453 - Avent : attendre dans la prière

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N° 453 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 2 décembre 2012 • Message du saint-siège pour la Journée Mondiale du tourisMe • le sacreMent de l’ordre • regard chrétien sur l’histoire attendre dans la prière a vent :

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Editorial Editorial •LeRoiServiteur Mot de l'Evêque •Enavantl’Avent! Eglise universelle •MessageduSaint-Siègepour laJournéemondialedutourisme La famille • Lerôledelamoraledans l’évolutiondudroitfrançais delafamille(1) Droit canonique •Lesacrementdel’Ordre(1) Liturgie •Paroledominicale •Priersanscesse:  LaLiturgiedesHeures(1) •L’Avent: tempsd’attente,  tempsdedésir • L’Immaculée-Conception Foi et culture • TousEnsemble PourlagloiredeDieu •Regardchrétiensurl’histoire Aumônerie Antilles-Guyane • Merciàtous Vers la vie •SrSuzelledeSaint-JeanLandre Médias numéro 453 N° 453 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 2 décembre 2012 • MESSAGE DU SAINT-SIÈGE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DU TOURISME • LE SACREMENT DE L’ORDRE • REGARD CHRÉTIEN SUR L’HISTOIRE • MESSAGE Attendre dans la prière S ommaire Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 tirage : 8 000 exeMplaires i.s.s.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cédex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr archeveche-martinique@wanadoo.fr R écemment, la tempête Sandy a semé sur son passage déso- lation et mort. Les catastro- phes climatiques ou sismiques, en fragilisant la vie des habitants de nos régions, rappellent à chacun de nous ses limites et exigent de tous un sursaut d’espérance, de solidarité et d’énergie pour reconstruire ce qui a été détruit. Ce mouvement alternatif de mort et de renaissance est au fondement même de la vie sur terre, il est le ressort principal de notre foi et de nos engagements à la suite du Christ mort et Ressuscité. Une année liturgique se termine, une autre s’annonce comme un temps propice à une réflexion particulière et de redécouverte de la foi (Porta Fidei). Il ne fait aucun doute que ce sera une année de grâce, mais aussi d’épreuve si nous prenons au sérieux cette invitation du Saint- Père à renouveler notre foi. A la fête du Christ-Roi, que nous venons de célébrer, l’évangile de saint Jean nous rappelait le dialogue de Jésus et de Pilate. Les mots de l’un n’avaient pas le même sens et la même valeur pour l’autre, parce que leur vie et leur mission étaient diamétralement opposées. Pilate parlait au nom d’un pouvoir politique dominateur ; Jésus, lui, révélait l’amour de Dieu pour tous et sans réserve. Ce procès bâclé sera pour Jésus le début du chemin qui le conduira à la croix et à la Gloire. Ce dialogue, commencé avec Pilate, s’est poursuivi à travers l’histoire entre l’Eglise et les pouvoirs publics. Les interlocuteurs, selon leur époque, ont eu des positions différentes : tantôt ce fut l’opposition, la méfiance ; tantôt le respect réciproque, la collaboration. L’Eglise tient en grande considération et estime l’activité de ceux qui se consacrent au bien de la chose publique et en assurent les charges pour le service de tous (Gaudium et Spes, 75). Ces paroles du Concile indiquent le changement de mentalité qui s’est opéré dans le monde chrétien, elles sont d’une grande valeur pour les baptisés qui s’engagent dans la chose publique. Le sens de la liturgie de la solennité du Christ, Roi de l’univers, est d’inviter le peuple de Dieu à reconnaître que la vraie grandeur c’est le service de l’amour manifesté en Jésus Christ ; ce qui, pour la foi des chrétiens, est un objectif à vivre et à réaliser au cœur du monde. C’est une des raisons pour lesquelles ce jour a été choisi par Pie XI pour la fête de l’Action Catholique. Dès le temps de l’Avent et tout au long de l’année liturgique, de semaine en semaine, le chrétien est conduit à connaître Jésus Christ, lui, avec la puissance de sa résurrection, à communier à ses souffrances, à devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s’il est possible, à la résurrection d’entre les morts (Philippiens 3,10). Sur la route cahoteuse de notre histoire, nous savons que nous ne sommes pas seuls : Jésus, le Verbe de Dieu, a pris notre condition humaine afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et rassemble toutes choses en lui. Le Seigneur est le terme de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation (Gaudium et Spes, 45). Père Jean de Coulanges n 2 3 Le Roi Serviteur 5 Couverture : Jeunes moines au monastère Notre-Dame du Mont des Oliviers - Terreville (Photo L. Philippon) 6 8 10 1 2 13 14 16 18 18 19 9

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Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 3 Mot de l'Evêque En avant l’Avent ! D epuis le 2 décembre 2012, l’Eglise catholique a commencé une nouvelle année liturgique dont le début est le premier dimanche de l’Avent. L’Avent, dont le nom tire son origine du latin adventus qui signifie venue, arrivée, est pour l’Eglise un temps liturgique qui prépare la Venue du Seigneur. Le Seigneur est déjà venu. La fête de Noël célèbre ce moment où Dieu, fidèle à ses promesses, a conclu définitivement son Alliance avec les hommes en leur envoyant son Fils Unique. Ce Fils, engendré non pas créé, de même nature que le Père, resplendissement de sa gloire, par qui tout a été fait, s’est fait homme en prenant chair dans le sein de la Vierge Marie. La fête de Noël est la célébration de ce moment qui n’est ni un conte de fées, ni un mythe, mais un événement dont les historiens ont retrouvé la trace. Le temps de l’Avent a pour but de rappeler que le Fils de Dieu est déja venu à Noël mais qu’Il doit encore venir parmi nous aujourd’hui, avant son ultime retour dans la gloire à la fin des temps, comme il l’a promis ; moment que les chrétiens appellent la Parousie , qui verra l’avènement du Fils de Dieu dans sa gloire et la remise par lui, de toute la création à Dieu, son Père. L’Avent est un temps qui demande aux croyants d’être vigilants et d’attendre la venue du Seigneur comme des serviteurs qui ne savent pas à quel moment leur maître reviendra d’une longue absence. Heureux ces serviteurs que le Maître trouvera éveillés et au travail au moment de son retour ! Le Fils de Dieu est venu parmi nous, de manière humble et cachée. Il a exercé pendant de nombreuses années le métier de charpentier. Pour ceux qui le connaissaient il n’était que le charpentier de Nazareth. Il a refusé d’être le chef politique que ses contemporains lui demandaient d’être, en voulant faire de lui leur roi. Il n’a jamais voulu mettre à son profit les pouvoirs miraculeux qu’il détenait sur les éléments de la nature et sur les hommes. Il a été obéissant aux autorités de son temps et surtout à la volonté de Dieu. Il restait à l’écoute de cette volonté en permanence, dans la prière et la solitude. Lui, le Fils unique de Dieu, a voulu n’être parmi nous qu’un homme comme tous les autres, pour nous montrer de manière très concrète, le visage de Dieu et l’unique chemin qui mène à Lui. Il disait : Personne ne peut aller au Père, sans passer par moi. Les chrétiens sont les femmes et les hommes qui croient en Jésus Christ c’est-à-dire lui font confiance pour connaître le vrai Dieu et parvenir à l’intimité de sa vie. Les chrétiens croient que Jésus n’est pas simplement une option parmi tous les choix religieux et les multiples spiritualités qui leur sont offertes aujourd’hui. Ils croient que Jésus est unique, incontournable, car il n’est ni un chef religieux, ni un fondateur de religion, mais Dieu lui-même s’incarnant pour venir au secours des hommes. Le premier message de l’Avent est une invitation à être vigilant : invitation à prendre conscience que le Maître doit venir et qu’il souhaite que sa venue soit atten- due et préparée. Dans le monde d’aujourd’hui même le nom de Jésus Christ est souvent occulté. Les chrétiens discutent de valeurs , d’ anthropologie , de philosophie , de religions. Quand il s’agit de Jésus, de ses miracles, de sa résurrection, bien souvent ils sont gênés. Ils ne veulent pas passer pour des rétrogrades, des demeurés. Pour se donner une contenance, pour se faire passer pour des personnes modernes et éclairées, ils sont prêts à nier ce qui est le fondement de la foi chrétienne. Ce fondement, l’Apôtre Paul le rappelle avec véhémence aux Corinthiens, dans sa Première Lettre au chapitre 15 : Je vous rappelle, frères, l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, auquel vous restez attachés, et par lequel vous serez sauvés si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement vous auriez cru en vain.

