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N° 453 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 2 décembre 2012
• Message
du saint-siège
pour la Journée
Mondiale
du tourisMe
• le sacreMent
de l’ordre
• regard chrétien
sur l’histoire
attendre dans la prière
a vent :
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Editorial
Editorial
•LeRoiServiteur
Mot de l'Evêque
•Enavantl’Avent!
Eglise universelle
•MessageduSaint-Siègepour
laJournéemondialedutourisme
La famille
• Lerôledelamoraledans
l’évolutiondudroitfrançais
delafamille(1)
Droit canonique
•Lesacrementdel’Ordre(1)
Liturgie
•Paroledominicale
•Priersanscesse:
LaLiturgiedesHeures(1)
•L’Avent: tempsd’attente,
tempsdedésir
• L’Immaculée-Conception
Foi et culture
• TousEnsemble
PourlagloiredeDieu
•Regardchrétiensurl’histoire
Aumônerie Antilles-Guyane
• Merciàtous
Vers la vie
•SrSuzelledeSaint-JeanLandre
Médias
numéro
453
N° 453 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 2 décembre 2012
• MESSAGE
DU SAINT-SIÈGE
POUR LA JOURNÉE
MONDIALE
DU TOURISME
• LE SACREMENT
DE L’ORDRE
• REGARD CHRÉTIEN
SUR L’HISTOIRE • MESSAGE
Attendre dans la prière
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
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R
écemment, la tempête Sandy
a semé sur son passage déso-
lation et mort. Les catastro-
phes climatiques ou sismiques, en
fragilisant la vie des habitants de
nos régions, rappellent à chacun de
nous ses limites et exigent de tous
un sursaut d’espérance, de solidarité
et d’énergie pour reconstruire ce qui
a été détruit.
Ce mouvement alternatif de mort
et de renaissance est au fondement
même de la vie sur terre, il est le
ressort principal de notre foi et
de nos engagements à la suite du
Christ mort et Ressuscité.
Une année liturgique se termine,
une autre s’annonce comme un temps
propice à une réflexion particulière
et de redécouverte de la foi (Porta
Fidei). Il ne fait aucun doute que
ce sera une année de grâce, mais
aussi d’épreuve si nous prenons au
sérieux cette invitation du Saint-
Père à renouveler notre foi.
A la fête du Christ-Roi, que nous
venons de célébrer, l’évangile de
saint Jean nous rappelait le dialogue
de Jésus et de Pilate. Les mots de
l’un n’avaient pas le même sens
et la même valeur pour l’autre,
parce que leur vie et leur mission
étaient diamétralement opposées.
Pilate parlait au nom d’un pouvoir
politique dominateur ; Jésus, lui,
révélait l’amour de Dieu pour tous
et sans réserve. Ce procès bâclé sera
pour Jésus le début du chemin qui le
conduira à la croix et à la Gloire.
Ce dialogue, commencé avec Pilate,
s’est poursuivi à travers l’histoire
entre l’Eglise et les pouvoirs
publics. Les interlocuteurs, selon
leur époque, ont eu des positions
différentes : tantôt ce fut l’opposition, la méfiance
; tantôt le respect
réciproque, la collaboration.
L’Eglise tient en grande considération
et estime l’activité de ceux qui se
consacrent au bien de la chose publique
et en assurent les charges pour le service
de tous (Gaudium et Spes, 75).
Ces paroles du Concile indiquent
le changement de mentalité qui
s’est opéré dans le monde chrétien,
elles sont d’une grande valeur pour
les baptisés qui s’engagent dans la
chose publique.
Le sens de la liturgie de la solennité
du Christ, Roi de l’univers, est
d’inviter le peuple de Dieu à
reconnaître que la vraie grandeur
c’est le service de l’amour manifesté
en Jésus Christ ; ce qui, pour la foi
des chrétiens, est un objectif à vivre
et à réaliser au cœur du monde. C’est
une des raisons pour lesquelles ce
jour a été choisi par Pie XI pour la
fête de l’Action Catholique.
Dès le temps de l’Avent et tout
au long de l’année liturgique, de
semaine en semaine, le chrétien
est conduit à connaître Jésus
Christ, lui, avec la puissance de sa
résurrection, à communier à ses
souffrances, à devenir semblable à
lui dans sa mort, afin de parvenir, s’il
est possible, à la résurrection d’entre
les morts (Philippiens 3,10).
Sur la route cahoteuse de notre
histoire, nous savons que nous ne
sommes pas seuls : Jésus, le Verbe
de Dieu, a pris notre condition
humaine afin que, homme parfait,
il sauve tous les hommes et rassemble
toutes choses en lui. Le Seigneur
est le terme de l’histoire humaine,
le point vers lequel convergent les
désirs de l’histoire et de la civilisation
(Gaudium et Spes, 45).
Père Jean de Coulanges n
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Le Roi Serviteur
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Couverture : Jeunes moines au monastère Notre-Dame du Mont des Oliviers - Terreville (Photo L. Philippon)
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Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
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Mot de l'Evêque
En avant l’Avent !
D
epuis le 2 décembre
2012, l’Eglise catholique a
commencé une nouvelle
année liturgique dont le début est
le premier dimanche de l’Avent.
L’Avent, dont le nom tire son
origine du latin
adventus qui
signifie venue, arrivée, est pour
l’Eglise un temps liturgique qui
prépare la Venue du Seigneur.
Le Seigneur est déjà venu. La fête
de Noël célèbre ce moment où
Dieu, fidèle à ses promesses, a
conclu définitivement son Alliance
avec les hommes en leur envoyant
son Fils Unique.
Ce Fils, engendré non pas créé,
de même nature que le Père,
resplendissement de sa gloire, par
qui tout a été fait, s’est fait homme
en prenant chair dans le sein de
la Vierge Marie. La fête de Noël
est la célébration de ce moment
qui n’est ni un conte de fées, ni
un mythe, mais un événement
dont les historiens ont retrouvé
la trace.
Le temps de l’Avent a pour but de
rappeler que le Fils de Dieu est déja
venu à Noël mais qu’Il doit encore
venir parmi nous aujourd’hui,
avant son ultime retour dans la
gloire à la fin des temps, comme
il l’a promis ; moment que les
chrétiens appellent la Parousie ,
qui verra l’avènement du Fils de
Dieu dans sa gloire et la remise
par lui, de toute la création à Dieu,
son Père.
L’Avent est un temps qui demande
aux croyants d’être vigilants et
d’attendre la venue du Seigneur
comme des serviteurs qui ne
savent pas à quel moment leur
maître reviendra d’une longue
absence. Heureux ces serviteurs
que le Maître trouvera éveillés
et au travail au moment de son
retour !
Le Fils de Dieu est venu parmi nous,
de manière humble et cachée. Il a
exercé pendant de nombreuses
années le métier de charpentier.
Pour ceux qui le connaissaient
il n’était que le charpentier de
Nazareth.
Il a refusé d’être le chef politique que
ses contemporains lui demandaient
d’être, en voulant faire de lui leur
roi. Il n’a jamais voulu mettre à
son profit les pouvoirs miraculeux
qu’il détenait sur les éléments de la
nature et sur les hommes.
Il a été obéissant aux autorités de
son temps et surtout à la volonté
de Dieu. Il restait à l’écoute de
cette volonté en permanence,
dans la prière et la solitude.
Lui, le Fils unique de Dieu, a voulu
n’être parmi nous qu’un homme
comme tous les autres, pour nous
montrer de manière très concrète,
le visage de Dieu et l’unique chemin
qui mène à Lui. Il disait : Personne
ne peut aller au Père, sans passer
par moi.
Les chrétiens sont les femmes et les
hommes qui croient en Jésus Christ
c’est-à-dire lui font confiance pour
connaître le vrai Dieu et parvenir
à l’intimité de sa vie.
Les chrétiens croient que Jésus
n’est pas simplement une option
parmi tous les choix religieux et les
multiples spiritualités qui leur sont
offertes aujourd’hui. Ils croient que
Jésus est unique, incontournable,
car il n’est ni un chef religieux,
ni un fondateur de religion, mais
Dieu lui-même s’incarnant pour
venir au secours des hommes.
Le premier message de l’Avent
est une invitation à être vigilant :
invitation à prendre conscience
que le Maître doit venir et qu’il
souhaite que sa venue soit atten-
due et préparée.
Dans le monde d’aujourd’hui même
le nom de Jésus Christ est souvent
occulté. Les chrétiens discutent
de valeurs , d’ anthropologie , de
philosophie , de religions. Quand
il s’agit de Jésus, de ses miracles,
de sa résurrection, bien souvent
ils sont
gênés. Ils ne veulent pas
passer pour des rétrogrades, des
demeurés. Pour se donner une
contenance, pour se faire passer
pour des personnes modernes
et éclairées, ils sont prêts à nier
ce qui est le fondement de la foi
chrétienne.
Ce fondement, l’Apôtre Paul le
rappelle avec véhémence aux
Corinthiens, dans sa Première
Lettre au chapitre 15 :
Je vous rappelle, frères, l’Evangile
que je vous ai annoncé, que vous
avez reçu, auquel vous restez
attachés, et par lequel vous serez
sauvés si vous le retenez tel que
je vous l’ai annoncé ; autrement
vous auriez cru en vain.
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Mot de l'Evêque (suite)
E g l i sE En M a r t i n i q u E
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X
MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 €
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Oui, je m’abonne !
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Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
4
Je vous ai transmis en premier
lieu ce que j’avais reçu moi-
même : Christ est mort pour nos
péchés, selon les Ecritures ; il a
été enseveli, il est resssucité le
troisième jour, selon les Ecritures.
il est apparu à Céphas, puis aux
Douze.
