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N° 458 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 10 février 2013
• Pas de fatalité face
aux catastroPhes
naturelles
• lajénès mòndézès
doubout Pou jézi
• Père Gaston
jean-michel
témoin de l'évanGile
Chemin
de conversion
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Editorial
Editorial
•Le Tempsfavorable
Mot de l'Evêque
•Avanceaularge!
Eglise universelle
•ExtraitsdumessagedeBenoîtXVI
pourlec arême2013
Liturgie
•Paroledominicale
Droit canonique
•Lesacrementdel’Ordre(6)
Carême
•Laconversion,lieudelarencontre
duvraiDieu(1)
•Foi-Prière-Conversion
Education
•Larivièredel'Espérance: labeauté
nousélève
Vie du diocèse
• Tempsd’évangélisationdela
pastoraledesJeunesdeMorne-des-Esses
• Assembléegénéraleordinaire
duCMR
•Lapastoraledelac ulture
delac athédrale
Société
•Pasdefatalitéface
auxcatastrophesnaturelles
Vient de paraître
•Témoindel'Evangile
Médias
numéro
458
N° 458 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 10 février 2013
• PAS DE FATALITÉ FACE
AUX CATASTROPHES
NATURELLES
• LAJÉNÈS MÒNDÉZÈS
DOUBOUT POU JÉZI
• PÈRE GASTON JEAN-MICHEL
TÉMOIN DE L'ÉVANGILE
Chemin
de conversion
S ommaire
Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré
97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28
tirage : 8 000 exeMplaires
i.s.s.N. 0759-4895
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Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique
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Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr
archeveche-martinique@wanadoo.fr
L
a période liturgique du
c arême est un temps
favorable pour se remettre
en question. Dans l’agitation
de nos multiples occupations,
il est indispensable de déposer
nos fardeaux pour laisser retentir
en nous cet appel de l’évangile :
Tenez-vous sur vos gardes de crainte
que vos cœurs ne s’alourdissent
dans l’ivresse, les beuveries et les
soucis de la vie, et que ce jour-là
ne tombe sur vous à l’improviste,
comme un filet… Restez éveillés et
priez en tout temps (Lc 21,34).
chacun essaie de gérer au mieux
son quotidien et de surmonter
les épreuves de la vie, avec plus
ou moins de réussite. Au fil des
épreuves, si nous n’y prenons
garde, nous risquons de nous
comporter selon la loi du chacun
pour soi, d’endurcir notre cœur
et de nous retrouver, en fait, à
l’opposé de la foi en christ.
L’appel à la vigilance de l’évangile
provoque chacun de nous à un
effort de lucidité et de vérité
pour mettre en cohérence le
concret de sa vie avec sa foi et
ses convictions.
Le constat que nous faisons est
que notre monde est malade
des abus, des gaspillages, des
négligences qui sont nôtres, dans
la conduite de nos responsabilités
à gérer notre terre nourricière
que le créateur a voulue une
belle planète bleue pour nous.
La prise de conscience et les
actions qui consisteraient à
inverser les tendances néfastes
au vrai progrès de l’humanité,
se font attendre encore. Nous
nous situons plus souvent dans l’incantation et dans les
vœux pieux que dans les vrais
changements. Nous ne sommes
pas prêts à reconnaître que
l’individu est lui-même atteint
d’un mal profond dans son être et
que le changement doit d’abord
passer par lui. La tentation est
de penser et de vouloir que les
autres changent, sans chercher
soi-même à se remettre en
question.
c
hanger le cours des choses
n’est jamais sans risque, car
s’y mêlent l’intérêt individuel
et l’égoïsme collectif. Dans
tous les domaines de la vie
humaine, particulièrement dans
la vie sociale et les relations
interpersonnelles, se laisser mener
par l’inertie sans faire preuve de
volontarisme, conduit à l’échec.
Avant de transformer les autres, il
est nécessaire de commencer par
ce qui est accessible et possible :
se changer soi-même.
La conversion reste un objectif
toujours à poursuivre, quelles
que soient les réussites, trop
souvent d’ailleurs de courte
durée. Pour nous chrétiens, la
conversion trouve sa finalité et
son sens profond dans la relation
avec le christ Jésus qui est notre
modèle.
c e numéro de Eglise en Martinique
propose plusieurs articles qui, sous
des angles différents, amènent le
lecteur à se poser la question :
Que devons-nous faire ? Question
que les auditeurs de Pierre avaient
posée aux apôtres et qui avait
reçu la réponse : Convertissez-
vous (Ac 2,37).
Père Jean de coulanges n
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Le Temps favorable
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Couverture : Chemin de la Poterie des Trois-Ilets (photo P. Luc Philippon)
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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
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Mot de l'Evêque
Avance au large !
D
epuis le 11 octobre 2012,
cinquantième anniversaire
de l’ouverture du Concile
Vatican II, les catholiques sont
entrés dans l’année de la foi, à
l’invitation du Saint-Père, le Pape
Benoît XVI. Un logo soigneusement
élaboré par leur Eglise à cet effet
leur rappelle cela en permanence
et les invite à la conversion.
Ce logo représente une barque dont
le mât est une croix. La barque est
l’image de l’Eglise.
Les voiles qui se
déploient autour
du mât sont
marquées du tri-
gramme du Christ :
I pour Jésus ; H
pour
hommes ;
S pour
sauveur , ce qui donne
Jésus sauveur des hommes. Sur
le fond du logo brille un soleil qui
représente l’Eucharistie, source et
sommet de toute vie chrétienne.
Pour les chrétiens, ce logo veut
être comme l’étendard qui les
rallie autour de la même foi et les
mobilise pour le même combat :
celui de l’ amour.
Dans le monde sécularisé
d’aujourd’hui, les chrétiens sont
tentés de se décourager. Ils
constatent que ce qui structurait
autrefois leur pensée, leur morale,
leur comportement, est non
seulement remis en question
mais dédaigneusement foulé aux
pieds. Ils sont parfois tentés de
poser au Seigneur la question qui
préoccupait Jean-Baptiste lorsque
de la prison de Machéronte, où
l’avait incarcéré le roi Hérode, il
faisait demander à Jésus : Es-tu
celui qui vient ou devons-nous en
attendre un autre ?
L’a nnée de la foi veut répondre
à cette angoisse en invitant les chrétiens à obéir, sans délai, à
l’ordre donné par Jésus à Simon-
Pierre et ses compagnons, pêcheurs
bredouilles de Galilée
: Duc in
Altum ! En français : Avance au
large ! Avance en eau profonde !
Les chrétiens ont besoin de
redécouvrir leur foi en profondeur.
Il leur faut aller au fond de leur
foi et s’interroger en profondeur
sur tout ce qui fait leur vie et tout
ce qu’ils entreprennent. Le bon
vieil axiome de l’action catholique
retrouve tout son sens et toute son
importance : Voir, Juger, Agir.
Le monde moderne a tendance
à vivre de manière épidermique
et superficielle. Le chrétien doit
commencer par refuser d’adopter la
mentalité qui consiste à s’arrêter à la
surface des choses en se contentant
de surfer sur les opinions des autres,
passant d’une émotion à une autre,
faisant dépendre ses convictions
de la fluctuation des sondages. Le
chrétien doit ancrer ses certitudes
dans le roc de sa foi.
Ce roc pour les chrétiens, c’est
Jésus-Christ. C’est lui le Messie
qu’annonçait Jean-Baptiste, la
pierre d’angle qui réunit païens
et croyants, le grand prêtre qui
intercède pour tous les hommes,
le fils de Dieu qui donne la vie
éternelle à ceux qui croient en lui.
L’ a nnée de la foi nous invite à
nous convertir, c’est-à-dire à nous
tourner ou retourner vers le Christ.
Pour les pilotes une conversion en
U consiste à effectuer un virage
à 180°. C’est, par exemple, se
retrouver en vol en direction du
Nord alors qu’initialement on allait
vers le Sud.
L’ a nnée de la foi nous invite à
revenir au Christ, quelle que puisse
être la direction dans laquelle nous
allions jusqu’à présent. Revenir au Christ, c’est consentir à
changer de cap, faire un virage dans
sa vie, en se détournant de ce qui
est factice, superficiel, accessoire
et trompeur, pour se mettre en
quête de ce qui est profond, solide,
durable, essentiel pour notre vie.
Et c’est en Jésus-Christ que notre
quête trouvera sa réponse.
Jésus-Christ est la source d’eau vive,
le trésor qui était caché, le chemin, la
vérité et la vie. Mais encore faut-il le
connaître, découvrir sa vie dans les
Evangiles, entrer dans son intimité
en obéissant à sa volonté.C’est aussi
consentir à prendre le risque de se
laisser emporter vers le large, en
eau profonde.
Lorsque l’on rencontre le Christ,
son Esprit gonfle les voiles de nos
vies et entraîne notre barque loin
de notre égoïsme, vers les contrées
lointaines de la générosité et du
partage. C’est une joie que notre
monde connaît de moins en moins.
Il compte sur nous, chrétiens, pour
la lui redonner.
En cette
année de la foi répondons
joyeusement à l’invitation à la
conversion qui nous est adressée
et
Duc in Altum !
+ Michel Méranville,
archevêque
n
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1. La foi comme réponse
à l'amour de Dieu.
Dans ma première encyclique,
j’ai déjà offert certains éléments
pour saisir le lien étroit entre ces
deux vertus théologales, la foi et la
charité. En partant de l'affirmation
fondamentale de l'apôtre Jean :
Nous avons reconnu et nous avons
cru que l'amour de Dieu est parmi
nous,
je rappelais qu'à l’origine du
fait d’être chrétien, il n’y a pas une
décision éthique ou une grande
idée, mais la rencontre avec un
événement, avec une Personne,
qui donne à la vie un nouvel
horizon et, par là, son orientation
décisive... Comme Dieu nous a
aimés le premier, l’amour n’est plus
seulement un commandement,
mais il est la réponse au don de
l'amour par lequel Dieu vient à
notre rencontre. La foi constitue
l'adhésion personnelle – qui inclut
toutes nos facultés – à la révélation
de l'amour gratuit et passionné
que Dieu a pour nous et qui se
manifeste pleinement en Jésus
Christ. La rencontre avec Dieu
amour interpelle non seulement
le cœur, mais également l'esprit.