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Mot de l'Evêque (suite) E g l i sE En M a r t i n i q u E Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : É glise en Martinique Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 € Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ .......................................................................... Prénom : ........................................................................\ ................................................................... Adresse : ........................................................................\ ................................................................... Mail : .................................................................... Tél. ................................................................. Code Postal ..................................................... Ville ............................................................... Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 4 Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’avais reçu moi- même : Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; il a été enseveli, il est resssucité le troisième jour, selon les Ecritures. il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, la plupart sont encore vivants et quelques-uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m’est aussi apparu, à moi l’avorton. Car je suis le plus petit des apôtres, moi qui ne suis pas digne d’être appelé apôtre parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu. C’est cela l’Evangile – c’est-à-dire la Bonne Nouvelle – que saint Paul veut annoncer à tous les hommes en commençant par les païens. Et il ajoute, dans sa Lettre aux Galates : Mais si quelqu’un, même nous ou un ange du ciel, vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! La Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer à notre monde aujourd’hui, c’est Jésus Christ, Fils de Dieu, qui est venu en notre chair, a vécu, a souffert, est mort, est ressuscité et qui est vivant aujourd’hui avec nous, parmi nous, en nous, mais aussi personnellement dans son corps divinisé : c’est en le connaissant, en l’aimant, en lui faisant confiance et en le suivant même et surtout dans ses exigences que nous sommes sauvés. Le connaissons-nous ? Cherchons-nous à le connaître ? En cette année liturgique, l’Eglise nous invite à redécouvrir l’Evangile selon saint Luc. Sommes-nous prêts à revivre l’enthousiasme de La Fontaine qui, après avoir lu le Livre du prophète Baruch, dans la Bible, demandait aux familiers de la Cour qu’il rencontrait : Avez-vous lu Baruch? Combien parmi nous seront-ils prêts à revivre la même expérience et à demander à leur entourage : Avez-vous lu saint Luc ? Non par pédantisme ou pour faire preuve d’érudition, mais simplement pour partager cette Bonne Nouvelle du Fils de Dieu venu en notre monde pour sauver les pécheurs que nous sommes et leur dire que Dieu les aime, et que cet amour les rend capables de changer radicalement la vie du monde. Alors, En avant, l’Avent ! et Bonne Année liturgique à tous ! + Michel Méranville, Archevêque n * * * * * * * * * * Nous tenons à remercier les fidèles et généreux donateurs qui, cette année encore, ont apporté leur contribution à la vie matérielle de leur Eglise. La collecte du Denier de l’Eglise se réalise toute l’année. Il nous semble donc important de rappeler à ceux qui n’auraient pas encore fait ce geste, qu’il n’est pas trop tard. Les dons peuvent être reçus directement à l’Archevêché : B.P. 586 - 97207 Fort-de-France Cedex ou par l’intermédiaire habituel des paroisses. D’avance, merci. Hervé Lordinot, Econome diocésain Rappel

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L e Saint-Siège a adhéré à cette initiative de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) dès sa première édition, considérant qu'elle constitue une occasion de dialoguer avec la société. Y apportant une contribution basée sur l'Evangile, il y voit une occasion de sensibiliser l'ensemble de l'Eglise sur l'importance sociale et économique de ce secteur, en particulier dans le contexte de la Nouvelle Evangélisation. Ces dernières décennies, le tourisme s'est accru à un rythme important et, selon les statistiques de l'OMT, on prévoit d'atteindre, durant l'année, le milliard de déplacements de touristes, qui deviendront deux milliards en 2030. Il faut ajouter à cela les chiffres encore plus élevés du tourisme local. Cette croissance, qui comporte certainement des effets positifs, peut avoir un sérieux impact environnemental dû, parmi d'autres facteurs, à la consommation démesurée de ressources énergétiques, à l'augmentation d'agents polluants et à la production de déchets. Le concept de développement durable est d'ores et déjà enraciné dans notre société et le secteur touristique ne peut ni ne doit demeurer marginal. Le Conseil pontifical désire offrir sa contribution, en partant de la conviction que l'Eglise a une responsabilité envers la création et qu'elle doit la faire valoir publiquement. Il ne lui appartient pas de proposer des solutions techniques concrètes, mais de montrer que le développement ne peut pas se réduire à de simples paramètres techniques, politiques ou économiques. Nous désirons accompagner ce développement par quelques orientations éthiques ciblées, soulignant que toute croissance doit toujours être au service de l'être humain et du bien commun. On ne saurait séparer l'écologie environnementale de la préoccu- pation pour une écologie humaine appropriée, conçue comme intérêt du développement intégral de l'être humain. De même, nous ne pouvons pas scinder notre vision de l'homme et de la nature, du lien qui les unit avec leur créateur. Dieu a confié à l'être humain la bonne gestion de la création. Il faut tout d'abord réaliser un grand effort éducatif, afin de promouvoir un véritable changement de mentalité et d'adopter de nouveaux styles de vie. Cette conversion de l'esprit et du cœur doit permettre d'arriver rapidement à un art de vivre ensemble qui respecte l'alliance entre l'homme et la nature. Il est juste que nos habitudes quotidiennes soient en train de changer et qu'il y ait une plus grande sensibilité écologique. On risque cependant d'oublier ces motivations durant les vacances, en quête de commodités auxquelles nous croyons avoir droit, sans toujours bien réfléchir à leurs conséquences. Il est nécessaire de cultiver l'éthique de la responsabilité et de la prudence, en nous interrogeant sur l'impact et sur les conséquences de nos actes. A cet égard, le Saint- Père affirme que la façon dont l'homme traite l'environnement influence les modalités avec lesquelles il se traite lui-même et réciproquement. C'est pourquoi la société doit reconsidérer son mode de vie qui, en de nombreuses régions du monde, est dominé par l'hédonisme et le consumérisme, indifférents aux dommages qui en découlent. Sur ce point, il sera important d'encourager tant les entrepreneurs que les touristes afin qu'ils tiennent compte des répercussions de leurs décisions et de leurs comportements. De même, il est crucial de favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d'énergie et améliorant les conditions de son utilisation. n Eglise universelle Message du Saint-Siège pour la Journée mondiale du tourisme Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 5 Tourisme et durabilité énergétique, les moteurs du développement durable, tel était le titre du Message du Saint-Siège pour la Journée mondiale du tourisme, le 27 septembre 2012. Au moment où commence chez nous la saison touristique, il est bon de revenir sur l’essentiel de ce message.

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La famille Pour mieux faire accepter les réformes envisagées de la famille, certains réclament que la morale soit étrangère au droit de la famille. Par cette réflexion particulièrement argumentée, Monsieur le Bâtonnier Raymond Auteville, avocat à la Cour, démontre, au contraire, que c’est la morale qui donne un sens supérieur à la famille. Le rôle de la morale dans l’évolution du droit français de la famille (1) L a morale, c’est l’ensemble des principes de jugement et de conduite qui s’imposent à la conscience individuelle ou collective, relative au bien, au devoir, aux valeurs, et qui donnent du sens à la vie sociale. La famille peut se définir, soit par la lignée, soit par l’alliance. Par la lignée, elle signifie l’ensemble des générations successives descendant d’un même ancêtre. Par l’alliance, la famille c’est l’ensemble formé par le père, la mère et les enfants. Le Code Civil, dans sa version consolidée à ce jour, ne donne aucune définition de la famille, mais il l’organise comme étant l’alliance d’un homme et d’une femme, qui vont donner naissance à des enfants (articles 75, et 212 à 215 du Code Civil). La famille est l’une des institutions les plus réglementées par le Code Civil. Et, si l’on analyse ce corpus législatif, il apparaît aujourd’hui que jamais une institution n’a été aussi fortement imprimée par la morale, source de la protection contre l’excès préjudiciable (I), mais également, moteur de l’évolution au fil du temps (II). I – La morale protectrice contre l’excès préjudiciable La famille est la cellule de base de la société. s’interroger sur la famille, c’est s’interroger sur le fondement de l’ordre social… (R. Lenoir, Généalogie de la morale familiale, 2003 – Le Seuil). C’est pourquoi, le législateur s’est toujours intéressé de très près à la famille, allant jusqu’à la réglementer dans le menu détail de son fonctionnement, dans un souci de protection. Et c’est dans la morale que le législateur a puisé le fondement de la protection de la cellule familiale (A) et de la filiation (B). Les progrès fulgurants de la science biomédicale ont modifié les paramètres. Et le législateur est intervenu pour protéger la famille contre la physiocratie scientifique (C). A) La protection de la cellule familiale C’est incontestablement pour protéger la cellule familiale que le Code Civil organise les droits et les devoirs de chacun : - l’autorité parentale, qui a pour finalité l’intérêt de l’enfant, est exercée par le père et la mère (article 371-1 du Code Civil) ; - les parents contribuent, à proportion de leur faculté, aux besoins de l’enfant (article 371-2 du Code Civil) ; - les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance (art. 212 du Code Civil) ; - les enfants, à tout âge, doivent honneur et respect à leurs père et mère (art. 371 du Code Civil). Il est difficile de ne pas reconnaître que ces règles qui visent directement la protection de la cellule familiale trouvent leur source dans la morale, et même mieux, dans la morale judéo-chrétienne. Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 6

