452 - La Nouvelle évangélisation

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N° 452 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 18 novembre 2012 • ColleCte nationale du SeCourS Catholique • Synode Sur la nouvelle évangéliSation • la famille Chrétienne faCe aux défiS du 21 ème SièCle La Nouvelle évangélisation

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Editorial Editorial •UneBonneNouvelle Mot de l'Evêque •Assembléeplénièredesévêques àLourdes Eglise universelle • SynodesurlaNouvelle Evangélisation Eglise de France • DiscoursduCardinal André Vingt-Trois Liturgie •Paroledominicale Droit canonique •Lesacrementdemariage(7) Vie du diocèse •DonnerauSecoursCatholique lesmoyensd’agir • LaSociétéSaint-VincentdePaul àl’œuvre • Lafamillechrétiennefaceauxdéfis du21 ème siècle •L’AnnéedelaFoidansledistrict delaCathédraleSaint-Louis Pastorale des prisons •Congrèsdel’Aumôneriecatholique desprisons Aumônerie Antilles-Guyane • Souvenons-nous:  P. GeorgesZaïre-P. PierreLacroix Notes de lecture •Lavoixdesesclaves Médias numéro 452 N° 452 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 18 novembre 2012 • COLLECTE NATIONALE DU SECOURS CATHOLIQUE • SYNODE SUR LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION • L A FA M I L L E C H R É T I E N N E FACE AUX DÉFIS DU 21 ÈME SIÈCLE La nouvelle évangélisation S ommaire Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 tirage : 8 000 exeMplaires i.s.s.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cédex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr archeveche-martinique@wanadoo.fr A nnoncer l’Evangile, le faire connaître et en vivre, est la tâche première de tout chrétien. Dans le peuple de Dieu, les baptisés savent en principe que leur mission est de témoigner de Jésus Christ dans et par leur vie. En fait, ne délèguent-ils pas trop facilement cette responsabilité à ceux qui leur semblent plus représentatifs ? Toute l’Eglise est missionnaire et cette mission n’est pas réservée à quelques spécialistes. Ces paroles fortes de l’apôtre Paul bousculent et réveillent : Malheur à moi si je ne prêchais pas l’évangile (1 Cor 9,16). Aujourd’hui, les sociétés humaines sont diverses et multiples dans leur mode de vie, leur mentalité, leur perception de la réalité, leurs épreuves, leur espérance. Il y a urgence à rejoindre les personnes là où elles en sont, pour comprendre, partager ce qu’elles vivent, se mettre en tenue de service pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Dans un langage imagé, Jésus nous dit comment vivre simplement son témoignage : Vous êtes sel de la terre, lumière du monde ; vous êtes levain dans la pâte. Avec l’évolution rapide de nos sociétés et le désarroi des nouvelles générations au plan de la foi, il était nécessaire que notre Église, sous la conduite de l’Esprit et à l’initiative du Pape Benoît XVI, soit réunie en synode pour examiner les propositions faites par les diocèses du monde sur le thème de la Nouvelle Evangélisation. Jésus, dans l’Evangile, s’adresse en priorité aux pauvres, à ceux qui souffrent dans leur corps, leur cœur et leur esprit. Les disciples qui acceptent de prendre le relais de Jésus dans le monde d’aujourd’hui, sont appelés aussi à changer leur cœur pour qu’ils soient plus ac\ cueillants. Madeleine Delbrêl écrivait : Rien au monde ne nous donnera l’accès au cœur de notre prochain, sinon le fait d’avoir donné au Christ l’accès au nôtre. Dans nos entreprises au service des frères et des sœurs démunis, nous mettons en œuvre l’esprit de partage demandé par Jésus : cela fait partie de la Bonne Nouvelle pour notre monde. Les membres du Secours Catholique et de la Société Saint-Vincent de Paul nous donnent le témoignage de leur présence fraternelle auprès des personnes en situation de précarité. Le Seigneur a besoin de notre humanité, de notre amour humain, de nos faibles moyens, de nos humbles services, pour révéler le feu de l’Amour divin. Etre chrétien, c’est croire que Jésus est le visage humain de Dieu et le visage divin de l’homme. Père Jean de Coulanges n 2 3 Une Bonne Nouvelle Couverture : JMJ de Madrid - juillet 2012 - Photo Luc Philippon 5 7 8 9 12 13 14 15 16 18 19 1 0

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Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 3 Mot de l'Evêque Assemblée plénière des évêques à Lourdes C haque année, la Conférence des Evêques de France se retrouve en Assemblées Plénières, à Lourdes, aux mois de mars et de novembre. Les Evêques des DOM-TOM dont je fais partie, ne pouvant parti- ciper aux deux sessions à cause de l’éloignement et du coût des voyages, ne sont présents généralement qu’à la session de novembre. Tel fut mon cas. L’assemblée qui s’est tenue à Lourdes du 2 au 8 novembre 2012 a été très riche. D’abord elle a débuté par les questions d’actualité au nombre desquelles : la proposition très controversée du gouvernement, de transformer légalement le mariage pour le rendre accessible aux personnes du même sexe. L’Assemblée, dans son intégralité, a affirmé sa position très ferme contre ce projet. Ses déclarations ne sont pas l’expression de son homophobie, comme on l’en a accusée à tort, car l’Eglise respecte toutes les personnes, quelles que soient leurs tendances sexuelles, et elle affirme que les homosexuels comme les hétérosexuels sont des enfants de Dieu appelés à la sainteté. Cependant, par la bouche de son président, le Cardinal André Vingt-Trois, l’Assemblée a dénoncé la supercherie que serait un mariage entre personnes du même sexe. L’Assemblée a souhaité que les catholiques sachent que leurs évêques les encouragent à parler, à écrire, à agir, à se manifester sur ce sujet. ils ont le droit de témoigner de ce qui, dans la lumière de notre foi et selon la logique de la raison et du bon sens, leur semble essentiel pour le présent et pour l’avenir. L’Assemblée a regretté que le choix du gouvernement polarise l’attention sur un sujet qui est certes important mais qui ne présente pas d’urgence, alors qu’il y a tant de préoccupations prioritaires qui assaillent beaucoup de nos concitoyens, notamment à cause de la crise économique et financière. Bien entendu, les questions d’actualité n’ont pas été les seules débattues par notre Assemblée qui a tourné son attention sur des sujets qui concernent la vie de notre Eglise et son implication dans la vie de notre société. C’est ainsi qu’elle s’est penchée sur le diaconat permanent : elle a exprimé sa reconnaissance aux diacres de nos diocèses et à leur famille pour la part importante qu’ils prennent dans la mission de l’Eglise. Des groupes de travail se sont réunis dans un premier temps pour échanger et partager sur les questions qui, à ce sujet, demandent éclaircissement et approfondissement. L’usage de l’Internet a interpellé l’Assemblée qui ne peut rester démunie devant ce nouveau mode de communication que l’Eglise doit aussi utiliser pour témoigner de l’Evangile sur le Web. Un travail important a pris place dans l’Assemblée sur la Présence des Catholiques dans la société, en rappelant que c’est dans leurs relations sociales, leur milieu professionnel, familial et associatif, dans leur entourage, qu’ils doivent témoigner du Christ par leurs actes et leur comportement autant que par leurs paroles. Les conclusions du récent Synode des Evêques à Rome, dont le thème était la Nouvelle Evangélisation, ont opportunément aidé et éclairé nos discussions à ce sujet et nous ont invités à poursuivre notre réflexion sur notre manière d’être présents au monde de ce temps et à y témoigner de l’espérance chrétienne. La rédaction du nouveau Statut de l’Enseignement Catholique a retenu l’attention de l’Assemblée. Elle nécessite encore quelques mises au point qui seront faites dans les mois qui viennent. La décision de créer un Conseil Episcopal de l’Enseignement Catholique a été prise. Ce Conseil se mettra progressivement en place d’ici à la prochaine Assemblée.

