze équipes locales et
les dix services diocésains.
Plusieurs thématiques sont
développées.
n Les familles
L’épanouissement de la famille
et l’amélioration des liens
parents-enfants constituent un
axe majeur de l’activité Aide à
la Parentalité
de la délégation.
Une trentaine de familles sont
accompagnées durant l’année
avec l’aide de professionnels :
psychologues, éducateurs,
médiateurs.
n Les enfants
L’accompagnement éducatif mis
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
10
Donner au Secours Catholique les moyens d’agir
La Collecte Nationale du Secours Catholique,
ce dimanche 18 novembre 2012, est un temps
privilégié de rencontre avec la population,
d’appel aux dons financiers et de recrutement
de bénévoles.
d’autres couples, ils mettront à
profit les modules proposés par
les CPM (Centres de Préparation
au Mariage). Une session de
plusieurs rencontres devra se vivre
entre six et quatre mois avant la
date du mariage. Parallèlement
et à la suite de cette formation,
le prêtre ou le diacre proposera
au couple plusieurs rencontres
au cours desquelles un dialogue,
des échanges, des conseils, un
approfondissement et des pistes
de réflexion et de décision se
dégageront.
10. La grâce de Dieu ne s’achète
jamais. Toutefois, tout chrétien
doit participer à la vie matérielle
des prêtres et de sa paroisse.
C’est pourquoi, à l’occasion de
la célébration d’un mariage,
le couple est invité à faire une
offrande du montant indicatif
minimum de 120 € . Quelquefois et
selon les usages paroissiaux, une
participation supplémentaire est
demandée pour la décoration de
l’église. Le jour de la célébration,
une quête est proposée à tous les
participants.
11. En général, les chorales animent
bénévolement les mariages.
Les couples seront attentifs à
remercier ces serviteurs de la
manière qu’ils jugeront la plus
adéquate. Par ailleurs, les futurs
mariés veilleront à éviter les
prestations extravagantes et
spectaculaires, qui ne concordent
pas avec l’esprit même d’une
célébration religieuse.
12. Lors de la célébration religieuse
de mariage, les participants
seront attentifs à avoir une
tenue très respectable dans
l’église. Une attention particulière
est demandée aux personnes
désignées pour les lectures et
prières : elles seront toujours
couvertes.
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
(suite de la page 9)
Droit canonique
Page 11
en place conjugue l’aide aux devoirs,
les activités éducatives et ludiques
et les sorties pédagogiques. Il
s’adresse principalement aux élèves
du primaire et aux collégiens.
n Les jeunes
Une Equipe Diocésaine Jeunes
existe. Elle rassemble une
soixantaine de jeunes de 14 à 18
ans, issus de plusieurs communes
de l’île. Durant l’année, ils mènent
des actions de solidarité envers les
personnes âgées et les enfants,
participent à des rencontres de
réflexion autour de sujets qui les
préoccupent, animent les grands
rassemblements de la délégation.
n L’insertion sociale
et professionnelle
Plusieurs types d’actions sont
développées pour permettre aux
personnes en difficulté de prendre
en main leur propre promotion :
- Les ateliers conviviaux et
d’échanges de savoirs : Pour
recréer du lien social, lutter
contre l’isolement, aider
les personnes à exprimer
leurs talents et apporter les
informations nécessaires à
une participation active à la
société.
- L’épicerie sociale : Les
bénéficiaires peuvent acheter
les denrées à bas prix et, en
contrepartie, participent à
des ateliers d’information et
de redynamisation.
- L’Action Collective Insertion
Professionnelle : Une ving-
taine de familles foyalaises
se retrouvent tous les lundis
pour mener à bien leur projet
d’insertion professionnelle.
- L’aide alimentaire contrac-
tualisée : Les équipes locales
proposent aux bénéficiaires
de réaliser des projets de vie
quotidienne. En contrepartie
de remise de colis alimen-
taires, ils participent à des
ateliers d’information et de
redynamisation.
- La lutte contre l’illettrisme :
Les équipes locales du
Robert, du Saint-Esprit et de
Basse-Pointe proposent un
accompagnement adapté aux
personnes qui rencontrent
des difficultés pour lire ou
écrire des documents de
base.
La pauvreté n’a pas diminué
en Martinique
En dix ans, non seulement la
pauvreté n’a pas diminué, mais
elle s’est ancrée davantage.
C’est le constat posé à partir de
l’expérience de terrain de nos
équipes de bénévoles. La pauvreté
est une réalité bien plus large que
la seule pauvreté monétaire. Plus
encore qu’il y a dix ans, le regard
s’est durci sur les personnes en
situation de pauvreté. Etre pauvre
est de plus en plus suspect. Les
personnes en difficulté mais aussi
les bénévoles, voire les travailleurs
sociaux, ressentent cela fortement
avec découragement, usure ou
résignation.