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Le rôle de la morale dans l’évolution du droit français de la famille (1) Dans le même esprit, le Code Civil protège la filiation. B) La protection de la filiation La filiation est le rapport d’origine de l’enfant avec son père et sa mère. Le droit pour tout enfant d’être rattaché à une famille est naturel, certes, mais il a également une utilité sociale. C’est encore dans la morale que le législateur a puisé pour édicter un certain nombre de règles juridiques, dans le but de maintenir la norme et la cohésion sociale. La filiation est réglementée par le titre VII du Livre I du Code Civil. Et l’article 310 du Code Civil pose le principe général : Tous les enfants dont la filiation est légalement établie ont les mêmes droits et les mêmes devoirs dans leurs rapports avec leur père et leur mère. ils entrent dans la famille de chacun d’eux… La filiation résulte, en premier lieu, d’un droit naturel. La morale réprouve que celle-ci soit laissée à la libre volonté de l’individu, en fonction de ses désirs, de ses pulsions, de ses fantasmes, de ses choix de vie sociale ou sexuelle. Le législateur a édicté un certain nombre de règles d’ordre public, en matière de filiation : établissement, droits et devoirs engendrés de la filiation, contestation… Le professeur Jean-Jacques Lemouland a exprimé, à ce sujet, une réflexion profonde de sens : Pour inscrire l’enfant dans une histoire humaine, et ne pas le livrer aux forces subjectives des adultes, en en faisant un pur objet de droit, il est nécessaire de rendre vivante et crédible la nature sociale, et non purement privée, du lien de filiation, même si les faits de procréation sont intimes, et la sexualité considérée de nos jours comme une liberté… C’est précisément parce que la procréation ne relève pas de la seule sphère privée, que le législateur a particulièrement encadré l’application à la famille, de la science biomédicale. C) La protection contre la "physiocratie biomédicale" La physiocratie est une doctrine qui prône la plus grande liberté de faire ce que l’on veut. Elle a été appliquée à l’économie au XVIII ème siècle. Elle a été revendiquée pour les mœurs en 1968, mais elle se révélerait fort dangereuse en matière de procréation et de filiation. En effet, de tout temps, la famille repose sur l’union d’un homme et d’une femme, en vue de la procréation. Le développement spectaculaire de la science biomédicale a ouvert de nouvelles perspectives au couple, en matière de procréation : - la pilule contraceptive a permis le choix et la programmation des naissances ; - la procréation médicalement assistée a permis de donner la vie, là où la nature ne le permettait pas. Mais, parce que la procréation et la filiation ne relèvent pas de la seule sphère privée, mais également de l’ordre public, le législateur est intervenu pour autoriser certaines pratiques et en condamner d’autres. Et c’est l’éthique qui a déterminé la frontière entre ce qui peut être toléré, et ce qui ne peut l’être. C’est tout le sens des lois bioéthiques (loi du 29 juillet 1994 – loi du 6 août 2004). Le Code de la Santé Publique (C.S.P.) encadre le recours à la procréation médicalement assistée : - la procréation médicalement assistée ne peut être sollicitée que par un couple (un homme et une femme), en âge de procréer (article L 2141-2). - interdiction de la conservation des gamètes ou des embryons congelés, en vue d’une insé- mination post-mortem (article L 2441-2). - la procréation médicalement assistée ne peut être utilisée qu’en présence de certaines indications médicales : infertilité, maladies graves et risque de contamination du fœtus, etc. Et si la loi du 6 août 2004 a élargi les conditions du recours à la procréation médicalement assistée, en permettant le recours à un donneur extérieur au couple (article L 2141-7 du C.S.P.), elle précise que, dans ce cas, la filiation ne peut être établie entre le donneur et l’enfant. De même, le couple receveur s’interdit toute action en contestation de paternité. La procréation et la filiation ont un fondement éthique : elles relèvent de l’état des personnes. Et, à ce titre, elles ne sauraient dépendre exclusivement de la libre volonté individuelle, sauf à considérer l’enfant comme un objet de droit, un objet de désir, un objet dans un choix personnel de vie. La morale est la source de la protection de la famille. Elle est également le moteur de l’évolution du droit de la famille. (à suivre) Raymond Auteville, Avocat à la Cour Ancien Bâtonnier de l’Ordre n Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 7

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Droit canonique Par le sacrement de l'Ordre, d'institution divine, certains fidèles sont constitués ministres sacrés par le caractère indélébile dont ils sont marqués ; ils sont ainsi consacrés et députés pour être pasteurs du peuple de Dieu, chacun selon son degré, en remplissant, en la personne du Christ Chef, les fonctions d'enseignement, de sanctification et de gouvernement. Canon 1008 Le sacrement de l’Ordre (1) L e code de droit canonique a pour fonction d’organiser l’Eglise du Christ et de permettre la mise en œuvre de la théologie. Par ces quelques mots rédigés avec précision dans le canon 1008, il jette les bases essentielles du sacrement de l’Ordre dont nous allons découvrir l’utilité et la fonction au sein du peuple de Dieu et de l’humanité tout entière. Tout d’abord, qu’est-ce que l’ordre ? D’emblée, nous saisissons assez aisément l’ordre comme le contraire du désordre. L’ordre désigne ce qui est rangé, répertorié, organisé, hiérarchisé. On peut déjà comprendre le sacrement de l’Ordre comme celui qui désigne l’organisation d’un service particulier au sein de l’Eglise du Christ. En second lieu, l’ordre résonne comme un rassemblement, une organisation, un ensemble de personnes. C’est ainsi que l’on parle de l’ordre des médecins, des avocats, l’ordre des dominicains... Le sacrement de l’Ordre regroupe en une fraternité particulière, tous ceux qui participent d’une manière spéciale au sacerdoce du Christ. L’Ordre peut aussi être entendu comme l’ensemble de ceux qui ont reçu l’ordre de... faire comme le Christ l’a demandé. Etymologiquement, l’Ordre vien- drait d’ ordo en latin. Dans l’antiquité classique, on entend par ordo une rangée (ordo arborum) , un rang militaire, une succession chronologique (ordo aetatum) , une organisation (ordo rerum) et enfin, une classe sociale déterminée (ordo senatorius) . Cette dernière acception est à l'origine du vocable chrétien. Ainsi, le terme ordo dans le sens chrétien et originel apparaît pour la première fois chez un grand Père de l’Eglise, Tertullien, du 3 ème siècle. Dans l’Eglise, Ordo a été opposé à Plebs . Ordo désigne le clergé (episcopus, presbyter, diaconus) dans son ensemble, comme un ordre distinct du laïcat (plebs) . À partir du 12 ème siècle, ordo (ordines ) devient l'équivalent d'ordination(s) dans le sens actuel. Ordonné est celui qui a reçu une grâce et une mission bien spécifique dans l’Eglise du Christ. C’est ce que nous allons maintenant découvrir progressivement. Pour un rapide rappel, il est bon de se remettre en mémoire que l’Ordre est un sacrement, c'est-à- dire qu'il est action du Christ et de l'Eglise, signe et moyen par lequel la foi s'exprime et se fortifie, le culte est rendu à Dieu et se réalise la sanctification des hommes. C’est pourquoi le canon 1008 réaffirme que l’Ordre n’est pas une invention de l’Eglise, mais il est d’institution divine. Tout d’abord, il est bon de se souvenir que, de manière générale, les sacrificateurs de la plupart des religions, choisis par naissance, inspiration ou désignation, forment une catégorie à part des fidèles. Ils forment une sorte d’ordre particulier. Dans l’Ancien Testament, par choix divin, des prêtres et lévites, eux aussi à part de la société, vivent leur ministère au service du peuple. Et dans l’Eglise catholique, c’est par la volonté de Dieu que certains fidèles sont constitués ministres sacrés. En effet, le seigneur Jésus, "que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde" (Jn 10,36), fait participer tout son Corps Mystique à l'onction de l'Esprit qu'il a reçue : en lui, tous les chrétiens deviennent un sacerdoce saint et royal, offrant des sacrifices spirituels à Dieu par Jésus Christ et proclament les hauts faits de celui qui les a appelés des ténèbres à son admirable lumière. il n'y a donc aucun membre qui n'ait sa part dans la mission du Corps tout entier ; chacun d'eux doit sanctifier Jésus dans son cœur et rendre témoignage à Jésus par l'esprit de prophétie. Mais le même seigneur, voulant faire des chrétiens un seul corps où "tous les membres n'ont pas la même fonction" (Rm 12,4), a établi parmi eux des ministres qui, dans la communauté des chrétiens, seraient investis par l'Ordre du pouvoir sacré d'offrir le sacrifice et de remettre les péchés et y exerceraient publiquement pour les hommes au nom du Christ la fonction sacerdotale. C'est ainsi que le Christ a envoyé ses apôtres, comme lui-même avait été envoyé par le Père ; puis, par les apôtres eux-mêmes, il a fait participer à sa consécration et à sa mission les évêques, leurs successeurs, dont la fonction ministérielle a été transmise aux prêtres à un degré subordonné (1). P. Jean-Max Renard, Vice-Official n Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 8 (1) Concile de Vatican II, Paul VI, Décret sur le ministère et la vie des prêtres, Presbyterorum Ordinis, 1965