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Mot de l'Evêque (suite) E g l i sE En M a r t i n i q u E Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : É glise en Martinique Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 € Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ .......................................................................... Prénom : ........................................................................\ ................................................................... Adresse : ........................................................................\ ................................................................... Mail : .................................................................... Tél. ................................................................. Code Postal ..................................................... Ville ............................................................... Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 4 L’Assemblée a considéré comme une grâce l’Année de la Foi dont le Pape Benoît XVI a fait coïncider l’ouverture avec le cinquantième anniversaire de celle du Concile Vatican II. Elle a rappelé que la foi est une lumière qui éclaire nos vies et nous pousse au témoignage joyeux, serein et convaincu. La foi nous conduit à regarder avec toujours plus de profondeur la passion et la mort sur la croix du seigneur de la Vie, afin d’annoncer aux hommes la formidable espérance : à l’homme, à tout homme, est proposé le salut. La foi nous donne la certitude de la présence du Christ au milieu de nous : il est ressuscité d’entre les morts. Pour célébrer l’Année de la Foi, des initiatives seront prises dans chacun de nos diocèses. Elles inviteront d’abord à un approfondissement des « fondamentaux » de la foi, à l’annonce explicite de Jésus Christ et à l’écoute et la méditation de sa Parole. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique, qui fête cette année le vingtième anniversaire de sa publication et qui a été retenu par les évêques de France comme texte de référence, sera d’une grande utilité pour tous ceux qui veulent approfondir leur foi et rentrer dans sa joie. La rencontre pour les chrétiens avec d’autres cultures et d’autres religions, particulièrement les musulmans, est le défi à relever. C’est pour les chrétiens un appel à développer leur capacité à être témoins de la foi au Christ Ressuscité. Ce n’est que dans l’authenticité de l’identité de chacun que peut véritablement se développer le dialogue. Tout cela est en résumé le contenu de cette belle Assemblée qui a permis aux 105 Evêques en activité qui la composent, de rencontrer aussi les Evêques Emérites et surtout les Evêques des DOM et TOM qui font avec joie et foi ce voyage pour Lourdes qui demande parfois à certains d’entre eux jusqu’à 35 heures d’avion. Mais à Lourdes et à l’Assemblée Plénière des Evêques de France en particulier, on prend conscience de la vitalité de notre Eglise Catholique, on réalise qu’elle est belle et que plus que jamais elle a besoin de chacun de nous. + Michel Méranville, Archevêque n N.B : Les citations sont extraites du discours de clôture de l’Assemblée Plénière, prononcé par le Cardinal André Vingt-Trois. * * * * * * * * * * Nous tenons à remercier les fidèles et généreux donateurs qui, cette année encore, ont apporté leur contribution à la vie matérielle de leur Eglise. La collecte du Denier de l’Eglise se réalise toute l’année. Il nous semble donc important de rappeler à ceux qui n’auraient pas encore fait ce geste, qu’il n’est pas trop tard. Les dons peuvent être reçus directement à l’Archevêché : B.P. 586 - 97207 Fort-de-France Cedex ou par l’intermédiaire habituel des paroisses. D’avance, merci. Hervé Lordinot, Econome diocésain Rappel

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L a 13 ème assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, qui s’est déroulée à Rome du 7 au 28 octobre 2012, avait pour thème : La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. Le mot synode appartient au langage chrétien. Au pied de la lettre, il veut dire « chemin avec », « chemin ensemble ». La vie chrétienne, aussi bien la vie croyante que la vie ecclésiale, est présentée comme un chemin que l'on parcourt ensemble. L'Eglise, peuple de Dieu en marche, est en route vers le Royaume et elle est chargée sur cette route d'annoncer à toutes les nations la Bonne Nouvelle du Salut. L'Eglise est communion d'Eglises. Une Eglise existe là où il y a un évêque et un peuple (ex. : diocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France). La communion entre les évêques est une nécessité appelant à la tenue d'instances ou de réunions appelées synodes. Comment travaille une assemblée synodale ? La future assemblée est préparée par une consultation de tous les diocèses du monde (Les Lineamenta : questions posées à tous les diocèses, mouvements et services d’Église). Ce travail sur le terrain permet aux chrétiens de réfléchir sur leur présence et sur leurs engagements dans la société. A partir des réponses à cette consultation est rédigé un document appelé instrument de travail, l’instrumentum laboris, élaboré par le secrétariat du Synode, qui synthétise toutes les réponses du monde entier. Ce Synode comptait 400 participants, dont 262 pères synodaux des cinq continents, 45 experts et 49 auditeurs, parmi lesquels quatre laïcs français. Trois invités spéciaux, dont Frère Aloïs, prieur de Taizé (France). Des délégués fraternels, représentant 15 Églises et communautés ecclésiales. Dans son homélie d’ouverture le 7 octobre, Benoît XVI prend le concile Vatican II comme boussole et invoque une effusion spéciale de l’Esprit-saint. "La rencontre avec le Christ" est proposée comme l’objectif ultime de tout type d’évangélisation partout dans le monde. 58 propositions finales des évêques forment la base de la future exhortation apostolique post-synodale que le pape devrait publier dans dix-huit mois. Par ce Synode, l’Église s’est livrée à un véritable examen de conscience sur sa manière d’annoncer l’Évangile dans la société. Le Synode sur la nouvelle évangélisation s’est refermé sur la figure évangélique de la Samaritaine choisie par Benoît XVI comme symbole du devoir de s’asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps. Si le message final a fait l’unanimité pour l’élan qu’il propose, dans l’héritage de Vatican II, les propositions adressées au pape ont laissé quelques questions sans réponses : inquiétudes, désarroi, questions sans réponses se sont succédé à raison de cinq minutes par orateur. Mais aussi suggestions, propositions, incitations… Tous palpables dans le Message au peuple de Dieu publié à l’issue des travaux. Des observateurs avertis ont repéré deux lignes de pensée qui ont coexisté durant ce Synode : - L’une, présente dans les propositions, appelle à une Église universelle Synode sur la Nouvelle Evangélisation Une marche ensemble vers l’unité Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 5 Par les médias catholiques, en particulier le journal La Croix et le site Internet de l’Eglise de France, le père François-Xavier Roussel a pu suivre, de loin, les travaux du Synode des évêques. Que nous proposent- ils ? Les lignes qui suivent veulent éveiller ou renforcer l’intérêt pour les propositions de cette assemblée. Nous pouvons encore compléter notre information et bénéficier des analyses et synthèses des travaux à partir de ces sources. L'assemblée du Synode

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Église universelle (suite) refondation de la foi en forme de reconquête sur une triple base : la paroisse territoriale, le prêtre et l’évêque, la modernisation des outils de transmission. - L’autre, qui apparaît dans le Message, appelle à prendre en compte la métamorphose des questions posées à l’Église par les transformations de la société (famille, travail, argent, mœurs, écologie, institutions, transmission, autorité, etc.) et à entrer en conversation avec elle, en vue d’une conversion avec ces nouveaux schémas. À travers les 58 propositions remises à Benoît XVI, les pères synodaux esquissent les points forts de la nouvelle évangélisation : •La dimension missionnaire de l’Église est permanente Nous proposons que l’Église proclame la dimension permanente et mondiale de sa mission, en vue d’encourager toutes les Églises particulières à évangéliser. En premier lieu, l’évangélisation "ad gentes" est l’annonce de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ. Ensuite, elle inclut la croissance continuelle dans la foi, qui est la vie ordinaire de l’Église. Enfin, la nouvelle évangélisation est spécialement orientée vers ceux qui ont pris leurs distances vis-à-vis de l’Église. •S’adapterauxculturesurbaines L’Église reconnaît que les villes et la culture urbaine qu’elles expriment, autant que les transformations qu’on y observe, sont un lieu privilégié pour la nouvelle évangélisation. Mettant en œuvre un plan pastoral urbain, l’Église veut identifier et comprendre ces expériences, ces langages et ces modes de vie propres aux sociétés urbaines. •L’institution d’unministère de catéchiste Une bonne catéchèse est indispensable à la nouvelle évangélisation. (…) Il faut tout faire, en fonction des possibilités locales, pour disposer de catéchistes avec une bonne formation ecclésiale, biblique, doctrinale et pédagogique. •Lerôlecentraldelaparoisse  La paroisse continue à être la première présence de l’Église, le lieu et l’instrument de la vie chrétienne. Les paroisses devraient constituer des cellules vivantes, lieux de promotion de la rencontre personnelle et communautaire avec le Christ, expérimenter la richesse de la liturgie, donner une formation chrétienne tant initiale que permanente et éduquer tous les baptisés à la fraternité et à la charité, spécialement envers les plus pauvres. •L’indispensableautoritéde l’évêque Les diocèses sont une portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu’avec l’aide de son presbyterium, il en soit le pasteur (Christus Dominus, 11). •L’égale dignitédeshommes et des femmes L’Église apprécie l’égale dignité des hommes et des femmes dans la société comme étant créés à l’image de Dieu, et au sein de l’Église sur la base de leur vocation commune de baptisés en Christ. (…) Le synode reconnaît qu’aujourd’hui les femmes (laïques et religieuses), ensemble avec les hommes, contribuent à la réflexion théologique et partagent leurs responsabilités pastorales à tous les niveaux, faisant ainsi progresser la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi. •Intensifier lesrelations avecles musulmans Le dialogue avec tous les croyants est une partie de la nouvelle évangélisation. L’Église invite les chrétiens à persévérer et à intensifier leurs relations avec les musulmans. (…) En dépit des difficultés, ce dialogue doit se poursuivre. (…) Fidèle à l’enseignement de Vatican II, l’Église respecte les autres religions et leurs croyants et est heureuse de collaborer avec elles dans la défense et la promotion de la dignité inviolable de la personne. Parmi les regrets, plusieurs participants ont relevé deux angles morts : la place des femmes dans l’Église, évoquée marginalement, et l’absence de véritables débats théologiques fondant la nouvelle évangélisation. Parmi les points positifs en revanche, la présence des délégués protestants et orthodoxes a été unanimement saluée. Le Dr Rowan Williams, primat de la Communion anglicane, et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomeos 1er se sont amplement exprimés, sans limitation de temps de parole, quasiment à parité avec le Pape. Ce Synode des évêques donne, sans nul doute, à réfléchir et à agir pour améliorer notre manière de vivre la foi ensemble, en Eglise, dans un monde en mutation continuelle. Les orientations qui sont proposées seront reprises dans l’Exhortation à venir du Pape Benoît XVI. Mais déjà ne sommes-nous pas trop dispersés dans nos propres entreprises pastorales ? Que veut dire concrètement le mot communion ? N’y a-t-il pas à renouveler l’expression de notre langage religieux, de notre liturgie, pour mieux participer à la nouvelle évangélisation ? Comme le Pape Benoît XVI nous y invite, faisons route ensemble, en communauté paroissiale, comme le recommande l’une des propositions. P. François-Xavier Roussel, C.S.Sp. n Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 6