La reconnaissance du Dieu vivant
est une route vers l’amour, et le oui
de notre volonté à la sienne unit
intelligence, volonté et sentiment
dans l’acte totalisant de l’amour.
Ce processus demeure cependant
constamment en mouvement,
car l’amour n’est jamais achevé ni
complet. […]
Le chrétien est une personne
conquise par l'amour du Christ
et donc, mue par cet amour, il
est ouvert de façon concrète
et profonde à l'amour pour le
prochain. Cette attitude naît avant
tout de la conscience d'être aimés,
pardonnés, et même servis par
le Seigneur, qui se penche pour
laver les pieds des apôtres et s'offre
lui-même sur la croix pour attirer
l'humanité dans l'amour de Dieu. La
foi nous montre le Dieu qui a donné
son fils pour nous et suscite ainsi en
nous la certitude victorieuse qu’est
bien vraie l’affirmation : Dieu est
Amour. La foi, qui prend conscience
de l’amour de Dieu qui s’est révélé
dans le cœur transpercé de Jésus
sur la croix, suscite à son tour
l’amour. Il est la lumière, l’unique
lumière, qui illumine sans cesse un
monde plongé dans l’obscurité,
et qui nous donne le courage de
vivre et d’agir. Tout cela permet
de comprendre que l'attitude
principale qui distingue les chrétiens
est précisément l’amour fondé sur
la foi et modelé par elle.
2. La charité comme vie
dans la foi
Toute la vie chrétienne est une
réponse à l’amour de Dieu. La
première réponse est précisément
la foi comme accueil, plein
d’émerveillement et de gratitude,
d’une initiative divine inouïe qui
nous précède et nous interpelle. Et le
oui de la foi marque le début d’une
histoire lumineuse d’amitié avec le
Seigneur, qui remplit et donne son
sens plénier à toute notre existence.
Mais Dieu ne se contente pas que
nous accueillions son amour gratuit.
Il ne se limite pas à nous aimer,
mais il veut nous attirer à lui, nous
transformer de manière profonde
au point que nous puissions dire
avec Paul : Ce n’est plus moi qui vis,
mais le Christ qui vit en moi. Quand
nous laissons place à l’amour de
Dieu, nous devenons semblables à
lui, nous participons de sa charité
même. Nous ouvrir à son amour
signifie le laisser vivre en nous, et
nous conduire à aimer avec lui, en lui
et comme lui. C’est alors que notre
foi devient vraiment opérante par
la charité et qu’il prend demeure
en nous.
La foi, c’est connaître la vérité et y
adhérer. La charité, c’est cheminer
dans la vérité. avec la foi, on entre
dans l’amitié avec le Seigneur. avec
la charité, on vit et on cultive cette
amitié. La foi nous fait accueillir
le commandement du Seigneur
et Maître, tandis que la charité
nous donne la béatitude de le
mettre en pratique. Dans la foi,
nous sommes engendrés comme
fils de Dieu, et la charité nous fait
persévérer concrètement dans la
filiation divine en apportant le fruit
de l’Esprit-Saint. La foi nous fait
reconnaître les dons que le Dieu
bon et généreux nous confie, et la
charité les fait fructifier. […]
Eglise universelle
Extraits du message de Benoît XVI
pour le carême 2013
Croire dans la charité suscite la charité
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
4
Dans le contexte de l'Année de la Foi, le Carême nous
offre une occasion précieuse pour méditer sur le
rapport entre foi et charité : entre le fait de croire en
Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l'amour qui est
le fruit de l'action de l'Esprit-Saint et qui nous guide sur
un chemin de consécration à Dieu et aux autres.
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3. Le lien indissoluble entre
foi et charité
a la lumière de ce qui a été dit,
il apparaît clairement que nous
ne pouvons jamais séparer, voire
opposer, foi et charité. Ces deux
vertus théologales sont intimement
liées et il est erroné de voir entre
celles-ci une opposition ou une
dialectique . En effet, d'un côté,
l'attitude de celui qui place d'une
manière aussi forte l'accent sur la
priorité et le caractère décisif de
la foi au point d'en sous-évaluer
et de presque en mépriser les
œuvres concrètes de la charité et
de la réduire à un acte humanitaire
générique, est limitante. Mais, de
l'autre, il est tout aussi limitant de
soutenir une suprématie exagérée
de la charité et de son activité, en
pensant que les œuvres remplacent
la foi. Pour une vie spirituelle saine,
il est nécessaire de fuir aussi bien le
fidéisme que l'activisme moraliste.
L'existence chrétienne consiste en
une ascension continue du mont
de la rencontre avec Dieu pour
ensuite redescendre, en portant
l'amour et la force qui en dérivent,
de manière à servir nos frères et
sœurs avec le même amour que
Dieu. Dans l'Ecriture Sainte, nous
voyons que le zèle des apôtres
pour l'annonce de l'Évangile que
suscite la foi est étroitement lié
à l'attention charitable du service
envers les pauvres (cf. ac 6,1-4).
Dans l'Église, contemplation et
action, symbolisées d'une certaine
manière par les figures évangéliques
des sœurs Marie et Marthe, doivent
coexister et s'intégrer (cf. Lc
10,38-42). La priorité va toujours au
rapport avec Dieu et le vrai partage
évangélique doit s'enraciner dans
la foi. Parfois, on tend en effet à
circonscrire le terme de
charité à
la solidarité ou à la simple aide
humanitaire. Il est important,
en revanche, de rappeler que la
plus grande œuvre de charité est
justement l'évangélisation, c'est-à-
dire le
service de la Parole . Il n'y
a pas d'action plus bénéfique, et
donc charitable, envers le prochain
que rompre le pain de la Parole de
Dieu, le faire participer de la Bonne
Nouvelle de l'Évangile, l'introduire
dans la relation avec Dieu :
l'évangélisation est la promotion
la plus élevée et la plus complète
de la personne humaine. […]
En somme, tout part de l'amour et
tend à l'amour. L'amour gratuit de
Dieu nous est communiqué à travers
l'annonce de l'Évangile. Si nous
l'accueillons avec foi, nous recevons
ce premier et indispensable contact
avec le divin en mesure de nous
faire
aimer l'Amour , pour ensuite
demeurer et croître dans cet amour
et le communiquer avec joie aux
autres. a propos du rapport entre foi et
œuvres de charité, une expression
de la Lettre de saint Paul aux
Ephésiens résume peut-être leur
corrélation de la meilleure des
manières : C'est bien par la grâce
que vous êtes sauvés, à cause de
votre foi. Cela ne vient pas de vous,
c'est le don de Dieu. Cela ne vient
pas de vos œuvres, il n'y a pas à
en tirer orgueil. C'est Dieu qui
nous a faits, il nous a créés en
Jésus Christ, pour que nos œuvres
soient vraiment bonnes, conformes
à la voie que Dieu a tracée pour
nous et que nous devons suivre
(2,8-10). On perçoit ici que toute
l'initiative salvifique vient de Dieu,
de sa Grâce, de son pardon accueilli
dans la foi ; mais cette initiative,
loin de limiter notre liberté et notre
responsabilité, les rend plutôt
authentiques et les oriente vers
les œuvres de charité. Celles-ci ne
sont pas principalement le fruit de
l'effort humain, dont tirer gloire,
mais naissent de la foi elle-même,
elles jaillissent de la Grâce que Dieu
offre en abondance. Une foi sans
œuvres est comme un arbre sans
fruits : ces deux vertus s'impliquent
réciproquement.
[…]
S.S. Benoît XVI
Du Vatican, le15 octobre 2012
n
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
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Contrairement à l’information publiée par erreur dans le n° 457 de notre revue
diocésaine, la messe des malades a bien lieu chaque année au niveau paroissial. C’est la messe
diocésaine des malades, au Morne-Rouge, qui sera désormais célébrée tous les deux ans. La
prochaine messe diocésaine des malades aura donc lieu en février 2014.
rappelle ses deux prochains rendez-vous :
• Samedi 23 février 2013, de 8h30 à 11h30, à la salle paroissiale de Bellevue :
Formation à l’intention des visiteurs de malades et ministres extraordinaires de la communion aux malades.
Thème : Passer de la visite à la visitation.
• Dimanche 10 mars 2013, de 10h à 18h, à la salle paroissiale de Bellevue :
Récollection à l’intention de tous les professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants,
secrétaires, psychologues, etc.). Elle se terminera par l’eucharistie de 18h à l’église de Bellevue.
Thème : En tant que professionnel de santé, comment je franchis la porte de la foi ?
Communiqué La PaS toraLe DiocéS aine De La Santé
Erratum
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10 février 2013
L a P arole D ominicale
Isaïe6,1-2a.3-8•Psaume137•1Corinthiens15,1-11•Luc5,1-11
5 ème dimanche
du Temps Ordinaire - Année C
Dieu : A l’origine de toute vocation
et de toute mission.
Toute vocation et toute mission,
reçues dans l’Eglise et pour le
service de l’Eglise, prennent leur
source en Dieu. a celui ou celle
qu’Il appelle, Dieu confie toujours
une mission particulière. Vocation
et mission, en effet, sont liées. Et
c’est Dieu Lui-même qui prend
toujours l’initiative d’appeler.
Le Dieu mystère, dans sa
liberté, appelle parfois de façon
mystérieuse et unique.
