456 - Dédicace de l'église Saint-Hyacinthe du Lorrain

Page 1

18 - 25 janvier 2012 N° 456 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 13 janvier 2013 • Le NoëL du Sourire • SemaiNe de prière pour L ’uNité deS ChrétieNS Dédicace de l'église Saint-Hyacinthe du Lorrain • SdF

Page 2

Editorial Editorial •Toutmounsémoun Mot de l'Evêque • LebaptemedeJésus Droit canonique •Lesacrementdel’Ordre(4) Année de la Foi •SainteMarie, MèredeDieu Liturgie •Paroledominicale Vie consacrée •Retouraupays:   -SrMarie-Ancelle, Missionnairede laCharité  -Anne-MarieMolinard, Fraternité JesusCaritas  Vie du diocèse • Dédicacedel’église Saint-Hyacinthe •Semainedeprièrepourl’Unité desChrétiens •Unenouvelleannéepour l’AumônerieCatholiqueUniversitaire •LeNoëldusourire Société •SDF Médias numéro 456 18 - 25 JANVIER 2012 N° 456 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 13 janvier 2013 • LE NOËL DU SOURIRE • SEMAINE DE PRIÈRE POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS Dédicace de l'église Saint-Hyacinthe du Lorrain • SDF S ommaire Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 tirage : 8 000 exeMplaires i.s.s.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cédex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr archeveche-martinique@wanadoo.fr L e lancement de cette année pourrait s’inspirer de l’orientation que pro- pose la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, tirée du prophète Michée : On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur attend de toi : rien d’autre que d’accomplir la jus- tice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6,8). Marcher, pour un peuple, une communauté, un individu, c’est se mettre en mouvement, sortir d’une certaine inertie, d’une position acquise, se tourner vers l’avenir, accepter de prendre le risque d’aller de l’avant dans une direction même encore inconnue. La peur ou le manque de confiance peut immobiliser, empêcher quelqu’un de se lancer hors des sentiers battus pour affronter la vie avec ses imprévus. Renvoyer à plus tard une décision qu’il faut prendre dans l’immédiat, c’est choisir l’immobilisme. Comme le dit l’Ecclésiaste : Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel. Se réfugier der - rière le manque de temps est un faux prétexte pour ne rien faire : les vraies raisons qui empêchent d’agir sont l’absence de motiva- tion, la perte d’espérance, la peur de l’avenir. L’invitation à marcher humble- ment avec Dieu est à l’opposé de l’attitude de ceux qui sont remplis d’eux-mêmes, gonflés de leur suffisance, de leurs réussi- tes : ils s’illusionnent sur eux- mêmes et sur leur relation à Dieu. N’est-ce pas ce que Jésus dénonce dans la parabole : Deux hommes montèrent au temple pour prier. L’un disait : 'Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, malfaisants, adultères…' L’autre se tenait à distance, ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais se frappait la poitrine en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis'. Jésus de conclure : 'Je vous le déclare : celui-ci redescendit chez lui justifié et non l’autre, car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé ' (Luc 18,9-15). Accepter d’avancer humble- ment devant Dieu, c’est mettre en avant les autres qui, dans leur condition de vie, sont rejoints par la justice et la bonté. Cette démarche de vérité en présence de Dieu, rappelée à l’occasion de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, a été proposée par les Dalits (les intouchables qui n’ont pas droit de cité dans la société indienne) qui repré- sentent 80% de la communauté chrétienne. En communion avec eux dans la prière et par exigence de vérité devant Dieu, nous devons aussi regarder les "Dalits" de nos socié- tés, c’est-à-dire nous demander quelles sont les personnes qui sont exclues et laissées sur le bord du chemin, que nous évitons en passant à côté d’elles sans rien faire, avec la bonne conscience de gens qui n’ont rien à se reprocher. Il ne suffit pas de dire : tout moun sé moun (toute personne est une personne). Il y a fort à faire dans les faits pour que toute personne soit reconnue et respectée dans sa dignité d’enfant du même Père. Père Jean de Coulanges n 2 3 Tout moun sé moun 5 6 9 10 1 2 14 16 17 18 19 8

Page 3

Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 3 Mot de l'Evêque Le baptême de Jésus A près les belles célébrations de Noël et de l’Epiphanie, l’Eglise catholique célèbre le Baptême de Jésus. Cet évènement est d’une grande importance puisque les quatre Evangélistes le relatent. Au commencement de sa vie publique Jésus de Nazareth a voulu recevoir le baptême que Jean- Baptiste proposait aux pécheurs qui consentaient à changer de vie pour accueillir le Messie qui devait venir. Jean disait : Moi je vous baptise dans l’eau. Mais celui qui est plus fort que moi, lui vous baptisera dans l’Esprit-saint et le feu. (Luc 3,16) C’était, en effet, une démarche de conversion et de purification symbolisée par l’eau dans laquelle ils étaient plongés, que Jean proposait à ceux qui venaient à lui. Jésus n’avait donc pas besoin de ce baptême, puisque étant Fils de Dieu, il était sans péchés. Cependant il a voulu quand même le recevoir pour manifester sa mission et exprimer sa solidarité avec les pécheurs qu’il venait racheter. Le Seigneur Jésus est venu sauver les hommes en assumant totalement leur humanité. Or l’humanité des hommes est faite de tous ces liens de dépendance et d’interdépendance qui les unissent les uns aux autres. L’homme est un être relationnel. Un homme n’est jamais un être seul du début de sa vie jusqu’à sa mort : il se reçoit des autres et transmet aux autres ce qu’il a reçu et ce qu’il est. Bien que conscient d’être le Fils unique de Dieu, Jésus accepte, avec beaucoup d’humilité, de s’insérer, par le baptême de Jean, dans l’immense foule de ceux qui, depuis les origines du monde, avec leur misère, leurs péchés, mais aussi leur générosité et leur bonne volonté, constituent le peuple de ceux que Dieu aime et veut sauver. Son attitude est à l’opposé de la mentalité moderne dans laquelle prévaut l’individualisme. De nos jours, au prétexte de fuir le communautarisme et par volonté de se singulariser, des chrétiens abandonnent les traditions véné- rables de l’Eglise, telles que la participation à la messe dominicale, le baptême des enfants dès leur plus jeune âge, le mariage chrétien avant de cohabiter ensemble, la participation aux mouvements d’action catholique, la prière en famille, le bénédicité au début des repas, le respect du temps du Carême. Ils veulent être des chrétiens à la carte en demandant à l’Eglise de répondre à ce qu’ils conçoivent eux, et à ce qu’ils veulent. Que leur volonté soit faite comme dans les supermarchés où ils prennent uniquement ce qui les intéresse. Jésus se comporte différemment. Jésus n’est d’ailleurs ni un lévite, ni un prêtre, ni un docteur de la Loi, ni un pharisien, mais un laïc, charpentier de profession ; un Juif pieux qui se conforme aux coutumes et aux lois religieuses de son peuple, sans oublier pour autant que « le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. Jésus n’a pas voulu se singulariser ou se mettre au dessus de la foule des pécheurs, bien au contraire, il est venu prendre sur lui le péché des hommes. Et Dieu le Père l’approuve en disant : C’est toi mon Fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré. Cependant, le baptême reçu par Jésus n’est pas le même que celui qui nous fait devenir chrétiens. Il n’en est que le signe. Aujourd’hui c’est Jésus-Christ, ressuscité, vivant, qui plonge dans la vie de Dieu ceux qui croient en lui et lui demandent de mourir à leurs péchés pour renaître avec lui. Le premier effet du baptême est de les incorporer à lui-même Jésus- Christ, dans l’Eglise qui est son Corps. Ils deviennent, par conséquent, membres à part entière de ce Corps, chacun et chacune à sa place. Le baptême chrétien n’est pas une formalité dont on inscrit les traces dans un registre de catholicité. C’est la démarche de foi d’une personne qui croit en Jésus-Christ et qui renonce à tout ce qu’elle était autrefois pour vivre avec le Christ et conformer sa vie à l’ Esprit-Saint. Le baptême est donc comme une mort symbolisée par le fait d’être plongé dans l’eau – ( baptizo en grec signifie plonger ) – mais une mort suivie d’une résurrection puisque avec le Christ commence une vie nouvelle. Par le baptême la grâce de Dieu nous est donnée. En parlant d’elle saint Paul écrit à son disciple Tite : C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le