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L a crise économique atteint de plus en plus l'ensemble de notre société. Des entreprises ferment et la précarité s'étend. Des actes de violence barbares, heureusement isolés, montrent l'extrême fragilité de notre tissu social et le désarroi de nombreuses familles qui ont besoin d'être soutenues et confortées dans leur mission éducative. C'est dans ce contexte préoccupant que le gouvernement fait passer en urgence des mutations profondes de notre législation qui pourraient transformer radicalement les modalités des relations fondatrices de notre société. Des changements de cette ampleur imposaient un large débat national qui ne se contente pas d'enregistrer des sondages aléatoires ou la pression ostentatoire de quelques lobbies. Nous aurions été heureux, comme dans d'autres occasions, notamment pour les lois de bioéthique, d'apporter notre contribution à ce débat. L'élection présidentielle et les élections législatives ne constituent pas un blanc-seing automatique, surtout pour des réformes qui touchent très profondément les équilibres de notre société. Puisque ce débat n'a pas encore été organisé, nous voulons du moins exprimer un certain nombre de convictions et alerter nos concitoyens sur la gravité de l'enjeu. Contrairement à ce que l'on nous présente, le projet législatif concernant le mariage n'est pas simplement une ouverture généreuse du mariage à de nouvelles catégories de concitoyens, c'est une transformation du mariage qui toucherait tout le monde. Ce ne serait pas le mariage pour tous (étrange formule qu'il ne faut sans doute pas prendre au pied de la lettre !). Ce serait le mariage de quelques-uns imposé à tous. Les conséquences qui en découlent pour l'état civil en sont suffisamment éloquentes : a-t-on demandé aux citoyens s'ils étaient d'accord pour ne plus être le père ou la mère de leur enfant et ne devenir qu'un parent indifférencié : parent A ou parent B ? La question fondamentale est celle du respect de la réalité sexuée de l'existence humaine et de sa gestion par la société. Alors que l'on prescrit la parité stricte dans de nombreux domaines de la vie sociale, imposer, dans le mariage et la famille où la parité est nécessaire et constitutive, une vision de l'être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société et instaurerait une discrimination entre les enfants. Que pouvons-nous faire ? Face à ces mesures qui menacent notre société, que pouvons-nous faire ? Que devons-nous faire ? Nous devons d'abord inviter à prier puisqu'il s'agit de provoquer et soutenir la liberté de conscience de chacun. Comme pasteurs de notre Église, il nous incombe d'éclairer les consciences, de dissiper les confusions, de formuler le plus clairement possible les enjeux. Comme évêques, nous nous efforçons d'être des interlocuteurs pour les responsables politiques et les parlementaires. Nous n'hésitons pas à faire appel à leur liberté de conscience pour des projets et des votes qui engagent plus qu'une simple alternance politique. Nous en appelons à leur sens du bien commun qui ne se réduit pas à la somme des intérêts particuliers. n Eglise de France Discours du Cardinal André Vingt-Trois à l'Assemblée plénière des évêques de France Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 7 Lors du conseil des ministres du 7 novembre 2012, l'examen en première lecture du projet de loi à l'Assemblée nationale concernant le mariage pour tous a été fixé au 29 janvier 2013. Sur le sujet, l'Eglise ne se tait pas. La Conférence des Evêques de France, par la voix de son président, le cardinal André Vingt- Trois, s'est exprimée par deux fois lors des discours d'ouverture et de clôture de l'assemblée plénière réunie à Lourdes du 3 au 8 novembre 2012. Nous avons choisi de publier un extrait capital du discours d'ouverture. Le Cardinal André Vingt-Trois

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18 novembre 2012 L a P arole D ominicale Daniel12,1-3-Psaume15-Hébreux10,11-14.18-Marc13,24-32 33 ème dimanche du temps ordinaire - Année B N ous sommes pratiquement à la fin de l’année liturgique. Avec la fête du Christ-Roi, dimanche prochain, nous clôturerons l’année consacrée à l’évangile de saint Marc. Le texte d’évangile qui nous est proposé par la liturgie, aujourd’hui, paraît complexe, car il parle de choses plutôt propices à créer la peur ; pourtant il est plein d’espérance. Si on se replonge dans le contexte du début de ce chapitre, Jésus sort du Temple avec ses disciples. L’un d’eux lui fait remarquer la beauté de l’édifice et Jésus lui répond : il n'en restera pas pierre sur pierre ; tout sera détruit (Mc 13,2). Surpris, les disciples lui demandent quand cela se produira. Et Jésus saisit l'occasion pour les instruire, une fois de plus, sur la fragilité du monde visible. Le texte d’aujourd’hui décrit un grand bouleversement cosmique. Dans la mentalité apocalyptique du temps, la chute des divinités maîtresses de l'univers, selon les croyances, annonçait le triomphe définitif du Dieu unique sur l'idolâtrie des peuples. Et pour les lecteurs de saint Marc, ce que nous appelons la fin du monde représentait la naissance du “monde nouveau” promis par Isaïe : Oui, je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle (Is 65,17). Il ne faut donc pas chercher dans ces images l'annonce de cataclysmes sismiques, mais plutôt la suite logique de la Bonne Nouvelle proclamée par Jésus et consignée par saint Marc pour les chrétiens de Rome. Pour Marc, c'était la représentation du chaos des origines d'où allait émerger, à travers la souffrance, une nouvelle création. Il faut se représenter le tableau complet : le soleil, la lune, les astres du ciel… tout cela disparaît pour laisser apparaître le Fils de l’homme qui monte sur les nuées avec grande puissance et grande gloire. Le thème fondamental de ce texte d’évangile n’est donc pas la fin du monde, comme on pourrait le penser, mais l’arrivée du Fils de l’homme qui vient nous sauver. Marc vit à Rome et la situation est critique pour les chrétiens là-bas. Les persécutions sont à leur paroxysme ; les chrétiens sont torturés ; certains sont livrés par leurs parents ; d’autres, effrayés, sont tentés d’abandonner leur foi. La réponse de Marc à cette situation de détresse et de découragement : ne vous laissez ni égarer, ni ébranler, levez les yeux, reprenez courage, restez fidèles car le Seigneur reviendra. C'est le fondement de notre espérance proclamée en temps de crise. Depuis lors, des millions d'hommes et de femmes sont entrés dans le mouvement de cette espérance pour préparer une immense fête du retour de Jésus dans la gloire. Marc montre comment, en bon observateur des choses, le croyant peut repérer la venue du Fils de l’homme en regardant le figuier, non pas quand il a donné ses fruits, mais quand ses rameaux verdissent au printemps et que poussent les feuilles, promesse des futures récoltes. Mais aujourd’hui, qu’en est-il de cette foi que nous proclamons chaque dimanche lorsque, dans le Credo, nous annonçons que Jésus reviendra dans la gloire ? La perspective ne nous paraît-elle pas tellement lointaine qu’elle ne nous empêche pas de dormir ? Beaucoup le pensent et font comme si cet article du Credo était d’un autre temps et ne nous concerne plus aujourd’hui. Heureusement, d’autres pensent autrement et s’y préparent. Lorsque ce jour viendra, l’univers entier réalisera son plein accomplissement : il sera comme divinisé en étant vraiment incorporé au Christ. Tous les élus seront rassemblés des quatre coins du monde, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel et ils connaîtront l’unité et la communion personnelle parfaite et éternelle avec le Christ. C’est bien cette perspective qui doit orienter toute notre marche en ce monde. Mais quand viendra-t-il, Celui en qui j’ai mis mon espérance ? Quand pourrai-je le rencontrer ? Jésus le précise : Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils : seul le Père. Tenons-nous donc éveillés et en tenue de service. René Morélot, diacre permanent n Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 8