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2 décembre 2012 L a P arole D ominicale Jérémie33,14-16-Psaume24-1Thessaloniciens3,12-13;4,1-2-Luc21,25-28.34-36 1 er dimanche de l’Avent Année C L es lectures de ce dimanche attirent notre attention sur la fin des temps. Si nous relisons bien l'Évangile du jour, nous voyons que le Christ ne nous laisse pas sur une perspective fermée et triste. Il nous dit que, ce jour-là, sonnera l'heure tant attendue de notre totale Rédemption. C'est vrai, ce monde est un monde qui passe, mais c'est un monde qui fonce vers la Vie. On est frappé, dans l'Évangile, par cette description effrayante de la fin des temps. Mais ne nous affolons pas : admirons et partageons plutôt la foi du Bienheureux Jean Paul II, qui rappelait : N’ayez pas peur ! Tenons-nous-en à la parole de Jésus : la date est dans le secret du Père, pas dans les journaux (cf. Mt 24,36). Le Christ n'entend pas nous laisser avec cette peur de notre avenir personnel ou de l'avenir du monde : Vous obtiendrez la vie, nous dit-il (Lc 21,19). Quand les savants portent un regard sur l'histoire de notre planète, ils sont frappés par son extraordinaire évolution. Cette organisation du monde qui devient de plus en plus complexe, avec cet homme sur sa planète au milieu d'une petite galaxie, il est vraiment difficile de considérer que tout cela n'a pas de sens. Dans le passé, la nature a fait des progrès prodigieux, des bonds en avant inattendus et inespérés. Dès lors, pourquoi la terre ne nous réserverait-elle pas la surprise des surprises, le surgissement d'un nouveau sommet : le royaume de l'amour ? Non, nous n'allons pas vers une catastrophe irréversible, au cours de laquelle la terre disparaîtrait comme un soufflé qui retombe. Non, elle ne s'enfoncera pas lentement dans des ténèbres définitives, mais se réveillera, un matin, réchauffée soudain par le Soleil de justice que nous attendons. La terre est ce lieu d'apprentissage où le cœur apprend à se dilater pour aimer à l'infini ; elle est cette forge où se fabrique la structure divine dont l'homme a besoin pour vivre auprès de Dieu. Elle est le temps des fiançailles, des préparatifs des noces éternelles. Et cela n'est pas un rêve. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie… Pour maintenir cet état de veille, il faut garder l'esprit de lutte, car la tendance de l'homme est de vivre les yeux fixés sur les choses de la terre. Particulièrement durant l'Avent, ne laissons pas le cœur s'aveugler. La gloutonnerie, l'ivresse et les soucis de cette vie font perdre de vue la dimension surnaturelle de la vie. Rester éveillé, c'est s'attacher à la prière personnelle qui protège de la tiédeur et du dépérissement des désirs de sainteté ; rester vigilant, c'est ne pas négliger les petites mortifications qui nous maintiennent éveillés dans notre vie intérieure ; rester attentif, c'est se servir de l'examen de conscience pour repérer les fausses pistes qui nous écartent de la route de la foi, de l'espérance, de la charité, sans qu'on s'en rende toujours compte. Depuis le début du monde où l'Esprit-Saint planait sur les eaux inertes, il continue son œuvre de transformation et d'unification. Voici le temps de l'Avent, une nouvelle année pour la spiritualité du chrétien : l'Esprit va nous aider à progresser, faire grandir Jésus en nous comme il le faisait dans le sein de Marie. Il nous prépare discrètement à ce Noël tout proche, mais surtout au grand Noël de la fin des temps, quand le Christ viendra avec grande puissance et grande gloire. Alors, comme dit l'Évangile, nous pourrons redresser la tête, fièrement, joyeusement, pour partager la grande joie du Fils de l'homme enfin reconnu comme Roi de l'univers. P. Jozef Nowak, curé du Vert-Pré n Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 9 Voici le temps de l'Avent, une nouvelle année pour la spiri- tualité du chrétien : l'Esprit va nous aider à progresser, faire grandir Jésus en nous comme il le faisait dans le sein de Marie.

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Liturgie Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut, d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité au long des nuits (Ps 91,2-3). En ce temps de l’Avent qui nous invite à la prière, Mère Marie-Reine van Deth, Prieure du Monastère Sainte-Marie des Anges, nous aide à entrer dans la prière de l’Eglise : la Liturgie des Heures. Prier sans cesse : La Liturgie des Heures (1) P armi les différentes manières de prier, il en existe une tout à fait privilégiée, c’est la liturgie dont le sommet est l’Eucharistie. Mais, gravitant autour de ce centre essentiel, il y a la Liturgie des Heures, dont la fonction est de consacrer tout le déroulement du temps. Puisque notre vie humaine se déroule dans le temps, que Dieu lui-même, en son Fils Incarné, est entré dans le temps, c’est au cœur de cette réalité que s’inscrit notre relation avec lui, notre réponse à sa parole. Pour nous initier au sens profond de la Liturgie des Heures, le meilleur moyen serait d’en relire la Présentation générale. En voici un paragraphe : « Puisque le Christ nous a ordonné : il faut toujours prier, sans se lasser (Lc 18,1), l'Église, obéissant fidèlement à cette recommandation, ne cesse jamais de prier et nous y invite par ces paroles : Par lui (Jésus) offrons toujours à Dieu le sacrifice de louange (He 13,15). Ce précepte est accompli non seulement par la célébration de l'Eucharistie, mais également d'autres façons, et surtout par la Liturgie des Heures qui a en propre, par rapport aux autres actes liturgiques, suivant l'ancienne tradition chrétienne, de consacrer tout le cycle du jour et de la nuit ». (1) Prière quotidienne des chrétiens, dans la continuité de la prière juive des psaumes, elle est répartie en plusieurs moments appelés offices ou heures de l’office, ou encore Œuvre de Dieu. L’Œuvre de Dieu dans la liturgie Mais qu’est-ce que la liturgie ? Le pape Benoît XVI nous répond : « Si nous ouvrons le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC), nous pouvons lire qu’à l’origine le mot liturgie signifie service de la part de / et en faveur du peuple. (2) Si la théologie chrétienne a emprunté ce terme au monde grec, elle l’a fait visiblement en pensant au nouveau Peuple de Dieu, né du Christ qui a étendu les bras sur la croix pour unir les hommes dans la paix du Dieu unique. service en faveur du peuple, un peuple qui n’existe pas tout seul, mais qui s’est formé grâce au Mystère pascal de Jésus Christ. En effet, le Peuple de Dieu n’existe pas par des liens de sang, de territoire, de nation, mais il naît toujours de l’œuvre du Fils de Dieu et de la communion avec le Père qu’il nous obtient. […] Dans la tradition chrétienne, le mot liturgie veut signifier que le Peuple de Dieu prend part à l’ Œuvre de Dieu, parce que le Peuple de Dieu comme tel existe seulement par l’action de Dieu. Mais nous pouvons nous demander : quelle est l’ Œuvre de Dieu à laquelle nous sommes appelés à participer ? L’ Œuvre de Dieu, ce sont d’abord ses actions historiques qui nous apportent le salut et qui ont culminé dans la mort et la résurrection de Jésus Christ ; mais c’est aussi la célébration de la liturgie comme Œuvre du Christ. E n réalité, ces deux significations sont inséparablement liées. Si nous nous demandons qui sauve le monde et l’homme, l’unique réponse est : Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, crucifié et ressuscité. Et où s’actualise pour nous, pour moi aujourd’hui, le mystère de la mort et de la résurrection du Christ qui apporte le salut ? La réponse est : dans l’action du Christ par l’Eglise, dans la liturgie. La liturgie est une rencontre des enfants de Dieu avec leur Père, dans le Christ et l’Esprit-Saint, et cette rencontre s’exprime comme Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 10 Quelle étonnante et magnifique attitude que celle du chrétien, priant avec la Prière de l’Église, qui rend à Dieu ce qu’il a reçu de lui !