Projets et chantiers de
la délégation de Martinique
Tout en poursuivant ses missions
au quotidien, le Secours Catholique
de la Martinique veut développer
les dispositifs d’accompagnement
existants et s’engager dans de
grands projets afin de répondre
aux grandes pauvretés de notre
pays.
n Le renforcement
des dispositifs
d’accompagnement :
Augmentation des lieux d’accueil
conviviaux ; création d’une Epicerie
Sociale Ambulante ; intensification
de la lutte contre l’illettrisme ;
renforcement des actions d’Aide
à la Parentalité ; extension du
dispositif des Jardins Solidaires. Mis
en place actuellement au Morne-
des-Esses, le Jardin Solidaire a deux
objectifs : l’accès à une alimentation
saine, équilibrée, économique et la
redynamisation des personnes.
n Les quatre grands chantiers
de la délégation
Quatre grandes pauvretés ont été
identifiées comme prioritaires et
feront l’objet de chantiers à partir
de janvier 2013 : la souffrance
des familles, le chômage, le
désœuvrement des jeunes et la
perte de sens. Des groupes de
réflexion composés de bénévoles,
de personnes en difficulté, de
salariés, de donateurs et de
personnes-ressources, mèneront un
travail d’analyse et de proposition
d’action.
Le soutien financier apporté à la
mission du Secours Catholique
et l’engagement bénévole sont
l’occasion de redire combien le
service du frère est une manière
de vivre sa foi chrétienne à la
suite du Christ. Des enveloppes
sont disponibles dans toutes les
paroisses. Un appel à bénévolat
est plus particulièrement lancé
aux personnes qui maîtrisent
l’outil informatique et le français
et qui souhaitent intégrer l’Equipe
Communication de la Délégation.
Alfred Nourel n
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
11
Pour toute information
complémentaire, n’hésitez
pas à contacter le Secours
Catholique.
Secours Catholique
Délégation Martinique
50 rue Robespierre
Terres-Sainville – CS 20144
97202 Fort de France Cedex
Tél : 05 96 63 50 94
Fax : 05 96 63 20 38
e-mail : martinique@
secours-catholique.org
Donner au Secours Catholique les moyens d’agir
Page 12
Vie du diocèse
Comme le Secours Catholique, la Société Saint-Vincent de Paul (SSVP) cherche
à soulager la misère sous toutes ses formes : elle nous dresse un état de la
situation à la Martinique.
La Société Saint-Vincent
de Paul à l’œuvre
Eglise en Martinique : Pouvez-
vous nous présenter un éventail
des difficultés auxquelles sont
confrontées bon nombre de familles
martiniquaises ?
SSVP : Aujourd’hui, la solitude et
l’exclusion gagnent du terrain :
la fragilité du tissu économique,
combinée aux effets de la
mondialisation, ne concourt pas à
améliorer le quotidien d’un nombre
croissant de familles dont les revenus
ne suffisent plus à gérer les aléas.
Les personnes que nous aidons
revêtent des profils divers : solitude
extrême, besoin d’écoute, loyers
ou factures impayés, logements
insalubres ou inexistants, absence
de nourriture, conflits familiaux,
besoins en meubles élémentaires,
mauvaise gestion du budget,
illettrisme et ses corollaires, chômage
et inactivité entraînant parfois des
dérives (violences, addictions)…
sans compter les misères qui restent
cachées.
EeM :
Que leur proposez-vous ?
SSVP : Nos aides sont diverses :
permanence d’accueil et d’écoute,
visite des personnes seules (8 996
visites en 2011), colis alimentaires
(345 240 repas distribués en
2011), distribution de vêtements,
accompagnement pour les
démarches à caractère social ou
administratif, collecte de matériel
scolaire, arbre de Noël, logement
de transit, épicerie solidaire
pédagogique, rencontres et
séminaires, sorties des familles.
Notre souci est avant tout d’aider
les démunis à se remettre debout.
Systématiquement, nous les invitons
à s’inscrire dans une démarche
progressive d’autonomie et de
responsabilisation. Nous n’avons
pas vocation à nous substituer
aux organismes d’aide et aux
intervenants sociaux. Le long terme,
pour nous Vincentiens, se joue sur
la capacité du bénéficiaire à sortir
de l’engrenage de la société de
consommation et surtout à mettre
en avant la prière et l’esprit de
charité.
EeM :
De quels moyens – humains
et financiers – disposez-vous pour
exercer votre mission caritative ?
SSVP : La SSVP, reconnue d’utilité
publique, fête cette année ses 160
ans de présence à la Martinique.
C’est le signe d’un ancrage fort.
Elle est représentée par son conseil
départemental. Cette instance
coordonne l’action des membres
(les Vincentiens) répartis en 21
conférences (équipes locales). C’est
près de 273 laïcs, bénévoles, qui
sillonnent le territoire pour soulager
les détresses les plus significatives. Ils
sont soutenus par le réseau Ozanam
(pas moins de 400 sympathisants).