Isaïe, prophète vers 765 avant
Jésus Christ, a reçu sa vocation au
cours d’une vision dans le Temple
de Jérusalem. Dans le texte de
l’évangile, Jésus, l’Homme-Dieu,
se rend présent dans les milieux de
vie des premiers appelés. Somme
toute, les voies de Dieu sont
impénétrables. Chaque vocation,
pour ainsi dire, comporte une
part de mystère. Personne ne
saurait tout expliquer ou tout
dire logiquement de sa vocation.
a vrai dire, c’est la rencontre de
deux mystères : à l’appel de Dieu-
mystère correspond la réponse ou
le refus de l’homme-mystère.
Le mystère pascal du Christ :
objet de notre foi.
Paul s’appuie avec force sur l’objet
de notre foi, le mystère pascal
du Christ, pour corriger l’erreur
grossière de certains chrétiens
de Corinthe qui rejetaient la
résurrection des morts. Dans
ce texte, il réaffirme la vérité
fondamentale : la mort et la
résurrection du Christ sont les
prémices et la cause efficace de
la résurrection des morts.
Jésus, l’Homme-Dieu, veut
avoir besoin des hommes
comme collaborateurs.
Dieu, dans sa liberté souveraine
et selon sa pédagogie toujours
adaptée, a choisi, en Jésus, de se
faire proche des hommes. Ce n’est
plus dans une vision, comme ce
fut le cas pour Isaïe. Mais en la
personne de son fils, Il se rend
présent dans les milieux de vie
de ses premiers appelés. après
un temps d’enseignement, Jésus
jette son filet sur ceux qui allaient
être ses premiers disciples. C’était
Simon et son frère andré dont le
nom n’a pas été cité, Jacques et
son frère Jean.
1. Des collaborateurs qui savent
écouter.
Simon, qui deviendra Pierre,
avait peiné toute la nuit sans
rien prendre. Mais sur l’ordre de
Jésus, il jette les filets. Cette fois,
la pêche a été exceptionnelle,
miraculeuse. La pêche a été
surprenante parce que Simon-
Pierre a su écouter et a mis sa
confiance en la parole de Jésus.
Bel exemple de confiance ! Toi
qui pries, toi qui jeûnes, toi
qui contemples tout le temps…
pourquoi n’y a-t-il toujours rien
dans ton filet ? Peut-être que
tu parles, sans L’écouter ? Ou
encore, peut-être te contentes-tu
de L’écouter sans vraiment avoir
foi en sa Parole et t’en remettre à
sa volonté ? L’écoute fait l’Eglise,
et c’est le premier pas sur le
vaste itinéraire inconnu de la foi.
Sauras-tu enfin faire silence pour
écouter Dieu qui te parle dans le
silence de ton cœur ?
2. Des collaborateurs qui sont
prêts à tout quitter…
Ces pêcheurs du lac de Génésareth
avaient choisi, dans leur liberté,
d’écouter Jésus qui ne s’impose
jamais. Cette écoute provient de leur
amour pour Lui, de leur confiance
en sa Parole. En somme, n’est-ce
pas une grâce qui les prédispose à
accueillir, en toute liberté, la grâce
de leur vocation et de leur mission ?
Certes, pour répondre à l’appel du
Christ et tout quitter pour le suivre,
il faut être libre. Libre de toute
attache : famille, pouvoir, argent,
luxe, avantages, réussites, etc. pour
s’attacher à Lui. Car la grâce de
Dieu ne dénature pas.
« Ce sont des hommes que tu
prendras… »
Désormais, dit Jésus à Simon, ce sont
des hommes que tu prendras. Cette
parole du Christ s’adresse à chacun
de nous, membre de son Corps. Et
ce ne sera pas avec le vinaigre de
ton orgueil, de ton indifférence et
de tes doutes que tu les prendras.
Mais avec le doux filet de ton amour,
ton témoignage de foi, ton sens de
l’accueil et du service.
Pêcheurs de profession, Jésus les
appelle et les envoie en mission
conquérir des cœurs par la
proclamation de l’Evangile, Bonne
Nouvelle. Désormais, avec Jésus,
ils sont appelés à avancer au large
du monde pour sauver des abîmes
infernaux les hommes de toutes
religions, langues, cultures et races.
N’est-ce pas la belle vocation et la
noble mission de l’Eglise auxquelles
tout baptisé est appelé à prendre
part ?
P. Jean-Moïse Exantus, CSSp
aumônier d'hôpital
n
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Droit canonique
I
ci, nous devons nous demander
avant tout : que signifie le mot
« saint » ? La réponse est :
« saint » est la qualité spécifique
de l’être de Dieu, c’est-à-dire la
vérité, la bonté, l’amour, la beauté
absolus – la lumière pure. Sanctifier
une personne signifie donc la
mettre en contact avec Dieu, avec
son être de lumière, de vérité,
d’amour pur. Il est évident que ce
contact transforme la personne.
Dans l’ antiquité, il existait cette
ferme conviction : personne ne
peut voir Dieu sans mourir aussitôt.
La force de vérité et de lumière est
trop grande ! Si l’homme touche
ce courant absolu, il ne survit pas.
D’autre part, il existait également
la conviction suivante : sans aucun
contact avec Dieu, l’homme ne
peut vivre. Vérité, bonté, amour
sont les conditions fondamentales
de son être. La question est :
comment l’homme peut-il trouver
ce contact avec Dieu, qui est
fondamental, sans mourir écrasé
par la grandeur de l’être divin ?
La foi de l’Eglise nous dit que Dieu
lui-même crée ce contact, qui nous
transforme au fur et à mesure en
images véritables de Dieu.
ainsi, nous sommes de nouveau
parvenus au devoir du prêtre de
« sanctifier ». aucun homme seul,
à partir de sa propre force, ne peut
mettre l’autre en contact avec Dieu.
Une partie essentielle de la grâce
du sacerdoce est le don, le devoir
de créer ce contact. Cela se réalise
dans l’annonce de la parole de
Dieu, dans laquelle sa lumière vient
à notre rencontre. Cela se réalise
de façon particulièrement dense
dans les sacrements. L’immersion
dans le mystère pascal de mort
et de résurrection du Christ a lieu dans le Baptême et est renforcée
dans la Confirmation et dans la
Réconciliation, est nourrie par
l’Eucharistie, sacrement qui édifie
l’Eglise comme Peuple de Dieu,
Corps du Christ, Temple de l’Esprit.
C’est donc le Christ lui-même qui
rend saint, c’est-à-dire qui nous
attire dans la sphère de Dieu.
Mais comme acte de son infinie
miséricorde, il appelle certaines
personnes à demeurer avec Lui
(cf. Mc 3,14) et à participer, à
travers le sacrement de l’Ordre,
en dépit de la pauvreté humaine,
à son Sacerdoce même, à devenir
ministres de cette sanctification,
dispensateurs de ses mystères,
ponts de la rencontre avec Lui,
de sa médiation entre Dieu et les
hommes et entre les hommes et
Dieu.
a
u cours des dernières décennies,
certaines tendances ont conduit à
faire prévaloir, dans l’identité et la
mission du prêtre, la dimension de
l’annonce, en la détachant de celle
de la sanctification ; il a souvent été
affirmé qu’il serait nécessaire de
dépasser une pastorale purement
sacramentelle. Mais est-il possible
d’exercer authentiquement le
ministère sacerdotal en dépassant
la pastorale sacramentelle ? Que
cela signifie-t-il précisément pour
les prêtres d’évangéliser, en quoi
consiste ce que l’on appelle le
primat de l’annonce ? Comme
le rapportent les Evangiles, Jésus
affirme que l’annonce du Royaume
de Dieu est le but de sa mission ;
cette annonce, toutefois, n’est
pas seulement un discours , mais
elle inclut, dans le même temps,
sa propre action ; les signes, les
miracles que Jésus accomplit
indiquent que le Royaume vient
comme une réalité présente et
qu’elle coïncide en fin de compte
avec sa propre personne, avec le
don de soi. Et il en est de même
pour le ministre ordonné : celui-ci,
le prêtre, représente le Christ,
l’Envoyé du Père, il en continue
la mission, à travers la « parole »
et le « sacrement », dans cette
totalité de corps et d’âme, de signe
et de parole. Saint augustin, dans
une lettre à l’évêque Honorat de
Thiabe, en se référant aux prêtres,
affirme : Que les serviteurs du
Christ, les ministres de sa parole
et de son sacrement, fassent donc
ce qu’il commanda ou permit. Qui
donc sauve le monde et l’homme ?
La seule réponse que nous pouvons
donner est : Jésus de Nazareth,
Seigneur et Christ, crucifié et
ressuscité. Et où s’actualise
le Mystère de la mort et de la
résurrection du Christ, qui porte
le salut ? Dans l’action du Christ,
par l’intermédiaire de l’Eglise, en
particulier dans le sacrement de
l’Eucharistie, qui rend présente
l’offrande sacrificielle rédemptrice
du fils de Dieu, dans le sacrement
de la réconciliation où de la mort
du péché on retourne à la vie
nouvelle, et dans chaque acte
sacramentel de sanctification…
P. Jean-Max Renard, Vice-Official n
(1) Catéchèse du Pape Benoît XVI sur le ministère du prêtre,
audience générale du mercredi 5 mai 2010.
Le sacrement de l’Ordre (6)
1
Aujourd’hui, je voudrais m’arrêter brièvement avec vous sur le deuxième devoir
du prêtre, celui de sanctifier les hommes, en particulier à travers les sacrements
et le culte de l’Eglise.
C’est le Christ lui-
même qui rend saint,
c’est-à-dire qui nous
attire dans la sphère
de Dieu.
Page 8
Carême
La conversion,
lieu de la rencontre du vrai Dieu (1)
C
hers amis lecteurs, Blaise
Pascal affirme que :
Les
hommes prennent souvent
leur imagination pour leur cœur ;
et ils croient être convertis dès
qu'ils pensent à se convertir.