Ensuite, il est apparu à plus de cinq
cents frères à la fois, la plupart
sont encore vivants et quelques-uns
sont morts. Ensuite, il est apparu
à Jacques, puis à tous les apôtres.
En tout dernier lieu, il m’est aussi
apparu, à moi l’avorton. Car je
suis le plus petit des apôtres, moi
qui ne suis pas digne d’être appelé
apôtre parce que j’ai persécuté
l’Eglise de Dieu.
C’est cela l’Evangile – c’est-à-dire
la Bonne Nouvelle – que saint Paul
veut annoncer à tous les hommes
en commençant par les païens. Et il
ajoute, dans sa Lettre aux Galates :
Mais si quelqu’un, même nous ou
un ange du ciel, vous annonçait
un évangile différent de celui que
nous vous avons annoncé, qu’il
soit anathème !
La Bonne Nouvelle que nous
avons à annoncer à notre monde
aujourd’hui, c’est Jésus Christ,
Fils de Dieu, qui est venu en
notre chair, a vécu, a souffert,
est mort, est ressuscité et qui est
vivant aujourd’hui avec nous,
parmi nous, en nous, mais aussi
personnellement dans son corps
divinisé : c’est en le connaissant, en
l’aimant, en lui faisant confiance et
en le suivant même et surtout dans
ses exigences que nous sommes
sauvés. Le connaissons-nous ?
Cherchons-nous à le connaître ?
En cette année liturgique, l’Eglise
nous invite à redécouvrir l’Evangile
selon saint Luc. Sommes-nous
prêts à revivre l’enthousiasme de
La Fontaine qui, après avoir lu le
Livre du prophète Baruch, dans la
Bible, demandait aux familiers de
la Cour qu’il rencontrait : Avez-vous
lu Baruch?
Combien parmi nous seront-ils
prêts à revivre la même expérience
et à demander à leur entourage :
Avez-vous lu saint Luc ? Non par
pédantisme ou pour faire preuve
d’érudition, mais simplement pour
partager cette Bonne Nouvelle du
Fils de Dieu venu en notre monde
pour sauver les pécheurs que nous
sommes et leur dire que Dieu les
aime, et que cet amour les rend
capables de changer radicalement
la vie du monde.
Alors, En avant, l’Avent ! et Bonne
Année liturgique à tous !
+ Michel Méranville, Archevêque n
* * * * *
* * * * *
Nous tenons à remercier les fidèles et généreux donateurs qui, cette
année encore, ont apporté leur contribution à la vie matérielle de leur
Eglise.
La collecte du Denier de l’Eglise se réalise toute l’année. Il nous semble
donc important de rappeler à ceux qui n’auraient pas encore fait ce
geste, qu’il n’est pas trop tard.
Les dons peuvent être reçus directement à l’Archevêché : B.P. 586 - 97207
Fort-de-France Cedex ou par l’intermédiaire habituel des paroisses.
D’avance, merci.
Hervé Lordinot, Econome diocésain
Rappel
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L
e Saint-Siège a adhéré
à cette initiative de
l'Organisation Mondiale
du Tourisme (OMT) dès sa
première édition, considérant
qu'elle constitue une occasion
de dialoguer avec la société. Y
apportant une contribution
basée sur l'Evangile, il y voit une
occasion de sensibiliser l'ensemble
de l'Eglise sur l'importance sociale
et économique de ce secteur, en
particulier dans le contexte de la
Nouvelle Evangélisation.
Ces dernières décennies, le tourisme
s'est accru à un rythme important
et, selon les statistiques de l'OMT,
on prévoit d'atteindre, durant
l'année, le milliard de déplacements
de touristes, qui deviendront deux
milliards en 2030. Il faut ajouter à
cela les chiffres encore plus élevés
du tourisme local. Cette croissance,
qui comporte certainement des
effets positifs, peut avoir un
sérieux impact environnemental
dû, parmi d'autres facteurs, à
la consommation démesurée
de ressources énergétiques, à
l'augmentation d'agents polluants
et à la production de déchets.
Le concept de développement
durable est d'ores et déjà
enraciné dans notre société et
le secteur touristique ne peut ni
ne doit demeurer marginal. Le
Conseil pontifical désire offrir
sa contribution, en partant de
la conviction que l'Eglise a une
responsabilité envers la création
et qu'elle doit la faire valoir
publiquement. Il ne lui appartient
pas de proposer des solutions
techniques concrètes, mais de
montrer que le développement
ne peut pas se réduire à de simples
paramètres techniques, politiques
ou économiques. Nous désirons
accompagner ce développement
par quelques orientations éthiques
ciblées, soulignant que toute
croissance doit toujours être au
service de l'être humain et du bien
commun.
On ne saurait séparer l'écologie
environnementale de la préoccu-
pation pour une écologie humaine
appropriée, conçue comme intérêt
du développement intégral de
l'être humain. De même, nous ne
pouvons pas scinder notre vision
de l'homme et de la nature, du lien
qui les unit avec leur créateur. Dieu
a confié à l'être humain la bonne
gestion de la création. Il faut tout
d'abord réaliser un grand effort
éducatif, afin de promouvoir un
véritable changement de mentalité
et d'adopter de nouveaux styles de
vie. Cette conversion de l'esprit et
du cœur doit permettre d'arriver
rapidement à un art de vivre
ensemble qui respecte l'alliance
entre l'homme et la nature.
Il est juste que nos habitudes
quotidiennes soient en train de
changer et qu'il y ait une plus
grande sensibilité écologique. On
risque cependant d'oublier ces
motivations durant les vacances,
en quête de commodités
auxquelles nous croyons avoir
droit, sans toujours bien réfléchir
à leurs conséquences. Il est
nécessaire de cultiver l'éthique
de la responsabilité et de la
prudence, en nous interrogeant
sur l'impact et sur les conséquences
de nos actes. A cet égard, le Saint-
Père affirme que la façon dont
l'homme traite l'environnement
influence les modalités avec
lesquelles il se traite lui-même et
réciproquement. C'est pourquoi
la société doit reconsidérer son
mode de vie qui, en de nombreuses
régions du monde, est dominé par
l'hédonisme et le consumérisme,
indifférents aux dommages qui
en découlent. Sur ce point, il sera
important d'encourager tant les
entrepreneurs que les touristes
afin qu'ils tiennent compte des
répercussions de leurs décisions
et de leurs comportements. De
même, il est crucial de favoriser
des comportements plus sobres,
réduisant leurs propres besoins
d'énergie et améliorant les
conditions de son utilisation. n
Eglise universelle
Message du Saint-Siège
pour la Journée mondiale du tourisme
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
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Tourisme et durabilité énergétique, les moteurs du développement durable, tel
était le titre du Message du Saint-Siège pour la Journée mondiale du tourisme, le
27 septembre 2012. Au moment où commence chez nous la saison touristique,
il est bon de revenir sur l’essentiel de ce message.
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La famille
Pour mieux faire accepter les réformes envisagées de la famille, certains
réclament que la morale soit étrangère au droit de la famille. Par cette réflexion
particulièrement argumentée, Monsieur le Bâtonnier Raymond Auteville, avocat
à la Cour, démontre, au contraire, que c’est la morale qui donne un sens
supérieur à la famille.
Le rôle de la morale
dans l’évolution
du droit français de la famille
(1)
L
a morale, c’est l’ensemble
des principes de jugement et
de conduite qui s’imposent
à la conscience individuelle ou
collective, relative au bien, au
devoir, aux valeurs, et qui donnent
du sens à la vie sociale.
La famille peut se définir, soit par
la lignée, soit par l’alliance. Par
la lignée, elle signifie l’ensemble
des générations successives
descendant d’un même ancêtre.
Par l’alliance, la famille c’est
l’ensemble formé par le père, la
mère et les enfants.
Le Code Civil, dans sa version
consolidée à ce jour, ne donne
aucune définition de la famille,
mais il l’organise comme étant
l’alliance d’un homme et d’une
femme, qui vont donner naissance
à des enfants (articles 75, et 212 à
215 du Code Civil).
La famille est l’une des institutions
les plus réglementées par le Code
Civil. Et, si l’on analyse ce corpus
législatif, il apparaît aujourd’hui
que jamais une institution n’a été
aussi fortement imprimée par la
morale, source de la protection
contre l’excès préjudiciable (I),
mais également, moteur de
l’évolution au fil du temps (II).
I – La morale protectrice
contre l’excès
préjudiciable
La famille est la cellule de base
de la société. s’interroger sur la
famille, c’est s’interroger sur le
fondement de l’ordre social…
(R. Lenoir, Généalogie de la morale
familiale, 2003 – Le Seuil).
C’est pourquoi, le législateur
s’est toujours intéressé de très
près à la famille, allant jusqu’à la
réglementer dans le menu détail
de son fonctionnement, dans un
souci de protection. Et c’est dans
la morale que le législateur a puisé
le fondement de la protection de la
cellule familiale (A) et de la filiation
(B).
Les progrès fulgurants de la
science biomédicale ont modifié
les paramètres. Et le législateur est
intervenu pour protéger la famille
contre la
physiocratie scientifique
(C).
A) La protection de la cellule
familiale
C’est incontestablement pour
protéger la cellule familiale que le
Code Civil organise les droits et les
devoirs de chacun :
- l’autorité parentale, qui a pour
finalité l’intérêt de l’enfant, est
exercée par le père et la mère
(article 371-1 du Code Civil) ;
- les parents contribuent, à
proportion de leur faculté,
aux besoins de l’enfant (article
371-2 du Code Civil) ;
- les époux se doivent
mutuellement respect, fidélité,
secours et assistance (art. 212
du Code Civil) ;
- les enfants, à tout âge, doivent
honneur et respect à leurs père
et mère (art. 371 du Code Civil).