Nous collaborons également avec
des travailleurs sociaux, des médecins
et des intervenants spécialisés.
Nos ressources proviennent de
la cotisation et quête de séance
de nos membres, de la tombola
annuelle, des concerts, braderies,
collectes, dons de particuliers.
Certaines municipalités, à l’occasion,
nous apportent un soutien
logistique. Nous bénéficions d’une
subvention pour l’Epicerie Solidaire
pédagogique du Lamentin.
EeM : Travaillez-vous en
collaboration avec d’autres
organismes caritatifs ?
SSVP : Notre conseil départemental
a déjà mené des actions avec le
Secours Catholique et même le
Secours Adventiste. Il y a aussi ce
grand défi qui nous attend en 2013 :
la démarche Diaconia - servons la
fraternité.
EeM : Quelle est votre relation avec
les paroisses ?
SSVP : Au sein du diocèse, les
conférences sont présentes sur
une vingtaine de paroisses et
nous avons pour aumônier le Père
Claude Anglio. Nous invitons ceux
qui le désirent à nous rejoindre
afin que toutes les paroisses de
Martinique connaissent le message
du Bienheureux Frédéric Ozanam,
le fondateur des
Conférences de
la charité.
Bruno Laviolette
Chargé de Communication
n
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
12
SSVP – Conseil Départemental
de Martinique
11, avenue de la Plaine
Mongéralde – Fort-de-France
% 05 96 75 20 08
Collecte de cadeaux de Noël pour les enfants
nécessiteux au siège du Conseil Départemental
Page 13
L
es représentants des
principaux mouvements
d’Eglise au service de la
famille étaient présents : les
Associations Familiales Catholiques
(AFC), les Centres de Préparation
au Mariage, les Equipes Notre-
Dame, la Famille Solitude
Béthanie, la Fraternité des couples
CANA, Mère de Miséricorde, des
membres des équipes paroissiales
de pastorale familiale… ainsi que
des personnes et des couples
préoccupés par la question de
la famille d’aujourd’hui et de
demain.
Une vingtaine de frères et sœurs
engagés à la Communauté du
Chemin Neuf ont accueilli cette
manifestation sur le site ensoleillé
du Domaine du Fort à Saint-Pierre,
centre diocésain de formation
confié par l’Archevêque à cette
communauté nouvelle dont la
vocation principale est l’unité
(de la personne, du couple, de
la famille, des peuples et des
chrétiens). Ce lieu a d’ailleurs
successivement abrité le Séminaire-
Collège avant l’éruption de 1902,
puis le monastère des Bénédictins
avant son implantation à Terreville
et enfin le COPES avant son
déménagement à Moutte.
Les conférences ont été données
par Pascal Jacob, professeur
agrégé de philosophie, auteur
d’ouvrages, intervenant sur le
thème de la bioéthique au niveau
de la Conférence des Evêques de
France et présent dans le diocèse
afin d’assurer des formations philosophiques aux
moniales et aux moines
bénédictins.
Notre intervenant a su
captiver son auditoire
au vu des questions et
des réactions suscitées
par les trois thèmes
qu’il a abordés, en
tandem avec son
épouse Elisabeth : la
bioéthique, le mariage
homosexuel et la régulation
naturelle des naissances. Rappelant
avec conviction la confiance que
l’Eglise fait à l’intelligence de
l’homme de bonne volonté dans
sa quête de vérité, Pascal Jacob a
su rapprocher la Foi et la Raison
sur des thématiques provoquant
aujourd’hui bouleversements et
controverses dans la cellule de base
de la société, l’Eglise domestique :
la famille.
Ainsi, les idées forces suivantes ont
été déclinées :
•La bioéthique, entreautres,
comme rempart contre la
volonté de toute-puissance
illusoire de l’homme, qui serait
davantage dans une logique
de production de la vie que
de l’accueil de celle-ci comme
un don, comme un cadeau
suscitant émerveillement et
respect.
•Les contradictions évidentes
résidant dans le mariage
homosexuel : la relation
homosexuelle, de même
qu’un club de bridge, une association sportive ou un
monastère, n’a en effet
pas vocation naturelle à
engendrer ni à accueillir la
vie. Or, cette donnée est une
composante fondamentale
du mariage.
•Enfin, concernant larégulation
naturelle des naissances, le
fait que c'est en sauvegardant
les deux aspects essentiels –
union et procréation – que
l'acte conjugal conserve
intégralement le sens de
mutuel et véritable amour,
et son ordination à la très
haute vocation de l'homme
à la paternité.
Soulignons que les enfants de 3
à 12 ans ont pu jouer, chanter et
réfléchir sur le thème de la Création
et présenter leurs travaux aux
adultes sur la musique du psaume
de la Création, à la plus grande joie
des petits et des grands.