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un dialogue, à travers des actions et des paroles. Par conséquent, la première exigence pour une bonne célébration liturgique est qu’elle soit prière, colloque avec Dieu, avant tout écoute, et donc réponse. Lorsque saint Benoît parle, dans sa Règle, de la prière des psaumes, il indique ceci aux moines : Que l’esprit soit en accord avec la voix (3). La Liturgie des Heures « Le Mystère du Christ, son Incarnation et sa Pâque, que nous célébrons dans l’Eucharistie, […] pénètre et transfigure le temps de chaque jour par la célébration de la Liturgie des Heures, l’Office divin. [...] Elle est la prière publique de l’Église dans laquelle s’exerce le sacerdoce royal des baptisés. […] La Liturgie des Heures est vraiment la voix de l’Épouse elle- même qui s’adresse à son Époux ; elle est la prière que le Christ lui- même avec son Corps adresse au Père » (4), au point que celui qui prie les psaumes dans la Liturgie des Heures, les prie en tenant la place du Christ lui-même (5). On pourrait adapter la phrase de saint Paul (Galates 2,20) : Ce n’est plus moi qui prie, c’est le Christ qui prie en moi. Une école de prière Dans ses récents enseignements sur la prière, le pape Benoît XVI disait : « Comment est-ce que j’apprends à prier, comment est-ce que je grandis dans la prière ? En regardant le modèle que Jésus nous a enseigné, le Notre Père , nous voyons que le premier mot est Père et le deuxième notre. La réponse est donc claire : j’apprends à prier, je nourris ma prière en m’adressant à Dieu et en priant-avec-les-autres, en priant avec l’Eglise, en acceptant le don de ses paroles, qui deviennent pour moi peu à peu familières et riches de sens » (6). La Liturgie des Heures est justement la prière officielle de l’Église. Est-elle pour autant impersonnelle, ritualiste et dépourvue de sentiments ? Il n’en est rien, car nous la recevons d’une Église de priants qui nous a précédés. Attentifs aux gémissements inexprimables de l’Esprit-Saint dans leur cœur, nourris de la Parole de Dieu, ils ont su l’enrichir de toute la profondeur de leur expérience spirituelle, l’orner de beauté et d’une poésie qui traduit tous les mouvements de l’âme humaine face à Dieu. Elle peut donc à bon droit être regardée comme une école de prière : elle est un incomparable trésor pour ceux qui la pratiquent et un inégalable modèle pour ceux qui s’en inspirent dans leur prière privée. Celui qui prie avec la Prière de l’Église accepte, il est vrai, de se dessaisir un peu de lui-même ; il n’a pas choisi l’hymne, un psaume de joie lui est proposé alors qu’il est dans la peine... Mais ne peut-on pas dire qu’une personne est d’autant plus chrétienne, et donc que le chrétien est davantage lui- même, lorsqu’il accepte d’être ainsi incorporé au Christ et à l’Église qui est son corps (7)? Tout en se laissant dessaisir d’une part de ses choix et de ses sentiments personnels, il accède à une plus grande communion, non seulement dans le Christ et l’Église, mais avec toute l’humanité au nom de laquelle il prie. « En participant à la liturgie, nous faisons nôtre la langue maternelle de l’Eglise, nous apprenons à parler en elle et pour elle. Naturellement, cela arrive de façon graduelle, peu à peu. Je dois me plonger progressivement dans les paroles de l’Eglise, avec ma prière, avec ma vie, avec ma souffrance, avec ma joie, avec ma pensée. C’est un chemin qui nous transforme » (8). Prière du Christ total « La Prière de l’Église participe de la piété du Fils unique envers le Père et de la prière que, durant sa vie sur terre, il a exprimée par la parole et qui, à présent, se perpétue sans interruption dans toute l’Église et en tous ses membres, au nom et pour le salut de tout le genre humain ». (9) « En effet, c’est seulement dans le Christ que nous pouvons dialoguer avec Dieu le Père comme ses enfants ; autrement, cela n’est pas possible ; mais en communion avec le Fils, nous pouvons dire nous aussi ce que Lui a dit : Abbà . En communion avec le Fils, nous pouvons connaître Dieu comme un vrai Père » (10) . Prier avec les "mots mêmes de Dieu" Quelqu’un faisait un jour, à propos des psaumes, cette réflexion : "C’est la Parole de Dieu qui retourne à Dieu en passant par nous". Quelle étonnante et magnifique attitude que celle du chrétien, priant avec la Prière de l’Église, qui rend à Dieu ce qu’il a reçu de lui ! Et ce qui est vrai des psaumes, l’est aussi plus largement de l’ensemble des Offices des Heures qui ponctuent et sanctifient la journée. La Prière de l’Église n’est pas un monologue ; elle est la continuelle réponse offerte à Dieu au nom de l’humanité, reprenant les mots mêmes qu’il nous a adressés. (à suivre) Mère Marie-Reine van Deth n (1) Présentation Générale de la Liturgie des Heures (PGLH), n° 10 (2) Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1069 (3) Cf. Benoît XVI, AG du 26 septembre 2012 (4) CEC, n° 1174 (5) PGLH, n° 108 (6) Benoît XVI, AG du 26 septembre 2012 (7) Col 1,18 (8) Benoît XVI, AG du 3 octobre 2012 (9) PGLH, n° 7 (10) Benoît XVI, AG du 3 octobre 2012 Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 11

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Liturgie L’équipe d’animation pastorale d’un secteur du Lamentin nous fait partager l’expérience communautaire vécue dans ce secteur, depuis trois ans, pendant le temps de l’Avent. L’Avent : temps d’attente, temps de désir D ès le premier jeudi de l’Avent, nous nous ras- semblons – adultes, jeunes, enfants du catéchisme, jeunes en cheminement – dans la chapelle de Jeanne d’Arc ou de Bélème, heureux de nous mettre en situation d’attente et de désir de la présence du Seigneur dans nos vies. Mais comment attendre la venue du Seigneur ? Face au temps qui passe, où rien ne semble changer vraiment, ou encore par temps d’épreuves, comment garder notre foi en éveil ? L’Avent, c’est l’appel à la patience, à la vigilance, à l’intériorité, à la prière. Il nous permet de nous préparer à célébrer l’incarnation du Fils de Dieu dans notre humanité, dans nos cœurs et dans nos vies. Dans notre secteur de quartiers, depuis trois ans, nous avons cherché à faire en sorte que Noël éveille en nous des idées de rapprochement, de partage entre les différents membres de notre communauté, en donnant chaque jour un peu de notre temps à Jésus, par la prière et par notre attention aux autres. Ces temps de prière, qui s’étalent sur trois jours de la semaine, sont ouverts à tous et se veulent rencontres individuelles avec Dieu et démarches communautaires ecclésiales. Nous avons les vêpres le jeudi et le vendredi, suivies de cantiques de louange et les laudes le samedi matin. Ces rendez-vous hebdomadaires nous aident à cultiver notre attente et notre soif du Seigneur. Ils nous aident à nous interroger d'une semaine à l'autre : Qu'est-ce que j'attends pour Noël ? Est-ce que j'attends Quelqu'un? Jésus est-il pour moi le Sauveur ? Jésus priait ces anciennes prières de son peuple que sont les psaumes. Depuis toujours les chrétiens y ont trouvé une source de réconfort. Les psaumes nous replacent dans la grande communion des croyants. Nos joies et nos tristesses, notre confiance en Dieu, notre soif et même nos angoisses trouvent une expression dans les psaumes. Et la parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe. Le samedi matin, à 5h30, la prière des laudes est suivie du partage du petit-déjeuner apporté par des volontaires. Des paniers de mandarines et d’oranges nous arrivent spontanément de ceux qui ne sont pas forcément présents mais unis dans la prière avec tous ceux qui prient. Rien de plus touchant que de voir les rues et ruelles de nos quartiers s’animer à une heure aussi matinale sous les pas de nos frères et sœurs affluant à la chapelle toujours bien remplie. Toutefois, ceux qui ne peuvent pas se déplacer, personnes âgées et malades, ne sont pas oubliés puisqu’ils reçoivent, de ceux qui étaient présents et qui les visitent, feuilles de chants et de prière. La responsable d’art floral du secteur aide les enfants de l’année de réflexion (après la 5 ème année de catéchisme) à confectionner de petits bouquets qu’ils offriront aux personnes âgées avec lesquelles ils prendront aussi un temps de prière. C’est le vrai sens de Noël qui se réalise alors : Noël à la rencontre de l’autre, Noël de prières ferventes, Noël de partage. Équipe d’animation pastorale du secteur 2 n Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 12 Rencontre de l'Avent à la chapelle de Bélème