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Droit canonique Le sacrement de mariage (7) Quelles sont les formalités et recommandations pour un mariage religieux en Martinique ? J usqu’à maintenant, nous nous sommes intéressés au droit canonique universel concernant le mariage. Cette législation de l’Eglise s’applique dans tous les diocèses du monde et donc sur le territoire de la Martinique. Cependant, afin d’appliquer au mieux la loi de l’Eglise et en fonction des spécificités locales, du droit diocésain vient en complément. Cela s’appelle du droit particulier . Le législateur est l’archevêque. Dans les cadres prévus, il a le pouvoir de donner à son diocèse des normes complémentaires. Ces mesures locales sont applicables sur le territoire du seul diocèse de Fort-de-France. Par contre, elles intéressent tous les chrétiens catholiques, qu’ils soient ou non originaires du diocèse, résidents ou de passage. Ainsi, pour le mariage, toutes les lois du droit universel s’appliquent en Martinique : nous les avons survolées dans les articles précédents. Mais elles sont accompagnées d’un droit particulier et de quelques recommandations, décidés au fil des ans. Quel est ce droit particulier et quelles sont les formalités pour un mariage en Martinique ? 1. Dans le diocèse, dès lors que les couples ont un projet de mariage, ils doivent se rapprocher du curé le plus tôt possible et au moins six mois avant la date prévue de la célébration. 2. Qui contacter ? Pour l’inscription et la prépa- ration, les fiancés s’inscriront auprès du curé de la paroisse du domicile de l’un ou l’autre ou celui de leur domicile commun lorsqu’ils cohabitent 3. Qui célèbre le mariage ? Canoniquement, c’est le curé qui a pouvoir de marier les couples sur sa paroisse. Sinon, il donne délégation à un clerc, prêtre ou diacre pour bénir les mariages. En général, l’officiant est celui qui a assuré la préparation au mariage. Mais le célébrant peut être un autre prêtre ou diacre, proposé par les mariés. Le célébrant, particulièrement lorsqu’il arrive de l’extérieur, est soumis au droit diocésain et doit obtenir la délégation du curé de la paroisse 4. Des fiancés extérieurs au diocèse peuvent choisir de se marier à la Martinique. Ils auront la courtoisie de contacter eux-mêmes et personnellement le curé de la paroisse de célébration. Avec ce dernier et sans intermédiaire familial, ils conviendront des possibilités et conditions de ce mariage. Dans ce cas, les fiancés et dossiers sont préparés à la paroisse du domicile des fiancés. Les dossiers sont transmis à l’archevêché de la Martinique deux mois avant la date prévue pour la célébration. 5. La date de mariage est proposée par les fiancés. En concertation avec le futur couple, le clerc peut proposer une autre date s’il y a des empêchements. Par exemple, dans le diocèse, les mariages (comme les confirmations et les baptêmes) ne sont pas célébrés pendant la période du carême. Rappel : en vertu de la loi française, les mariages civils doivent toujours précéder les mariages religieux. 6. En Martinique, depuis une décision épiscopale de plusieurs dizaines d’années et jusqu’à nouvel ordre, il n’y a jamais de bénédiction de mariage au cours d’une Eucharistie. 7. Plusieurs mariages peuvent être bénis au cours de la même célébration. Compte tenu de la pénurie des célébrants (prêtre ou diacre), une célébration pour un seul couple ne peut pas être exigée lorsqu’il y a d’autres demandes pour la même date. 8. Les mariages sont toujours célébrés dans les églises paroissiales ou des chapelles de quartier. Hormis des cas de force majeure ou d’extrême urgence et avec l’autorisation expresse de l’archevêque, aucune bénédiction de mariage ne peut avoir lieu dans des chapelles privées ou des lieux profanes. 9. Les couples de fiancés qui ont fait leur demande de mariage religieux doivent, en concertation avec le curé, se préparer à se donner ce sacrement. En commun avec Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 9 (suite page 10)

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Vie du diocèse D ans les églises de la Martinique, les marchés, les centres commerciaux, les bénévoles se mobilisent pour rendre compte des actions menées durant l’année écoulée, présenter les projets, recruter de nouveaux bénévoles et appeler notre communauté tout entière à soutenir financièrement le Secours Catholique. Le slogan de cette année – Aidons- nous les uns les autres – est un appel à ouvrir nos cœurs à ceux qui sont trop souvent laissés de côté dans une société de plus en plus matérialiste et individualiste. C’est une invitation à vivre concrètement notre foi en suivant le Christ : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. Un engagement fort auprès des personnes en difficulté En 2011, la Délégation de Martinique est venue en aide à 3 896 familles. Cette solidarité va de l’aide dite d’urgence à l’accompagnement individuel ou collectif. L’aide d’urgence a pour objectif essentiel d’apporter une réponse matérielle immédiate pour éviter l’aggravation de la situation du demandeur. Ainsi, plus de 90 000 euros d’aide sont octroyés aux familles afin d’éviter les coupures d’eau, d’électricité, les expulsions du logement, de permettre l’accès aux soins. Plus de 9 000 colis alimentaires d’urgence sont attribués pour répondre au besoin vital de se nourrir. Afin d’accompagner les familles, la Délégation de Martinique du Secours Catholique a mis en place un certain nombre de dispositifs relayés sur l’ensemble du territoire par les quinze équipes locales et les dix services diocésains. Plusieurs thématiques sont développées. n Les familles L’épanouissement de la famille et l’amélioration des liens parents-enfants constituent un axe majeur de l’activité Aide à la Parentalité de la délégation. Une trentaine de familles sont accompagnées durant l’année avec l’aide de professionnels : psychologues, éducateurs, médiateurs. n Les enfants L’accompagnement éducatif mis Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 10 Donner au Secours Catholique les moyens d’agir La Collecte Nationale du Secours Catholique, ce dimanche 18 novembre 2012, est un temps privilégié de rencontre avec la population, d’appel aux dons financiers et de recrutement de bénévoles. d’autres couples, ils mettront à profit les modules proposés par les CPM (Centres de Préparation au Mariage). Une session de plusieurs rencontres devra se vivre entre six et quatre mois avant la date du mariage. Parallèlement et à la suite de cette formation, le prêtre ou le diacre proposera au couple plusieurs rencontres au cours desquelles un dialogue, des échanges, des conseils, un approfondissement et des pistes de réflexion et de décision se dégageront. 10. La grâce de Dieu ne s’achète jamais. Toutefois, tout chrétien doit participer à la vie matérielle des prêtres et de sa paroisse. C’est pourquoi, à l’occasion de la célébration d’un mariage, le couple est invité à faire une offrande du montant indicatif minimum de 120 € . Quelquefois et selon les usages paroissiaux, une participation supplémentaire est demandée pour la décoration de l’église. Le jour de la célébration, une quête est proposée à tous les participants. 11. En général, les chorales animent bénévolement les mariages. Les couples seront attentifs à remercier ces serviteurs de la manière qu’ils jugeront la plus adéquate. Par ailleurs, les futurs mariés veilleront à éviter les prestations extravagantes et spectaculaires, qui ne concordent pas avec l’esprit même d’une célébration religieuse. 12. Lors de la célébration religieuse de mariage, les participants seront attentifs à avoir une tenue très respectable dans l’église. Une attention particulière est demandée aux personnes désignées pour les lectures et prières : elles seront toujours couvertes. P. Jean-Max Renard, Vice-Official n (suite de la page 9) Droit canonique