Pour le SDPF,
Alain et Béatrice Arnauld
n
La famille chrétienne face
aux défis du 21
ème
siècle
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
13
Près de cent cinquante personnes ont répondu à l’appel lancé par le père Gabriel
Valard, délégué du Service Diocésain de la Pastorale Familiale (SDPF) afin de
participer à une journée de réflexion autour du thème d’actualité de la famille
face aux défis du 21
ème siècle.
(voir note page 19)
M. Pascal Jacob
Page 14
Le Pape Benoît XVI a voulu, par cette Année de la Foi, inciter les chrétiens à
approfondir leur foi et à mieux en témoigner dans le contexte de crise de sens
qui frappe nos sociétés. Il invite tous les fidèles à vivre l’Année de la Foi au
quotidien et à l’occasion de temps forts.
L’Année de la Foi dans le district
de la Cathédrale Saint- Louis
C
’est dans ce cadre que le district de la Cathédrale
(paroisses de Balata, De Briant, Terres-Sainville et
Cathédrale) propose des rencontres :
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
14
Vie du diocèse
• Les dimanches de la Foi : temps forts
proposés par la Pastorale des jeunes du
district, selon le planning ci-contre :
D’autre part, la Pastorale des jeunes de
la Cathédrale invite les jeunes à participer
chaque mois à la veillée de prières qu’elle
organise le premier vendredi du mois.
n
Date Thème Paroisses
concernées Lieu de la
rencontre
Novembre 2012
Mardi 13 Je crois en Jésus Christ qui viendra juger les vivants et les
morts…
Balata & De Briant
De Briant
Mardi 20 Je crois en Jésus Christ qui viendra juger les vivants et les
morts… Cathédrale
& Terres-Sainville Cathédrale
Mardi 27 Je crois en la Sainte Eglise Catholique Paroisses du district
Cathédrale De Briant
Décembre 2012 Mardi 4 Dogme de l’Immaculée-Conception - La foi de Marie Paroisses du district
Cathédrale Cathédrale
Mardi 11 La foi en univers créole : Approche créole du Credo Balata & De BriantDe Briant
Mardi 18 La foi en univers créole : Approche créole du Credo Cathédrale
& Terres-Sainville Cathédrale
Janvier 2013 Mardi 15 Je crois en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui
a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie…
Balata & De Briant
De Briant
Mardi 22 Je crois en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui
a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie… Cathédrale
& Terres-Sainville Cathédrale
Février 2013
Mardi 5
Je crois en Jésus Christ qui a souffert pour nous sous Ponce-
Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu
aux enfers… Balata & De Briant
De Briant
Date ThèmeLieu
Dimanche 9 décembre
2012 Croire
Paroisse Cathédrale
Dimanche 13 janvier 2013 Prier Paroisse De Briant
Dimanche 10 mars 2013 CélébrerParoisse De Briant
Dimanche 9 juin 2013 Vivre et agirParoisse Cathédrale
• Les mardis de la Foi, organisés par les prêtres du district. Il
s’agit d’une relecture du Credo avec l’intervention de prêtres,
de diacres et de laïcs.
Les rencontres ont lieu le mardi à De Briant ou à la Cathédrale
selon un calendrier disponible à la paroisse et dont voici les
prochains rendez-vous :
(Pour la suite du calendrier, se rapprocher des paroisses du district)
Page 15
S
ous le titre Appelés à
la Liberté
, le congrès a
réfléchi aux conditions dans
lesquelles l’aumônerie des prisons
peut être acteur de la préparation
à la réinsertion, sujet d’actualité
brûlante.
Compte tenu de sa présence à
l’intérieur des établissements et
de son mandat qui lui vient de
l’extérieur, l’aumônerie catholi-
que des prisons est particulière-
ment bien située face à l’exigence
de réinsertion des personnes
détenues. Elle peut assurer les
liens qui favorisent le retour à la
liberté des personnes détenues
dans de bonnes conditions. Ces
liens reposent sur un dialogue de
qualité avec les différents parte-
naires : personnels pénitentiaires,
agents du Service Pénitentiaire
d’Insertion et de Probation, com-
munautés chrétiennes, responsa-
bles politiques et administratifs.
Ce dialogue, initié par l’aumônerie,
doit instaurer un échange entre
« l’extérieur » et « l’intérieur »
afin de casser les images et
les demandes sécuritaires qui
envahissent l’opinion publique.
C’est ce changement de regard qui
permet la réinsertion, seul moyen
de lutter contre la récidive.
Cette lutte contre la récidive passe
par les conditions d’incarcération
qui sont souvent la source d’une
victimisation des détenus. Ce
sentiment d’être victime empêche
la compréhension du sens de la
peine. C’est le cœur de la mission
de l’aumônerie que de contribuer
à cette recherche et à proposer la
possibilité du pardon. L’obsession
sécuritaire est un obstacle majeur
à un chemin d’humanité et de
responsabilité qui puisse ouvrir au
pardon.