Page 4

E g l i sE En M a r t i n i q u E Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : É glise en Martinique Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 € Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne ! Nom : ........................................................................\ .......................................................................... Prénom : ........................................................................\ ................................................................... Adresse : ........................................................................\ ................................................................... Mail : .................................................................... Tél. ................................................................. Code Postal ..................................................... Ville ............................................................... Mot de l'Evêque (suite) Eglise universelle bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus-Christ. A l’occasion de la fête du baptême de Jésus, remercions Dieu pour la grâce de notre propre baptême si nous l’avons reçu. Par le baptême notre Sauveur nous a manifesté sa miséricorde et sa tendresse. Il nous a purifiés de nos fautes pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. Si nous sommes baptisés, vivons en baptisés dans tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons, tout ce que nous imaginons. Un conseil pratique, pour ne pas oublier que notre baptême fait de nous des enfants de Dieu : prenons l’habitude de célébrer la date de notre baptême comme nous fêtons l’anniversaire de notre naissance. Nous sommes nés peut-être par hasard. Mais notre baptême a été un choix et un engagement à la suite du Christ, faits par nos parents quand nous étions enfants, en nous donnant, par une éducation chrétienne, la possibilité de ratifier ces choix ; ou délibérément et consciemment faits par nous-mêmes, nous engageant à n’avoir qu’un seul Seigneur et Maître, Jésus-Christ. D’une manière ou d’une autre, le jour de notre baptême nous sommes devenus pour toujours membres de Jésus-Christ, prêtre, prophète et Roi. Bonne fête aux baptisés. Bonne fête à celles et ceux qui sont appelés à l’être. + Michel Méranville, Archevêque n Au moment où l’Eglise universelle s’apprête à entrer dans la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, il nous est bon, en cette année du 50 ème anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, de reprendre le Préambule du Décret sur l’Œcuménisme issu de ce Concile. Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des objectifs principaux du saint Concile œcuménique de Vatican II. Une seule et unique Église a été fondée par le Christ Seigneur. Et pourtant plusieurs communions chrétiennes se présentent aux hommes comme le véritable héritage de Jésus Christ. Tous, certes, confessent qu’ils sont les disciples du Seigneur, mais ils ont des opinions différentes. Ils suivent des chemins divers, comme si le Christ lui-même était divisé. Il est certain qu’une telle division s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l’Évangile à toute créature. Or, le Maître des siècles, qui poursuit son dessein de grâce avec sagesse et patience à l’égard des pécheurs que nous sommes, a commencé en ces derniers temps de répandre plus abondamment sur les chrétiens divisés entre eux l’esprit de repentance et le désir de l’union. Très nombreux sont partout les hommes qui ont été touchés par cette grâce et, sous l’effet de la grâce de l’Esprit Saint, est né un mouvement qui s’amplifie de jour en jour chez nos frères séparés en vue de rétablir l’unité de tous les chrétiens. À ce mouvement vers l’unité, qu’on appelle le mouvement œcuménique, prennent part ceux qui invoquent le Dieu Trinité et confessent Jésus comme Seigneur et Sauveur, non seulement pris individuellement, mais aussi réunis en communautés dans lesquelles ils ont entendu l’Évangile et qu’ils appellent leur Église et l’Église de Dieu. Presque tous cependant, bien que de façon diverse, aspirent à une Église de Dieu, une et visible, vraiment universelle, envoyée au monde entier pour qu’il se convertisse à l’Évangile et qu’il soit ainsi sauvé pour la gloire de Dieu. Voilà pourquoi le Concile, considérant avec joie tous ces faits, après avoir exposé la doctrine relative à l’Église, pénétré du désir de rétablir l’unité entre tous les disciples du Christ, veut proposer à tous les catholiques les moyens, les voies et les modes d’action qui leur permettront à eux-mêmes de répondre à cet appel divin et à cette grâce. n Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 4 Décret sur l’Œcuménisme – Unitatis Redintegratio

Page 5

Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 5 L es baptisés, par la régénération et l'onction du Saint Esprit, sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint. Tous les baptisés exercent un sacerdoce commun, différent cependant du sacerdoce ministériel des prêtres et évêques. Tout d’abord, il faut se rappeler que Seul le Christ est grand prêtre. Par son sacrifice, il rachète l’humanité entière. Il est l’unique sacerdoce auquel participent, selon des modes différents, les fidèles (sacerdoce commun) et les prêtres (sacerdoce ministériel). En quoi les fidèles participent au sacerdoce du Christ grand prêtre ? Les disciples du Christ, persévérant dans la prière et la louange de Dieu, doivent s'offrir en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu, porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre et rendre raison, sur toute requête, de l'espérance qui est en eux d'une vie éternelle. Les baptisés concourent à l'offrande de l'Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l'action de grâces, le témoignage d'une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective (2). Le paragraphe 1547 du Catéchisme de l’Eglise Catholique précise ceci : Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres et le sacerdoce commun de tous les fidèles, diffèrent cependant essentiellement, tout en étant "ordonnés l'un à l'autre". En quel sens ? Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d'espérance et de charité, vie selon l'Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise. C'est pour cela qu'il est transmis par un sacrement propre, le sacrement de l'Ordre. La différence essentielle entre le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel ne réside donc pas dans le sacerdoce du Christ, qui demeure toujours unique et indivisible, ni non plus dans la sainteté à laquelle sont appelés tous les fidèles. Le sacerdoce ministériel, en effet, ne signifie pas en soi un degré plus élevé de sainteté par rapport au sacerdoce commun des fidèles ; mais, par le sacerdoce ministériel, les prêtres ont reçu du Christ, par l'Esprit, un don spécifique, afin de pouvoir aider le peuple de Dieu à exercer fidèlement et pleinement le sacerdoce commun qui lui est conféré. Dans l'édification de l'Eglise, Corps du Christ, la diversité des membres et des fonctions est en vigueur, mais il n'y a qu'un seul Esprit qui, pour l'utilité de l'Eglise, distribue ses divers dons avec une largesse proportionnée à sa richesse et aux nécessités des services. Le sacerdoce ministériel diffère essentiellement du sacerdoce commun des fidèles parce qu'il confère un pouvoir sacré pour le service des fidèles. Dans ce but, le prêtre est exhorté à croître dans la conscience de la profonde communion qui le relie au peuple de Dieu pour susciter et développer la coresponsabilité dans une même et unique mission de salut, en valorisant avec empressement et de bon cœur tous les charismes et les fonctions que l'Esprit répartit aux croyants pour la construction de l'Eglise (3). La fonction des prêtres, en tant qu'elle est unie à l'Ordre épiscopal, participe à l'autorité par laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son Corps. C'est pourquoi le sacerdoce des prêtres, s'il suppose les sacrements de l'initiation chrétienne, est cependant conféré au moyen du sacrement particulier qui, par l'onction du Saint Esprit, les marque d'un caractère spécial et les configure ainsi au Christ Prêtre pour les rendre capables d'agir au nom du Christ Tête en personne. P. Jean-Max Renard, Vice-Official n Droit canonique Le Christ Seigneur, grand prêtre d'entre les hommes a fait du peuple nouveau « un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père » (1) . Le sacrement de l’Ordre (4) (1) Concile de Vatican II, Paul VI, constitution Lumen Gentium, n°10, 1964 (2) Idem (3) instruction de la Congrégation pour le clergé sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres, Vatican, 1997