Il est difficile de ne pas reconnaître
que ces règles qui visent directement
la protection de la cellule familiale
trouvent leur source dans la morale,
et même mieux, dans la morale
judéo-chrétienne.
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
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Le rôle de la morale
dans l’évolution
du droit français de la famille
(1)
Dans le même esprit, le Code Civil
protège la filiation.
B) La protection de la filiation
La filiation est le rapport d’origine
de l’enfant avec son père et sa
mère. Le droit pour tout enfant
d’être rattaché à une famille est
naturel, certes, mais il a également
une utilité sociale.
C’est encore dans la morale
que le législateur a puisé pour
édicter un certain nombre de
règles juridiques, dans le but de
maintenir la norme et la cohésion
sociale.
La filiation est réglementée par le
titre VII du Livre I du Code Civil. Et
l’article 310 du Code Civil pose le
principe général : Tous les enfants
dont la filiation est légalement
établie ont les mêmes droits et
les mêmes devoirs dans leurs
rapports avec leur père et leur
mère. ils entrent dans la famille
de chacun d’eux…
La filiation résulte, en premier
lieu, d’un droit naturel. La morale
réprouve que celle-ci soit laissée
à la libre volonté de l’individu,
en fonction de ses désirs, de ses
pulsions, de ses fantasmes, de ses
choix de vie sociale ou sexuelle.
Le législateur a édicté un certain
nombre de règles d’ordre
public, en matière de filiation :
établissement, droits et devoirs
engendrés de la filiation,
contestation…
Le professeur Jean-Jacques
Lemouland a exprimé, à ce sujet,
une réflexion profonde de sens :
Pour inscrire l’enfant dans une
histoire humaine, et ne pas le
livrer aux forces subjectives des
adultes, en en faisant un pur
objet de droit, il est nécessaire
de rendre vivante et crédible la
nature sociale, et non purement
privée, du lien de filiation,
même si les faits de procréation
sont intimes, et la sexualité
considérée de nos jours comme
une liberté…
C’est précisément parce que la
procréation ne relève pas de
la seule sphère privée, que le
législateur a particulièrement
encadré l’application à la famille,
de la science biomédicale.
C) La protection contre la
"physiocratie biomédicale"
La physiocratie est une doctrine
qui prône la plus grande liberté
de faire ce que l’on veut. Elle a été
appliquée à l’économie au XVIII ème
siècle. Elle a été revendiquée pour
les mœurs en 1968, mais elle se
révélerait fort dangereuse en
matière de procréation et de
filiation. En effet, de tout temps,
la famille repose sur l’union d’un
homme et d’une femme, en vue
de la procréation.
Le développement spectaculaire de
la science biomédicale a ouvert de
nouvelles perspectives au couple,
en matière de procréation :
- la pilule contraceptive a permis
le choix et la programmation des
naissances ;
- la procréation médicalement
assistée a permis de donner la vie,
là où la nature ne le permettait
pas.
Mais, parce que la procréation
et la filiation ne relèvent pas
de la seule sphère privée, mais
également de l’ordre public, le
législateur est intervenu pour
autoriser certaines pratiques
et en condamner d’autres. Et
c’est l’éthique qui a déterminé
la frontière entre ce qui peut
être toléré, et ce qui ne peut
l’être. C’est tout le sens des lois
bioéthiques (loi du 29 juillet 1994
– loi du 6 août 2004).
Le Code de la Santé Publique (C.S.P.)
encadre le recours à la procréation
médicalement assistée :
- la procréation médicalement
assistée ne peut être sollicitée
que par un couple (un homme et
une femme), en âge de procréer
(article L 2141-2).
- interdiction de la conservation
des gamètes ou des embryons
congelés, en vue d’une insé-
mination post-mortem (article
L 2441-2).
- la procréation médicalement
assistée ne peut être utilisée
qu’en présence de certaines
indications médicales : infertilité,
maladies graves et risque de
contamination du fœtus, etc.
Et si la loi du 6 août 2004 a élargi
les conditions du recours à la
procréation médicalement assistée,
en permettant le recours à un
donneur extérieur au couple (article
L 2141-7 du C.S.P.), elle précise que,
dans ce cas, la filiation ne peut
être établie entre le donneur
et l’enfant. De même, le couple
receveur s’interdit toute action en
contestation de paternité.
La procréation et la filiation ont un
fondement éthique : elles relèvent
de l’état des personnes. Et, à ce
titre, elles ne sauraient dépendre
exclusivement de la libre volonté
individuelle, sauf à considérer
l’enfant comme un objet de droit,
un objet de désir, un objet dans un
choix personnel de vie.
La morale est la source de la
protection de la famille. Elle est
également le moteur de l’évolution
du droit de la famille.
(à suivre)
Raymond Auteville, Avocat à la Cour
Ancien Bâtonnier de l’Ordre
n
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
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Droit canonique
Par le sacrement de l'Ordre, d'institution divine, certains fidèles sont constitués
ministres sacrés par le caractère indélébile dont ils sont marqués ; ils sont
ainsi consacrés et députés pour être pasteurs du peuple de Dieu, chacun
selon son degré, en remplissant, en la personne du Christ Chef, les fonctions
d'enseignement, de sanctification et de gouvernement. Canon 1008
Le sacrement de l’Ordre (1)
L
e code de droit canonique
a pour fonction d’organiser
l’Eglise du Christ et de
permettre la mise en œuvre de la
théologie. Par ces quelques mots
rédigés avec précision dans le canon
1008, il jette les bases essentielles
du sacrement de l’Ordre dont
nous allons découvrir l’utilité et la
fonction au sein du peuple de Dieu
et de l’humanité tout entière.
Tout d’abord, qu’est-ce que
l’ordre ?
D’emblée, nous saisissons assez
aisément l’ordre comme le
contraire du désordre. L’ordre
désigne ce qui est rangé, répertorié,
organisé, hiérarchisé. On peut
déjà comprendre le sacrement de
l’Ordre comme celui qui désigne
l’organisation d’un service particulier
au sein de l’Eglise du Christ.
En second lieu, l’ordre résonne
comme un rassemblement, une
organisation, un ensemble de
personnes. C’est ainsi que l’on
parle de l’ordre des médecins, des
avocats, l’ordre des dominicains...
Le sacrement de l’Ordre regroupe
en une fraternité particulière, tous
ceux qui participent d’une manière
spéciale au sacerdoce du Christ.
L’Ordre peut aussi être entendu
comme l’ensemble de ceux qui ont
reçu l’ordre de... faire comme le
Christ l’a demandé.
Etymologiquement, l’Ordre vien-
drait d’ ordo en latin. Dans
l’antiquité classique, on entend par
ordo une rangée (ordo arborum) ,
un rang militaire, une succession
chronologique (ordo aetatum) ,
une organisation (ordo rerum) et
enfin, une classe sociale déterminée
(ordo senatorius) . Cette dernière
acception est à l'origine du vocable
chrétien. Ainsi, le terme
ordo dans
le sens chrétien et originel apparaît
pour la première fois chez un grand
Père de l’Eglise, Tertullien, du 3 ème
siècle. Dans l’Eglise, Ordo a été
opposé à
Plebs . Ordo désigne
le clergé
(episcopus, presbyter,
diaconus)
dans son ensemble,
comme un ordre distinct du laïcat
(plebs) . À partir du 12 ème siècle,
ordo (ordines ) devient l'équivalent
d'ordination(s) dans le sens actuel.
Ordonné est celui qui a reçu une
grâce et une mission bien spécifique
dans l’Eglise du Christ. C’est ce que
nous allons maintenant découvrir
progressivement.
Pour un rapide rappel, il est bon
de se remettre en mémoire que
l’Ordre est un sacrement, c'est-à-
dire qu'il est action du Christ et de
l'Eglise, signe et moyen par lequel la
foi s'exprime et se fortifie, le culte
est rendu à Dieu et se réalise la
sanctification des hommes.
C’est pourquoi le canon 1008
réaffirme que l’Ordre n’est pas
une invention de l’Eglise, mais il
est d’institution divine.
Tout d’abord, il est bon de se
souvenir que, de manière générale,
les sacrificateurs de la plupart des
religions, choisis par naissance,
inspiration ou désignation, forment
une catégorie à part des fidèles.
Ils forment une sorte d’ordre
particulier. Dans l’Ancien Testament,
par choix divin, des prêtres et lévites,
eux aussi à part de la société, vivent
leur ministère au service du peuple.
Et dans l’Eglise catholique, c’est par
la volonté de Dieu que certains
fidèles sont constitués ministres
sacrés. En effet, le seigneur Jésus,
"que le Père a sanctifié et envoyé
dans le monde" (Jn 10,36), fait
participer tout son Corps Mystique
à l'onction de l'Esprit qu'il a reçue :
en lui, tous les chrétiens deviennent
un sacerdoce saint et royal, offrant
des sacrifices spirituels à Dieu par
Jésus Christ et proclament les hauts
faits de celui qui les a appelés des
ténèbres à son admirable lumière.
il n'y a donc aucun membre qui
n'ait sa part dans la mission du
Corps tout entier ; chacun d'eux
doit sanctifier Jésus dans son cœur
et rendre témoignage à Jésus par
l'esprit de prophétie.
