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N° 454 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 16 décembre 2012
• Pour un noël
solidaire
•
Célébrons
la réussite !
• dîner-débat
Foi et culture
Viens Emmanuel !
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Editorial
Editorial
•Ilahabitéparminous
Mot de l'Evêque
•Lekerigme
Droit canonique
•Lesacrementdel’Ordre(2)
Noël
•FaisNoëlautourdetoi
•Noëlsolidaire
•UnNoëldepartage
Education
• Célébronslaréussite!
Liturgie
•Paroledominicale
•Priersanscesse:
LaLiturgiedesHeures(2)
La famille
• Lerôledelamorale
dansl’évolutiondudroitfrançais
delafamille(2)
Vie du diocèse
•Dîner-débat FoietCulture
organiséparlaCommunauté
duCheminNeuf
•Pastoraledelaculture
•Paroisseenfête
•HorairesdesmessesdeNoël etduJourdel’An
Société
•Chrétiendanslemonde: Parcours
d'unjeunecréateurd’entreprise
Médias
numéro
454
N° 454 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 16 décembre 2012
• POUR UN NOËL
SOLIDAIRE
•
CÉLÉBRONS
LA RÉUSSITE !
• DÎNER-DÉBAT
FOI ET CULTURE
Viens Emmanuel !
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
tirage : 8 000 exeMplaires
i.s.s.N. 0759-4895
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Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique
Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70
se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586
97207 Fort de France Cédex
Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr
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L
e temps de Noël baigne peu à
peu d’une atmosphère de joie
et de fête nos paroisses, nos
villes, nos rues, nos maisons, même
nos entreprises.
Pour ceux qui ne participeront pas à
cette joie parce qu’ils sont éloignés
de leur famille à cause de la maladie
ou pour des raisons de grande
pauvreté, cette période de l’année
sera plus difficile à vivre parce
que la solitude ou l’exclusion sera
ressentie plus douloureusement.
En ce premier Noël, Jésus lui-même
a été exclu : n’est-il pas né dans
une crèche parce qu’il n’y avait pas
de place dans la salle commune, dit
l’évangéliste Luc (Lc 2,7) ?
Jésus est venu dans notre humanité
pour nous apprendre à aimer, à
pardonner, à partager. Il est venu
pour les pauvres, les petits, pour
ceux qui souffrent dans leur cœur
et dans leur corps.
Quels que soient le pays et l’époque
où nous vivons, nous n’aurons
jamais fini, à la suite de Jésus, d’être
des affamés d’amour, de justice et
de paix. Nous avons la certitude
que la paix entre les hommes se
trouve entre nos mains, mais, pour
la construire, elle doit être fondée
sur les bases solides de la justice.
Noël, aujourd’hui, aura le visage
que nous lui donnerons : prévenant,
souriant, amical, fraternel ; ce sont
là les traits du visage de Jésus à
l’égard des plus démunis. Cet état
d’esprit pour un Noël solidaire, nous
voulons en faire l’écho à travers les
initiatives de jeunes et d’adultes de
plusieurs paroisses.
De toutes les fêtes liturgiques,
Noël est celle qui a le plus inspiré
l’imaginaire culturel des pays où l’évangile a été annoncé. On y
trouve la dévotion à l’Enfant Jésus,
couché dans une crèche avec
Joseph et Marie, accompagné du
bœuf et de l’âne.
Chez nous, Noël a suscité un
véritable folklore qui, partant
de la liturgie, s’est éloigné
progressivement de son origine
chrétienne pour devenir un produit
commercial. N’est-ce pas le cas des
Chanté Noël ?!
Se former, s’engager avec d’autres
dans la création d’une entreprise,
demande de l’initiative, de la
persévérance et une bonne dose de
foi et d’espérance. Dans un contexte
social de morosité où le défaitisme
devient un mal contagieux,
combien il est réconfortant de
trouver des qualités et des aptitudes
à travailler et à entreprendre chez
des personnes qui ont surmonté
les difficultés et réalisé ce qui leur
tenait à cœur.
La fête de la réussite, à l’adresse de
vingt jeunes, s’est tenue récemment
à l’Espérance
- Patronage Saint-
Louis : une manière pour les
éducateurs et les responsables de
reconnaître et de récompenser le
travail et le parcours de ces jeunes.
Créer une entreprise aujourd’hui,
c’est, dit-on, un véritable parcours
du combattant : à travers le
témoignage d’un entrepreneur,
nous découvrons que c’est possible
et que son travail est pour lui source
d’un accomplissement de lui-même
et d’une satisfaction à vivre et à
faire vivre d’autres personnes.
Que cette fête de Noël nous
engage à vivre entre nous la Bonne
Nouvelle de l’amour de Dieu et à
offrir au monde sa paix !
Père Jean de Coulanges n
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Il a habité parmi nous
Photo de couverture : P. Luc Philippon - Crèche réalisée par Jacqueline Haustant, artisan potier au Vllage de la Poterie des Trois-Ilets
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Mot de l'Evêque
Le kerigme
I
l y a cinquante ans de cela, à
la Martinique les nouvelles ne
circulaient pas comme de nos
jours. La radio était balbutiante, la
télévision inexistante, le téléphone
un luxe, il n’existait pas de Fax, on
ne connaissait ni SMS ni Textos.
Mais il y avait des
crieurs publics.
Mandatés par le maire de la
commune, ils se rendaient aux
carrefours et points névralgiques
de l’agglomération . Ils signalaient
leur présence par les roulements
du tambour qui les accompagnait.
On appelait cela : battre au son
de caisse.
Vite entourés par une foule de
curieux, ils imposaient le silence
et criaient de leur plus belle voix :
Aviss…, le Maire de la commune
avise ses administrés… etc…etc. Ils
concluaient les décisions du maire
par la formule :
Le Maire signé…
suivie du nom du maire. La foule
se dispersait alors en commentant
l’annonce qui venait de lui être
faite.
Dans l’antiquité ces crieurs
existaient déjà. L’annonce qu’ils
faisaient sur les places se disait
en grec kérygma . Quand il
s’agissait d’une Bonne Nouvelle
on l’appelait : Euangelion . Le mot
Evangile vient de là.
L’Eglise a retenu le mot
Kerygme pour désigner la
proclamation de l’essentiel de la foi
chrétienne. L’essentiel de la Bonne
Nouvelle qui fonde son existence
et sa mission c’est JESUS-CHRIST.
Dans sa première lettre aux
Corinthiens Saint Paul écrit :
Je vous rappelle, frères, l’Evangile
que je vous ai annoncé, que vous
avez reçu, auquel vous restez
attachés, et par lequel vous serez sauvés si vous le retenez tel que
je vous l’ai annoncé ; autrement
vous auriez cru en vain.
Je vous ai transmis en premier
lieu ce que j’avais reçu moi-
même: Christ est mort pour nos
péchés, selon les Ecritures;
il a
été enseveli, il est ressuscité le
troisième jour, selon les Ecritures.
il est apparu à Céphas, puis aux
Douze.
Ensuite, il est apparu à plus de
cinq cents frères à la fois, la
plupart sont encore vivants et
quelques-uns sont morts. Ensuite,
il est apparu à Jacques, puis à
tous les apôtres. En tout dernier
lieu, il m’est aussi apparu, à moi
l’avorton. Car je suis le plus petit
des apôtres, moi qui ne suis pas
digne d’être appelé apôtre parce
que j’ai persécuté l’Eglise de
Dieu.
Cet écrit de Saint Paul est un résumé
de la Bonne Nouvelle annoncée à
tous les hommes et prioritairement
aux païens. C’est le Kérygme et
l’Evangile que l’Eglise veut et doit
proclamer à tous les hommes.
Le monde d’aujourd’hui est un
monde friand de nouvelles. Il zappe
en permanence de réseaux sociaux
en réseaux sociaux, d’ordinateurs
portables en tablettes numériques,
à l’affût de ce qui crée le buzz .
Cet anglicisme, comme on le
sait, désigne l’événement qui
retient l’attention, alimente les
conversations, fait sensation, est
l’annonce incontournable.
Il y a cependant un évênement
qui devrait faire le « buzz » pour
l’humanité tout entière et qui ne
retient plus l’attention du plus
grand nombre : c’est Jésus-Christ.
Alors que depuis qu’ils existent,
les hommes se demandent sans
véritable réponse : d’où ils viennent,
pourquoi ils vivent, où ils iront au
terme de leur vie, quelqu’un est
venu leur apporter les réponses
à toutes ces questions, par sa vie,
sa mort et sa Résurrection. C’est
Jésus-Christ.
