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N° 458 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € 10 février 2013 • Pas de fatalité face aux catastroPhes naturelles • lajénès mòndézès doubout Pou jézi • Père Gaston jean-michel témoin de l'évanGile Chemin de conversion

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Editorial Editorial •Le Tempsfavorable Mot de l'Evêque •Avanceaularge! Eglise universelle •ExtraitsdumessagedeBenoîtXVI  pourlec arême2013 Liturgie •Paroledominicale Droit canonique •Lesacrementdel’Ordre(6)  Carême •Laconversion,lieudelarencontre  duvraiDieu(1) •Foi-Prière-Conversion  Education •Larivièredel'Espérance: labeauté nousélève Vie du diocèse • Tempsd’évangélisationdela  pastoraledesJeunesdeMorne-des-Esses  • Assembléegénéraleordinaire  duCMR •Lapastoraledelac ulture delac athédrale  Société •Pasdefatalitéface  auxcatastrophesnaturelles  Vient de paraître •Témoindel'Evangile Médias numéro 458 N° 458 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 ` 10 février 2013 • PAS DE FATALITÉ FACE AUX CATASTROPHES NATURELLES • LAJÉNÈS MÒNDÉZÈS DOUBOUT POU JÉZI • PÈRE GASTON JEAN-MICHEL TÉMOIN DE L'ÉVANGILE Chemin de conversion S ommaire Directeur De la publication R.P. Jean de CoulangesréD acteur en chefR.P. Jean de Coulanges Mise en page – iMpressionCaraïb Édiprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 tirage : 8 000 exeMplaires i.s.s.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 Ad m i n i s t r At i o n – ré d Ac t i o n Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 se r v i c e d e s Ab o n n e m e n t s Archevêché de la Martinique – Boîte Postale 586 97207 Fort de France Cédex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.cef.fr archeveche-martinique@wanadoo.fr L a période liturgique du c arême est un temps favorable pour se remettre en question. Dans l’agitation de nos multiples occupations, il est indispensable de déposer nos fardeaux pour laisser retentir en nous cet appel de l’évangile : Tenez-vous sur vos gardes de crainte que vos cœurs ne s’alourdissent dans l’ivresse, les beuveries et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste, comme un filet… Restez éveillés et priez en tout temps (Lc 21,34). chacun essaie de gérer au mieux son quotidien et de surmonter les épreuves de la vie, avec plus ou moins de réussite. Au fil des épreuves, si nous n’y prenons garde, nous risquons de nous comporter selon la loi du chacun pour soi, d’endurcir notre cœur et de nous retrouver, en fait, à l’opposé de la foi en christ. L’appel à la vigilance de l’évangile provoque chacun de nous à un effort de lucidité et de vérité pour mettre en cohérence le concret de sa vie avec sa foi et ses convictions. Le constat que nous faisons est que notre monde est malade des abus, des gaspillages, des négligences qui sont nôtres, dans la conduite de nos responsabilités à gérer notre terre nourricière que le créateur a voulue une belle planète bleue pour nous. La prise de conscience et les actions qui consisteraient à inverser les tendances néfastes au vrai progrès de l’humanité, se font attendre encore. Nous nous situons plus souvent dans l’incantation et dans les vœux pieux que dans les vrais changements. Nous ne sommes pas prêts à reconnaître que l’individu est lui-même atteint d’un mal profond dans son être et que le changement doit d’abord passer par lui. La tentation est de penser et de vouloir que les autres changent, sans chercher soi-même à se remettre en question. c hanger le cours des choses n’est jamais sans risque, car s’y mêlent l’intérêt individuel et l’égoïsme collectif. Dans tous les domaines de la vie humaine, particulièrement dans la vie sociale et les relations interpersonnelles, se laisser mener par l’inertie sans faire preuve de volontarisme, conduit à l’échec. Avant de transformer les autres, il est nécessaire de commencer par ce qui est accessible et possible : se changer soi-même. La conversion reste un objectif toujours à poursuivre, quelles que soient les réussites, trop souvent d’ailleurs de courte durée. Pour nous chrétiens, la conversion trouve sa finalité et son sens profond dans la relation avec le christ Jésus qui est notre modèle. c e numéro de Eglise en Martinique propose plusieurs articles qui, sous des angles différents, amènent le lecteur à se poser la question : Que devons-nous faire ? Question que les auditeurs de Pierre avaient posée aux apôtres et qui avait reçu la réponse : Convertissez- vous (Ac 2,37). Père Jean de coulanges n 2 3 Le Temps favorable 6 4 Couverture : Chemin de la Poterie des Trois-Ilets (photo P. Luc Philippon) 7 10 11 12 1 3 14 16 18 19 8

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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 3 Mot de l'Evêque Avance au large ! D epuis le 11 octobre 2012, cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, les catholiques sont entrés dans l’année de la foi, à l’invitation du Saint-Père, le Pape Benoît XVI. Un logo soigneusement élaboré par leur Eglise à cet effet leur rappelle cela en permanence et les invite à la conversion. Ce logo représente une barque dont le mât est une croix. La barque est l’image de l’Eglise. Les voiles qui se déploient autour du mât sont marquées du tri- gramme du Christ : I pour Jésus ; H pour hommes ; S pour sauveur , ce qui donne Jésus sauveur des hommes. Sur le fond du logo brille un soleil qui représente l’Eucharistie, source et sommet de toute vie chrétienne. Pour les chrétiens, ce logo veut être comme l’étendard qui les rallie autour de la même foi et les mobilise pour le même combat : celui de l’ amour. Dans le monde sécularisé d’aujourd’hui, les chrétiens sont tentés de se décourager. Ils constatent que ce qui structurait autrefois leur pensée, leur morale, leur comportement, est non seulement remis en question mais dédaigneusement foulé aux pieds. Ils sont parfois tentés de poser au Seigneur la question qui préoccupait Jean-Baptiste lorsque de la prison de Machéronte, où l’avait incarcéré le roi Hérode, il faisait demander à Jésus : Es-tu celui qui vient ou devons-nous en attendre un autre ? L’a nnée de la foi veut répondre à cette angoisse en invitant les chrétiens à obéir, sans délai, à l’ordre donné par Jésus à Simon- Pierre et ses compagnons, pêcheurs bredouilles de Galilée : Duc in Altum ! En français : Avance au large ! Avance en eau profonde ! Les chrétiens ont besoin de redécouvrir leur foi en profondeur. Il leur faut aller au fond de leur foi et s’interroger en profondeur sur tout ce qui fait leur vie et tout ce qu’ils entreprennent. Le bon vieil axiome de l’action catholique retrouve tout son sens et toute son importance : Voir, Juger, Agir. Le monde moderne a tendance à vivre de manière épidermique et superficielle. Le chrétien doit commencer par refuser d’adopter la mentalité qui consiste à s’arrêter à la surface des choses en se contentant de surfer sur les opinions des autres, passant d’une émotion à une autre, faisant dépendre ses convictions de la fluctuation des sondages. Le chrétien doit ancrer ses certitudes dans le roc de sa foi. Ce roc pour les chrétiens, c’est Jésus-Christ. C’est lui le Messie qu’annonçait Jean-Baptiste, la pierre d’angle qui réunit païens et croyants, le grand prêtre qui intercède pour tous les hommes, le fils de Dieu qui donne la vie éternelle à ceux qui croient en lui. L’ a nnée de la foi nous invite à nous convertir, c’est-à-dire à nous tourner ou retourner vers le Christ. Pour les pilotes une conversion en U consiste à effectuer un virage à 180°. C’est, par exemple, se retrouver en vol en direction du Nord alors qu’initialement on allait vers le Sud. L’ a nnée de la foi nous invite à revenir au Christ, quelle que puisse être la direction dans laquelle nous allions jusqu’à présent. Revenir au Christ, c’est consentir à changer de cap, faire un virage dans sa vie, en se détournant de ce qui est factice, superficiel, accessoire et trompeur, pour se mettre en quête de ce qui est profond, solide, durable, essentiel pour notre vie. Et c’est en Jésus-Christ que notre quête trouvera sa réponse. Jésus-Christ est la source d’eau vive, le trésor qui était caché, le chemin, la vérité et la vie. Mais encore faut-il le connaître, découvrir sa vie dans les Evangiles, entrer dans son intimité en obéissant à sa volonté.C’est aussi consentir à prendre le risque de se laisser emporter vers le large, en eau profonde. Lorsque l’on rencontre le Christ, son Esprit gonfle les voiles de nos vies et entraîne notre barque loin de notre égoïsme, vers les contrées lointaines de la générosité et du partage. C’est une joie que notre monde connaît de moins en moins. Il compte sur nous, chrétiens, pour la lui redonner. En cette année de la foi répondons joyeusement à l’invitation à la conversion qui nous est adressée et Duc in Altum ! + Michel Méranville, archevêque n