Page 6

Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 6 B eaucoup de ceux qui vont à la messe le dimanche et les jours de solennité récitent le Je crois en Dieu peut-être d'une manière distraite. Tous ceux qui prient le rosaire, le chapelet ou simplement un Je vous salue Marie en prêtant attention aux paroles, ne mesurent sans doute pas toute la portée des paroles, pourtant fondamentales de notre foi catholique. Au moment de Noël, les restaurants affichent le menu du réveillon de la Saint-Sylvestre, alors que saint Sylvestre n'a rien à voir, ni avec le champagne, ni avec le foie gras. Il est le pape du Concile de Nicée, à l'origine de la majeure partie du Credo de la messe… Quel terrible combat à l'époque ! Et la lutte durera longtemps : il a fallu s'opposer aux gigantesques dégâts que faisait l'arianisme (hérésie du prêtre Arius pour qui Jésus n'est pas Dieu, mais la première des créatures). Pas mal d'évêques verseront dans cette erreur pour plaire aux empereurs "chrétiens" qui s'en étaient faits les défenseurs et promoteurs, sans doute pour asseoir davantage leur autorité : un Dieu non pas trinitaire mais solitaire, représenté par un seul Chef, voilà ce qui apportait de l'eau à leur moulin… En Europe, l'arianisme a sévi jusqu'au 6 ème siècle, notamment chez les Wisigoths d'Espagne et les Lombards de Ravenne. Savez- vous que les trois derniers papes martyrs n'ont pas été tués par Hitler, Staline ou Mao Zedong, mais par trois princes "chrétiens" aux 6 ème et 7 ème siècles, justement parce que ces papes enseignaient la vraie doctrine sur le Christ ? Mais que penser du fait que, selon les sondages de la SOFRES, 80% des Français affirment croire en Dieu, mais seulement 30% croient que Jésus est le Fils de Dieu, ressuscité et vivant... ? L'arianisme est donc de retour à notre époque, sans doute pour d'autres raisons et sous d'autres apparences. L'Européen moyen est déiste et se contente du dieu de Rousseau ou de Voltaire : Jésus est alors rangé dans la catégorie des héros, pas plus. Le C oncile de Nicée est le premier grand acte de l'Eglise. C'est pour cela qu'il a été tant contesté, comme Vatican ii de nos jours. L'Eglise ne se réunit pas en concile pour passer un agréable moment de convivialité, comme on dit aujourd'hui. Elle le fait au nom de sa mission, dans la conscience que l'heure est grave, parce que la foi est menacée. Comment croire que le Christ nous sauve, s'il n'était pas le Fils de Dieu en personne ? Comment pourrait-il sanctifier, s'il n'était pas lui-même le Saint ? Comment pourrait-il nous diviniser, s'il n'était pas Dieu lui-même ? C'est une question de vie ou de mort. Aujourd'hui comme hier, il y a deux grandes manières de comprendre Jésus. Ou bien l'on part d'en bas, de l’homme concret, Jésus de Nazareth, et l’on se demande comment il a pu être "assumé" par le Fils de Dieu. Ou bien l’on part d’en haut, du Fils de Dieu, et l’on se demande comment il a pu devenir homme. En 431, au Concile d'Ephèse , ces deux tendances étaient représentées par deux écoles, situées dans deux grandes villes de l'époque : Antioche et Alexandrie. La manière d'Antioche était représentée de façon défectueuse par un évêque nommé Nestorius. Il avait tendance à considérer Jésus comme un homme complet, pris après coup par le Fils de Dieu comme on adopte quelqu'un, ou bien comme on habite une maison. De ce fait, le Christ était le résultat d’un collage, sans unité. L’homme agissait en homme d’un côté, le Fils de Dieu agissait en Dieu de l’autre côté, chacun dans son secteur. Pour Nestorius, il était inacceptable d’affirmer que quand Jésus naît, c’est Dieu qui Année de la Foi xxx Sainte Marie, Mère de Dieu

Page 7

naît, et que quand Jésus meurt, c’est Dieu qui meurt. Mais alors que reste-t-il de l’affirmation audacieuse de saint Jean : Le Verbe s'est fait chair ? Mais qu’est-ce que tout cela a à faire avec la Vierge Marie, me direz-vous ? Eh bien, depuis un bon siècle, la foi la disait Theotokos : Mère de Dieu. L’évêque Nestorius, fidèle à lui-même, mais pas à l’Eglise, s’était mis à contester ce titre, pourtant traditionnel. Pour lui, Marie n’était que la mère de l’homme Jésus. Il y avait comme une division du travail entre le Père et elle. Bon à savoir : c'est sous l'influence des moines nestoriens que Mohammed adopte la même pensée dans le Coran ! Cela, l’Eglise ne l’a jamais admis. Attention ! Elle n'a jamais prétendu que Marie soit mère de la divinité, mais que, par un engendrement humain, elle est la mère d’un Fils qui est Dieu. Elle a en commun avec le Père, mais à sa place humaine, d’avoir le même Enfant. Autrement dit, le Fils du Père et le Fils de Marie ne sont pas deux Fils mais un seul. En langage philosophique, on dira que l’engendrement éternel et l’engendrement temporel ont le même terme. Marie n’est pas la mère d’une nature abstraite, pas plus que n’importe quelle autre femme. Comme toutes les mères, elle est mère d’une personne concrète, avec la différence que, pour Marie, cette Personne est vrai Dieu et vrai homme. Marie seule a pu appeler "mon Fils" celui que le Baptiste désignait comme l’Agneau de Dieu, l'évangéliste comme le Verbe fait chair, Simon- Pierre comme le Christ, le Fils du Dieu vivant et Thomas comme mon seigneur et mon Dieu ! Voilà pourquoi Marie est indispensable pour bien comprendre le mystère du Christ. L’histoire nous apprend que beaucoup, après avoir rejeté le culte marial, ont souvent fini par nier la divinité de Jésus. A l’occasion du 19 ème centenaire de la mort de saint Pierre et de saint Paul, Paul VI institua une Année de la Foi. A son terme, le 30 juin 1968, il publia le Credo du Peuple de Dieu. Depuis le 11 octobre de l'année dernière, à l’occasion du 50 ème anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican ii, il nous est donné de vivre une nouvelle Année de la Foi. Comme nous y invite Benoît XVI : Confions à la Mère de Dieu, proclamée "bienheureuse parce qu'elle a cru " (Lc 1,45), ce temps de grâce. P. Walter Covens n Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 7 La Fédération des associations FamiLiaLes c athoLiques de La martinique (Les aFc) et L ’union départementaLe des associations FamiLiaLes de La martinique (udaF) invitent toutes les familles de la Martinique et tous ceux qui se sentent concernés à participer à un grand rassemblement (citoyen et aconfessionnel) afin de contester « la loi relative au mariage pour tous » : le dimanche 13 janvier 2013 de 15h à 17h place mgr roméro, face à la cathédrale. Des prises de paroles, la signature d’une pétition à transmettre à nos élus ainsi qu’une campagne d’adhésion aux AFC sont prévus au cours de ce temps fort. Alors, mobilisons-nous !!! Transmettons l’invitation et venons nombreux !!! Venez nombreux chanter, prier, célébrer avec votre Service Diocésain de Radio Télévision (SDRT) qui organise le dimanche 27 janvier 2013, de 14h00 à 19h00, au p alais des sports de rivière-s alée, son après-midi d'amitié et de p artage. Pour le SDRT, Monique Coco Communiqué service diocésain de radio téLévision