L’aumônerie catholique expé-
rimente des attitudes pastorales
qui peuvent être enrichissantes
pour l’Eglise tout entière. Aussi,
elle est prête à accueillir en stage
des personnes appelées à assurer
une mission dans l’Eglise et
continuera à inviter des membres
des communautés chrétiennes.
En ce sens, l’aumônerie des
prisons participe avec conviction
à
Diaconia 2013 : l’engagement
de l’Eglise au service du frère.
Le Christ a voulu reconstruire
l’homme dans sa dignité humaine.
L’Eglise essaie d’y pourvoir. C’est
pourquoi, au préalable, une
enquête avait été réalisée auprès
des personnes détenues pour
signifier qu’elles sont, en dépit de
l’aide qu’on peut leur apporter,
acteurs de leur devenir. Ainsi, les
nouvelles orientations adoptées,
ont été construites à partir de leur
vécu, de leur expérience avec leurs
équipes d’aumôneries respectives.
Nous sommes tous frères et
sœurs, enfants d’un même Père.
Or, certains pensent que d’autres
le sont moins ou pas du tout.
Pourtant, la Parole de Dieu insiste
sur la visite aux prisonniers : J’étais
en prison et vous m’avez visité.
Relevons le défi d’oser la fraternité :
il s’agit bien d’une question de
dignité humaine.
Nous avons vécu une belle aventure
collective et fraternelle. Il nous reste
maintenant à reprendre et à faire
fructifier cette semence d’avenir,
avec l’aide de la Vierge Marie qui
donne à tous sa protection spéciale
et maternelle.
P. Pierre Richaud,
aumônier régional outre-mer
Diacre Emmanuel Lordinot
n
Pastorale des prisons
Congrès de l’Aumônerie
catholique des prisons
Assistance spirituelle et préparation à la réinsertion
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
15
Le congrès de l’Aumônerie catholique des prisons a
rassemblé plus de cinq cents personnes à Lourdes
du 19 au 21 octobre 2012. Notre diocèse était
représenté par l’aumônier du centre pénitentiaire
de Ducos, Emmanuel Lordinot, accompagné de
quatre aumoniers bénévoles et de deux auxiliaires
d'aumônerie.
La délégation de Martinique
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Aumônerie Antilles-Guyane
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
16
L
e Père Zaïre, ou l’Abbé Zaïre
comme l’appelaient cer-
tains, était tout simplement
Georges pour la plupart d’entre
nous, avec un profond respect
mais aussi une très grande affec-
tion. C’est qu’il partagea, pour
nombre de jeunes de l’époque
et de leurs familles, les moments
heureux et douloureux de leur
existence.
Qu’on en juge : nous nous sommes
connus en 1962, à l’Aumônerie
des Antillo-Guyanais de Paris, au
6 de la rue Thibaud, dans le 14 ème
arrondissement. Nous ne nous
sommes que très rarement quittés
depuis, comme lors d’un de ses
retours à Paris. Il m’a marié à la
rue Thibaud le 12 avril 1966, a
concélébré le baptême de ma fille
aînée le 26 mars 1967 à la paroisse
de l’avenue de Choisy (13 ème ), a
présidé celui de mon fils en janvier
1975 à l’église de Schœlcher, puis
ceux de mes neveux et filleuls
et certains mariages de parents
et de proches. Poursuivant mon
éducation religieuse, il m’amena
au baptême le 30 juin 1968. J’avais
alors 23 ans.
Après être parti avec lui tous les
jeudis après-midis (c’était alors jour
de vacances scolaires) sur les routes
martiniquaises pour animer des
réunions des Equipes Enseignantes
dont il était alors l’aumônier,
nous avons fondé ensemble, avec
d’autres amis aussi attachés à
lui, les Equipes Educateurs de la
Martinique (1970), puis le MERAS
(Mouvement pour l’Education, la Réflexion et l’Action Sociales - 17
décembre 1972). Et, au sein de la
Commission Communication de
ce MERAS, l’agence d’information
I.CAR ou Information Caraïbe,
avec le Père Pierre Fertin de
Guadeloupe, Bruno Marin,
professeur d’espagnol, et Paul
Quemeneur, directeur du COPES.
Nous avons également fait partie
de la Commission épiscopale
Justice et Paix, alors mise en place
par Mgr Maurice Marie-Sainte.
Voilà résumé en quelques lignes
un parcours d’amitié et d’estime
mutuelles qui aura duré trente-
huit ans sans un accroc, jusqu’à
son décès.
Mais la tentation est grande,
lorsqu’on évoque la figure d’un
grand homme, de ramener à
soi le curseur en reléguant au
second plan celui à qui l’on est
censé rendre hommage. Qu’il
ne soit donc question ici que de
Georges et de son apport essentiel
à l’Eglise, à celle de la Martinique
en particulier.