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1. La foi comme réponse à l'amour de Dieu. Dans ma première encyclique, j’ai déjà offert certains éléments pour saisir le lien étroit entre ces deux vertus théologales, la foi et la charité. En partant de l'affirmation fondamentale de l'apôtre Jean : Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous, je rappelais qu'à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et, par là, son orientation décisive... Comme Dieu nous a aimés le premier, l’amour n’est plus seulement un commandement, mais il est la réponse au don de l'amour par lequel Dieu vient à notre rencontre. La foi constitue l'adhésion personnelle – qui inclut toutes nos facultés – à la révélation de l'amour gratuit et passionné que Dieu a pour nous et qui se manifeste pleinement en Jésus Christ. La rencontre avec Dieu amour interpelle non seulement le cœur, mais également l'esprit. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement, car l’amour n’est jamais achevé ni complet. […] Le chrétien est une personne conquise par l'amour du Christ et donc, mue par cet amour, il est ouvert de façon concrète et profonde à l'amour pour le prochain. Cette attitude naît avant tout de la conscience d'être aimés, pardonnés, et même servis par le Seigneur, qui se penche pour laver les pieds des apôtres et s'offre lui-même sur la croix pour attirer l'humanité dans l'amour de Dieu. La foi nous montre le Dieu qui a donné son fils pour nous et suscite ainsi en nous la certitude victorieuse qu’est bien vraie l’affirmation : Dieu est Amour. La foi, qui prend conscience de l’amour de Dieu qui s’est révélé dans le cœur transpercé de Jésus sur la croix, suscite à son tour l’amour. Il est la lumière, l’unique lumière, qui illumine sans cesse un monde plongé dans l’obscurité, et qui nous donne le courage de vivre et d’agir. Tout cela permet de comprendre que l'attitude principale qui distingue les chrétiens est précisément l’amour fondé sur la foi et modelé par elle. 2. La charité comme vie dans la foi Toute la vie chrétienne est une réponse à l’amour de Dieu. La première réponse est précisément la foi comme accueil, plein d’émerveillement et de gratitude, d’une initiative divine inouïe qui nous précède et nous interpelle. Et le oui de la foi marque le début d’une histoire lumineuse d’amitié avec le Seigneur, qui remplit et donne son sens plénier à toute notre existence. Mais Dieu ne se contente pas que nous accueillions son amour gratuit. Il ne se limite pas à nous aimer, mais il veut nous attirer à lui, nous transformer de manière profonde au point que nous puissions dire avec Paul : Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Quand nous laissons place à l’amour de Dieu, nous devenons semblables à lui, nous participons de sa charité même. Nous ouvrir à son amour signifie le laisser vivre en nous, et nous conduire à aimer avec lui, en lui et comme lui. C’est alors que notre foi devient vraiment opérante par la charité et qu’il prend demeure en nous. La foi, c’est connaître la vérité et y adhérer. La charité, c’est cheminer dans la vérité. avec la foi, on entre dans l’amitié avec le Seigneur. avec la charité, on vit et on cultive cette amitié. La foi nous fait accueillir le commandement du Seigneur et Maître, tandis que la charité nous donne la béatitude de le mettre en pratique. Dans la foi, nous sommes engendrés comme fils de Dieu, et la charité nous fait persévérer concrètement dans la filiation divine en apportant le fruit de l’Esprit-Saint. La foi nous fait reconnaître les dons que le Dieu bon et généreux nous confie, et la charité les fait fructifier. […] Eglise universelle Extraits du message de Benoît XVI pour le carême 2013 Croire dans la charité suscite la charité Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 4 Dans le contexte de l'Année de la Foi, le Carême nous offre une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité : entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l'amour qui est le fruit de l'action de l'Esprit-Saint et qui nous guide sur un chemin de consécration à Dieu et aux autres.

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3. Le lien indissoluble entre foi et charité a la lumière de ce qui a été dit, il apparaît clairement que nous ne pouvons jamais séparer, voire opposer, foi et charité. Ces deux vertus théologales sont intimement liées et il est erroné de voir entre celles-ci une opposition ou une dialectique . En effet, d'un côté, l'attitude de celui qui place d'une manière aussi forte l'accent sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d'en sous-évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante. Mais, de l'autre, il est tout aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité, en pensant que les œuvres remplacent la foi. Pour une vie spirituelle saine, il est nécessaire de fuir aussi bien le fidéisme que l'activisme moraliste. L'existence chrétienne consiste en une ascension continue du mont de la rencontre avec Dieu pour ensuite redescendre, en portant l'amour et la force qui en dérivent, de manière à servir nos frères et sœurs avec le même amour que Dieu. Dans l'Ecriture Sainte, nous voyons que le zèle des apôtres pour l'annonce de l'Évangile que suscite la foi est étroitement lié à l'attention charitable du service envers les pauvres (cf. ac 6,1-4). Dans l'Église, contemplation et action, symbolisées d'une certaine manière par les figures évangéliques des sœurs Marie et Marthe, doivent coexister et s'intégrer (cf. Lc 10,38-42). La priorité va toujours au rapport avec Dieu et le vrai partage évangélique doit s'enraciner dans la foi. Parfois, on tend en effet à circonscrire le terme de charité à la solidarité ou à la simple aide humanitaire. Il est important, en revanche, de rappeler que la plus grande œuvre de charité est justement l'évangélisation, c'est-à- dire le service de la Parole . Il n'y a pas d'action plus bénéfique, et donc charitable, envers le prochain que rompre le pain de la Parole de Dieu, le faire participer de la Bonne Nouvelle de l'Évangile, l'introduire dans la relation avec Dieu : l'évangélisation est la promotion la plus élevée et la plus complète de la personne humaine. […] En somme, tout part de l'amour et tend à l'amour. L'amour gratuit de Dieu nous est communiqué à travers l'annonce de l'Évangile. Si nous l'accueillons avec foi, nous recevons ce premier et indispensable contact avec le divin en mesure de nous faire aimer l'Amour , pour ensuite demeurer et croître dans cet amour et le communiquer avec joie aux autres. a propos du rapport entre foi et œuvres de charité, une expression de la Lettre de saint Paul aux Ephésiens résume peut-être leur corrélation de la meilleure des manières : C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Cela ne vient pas de vos œuvres, il n'y a pas à en tirer orgueil. C'est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus Christ, pour que nos œuvres soient vraiment bonnes, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre (2,8-10). On perçoit ici que toute l'initiative salvifique vient de Dieu, de sa Grâce, de son pardon accueilli dans la foi ; mais cette initiative, loin de limiter notre liberté et notre responsabilité, les rend plutôt authentiques et les oriente vers les œuvres de charité. Celles-ci ne sont pas principalement le fruit de l'effort humain, dont tirer gloire, mais naissent de la foi elle-même, elles jaillissent de la Grâce que Dieu offre en abondance. Une foi sans œuvres est comme un arbre sans fruits : ces deux vertus s'impliquent réciproquement. […] S.S. Benoît XVI Du Vatican, le15 octobre 2012 n Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 5 Contrairement à l’information publiée par erreur dans le n° 457 de notre revue diocésaine, la messe des malades a bien lieu chaque année au niveau paroissial. C’est la messe diocésaine des malades, au Morne-Rouge, qui sera désormais célébrée tous les deux ans. La prochaine messe diocésaine des malades aura donc lieu en février 2014. rappelle ses deux prochains rendez-vous : • Samedi 23 février 2013, de 8h30 à 11h30, à la salle paroissiale de Bellevue : Formation à l’intention des visiteurs de malades et ministres extraordinaires de la communion aux malades. Thème : Passer de la visite à la visitation. • Dimanche 10 mars 2013, de 10h à 18h, à la salle paroissiale de Bellevue : Récollection à l’intention de tous les professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, secrétaires, psychologues, etc.). Elle se terminera par l’eucharistie de 18h à l’église de Bellevue. Thème : En tant que professionnel de santé, comment je franchis la porte de la foi ? Communiqué La PaS toraLe DiocéS aine De La Santé Erratum