Page 8

13 janvier 2013 L a P arole D ominicale Isaïe40,1-5.9-11•Psaume103•Tite2,11-14;3,4-7•Luc3,15-16.21-22 Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour Baptême du Seigneur Année C Q uand on parle du baptême du seigneur, de quoi parle- t-on ? Est-ce vraiment celui qu’il a reçu de Jean le Baptiste ? Dans ce cas, pourquoi Jésus dit-il, après le baptême du Jourdain : Je dois être baptisé d’un baptême et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé (Lc 12,50). De quoi parle-t-il puisqu’il est déjà baptisé ? D’autre part, est-ce que le baptême que nous avons reçu est également celui de Jean le Baptiste ? Il semble bien que non puisque Jean Baptiste, lui-même, dit qu’il baptise d’eau, mais que celui qui vient après lui – et qui lui est éminemment supérieur – baptise dans l’Esprit-Saint et le feu. Pour ajouter à la complexité de la question, signalons une pratique : le baptême pour les morts, qui avait cours dans l’Eglise primitive et que nous rapporte saint Paul à propos de la résurrection : si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux ? (1 Cor 15,29). Nous allons essayer brièvement de répondre à toutes ces interrogations. Un jour, à Ephèse, Paul rencontra des gens qui déclaraient avoir été baptisés du baptême de Jean, mais qui n’avaient pas accueilli pleinement l’Esprit-Saint dans leur vie. Il s’adressa alors à eux en ces termes : Jean a baptisé d’un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c'est-à-dire en Jésus (Ac 19,4). La symbolique du baptême de Jean est simple : le pécheur est immergé dans l’eau et y disparaît un moment pour traduire sa décision de mourir au péché ; et sa remontée signifie qu’il naît de nouveau pour vivre selon la Loi de Dieu. On comprend tout de suite que Jésus ne pouvait pas recevoir un tel baptême pour son propre compte. Il n’avait pas besoin de se repentir de ses péchés puisqu’il n’en avait pas. Pour qui se baptise-t-il alors ? Pour nous bien sûr. Le credo des premiers chrétiens consistait à dire : Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, il a été mis au tombeau et il est ressuscité le troisième jour conformément aux Ecritures (1 Co 15,3-4). L’immersion du Christ par Jean dans le Jourdain était la préfiguration de son véritable baptême qui est plongée, non pas dans les eaux mais dans la mort (cf. Rm 6,3-4). Mais nous l’avons dit, ce n’était pas pour ses péchés mais pour les nôtres. Son baptême véritable s’accomplira sur la croix où il plongera dans les eaux tumultueuses de la mort pour nos péchés et en resurgira le troisième jour. Voilà le baptême qu’il lui tardait de vivre (cf. Luc 12,50). Le baptême que nous avons reçu n’est pas celui qu’administrait Jean Baptiste, mais une participation à celui du Christ : Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts (…) nous vivions, nous aussi, dans une vie nouvelle (Rm 6,4). Autrement dit, quand on nous reproche, à nous catholiques, de baptiser les enfants petits, c’est parce qu’on est persuadé que nous en sommes restés au baptême de Jean Baptiste. Mais nous l’avons dépassé depuis 2 000 ans : nous proposons à toute personne, quel que soit son âge, d’être associée au mystère pascal du Christ, c'est-à-dire d’entrer dans son baptême de sang pour vivre avec lui éternellement. Le salut est offert à tous gratuitement et indépendamment des mérites et c’est ce que notre baptême exprime. C’est pour cela qu’on l’a donné aux petits enfants dès l’Eglise primitive et c’est aussi pour cela qu’à Corinthe, les gens se faisaient baptiser pour les morts. Bien entendu, il faut accueillir la grâce du salut qui nous est offerte. Quand on est adulte et qu’on reçoit le baptême, il est normal que la repentance y soit associée, mais, de toute façon, quel que soit l’âge où on le reçoit, il faut toute une vie pour se l’approprier, voire toute l’éternité. P. Alain Ransay, curé de Saint-Christophe et Sainte-Thérèse n Le salut est offert à tous gratuitement et indépendamment des mérites et c’est ce que notre baptême exprime ; c’est pour cela qu’on l’a donné aux petits enfants dès l’Eglise primitive Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 8

Page 9

Vie consacrée Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 9 Deux personnes consacrées originaires de la Martinique ont récemment effectué un séjour sur leur île natale. Elles nous font découvrir la diversité des formes de vie consacrée. Missionnaire de la Charité Retour au pays O riginaire de la Martinique, plus précisément de Fonds- Saint-Denis où j’ai eu une activité paroissiale bien intense, j’ai dû quitter la Martinique pour la métropole à cause de ma santé. J’ai alors débuté une activité professionnelle comme infirmière, avec tous les inconvénients que cela comporte, mais aussi les grâces puisque j’y ai fait carrière en suivant les échelons et les grades. Au bout de presque dix ans d’activité professionnelle, avec l’aide de certains guides, je me suis sentie appelée à une autre voie que j’ai suivie jusqu’à maintenant. Voilà plus de 26 ans, coïncidence ou grâce, j’ai été amenée à connaître les Sœurs Missionnaires de la Charité sur mon lieu de travail, à la demande du chapelain de l’hôpital. Ne sachant alors rien au sujet de Mère Teresa, je me souviens du choc provoqué par la rencontre avec elles. Elles venaient régulièrement à l’hôpital et j’allais les visiter à la rue Saint-Bon, sans envisager de les rejoindre un jour. Une invitation m’est venue de Rome où j’aurais la possibilité de rencontrer « la Mère ». Sur les conseils de mon directeur spirituel, je m'y suis rendue et, après trois jours d’attente, j’ai vu la Mère. Deuxième choc. Petite de taille, rien d’extraordinaire de l’extérieur, mais un regard de feu si perçant que vous avez l’impression qu’elle vous connaît depuis longtemps. Elle m’a invitée à rejoindre la Société. Elle s’exprimait dans un anglais très simple. La conversation n’a duré que quelques minutes, mais assez pour que je m’en souvienne clairement. Après six mois d’attente, mon directeur spirituel m’a encouragée à poursuivre, en dépit des difficultés rencontrées tout au long du parcours ; spécialement au niveau de la vie communautaire organisée, habituée que j’étais à vivre seule, donc à une certaine liberté. Dans notre Société, nous avons cinq branches : Sœurs et Frères Missionnaires de la Charité actifs, Sœurs et Frères Missionnaires de la Charité contemplatifs, Pères Missionnaires de la Charité, Prêtres et Laïcs associés, Laïcs Missionnaires de la Charité. Je fais partie de la branche active des sœurs. Après avoir servi au Yémen, en Syrie et en Jordanie, je suis actuellement au Nord Liban, dans la montagne, pas loin de la Vallée Sainte maronite et du Sanctuaire de Saint-Charbel et des fameux cèdres du Liban : un site béni et merveilleux. Nous sommes quatre dans la communauté, très bien intégrées dans le pays et spécialement dans le quartier où nous sommes. Les gens sont accueillants et le contact est simple ; beaucoup connaissent le français. Ne faisant pas de différences, nous ne rencontrons pas de différences. Jetant un regard en arrière, je rends grâce à Dieu qui a eu pitié de moi en m’appelant à lui. Sr Marie-Ancelle n Nous vivons au milieu d’une mer de pauvreté. Néanmoins on peut réduire cette mer. Notre travail n’est qu’une goutte dans un seau, mais cette goutte est nécessaire. * * * On ne fait pas de grandes choses, mais seulement des petites avec un amour immense. * * * Insistons sur le développement de l’amour , la gentillesse, la compréhension, la paix. Le reste nous sera offert. Mère Teresa

Page 10

Vie consacrée Église en Martinique d u 1 3 j a n v i e r 2 0 1 3 / 10 Fraternité Jesus Caritas C e qui signifie que la per- sonne consacrée dans un institut séculier vit son engagement à l’intérieur de sa vie ordinaire, de son métier et de tout ce qui fait sa vie. Témoignage silen-cieux, au cœur de la vie quotidienne et qui passe par une manière d’être et de regarder la vie des autres. Vocation qui unit très étroi- tement la pas- sion du monde et la passion de Dieu : pour eux, il n’y a pas d’un côté le sacré dans l’église et de l’autre le profane. Les lieux professionnels, quartiers, associations sont aussi, pour ces personnes, des lieux sacrés parce que habités par Dieu. Actuellement, il existe des membres d'instituts séculiers dans les cinq continents. Chaque institut a une coloration particulière selon la spiritualité qui l’anime. Parmi eux, il y a La Fraternité Jesus Caritas qui fait partie de la grande famille de Charles de Foucauld. La spiritualité de Charles de Foucauld, qui rejoint notre vie, se trouve dans ces deux mots : Nazareth et Crier l’Evangile par toute sa vie. •Nazareth, bourgade de Galilée où Jésus a vécu trente ans dans la simplicité des jours, lieu qui a marqué profondément Charles de Foucauld, ébloui par l’amour de Dieu lors de sa conversion ; cet amour auquel il veut répondre dans une vie toute donnée, en conformité avec Jésus qu’il appelle son Bien-Aimé et qu’il veut imiter à Nazareth. • Crier l’Evangile par toute sa vie, sera l’appel de l’Esprit qui le mènera, à travers le désert, à la recherche des populations les plus pauvres, dans un amour de plus en plus profond. Avoir des compagnons fut son désir tout au long de son existence. Il mourut seul le 1 er décembre 1916. Depuis, de nombreux disciples s’engagent à la suite de Jésus, selon l’esprit de Charles de Foucauld et, parmi eux, la Fraternité Jesus Caritas fondée par Marguerite Poncet avec quelques compagnes en 1952. Dispersées à travers le monde dans les cinq continents, ces personnes veulent suivre Jésus dans son amour du Père et pour tous ceux qui vivent près d’elles, en particulier les plus démunis. De professions et de milieux différents, elles veulent répondre à l’appel du Seigneur : Venez à ma suite, dans une vie laïque, celle de tout le monde ; vie qui parfois peut paraître insignifiante, mais qui rejoint une majorité de nos contemporains et peut être signe de la Bonne Nouvelle parce que centrée sur Jésus. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde éclaté, mobile, multiculturel, dans une société de plus en plus anonyme et indifférente, avec des fractures sociales profondes. En même temps, face à ce constat, des hommes et des femmes prennent de plus en plus conscience de l'importance de la solidarité humaine. C’est au cœur de ces contradictions que nous voulons vivre l’esprit des Béatitudes, témoigner de l’Evangile, participer à la construction d’un monde plus fraternel en relevant le défi : de la gratuité sur l’efficacité, de la confiance sur la défiance et la peur, de la fidélité sur la relativité, de l’abandon à Dieu sur la réussite à tout prix. Mais comment vivre concrètement l’esprit de Nazareth ? Pour le comprendre, voici le témoignage de Sophie que nous avons intitulé : De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? Je suis orthophoniste et, très vite, j’ai senti que c’était là, dans mon travail, en particulier à travers mes relations avec les patients, que j’avais à vivre l’Evangile. La rééducation orthophonique est toujours une rencontre, une histoire partagée entre le patient, sa famille et moi. Comme Jésus s’est invité chez les hommes à Nazareth, je suis invitée à entrer dans la vie d’une famille, pour une petite tranche de vie en commun. Dans l’Eglise, la vocation de laïc consacré dans un institut séculier est assez mal connue. C’est Pie XII qui a reconnu pleinement cette forme de vie consacrée. Après lui, Paul VI exprime sa vision des instituts séculiers : Le Monde est le lieu théologal de votre vocation, vous n'êtes pas envoyés au monde, vous êtes dans le monde et, de l'intérieur du monde, avec les moyens du monde, vous essayez de vivre cette "suite du Christ", que vous voulez radicale. Mais n'oubliez pas que la radicalité est du côté du Christ et non du vôtre… Demandez au Christ de travailler en vous, afin que ce travail d'humanisation soit vraiment celui que le Christ poursuit dans le Monde.