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Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 13 A u XIX ème siècle, après les apparitions de la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830, dans la chapelle des Filles de la Charité de la rue du Bac, à Paris, et à la demande de nombreux évêques, fort du sensus fidei, le 8 décembre 1854, le Saint Père, le Pape Pie IX, définit le dogme de l’Immaculée-Conception, après avoir imploré le secours de toute la cour céleste et invoqué avec gémissement l’Esprit consolateur. Les événements de Lourdes viendront confirmer cette proclamation puisque la Dame blanche de la grotte de Massabielle, la Vierge Marie, se présentera à Bernadette Soubirous en ces termes : Que soy era immaculada Councepciou, ce qui signifie, traduit du patois lourdais : Je suis l’immaculée-Conception. Mais qu’est-ce que cette Immaculée-Conception ? Dans le saint évangile de Luc, il est dit que lors de l’Annonciation (Lc 1,28), l’ange Gabriel salue la Vierge Marie en ces termes : Kaïré, kékaritôménè en grec, ce qui signifie : Réjouis-toi, comblée de grâce ! Il me semble que ce passage de l’Ecriture nous donne de comprendre pleinement ce qu’est l’Immaculée-Conception. En effet, si Marie est comblée de grâce, cela revient à dire qu’elle est remplie de toutes les grâces qu’une créature peut recevoir, y compris celle d’avoir été préservée du péché originel qui est un péché de nature ; depuis la désobéissance d’Adam et Eve, tous les hommes naissent avec cet héritage. De plus, lors de la Visitation, sa cousine Elisabeth, sous l’inspiration du Saint- Esprit, la recevra en ces termes : Tu es bénie entre toutes les femmes. Cette expression est à elle seule une mine d’enseignements car tous les exégètes vous expliqueront qu’en langue sémitique, cette expression n’est aucunement équivoque, elle ne peut vouloir dire qu’une chose : Marie est la plus bénie des femmes. En effet, la langue hébraïque ne connaît pas le superlatif, et donc elle distingue une personne en la mettant au-dessus de la masse des autres. Tu es bénie entre les femmes signifie donc : Tu es la plus bénie des femmes. Le fait que la Vierge Marie ait pu être préservée de la contamination du péché originel, n’a pas toujours fait l’unanimité. Certains d’ailleurs n’hésiteront pas à objecter que, pour avoir part au salut, il faut avoir eu le péché originel. Pour eux, que Marie reçoive une purification a posteriori, cela ne pose pas de problème, du moment qu’elle est semblable aux descendants d’Adam et Eve. Or, non seulement Marie n’a pas commis de péchés personnels, mais, en outre, elle n’a pas connu la contamination du péché originel. Elle fait donc partie des sauvés. Logiquement, tous ceux qui sont fils d’Adam contractent le péché originel. La seule façon d’en échapper, c’est de bénéficier d’une grâce prévenante de Dieu ; c'est-à-dire que Dieu fasse bénéficier par avance ce fils ou cette fille d’Adam, des grâces qu’il donnera par la suite aux hommes pécheurs. Ces grâces sont obtenues par les mérites de Jésus Christ, plus précisé- ment par sa rédemption. C’est ce qui s’est passé dans le cas de la Vierge Marie. Elle devait naître pécheresse, mais la corruption originelle a été interceptée par une anticipation de la rédemption du Christ. Si, pour nous, la rédemption est purificatrice, dans le cas de la Vierge Marie, elle est préservatrice. La spécificité de cette rédemption ne réside pas dans son anticipation, mais dans la préser - vation , en lieu et place de la purifi- cation. Nous devons cette compréhension à Duns Scot qui a com- pris le mode spécial de la rédemption de Marie. Cette préservation du péché originel est donc comprise comme étant l’acte le plus élevé de la rédemption. L’Immaculée-Conception est donc l’affirmation que Marie a été préservée du péché originel, qui est un péché de nature. Ce faisant, elle a été conçue dans le même état d’innocence originel qui fut celui d’Adam avant la faute. Cet état d’innocence avait deux conséquences pour nous : d’une part, le plein accord de la chair et de l’esprit à la volonté de Dieu ; d’autre part, la préservation de la souffrance et de la mort. Depuis la faute originelle, l’homme a perdu l’innocence et ses conséquences, malheureusement. Ce que la Vierge Marie a vécu est plein de conséquences pour nous. Cet état d’innocence est un état à notre portée qui demande, pour y arriver, notre collaboration. Si, en Marie, le mal n’est pas détruit parce qu’il n’y est jamais entré – puisque Marie en a été préservée – en nous, il est progressivement détruit, et ce jusqu'à la racine. Cette destruction se réalise dans la collaboration entre la nature et la grâce, avec notre libre consentement. La destruction a commencé avec le sacrement du baptême. En effet, le baptisé est lavé de la tache originelle lors de son baptême, par les mérites du Christ. Bonne fête à tous ! P. David Rondof, Curé des paroisses de Saint-Pierre et Fonds-Saint-Denis n L’Immaculée-Conception A l’approche de la solennité de l’Immaculée-Conception, le père David Rondof a bien voulu éclairer les lecteurs de Eglise en Martinique sur le sens de cette fête.

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Foi et culture Tous ensemble pour la gloire de Dieu E n 2011, il a invité quelques amis qui cheminent avec lui à constituer un comité de pilotage. Ils ont donc pris contact avec des artistes de variété martiniquaise et ceux-ci ont accepté, avec enthousiasme, de mettre leur temps et leurs talents au service de leur foi. Le 22 novembre 2011, fête de sainte Cécile, patronne des musiciens, a été retenu pour organiser, sous l’égide de la Librairie Saint-Paul tenue par Olivier Cypria-Coppet, un concert intitulé Tous Ensemble Pour la Gloire de Dieu ! où tous les acteurs ont accepté de participer gratuitement. C’est là l’innovation audacieuse : faire que tous acceptent de « donner » en appliquant la définition même de l’amour en langage chrétien. Il faut aussi préciser que le comité Tous Ensemble Pour la Gloire de Dieu propose un partenariat à des associations caritatives et sociales au profit desquelles le public est invité à manifester soutien et solidarité par une participation – quête – selon leur entière liberté. A l’issue du concert, avant la note finale et le renvoi de tous, le montant total recueilli est annoncé et remis en direct aux responsables des associations partenaires. En 2011, c’était l’association Jahaïr tournée vers l’aide à la population haïtienne. Ainsi, le 22 novembre 2011, l’aventure était lancée : le Grand Carbet du Parc Aimé Césaire fut pris d’assaut par plus de 800 personnes applaudissant des artistes de renommée parmi lesquels : Jean- Philippe Marthély, Orlane, Kolo Barst, Jean-Luc Guanel, Charlie Labinsky, Danielle René-Corail, Joël Lutbert, Victor Ô et bien d’autres. Ils ont enchanté la soirée des musiques et des chants de leurs répertoires, parfois peu connus, qui exprimaient leur foi en Dieu. Ils étaient accompagnés de quelques maestros de la place dont Ronald Tulle, Alain Antoinette, Daniel Dantin et de jeunes talents comme David Mitrail ainsi que des choristes du groupe Jahaïr ou du groupe bien connu des Enfants de la Louange. Quelques-uns des sponsors sollicités ont répondu et ont aidé à supporter les frais générés par une organisation logistique conséquente. Le lundi de Pâques 2012, Tous Ensemble Pour la Gloire de Dieu a reconduit l’expérience à la Ferme de Perrine, lors d’une journée garden party, avec encore plus d’artistes et autant de succès populaire. D’autres arts y ont été accueillis : la sculpture, par exemple, avec une magnifique exposition. Entre-temps, une journée de récollection avait réuni plusieurs de ces artistes et le comité de pilotage autour de la Parole de Dieu, de témoignages et d’un fructueux partage alimentaire. Le père Hugues Lafine, par ailleurs musicien de talent, accompagnateur et conseil du projet, a animé cette rencontre et y a dispensé un enseignement magistral, apprécié de tous. A plusieurs reprises, nous avons pu retrouver certains de ces artistes disponibles pour prier, échanger, partager la Parole de Dieu et c’est une demande qui ne cesse d’être réitérée. Le 22 novembre 2012, à la fête de sainte Cécile, le concert a été reconduit au même endroit et sur le même principe, avec des artistes motivés par les mêmes préoccupations et valeurs. Pour cette deuxième édition, c'est l’association locale Urgence Caraïbes, bien connue pour ses actions solidaires et humanitaires, qui était notre partenaire : elle cible en priorité les familles en situation de précarité dans notre Martinique. Une ampleur accrue a été donnée à la manifestation de 2012 puisque la télévision de Martinique 1 ère a é té présente pour couvrir les prestations en mobilisant les moyens les plus performants en personnel et en matériel : c’est donc à toute la population qu’il a été proposé de s’associer à cette louange de Dieu collective. Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 14 Ce projet est né du souhait d’Olivier Cypria-Coppet, artiste musicien chrétien, qui, depuis des années, se sent appelé à proposer aux artistes « du monde » des opportunités pour exprimer leur foi à travers leur art. Olivier Cypria-Coppet