Cet homme a corroboré ses
paroles par des miracles qui ont
interpellé ses contemporains
et nous interpellent encore. Le
plus étonnant a été celui de leur
apparaître vivant, trois jours après
sa mort.
Cet homme a affirmé: « Je suis
le chemin, la vérité et la vie. Tout
homme qui croit en moi fut-il mort
vivra. Je le ressusciterai au dernier
jours »
De nos jours, les hommes assoiffés
de nouvelles ignorent pourtant
cette Bonne Nouvelle. Ils préfèrent
consacrer leur attention à des
fables au lieu de se tourner vers
l’Evangile. Ils ignorent la Bonne
Nouvelle criée depuis plus de
deux mille ans, partout dans le
monde.
Noël, est la fête de la naissance
de cet homme appelé Jésus de
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Mot de l'Evêque (suite)
E g l i sE En M a r t i n i q u E
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X
MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 €
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Oui, je m’abonne !
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Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
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Nazareth reconnu par les croyants
comme Christ et Seigneur.
L’Evangéliste Saint Luc bénéficiant
des confidences de la Vierge
Marie est avec Matthieu celui qui
nous renseigne sur l’enfance du
Seigneur. Connaissons-nous les
premiers chapitres de son Evangile?
La naissance du Fils de Dieu nous
intéresse-t-elle autant que celle
du futur bébé du couple princier
d’Angleterre ?
Quand le Sauveur est né dans
notre monde, il n’y avait pas de
place pour lui dans l’auberge. Nous
préparons Noël en prévoyant le
réveillon, les chanter Noël pour
boire et danser , les sapins et les
cadeaux qui vont avec… Prenons-
nous le temps de nous demander
pour quelles vraies raisons nous
faisons la fête à Noël.
soyez toujours prêts à rendre
compte de l’espérance qui vous anime
recommandait Saint Pierre
aux chrétiens. Pouvons-nous
justifier notre joie de Noël ?
Accepterons-nous de consacrer du
temps au Seigneur par la prière
et la lecture de sa Parole? Dans
nos maisons ferons-nous un petit
coin prière où la famille se réunira
ne fut-ce qu’une fois dans la
semaine pour que papa, maman
et les enfants
parlent ensemble
au Seigneur ? Pourquoi ne pas
renouer avec la belle tradition du
bénedicité qui remercie le Seigneur
d’avoir de quoi manger alors que
pas bien loin de chez nous il y a
des hommes et des femmes qui
meurent de faim.
Essayerons-nous de partager
quelque chose avec les plus pauvres,
les plus seuls de nos voisins ?
Puisque Noël n’est ni un conte de
fée ni une légende, mais que Dieu est venu vraiment habiter parmi
nous en la personne de son Fils,
quelles conséquences en tirons-
nous ?
Sommes-nous prêts à faire retentir
autour de nous la Bonne Nouvelle
de Noël ?
Notre manière de vivre les uns
avec les autres peut elle être
kerygme
pour ceux qui nous
regardent ?
Par nos paroles et surtout par
nos actes puissions-nous dire
qu’un Sauveur nous est né et qu’il
reste avec nous jusqu’à la fin des
temps ?
Joyeux Noël à tous.
+ Michel Méranville, Archevêque n
* * * * *
* * * * *
Nous tenons à remercier les fidèles et généreux donateurs qui, cette
année encore, ont apporté leur contribution à la vie matérielle de leur
Eglise.
La collecte du Denier de l’Eglise se réalise toute l’année. Il nous semble
donc important de rappeler à ceux qui n’auraient pas encore fait ce
geste, qu’il n’est pas trop tard.
Les dons peuvent être reçus directement à l’Archevêché : B.P. 586 - 97207
Fort-de-France Cedex ou par l’intermédiaire habituel des paroisses.
D’avance, merci.
Hervé Lordinot, Econome diocésain
Rappel
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M
inistre vient du latin
ministerium, une charge,
un emploi, une fonction
créant des devoirs. Rapproché
au latin
minus, petit, le ministre
peut être compris comme celui
qui a une charge de serviteur.
Ainsi, dans l’Eglise, certains
fidèles reçoivent le sacrement
de l’Ordre et deviennent des
serviteurs sacrés. Vous avez bien
dit
sacrés ?
Dans le monde actuel, un tel
vocabulaire est mal vu et assez
mal reçu. Il donne lieu à de
nombreuses incompréhensions
et interprétations erronées.
D’aucuns se demandent pourquoi
il y aurait des personnes plus
sacrées que d’autres, des
privilèges que d’autres n’auraient
pas ? Comment l’Eglise peut-elle
se permettre de faire autant
d’injustices et de différences
entre les personnes ? Pourquoi
un prêtre serait-il plus sacré que
le commun des mortels ? Avec
tout ce qui se dit sur le clergé, il
est déplacé de proclamer que les
prêtres sont sacrés... Les réflexions
vont bon train et elles ne sont pas
toutes insensées.
Tout d’abord, il faut considérer
que cette règle canonique et
ce vocabulaire sont destinés et
utilisés dans le contexte spécifique
de l’Eglise catholique, telle qu’elle
a été voulue et organisée par Dieu
et ceux à qui Dieu l’a confiée.
Ensuite, il faut se rappeler que
le droit canonique n’a pas la
prétention de régir ni régler la
société civile d’un quelconque
Etat. Par contre, les chrétiens
ont le devoir de faire respecter et appliquer la morale naturelle
et chrétienne dans les sociétés
où ils vivent.
Enfin, dans la société Eglise, les
baptisés, qui sont les membres,
sont organisés de telle manière
que la mission du Christ, par l’Eglise
et dans le monde, soit assurée,
chacun ayant une fonction, des
droits et devoirs particuliers.
Le mot sacré a plusieurs acceptions.
Au sens populaire, sacré est cet
adjectif qui renforce un juron. Il
peut indiquer une distinction, une
excellence (dans le bien ou dans
le mal). Plus généralement, sacré
est ce qui revêt de l’importance,
du respect, est intangible. Dans
la
Communauté Européenne,
est sacré l’ensemble des valeurs
unanimement partagées. Enfin,
sacré a trait au religieux et c’est
son sens premier. Sacré viendrait
du latin sacer, sacra, sacrum :
consacré à une divinité. Il s’oppose
à profane qui vient de profanus,
profanum
: devant de l’enceinte
consacrée, qui n’est pas consacré.
Ainsi, sacré est dit de ce qui
appartient au domaine séparé
du divin. Le divin est une réalité
spirituelle que l’homme ne peut
appréhender immédiatement. Il
a besoin de médiation. C’est
pourquoi aux yeux de l'homo
religiosus
(l’homme religieux)
le sacré est une puissance. son
rôle fondamental est d'être
médiateur entre la source de cette
puissance et l'homme. Considéré
dans sa fonction et sa dimension
de médiateur, le sacré donne à
l'homme religieux la possibilité
d'entrer en relation avec la
transcendance, avec la divinité,
avec Dieu. La vie humaine se
déroule dans un contexte où
seule l'expérience médiate du
« surnaturel » est possible
(1),
c'est-à-dire que Dieu passe par la
médiation des réalités naturelles
de la création pour entrer en
relation avec l’homme.
Ainsi, des choses et des personnes
peuvent être sacrées parce qu’elles
assurent cette médiation entre le
naturel et le surnaturel, l’humain
et le spirituel, la création et Dieu
incréé. La foi catholique reconnaît
que Jésus Christ est le lien parfait
entre la réalité humaine et la réalité
divine spirituelle. Homme sacré
par excellence, il nous donne à voir
les réalités spirituelles invisibles. Il
est la médiation parfaite qui rend
visible cet au-delà invisible.
A la suite de Jésus, des fidèles
seront missionnés pour être ces
médiateurs. Comme le Christ et
par le Christ, ils rendront visible
l’invisible, ils feront advenir
les réalités spirituelles dans la
création, dans l’humain. Choisis
parmi les fidèles, les ministres
sacrés sont mis à part, consacrés
pour un service particulier de
médiation entre Dieu et l’homme.
Ils deviennent consacrés,
serviteurs de Dieu, pasteurs du
peuple de Dieu. Mais ils restent
des fidèles qui ont besoin de la
prière et du soutien du peuple,
de la miséricorde de Dieu.
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
Droit canonique
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Par le sacrement de l’Ordre... certains fidèles sont constitués ministres sacrés,
canon 1008.
Dès lors que des fidèles sont ordonnés, ils deviennent des ministres sacrés.