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10 février 2013 L a P arole D ominicale Isaïe6,1-2a.3-8•Psaume137•1Corinthiens15,1-11•Luc5,1-11 5 ème dimanche du Temps Ordinaire - Année C Dieu : A l’origine de toute vocation et de toute mission. Toute vocation et toute mission, reçues dans l’Eglise et pour le service de l’Eglise, prennent leur source en Dieu. a celui ou celle qu’Il appelle, Dieu confie toujours une mission particulière. Vocation et mission, en effet, sont liées. Et c’est Dieu Lui-même qui prend toujours l’initiative d’appeler. Le Dieu mystère, dans sa liberté, appelle parfois de façon mystérieuse et unique. Isaïe, prophète vers 765 avant Jésus Christ, a reçu sa vocation au cours d’une vision dans le Temple de Jérusalem. Dans le texte de l’évangile, Jésus, l’Homme-Dieu, se rend présent dans les milieux de vie des premiers appelés. Somme toute, les voies de Dieu sont impénétrables. Chaque vocation, pour ainsi dire, comporte une part de mystère. Personne ne saurait tout expliquer ou tout dire logiquement de sa vocation. a vrai dire, c’est la rencontre de deux mystères : à l’appel de Dieu- mystère correspond la réponse ou le refus de l’homme-mystère. Le mystère pascal du Christ : objet de notre foi. Paul s’appuie avec force sur l’objet de notre foi, le mystère pascal du Christ, pour corriger l’erreur grossière de certains chrétiens de Corinthe qui rejetaient la résurrection des morts. Dans ce texte, il réaffirme la vérité fondamentale : la mort et la résurrection du Christ sont les prémices et la cause efficace de la résurrection des morts. Jésus, l’Homme-Dieu, veut avoir besoin des hommes comme collaborateurs. Dieu, dans sa liberté souveraine et selon sa pédagogie toujours adaptée, a choisi, en Jésus, de se faire proche des hommes. Ce n’est plus dans une vision, comme ce fut le cas pour Isaïe. Mais en la personne de son fils, Il se rend présent dans les milieux de vie de ses premiers appelés. après un temps d’enseignement, Jésus jette son filet sur ceux qui allaient être ses premiers disciples. C’était Simon et son frère andré dont le nom n’a pas été cité, Jacques et son frère Jean. 1. Des collaborateurs qui savent écouter. Simon, qui deviendra Pierre, avait peiné toute la nuit sans rien prendre. Mais sur l’ordre de Jésus, il jette les filets. Cette fois, la pêche a été exceptionnelle, miraculeuse. La pêche a été surprenante parce que Simon- Pierre a su écouter et a mis sa confiance en la parole de Jésus. Bel exemple de confiance ! Toi qui pries, toi qui jeûnes, toi qui contemples tout le temps… pourquoi n’y a-t-il toujours rien dans ton filet ? Peut-être que tu parles, sans L’écouter ? Ou encore, peut-être te contentes-tu de L’écouter sans vraiment avoir foi en sa Parole et t’en remettre à sa volonté ? L’écoute fait l’Eglise, et c’est le premier pas sur le vaste itinéraire inconnu de la foi. Sauras-tu enfin faire silence pour écouter Dieu qui te parle dans le silence de ton cœur ? 2. Des collaborateurs qui sont prêts à tout quitter… Ces pêcheurs du lac de Génésareth avaient choisi, dans leur liberté, d’écouter Jésus qui ne s’impose jamais. Cette écoute provient de leur amour pour Lui, de leur confiance en sa Parole. En somme, n’est-ce pas une grâce qui les prédispose à accueillir, en toute liberté, la grâce de leur vocation et de leur mission ? Certes, pour répondre à l’appel du Christ et tout quitter pour le suivre, il faut être libre. Libre de toute attache : famille, pouvoir, argent, luxe, avantages, réussites, etc. pour s’attacher à Lui. Car la grâce de Dieu ne dénature pas. « Ce sont des hommes que tu prendras… » Désormais, dit Jésus à Simon, ce sont des hommes que tu prendras. Cette parole du Christ s’adresse à chacun de nous, membre de son Corps. Et ce ne sera pas avec le vinaigre de ton orgueil, de ton indifférence et de tes doutes que tu les prendras. Mais avec le doux filet de ton amour, ton témoignage de foi, ton sens de l’accueil et du service. Pêcheurs de profession, Jésus les appelle et les envoie en mission conquérir des cœurs par la proclamation de l’Evangile, Bonne Nouvelle. Désormais, avec Jésus, ils sont appelés à avancer au large du monde pour sauver des abîmes infernaux les hommes de toutes religions, langues, cultures et races. N’est-ce pas la belle vocation et la noble mission de l’Eglise auxquelles tout baptisé est appelé à prendre part ? P. Jean-Moïse Exantus, CSSp aumônier d'hôpital n Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 6

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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 7 Droit canonique I ci, nous devons nous demander avant tout : que signifie le mot « saint » ? La réponse est : « saint » est la qualité spécifique de l’être de Dieu, c’est-à-dire la vérité, la bonté, l’amour, la beauté absolus – la lumière pure. Sanctifier une personne signifie donc la mettre en contact avec Dieu, avec son être de lumière, de vérité, d’amour pur. Il est évident que ce contact transforme la personne. Dans l’ antiquité, il existait cette ferme conviction : personne ne peut voir Dieu sans mourir aussitôt. La force de vérité et de lumière est trop grande ! Si l’homme touche ce courant absolu, il ne survit pas. D’autre part, il existait également la conviction suivante : sans aucun contact avec Dieu, l’homme ne peut vivre. Vérité, bonté, amour sont les conditions fondamentales de son être. La question est : comment l’homme peut-il trouver ce contact avec Dieu, qui est fondamental, sans mourir écrasé par la grandeur de l’être divin ? La foi de l’Eglise nous dit que Dieu lui-même crée ce contact, qui nous transforme au fur et à mesure en images véritables de Dieu. ainsi, nous sommes de nouveau parvenus au devoir du prêtre de « sanctifier ». aucun homme seul, à partir de sa propre force, ne peut mettre l’autre en contact avec Dieu. Une partie essentielle de la grâce du sacerdoce est le don, le devoir de créer ce contact. Cela se réalise dans l’annonce de la parole de Dieu, dans laquelle sa lumière vient à notre rencontre. Cela se réalise de façon particulièrement dense dans les sacrements. L’immersion dans le mystère pascal de mort et de résurrection du Christ a lieu dans le Baptême et est renforcée dans la Confirmation et dans la Réconciliation, est nourrie par l’Eucharistie, sacrement qui édifie l’Eglise comme Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit. C’est donc le Christ lui-même qui rend saint, c’est-à-dire qui nous attire dans la sphère de Dieu. Mais comme acte de son infinie miséricorde, il appelle certaines personnes à demeurer avec Lui (cf. Mc 3,14) et à participer, à travers le sacrement de l’Ordre, en dépit de la pauvreté humaine, à son Sacerdoce même, à devenir ministres de cette sanctification, dispensateurs de ses mystères, ponts de la rencontre avec Lui, de sa médiation entre Dieu et les hommes et entre les hommes et Dieu. a u cours des dernières décennies, certaines tendances ont conduit à faire prévaloir, dans l’identité et la mission du prêtre, la dimension de l’annonce, en la détachant de celle de la sanctification ; il a souvent été affirmé qu’il serait nécessaire de dépasser une pastorale purement sacramentelle. Mais est-il possible d’exercer authentiquement le ministère sacerdotal en dépassant la pastorale sacramentelle ? Que cela signifie-t-il précisément pour les prêtres d’évangéliser, en quoi consiste ce que l’on appelle le primat de l’annonce ? Comme le rapportent les Evangiles, Jésus affirme que l’annonce du Royaume de Dieu est le but de sa mission ; cette annonce, toutefois, n’est pas seulement un discours , mais elle inclut, dans le même temps, sa propre action ; les signes, les miracles que Jésus accomplit indiquent que le Royaume vient comme une réalité présente et qu’elle coïncide en fin de compte avec sa propre personne, avec le don de soi. Et il en est de même pour le ministre ordonné : celui-ci, le prêtre, représente le Christ, l’Envoyé du Père, il en continue la mission, à travers la « parole » et le « sacrement », dans cette totalité de corps et d’âme, de signe et de parole. Saint augustin, dans une lettre à l’évêque Honorat de Thiabe, en se référant aux prêtres, affirme : Que les serviteurs du Christ, les ministres de sa parole et de son sacrement, fassent donc ce qu’il commanda ou permit. Qui donc sauve le monde et l’homme ? La seule réponse que nous pouvons donner est : Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, crucifié et ressuscité. Et où s’actualise le Mystère de la mort et de la résurrection du Christ, qui porte le salut ? Dans l’action du Christ, par l’intermédiaire de l’Eglise, en particulier dans le sacrement de l’Eucharistie, qui rend présente l’offrande sacrificielle rédemptrice du fils de Dieu, dans le sacrement de la réconciliation où de la mort du péché on retourne à la vie nouvelle, et dans chaque acte sacramentel de sanctification… P. Jean-Max Renard, Vice-Official n (1) Catéchèse du Pape Benoît XVI sur le ministère du prêtre, audience générale du mercredi 5 mai 2010. Le sacrement de l’Ordre (6) 1 Aujourd’hui, je voudrais m’arrêter brièvement avec vous sur le deuxième devoir du prêtre, celui de sanctifier les hommes, en particulier à travers les sacrements et le culte de l’Eglise. C’est le Christ lui- même qui rend saint, c’est-à-dire qui nous attire dans la sphère de Dieu.