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en place conjugue l’aide aux devoirs, les activités éducatives et ludiques et les sorties pédagogiques. Il s’adresse principalement aux élèves du primaire et aux collégiens. n Les jeunes Une Equipe Diocésaine Jeunes existe. Elle rassemble une soixantaine de jeunes de 14 à 18 ans, issus de plusieurs communes de l’île. Durant l’année, ils mènent des actions de solidarité envers les personnes âgées et les enfants, participent à des rencontres de réflexion autour de sujets qui les préoccupent, animent les grands rassemblements de la délégation. n L’insertion sociale et professionnelle Plusieurs types d’actions sont développées pour permettre aux personnes en difficulté de prendre en main leur propre promotion : - Les ateliers conviviaux et d’échanges de savoirs : Pour recréer du lien social, lutter contre l’isolement, aider les personnes à exprimer leurs talents et apporter les informations nécessaires à une participation active à la société. - L’épicerie sociale : Les bénéficiaires peuvent acheter les denrées à bas prix et, en contrepartie, participent à des ateliers d’information et de redynamisation. - L’Action Collective Insertion Professionnelle : Une ving- taine de familles foyalaises se retrouvent tous les lundis pour mener à bien leur projet d’insertion professionnelle. - L’aide alimentaire contrac- tualisée : Les équipes locales proposent aux bénéficiaires de réaliser des projets de vie quotidienne. En contrepartie de remise de colis alimen- taires, ils participent à des ateliers d’information et de redynamisation. - La lutte contre l’illettrisme : Les équipes locales du Robert, du Saint-Esprit et de Basse-Pointe proposent un accompagnement adapté aux personnes qui rencontrent des difficultés pour lire ou écrire des documents de base. La pauvreté n’a pas diminué en Martinique En dix ans, non seulement la pauvreté n’a pas diminué, mais elle s’est ancrée davantage. C’est le constat posé à partir de l’expérience de terrain de nos équipes de bénévoles. La pauvreté est une réalité bien plus large que la seule pauvreté monétaire. Plus encore qu’il y a dix ans, le regard s’est durci sur les personnes en situation de pauvreté. Etre pauvre est de plus en plus suspect. Les personnes en difficulté mais aussi les bénévoles, voire les travailleurs sociaux, ressentent cela fortement avec découragement, usure ou résignation. Projets et chantiers de la délégation de Martinique Tout en poursuivant ses missions au quotidien, le Secours Catholique de la Martinique veut développer les dispositifs d’accompagnement existants et s’engager dans de grands projets afin de répondre aux grandes pauvretés de notre pays. n Le renforcement des dispositifs d’accompagnement : Augmentation des lieux d’accueil conviviaux ; création d’une Epicerie Sociale Ambulante ; intensification de la lutte contre l’illettrisme ; renforcement des actions d’Aide à la Parentalité ; extension du dispositif des Jardins Solidaires. Mis en place actuellement au Morne- des-Esses, le Jardin Solidaire a deux objectifs : l’accès à une alimentation saine, équilibrée, économique et la redynamisation des personnes. n Les quatre grands chantiers de la délégation Quatre grandes pauvretés ont été identifiées comme prioritaires et feront l’objet de chantiers à partir de janvier 2013 : la souffrance des familles, le chômage, le désœuvrement des jeunes et la perte de sens. Des groupes de réflexion composés de bénévoles, de personnes en difficulté, de salariés, de donateurs et de personnes-ressources, mèneront un travail d’analyse et de proposition d’action. Le soutien financier apporté à la mission du Secours Catholique et l’engagement bénévole sont l’occasion de redire combien le service du frère est une manière de vivre sa foi chrétienne à la suite du Christ. Des enveloppes sont disponibles dans toutes les paroisses. Un appel à bénévolat est plus particulièrement lancé aux personnes qui maîtrisent l’outil informatique et le français et qui souhaitent intégrer l’Equipe Communication de la Délégation. Alfred Nourel n Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 11 Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter le Secours Catholique. Secours Catholique Délégation Martinique 50 rue Robespierre Terres-Sainville – CS 20144 97202 Fort de France Cedex Tél : 05 96 63 50 94 Fax : 05 96 63 20 38 e-mail : martinique@ secours-catholique.org Donner au Secours Catholique les moyens d’agir

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Vie du diocèse Comme le Secours Catholique, la Société Saint-Vincent de Paul (SSVP) cherche à soulager la misère sous toutes ses formes : elle nous dresse un état de la situation à la Martinique. La Société Saint-Vincent de Paul à l’œuvre Eglise en Martinique : Pouvez- vous nous présenter un éventail des difficultés auxquelles sont confrontées bon nombre de familles martiniquaises ? SSVP : Aujourd’hui, la solitude et l’exclusion gagnent du terrain : la fragilité du tissu économique, combinée aux effets de la mondialisation, ne concourt pas à améliorer le quotidien d’un nombre croissant de familles dont les revenus ne suffisent plus à gérer les aléas. Les personnes que nous aidons revêtent des profils divers : solitude extrême, besoin d’écoute, loyers ou factures impayés, logements insalubres ou inexistants, absence de nourriture, conflits familiaux, besoins en meubles élémentaires, mauvaise gestion du budget, illettrisme et ses corollaires, chômage et inactivité entraînant parfois des dérives (violences, addictions)… sans compter les misères qui restent cachées. EeM : Que leur proposez-vous ? SSVP : Nos aides sont diverses : permanence d’accueil et d’écoute, visite des personnes seules (8 996 visites en 2011), colis alimentaires (345 240 repas distribués en 2011), distribution de vêtements, accompagnement pour les démarches à caractère social ou administratif, collecte de matériel scolaire, arbre de Noël, logement de transit, épicerie solidaire pédagogique, rencontres et séminaires, sorties des familles. Notre souci est avant tout d’aider les démunis à se remettre debout. Systématiquement, nous les invitons à s’inscrire dans une démarche progressive d’autonomie et de responsabilisation. Nous n’avons pas vocation à nous substituer aux organismes d’aide et aux intervenants sociaux. Le long terme, pour nous Vincentiens, se joue sur la capacité du bénéficiaire à sortir de l’engrenage de la société de consommation et surtout à mettre en avant la prière et l’esprit de charité. EeM : De quels moyens – humains et financiers – disposez-vous pour exercer votre mission caritative ? SSVP : La SSVP, reconnue d’utilité publique, fête cette année ses 160 ans de présence à la Martinique. C’est le signe d’un ancrage fort. Elle est représentée par son conseil départemental. Cette instance coordonne l’action des membres (les Vincentiens) répartis en 21 conférences (équipes locales). C’est près de 273 laïcs, bénévoles, qui sillonnent le territoire pour soulager les détresses les plus significatives. Ils sont soutenus par le réseau Ozanam (pas moins de 400 sympathisants). Nous collaborons également avec des travailleurs sociaux, des médecins et des intervenants spécialisés. Nos ressources proviennent de la cotisation et quête de séance de nos membres, de la tombola annuelle, des concerts, braderies, collectes, dons de particuliers. Certaines municipalités, à l’occasion, nous apportent un soutien logistique. Nous bénéficions d’une subvention pour l’Epicerie Solidaire pédagogique du Lamentin. EeM : Travaillez-vous en collaboration avec d’autres organismes caritatifs ? SSVP : Notre conseil départemental a déjà mené des actions avec le Secours Catholique et même le Secours Adventiste. Il y a aussi ce grand défi qui nous attend en 2013 : la démarche Diaconia - servons la fraternité. EeM : Quelle est votre relation avec les paroisses ? SSVP : Au sein du diocèse, les conférences sont présentes sur une vingtaine de paroisses et nous avons pour aumônier le Père Claude Anglio. Nous invitons ceux qui le désirent à nous rejoindre afin que toutes les paroisses de Martinique connaissent le message du Bienheureux Frédéric Ozanam, le fondateur des Conférences de la charité. Bruno Laviolette Chargé de Communication n Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 12 SSVP – Conseil Départemental de Martinique 11, avenue de la Plaine Mongéralde – Fort-de-France % 05 96 75 20 08 Collecte de cadeaux de Noël pour les enfants nécessiteux au siège du Conseil Départemental