(1) J. RIES, Le sacré, 1991, in Catholicisme, Hier Aujourd’hui et Demain, éditions Letouzé et Ainé
Le sacrement de l’Ordre (2)
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Fais Noël autour de toi
S i tu donnes des cadeaux à Noël,donne-les avec ton cœur
et non pas parce qu’il le faut… Et si tu en reçois,
que ton sourire vienne du plus profond de toi et non pas seulement du bout de tes lèvres…
Si tu visites des malades,
des personnes âgées ou seules durant les Fêtes,
ne les visite pas pour la forme,
mais pour la joie que tu leur apporteras et qu’elles sauront bien te rendre…
Si tu vas à l’église pour la messe de minuit,
n’y va pas simplement parce que c’est Noël, mais parce que Jésus est venu sur la terre pour toi et pour tout le monde,et que tu veux lui dire merci
d’être devenu l’un des nôtres…
Si tu pries le Seigneur en toute sincérité au plus profond de ton cœur
et du plus profond de ton être,
si tu rends service à plus petit que toi, si tu dépannes plus mal pris que toi, bref, si tu aimes de mille manières les mendiants de ton cœur…tu fais Noël autour de toi…
Et Jésus n’est pas venu chez toi pour rien.
Jules Beaulac
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L
e samedi 15 décembre 2012, le secteur 5 de
la paroisse Saint-Laurent du Lamentin, en
collaboration avec la Société Saint-Vincent
de Paul de la paroisse, organise un Noël solidaire :
les paroissiens sont invités à donner avec cœur à la
collecte de jouets au profit des enfants défavorisés
de notre paroisse pour que jaillisse la joie de
l’Emmanuel sur le visage des enfants.
Redonner la joie et l’espérance, n’est-ce pas déjà
rendre Dieu présent dans la vie à la fois de ceux qui
ont donné et de ceux qui ont reçu ?
Le plus grand mal de notre société moderne,
c’est l’exclusion. Jésus nous montre le chemin : il
bannit l’exclusion en réintégrant l’homme dans la
communion de ses frères (cf. guérison du lépreux,
Marc 1,40-45). Faisons de même !
Equipe d’animation pastorale du secteur 5 n
P
our cela, nous envisageons de partager un
moment convivial avec ces jeunes malades
âgés de 3 à 18 ans. Ainsi, depuis le samedi
1
er décembre a lieu une collecte de cadeaux sur
la paroisse, qui se prolongera jusqu’au dernier
dimanche de l’Avent.
Cette action a été mise en place avec la collaboration
de la directrice de la MFME, M me Marie-Alice
Divron.
Le lundi 24 décembre 2012, nous nous rendrons à
l’hôpital afin de remettre aux intéressés les présents
recueillis et de passer ensemble un moment
convivial, partageant ainsi la joie de la naissance
du Christ.
Pastorale des Jeunes de la Cathédrale n
Pour un Noël solidaire
Un Noël de partage
Noël, pour les chrétiens, c’est célébrer la naissance de Jésus, mais Noël c’est
aussi une fête qui peut rassembler des personnes en difficulté que seul relie
l’attente de jours meilleurs, d’un avenir qui offrirait quelques repères, quelques
certitudes… Mais en fait, c’est cela la vraie naissance de Jésus dans la vie et
le cœur de chacun d’entre nous !
En cette période de l’Avent, la Pastorale des Jeunes de la Cathédrale Saint-Louis
de Fort-de-France a projeté d’offrir un « Noël Joyeux » aux enfants hospitalisés
de la Maison de la Femme, de la Mère et de l’Enfant (MFME).
Fais Noël autour de toi
Noël
D es enfants de la paroisse, solidaires de ceux qui n'ont rien
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Education
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L
a cérémonie a eu lieu dans
l'ancienne chapelle du site
(la nouvelle chapelle a
été bâtie à proximité en 1973)
et, dans ce lieu chargé de sens,
vingt jeunes ont reçu une
récompense pour leur parcours
à l'Espérance. Leurs éducateurs,
parents, enseignants et plusieurs
visiteurs dont : M. Suivant, adjoint
du directeur de l'Aide Sociale à
l’Enfance ; M
me Largen, élue à la
commission des Affaires Sociales
du Conseil Général ; le
RSMA ; M. Emmanuel
de Reynal, Président de
Contact Entreprises ;
le Délégué Episcopal
à l’Information, le
père Luc Philippon ;
le Maire de Fort-de-
France, M. Raymond
Saint-Louis-Augustin,
ainsi que l'Inspecteur
d'Académie, M. Emilien-
Pierre Petit, tous ont
vécu ces moments si intenses où
l'émotion était vive.
Une émotion qui nous touche
au cœur
Comment ne pas avoir la gorge
nouée devant le récit d'un jeune
ou d'une mère qui évoquent leur
parcours, avec pudeur mais sans
cacher les épreuves d'une dureté
parfois effrayante. Ces vingt
jeunes ont tous surmonté une
difficulté importante et obtenu
un diplôme reconnu, ou tout
simplement radicalement changé
leur comportement. Ils ont été
accompagnés pour cela par des
parents, des éducateurs, des
enseignants et par la prière. Plus
qu'un dernier recours, la prière est
surtout une relation à Dieu, qui
s'intéresse et parle à chacun de
nous et pour qui chaque personne
est une histoire sacrée.
Un exemple qui encourage
Il y avait aussi dans la salle beaucoup
d'autres jeunes de l'Espérance pas
encore récompensés. L'exemple
de leurs aînés les a sans doute
encouragés à avancer et à exercer
leur talent profond à vivre
debout.
Une invitation pour chacun de
nous
Ces vingt jeunes sont aussi un
exemple pour nous tous qui
rencontrons à un moment ou à
un autre de notre vie de grandes
difficultés, qui ne sont peut-être
pas scolaires ni de comportement,
mais qui peuvent être par
exemple relationnelles, de santé
ou spirituelles. En acceptant l'aide
de nos proches ou de ceux que
le Seigneur met sur notre route,
en nous mettant à son écoute,
nous pouvons nous aussi avancer.
Si l'émotion suscitée par ces vingt
parcours nous envahit, c'est bien, en
effet, que leur exemple nous touche
profondément et nous montre une
voie qui est aussi pour nous.
Cette fête était une première
à l’Espérance. L’idée nous vient
de notre partenaire Apprentis
d’Auteuil, qui célèbre cette fête
dans ses 230 établissements
en métropole, à La Réunion et
à Mayotte, le même jour. C’est
une idée qui peut être reprise
dans d’autres circonstances et
d’autres lieux, tant il est important
de célébrer la réussite, pour
détromper un climat de morosité
qui nous détourne de la louange
du Seigneur !
Matthieu Bergot
Directeur Général de l’Espérance – Patronage Saint-Louis
n
Célébrons la réussite !
Célébrer la réussite et croire que c'est possible pour chacun : la "fête de la
réussite", qui s'est tenue à l'Espérance - Patronage Saint-Louis le vendredi 30
novembre dernier, a marqué les participants par son formidable message. Bien
loin de la morosité.
Fête de la réussite de l'Espérance -
Patronage Saint-Louis : photo avec les lauréats
Le lauréat pour le prix d'excellence
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16 décembre 2012
L a P arole D ominicale
Sophonie3,14-18a•Psaume19•Philippiens4,4-7•Luc3,10-18
3 ème dimanche de l’AventAnnée C
C
'est aujourd'hui le dimanche
de la joie
(Gaudete) . Nous
retrouvons la figure de
Jean-Baptiste, que saint Luc met
particulièrement en lumière, en
montrant à la fois sa grandeur
et son infériorité, ou mieux, sa
relativité par rapport à Jésus. La
grandeur de Jean, c'est précisément
de n'avoir aucun sens, sinon par
rapport au Messie, dont il prépare
la venue.
Dans la personne du Baptiste, vous
retrouvez aujourd'hui les traits
fondamentaux de votre service
ecclésial. En vous confrontant à lui,
vous êtes encouragés à effectuer un
contrôle de la mission que l'Eglise
vous confie. Qui est Jean-Baptiste? Il
est tout d'abord un croyant engagé
en première personne sur un chemin
spirituel exigeant, fait d'une écoute
attentive et constante de la Parole
de salut. En outre, il témoigne d'un
style de vie détaché et pauvre ; il
démontre un grand courage en
proclamant à tous la volonté de
Dieu, jusqu'aux conséquences les
plus extrêmes. Il ne cède pas à la
tentation facile de jouer un rôle de
premier plan, mais avec humilité, il
s'abaisse pour exalter Jésus.