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Carême La conversion, lieu de la rencontre du vrai Dieu (1) C hers amis lecteurs, Blaise Pascal affirme que : Les hommes prennent souvent leur imagination pour leur cœur ; et ils croient être convertis dès qu'ils pensent à se convertir. Vous comprendrez dès lors que la conversion, on peut en parler beaucoup mais on ne pourra jamais tout en dire. De plus, il ne s’agit pas tant de la dire que de la vivre. Dans une formation reçue au séminaire, Michel Rondet, théologien jésuite, nous disait qu’il fallait se poser la question suivante : N’avons-nous pas une idée fausse ou trop partielle de ce qu’est la conversion ? Je crois que c’est une question importante : bien savoir si l’idée que l’on a de la conversion est une idée fausse ou trop partielle. En fait, je crois qu’on n’aura jamais une idée complète de la conversion, puisque c’est un processus, un dynamisme de vie. Le Père Rondet précisait lors de cette formation que la conversion exprime essentiellement l’idée de changer de route, de direction… l’idée d’un retournement du cœur, de se tourner avec confiance vers Jésus pour accueillir sa présence en nous et son amour, quelles que soient nos difficultés et quoi que nous vivions. Cela est très vrai. En réfléchissant au thème, en pensant à la fois à ma propre vie et à de nombreuses conversations ou rencontres, j’ai été amené à me poser une autre question : Quel est le véritable obstacle à notre conversion ? Qu’est-ce qui fait que d’une certaine manière, nous résistons à la conversion ? au fond, je ne pense pas que se convertir à Jésus, se tourner vers Jésus, soit ce qui peut bloquer en nous. Mais, et cela va peut-être vous paraître paradoxal, je constate qu’en fait le plus grand obstacle à la conversion à laquelle nous invite Jésus, c’est Dieu, c’est notre vision de Dieu et Dieu seul sait si à la Martinique et aux antilles ce mot Dieu nous l’avons à la bouche à longueur de journée ! Quand je dis Dieu, je le mets entre guillemets et je rajoute que c’est notre vision de Dieu qui empêche la véritable conversion à laquelle nous invite le Christ. Il me semble, en effet, et le dialogue pastoral avec les fidèles me le confirme souvent, qu’il existe chez un certain nombre de personnes une forme de différenciation, de séparation, voire d’opposition entre l’image qu’elles ont de Jésus et celle qu’elles ont ou ressentent de Dieu. C’est assez surprenant, mais si vous y pensez bien, vous serez certainement d’accord avec moi. Nous pouvons parfois plus croire en l’amour de Jésus qu’en l’amour de Dieu – je ne parle pas à un niveau théorique mais existentiel. Ce n’est pas une question de définition, c’est ce que l’on ressent, ce que l’on vit. Et je me pose donc la question : Pourquoi sommes-nous plus aptes, prompts, à croire en l’amour de Jésus qu'en celui de Dieu ? En cette année de la foi où nous sommes invités à revisiter notre Credo , nous devons nous interroger : Pourquoi cette différenciation, pourquoi cette séparation, voire même cette opposition ? Jésus n’est-il pas le fils de Dieu, n’est-il pas vrai homme mais aussi vrai Dieu ? Jésus n’est-il pas Dieu fait homme ? Donc, pourquoi mettons-nous cette différenciation, séparation, opposition au fond de notre cœur, dans notre relation avec Dieu ? Il serait intéressant pendant ce Carême – et le questionnaire proposé en page 10 nous en donnera l’occasion – de creuser cette question. Je voudrais tout de même suggérer quelques éléments de réponse : 1. Je crois que l’humanité de Jésus nous est plus familière, plus compréhensible que sa divinité, puisque nous sommes humains. Cela nous amène à nous poser une autre question : quelle est ma foi en la Personne de Jésus ? Quelle est donc ma foi en la Personne divine de Jésus ? Il faut avouer que cette confession de foi dépasse notre intelligence et que nous utilisons des mots pour dire ce que nous ne pouvons pas concevoir. En cela il y a déjà un déphasage, puisque nous pouvons bien dire que Jésus est une Personne divine, mais quelque part on ne sait pas ce qu’est une Personne divine. Ce que l’on en sait reste au niveau de notre capacité de compréhension, à notre niveau humain. J’ajouterai que, pour ma part, je comprends de plus en plus pourquoi les Juifs, nos frères aînés dans la foi, ne prononçaient pas le nom de Dieu : cela évite de ramener Dieu à notre entendement. Lorsque nous parlons de Dieu, lorsque nous le nommons, nous le mettons d’une certaine façon à notre portée humaine alors qu’il est hors de portée humaine dans ce qu’Il est, dans Son essence. Et à mon sens, comme je l’exprimais Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 8 Voici qu’approche le temps du Carême, temps favorable pour revenir au Seigneur de tout son cœur.

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plus haut, particulièrement chez nous, on parle trop facilement de Dieu comme si on le connaissait, Il est à toutes les sauces dans notre culture antillaise. 2. Nous avons bien souvent une vision faussée de Dieu et qui correspond à cette image acquise, reçue de ceux qui nous en ont parlé : nos parents, des éducateurs, des catéchistes, des prêtres ou des évêques. En effet, ceux-ci ne sont que des hommes ou des femmes et donc des personnes qui ont une compréhension et une expérience partielle, limitée, voire déformée de Dieu. Combien d’entre nous se souviennent de phrases de ce type : si tu n’es pas gentil, Dieu qui voit tout va te punir ou encore : Attention, sinon tu vas aller en enfer, engendrant en nous la vision d’un Dieu punisseur, vengeur, qui condamne. Cela fait que nous n’avons pas reçu une vision réelle, complète, juste de Dieu. 3. Nous appelons Dieu Père, o u N otre Père. En désignant ainsi Dieu, il arrive que notre expé- rience avec nos parents, l’image que l’on a tirée de la paternité et de la maternité, défigurent notre relation avec Dieu. D’une manière ou d’une autre, consciemment ou inconsciemment, nous trans- posons ces images paternelles et maternelles sur Dieu ou contre Dieu. Or personne n’est père comme l’est Dieu. La question est donc : Comment se conver - tir à Quelqu’un dont on a une vision faussée, dans le sens de pas correct ? Comment se convertir à un Dieu que nous n’aimons pas ? J’exagère exprès, mais cela rejoint certaines expériences de nos vies. Car on a toujours des petites critiques à faire à Dieu dans nos vies : Je prie, je vais à la messe, je jeûne, je partage, je donne au denier de l’Eglise, en un mot, je fais tout et j’ai toujours des problèmes des difficultés… alors comment se convertir – et on prend la conversion au sens fort du terme – à un Dieu que nous n’aimons pas ou que nous ne ressentons pas comme aimable ? En fait, la conversion à laquelle Jésus nous invite n’est pas une conversion au Dieu auquel nous croyons, mais à son Père. Jésus nous dit : Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler (Mt 11,27). Pour avoir cette juste vision de Dieu, il faut que le fils nous Le révèle : lui seul connaît celui vers qui nous devons nous convertir. Un théologien disait que pour trouver Dieu, il faut tuer Dieu . Certes, nous sommes appelés à nous convertir, mais pour cela n’avons-nous pas d’abord à convertir notre image de Dieu en abattant toute projection, toute transposition pour entrer dans une relation plus vraie car plus en harmonie avec qui est Dieu réellement ? Je crois qu’un problème qui nous touche tous est que notre connaissance de Dieu est, d’une certaine façon, plus apprise que révélée. La connaissance de Dieu est très différente selon que cette connaissance est apprise ou révélée. Quand on était petit, il nous fallait apprendre par cœur la prière du Notre Père … plus c’était récité vite, plus cela montrait qu’on la savait ! Nous avons appris à dire Notre Père, mais nous a-t-on appris ce dont nous parle saint Paul, lorsqu’il nous dit : Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu (Rm 8,14-16). C’est parce que nous nous expérimentons enfants de Dieu que nous pouvons dire : Abba ! Père ! Et ce n’est pas le contraire. On a besoin de revenir à cette expérience profonde de l’Esprit qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! P arce qu’on se sent enfants de Dieu. Et donc, on peut dire : Père. Mais ce n’est pas parce que nous apprenons à dire Père que nous nous expérimentons de fait comme fils ou filles du Père. Que faire alors, me direz-vous ? L’attitude à avoir est de laisser Dieu se révéler à nous : se mettre à son école et apprendre de lui qui il est, le laisser être Dieu, le laisser faire en nous. Lorsque Jésus nous appelle à la conversion, ne nous dit-il pas : soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ou encore soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux (Mt 5,48 et Lc 6,36) ? Voilà la conversion à laquelle nous convie le Christ. Vous comprenez alors que les affirmations de nombreux Martiniquais et Martiniquaises, à la confession : Mon père, je n’ai pas de péché, mon pè man pran konversyon mwen, mon pè man byen épi tout moun, man paka fè pèsonn mal sont proprement hérétiques. Car derrière M on pè man pran konversyion mwen, par exemple, il faut entendre souvent : je ne succombe plus au plaisir ou aux déviances de la sexualité. C’est encore mince et léger face à l’appel de Jésus : soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait. Nous convertir, c’est précisément laisser Dieu davantage agir en nous. Non pas pour prendre notre place et nous éliminer, mais au contraire pour nous renouveler de l’intérieur et nous permettre d’avancer vers notre plénitude. Père Patrick-alexis Phanor, Curé de Morne-Rouge et Prêcheur n Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 9