Mais le même seigneur, voulant
faire des chrétiens un seul corps
où "tous les membres n'ont pas
la même fonction" (Rm 12,4), a
établi parmi eux des ministres qui,
dans la communauté des chrétiens,
seraient investis par l'Ordre du
pouvoir sacré d'offrir le sacrifice
et de remettre les péchés et y
exerceraient publiquement pour
les hommes au nom du Christ la
fonction sacerdotale. C'est ainsi
que le Christ a envoyé ses apôtres,
comme lui-même avait été envoyé
par le Père ; puis, par les apôtres
eux-mêmes, il a fait participer à
sa consécration et à sa mission
les évêques, leurs successeurs,
dont la fonction ministérielle a été
transmise aux prêtres à un degré
subordonné
(1).
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
8
(1) Concile de Vatican II, Paul VI, Décret sur le ministère et
la vie des prêtres, Presbyterorum Ordinis, 1965
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2 décembre 2012
L a P arole D ominicale
Jérémie33,14-16-Psaume24-1Thessaloniciens3,12-13;4,1-2-Luc21,25-28.34-36
1 er dimanche de l’Avent
Année C
L
es lectures de ce dimanche
attirent notre attention sur
la fin des temps. Si nous
relisons bien l'Évangile du jour,
nous voyons que le Christ ne nous
laisse pas sur une perspective
fermée et triste. Il nous dit
que, ce jour-là, sonnera l'heure
tant attendue de notre totale
Rédemption. C'est vrai, ce monde
est un monde qui passe, mais c'est
un monde qui fonce vers la Vie.
On est frappé, dans l'Évangile, par
cette description effrayante de la
fin des temps. Mais ne nous affolons
pas : admirons et partageons
plutôt la foi du Bienheureux Jean
Paul II, qui rappelait :
N’ayez pas
peur !
Tenons-nous-en à la parole
de Jésus : la date est dans le secret
du Père, pas dans les journaux
(cf. Mt 24,36).
Le Christ n'entend pas nous
laisser avec cette peur de notre
avenir personnel ou de l'avenir
du monde : Vous obtiendrez la
vie, nous dit-il (Lc 21,19). Quand
les savants portent un regard sur
l'histoire de notre planète, ils sont
frappés par son extraordinaire
évolution. Cette organisation du
monde qui devient de plus en plus
complexe, avec cet homme sur
sa planète au milieu d'une petite
galaxie, il est vraiment difficile de
considérer que tout cela n'a pas
de sens.
Dans le passé, la nature a fait des
progrès prodigieux, des bonds en
avant inattendus et inespérés. Dès
lors, pourquoi la terre ne nous
réserverait-elle pas la surprise des
surprises, le surgissement d'un
nouveau sommet : le royaume de
l'amour ?
Non, nous n'allons pas vers une
catastrophe irréversible, au cours
de laquelle la terre disparaîtrait
comme un soufflé qui retombe.
Non, elle ne s'enfoncera pas
lentement dans des ténèbres
définitives, mais se réveillera,
un matin, réchauffée soudain
par le Soleil de justice que nous
attendons.
La terre est ce lieu d'apprentissage
où le cœur apprend à se dilater
pour aimer à l'infini ; elle est cette
forge où se fabrique la structure
divine dont l'homme a besoin
pour vivre auprès de Dieu. Elle
est le temps des fiançailles, des
préparatifs des noces éternelles.
Et cela n'est pas un rêve.
Tenez-vous sur vos gardes,
de crainte que votre cœur ne
s’alourdisse dans la débauche,
l’ivrognerie et les soucis de la
vie… Pour maintenir cet état de
veille, il faut garder l'esprit de
lutte, car la tendance de l'homme
est de vivre les yeux fixés sur les
choses de la terre. Particulièrement
durant l'Avent, ne laissons pas le
cœur s'aveugler. La gloutonnerie,
l'ivresse et les soucis de cette vie
font perdre de vue la dimension
surnaturelle de la vie.
Rester éveillé, c'est s'attacher à
la prière personnelle qui protège
de la tiédeur et du dépérissement
des désirs de sainteté ; rester
vigilant, c'est ne pas négliger les
petites mortifications qui nous
maintiennent éveillés dans notre
vie intérieure ; rester attentif, c'est
se servir de l'examen de conscience
pour repérer les fausses pistes qui
nous écartent de la route de la
foi, de l'espérance, de la charité,
sans qu'on s'en rende toujours
compte.
Depuis le début du monde où
l'Esprit-Saint planait sur les eaux
inertes, il continue son œuvre de
transformation et d'unification.
Voici le temps de l'Avent, une
nouvelle année pour la spiritualité
du chrétien : l'Esprit va nous aider
à progresser, faire grandir Jésus
en nous comme il le faisait dans
le sein de Marie. Il nous prépare
discrètement à ce Noël tout proche,
mais surtout au grand Noël de
la fin des temps, quand le Christ
viendra avec grande puissance et
grande gloire.
Alors, comme dit l'Évangile,
nous pourrons redresser la tête,
fièrement, joyeusement, pour
partager la grande joie du Fils de
l'homme enfin reconnu comme
Roi de l'univers.
P. Jozef Nowak, curé du Vert-Pré n
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
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Voici le temps de
l'Avent, une nouvelle
année pour la spiri-
tualité du chrétien :
l'Esprit va nous aider
à progresser, faire
grandir Jésus en nous
comme il le faisait dans
le sein de Marie.
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Liturgie
Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Ps 91,2-3).
En ce temps de l’Avent qui nous invite à la prière, Mère Marie-Reine van Deth,
Prieure du Monastère Sainte-Marie des Anges, nous aide à entrer dans la prière
de l’Eglise : la Liturgie des Heures.
Prier sans cesse :
La Liturgie des Heures
(1)
P
armi les différentes manières
de prier, il en existe une
tout à fait privilégiée,
c’est la liturgie dont le sommet
est l’Eucharistie. Mais, gravitant
autour de ce centre essentiel, il y
a la Liturgie des Heures, dont la
fonction est de consacrer tout le
déroulement du temps. Puisque
notre vie humaine se déroule dans
le temps, que Dieu lui-même, en
son Fils Incarné, est entré dans le
temps, c’est au cœur de cette réalité
que s’inscrit notre relation avec lui,
notre réponse à sa parole.
Pour nous initier au sens profond
de la Liturgie des Heures, le
meilleur moyen serait d’en relire
la
Présentation générale. En voici
un paragraphe : « Puisque le Christ
nous a ordonné : il faut toujours
prier, sans se lasser (Lc 18,1),
l'Église, obéissant fidèlement à
cette recommandation, ne cesse
jamais de prier et nous y invite par
ces paroles :
Par lui (Jésus) offrons
toujours à Dieu le sacrifice de
louange (He 13,15). Ce précepte
est accompli non seulement par
la célébration de l'Eucharistie,
mais également d'autres façons, et
surtout par la Liturgie des Heures
qui a en propre, par rapport aux
autres actes liturgiques, suivant
l'ancienne tradition chrétienne, de
consacrer tout le cycle du jour et
de la nuit ». (1) Prière quotidienne
des chrétiens, dans la continuité
de la prière juive des psaumes, elle
est répartie en plusieurs moments
appelés offices ou heures de l’office,
ou encore Œuvre de Dieu.
L’Œuvre de Dieu
dans la liturgie
Mais qu’est-ce que la liturgie ? Le
pape Benoît XVI nous répond :
« Si nous ouvrons le Catéchisme
de l’Eglise Catholique (CEC), nous
pouvons lire qu’à l’origine le mot
liturgie signifie service de la part
de / et en faveur du peuple. (2) Si la
théologie chrétienne a emprunté
ce terme au monde grec, elle l’a
fait visiblement en pensant au
nouveau Peuple de Dieu, né du
Christ qui a étendu les bras sur la
croix pour unir les hommes dans
la paix du Dieu unique. service
en faveur du peuple, un peuple
qui n’existe pas tout seul, mais qui
s’est formé grâce au Mystère pascal
de Jésus Christ. En effet, le Peuple
de Dieu n’existe pas par des liens
de sang, de territoire, de nation,
mais il naît toujours de l’œuvre du
Fils de Dieu et de la communion
avec le Père qu’il nous obtient. […]
Dans la tradition chrétienne, le mot
liturgie veut signifier que le Peuple
de Dieu prend part à l’ Œuvre de
Dieu,
parce que le Peuple de Dieu
comme tel existe seulement par
l’action de Dieu.
Mais nous pouvons nous demander :
quelle est l’ Œuvre de Dieu à
laquelle nous sommes appelés à
participer ? L’
Œuvre de Dieu, ce
sont d’abord ses actions historiques
qui nous apportent le salut et
qui ont culminé dans la mort et
la résurrection de Jésus Christ ;
mais c’est aussi la célébration de la
liturgie comme Œuvre du Christ. E n
réalité, ces deux significations sont
inséparablement liées. Si nous nous
demandons qui sauve le monde et
l’homme, l’unique réponse est :
Jésus de Nazareth, Seigneur et
Christ, crucifié et ressuscité. Et où
s’actualise pour nous, pour moi
aujourd’hui, le mystère de la mort
et de la résurrection du Christ qui
apporte le salut ? La réponse est :
dans l’action du Christ par l’Eglise,
dans la liturgie.
La liturgie est une rencontre des
enfants de Dieu avec leur Père,
dans le Christ et l’Esprit-Saint, et
cette rencontre s’exprime comme
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
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Quelle étonnante et
magnifique attitude
que celle du chrétien,
priant avec la Prière
de l’Église, qui rend
à Dieu ce qu’il a reçu
de lui !