Aujourd'hui, le Baptiste se présente
comme modèle des Apôtres et
des messagers que le Seigneur
envoie
deux par deux devant lui
dans toutes les villes et localités
où lui-même devait aller (Lc
10,1). Les Apôtres sont douze, les
envoyés du chapitre 10 de saint
Luc sont soixante-douze. Jean, lui,
est seul et donc unique, le premier d'une multitude. Il est leur maître
d'apprentissage. En envoyant les
Douze, puis les soixante-douze,
c'est comme si Jésus leur disait :
Maintenant à votre tour de faire
comme Jean-Baptiste a fait pour
moi ! Jean vous a formés tous les
deux, cher Jean, cher André ! Et
maintenant, faites comme lui. Lui
est déjà au ciel ; maintenant vous
le relayez, vous êtes sa relève. Vous
serez aussi mes petits précurseurs.
Ce que Jean a été, vous le serez à
votre tour !
(Père Daniel-Ange)
La prédication de Jean traverse et
les siècles et les frontières. Rien à voir
avec la spiritualité des Esséniens, les
fils de la lumière, une secte qui se
prenait pour l'élite spirituelle de
l'époque et qui avait fui le monde
mauvais en proclamant qu'eux
seuls seraient sauvés. Rien à voir
non plus avec les pharisiens, les
séparés , qui, sans se retirer dans
le désert, vivaient dans un mépris
souverain de toute cette "racaille"
de pécheurs qu'ils évitaient comme
la peste. Jean, lui, n'est allé dans le
désert que pour mieux se préparer
à aller vers les pécheurs de tout
bord.
Remarquez aussi que Jean, qui
vivait dans une ascèse plutôt
rigoureuse, ne commence pas par
imposer des exigences exorbitantes
à ceux qui viennent vers lui. Il ne leur
demande ni de suivre son régime
alimentaire, ni d'adopter son mode
vestimentaire. (Il ne leur donne
pas non plus des tas de prières
à réciter...) Mais se contenter de
médiocrité, ce n'était pas son genre
non plus. Non ! Il ne prend pas la
morale à la légère, notamment dans
le domaine de l'argent, le "nerf de
la guerre". Avez-vous remarqué que
dans ses réponses à la question :
Que devons-nous faire ? il ne parle
que du bon usage de la richesse
(v. 10-11) et du danger de l'acquérir
de manière injuste (v. 12-13; 14).
Même aux publicains et aux
soldats, il ne demande pas de
changer de profession. Saint
Luc ne mentionne pas ici les
prostituées qui, elles, ne sont pas
dans le même cas de figure... Aux
pornocrates d'aujourd'hui, Jean
aurait certainement répondu autre
chose ! Qu'aurait-il dit à tous ceux
qui, aujourd'hui, font de l'argent
leur dieu, en sacrifiant tout pour
pouvoir faire carrière et avoir des
promotions professionnelles, au
prix de multiples sacrifices, y compris
du temps consacré à Dieu (par
exemple la messe du dimanche)
et à leur famille ?
Chose importante pour aujourd'hui :
sa morale n'est pas seulement une
morale individuelle (ou individua-
liste). Sa prédication s'adresse à
des groupes de personnes, à des
corps de métier, au Peuple de Dieu
dans son ensemble, à la société tout
entière. La conversion demandée
n'est pas seulement celle des per-
sonnes prises individuellement. Elle
a une dimension sociale.
P. Walter Covens
Aumônier des cliniques
n
http://.www.homelie.biz/ Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
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Page 10
Liturgie
Avec Mère Marie-Reine van Deth, poursuivons la présentation de la Liturgie des
Heures, en vue d’une meilleure compréhension de la prière officielle de l’Eglise.
Prier sans cesse :
La Liturgie des Heures
(2)
Les heures liturgiques
T
rès tôt, les premiers
chrétiens, en majorité juifs,
ont sanctifié les Heures, en
continuant de prier aux heures de
la prière juive : le matin, le soir,
et à trois reprises au cours de la
journée. Ainsi naquit la prière des
Heures, dialogue entre Dieu et
l’homme, où Dieu parle et où le
Peuple répond.
Les éléments fondamentaux qui
composent chaque office sont au
nombre de quatre : les hymnes, les
psaumes, les lectures, les prières.
Au-delà du cri : Dieu, viens à
mon aide ! par lequel s’ouvre la
prière des Heures, au-delà des
intercessions et des psaumes
d’imploration, la caractéristique
la plus importante et la fonction
première de la Prière de l’Église,
est de louer Dieu du matin
jusqu’au soir : louange au Dieu
créateur, que nous rappellent
les heures ; louange au Dieu
rédempteur en son Fils qui nous
éclaire au-delà de nos obscurités ;
louange au Dieu, lumière sans
déclin, dans l’anticipation des
derniers temps. A chaque office,
la prière s’enracine d’abord dans
l’Ancien Testament, avec la prière
des psaumes, s’épanouit dans la
proclamation de la Parole de Dieu,
trouve son sommet dans la prière
du Seigneur, le Notre Père , et
se conclut par l’intercession et
la collecte qui, comme son nom
l’indique, rassemble en un tout
la prière de chaque membre de
l’assemblée priante, pour l’unir
à celle de toute l’Eglise et la
présenter au Père par son Fils,
Notre Seigneur Jésus, le Christ. L’introduction à tout l’office
«
Habituellement, tout l'office est
introduit par l'invitatoire. Celui-ci
consiste dans le verset :
s eigneur,
ouvre mes lèvres, et ma bouche
annoncera ta louange, suivi du
psaume 94, par lequel, chaque jour,
les fidèles sont invités à chanter
les louanges de Dieu, à écouter
sa voix, à tendre vers le repos du
seigneur
»(1).
L’Office des Lectures
Durant la nuit, dans les monastères,
se place l’ Office des Vigiles. Leur
équivalent dans les livres officiels
de la Liturgie des Heures est l’ Office
des Lectures qui n’est pas lié à un
moment particulier de la journée.
Il est ainsi appelé car il propose,
comme les Vigiles monastiques, une
longue lecture scripturaire et une
lecture spirituelle, le plus souvent
patristique. Mais « la prière des
fidèles – à savoir la psalmodie – doit
aller de pair avec la lecture de la
Sainte Ecriture, pour que s'établisse
le dialogue entre Dieu et l'homme,
car nous lui parlons quand nous
prions, mais nous l'écoutons quand
nous lisons les oracles divins (2) » . (3)
Offices du matin et du soir
« Les Laudes, comme prières
du matin, et les Vêpres, comme
prières du soir, (…) constituent les
deux pôles de l'office quotidien,
et doivent être tenues pour les
Heures principales » (4).
• Les Laudes
La prière des Laudes consacre
les premières heures du jour.
Le nom de
Laudes , c’est-à-dire
louange, exprime l’attitude filiale
par excellence, l’attitude de la
créature tournée vers son créateur.
Le motif principal de l’action de
grâces, tôt le matin, c’est le retour
de la lumière, évocation de la
Résurrection du Seigneur et de sa
présence continuelle dans l’Eglise.
Il est le vrai soleil levant venu nous
visiter (5) chanté par le cantique
Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
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Page 11
de Zacharie et acclamé par nos
hymnes. La victoire du jour sur
la nuit symbolise le triomphe du
Christ sur la mort, le péché et
Satan. La création renouvelée par
le Christ est la préfiguration de la
terre nouvelle.
« Louange du matin, pour consacrer
à Dieu les premiers mouvements
de notre âme et de notre esprit,
pour que nous n'entreprenions
rien avant de nous être réjouis à
la pensée de Dieu, selon ce qui
est écrit :
Je me suis souvenu de
Dieu et j'y ai pris mes délices (6),
et pour que nos corps, de même,
ne se mettent pas au travail avant
que nous ayons accompli ce qui
est écrit :
Je dirigerai vers toi ma
prière, seigneur ; au matin, tu
exauceras ma voix ; au matin,
je me tiendrai devant toi et je te
verrai (7) »(8).
• Les Vêpres
Les Vêpres tirent leur nom du latin
Vespera , soir : c’est l’heure que l’on
célèbre au coucher du soleil, quand
le jour baisse et qu’on allume les
lampes. Alors nous faisons monter
notre prière comme l’encens en
présence du seigneur (9), en action
de grâces
pour ce qui, en ce jour,
nous a été donné, ou pour ce que
nous avons fait de bien
(10) .