Dans un hommage posthume
intitulé
Nous sommes tous
orphelins, quelques-uns de ses fils
spirituels écrivirent ceci :
Une voix s’est tue, une conscience
s’est refermée, un guide s’en est
allé ce jour du 28 décembre
2000. (…) Celui qui fut pour nous
pendant plus de quarante ans le
rassembleur, le témoin de nos
vies et de nos aspirations, nous a
quittés après nous avoir insufflé la volonté de lutter contre toutes
les exclusions, celles qui nous
opposent, celles qui minent notre
société, celles qui contrarient le
grand projet d’une réelle fraternité
et d’une égalité parfaite de tous.
(…) Pendant ces longues années,
le Père Zaïre a été l’éclaireur de
nos consciences, le stimulateur
de notre soif d’action, celui
vers qui nous allions en cas de
difficultés, en cas de doute, pour
nous aider à trouver notre voie,
nous insuffler la richesse de la
vie et la grandeur de l’espérance
placée en chacun de nous. (…)
il
nous a accompagnés après nous
avoir invités à le suivre dans
les institutions (…) vouées à la
réflexion sur les problèmes de
notre société et à l’action sous
l’éclairage de notre foi catholique.
Le Père Zaïre nous a formés, nous
a forgés à son image d’ouverture,
de disponibilité et de service pour
les plus humbles, les démunis, les
Dans le n° 451 de notre revue diocésaine, nous vous présentions le Père Jean-
François Lof, nouvel aumônier de l’Aumônerie nationale des Antillo-Guyanais. En ce
mois de novembre, il nous a semblé opportun de nous souvenir de deux prêtres
qui l’ont précédé dans cette mission.
Souvenons-nous
Georges, mon mentor, mon confesseur, mon ami
P. Georges Zaïre
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Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
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Le Père Pierre Lacroix est né à
Basse-Terre le 22 décembre 1935.
Ordonné prêtre le 6 août 1963, il
œuvre en Guadeloupe jusqu’en
1977, date à laquelle il remplace
le Père Jack Manlius, à Paris, à la
Fédération Antillo-Guyanaise des
Etudiants Catholiques (FAGEC),
devenue depuis Aumônerie
Antilles-Guyane.
C’est à ce poste que, pendant
vingt-deux ans, il donnera la pleine
mesure de sa vision de la mission
auprès des Antillo-Guyanais. Il
s’éteint le dimanche des Rameaux,
1er avril 2012, à l’âge de 77 ans.
Jeune catéchiste dans une paroisse
de la banlieue parisienne, je me
suis retrouvée, lors d’une kermesse,
responsable d’un stand des Antilles.
Je devais présenter nos Evêques
de Martinique, Guadeloupe et
Guyane. A ma grande surprise,
je savais très peu de choses, pour
ne pas dire rien du tout. Sur les
conseils du curé de la paroisse, me
voilà partie rue de la Roquette,
à Paris 11 ème , à l’Aumônerie
Antilles-Guyane qui m’était alors
totalement inconnue.
Je suis accueillie par le Père Pierre
Lacroix, souriant, heureux que
mon curé m’ait orientée vers
lui. En effet, bien que rattaché
à une paroisse parisienne, il
restait membre du diocèse de
la Guadeloupe et sa position
atypique lui faisait appréhender
que l’aumônerie soit méconnue
de ses confrères ; d’où son
bonheur quand il voyait arriver
un(e) compatriote. L’échange a
été exceptionnel ; il répondait à
toutes mes questions et a comblé
mes lacunes avec une riche
documentation.
Pour moi, ce fut LA rencontre,
la révélation. Depuis, mon
engagement n’a cessé de grandir :
formation à la catéchèse, rencontres
diverses dans les diocèses de
Pontoise, de Nanterre, Pastorale
des migrants, etc. Rentrée au
pays, cet engagement continue
toujours.
J’ai découvert cette aumônerie qui,
au départ, recevait les étudiants.
Le Père Lacroix en a fait une
grande maison d’accueil pour
tous : jeunes travailleurs, salariés,
chômeurs, cas sociaux... Il a créé
des groupes d’écoute, des sessions
pour couples, des récollections,
des groupes de réflexion dans les
banlieues…
Le Père Lacroix discernait les
talents de ceux qu’il rencontrait et
les orientait vers ce qu’il y avait de
mieux pour eux. Avec insistance,
il nous martelait que nous avions
à apporter notre pierre à l’Eglise
du Christ. Il était de notre devoir
de prendre notre place dans
notre paroisse. Il nous a appris à
faire Eglise. Il nous ancrait dans
notre identité d’Antillo-Guyanais
pour mieux nous situer dans nos
divers lieux de vie. Son souci : nous
permettre d’être des chrétiens
heureux avec les autres migrants
pour suivre le Christ avec ce que
nous sommes.