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Carême Tel est le thème du questionnaire de Carême qui pourra être utilisé dans les communautés paroissiales ou dans les familles en cette Année de la Foi. Foi- Prière- Conversion L e mot croire fait partie du langage courant.Lorsque nous professons notre foi, nous commençons par dire : Je crois ou Nous croyons. La foi de l'Église est célébrée dans la liturgie, vécue dans la pratique des commandements et dans la prière.Le pape Benoît XVI nous rappelle que la réflexion sur la foi devra s'intensifier pour aider tous ceux qui croient au Christ à la rendre plus consciente. Demandons-nous ce que signifie "croire". Première semaine de carême Que sais-tu de Paul et de sa foi ? Cela peut-il aider ta foi ? Cite quelques textes. 1 – Pour toi, qu'est-ce que croire ? 2 – En quoi crois-tu ? En qui crois-tu ? 3 – Pourquoi croire ? 4 – Quelle place donnes-tu à la foi dans ta vie aujourd’hui ? Comment vis-tu ta foi ? 5 – Comment témoignes-tu de la foi de l’Eglise ? Existe-t-il des signes de la foi dans ta vie ? 6 – Quels pourraient être les obstacles à la foi ? Comment entretiens-tu ta foi ? 7 – Comment es-tu arrivé(e) à croire ? 8 – Comment se transmet la foi ? • Catéchisme de l’Eglise Catho- lique n° 144 à 184. Deuxième semaine de carême Que peux-tu dire de la foi d’Abraham ? Est-il un homme de prière ? Donne quelques citations. 1 – Pourquoi prier ? 2 – La prière est-elle indispensable ? 3 – Pries-tu seul ? avec d’autres ? En famille ? 4 – Dans quel(s) lieu(x) pries-tu ? a quel moment ? Et dans la Bible, quels sont les lieux privilégiés ? Et pourquoi ? 5 – Est-ce que prier s’apprend ? Quand pries-tu ? 6 – Est-ce que nous prions sans cesse ? 7– Quand tu pries, à qui t’adresses-tu ? 8 – Existe-t-il une prière chré- tienne ? • Textes bibliques du deuxième dimanche de carême. • Catéchisme de l’Eglise Catholi- que… Troisième semaine de carême Que peux-tu dire de Moïse ? De sa foi, de sa prière ? (Nombres 11,4-23 et 14,1-27). 1– analyse les prières de Moïse : qu’est-ce qu’on y trouve ? 2 – Et toi, quelles différentes formes de prière expérimentes-tu ? 3 – Quelle(s) attitude(s) faut-il avoir en prière ? 4– Vis-tu la messe comme un temps privilégié... de prière ? 5 – Pourquoi une prière universelle à la messe ? 6 – Quel est le contenu de la prière du chrétien ? 7 – Quel lien fais-tu entre la prière, la foi et la conversion? 8 – La Vierge Marie tient-elle une place dans ta prière ? 9 – Dieu exauce-t-il nos prières ? • Textes du troisième dimanche de carême. Quatrième semaine de carême C’est Josué qui succède à Moïse et guide le peuple d’Israël lors de son entrée et de son installation dans la Terre promise. Il poursuit l’œuvre commencée avec Moïse. C’est ainsi qu’il vit sa foi. Et toi ? 1 – Comment témoignes-tu et proclames-tu ta foi ? 2 – Comment exprimes-tu ton amour pour ton prochain ? 3 – Comment appliques-tu le premier commandement dans ta vie, selon l'évangile ? 4 – Quelles attitudes faut-il avoir pour témoigner de sa foi ? 5 – Ta façon de vivre peut-elle donner envie à d’autres de découvrir ta foi ? 6 – aujourd’hui, où le Christ t’appelle-t-il à t’engager ? 7 – Penses-tu qu’un chrétien peut vivre indépendamment des autres ? 8 – Ta foi est-ce une activité spirituelle ou une activité concrète ? 9 – Peux-tu être croyant et non pratiquant ? Qu’est-ce que la foi sans la pratique ? Qu’est-ce qu’une pratique sans la foi ? 10 – La connaissance est-elle nécessaire à la pratique de la foi ? 11– Pour recevoir un sacrement, la foi est-elle requise ? n Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 10

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L 'aCI La Rivère est une activité qui regroupe quinze jeunes sans qualification, sans diplôme et en recherche d'emploi. Ils suivent tous pendant un à deux ans une formation qualifiante autour du paysagisme et de la maîtrise de l'eau, en plus d'une activité rémunérée sur le terrain, sur les berges de la rivière Monsieur qui longe le terrain de l'Espérance, à Châteaubœuf. Un accompagnement à la recherche d'emploi (comment rédiger un CV, comment réussir un entretien d'embauche, comment cibler sa recherche) a pour but de permettre au maximum d'entre eux de trouver un emploi à l'issue de la formation. Cette opération, une première à l'Espérance-Patronage Saint-Louis (PSL) où il s'agissait essentiellement jusqu'ici de jeunes d'âge scolaire, a été rendue possible grâce à sept partenaires (fSE/aDEICEM, DIECCTE, Conseil Général, Conseil Régional, Opcalia, ODE et CUCS). Sur les quinze participants, trois sont issus de "nos" jeunes et les autres ont été recrutés via le Pôle Emploi. Si nous avons décidé de nous lancer dans le déploiement d'un aCI, c'est suite au constat que le drame du chômage des jeunes, que nous connaissons tous sous l'angle de statistiques catastrophiques (plus de 60% des 16-25 ans), est avant tout un drame humain auquel personne n'a le droit de rester indifférent. Au moins maintenant, je sais pourquoi je me lève le matin est un écho à une société qui, avouons-le, à force de mettre des sécurités de toutes sortes à ceux qui sont du bon côté de la barrière, exclut de plus en plus ceux qui sont au dehors. Et notre société a masqué cette réalité profonde que travailler fait du bien : à soi-même, à son entourage et au monde entier. C'est pourquoi, tout comme son partenaire apprentis d'auteuil, le PSL a décidé d'apporter sa contribution, modeste mais résolue, à la question de l'insertion des jeunes de 16 à 25 ans à la vie professionnelle. Et ils nous le rendent bien. Ces jeunes sont doués de talents : travail du bambou, apiculture. L’ aCI est tout sauf de l’assistanat, c’est réellement une manière de transformer le monde en affirmant que rien n’est jamais perdu et que, dans le monde que nous voulons construire, nous avons tous besoin les uns des autres. Une autre raison, tout aussi importante et profonde, a motivé notre effort. Près de la moitié de notre site de l'Espérance était en friche et, au cours d'une réflexion sur nos actions pastorales, nous avons identifié que la beauté du site pouvait avoir une valeur éducative forte et spirituelle pour nos jeunes. faire des berges de la rivière Monsieur un "Jardin de Balata" à l'Espérance est sans doute un objectif trop ambitieux, mais c'est la direction que nous voulons prendre. Ce projet de valorisation des berges rejoint un des projets phares du Département de valoriser celles-ci de Dillon à Saint- Joseph, pour proposer la beauté de la nature à tous les Martiniquais, dans une zone où l'urbanisme n'a pas pu ou su sauvegarder suffisamment d'espaces de sport, de détente et d'écotourisme. Nos quinze jeunes sont ainsi en train d'ouvrir une voie pour un projet de grande ampleur qui sera porté par le Département en y associant la forêt de Montgérald. Nous leur souhaitons bonne chance ! Matthieu Bergot Directeur Général de l’Espérance- Patronage Saint-Louis n Education La rivière de l'Espérance : la beauté nous élève Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 11 Au moins maintenant, je sais pourquoi je me lève le matin : impossible d'entendre cette phrase sans être saisi d'une profonde émotion. C'est pourtant le témoignage entendu d’un participant à l'Atelier Chantier d'Insertion (ACI) "La Rivière", dont le lancement officiel a eu lieu le jeudi 17 janvier dernier. Travailler FAIT du bien La beauté nous élève et nous mène vers le bien