Vous comprendrez dès lors que
la conversion, on peut en parler
beaucoup mais on ne pourra
jamais tout en dire. De plus, il ne
s’agit pas tant de la dire que de la
vivre. Dans une formation reçue
au séminaire, Michel Rondet,
théologien jésuite, nous disait
qu’il fallait se poser la question
suivante : N’avons-nous pas une
idée fausse ou trop partielle de ce
qu’est la conversion ? Je crois que
c’est une question importante :
bien savoir si l’idée que l’on a de la
conversion est une idée fausse ou
trop partielle. En fait, je crois qu’on
n’aura jamais une idée complète
de la conversion, puisque c’est un
processus, un dynamisme de vie.
Le Père Rondet précisait lors de
cette formation que
la conversion
exprime essentiellement l’idée de
changer de route, de direction…
l’idée d’un retournement du cœur,
de se tourner avec confiance vers
Jésus pour accueillir sa présence
en nous et son amour, quelles que
soient nos difficultés et quoi que
nous vivions. Cela est très vrai.
En réfléchissant au thème, en
pensant à la fois à ma propre vie
et à de nombreuses conversations
ou rencontres, j’ai été amené à me
poser une autre question : Quel
est le véritable obstacle à notre
conversion ? Qu’est-ce qui fait
que d’une certaine manière, nous
résistons à la conversion ? au fond,
je ne pense pas que se convertir à
Jésus, se tourner vers Jésus, soit ce
qui peut bloquer en nous. Mais,
et cela va peut-être vous paraître
paradoxal, je constate qu’en fait le
plus grand obstacle à la conversion
à laquelle nous invite Jésus, c’est
Dieu, c’est notre vision de Dieu et
Dieu seul sait si à la Martinique
et aux antilles ce mot
Dieu nous
l’avons à la bouche à longueur de
journée !
Quand je dis Dieu, je le mets entre
guillemets et je rajoute que c’est
notre vision de Dieu qui empêche
la véritable conversion à laquelle
nous invite le Christ. Il me semble,
en effet, et le dialogue pastoral
avec les fidèles me le confirme
souvent, qu’il existe chez un
certain nombre de personnes
une forme de différenciation, de
séparation, voire d’opposition
entre l’image qu’elles ont de Jésus
et celle qu’elles ont ou ressentent
de Dieu. C’est assez surprenant,
mais si vous y pensez bien, vous
serez certainement d’accord
avec moi. Nous pouvons parfois
plus croire en l’amour de Jésus
qu’en l’amour de Dieu – je ne
parle pas à un niveau théorique
mais existentiel. Ce n’est pas une
question de définition, c’est ce
que l’on ressent, ce que l’on vit.
Et je me pose donc la question :
Pourquoi sommes-nous plus aptes,
prompts, à croire en l’amour de
Jésus qu'en celui de Dieu ? En cette
année de la foi où nous sommes
invités à revisiter notre Credo , nous
devons nous interroger : Pourquoi
cette différenciation, pourquoi
cette séparation, voire même
cette opposition ? Jésus n’est-il
pas le fils de Dieu, n’est-il pas vrai
homme mais aussi vrai Dieu ? Jésus
n’est-il pas Dieu fait homme ? Donc, pourquoi mettons-nous
cette différenciation, séparation,
opposition au fond de notre cœur,
dans notre relation avec Dieu ?
Il serait intéressant pendant ce
Carême – et le questionnaire
proposé en page 10 nous en
donnera l’occasion – de creuser
cette question. Je voudrais tout
de même suggérer quelques
éléments de réponse :
1. Je crois que l’humanité de
Jésus nous est plus familière, plus
compréhensible que sa divinité,
puisque nous sommes humains.
Cela nous amène à nous poser une
autre question : quelle est ma foi
en la Personne de Jésus ?
Quelle est donc ma foi en la
Personne divine de Jésus ? Il faut
avouer que cette confession de
foi dépasse notre intelligence
et que nous utilisons des mots
pour dire ce que nous ne pouvons
pas concevoir. En cela il y a déjà
un déphasage, puisque nous
pouvons bien dire que Jésus est
une Personne divine, mais quelque
part on ne sait pas ce qu’est une
Personne divine. Ce que l’on en sait
reste au niveau de notre capacité
de compréhension, à notre niveau
humain. J’ajouterai que, pour ma
part, je comprends de plus en plus
pourquoi les Juifs, nos frères aînés
dans la foi, ne prononçaient pas le
nom de Dieu
: cela évite de ramener
Dieu à notre entendement.
Lorsque nous parlons de Dieu,
lorsque nous le nommons, nous
le mettons d’une certaine façon à
notre portée humaine alors qu’il
est hors de portée humaine dans
ce qu’Il est, dans Son essence. Et
à mon sens, comme je l’exprimais Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
8
Voici qu’approche le temps du Carême, temps favorable pour revenir au Seigneur
de tout son cœur.
Page 9
plus haut, particulièrement chez
nous, on parle trop facilement de
Dieu comme si on le connaissait, Il
est à toutes les sauces dans notre
culture antillaise.
2. Nous avons bien souvent
une vision faussée de Dieu et qui
correspond à cette image acquise,
reçue de ceux qui nous en ont
parlé : nos parents, des éducateurs,
des catéchistes, des prêtres ou des
évêques. En effet, ceux-ci ne sont
que des hommes ou des femmes
et donc des personnes qui ont une
compréhension et une expérience
partielle, limitée, voire déformée
de Dieu. Combien d’entre nous
se souviennent de phrases de
ce type : si tu n’es pas gentil,
Dieu qui voit tout va te punir
ou encore : Attention, sinon tu
vas aller en enfer, engendrant en
nous la vision d’un Dieu punisseur,
vengeur, qui condamne. Cela fait
que nous n’avons pas reçu une
vision réelle, complète, juste de
Dieu.
3. Nous appelons Dieu Père, o u
N otre Père. En désignant ainsi
Dieu, il arrive que notre expé-
rience avec nos parents, l’image
que l’on a tirée de la paternité et
de la maternité, défigurent notre
relation avec Dieu. D’une manière
ou d’une autre, consciemment
ou inconsciemment, nous trans-
posons ces images paternelles et
maternelles sur Dieu ou contre
Dieu. Or personne n’est père
comme l’est Dieu. La question
est donc : Comment se conver -
tir à Quelqu’un dont on a une
vision faussée, dans le sens de pas
correct ?
Comment se convertir à un Dieu
que nous n’aimons pas ? J’exagère
exprès, mais cela rejoint certaines
expériences de nos vies. Car on
a toujours des petites critiques
à faire à Dieu dans nos vies : Je
prie, je vais à la messe, je jeûne,
je partage, je donne au denier de l’Eglise, en un mot, je fais tout
et j’ai toujours des problèmes
des difficultés…
alors comment
se convertir – et on prend la
conversion au sens fort du terme
– à un Dieu que nous n’aimons
pas ou que nous ne ressentons
pas comme aimable ?
En fait, la conversion à laquelle
Jésus nous invite n’est pas une
conversion au Dieu auquel nous
croyons, mais à son Père. Jésus
nous dit :
Nul ne connaît le Père
si ce n’est le Fils et celui à qui
le Fils veut bien le révéler
(Mt
11,27). Pour avoir cette juste vision
de Dieu, il faut que le fils nous Le
révèle : lui seul connaît celui vers
qui nous devons nous convertir.
Un théologien disait que pour
trouver Dieu, il faut tuer Dieu .
Certes, nous sommes appelés à
nous convertir, mais pour cela
n’avons-nous pas d’abord à
convertir notre image de Dieu en
abattant toute projection, toute
transposition pour entrer dans
une relation plus vraie car plus
en harmonie avec qui est Dieu
réellement ?
Je crois qu’un problème qui
nous touche tous est que notre
connaissance de Dieu est, d’une
certaine façon, plus apprise que
révélée. La connaissance de Dieu
est très différente selon que
cette connaissance est apprise
ou révélée. Quand on était petit, il
nous fallait apprendre par cœur la
prière du Notre Père … plus c’était
récité vite, plus cela montrait
qu’on la savait ! Nous avons
appris à dire Notre Père, mais
nous a-t-on appris ce dont nous
parle saint Paul, lorsqu’il nous
dit : Tous ceux qu’anime l’Esprit
de Dieu sont fils de Dieu. Vous
avez reçu un esprit de fils adoptifs
qui nous fait nous écrier : Abba !
Père ! L’Esprit en personne se
joint à notre esprit pour attester
que nous sommes enfants de Dieu
(Rm 8,14-16).
C’est parce que nous nous
expérimentons enfants de Dieu
que nous pouvons dire : Abba !
Père !
Et ce n’est pas le contraire.
On a besoin de revenir à cette
expérience profonde de l’Esprit
qui nous fait nous écrier : Abba !
Père ! P arce qu’on se sent enfants
de Dieu. Et donc, on peut dire :
Père. Mais ce n’est pas parce que
nous apprenons à dire
Père que
nous nous expérimentons de fait
comme fils ou filles du Père.
Que faire alors, me direz-vous ?
L’attitude à avoir est de laisser
Dieu se révéler à nous : se mettre
à son école et apprendre de lui qui
il est, le laisser être Dieu, le laisser
faire en nous.