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D’une part, nous nous inscrivons dans cette démarche proposée par le Bienheureux Pape Jean Paul II dans une lettre adressée aux artistes les définissant comme ceux qui, avec un dévouement passionné, cherchent de nouvelles «épiphanies» de la beauté pour en faire don au monde dans la création artistique. D’autre part, en chrétiens catholiques pratiquants, nous nous sentons encouragés par ces mots du même Jean Paul II : emprunter le chemin du dialogue fécond de l'Église avec les artistes qui, en deux mille ans d'histoire, ne s'est jamais interrompu et qui s'annonce encore riche d'avenir au seuil du troisième millénaire. C’est pour cela que le comité Tous Ensemble Pour la Gloire de Dieu aimerait mettre en œuvre une « Pastorale des artistes, musiciens et des autres arts » nous permettant à tous de cheminer en Église tout en exprimant, à travers les talents divers, notre adhésion à la foi catholique. Nous souhaiterions pouvoir, à travers cette action de TEPGD : - Favoriser en premier lieu la rencontre d’artistes, artisans d’art, professionnels ou amateurs, d’amis des arts, en proposant un cheminement spirituel de témoignage et de service avec le soutien de la communauté priante. - Susciter, encourager – sur des thèmes de travail, des conférences, des expositions, des concerts, des spectacles, des ateliers – une expression de vie, de beauté, de foi, d’espérance et d’amour, particulièrement dans des lieux de vie comme les hôpitaux, les maisons de retraite, les centres pour personnes handicapées, les écoles, les plus démunis d’expression, etc. Nous nous impliquons dans cette aventure pour traduire en action, à notre niveau, la nouvelle évangélisation, pour promouvoir la civilisation de l’amour, seule capable de combattre ce que dénonce le Pape Benoit XVI dans l’anti-culture de mort, d’autant plus que nous sommes témoins privilégiés de ces entreprises de destruction qui utilisent comme médias principaux les arts et la musique. Le comité « Tous Ensemble Pour la Gloire de Dieu » n Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 15 Depuis ma première participation à Tous Ensemble Pour la Gloire de Dieu, j’ai compris que nous avions une mission, qui complète celle que nous accomplissons de par notre métier. Nous avons le devoir de donner de l’amour, de conduire les brebis égarées sur le chemin du seigneur, car il est la voie, le soutien et la seule vérité. Dès mon plus jeune âge, mes parents m’ont initié à la pratique religieuse et en grandissant j’en vois les bienfaits. C’est pourquoi, aujourd’hui, je tiens à ce que mes enfants en fassent de même, surtout après le drame * qui nous a frappés. Le concert du 22 novembre a été une bénédiction accordée à tous, une formidable rencontre, un moment d’amour partagé et l’occasion de louer le seigneur ensemble. Alleluia ! Jean-Luc Guanel *Décès de son épouse Mon inspiration me vient de Dieu. Quoi de plus juste et normal que de chanter Dieu. C'est sa volonté si je chante, si j'ai un public qui m'écoute et m'applaudit. Quand je monte sur scène pour chanter ses louanges, c'est mon cœur qui s'exprime et se réjouit : je me sens encore plus proche de Lui. Mon chant, comme mon premier cri lors de ma naissance, est pour Lui. Merci seigneur de me permettre cela. Tu es dans ma voix et je te rends grâce chaque jour. Je T'aime de tout mon cœur et c'est avec une grande joie que je chante pour Toi. Orlane Concert du 22 novembre 2011

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Foi et culture Dans le cadre de la formation diocésaine, à la demande du père Jean-Michel Monconthour, nous avons proposé une réflexion générale sur la manière d’aborder l’histoire pour mieux saisir la réalité et les lois d’aujourd’hui. En voici une synthèse. Regard chrétien sur l’histoire I. Une histoire objective ? L ’histoire qui est enseignée à nos enfants de la 6 ème à la Terminale n’est pas neutre. Elle correspond à une certaine vision de la société et du monde. Elle est ethnocentriste, c’est-à- dire qu’elle est très largement centrée sur l’Europe et le monde occidental. Les chapitres sur l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient ou les Antilles sont traités rapidement. Les élèves pensent ainsi que l’Asie ou l’Afrique sont inférieurs à l’Europe, aux Etats-Unis, parce qu’ils seraient moins « riches ». Ensuite, la vision des rapports humains est surtout présentée en termes de guerres, conflits, révolutions. Les efforts pacifiques, le rôle des artisans de paix, les initiatives en faveur de la solidarité ne font pas l’objet de chapitres spécifiques. Le pouvoir et la force semblent être les moyens privilégiés pour régler les conflits ou lutter contre les inégalités. La dimension politique ou économique de l’Homme est surévaluée par rapport à sa dimension spirituelle et culturelle. Beaucoup d’élèves pensent que la vie d’un homme est liée uniquement au fait de produire, d’acheter, de consommer. L’argent est pour beaucoup la première valeur. Enfin, les programmes sont au service de l’idéologie républicaine laïque. Le fondement essentiel de la vie de l’Europe serait la culture gréco-romaine. En classe de Seconde, le christianisme est présenté comme un moment de l’histoire européenne, le XIII ème siècle. Pour la majorité des élèves, l’État a toujours raison. Une loi est bonne non parce qu’elle est en faveur du Bien mais parce qu’elle vient de l’État (par exemple la loi sur l’avortement). Sans un effort de lecture, de discernement, ces programmes formatent la conscience des jeunes. II. Quels réajustements ? Les parents et surtout les enseignants chrétiens ne peuvent traiter ces programmes sans effectuer certains réajustements, au risque de contribuer à former chez les jeunes une mentalité matérialiste, athée et fermée à la différence culturelle. L’historien chrétien a, nous semble- t-il, le devoir d’éveiller la conscience des jeunes aux questions suivantes : la dignité humaine ; les droits de l’Homme (notamment le droit fondamental à la vie) ; l’idée que l’économie devrait être au service du Bien de tous et non du profit individuel ; la conscience de l’égalité entre les hommes sans distinction de race, de culture, de religion ; la paix ; la justice ; les efforts de solidarité. Peut-il corriger une vision pessimiste et sombre du destin de l’humanité ? L’enseignant dispose d’instruments de travail. Le premier de ses instruments n’est pas sa plume mais la prière qui, selon le pape Benoît XVI, aide à saisir le véritable sens de l’Histoire (Audience générale du 12 septembre 2012). En effet, les programmes que nous abordons ne sont pas à lire dans une vision nationale ou locale mais morale. Les évènements que nous abordons mettent en évidence deux modes de vie en rapport dialectique. Le pape Benoît XVI présente ainsi le système du Christ et le système terrestre anti- Royaume et anti-Alliance, mis en œuvre par l’influence du malin qui, en trompant les hommes, veut réaliser un monde opposé à celui voulu par le Christ et par Dieu. La vie de Jésus Christ, sa Parole, permettent, à la lumière de la foi et de la prière, de discerner les manipulations, les mensonges des programmes, les leçons du passé. La situation présente, comme les évènements antérieurs, doivent être interprétés à la lumière de l’Évangile. Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 16 Salle de classe à l'Espérance (ph. Espérance)