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Vie du diocèse Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 12 P our permettre une vraie communion entre les invités, c’est par une célébration eucharistique présidée par le père Joseph Calaber, assisté du diacre Emmanuel Lordinot, que la manifestation a débuté. L’église de Morne-des-Esses s’est avérée trop petite pour contenir les nombreux fidèles venus de tous les horizons. Notons que la célébration était animée par la pastorale des jeunes de Morne-des-Esses et la chorale Jeunesse et vie de la cathédrale Saint-Louis. a l’issue de la messe, les festivités se sont poursuivies par une marche aux flambeaux, ponctuée de chants de louange, qui a conduit les fidèles du parvis de l’église à la place Eugène-Mona, pour un autre temps fort. Sur cette place, Luc Lérandy, un animateur passionné d’histoire, a fait la genèse de la paroisse, avant d’introduire les différents groupes venus exprimer leur foi chrétienne de diverses manières (chants, danse…). C’est la chorale Jeunesse et vie q u i a ouvert les festivités sur le podium avec deux chants. S’en est suivi un slam sur saint Paul présenté par deux jeunes. Par ailleurs, les membres de la chorale Les Ménestrels de Morne-des-Esses ont présenté, sous forme de sketch, l’histoire de saint Paul : une occasion pour le public de découvrir de talentueux acteurs. Le père Pierre Henderson, curé des paroisses du Lorrain et du Marigot, a fait un enseignement très riche sur le quatrième commandement : Tu honoreras ton père et ta mère, qui a sensibilisé plus d’un. Soulignons également la belle prestation du groupe d’évangélisation Bèlè Légliz avec la participation du père Henderson et du groupe d'art gestuel de Redoute, Magnificat . Stella Gonis, accompagnée au chant par quatre jeunes de Morne-des- Esses, a clôturé la manifestation dans une ambiance bèlè Gloryé Bondjé. Ce temps fort a mis en évidence la volonté des jeunes de renforcer les liens entre les chrétiens de tous âges, pour la gloire de Dieu. Cette exhortation du Pape Benoit XVI à l'occasion de l'année de la foi : Le renouveau de l'Eglise passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants : par leur existence elle-même dans le monde, les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le seigneur Jésus nous a laissée… a trouvé tout son sens ce 26 janvier en notre paroisse Saint-Paul de Morne-des- Esses. Un grand bravo aux jeunes, aux accompagnateurs et à tous les participants qui ont contribué à la réussite de cette fête dédiée à saint Paul. Justine Lordinot n Temps d’évangélisation de la pastorale des Jeunes de Morne-des-Esses Lajénès doubout pou Jézi Le samedi 26 janvier 2013, la paroisse de Morne-des- Esses était en fête. En effet, en cette Année de la Foi, les jeunes ont voulu marquer dignement la Conversion de saint Paul, patron de leur paroisse. C’est ainsi qu’ils ont convié, de 18h à 23h, la communauté paroissiale et les jeunes du diocèse à un temps d’évangélisation qui a connu un vif succès. Père Pierre Henderson avec le groupe Magnificat La pastorale des Jeunes de Morne-des-Esses

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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 13 L e dimanche 20 janvier 2013, au presbytère de Sainte-Marie, s’est tenue l’assemblée générale ordinaire du CMR. Les participants de qualité, venus en nombre réfléchir aux différents points portés à l’ordre du jour, ont eu droit à un éloquent débat malgré le peu de moyens dont disposent les sections locales qui sont en pleine restructuration. L’un des temps forts fut le rapport moral du président, M. Joseph Lugo, qui a souligné le décès de l’un des piliers du CMR depuis des décennies, M. Vénérand Marie- Nelly. Il a été inhumé dans la ville de Saint-Esprit le 2 janvier 2013. Une minute de silence a été observée à son intention pour ne pas l’oublier. Trésorier du CMR pendant plus de trente ans, il a été un militant dévoué du monde rural. Par la suite, le président a parlé de « friche » pour mieux créer le parallèle qui existe entre la terre en friche et notre société qui se déséquilibre jour après jour : violence, manque de repères, désorientation... dont sont victimes trop de Martiniquais. Lors du débat qui suivit, le père Pierre Henderson fit remarquer qu’une terre en friche est souvent en attente d’un renouveau que nous, chrétiens, devons préparer (labourer) pour une meilleure semence à venir. Le secrétaire, M. Michel Malère, d’une part, et le trésorier, Monsieur Raymond Monrapha, d’autre part, surent présenter avec justesse et précision leurs rapports respectifs. Quelques questions furent nécessaires pour bien conclure que le CMR s’adapte et œuvre en adéquation avec l’évolution du monde et que, malgré la crise, les finances sont équilibrées et très bien gérées. En ce qui concerne l’orientation du CMR pour l’année 2013, nous aurons la satisfaction de présenter, lors d’un forum au lycée agricole de Croix-Rivail, les conclusions de notre campagne des années 2011 et 2012 dont le thème était l’eau. Cette eau si indispensable pour notre vie. Pendant ces deux années, un questionnaire a permis de constater sur le terrain l’usage qu’on en fait et surtout les efforts faits ou non pour sa préservation. Ledit forum aura comme support un diaporama préparé par M. Hugues-Daniel Joseph, ancien vice-président du CMR qui reprend du service (élection de tiers sortant). M. Laurent Vestris, président du MRJC (Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne) a ensuite pris la parole : il souligna les relations existant, et surtout souhaitées, entre son mouvement et celui du CMR. Il formula, comme nous d’ailleurs, le souhait que les membres du MRJC s'orientent naturellement vers le CMR et promit de s'en faire l'écho dans son mouvement. Ce fut ensuite au père Jean de Coulanges de nous encourager à continuer sur notre lancée et à médiatiser nos actions. Sa volonté de nous accompagner sur le plan spirituel est un réconfort apprécié de tous. L’assemblée générale du CMR s’est terminée par « notre » prière composée par un membre très actif du mouvement. a noter que nous ferons parvenir ultérieurement, à l’équipe de rédaction de notre revue Eglise en Martinique, toutes les précisions concernant notre forum qui devrait se tenir au cours du second semestre de 2013 au lycée agricole de Croix-Rivail. Hugues-Daniel Joseph n Assemblée générale ordinaire du CMR Chaque année, les Chrétiens dans le Monde Rural (CMR), se réunissent pour faire le point sur la vie et les activités de leur mouvement. M. Joseph Lugo Une vue des participants

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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 14 Vie du diocèse A u cours de nos rencontres mensuelles, accompagnés par notre curé, nous posons un regard particulier sur les situations difficiles et sur celles qui méritent d’être encouragées dans notre société. Nous examinons, dans la mesure de nos moyens, leurs conséquences sur notre population et réfléchissons aux actions concrètes que nous pourrions mener pour vivre mieux. Nos échanges sont nourris par l’expérience personnelle ou pro- fessionnelle de chacun et nous permettent de nous édifier les uns les autres. «Ancrée dans l’anthro- pologie et l’éthique chrétienne, la pastorale de la culture anime un projet culturel chrétien qui donne au Christ Rédempteur de l’homme, centre du cosmos et de l’histoire ( Cf. Redemptor homi- nis, n°1), de renouveler toute la vie des hommes. Elle le fait "en ouvrant à sa puissance salvatrice les immenses domai- nes de la culture" (1)» (2). Le Conseil Pontifical de la Culture définit la culture comme cette façon particulière dont les hommes et les peuples cultivent leur relation avec la nature et leurs frères, avec eux-mêmes et avec Dieu, afin de parvenir à une existence pleinement humaine. Il affirme qu’il n’est de culture que de l’homme, par l’homme et pour l’homme et que l’enjeu d’une pastorale de la culture est de restituer l’homme dans sa plénitude de créature à l’image et à la ressemblance de Dieu, en l’arrachant à la tentation anthropocentrique de se considérer indépendant du Créateur. Inculturer le message de la foi est une réponse au commandement de Jésus à ses disciples d’aller prêcher l’Evangile à toutes les nations. C’est permettre à la communauté chrétienne de recevoir, célébrer, vivre, traduire sa foi dans sa propre culture, dans la compatibilité avec l’Evangile et la communion avec l’Eglise universelle. C’est en ce sens que nous réfléchissons à des projets d’évangélisation pour que la Bonne Nouvelle parvienne jusque dans le cœur des hommes de notre pays et pour rejoindre tout homme en difficulté qui a besoin de l’Eglise du Christ. L’un des membres de notre équipe nous a livré son sentiment en ces termes : Dapré mwen, Lapastoral Lakilti sé an chimen lavi, ka anchouké fanm ek nonm toupatou, tout koté oliwon latè nan fondok pawol Bondjé. Kikiswa lang nou palé, koté nou ka rété, diférans nou trapé asou wotè konésans, manniè listwa lavi boulvèsé-nou, chayé- nou la, pala, anwo, anba, asou latè, ni an bagaj ki andwa sanblé nou, sé sans valè lakilti, sans valè lavi. sans tala, ka fè nou pwan larel pou di : Tout moun sé moun. Kidonk, tout moun fet pou yich Bondjé (3). La pastorale de la culture de la paroisse de la Cathédrale propose un calendrier de rencontres et s’est intéressée au cours du premier tri- La pastorale de la Culture de la Cathédrale La pastorale de la Culture de la paroisse de la cathédrale Saint-Louis a vu le jour au mois d’octobre 2012. Elle réunit principalement des membres d’autres pastorales (monde de l’éducation, jeunes, communication, artistes…) mais aussi tous ceux qui ont le désir de comprendre et même de faire le lien entre leur pratique chrétienne et leur culture (historiens, professionnels de la culture, personnes engagées dans des associations laïques). Chanté noël antan lontan Une rencontre mensuelle