Lorsque Jésus nous appelle à la
conversion, ne nous dit-il pas :
soyez parfaits comme votre Père
céleste est parfait ou encore
soyez miséricordieux comme
votre Père est miséricordieux
(Mt 5,48 et Lc 6,36) ? Voilà la
conversion à laquelle nous convie
le Christ. Vous comprenez alors
que les affirmations de nombreux
Martiniquais et Martiniquaises, à
la confession :
Mon père, je n’ai
pas de péché, mon pè man pran
konversyon mwen, mon pè man
byen épi tout moun, man paka
fè pèsonn mal sont proprement
hérétiques. Car derrière
M on pè
man pran konversyion mwen,
par
exemple, il faut entendre souvent :
je ne succombe plus au plaisir ou
aux déviances de la sexualité. C’est
encore mince et léger face à l’appel
de Jésus : soyez parfaits comme
votre Père du ciel est parfait. Nous
convertir, c’est précisément laisser
Dieu davantage agir en nous. Non
pas pour prendre notre place et
nous éliminer, mais au contraire
pour nous renouveler de l’intérieur
et nous permettre d’avancer vers
notre plénitude.
Père Patrick-alexis Phanor,
Curé de Morne-Rouge et Prêcheur
n
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
9
Page 10
Carême
Tel est le thème du questionnaire de Carême qui pourra être utilisé dans les
communautés paroissiales ou dans les familles en cette Année de la Foi.
Foi- Prière- Conversion
L
e mot croire fait partie du
langage courant.Lorsque
nous professons notre foi,
nous commençons par dire :
Je crois
ou Nous croyons. La foi de l'Église est
célébrée dans la liturgie, vécue dans
la pratique des commandements et
dans la prière.Le pape Benoît XVI
nous rappelle que la réflexion sur la
foi devra s'intensifier pour aider tous
ceux qui croient au Christ à la rendre
plus consciente. Demandons-nous
ce que signifie "croire".
Première semaine de carême
Que sais-tu de Paul et de sa foi ?
Cela peut-il aider ta foi ? Cite
quelques textes.
1 – Pour toi, qu'est-ce que croire ?
2 – En quoi crois-tu ? En qui
crois-tu ?
3 – Pourquoi croire ?
4 – Quelle place donnes-tu à la
foi dans ta vie aujourd’hui ?
Comment vis-tu ta foi ?
5 – Comment témoignes-tu de la
foi de l’Eglise ? Existe-t-il des
signes de la foi dans ta vie ?
6 – Quels pourraient être les
obstacles à la foi ? Comment
entretiens-tu ta foi ?
7 – Comment es-tu arrivé(e) à
croire ?
8 – Comment se transmet la foi ?
• Catéchisme de l’Eglise Catho-
lique n° 144 à 184.
Deuxième semaine
de carême
Que peux-tu dire de la foi
d’Abraham ? Est-il un homme
de prière ? Donne quelques
citations.
1 – Pourquoi prier ?
2 – La prière est-elle indispensable ?
3 – Pries-tu seul ? avec d’autres ?
En famille ?
4 – Dans quel(s) lieu(x) pries-tu ? a
quel moment ? Et dans la Bible,
quels sont les lieux privilégiés ?
Et pourquoi ?
5 – Est-ce que prier s’apprend ?
Quand pries-tu ?
6 – Est-ce que nous prions sans
cesse ?
7– Quand tu pries, à qui
t’adresses-tu ?
8 – Existe-t-il une prière chré-
tienne ?
•
Textes bibliques du deuxième
dimanche de carême.
• Catéchisme de l’Eglise Catholi-
que…
Troisième semaine de carême
Que peux-tu dire de Moïse ? De
sa foi, de sa prière ? (Nombres
11,4-23 et 14,1-27).
1– analyse les prières de Moïse : qu’est-ce qu’on y trouve ?
2 – Et toi, quelles différentes formes
de prière expérimentes-tu ?
3 – Quelle(s) attitude(s) faut-il
avoir en prière ?
4– Vis-tu la messe comme un
temps privilégié... de prière ?
5 – Pourquoi une prière universelle
à la messe ?
6 – Quel est le contenu de la prière
du chrétien ?
7 – Quel lien fais-tu entre la prière,
la foi et la conversion? 8 –
La Vierge Marie tient-elle une
place dans ta prière ?
9 – Dieu exauce-t-il nos prières ?
• Textes du troisième dimanche
de carême.
Quatrième semaine
de carême
C’est Josué qui succède à
Moïse et guide le peuple
d’Israël lors de son entrée et de
son installation dans la Terre
promise. Il poursuit l’œuvre
commencée avec Moïse. C’est
ainsi qu’il vit sa foi. Et toi ?
1 – Comment témoignes-tu et
proclames-tu ta foi ?
2 – Comment exprimes-tu ton
amour pour ton prochain ?
3 – Comment appliques-tu le
premier commandement dans
ta vie, selon l'évangile ?
4 – Quelles attitudes faut-il avoir
pour témoigner de sa foi ?
5 – Ta façon de vivre peut-elle
donner envie à d’autres de
découvrir ta foi ?
6 – aujourd’hui, où le Christ
t’appelle-t-il à t’engager ?
7 – Penses-tu qu’un chrétien peut
vivre indépendamment des
autres ?
8 – Ta foi est-ce une activité
spirituelle ou une activité
concrète ?
9 –
Peux-tu être croyant et non
pratiquant ? Qu’est-ce que la
foi sans la pratique ? Qu’est-ce
qu’une pratique sans la foi ?
10 –
La connaissance est-elle
nécessaire à la pratique de
la foi ?
11–
Pour recevoir un sacrement, la
foi est-elle requise ? n
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
10
Page 11
L
'aCI La Rivère est une
activité qui regroupe quinze
jeunes sans qualification,
sans diplôme et en recherche
d'emploi. Ils suivent tous pendant
un à deux ans une formation
qualifiante autour du paysagisme
et de la maîtrise de l'eau, en plus
d'une activité rémunérée sur le
terrain, sur les berges de la rivière
Monsieur qui longe le terrain de
l'Espérance, à Châteaubœuf. Un
accompagnement à la recherche
d'emploi (comment rédiger un
CV, comment réussir un entretien
d'embauche, comment cibler sa
recherche) a pour but de permettre
au maximum d'entre eux de
trouver un emploi à l'issue de la
formation.
Cette opération, une première à
l'Espérance-Patronage Saint-Louis
(PSL) où il s'agissait essentiellement
jusqu'ici de jeunes d'âge scolaire,
a été rendue possible grâce à
sept partenaires (fSE/aDEICEM,
DIECCTE, Conseil Général, Conseil
Régional, Opcalia, ODE et CUCS).
Sur les quinze participants, trois
sont issus de "nos" jeunes et les
autres ont été recrutés via le Pôle
Emploi.
Si nous avons décidé de nous lancer
dans le déploiement d'un aCI, c'est
suite au constat que le drame du
chômage des jeunes, que nous
connaissons tous sous l'angle de
statistiques catastrophiques (plus de
60% des 16-25 ans), est avant tout
un drame humain auquel personne
n'a le droit de rester indifférent. Au
moins maintenant, je sais pourquoi
je me lève le matin est un écho à
une société qui, avouons-le, à force
de mettre des sécurités de toutes
sortes à ceux qui sont du bon côté
de la barrière, exclut de plus en
plus ceux qui sont au dehors. Et
notre société a masqué cette réalité
profonde que travailler fait du bien :
à soi-même, à son entourage et au
monde entier. C'est pourquoi, tout
comme son partenaire apprentis
d'auteuil, le PSL a décidé d'apporter
sa contribution, modeste mais
résolue, à la question de l'insertion
des jeunes de 16 à 25 ans à la
vie professionnelle. Et ils nous le
rendent bien. Ces jeunes sont doués
de talents : travail du bambou,
apiculture. L’ aCI est tout sauf de
l’assistanat, c’est réellement une
manière de transformer le monde
en affirmant que rien n’est jamais
perdu et que, dans le monde que
nous voulons construire, nous avons
tous besoin les uns des autres.
Une autre raison, tout aussi
importante et profonde, a motivé
notre effort. Près de la moitié de
notre site de l'Espérance était en
friche et, au cours d'une réflexion
sur nos actions pastorales,
nous avons identifié que
la beauté du site pouvait
avoir une valeur éducative
forte et spirituelle pour nos
jeunes. faire des berges
de la rivière Monsieur
un "Jardin de Balata" à
l'Espérance est sans doute
un objectif trop ambitieux,
mais c'est la direction que
nous voulons prendre. Ce projet de
valorisation des berges rejoint un
des projets phares du Département
de valoriser celles-ci de Dillon à Saint-
Joseph, pour proposer la beauté de
la nature à tous les Martiniquais,
dans une zone où l'urbanisme
n'a pas pu ou su sauvegarder
suffisamment d'espaces de sport,
de détente et d'écotourisme. Nos
quinze jeunes sont ainsi en train
d'ouvrir une voie pour un projet
de grande ampleur qui sera porté
par le Département en y associant
la forêt de Montgérald. Nous leur
souhaitons bonne chance !
Matthieu Bergot
Directeur Général de l’Espérance- Patronage Saint-Louis
n
Education
La rivière de l'Espérance :
la beauté nous élève
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
11
Au moins maintenant, je sais pourquoi je me lève le matin : impossible d'entendre
cette phrase sans être saisi d'une profonde émotion. C'est pourtant le témoignage
entendu d’un participant à l'Atelier Chantier d'Insertion (ACI) "La Rivière", dont
le lancement officiel a eu lieu le jeudi 17 janvier dernier.
Travailler FAIT du bien
La beauté nous élève et nous mène vers le bien
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Vie du diocèse
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
12
P
our permettre une vraie
communion entre les invités,
c’est par une célébration
eucharistique présidée par le
père Joseph Calaber, assisté du
diacre Emmanuel Lordinot, que la
manifestation a débuté. L’église de
Morne-des-Esses s’est avérée trop
petite pour contenir les nombreux
fidèles venus de tous les horizons.
Notons que la célébration était
animée par la pastorale des jeunes
de Morne-des-Esses et la chorale
Jeunesse et vie de la cathédrale
Saint-Louis.
a l’issue de la messe, les festivités
se sont poursuivies par une marche
aux flambeaux, ponctuée de
chants de louange, qui a conduit
les fidèles du parvis de l’église à la
place Eugène-Mona, pour un autre
temps fort.