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L es représentants des principaux mouvements d’Eglise au service de la famille étaient présents : les Associations Familiales Catholiques (AFC), les Centres de Préparation au Mariage, les Equipes Notre- Dame, la Famille Solitude Béthanie, la Fraternité des couples CANA, Mère de Miséricorde, des membres des équipes paroissiales de pastorale familiale… ainsi que des personnes et des couples préoccupés par la question de la famille d’aujourd’hui et de demain. Une vingtaine de frères et sœurs engagés à la Communauté du Chemin Neuf ont accueilli cette manifestation sur le site ensoleillé du Domaine du Fort à Saint-Pierre, centre diocésain de formation confié par l’Archevêque à cette communauté nouvelle dont la vocation principale est l’unité (de la personne, du couple, de la famille, des peuples et des chrétiens). Ce lieu a d’ailleurs successivement abrité le Séminaire- Collège avant l’éruption de 1902, puis le monastère des Bénédictins avant son implantation à Terreville et enfin le COPES avant son déménagement à Moutte. Les conférences ont été données par Pascal Jacob, professeur agrégé de philosophie, auteur d’ouvrages, intervenant sur le thème de la bioéthique au niveau de la Conférence des Evêques de France et présent dans le diocèse afin d’assurer des formations philosophiques aux moniales et aux moines bénédictins. Notre intervenant a su captiver son auditoire au vu des questions et des réactions suscitées par les trois thèmes qu’il a abordés, en tandem avec son épouse Elisabeth : la bioéthique, le mariage homosexuel et la régulation naturelle des naissances. Rappelant avec conviction la confiance que l’Eglise fait à l’intelligence de l’homme de bonne volonté dans sa quête de vérité, Pascal Jacob a su rapprocher la Foi et la Raison sur des thématiques provoquant aujourd’hui bouleversements et controverses dans la cellule de base de la société, l’Eglise domestique : la famille. Ainsi, les idées forces suivantes ont été déclinées :  •La bioéthique, entreautres,  comme rempart contre la volonté de toute-puissance illusoire de l’homme, qui serait davantage dans une logique de production de la vie que de l’accueil de celle-ci comme un don, comme un cadeau suscitant émerveillement et respect.  •Les contradictions évidentes résidant dans le mariage homosexuel : la relation homosexuelle, de même qu’un club de bridge, une association sportive ou un monastère, n’a en effet pas vocation naturelle à engendrer ni à accueillir la vie. Or, cette donnée est une composante fondamentale du mariage.  •Enfin, concernant larégulation  naturelle des naissances, le fait que c'est en sauvegardant les deux aspects essentiels – union et procréation – que l'acte conjugal conserve intégralement le sens de mutuel et véritable amour, et son ordination à la très haute vocation de l'homme à la paternité. Soulignons que les enfants de 3 à 12 ans ont pu jouer, chanter et réfléchir sur le thème de la Création et présenter leurs travaux aux adultes sur la musique du psaume de la Création, à la plus grande joie des petits et des grands. Pour le SDPF, Alain et Béatrice Arnauld n La famille chrétienne face aux défis du 21 ème siècle Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 13 Près de cent cinquante personnes ont répondu à l’appel lancé par le père Gabriel Valard, délégué du Service Diocésain de la Pastorale Familiale (SDPF) afin de participer à une journée de réflexion autour du thème d’actualité de la famille face aux défis du 21 ème siècle. (voir note page 19) M. Pascal Jacob

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Le Pape Benoît XVI a voulu, par cette Année de la Foi, inciter les chrétiens à approfondir leur foi et à mieux en témoigner dans le contexte de crise de sens qui frappe nos sociétés. Il invite tous les fidèles à vivre l’Année de la Foi au quotidien et à l’occasion de temps forts. L’Année de la Foi dans le district de la Cathédrale Saint- Louis C ’est dans ce cadre que le district de la Cathédrale (paroisses de Balata, De Briant, Terres-Sainville et Cathédrale) propose des rencontres : Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 14 Vie du diocèse • Les dimanches de la Foi : temps forts proposés par la Pastorale des jeunes du district, selon le planning ci-contre : D’autre part, la Pastorale des jeunes de la Cathédrale invite les jeunes à participer chaque mois à la veillée de prières qu’elle organise le premier vendredi du mois. n Date Thème Paroisses concernées Lieu de la rencontre Novembre 2012 Mardi 13 Je crois en Jésus Christ qui viendra juger les vivants et les morts… Balata & De Briant De Briant Mardi 20 Je crois en Jésus Christ qui viendra juger les vivants et les morts… Cathédrale & Terres-Sainville Cathédrale Mardi 27 Je crois en la Sainte Eglise Catholique Paroisses du district Cathédrale De Briant Décembre 2012 Mardi 4 Dogme de l’Immaculée-Conception - La foi de Marie Paroisses du district Cathédrale Cathédrale Mardi 11 La foi en univers créole : Approche créole du Credo Balata & De BriantDe Briant Mardi 18 La foi en univers créole : Approche créole du Credo Cathédrale & Terres-Sainville Cathédrale Janvier 2013 Mardi 15 Je crois en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie… Balata & De Briant De Briant Mardi 22 Je crois en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie… Cathédrale & Terres-Sainville Cathédrale Février 2013 Mardi 5 Je crois en Jésus Christ qui a souffert pour nous sous Ponce- Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers… Balata & De Briant De Briant Date ThèmeLieu Dimanche 9 décembre 2012 Croire Paroisse Cathédrale Dimanche 13 janvier 2013 Prier Paroisse De Briant Dimanche 10 mars 2013 CélébrerParoisse De Briant Dimanche 9 juin 2013 Vivre et agirParoisse Cathédrale • Les mardis de la Foi, organisés par les prêtres du district. Il s’agit d’une relecture du Credo avec l’intervention de prêtres, de diacres et de laïcs. Les rencontres ont lieu le mardi à De Briant ou à la Cathédrale selon un calendrier disponible à la paroisse et dont voici les prochains rendez-vous : (Pour la suite du calendrier, se rapprocher des paroisses du district)

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S ous le titre Appelés à la Liberté , le congrès a réfléchi aux conditions dans lesquelles l’aumônerie des prisons peut être acteur de la préparation à la réinsertion, sujet d’actualité brûlante. Compte tenu de sa présence à l’intérieur des établissements et de son mandat qui lui vient de l’extérieur, l’aumônerie catholi- que des prisons est particulière- ment bien située face à l’exigence de réinsertion des personnes détenues. Elle peut assurer les liens qui favorisent le retour à la liberté des personnes détenues dans de bonnes conditions. Ces liens reposent sur un dialogue de qualité avec les différents parte- naires : personnels pénitentiaires, agents du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation, com- munautés chrétiennes, responsa- bles politiques et administratifs. Ce dialogue, initié par l’aumônerie, doit instaurer un échange entre « l’extérieur » et « l’intérieur » afin de casser les images et les demandes sécuritaires qui envahissent l’opinion publique. C’est ce changement de regard qui permet la réinsertion, seul moyen de lutter contre la récidive. Cette lutte contre la récidive passe par les conditions d’incarcération qui sont souvent la source d’une victimisation des détenus. Ce sentiment d’être victime empêche la compréhension du sens de la peine. C’est le cœur de la mission de l’aumônerie que de contribuer à cette recherche et à proposer la possibilité du pardon. L’obsession sécuritaire est un obstacle majeur à un chemin d’humanité et de responsabilité qui puisse ouvrir au pardon. L’aumônerie catholique expé- rimente des attitudes pastorales qui peuvent être enrichissantes pour l’Eglise tout entière. Aussi, elle est prête à accueillir en stage des personnes appelées à assurer une mission dans l’Eglise et continuera à inviter des membres des communautés chrétiennes. En ce sens, l’aumônerie des prisons participe avec conviction à Diaconia 2013 : l’engagement de l’Eglise au service du frère. Le Christ a voulu reconstruire l’homme dans sa dignité humaine. L’Eglise essaie d’y pourvoir. C’est pourquoi, au préalable, une enquête avait été réalisée auprès des personnes détenues pour signifier qu’elles sont, en dépit de l’aide qu’on peut leur apporter, acteurs de leur devenir. Ainsi, les nouvelles orientations adoptées, ont été construites à partir de leur vécu, de leur expérience avec leurs équipes d’aumôneries respectives. Nous sommes tous frères et sœurs, enfants d’un même Père. Or, certains pensent que d’autres le sont moins ou pas du tout. Pourtant, la Parole de Dieu insiste sur la visite aux prisonniers : J’étais en prison et vous m’avez visité. Relevons le défi d’oser la fraternité : il s’agit bien d’une question de dignité humaine. Nous avons vécu une belle aventure collective et fraternelle. Il nous reste maintenant à reprendre et à faire fructifier cette semence d’avenir, avec l’aide de la Vierge Marie qui donne à tous sa protection spéciale et maternelle. P. Pierre Richaud, aumônier régional outre-mer Diacre Emmanuel Lordinot n Pastorale des prisons Congrès de l’Aumônerie catholique des prisons Assistance spirituelle et préparation à la réinsertion Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 15 Le congrès de l’Aumônerie catholique des prisons a rassemblé plus de cinq cents personnes à Lourdes du 19 au 21 octobre 2012. Notre diocèse était représenté par l’aumônier du centre pénitentiaire de Ducos, Emmanuel Lordinot, accompagné de quatre aumoniers bénévoles et de deux auxiliaires d'aumônerie. La délégation de Martinique