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un dialogue, à travers des actions
et des paroles. Par conséquent,
la première exigence pour une
bonne célébration liturgique est
qu’elle soit prière, colloque avec
Dieu, avant tout écoute, et donc
réponse. Lorsque saint Benoît
parle, dans sa Règle, de la prière
des psaumes, il indique ceci aux
moines : Que l’esprit soit en
accord avec la voix (3).
La Liturgie des Heures
« Le Mystère du Christ, son
Incarnation et sa Pâque, que nous
célébrons dans l’Eucharistie, […]
pénètre et transfigure le temps
de chaque jour par la célébration
de la Liturgie des Heures, l’Office
divin. [...] Elle est la prière publique
de l’Église dans laquelle s’exerce
le sacerdoce royal des baptisés.
[…] La Liturgie des Heures est
vraiment la voix de l’Épouse elle-
même qui s’adresse à son Époux ;
elle est la prière que le Christ lui-
même avec son Corps adresse au
Père »
(4), au point que celui qui
prie les psaumes dans la Liturgie
des Heures, les prie en tenant la
place du Christ lui-même (5). On
pourrait adapter la phrase de saint
Paul (Galates 2,20) : Ce n’est plus
moi qui prie, c’est le Christ qui
prie en moi.
Une école de prière
Dans ses récents enseignements
sur la prière, le pape Benoît XVI
disait : « Comment est-ce que
j’apprends à prier, comment est-ce
que je grandis dans la prière ? En
regardant le modèle que Jésus
nous a enseigné, le Notre Père ,
nous voyons que le premier mot
est Père et le deuxième notre.
La réponse est donc claire :
j’apprends à prier, je nourris ma
prière en m’adressant à Dieu et
en priant-avec-les-autres, en priant
avec l’Eglise, en acceptant le don
de ses paroles, qui deviennent
pour moi peu à peu familières et
riches de sens » (6).
La Liturgie des Heures est
justement la prière officielle
de l’Église. Est-elle pour autant
impersonnelle, ritualiste et
dépourvue de sentiments ?
Il n’en est rien, car nous la
recevons d’une Église de priants
qui nous a précédés. Attentifs
aux gémissements inexprimables
de l’Esprit-Saint dans leur cœur,
nourris de la Parole de Dieu, ils ont
su l’enrichir de toute la profondeur
de leur expérience spirituelle,
l’orner de beauté et d’une poésie
qui traduit tous les mouvements
de l’âme humaine face à Dieu.
Elle peut donc à bon droit être
regardée comme une école de
prière : elle est un incomparable
trésor pour ceux qui la pratiquent
et un inégalable modèle pour ceux
qui s’en inspirent dans leur prière
privée.
Celui qui prie avec la Prière de
l’Église accepte, il est vrai, de se
dessaisir un peu de lui-même ; il n’a
pas choisi l’hymne, un psaume de
joie lui est proposé alors qu’il est
dans la peine... Mais ne peut-on
pas dire qu’une personne est
d’autant plus chrétienne, et donc
que le chrétien est davantage lui-
même, lorsqu’il accepte d’être ainsi
incorporé au Christ et à l’Église qui
est son corps (7)? Tout en se laissant
dessaisir d’une part de ses choix
et de ses sentiments personnels,
il accède à une plus grande
communion, non seulement dans
le Christ et l’Église, mais avec toute
l’humanité au nom de laquelle il
prie.
« En participant à la liturgie, nous
faisons nôtre la langue maternelle
de l’Eglise, nous apprenons à parler
en elle et pour elle. Naturellement,
cela arrive de façon graduelle,
peu à peu. Je dois me plonger
progressivement dans les paroles
de l’Eglise, avec ma prière, avec
ma vie, avec ma souffrance, avec
ma joie, avec ma pensée. C’est un
chemin qui nous transforme »
(8).
Prière du Christ total
« La Prière de l’Église participe de
la piété du Fils unique envers le
Père et de la prière que, durant
sa vie sur terre, il a exprimée
par la parole et qui, à présent,
se perpétue sans interruption
dans toute l’Église et en tous ses
membres, au nom et pour le salut
de tout le genre humain ». (9)
« En effet, c’est seulement dans le
Christ que nous pouvons dialoguer
avec Dieu le Père comme ses
enfants ; autrement, cela n’est
pas possible ; mais en communion
avec le Fils, nous pouvons dire
nous aussi ce que Lui a dit : Abbà .
En communion avec le Fils, nous
pouvons connaître Dieu comme
un vrai Père »
(10) .
Prier avec les "mots mêmes de
Dieu"
Quelqu’un faisait un jour, à propos
des psaumes, cette réflexion : "C’est
la Parole de Dieu qui retourne à
Dieu en passant par nous". Quelle
étonnante et magnifique attitude
que celle du chrétien, priant avec
la Prière de l’Église, qui rend à
Dieu ce qu’il a reçu de lui ! Et ce
qui est vrai des psaumes, l’est aussi
plus largement de l’ensemble des
Offices des Heures qui ponctuent
et sanctifient la journée. La
Prière de l’Église n’est pas un
monologue ; elle est la continuelle
réponse offerte à Dieu au nom de
l’humanité, reprenant les mots
mêmes qu’il nous a adressés.
(à suivre)
Mère Marie-Reine van Deth n
(1) Présentation Générale de la Liturgie des Heures (PGLH), n° 10
(2) Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1069
(3) Cf. Benoît XVI, AG du 26 septembre 2012
(4) CEC, n° 1174
(5) PGLH, n° 108
(6) Benoît XVI, AG du 26 septembre 2012
(7) Col 1,18
(8) Benoît XVI, AG du 3 octobre 2012
(9) PGLH, n° 7
(10) Benoît XVI, AG du 3 octobre 2012
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Liturgie
L’équipe d’animation pastorale d’un secteur du Lamentin nous fait partager
l’expérience communautaire vécue dans ce secteur, depuis trois ans, pendant
le temps de l’Avent.
L’Avent :
temps d’attente, temps de désir
D
ès le premier jeudi de
l’Avent, nous nous ras-
semblons – adultes,
jeunes, enfants du catéchisme,
jeunes en cheminement – dans
la chapelle de Jeanne d’Arc ou de
Bélème, heureux de nous mettre
en situation d’attente et de désir
de la présence du Seigneur dans
nos vies. Mais comment attendre
la venue du Seigneur ? Face au
temps qui passe, où rien ne semble
changer vraiment, ou encore par
temps d’épreuves, comment
garder notre foi en éveil ?
L’Avent, c’est l’appel à la patience,
à la vigilance, à l’intériorité, à la
prière. Il nous permet de nous
préparer à célébrer l’incarnation du
Fils de Dieu dans notre humanité,
dans nos cœurs et dans nos vies.
Dans notre secteur de quartiers,
depuis trois ans, nous avons cherché
à faire en sorte que Noël éveille en
nous des idées de rapprochement,
de partage entre les différents
membres de notre communauté,
en donnant chaque jour un peu de
notre temps à Jésus, par la prière
et par notre attention aux autres.
Ces temps de prière, qui s’étalent
sur trois jours de la semaine,
sont ouverts à tous et se veulent
rencontres individuelles avec Dieu
et démarches communautaires
ecclésiales. Nous avons les vêpres
le jeudi et le vendredi, suivies de
cantiques de louange et les laudes
le samedi matin. Ces rendez-vous
hebdomadaires nous aident à
cultiver notre attente et notre soif
du Seigneur. Ils nous aident à nous
interroger d'une semaine à l'autre :
Qu'est-ce que j'attends pour Noël ?
Est-ce que j'attends Quelqu'un?
Jésus est-il pour moi le Sauveur ?
Jésus priait ces anciennes prières de
son peuple que sont les psaumes.
Depuis toujours les chrétiens y ont
trouvé une source de réconfort. Les
psaumes nous replacent dans la
grande communion des croyants.
Nos joies et nos tristesses, notre
confiance en Dieu, notre soif et
même nos angoisses trouvent une
expression dans les psaumes. Et la
parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de
l’Avent, redit la nécessité de la
conversion et de la préparation
du cœur, comme le rappellent
également les autres lectures de
la messe.
Le samedi matin, à 5h30, la prière
des laudes est suivie du partage
du petit-déjeuner apporté par
des volontaires. Des paniers de
mandarines et d’oranges nous
arrivent spontanément de ceux
qui ne sont pas forcément présents
mais unis dans la prière avec tous
ceux qui prient. Rien de plus
touchant que de voir les rues et
ruelles de nos quartiers s’animer
à une heure aussi matinale sous
les pas de nos frères et sœurs
affluant à la chapelle toujours bien
remplie.
Toutefois, ceux qui ne peuvent
pas se déplacer, personnes âgées
et malades, ne sont pas oubliés
puisqu’ils reçoivent, de ceux qui
étaient présents et qui les visitent,
feuilles de chants et de prière. La
responsable d’art floral du secteur
aide les enfants de l’année de
réflexion (après la 5 ème année de
catéchisme) à confectionner de
petits bouquets qu’ils offriront aux
personnes âgées avec lesquelles
ils prendront aussi un temps de
prière.
C’est le vrai sens de Noël qui se
réalise alors
: Noël à la rencontre de
l’autre, Noël de prières ferventes,
Noël de partage.