Sur cette place, Luc Lérandy, un
animateur passionné d’histoire,
a fait la genèse de la paroisse,
avant d’introduire les différents
groupes venus exprimer leur foi
chrétienne de diverses manières
(chants, danse…).
C’est la chorale Jeunesse et vie q u i
a ouvert les festivités sur le podium
avec deux chants. S’en est suivi
un slam sur saint Paul présenté
par deux jeunes. Par ailleurs, les membres de la chorale
Les
Ménestrels
de Morne-des-Esses
ont présenté, sous forme de
sketch, l’histoire de saint Paul :
une occasion pour le public de
découvrir de talentueux acteurs.
Le père Pierre Henderson, curé des
paroisses du Lorrain et du Marigot,
a fait un enseignement très riche
sur le quatrième commandement :
Tu honoreras ton père et ta mère,
qui a sensibilisé
plus d’un. Soulignons également
la belle prestation du groupe
d’évangélisation Bèlè Légliz avec
la participation du père Henderson
et du groupe d'art gestuel de
Redoute, Magnificat .
Stella Gonis, accompagnée au chant
par quatre jeunes de Morne-des-
Esses, a clôturé la manifestation dans
une ambiance bèlè Gloryé Bondjé.
Ce temps fort a mis en évidence
la volonté des jeunes de renforcer
les liens entre les chrétiens de tous
âges, pour la gloire de Dieu. Cette
exhortation du Pape Benoit XVI à
l'occasion de l'année de la foi :
Le renouveau de l'Eglise passe
aussi à travers le témoignage offert
par la vie des croyants : par leur
existence elle-même dans le monde,
les chrétiens sont en effet appelés à
faire resplendir la Parole de vérité
que le seigneur
Jésus nous a laissée… a trouvé
tout son sens ce 26 janvier en notre
paroisse Saint-Paul de Morne-des-
Esses.
Un grand bravo aux jeunes, aux
accompagnateurs et à tous les
participants qui ont contribué à
la réussite de cette fête dédiée à
saint Paul.
Justine Lordinot n
Temps d’évangélisation de la pastorale
des Jeunes de Morne-des-Esses
Lajénès doubout pou Jézi
Le samedi 26 janvier 2013, la paroisse de Morne-des-
Esses était en fête. En effet, en cette Année de la Foi,
les jeunes ont voulu marquer dignement la Conversion
de saint Paul, patron de leur paroisse. C’est ainsi qu’ils
ont convié, de 18h à 23h, la communauté paroissiale
et les jeunes du diocèse à un temps d’évangélisation qui
a connu un vif succès.
Père Pierre Henderson avec le groupe Magnificat
La pastorale des Jeunes de Morne-des-Esses
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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
13
L
e dimanche 20 janvier
2013, au presbytère de
Sainte-Marie, s’est tenue
l’assemblée générale ordinaire
du CMR. Les participants de
qualité, venus en nombre réfléchir
aux différents points portés à
l’ordre du jour, ont eu droit à un
éloquent débat malgré le peu
de moyens dont disposent les
sections locales qui sont en pleine
restructuration.
L’un des temps forts fut le rapport
moral du président, M. Joseph
Lugo, qui a souligné le décès de
l’un des piliers du CMR depuis des
décennies, M. Vénérand Marie-
Nelly. Il a été inhumé dans la ville
de Saint-Esprit le 2 janvier 2013. Une
minute de silence a été observée à
son intention pour ne pas l’oublier.
Trésorier du CMR pendant plus
de trente ans, il a été un militant
dévoué du monde rural.
Par la suite, le président a parlé
de « friche » pour mieux créer le
parallèle qui existe entre la terre
en friche et notre société qui
se déséquilibre jour après jour :
violence, manque de repères,
désorientation... dont sont victimes
trop de Martiniquais.
Lors du débat qui suivit, le père
Pierre Henderson fit remarquer
qu’une terre en friche est souvent
en attente d’un renouveau que
nous, chrétiens, devons préparer
(labourer) pour une meilleure
semence à venir.
Le secrétaire, M. Michel Malère,
d’une part, et le trésorier, Monsieur
Raymond Monrapha, d’autre part,
surent présenter avec justesse et
précision leurs rapports respectifs.
Quelques questions furent
nécessaires pour bien conclure
que le CMR s’adapte et œuvre en
adéquation avec l’évolution du
monde et que, malgré la crise, les
finances sont équilibrées et très
bien gérées.
En ce qui concerne l’orientation
du CMR pour l’année 2013, nous
aurons la satisfaction de présenter,
lors d’un forum au lycée agricole de
Croix-Rivail, les conclusions de notre
campagne des années 2011 et 2012
dont le thème était l’eau. Cette
eau si indispensable pour notre
vie. Pendant ces deux années, un
questionnaire a permis de constater
sur le terrain l’usage qu’on en fait
et surtout les efforts faits ou non
pour sa préservation. Ledit forum
aura comme support un diaporama
préparé par M. Hugues-Daniel
Joseph, ancien vice-président
du CMR qui reprend du service
(élection de tiers sortant).
M. Laurent Vestris, président du
MRJC (Mouvement Rural de la
Jeunesse Chrétienne) a ensuite pris
la parole : il souligna les relations
existant, et surtout souhaitées,
entre son mouvement et celui
du CMR. Il formula, comme nous
d’ailleurs, le souhait que les
membres du MRJC s'orientent
naturellement vers le CMR et
promit de s'en faire l'écho dans
son mouvement.
Ce fut ensuite au père Jean de
Coulanges de nous encourager
à continuer sur notre lancée et à
médiatiser nos actions. Sa volonté
de nous accompagner sur le plan
spirituel est un réconfort apprécié
de tous.
L’assemblée générale du CMR
s’est terminée par « notre » prière
composée par un membre très
actif du mouvement.
a noter que nous ferons parvenir
ultérieurement, à l’équipe de
rédaction de notre revue Eglise en
Martinique, toutes les précisions
concernant notre forum qui
devrait se tenir au cours du second
semestre de 2013 au lycée agricole
de Croix-Rivail.
Hugues-Daniel Joseph n
Assemblée générale ordinaire
du CMR
Chaque année, les Chrétiens dans le Monde Rural
(CMR), se réunissent pour faire le point sur la vie et
les activités de leur mouvement.
M. Joseph Lugo
Une vue des participants
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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
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Vie du diocèse
A
u cours de nos rencontres
mensuelles, accompagnés
par notre curé, nous
posons un regard particulier sur les
situations difficiles et sur celles qui
méritent d’être encouragées dans
notre société. Nous examinons,
dans la mesure de nos moyens, leurs
conséquences sur notre population
et réfléchissons aux actions
concrètes que nous pourrions
mener pour vivre mieux.
Nos échanges sont nourris par
l’expérience personnelle ou pro-
fessionnelle de chacun et nous
permettent de nous édifier les uns
les autres.
«Ancrée dans l’anthro-
pologie et l’éthique chrétienne,
la pastorale de la culture anime
un projet culturel chrétien qui
donne au Christ Rédempteur de
l’homme, centre du cosmos et de
l’histoire (
Cf. Redemptor homi-
nis, n°1), de renouveler toute la
vie des hommes. Elle le fait "en
ouvrant à sa puissance salvatrice les immenses domai-
nes de la culture"
(1)» (2).
Le Conseil Pontifical
de la Culture définit
la culture comme cette
façon particulière
dont les hommes et les
peuples cultivent leur
relation avec la nature
et leurs frères, avec eux-mêmes
et avec Dieu, afin de parvenir à
une existence pleinement humaine.
Il affirme qu’il n’est de culture
que de l’homme, par l’homme
et pour l’homme et que l’enjeu
d’une pastorale de la culture est
de restituer l’homme
dans sa
plénitude de créature à l’image
et à la ressemblance de Dieu,
en l’arrachant à la tentation
anthropocentrique de se considérer
indépendant du Créateur.
Inculturer le message de la foi est
une réponse au commandement de
Jésus à ses disciples d’aller prêcher
l’Evangile à toutes les nations.
C’est permettre à la communauté
chrétienne de recevoir, célébrer,
vivre, traduire sa foi dans sa propre
culture, dans la compatibilité avec
l’Evangile et la communion avec
l’Eglise universelle. C’est en ce sens
que nous réfléchissons à des projets
d’évangélisation pour que la Bonne
Nouvelle parvienne jusque dans le
cœur des hommes de notre pays et
pour rejoindre tout
homme en difficulté
qui a besoin de
l’Eglise du Christ.
L’un des membres de
notre équipe nous a
livré son sentiment
en ces termes :
Dapré mwen,
Lapastoral Lakilti
sé an chimen lavi,
ka anchouké fanm
ek nonm toupatou,
tout koté oliwon latè nan fondok
pawol Bondjé. Kikiswa lang nou
palé, koté nou ka rété, diférans nou
trapé asou wotè konésans, manniè
listwa lavi boulvèsé-nou, chayé-
nou la, pala, anwo, anba, asou latè,
ni an bagaj ki andwa sanblé nou,
sé sans valè lakilti, sans valè lavi.
sans tala, ka fè nou pwan larel pou
di : Tout moun sé moun. Kidonk,
tout moun fet pou yich Bondjé (3).
La pastorale de la culture de la
paroisse de la Cathédrale propose
un calendrier de rencontres et s’est
intéressée au cours du premier tri-
La pastorale de la Culture
de la Cathédrale
La pastorale de la Culture de la paroisse de la cathédrale Saint-Louis a vu le
jour au mois d’octobre 2012. Elle réunit principalement des membres d’autres
pastorales (monde de l’éducation, jeunes, communication, artistes…) mais aussi
tous ceux qui ont le désir de comprendre et même de faire le lien entre leur
pratique chrétienne et leur culture (historiens, professionnels de la culture,
personnes engagées dans des associations laïques).