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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 15 mestre à la manifestation proposée par l’associa- tion histoire militaire de la Martinique. Cette der - nière a organisé, avec le concours d’une vingtaine d’établissements répartis sur toute la Martinique, une manifestation du 12 au 18 novembre dernier intitulée hommage aux anciens combattants de la Martinique qui a com- porté plusieurs volets : des rencon- tres entre les scolaires et les anciens combattants, un spectacle qui a réuni des scolaires et des artistes au G rand Carbet aimé Césaire, et une messe à l’église Emmaüs célébrée par le père alain Ransay. L’objectif était de rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui ont participé aux différents conflits dans lesquels la france était engagée. Ceux-ci souffrent d’un manque de reconnaissance de la population qui méconnaît leur histoire. f orce est de constater que nous ignorons parfois avoir des parents, des amis et des voisins qui sont anciens combattants. Le 21 décembre 2012, la pastorale de la Culture, associée à la pastorale des Jeunes, a proposé un chanté Noël an tan lontan animé par les paroissiens. Les membres de la pastorale de la Culture de la paroisse de la cathédrale Saint-Louis veulent s’approprier et aimer leur culture fécondée par la présence du Christ vivant pour qu’en elle ils vivent et professent leur foi. Equipe communication Cathédrale n Quelques rendez-vous programmés en 2013 (1) Jean Paul II, homélie de la messe d’intronisation, n. 5, 22 octobre 1978, Doc. Cath, LXXV (1978) 916 (2) Conseil Pontifical de la Culture – Pour une pastorale de la Culture – 23 mai 1999 – Pierre Téqui éditeur (3) Selon moi, la pastorale de la culture est un chemin de vie qui enracine \ tout homme, toute femme, d’où qu’il vienne, au cœur de la parole de Dieu. Quels que soient notre langue, notre lieu de résidence, notre niveau de connaissance, notre parcours, notre histoire, quelque chose nous \ rassemble : les valeurs de la culture, les valeurs de la vie. Elles nous font voir que nous sommes tous des hommes issus du même père, enfants de Dieu. Evénements Février Le 1 er : Concert à l'occasion du 346 ème anniversaire de la paroisse (Stella Gonis & autres intervenants) Débat sur le carnaval Mars Débat sur le jeûne Avril Soirée autour du damier (chants, danses, minidébat) Forum sur la consommation audiovisuelle et la vigilance spirituelle proposé aux jeunes de la paroisse par l'association Oxygène Mai Le 1 er : Temps de prière inculturé sur le thème Famille et foi Le 22 : Rencontre Bèlè Légliz cathédrale à l'église de Tartane Célébration des 50 ans des Equipes du Rosaire de la Martinique Débat sur le contact des civilisations (gréco-romaine, judéo-chrétienne et africaine) Juin Débat sur la paternité à la Martinique Juillet Fête de la Dédicace de la cathédrale de Fort-de-France avec Transandans (concert, village artisanal autour de l'art…) Hommage aux anciens combattants de la Martinique

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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 16 Société M. Albéric Marcelin, président de l’Université Populaire et de la Prévention, interpelle nos communautés paroissiales, comme il le fait dans tous les milieux, face à la vulnérabilité de nos régions en matière de catastrophes naturelles. Pas de fatalité face aux catastrophes naturelles L a Martinique, pendant de longues années, a vécu dans l’idée que les catastrophes naturelles appartiennent à un temps passé. Brusquement, la nature reprend ses droits en nous rappelant à la fois notre fort niveau d’exposition et notre vulnérabilité surtout. C'est d’abord le cyclone Dean (août 2007) suivi, trois mois plus tard, de ce tremblement de terre de la Saint- Saturnin (29 novembre 2007) qui nous laissera beaucoup de chance grâce à la profondeur de l’épicentre situé à 152 km de profondeur. Pour mémoire, le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, de même magnitude (7,3) avec un épicentre à 10 km, a laissé peu de chance à nos frères et sœurs d’Haïti. On dénombre en quelque quarante secondes le décès de plus de 300 000 personnes. La M artinique a montré son émotion et sa compassion pendant quelques semaines, avant de se replonger dans la culture de l’oubli qui fait si mal sur des territoires aussi exposés. L’Université Populaire et de la Prévention a rencontré Monsei- gneur Michel Méranville et le père Jean-Max Renard à l’archevêché, le 8 juillet 2010. Pendant deux heures, l’échange est serein, de niveau grave, car il s’agit de rechercher le recul de la fatalité qui empêche les fidèles catholiques de bien prendre la mesure de l’événement qui s’annonce, à savoir les effets dévastateurs d’un tremblement de terre sur la Martinique. au cours de l’entretien, Mgr Méranville et ses interlocuteurs ont acté qu’il n’y pas de fatalité possible face aux catastrophes. S’il est vrai que l’on ne peut empêcher la pluie de tomber, on peut éviter d’être mouillé par l’usage d’un parapluie. Idem pour le tonnerre et le paratonnerre, le cyclone et le paracyclonique et aujourd’hui le séisme et le parasismique, etc. La prévention et la culture du risque doivent occuper en permanence l’esprit et les comportements responsables de chacun d’entre nous. Il est vrai que le séisme est un phénomène naturel qui peut faire peur. Or, nous savons tous que la peur ne supprime pas le danger. Il faut faire face, s’informer, se former et surtout se préparer. Le rôle de l’Eglise c’est de poser en cette matière, notamment, les conditions de la résilience future (individuelle et collective) face à un tremblement de terre si dévastateur pour notre territoire, comme le disent depuis si longtemps les scientifiques, les autorités et les associations, entre autres. Pour l’heure et malgré les timides efforts ici et là, il faut se rendre à l'évidence : la Martinique est loin d’être prête à assumer les contraintes et les angoisses d’une crise d’une ampleur sans précédent. Or, là où il y a une volonté, il y a un chemin ! La vulnérabilité de nos édifices religieux est connue et prise en compte car l’histoire ancienne ou récente en porte encore les stigmates : - Destruction de la cathédrale de fort-Royal lors du violent séisme du vendredi 11 janvier 1839. - Dommages sur l’église de Rivière- Salée lors de l’ouragan Dean du 17 août 2007. - Dommages importants sur les églises de Sainte-Marie et du Gros-Morne lors du séisme du jeudi 29 novembre 2007 à 15 h. L’Eglise ne demeure pas attentiste. Des travaux se poursuivent comme à Saint-Joseph où, par ailleurs, se prépare un vaste programme de sensibilisation des fidèles à la culture du risque (enquête, formation de secouristes, cycle de conférences pédagogiques, simulation d’exer - cice, fixation des bancs, etc.). Il en est de même pour la paroisse du françois, avec un programme sur trois mois. Dans un passé plus ou moins proche, des exercices se sont déjà tenus au Carbet, à Sainte- anne, à fond-Saint-Denis, etc. Il faut aujourd’hui poursuivre sereinement sur les quarante-sept paroisses ! Il est possible de s’armer pour réduire le nombre potentiellement élevé de victimes en hiérarchisant plusieurs éléments : • Prendre conscience de la gravité de la situation, se préparer mentalement aujourd’hui pour être plus fort le moment venu. • Appliquer les consignes de la protection civile : formation d’un Eglise des Saintes en Guadeloupe - séisme du 21 novembre 2004

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Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 17 secouriste par famille, faire l’acquisition d’un kit de survie (denrées non péris- sables, éléments de soins, matériels utiles, papiers importants, radio, éclai- rage, vêtements), stocker de l’eau, penser à un stock de médicaments nécessaires en cas de pathologie per- manente. • Réaliser un plan familial de sauvegarde : partage des tâches de crise dans la famille, lieu de regroupement et de gestion de crise, connaissance des forces et des faiblesses de son habitation, localisation du matériel, fixer le mobilier, réaménagement de l’espace intérieur, faire des exercices de simulation, s’organiser en collectif de voisins responsables, etc. • Les dimensions spirituelle, psycho - logique et mentale sont aussi des éléments à ne pas négliger car un fidèle préparé est plus fort et plus responsable au moment de la crise, pour lui-même, pour sa famille et son entourage immé- diat. Et bien évidemment, il cède moins à la panique et se relève mieux d’une situation de chaos. Avec la foi, disait Martin Luther- King, on peut transformer une montagne de désespoir en une pierre d’espérance. • Développer de nouvelles solidarités est une exigence forte et notamment auprès des plus pauvres d’entre nous. Les catastrophes naturelles, quand elles frappent, font passer une large frange de la population de la pauvreté à la misère. Cela se vérifie dans tous les pays, à chaque événement tragique majeur. Dieu nous invite au comporte- ment responsable. Il nous exhorte à la prudence, à la précaution, mais surtout à repousser les négligences et les maladresses. Bref, l’invitation se résume en un mot : faire de la prévention (agir avant !!!). Disons-le, une catastrophe naturelle n’est ni un accident ni une fatalité. Bien sûr, le risque zéro n’existe pas ! L’objectif de la prévention des catastrophes naturelles est bien de réduire de manière conséquente le nombre de victimes potentielles. Sur tous les théâtres internationaux de cataclysmes, les autorités sont vite dépassées par le poids de la crise, y compris les plus puissants économiquement (ouragan sandy en novembre 2012 aux US a). Les retours d’expériences montrent à chaque fois que les citoyens organisés et surtout entraînés parviennent à obtenir des résultats probants : sauver des voisins, des membres de sa famille, des inconnus ou encore des collègues et recommencer à vivre. Dans la préparation générale de la Martinique, deux structures doivent progresser encore pour que nous soyons plus efficients demain. Le Secours Catholique et l’association Saint-Vincent-de-Paul doivent être renforcés, soutenus financièrement, logistiquement et pouvoir bénéficier d’une base arrière de proximité dans les quartiers les plus enclavés de la Martinique. C’est à ce prix que, au milieu d’un désastre, nous vivrons de manière efficace notre foi chrétienne et notre attachement à la puissance de l’appel : Aimons- nous les uns les autres, aidons-nous les uns les autres. C’est aussi à ce prix et avec résilience que nous pourrons faire face au désastre, donc rebondir individuellement et collectivement pour continuer à vivre et à vivre notre foi ! Résumé de la consigne générale quand la terre tremble : n Je me maîtrise car la panique est mauvaise conseillère. n Je me place en confinement (sous table solide, coin, mur contreventement, porte avec raidisseur). n Je me protège et j’attends la fin des secousses en priant. n Je refuse de prendre l’escalier ou l’ascenseur. n Je ne cours pas ; après les secousses, j’évacue le bâtiment calmement avec mon kit de survie. n Je ne rentre pas à nouveau dans la maison sans l’avis d’une autorité (exemple la mairie). n J’aide mes voisins. n Je me rends utile auprès des plus faibles (personnes âgées, grabataires, person- nes handicapées, etc.). n Dans la crise, je me porte candidat à l’aide d’urgence auprès des autorités. n J’organise des groupes de prière et de parole pour aider les plus fragiles à se relever. En guise de conclusion, une pensée émue à l’intention de tous nos frères et sœurs d'Haïti victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010. albéric Marcelin n Simulation de séisme à Trénelle - 30 juin 2007