Il crée le grand rassemblement
annuel qui se tient à Paris en
novembre, lors du passage des
Evêques pour l’assemblée de
Lourdes. Toujours dans cet esprit
d’ensemble et de communication,
il a fondé l’APEFAG (1) pour faire
vivre la revue
Alizés qui a 61 ans
cette année.
Avant son retour au pays, en
1999, une de ses plus grandes
joies a été la nomination d’une
équipe d’animation pastorale
pour continuer cette aumônerie.
Il a été pour toute une génération
celui qui a donné de son temps,
de son amour fraternel pour nous
mettre debout : ceux qui arrivaient
seuls à Paris, ceux du BUMIDOM (2),
les parents en difficulté. Cette
aumônerie a surtout été une grande
maison d’accueil pour tous.
Pierre, au nom de tous ceux que
tu as rencontrés et aimés, au nom
de tous ceux que tu as croisés sur
ton chemin de pèlerin sur cette
terre : merci.
Lucienne Murat
ancienne de l'Aumônerie Antilles-Guyane n
(1) APEFAG : Association Pour l’Expression et la Formation des Antillais, Guyanais
(2)
BUMiDOM : Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre- mer
Ma rencontre avec le Père Pierre Lacroix
laissés-pour-compte de la société.
Aujourd’hui qu’il n’est plus, nous
voilà, ceux qui lui doivent tant,
dépositaires de son souvenir et de
l’immensité de son action.
J’ajouterai : Georges aurait
sans doute été un père attentif
et compréhensif, tous ses fils
spirituels le diront. Nul ne peut le
confisquer car il appartient à tous.
En lui s’est véritablement incarné
le message évangélique : œuvrer à
l’accomplissement de tout homme
et de TOUT L’HOMME.
Daniel Compère
P. Pierre Lacroix
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Notes de lecture
Tel est le titre du livre que Liliane Chauleau vient de publier chez L'Harmattan. Léon-
Laurent Valère nous fait partager le fruit de sa lecture.
La voix des esclaves
Foi et société aux Antilles – XVII ème -XIX ème siècle
L
e destin du christianisme,
et singulièrement du
catholicisme post-escla-
vagiste à la Martinique, peut
paraître quelque peu paradoxal.
L’on connaît en effet le grief
souvent fait à l’Église romaine
de n’avoir pas su dénoncer en
son temps l’esclavage colonial
ou d’avoir contribué sur place à
en permettre le fonctionnement
durable.
On peut légitimement s’étonner
de la force et de la permanence de
cette religion aux Antilles françaises,
et ce dès le lendemain même des
abolitions, et s’interroger sur les
raisons de l’absence de rancœur
des anciens esclaves ou de leurs
descendants à son égard. Même
en tenant compte de certains
comportements magico-religieux
parfois observés, force est de
constater que nul syncrétisme
massif de type Vaudou (Haïti),
Candomblé (Brésil) ou Santeria
(Cuba) n’est venu altérer ici les
traits du catholicisme d’origine, et
que nul rejet global de celui-ci n’a
existé ou n’existe dans les îles dont
il s’agit.
C’est tout naturellement qu’à la
Martinique le dixième et le onzième
évêques du diocèse, originaires de
la Martinique, ont été nommés et
installés au terme d’une évolution
paisible, à la tête d’un clergé en
grande partie autochtone. En
bref, la qualité du développement
du catholicisme à la Martinique,
tant sur le plan de l’action, que de
la réflexion doctrinale ou même
des comportements liturgiques,
n’a pas manqué d’interpeller les
observateurs de son évolution. On pouvait donc (et les catholiques
les premiers) regretter qu’aucune
réflexion autorisée et objective
n’ait été menée ou initiée à ce
sujet. Pareille étude nécessiterait, il
est vrai, compétence historique et
objectivité en un domaine encore
sensible. Il faut donc se réjouir qu’un
essai de Liliane Chauleau, La voix
des esclaves - Foi et société aux
Antilles,
aborde enfin ce thème et
vienne opportunément contribuer
à combler ce vide. Ses précédentes
publications, tout autant que sa
qualité de directrice honoraire des
Archives départementales de la
Martinique, sont les garants évidents
de la qualité et du sérieux de ses
recherches fondées sur des sources
incontestables.
Certes, elle ne conteste pas le rôle
joué par l’Église catholique pendant
la période esclavagiste et procède
d’abord à l’examen détaillé des
textes (code noir et législation
postérieure) qui organisent le statut
de l’esclave et le rôle qui y était
dévolu aux autorités religieuses.
Ces prémisses posées, elle étudie
la situation servile qui résultait
en général de ces dispositions,
avant d’aborder l’examen détaillé
des relations entre les esclaves et
la religion catholique. Elle nous
apprend ainsi que, de manière
générale, le comportement des
religieux à l’égard des esclaves a
été dépourvu de violence et que
ceux-ci ont fait montre d’un grand
sérieux dans la catéchèse à laquelle
les esclaves ne se sont opposés que
très minoritairement.