Chanté noël antan lontan
Une rencontre mensuelle
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mestre à la manifestation
proposée par l’associa-
tion histoire militaire de
la Martinique.
Cette der -
nière a organisé, avec le
concours d’une vingtaine
d’établissements répartis
sur toute la Martinique,
une manifestation du 12
au 18 novembre dernier
intitulée hommage aux
anciens combattants de
la Martinique qui a com-
porté plusieurs volets : des rencon-
tres entre les scolaires et les anciens
combattants, un spectacle qui a
réuni des scolaires et des artistes au
G rand Carbet aimé Césaire, et une
messe à l’église Emmaüs célébrée
par le père alain Ransay.
L’objectif était de rendre hommage
à ces hommes et ces femmes qui ont
participé aux différents conflits dans
lesquels la france était engagée.
Ceux-ci souffrent d’un manque de
reconnaissance de la population
qui méconnaît leur histoire.
f orce est de constater que
nous ignorons parfois avoir des
parents, des amis et des voisins
qui sont anciens combattants.
Le 21 décembre 2012, la pastorale
de la Culture, associée à la
pastorale des Jeunes, a proposé
un
chanté Noël an tan lontan
animé par les paroissiens.
Les membres de la pastorale
de la Culture de la paroisse de
la cathédrale Saint-Louis veulent
s’approprier et aimer leur culture
fécondée par la présence du Christ
vivant pour qu’en elle ils vivent et
professent leur foi.
Equipe communication Cathédrale n
Quelques rendez-vous programmés en 2013
(1) Jean Paul II, homélie de la messe d’intronisation,
n. 5, 22 octobre 1978, Doc. Cath, LXXV (1978) 916
(2) Conseil Pontifical de la Culture – Pour une pastorale de la Culture – 23 mai 1999 – Pierre Téqui éditeur
(3) Selon moi, la pastorale de la culture est un chemin de vie qui enracine \
tout homme, toute femme, d’où qu’il vienne, au cœur de la parole de Dieu. Quels que soient notre langue,
notre lieu de résidence, notre niveau de connaissance, notre parcours, notre histoire, quelque chose nous \
rassemble : les valeurs de la culture, les valeurs de la vie. Elles nous font
voir que nous sommes tous des hommes issus du même père, enfants de Dieu.
Evénements
Février
Le 1 er : Concert à l'occasion du 346 ème anniversaire de la paroisse (Stella Gonis
& autres intervenants)
Débat sur le carnaval
Mars Débat sur le jeûne
Avril
Soirée autour du damier (chants, danses, minidébat)
Forum sur la consommation audiovisuelle et la vigilance spirituelle proposé
aux jeunes de la paroisse par l'association
Oxygène
Mai
Le 1 er : Temps de prière inculturé sur le thème Famille et foi
Le 22 : Rencontre Bèlè Légliz cathédrale à l'église de Tartane
Célébration des 50 ans des Equipes du Rosaire de la Martinique
Débat sur le contact des civilisations (gréco-romaine, judéo-chrétienne et
africaine)
Juin Débat sur la paternité à la Martinique
Juillet Fête de la Dédicace de la cathédrale de Fort-de-France avec Transandans
(concert, village artisanal autour de l'art…)
Hommage aux anciens combattants de la Martinique
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Société
M. Albéric Marcelin, président de l’Université Populaire et de la Prévention,
interpelle nos communautés paroissiales, comme il le fait dans tous les milieux,
face à la vulnérabilité de nos régions en matière de catastrophes naturelles.
Pas de fatalité
face aux catastrophes naturelles
L
a Martinique, pendant de
longues années, a vécu dans
l’idée que les catastrophes
naturelles appartiennent à un
temps passé. Brusquement, la
nature reprend ses droits en nous
rappelant à la fois notre fort niveau
d’exposition et notre vulnérabilité
surtout.
C'est d’abord le cyclone Dean (août
2007) suivi, trois mois plus tard, de
ce tremblement de terre de la Saint-
Saturnin (29 novembre 2007) qui
nous laissera beaucoup de chance
grâce à la profondeur de l’épicentre
situé à 152 km de profondeur. Pour
mémoire, le séisme du 12 janvier
2010 en Haïti, de même magnitude
(7,3) avec un épicentre à 10 km, a
laissé peu de chance à nos frères
et sœurs d’Haïti. On dénombre en
quelque quarante secondes le décès
de plus de 300 000 personnes. La
M artinique a montré son émotion
et sa compassion pendant quelques
semaines, avant de se replonger dans
la culture de l’oubli qui fait si mal sur
des territoires aussi exposés.
L’Université Populaire et de la
Prévention a rencontré Monsei-
gneur Michel Méranville et le père
Jean-Max Renard à l’archevêché, le
8 juillet 2010. Pendant deux heures, l’échange est serein, de niveau
grave, car il s’agit de rechercher
le recul de la fatalité qui empêche
les fidèles catholiques de bien
prendre la mesure de l’événement
qui s’annonce, à savoir les effets
dévastateurs d’un tremblement de
terre sur la Martinique.
au cours
de l’entretien, Mgr Méranville et
ses interlocuteurs ont acté qu’il n’y
pas de fatalité possible face aux
catastrophes. S’il est vrai que l’on ne
peut empêcher la pluie de tomber,
on peut éviter d’être mouillé par
l’usage d’un parapluie. Idem pour
le tonnerre et le paratonnerre,
le cyclone et le paracyclonique
et aujourd’hui le séisme et le
parasismique, etc. La prévention
et la culture du risque doivent
occuper en permanence l’esprit et
les comportements responsables de
chacun d’entre nous. Il est vrai que
le séisme est un phénomène naturel
qui peut faire peur. Or, nous savons
tous que la peur ne supprime pas le
danger. Il faut faire face, s’informer,
se former et surtout se préparer.
Le rôle de l’Eglise c’est de poser
en cette matière, notamment, les
conditions de la résilience future
(individuelle et collective) face à un
tremblement de terre si dévastateur
pour notre territoire, comme
le disent depuis si longtemps les
scientifiques, les autorités et les
associations, entre autres. Pour
l’heure et malgré les timides efforts
ici et là, il faut se rendre à l'évidence :
la Martinique est loin d’être prête
à assumer les contraintes et les
angoisses d’une crise d’une ampleur
sans précédent. Or, là où il y a une
volonté, il y a un chemin !
La vulnérabilité de nos édifices
religieux est connue et prise en
compte car l’histoire ancienne
ou récente en porte encore les
stigmates :
- Destruction de la cathédrale de
fort-Royal lors du violent séisme
du vendredi 11 janvier 1839.
- Dommages sur l’église de Rivière-
Salée lors de l’ouragan Dean du
17 août 2007.
-
Dommages importants sur les
églises de Sainte-Marie et du
Gros-Morne lors du séisme du
jeudi 29 novembre 2007 à 15 h.
L’Eglise ne demeure pas attentiste.
Des travaux se poursuivent comme
à Saint-Joseph où, par ailleurs, se
prépare un vaste programme de
sensibilisation des fidèles à la culture
du risque (enquête, formation de
secouristes, cycle de conférences
pédagogiques, simulation d’exer -
cice, fixation des bancs, etc.). Il
en est de même pour la paroisse
du françois, avec un programme
sur trois mois. Dans un passé plus
ou moins proche, des exercices se
sont déjà tenus au Carbet, à Sainte-
anne, à fond-Saint-Denis, etc. Il faut
aujourd’hui poursuivre sereinement
sur les quarante-sept paroisses !
Il est possible de s’armer pour
réduire le nombre potentiellement
élevé de victimes en hiérarchisant
plusieurs éléments :
• Prendre conscience de la gravité
de la situation, se préparer
mentalement aujourd’hui pour
être plus fort le moment venu.
• Appliquer les consignes de la
protection civile : formation d’un
Eglise des Saintes en Guadeloupe - séisme du 21 novembre 2004
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secouriste par famille, faire
l’acquisition d’un kit de
survie (denrées non péris-
sables, éléments de soins,
matériels utiles, papiers
importants, radio, éclai-
rage, vêtements), stocker
de l’eau, penser à un stock
de médicaments nécessaires
en cas de pathologie per-
manente.
• Réaliser un plan familial de
sauvegarde : partage des tâches
de crise dans la famille, lieu de
regroupement et de gestion de
crise, connaissance des forces et
des faiblesses de son habitation,
localisation du matériel, fixer
le mobilier, réaménagement
de l’espace intérieur, faire
des exercices de simulation,
s’organiser en collectif de voisins
responsables, etc.
• Les dimensions spirituelle, psycho -
logique et mentale sont aussi des
éléments à ne pas négliger car
un fidèle préparé est plus fort et
plus responsable au moment de
la crise, pour lui-même, pour sa
famille et son entourage immé-
diat. Et bien évidemment, il cède
moins à la panique et se relève
mieux d’une situation de chaos.
Avec la foi, disait Martin Luther-
King,
on peut transformer une
montagne de désespoir en une
pierre d’espérance.
• Développer de nouvelles
solidarités est une exigence
forte et notamment auprès des
plus pauvres d’entre nous. Les
catastrophes naturelles, quand
elles frappent, font passer une
large frange de la population
de la pauvreté à la misère. Cela
se vérifie dans tous les pays, à
chaque événement tragique
majeur.
Dieu nous invite au comporte-
ment responsable. Il nous exhorte
à la prudence, à la précaution,
mais surtout à repousser les
négligences et les maladresses.
Bref, l’invitation se résume en
un mot : faire de la prévention
(agir avant !!!). Disons-le, une
catastrophe naturelle n’est ni un
accident ni une fatalité.
Bien sûr, le risque zéro n’existe
pas ! L’objectif de la prévention
des catastrophes naturelles est bien
de réduire de manière conséquente
le nombre de victimes potentielles.