La mémoire du Christ à Vêpres
se construit comme les Laudes,
autour du thème de la lumière :
« Pour diriger notre espérance
vers la lumière qui ne connaît
pas de crépuscule, nous prions
et demandons que la lumière
revienne sur nous, nous
demandons l'avènement du Christ
qui doit nous apporter la grâce
de la lumière éternelle. A cette
heure-là, nous unissons notre
voix à celle des Eglises d'Orient en
invoquant la
Joyeuse lumière de
la sainte gloire du Père céleste
et éternel, le bienheureux Jésus
Christ ; parvenus au coucher du
soleil, en voyant la lumière du soir,
nous chantons Dieu, Père, Fils et
Esprit saint… » (11)
Souvent mises en parallèle avec
l’office du soir au Temple de
Jérusalem, les Vêpres rappellent
aux chrétiens le sacrifice du soir
transmis par le Seigneur aux
Apôtres lors de la dernière Cène
et offert au Père le lendemain sur
l’autel de la croix pour le salut du
monde.
(12)
L’heure médiane
Les Petites Heures : Tierce (ou 3 ème
heure, selon la manière ancienne
de compter les heures, la journée
commençant alors à 6 heures),
sexte (ou 6 ème heure), None (ou
9ème heure) – qui peuvent être
groupées en une seule au milieu
du jour
– scandent la journée et
ont pour but principal de rappeler
la primauté de Dieu et de sanctifier
les occupations humaines. Nous y
faisons mémoire des événements
fondateurs du christianisme
que sont, à l’heure de Tierce, la
descente du Saint-Esprit sur les
Apôtres au jour de la Pentecôte ; à
Sexte, la mise en croix du Seigneur
Jésus ; à None, sa mort pour le
salut de tous.
Qu’à la neuvième heure, les fidèles
s’adonnent à une grande prière
et à une grande louange, écrit
Hippolyte de Rome, car, en cette
heure, le côté du Christ a été percé
de la lance et il en est sorti du sang
et de l’eau.
Enfin Complies
C’est la prière du soir, lorsque
tout est achevé de la tâche
quotidienne. C’est la dernière
prière du jour, la prière avant le
repos de la nuit. Les psaumes priés
à cette Heure et le Cantique de
Siméon évoquent la confiance en
Dieu et l’attente de la Rencontre
avec le Seigneur au soir de notre
pèlerinage sur terre.
La Liturgie des Heures, qui
sanctifie le temps, se situe au cœur
de l’histoire. Tout récemment
le Pape a rappelé que toute
l’action liturgique de l’Eglise
apporte sa contribution à l’œuvre
civilisatrice (13) : « La liturgie est en
effet la célébration de l’événement
central de l’histoire humaine : le
sacrifice rédempteur du Christ.
Par là, elle témoigne de l’amour
dont Dieu aime l’humanité, elle
témoigne que la vie de l’homme
a un sens et qu’il est par vocation
appelé à partager la vie glorieuse
de la Trinité. L’humanité a besoin
de ce témoignage. Elle a besoin de
percevoir, à travers les célébrations
liturgiques, la conscience que
l’Église a de la seigneurie de Dieu
et de la dignité de l’homme (14) ».
Mère Marie-Reine van Deth
Prieure du monastère
Sainte-Marie-des-Anges
n
(1) Cf. Présentation Générale de la Liturgie des Heures,
n° 37
(2) S. Ambroise, off. 1,88
(3) PGLH, n° 55-56
(4) PGLH, n° 37
(5) Lc 1,78
(6) Cf. Ps 76,4
(7) Ps 5,4-5
(8) Saint Basile cité par PGLH, 38
(9) Cf. Ps 140
(10) Saint Basile
(11) PGLH, 39
(12) Cf. Cassien
(13) Cf. Gaudium et spes, n° 58,4
(14) Discours de sa sainteté Benoît XVI au deuxième
groupe d'évêques français en visite ad limina (évêques des provinces du Nord et de l’Est), le
vendredi 16 novembre 2012
Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
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« Les Laudes, comme
prières du matin, et
les Vêpres, comme
prières du soir,
(…) constituent
les deux pôles de
l'office quotidien, et
doivent être tenues
pour les Heures
principales ».
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La famille
Nous vous proposons la suite de l’article de Maître Raymond Auteville, commencé
dans le numéro précédent.
Le rôle de la morale
dans l’évolution du droit français
de la famille
(2)
II. La morale, moteur
de l’évolution du droit
français de la famille
L
’analyse du droit français
de la famille met en lumière
une très grande stabilité du
statut familial depuis le Code Civil
de 1804, jusqu’aux années 1960.
A partir de cette date, on a
assisté à une véritable inflation
législative. Mais, contrairement
à ce que l’on aurait pu croire,
cette évolution n’a pas porté
atteinte aux fondamentaux
de l’institution familiale. Elle
s’est plutôt faite dans le sens de
deux grands accroissements :
protection de l’enfant (A), égalité
et liberté dans les liens familiaux
(B). Parallèlement, l’adoption,
inconnue par l’ancien droit, s’est
développée, pour s’inscrire dans
le droit de la famille (C).
A) Accroissement de la
protection de l’enfant
La morale contemporaine met
dorénavant l’accent sur la nature
substantiellement humaine de
l’enfant, dès le stade de l’embryon.
L’accent sera mis sur les droits de
l’enfant et sur sa protection, à
l’intérieur comme à l’extérieur de
la famille.
Le concept légal de l’intérêt de
l’enfant est né et se retrouve
dans les textes internationaux
(Convention internationale des
Droits de l’Enfant, 20 novembre
1989 ; Convention de La Haye, 19
octobre 1996). Le droit français de la famille va s’y
abreuver :
- exercice en commun, par le
père et la mère, de l’autorité
parentale (article 371-16 du
Code Civil) ;
- renforcement des garanties de
la procédure d’adoption (loi
du 22 décembre 1976, loi du
5 juillet 1996, loi du 6 février
2001, loi du 4 juillet 2005) ;
- audition de l’enfant dans les
procédures qui le concernent
(article 388-1 du Code Civil) ;
- création du défenseur de l’enfant,
par la loi du 6 mars 2000.
Le vent de l’amélioration des
droits et libertés ne souffle pas
exclusivement pour l’enfant. C’est
tout le droit de la famille qui va être
irrigué de ces notions.
B)
Accroissement de la liberté et
de l’égalité dans les rapports
familiaux
Par diverses réformes successives,
le droit de la famille va s’orienter
vers deux directions :
- amélioration de l’équilibre des
droits parents-enfants ;
- liberté et égalité dans les
rapports entre époux.
a- Amélioration de l’équilibre des
droits parents-enfants
La famille du Code Civil de 1804
se définissait comme une cellule
composée du père, de la mère
et des enfants, placée sous la
puissance paternelle.
Le législateur a dorénavant établi
des rapports plus équilibrés entre
les parents et les enfants :
- la loi du 4 juin 1970 a remplacé
l’expression de puissance
paternelle par celle d’ autorité
parentale ;
- des réformes successives ont
établi l’exercice en commun, par
le père et la mère, de l’autorité
parentale (loi du 22 juillet 1987,
loi du 8 janvier 1993, loi du
4 mars 2002) ;
- les deux parents administrent
légalement les biens du mineur
(loi du 23 décembre 1985).
Les rapports parents et enfants
étant devenus plus équilibrés,
ceux des époux entre eux vont
l’être également par une série de
réformes successives.
b- Rééquilibrage des rapports entre
les époux
Le concept d’égalité parfaite entre
les époux va s’imposer au fur et à
mesure des réformes :
- le principe d’égalité entre les
époux est posé par la loi du 23
décembre 1989, qui a réécrit
les articles 212 à 226 du Code
Civil ;
- les époux assurent ensemble les
directions morale et matérielle
de la famille (article 219-1 du
Code Civil) ;
- les époux choisissent ensemble
le choix de la résidence familiale
(article 275-2 du Code Civil) ;
-
chaque époux assure seul la
gestion de ses biens propres
(article 1428 du Code Civil) ;
-
renforcement des droits du
conjoint survivant par la loi du
3 décembre 2001. Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
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Page 13
Ce souci d’égalité entre les
différents membres de la famille
s’est imposé comme une nécessité.
De même, le nombre croissant
d’enfants sans parents a imposé
l’adoption dans le droit de la
famille.
C) L’adoption s’inscrit dans le
droit de la famille
L’ancien droit ne connaît pas
l’adoption. C’est la Révolution
française qui fait apparaître le
concept d’adoption et c’est le
Code Civil (sous l’insistance de
Bonaparte qui n’avait pas d’enfant)
qui inscrit l’adoption dans le droit
civil français.