Page 11

Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 11 La première rencontre est toujours une aventure : l’autre, le patient ou sa famille vient demander de l’aide… Alors commence un chemin ensemble, généralement sur plusieurs mois, parfois plusieurs années. Plus que jamais, je me sens au service de ces familles, chacun doit pouvoir trouver et prendre sa place. Au fur et à mesure des rencontres, je reçois souvent les confidences des évènements heureux et malheureux qui traversent la famille. Je deviens témoin de la vie de ces familles et, en quelque sorte, solidaire car tout ce qui les touche me touche aussi. Mon sentiment, en particulier devant les épreuves, est celui d’une grande humilité et d’un profond respect pour ces familles qui déploient parfois beaucoup d’énergie pour s’en sortir. Toute cette vie de relation, c’est cela mon Nazareth. Mais je ne saurais y demeurer s’il n’y avait pas la prière et l’union avec Jésus : la prière quotidienne dans laquelle je confie mes journées, les rencontres prévues et imprévues, tous ces visages, toutes ces histoires, pour les mettre dans le cœur de Dieu ; la prière où je puise « le pain quotidien » pour être vraiment au service, à l’écoute et pour toujours essayer de croire en l’autre. Il y a ces journées parfois écourtées pour pouvoir participer à l’Eucharistie, ces pages barrées sur l’agenda pour vivre une journée de désert, des temps forts avec les jeunes. Autant de moments où je m’éloigne de ce monde pour un instant, comme Jésus qui n’oublie jamais sa relation à son Père : Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? D’un Nazareth à l’autre Le cheminement en fraternité, la grâce de ma première consécration m’ont amenée à envisager une autre façon de travailler : rapprocher mon activité professionnelle de mon domicile pour éviter la dispersion et me permettre d’aller vers les plus pauvres. Travaillant dans un cabinet de groupe en milieu rural, je me suis sentie poussée à déplacer le cabinet dans un quartier populaire. En étudiant la carte de la ville, je me suis rendue compte qu’un quartier énorme était totalement dépourvu de cabinet d’orthophoniste, malgré une forte concentration de population. Ce quartier, je le connaissais bien pour sa réputation de « quartier chaud », le quartier que les « Français de souche » désertaient devant la présence de plus en plus importante de population d’origine maghrébine. Je sentais bien qu’il y avait un enjeu en allant vers ce quartier pauvre où les besoins étaient importants : aller vers les gens plutôt que leur demander de se déplacer, être au milieu d’eux : comme Charles de Foucauld qui a voulu rejoindre les plus rejetés, les plus éloignés ; comme Jésus qui a choisi non pas Jérusalem, mais le petit village de Nazareth dont la réputation n’était pas très bonne non plus ! De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? (Jn 1,46). A travers un même travail, il s’agit de m’adapter à des habitudes de vie différentes, à des centres d’intérêts différents. La plupart des familles que je rencontre sont en situation de grande pauvreté, déchirées, vivant l’incertitude du lendemain, la violence parfois. Il me faut découvrir ce qui fait vraiment le quotidien de ces familles pour mieux les comprendre et pouvoir mieux les aider. Pour cela, j'essaie de me rendre présente à la vie du quartier (marché de Noël, repas au centre socioculturel, mais aussi initiatives de la paroisse locale pour des rencontres interreligieuses). Ce sont autant d’occasions de rencontrer les patients en dehors du travail et, chaque fois, j’ai perçu une réelle joie de la part de mes petits patients et même parfois de la fierté de pouvoir dire aux copains : « C’est mon orthophoniste ! ». Depuis toujours, je traversais ce quartier en voiture, mais en ignorant tout ce qui pouvait s’y vivre. Après deux années de présence au milieu de ces familles, je commence à mieux connaître leurs fragilités, leur détresse sociale et morale, mais aussi leur courage et leur sens de la solidarité. J’ai encore beaucoup à découvrir, mais chaque rencontre, au bureau ou dans le quartier, est une occasion de rapprochement pour faire grandir entre nous la Fraternité ». Que dire de plus après ce témoignage ! Tout y est : C’est bien dans le monde et de l'intérieur du monde, avec les moyens du monde que sophie essaie de vivre cette suite du Christ, qu’elle souhaite radicale. Sans oublier que la radicalité est du côté du Christ et non du sien, d’où l’importance de la prière, de l’adoration, des journées de désert pour demander au Christ de travailler en elle, afin que ce travail d'humanisation soit vraiment celui que le Christ poursuit dans le Monde avec et par elle. Ce qu’il faut peut-être préciser, c’est que la Fraternité est pour nous un lieu de foi, d’exigence et de partage. Cependant, notre vie en fraternité n’est pas une vie communautaire. Elle se vit à partir de petites fraternités locales de cinq à sept personnes qui se réunissent 24 heures tous les mois environ. Les moments essentiels de ces rencontres fraternelles sont : le partage de la Parole de Dieu, la célébration de l’eucharistie, l’adoration prolongée et la révision de vie. C’est la révision de vie qui a permis à Sophie de discerner, avec l’aide de l’Esprit-Saint et des membres de sa Fraternité, les signes de la présence de Dieu et de l’appel particulier reçu au cœur de sa vie professionnelle. Anne Marie Molinard n