Équipe d’animation
pastorale du secteur 2
n
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12
Rencontre de l'Avent à la chapelle de Bélème
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Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
13
A
u XIX ème siècle, après les
apparitions de la Vierge
Marie à sainte Catherine
Labouré, en 1830, dans la chapelle
des Filles de la Charité de la rue du
Bac, à Paris, et à la demande de
nombreux évêques, fort du
sensus
fidei,
le 8 décembre 1854, le Saint
Père, le Pape Pie IX, définit le dogme
de l’Immaculée-Conception, après
avoir imploré le secours de toute
la cour céleste et invoqué avec
gémissement l’Esprit consolateur. Les
événements de Lourdes viendront
confirmer cette proclamation
puisque la
Dame blanche de la
grotte de Massabielle, la Vierge
Marie, se présentera à Bernadette
Soubirous en ces termes :
Que soy era
immaculada Councepciou,
ce qui
signifie, traduit du patois lourdais :
Je
suis l’immaculée-Conception.
Mais qu’est-ce que
cette Immaculée-Conception ?
Dans le saint évangile de Luc, il est dit
que lors de l’Annonciation (Lc 1,28),
l’ange Gabriel salue la Vierge Marie
en ces termes :
Kaïré, kékaritôménè
en grec, ce qui signifie :
Réjouis-toi,
comblée de grâce ! Il me semble
que ce passage de l’Ecriture nous
donne de comprendre pleinement
ce qu’est l’Immaculée-Conception. En
effet, si Marie est comblée de grâce,
cela revient à dire qu’elle est remplie
de toutes les grâces qu’une créature
peut recevoir, y compris celle d’avoir
été préservée du péché originel qui
est un péché de nature ; depuis la
désobéissance d’Adam et Eve, tous les
hommes naissent avec cet héritage.
De plus, lors de la Visitation, sa cousine
Elisabeth, sous l’inspiration du Saint-
Esprit, la recevra en ces termes :
Tu
es bénie entre toutes les femmes.
Cette expression est à elle seule une
mine d’enseignements car tous les
exégètes vous expliqueront qu’en
langue sémitique, cette expression
n’est aucunement équivoque, elle ne
peut vouloir dire qu’une chose : Marie
est la plus bénie des femmes. En effet,
la langue hébraïque ne connaît pas le
superlatif, et donc elle distingue une
personne en la mettant au-dessus de
la masse des autres. Tu es bénie entre
les femmes signifie donc : Tu es la plus
bénie des femmes.
Le fait que la Vierge Marie ait pu
être préservée de la contamination
du péché originel, n’a pas toujours
fait l’unanimité. Certains d’ailleurs
n’hésiteront pas à objecter que, pour
avoir part au salut, il faut avoir eu le
péché originel. Pour eux, que Marie
reçoive une purification a posteriori,
cela ne pose pas de problème, du
moment qu’elle est semblable aux
descendants d’Adam et Eve. Or, non
seulement Marie n’a pas commis de
péchés personnels, mais, en outre,
elle n’a pas connu la contamination
du péché originel. Elle fait donc partie
des sauvés.
Logiquement, tous ceux qui sont fils
d’Adam contractent le péché originel.
La seule façon d’en échapper, c’est
de bénéficier d’une grâce prévenante
de Dieu ; c'est-à-dire que Dieu fasse
bénéficier par avance ce fils ou cette
fille d’Adam, des grâces qu’il donnera
par la suite aux hommes pécheurs.
Ces grâces sont obtenues par les
mérites de Jésus Christ, plus précisé-
ment par sa rédemption. C’est ce qui
s’est passé dans le cas de la Vierge
Marie. Elle devait naître pécheresse,
mais la corruption originelle a été
interceptée par une anticipation
de la rédemption du Christ. Si, pour
nous, la rédemption est purificatrice,
dans le cas de la Vierge Marie, elle est
préservatrice. La spécificité de cette
rédemption ne réside pas dans son
anticipation, mais dans la préser -
vation , en lieu et
place de la
purifi-
cation. Nous devons
cette compréhension
à Duns Scot qui a com-
pris le mode spécial de la
rédemption de Marie. Cette
préservation du péché originel est
donc comprise comme étant l’acte
le plus élevé de la rédemption.
L’Immaculée-Conception est donc
l’affirmation que Marie a été
préservée du péché originel, qui
est un péché de nature. Ce faisant,
elle a été conçue dans le même état
d’innocence originel qui fut celui
d’Adam avant la faute. Cet état
d’innocence avait deux conséquences
pour nous : d’une part, le plein accord
de la chair et de l’esprit à la volonté
de Dieu ; d’autre part, la préservation
de la souffrance et de la mort. Depuis
la faute originelle, l’homme a perdu
l’innocence et ses conséquences,
malheureusement.
Ce que la Vierge Marie a vécu est
plein de conséquences pour nous.
Cet état d’innocence est un état à
notre portée qui demande, pour y
arriver, notre collaboration. Si, en
Marie, le mal n’est pas détruit parce
qu’il n’y est jamais entré – puisque
Marie en a été préservée – en nous,
il est progressivement détruit, et ce
jusqu'à la racine. Cette destruction
se réalise dans la collaboration entre
la nature et la grâce, avec notre
libre consentement. La destruction
a commencé avec le sacrement du
baptême. En effet, le baptisé est
lavé de la tache originelle lors de son
baptême, par les mérites du Christ.
Bonne fête à tous !
P. David Rondof, Curé des paroisses
de Saint-Pierre et Fonds-Saint-Denis
n
L’Immaculée-Conception
A l’approche de la solennité de l’Immaculée-Conception, le père David
Rondof a bien voulu éclairer les lecteurs de Eglise en Martinique sur
le sens de cette fête.
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Foi et culture
Tous ensemble
pour la gloire de Dieu
E
n 2011, il a invité quelques
amis qui cheminent avec
lui à constituer un comité
de pilotage. Ils ont donc pris
contact avec des artistes de variété
martiniquaise et ceux-ci ont accepté,
avec enthousiasme, de mettre leur
temps et leurs talents au service de
leur foi.
Le 22 novembre 2011, fête de sainte
Cécile, patronne des musiciens, a
été retenu pour organiser, sous
l’égide de la Librairie Saint-Paul
tenue par Olivier Cypria-Coppet,
un concert intitulé Tous Ensemble
Pour la Gloire de Dieu ! où tous les
acteurs ont accepté de participer
gratuitement. C’est là l’innovation
audacieuse : faire que tous acceptent
de « donner » en appliquant la
définition même de l’amour en
langage chrétien.
Il faut aussi préciser que le comité
Tous Ensemble Pour la Gloire de
Dieu
propose un partenariat à des
associations caritatives et sociales au
profit desquelles le public est invité à
manifester soutien et solidarité par
une participation – quête – selon leur
entière liberté. A l’issue du concert,
avant la note finale et le renvoi
de tous, le montant total recueilli
est annoncé et remis en direct
aux responsables des associations
partenaires. En 2011, c’était
l’association
Jahaïr tournée vers
l’aide à la population haïtienne.
Ainsi, le 22 novembre 2011,
l’aventure était lancée : le Grand
Carbet du Parc Aimé Césaire fut pris
d’assaut par plus de 800 personnes
applaudissant des artistes de
renommée parmi lesquels : Jean-
Philippe Marthély, Orlane, Kolo
Barst, Jean-Luc Guanel, Charlie
Labinsky, Danielle René-Corail, Joël
Lutbert, Victor Ô et bien d’autres.
Ils ont enchanté la soirée des
musiques et des chants de leurs
répertoires, parfois peu connus,
qui exprimaient leur foi en Dieu. Ils
étaient accompagnés de quelques
maestros de la place dont Ronald
Tulle, Alain Antoinette, Daniel
Dantin et de jeunes talents comme
David Mitrail ainsi que des choristes
du groupe Jahaïr ou du groupe bien
connu des Enfants de la Louange.
Quelques-uns des sponsors sollicités
ont répondu et ont aidé à supporter
les frais générés par une organisation
logistique conséquente.
Le lundi de Pâques 2012, Tous
Ensemble Pour la Gloire de Dieu a
reconduit l’expérience à la Ferme de
Perrine, lors d’une journée garden
party, avec encore plus d’artistes
et autant de succès populaire.
D’autres arts y ont été accueillis :
la sculpture, par exemple, avec une
magnifique exposition.
Entre-temps, une journée de
récollection avait réuni plusieurs de
ces artistes et le comité de pilotage
autour de la Parole de Dieu, de
témoignages et d’un fructueux
partage alimentaire. Le père Hugues
Lafine, par ailleurs musicien de
talent, accompagnateur et conseil
du projet, a animé cette rencontre
et y a dispensé un enseignement
magistral, apprécié de tous.
A plusieurs reprises, nous avons pu
retrouver certains de ces artistes
disponibles pour prier, échanger,
partager la Parole de Dieu et c’est
une demande qui ne cesse d’être
réitérée.
Le 22 novembre 2012, à la fête
de sainte Cécile, le concert a été
reconduit au même endroit et
sur le même principe, avec des
artistes motivés par les mêmes
préoccupations et valeurs.
Pour cette deuxième édition,
c'est l’association locale Urgence
Caraïbes, bien connue pour ses
actions solidaires et humanitaires,
qui était notre partenaire : elle cible
en priorité les familles en situation de
précarité dans notre Martinique.
Une ampleur accrue a été donnée
à la manifestation de 2012 puisque
la télévision de Martinique 1 ère a é té
présente pour couvrir les prestations
en mobilisant les moyens les plus
performants en personnel et en
matériel : c’est donc à toute la
population qu’il a été proposé de
s’associer à cette louange de Dieu
collective. Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
14
Ce projet est né du souhait d’Olivier Cypria-Coppet, artiste musicien chrétien,
qui, depuis des années, se sent appelé à proposer aux artistes « du monde »
des opportunités pour exprimer leur foi à travers leur art.