Le législateur va d’abord soumettre
l’adoption à des conditions très
strictes. Puis, sous le double effet
de l’accroissement du nombre
d’enfants sans parents et de celui
du désir d’enfants de bon nombre
de personnes incapables d’en
procréer, les réformes successives
vont assouplir les conditions de
l’adoption.
Depuis l’Ordonnance du 23
décembre 1958, l’adoption
est une institution juridique,
indépendante de toute notion
contractuelle. Aujourd’hui, c’est
l’Ordonnance du 4 juillet 2005 qui
régit l’adoption. Et l’essence même
de cette institution est de faire
primer l’intérêt de l’enfant sur le
désir d’enfants des candidats à
l’adoption.
Si l’adoption individuelle est inscrite
dans la loi, en réalité, elle reste
marginale, car les enfants sont
confiés, en priorité, à des couples
mariés. L’article 343 du Code Civil
dispose que seul un couple marié,
non séparé de corps, peut solliciter
une adoption. La loi du 4 juillet
2005, qui a assoupli les conditions
de l’adoption, ne permet pas à
des concubins d’adopter ensemble
un enfant. Par contre, un seul des
deux concubins peut demander
une adoption individuelle.
Aujourd’hui encore, l’éthique
originelle de l’adoption, lors de
son introduction dans le droit
civil français, doit demeurer :
L’adoption est une fiction qui singe
la nature. C’est dans l’essence
de l’institution ainsi conçue qu’il
faut chercher les règles de son
organisation… (Ferret, Rec. des
travaux préparatoires du Code
Civil, citation de Frédérique
Eudier, Maître de conférences à
la Faculté de droit de l’Université
de Rouen).
Bien inspiré, le législateur a toujours,
à ce jour, inscrit l’adoption dans la
vraisemblance biologique.
L’adoption par un couple n’est
possible que par un couple marié,
non séparé de corps, marié depuis
plus de deux ans ou âgé l’un et
l’autre de plus de vingt-huit ans
(article 343 du Code Civil). Si
l’adoption individuelle par une
personne mariée est possible, le
consentement du conjoint est
requis (article 343-1 du Code
Civil). On peut enfin noter que
les recours judiciaires pour tenter
d’ébranler cette institution fondée
prioritairement sur l’intérêt de
l’enfant, ont tous échoué.
Les juridictions saisies ont toutes
donné la priorité à l’intérêt de
l’enfant, sur le désir d’enfant des
demandeurs à l’adoption :
- Conseil d’Etat, 5 juin 2002 –
Req. N° 230533 AJ – Famille
– 2002 – 259. Obs – Deis –
Beauquesne.
- Cour Européenne des Droits
de l’Homme, 31 août 2012
– GAS et Dubois / France n°
25951/07.
- Question Prioritaire de
Constitutionnalité – Conseil
Const. 2010 – 6 octobre 2010.
Cette rapide étude de l’évolution
du droit français démontre qu’en
réalité, même si cela ne plaît pas
à certains, c’est la morale qui a
donné la cohérence indispensable
aux règles qui régissent la famille.
Celles-ci assurent, à n’en pas
douter, le bonheur personnel,
mais également une fonction
sociale, que ce soit dans l’alliance,
la parentalité, la filiation, la
transmission des valeurs et du
patrimoine.
La dissociation de la sexualité
et de la procréation a facilité la
revendication de plusieurs formes
d’unions, par essence différentes
du mariage, tout autant que
la revendication d’un droit à
l’enfant.
Les plus hautes juridictions
nationales et internationales –
Cour de Cassation, Conseil d’Etat,
Cour de Justice de la Communauté
Européenne, Cour Européenne des
Droits de l’Homme – ont toujours,
à ce jour, affirmé que l’ordre public
commande de faire primer l’intérêt
de l’enfant, la sécurité, la pérennité
de la parentalité et de la filiation,
sur le désir personnel de l’adulte
et le choix personnel de vie.
Le plus grand danger serait
d’ébranler cette construction
équilibrée, cohérente et pleine
de sens, en voulant assimiler à
l’institution du mariage, des
situations, naturellement et
juridiquement, d’essence et à
finalité différentes.
Raymond Auteville Avocat à la Cour
Ancien Bâtonnier de l’Ordre
n
Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
13
Page 14
Vie du diocèse
En cette Année de la Foi, la Communauté du Chemin Neuf, communauté
catholique à vocation œcuménique, a organisé un dîner-débat sur le thème Foi
et Culture, le 23 novembre 2012, au Domaine du Fort, à Saint-Pierre.
Dîner- débat Foi et Culture
organisé par la Communauté du Chemin Neuf
O
rchestré par les pères Jean-
Michel Monconthour et
Pierre Henderson et le
père Jean-David Angouroussiva,
responsable de la communauté
en Martinique, le débat interactif
a permis de souligner l’importance
cruciale de la culture pour un
développement intégral de
l’homme, les multiples connexions
entre la Bonne Nouvelle du Christ et
la culture humaine, l’enrichissement
mutuel de l’Eglise et des cultures
par l’entrée en communion avec les
diverses formes de culture. Toutefois,
l’évangile, et donc l’évangélisation
ne s’identifient pas avec la culture
et sont indépendants à l’égard de
toutes les cultures.
Soirée empreinte de chants et de
prières des frères de la Communauté,
au rythme et au son du tambour,
avec les danses du groupe Bèlè
Légliz de la Cathédrale Saint-Louis.
Invités d’honneur, les représentants
de l’association Tous Créoles , Roger de Jaham, Erick Dédé
et Nicole Desbois, ont exprimé
l’importance de la réconciliation
et de la fraternité. En lien avec la
thématique de la soirée, le vice-
président Erick Dédé a eu cette
belle pensée
:
Ou ka rékolté sa ou
planté. Mé si an plis ou ka mété la
fwa adan sa ou ka planté, rékolt-la
ké bel.
Vif succès et grand intérêt exposé
chez les deux cent vingt convives
intéressés par la richesse des
interventions.
Sous le signe du partage, cette
soirée fut l’occasion d’exprimer un
formidable message de vie, de foi,
d’espérance et d’amour.
Une excellente entrée en matière
pour ce temps de l’Avent !
P. Jean-David Angouroussiva, ccn n
Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
14
U
ne première partie traite
de l’approche de la
culture et ses mutations
et aborde les points suivants :
- Une définition de la culture
- Comment l’homme se définit
par rapport à sa culture
- La culture toujours en gesta-
tion
- La pastorale de la culture signe
de communion mais également
signe de rupture.
Une deuxième partie concerne la
mission des Eglises particulières
et se penche sur le devoir qui
Pastorale de la culture
Le Conseil Pontifical de la Culture a fait paraître le 23 mai 1999 un document
intitulé : Pour une pastorale de la culture. Ce document, s’adressant à toutes
les Eglises particulières, puise sa réflexion non seulement dans les écrits de Jean
Paul II, mais aussi dans les débats et les conclusions des différents synodes
continentaux.
Page 15
D
epuis la rentrée pastorale
de septembre 2012, des
commissions – liturgique,
logistique et inaugurale – ont été
mises en place et s’affairent pour
préparer l’événement historique
et religieux ! Des projets originaux
se concrétisent.
C’est ainsi que le jardin du
presbytère est devenu le nouvel
atelier de Narcisse Ranarison,
sculpteur malgache résidant aux
Trois-Ilets. En effet, depuis le début
du mois de novembre, il réalise
une sculpture en trois dimensions
de saint Hyacinthe.
Les paroissiens ont pu voir au fil
des jours « apparaître » leur saint
patron sous les doigts de Narcisse,
dans un tronc de mahogany. Et
c’est l’émerveillement général !
Désormais, un autre regard
sera porté sur cet élu de Dieu
que tous ont pris l’habitude de
prier de manière fervente depuis
2007, sur les conseils des pères
Michel Sellaye et Hubert Balogou.
Saint Hyacinthe s’est fait encore
plus proche de la communauté
lorrinoise grâce au talent de
Narcisse.
L’occasion nous est donnée de
le remercier d’avoir accepté de
faire « naître » saint Hyacinthe au
Lorrain, entre la fête de la Toussaint
et la Nativité du Seigneur.
Que tes œuvres sont belles,
Seigneur, tu nous combles de
joie !
Léa Joly n
incombe à toute Eglise particulière
d’inculturer le message de la
Foi avec quelques propositions
concrètes.