Page 12

Vie du diocèse Après dix ans d’attente, les paroissiens du Lorrain ont pu enfin, le dimanche 23 décembre 2012, retrouver leur lieu de culte flambant neuf. Dédicace de l’église Saint-Hyacinthe Kloch Légliz Sen Yasent rikoumansé sònnen ! (1) D ès sa prise de fonction en septembre 2008, notre curé le père Pierre Henderson, a mobilisé toutes les forces vives de la paroisse en vue de la réouverture de l’église. De nombreuses actions (concerts, marchés, déjeuners en louange, vente de gâteaux après les messes, appels à dons) ont été entreprises pour recueillir une partie des fonds nécessaires à l’aménagement intérieur de l’église. Conscients de l’importance des travaux et animés du désir de participer à la restauration de leur église, les paroissiens se sont toujours montrés très généreux. D’ailleurs, ils ont été régulièrement tenus informés du montant des sommes collectées et de l’usage que l’on ferait de leur contribution financière. Cette transparence a favorisé l’élan et le désir de donner. Sur le plan spirituel, tous les fidèles ont été invités à prier avec ferveur saint Hyacinthe, patron de la paroisse. Une neuvaine, rédigée à l’aide de documents pris sur Internet et une bougie à l’effigie du saint proposée à la vente, ont permis à tous de faire l’unité dans la prière. A partir du moment où le Maire de la ville a annoncé à la population qu’il mettrait tout en œuvre pour livrer le bâtiment à la fin de l’année 2012, tous les Lorrinois attendaient de pied ferme l’ouverture pour le mois de décembre. Dès septembre, sans qu’aucune date ne soit encore arrêtée, des commissions (liturgique, logistique et inaugurale) ont été constituées pour organiser l’inauguration sous la direction du Curé, dans un souci de concertation et d’unité. Parallèlement, des rencontres entre la commission de pilotage de la ville et les responsables des commissions de la paroisse se tenaient régulièrement à la mairie afin de définir le rôle de chaque partie. Une fois la date connue, toutes les chorales se sont mobilisées pour faire de ce jour un moment inoubliable. Pour la première fois, et à partir de la mi-novembre, elles se sont retrouvées le dimanche après-midi pour les répétitions. A cette occasion, un ordinaire de la messe et une biguine dédiée à saint Hyacinthe ont été composés par Léa Joly. De son côté, le sculpteur Narcisse mettait toute son énergie à faire naître saint Hyacinthe dans un tronc de mahogany. Durant les deux semaines qui ont précédé l’inauguration de l’église, une effervescence régnait tant du côté des ouvriers que du côté des paroissiens. La commission logistique de la paroisse et la commission de pilotage de la ville ont fait de l’accueil et de la sécurité leur priorité : objectif zéro bousculade ! Face à la crainte qui germait dans le cœur de certains, le père Henderson a proposé une journée d’adoration silencieuse le vendredi 21 décembre, de 7h à 18h, dans la chapelle du Saint Curé d’Ars. Le samedi 22 décembre, de 9h à 13h, la ville a monté, tout autour du nouvel édifice, le village de l’inauguration qui a permis à quelques mouvements de la paroisse de se faire connaître. Dans la soirée, alors que les ouvriers s’affairaient encore à l’intérieur et que l’équipe d’art floral apportait une dernière touche à la décoration, la ville assurait la mise en lumière extérieure du bâtiment, classé aux Monuments Historiques. Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 12 Allocution du Maire avant l'ouverture de la nouvelle église Procession de la cour du presbytère vers l'église

Page 13

Sonia Bertrand, directrice de la bibliothèque de la ville, a présenté le recueil L’église saint-Hyacinthe, un patrimoine religieux et culturel, édité par la ville. Le film, Eglise saint-Hyacinthe, la renaissance, réalisé par MNTV (2), retraçant l’histoire de l’église et les grandes étapes de sa restauration, a été projeté. Des objets publicitaires (parapluies, mugs, éventails, clés USB, stylos) portant le nom du saint ou l’image de l’église, ont été proposés à la vente. Bèlè Légliz a clôturé cette rencontre sur le parvis. Le dimanche 23 décembre, dès le lever du soleil, sous un ciel clément, l’équipe municipale et la commission logistique de la paroisse, ainsi que la Protection Civile, les Pompiers, la Gendarmerie et les vigiles d’une entreprise de surveillance, élégamment vêtus pour la circonstance, étaient déjà à pied d’œuvre pour accueillir les fidèles venus de partout. La cérémonie d’ouverture a débuté dans la cour du presbytère par le mot de Mgr Michel Méranville, en présence des mouvements paroissiaux, de l’équipe pastorale, des invités – citons le Vicaire général, le père Jean-Max Renard, les pères Jean-David Angouroussiva, Emmanuel Chaulvet, Jacek Ossowski, Christian Catayée, cérémoniaire, Michel Sellaye, le diacre Pierre Valey, des Sœurs Dominicaines de Notre-Dame de la Délivrande, des Sœurs de Saint-Paul de Chartres, une délégation du Foyer de Charité. Une procession s’est formée pour se diriger vers le parvis où attendaient le Maire, le Conseil municipal, les représentants des Assemblées et le représentant du Préfet. Après les allocutions, sous une volée de cloches, une plaque a été dévoilée et l’inscription lue à haute voix. M. Justin Pamphile, maire de la ville du Lorrain, a remis une clef symbolique à Mgr Méranville qui l’a transmise au curé de la paroisse qui a frappé trois coups ; les portes se sont ouvertes, invitant le peuple de Dieu à entrer dans son église, en chantant : Entrez, venez voir, Jésus nous appelle, Jésus nous rassemble pour faire son Eglise. Grâce aux hôtesses d’accueil, les fidèles ont pu prendre place à l’intérieur sans cohue, ni bousculade. Tout ceci est le résultat d’un travail de communication et de sensibilisation mené par la paroisse, pendant trois semaines, sous forme d’annonces et de panneaux. Ces derniers mettaient en scène les quatre cloches de l’église, Cécile, Cécilia, Clémence et Lucie qui conversaient et communiquaient les informations utiles, à savoir la date de l’événement, la capacité de l’église, la durée de la cérémonie, l’intérêt du respect de la discipline, les différents points de retransmission sur grand écran – qui ont d’ailleurs permis le jour « J » de diminuer le flux vers l’église. Le rituel de la consécration s’est poursuivi, sous la conduite du père Catayée. Dans une atmosphère de ferveur, d’émotion, de foi, de joie, choristes et musiciens ont donné le meilleur d’eux-mêmes, entraînant une assemblée enthousiaste et unie dans la prière. L’évêque a insisté sur l’utilité de l’église-bâtiment, mais plus encore sur l’importance de faire Eglise. La cérémonie terminée, le chant d’envoi Peuple de la fête et la biguine à saint Hyacinthe, interprétée au moment de la bénédiction de la sculpture de Narcisse, ont été repris plusieurs fois, les paroissiens ne voulant pas quitter les lieux et laissant éclater leur joie. Ils s’extasiaient devant la beauté de l’architecture et admiraient les compositions florales de Christiane Marie-Louise. A l’issue de la cérémonie, la paroisse a remis à chacun un présent en souvenir de ce beau jour. Quant à la municipalité, elle a offert un partage fraternel. L’église Saint-Hyacinthe a redonné vie au centre-bourg et les cloches nous invitent tous à faire Eglise ! Un dépliant, conçu et réalisé par les élèves de BAC Pro Compta du Lycée J. Pernock, vous aidera pour la visite. Les responsables des commissions n Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 13 (1) Les cloches de l’église saint-Hyacinthe ont recommencé à sonner(2) MNTV : Martinique Nord Télévision

Page 14

Vie du diocèse Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 14 A l’occasion de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, du 18 au 25 janvier 2013, autour du thème : Que nous demande le Seigneur ? Dans la justice et la bonté, marcher avec Lui (cf. Michée 6,6-8), la Communauté du Chemin Neuf de Martinique nous dit comment elle vit l’œcuménisme. Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens Chemin Neuf et unité des chrétiens L a Communauté du Chemin N euf (CCN) est une com- munauté catholique à vocation œcuménique, fondée par le père Laurent Fabre en 1973 à Lyon. Dans la dynamique du Renouveau charismati- que, elle est née au double moment de l’histoire de la construction de l’Eu- rope et de la recherche de l’unité des chrétiens. Elle propose un parcours de formation œcuménique. Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi ; qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé (Jn 17,21). Nous, membres de la Communauté du Chemin Neuf, recevons cette prière de Jésus comme un envoi en mission et croyons qu’elle sera exaucée. Ensemble, orthodoxes, protestants, catholiques, sans plus attendre, empruntons l’humble chemin d’une vie quotidienne partagée (Manifeste communautaire, (CCN), Pâques 1986). Nous avons le désir de faire nôtre la prière de Jésus : Que tous soient un et d’entendre aujourd’hui ce que l’Esprit dit aux Eglises sur le chemin de l’unité des chrétiens. C’est ainsi que les frères de la Communauté du Chemin Neuf s’engagent à vivre l’œcuménisme à travers : Le partage de la vie quotidienne entre membres de différentes confessions chrétiennes, la prière commune, la formation intellectuelle ; pour pouvoir évangéliser ensemble et témoigner de l’œuvre du Ressuscité dans le monde. Convaincus que cette unité est possible, nous nous engageons à y travailler de toutes nos forces et chaque jour nous prions ainsi : seigneur Jésus, qui as prié pour que tous soient un, nous te prions pour l’unité des chrétiens, telle que tu la veux, par les moyens que tu veux. Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation, de voir notre péché et d’espérer au-delà de toute espérance. Amen. Tous nous serons transformés par la victoire de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Co 15,51-58). Dans la Communauté du Chemin Neuf, l’unité des chrétiens se vit au quotidien, au nom du partage de la même foi : pour la joie et la vérité, pour la prière au travail, pour l’amour, pour la fraternité. Il y a bien une Eglise unique et pourtant nous connaissons ses divisions internes. Plusieurs déchirures se sont produites, au