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Aumônerie Antilles-Guyane Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 16 L e Père Zaïre, ou l’Abbé Zaïre comme l’appelaient cer- tains, était tout simplement Georges pour la plupart d’entre nous, avec un profond respect mais aussi une très grande affec- tion. C’est qu’il partagea, pour nombre de jeunes de l’époque et de leurs familles, les moments heureux et douloureux de leur existence. Qu’on en juge : nous nous sommes connus en 1962, à l’Aumônerie des Antillo-Guyanais de Paris, au 6 de la rue Thibaud, dans le 14 ème arrondissement. Nous ne nous sommes que très rarement quittés depuis, comme lors d’un de ses retours à Paris. Il m’a marié à la rue Thibaud le 12 avril 1966, a concélébré le baptême de ma fille aînée le 26 mars 1967 à la paroisse de l’avenue de Choisy (13 ème ), a présidé celui de mon fils en janvier 1975 à l’église de Schœlcher, puis ceux de mes neveux et filleuls et certains mariages de parents et de proches. Poursuivant mon éducation religieuse, il m’amena au baptême le 30 juin 1968. J’avais alors 23 ans. Après être parti avec lui tous les jeudis après-midis (c’était alors jour de vacances scolaires) sur les routes martiniquaises pour animer des réunions des Equipes Enseignantes dont il était alors l’aumônier, nous avons fondé ensemble, avec d’autres amis aussi attachés à lui, les Equipes Educateurs de la Martinique (1970), puis le MERAS (Mouvement pour l’Education, la Réflexion et l’Action Sociales - 17 décembre 1972). Et, au sein de la Commission Communication de ce MERAS, l’agence d’information I.CAR ou Information Caraïbe, avec le Père Pierre Fertin de Guadeloupe, Bruno Marin, professeur d’espagnol, et Paul Quemeneur, directeur du COPES. Nous avons également fait partie de la Commission épiscopale Justice et Paix, alors mise en place par Mgr Maurice Marie-Sainte. Voilà résumé en quelques lignes un parcours d’amitié et d’estime mutuelles qui aura duré trente- huit ans sans un accroc, jusqu’à son décès. Mais la tentation est grande, lorsqu’on évoque la figure d’un grand homme, de ramener à soi le curseur en reléguant au second plan celui à qui l’on est censé rendre hommage. Qu’il ne soit donc question ici que de Georges et de son apport essentiel à l’Eglise, à celle de la Martinique en particulier. Dans un hommage posthume intitulé Nous sommes tous orphelins, quelques-uns de ses fils spirituels écrivirent ceci : Une voix s’est tue, une conscience s’est refermée, un guide s’en est allé ce jour du 28 décembre 2000. (…) Celui qui fut pour nous pendant plus de quarante ans le rassembleur, le témoin de nos vies et de nos aspirations, nous a quittés après nous avoir insufflé la volonté de lutter contre toutes les exclusions, celles qui nous opposent, celles qui minent notre société, celles qui contrarient le grand projet d’une réelle fraternité et d’une égalité parfaite de tous. (…) Pendant ces longues années, le Père Zaïre a été l’éclaireur de nos consciences, le stimulateur de notre soif d’action, celui vers qui nous allions en cas de difficultés, en cas de doute, pour nous aider à trouver notre voie, nous insuffler la richesse de la vie et la grandeur de l’espérance placée en chacun de nous. (…) il nous a accompagnés après nous avoir invités à le suivre dans les institutions (…) vouées à la réflexion sur les problèmes de notre société et à l’action sous l’éclairage de notre foi catholique. Le Père Zaïre nous a formés, nous a forgés à son image d’ouverture, de disponibilité et de service pour les plus humbles, les démunis, les Dans le n° 451 de notre revue diocésaine, nous vous présentions le Père Jean- François Lof, nouvel aumônier de l’Aumônerie nationale des Antillo-Guyanais. En ce mois de novembre, il nous a semblé opportun de nous souvenir de deux prêtres qui l’ont précédé dans cette mission. Souvenons-nous Georges, mon mentor, mon confesseur, mon ami P. Georges Zaïre

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Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 17 Le Père Pierre Lacroix est né à Basse-Terre le 22 décembre 1935. Ordonné prêtre le 6 août 1963, il œuvre en Guadeloupe jusqu’en 1977, date à laquelle il remplace le Père Jack Manlius, à Paris, à la Fédération Antillo-Guyanaise des Etudiants Catholiques (FAGEC), devenue depuis Aumônerie Antilles-Guyane. C’est à ce poste que, pendant vingt-deux ans, il donnera la pleine mesure de sa vision de la mission auprès des Antillo-Guyanais. Il s’éteint le dimanche des Rameaux, 1er avril 2012, à l’âge de 77 ans. Jeune catéchiste dans une paroisse de la banlieue parisienne, je me suis retrouvée, lors d’une kermesse, responsable d’un stand des Antilles. Je devais présenter nos Evêques de Martinique, Guadeloupe et Guyane. A ma grande surprise, je savais très peu de choses, pour ne pas dire rien du tout. Sur les conseils du curé de la paroisse, me voilà partie rue de la Roquette, à Paris 11 ème , à l’Aumônerie Antilles-Guyane qui m’était alors totalement inconnue. Je suis accueillie par le Père Pierre Lacroix, souriant, heureux que mon curé m’ait orientée vers lui. En effet, bien que rattaché à une paroisse parisienne, il restait membre du diocèse de la Guadeloupe et sa position atypique lui faisait appréhender que l’aumônerie soit méconnue de ses confrères ; d’où son bonheur quand il voyait arriver un(e) compatriote. L’échange a été exceptionnel ; il répondait à toutes mes questions et a comblé mes lacunes avec une riche documentation. Pour moi, ce fut LA rencontre, la révélation. Depuis, mon engagement n’a cessé de grandir : formation à la catéchèse, rencontres diverses dans les diocèses de Pontoise, de Nanterre, Pastorale des migrants, etc. Rentrée au pays, cet engagement continue toujours. J’ai découvert cette aumônerie qui, au départ, recevait les étudiants. Le Père Lacroix en a fait une grande maison d’accueil pour tous : jeunes travailleurs, salariés, chômeurs, cas sociaux... Il a créé des groupes d’écoute, des sessions pour couples, des récollections, des groupes de réflexion dans les banlieues… Le Père Lacroix discernait les talents de ceux qu’il rencontrait et les orientait vers ce qu’il y avait de mieux pour eux. Avec insistance, il nous martelait que nous avions à apporter notre pierre à l’Eglise du Christ. Il était de notre devoir de prendre notre place dans notre paroisse. Il nous a appris à faire Eglise. Il nous ancrait dans notre identité d’Antillo-Guyanais pour mieux nous situer dans nos divers lieux de vie. Son souci : nous permettre d’être des chrétiens heureux avec les autres migrants pour suivre le Christ avec ce que nous sommes. Il crée le grand rassemblement annuel qui se tient à Paris en novembre, lors du passage des Evêques pour l’assemblée de Lourdes. Toujours dans cet esprit d’ensemble et de communication, il a fondé l’APEFAG (1) pour faire vivre la revue Alizés qui a 61 ans cette année. Avant son retour au pays, en 1999, une de ses plus grandes joies a été la nomination d’une équipe d’animation pastorale pour continuer cette aumônerie. Il a été pour toute une génération celui qui a donné de son temps, de son amour fraternel pour nous mettre debout : ceux qui arrivaient seuls à Paris, ceux du BUMIDOM (2), les parents en difficulté. Cette aumônerie a surtout été une grande maison d’accueil pour tous. Pierre, au nom de tous ceux que tu as rencontrés et aimés, au nom de tous ceux que tu as croisés sur ton chemin de pèlerin sur cette terre : merci. Lucienne Murat ancienne de l'Aumônerie Antilles-Guyane n (1) APEFAG : Association Pour l’Expression et la Formation des Antillais, Guyanais (2) BUMiDOM : Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre- mer Ma rencontre avec le Père Pierre Lacroix laissés-pour-compte de la société. Aujourd’hui qu’il n’est plus, nous voilà, ceux qui lui doivent tant, dépositaires de son souvenir et de l’immensité de son action. J’ajouterai : Georges aurait sans doute été un père attentif et compréhensif, tous ses fils spirituels le diront. Nul ne peut le confisquer car il appartient à tous. En lui s’est véritablement incarné le message évangélique : œuvrer à l’accomplissement de tout homme et de TOUT L’HOMME. Daniel Compère P. Pierre Lacroix