Pour en savoir plus :
www.arts-cultures.cef.fr
Le pape Benoît XVI a invité l’Eglise
à célébrer l’Année de la Foi de
manière digne et féconde. C’est
dans ce cadre que la pastorale
de la culture de la paroisse de la
Cathédrale a répondu à l’invitation
de la Communauté du Chemin
Neuf pour son dîner-débat sur
le thème
Foi et Culture. Une
belle occasion a été fournie
aux différentes communautés
présentes, à des chrétiens, grands
et petits, de différentes paroisses,
d’exprimer leur foi à travers leur
culture.
Cinquante ans après Gaudium et
spes
, les membres de la
pastorale de la culture, motivés
par les orientations de l’Eglise, ont
abordé avec les intervenants et les
participants la question de la Foi,
de la culture, de leur interrelation.
Les échanges furent fructueux
et dans une grande convivialité.
Chacun a pu s’exprimer librement,
s’interroger, interroger.
L’animation assurée par Bèlè
Légliz – groupe Cathédrale – a
permis aux personnes présentes
de prier avec des compositions de
catholiques martiniquais, véritable
preuve des différents charismes
que notre Dieu nous donne pour
le bien du Corps entier. Elle s’est
déroulée en trois temps : d’abord,
action de grâce au Seigneur pour
ses merveilles ; ensuite demandes
de pardon et prières d’intercession.
Les intentions de prière spontanées
se sont élevées vers Dieu avec un
désir manifeste que se poursuive
l’incarnation du Christ dans notre
culture. Nous avons tous pris la
mesure de cette phrase extraite de
Veritatis splendor n° 53 : Une foi
qui ne devient pas culture est une foi
qui n’est pas pleinement accueillie,
entièrement pensée et fidèlement
vécue. Le troisième et dernier temps
fut celui de la louange.
Nous sommes heureux d’adhérer
au message de notre pape et
d’intensifier la réflexion sur la foi
pour aider tous ceux qui croient
au Christ à rendre plus consciente
et à revigorer leur adhésion à
l’Evangile (Porta Fidei).
Equipe communication
de la C athédrale
n
Église en Martinique du 16 décembre 2012 / n°454
15
Le 23 décembre prochain, la paroisse du Lorrain
vivra l’inauguration et la consécration de son église
dédiée à saint Hyacinthe, prêtre polonais dominicain,
de l’Ordre des Frères Prêcheurs.
Paroisse en fête !
M. Narcisse Ranarison à l'œuvre
Page 16
Société
Les fêtes de fin d’année approchent et, avec elles, bon nombre de créations
culinaires émergent. Eglise en Martinique a interviewé Thierry Lauzéa, artisan
chocolatier, qui nous parle de son métier en toute simplicité.
Chrétien dans le monde :
Parcours d'un jeune créateur d’entreprise
Eglise en Martinique :
Pourquoi avez-vous choisi le
chocolat ?
M. Lauzéa : A la fois par
passion et raison.
La passion, car c’est un produit
qui est bon et que je suis,
dirons-nous, gourmand ! Les
métiers de bouche sont des
métiers qui ont toujours été
très attractifs pour moi.
La raison est qu’après avoir
étudié le marché du chocolat en
Martinique, il se trouvait qu’il
y avait une belle place à conquérir
pour une entreprise désireuse de
se lancer dans un produit artisanal
raffiné, de qualité, avec une offre
de valorisation des saveurs du
terroir au travers d’un réseau de
boutiques spécialisées ou d’épicerie
fine. C’est ce que nous avons fait :
des chocolats et des confiseries de
fruits haut de gamme, vendus dans
les boutiques Lauzéa.
Eglise en Martinique :
Quelles
sont les difficultés rencontrées
dans cette activité particulière ?
Ce concept fonctionne bien car il
s’adresse aussi bien à la clientèle
locale qu’à la clientèle touristique.
Un produit gourmand, un produit
plaisir, mais également un
cadeau à offrir. Cependant, cette
activité n’est pas facile du fait
de sa saisonnalité et du choix du
positionnement des produits. En
effet, plus de la moitié de l’activité
se concentre pendant les fêtes de
fin d’année, et trois quarts du
chiffre se fait avec Noël et Pâques,
ce qui nécessite performance et
prudence tout le long de l’année. Le choix de
produit de qualité fait
que nos produits ne se conservent
que cinq semaines : là encore,
nous devons avoir une gestion
rigoureuse de nos stocks pour
éviter d’en jeter. Pour terminer,
notre climat – avec la chaleur et
l’humidité – rend cette activité
particulièrement consommatrice
d’énergie. Prendre conscience
de tout cela pour construire un
"business model" pérenne a été un
travail de longue haleine.
EeM :
Quel a été le fil conducteur
de votre parcours professionnel, la
source de votre motivation ?
M. Lauzéa : Le fil conducteur
de ma jeune carrière est jusqu’à
maintenant la quête de l’excellence
et la recherche du plaisir. Cela
se manifeste, entre autres, par
un besoin assez permanent
d’innovation, de créer des choses
nouvelles et surtout d’être d’avant-
garde. Conquérir de nouveaux
espaces et ouvrir de nouvelles voies
par l’exemple, font partie de mon
caractère. J’essaie autant que faire
se peut d’avoir un autre
regard sur le monde, d’avoir
une pensée différente et
de montrer qu’il existe
d’autres voies ouvrant à
l’épanouissement et au
bonheur.
Une de mes motivations
principales est de rendre
la vie plus douce, plus
agréable à vivre et plus
confortable. J’ai toujours
eu une forte propension à
générer et à partager des
moments de pur bonheur…
Plus la vie est douce et heureuse
pour mes proches et pour moi,
plus grand est mon bonheur ! Ce
principe de vie est valable pour
ma vie, qu’elle soit professionnelle,
associative, personnelle ou
spirituelle. Je considère n’avoir
qu’une seule vie et veux y maintenir
de la cohérence.
EeM : Quelle est votre philosophie
concernant le management ? En
quoi votre expérience vous a-t-elle
aidé à appréhender cet aspect de
votre métier ?
M. Lauzéa : En matière de
management, je suis plutôt dans
le laisser-faire et la confiance,
avec une forte autonomie de mes
collaborateurs. J’essaie de créer les
conditions pour que chacun puisse
exprimer pleinement ses talents
dans le cadre défini. L’initiative
et la prise de responsabilités sont
pour moi un état d’esprit que je
privilégie et que j’encourage au
sein de mes équipes.
Très tôt dans ma carrière, je me
suis retrouvé dans ces situations de
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Chrétien dans le monde :
Parcours d'un jeune créateur d’entreprise
prise d’initiatives et de très forte
autonomie où créativité et audace
ont été les balises de mon action
professionnelle.
Je crois fortement qu’un
collaborateur à qui on permet
la pleine expression de son
talent, de sa créativité, de son
initiative, donne le maximum de
lui et contribue pleinement au
développement de la structure
dans laquelle il évolue. Ce n’est
certes pas forcément suffisant
car l’expérience m’a également
montré que la définition d’un
cadre est rassurante pour certains
collaborateurs ayant besoin d’un
« rail » pour être d’excellentes
locomotives.
EeM : Vous avez été président de la
Jeune Chambre Économique, quel
regard portez-vous sur la situation
des jeunes chefs d’entreprise à
la Martinique ? Quel conseil
donneriez-vous à un jeune qui a
envie d’entreprendre ?
M. Lauzéa : La Jeune Chambre
Économique est l’une de mes plus
belles rencontres de vie et le parcours
que j’ai pu y faire – au travers
de mes prises de responsabilités
au niveau martiniquais, de la
Fédération de la Guyane et des
Antilles et également au niveau
national – a développé une réelle
ouverture d’esprit au monde, une
méthodologie dans l’action et la
réalisation de projets et une quête
de l’excellence.
Face aux jeunes chefs d’entreprises
et aux chefs de jeunes entreprises,
je suis souvent admiratif : parce
que la situation économique est
compliquée en Martinique ; parce
que dans le monde de l’entreprise,
l’entraide et la solidarité ne
sont pas de mise sur notre petit
territoire ; parce que le marché est
restreint et nécessite une véritable
débauche d’énergie, de créativité
et de rigueur pour survivre. Pour
toutes ces raisons, je porte un
regard admiratif et de compassion
face aux obstacles rencontrés car
je les partage.