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Vient de paraître C’est le titre du livre qui vient de paraître sous la direction des Pères Dominicains David Macaire et Gilles Danroc. En voici une brève présentation. Le Père Gaston Jean-Michel Témoin de l'Evangile L a Martinique est une île majeure de l’arc antillais à la fois par l’histoire de son peuplement et par la place politique, économique et stratégique qu’elle détient dans tout l’univers caraïbe. aussi sa culture, aujourd’hui, rayonne bien au-delà du cercle antillais pour participer aux débats les plus actuels, autant en Europe qu’en amérique du Nord et en afrique. La littérature martiniquaise contemporaine a magnifiquement fait connaître son histoire, sa langue et sa créativité au monde entier. Il en va de cette culture comme du recueil de recettes d’un art culinaire en harmonie avec les apports de cinq continents. En particulier, l’ afrique de l’ouest, la f rance métropolitaine, l’Inde et l’océan Indien manifestant le fond américain et caraïbe. L’histoire de l’Église en Martinique se révèle passionnante au cœur de tous les débats missionnai- res modernes. Car l’Église de la Martinique éclaire l’histoire reli- gieuse de peuples et de contrées d’origines si diverses. Mais la Martinique n’est pas une simple terre d’accueil et son Église a mis en œuvre des réponses et des initiatives très fécondes pour la société. Ce livre exprime la rencontre de deux histoires : l’une singulière, celle du père Gaston Jean-Michel dont vous lirez la biographie étonnante de vitalité et l’autre, plus universelle, qui est l’histoire d’une jeune Église au passé immense qui plonge dans l’inconnu des civilisations caraïbes précédant la découverte du Nouveau Monde. Or le témoignage du père Jean-Michel puise sa vitalité dans son amour de l’histoire et dans la qualité de son réseau d’amis passionnés comme lui d’histoire et de culture. À la croisée de ces deux histoires, voici donc un livre d’histoire rigoureux et vivant qui rend passionnantes, à travers l’Église, la vie et la culture d’un peuple et d’une terre, l’un et l’autre magnifiques. Le frère David Macaire, o.p., est M artiniquais. actuel prieur de la communauté dominicaine de la Sainte-Baume (Var), il reconnaît bien volontiers tout ce qu’il doit dans sa vie et dans sa vocation religieuse au père Gaston Jean- Michel. Le frère Gilles Danroc, o.p., est à la fois missionnaire et historien. après une vingtaine d’années dans les mornes d’Haïti, il travaille sur l’histoire de la découverte du Nouveau Monde, la question amérindienne avec Las Casas et Montesinos, ainsi que sur l’histoire d’Haïti. Il a publié plusieurs ouvrages sur ces sujets chez Karthala. Enfin, plusieurs amis historiens offrent à la fin de l’ouvrage un vibrant hommage au père Gaston Jean-Michel à l’occasion de ses cent ans ! n Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 18 E g l i s E En M a r t i n i q u E Règlement à l’ordre de : ARCHEVÊCHÉ DE FORT-DE-FRANCE FORT-DE-FRANCE Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : É glise en Martinique Boîte Postale 586 • 97 207 FORT de FRance cede X MARTiNiquE 40 € GuADElOupE 44 € Guy ANE 44 € FRANCE et étranger 50 € Oui, je m’abonne… Nom : ........................................................................\ ............................................................... ........ Prénom : ........................................................................\ ............................................................. .... Adresse : ........................................................................\ ............................................................... ... Mail : .................................................................. Tél. ................................................................. Code Postal .................................................... Ville ...............................................................

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Dimanche 10 février 2013 La musique, instrument de la foi ? Chanter, jouer d’un instrument, pour certains ce sont des gestes de la vie quotidienne. Et quand ils accompagnent la prière, ils sont d’autant plus indispensables. Comment peut-on vivre sa foi en musique ? Est-ce que chanter est une autre façon de prier ? Catherine Saint-Prix nous ouvrira les portes de sa maison à Schœlcher. Elle et ses treize enfants chantent, chacun dans sa tonalité, au nom de leur foi. Jean-Philippe Marthély, l’un des musiciens du célèbre groupe Kassav, sera avec nous depuis la Nouvelle-Calédonie pour nous parler de son dernier album, Kouté, un recueil de morceaux spirituels qu’il sort en solo. Dimanche 17 février 2013 La foi concerne-t-elle l’action politique ? Les politiques peuvent-ils publiquement exprimer leur foi ? Est-ce qu’au nom de la laïcité, leur croyance et leur pratique doivent s’exercer en privé ? Leur engagement et leurs actions menées auprès de leurs concitoyens peuvent-ils être motivés par leur foi ? Georges Patient, sénateur maire de Mana en Guyane viendra nous dire comment sa foi peut parfois l’aider dans ses choix et conduire certaines des actions qu’il mène dans sa municipalité. Il nous racontera comment le souvenir d’anne-Marie Javouhey l’anime . annick Girardin, députée (radical de gauche) de Saint-Pierre-et-Miquelon, nous accueille dans l’archipel. Sur l’île aux Marins, elle nous parle sans complexe de sa foi mais aussi des périodes où elle s’est éloignée de l’Église. Dimanche 24 février 2013 Les religions peuvent-elles se parler ? L’exemple réunionnais Comment vivre ensemble lorsqu’on est de religions différentes ? Cette question pourtant si simple n’a pas toujours de réponse évidente. Une île existe pourtant outre-mer où chrétiens, hindous, musulmans, bouddhistes vivent harmonieusement : c’est La Réunion. Cette île de l’océan I ndien nous donne un bel exemple d’harmonie et de respect. Houssen amode, membre du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion, est musulman et fervent défenseur de l’amitié islamo-chrétienne. Il viendra nous aider à comprendre comment La Réunion, grâce à l’histoire de son peuplement, son métissage biologique, ses mariages mixtes, réussit ce « vivre-ensemble ». Nous suivrons ce groupe de dialogue dans son action au quotidien et verrons comment, grâce à lui, toutes les communautés de l’île, quelle que soit leur religion, peuvent s’unir pour défendre une même cause : les malades du SID a. Connecté depuis l’évêché de Saint-Denis, nous serons avec Mgr Gilbert aubry, lui aussi membre actif de ce groupe. L’évêque de La Réunion depuis 1976 nous racontera comment les Réunionnais, catholiques à 70 %, sont au quotidien des artisans de paix. Nous resterons dans l’océan Indien et irons dans l’île voisine de Mayotte rencontrer les bénévoles du Secours C atholique qui œuvrent auprès des jeunes dans une île à 99 % musulmane. Église en Martinique du 10 février 2013 / n°458 19 MeDIAs 99.5 - 101.3 et 105.3 mHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : contact@radiosaintlouis.com

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Quand la nuit est là, quand la lumière n'a pas de nomen dehors de la foi, Dieu de toute aurore, avec ton Fils en agonie, nous voulons Te bénir encore. Quand la blessure est là, quand la vie n'a pas de nom en dehors de ta volonté, Dieu affrontant toute mort avec le Fils blessé à jamais, Nous voulons Te glorifier encore. Quand la lutte est là, quand la victoire n'a pas de nom en dehors de l'amour, Dieu toujours plus fort, avec le Fils héritier de nos morts, nous voulons T'adorer encore. P. christian de chergé Quand la nuit est là Père Christian de Chergé, religieux français trappiste, fit par\ tie des sept moines de Tibhirine vivant en Algérie pris en otage et assassinés en 1996.