Sur tous les théâtres internationaux
de cataclysmes, les autorités sont
vite dépassées par le poids de la
crise, y compris les plus puissants
économiquement (ouragan sandy
en novembre 2012 aux US a). Les
retours d’expériences montrent
à chaque fois que les citoyens
organisés et surtout entraînés
parviennent à obtenir des résultats
probants : sauver des voisins,
des membres de sa famille, des
inconnus ou encore des collègues
et recommencer à vivre.
Dans la préparation générale de
la Martinique, deux structures
doivent progresser encore pour
que nous soyons plus efficients
demain. Le Secours Catholique et
l’association Saint-Vincent-de-Paul
doivent être renforcés, soutenus
financièrement, logistiquement
et pouvoir bénéficier d’une base
arrière de proximité dans les
quartiers les plus enclavés de la
Martinique. C’est à ce prix que, au
milieu d’un désastre, nous vivrons
de manière efficace notre foi
chrétienne et notre attachement
à la puissance de l’appel :
Aimons-
nous les uns les autres, aidons-nous
les uns les autres.
C’est aussi à ce prix et avec
résilience que nous pourrons faire
face au désastre, donc rebondir
individuellement et collectivement
pour continuer à vivre et à vivre
notre foi !
Résumé de la consigne
générale quand la terre
tremble :
n Je me maîtrise car la panique
est mauvaise conseillère.
n
Je me place en confinement
(sous table solide, coin, mur
contreventement, porte
avec raidisseur).
n
Je me protège et j’attends la
fin des secousses en priant.
n
Je refuse de prendre l’escalier
ou l’ascenseur.
n
Je ne cours pas ; après
les secousses, j’évacue le
bâtiment calmement avec
mon kit de survie.
n Je ne rentre pas à nouveau
dans la maison sans l’avis
d’une autorité (exemple la
mairie).
n J’aide mes voisins.
n Je me rends utile auprès
des plus faibles (personnes
âgées, grabataires, person-
nes handicapées, etc.).
n Dans la crise, je me porte
candidat à l’aide d’urgence
auprès des autorités.
n J’organise des groupes de
prière et de parole pour
aider les plus fragiles à se
relever.
En guise de conclusion, une pensée
émue à l’intention de tous nos
frères et sœurs d'Haïti victimes du
tremblement de terre du 12 janvier
2010.
albéric Marcelin n
Simulation de séisme à Trénelle - 30 juin 2007
Page 18
Vient de paraître
C’est le titre du livre qui vient de paraître sous la direction des Pères Dominicains
David Macaire et Gilles Danroc. En voici une brève présentation.
Le Père Gaston Jean-Michel
Témoin de l'Evangile
L
a Martinique est une île
majeure de l’arc antillais
à la fois par l’histoire
de son peuplement et par la
place politique, économique et
stratégique qu’elle détient dans
tout l’univers caraïbe. aussi sa
culture, aujourd’hui, rayonne
bien au-delà du cercle antillais
pour participer aux débats les
plus actuels, autant en Europe
qu’en amérique du Nord et en
afrique.
La littérature martiniquaise
contemporaine a magnifiquement
fait connaître son histoire, sa
langue et sa créativité au monde
entier. Il en va de cette culture
comme du recueil de recettes d’un
art culinaire en harmonie avec les
apports de cinq continents. En
particulier, l’ afrique de l’ouest, la
f rance métropolitaine, l’Inde et
l’océan Indien manifestant le fond
américain et caraïbe.
L’histoire de l’Église en Martinique
se révèle passionnante au cœur
de tous les débats missionnai-
res modernes. Car l’Église de la
Martinique éclaire l’histoire reli-
gieuse de peuples et de contrées
d’origines si diverses. Mais la Martinique n’est pas une
simple terre d’accueil et son Église
a mis en œuvre des réponses et
des initiatives très fécondes pour
la société.
Ce livre exprime la rencontre de
deux histoires : l’une singulière,
celle du père Gaston Jean-Michel
dont vous lirez la biographie
étonnante de vitalité et l’autre, plus
universelle, qui est l’histoire d’une
jeune Église au passé immense
qui plonge dans l’inconnu des
civilisations caraïbes précédant la
découverte du Nouveau Monde. Or
le témoignage du père Jean-Michel
puise sa vitalité dans son amour de
l’histoire et dans la qualité de son
réseau d’amis passionnés comme
lui d’histoire et de culture. À la
croisée de ces deux histoires, voici
donc un livre d’histoire rigoureux
et vivant qui rend passionnantes,
à travers l’Église, la vie et la culture
d’un peuple et d’une terre, l’un et
l’autre magnifiques.
Le frère David Macaire, o.p., est
M
artiniquais. actuel prieur de la
communauté dominicaine de la
Sainte-Baume (Var), il reconnaît
bien volontiers tout ce qu’il doit
dans sa vie et dans sa vocation
religieuse au père Gaston Jean-
Michel. Le frère Gilles Danroc,
o.p., est à la fois missionnaire et
historien. après une vingtaine
d’années dans les mornes d’Haïti,
il travaille sur l’histoire de la
découverte du Nouveau Monde,
la question amérindienne avec
Las Casas et Montesinos, ainsi
que sur l’histoire d’Haïti. Il a publié
plusieurs ouvrages sur ces sujets
chez Karthala. Enfin, plusieurs
amis historiens offrent à la fin de
l’ouvrage un vibrant hommage
au père Gaston Jean-Michel à
l’occasion de ses cent ans ! n
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
18
E g l i s E En M a r t i n i q u E
Règlement à l’ordre de :
ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE
FORT-DE-FRANCE
Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à :
É glise en Martinique
Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X
MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 €
Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 €
Oui, je m’abonne…
Nom : ........................................................................\
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Prénom : ........................................................................\
............................................................. ....
Adresse : ........................................................................\
............................................................... ...
Mail : .................................................................. Tél. .................................................................
Code Postal .................................................... Ville ...............................................................
Page 19
Dimanche 10 février 2013
La musique, instrument de la foi ?
Chanter, jouer d’un instrument, pour certains ce sont des gestes de la vie quotidienne. Et quand ils accompagnent
la prière, ils sont d’autant plus indispensables. Comment peut-on vivre sa foi en musique ? Est-ce que chanter est
une autre façon de prier ?
Catherine Saint-Prix nous ouvrira les portes de sa maison à Schœlcher. Elle et ses treize enfants chantent, chacun
dans sa tonalité, au nom de leur foi.
Jean-Philippe Marthély, l’un des musiciens du célèbre groupe Kassav, sera avec nous depuis la Nouvelle-Calédonie
pour nous parler de son dernier album, Kouté, un recueil de morceaux spirituels qu’il sort en solo.
Dimanche 17 février 2013
La foi concerne-t-elle l’action politique ?
Les politiques peuvent-ils publiquement exprimer leur foi ? Est-ce qu’au nom de la laïcité, leur croyance et leur
pratique doivent s’exercer en privé ? Leur engagement et leurs actions menées auprès de leurs concitoyens
peuvent-ils être motivés par leur foi ?
Georges Patient, sénateur maire de Mana en Guyane viendra nous dire comment sa foi peut parfois l’aider dans
ses choix et conduire certaines des actions qu’il mène dans sa municipalité. Il nous racontera comment le souvenir
d’anne-Marie Javouhey l’anime .
annick Girardin, députée (radical de gauche) de Saint-Pierre-et-Miquelon, nous accueille dans l’archipel. Sur l’île
aux Marins, elle nous parle sans complexe de sa foi mais aussi des périodes où elle s’est éloignée de l’Église.
Dimanche 24 février 2013
Les religions peuvent-elles se parler ? L’exemple réunionnais
Comment vivre ensemble lorsqu’on est de religions différentes ? Cette question pourtant si simple n’a pas
toujours de réponse évidente. Une île existe pourtant outre-mer où chrétiens, hindous, musulmans, bouddhistes
vivent harmonieusement : c’est La Réunion. Cette île de l’océan I ndien nous donne un bel exemple d’harmonie
et de respect.
Houssen amode, membre du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion, est musulman et fervent défenseur
de l’amitié islamo-chrétienne. Il viendra nous aider à comprendre comment La Réunion, grâce à l’histoire de
son peuplement, son métissage biologique, ses mariages mixtes, réussit ce « vivre-ensemble ». Nous suivrons ce
groupe de dialogue dans son action au quotidien et verrons comment, grâce à lui, toutes les communautés de
l’île, quelle que soit leur religion, peuvent s’unir pour défendre une même cause : les malades du SID a.
Connecté depuis l’évêché de Saint-Denis, nous serons avec Mgr Gilbert aubry, lui aussi membre actif de ce
groupe. L’évêque de La Réunion depuis 1976 nous racontera comment les Réunionnais, catholiques à 70 %, sont
au quotidien des artisans de paix.
Nous resterons dans l’océan Indien et irons dans l’île voisine de Mayotte rencontrer les bénévoles du Secours
C atholique qui œuvrent auprès des jeunes dans une île à 99 % musulmane.
Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458
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Quand la nuit est là, quand la lumière n'a pas de nomen dehors de la foi, Dieu de toute aurore,
avec ton Fils en agonie, nous voulons Te bénir encore.
Quand la blessure est là, quand la vie n'a pas de nom en dehors de ta volonté, Dieu affrontant toute mort
avec le Fils blessé à jamais, Nous voulons Te glorifier encore.
Quand la lutte est là, quand la victoire n'a pas de nom en dehors de l'amour, Dieu toujours plus fort,
avec le Fils héritier de nos morts, nous voulons T'adorer encore.
P. christian de chergé
Quand la nuit est là
Père Christian de Chergé, religieux français trappiste, fit par\
tie des sept moines de Tibhirine vivant en Algérie pris en otage et assassinés en 1996.