Aussi, à un jeune qui souhaite
entreprendre, je lui dirais de
gonfler sa motivation à fond, de
bien ficeler son projet et de le faire
valider par d’autres professionnels
expérimentés et aguerris, de
se former en permanence, de
travailler en mutualisation avec
d’autres pour diminuer les coûts,
de parler de son projet pour qu’il
soit connu, de voir grand pour viser
juste et surtout d’intégrer la Jeune
Chambre Économique car toutes
ces qualités se développent dans
cette magnifique organisation
qui a donné de brillants chefs
d’entreprises à la Martinique. EeM
:
Vous êtes engagé dans la
vie de votre paroisse. Comment
conciliez-vous votre vie de foi et
votre vie professionnelle ?
M. Lauzéa : C’est une question
bien difficile que je me pose
régulièrement ! Suis-je en
cohérence dans mon action
professionnelle par rapport à
ma foi ? Ma foi dicte-t-elle cette
action professionnelle ou du
moins cette vie professionnelle
est-elle empreinte de foi et de
spiritualité ? Vaste programme !
Je distinguerai l’interne de la
chocolaterie où je mets en avant
spiritualité et valeurs chrétiennes,
pour que la vie y soit bonne et
harmonieuse : sagesse, respect
des collaborateurs, des clients,
des fournisseurs, confiance et
développement du personnel.
Et l’externe où je m’appuie sur
mes qualités et mon expérience
en matière économique et
managériale pour les mettre au
service de ma paroisse et de mon
diocèse : conseil économique,
conseil pastoral, suivi des servants
d’autel ou encore service des
vocations.
Recevoir, comprendre, diffuser,
partager et donner envie, voilà
comment je porte dans la foi les
différentes activités de ma vie.
n
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pour la deuxième année consécutive, et dans le cadre de
son activité paroissiale, organise un concert en faveur
des enfants nécessiteux ce dimanche 16 décembre
de 17h à 19h30 à l’église Saint-Antoine des Terres-
Sainville.
Ceux et celles qui le peuvent sont priés d’apporter un
présent qui sera remis aux enfants démunis pour leur
redonner le sourire et les aider à passer un Joyeux
Noël.
Manmay an nou rété toujou pli fò adan la fwa, an nou ba
sé ti manmay-la an pal pou yo kontinié ri épi chanté.
Communiqué
l’ASSociATion chœur en Por Tée
deS TerreS-S Ainville
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Vie du diocèse
Horaires des messes de Noël
et du Jour de l’An
PAROISSES Nuit de Noël Jour de Noël Jour de l’An
Ajoupa-Bouillon 21h00 8h00Le 31 : 18h - Le 1 er : 8h00
Anses d’Arlet 15h (enfants) - 18h 10hLe 31 : 17h - Le 1er : 10h
Balata 20h 9hLe 1 er : 8h
Basse-Pointe 21h00 8h00Le 31 : 18h - Le 1 er : 8h00
Bellefontaine 19h conte des enfants
du catéchisme + messe 8h
Le 31 : 20h - Le 1er : 9h
Bellevue 15h30 (enfants) - 20h 8h30 Le 1
er : 8h30
Carbet 8h 7h307h30
Case-Pilote 19h 8h8h
Cathédrale 20h 7h30 - 10h30 Le 31 : 18h Adoration + messe - Le 1
er : 7h30 - 10h30
Coridon 19h30 veillée + messe 9h Le 31 : 19h messe d’action de grâce - Le 1 er : 9h
De Briant 19h 9hLe 31 : 11h - Le 1 er : 9h
Diamant 19h 8hLe 31 : 18h30 - Le 1er : 8h
Ducos 20h 8hLe 31 : 20h Veillée suivie de la messe - Le 1 er : 6h30 - 9h
Fond-Saint-Denis 19h 10h0010h00
Foyer de Charité 9hLe 31 : 21h nuit d’adoration + messe à 1h du matin
François 19h 8h Le 31 : 18h30 - Le 1
er : 8h30
Grand-Rivière 18h 10h00 10h00
Gros-Morne 19h veillée suivie de la messe 9hLe 1
er : 9h
Josseaud 20h veillée + messe 9h30Le 1er : 9h30
Lamentin 15h30 (enfants) - 19h 8h Le 1er : 8h
Lorrain 15h30 (enfants) - 23h30 9hLe 31 : 20h Veillée - Le 1 er : 9h
Macouba 18h 10h00 10h00
Marigot 15h30 (enfants) - 19h 9hLe 31 : 19h - Le 1
er : 9h
Marin 18h 7hLe 31 : 18h30 - Le 1er : 7h
Morne-des-Esses 19h 8hLe 1 er : 8h
Morne-Rouge 20h 9h309h30
Morne-Vert 20h 9h309h30
Prêcheur 18h 7h7h
Redoute 15h30 (enfants) - 19h 8hLe 31 : 8h - Le 1
er : 8h
Régale 18h30 Pas de messeLe 1 er :7h30
Rivière-Pilote 18h30 8h Le 31 : 18h30 Action de grâce - Le 1 er : 8h
Rivière-Salée
(Grand-Bourg) 20h
9h30Le 31 : 18h - Le 1 er : 9h30
Petit-Bourg 18h00 7h7h
Robert 20h 8hLe 31 : 20h - Le 1
er : 8h
Sainte-Anne 20h veillée + messe 9hLe 1 er : 9h
Saint-Christophe 16h (enfants du caté) - 20h 6h15 - 8h30 Le 31 : 21h Veillée suivie de messe - Le 1 er : 6h15 - 8h30
Saint-Esprit 19h 8hLe 31 : 21h à minuit veillée + adoration - Le 1 er : 8h
Saint-Joseph 19h 7h30Le 31 : 18h Action de grâce - Le 1 er : 7h30
Sainte-Luce 18h30 7h30Le 31 : 18h Action de grâce - Le 1er : 7h30
Sainte-Marie 16h (enfants du caté) - 19h 8h Le 1 er : 6h30 - 9h00
Saint-Pierre 22h veillée suivie de la messe 8hLe 1er : 8h
Sainte-Thérèse
(Emmaüs) 10h (enfants du caté) - 20h
8h Le 31 : 21h Veillée suivie de messe - Le 1 er : 8h
Schœlcher 19h (Terreville) 8h (Bourg)Le 31 : 18h Adoration + messe à 19h (Terreville)
Le 1
er : 8h (Bourg)
Tartane 20h veillée suivie de la messe 9h30 Le 31 : 20h Veillée - Le 1 er : 9h30
Terres-Sainville 20h 8hLe 31 : 18h30 messe + Adoration - Le 1 er : 8h
Trinité 19h 8hLe 1 er : 8h
Trois-Ilets 10h : enfants - 20h 8hLe 31 : 19h - Le 1 er : 8h
Anse Mitan 18h30 9hLe 31 : 18h - Le 1er : 9h
Vauclin 18h veillée suivie de la messe 9hLe 31 : 18h à 19h Veillée de prière - Le 1 er : 9h
Vert-Pré 19h veillée + messe 8h Le 1 er : 8h
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MeDIAs
Dimanche 16 décembre 2012
Grandes figures missionnaires – Thérèse de Lisieux
Réalisation : Claire Jeanteur
A l'image de
l'histoire de son âme que Thérèse de Lisieux a écrite de 1895 à 1897, le documentaire
de Claire Jeanteur nous mène, au fil des évènements de sa vie, sur les traces de son cheminement
spirituel.
Dimanche 23 décembre 2012
Grandes figures missionnaires – Saint François-Xavier
Réalisation : Jean Noël Despert
Noble espagnol du 16
ème siècle, François-Xavier fut le premier compagnon de la Compagnie de
Jésus fondée par Ignace de Loyola. Ce documentaire est une reconstitution de son aventure
spirituelle et missionnaire en Asie.
Mardi 25 décembre 2012
La crèche provençale
Réalisation : François Stuck
Découverte de l’univers des crèches à travers la création d’une crèche provençale. Ce projet
réalisé à Breuillet nous permet de comprendre que la crèche est une tradition populaire et
vivante, enracinée dans les traditions locales. C’est en Ile-de-France, loin des tambourins et des
danses provençales, que François Stuck est parti à la rencontre des bâtisseurs de la crèche de
Breuillet. Les gestes de ces hommes et de ces femmes construisant une crèche prolongent ceux
des chrétiens qui, comme eux, au cours des siècles, faisaient mémoire de la naissance du Christ,
de l’incarnation de Dieu dans l’histoire.
99.5 - 101.3 et 105.3 mHz
www.radiosaintlouis. com
radio Saint-louis, rue Georges-Zaïre, ZAc rivière roche, 97200 Fort de France
Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaint
louis.com
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A ujourd'hui,
vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez
un nouveau-né emmailloté
et couché dans une mangeoire.
(Luc 2,11-12)