Page 15

Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 15 long des siècles entre les baptisés qui constituent pourtant cette Eglise en raison de leur baptême. Eglise unique mais qui n’est plus unie : paradoxe toujours actuel du christianisme se réclamant de la même source. Malgré leur séparation, les chrétiens peuvent encore donner un témoignage commun face aux grands défis du temps présent. Ce que nous appelons l’œcuménisme est, aujourd’hui, une réalité incontournable. Rien ne peut arrêter la dynamique engagée et que soutient l’Esprit de Dieu plus fort que toutes nos ruptures. Il y a une volonté commune et irréversible de rétablir l’unité des chrétiens dans le monde. Dans le monde, les chrétiens représentent une diversité. L’œcuménisme exprime la recherche de communion entre protes- tants, anglicans, orthodoxes et catholi- ques. Les coprésidents du Conseil d’Eglises Chrétiennes en France dans une de leurs déclarations adressent un message aux chrétiens et encouragent un authentique dialogue sociétal fondées sur le respect et, pourquoi ne pas le dire, sur la liberté et la fraternité. L’œcuménisme véritable demande avant tout l’humilité et l’abandon à la volonté du Seigneur. C’est dans cette dynamique que la Communauté du Chemin Neuf en Martinique œuvre pour cette unité. Aujourd’hui, nos différents travaux nous ont permis de réaliser que nos différences n’empêchent pas la fraternité et que cet appel de Jésus à l’unité des chrétiens est un appel qui ne saurait attendre. C’est un appel d’autant plus pressant que le monde va mal et a soif de l’Evangile : corruption, drogue, délinquance juvénile, homosexualité, pédophilie, criminalité, guerre, égoïsme, pauvreté, famine, intégrisme, injustice, montée de l’occultisme, de l’ésotérisme… Nous croyons à l’action de l’Esprit-Saint qui est le véritable agent de l’œcuménisme. Pour la Semaine de l’Unité du 18 au 25 janvier, des rencontres sont prévues pour préparer des temps communs. n Verse le feu de ton Esprit Christ, en nos cœurs, ravive le nom de Ton Père, creuse-le profond, verse dans cette profondeur le feu de Ton Esprit, que sa flamme ardente et haute monte vers notre Père. Que tous nos frères reconnaissent dans la lumière que tracera ce feu le Nom du même Père, afin que vienne le jour que Tu veux, Christ ! Le jour que, depuis la sainte Cène,Tu ne cesses de demander : le jour de l’Unité, dans la foi de Ton unique Eglise. Il viendra ce jour, quand notre douleur des séparations nous aura fait assez souffrir, et que sera devenue assez brûlante la flamme de notre même amour pour Toi. Alors ton Nom : Père sera sanctifié sur la Terre ! Abbé Paul Couturier

Page 16

Vie du diocèse Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 16 L’Aumônerie Catholique Universitaire (ACU) est implantée sur le campus de Schœlcher depuis 2007. C’est le diacre René Morélot, l’aumônier désigné, et le père Jean-Marie Yang-Ting, chargé pastoral des lycées et du campus, qui en sont responsables. Une nouvelle année pour l’Aumônerie Catholique Universitaire L es étudiants peuvent émettre des propositions qui leur tiennent à cœur et qui sont prises en compte. Des rencontres, intitulées Mercredis du Campus – débat autour d’un thème ou projection d’un film suivie de débat, clôturés par un partage convivial – ont lieu deux fois par mois selon un calendrier établi dès le mois de juillet. Le père Yang-Ting reçoit celles et ceux qui le veulent, toujours sur le campus, un samedi sur deux, pour un temps d’entretien. L’équipe d’animation de l’ACU et celle de l’aumônerie des lycées ont marqué leur rentrée par une matinée de récollection, aux Eaux Jaillissantes , le dimanche 4 octobre 2012. Les grandes orientations d’action y ont été évoquées et dégagées, notamment, l’Année de la Foi. Il a été proposé à l’équipe d’animation de l’aumônerie d’acquérir le Youcat, catéchisme pour les jeunes élaboré au départ pour les JMJistes de Madrid (août 2012), afin de l’utiliser avec les étudiants. Par la suite, une liste d’idées pour vivre l’Année de la Foi, individuellement ou en communauté, a été diffusée à l’équipe d’animation du campus et des lycées ainsi qu’aux membres. Au cours des échanges lors de la récollection, des enseignants et parents présents ont aussi abordé la question de l’influence néfaste de la télévision (certaines émissions, pub, films, clips), et de l’Internet (PC, portables, smartphones) sur les jeunes, générant une certaine violence, des phénomènes de bande, notamment par le biais des messages subliminaux… L’ensemble des participants a estimé que, compte-tenu de la situation, il s’avérait nécessaire de faire passer l’information aux jeunes scolarisés et aux étudiants, si possible par le biais de la pastorale des jeunes. Il a été proposé de former préalablement les membres des équipes d’animation des deux aumôneries. Une matinée de formation a donc eu lieu le dimanche 26 novembre 2012, aux Eaux Jaillissantes , animée par l’association Oxygène . Cette formation a permis à toutes les personnes présentes de découvrir (par la théorie, des exemples, ainsi que par des moyens audiovisuels) tous les moyens mis en œuvre aujourd’hui pour « pousser les gens à la consommation », « démolir notre jeunesse », mais plus grave, « manipuler les consciences »… Jusqu’où ? Et pourquoi ? Pour ce qui est de l’ACU, lors du premier Mercredi du Campus , il a été convenu d’organiser pour la prochaine rencontre la projection, en deux parties, du film Courageous , du réalisateur de Facing the Giants et Fireproof . Le débat qui a suivi les deux projections a été très animé, avec l’évocation du mariage chrétien et des relations dans le couple marié, des relations parents-enfants, de la question du concubinage, du mariage homosexuel, du respect de la femme, etc. Les étudiants ayant souhaité aborder la question du tatouage, du piercing, des signes et symboles, et devant l’engouement des jeunes à ce sujet, deux rencontres ont été programmées, une le mercredi 28 novembre 2012, l’autre le mercredi 12 décembre 2012, avec à la fin un partage convivial de Noël. Pour cette année universitaire 2012-2013, l’ACU a commencé ses activités sous de bons auspices : à noter par exemple, la fréquentation plus importante des Mercredis du Campus. L’ensemble des moyens (mail, texto, flyer) mis en œuvre pour informer les étudiants et communiquer avec eux portent leurs fruits. D’autres actions sont prévues (sortie, chemin de croix) au cours de l’année. L’ACU a toujours bénéficié du soutien du Président de l’UAG et du Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. L’équipe d’animation tient à les remercier vivement pour leur esprit d’ouverture et les conditions d’accueil qu’ils ont su créer pour permettre à l’équipe d’avancer dans l’exercice de cette mission pastorale, si utile pour le bien «vivre ensemble». L’équipe campus de l’ACU n