On lira, par exemple, avec intérêt et
profit les questions et les réponses
du catéchisme en créole composé
par l’abbé Gout.
L’auteur nous révèle que les esclaves,
contrairement à certaines idées
convenues, avaient souvent une
forte personnalité et une estime
d’eux-mêmes que la condition servile
n’était pas parvenue à éradiquer
et les chroniqueurs n’ont pas pu
s’empêcher de relater l’extrême
qualité humaine, tant physique
que morale, de ceux qu’ils avaient
à évangéliser et même l’admiration
qu’ils leur portaient.
Liliane Chauleau constate qu’en
définitive et de manière générale,
les esclaves ont été traités
humainement par les religieux,
mais ont su, à leur tour, imposer
une manière d’être et de vivre
qui a influencé ceux qui étaient
chargés de leur évangélisation. En
définitive, l’auteur nous démontre
qu’en dépit du carcan esclavagiste,
il y a bien eu une voix puissante des
esclaves dont le message est encore
perceptible et dont il est possible de
tirer d’utiles leçons ; et que, malgré
les conditions parfois difficiles de
Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452
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MeDIAs Dimanche 18 novembre 2012
Là où est ton trésor
Réalisation : Jean-Bernard Ganne
Une mine de nickel a été ouverte au nord de la Nouvelle-Calédonie. Son exploitation est source
de richesses, mais elle n'est pas sans poser de questions pour les gens qui vivent sur place.
Dimanche 25 novembre 2012
Tumu Pure
Réalisation : Jean-Claude Salou
Dans les îles Marquises où il n'y a pas assez de prêtres pour accompagner chaque communauté,
un responsable de communauté, homme ou femme, est nommé pour quatre ans. Sa mission est
de nourrir la foi des chrétiens de son village.
99.5 - 101.3 et 105.3 mHz
www.radiosaintlouis.com
Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com
leur apprentissage chrétien, ils ont
toujours accueilli sans réticence le
message évangélique.
Liliane Chauleau a soigneusement
examiné les différentes circonstances
de leur formation chrétienne, étudié
sans préjugé non seulement les
rapports de la foi catholique et de
l’esclavage à la Martinique, mais
encore l’apport des esclaves à la
Martinique d’aujourd’hui (et en
particulier à la vie de foi). Il faut donc
se réjouir qu’elle ait pris le parti de
lancer cette recherche particulière
qu’aucun chrétien adulte ne peut
redouter, avec la compétence et le
talent qui lui sont reconnus.
Il convient en tout cas de rappeler les
trois souhaits qu’elle a formulés en
guise de conclusion à son travail :
- Que notre société antillaise
d’aujourd’hui continue à mettre
en valeur les qualités héritées des
siècles passés : solidarité, amour de
la famille, goût pour l’instruction
et la promotion intellectuelle et
culturelle notamment.
- Que nous abandonnions les
graves défauts collectifs dus
originellement aux circonstances :
jalousie, désir de nuire à l’autre
qui a mieux réussi… Le rôle des
chrétiens devrait être à cet égard
déterminant.
- Que la société antillaise tout
entière, ayant pris acte des
turpitudes de l’esclavage,
cesse d’être hypnotisée par ses
blessures et se défasse enfin
des chaînes de l’esclavage en
luttant contre toutes les formes
d’asservissement.
Liliane Chauleau termine son
ouvrage en consacrant un copieux
développement à l’étude du même
sujet en Louisiane.
En résumé, son ouvrage sérieux
et positif ouvre avec brio la voie à
d’utiles réflexions, dans un domaine
encore inexploré et sera lu avec le
plus grand profit.
Léon-Laurent Valère n
Liliane Chauleau
signera son livre
la voix des esclaves
f oi et société aux antilles
à la Librairie Alexandre
rue de la République
le samedi 24 novembre 2012 de 10h à 13h
Les documents intégraux supports de Pascal Jacob peuvent
vous être transmis gratuitement en les sollicitant à l’adresse :
sdpf.martinique@orange.fr
De plus, nous avons été invités à nous rapprocher des AFC afin
de faire entendre nos voix dans ces débats fondamentaux :
http://www.afc-france.org/nous-rejoindre/actions/contacter-
votre-afc/151-972-la-martinique. n
(suite de la page 13)
Page 20
P uisque tes paroles, ô mon Dieu, ne sont pas faitespour rester inertes dans nos livres,mais pour nous posséder
et pour courir le monde en nous, permets que, de ce feu de joie
allumé par toi, jadis, sur une montagne, et de cette leçon de bonheur,
des étincelles nous atteignent et nous mordent, nous investissent et nous envahissent.
Fais que, comme des flammèches dans les chaumes, nous courions les rues de la ville,
nous plongions les vagues des foules,
contagieux de la béatitude, contagieux de la joie…
Madeleine Delbrêl
Contagieux de la joie