Olivier Cypria-Coppet
Page 15
D’une part, nous nous inscrivons dans cette
démarche proposée par le Bienheureux
Pape Jean Paul II dans une lettre adressée
aux artistes les définissant comme ceux
qui, avec un dévouement passionné,
cherchent de nouvelles «épiphanies» de
la beauté pour en faire don au monde
dans la création artistique. D’autre part,
en chrétiens catholiques pratiquants, nous
nous sentons encouragés par ces mots du
même Jean Paul II :
emprunter le chemin
du dialogue fécond de l'Église avec les
artistes qui, en deux mille ans d'histoire,
ne s'est jamais interrompu et qui s'annonce
encore riche d'avenir au seuil du troisième
millénaire.
C’est pour cela que le comité Tous Ensemble
Pour la Gloire de Dieu aimerait mettre en
œuvre une « Pastorale des artistes, musiciens
et des autres arts » nous permettant à tous
de cheminer en Église tout en exprimant, à
travers les talents divers, notre adhésion à
la foi catholique.
Nous souhaiterions pouvoir, à travers cette
action de TEPGD :
- Favoriser en premier lieu la rencontre
d’artistes, artisans d’art, professionnels ou
amateurs, d’amis des arts, en proposant
un cheminement spirituel de témoignage
et de service avec le soutien de la
communauté priante.
- Susciter, encourager – sur des thèmes de
travail, des conférences, des expositions,
des concerts, des spectacles, des ateliers –
une expression de vie, de beauté, de foi,
d’espérance et d’amour, particulièrement
dans des lieux de vie comme les hôpitaux,
les maisons de retraite, les centres pour
personnes handicapées, les écoles, les plus
démunis d’expression, etc.
Nous nous impliquons dans cette aventure
pour traduire en action, à notre niveau,
la
nouvelle évangélisation,
pour promouvoir
la civilisation de l’amour, seule capable
de combattre ce que dénonce le Pape
Benoit XVI dans l’anti-culture de mort,
d’autant plus que nous sommes témoins
privilégiés de ces entreprises de destruction
qui utilisent comme médias principaux les
arts et la musique.
Le comité « Tous Ensemble
Pour la Gloire de Dieu »
n
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
15
Depuis ma première participation
à Tous Ensemble Pour la Gloire de
Dieu, j’ai compris que nous avions
une mission, qui complète celle
que nous accomplissons de par
notre métier. Nous avons le devoir
de donner de l’amour, de conduire
les brebis égarées sur le chemin
du seigneur, car il est la voie, le
soutien et la seule vérité.
Dès mon plus jeune âge, mes
parents m’ont initié à la pratique religieuse et en grandissant
j’en vois les bienfaits. C’est pourquoi, aujourd’hui, je tiens
à ce que mes enfants en fassent de même, surtout après
le drame
* qui nous a frappés. Le concert du 22 novembre
a été une bénédiction accordée à tous, une formidable
rencontre, un moment d’amour partagé et l’occasion de
louer le seigneur ensemble. Alleluia !
Jean-Luc Guanel
*Décès de son épouse
Mon inspiration me vient de Dieu.
Quoi de plus juste et normal que
de chanter Dieu. C'est sa volonté
si je chante, si j'ai un public qui
m'écoute et m'applaudit. Quand
je monte sur scène pour chanter
ses louanges, c'est mon cœur qui
s'exprime et se réjouit : je me sens
encore plus proche de Lui. Mon
chant, comme mon premier cri lors
de ma naissance, est pour Lui.
Merci seigneur de me permettre cela. Tu es dans ma voix et
je te rends grâce chaque jour. Je T'aime de tout mon cœur et
c'est avec une grande joie que je chante pour Toi.
Orlane
Concert du 22 novembre 2011
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Foi et culture
Dans le cadre de la formation diocésaine, à la demande du père Jean-Michel
Monconthour, nous avons proposé une réflexion générale sur la manière
d’aborder l’histoire pour mieux saisir la réalité et les lois d’aujourd’hui. En voici
une synthèse.
Regard chrétien sur l’histoire
I. Une histoire objective ?
L
’histoire qui est enseignée
à nos enfants de la 6 ème à la
Terminale n’est pas neutre.
Elle correspond à une certaine
vision de la société et du monde.
Elle est ethnocentriste, c’est-à-
dire qu’elle est très largement
centrée sur l’Europe et le monde
occidental. Les chapitres sur l’Asie,
l’Afrique, le Moyen-Orient ou les
Antilles sont traités rapidement. Les
élèves pensent ainsi que l’Asie ou
l’Afrique sont inférieurs à l’Europe,
aux Etats-Unis, parce qu’ils seraient
moins « riches ». Ensuite, la vision
des rapports humains est surtout
présentée en termes de guerres,
conflits, révolutions. Les efforts
pacifiques, le rôle des artisans de
paix, les initiatives en faveur de la
solidarité ne font pas l’objet de
chapitres spécifiques. Le pouvoir et
la force semblent être les moyens
privilégiés pour régler les conflits
ou lutter contre les inégalités. La
dimension politique ou économique
de l’Homme est surévaluée par
rapport à sa dimension spirituelle
et culturelle. Beaucoup d’élèves
pensent que la vie d’un homme est
liée uniquement au fait de produire,
d’acheter, de consommer. L’argent
est pour beaucoup la première
valeur. Enfin, les programmes
sont au service de l’idéologie
républicaine laïque. Le fondement
essentiel de la vie de l’Europe serait
la culture gréco-romaine. En classe
de Seconde, le christianisme est
présenté comme un moment de
l’histoire européenne, le XIII ème
siècle. Pour la majorité des élèves,
l’État a toujours raison. Une loi est
bonne non parce qu’elle est en
faveur du Bien mais parce qu’elle
vient de l’État (par exemple la loi
sur l’avortement). Sans un effort
de lecture, de discernement,
ces programmes formatent la
conscience des jeunes.
II. Quels réajustements ?
Les parents et surtout les
enseignants chrétiens ne peuvent
traiter ces programmes sans
effectuer certains réajustements,
au risque de contribuer à former
chez les jeunes une mentalité
matérialiste, athée et fermée à la
différence culturelle.
L’historien chrétien a, nous semble-
t-il, le devoir d’éveiller la conscience
des jeunes aux questions suivantes :
la dignité humaine ; les droits de
l’Homme (notamment le droit
fondamental à la vie) ; l’idée que
l’économie devrait être au service
du Bien de tous et non du profit
individuel ; la conscience de l’égalité
entre les hommes sans distinction
de race, de culture, de religion ;
la paix ; la justice ; les efforts de
solidarité. Peut-il corriger une vision
pessimiste et sombre du destin de
l’humanité ?
L’enseignant dispose d’instruments
de travail. Le premier de ses
instruments n’est pas sa plume
mais la prière qui, selon le pape
Benoît XVI, aide à saisir le véritable
sens de l’Histoire (Audience
générale du 12 septembre 2012).
En effet, les programmes que nous
abordons ne sont pas à lire dans
une vision nationale ou locale mais
morale. Les évènements que nous
abordons mettent en évidence
deux modes de vie en rapport
dialectique. Le pape Benoît XVI
présente ainsi le système du
Christ et le système terrestre anti-
Royaume et anti-Alliance, mis en
œuvre par l’influence du malin
qui, en trompant les hommes, veut
réaliser un monde opposé à celui
voulu par le Christ et par Dieu.
La vie de Jésus Christ, sa Parole,
permettent, à la lumière de la foi
et de la prière, de discerner les
manipulations, les mensonges des
programmes, les leçons du passé.
La situation présente, comme les
évènements antérieurs, doivent
être interprétés à la lumière de
l’Évangile.
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
16
Salle de classe à l'Espérance (ph. Espérance)
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Le pape Paul VI écrivait en 1971 :
il revient aux communautés
chrétiennes d’analyser avec
objectivité la situation propre
de leur pays, de l’éclairer par la
lumière des paroles inaltérables
de l’Évangile
(Lettre Octogesima
Adveniens
). Sans méditation de la
Parole, l’historien chrétien n’aura
qu’une lecture des programmes
selon les idéologies du monde
(laïcisme, marxisme, colonialisme
ou anticolonialisme…). Par
exemple, ne semble-t-il pas juste de
dire aux élèves que l’idée d’Égalité
présentée comme un fleuron de
la philosophie des Lumières et de
la Déclaration de 1789, vient du
christianisme (cf. Col 3,11) ? Il est
nécessaire d’éveiller le sens critique
des élèves par rapport aux lois en
leur expliquant que tout ce qui est
légal n’est pas forcément moral.
On peut le faire à l’occasion du
chapitre sur les fascismes, où des
lois votées par des régimes arrivés
légalement au pouvoir ont amené
la destruction de millions de vies.
N’est-ce pas la traduction, à partir
des programmes, des textes où Jésus
montre aux Pharisiens en parabole
que la Charité, le Bien de l’Homme
sont au-dessus des lois humaines
qui établissent des traditions
contraires aux commandements de
Dieu (Luc 6, 6-11 ; Marc 7,13). Pour
l’histoire contemporaine qui a une
large place dans les programmes,
la lecture du
Compendium de la
doctrine sociale de l’Église qui
résume avec un lexique très clair
toutes les encycliques papales
depuis 1893, est un support de
travail fondamental. Tous les
thèmes des programmes sont
abordés : la production, le capital,
les conflits, la paix, la justice, la
citoyenneté, les totalitarismes, les
nations, la société, l’environnement.
Des enseignants d’histoire et de
géographie pourraient former
des groupes de travail pour
mettre en relation le contenu du
Compendium et les programmes
scolaires, en premier lieu dans les
écoles catholiques.