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Le pape Paul VI écrivait en 1971 : il revient aux communautés chrétiennes d’analyser avec objectivité la situation propre de leur pays, de l’éclairer par la lumière des paroles inaltérables de l’Évangile (Lettre Octogesima Adveniens ). Sans méditation de la Parole, l’historien chrétien n’aura qu’une lecture des programmes selon les idéologies du monde (laïcisme, marxisme, colonialisme ou anticolonialisme…). Par exemple, ne semble-t-il pas juste de dire aux élèves que l’idée d’Égalité présentée comme un fleuron de la philosophie des Lumières et de la Déclaration de 1789, vient du christianisme (cf. Col 3,11) ? Il est nécessaire d’éveiller le sens critique des élèves par rapport aux lois en leur expliquant que tout ce qui est légal n’est pas forcément moral. On peut le faire à l’occasion du chapitre sur les fascismes, où des lois votées par des régimes arrivés légalement au pouvoir ont amené la destruction de millions de vies. N’est-ce pas la traduction, à partir des programmes, des textes où Jésus montre aux Pharisiens en parabole que la Charité, le Bien de l’Homme sont au-dessus des lois humaines qui établissent des traditions contraires aux commandements de Dieu (Luc 6, 6-11 ; Marc 7,13). Pour l’histoire contemporaine qui a une large place dans les programmes, la lecture du Compendium de la doctrine sociale de l’Église qui résume avec un lexique très clair toutes les encycliques papales depuis 1893, est un support de travail fondamental. Tous les thèmes des programmes sont abordés : la production, le capital, les conflits, la paix, la justice, la citoyenneté, les totalitarismes, les nations, la société, l’environnement. Des enseignants d’histoire et de géographie pourraient former des groupes de travail pour mettre en relation le contenu du Compendium et les programmes scolaires, en premier lieu dans les écoles catholiques. Il est enfin possible et urgent d’examiner la politique et les lois des institutions qui nous gouvernent pour savoir si elles travaillent à l’émergence d’une culture de vie ou d’une culture de mort. III. Culture de vie ou culture de mort ? Dans Evangelium vitae (chap. 20), Jean Paul II montrait que, sous l’apparence de légalité et de démocratie, certains États pouvaient s’acheminer vers des formes de totalitarisme lorsqu’ils prétendaient disposer de la vie des plus faibles au nom de l’utilité publique. Le totalitarisme veut en effet contrôler la vie privée des individus pour mieux les soumettre à un projet d’État. Dans le passé, la vie et la dignité humaine ont pu être bafouées au nom d’un idéal de société : projet de race parfaite amenant à supprimer des gens en raison de leur race ou d’un handicap (nazisme). Les données objectives de la science ont pu être détournées au profit d’idéologies (théorie de la transmission génétique du communisme sous Staline). La famille, seul rempart entre l’enfant et l’État, a souvent été affaiblie. Les régimes totalitaires embrigadaient les ouvriers après le travail pour réduire le temps de vie privée et récupéraient les jeunes pour les former (jeunesses communistes, jeunesses hitlériennes…). Ces États produisaient des lois érigées en vérités fondamentales (sur l’égalité des races, la liberté religieuse). Aujourd’hui, l’État démocratique met en œuvre des pratiques qui doivent nous alerter : - L’avortement est présenté comme une vérité fondamen- tale, une conquête (220.000 avortements par an en France). - Les lois favorisent la destruction de 96% des enfants pour lesquels la moindre « anomalie » est décelée. - Plus de 100.000 embryons sont actuellement congelés et il est question d’autoriser les expériences scientifiques à partir d’eux. - Des enseignements véhiculent dès le collège une vision utilitariste et permissive de la sexualité qui fragilise la construction de familles. - La science est soumise à une idéologie qui affirme que la différence sexuelle n’est pas d’ordre biologique (programme SVT de classe de 1 ère). La lecture des programmes, de l’actualité, à la lumière de la conscience du Bien commun, doivent nous garder éveillés. Elles pourront sans doute amener à faire des choix car les chrétiens, de même que tous les hommes de bonne volonté, sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien qu’admises par la législation civile, sont en opposition avec la loi de Dieu (Jean Paul II, Evangelium vitae , 74). La prédication apostolique a enseigné le devoir d’obéir aux pouvoirs publics (Rom 13,1-7 ; 1 P 2,13-14), mais elle a aussi donné le ferme avertissement qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5,29). Nathalie Zonzon n Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 17 Les chrétiens […] sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien qu’admises par la législation civile, sont en opposition avec la loi de Dieu. (Jean Paul II, Evangelium vitae, 74)

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Je ne meurs pas, j’entre dans la vie. M axime, Suzelle Landre est née le 19 novembre 1937 à Sainte-Rose, Guadeloupe. Le 27 décembre 1967, Maxime fait son entrée au noviciat des Sœurs de Saint- Paul de Chartres. Le 28 août 1968, elle reçoit l’habit et s’appelle désormais Sr Suzelle de Saint-Jean. Elle prononce ses vœux temporaires le 28 août 1970 et ses vœux perpétuels le 28 août 1975. Sr Suzelle de Saint-Jean aimait beaucoup le contact avec les paroissiens et accueillait tous ceux qui venaient à elle. Durant son parcours missionnaire, nous la voyons œuvrer dans de nombreuses paroisses à la Martinique et à la Guadeloupe : Saint-Esprit, Lamentin, Trois-Ilets, Marin, Anses d’Arlet pour ce qui est de la Martinique ; Pointe-à-Pitre et Capesterre de Marie-Galante pour la Guadeloupe. Se configurant au Christ, elle accueille, dans l’obéissance de la foi, sa maladie soudaine qui la conduit, le vendredi 25 octobre 2012, dans la Maison du Père. n Vers la vie Sr Suzelle de Saint- Jean Landre 1937-2012 Aumônerie Antilles-Guyane Merci à tous Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 18 H ier, nous avons vécu un grand moment. Nous étions plus de 3 000 Antillais et Guyanais à nous rassembler dans l'église Saint-Sulpice pour entourer nos évêques de la Martinique, de la Guyane et de la Guadeloupe. Cela a été aussi pour moi un grand moment… un baptême du feu. Je voudrais remercier encore une fois tous ceux qui ont permis que cette célébration ait été une grande fête : Merci aux aumôneries de Paris et de l'Île-de-France d'avoir répondu présent à cette invitation annuelle. Merci aux aumôneries venues de tout l'Hexagone : votre présence manifeste l'importance d'un tel évènement. Merci à la petite équipe qui m'a entouré pour mettre en forme ces temps de rencontre avec nos évêques durant deux journées, dans un timing plus que restreint. Merci à vous, les chorales et groupes vocaux qui avez su, avec l'aide de Lina Racon, nous porter dans la prière et nous transporter grâce à vos voix. Si la veuve de Sarepta a donné tout ce qu'elle avait, vous avez su donner le meilleur de vous-mêmes et témoigner ainsi que, grâce à l'Esprit- Saint, nous étions capables de vivre une telle manifestation dans la paix, la prière et la joie. En voyant chacun de vos visages cette après-midi-là, j'étais fier d'être créole. Et comment ne pas remercier aussi nos évêques qui nous ont confortés dans chacune de leur prise de parole. Oui… Merci à chacun pour votre confiance et votre soutien dans ce nouveau service qui m'a été confié par l'Église. Portons-nous dans la prière les uns les autres. Que le seigneur vous bénisse et vous garde. Qu'il fasse sur vous rayonner son visage. Que le s eigneur vous découvre sa face, vous prenne en grâce et vous accorde sa paix (Nombres 6, 24-26). Marseille le, 12 novembre 2012 P. Jean-François Lof n Père Jean-François Lof Au lendemain de la messe du 11 novembre 2012 à l’église Saint-Sulpice de Paris, le père Jean-François Lof, nouvel Aumônier national des Antilles-Guyane, nous a envoyé ce mot de remerciement.

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MeDIAs Dimanche 2 décembre 2012 Grandes figures missionnaires – Jean Bosco Réalisation : Laurence Chartier Rencontre entre Jean Bosco, un saint qui vécu à Turin au 19 ème siècle, et Jean-Marie Petitclerc, l’un de ses héritiers du 21 ème siècle, qui, à Argenteuil, continue l’œuvre des Salésiens autour des bienfaits de la pédagogie évangélique envers les jeunes défavorisés de banlieue. Dimanche 9 décembre 2012 Grandes figures missionnaires – Saint Pierre Chanel Réalisation : Jean-Michel Marchais Ce documentaire part sur les traces d’un grand missionnaire français : Pierre Chanel. A travers de nombreux témoignages d’hommes et de femmes de Wallis et Futuna, ce film est l’occasion de voir aujourd’hui les répercussions de son action dans ces îles du bout du monde. Dimanche 16 décembre 2012 Grandes figures missionnaires – Thérèse de Lisieux Réalisation : Claire Jeanteur A l'image de l'histoire de son âme que Thérèse de Lisieux a écrite de 1895 à 1897, le documentaire de Claire Jeanteur nous mène, au fil des évènements de sa vie, sur les traces de son cheminement spirituel. Chaque année, les Prêtres du Prado célèbrent l’anniversaire de la fondation de leur association par une manifestation dans l’une des paroisses du diocèse compre- nant : - un temps de réflexion et de décou- verte du Prado ; - un temps de prière au cours duquel est renouvelé l’engagement au Prado ; - le pot de l'amitié. Cette année, la manifestation aura lieu le dimanche 9 décembre 2012 à 15h30 à la salle parois- siale de Saint-Christophe (Fort- de-France). Y sont invités tous ceux qui dési- rent manifester leur solidarité, leur sympathie et tous ceux qui veu- lent connaître l’Association des Prêtres du Prado. AssociA tion des pretres du prAdo Communiqué Église en Martinique du 2 décembre 2012 / n°453 19

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V oici le temps du long désir Où l’homme apprend son indigence, Chemin creusé pour accueillir Celui qui vient combler les pauvres. Pourquoi l’absence dans la nuit, Le poids du doute et nos blessures, Sinon pour mieux crier vers lui, Pour mieux tenir dans l’espérance ? Et si nos mains, pour t’appeler, Sont trop fermées sur leurs richesses, Seigneur Jésus, dépouille-les Pour les ouvrir à ta rencontre. L’amour en nous devancera Le temps nouveau que cherche l’homme ; Vainqueur du mal, tu nous diras : Je suis présent dans votre attente. Sr Marie-Pierre Faure Voici le temps du long désir (P. Luc Philippon)