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Notes de lecture Tel est le titre du livre que Liliane Chauleau vient de publier chez L'Harmattan. Léon- Laurent Valère nous fait partager le fruit de sa lecture. La voix des esclaves Foi et société aux Antilles – XVII ème -XIX ème siècle L e destin du christianisme, et singulièrement du catholicisme post-escla- vagiste à la Martinique, peut paraître quelque peu paradoxal. L’on connaît en effet le grief souvent fait à l’Église romaine de n’avoir pas su dénoncer en son temps l’esclavage colonial ou d’avoir contribué sur place à en permettre le fonctionnement durable. On peut légitimement s’étonner de la force et de la permanence de cette religion aux Antilles françaises, et ce dès le lendemain même des abolitions, et s’interroger sur les raisons de l’absence de rancœur des anciens esclaves ou de leurs descendants à son égard. Même en tenant compte de certains comportements magico-religieux parfois observés, force est de constater que nul syncrétisme massif de type Vaudou (Haïti), Candomblé (Brésil) ou Santeria (Cuba) n’est venu altérer ici les traits du catholicisme d’origine, et que nul rejet global de celui-ci n’a existé ou n’existe dans les îles dont il s’agit. C’est tout naturellement qu’à la Martinique le dixième et le onzième évêques du diocèse, originaires de la Martinique, ont été nommés et installés au terme d’une évolution paisible, à la tête d’un clergé en grande partie autochtone. En bref, la qualité du développement du catholicisme à la Martinique, tant sur le plan de l’action, que de la réflexion doctrinale ou même des comportements liturgiques, n’a pas manqué d’interpeller les observateurs de son évolution. On pouvait donc (et les catholiques les premiers) regretter qu’aucune réflexion autorisée et objective n’ait été menée ou initiée à ce sujet. Pareille étude nécessiterait, il est vrai, compétence historique et objectivité en un domaine encore sensible. Il faut donc se réjouir qu’un essai de Liliane Chauleau, La voix des esclaves - Foi et société aux Antilles, aborde enfin ce thème et vienne opportunément contribuer à combler ce vide. Ses précédentes publications, tout autant que sa qualité de directrice honoraire des Archives départementales de la Martinique, sont les garants évidents de la qualité et du sérieux de ses recherches fondées sur des sources incontestables. Certes, elle ne conteste pas le rôle joué par l’Église catholique pendant la période esclavagiste et procède d’abord à l’examen détaillé des textes (code noir et législation postérieure) qui organisent le statut de l’esclave et le rôle qui y était dévolu aux autorités religieuses. Ces prémisses posées, elle étudie la situation servile qui résultait en général de ces dispositions, avant d’aborder l’examen détaillé des relations entre les esclaves et la religion catholique. Elle nous apprend ainsi que, de manière générale, le comportement des religieux à l’égard des esclaves a été dépourvu de violence et que ceux-ci ont fait montre d’un grand sérieux dans la catéchèse à laquelle les esclaves ne se sont opposés que très minoritairement. On lira, par exemple, avec intérêt et profit les questions et les réponses du catéchisme en créole composé par l’abbé Gout. L’auteur nous révèle que les esclaves, contrairement à certaines idées convenues, avaient souvent une forte personnalité et une estime d’eux-mêmes que la condition servile n’était pas parvenue à éradiquer et les chroniqueurs n’ont pas pu s’empêcher de relater l’extrême qualité humaine, tant physique que morale, de ceux qu’ils avaient à évangéliser et même l’admiration qu’ils leur portaient. Liliane Chauleau constate qu’en définitive et de manière générale, les esclaves ont été traités humainement par les religieux, mais ont su, à leur tour, imposer une manière d’être et de vivre qui a influencé ceux qui étaient chargés de leur évangélisation. En définitive, l’auteur nous démontre qu’en dépit du carcan esclavagiste, il y a bien eu une voix puissante des esclaves dont le message est encore perceptible et dont il est possible de tirer d’utiles leçons ; et que, malgré les conditions parfois difficiles de Église en Martinique du 18 novembre 2012 / n°452 18

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MeDIAs Dimanche 18 novembre 2012 Là où est ton trésor Réalisation : Jean-Bernard Ganne Une mine de nickel a été ouverte au nord de la Nouvelle-Calédonie. Son exploitation est source de richesses, mais elle n'est pas sans poser de questions pour les gens qui vivent sur place. Dimanche 25 novembre 2012 Tumu Pure Réalisation : Jean-Claude Salou Dans les îles Marquises où il n'y a pas assez de prêtres pour accompagner chaque communauté, un responsable de communauté, homme ou femme, est nommé pour quatre ans. Sa mission est de nourrir la foi des chrétiens de son village. 99.5 - 101.3 et 105.3 mHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com leur apprentissage chrétien, ils ont toujours accueilli sans réticence le message évangélique. Liliane Chauleau a soigneusement examiné les différentes circonstances de leur formation chrétienne, étudié sans préjugé non seulement les rapports de la foi catholique et de l’esclavage à la Martinique, mais encore l’apport des esclaves à la Martinique d’aujourd’hui (et en particulier à la vie de foi). Il faut donc se réjouir qu’elle ait pris le parti de lancer cette recherche particulière qu’aucun chrétien adulte ne peut redouter, avec la compétence et le talent qui lui sont reconnus. Il convient en tout cas de rappeler les trois souhaits qu’elle a formulés en guise de conclusion à son travail : - Que notre société antillaise d’aujourd’hui continue à mettre en valeur les qualités héritées des siècles passés : solidarité, amour de la famille, goût pour l’instruction et la promotion intellectuelle et culturelle notamment. - Que nous abandonnions les graves défauts collectifs dus originellement aux circonstances : jalousie, désir de nuire à l’autre qui a mieux réussi… Le rôle des chrétiens devrait être à cet égard déterminant. - Que la société antillaise tout entière, ayant pris acte des turpitudes de l’esclavage, cesse d’être hypnotisée par ses blessures et se défasse enfin des chaînes de l’esclavage en luttant contre toutes les formes d’asservissement. Liliane Chauleau termine son ouvrage en consacrant un copieux développement à l’étude du même sujet en Louisiane. En résumé, son ouvrage sérieux et positif ouvre avec brio la voie à d’utiles réflexions, dans un domaine encore inexploré et sera lu avec le plus grand profit. Léon-Laurent Valère n Liliane Chauleau signera son livre la voix des esclaves f oi et société aux antilles à la Librairie Alexandre rue de la République le samedi 24 novembre 2012 de 10h à 13h Les documents intégraux supports de Pascal Jacob peuvent vous être transmis gratuitement en les sollicitant à l’adresse : sdpf.martinique@orange.fr De plus, nous avons été invités à nous rapprocher des AFC afin de faire entendre nos voix dans ces débats fondamentaux : http://www.afc-france.org/nous-rejoindre/actions/contacter- votre-afc/151-972-la-martinique. n (suite de la page 13)

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P uisque tes paroles, ô mon Dieu, ne sont pas faitespour rester inertes dans nos livres,mais pour nous posséder et pour courir le monde en nous, permets que, de ce feu de joie allumé par toi, jadis, sur une montagne, et de cette leçon de bonheur, des étincelles nous atteignent et nous mordent, nous investissent et nous envahissent. Fais que, comme des flammèches dans les chaumes, nous courions les rues de la ville, nous plongions les vagues des foules, contagieux de la béatitude, contagieux de la joie… Madeleine Delbrêl Contagieux de la joie