Page 17

Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 17 I l nous a en effet semblé important, en ces temps de crise où la précarité et la pauvreté sont à nos portes, d’accueillir ces familles dans un geste symbolique de soutien et de solidarité. Nous avons voulu cette rencontre fraternelle pour les enfants mais aussi pour les parents. C’est ainsi que vingt-six familles et soixante-trois enfants ont été conviés à participer à ce moment de fête organisé à leur intention le 15 décembre 2012. Après avoir été accueillis par les mots de bienvenue du curé, le père Bruno Latour, qui, brièvement, a expliqué le sens de notre démarche paroissiale, les familles ont assisté à un spectacle où chants, rires et expressions de joie des enfants et des parents prédominèrent. A l’issue de ce premier temps fort, les enfants eurent la fierté et l’émotion de recevoir des mains du Père Noël un cadeau préalablement choisi par des bénévoles en fonction de leur âge. La fête s’est ensuite poursuivie par la remise d’un panier de Noël : pâtés, jambon, boissons, chocolat, nougat… Enfin, nous avons terminé notre rencontre par un moment de partage qui a favorisé l’échange avec nos familles et qui nous a permis de leur redire que nous étions à leurs côtés en ce moment difficile qu’elles traversent. Nous tenons à remercier les coordinatrices de cette opération et les bénévoles car, sans eux, le Noël du sourire n’aurait pu atteindre ses objectifs. Cette solidarité des enfants du catéchisme s’est poursuivie le 28 décembre par une célébration eucharistique à l’église, à l’occasion de la fête des saints Innocents. Occasion de rendre grâce pour le salut apporté par Jésus, Fils de Dieu, venu sauver les hommes et apporter la lumière de la paix et de l’amour à tous. Les gestes de solidarité de la paroisse, tant pendant le Carême que le temps de l’Avent, dans le cadre de l’opération nationale Diacona 2013 et dans cette Année de la Foi voulue par notre Pape Benoît XVI, se veulent l’expression concrète, vivante, de ce don que nous fait le Seigneur par la présence de son Fils au milieu de nous. Que cette joie de la foi partagée et vécue, telle que l’entend Benoît XVI, soit pour chacun d’entre nous l’occasion de témoigner de l’amour et de la miséricorde auprès de tous nos frères et sœurs… C’est le vœu de notre paroisse pour toute la Martinique en ce début de l’année 2013. Colette Rosinet P. Bruno Latour, curé du François n Le Noël du Sourire Pour ce Noël 2012 et dans le droit fil de son opération de Carême Solidarité et charité fraternelle, la paroisse du François, avec le concours de bénévoles et des enfants du catéchisme, a organisé, au profit de familles en situation de précarité, un moment de partage et de joie à l’approche des fêtes de Noël.

Page 18

Société Ce sigle que nous connaissons comme étant le degré zéro de la misère humaine a été remplacé, l’espace d’un jour, par : Soulage les Difficultés Frères. Eglise en Martinique a été à la rencontre de Mali, le jeune à l’origine du repas de fête organisé pour les personnes sans domicile fixe, le samedi 19 décembre 2012, au Parc Floral de Fort-de-France. SDF M on nom d’artiste est Mali, le raccourci de mon nom de famille Malidor. Educateur sportif en structure spécialisée, je travaille dans un ITEP, c'est-à-dire un Institut thérapeutique d’éducation pédagogique. Je m’adresse à un public de jeunes qui ont des troubles du comportement et de la conduite. J’ai une passion : le chant. Mon style musical, c’est le rap, le hip hop, le slam. L’un des titres de mon dernier album se nomme SDF. J’ai été sensibilisé à cette population de la rue par les rencontres que j’ai eues au cours de ces huit derniers mois. Le fait qui m’a particulièrement marqué a été le jour où, cherchant vainement des pièces de monnaie pour régler le parcmètre, une personne Sans Domicile Fixe me donna le complément de pièces qui me manquait. A partir de ce moment-là, mon regard changea sur cette population. J’ai alors écrit le texte d’une chanson ayant comme thème les personnes personne Sans Domicile Fixe en vue d’un clip-vidéo dont la parution a été retardée et renvoyée en fin d’année. D’autre part, j’ai contacté Rodrigue, un ami de longue date, membre de l’association JAHAIR (Janvier Haïti Rescapés) dont la mission est de venir en aide aux sans- abri d’Haïti. Il me donne aussitôt son soutien pour mettre en œuvre le projet d’un repas à la période des fêtes de fin d’année. La première étape consistait à collecter des fonds par un moyen dont j’avais une certaine expérience : l’organisation d’un concert caritatif. Nous avons assuré la couverture médiatique de l’évènement pour faire connaître le projet. Les artistes contactés se sont ralliés à notre idée ; ils ont collaboré et participé de manière gratuite à ce concert. La manifestation s’est déroulée dans une grande salle du Lamentin où nous avons accueilli environ huit cents personnes avec une entrée à 5e . Rodrigues m’a ensuite orienté vers les religieuses du Fourneau pour la confection des repas : en effet, elles ont un savoir- faire en la matière puisque chaque jour elles rencontrent et nourrissent des personnes de la rue. Nous leur devons une grande reconnaissance. Il fallait s’assurer d’un lieu vaste : nous avons demandé et obtenu de la municipalité de la ville de Fort-de-France des chapiteaux au Parc Foral. Par les réseaux sociaux, nous avons lancé un appel à des bénévoles pour le service des tables et l’encadrement des convives. Ce repas se voulait festif, convivial, si bien qu’il était agrémenté de chants et même d’une crèche vivante. Les personnes qui ont accepté de participer à ce rendez- vous de paix et de bonne humeur étaient au nombre d’environ deux cents. Ce projet, personnel au départ, n’est pas resté un rêve ou une idée généreuse : il est devenu une réalité, grâce à la collaboration d’artistes et à la mobilisation de nombreuses personnes bénévoles qui ont offert leur temps et leur bonne humeur pour donner à des frères un peu de bonheur. Jésus, ce jour-là, était l’un des convives. Mali n Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 18

Page 19

Dimanche 13 janvier 2013 La famille est-elle le berceau de la foi ? Robert Cabald, diacre en Guadeloupe, sera notre invité plateau. Il partagera avec nous son expérience de père de famille. Une famille de Saint-Pierre-et-Miquelon nous dira comment la foi passe d'une génération à une autre. Avec une famille wallisienne, en Nouvelle-Calédonnie, c'est cette question de la transmission de la foi qui sera évoquée. Enfin, avec Dominique Lamy, présidente de l'Action Catholique des Enfants, nous verrons comment à la Réunion se met en place l'éducation chrétienne des enfants. Dimanche 20 janvier 2013 Avons-nous besoin de l'école catholique ? Sylvie Maunier-Gallizia, adjointe du directeur de l'enseignement catholique de la Réunion, sera notre invitée plateau. Elle nous parlera de son travail dans une île multiconfessionnelle. Avec elle nous verrons comment le lycée agricole de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, ouvre ses portes à des jeunes qui ne trouvaient pas leur place dans l'enseignement général. Une étudiante de Polynésie qui n'était pas encore prête à quitter sa terre natale pour aller en métropole a trouvé avec l'Institut Supérieur d'Enseignement Privé de Polynésie une solution pour continuer sa formation dans l'enseignement universitaire. Enfin par Skype, avec Frédéric Martot, c'est en Martinique, dans le collège Saint-Joseph-de-Cluny, que nous irons pour découvrir comment l'accompagnement spirituel des jeunes filles se met en place. Dimanche 27 janvier 2013 Qu'as-tu fait de ta terre ? Louis-Daniel Bertome, président de la Chambre d'Agriculture de Martinique, sera notre invité plateau. Son engagement au sein du MRJC a profondément marqué son existence. Avec lui, nous verrons comment le Mouvement des Travailleurs Chrétiens de la Réunion se mobilise. Nous verrons également comment les sœurs de la Mission à Saint-Louis, en Nouvelle-Calédonie, voient dans le travail de la terre une continuation de l'œuvre de création. Enfin, avec Fabienne Rémir, c'est dans les jardins de la Martinique que nous irons faire un tour. Quelques rendez-vous de Radio Saint-Louis à retenir Prière et liturgie Du lu NDi au v ENDrED i 6h00 (12h et 18h tous les jours) : Angélus 6h05 (8h10) : Prions avec la Parole de Dieu (Ludovic, Marylène, Nadiège) 15h00 (22h tous les jours) : Chapelet (lundi : en direct de l’église Emmaüs) 29 ans à votre service 1982 - 2011 Sam EDi 6h05 (18h30) : Temps Présent (Josèphe, Monette) puis 7h30 : Mère de miséricorde 9h00 : Emission de louange (Feu nouveau et Torrent d’amour) 19h00 : Pour mieux vivre la messe (français et anglais : Marylène et Christina) Dima NChE 6h05 (18h05) : Temps Présent, puis 7h00 (18h30) : Pour mieux vivre la messe 10h30 : Messe en direct intégral depuis l’église Emmaüs (sauf en cas de retransmission de messe dans une autre paroisse ou d’un événement diocésain avec l’équipe du direct) 21h : Homélie du jour et chapelet (Alain) Église en Martinique du 13 janvier 2013 / n°456 19 MeDIAs

Page 20

Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Jean 17,21