Il est enfin possible et urgent
d’examiner la politique et les
lois des institutions qui nous
gouvernent pour savoir si elles
travaillent à l’émergence d’une
culture de vie ou d’une culture
de mort.
III. Culture de vie ou culture
de mort ?
Dans Evangelium vitae (chap.
20), Jean Paul II montrait que,
sous l’apparence de légalité et
de démocratie, certains États
pouvaient s’acheminer vers des
formes de totalitarisme lorsqu’ils
prétendaient disposer de la vie
des plus faibles au nom de l’utilité
publique. Le totalitarisme veut en
effet contrôler la vie privée des
individus pour mieux les soumettre
à un projet d’État.
Dans le passé, la vie et la dignité
humaine ont pu être bafouées
au nom d’un idéal de société :
projet de race parfaite amenant
à supprimer des gens en raison
de leur race ou d’un handicap
(nazisme). Les données objectives
de la science ont pu être détournées
au profit d’idéologies (théorie
de la transmission génétique du
communisme sous Staline). La
famille, seul rempart entre l’enfant
et l’État, a souvent été affaiblie. Les
régimes totalitaires embrigadaient
les ouvriers après le travail pour
réduire le temps de vie privée et
récupéraient les jeunes pour les
former (jeunesses communistes,
jeunesses hitlériennes…). Ces États
produisaient des lois érigées en
vérités fondamentales (sur l’égalité
des races, la liberté religieuse).
Aujourd’hui, l’État démocratique
met en œuvre des pratiques qui
doivent nous alerter :
- L’avortement est présenté
comme une vérité fondamen-
tale, une conquête (220.000
avortements par an en
France).
- Les lois favorisent la destruction
de 96% des enfants pour lesquels
la moindre « anomalie » est
décelée.
- Plus de 100.000 embryons
sont actuellement congelés
et il est question d’autoriser
les expériences scientifiques à
partir d’eux.
- Des enseignements véhiculent
dès le collège une vision
utilitariste et permissive de
la sexualité qui fragilise la
construction de familles.
- La science est soumise à une
idéologie qui affirme que la
différence sexuelle n’est pas
d’ordre biologique (programme
SVT de classe de 1 ère).
La lecture des programmes, de
l’actualité, à la lumière de la
conscience du Bien commun,
doivent nous garder éveillés. Elles
pourront sans doute amener à
faire des choix car les chrétiens,
de même que tous les hommes
de bonne volonté, sont appelés,
en vertu d’un grave devoir de
conscience, à ne pas apporter
leur collaboration formelle aux
pratiques qui, bien qu’admises
par la législation civile, sont en
opposition avec la loi de Dieu
(Jean Paul II, Evangelium vitae ,
74). La prédication apostolique
a enseigné le devoir d’obéir aux
pouvoirs publics (Rom 13,1-7 ;
1 P 2,13-14), mais elle a aussi donné
le ferme avertissement qu’il faut
obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes
(Ac 5,29).
Nathalie Zonzon n
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
17
Les chrétiens […] sont
appelés, en vertu d’un
grave devoir de conscience,
à ne pas apporter leur
collaboration formelle
aux pratiques qui, bien
qu’admises par la législation
civile, sont en opposition
avec la loi de Dieu.
(Jean Paul II, Evangelium vitae, 74)
Page 18
Je ne meurs pas, j’entre dans la
vie.
M
axime, Suzelle Landre est
née le 19 novembre 1937 à
Sainte-Rose, Guadeloupe.
Le 27 décembre 1967, Maxime fait
son entrée au noviciat des Sœurs
de Saint- Paul de Chartres. Le 28
août 1968, elle reçoit l’habit et
s’appelle désormais Sr Suzelle de
Saint-Jean. Elle prononce ses vœux
temporaires le 28 août 1970 et ses vœux perpétuels le
28 août 1975.
Sr Suzelle de Saint-Jean
aimait beaucoup le
contact avec les paroissiens
et accueillait tous ceux qui
venaient à elle.
Durant son parcours
missionnaire, nous la
voyons œuvrer dans
de nombreuses paroisses à la
Martinique et à la Guadeloupe :
Saint-Esprit, Lamentin, Trois-Ilets, Marin, Anses d’Arlet
pour ce qui est de
la Martinique
;
Pointe-à-Pitre et
Capesterre de
Marie-Galante pour
la Guadeloupe.
Se configurant au
Christ, elle accueille,
dans l’obéissance de
la foi, sa maladie soudaine qui la
conduit, le vendredi 25 octobre
2012, dans la Maison du Père.
n
Vers la vie
Sr Suzelle de Saint- Jean Landre
1937-2012
Aumônerie Antilles-Guyane
Merci à tous
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
18
H
ier, nous avons vécu un
grand moment. Nous
étions plus de 3 000 Antillais
et Guyanais à nous rassembler dans
l'église Saint-Sulpice pour entourer
nos évêques de la Martinique, de
la Guyane et de la Guadeloupe.
Cela a été aussi pour moi un grand
moment… un baptême du feu.
Je voudrais remercier encore une
fois tous ceux qui ont permis que
cette célébration ait été une grande
fête :
Merci aux aumôneries de Paris et
de l'Île-de-France d'avoir répondu
présent à cette invitation annuelle.
Merci aux aumôneries venues de
tout l'Hexagone : votre présence
manifeste l'importance d'un tel
évènement.
Merci à la petite équipe qui m'a
entouré pour mettre en forme
ces temps de rencontre avec nos
évêques durant deux journées,
dans un timing plus que restreint.
Merci à vous, les chorales et groupes
vocaux qui avez su, avec l'aide de
Lina Racon, nous porter dans la
prière et nous transporter grâce
à vos voix.
Si la veuve de Sarepta a donné tout
ce qu'elle avait, vous avez su donner
le meilleur de vous-mêmes et
témoigner ainsi que, grâce à l'Esprit-
Saint, nous étions capables de vivre
une telle manifestation dans la paix,
la prière et la joie. En voyant chacun
de vos visages cette après-midi-là,
j'étais fier d'être créole.
Et comment ne pas remercier
aussi nos évêques qui nous ont
confortés dans chacune de leur
prise de parole. Oui… Merci à chacun pour votre
confiance et votre soutien dans ce
nouveau service qui m'a été confié
par l'Église. Portons-nous dans la
prière les uns les autres.
Que le
seigneur vous bénisse et
vous garde. Qu'il fasse sur vous
rayonner son visage. Que le
s eigneur vous découvre sa face,
vous prenne en grâce et vous
accorde sa paix
(Nombres 6,
24-26).
Marseille le, 12 novembre 2012
P. Jean-François Lof
n
Père Jean-François Lof
Au lendemain de la messe du 11 novembre 2012 à
l’église Saint-Sulpice de Paris, le père Jean-François
Lof, nouvel Aumônier national des Antilles-Guyane,
nous a envoyé ce mot de remerciement.
Page 19
MeDIAs
Dimanche 2 décembre 2012
Grandes figures missionnaires – Jean Bosco
Réalisation : Laurence Chartier
Rencontre entre Jean Bosco, un saint qui vécu à Turin au 19
ème siècle, et Jean-Marie Petitclerc,
l’un de ses héritiers du 21 ème siècle, qui, à Argenteuil, continue l’œuvre des Salésiens autour des
bienfaits de la pédagogie évangélique envers les jeunes défavorisés de banlieue.
Dimanche 9 décembre 2012
Grandes figures missionnaires – Saint Pierre Chanel
Réalisation : Jean-Michel Marchais
Ce documentaire part sur les traces d’un grand missionnaire français : Pierre Chanel. A travers
de nombreux témoignages d’hommes et de femmes de Wallis et Futuna, ce film est l’occasion
de voir aujourd’hui les répercussions de son action dans ces îles du bout du monde.
Dimanche 16 décembre 2012
Grandes figures missionnaires – Thérèse de Lisieux
Réalisation : Claire Jeanteur
A l'image de
l'histoire de son âme que Thérèse de Lisieux a écrite de 1895 à 1897, le documentaire
de Claire Jeanteur nous mène, au fil des évènements de sa vie, sur les traces de son cheminement
spirituel.
Chaque année, les Prêtres du
Prado célèbrent l’anniversaire de
la fondation de leur association
par une manifestation dans l’une
des paroisses du diocèse compre-
nant :
- un temps de réflexion et de décou-
verte du Prado ;
- un temps de prière au cours
duquel est renouvelé l’engagement
au Prado ;
- le pot de l'amitié.
Cette année, la manifestation
aura lieu le dimanche 9 décembre
2012 à 15h30 à la salle parois-
siale de Saint-Christophe (Fort-
de-France).
Y sont invités tous ceux qui dési-
rent manifester leur solidarité, leur
sympathie et tous ceux qui veu-
lent connaître l’Association des
Prêtres du Prado.
AssociA tion
des pretres du prAdo
Communiqué
Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453
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Page 20
V oici le temps du long désir
Où l’homme apprend son indigence, Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres.
Pourquoi l’absence dans la nuit,
Le poids du doute et nos blessures, Sinon pour mieux crier vers lui,
Pour mieux tenir dans l’espérance ?
Et si nos mains, pour t’appeler,
Sont trop fermées sur leurs richesses, Seigneur Jésus, dépouille-les
Pour les ouvrir à ta rencontre.
L’amour en nous devancera
Le temps nouveau que cherche l’homme ; Vainqueur du mal, tu nous diras :
Je suis présent dans votre attente.
Sr Marie-Pierre Faure
Voici le temps du long désir
(P. Luc Philippon)
